• Récoltes de betteraves dans un champs, en 2013.Récoltes de betteraves dans un champs, en 2013. 

    Sous la pression de l'industrie sucrière, affectée par le développement d'une jaunisse dans ses cultures, le gouvernement a autorisé le retour, jusqu'en 2023, de ces pesticides nocifs pour les abeilles.

    La couleuvre que vient d’avaler la nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a un petit goût de betterave. Jeudi, le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, désormais dirigé par Julien Denormandie, a annoncé le retour des néonicotinoïdes pour le secteur sucrier. Une demande de la filière betteravière, alarmée par le développement massif de la jaunisse, une virose végétale principalement transmise par les pucerons verts. En réponse, le gouvernement prévoit d’introduire une dérogation au maximum jusqu’en 2023, pour autoriser à nouveau les planteurs de betteraves à utiliser des semences enrobées de néonicotinoïdes.

    Les néonicotinoïdes sont ces pesticides «tueurs d’abeilles» qui n’étaient plus autorisés en France depuis le 1er septembre 2018, suite à la loi biodiversité de 2016. Un texte défendu à l’époque par Barbara Pompili, alors secrétaire d’Etat à la Biodiversité sous François Hollande. Dans le Courrier Picard, elle reconnaît que «personne n’est satisfait de cette situation. Ni moi ni le ministre de l’Agriculture. Jamais nous n’aurions dû en arriver là. Il y a eu clairement un défaut de suivi.» Ce qui apparaît comme un grand retour en arrière écologique vient d’une absence d’alternatives aux néonicotinoïdes, d’après la ministre : «Si les choses avaient été faites comme elles auraient dû l’être, en quatre ans, il y avait la possibilité de faire émerger des solutions pérennes. Nous ferons en sorte que ce genre de situation ne puisse plus se reproduire.»

    Sur Twitter, Corinne Lepage, ex-ministre de l’Environnement, a dénoncé «une faute sanitaire et une faute politique» pour «complaire au lobby betterave». La sénatrice Europe Ecologie-les Verts Esther Benbassa estime, de son côté, que Barbara Pompili a «moins de poids qu’une betterave».

    «Aucune alternative» pour le lobby de la betterave

    Les producteurs, eux, se délectent de cette décision. «Le monde agricole est conscient du risque pour les pollinisateurs, mais qu’il n’y a vraiment aucune alternative», explique Franck Sander, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). Il ajoute que «la betterave est une culture qui n’est pas mellifère». Comprendre qu’il n’y a pas de fleurs produites avant la période de récolte et que l’impact des néonicotinoïdes serait donc moindre sur les insectes pollinisateurs que sont les abeilles et autres bourdons. «On ne fera pas pousser de plantes mellifères dans l’année qui suit la plantation de betteraves», promet le président de la CGB. Une série d’arguments exprimée quasi telle quelle dans le communiqué du ministère de l’Agriculture.

    D’autres voix du monde agricole semblent moins convaincues. Damien Houdebine, membre du comité national de la Confédération paysanne, estime qu’ «il existe d’autres insecticides que les néonicotinoïdes. En autorisant à nouveau ces derniers, on incite les producteurs à agir de manière systématique sur toutes les cultures et non de manière localisée, là où il y a des problèmes.» Selon l’éleveur sarthois, «les néonicotinoïdes restent dans le sol. Et il n’y a pas que la question du butinage. Du blé qui serait planté derrière de la betterave, comme sur une rotation classique, pourrait entraîner une diffusion des insecticides par pollution dans l’air.»

    Sous couvert d’améliorer la souveraineté alimentaire du pays, la volte-face du gouvernement s’explique aussi par la puissance de l’industrie sucrière. La France est le deuxième producteur mondial, avec 38 millions de tonnes de betteraves produites, pour 45 000 emplois, 21 sucreries et un milliard d’euros d’excédent. De quoi faire dire à Damien Houdebine que, dans cette affaire, «une place importante a été laissée par le gouvernement aux acteurs économiques les plus puissants».

    L’impact du réchauffement climatique

    S’agit-il seulement d’influence industrielle ? Christian Huyghe, directeur scientifique du pôle agriculture au sein de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) rappelle que «les pucerons se sont développés très tôt en campagne cette année, à cause d’une pression énorme et d’une anomalie thermique. On a eu l’hiver le plus doux de l’histoire contemporaine de la France et le printemps a été incroyablement chaud avec +3.6°C en février» par rapport aux normales de saison.

    Lutter contre les invasions de pucerons verts reviendrait donc à lutter contre le réchauffement climatique. Des producteurs de betteraves, explique Damien Houdebine, sont «plus inquiets de l’impact du climat, des coups de chaud fin mai, de la sécheresse et de la canicule actuelle, que de la jaunisse».

    Croire que la solution viendrait de la nature elle-même est illusoire, selon Christian Huyghe : «On sort de vingt-sept ans de néonicotinoïdes, aussi extrêmement efficaces contre les insectes auxiliaires», souligne le chercheur. Parmi les insectes auxiliaires, on compte notamment les larves de coccinelles et les syrphes, toutes deux friandes de pucerons. Des pistes sont à l’étude pour lutter contre la transmission de la jaunisse, comme le morcellement des parcelles ou l’usage de «l’écologie chimique», en recourant par exemple à la plantation dans les champs de betteraves de fleurs comme l’œillet d’Inde, dont l’odeur est insupportable au puceron.

    Autant de solutions dont les filières agroalimentaires ne veulent pas forcément, leur préférant une logique court-termiste qui garantira une rentabilité maximum. Vendredi, ce sont les producteurs de maïs qui ont pris la parole pour demander à bénéficier, à leur tour, d’une dérogation leur permettant d’utiliser des néonicotinoïdes.

    Thibaut Ghironi
    source: https://www.liberation.fr/
     
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  • C’est un nouvel acteur qui bouscule le petit monde ferroviaire : Railcoop a choisi une gouvernance coopérative et de relancer des lignes abandonnées par la SNCF, plutôt que de se tourner vers celles considérées comme rentables. Une initiative permise par l’ouverture à la concurrence du ferroviaire prévue pour la fin de l’année.

    La proposition est inattendue : dans un monde ferroviaire qui demande des investissements aussi lourds que des locomotives, un poids léger a décidé de tenter de se faire une place. Railcoop, comme son nom l’indique, est une société coopérative ferroviaire. Si les amoureux du train l’avaient rêvée, ils n’auraient sans doute pas fait mieux. Elle compte réinvestir plusieurs pans de l’offre ferroviaire peu à peu délaissée par la SNCF et les politiques publiques ces dernières années : trains entre régions permettant d’éviter la centralisation parisienne, fret et train de nuit.

    Ses premiers trains de fret pourraient rouler dès 2021, et surtout, la première ligne voyageurs devrait s’ouvrir mi-2022, entre Bordeaux et Lyon. Tout un symbole, alors que la liaison avait été abandonnée par la SNCF en 2014. Le projet est permis par l’ouverture totale à la concurrence du trafic ferroviaire, prévue pour fin 2020. « C’est l’occasion de proposer un modèle alternatif, estime Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de la société. Nous partons du principe que le ferroviaire est un maillon important de la transition énergétique. »

    L’idée a germé début 2019. À la manœuvre, un conseil d’administration rassemblant des personnes issues de l’économie sociale et solidaire, de l’associatif, un ancien cheminot, ou encore des consultants sur les questions de climat et de mobilité (mais seulement des hommes...). Les compétences se sont associées, pour aboutir à la création d’une Scic (société coopérative d’intérêt collectif). Dans cette coopérative, une personne égale une voix, quel que soit le nombre de parts de la société qu’elle possède.

    Six trains par jour et de nombreux services

    Pour choisir le trajet Bordeaux-Lyon, « on a regardé les flux aériens de voyageurs de province à province, explique encore la directrice déléguée. Puis on a croisé avec les données sur l’augmentation du trafic routier ». Leurs études de marché prédisent que la ligne, malgré un temps de trajet annoncé de 6 h 47, a un potentiel de 690.000 voyageurs par an et sera rentable. « Certes, la SNCF l’a fermée en disant qu’il n’y avait plus assez de voyageurs. Mais elle n’investissait plus. Si vous ne proposez pas un service performant en matière de confort et de ponctualité, vous découragez les gens. » Railcoop veut à l’inverse proposer des wagons confortables, de la place pour stocker vélos, poussettes ou skis, ainsi que des partenariats avec des événements dans les territoires traversés, comme les festivals. Le prix de base a été fixé à 38 euros. Ainsi, le trajet serait plus long qu’en prenant le TGV avec une correspondance par Paris… Mais coûterait bien moins cher. Six trains circuleraient chaque jour, soit trois dans chaque sens.

    Railcoop a ainsi notifié à l’Autorité de régulation des transports, le 9 juin dernier, son intention d’opérer sur cette ligne. Ce n’est qu’une des nombreuses étapes qui restent à franchir. La coopérative doit, pour faire rouler ses trains, obtenir un certificat de sécurité et une licence ferroviaire, qui ne sera décernée que si elle atteint au moins 1,5 million d’euros de capital social d’ici la fin de l’année. La société s’est donc lancée dans une campagne de recrutement de nouveaux sociétaires. Particuliers, associations, entreprises, collectivités locales peuvent acquérir des parts sociales, chacune coûtant 100 €. Le 19 juin, 785 sociétaires avaient déjà été recrutés. « Au vu de la montée en puissance du capital social, je pense que d’ici la fin de l’année on aura dépassé les 1,5 million nécessaires », se réjouit Alexandra Debaisieux.

    La ligne Bordeaux-Lyon que Railcoop entend remettre en service.

    Et puis, il faut aussi trouver des trains — du « matériel roulant », comme on dit dans le milieu. Railcoop en a besoin de six, qui valent 11 millions d’euros chacun. Difficile de rassembler 66 millions d’euros, la coopérative cherche donc une société capable de les acheter, pour ensuite les leur louer. « On est en discussion avec deux loueurs, explique la directrice déléguée. Avant la crise du Covid, ils demandaient des garanties accessibles. Désormais, nous sommes en discussion avec le cabinet du secrétaire d’État aux Transports et avec des régions pour voir s’ils peuvent se porter garants sur le matériel. »

    L’ouverture à la concurrence, sujet de débats

    Le projet paraît donc en bonne voie et il convainc écolos et associations de voyageurs, telle que la Fnaut (Fédération nationale des associations d’usagers des transports). « C’est une bonne nouvelle, la radiale Lyon-Bordeaux manque vraiment et trop de personnes sont poussées à prendre l’avion », approuve Anne Lassman-Trappier, chargée des questions de transport à France Nature Environnement. « Railcoop va démontrer qu’il y a un modèle économique pour le ferroviaire, et tordre le cou à l’idée que le train est un gouffre économique qui ne survit que grâce à l’argent public », espère Valentin Desfontaines, responsable du dossier mobilité au Réseau Action Climat.

    Côté CGT cheminots, où l’ouverture à la concurrence a été fortement combattue, l’accueil est plus mitigé. Localement, les cheminots de la CGT Bordeaux, qui s’étaient opposés à l’abandon de la ligne, ne cachent pas une petite amertume et ont publié un communiqué. « Si un opérateur ferroviaire se positionne sur cette liaison Bordeaux-Lyon, c’est qu’il y a un besoin, c’est ce qu’on a toujours dit, se félicite David Plagès, de la CGT cheminots régionale. Mais si l’ouverture à la concurrence était la solution, cela se saurait. Sur le fret, cela n’a pas fonctionné. » Il aurait préféré que ce soit la SNCF qui rouvre la ligne, avec un véritable investissement dans la rénovation des voies vieillissantes. « Il n’y aura pas le report tant souhaité de la voiture vers le train s’il n’y a pas d’amélioration de la ligne, pour que le train puisse aller plus vite », poursuit-il.

    « Ce projet apporte plusieurs choses positives, reconnaît au niveau national le secrétaire général de la CGT cheminot, Laurent Brun. Ils veulent faire avec les gens des territoires, partent des besoins des voyageurs, affichent que les bénéfices seront totalement réinvestis… C’est rafraîchissant ! »

    Autorail tri-caisses X 72500 de la Région Rhône-Alpes effectuant la relation « Intercités » Bordeaux-Lyon, ici en gare de Saint-Sulpice-Laurière - 19 janvier 2008.

    « Mais j’ai quand même de gros doutes sur la faisabilité, estime cet expert du rail. Par exemple, ils disent que la SNCF a un fonctionnement trop lourd et qu’ils feront mieux, qu’ils vont doubler le niveau d’utilisation des locomotives. Mais, dans ce cas, soit ils vont enchaîner les pannes, soit le matériel va vieillir à vitesse grand V. Je les trouve aussi ambitieux sur la fréquentation annoncée. »

    Surtout, c’est la question du financement qui interpelle le syndicaliste cheminot. Le financement prévoit que les parts sociales achetées par des particuliers ne suffiront pas, il faudra des aides publiques. « Railcoop va devoir frapper à toutes les portes — villes, départements, régions — et s’ils attribuent des subventions, on se demande alors pourquoi ils ne les ont pas données avant pour éviter que la ligne soit fermée par la SNCF ? » « Je suis étonné de la façon dont les politiques se saisissent du sujet dans ce contexte d’ouverture à la concurrence, alors qu’ils ne l’avaient pas fait avant », enchérit David Plagès depuis Bordeaux. « J’y vois un dogme. »

    « Prendre des parts de marché à la voiture individuelle, à l’autocar, à l’avion »

    Railcoop, de son côté, dit proposer aux collectivités qui le souhaitent un autre modèle que celui de la subvention, via l’achat de parts sociales de la coopérative. « Les collectivités locales seront copropriétaires de l’outil, on coconstruit le service ferroviaire en associant les usagers et les territoires », explique Alexandra Debaisieux. Au moins une collectivité d’importance pourrait s’engager.

    Par ailleurs, la coopérative rappelle, dans ce contexte d’ouverture du rail à la concurrence, qu’elle a fait le choix de ne pas se positionner sur des lignes déjà exploitées par la SNCF. [1] Elle veut plutôt ajouter de nouvelles liaisons. « Notre positionnement n’est pas de concurrencer la SNCF, mais de venir compléter le maillage ferroviaire. Notre objectif est de prendre des parts de marché à la voiture individuelle, à l’autocar, à l’avion », assure Alexandra Debaisieux.

    Le parcours de ce nouvel acteur, original dans le monde du rail, devrait être suivi de près. Et quel que soit le résultat, « l’intérêt est que ça fait débattre autour de l’enjeu de relancer le train, et cela va obliger les politiques à se positionner, à dire s’ils croient au rail », ajoute Laurent Brun, de la CGT cheminots, qui n’exclut pas de proposer une rencontre à la coopérative.

    Marie Astier

    source: https://reporterre.net/

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  • Claude Guéant à l’époque ministre de l’Intérieur, le 2 décembre 2011 à Paris.Claude Guéant à l’époque ministre de l’Intérieur, le 2 décembre 2011 à Paris.

    En un an, les dépenses de protection juridique de l’Élysée ont explosé, passant de 2 352 euros à 159 766 euros en 2019. La raison ? Le palais présidentiel paye les frais de justice de ses anciens collaborateurs poursuivis dont Claude Guéant.

    L’augmentation est considérable. La facture des frais de justice de l’Élysée a été multipliée par un peu moins de 68 en un an, passant de 2 352 euros en 2018 à 159 766 en 2019, dévoile France Inter qui a épluché le rapport de la Cour des comptes concernant la gestion du palais présidentiel.

    Qu’est ce qui peut expliquer un tel montant ? En 2019, l’Élysée a réglé les frais d’avocat pour quatorze collaborateurs et ex-collaborateurs poursuivis en justice. Parmi toutes ces affaires, les trois plus importantes représentent 63 % de ce montant astronomique et « relèvent de mandatures précédentes ».

    Des honoraires réglés par l’Élysée « à 100 % »

    D’après France Inter, l’une des affaires principales évoquées serait celle des « sondages de l’Élysée » qui remonte à 2008. À l’époque, la directrice de cabinet du président Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon et Claude Guéant, secrétaire de la présidence sont soupçonnés d’avoir commandé des sondages qui pouvaient intéresser le candidat Sarkozy sans mise en concurrence préalable et en favorisant l’institut de Patrick Buisson, proche de l’Élysée.

    Dans cette affaire, ils sont tous les deux mis en examen pour « favoritisme » et « détournement de fonds publics par négligence ». Interrogés par France Inter, ils confirment que leurs frais de justice ont bien été réglés « à 100 % » par le palais présidentiel. L’ancien ministre de l’Intérieur précise que ce n’est « évidemment » pas le cas pour les autres procédures pour lesquelles il est poursuivi et qui n’ont pas de rapport avec ses anciennes fonctions à l’Élysée.

    Probablement pas de baisse pour le budget des frais judiciaires

    Rien d’étonnant à cela cependant. La loi prévoit que la présidence prenne en charge les « frais d’avocats liés à la protection juridique des fonctionnaires ou contractuels qui en font la demande, en raison de leur mise en cause dans le cadre de leurs fonctions ».

    Patrick Buisson, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, également mis en examen dans cette affaire n’a pour sa part pas vu ses honoraires réglés par l’Élysée car il était à l’époque considéré comme « prestataire de service extérieur ».

    L’année dernière, le procès des « sondages de l’Élysée » a été renvoyé devant le tribunal correctionnel. Un nouveau rebondissement qui ne devrait pas faire baisser la facture du palais d’ici l’année prochaine.

    source: https://www.ouest-france.fr/

     

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  • source: https://www.youtube.com

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  • La paranoïa covidienne bat son plein, le protocole Raoult refait surface

    Moins de 500 personnes sérieusement atteintes sur la totalité du territoire français (496 exactement au 12 juillet), quelques nouveaux cas quotidiens ou décès résiduels par ci-par là…

     

     

     Mais l’hystérie sur la menace d’un retour coronavirien est à son comble : port obligatoire du masque envisagé par les autorités, posts alarmistes en rafales sur les réseaux sociaux, sondages anxiogènes à la clé…

     

    L’illustration du dérèglement mental propre à une ex-puissance déstabilisée en ses certitudes

    Balayons immédiatement les objections alarmistes :

    • il n’y a actuellement aucun cas de rebond significatif du Covid-19 dans aucun pays, du moins occidental, y compris aux États-Unis malgré les apparences ;
    • même si ce rebond survenait, nous disposons désormais d’un traitement médical éprouvé (à condition d’être administré suffisamment tôt) ; le protocole hydroxychloroquine + azithromycine.

    Loin du simple et sain principe de précaution, relevant d’une peur irrationnelle ne reposant sur aucun élément scientifique sérieux – rappelez-vous qu’en mars dernier « les scientifiques qui conseillent l’Élysée » pronostiquaient entre 300.000 et 500.000 morts du Covid-19 rien qu’en France ! –  l’hystérie alarmiste actuelle procède du dérèglement mental propre à une puissance profondément malade, déstabilisée en ses certitudes. Lorsque cet état de sidération se prolonge et s’exacerbe alors que le virus est en voie d’éloignement, vous pouvez être sûr que la société malade sera incapable de réagir en cas de rebond inattendu ou de retour saisonnier prochain.

    L’hydroxychloroquine réautorisée en douce par le gouvernement Castex

    Mais heureusement le pire n’est jamais sûr. Comme le dit le professeur Raoult, « la vérité finit toujours par sortir du puits », la réalité par s’imposer à la communication tortueuse, le réalisme par triompher de la malveillance et de la bêtise : le 10 juillet, en pleine torpeur estivale, le gouvernement Castex a abrogé en douce l’arrêté du 23 mars 2020, complété par l’arrêté du 26 mai 2020 interdisant la prescription de l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 (article 6-2).

    Cliquer sur l’image pour lire l’arrêté du 10 juillet 2020

    PIERRICK TILLET

    source:  https://yetiblog.org/

     

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  • Le port du masque de protection respiratoire est désormais obligatoire dans tous les lieux publics clos. Néanmoins la politique du gouvernement français a beaucoup fluctué au gré de l'épidémie. Retour sur les grandes étapes de la gestion de la crise. 135 euros d'amende. C'est ce qu'il vous en coûtera à partir du 20 juillet si vous ne portez pas de masque dans un lieu public clos, tel qu'un magasin ou encore une mairie ou une banque. Cette amende sera portée à 1500 euros en cas de récidive, et une peine de 6 mois de prison pourra même être appliquée dans le cas où le contrevenant se verrait contrôlé trois fois sans son masque en moins d'un mois. Les autorités arrivent-elles tard avec cette mesure ? C'est ce que pensent certains chercheurs comme Catherine Hill, épidémiologiste à l'institut Gustave Roussy de Villejuif, dans le Val-de-Marne, interviewée par Franceinfo. Selon elle, la France aurait dû imposer le port du masque «avant» la fin du confinement. Interrogée sur la raison de cette obligation imposée seulement maintenant, Catherine Hill répond qu'il faut le demander aux autorités. «Je ne sais pas, ils comprennent lentement», avance-t-elle. Alors comment la position du gouvernement concernant le port du masque a-t-elle évolué durant l'épidémie ? Le fait est que la politique en la matière n'a pas toujours été aussi drastique, loin de là.

    Masque jugé «inutile»

    Au cours des premiers jours du confinement, son port avait même été jugé «inutile» pour le grand public. Ainsi le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré le 4 mars que «l'usage des masques est inutile» en dehors des règles d'utilisation définies. «C'est vraiment une denrée rare, une ressource précieuse pour les soignants, et totalement inutile pour toute personne dans la rue», avait déclaré le directeur général de la Santé Jérôme Salomon le 18 mars, au lendemain du début du confinement. Un discours appuyé par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, qui affirmait le 20 mars au sujet du port du masque pour le grand public : «Vous savez quoi, moi je ne sais pas utiliser un masque. Je pourrais dire : je suis ministre, je mets un masque. Mais en fait, je ne sais pas l'utiliser».

    Volte-face et masques «grand public»

    Au fil des semaines, le discours a changé, renforcé par le fait qu'une part significative des personnes contaminées développent peu, voire aucun symptôme. Malgré les commandes de milliards de masques chirurgicaux à l'étranger, il y a toujours des tensions sur ce produit convoité, tant les stocks ont été négligés en amont de la crise.

    Fin mars, le gouvernement met en avant la production de masques alternatifs, en tissu. Un guide de l'association de normalisation AFNOR liste les exigences minimales de confection et d'usage de ces masques grand public, guide à destination des entreprises textiles mais aussi des particuliers qui peuvent les fabriquer eux-mêmes. Le 28 avril, les nouvelles consignes du déconfinement tombent : le masque sera obligatoire dès le 11 mai dans les transports en commun ou les collèges, et recommandé dans les commerces. «Les scientifiques ont eux-mêmes évolué», et jugent maintenant le port du masque «préférable dans de nombreuses circonstances», justifie alors le Premier ministre Edouard Philippe.

    Inquiétudes et obligation élargie

    Début juillet, alors que plusieurs pays, comme la Belgique et le Royaume-Uni, ont décidé d'élargir le port obligatoire du masque, les appels à faire de même en France se multiplient face au relâchement observé chez les Français. Dans ce contexte, notant que l'épidémie était dans une phase de rebond, Emmanuel Macron a finalement annoncé le 14 juillet que les masques deviendraient obligatoires. «Mettez des masques !», avait alors lancé le président, le recommandant aussi à l'extérieur lorsque la distanciation n'est pas possible.

    Alors que le gouvernement a été très critiqué pour l'absence de stock stratégique suffisant, la nouvelle consigne est désormais de «décentraliser», selon le ministre de la Santé Olivier Véran. Avec notamment des stocks de 10 semaines dans les entreprises pour protéger les salariés. Il est difficile aujourd'hui de connaître le nombre de masques chirurgicaux et grands publics disponibles en France, entre les stocks accumulés par les entreprises ou la grande distribution. Selon Bercy, la production de masques chirurgicaux en France était de 20 millions par semaine fin mai, avec un objectif d'environ 60 millions d'ici fin septembre ou début octobre, contre 3,5 millions avant la crise. Un chiffre auquel il faut ajouter les importations et les masques en tissu. Les quelque 400 entreprises textiles françaises qui s'étaient lancées dans la fabrication de masques grand public pour pallier la pénurie se sont retrouvées avec des invendus conséquents en juin, de 40 millions de masques.

    Des conséquences judiciaires ?

    Le 8 juin dernier, le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé l'ouverture d'une vaste enquête préliminaire portant sur la gestion de la crise sanitaire du coronavirus en France.

    Alors que le gouvernement a été très critiqué pour l'absence de stock stratégique suffisant, la nouvelle consigne est désormais de «décentraliser», selon le ministre de la Santé Olivier Véran. Avec notamment des stocks de 10 semaines dans les entreprises pour protéger les salariés. Il est difficile aujourd'hui de connaître le nombre de masques chirurgicaux et grands publics disponibles en France, entre les stocks accumulés par les entreprises ou la grande distribution. Selon Bercy, la production de masques chirurgicaux en France était de 20 millions par semaine fin mai, avec un objectif d'environ 60 millions d'ici fin septembre ou début octobre, contre 3,5 millions avant la crise. Un chiffre auquel il faut ajouter les importations et les masques en tissu. Les quelque 400 entreprises textiles françaises qui s'étaient lancées dans la fabrication de masques grand public pour pallier la pénurie se sont retrouvées avec des invendus conséquents en juin, de 40 millions de masques. Des conséquences judiciaires ? Le 8 juin dernier, le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé l'ouverture d'une vaste enquête préliminaire portant sur la gestion de la crise sanitaire du coronavirus en France.

    Article publié par RT-France le 20/07/20

    sources: http://www.communcommune.com/  &   https://francais.rt.com/france/

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  • "Nous n’acceptons pas que Monsieur Macron dans sa grande bonté organise une fête pour les soignants avec la participation à un défilé militaire, les médailles. Nous ce qu’on demande aujourd’hui c’est qu'on réponde à nos revendications. Qu’on nous donne les moyens de travailler et pas simplement le décorum, la politique spectacle." Le mardi 14 juillet plusieurs milliers de personnes ont manifesté entre la place de la République et Bastille. A l’appel de la CGT et d'autres syndicats, le cortège composé de soignants et de Gilets Jaunes, réclamait davantage de moyens pour l’hôpital. Quelques heures après que le président de la République ait fait défiler des blouses blanches place de la Concorde, le personnel de santé était venu exprimer son mécontentement suite aux annonces du Ségur de la santé.

    source: http://www.communcommune.com/

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  • Chaque année depuis 2018, l’inique système  mis en place par le régime Macron pour accélérer la privatisation de l’enseignement supérieur frappe plus fort la  de France : aors que la phase d’admission se termine ce 17 juillet, cette année ce sont 54 000 jeunes bacheliers – donc en droit d’avoir accès à l’enseignement supérieur – qui se retrouvent sur le carreau sans aucune proposition. 21 169 de plus qu’en 2019 au même moment, une augmentation de 63%.

    À lire :

    Sur les 857 216 jeunes ayant candidaté pour une inscription dans l’enseignement supérieur sur Parcoursup, au 16 juillet 2020, seuls 727 615 avaient reçu au moins une proposition d’admission. 129 601 n’ont donc reçu aucune proposition, dont 54 000 jeunes bacheliers toujours inscrits sur Parcoursup et aujourd’hui sur le carreau.

     

     

    Sans oublier les 36 000 jeunes qui ont été éjectés de la plateforme depuis le début des inscriptions.

    Au total, d’après les chiffres officiels ce sont 15% des jeunes qui se voient barrer l’accès à des études supérieures, toutes filières confondues. Un résultat qui n’a rien de surprenant puisque le régime Macron refuse d’augmenter le nombre de places dans l’enseignement supérieur et ce malgré la croissance démographique.

    Rappelons que la récente inspection par la Cour des comptes a confirmé ce qui n’est qu’une évidence : l’opacité du classement des dossiers des candidats sur la plateforme. Dans son rapport, la Cour recommande de “rendre publics les algorithmes locaux utilisés par les commissions d’examen pour l’ensemble des formations.” dénonçant des “critères de classement peu transparents” pour les 900 000 candidats, parmi lesquels le lycée d’origine. Ce dernier est mis en balance surtout dans les filières non-sélectives comme les licences. Les algorithmes de sélection n’ont toujours pas été rendus publics.

    Alors que la crise économique systémique du Capitalisme, accélérée par la crise sanitaire du COVID-19 précipite les suppressions massives d’emplois, la conséquence de cette politique injuste c’est une condamnation au chômage de masse pour la jeunesse, mais également un considérable appauvrissement de la qualification pourtant indispensable des jeunes générations. De fait, les choix du régime Macron sont ceux dictés par le MEDEF et l’Union Européenne, à l’opposé des besoins de la jeunesse :

    • la casse du  national, avec la réforme du , au profit d’un diplôme local, délivré en pratique par les établissements et défavorisant les élèves des quartiers populaires dans le processus de sélection de Parcoursup.
    • la sélection, sociale et par l’argent, pour transformer l’enseignement supérieur en un marché mettant en concurrence les jeunes et les formations.
    • l’euro-austérité qui conduit malgré l’augmentation du nombre de jeunes en droit d’accéder à l’Université à ne pas ouvrir des places en même proportion dans les facultés.

    Tout au contraire, la voie de la justice c’est celle de la préservation des diplômes nationaux – à commencer par le bac national premier grade universitaire donnant droit à l’accès à l’Université pour tous – une voie d’égalité ( même diplôme = mêmes droits) et de mérite (le même examen pour tous).

    Jean-Baptiste CLEMENT 

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • A diverses reprises l'Hermine Rouge a fait état des attaques portées contre la langue nationale  par les plus hautes instances  de l'Etat: cf notamment un article des secrétaires nationaux du PRCF " Violant la Constitution le régime macron impose l'anglais-comme langue officielle."

    Vous trouverez ci-dessous un article de Philippe Blanchet publié sur son blog le 12 juillet dernier. Philippe Blanchet est Professeur de sociolinguistique et didactique des langues, département Communication, université Rennes 2. Membre de la Ligue des Droits de l'Homme et du conseil d'orientation de la Fondation Copernic. Élu national FERC-SUP-CGT.


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    La chose est passée inaperçue, noyée dans l’actualité. C’est en pleine période de confinement et de fermeture des universités pour cause de crise sanitaire, que le gouvernement a publié, le 3 et le 5 avril, un arrêté et un décret qui rendent obligatoire de passer un examen d’anglais dans un organisme privé pour obtenir son diplôme.

    Rendre l’anglais et rien que l’anglais obligatoire dans l’enseignement supérieur

    Ces deux textes du 3 avril 2020 publiés au Journal Officiel du 5 avril constituent les deux volets d’un même projet qu’on doit bien considérer comme un dispositif général rendant l’anglais obligatoire dans l’enseignement supérieur. Le premier, un décret du premier ministre, subordonne l’obtention du BTS à une certification du niveau en anglais. Le second, un arrêté de la ministre de l’Enseignement Supérieur, porte sur les certifications en langue dans le cadre des licences, licences professionnelles et DUT.  Ils imposent une mise en place dès l'année 2020/2021 pour les licences spécialisées en langues (LEA, LLCER et Lettres Langues) — c’est un comble ! puis pour l'ensemble des licences professionnelles et pour cinq spécialités de DUT. Les autres licences et DUT seront tous concernés l'année suivante, le dispositif étant généralisé.

    Dans une ère où le plurilinguisme est promu comme un moyen de développer une compréhension interculturelle entre les peuples, une sorte d’écologie des langues et des sociétés humaines par les langues, rendre l’anglais et rien que l’anglais obligatoire va complètement à contre sens. Y compris de la politique d’offre de formation multilingue croissante mise en œuvre par les universités et l’Europe depuis 30 ans. Les effets de rétroaction des évaluations sur les formations ont été bien étudiés : on sait que ça va détourner massivement les étudiant.e.s et même peut-être déjà les lycéen.ne.s des autres langues. D’ailleurs, dans de  nombreux cursus, notamment les BTS et DUT, une seule langue est possible. Ce sera l’anglais, point barre.

    Et même pour enseigner dans les établissements français de l’étranger...

    On pourrait penser qu’il s’agit là d’un évènement ponctuel. Mais un autre texte est paru qui va dans le même sens. Un arrêté du 4 février 2020 du ministère de l’éducation nationale a créé un examen nommé « Certificat d’aptitude à participer à l’enseignement français à l’étranger » (CAPEFE). Ce certificat est délivré par les INSPÉ comme complément à un master d’enseignement ou apparenté. Il sera désormais exigé pour obtenir un poste (voire un stage) dans un des établissements concernés. Or parmi les épreuves, on trouve : « Faire valoir un niveau au moins B2 du cadre européen commun de référence pour les langues en anglais. Maitriser le cas échéant une autre langue étrangère au niveau B2 du cadre européen commun de référence pour les langues ». Pour aller enseigner en français dans un des 522 établissements français et dans 139 pays du monde, y compris les plus francophones et les moins anglophones où se trouvent un bon tiers de ces établissements, il faut avoir validé un bon niveau d’anglais....

    Un moyen de transférer des financements publics vers des entreprises privées étrangères

    Cette certification en anglais a été chiffré à 3,1 M€ pour 38 000 étudiants à la rentrée 2020 et prévoit une généralisation à l’ensemble des 400 000 étudiants du pays à la rentrée 2022. Ce dispositif représentera donc à partir de la rentrée 2022 une facture annuelle de plus de 32 millions d’euros. Dans un premier temps, le ministère prendra ces couts à sa charge (inscrits dans la loi de finance 2020 pour les universités) mais rien ne dit qu’il ne les transfèrera pas ensuite sur les établissements sans abonder leurs dotations pour autant.

    On peut s’interroger sur les motivations de cette dépense importante, surtout dans une période d’augmentation du déficit de l’État, lequel prétend par ailleurs vouloir augmenter son financement des universités via sa loi sur la recherche.

    Cette certification en anglais a été présentée par le premier ministre dans son discours à Croix le 23 février 2018 : « À terme, chaque étudiant (...), au plus tard en fin de licence, aura passé un test de type Cambridge, IELTS, financé par l’État, et qui donnera donc un niveau reconnu partout à l’étranger » (IELTS = International English Language Testing System ; in FrenchSystème d'évaluation en langue anglaise internationale ; par Cambridge il faut sans doute entendre le BULATS (Business Language Testing Service) devenu LINGUASKILL, délivré par l’université de Cambridge, qui a développé un véritable business de certification en anglais. Les textes officiels précisent bien qu’il doit s’agir d’une évaluation externe. Le terme est flou, externe à quoi ? à l’établissement ? Si l’on en croit les exemples donnés par le premier ministre, les organismes visés sont bien des organismes hors service public, étrangers en l’occurrence et donc payants. L’IELTS est ainsi géré par l'université de Cambridge, le British Council et IDP Education Australia. Le TOEFL® et le TOEIC® sont des marques déposées par l’université de Princeton aux États-Unis. Le ministère a lancé le 15 janvier un appel d’offre[1] clos le 14 février (avant publication de l’arrêté !) et c’est lui, et non chaque université, qui désignera l’entreprise retenue.

    Concrètement, il s’agit donc bien de rendre obligatoire le fait de payer des frais d’inscriptions à des organismes privés étrangers, et ceci d’autant plus qu’aucun niveau de réussite n’est exigé des candidat.e.s : « La justification de la présentation à cette certification conditionne la délivrance du diplôme » ! D’ailleurs les premiers visés sont celles et ceux qui n’en ont pas besoin, puisque suivant une licence de... langue. Pas toujours d’anglais ou incluant de l’anglais, en effet, mais souvent. On va donc avoir des titulaires (potentiels, du coup) d’une licence d’anglais d’une université française devoir passer un test d’anglais externe pour obtenir leur licence. Avec une terrible réduction de l’anglais à n’être qu’une langue instrumentale internationale, le tristement célèbre globish. C’est, en même temps, l’aveu par le gouvernement d’une terrible défiance envers la qualité des formations en langues données dans les universités françaises.

    Dans tous les cas, les résultats certifiés par ces tests sont valables deux ans, ce qui fait qu’ils ne seront plus valides quand les étudiant.e.s obtiendront leur master (auxquels s’inscrivent une grande partie des titulaires d’une licence y compris obtenue après un DUT). Ils et elles quitteront donc l’enseignement supérieur sans certification en anglais ou devront la repasser (à leurs frais ?).

    Bref, ce dispositif n’a à peu près aucune intérêt éducatif. Mais il permet aussi de faire gagner de l’argent dans le privé et dans certains milieux d’affaires internationaux (comprenez « anglophones »).

    L’éducation supérieure réduite à une école de commerce

    On peut par conséquent douter que la réflexion qui a conduit à ces décisions soit fondée sur des considérations effectivement éducatives, si réflexion il y a. Car, au-delà des arguments développés ci-dessus, d’autres ont été développés par les universités françaises ou par des associations de professionnel.le.s spécialistes qui ont protesté et demandé aux deux ministères concernés d’abandonner ces « réformes ». À commencer par la fiabilité toute relative et souvent critiquée de ces tests standardisés, à la fois simplistes et piégeux, et des inconnu.e.s qui « évaluent » les candidat.e.s. Les universités françaises de service public ont bâti un « Certificat de compétences en langues pour l’enseignement supérieur » (CLES), disponible dans neuf langues, et on ne voit vraiment pas pourquoi le CLES serait moins fiable que les certifications étrangères privées. Mais le ministère a fait savoir, dans une lettre du 17 février adressée à une association, que le CLES ne sera pas accepté au titre de cette certification.

    Mais de tout cela, le gouvernement actuel s’en fiche éperdument. Il l’ignore même peut-être, comme il ignore qu’il y a trois principales langues internationales largement répandues dans le monde et pas seulement l’anglais : dans l’ordre anglais, français, espagnol. Puis viennent l’allemand, le russe..., le portugais...[2] Il ignore également les atouts du tri- ou plurilinguisme ciblé sur des cas précis et des besoins précis. A quoi sert un examen en anglais pour aller enseigner dans un lycée français d’un des 43 autres états où le français est langue officielle et où l’anglais est marginal ? En quoi rater cet examen devrait empêcher l’exercice de cette mission ? C’est absurde, c’est idiot, c’est même destructeur.

    Il faut dire que notre gouvernement et ses cabinets sont surtout issus de la finance internationale où, en effet, un certain anglais sert de langue de communication (au mieux), de transaction (surtout). C’est à travers ce filtre qui instrumentalise l’éducation en général et l’éducation aux langues en particulier qu’on y voit les langues. Les textes publiés disent bien, du reste, que la certification présentée par les étudiant.e.s doit être « externe » ainsi que « reconnue au niveau international et par le monde socio-économique » (« monde socio-économique » = monde l’entreprise).

    Et comme ils sont toujours surs d’avoir raison, ils ne consultent jamais les professionnels de terrain (les universités ont découvert ce texte bien après sa publication) et, de toute façon, ne les écoutent pas : aucun des avis (avis négatif du CNESER à la quasi unanimité et du réseau des VP CFVU des universités), aucune des lettres, déclarations, motions, propositions adressées aux ministères concernées n’a été pris en compte[3].

    Philippe BLANCHET

    source:  https://blogs.mediapart.fr/philippe-blanchet/blog/120720/une-certification-privee-en-anglais-imposee-pour-valider-licences-bts-et-dut?utm_source=

    [1] https://centraledesmarches.com/marches-publics/Paris-Ministere-de-l-education-nationale-Mise-en-oeuvre-et-delivrance-d-une-certification-en-anglais-pour-des-etudiants/5135755

    [2] http://www.wikilf.culture.fr/barometre2017/index.php

    [3] Par exemple : https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article8086http://www.adeb-asso.org/certifications-en-anglais-prise-de-position-de-ladeb/https://www.aeciut.fr/wp-content/uploads/2020/04/lettre-ouverte-premier-ministre-cles-24.01.2019.pdf,https://www.snesup.fr/rubrique/certificationhttp://www.sauvonsluniversite.fr/spip.php?article8704 ...

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  • La revalorisation des pensions entrera en vigueur au plus tard au 1er janvier 2022.La revalorisation des pensions entrera en vigueur au plus tard au 1er janvier 2022. 

    Le Parlement a validé définitivement, ce lundi, par un ultime vote du Sénat, une proposition de loi communiste permettant une revalorisation des retraites des agriculteurs de 75 à 85 % du Smic.

    C’est une attente forte du monde agricole. La revalorisation des retraites des agriculteurs a été validée définitivement ce lundi. Actuellement, la pension mensuelle brute touchée par les chefs d’exploitations agricoles atteint autour de 953 euros en moyenne pour les hommes et 852 euros en moyenne pour les femmes, des chiffres masquant de fortes disparités. La proposition de loi doit assurer une garantie à 1 025 euros mensuels, soit un gain de 120 euros, pour une carrière complète.

    Par son biais, c’est un des volets du projet gouvernemental de réforme générale des retraites, suspendu depuis la crise du coronavirus, qui fait son retour. Votée à l’unanimité, le 18 juin, à l’Assemblée nationale, la proposition de loi portée par André Chassaigne a toutefois été réécrite en partie par la majorité présidentielle, au grand dam des communistes.

    Elle doit s’appliquer aux retraités futurs, mais aussi actuels, ce que ne prévoyait pas le projet de l’exécutif. Ce point a été conservé. Mais la majorité a repoussé l’application d’un an, au 1er janvier 2022 « au plus tard ». « Si nous pouvons le faire plus tôt, nous le ferons », s’est engagé à l’Assemblée le secrétaire d’État aux Retraites, Laurent Pietraszewski, mettant en avant des difficultés techniques.

    « Lacunes »

    Les sénateurs, majoritairement de droite, avaient déjà donné leur feu vert au texte, mercredi en commission, non sans rappeler l’épisode malheureux de 2018. Le texte avait été adopté à l’unanimité en première lecture, en février 2017, par les députés sous la précédente législature. Mais, en mai 2018, via une procédure de vote bloqué, le gouvernement avait fait échouer son adoption au Sénat. Le gouvernement avait alors mis en avant la réforme des retraites par points en préparation.

    Les rapporteurs du texte au Sénat Cathy Apourceau-Poly (CRCE à majorité communiste) et René-Paul Savary (LR), ont salué le dispositif voté définitivement par le Parlement, comme « un texte juste et nécessaire, qui répond à une attente forte du monde agricole ». « C’est la reconnaissance d’un travail difficile qui bénéficie à l’ensemble de la nation », ont-ils souligné. Ils ont cependant relevé « de sérieuses lacunes », regrettant qu’il ne prenne pas en compte « les conjoints collaborateurs et les aidants familiaux ». Ils ont aussi regretté que son application ait été repoussée au « 1er janvier au plus tard ».

    « Le texte prévoit le 1er janvier 2022 au plus tard pour les nouveaux retraités de l’Hexagone. Pour les retraités actuels comme pour les outre-mer, la rédaction actuelle ne permet pas d’avancer cette date comme le prétend le gouvernement ! », ont-ils affirmé.

    Les députés ont aussi prévu une prise en compte de l’ensemble des pensions des agriculteurs. Avec comme conséquence que ceux disposant d’une autre retraite, du fait d’un emploi annexe, pourraient ne pas être concernés.

    C’est « la fausse note, la mouche dans le lait », a critiqué André Chassaigne. Le nombre de bénéficiaires potentiels va chuter de 290 000 à 196 000.

    « Un pas en avant »

    Pour la FNSEA, premier syndicat agricole, et les Jeunes Agriculteurs, la revalorisation est « un pas en avant, fruit d’un travail de longue haleine », mais « pas suffisant » : « la pension minimum reste fixée à 555 euros par mois » pour conjointes et aides familiaux. Ces organisations seront en outre « très vigilantes pour que ce soit bien la solidarité nationale qui finance cette revalorisation ». Le financement « n’est pas précisé ! Le gouvernement nous renvoyant au projet de loi de financement de la Sécurité sociale », ont aussi regretté les rapporteurs du Sénat, relevant que le surcoût pour le régime des non-salariés agricoles pourrait s’élever à 261 millions d’euros en 2021.

     source: https://www.letelegramme.fr/

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