• Pour MG France, il faudrait donner « la priorité aux tests prescrits par les médecins par rapport aux tests de convenance proposés gratuitement à tous sans prescription ni justification ».Pour MG France, il faudrait donner « la priorité aux tests prescrits par les médecins par rapport aux tests de convenance proposés gratuitement à tous sans prescription ni justification ». 

    Des médecins généralistes rappellent leur rôle primordial dans l’épidémie du Covid-19. « Il faut prioriser les tests », juge une généraliste, déléguée de MG France et pointe du doigt « la fragilité des protocoles. »

    Depuis le 24 juillet, tout un chacun peut se faire dépister du Covid-19, quand il le veut et gratuitement, sans passer par un médecin. Cette stratégie paraît peu pertinente à MG France. Le syndicat le plus représenté dans la profession pointe du doigt « la fragilité des protocoles. »

    « Il faut prioriser les tests pour les personnes qui présentent des symptômes, souligne le Dr Fabienne Yvon, médecin généraliste de la région nantaise et déléguée nationale de MG France. Cet été, sur la côte, il y a eu parfois des grosses tensions dans les laboratoires, avec des délais pouvant monter à 48 heures voire 72 heures pour se faire dépister. Jusqu’à maintenant, localement on a pu parer au plus pressé, grâce à un travail la main dans la main avec les laboratoires. »

    Le conseil d’un médecin

    Pour MG France, il faudrait donner « la priorité aux tests prescrits par les médecins par rapport aux tests de convenance proposés gratuitement à tous sans prescription ni justification ». Sans remettre en cause le principe selon lequel il n’y a pas besoin d’ordonnance pour faire un test, Fabienne Yvon estime que le conseil d’un médecin est souvent nécessaire pour juger ou pas de leur pertinence. 

    Fabienne Yvon. Déléguée nationale de MG France, principal syndicat de généralistes. 

    « Certaines personnes, après avoir participé à des fêtes ou à des rassemblements familiaux ou entre amis le week-end, se précipitent le lundi pour se faire tester alors que le temps d’incubation du virus est souvent de 5 ou 7 jours. » À ses yeux, et a minima, la libéralisation des tests doit s’accompagner « de messages plus pédagogiques ». 

    « L’examen clinique l’emportera toujours »

    Autre problème, les résultats sont rendus par les laboratoires « avec de grandes précautions liminaires, traduisant les difficultés et limites de leur interprétation : positifs, ils ne signifient pas toujours une contagiosité persistante ; négatifs, ils ne signifient pas nécessairement l’absence totale de contagiosité. Pour ma part, l’examen clinique l’emportera toujours. Si une personne a tous les symptômes du Covid-19, et même si elle est négative, je lui demanderai de s’isoler. »

    La médecin généraliste souhaite aussi, comme les pédiatres d’ailleurs, que des tests moins invasifs, plus faciles d’utilisation et aux résultats quasi-instantanés, apparaissent. « En Allemagne, ils utilisent le test salivaire… »

    Avec l’arrivée de l’automne, les viroses vont se multiplier. Et les médecins généralistes seront en première ligne pour faire le tri entre la grippe, l’angine, la gastro-entérite, le Covid-19, etc.

    Philippe GAMBERT

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Où se trouvent les clusters en milieu professionnel ? 

    Les clusters en entreprise ont progressé depuis le déconfinement, selon Santé publique France, qui dévoile la répartition par catégorie.

    Alors que le port du masque va devenir obligatoire en entreprise à partir du 1er septembre, Santé publique France s’est penchée, pour la première fois, sur les clusters dans le milieu professionnel. L’agence en a recensé 189 en « entreprise privée ou publique » entre le 9 mai et le 12 août, dans son point épidémiologique hebdomadaire du 20 août. On constate ainsi une augmentation du nombre de cas en entreprises depuis juillet, selon cette étude. « Les clusters en milieu professionnel représentaient 20 % des clusters sur la période mai-juin contre 43 % entre le 1er juillet et le 12 août », relève Santé publique France.

    L’administration devant l’industrie manufacturière

    « Dans les open spaces, des personnes se côtoient 8 heures par jour, et beaucoup de mesures barrières ne sont que peu facilement applicables. Les milieux clos et humides, eux, avec des systèmes de renouvellement d’air, favorisent le brassage et l’exposition d’un plus grand nombre de personnes au virus », indiquait début juillet, au « Parisien », Michèle Legeas, enseignante à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et spécialiste de l’analyse et de la gestion des situations à risques sanitaires. Les protocoles pour les lieux de travail « ne prennent pas suffisamment en compte » le risque de propagation du Covid-19 par aérosols (fines gouttelettes en suspension dans l’air expiré par les malades), déploraient également une vingtaine de médecins dans une tribune.

    L’administration publique est de loin le secteur le plus touché, avec 29 % des clusters. Il comprend notamment les activités d’ordre public et de sécurité (39 %), les administrations publiques générales (22 %), les services du feu et du secours (16 %) et la défense (14 %).

    Les industries manufacturières arrivent en deuxième position avec 16 % des clusters. Et dans cette catégorie, 71 % concernaient la transformation et conservation de viande, notamment les abattoirs, indique l’étude. En Bretagne, plusieurs abattoirs ont compté des cas de Covid. La semaine dernière, Monique Ranou a renforcé les mesures sanitaires sur son site de Saint-Évarzec (29) après la découverte de 56 cas de Covid-19. Suivent le secteur de l’hébergement et de la restauration (9 %) et les commerces ou magasins de réparation automobiles et de motocycles (8 %).

    Face à l’augmentation du nombre de cas, le gouvernement a décidé de rendre obligatoire le port du masque. « Il est nécessaire de systématiser, comme l’a préconisé le Haut Conseil de la santé publique, le port du masque dans tous les espaces de travail qui sont clos et partagés », comme les « salles de réunions, couloirs, vestiaires, open-space », avait indiqué la ministre du Travail.

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • Les abeilles sont menacées par l’utilisation des néonicotinoïdes. Les abeilles sont menacées par l’utilisation des néonicotinoïdes. 

    Début août, le ministère de l’Agriculture a annoncé que les néonicotinoïdes, un pesticide contre la jaunisse de la betterave, pourraient être utilisés dans certaines conditions. Des ONG tirent la sonnette d’alarme pour protéger les abeilles.

    Dans un courrier, dix-huit associations, dont l’Union nationale de l’apiculture française, ont demandé, mardi, au ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, de ne pas accorder de dérogations pour l’utilisation des néonicotinoïdes aux betteraviers, dénonçant un « recul important » dans la protection des abeilles.

    Début août, le ministère de l’Agriculture avait annoncé vouloir permettre aux planteurs de betteraves à sucre d’employer,
    « dans des conditions strictement encadrées », un insecticide interdit depuis 2018 afin de protéger leurs cultures des pucerons verts, vecteurs du virus de la jaunisse. Les néonicotinoïdes, qui s’attaquent au système nerveux des pollinisateurs comme les abeilles, essentiels à l’agriculture, ont été interdits de tout usage phytosanitaire en septembre 2018.

    Une pétition en ligne récolte des milliers de signatures

    Pour les ONG, les arguments avancés pour une telle dérogation - manque d’alternatives, impact limité car il est utilisé en enrobage de semence pour les cultures de betterave - ne tiennent pas. « Les plantes se trouvant à proximité des cultures traitées aux néonicotinoïdes sont largement contaminées, conduisant à une contamination importante du pollen ramené dans les ruches », indiquent-elles. De plus, « les néonicotinoïdes sont persistants » et se retrouvent dans les sols, les cours d’eau, les nappes phréatiques.

    Le manque d’alternatives pour lutter contre le virus de la jaunisse est démenti par l’exemple des betteraves cultivées en bio, peu touchées par cette maladie. Elles déplorent l’ouverture de « cette boîte de Pandore », les producteurs de maïs ayant aussi demandé une dérogation. Une pétition demandant de ne pas accorder ces dérogations a déjà récolté quelque 95 000 signatures.

    source: https://www.letelegramme.fr/

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    Je vous poste ça après la dernière intervention de Raoult. Que les masqués obsessionnels s’étouffent dans leurs postillons  

    Situation Covid-19 France métropolitaine au 18 août 2020

    Comme prévisible, la tendance est toujours à la baisse, à l’insignifiance de l’épidémie :

    • hospitalisations : 4.736 (-93 par rapport à notre relevé du 17 août)
    • réa : 332 (inchangé depuis la veille)

     

    Pierrick TILLET

    source: https://yetiblog.org/

     

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  • Situation Covid-19 France métropolitaine au 17 août 2020 :

    Légère hausse des hospi et des réa par rapport au 14 août, mais toujours en baisse par rapport au 11 août (date du début de notre relevé). Variations à la marge normales. Pas de quoi fouetter un chat épidémique.

    • hospitalisations : 4.736 (+81 par rapport à notre relevé du 14 août, mais -93 par rapport au 11 août)
    • réa : 332 (respectivement +11 depuis le 14 août, mais toujours -9 depuis le 11 août)

    Précisions :

    1. Le chiffres donnés ici sont ceux fournis quotidiennement par le ministère de la Santé.
    2. Pour des raisons d’homogénéité géographique, ne sont indiqués que les résultats de la France métropolitaine par région hors DOM-TOM.
    3. Ces résultats peuvent également être consultés par département.

     

    Pierrick TILLET

    source: https://yetiblog.org/

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  • Des centaines de milliers de personnes attendues à la Fête de l'HumaDes centaines de milliers de personnes attendues à la Fête de l'Huma

     

    C'est confirmé : il n'y aura pas de fête de l'Huma cette année les 11, 12 et 13 septembre au parc Georges-Valbon annonce le directeur du journal Patrick Le Hyaric. Les risques financiers, juridiques et sanitaires, à cause de l'épidémie, l'obligent à renoncer.

    La 85e édition de la Fête de l’Humanité est annulée. La crainte des irréductibles de l'événement politico-culturel est confirmée : il n'y aura pas de concerts les 11, 12 et 13 septembre prochains au parc Georges-Valbon de La Courneuve, annonce ce lundi matin Patrick Le Hyaric, le directeur du journal L'Humanité dans ses colonnes. Face à l'épidémie de covid-19 qui regagne du terrain, les risques, qu'ils soient juridiques, financiers et sanitaires, sont trop importants et font renoncer l'organisateur, "la mort dans l'âme", dit-il.

    Une fête que L'Humanité a tenté de maintenir

    Le directeur de l'Humanité Patrick Le Hyaric assure pourtant avoir tout essayé pour organiser la fête coûte que coûte. Il a notamment proposer d'abaisser la jauge à 20.000 visiteurs par jour, au lieu de 300.000 l'an dernier, d'augmenter le budget de 100.000 euros pour satisfaire au protocole sanitaire. Malgré tout, l'interdiction de tenir des concerts, le port du masque obligatoire et les récents signes de reprise de l'épidémie viennent contrarier ses plans.

    Maintenant, il faut penser à l'après. Se refaire un peu de trésorerie, après avoir déjà engagé 500.000 euros dans l'organisation. Patrick Le Hyaric est à la recherche de partenariats et lance un bon de soutien de 25 euros. Une sorte d'appel aux dons. L'Humanité va aussi plancher dans les prochains jours sur l'organisation d'un autre format plus réduit, pour maintenir un événement les 11, 12 et 13 septembre. Pas de concert, mais des initiatives culturelles et des débats à La Courneuve et à différents endroits de la région parisienne.

    Victoria KOUSSA & Adrien BOSSARD

    source: https://www.francebleu.fr/

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  • Des salariés manifestaient à Bouguenais (Loire-Atlantique), le 30 juillet, contre la restructuration. Sébastien Salom-Gomis/AFPDes salariés manifestaient à Bouguenais (Loire-Atlantique), le 30 juillet, contre la restructuration.

     

    La direction de la filiale d’Air France a présenté mercredi un plan social à ses salariés. Les syndicats dénoncent une manœuvre financière sur le dos des contribuables.

    Le crash social avait été annoncé début juillet. Ses contours se sont profilés cette semaine, au désespoir des salariés. La direction nantaise de Hop !, filiale d’Air France en charge des vols domestiques, a confirmé mercredi à ses employés qu’elle taillerait massivement dans ses effectifs, au cours d’un CSE extraordinaire. En tout, 1 007 postes en équivalent temps plein seraient supprimés, sur 2 400 emplois. « C’est un plan inadmissible, catastrophique pour les salariés », s’insurge le secrétaire du CSE et élu CGT Hop !, Joël Rondel. Trois sites de maintenance de la compagnie devraient par ailleurs définitivement fermer leurs portes : ceux de Morlaix (Finistère), d’Orly (Val-de-Marne) et de Lille. Seuls les sites de Roissy-Charles-de-Gaulle et Lyon seraient épargnés.

    La pilule du PSE a d’autant plus de mal à passer que les raisons avancées par la direction de Hop ! ne convainquent en rien les syndicats. Le Covid-19 aurait trop mis à mal le groupe, déjà déficitaire sur son réseau de court-courriers, en clouant au sol toute sa flotte, et le forcerait à accélérer une restructuration.  Air France a pourtant bénéficié d’une aide de l’état de 7 milliards d’euros pour rester à flot, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90 % et 3 milliards de prêts directs. « C’est scandaleux, ils se servent de l’argent des Français, de nos impôts, pour saborder la compagnie », fustige un pilote présent au CSE. Environ 350 pilotes (317 postes en équivalent temps plein) devraient perdre leur emploi. Tandis que les patrons garantissent qu’aucun départ contraint n’aura lieu, les syndicats dénoncent un écran de fumée. Des licenciements secs sont à attendre, craignent-ils.

    Une stratégie de sabordage des conditions de travail

    L’argument écologique brandi par la direction de la compagnie française ne convainc pas plus. La suppression des lignes de court-courriers prise en charge par Hop !, trop polluantes, ne serait en fait qu’un leurre. C’est en effet la filiale low-cost d’Air France, Transavia, qui prendra la relève. Une stratégie de rationalisation des coûts aux airs de greenwashing et de sabordage des conditions de travail. « Air France et Hop ! s’assoient sur la loi.Ils ont besoin de pilotes pour le développement de Transavia, mais ils nous mettent à la porte. Nos conditions de reclassement sont extrêmement sévères, on nous impose une sélection très difficile. Et si on est retenu, on repart à zéro en termes d’ancienneté », déplore le pilote. « Ce n’est pas un problème écologique, c’est un problème de rentabilité », abonde Joël Rondel. Avec Transavia, Air France mise sur des travailleurs employés par des sous-traitants en contrats précaires pour réduire ses coûts d’exploitation. Selon le pilote présent au CSE, le groupe compte retrouver l’équilibre financier dans trois à quatre ans avec cette stratégie. Mais, chez les syndicats, ce double sacrifice social des salariés de Hop ! et des futurs précaires de la compagnie low-cost ne passe pas.

    Débutent à présent quatre mois de discussions et de négociations autour du PSE présenté par la direction de Hop !. Et les travailleurs ne comptent pas arrêter le combat. « On va amplifier la lutte, et on sera dans la rue le 17 septembre pour la rentrée sociale », assure le cégétiste. En plus des travailleurs de Hop !, 6 500 salariés d’Air France pourraient être licenciés.

    Marie Toulgoat
     
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  • La nature fascisante de certains Marcheurs

    Chassez le naturel… Certains députés marcheurs ne sont que des « Prout ma chère », des petites frappes intellectuelles qui vouent pour les gens du peuple un mépris d’acier.

    L’élue de La France Insoumise Caroline Fiat a récemment révélé que certains députés Marcheurs l’appelaient « Bac moins deux ». Il faut dire que, dans le civil, Caroline Fiat est aide-soignante. Elle a travaillé sept ans en EPHAD. Une moins que rien (on se souvient de « ceux qui ne sont rien » du banquier éborgneur) pour un Marcheur de base pour qui une personne qui vaut 1000 euros par mois ne mérite pas les ors de la République.

    Pendant le confinement, alors que les valets du banquier éborgneur se protégeaient au petit poil, Caroline Fiat avait volontairement repris du service au CHU de Nancy, en réanimation. Avec tous les risques que cela comportait.

    Ensuite, pour elle, la vie de femme politique a repris son cours (elle est la première aide-soignante a siéger sur les bancs de l’Assemblée nationale). Elle envoya ainsi un SMS au ministre Olivier Véran (ce ministre Marcheur qui, pendant des mois, a commis erreur sur erreur dans sa gestion de la pandémie) pour lui déconseiller d’accorder une prime « Covid » aux soignants. On sait bien qu’une prime est toujours un facteur de division. Ce SMS resta sans réponse.

    Dans quelques années, Caroline Fiat continuera à œuvrer dans la vraie vie, au service des autres. De La République en Marche, il ne restera rien. Pas un élu d’importance, pas de trace dans le paysage politique français. Ces élus provisoires et inutiles ont donc intérêt à profiter du temps qu’il leur reste pour marquer leur mépris pour le peuple et pour continuer leur travail de sape des fondements de la République.

     

    source: http://bernard-gensane.over-blog.com/

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  • Situation Covid-19 France métropolitaine au 13 août 2020 :

     

    Pierrick TILLET

    source:  https://yetiblog.org/

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  • Le choix très libéral du gouvernement de défiscaliser et désocialiser primes et heures supplémentaires avait déjà fragilisé les budgets de la protection sociale. Le grand coup de frein sur l’activité économique a fait le reste : des trous abyssaux pour la Sécurité sociale, l’Unédic et les retraites. Une dette sociale encore accentuée par certaines mesures prises par l’exécutif pour faire face à la crise. Une cure d’austérité pourrait bien être imposée dès cet automne.

     

    C’est un trou, c’est une crevasse, c’est une tranchée, que dis-je une tranchée… c’est un abysse ! Pour l’année 2020, l’ex-ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin tablait sur un déficit de 52 milliards d’euros pour la Sécurité sociale. Au lieu de 5,4 milliards prévus initialement. Du jamais vu ! Même pendant la crise économique consécutive au krach boursier de 2008. Un rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) du mois de juin estime lui le trou à 31 milliards pour la seule branche maladie de la protection sociale, contre 1,46 milliard l’an dernier.

    De leurs côtés, les comptes del’Unédic, l’organisme qui indemnise les demandeurs d’emploi, plongeraient de 25,7 milliards en fin d’année, au lieu de moins 0,9 milliard pronostiqué pour 2020 et un retour à l’équilibre qui était attenduen 2021. Au lieu de cela, la dette cumulée atteindrait 63,1 milliards en décembre. Enfin, le système de retraite ne sera pas épargné. Ses finances passeraient également dans le rouge selon une projection du Conseil d’orientation des retraites : -29,4 milliards au lieu de -4,2 milliards cette année.

    Les recettes s’écroulent, les dépenses s’envolent

    C’est le trait commun à la Sécurité sociale, à l’Unédic et aux caisses de retraite : elles sont financées principalement par les cotisations sociales versées par les salariés et les employeurs. Or, la chute du produit intérieur brut, estimé à 11 % pour l’année 2020, devrait provoquer la destruction de 1,2 million d’emplois. C’est autant de cotisations manquantes pour l’ensemble de la protection sociale. Autre élément pesant sur les recettes : la baisse estimée à 5,7 % du salaire moyen sous l’effet de l’utilisation massive par les employeurs du dispositif d’activité partielle. Qui dit moins de salaires dit également moins de cotisations.

    Mais surtout, l’activité partielle, où l’État paye les salariés à la place des entreprises, n’est pas soumise à cotisations. Seules une CSG à un taux réduit et la CRDS sont versées par exemple à la Sécurité sociale. Au bout du bout, l’addition est salée : les pertes totales en cotisations sont estimées à 25,1 milliards d’euros par la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Et même à 42,8 milliards en ajoutant les recettes provenant des impôts. Les absences de cotisations de millions de salariés, dans le but avancé de sauver entreprises et emplois, ont eu les mêmes effets sur les comptes de l’Unédic et sur ceux du système de retraites. Pour l’Unédic, le manque à percevoir s’élève déjà à 4,1 milliards au 12 juin. Mais ici, l’activité partielle, c’est le double effet Kiss Cool. Moins de recettes d’un côté, avec l’assèchement des cotisations, et plus de dépenses de l’autre, puisque l’État fait porter à l’Unédic le financement à hauteur d’un tiers du coût total du chômage partiel. Soit un trou de 12,9 milliards d’euros pour ce seul poste, représentant 52 % de son déficit. Enfin, la Caisse nationale d’assurance vieillesse prévoit elle un manque de cotisations de 10 milliards en 2020.

    En plus des recettes en bernes, les dépenses ont largement augmenté pour la Sécurité sociale comme pour l’Unédic. Pour cette dernière, en plus du surcoût lié à l’activité partielle, le nombre de demandeurs d’emploi inscrit en catégorie A, celle des chômeurs n’ayant pas du tout travaillé, a augmenté de plus d’un million en deux mois. Ajouté à la mesure gouvernementale prolongeant jusqu’au 31 mai les indemnités des chômeurs arrivés en fin de droits pendant le confinement, l’Unédic a dépensé 7,3 milliards supplémentaires. De son côté, la Sécurité sociale a vu ses dépenses s’envoler avec la crise sanitaire. Les besoins matériels des hôpitaux et plus largement du secteur de la santé en masques, tests, primes, heures supplémentaires ont fait grimper les dépenses de 12 milliards.

    Un gouvernement qui n’aime pas trop les cotisations sociales

    Comme avant la crise du Covid-19, les cotisations sociales servent d’une certaine façon au gouvernement de variable d’ajustement pour ses politiques économiques. Exonération ici, pour booster la compétitivité des entreprises, allégement là, sensés favoriser les embauches. Un détournement qui oublie que les cotisations sociales servent avant tout à financer la protection sociale des Français. Déjà en janvier 2019, les heures supplémentaires sont désocialisées. Fini les cotisations. Et à la place d’une augmentation du SMIC qui aurait participé à remplir les caisses de la protection sociale, en réponse à la crise des gilets jaunes, des primes sans cotisations. Des mesures qui ont déjà fait passer le déficit de la Sécurité sociale de 1,9 milliard en 2019 à 5,1 en 2020.

    Aucun changement de cap lors de la crise sanitaire. La création de l’activité partielle ne génère pas de cotisations. Au lieu de concentrer les dettes sur l’État, celui-ci en transfère une partie sur la Sécurité sociale. Même tendance avec les primes Covid, elles aussi désocialisées. Même philosophie avec les mesures pour soutenir l’économie : le versement des contributions sociales des entreprises est étalé dans le temps. D’abord imaginé par l’exécutif pour le temps du confinement, celui-ci pourra être différé de 36 mois. Une mesure dont le coût est chiffré à 5 milliards et dont le manque à gagner n’est pas compensé par l’État, considérant que les cotisations finiront pas entrer dans les caisses. Sauf évidemment celles des entreprises qui auront mis la clef sous la porte entre temps.

    En plus de cet étalement, 3 milliards d’exonérations patronales ont été décidées pour les TPE et PME de secteurs touchés tels le tourisme, la culture, le sport ou l’événementiel. Un trou dans les caisses de la protection sociale que l’État est censé compenser cette fois. Et l’histoire devrait encore se répéter. Pour favoriser l’emploi des jeunes et améliorer la compétitivité des entreprises, le gouvernement réfléchit à un mécanisme d’exonération des charges salariales sur plusieurs années. La note pourrait dépasser 10 milliards d’euros, et les déficits se creuser d’autant.

    L’austérité pour payer les dettes ?

    Techniquement et le temps de la crise du Covid-19, le plafond des dettes « autorisées » de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS) a été relevé de 39 à 95 milliards d’euros pour éviter un défaut de trésorerie et une incapacité à régler la facture sanitaire. Mais pour la suite : « il n’y a pas d’argent magique ». C’est ce qu’assurait Emmanuel Macron à une infirmière réclamant des moyens en 2018. Cela vaut pour la protection sociale comme pour le budget de l’État dont le déficit doit passer de 93 à 220 milliards d’euros selon le troisième projet de loi de finances rectificatif.

    « À la sortie de cette crise, il faudra faire des efforts, le redressement sera long et il passera par le désendettement du pays », expliquait déjà Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie le 10 avril 2020. Une orientation non démentie depuis par le gouvernement ou le chef de l’État. Un désendettement qui risque de peser sur les assurés sociaux. Le gouvernement a fait le choix de ne pas rapatrier ces dettes liées à la pandémie dans le budget de l’État. Au contraire, il a transféré 136 milliards de l’ACOSS vers la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Avec pour conséquence, une baisse des dépenses aux dépens des assurés sociaux pour rembourser les dettes.

     

    Pour les caisses de retraite, le gouvernement n’a pas attendu pour ressortir sa réforme de l’hiver. À partir du 17 juillet, Jean Castex recevra les représentants des salariés et des patrons pour trouver plusieurs dizaines de milliards. Là aussi, pas question pour l’État de rapatrier les dettes dans son budget, même si une bonne partie d’entre elles sont consécutives à ses choix politiques. Ceux qui ont contribué à assécher les recettes. À la place, l’exécutif ressort un allongement de la durée de cotisation pour un départ plus tardif à la retraite. Enfin, les demandeurs d’emploi ont encore du souci à se faire. La trajectoire financière de l’Unédic plombée par l’activité partielle pourrait servir de prétexte à ne pas adapter les deux volets de la réforme de l’assurance chômage. Et ce, malgré le désastre social qu’ils représentent et que l’Unédic a confirmé dans un de ses rapports au printemps.

    Stéphane ORTEGA 

    source: https://rapportsdeforce.fr/

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