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    Par Juan Carlos Zambrana Marchetti

    10 jours après l’élection d’octobre en Bolivie, les autorités élues ont reçu leurs lettres de créance. Cela implique que la volonté du peuple exprimée dans les urnes pour la formation du pouvoir politique qui gouvernera la Bolivie a déjà des noms et des prénoms. Mais il y a encore des gens qui ne savent pas se tenir et ne comprennent rien à la démocratie en tant que volonté du peuple exprimée par le vote. Ils la comprennent comme une guerre permanente, par tous les moyens, aussi aberrants qu’ils soient.

    Il s’agit, évidemment, des mêmes que d’habitude : les « civiques » de Santa Cruz, des jeunes évangéliques et une plate-forme citoyenne. D’abord, ils ont fait une réunion destinée à rejeter l’élection, lors de laquelle ils ont crié à la « fraude » et déclaré une grève civique qui n’a été suivie ni par les  institutions ni par la population. Ensuite, ils ont fait une « veille » devant le siège de la huitième division de l’armée pour essayer de faire se soulever les forces armées comme ils l’ont fait en 2019 pour renverser  Evo Morales. Ensuite, le président du comité Pro Santa Cruz a déposé un recours constitutionnel pour empêcher l’investiture prévue le 8 novembre. Mais cela aussi a échoué, ils ont développé la première opération destinée à renverser  Luís Arce et David Choquehuanca. La première action de ce plan à moyen terme a été de protester contre le changement fait par l’Assemblée Législative dans son règlement des débats qui permet d’approuver certaines lois à la majorité simple au lieu de la majorité des 2/3 que la droite avait imposée au Gouvernement d’Evo Morales.

    De n’importe quel point de vue, ce changement est légal puisque les 2 chambres l’ont fait en toute compétence et avec les votes requis. L’objectif de ce changement est de rendre au Gouvernement entrant la possibilité d’approuver sur les promotions des militaires et des policiers à la majorité simple. Il faut rappeler que pendant le renversement d’Evo Morales, les forces de police et l’armée ont cerné le palais législatif pour empêcher que le MAS puisse se réorganiser et former un Gouvernement. Après les massacres de Senkata et de Sacaba, le Gouvernement d’Añez a voulu que le sénat approuve les promotions des militaires pour récompenser les forces de répression. le sénat, contrôlé par le MAS a refusé et le général Orellana, en uniforme de campagne et entouré d’autres militaires, a envahi l’enceinte du sénat pour intimider le présidente  Eva Copa en tant « qu’indienne. » Mais ils n’ont pas réussi à l’intimider. La présidente du sénat n’a pas plié et en réponse, les forces armées, dans un autre acte de désobéissance, ont décidé de changer leur règlement intérieur pour être promues « de fait » sans l’approbation du sénat comme l’exige la Constitution.

    Ce que cherche à présent l’extrême-droite de Santa Cruz, putschiste et irresponsable, c’est à condamner dès le premier jour le président Luis Arce et le vice-président David Choquehuanca à gouverner en tant « qu’indiens, » c’est-à-dire soumis à l’ordre établi par les blancs  et cernés par les mêmes hauts gradés de l’armée et de la police qui ont renversé l’autre « indien. » C’est inacceptable, irrespectueux, anticonstitutionnel et évidemment subversif. Les troupes et les officiers peu gradés ont obéi aux ordres de leurs supérieurs dans les événements sanglants de l’année dernière, c’est vrai, mais les hauts gradés doivent être remplacés comme c’est l’habitude, plus encore dans le cas particulier de la Bolivie.

    Une autre chose qui peut à nouveau être décidée à la majorité simple, c’est la nomination des ambassadeurs, ce qui signifie qu’en fin de compte, c’est la possibilité de gouverner qui est en jeu. La sécurité intérieure du Gouvernement et aussi sa politique étrangère. Tous les présidents du monde ont cette prérogative. La majorité simple est normale pour approuver ces lois et la majorité des 2/3, en Bolivie, est née de la haine raciale irrationnelle contre Morales dès son premier jour de gouvernement, quand il ne contrôlait pas encore le sénat et que la droite a bloqué environ 800 lois. Pour créer des problèmes à « l’Indien » bien qu’il ait la majorité absolue au Congrès, ils ont imposé  la majorité extraordinaire des 2/3 et en effet, isl l’ont empêché de gouverner jusqu’à ce que le peuple lui accorde ces 2/3 et le Congrès a fonctionné ainsi jusqu’à présent. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que ce groupe parlementaire indigène avec le pouvoir extraordinaire des 2/3 est sur le point d’achever son mandat. A son successeur, il manquera 3 sièges pour pouvoir continuer à fonctionner à. la majorité des 2/3 et il a décidé, avant de s’en aller, de remettre les choses en ordre et comme elles doivent être. C’est un acte de légitime défense face au danger latent et manifeste de la subversion.  La majorité simple est ce qui est normal pour approuver ces lois. C’est l’extrême-droite qui a imposé la majorité des 2/3 pour empêcher « l’Indien » de gouverner. Les temps changent et cette humiliation ne peut plus durer.

     

    Source en espagnol :  https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/10/29/bolivia-los-2-3-contra-el-indio/

    Source en français (traduction de Françoise Lopez):  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/10/bolivie-la-majorite-des-2/3-contre-l-indien.html

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  • Le Parti communiste polonais (KPP) condamne le jugement du soi-disant Tribunal constitutionnel concernant l'interdiction de l'avortement en cas de lésions graves du fœtus.

    "Nous pensons que cet organe contrôlé par le parti au pouvoir, contrôlé par les candidats du PiS, tente d'imposer des interdictions religieuses à toute la société, ce qui est incompatible avec l'état actuel des connaissances médicales et l'éthique contemporaine."

    Traduction Nico Maury

    Les communistes (KPP) condamnent l'interdiction de l'avortement en Pologne

    Ce n'est pas sans raison que cette décision dans une affaire aussi controversée, reportée après les élections, a été prise par le Tribunal pendant le second pique de la pandémie, lorsque les organisations de rassemblements et de manifestations sont interdits.

    Forcer les femmes à donner naissance à des enfants en phase terminale, déformés, incapables de mener une vie indépendante et consciente est un crime. Cela contribuera à la tragédie de nombreuses femmes et de familles entières, en particulier celles de la classe ouvrière, des exclus et des pauvres.

    Actuellement, l'État polonais ne fournit pas de soins adéquats, même aux personnes ayant un moindre degré de handicap. Forcer la naissance d'une personne irrévocablement condamnée à mort est une torture, interdite par toutes les lois civilisées.

    La décision de donner naissance à un enfant handicapé ne devrait être prise que par la femme et résulter d'un choix moral conscient. Les croyants, attachés aux ordres des hiérarques de l'Église catholique, ont le droit de le faire.

    Nous défendons la liberté religieuse pour les croyants, cependant, les principes de la religion ne peuvent pas être imposés à la société dans son ensemble.

    Le principal moteur des changements réactionnaires et idéologiques de la législation est l'Église catholique. Nous croyons qu'une véritable séparation de l'Église et de l'État est nécessaire. Les hiérarchies de l'Église devraient être retirées de la vie politique et publique.

    Il est également nécessaire d'adopter des lois interdisant la combinaison d'événements d'État avec des éléments religieux, interdisant l'endoctrinement religieux dans l'éducation et d'autres domaines de la vie, et mettant fin au soutien des organisations religieuses sur le budget de l'État.

    Le KPP soutient les manifestations contre les changements réactionnaires de la loi. En même temps, nous vous rappelons que cette lutte a aussi une dimension de classe. Elle ne sera pas gagné par les politicien.ne.s capitalistes car ils-elles ont prouvé plus d'une fois qu'ils sont soumis à l'Église catholique et à l'endoctrinement religieux.

    Nous exprimons notre soutien à toutes les organisations et personnes qui protestent contre l'ingérence totalitaire des autorités dans la vie de la société, et nous appelons chacun.e à participer aux manifestations.
     
     
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  • La brillante élection, dès le premier tour de la présidentielle bolivienne, d’un candidat du Mouvement d’Action Socialiste (le parti d’Evo Morales, chassé de par un putsch fasciste il y a quelques mois, et aussitôt présenté comme un “ancien cultivateur de coca” par France-Inter et Cie), montre que les masses populaires boliviennes, classe ouvrière, paysannerie et populations amérindiennes opprimées en tête, ne se laissent et ne se laisseront pas intimider par la double pression de l’oligarchie “bolivienne” compradore et de l’impérialisme états-unien. 
    La victoire de constitue un cinglant démenti à toute la propagande qui se déverse en permanence en France à l’initiative des médias d’État et de la grande presse capitaliste à l’encontre des pays de l’Alternative Bolivarienne des Amériques (l’ALBA, créée notamment par Fidel Castro, Hugo Chavez et Evo Morales).

    Ceux qui, derrière Trump et sa politique de contre-révolution fasciste en Amérique latine (blocus de Cuba et du Venezuela, promotion des présidents fascistes de la Colombie et du Brésil, tentative d’étrangler l’économie de Cuba et du Venezuela, encerclements militaires…, croyaient l’heure venue de purger l’Amérique latine et la planète entière de toute espérance d’alternative anti-impérialiste, doivent déchanter: des milliards d’hommes qui, sur cette Terre, subissent le capitalisme-impérialisme de plus en plus exploiteur et barbare, ne se laisseront pas éternellement humilier et exploiter et il faut remercier le peuple bolivien et tous les communistes, patriotes, syndicalistes et progressistes de ce pays de rappeler cette évidence historique tout en apportant un magnifique encouragement apporté à tous les peuples, y compris le nôtre. Plus que jamais nous devons aussi renforcer notre solidarité avec Cuba, phare latino-américain et planétaire de la révolution sociale, avec le peuple vénézuélien, dont les USA et l’UE s’apprêtent à saboter le processus électoral en cours, avec l’ensemble des combattants progressistes des Amériques, y compris avec les travailleurs chiliens et avec leur grand parti communiste héroïque en lutte!

    À n’en pas douter, les impérialistes et les oligarques sud-américains vont tout faire pour frustrer le peuple bolivien de cette victoire sans reculer s’ils le peuvent devant la violence, la guerre et le crime. Evo Morales , lors d’une conférence de presse tenue en Argentine, a déclaré : « Les bureaux de vote refusent de publier le résultat des urnes. On soupçonne une manœuvre d’occultation ». Le MAS soulignait qu’il y avait une stratégie gouvernementale de facto pour s’assurer que l’information ne soit pas fournie et ainsi générer un climat de violence dans le but ultime d’annuler les élections. L’énorme écart de chiffres entre Arce et Mesa, mis en évidence par les décomptes réalisés au fur et à mesure du dépouillement dans chaque bureau de vote et centralisé en Argentine, a rendu impossible la réalisation de ce que le département d’État américain, conjointement avec l’OEA, avait prévu. Marxistes et léninistes, nous ne pouvons que rappeler que, comme le montrent de diverses manières les expériences vénézuélienne et bolivienne, le socialisme ne peut se construire sans que la classe ouvrière et le monde du travail soient placés au centre du processus révolutionnaire, sans que le parti communiste de chaque pays soit pleinement reconnu dans son apport original, et sans que soit posé clairement, non seulement en paroles mais dans la pratique, l’objectif du pouvoir populaire, de la socialisation des grands moyens de production et de la mise en place d’un nouvel État, un État socialiste reposant sur le mouvement des masses et balayant la contre-révolution fasciste.

    C’est pourquoi les militants franchement communistes du PRCF sont et seront aux côtés du peuple bolivien, et aussi des autres peuples de l’ALBA, en soutenant tout à la fois les partis communistes d’Amérique latine affirmant le rôle spécifique et dirigeant de la classe ouvrière dans la révolution anti-impérialiste, et les larges fronts anti-impérialistes indispensables pour isoler, battre et éradiquer l’oppression impérialiste et fasciste, ennemie principale de tous les peuples.  


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  • Dimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à «	gouverner pour tous les Boliviens	», à «	construire l’unité du pays	». © Stringer/Efe/SipaDimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à « gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays ».

    À l’issue d’un vote sous étroite surveillance des policiers et des militaires, les Boliviens ont donné une large victoire au Mouvement vers le socialisme. Luis Arce, son candidat à la présidentielle, dépasse les 50 % dès le premier tour.

    La Paz (Bolivie), envoyée spéciale.

    C’est un résultat ample, clair, sans contestation possible. Tard dans la nuit de dimanche à lundi, Luis Arce Catacora, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), a revendiqué la victoire au premier tour de l’élection présidentielle en Bolivie. Succès aussitôt reconnu, 363 jours après le coup d’État, par l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez, marionnette des putschistes. « Maintenant que les résultats sont connus, nous voul ons remercier le peuple bolivien, remercier tous nos militants. Nous avons passé un cap important, nous avons récupéré la démocratie et l’espoir », s’est réjoui le nouveau président socialiste, qui, selon les premières estimations, l’emporte largement, avec plus de 52 % des voix, contre 31,5 % à son adversaire de droite Carlos Mesa.

    L’inquiétude, la peur avaient pourtant plané, auparavant, sur une longue soirée d’incertitude, après la brutale décision du Tribunal suprême électoral de suspendre, douze heures avant l’ouverture du scrutin, le système de compilation des résultats préliminaires, au nom de défaillances « techniques ». Même les sondages sortis des urnes ont d’abord été retenus : comme si le gouvernement de facto et ses séides avaient hésité sur la marche à suivre. Il faut dire que, jusqu’au bout, les manœuvres les plus tortueuses ont été déployées pour tenter d’enrayer ou de confisquer la victoire du MAS. Les candidats de gauche ont été persécutés tout au long de la campagne et Luis Arce lui-même nous racontait, après son meeting la semaine dernière à Sacaba, dans le département de Cochabamba, avoir été régulièrement molesté par des nervis d’extrême droite ou même des policiers en civil. Après avoir tenté sans succès de faire invalider sa candidature, puis de le salir par des accusations de corruption montées de toutes pièces, ses adversaires ont finalement échoué, peu avant la tenue des élections, à faire suspendre la personnalité juridique du MAS, ce qui l’aurait purement et simplement exclu du scrutin.

    Dans la dernière ligne droite, les putschistes ont abattu leurs ultimes cartes : pressions, menaces, intimidations, visant jusqu’à certains observateurs étrangers dûment accrédités par le Tribunal suprême électoral (voir ci-après). Le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, gonflé d’arrogance par sa visite, au début du mois d’octobre, à Washington, a multiplié ces derniers jours provocations et rodomontades, jurant de ne jamais reconnaître une victoire du MAS, promettant d’expulser ou d’incarcérer les observateurs ou journalistes étrangers jugés trop critiques.

    « La droite nous insulte, nous traite de terroristes »

    Dimanche, les Boliviens sont allés aux urnes dans la peur mais avec l’irrépressible désir de retrouver le chemin de la paix, de la démocratie, de la stabilité, dans un pays profondément divisé. À El Alto, banlieue populaire de La Paz perchée à 4 000 mètres d’altitude, de longues files d’attente se sont formées dès les premières heures de la journée. Dans ce bastion du MAS, les électeurs affichaient leur détermination à ne pas laisser se reproduire le scénario de l’an dernier, qui s’était soldé par l’exil forcé du président socialiste Evo Morales, empêché de voter en Argentine où il a trouvé refuge. Venues de leur village de la province de Los Andes pour surveiller les opérations de vote dans le collège Santa Maria de Los Angeles, un centre de vote à l’entrée gardée par des soldats de l’armée de l’air, deux paysannes aymaras, Antonia Rodriguez et Ernestina Quispe, racontaient, en mastiquant des feuilles de coca, la vie qui a radicalement changé dans les zones rurales sous les mandats d’Evo Morales. « La droite, elle, n’a jamais rien fait pour nous. Ils nous discriminent, nous insultent, nous traitent de terroristes, nous, qui cultivons des pommes de terre ! » s’indignait l’une, tandis que l’autre disait l’abandon, durant la pandémie de Covid-19, des villages, où « pas un masque n’est arrivé ».

    « Tout est fait pour entraver l’expression démocratique »

    Partout, les Boliviens ont voté sous l’étroite surveillance de policiers et de militaires taciturnes, qu’Arturo Murillo avait fait défiler, la veille, dans les rues de La Paz, dans une démonstration de force en forme d’avertissement. Aux portes de certains bureaux de vote, des policiers n’hésitaient pas à rabrouer des électeurs pourtant inscrits et habilités à voter, vérification faite auprès des agents du Tribunal électoral. Au collège technologique Ayacucho, au pied de la station Inalmama de la ligne orange du téléphérique, elle aussi transformée en centre de vote, des soldats en tenue de combat, casque, gilet pare-balles et arme à la ceinture patrouillaient jusque dans les salles de classe où étaient disposées les tables de vote. « Cette présence militaire est destinée à faire peur. Certains policiers se permettent des commentaires déplacés. Tout est fait pour tenter d’entraver l’expression démocratique. Certains bureaux ont été déplacés à la dernière minute sans que les électeurs en soient avisés », nous a expliqué Angela Muñoz, une observatrice bolivienne chargée de relever les atteintes aux droits humains pendant le scrutin. La « démocratie » revendiquée par une oligarchie et une droite bolivienne peu civiles a pris, dimanche, des couleurs kaki. Sauf dans les quartiers de la zone sud où dominent les « pititas », comme se surnomment les partisans du coup d’État, en référence aux cordelettes avec lesquelles ils défilaient l’an dernier pour exiger le départ d’Evo Morales. Au collège 6 de Junio, dans le quartier d’Alto Obrajes, pas un uniforme militaire en vue, et le filtrage policier se faisait plutôt lâche pour accueillir des électeurs issus des classes moyennes ou aisées, majoritairement acquis au candidat de droite Carlos Mesa. Les ­déléguées de son parti, Comunidad Ciudadana, plutôt des femmes d’une cinquantaine d’années, y affichaient une arrogance de classe décomplexée, donnant des ordres aux assesseurs, prenant des libertés avec le protocole électoral au moment du dépouillement, toisant les rares électrices venues voter en tenue de chola, habit jadis imposé aux domestiques par les colons espagnols, aujourd’hui porté avec fierté par les femmes indigènes dans une démarche d’affirmation culturelle.

    « C’est un processus de changement que nous défendons »

    Les résultats de ces élections reflètent, sans surprise, les clivages sociaux, politiques, identitaires qui travaillent le pays en profondeur. « Nous sommes les enfants des peuples originaires. Nous sommes dans la lutte depuis longtemps, une lutte pour la vie. Nous ne défendons pas un homme, ni un parti : nous défendons notre droit de vivre en paix, dans la dignité. C’est un processus de changement que nous défendons », résume la poétesse et militante féministe Julieta Paredes. Pour le MAS, cette échéance, après l’épreuve du coup d’État, a été l’occasion de cimenter un mouvement traversé par des courants et sensibilités très divers, et surtout de renouer avec les mouvements sociaux à l’origine de la dynamique politique qu’incarne cette formation. Certains choix économiques préservant des orientations extractivistes avaient nourri de graves conflits et, surtout, la décision d’Evo Morales de se présenter à un quatrième mandat, option pourtant rejetée à l’issue du référendum de 2016, avait laissé un goût amer dans des secteurs de la gauche qui l’avaient soutenu sans faille jusque-là. D’où le net recul électoral enregistré en 2019, qui a ouvert la voie au coup d’État.

    Dimanche soir, Luis Arce s’est dit décidé à «  gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays », à « relever l’économie ». « Nous allons reconduire notre processus de changement, sans haine, en apprenant de nos erreurs et en les surmontant », a-t-il assuré. Avec la certitude qu’une sombre page se tourne en Bolivie.

    Rosa Moussaoui 

    Envoyée spéciale de l'Humanité 

    source: https://www.humanite.fr/

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  • Ministre de l’Intérieur pro-putschiste, Arturo Murillo a menacé, avant le vote, d’expulser des délégués étrangers jugés trop critiques. Certains ont été attaqués par l’extrême droite. 

    Envoyée spéciale.

    Jamais ils n’auraient pensé, en venant en Bolivie comme observateurs à l’occasion des élections générales, voir leurs têtes mises à prix par l’extrême droite, avec les encouragements du gouvernement de facto. Membres de la délégation du Parti de la gauche européenne, les députés Podemos Lucia Muñoz et Gerardo Pisarello et les dirigeants d’Izquierda Unida Francisco Perez et Maite Mola ont été les cibles, à la veille du scrutin, d’un harcèlement qui a suscité de sérieuses inquiétudes pour leur sécurité. C’est le site OK Diario, lié à la formation d’extrême droite espagnole Vox, qui a donné le signal de la curée, en publiant leurs photos prises à leur arrivée en territoire bolivien, à l’aéroport de Santa Cruz. Connexion ­directe, donc, entre l’extrême droite ­espagnole et la police bolivienne, qui lui transmet des données biométriques confidentielles. Ces images faciales ont circulé sur les réseaux sociaux et sur des groupes WhatsApp, accompagnées d’insultes et d’appels à s’en prendre à ces « agitateurs bolivariens ».

    Au même moment, le ministre de l’Intérieur du gouvernement de facto, Arturo Murillo, promettait de remettre dans l’avion ou de jeter en prison les observateurs de gauche, pourtant accrédités par le Tribunal électoral. Même les données enregistrées par l’hôtel qui les accueille à La Paz ont fini entre les mains de l’extrême droite, au point que l’établissement a entravé son entrée de grilles pour prévenir toute intrusion.

    Plusieurs ont été accusés de narcotrafic ou de violation des droits humains

    À la veille du scrutin, ce sont encore les députés argentins Federico Fagioli, Leonardo Grosso et Paula Penacca qui ont goûté aux méthodes des putschistes : alors qu’ils étaient invités par le Parlement bolivien à venir observer les élections, ils ont été retenus de longues heures et maltraités par la police à l’aéroport d’El Alto, tandis que la presse d’extrême droite les accablait d’accusations délirantes, allant du narcotrafic à la violation des droits humains. Ils ont finalement été relâchés, après la sèche protestation du président argentin, Alberto Fernandez, tenant le gouvernement de facto responsable de leur « intégrité ». « Ils ne pardonnent pas à Buenos Aires l’asile offert à Evo Morales. Tout est devenu très compliqué pour nous en Bolivie depuis le coup d’État », commentait un diplomate argentin, une fois les parlementaires libres de leurs mouvements. Dernière cartouche : un document de propagande compilant les photos en médaillons de la plupart des observateurs classés à gauche, présentés comme de dangereux « communistes » venus semer des troubles. Les dictatures n’aiment pas la lumière… 

    R.M.

    source: https://www.humanite.fr/

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  • La Paz, 19 octobre (Prensa Latina) La présidente de facto de la Bolivie, Jeanine Áñez, a reconnu aujourd'hui la défaite de l'aile droite aux élections générales de ce dimanche au cours desquelles le parti Mouvement vers le socialisme (MAS) a été victorieux.

    Nous n'avons pas encore de décompte officiel, mais d'après les données dont nous disposons, M. (Luis) Arce et M. (David) Choquehuanca ont remporté l'élection. Je félicite les gagnants et leur demande de gouverner en gardant à l'esprit la Bolivie et la démocratie", a-t-il déclaré sur son compte Twitter et a admis sa défaite.

    La formule MAS, composée de Arce et Choquehuanca, a remporté les élections générales en Bolivie avec 52,1 % des voix, a annoncé le sondeur Ciesmori pour Unitel.

    Selon les résultats du scrutin, qui ont été annoncés près de quatre heures après la décision du Tribunal suprême électoral, Carlos Mesa, de la Comunidad Ciudadana, occupe la deuxième place avec 31,5 % des voix, et Luis Fernando Camacho, de Creemos, la troisième avec 14,1 %.

    Dimanche, les Boliviens ont défié la pandémie de Covid-19 et sont sortis pour exercer leur droit de vote, après presque un an d'un gouvernement imposé dans le cadre d'un coup d'État

    Le 10 novembre, le président de l'époque, Evo Morales, a démissionné sous la pression de hauts responsables militaires et policiers.

    Le soulèvement a été soutenu par l'Organisation des États américains après avoir qualifié de frauduleuses les élections du 20 octobre, lors de l'élection de Morales.

    Le gouvernement de facto a été caractérisé par le fait qu'il a généré une crise économique, politique et sociale qui, selon les experts, sera difficile à inverser.

    Il a également détruit de nombreux programmes sociaux en faveur du peuple, a exercé des persécutions politiques contre les membres du MAS et a été responsable des massacres de Sacaba et de Senkata.

    jf/otf

    source :  https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=404805&SEO=gobierno-de-facto-de-bolivia-reconoce-victoria-del-mas

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  • Buenos Aires, 19 octobre (Prensa Latina) L'ancien président bolivien Evo Morales a célébré aujourd'hui la victoire électorale du Mouvement vers le socialisme (MAS) après avoir déclaré que son peuple avait donné une leçon de démocratie et de persévérance aux urnes.

    Quelques minutes avant l'annonce des résultats par Unitel, le MAS a confirmé la victoire de Luis Arce-David Choquehuanca avec plus de 45 % des voix.

    De Buenos Aires, où il est arrivé en décembre dernier après le coup d'État et où il est aujourd'hui réfugié politique, M. Morales a rendu hommage aux personnes qui, selon lui, ne sont pas tombées sous le charme de tant de provocations et ont fait en sorte que leur esprit démocratique décide du destin de la Bolivie.

    Il souligne qu'il y a eu une victoire pour le MAS, qui aura la majorité dans les deux chambres de l'Assemblée, et que c'est une grande responsabilité. Frères boliviens, Lucho sera notre président", a souligné M. Morales en référence au candidat Luis Arce.

    Il a également souligné que Arce "conduira notre pays sur la voie de la stabilité économique et sociale".

    Lors d'une conférence de presse, le premier président indigène de la région a qualifié cette journée d'historique et a rappelé que la population avait réussi à résister au coup d'État, aux deux massacres et à un gouvernement de fait avec une administration marquée par la corruption et la mauvaise gestion de l'urgence sanitaire.

    Au loin, Evo a envoyé son étreinte et ses félicitations à Arce et Choquehuanca après avoir affirmé que très bientôt, son pays va entamer une nouvelle étape de grands défis.

    Je répète que nous devons mettre de côté nos différences pour parvenir à un grand accord national avec les partis politiques, les hommes d'affaires, les travailleurs et l'État, afin de surmonter la grave crise à laquelle nous sommes confrontés, ensemble nous construirons un pays qui mettra de côté les ressentiments et n'aura jamais recours à la vengeance", a-t-il déclaré.

    M. Morales a souligné qu'avec du travail, de l'engagement, de l'humilité et de l'amour, "nous allons récupérer le pays et nous allons retrouver la stabilité, le progrès et la paix". Nous rendrons des millions de personnes et nous rendrons la liberté au peuple bolivien".

    jf/may

    source : https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=404795&SEO=evo-morales-celebra-victoria-del-mas-foto

     

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    Bolivie: LE MAS aplatit la dictature!

    [Selon les sondages sortis des urnes]

    Luis Arce, le candidat du Mouvement au Socialisme (MAS-IPSP) a remporté dimanche 18 octobre la présidentielle en Bolivie dès le premier tour avec 52,4% des voix, selon un sondage de sortie des urnes diffusé par la chaîne privée Unitel.

    Une victoire écrasante fêtée massivement dans les rues et saluée par les forces politiques de gauche du monde entier.

    L'ancien ministre de l'Économie devance de plus de 20 points son principal rival de droite, Carlos Mesa (31,5% des voix), et assure le retour au pouvoir du Mouvement au socialisme (MAS-IPSP) après le coup d'état qui a conduit à la démission en novembre 2019 d'Evo Morales, faussement accusé par l'opposition de fraude électorale.

    La Bolivie "a renoué avec la démocratie" a déclaré en conférence de presse Luis Arce.

    "Une fois les résultats connus, nous voulons remercier le peuple bolivien (...) nous remercions tout notre militantisme, nous avons pris des mesures importantes, nous avons retrouvé la démocratie et l'espoir", a déclaré Arce.

    Il a également ratifié son engagement à tenir les promesses de la campagne, "notre engagement est de travailler, de mener à bien notre programme. Nous allons gouverner pour tous les Boliviens. Nous allons construire l'unité de notre pays", at-il ajouté.
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  •  Entre las principales inquietudes se encuentra el cambio de sistema para el conteo preliminar de votos. 

    Les candidats du Mouvement Vers le Socialisme (MAS) ont fait part d’un certain nombre d’inquiétudes concernant la transparence et la sécurité des élections à divers observateurs internationaux.

    Le binôme présidentiel du MAS formé par Luis Arce et David Choquehuanca ont parlé samedi avec des représentants des organisations indigènes de la région. Ils ont exprimé leur « inquiétude à propos du changement de système de décompte préliminaire des voix. »

    Sur Twitter, Luis Arce a précisé que « des représentants du Brésil, de la Colombie, de l’Equateur, du Guatemala et du Panamá faisant partie de la commission de contrôle de la Coordination Latino-Américaine du Cinéma et de la Communication des Peuples Indigènes participaient à cette réunion. »

    Les candidats du MAS à la présidence ont discuté avec l’ambassadeur de l’Union Européenne (UE) en Bolivie, Michel Dóczy.  Arce et Choquehuanca ont demandé au représentant de l’UE « sa plus grande attention le jour des élections, demain. Nous alertons sur l’absence de transparence dans le système de décompte préliminaire qui empêche de voir la photo des procès-verbaux de vote.  

    L’observatrice de l’Union Européenne María Teresa Mola Sainz a également exprimé son inquiétude et noté que le système précédent de transmission des résultats préliminaires était meilleur et plus fiable.

    « Je pense que le système précédent où étaient envoyées directement les photos des procès-verbaux était meilleur parce que nous savons tous que quand une chose sort d’un endroit et arrive à un autre, entre les 2, il peut se passer beaucoup de choses, » a-t-elle déclaré. Elle a aussi exprimé son inquiétude pour le fait que ce sera l’armée qui contrôlera l’arrivée ou non des procès-verbaux et leur transport.

    Enfin, dans la soirée, le binôme présidentiel a parlé avec la présidente du Parti des Travailleurs (PT) du Brésil, Gleisi Hoffmann. Sur Twitter, Arce a précisé que « la participation et l’accompagnement des contrôleurs contribue à rendre transparent le processus électoral qui provoque l’incertitude parmi le peuple bolivien. »

     

    Source en français (traduction de Françoise Lopez): http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/10/bolivie-le-mas-fait-part-de-ses-inquietudes-aux-observateurs-internationaux.html 

    Source en espagnol :https://www.telesurtv.net/news/bolivia-mas-expresa-preocupacion-observadores-comicios-20201017-0017.html

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  • Demain doivent se tenir des élections présidentielles en Bolivie. Un an après le putsch militaire fasciste qui a installé une junte emmenée par Anez au pouvoir, la mobilisation populaire a réussi a arracher le retour aux urnes. Très loin en tête des sondages, c’est le candidat du MAS – Luis ARCE – qui sera élu si la volonté populaire est respectée (lire ici les sondages). Une claque à la junte, marionette des Etats-Unis et soutenu par l’Union Européenne dont la France, qui par tout les moyens du report de la date des élections aux persécutions contre les militants du mouvement vers le socialisme, et en interdisant la candidature du président destitué , sait ne concerver le pouvoir à ce jour que par la force. Ultra impopulaire Anez elle même a du annoncer renoncer à sa candidature

    C’est pourquoi les manigances, les coups pourris et les violences sont de mises. On se souvient que le putsch de l’automne 2019 avait été initié sous le couvert de l’ – l’organisation régionale qui agi sous la férule de l’extrême droite et de Washington – qui avait prétendu à la démonstration d’une fraude électorale. Les expertises menées depuis par les meilleurs spécialistes, y compris aux Etats-Unis même, ont démontré que Evo Morales avec sans aucun doute possible démocratiquement gagné les élections.

    Le réseau des intellectuels, artistes et mouvements sociaux défenseurs de l’Humanité (REDH) une organisation intépendante alerte ainsi de son coté contre les risques contre la démocratie en Bolivie alertant notamment dans une lettre ouverte :

    ” les menaces systématiques et déclarations haineuses faites par des officiels du régime issu du coup d’Etat emmené par Jeanine Añez doivent nous appeler à la vigilance. Il ne se passe pas un jour sans que les porte paroles du gouvernement par interim n’appelle ouvertement ou sous couvert à l’emplois de la violence d’Etat ou paramilitaire contre les mouvement sociaux, les leaders et militants du Mouvement vers le socialisme (MAS) et ses candidats à la présidentielle  et David Choquehuanca. (…) Le ministre de l’intérieur s’est engagé dans l’intimidation et la menace du MAS et des mouvement sociaux, tout particulièrement après qu’il soit revenu de sa visite au Département d’Etat US et de sa rencontre avec le secrétaire générale de l’OEA. Ce ministre a révélé qu’il était allé au USA pour acheter des armes pour “défendre la démocratie à n’importe quel prix” et a déclaré que le gouvernement serait laissé à n’importe quel parti qui gagnerair les élections “sauf le MAS”.(…) le retour de la démocratie est sérieusement menacé” 

    Le journaliste Maurice Lemoine dans une enquête publiée par les confrères de Mémoire des Luttes revient sur la façon dont l’OEA se prépare à nouveau à pousser au vol des élections boliviennes.( lire ICI

    JBC 

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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