• Les salariés de Nokia à Lannion (Côtes-d’Armor) se sont rassemblés ce jeudi 23 juillet 2020 pour dire leur opposition aux plans de la direction, qui prévoit 402 suppressions d’emplois dans le Trégor.Les salariés de Nokia à Lannion (Côtes-d’Armor) se sont rassemblés ce jeudi 23 juillet 2020 pour dire leur opposition aux plans de la direction, qui prévoit 402 suppressions d’emplois dans le Trégor. 

    Ce jeudi 23 juillet 2020, à l’initiative de l’intersyndicale, 250 salariés se sont rassemblés devant le site Nokia à Lannion (Côtes-d’Armor). Un point a été fait sur les dernières négociations avec la direction, qui prévoit la suppression de 1 233 postes, dont 402 dans la capitale du Trégor. Des dirigeants sont attendus en septembre sur le site lannionnais.

    Ce jeudi 23 juillet 2020, environ 250 salariés du site Nokia (ex-Alcatel-Lucent) à Lannion (Côtes-d’Armor) ont répondu à l’appel de l’intersyndicale. Un point a été fait sur les négociations avec la direction autour du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui prévoit la suppression de 1 233 postes, dont 402 dans le Trégor. La prochaine mobilisation interviendra à la rentrée, lors de la venue de la direction à Lannion.

    La mobilisation

    250 salariés se sont rassemblés sur l’agora, lieu de rendez-vous de l’intersyndicale, situé juste devant l’entrée du site lannionnais, de l’autre côté de la route. « Vous êtes nombreux, ça montre l’intérêt que vous portez à notre situation », s’est réjoui Bernard Trémulot, délégué syndical central CFDT.

    Un nombre encourageant, compte tenu « des vacances » et « du télétravail » encore en vigueur sur le site qui compte 772 salariés.

    Les négociations au point mort

    Mercredi 22 juillet 2020 s’est tenu le comité social et économique central sur le site de Nozay (Essonne), également touché par le PSE. Les négociations « parfois houleuses » et « interrompues » n’ont pas avancé. « C’est une guerre de position ou de tranchées. La direction nous a présenté des arguments qu’on ne pas recevoir, pour rester correct », lance Bernard Trémulot.

    Même incompréhension du côté de la Commission santé sécurité et conditions de travail (CSSCT), qui s’est tenue en début de semaine. « Nokia rend malade ses salariés et essaye de trouver un remède pour les soigner », résume Yann Le Flanchec, délégué syndical CGT.

    L’intersyndicale déboutée par la Dirrecte

    Une injonction avait été formulée par l’intersyndicale auprès de la Direccte de l’Essonne, (Direction régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi).

    Les syndicats reprochaient deux choses au groupe finlandais : ne pas avoir consulté au préalable le comité d’entreprises européen avant le déclenchement du PSE et ne pas avoir fourni une documentation assez précise sur la description des postes concernés par le PSE.

    Les deux demandes ont été rejetées. « Une procédure judiciaire a été lancée pour la non-consultation du comité d’entreprises européen », annonce l’intersyndicale.

    Les actions à venir

    Il faudra attendre septembre 2020 et la venue attendue de la direction sur le site lannionnais, dans le cadre de futures négociations. Aucune date n’est encore arrêtée. « Il faudra les recevoir correctement, mais fermement », annonce Bernard Trémulot.

     

    Pierre-Alexandre GOUYETTE.

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Le 10 juillet, environ 200 salariés de chez Nokia étaient au rendez-vous à l’agora, en face du site.Le 10 juillet, environ 200 salariés de chez Nokia étaient au rendez-vous à l’agora, en face du site

    Un comité social et économique central se tient ce mercredi à Nozay (Essonne). Les salariés de Lannion (Côtes-d’Armor) se rassembleront le lendemain.

    Alors que les salariés du site Nokia de Nozay, dans l’Essonne, se rassemblent ce mercredi matin 22 juillet, à l’issue du comité social et économique central, les syndicats ont appelé ceux de Lannion à se retrouver jeudi 23 juillet. Le rendez-vous est donné à l‘Agora, à l’entrée du site, à partir de 10 h 30.

     

    Ils rediront leur opposition aux plans de la direction, qui prévoit 402 suppressions d’emplois, reviendront sur le comité social et économique central du mercredi 22 juillet, feront le point des différentes rencontres (Direccte, président de région…) et discuteront des actions en cours et à venir.

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • En Bretagne, des journalistes se sont réunis en collectif contre la « loi du silence » imposée par l’agroalimentaire. Procès-bâillons, intimidations... Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

    Quinze journalistes viennent de créer le collectif Kelaouiñ — Kelaouiñ signifie « informer » en breton — qui lutte pour la liberté d’informer sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Menaces, pressions, poursuites judiciaires, auto-censure... Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

    Dans les témoignages des journalistes, pas de pneus crevés. Mais des pressions souvent insidieuses, qu’ils ne veulent plus taire. « Un coup de fil de l’agroalimentaire à une rédaction, ça n’arrive jamais. C’est beaucoup plus pernicieux... » souligne Pierre-Yves Bulteau, journaliste et membre du collectif. Pour Hélène [1], pigiste dans la région, « ces pressions, sans être hyper spectaculaires, finissent par influencer le travail des journalistes ».

    Elle a choisi de témoigner anonymement de ce qu’elle a vécu après la publication d’une enquête sur une pratique agricole controversée : « J’ai reçu un SMS d’une chambre d’agriculture me disant qu’elle voulait porter plainte. Puis un courriel d’un laboratoire de recherche public qui disait que j’avais écrit des fake news. Ils m’ont demandé d’écrire un correctif et m’ont signifié que si je refusais, ils entameraient des poursuites pour diffamation. » Une réaction disproportionnée, estime-t-elle. « Quand quelqu’un n’est pas content d’un papier, on s’explique. Si nécessaire, il y a un droit de réponse. Mais une menace de procès, c’est assez violent. » Pour la journaliste pigiste, « la technique de dissuasion des procès-bâillons fonctionne très bien. C’est de l’intimidation. »

    La journaliste Inès Léraud a également fait l’objet de menaces de poursuites à la suite de ses enquêtes bretonnes. Fin 2019, Christian Buson, président du GES — un bureau d’études environnementales mis en cause dans l’enquête que la journaliste a réalisé pour la Revue dessinée Algues vertes, l’histoire interdite (éditions La Revue dessinée — Delcourt, 2019) — lui a intenté un procès en diffamation. L’ouvrage ne fait pourtant que citer ses propos lors d’une conférence filmée par France 3. En janvier 2020, Christian Buson a finalement renoncé à sa plainte quelques jours avant l’audience. Dans sa bande dessinée, Inès Léraud évoque aussi les menaces du chargé de communication de la préfecture des Côtes-d’Armor. Aujourd’hui, la journaliste explique à Reporterre :

    « C’était fou qu’un représentant de l’État laisse aussi clairement entendre que le sujet était gênant et cherche à m’intimider, je n’avais jamais vu ça. »

    « Si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction »

    À la suite d’une enquête parue dans le média Basta sur le groupe Chéritel, grossiste en fruits et légumes, pris en flagrant délit de « franciser » des tomates venues d’ailleurs, Inès Léraud a fait l’objet d’une poursuite pour diffamation. Son procès aura lieu les 20 et 21 janvier prochain devant le tribunal de grande instance de Paris. « Le cas d’Inès Léraud n’est que la partie immergée de l’iceberg » souligne Erwan [2], membre du collectif et journaliste précaire qui a travaillé au journal Le Télégramme. Il préfère ne pas donner son vrai nom « de peur de ne plus retrouver de travail au sein des journaux locaux qui m’embauchent ». Pour lui, « la presse bretonne doit composer avec l’agroalimentaire tout comme les collectivités locales, le milieu associatif et chaque citoyen individuellement. On doit faire attention à ce qu’on dit par peur de subir des pressions... C’est systémique ».

    La journaliste Inès Léraud a fait l’objet de menaces de poursuites à la suite de ses enquêtes bretonnes, sur les algues vertes notamment.

    Parfois, estime t-il, les pressions viennent de l’intérieur même des rédactions. « C’est un secret de polichinelle : si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction. Dans l’article, si on donne la parole à des opposants, il faut absolument laisser de la place, voire plus de place, au syndicat FNSEA, la chambre d’agriculture ou les représentants de l’agro-industrie. À l’inverse, vous lirez rarement la parole des opposants dans un article qui parle d’un nouveau projet agroalimentaire », dénonce Erwan.

    Pour exemple, il se souvient des journaux du Télégramme parus le 5 septembre 2018. « La veille, des pseudos manifestations de salariés avaient été organisées devant les sites de Triskalia à l’appel de la direction, pour dénoncer le « Triskalia bashing » dont la coopérative faisait l’objet d’après eux. » Triskalia était notamment poursuivie pour l’intoxication de salariés ayant travaillé dans des entrepôts de pesticides. « Le lendemain de ces manifestations, toutes les antennes locales du Télégramme concernées avaient chacune écrit un compte-rendu avec le témoignage des dirigeants, et une pleine page dans toutes les éditions donnait aussi la parole à Triskalia » énumère Erwan. Pour lui, « ce jour-là, Le Télégramme a été le journal de Triskalia ».

    Les pressions commencent parfois très tôt. C’est ce qu’ont constaté deux étudiantes en journalisme de l’IUT de Lannion, lors d’une immersion à l’hebdomadaire Le Poher, en Centre-Bretagne en 2017. « Contrairement aux articles des autres étudiants, leur enquête sur l’ouverture d’une nouvelle usine de lait en poudre à Carhaix-Plouguer (29) n’a pas été publiée, raconte le journaliste Pierre-Yves Bulteau qui enseignait à l’IUT à l’époque. L’enquête révélait, contrat à l’appui, que contrairement à la promesse d’emplois pérennes pour dix ans, les investisseurs chinois de Synutra se réservaient le droit de quitter Carhaix en fonction de la rentabilité financière du projet. » Ce qui a fini par arriver deux ans plus tard. Mais au moment de l’inauguration, on préfère la version optimiste « de la bouffée économique » offerte à ce territoire régulièrement frappé par la crise du lait. « Un responsable éditorial a alors refusé la publication de l’enquête sous prétexte qu’elle manquait de contradictoire alors que les étudiantes avaient proposé à la direction de l’usine de s’exprimer, en vain. Il avait surtout anticipé que la sortie de l’enquête sur « son » territoire aurait pu fermer les sources aux journalistes du Poher. »

    L’enquête a finalement été publiée sur la plateforme en ligne Alimentation générale. « Il n’y a pas eu de poursuites lors de sa publication. Ça montre bien que ce n’est pas le fond qui était en question mais bien le rapport aux sources, notamment institutionnelles. Pas évident quand on travaille sur un petit territoire où l’on rencontre ceux sur qui l’on écrit à la boulangerie », conclut Pierre-Yves Bulteau.

    De telles histoires sont courantes en Bretagne, d’où la création du collectif Kelaouiñ : « On ne monte pas ce collectif pour se plaindre, prévient Pierre-Yves Bulteau. On en parle parce que ces pressions vont de pair avec le droit de savoir des citoyens sur ce qui se passe autour de chez eux. »

    « L’agriculture a sorti la Bretagne de la misère donc beaucoup ne veulent pas cracher dans la soupe »

    D’où viennent ces pressions ? En Bretagne, « l’agroalimentaire continue à être une zone interdite », dénonce encore le collectif Kelaouiñ. « Le secteur agroalimentaire a une place écrasante : il emploie près d’un tiers des Bretons dans l’élevage, l’industrie, l’export… ajoute Hélène, membre du collectif. Sans compter que c’est l’agriculture qui a sorti la Bretagne de la misère donc beaucoup ne veulent pas cracher dans la soupe. »

    Pour comprendre l’autocensure de la presse locale sur ces sujets, on peut aussi, tout simplement, feuilleter les journaux et regarder les publicités. « Les distributeurs sont aussi de grands annonceurs », pointe Christian Jacquiau. En 2000, cet économiste et journaliste a publié Les coulisses de la grande distribution (Albin Michel). À sa sortie, l’ouvrage a fait l’objet d’une couverture médiatique assez limitée dans les titres bretons. Pour l’auteur, la raison est évidente : la crainte de perdre des annonceurs. « Même le rédacteur en chef toutes éditions de Ouest-France de l’époque a fait volte-face alors qu’il voulait consacrer une double page sur mon livre, relate-t-il. Finalement l’article n’est jamais sorti, d’abord sous prétexte d’un manque de place, puis il n’a même plus répondu au téléphone. » D’après l’Union de la presse en région (UPREG), la publicité représentait 754 millions d’euros de recettes soit 35 % du chiffre d’affaire total de la presse quotidienne en région en 2014.

    Triskalia était notamment poursuivie pour l’intoxication de salariés ayant travaillé dans des entrepôts de pesticides.

    Ainsi, pour Christian Jacquiau, « acheter des pages, c’est influer sur la ligne éditoriale ». L’autocensure des médias est selon lui visible dans le choix des sujets : « Chaque année, il y a des mobilisations de producteurs contre les prix bas, des sujets sur les suicides chez les paysans. On lit qu’ils gagnent très peu pour vivre mais on ne parle jamais des marges arrières imposées par la grande distribution, on ne remonte jamais la filière », énumère le journaliste. La raison ? « Dire ça, c’est remettre en cause le système de la grande distribution. Ce n’est pas une vraie corruption mais on fait comprendre que le journal a besoin des industriels et de la grande distribution pour payer la publicité et que ce sont eux qui le font vivre. »

    Le syndicat agricole majoritaire FNSEA incite ses adhérents à s’engager en politique

    Au fil de ses reportages bretons, pour lesquels elle a posé ses valises au cœur de la Bretagne, Inès Léraud a documenté ce qu’elle nomme « la fabrique du silence ». « J’ai entendu beaucoup d’histoires de pression, de censure, la peur d’avoir des ennuis avec le syndicat ou de perdre son travail », dit-elle à Reporterre. À la suite de ses enquêtes, la journaliste a elle-même subi des dénigrements. Certaines personnes qu’elle avait interrogées en ont également pâti. « Un parent d’élève qui avait témoigné a reçu une menace de mort devant l’école, par quelqu’un lui faisant signe qu’il allait lui trancher la gorge. » Morgan Large, conseillère municipale de l’opposition à Glomel, avait évoqué au micro d’Inès Léraud la collusion entre les intérêts des industriels et agriculteurs locaux et leurs positions d’élus. Les subventions de la radio dans laquelle elle travaille ont été supprimées par la commune après la diffusion de l’émission. Pour Morgan Large, « les subventions publiques ne devraient pas permettre de punir ou récompenser ceux qui parlent ou ceux qui se taisent ». Car c’est notamment « par crainte pour leur subvention, du fait de l’influence au sein du conseil régional de personnes en charge de l’agriculture » que les éditions Skol vreizh ont renoncé à publier une version bretonne de la bande dessinée d’Inès Léraud et de Pierre Van Hove sur les algues vertes.

    Planche tirée de la BD d’Inès Léraud sur les algues vertes.

    Les collusions entre le monde agricole et politique sont fréquentes en Bretagne. Le président de Triskalia, Georges Galardon a été réélu pour un cinquième mandat à Sainte-Tréphine (Côtes-d’Armor) lors du premier tour des municipales, en mars. Il est aussi vice-président en charge de l’attractivité économique de la communauté de communes du Kreiz Breizh. Quand au syndicat agricole majoritaire FNSEA, il incite ses adhérents à s’engager en politique. Ainsi, en janvier, au micro de France Bleu, le président de la FDSEA du Morbihan appelait les agriculteurs à se présenter aux municipales : « Si on ne prend pas la place, ce sont ceux qui nous tapent dessus, qui vont la prendre. »

    Même discours chez son homologue finistérien : « Nous allons devoir compter sur nos propres forces pour isoler nos détracteurs. Dans nos campagnes, dans les mairies, dans les écoles, dans les associations, ne laissons plus d’espace aux pisseurs involontaires, aux Coquelicots [3], à [l’association de défense des animaux] L214 et compagnie. »

    Dans leur lettre à la région Bretagne, soutenue par une pétition citoyenne signée par près de 40.000 personnes [4], les membres du collectif Kelaouiñ réclament la création d’un observatoire régional pour la liberté d’informer. « Cet observatoire devra intégrer des journalistes mais aussi des citoyens, des chercheurs. Il faut aussi un service juridique pour protéger ceux qui enquêtent », détaille Pierre-Yves Bulteau, qui y voit un signal fort. Un projet salué par le président de la région Bretagne, qui se dit « très attaché à la liberté de la presse ». Loïg Chesnais-Girard, contacté par Reporterre, explique ainsi :

    « Je confirme que des entreprises qui ne respecteraient pas ce principe [de liberté de la presse] ne pourraient plus avoir des aides de la région. »

    Klervi LE COZIC

     source:  https://reporterre.net/


    1Le prénom a été modifié.

    [2Le prénom a été modifié.

    [3Des personnes en lutte contre les pesticides se sont fédérés au sein du mouvement des Coquelicots en 2019.

    [4Parmi les signataires, 217 journalistes bretons ou ayant travaillé en Bretagne et 267 journalistes exerçant ailleurs en France.

     


    Lire aussi : Algues vertes en Bretagne : 4 points pour comprendre le problèm

    Photos :
    . chapô : Élevage de poulets. L214
    . Illustration tirée de la BD Algues vertes, l’histoire interdite. © Delcourt, 2019 - Léraud - Van Hove
    . Triskalia. © Vincent Feuray/Reporterre
    . Algues vertes. © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre


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  • Le 8 juillet, 1 000 personnes, dont 450 salariés de Lannion, ont manifesté à Paris, de Montparnasse aux Invalides, pour protester contre le plan social de suppressions d’emplois chez Nokia.Le 8 juillet, 1 000 personnes, dont 450 salariés de Lannion, ont manifesté à Paris, de Montparnasse aux Invalides, pour protester contre le plan social de suppressions d’emplois chez Nokia. 

    La décision de Nokia de réduire de moitié le nombre de ses chercheurs sur la 5G et la cybersécurité en France est un camouflet pour le gouvernement. Car elle met à mal la volonté d’Emmanuel Macron de renforcer la « souveraineté européenne » dans les secteurs stratégiques.

    L’annonce, le 22 juin, par Nokia, d’un plan de suppression de 1 233 postes dans sa filiale française Alcatel-Lucent a sonné comme une douche froide. Fleuron des technologies françaises, Alcatel employait à Lannion plus de 2 000 personnes il y a encore vingt ans. Dans quelques mois, il ne devrait rester que 370 salariés.

    Surtout, l’équipementier télécoms finlandais, qui doit réduire ses coûts pour faire face à la forte concurrence du chinois Huawei et du suédois Ericsson, a choisi de faire porter l’effort sur les équipes de recherche et développement (R & D) françaises, qui seront réduites de moitié. Elles travaillent sur les technologies de la prochaine norme 5G de téléphonie mobile et sur la cybersécurité. Des domaines stratégiques pour la « souveraineté économique européenne » que promeut Emmanuel Macron. « Le plan cible des équipes projet, réunissant des compétences diverses sur des sujets de pointe, explique Éric Bothorel, député LREM de Lannion. Ce sont bien des projets de développement qui ont été démantelés ».

    « Inacceptable en l’état »

    Agnès Pannier-Runacher, la nouvelle ministre déléguée à l’Industrie, ne s’y est pas trompée : « Ce plan est inacceptable en l’état », a-t-elle déclaré le 8 juillet à l’issue d’un entretien avec les représentants des salariés de Nokia. Dès le lendemain, Bruno Le Maire a appelé le PDG de Nokia, Rajeev Suri, pour lui « signifier son incompréhension de la décision prise par le groupe, indique-t-on à Bercy. L’objectif est la pérennité du site de Lannion. Le ministre a demandé que Nokia prenne des engagements en matière de recherche et développement en France et investisse dans les thématiques de long terme. »

    Comment faire plier Nokia alors que le groupe finlandais a englouti 280 millions d’euros de crédit-impôt-recherche depuis 2016 tout en procédant à quatre plans de départs ? Pour accentuer la pression, Bercy met dans la balance les autorisations pour les équipements 5G et la cybersécurité que délivre l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), organisme rattaché à Matignon. Le ministère de l’Économie menace aussi de refuser au finlandais les marchés de commande publique.

    Un message de fermeté qui devrait être adressé au nouveau directeur général de Nokia, Pekka Lundmark, dès sa prise de fonctions le 1er août. D’ores et déjà, le plan social sera retardé de quelques mois : il a été contesté par le comité économique et social (CSE) de Nokia France devant l’inspection du travail (Direccte), les documents présentés n’apportant pas les précisions requises par la loi.

    « Un enjeu stratégique »

    Mais pour beaucoup, le compte n’y est pas. « Le gouvernement manque de fermeté vis-à-vis des entreprises qui ont pris des engagements en termes d’emploi et de R & D dans des sites industriels français, estime Boris Vallaud, député des Landes et porte-parole du PS. Au moment où on parle de souveraineté industrielle, est-ce qu’on se jette dans les bras de Huawei ou bien on développe une offre européenne et française ? On ne voit pas bien quelles sont les priorités de politique industrielle du gouvernement et son ambition ».

    Le gouvernement pécherait par une trop grande confiance accordée aux marchés : la réorientation de l’industrie vers les secteurs d’avenir (énergie, numérique, santé, mobilité) a en fait besoin d’une force de planification, pour protéger l’innovation, solvabiliser les marchés en partageant le risque avec les acteurs privés qui veulent innover ou avec des consortiums européens.

    Certains vont même plus loin. « Nokia n’ayant pas respecté ses engagements d’investir dans la recherche en France, l’État doit donc contester la vente d’Alcatel-Lucent de 2016 devant les tribunaux internationaux, envisager une renationalisation de toute l’activité du groupe en France et réclamer des compensations considérables, juge Christian Saint-Étienne, professeur titulaire de la chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers. Le gouvernement a ici une mauvaise compréhension des enjeux : il y voit un sujet social alors qu’il s’agit d’un enjeu stratégique de souveraineté numérique. Il est impératif que l’État réagisse pour créer un acteur majeur de la 5G en liaison avec des acteurs privés comme Atos et Thales ».

    La 5G et la cybersécurité étant des technologies de souveraineté, l’État doit s’impliquer fortement pour faire émerger une solution française. De la même façon que Pékin a financé en totalité les innovations de Huawei ou que Washington accorde de larges commandes publiques à ses fleurons industriels. « Dans ce domaine clé, l’État ne doit pas hésiter à intervenir », estime l’économiste.

    Thierry Mestayer

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • Le collectif appelle les citoyens à investir dans la « Coop des masques »Le collectif appelle les citoyens à investir dans la « Coop des masques »

    Le collectif des Côtes-d’Armor, qui a soutenu la création de l’usine de masques à Grâces (22), a lancé, ce mercredi, un appel pour que les citoyens investissent dans le projet.

    Ce mercredi, des représentants du collectif citoyen (par ailleurs membres de syndicats et d’associations) ayant soutenu la création de l’usine de masques de Grâces (22) ont appelé les citoyens à investir dans la Société coopérative d’intérêt collectif. Un appel justifié par le timing serré du projet, officiellement présenté le 3 juillet et lancé à l’automne. Le but ? Confirmer sa viabilité en vue des démarches d’emprunts auprès des banques, pour l’achat des machines.

    Objectif : 5 000 parts en un mois

    « Il faut envoyer des signaux positifs et réels, que ce poids en capital citoyen connaisse un départ favorable ». Ils espèrent ainsi, d’ici un mois, atteindre la moitié des 500 000 € de capital réservés aux citoyens. Soit, à 50 € la part, 5 000 participations citoyennes.

    gerard mauduit

    « Il s’agit d’un des seuls projets concrets qui se traduit concrètement dans le « monde d’après », un pas de côté par rapport aux autres modèles économiques », plaide Pierre Étienne. « Que le projet ait été monté si rapidement, c’est déjà une réussite. Maintenant, il faut transformer l’essai », conclut Serge Le Quéau.

    À noter-Démarches par courrier à La Coop des Masques, 11, route de Kerbost, ZI de Grâces, 22200 Grâces ou sur www.lacoopdesmasques.com

    Valentin Boudet

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • Paul Le Bihan, maire de Lannion, nous donne son point de vue sur le plan social de Nokia. Il est l’invité d’Hubert Coudurier sur Tébéo-TébéSud.

    Samedi, lors de la manifestation contre les fermetures d’usines Nokia à Lannion, il y avait 5 000 personnes. « On a du mal à comprendre la stratégie, des jeunes en période d’essai sont licenciés. Il faut que la voix des salariés se fasse entendre », a lancé Paul Le Bihan.

    « Le PDG de Nokia France nous dit simplement que Lannion restera un pôle important. J’ai de très forts doutes. Il y a déjà eu des fermetures du temps d’Alcatel-Lucent », a constaté le maire socialiste.

    Le président de la Région Loïg Chesnais-Girard est aussi très engagé dans le dossier. « Il a pris contact avec la Commission européenne et Bruno Le Maire. Maintenant, il faut aller plus loin. Nous sommes entièrement en phase avec lui sur ce sujet. Il en va de la survie du Trégor. L’histoire nous montre que les fusions comme celle d’Alcatel-Lucent ne sont pas toujours des réussites ».

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  •  
    Les salariés de Nokia manifestent à Paris
     
     

    Tôt, ce mercredi, des salariés de Nokia Lannion ont embarqué dans un TGV, direction Paris, pour manifester contre le plan social qui menace environ 400 emplois sur le site costarmoricain. Suivez notre direct

    12:12La manifestation arrive aux Invalides.
     
    12:00Eric Bothorel, député des Côtes-d'Armor, défile avec les salariés de Nokia. Il a obtenu qu'une délégation soit reçue à Bercy cet après-midi, à 14 h.
     
    11:44
     
    Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est présent dans le cortège avec les salariés bretons.
     
    11:07
     
    Tous les salariés de Nokia de Lannion et de Paris sont réunis derrière la même banderole. Le défilé des salariés en colère démarre
     
    11:03
    (Lionel Le Saux) 
     
    11:02
    (Lionel Le Saux)
     
    10:41
    • Les manifestants passent près de la tour Montparnasse.
      Un biniou ouvre le cortège des manifestants.
      Le TGV est arrivé sur Paris. Les salariés de Nokia sortent de la gare Montparnasse.
    • 09:47

      Le train arrive dans 20 minutes à la gare Vaugirard Montparnasse. Les Bretons vont retrouver à 10h30 leurs collègues parisiens.

      09:23

      "C'est important de partager ça avec lui. C'est l'occasion pour lui de savoir", témoigne Adel. Il travaille depuis 25 ans chez Alcatel et depuis 4 ans à Lannion. C'est avec son fils de 12 ans, Khalil, qu'il a décidé d'aller manifester à Paris.
      Dans le train, Olivier profite du trajet pour finir sa pancarte.

      (Lionel Le Saux)

      08:34

      8 h 30. Le TGV spécial Nokia s'arrête en gare de Rennes pour embarquer des salariés de Nokia. En 5 minutes, le chargement est terminé. L'arrivée à Montparnasse est prévue à 10 h.

      06:29

      6 h 25. A Lannion, le TGV spécial pour Paris se remplit doucement. Les salariés de Nokia sont bien équipés. Le train est composé de 10 wagons. Au total, ce sont 450 voyageurs qui quittent Lannion. Le train est parti à 6 h 53.
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  • Nathalie Pichon travaille chez Hop !, à Morlaix, depuis 23 ans et occupe aujourd’hui le poste de secrétaire de direction, alors que son mari Mathieu est ingénieur informatique depuis cinq ans chez NokNathalie Pichon travaille chez Hop !, à Morlaix, depuis 23 ans et occupe aujourd’hui le poste de secrétaire de direction, alors que son mari Mathieu est ingénieur informatique depuis cinq ans chez Nokia, à Lannion.

    Nathalie Pichon manifestera ce mercredi à Morlaix pour défendre son emploi sur le site de Hop !. Dans le même temps, son mari Mathieu, ingénieur chez Nokia, battra le pavé à Paris contre les suppressions d’emplois présentées par le groupe récemment. Une famille qui dit naviguer à vue aujourd’hui.

    Nathalie et Mathieu Pichon habitent à Plouégat-Moysan (29). Ils ont trois enfants de 2, 4 et 7 ans. « Je travaille chez Hop ! depuis 23 ans. Chez Hop Training, anciennement Icare, le centre de formation des pilotes de Morlaix. J’y suis rentrée quand j’avais 20 ans », explique Nathalie. « Je suis secrétaire de direction rattachée aux ressources humaines. On savait qu’un projet de restructuration était dans l’air. Ce n’est pas la première fois qu’un plan social est avancé. Mais cette fois-ci, ce fut un choc sans précédent, car Hop Training continue à générer des bénéfices. On est traité comme une entreprise qui n’est pas rentable et c’est dur à avaler ». Et Nathalie de rappeler que 50 % de l’activité formation des pilotes est assurée à l’international. « Des gens qui viennent du monde entier : Russie, Afrique du Sud… Cette activité contribuait à la bonne santé financière du site ».

    « C’est très dur à vivre »

    Nathalie est en colère. « Avec Nokia, ce sont deux entreprises qui vont disparaître du paysage breton. Et avec elles, un savoir-faire et une grande expertise. Quel gâchis ! ». Une partie des 276 salariés de Hop ! Morlaix pourraient rejoindre le site nantais du groupe. « On est dans l’expectative et c’est très dur à vivre. Contrairement aux autres services, le mien a connu une forte croissance d’activité. Il a fallu gérer le travail partiel, les congés pour garde d’enfants. On n’a pas arrêté. Dans le même temps, les mauvaises nouvelles tombaient alors qu’on était en télétravail. Il n’est pas évident de faire face à cela, quand on est seul devant son ordinateur ».

    "Cette fois-ci, on ne pourra pas se soutenir mutuellement. Je le regrette vraiment"

    Ce mercredi, Nathalie ira donc manifester à Morlaix, avec ses enfants et sa famille. Sans Mathieu, qui, de son côté, mettra le cap sur Paris avec ses collègues pour tenter de sauver le site lannionnais de Nokia. Samedi, le couple avait participé, main dans la main, à la manifestation de Lannion pour sauver Nokia. « Cette fois-ci, on ne pourra pas se soutenir mutuellement. Je le regrette vraiment ».

    C’est la première fois que Nathalie participe aussi activement à un mouvement. En 2018, elle avait débrayé devant le site contre un plan social. « Mais aujourd’hui, c’est vraiment trop fort », ajoute-t-elle. « Notre famille est frappée de plein fouet 

    « Nokia veut fermer le site, c’est clair »

    À ses côtés, Mathieu, ingénieur en informatique chez Nokia depuis cinq ans, poursuit son activité en télétravail. « Depuis quatre ans, on subit un plan social tous les ans. Le nouveau prévoit de réduire les effectifs de 770 salariés à 370. Le prochain sera le dernier. Nokia veut fermer le site, c’est on ne peut plus clair. On nous avait promis qu’on allait réduire l’activité de services et développer la recherche et le développement. Cela n’a pas été suivi d’effet. Il y a une rupture de confiance. Elle est telle que j’ai entrepris de chercher du travail ailleurs. Je postule dès que je vois une offre qui correspond à mon profil. Je suis très déçu. J’ai quitté la région parisienne pour revenir au pays. Et là, tout s’écroule ».

    Didier Deniel

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • Guy Hascoët, maître d’œuvre du projet d’usine de masques, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, Alain Cadec et Romain Boutron, président et vice-président aux finances du Département des CôtesGuy Hascoët, maître d’œuvre du projet d’usine de masques, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, Alain Cadec et Romain Boutron, président et vice-président aux finances du Département des Côtes-d’Armor, ont présenté la « Coop des masques », ce vendredi matin, à Rennes.

    Portée par la Région et le Département des Côtes d’Armor, la « coop des masques » démarrera sa production en novembre. À Grâces, près de Guingamp, 30 à 40 salariés vont fabriquer 30 à 45 millions d’unités de protection.

    Pour et par les Bretons… La formule, répétée par Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, et Alain Cadec, président du Département des Côtes-d’Armor, ce vendredi matin à Rennes, sonne juste. La « Coop des masques », qui va démarrer à l’automne dans la zone industrielle de Grâces (22), se pose, en effet, en acte de « souveraineté régionale »… La volonté de relocaliser et de reprendre en main une filière stratégique : Celles des masques de protection respiratoire dont la Bretagne, comme ailleurs, a tant manqué, les premières semaines de la pandémie.

    Pas que pour les crises

    Née de la crise Covid, « marquée par la défaillance de l’État à fournir des masques », mais aussi de l’impulsion du syndicat Sud 22 - qui a suscité un véritable électrochoc en rappelant que l’usine Honeywell de Plaintel (22) avait été fermée, deux ans plus tôt - la « coop des masques » n’a toutefois pas vocation unique à sécuriser les approvisionnements durant ces périodes de forte tension du marché. « La relocalisation de la production de masques FFP2 et chirurgicaux doit aussi répondre aux besoins courants des professionnels bretons de la santé, du médico-social mais aussi du bâtiment et travaux publics, de l’industrie navale ou de l’agroalimentaire », explique Guy Hascoët, spécialiste de l’économie sociale et solidaire, qui a réussi à monter ce projet en à peine trois mois.

    Des parts « citoyennes » à 50 euros

    Mais n’est-il pas le projet de trop ? Ne vient-il pas concurrencer le projet de l‘investisseur suisse Abdilah Chatila (une centaine d’emplois dans les anciens locaux Chaffoteaux à Ploufragan) ? À ces questions légitimes, les présidents des deux collectivités répondent que les deux sont complémentaires : le premier étant plus diversifié et soumis aux aléas du marché, le second s’inscrivant dans la durée et la sécurisation au service d’usagers bretons.

    « L’ancrage régional assure la résilience « affirme Loïg Chesnais-Girard. Un ancrage qui se manifeste par le choix de créer une société coopérative d’intérêt collectif et d’y associer au capital Bretonnes et Bretons. Des parts sociales de 50 euros (non rémunérées) sont proposées, cette « participation citoyenne » pouvant atteindre 25 % du capital de 2 millions d’euros. La Région et les Côtes-d’Armor, pour leur part, apporteront 200 000 et 50 000 euros. Des mutuelles, fondations et hôpitaux publics et privés se sont également engagés. Des discussions sont, par ailleurs, en cours avec les adhérents de plusieurs fédérations professionnelles.

    Le prix de la relocalisation : 1 à 2 centimes par masque

    La course contre la montre n’est pas finie. Reste à adapter les locaux (1, 5 M€) et mettre en place les machines - françaises - (1,50 M€) pour démarrer à temps. Objectif : 70 % des volumes de production en décembre puis rythme « de croisière » dès janvier, avec une trentaine de salariés dont certains de l’ex-usine Honeywell. L’activité pourrait même monter très rapidement en puissance si la « Coop » était retenue dans le cadre d’un appel à projet national pour la fabrication de textiles non tissés, base filtrante utilisée dans la conception des masques. Ce qui nécessiterait 3 à 4 millions d’euros d’investissements supplémentaires, mais aussi l’embauche de sept salariés qualifiés en plus. 30 à 40 emplois, c’est bon à prendre en ces temps de crise, souligne Alain Cadec, pour qui le financement du RSA risque de monter en flèche. Quant au coût supplémentaire à payer par les acheteurs par rapport à un masque asiatique : un à deux centimes. Plutôt bon marché, finalement, la souveraineté et la sécurité…

    Hervé Queillé

    source: https://www.letelegramme.fr/

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