• Gilets jaunes. Brest. Les Gilets jaunes manifestent rive droite (OF.fr-12/01/19-20h07)Les Gilets jaunes ont manifesté devant la mairie avant de reprendre leur route, direction le Carrefour de l'Iroise

    Un millier des Gilets jaunes a manifesté dans les rues de Brest ce samedi 12 janvier 2019, pour l’acte 9 du mouvement. Ils ont défilé rive droite pour la première fois.

    De nombreux « Macron démission » ont résonné, ce samedi 12 janvier 2019, dans les rues brestoises. Un millier de Gilets jaunes (800 selon les forces de l’ordre) ont défilé sous la pluie.

    Partis, comme à leur habitude, de la place de Strasbourg, à 14 h, ils ont, pour

    la première fois, pris la direction de la rive droite. Leur destination ? Le centre commercial Carrefour de l’Iroise, près de Brest Arena.

    Les Gilets jaunes ont bloqué l’entrée du Carrefour durant une vingtaine de minutes.

    Arrivés bruyamment un peu avant 16 h, 200 Gilets jaunes ont bloqué l’entrée du supermarché. « Les grandes enseignes ne participent pas, gagnent des millions, qu’elles se mettent dans les poches et celles de leurs actionnaires, et ne sont pas capables de donner des avantages à leurs salariés » , explique Christelle, Gilet jaune de la première heure. Des actions similaires avaient déjà eu lieu dans la zone commerciale du Froutven, devant les enseignes du groupe Mulliez.

    Christelle, Gilet jaune, lors du bref blocage du supermarché Carrefour. 

    « Nous venons protester dans les grandes enseignes contre l’optimisation fiscale, pour ne pas dire évasion fiscale , développe Loïc. Ce sont des actions symboliques. »

    Convergence des luttes ?

    Lors des prises de paroles, place de Strasbourg, avant le départ de la manifestation, les organisateurs ont appelé à se joindre à la prochaine Marche pour le climat, le 27 janvier prochain.

    Ce samedi, deux manifestations, la Marche pour le climat et la manifestation des Gilets jaunes, avaient lieu au même moment. Difficile donc, pour les manifestants, de se dédoubler. « Les problèmes environnementaux et de pauvreté ont des causes systémiques dans les deux cas. Et ce sont toujours les mêmes personnes qui vont souffrir en premier du dérèglement climatique , soutient Eric, 25 ans. Le gouvernement ne prend en compte ni les gens, ni l’environnement. »

    Nemo, 27 ans, étudiante en Master de Gestion de l’environnement et Gilet jaune, considère, quant à elle, qu’il existe un manque de dialogue entre écologistes et Gilets jaunes. « À l’université, les gens de ma classe ne parlent pas des Gilets jaunes. Ils ne s’informent pas sur notre lutte. Alors que les gens veulent juste aller mieux, ce n’est pas une démarche égoïste » , explique-t-elle.

    Une chose est sûre, les Gilets jaunes restent mobilisés. « On est bretons, têtus, on ne lâchera pas » , conclut Loïc.

    Metig JAKEZ-VARGAS.

    source: https://www.ouest-france.fr/societe/gilets-jaunes/gilets-jaunes-brest-les-gilets-jaunes-manifestent-rive-droite-6169182

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  • Brest. Les soutiens de Charles Kermarec taclés par le planning familial (OF.fr-29/10/18-18h39)Les propos des soutiens de Charles Kermarec, cofondateur de Dialogues, mis en examen pour agression sexuelle et harcèlement sexuel passe mal

     

    Les propos des soutiens de Charles Kermarec, cofondateur de Dialogues, mis en examen pour agression sexuelle et harcèlement sexuel, passent mal. Le planning familial, notamment, réagit.

    Brest. Les soutiens de Charles Kermarec taclés par le planning familialMi-octobre, Charles Kermarec, cofondateur de la librairie Dialogues, a été mis en examen pour « agression sexuelle et harcèlement sexuel ». Une salariée de la librairie de la rue de Siam a porté plainte pour ces faits qui se seraient produits au magasin.

    Elle ne serait pas la seule. D’autres salariées, au moins une dizaine, auraient évoqué, devant les enquêteurs, des agressions sexuelles et, aussi, du harcèlement moral.

    Un comité de soutien

    « Les accusations mensongères et la mise en examen dont je fais l’objet sont le fruit d’une cabale minutieusement orchestrée dont le but est de me contraindre à quitter Dialogues », réagissait rapidement Charles Kermarec dans nos colonnes.

    Il était soutenu, quelques jours plus tard, par un comité de soutien, notamment composé d’Olimpia Bogdon-Verger (éditrice et ancienne libraire à Dialogues), Irène Frachon (auteure et médecin), Yvon Le Men (poète), Erik Orsenna (académicien) ou Jean Rouaud (écrivain, prix Goncourt). « Charles Kermarec a certainement des défauts et surtout le défaut d’être exigeant, mais s’il est un défaut qu’il n’a pas et qu’il n’a jamais eu, c’est la goujaterie. Nous avons assez travaillé avec lui pour savoir que ni dans ses propos, ni dans son comportement, nous n’avons été témoins de la moindre ambiguïté a fortiori envers les femmes », écrivaient-ils notamment.

    « Combien de bons collègues… ? »

    Des propos qui, ce week-end, ont fait réagir le planning familial du Finistère, à travers un communiqué de presse : « À travers leur tribune, c’est autant le travail de la justice que la parole des salarié.e.s qui sont remis en cause. » Les associations composant le Planning familial taclent les signataires : « S’ils n’ont été témoins de rien, ce n’est pas une preuve qu’il ne s’est rien passé. Combien de bons collègues, de voisins sympathiques, de pères de famille insoupçonnables, ne se sont-ils pas révélés être des agresseurs sexuels ? »

    « Banalisation »

    « Réduire une agression sexuelle à « de la goujaterie » est une banalisation de la violence que l’on retrouve dans de nombreuses défenses d’agresseurs. Tout comme « l’atteinte à l’honneur » qui n’est pas du fait de la libération de la parole des victimes mais des actes délictueux, s’ils sont avérés », poursuit ce texte.

    Olivier Cuzon, de la Ligue des Droits de l’Homme, à Brest, a aussi publié un communiqué sur son compte Facebook « à la demande de rédactrices qui préfèrent rester anonymes ».

    « Le droit à la plainte »

    « Plusieurs témoignages sont concordants autour d’agressions et de harcèlements. […] La Justice va maintenant faire son travail sereinement, sans subir de pressions malvenues », écrit-il

    Le texte se poursuit, s’en prenant aux défenseurs du libraire : « Ils ont bafoué le droit de toutes les femmes à porter plainte, à dénoncer, à dire Basta ! Nous, anonymes, victimes potentielles ou avérées, femmes heureuses ou maltraitées, nous revendiquons, pour nous et nos soeurs, le droit à la plainte. »

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • FRANÇOIS ROCHEX : « J’ÉTAIS AU CONGRÈS DE TOURS »-par Olivier Morin (L'Huma 28/09/18)En 1920, le petit François était loin de se douter qu’il vivait un des épisodes clés du mouvement ouvrier. Julien Jaulin/Hans Lucas

     

    Histoire.  Ancien résistant et syndicaliste, il est à 107 ans l’un des derniers témoins du congrès fondateur du Parti communiste français, où son père l’a emmené lorsqu’il avait 9 ans.

    Décembre 1920. Dans la salle du Manège de Tours (Indre-et-Loire), sous deux immenses portraits de Jean Jaurès, les débats vont bon train. La Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dont l’unité est minée depuis la guerre, a réuni son XVIIIe congrès. Parmi les délégués, pas grand monde ne prend garde au garçonnet de 9 ans qui accompagne son père. Antoine Rochex a fait la route depuis Billancourt (Hauts-de-Seine) en train pour participer aux débats historiques de ce congrès, qui donnera naissance au Parti communiste français. L’ouvrier ajusteur, licencié du chemin de fer en 1910 pour avoir refusé de porter le brassard des réquisitionnés durant une grève, a emmené avec lui son petit François, qu’il a failli perdre lors de l’épidémie de grippe espagnole de 1918. Dans la ferveur des interventions hantées par le spectre de l’adhésion à la IIIe Internationale, on reconnaît Léon Blum, Marcel Cachin ou encore Clara Zetkin et Hô Chi Minh. L’enfant est alors loin de se douter qu’il vit un des épisodes clés du mouvement ouvrier. Alors que le PCF s’apprête à célébrer la centième année de son existence, François Rochex est certainement un des derniers témoins de ce qu’on appelle depuis le « congrès de Tours ».

    Un homme aux cheveux blancs, à l’esprit vif et au regard rieur

    Septembre 2018. Depuis quelques mois seulement, François Rochex a rejoint l’Ehpad de Mouy (Oise). Il se trouvait « trop fatigué » pour vivre encore chez lui. « Je suis quand même dans ma 108e année », fait remarquer malicieusement celui qui préparait lui-même ses repas il y a peu. L’homme aux cheveux blancs, à l’esprit vif et au regard rieur, conduit les journalistes de l’Humanité, sans fauteuil roulant, dans un des salons de l’établissement où il réside et où il évoque volontiers ses souvenirs. Ceux d’une vie passée à sinuer entre « bonheur, découverte, ouverture sur les autres mais aussi regard sur l’espèce humaine destructrice », décrivait celui qui a connu deux guerres mondiales à une biographe, sollicitée par sa famille pour retracer sa vie à l’occasion de son 100e anniversaire.

    Quand éclate la Grande Guerre, François n’a que 3 ans. « Je me rappelle que, dans la classe de l’école maternelle de Billancourt où j’étais, on découpait des morceaux de papier pour les coller aux vitres, pour ne pas qu’elles volent partout dans la classe en cas de bombardements », décrit-il en évoquant les Zeppelin allemands qui lâchaient leur acier meurtrier. La guerre le marque : il ressent encore le fracas de l’explosion d’un dépôt de grenades à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). « Une pétarade formidable, se souvient-il. Ça a duré plus d’une journée. » Son père, blessé dans les Ardennes dès 1914 et déclaré inapte au combat, reprend le chemin de l’usine en 1915. De ses années d’enfance, François raconte la fois où il est renversé par l’automobile du directeur des librairies Hachette. Et cette épopée dans la locomotive du Paris-Creil, où, embringué par son père, il se retrouve, noir de suie dans ses vêtements du dimanche, à essuyer le sermon de sa mère. Il en gardera malgré tout une fascination pour le chemin de fer. Alors, lorsque, à l’orée de l’hiver 1920, son père lui annonce qu’il l’emmène avec lui jusqu’à Tours en train, le petit François ne cache pas sa joie. « À cette époque-là, on ne parlait pas aux enfants comme on le fait aujourd’hui », se souvient celui qui est devenu un vieil homme. « Mon père ne m’a pas dit qu’il m’emmenait au congrès de Tours, ni ce qu’il s’y passait. Je me souviens surtout du voyage en train ! » sourit-il.

    Interné au Frontstalag 122 pour ses actions antifascistes

    Lorsqu’ils sont arrivés à la salle du Manège, près de l’ancienne abbaye Saint-Julien, François est conduit dans une pièce plus petite où les organisateurs avaient mis en place une garderie pour les enfants. « On était la valeur d’une classe d’école », estime François Rochex. « Pendant que les adultes discutaient, on passait notre journée à jouer. La nuit, je ne me souviens plus trop, mais ils avaient dû installer des paillasses. » Pour le fils du délégué Rochex, ce congrès est un vrai moment d’amusement. L’essentiel pour le jeune François est surtout d’être allé « se promener en chemin de fer », s’amuse-t-il. Le congrès, bien qu’ayant duré six jours, s’est « passé vite ». « Mon père était satisfait de son issue », se souvient-il vaguement. Dans la salle où chahutaient François et la progéniture des délégués, les enfants ne se doutaient pas qu’ils venaient d’assister à la naissance du Parti communiste français, grâce à la motion Cachin-Frossard, portée par le directeur de l’Humanité et le secrétaire général de la SFIO. Ce que François se rappelle plus sûrement, c’est sa mère passant un savon à son père, parti avec leur fils sans prévenir. « Et, à cette époque, on n’avait pas de téléphone », souligne-t-il. Quelques années plus tard, l’engagement rattrape François Rochex. Militant au mouvement Amsterdam-Pleyel, il fait plusieurs fois « le coup de poing contre les fascistes ». « À Liancourt, les Croix-de-Feu avaient investi le conseil municipal. Le préfet nous avait interdit d’y aller de peur de l’échauffourée. On leur a quand même brûlé deux bus. » François Rochex ne regrette rien. S’il a mené la lutte avec la CGT pendant les grèves du Front populaire, puis survécu à l’enfermement au Frontstalag 122 de Compiègne, où il a été interné pour ses actions antifascistes, il craint désormais pour l’avenir. Très attentif à l’actualité, François Rochex lit toujours l’Humanité, que lui apporte sa fille Nellie, militante féministe et élue communiste à Nogent-sur-Oise. Observant le muselement « des chambres du Parlement », la répression des luttes « bientôt par l’armée » et les années fastes pour les « multimillionnaires », François Rochex ne peut s’empêcher de penser à ses luttes, il y a près de quatre-vingts ans… tout en confiant son souhait de voir renaître un printemps 1936.

    Olivier Morin
     
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