•  L'appel au recrutement, nécessaire vu le turn-over important des ouvriers et cadres de l'usine.
    L'appel au recrutement, nécessaire vu le turn-over important des ouvriers et cadres de l'usine.

    Au sein de l’usine carhaisienne de lait infantile en poudre, beaucoup de salariés dénoncent un climat social tendu. De nombreux départs sont enregistrés depuis les débuts de l’entreprise en 2015. Les témoignages recueillis sont édifiants : nombre de toilettes insuffisants, climat de délation, turn over...

    Problèmes de sécurité, d’hygiène au travail, intimidation des employés, une centaine de départs sur environ 300 salariés… Y a-t-il un climat social dégradé à Synutra, l’emblématique usine de fabrication de poudre de lait pour les bébés de Chine, ouverte à Carhaix (Finistère) il y a deux ans ? De multiples témoignages de salariés l’accréditent.

    Des emplois en Centre-Bretagne, tout le monde court après. Si bien que, lorsque Synutra s’est construit à Carhaix, beaucoup ont applaudi. Bien sûr, on sait que les emplois de l’agroalimentaire ne sont pas les plus faciles ni les mieux payés.

    Turn over

    Nombreux sont ceux que les postes intéressaient, dans cette usine toute neuve. Aujourd’hui, ils sont presque autant à déchanter. « On y allait avec plaisir, on était content de travailler. Mais au final, je n’aurai pas pu rester plus longtemps », témoigne Paulette (*), qui a quitté l’usine il y a un an, après une rupture conventionnelle.

    La vie au travail est difficile. Le turn-over est important. Chez les ouvriers comme les cadres, les démissions, ruptures conventionnelles de contrats et licenciements sont légion.

    Nombre de ces ouvriers ont auparavant travaillé ailleurs, dans l’agroalimentaire breton, des volaillers, d’autres laitiers… Tous s’accordent : Synutra c’est pire.

    « La boule au ventre »

    Certes, des salariés ne trouvent rien à redire. « Ce n’est pas un boulot marrant. Mais c’est largement supportable », glisse une jeune femme salariée depuis plusieurs mois. « Ce n’est pas trop physique et on ne travaille pas dans le froid », précise Caroline(*), jeune salariée.

    Mais Paulette n’est pas de cet avis. Quand elle a quitté l’entreprise il y a un an, elle avait perdu 10 kilos. Elle avoue : « J’y allais avec la boule au ventre ».

    Quand elle travaillait, en 2016, les convocations étaient nombreuses. « Je me suis plusieurs fois retrouvée seule dans un bureau avec trois chefs. On me demandait de dénoncer des collègues. Je ne l’ai jamais fait ».

    Ambiance de délation

    Cette ambiance de délation est fréquemment soulignée par les salariés rencontrés. Charlotte(*), employée de l’usine, confirme un climat de peur : « On ne sait plus à qui parler. Alors on ne parle plus. Je pense que c’est ce qu’ils veulent », lâche-t-elle.

    Certains employés de Synutra pointent des soucis de sécurité, des travaux en hauteur risqués, un manque de formation face aux produits dangereux, comme la soude.

    Jean (*), salarié dans les bureaux carhaisiens de Synutra, explique que les pauses cigarette sont interdites sur toutes les zones cadastrales (et pas seulement l’enceinte) de l’usine.

    Manque de toilettes

    Les salariés doivent se serrer la main, pas de bises. Les alarmes sonnent régulièrement, « on n’y fait plus attention. D’ailleurs on ne fait pas d’exercices. Je ne sais pas par où il faut sortir en cas d’incendie », raconte Charlotte.

    La permission des chefs est de mise pour aller aux toilettes. Les sanitaires ne sont pas assez nombreux, parfois fermés pour des raisons inconnues dans la zone de production. Il faut alors repasser par les vestiaires. Certains, pressés, s’oublient.

    Jointe mardi, la direction n’a pas souhaité, pour l’instant, répondre à nos questions. Les représentants syndicaux de la CGT n’ont pas non plus souhaité s’exprimer.

    (*) Tous les prénoms ont été modifiés.

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  • Baisse des APL. Douarnenez Habitat mobilisé (LT 18/10/2017)

    650.000 € de recettes en moins dès 2018. Pour Douarnenez Habitat, c'est l'impact de la baisse des APL d'environ 60 €, qui doit être compensée par une diminution équivalente des loyers. Le bailleur social menait hier une action pour dénoncer la mesure et l'idée d'un « trésor caché » des HLM.

    « Nous sommes déjà en train de faire des choix drastiques pour le budget 2018, en renonçant à des travaux nécessaires à la qualité de l'habitat : nous voulons nous battre pour nos locataires ». La directrice de Douarnenez Habitat, Catherine Cavatz, est vent debout contre l'annonce par le gouvernement d'une baisse des APL et des loyers. Comme les autres salariés de l'office, entourés d'élus, de locataires et d'entreprises, soit 80 personnes au total, elle a manifesté hier pour réclamer avec force le retrait de l'article 52 du projet de loi de finances. Ce texte demande aux bailleurs sociaux de compenser la diminution de l'APL de 60 € environ par mois, à partir du 1e r janvier 2018, par un recul équivalent des loyers. Autant de recettes en moins pour l'office HLM de Douarnenez : 650.000 € par an. De quoi remettre largement en cause les travaux de rénovation du parc de logements et les constructions. « Chaque année, au moment de faire le budget, nous fixons ce que nous allons faire : à présent, nous devons trancher sur ce que nous ne pouvons pas faire », résume la présidente Dominique Tillier. « On nous demande d'assurer la revitalisation du centre-ville, de faire de la rénovation énergétique dans le cadre du Plan climat : avec quels moyens ? », demande-t-elle.

    « Pas de bas de laine »

    L'action douarneniste, organisée dans le cadre d'une journée de mobilisation nationale des bailleurs sociaux, avait pour but d'interpeller le grand public sur la baisse des APL. Et de répondre, selon les mots de Catherine Cavatz, à la « mésinformation démagogique du gouvernement », sur les « trésoreries cachées des HLM ». « Ici, nous n'avons pas de bas de laine.

    Tout est réinvesti chaque année avec une part d'autofinancement dans le neuf. Nous avons quatre mois et demi de trésorerie, ce qui permet d'assurer le fonctionnement courant », assure encore la directrice de Douarnenez Habitat, à la tête de 24 salariés. « Nous faisons partie des bailleurs qui font bien leur boulot, maintiennent des logements en bon état et l'on vient nous balancer de tels discours : veut-on tuer le logement social ? », s'interroge-t-elle.

    Le sénateur écrit au ministre

    Après un rassemblement devant l'hôtel de ville, un cortège s'est formé pour rejoindre le pont de Tréboul, en distribuant des tracts. Parmi les manifestants, Pascal Jeannin-Girardon, qui représente les locataires pour la CLCV au conseil d'administration de l'office. « On va encore baisser la qualité du logement pour des gens qui se serrent déjà la ceinture. C'est totalement injuste », plaide-t-il, rageant contre « les autres cadeaux que l'on fait en même temps aux plus riches ». Sur ce même thème des APL, le sénateur Philippe Paul a déposé une question écrite au ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard. « Maintenue en l'état, cette réforme des aides au logement aura de sévères répercussions sur l'équilibre financier des organismes HLM, et, de fait, sur la construction et la réhabilitation des logements sociaux dans notre pays, pénalisant les personnes et familles en recherche de logement, les locataires, comme les acteurs économiques concernés », écrit l'ancien maire de Douarnenez. Ajoutant que « la fragilisation des finances des bailleurs sociaux pèsera également sur celles des collectivités locales », il demande lui aussi une suspension de la réforme.

    Rodolphe POCHET

    source: http://www.letelegramme.fr

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  • Brest Habitat. Mobilisation pour les locataires (LT 18/10/2017)La manifestation contre la baisse des APL a mobilisé près de 200 personnes, hier, devant le siège de Brest Métropole Habitat.

    Suite à la baisse de 5 € de l'aide personnalisée au logement (APL) décidée par le gouvernement, une manifestation a rassemblé près de 200 personnes, hier après-midi, devant le siège de Brest Métropole Habitat. Le personnel et sa direction ont ainsi répondu à l'appel de la Fédération nationale des offices publics de l'habitat (FOPH) pour une « demi-journée morte ». La revendication était unanime : un retrait pur et simple du texte de loi, entré en vigueur début octobre. « C'est une double sanction, estime Tifenn Quiguer, vice-présidente de Brest Métropole et de BMH. On pénalise à la fois les locataires et les organismes sociaux comme le nôtre, qui doivent assurer la maîtrise du coût des loyers en HLM ». Cela concerne 17.000 logements et deux fois plus de locataires au sein de la métropole brestoise.

    « Un mauvais signal » 
     

    Également présentes sur place, les associations de consommateurs ne cachent pas leur inquiétude. « C'est un très mauvais signal envoyé par le nouveau gouvernement à tous ceux qui sont déjà fragilisés, économiquement et socialement », juge Philippe Berton, responsable de l'antenne locale de la CLCV, membre du collectif national « Vive l'APL ». Malgré la pluie, le cortège devait ensuite descendre vers la place de la Liberté, afin de donner plus d'ampleur au mouvement de grogne, amené à se poursuivre si la mesure n'est pas retirée.

    source: https://www.letelegramme.fr

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  • Pont-Croix. Un projet enrichi pour l'abattoir (LT 17/10/2017) 

    L'abattoir de Pont-Croix n'était ni équipé ni agréé pour transformer la viande ou la mettre sous vide. Ce qui pourrait changer avec le nouveau projet.

    « Non, non, ce n'est pas du tout tombé à l'eau, au contraire ! » s'empresse de répondre Gwénaël Le Berre, éleveur de Gourlizon investi dans le projet de reprise de l'abattoir de Pont-Croix, fermé depuis plus de six mois. « Nous avons même étoffé notre projet et il est pratiquement bouclé. Nous comptons le présenter aux autorités sous une dizaine de jours ». L'abattoir public de Pont-Croix a été fermé en mars, sur décision de la communauté de communes du Cap-Sizun, gestionnaire de cet équipement dont le déficit financier devenait trop lourd à porter. Avant d'étudier la revente ou la reconversion du site, les élus ont accepté de laisser du temps à un groupe d'éleveurs qui ne voulait pas voir cet outil de travail disparaître définitivement du paysage. Regroupés à une dizaine au sein de l'Adapoc, Association pour le développement d'un abattoir de proximité en Ouest-Cornouaille, ces éleveurs ont travaillé à un projet de reprise, via une Société coopérative d'intérêt collectif (Scic), qui serait à même d'emprunter de l'argent et de percevoir des aides publiques pour remettre aux normes l'abattoir et le faire fonctionner. Et comme l'avait préconisé une étude de la Chambre d'agriculture réalisée quelques mois avant la fermeture, ce nouvel abattoir en Ouest-Cornouaille pourrait s'enrichir d'un atelier de transformation et de commercialisation de viande.

    source: http://www.letelegramme.fr

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  •  Les salariés brandissaient des pancartes tout en scandant des slogans, lundi midi.

    Salaires, suppressions de postes et conditions de travail. Hier midi, une soixantaine de salariés en CDI et non cadre de la clinique Les Glénan a débrayé pour manifesté son mécontentement.

    « En avril, nous avons envoyé un courrier au directeur régional, nous plaignant du gel des salaires depuis dix ans, de la suppression de certains postes, dont un poste d'infirmier et un poste d'aide-soignante, ainsi que des conditions de travail préoccupantes, tant humaines que matérielles. Il nous a été répondu qu'il fallait voir directement avec la directrice d'exploitation de la clinique, qui n'a pas donné suite », témoigne l'un des membres du personnel. « Nous ne sommes jamais reçus par la direction malgré nos sollicitations. Nos conditions de travail s'aggravent ».

    « 2,82 € brut de l'heure le dimanche »

    Hier, munis de pancartes et scandant le slogan « Personnel en colère, salaires de misères » des salariés ont montré leur mécontentement. « Nous demandons une hausse de 10 % de nos salaires ainsi qu'une augmentation de 50 % de la prime du dimanche », rapporte l'un des participants au débrayage. « Pour dix heures de travail le dimanche, nous sommes payés 2,82 € brut de l'heure.
     
    Autre exemple ? Ici, le salaire d'un infirmier correspondant à celui d'un aide-soignant dans un hôpital ».

    « Dialogue impossible avec la direction »

    La clinique, qui compte une centaine de salariés en CDI, fait partie du groupe Orpea. D'après le témoignage de deux salariées de la clinique de Kerfriden, située à Châteaulin et appartenant au même groupe, les salariés sont augmentés tous les deux ans. « Nous sommes toutes deux membres du comité d'entreprise du groupe et également déléguées syndicales de la clinique de Châteaulin. Nous constatons que tout dialogue avec la direction de la clinique des Glénan est impossible. Parallèlement, les conditions de travail se dégradent de plus en plus. Il y a un vrai mépris des salariés », estiment Liliane et Véronique. À l'issue du débrayage, la direction ne les ayant pas reçus malgré leur demande, les participants ont décidé, à l'unanimité, de reconduire leur mouvement, aujourd'hui entre 15 h à 16 h.
     
    Aucun contact téléphonique ou physique n'a été possible avec la direction de la clinique des Glénan, malgré une sollicitation.
     
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  • Billet Rouge-Vie et mort du Che – par HDM Campus (IC.fr-17/10/2017)

    La figure du Che, reproduite à l’infini, c’est celle du mythe, Prométhée revisité, Christ ressuscité, le Romantique enteeshirté…

    Et le récit se conclut sur le tragique de la condition humaine. La volonté de transformation du monde tel qu’il est finit fatalement clouée au rocher ou à la croix. Le vrai révolutionnaire c’est le révolutionnaire mort.

    Comme cette figure est admirable, il se peut toutefois que les masses s’en saisissent – et pas uniquement pour rêver. Il se peut que le Che réel dépasse le Che fantasmé. Il se peut qu’on suive sa voie, celle de la révolution, de la lutte de classe, du combat anti-impérialiste conséquent.

    Dès lors, le microcosme bourgeois lui-même tend à sortir le Che du mythe, pour le dépeindre comme un sauvage assoiffé de sang, un apprenti dictateur, un communiste. Il s’agit là de faire œuvre iconoclaste, littéralement.

    Autre biais de la propagande, il s’agit de démontrer qu’en fait, le compagnon de lutte de Fidel, a été trahi par lui. Qu’ils ne prirent pas le même chemin. Et d’opposer la révolution vaincue à La Higuera à celle, réussie, de La Havane. Pour finalement dégager deux conceptions de la révolution : l’une, fondée sur l’idéalisme, et qui fatalement échoue, l’autre, fondée sur le fait, et qui fatalement sera l’objet d’un combat acharné pour la défaire.  

    La figure du Che peut alors être utilisée pour amener les masses à préférer la stérilité romantique au travail ardu de l’ensemencement révolutionnaire.

    Or, il va de soi, à la lecture de l’Histoire comme des écrits d’Ernesto Guevara, que notre camarade était à l’opposé de ce portrait inopérant. Et que si Fidel lui a survécu (en dépit de centaines de tentatives d’assassinat), si la Révolution lui a survécu (en dépit d’un travail contre-révolutionnaire incessant), ce n’est pas contre le Che, mais avec lui.

    A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’assassinat du Che par l’ennemi, nous reviendrons sur la vie de ce camarade, dans son temps et dans sa réalité, proposant notre propre récit.

    Et ce dans la perspective du rendez-vous suivant et avec ceux qui l’organisent : http://www.francecuba.org/le-comite-de-lille-rend-hommage-au-che/

     

    "l’heure de l’mettre"

    radio campus lille 106,6 en direct sur www.campuslille.com

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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  • L’inimaginable interview d’un président de la République française à un magazine allemand-par Pierrick Tillet (le yetiblog.org 14/10/2017)

    Incroyable ! Cette dernière interview accordée par le président français Macron au magazine allemand Der Spiegel vous laisse sur le cul.

    Extraits (je vous les mets en gros et en couleurs tant ce qu’ils contiennent est énorme et ahurissant) :

    « Je me suis étroitement coordonné avec la chancelière et je lui ai parlé à la fin de la campagne et même le soir des élections [législatives allemandes du 24 septembre, ndlr]. Elle a même reçu une copie de mon discours avant que je le prononce. »

    Puis, au journaliste allemand qui lui demande s’il a tenu compte des remarques de la chancelière allemande :

    « J’ai pris en compte certaines choses […] Mais nous sommes d’accord sur l’essentiel : la chancelière partage les objectifs et les orientations que j’ai énoncés dans mon discours, et c’est important pour moi. […] Il était important pour moi d’éviter de déclencher des discussions en Allemagne qui auraient forcé la chancelière à se distancier de mon discours. »

    Enfin, plus loin dans la même interview, pour enfoncer le clou de la servilité la plus crasse, et dans un média étranger qui plus est :

    « Je ne cèderai pas au triste réflexe de la jalousie française. Parce que cette jalousie paralyse le pays. »

    Fermez le ban ! Devant une telle incontinence verbale, on hésite entre l’ébahissement suscité par une démonstration de franche connerie et la noire colère contre un tissu de viles saloperies. Voilà un président français en exercice qui :

    1. avoue soumettre ses discours au chef d’une puissance étrangère ;
    2. les corriger en conséquences pour ne pas le blesser ;
    3. et, pour faire bonne mesure de déférence, tape sur les citoyens du pays qu’il est censé représenter.

    En d’autres temps, ce con aurait été passé par les armes pour haute trahison.

     

    Pierrick Tillet

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  • Assez cassé, assez insulté M. Macron ! Après l’entretien présidentiel télévisé du 15 octobre 2017 (IC.fr- 17/10/2017)Par , porte-parole du PRCF – 16. 10 . 2017

    Concernant la forme de son entretien télévisé, a envoyé un premier message… en écartant tous les journalistes du service public : avec les chaînes privées TF1 et LCI, on était dans l’entre-soi oligarchique parfait. Et noter ce détail ne signifie pas se leurrer une seconde sur l’ « esprit critique » d’une majorité des journalistes politiques de France-Télévision et de Radio-France…

    Sur son vocabulaire politique, c’est un « persiste et signe » cinglant, bien dans le genre du personnage : car voyez-vous, Macron n’insulte pas les Français, il se contente de les traiter, selon les cas – et si possible en leur absence ou depuis l’étranger – de « fainéants », d’ « extrêmes », de « cyniques », d’ « irréformables », de gens « de rien », de « fouteurs de bordel », d’ « analphabètes alcooliques », et on en oublie… C’est ce qu’il appelle un « langage de vérité » qu’il a d’autant plus de « courage » à tenir que c’est lui qui est du bon côté des matraques de CRS ! Et puisqu’il est question de langue, faut-il s’étonner que les « journalistes » de TF1 (« The Voice », « The Voice Kids », « The Wall », etc.) n’aient pas posé une seule question sur la politique linguistique de ce président anglomane qui a supprimé le secrétariat d’Etat à la Francophonie et qui ne sait pas faire un discours sans le truffer d’anglicismes incompréhensibles : comble du mépris à la fois pour notre langue et pour « toutes celles et ceux » qui la parlent sur les cinq continents !

    Hier Macron a encore élargi la « fracture verbale » en stigmatisant la « jalousie française envers ceux qui réussissent », cette « passion triste » propre à ce vieux pays moisi. Vieille antienne des réactionnaires de toute époque, et pour lesquels, stupidement,

    1. les riches sont « ceux qui réussissent » (combien d’héritiers et de rentiers parmi eux ? Et combien d’ouvriers, d’agriculteurs, d’artisans, d’ingénieurs, de professeurs, de chercheurs brillants dans leurs spécialités respectives, qui gagnent des clopinettes ?),
    2. les riches sont les « premiers de cordée » (c’est l’inverse qui est vrai : de tout temps, les privilégiés ont été PORTÉS comme des pachas par toute la société !), et
    3. la lutte des classes est l’affaire d’affreux ratés « jaloux », et non l’effet d’une exploitation féroce et de l’aspiration hautement légitime de chacun à l’égale dignité de tous les humains : Thiers et Guizot, ô modernité macronienne, ne disaient déjà rien d’autre !

    Assez cassé, assez insulté M. Macron ! Après l’entretien présidentiel télévisé du 15 octobre 2017 (IC.fr- 16/10/2017)

    Sur sa politique, le Thatcher élyséen est fier de foncer sans retenue sur la ligne de classe – et de casse généralisée ! – que lui ont fixée le MEDEF et l’Union européenne : baisse des APL, scandaleuse fiscalité de classe, ordonnances cassant le code du travail que vont bientôt compléter, si le mouvement social n’oppose rien d’autre que les sempiternelles « journées saute-moutons » chères aux états-majors syndicaux, la démolition de ce qui subsiste du système de retraite, des statuts, du bac national et des dispositifs d’indemnisation du chômage, de manière à donner toujours plus à ceux qui ont tout en retirant le pain de la bouche à ceux qui n’ont pas grand-chose. Même sur ses promesses social-libérales, le recul de Macron est patent : les salariés qui démissionnent ne toucheront le chômage tous les « cinq ou sept ans » que s’ils ont « un projet ». Qui validera ce dernier ? Le MEDEF ?

    Annonce carrément fascisante : les étrangers « en situation irrégulière » (expression floue qui amalgame toutes sortes de situations) seront expulsés au moindre « délit ». Ah bon ! Il n’y a donc plus de juge en France et c’est le chef de l’État qui, indépendamment de tout jugement, déciderait EN VRAC (le principe de toute justice est qu’on juge des personnes !) qui peut ou pas vivre au « pays des droits de l’homme » : même Sarko n’était pas allé aussi loin. Bravo, soit dit en passant, à la gauche bobo qui a voté Macron pour « faire barrage à la fascisation »…

    Piteusement, les « journalistes » présents n’auront pas trouvé le moyen d’interrompre le premier de la classe récitant ses fiches pour l’interroger sur sa politique européenne contraire à la souveraineté de la France et totalement alignée sur Berlin. Ni sur Trump, dont Macron a fait l’éloge sans la moindre prise de distance à l’encontre de la politique anti-écologique et grossièrement belliciste (Corée, Proche-Orient, Venezuela, etc.) de l’intouchable chef de file du « monde libre »… Vassal un jour, vassal toujours !

    Macron aura-t-il ainsi pu ralentir l’effondrement spectaculaire de sa cote de popularité cinq mois seulement après son intronisation ? Non à en croire un sondage réalisé hier : 29% des sondés se disaient « convaincus », contre « 69% de « non convaincus ».

    Face à cet arrogant Thatcher asservi à Gattaz, à Juncker et à Trump, à quand une manifestation nationale de combat à Paris, et pourquoi pas sur les Champs Elysées (comme l’a proposé Mélenchon) pour que ce président sourd au peuple entende enfin sa voix ? Une telle manif est indispensable si l’on veut vraiment construire la grève inter-pro reconductible avec blocage du profit capitaliste jusqu’au retrait des contre-réformes…

    La cohérence Macron, c’est de casser à la fois le social, le produire en France (Alstom, STX, GM&S), les libertés (insertion de l’état d’urgence dans le droit ordinaire) et la souveraineté nationale. NOTRE cohérence de communistes, de patriotes progressistes et de syndicalistes, c’est au contraire de développer le « tous ensemble en même temps » sans crainte de proposer une République sociale, souveraine et fraternelle rompant avec l’UE/OTAN pour marcher vers le socialisme.

    Georges GASTAUD, Secrétaire National du PRCF

     source: https://www.initiative-communiste.fr

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  • Ce dimanche 15 octobre, plus de 18 millions de vénézuéliens étaient invités à élire les 23 gouverneurs de 23 États parmi 226 candidats de droite ou bolivariens (= chavistes) – sauf à Caracas qui n’est pas un État. À cet effet le Centre National Électoral avait installé dans tout le pays 13.559 centres de vote et 30.274 tables électorales. Le taux de participation a été de 61,4 %, un taux très élevé pour un scrutin régional.

    Les bolivariens remportent une large victoire avec 17 États contre 5 pour l’opposition. Celle-ci gagne notamment dans les États stratégiques de Mérida, Táchira, Zulia, proches de la Colombie, foyers de violence paramilitaire. Les bolivariens récupèrent trois États historiquement gouvernés par la droite : les États d’Amazonas, de Lara et – victoire hautement symbolique – celle du jeune candidat chaviste Hector Rodriguez dans l’État de Miranda, longtemps gouverné par le milliardaire et ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles Radonsky.

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    Pour mieux comprendre le ressort vivant du , il suffit de comparer deux images. En haut : une droite machiste, blanche, liée à l’entreprise privée, adoubée par Donald Trump, l’Union Européenne, Emmanuel Macron, Mariano Rajoy, Angela Merkel et les grands médias internationaux, pour « rétablir la démocratie ». En bas, les secteurs populaires – une population métissée, majoritaire, mais invisibilisée par les médias – font la fête à Petare, un des plus grands « barrios » d’Amérique Latine, après la victoire du candidat bolivarien Hector Rodriguez. (1)

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    Le candidat bolivarien Hector Rodriguez a gagné son pari de reprendre l’État de Miranda à la droite.

    C’est le 22ème scrutin depuis que le chavisme est arrivé au gouvernement, et le deuxième de l’année (on peut y ajouter plusieurs consultations – organisées en interne et sans cadre légal – par les partis de droite en 2017). Cette élection des gouverneurs sera suivie par celle des maires puis, en 2018, par les élections présidentielles.

    Ces résultats qui donnent au chavisme 54 % des votes nationaux contre 45 % à la droite sont d’autant plus intéressants que ces élections ont lieu dans un contexte difficile. Il y a deux mois et demi encore, une insurrection armée dirigée par l’extrême-droite cherchait à renverser le gouvernement élu, avec un bilan de près de 200 morts (2). Cette déstabilisation prit fin le 30 juillet, lorsque la population jusque-là restée en marge de ces violences s’est mobilisée pour élire une Assemblée Constituante. Désavouée, la droite s’est alors déchirée entre un secteur radical maintenant l’objectif de revenir au pouvoir sans passer par les urnes et un secteur acceptant de revenir à la voie électorale. Pour tenter d’infléchir le scrutin en sa faveur, la droite, le secteur privé (80 % de l’économie) et les Etats-Unis ont remis toute la pression dans la guerre économique, avec l’envol astronomique des prix de certains de produits de base afin d’augmenter le mécontentement populaire. Comme d’habitude, soucieuse d’alimenter le storytelling international, la droite a contesté les résultats, évoquant une « fraude ». Le président Maduro a répondu en demandant un recomptage de 100 % des votes.

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    Les experts du Collège d’Experts Electoraux d’Amérique Latine (CEELA) ont suivi l’ensemble du processus électoral.

    Parmi les observateurs internationaux dont 50 experts électoraux, le colombien Guillermo Reyes, porte-parole du respecté Collège d’Experts Electoraux d’Amérique Latine (formé d’ex-présidents de centres nationaux électoraux de nombreux pays) a rappelé que le système électronique du est le plus moderne du continent et que plusieurs jours avant l’élection, l’ensemble des partis de droite et de gauche ont participé aux essais techniques du vote, signant le rapport concluant à sa fiabilité. En 2012 déjà, le système électoral automatisé du a été qualifié par le Centre Carter de « meilleur du monde ». (3)

    Avec 22 scrutins en 18 ans de processus bolivarien, le Venezuela continue donc à battre tous les records en nombre d’élections et même si les secteurs radicaux de la droite crient à la fraude quand les résultats ne les favorisent pas, celle-ci en a remporté plusieurs, comme les législatives de 2015.

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    DMMSYJxWkAEo1Dd                    Scènes de la campagne et de l’élection régionale du 15 octobre 2017.

    Contrairement à ce que les médias veulent faire croire au monde entier, la droite vénézuélienne dispose de tous les moyens pour s’exprimer. La majorité des médias, privés, et des réseaux sociaux (bots y compris…) lui est largement favorable sur les plans local, régional, national et international (4). On comprend le silence des médias internationaux sur ce scrutin qui contredit, une fois de plus, le plus grand fake news de l’histoire contemporaine : « la dictature au Venezuela ». Les urnes rappellent aux « journalistes » qu’il ne faut pas sous-estimer l’existence et la conscience du peuple vénézuélien.

    Thierry Deronne, Caracas, le 15 octobre 2017

    Notes

    1. Lire « On n’a encore rien dit du Venezuela »,https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/09/25/on-na-encore-rien-dit-du-venezuela-le-journal-de-linsoumission/
    2. Pour un graphique et un tableau précis et complet des victimes, des secteurs sociaux, des responsables et des personnes condamnées, voir https://venezuelanalysis.com/analysis/13081 ; Sur les assassinats racistes de la droite : Sous les Tropiques, les apprentis de l’Etat Islamique – 27 juillet 2017 ; Le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte » (Truth Out) – 24 juillet 2017
    3. « Former US President Carter : Venezuelan Electoral System “Best in the World” », https://venezuelanalysis.com/news/7272
    4. Au Venezuela la majorité des médias, comme l’économie en général, sont privés et s’opposent aux politiques sociales du gouvernement bolivarien. Voir Mensonges médiatiques contre France insoumise, partie I : « Maduro a fermé 49 médias ». – 4 septembre 2017. On peut lire aussi, sur ce thème :Thomas Cluzel ou l’interdiction d’informer sur France Culture,http://wp.me/p2ahp2-1M7

     

    sources: http://wp.me/p2ahp2-3Ek  &  https://www.initiative-communiste.fr

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  • Tout occupé à dissoudre la souveraineté nationale et les acquis sociaux du peuple français dans l' UE  (« défense européenne » intégrée à l’OTAN, «  gouvernement de la zone euro », listes transnationales aux européennes…), Emmanuel Macron voudrait imposer le  drapeau européen, aujourd’hui dénué de statut officiel, comme le drapeau officiel-bis de notre pays. Or, en refusant par référendum la constitution européenne, qui prétendait institutionnaliser le drapeau et l’ hymne européens, le peuple français s’est déjà souverainement opposé à ce coup d’État symbolique le 29 mai 2005.  

    Les signataires de ce texte refusent que cet emblème anti-laïque (renvoyant au drap marial entouré des étoiles apostoliques), supranational (et non « internationaliste ») et antipatriotique, qui sert de référence aux supporteurs de l’UE néolibérale et atlantique, soit imposé à l’ensemble du peuple français.

    Premiers signataires :

    Léon Landini - résistant FTP MOI Commandant de la quatrième compagnie du Bataillon FTP-MOI Carmagnole, à Lyon Président de l’Amicale des Anciens  FTP-MOI de la région Rhône-Alpes.Gand Mutilé de Guerre suite aux tortures endurées au Fort-Montluc à Lyon au cours de son arrestation par la Gestapo.Médaille de la Résistance - président du PRCF
    Antoine Manessis - Commission Internationale du PRCF
    Pierre Pranchère - résistant FTP  - député européen honoraire
    Michel Debray - ancien président de l’Institut Charles De Gaulle.- Amiral
    Fabrice Fernandez, responsable national de Penser la France

    ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Le 29 mai 2005 à une large majorité les français ont voté contre le Traité Constitutionnel Européen et donc contre l'article I -8 indiquant :

    "Le drapeau de l'Union représente un cercle de 12 étoile d'or sur fond bleu" et "L’hymne de l’Union est tiré de l’« Ode à la joie » de la Neuvième 

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