• Pontivy-Les cheminots demandent la réouverture de la ligne St-Brieuc - Auray (OF.fr-12/06/2018-16h 12)

    Mardi 12 juin, entre 200 et 300 cheminots bretons se sont retrouvés devant l'ancienne gare de Pontivy, dans le Morbihan

    Mardi 12 juin, ils étaient entre 200 et 300 cheminots devant l’ancienne gare de Pontivy. Venus de toute la Bretagne, ils demandent la réouverture de la ligne Saint-Brieuc - Auray pour redynamiser le Centre-Bretagne.

    La gare de Pontivy est fermée depuis 2014. Et pourtant, ce mardi 12 juin, à 12 h, entre 200 et 300 cheminots bretons étaient sur place pour la réouverture de la ligne Saint-Brieuc - Auray, passant par Loudéac et Pontivy.

    "Le Centre-Bretagne est délaissé"

    « Il y a deux raisons pour lesquelles nous sommes ici. La grève étant toujours effective, c’était l’occasion de réunir les cheminots de Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Quimper, Lorient, etc. Ensuite, nous demandons la réouverture de la ligne Saint-Brieuc - Auray. Aussi bien pour le transport de marchandises que de voyageurs, estime Simon Brunet, secrétaire général de la CGT des cheminots de Saint-Brieuc. Aujourd’hui, le Centre-Bretagne est délaissé. Il faut y remédier ! »

    La réouverture de cette ligne permettrait, selon le cheminot, à de nombreuses entreprises d’envoyer leur marchandise sur un axe Nord-Sud à travers la Bretagne : « Auray, Saint-Gérand, Pontivy, Saint-Brieuc, dans toutes ces villes, des entreprises pourraient bénéficier de cette ligne. »

    Simon Brunet, secrétaire général de la CGT des cheminots de Saint-Brieuc, demande la réouverture de la ligne Saint-Brieuc - Auray. | Ouest-France

    La survie des services publics de proximité

    Étaient aussi présents des élus locaux membres du Collectif de défense des services publics du Centre-Bretagne. « Nous voyons nos services publics disparaître progressivement. Les maternités, les hôpitaux, les centres de finances publiques, etc. On remarque l’importance de la survie de ces services aussi à travers le combat des cheminots », confie Yann Jondot, maire de Langoëlan. 

    Les cheminots de la CGT, de la Cfdt et de Sud Rail se sont retrouvés sur le temps du midi pour cette action à Pontivy. 

    « Nous laissons la parole aux élus et aux personnes voulant sensibiliser sur la situation actuelle du Centre-Bretagne », conclut Simon Brunet à la fin de sa prise de parole.

    source: https://www.ouest-france.fr

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  •  Gare de Pontivy

    Le syndicat CGT des cheminots de St Brieuc convie les citoyens, les élus, la presse, les autres organisations syndicales et tous ceux qui sont attachés à la solidarité, aux services publics et à leur accès à tous et partout à rejoindre les cheminots Bretons en lutte devant la gare de Pontivy à 12h30 mardi 12 juin.

    Chacun le sait les cheminots sont confrontés à une réforme ferroviaire, une de plus, qui conduirait à une contraction importante du service rendu aux usagers, notamment en zone peu dense, telle que le centre-Bretagne. Se cachant derrière des disfonctionnements et une dette abyssales dont ils sont les seuls responsables (33000 emplois supprimés depuis 10 ans, 47 milliards de dette suite aux LGV construites), le gouvernement et notre direction n’ont que deux objectifs : le dumping social par la suppression de notre statut et la suppression de toutes les liaisons dites non rentables afin d’offrir aux financiers les marchés rentables. Lois liberticides, casse des services publics, désertification de pans entiers de nos territoires, le gouvernement avance à pas de charge pour détruire ce qui fait le lien entre chaque français depuis la libération.

    En Bretagne les fermetures de bureau de poste, la fermeture de la maternité de Guingamp, les fermetures de classe et on en oublie, doivent faire réagir chaque Breton.

    Le syndicat CGT des cheminots de St Brieuc, plus que jamais déterminé, appelle également à se battre pour la réouverture de la ligne St Brieuc Loudéac Pontivy Auray qui offrirait un vrai service public des déplacements, sûr et rapide entre le nord et le Sud de la Bretagne.

    Elle offrirait aussi la possibilité d’une vraie relance du Fret pour laquelle nous nous battons également depuis deux mois.

     

    Tous ensemble pour le Fer,

    source: http://bellaciao.org

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    La bande dessinée de Kris et Étienne Davodeau, Un homme est mort, adapté en fiction d’animation, réalisée par Olivier Cossu, sera diffusée sur Arte mercredi 13 juin à 22h35, dans le cadre d’une programmation spéciale Festival d’Annecy. La fiction raconte le combat des ouvriers brestois lors des grèves de 1950 et raconte l’arrivée de René Vautier, un cinéaste engagé qui vient filmer les événements.

    https://www.actualitte.com/article/...

    "Un homme est mort" Edouard Mazé, mort le 17 avril 1950

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    Le film d’animation, qui a obtenu le Prix du public au Festival international du cinéma d’animation de Meknès 2018, se concentrera sur l’histoire d’amitié, mais aussi d’amour entre P’tit Zef, un ouvrier, et Paulette, une fille de commerçant qui prend part à la lutte syndicale. Il opérera également une reconstitution de Brest en 3D, au rythme de la musique de Yan Volsy et Pablo Pico.

    On y verra des événements réels comme la mort d’Édouard Mazé et le film de René Vautier rythmé par le poème de Paul Eluard, Gabriel Péri. Grâce à un cinéma ambulant, Vautier a parcouru la Bretagne pour montrer ce témoignage du combat et de la solidarité des ouvriers. La seule pellicule de ce film a malencontreusement été détruite. Les mots du poète, « Un homme est mort qui n’avait pour défense que ses bras ouverts à la vie », prennent dans ce contexte une dimension bouleversante.

    « Je trouvais qu’il y avait quelque chose de judicieux dans le fait de ramener cette histoire vers une forme animée. Kris, qui a initié le projet de la bande dessinée et l’a écrite avec moi, partageait cette idée. Après avoir remis à la lumière le film de René Vautier en bande dessinée, l’idée de le voir revenir à l’écran qui est son support originel, par le dessin, c’est magnifique, comme une évidence qui assume et valide les formes successives de ce récit » explique Étienne Davodeau qui a réalisé l’univers graphique du film tandis que Kris participait au scénario et à l’adaptation.

    « Gabriel Péri, le poème de Paul Eluard, lu et réinterprété par René Vautier lors des projections de son film sur ces événements de 1950, nous permet de ne jamais oublier le combat de ces hommes luttant contre l’injustice, parfois au péril de leur vie. On aime les villes qui n’ont pas à dire qui elles sont ni d’où elles viennent. Brest n’a pas ce luxe mais a su se relever alors qu’elle avait été mise plus bas que terre, tout comme ses habitants et ses travailleurs » complète Olivier Cossu.

    C’est en meme temps, un hommage à René Vautier 15 01 1928 - 04 01 2015 Une Grande Figure du cinéma militant, un engagement qui n’a jamais failli .

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    http://kebekmac.forumprod.com/un-ho...

    Un homme est mort est d’abord un film de René Vautier sur la mort de l’ouvrier Edouard Mazé, tué à Brest par les gardes mobiles, lors des manifestations et des grèves de 1950. Un commentaire reprenant un poème de Paul Eluard intitulé "Un Homme est mort" accompagne les images. Le film est projeté de nuit sur les lieux pendant près d’un mois. Il est définitivement détruit au cours de la dernière projection dans un ciné-club parisien. Quelques plans tournés à Brest sont utilisés par Robert Ménégoz dans Vivent les dockers (1951, 14 mn) et repris dans Le Chant des fleuves (1954) de Joris Ivens. Condamné pour le tournage du film Afrique 50 en violation du décret Pierre Laval (Ministre des colonies) de 1934, René Vautier est mis en prison militaire à Saint-Maixent, puis à Niederlahstein en zone française d’occupation allemande. Il sort en juin 1952. Film détruit L’histoire de "Un homme est mort" retranscrit par Étienne Davodeau et Kris sous forme de bande-dessinée les faits réels qui se sont produits lors des manifestations ouvrières à Brest en 1950. Les personnages sont eux aussi calqués sur des personnes réelles ; notamment René Vautier, réalisateur engagé du film perdu autour duquel tournent les évènements de la BD

    source: http://bellaciao.org

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  • La journée de manifestation du 26 Mai est une expérience dont nous avons tous intérêt à tirer les leçons. Ses initiateurs avaient choisi un vocabulaire marquant, évoquant une "marée populaire" devant élargir la convergence des luttes, démontrer la force grandissante d’un mouvement social capable de faire reculer Macron.
    Le résultat est clair. La mobilisation, 250.000 personnes selon les organisateurs, a été inférieure à celle du 22 Mars dernier, 400 à 500.000 [1], et elle est restée très loin des niveaux de mobilisation contre la loi El Khomri (1 à 1,5 million) et encore plus loin des niveaux de 2010 contre la réforme Sarkozy des retraites (6 journées à plus de 3 Millions).

    La "marée" du 26 Mai, bien loin d’élargir les mobilisations et donc de renforcer la lutte des cheminots, de la santé ou de la fonction publique contre Macron, a peiné à les rassembler, montrant ainsi que le rapport de forces était largement insuffisant pour faire reculer Macron, surtout sur un mot d’ordre global... Certains voulaient lui "faire sa fête", mais le 26 mai l’a plutôt conforté pour son premier anniversaire de président.

    Il est essentiel de comprendre ce constat pour éclairer ses causes et faire des choix tactiques et stratégiques adaptés à la situation réelle, et, ce sera la conclusion, sortir enfin d’une conception très médiatique du mouvement social.

    Il faut d’abord éclairer le constat avec lucidité.

    Bien entendu, des milliers de militants se sont exprimés avec force, dynamisme, espoir. Après beaucoup de discussions, la CGT a joué le jeu de cette mobilisation décidée par un large collectif d’associations et elle a été effectivement bien présente. Le parti communiste a organisé à Paris un cortège significatif. Sans leur participation, la journée aurait été un échec total.

    Pourtant, 61 associations, syndicats et partis politiques avaient partagé l’analyse de la fondation Copernic et de l’association ATTAC, sur le besoin d’une "convergence" de toutes les mobilisations en déclarant ensemble :

    Le gouvernement espère que ces mobilisations sectorielles restent isolées et qu’il pourra les défaire les unes après les autres (...) Il se trompe, comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et, toutes et tous ensemble, d’affirmer dans la rue que des alternatives existent.

     

    Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs, nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales, syndicales, associatives, politiques pour construire et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen. Partout en France organisons le samedi 26 mai une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

    Tous les initiateurs évoquait un évènement historique. Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac, évoquait un "cadre que nous n’avons jamais connu", un "bien précieux" constitué grâce à la "volonté que chacun se respecte dans ce qu’il est". Pour Willy Pelletier de la Fondation Copernic, il s’agissait d’une "mobilisation historique", un "ovni qui n’a jamais été mis en place dans l’égalité de chaque structure".

    Notons qu’au cœur de l’analyse proposée se situe la convergence de toutes les forces à égalité, et le nombre de signataires semblaient montrer effectivement un élargissement prometteur, anarchistes, trotskystes, marxistes-léninistes, communistes, écologistes, socialistes, syndicalistes... [2]

    Janette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic éclaire cette analyse d’une nouvelle forme de mouvement « Il y a une lassitude à l’égard des journées d’actions traditionnelles, à l’égard des formes d’actions des organisations syndicales traditionnelles. Je pense que cette Marée populaire est très différente. ». Cette conception d’un mouvement sans "direction", sans "mot d’ordre" est hérité des courants "mouvementistes" qui avaient réussi de grands évènements altermondialistes il y a quelques années. Janette Habel « Il n’y aura pas de carré de tête ni de mot d’ordre », « Cette Marée populaire tient d’abord à ce côté démocratique et représentatif de la société aujourd’hui »... Elle confirme l’ambition « La Fondation Copernic et Attac a déjà rassemblé beaucoup de monde mais il faut élargir encore ».

    Certains veulent convaincre que la journée a été un succès.

    Jean-Luc Mélenchon reprend sous le titre "Marées populaires : de belles initiatives citoyennes !", le communiqué de Copernic/Attac "Ce sont près de 80 organisations qui, en unissant leurs forces, ont rassemblé des centaines de milliers de manifestantes et manifestants"... Il affirme que "Le bilan de la marée populaire du 26 mai est fécond", évoquant des cortèges "dans près de 200 villes" qui ont "dans de nombreux cas surpris par leur nombre". Il considère que "le goût de ce type de rassemblement politico-social s’est découvert, il ne se perdra pas de sitôt". Il conclut en prédisant "la marée fera des petits"... Le PRCF est plus précis et évoque "plus de 80.000 manifestants à Paris, 65.000 à Marseille et des centaines de milliers dans les plus de 200 manifestations en France", concluant "c’est bien une première marée populaire qui s’est levée en France ce 26 mai. La rengaine des chiens de garde des médias ne doit leurrer personne. S’ils mordent c’est parce qu’ils ont peur de la colère populaire"...

    On se demande pourquoi les chiens de garde auraient plus peur des 250.000 manifestants du 26 mai que des 500.000 que le même journal comptait pour le 22 Mars... Rappelons que en 2006, 2009, et à 6 reprises en 2010, la mobilisation avait dépassé les 3 millions de manifestants, et qu’en 2013 face à Hollande, la mobilisation avait dépassé deux fois le million de personnes.

    Mais Pierre Dharréville, député PCF l’affirme « Une colère sociale monstrueuse continue de s’exprimer dans le pays, on travaille à l’unité depuis plusieurs semaines et il y a la possibilité d’un très large rassemblement ». Et il croit même sentir le vent du boulet pour Macron « On voit bien que le gouvernement et le Président de la République sont un peu en difficulté cette semaine ». Même Charles Hoareau dans Rouge Midi, comparant le 5 et le 26 Mai considère « qu’on est incontestablement dans une marée montante » et dénonce toute critique des formules qui seraient « un bien mauvais procès qu’on laissera à celles et ceux qui ne peuvent s’empêcher d’exprimer leur soulagement par des rires nerveux, rires d’autant plus bruyants que leur peur est plus grande ». Je pense sincèrement que Charles se trompe complètement en ne reconnaissant pas ce que la masse des ouvriers et employés ressentent, le gouvernement, la bourgeoisie n’ont vraiment, vraiment pas peur... J’espère que Ruffin, qui n’a jamais hésité à dire ce que les gens d’en bas ressentent même quand c’est politiquement incorrect, fera un reportage au cœur du peuple qui a regardé la marée populaire de loin...

    Il faut cependant bien dire quelque chose sur la suite et on sent que la marée se cherche. L’Humanité écrit « marée populaire ». Les organisateurs cherchent de nouvelles pistes où atterrir ? Sans opter pour une nouvelle manifestation, les initiateurs du 26 mai ont décidé de poursuivre le « travail engagé ».

    A l’inverse, tous les défenseurs du système se réjouisse de ce niveau de mobilisation, même Marianne évoque la "marée basse", confortant le premier ministre qui parle d’un "petit coefficient de marée" et le gouvernement comme toutes les forces de droite affirme avec détermination "on continue"...

    JF Kahn dans le point fait mine de s’interroger :

    Le contexte était, à priori, des plus favorables : baisse de popularité de l’exécutif, prolifération des mouvements sociaux, accumulation des rejets, montée des mécontentements, convergence des aigreurs, exacerbation des corporatismes et aussi, ici et là, déchaînement des rages, explosion de radicalités chauffées à blanc. Pourquoi alors une telle contre-performance ?

    Quelle analyse de la situation sociale et politique ?

    Notons la réponse du politologue Arnaud Benedetti, auteur de "Le coup de com’ permanent" :

    Car le moment, aussi flamboyant soit-il, disruptif par bien des aspects, se fracasse sur la réalité d’une humeur et d’un temps bien plus disposé à une révolution de type conservatrice que de type sociale. 2018 n’est pas 1968, ni 1848 mais bien plutôt 1958, c’est-à-dire un mixte de volonté d’autorité et de réforme. Force est de constater qu’à ce stade et sans pour autant avoir fait la démonstration de son efficience, le macronisme occupe cette place...

    Qu’on partage ou pas cette analyse, elle nous renvoie à une question fondamentale. Quelle analyse du rapport de forces faisons-nous ? Quelle est la situation sociale, économique et politique de la France au juste ? Quelle sens historique donnons-nous à la réussite du "coup Macron" en 2017 ? Quelles sont les forces sociales qui l’ont choisi, quelles sont celles qui l’ont accepté par défaut ? Et quelles sont les forces sociales les plus déterminées à le combattre ? Et pour quels objectifs politiques et sociaux ?

    Il y a une réponse vague comme la marée qui imprègne toutes les organisations participantes, y compris malheureusement le PCF, et que résume l’expression des "99%"... Une lecture du monde où il y a une toute petite minorité de profiteurs du système, les 1%, et une immense majorité, un "peuple" des perdants qui ont objectivement intérêt à se rassembler, les "99%". La victoire de Macron ne serait effectivement qu’un "coup de com", et les conditions objectives d’une révolution seraient là, comme l’affirmait Mélenchon pendant sa campagne de 2017.

    La formule de la marée populaire correspond à cette lecture de la réalité sociale. Sauf qu’elle fait totalement l’impasse sur toute analyse de classe de la réalité sociale, qui montre que les 1% eux-mêmes sont à différencier entre les 0,01% qui contrôlent l’essentiel du capital, et les cadres dirigeants de l’économie, et surtout, que les 99% sont une réalité complexe, contradictoire, divisée, un ensemble de classes sociales aux intérêts parfois opposés entre économie mondialisée et économie locale, entre rural et urbain, entre statutaires et précaires, entre jeunes et retraités, sans compter les divisions idéologiques que le racisme, le communautarisme, les religions alimentent...

    L’intérêt fondamental de toutes ces classes sociales des "99%" est évidemment de faire reculer le capitalisme jusqu’à le renverser, mais leur intérêt immédiat est souvent au contraire totalement inscrit dans leur mise en concurrence permanente ! Et au cœur de ces 99%, une classe sociale délaissée par le système médiatique se cherche, celle des producteurs, des prolétaires disait-on, qui a pris l’essentiel des coups de la guerre de classes dans ce capitalisme mondialisé arrogant, et qui a perdu le plus gros de sa "conscience de classe" construite au fil de ses luttes et que la révolution d’octobre avait transcendé en démontrant qu’elle pouvait devenir dirigeante...

    Tant que nous resterons prisonnier de la pensée mouvementiste des 99%, du discours théorisant la spontanéité du mouvement qui est tout, le refus de toute organisation de combat et donc de toute direction reconnue, de tout mot d’ordre réfléchi pour son impact dans une situation donnée, nous ne proposerons pas d’objectif adapté à la réalité sociale et nous ne surmonterons pas les difficultés historiques à reconstruire une classe ouvrière consciente de sa place dans la production de richesse, et donc pas non plus les difficultés à unir réellement le peuple.

    Quelle leçon politique du 26 Mai ?

    La première leçon du 26 Mai, c’est que le discours de la fondation Copernic est une impasse, que la multiplication des sigles au bas d’un appel n’est pas une force, que l’émiettement du mouvement politique ne sert que les aspirants à une fonction ou une représentation, qu’à la lutte des places qui recommencent dès que des élections approchent.

    Comme le savent beaucoup de syndicalistes, on ne construit pas une force plus grande en rassemblant des mouvements faibles. Il faut renforcer chaque mouvement pour qu’il puisse converger et contribuer au rassemblement. Chacun sait bien dans une manifestation que d’avoir les délégués syndicaux de nombreuses boites est utile, mais révélateur des difficultés quand ils sont presque tous venus seuls de leur boite !

    Sur toutes ces questions, les communistes ont une expérience historique que malheureusement, la direction du PCF a jeté aux oubliettes. La mutation et ses suites a enfermé la direction du PCF dans ce "mouvementisme" sans jamais tenir compte de la pourtant longue expérience altermondialiste et de ses échecs. Il est vrai que la fondation Copernic est animée entre autres par de nombreux anciens dirigeants du PCF qui l’ont quitté après avoir échoué à le "refonder", et cherchent toujours comment... « remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Mais pour ceux qui veulent construire une autre société, cet "antilibéralisme" est une impasse qui nous ramène aux socialistes utopiques d’avant Marx... [3]

    Une bonne manière de réouvrir le chantier est de reprendre quelques leçons de l’histoire du mouvement communiste qu’évoquait notre regretté camarade Jean Salem aux rencontres communistes de Vénissieux en avril 2016... et qui concluait son intervention par ces mots :

    Stop à l’absence de politique. Et avant la lutte électorale, qui est très importante, les véritables luttes et leur nécessaire fédération, leur nécessaire reprise en compte à un niveau politique par une organisation qui possède une doctrine, une doctrine de combat et une organisation, une structure.

    Cela devrait conduire les communistes à laisser tomber le vocabulaire "mouvementiste" des marées et de retrouver leur capacité d’organisation, de mise en cohérence, de construction politique. La marée est certes une très grande force, mais c’est une force sans but, sans orientation autre que de remplir l’espace prédéfini par la géographie, avant de s’en retirer... Sa force lui est extérieure, sans organisation, et les civilisations humaines ont su depuis longtemps l’amadouer dans les fjords et estuaires aménagés... Le mouvement social fait face, lui, à un ennemi organisé, mobile, créatif, violent... Il ne peut pas se contenter d’aller là ou la géographie le lui dit, mais il doit être capable de décider où frapper et de quelle manière, d’adapter tactiquement son mouvement à la réalité sociale que lui impose le système dominant...

    La leçon du 26 Mai pour tous les militants, c’est l’urgence de construire les mots d’ordre qui aident et élargissent le mouvement social. Pour convaincre des hésitants, il faut formuler clairement l’objectif de lutte, le mot d’ordre adapté à la situation, qui correspond au niveau de conscience et de mobilisation. A l’évidence, il ne peut s’agir aujourd’hui de "faire tomber Macron", mais il peut s’agir par exemple, de le faire reculer sur la réforme du rail avec des objectifs simples et clairs pour le plus grand nombre :
    - organiser, de manière contraignante si nécessaire, le transfert de 50% du trafic marchandise de la route vers le rail
    - généraliser le statut des cheminots à tout le secteur des transports dans une convention collective qui reprenne les conditions de travail et les avantages sociaux du statut
    - un plan d’investissement national dans les petites gares et lignes et la relance du rail passager hors grandes lignes.

    Ce devrait être le travail de l’heure de tout ceux qui veulent construire pas à pas une issue politique à la réaction macronienne.

    Pierre-Alain MILLET

     

    [1Tous les chiffres sont des organisateurs, mais on aurait les mêmes comparaisons relatives avec les chiffres de la police ou des médias

    [2Un signe cependant, la page facebook de la "mareepopulaire" est suivi par... 3976 personnes seulement.

    [3Il est désolant de voir des marxistes-léninistes s’enfermer pour des raisons tactiques derrière de tels inspirateurs..

    Documents joints

    maree-barrages-mouvement-et-organisation_a3886-2.pdf  4 juin - PDF - 191.9 ko

    maree-barrages-mouvement-et-organisation_a3886.pdf   5 juin - PDF - 191.9 ko

    source : http://lepcf.fr/

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