• Né le 22 juin 1947 à Accra et décédé le 12 novembre 2020, Jerry John Rawlings a été chef de l’État du Ghana en 1979 puis de 1981 à 2001. Ce pays, appelé “Côte de l’Or” par le colonisateur britannique, est le premier pays d’Afrique noire devenu indépendant le 6 mars 1957. 

    Sous la présidence de , idéologue du panafricanisme, le pays prend le nom de Ghana en hommage à l’Empire Soninké du “Ghana” (IIIe au XIIIe siècle). 

    En 1968, Rawlings entre à l’académie militaire pour devenir pilote de l’armée de l’air avec le grade de lieutenant dans un pays redevenu néocolonial parce que gouverné par des militaires putschistes corrompus qui avaient renversé le héros national et panafricaniste Nkrumah. 

    JJ Rawlings est à l’instar de son frère d’arme Burkinabé, , un fervent patriote progressiste et révolutionnaire qui renverse l’autocratie militaire après un premier échec qui a failli lui coûter la vie. En effet, il anime une première tentative le 15 mai 1979 qui échoue et pour laquelle il est condamné à mort. Mais il est libéré le 4 juin 1979 par une révolte militaire qui le porte au pouvoir avant qu’il ne le cède à un gouvernement civil le 24 septembre 1979. Ce gouvernement civil est tellement corrompu qu’une nouvelle révolte populaire soutenue par les militaires débouche sur son retour au pouvoir le 31 décembre 1981. 

    JJ Rawlings assainit la gouvernance du pays, se réclame des orientations progressistes, panafricainistes et tiers mondistes de Kwame Nkrumah. Il appelle à la lutte contre “tous les exploiteurs de l’Afrique” en formant un axe panafricain avec Khadhafi et Thomas Sankara et anti-impérialiste avec Fidel Castro. 

    En 1992, Rawlings démissionne de l’armée, instaure le multipartisme et se présente à l’élection présidentielle de décembre 1992 pour fonder la IVéme République. Il est réélu pour son second et dernier mandat en 1997. Depuis lors l’alternance démocratique par des élections transparentes fonctionne sans anicroche au Ghana. 

    Parmi les livres consacrés aux “grands procès de l’Afrique contemporaine” de Jeune Afrique, on peut lire le récit suivant du procès de JJ Rawlings, suite à l’échec de sa première tentative de renversement de la junte militaire putschiste qui avait renversé Kwamé Nkrumah : ” Nous sommes au mois de mai 1979. Une semaine plus tôt, le capitaine Rawlings était totalement inconnu du grand public, tout comme ses six coaccusés. Le procès est consécutif à un putsch mal préparé, qui avait lamentablement échoué. Ces jeunes putschistes étaient totalement inconnus du grand public. En l’espace de trois audiences, l’Accusé Rawlings (qui n’avait qu’environ 32 ans) s’attirera la sympathie et l’admiration des éléments les plus dynamiques de l’armée ghanéenne, au point de se voir porter au pouvoir par des compagnons d’armes dont certains ne l’avaient même jamais vu. 

    Quand le président de la cour martiale invite, le 28 mai 1979, le principal accusé à la barre, Rawlings s’avance, d’une démarche qu’il veut imposante mais qui ne fait qu’accentuer cette impression de fragilité physique qu’il donne : trop maigre pour sa taille … Au lieu de s’adresser à la Cour, il commence en fait une véritable adresse au peuple en ces termes :

    « c’est à vous que je m’adresse, jeunes du Ghana!… ». Il marque une pause, comme s’il attendait que le silence total dans la salle soit également respecté dans tous les foyers du pays. « Maintenant vous allez m’écouter et bien m’écouter, parce que je ne suis pas ici pour faire un discours, ni pour perdre mon temps! Avant tout, je vous annonce que je tiens à assurer mes compatriotes, les dix millions de citoyens de ce pays, que mon intention n’est pas de m’imposer à eux. Je suis là pour mettre en garde les officiers supérieurs, les politiciens, les hommes d’affaires et les criminels étrangers contre notre colère. Ils se sont servis de notre sang, de nos sueurs et de nos larmes, bref, de notre travail pour s’enrichir et se noyer dans le vin, dans le sexe. Pendant ce temps, vous, moi, la majorité, nous luttions quotidiennement pour survivre. Moi, je sais ce que c’est que d’aller au lit avec un mal de tête provoqué par un ventre vide.  Je préviens ceux qui s’aviseraient d’aider les goinfres qui nous exploitent à fuir qu’ils paieront pour eux. Ils seront jugés, châtiés pour les privations qu’ils ont imposées au peuple. Je ne suis pas un expert en économie ou en droit. Mais, pour ce qui est de travailler affamé en se demandant quand et d’où viendra le prochain repas, je suis un expert, croyez-moi. L’heure du jugement est arrivé. Et ce n’est nullement une question de militaires contre civils, d’Akans contre Ewés, ou de Gas contre nordistes, mais de ceux qui possèdent contre ceux qui n’ont rien. Vingt-deux ans après l’indépendance, vous et moi continuons à cogner nos têtes contre le sort, contre le sol, en croyant que Dieu viendra nous sauver de leurs griffes. Il ne viendra pas si vous ne prenez pas vous même en main votre destin. La France a tiré son salut d’une révolution. Les États-Unis, la Grande Bretagne, l’Union soviétique, la Chine, l’Iran aussi. Laissez-moi vous dire que Dieu n’aide pas les gens qui dorment. Ne comptez pas non plus sur les gros monsieurs que vous voyez passer dans de belles voitures. Ils ne peuvent pas vous aider, parce que leur ventre est plein ; leurs enfants mangent à leur faim et ils ont les moyens d’aller et venir où ils veulent, comme ils veulent ».

    Jerry John Rawlings et Mouammar Kadhafi

    Rawlings est en sueur. En transe même, tant l’ambiance fait penser à celle qui règne à l’intérieur de ces sectes qui ont pignon sur rue à Accra. L’accusé principal a l’air d’un illuminé. Les grands gestes, le discours … mais il séduit. Son sermon est longuement ovationné. Le président de la Cour ordonne à l’assistance de cesser toute manifestation, sans succès. D’un geste de la main, Rawlings parvient à interrompre les applaudissements. Il s’apprête à poursuivre sa prédication, mais le président l’interrompt : « l’audience est suspendue. Elle reprendra dans deux jours, le 30 mai ».

    Toute la nuit, dans les quartiers d’Accra, on commente l’audace de ce jeune homme, la justesse de son action. Même la presse gouvernementale, le lendemain matin, ne peut s’empêcher de souligner que le jeune capitaine a fait forte impression. 

    La légende Jerry Rawlings est en train de naître. 

    La deuxième journée d’audience commence par une longue ovation dès l’entrée des accusés. Au cours de l’audience, Rawlings va assumer seul ses responsabilités et dédouaner ses compagnons. Il dit : « Leave my men alone ! I’m responsible for everything » ( laissez mes hommes tranquilles, je suis le seul responsable de tout). Les officiers et sous-officiers ne peuvent s’empêcher de s’exclamer entre eux :« Voilà un vrai leader! Rien à voir avec les couards qui nous dirigent! ». 

    Devant la Cour martiale, est en train de naître une sorte de révolte spontanée et généralisée. (…)

    Le troisième jour d’audience, ils sont plus de trente mille à vouloir pénétrer dans Burma Camp (principal camp militaire d’Accra) pour suivre le procès. 

    Jamais, depuis la chute de Kwame Nkrumah, un événement n’a autant mobilisé les Ghanéens que le procès de ces sept jeunes officiers et sous- officiers accusés d’avoir tenté de renverser le régime militaire du général Akuffo. (…)

    Jerry John RAWLINGS et Fidel CASTRO

    Et Rawlings continue : «  Laissez les autres partir! Exécutez-moi, mais laissez-les partir, parce que je suis le seul responsable. Mais sachez, vous, dirigeants corrompus, que vous ne continuerez plus longtemps à émasculer notre peuple. Vous paierez! Et je dis au peuple que personne ne viendra le libérer. Ghanéens, le problème n’est pas, comme on tente de vous le faire croire, un antagonisme entre militaires et civils. Oui, il y a deux camps: celui de ceux qui possèdent tout, et celui de ceux qui n’ont rien. La vaste majorité des affamés contre l’infime minorité des gloutons égoïstes. Dans leur camp, vous trouverez les officiers supérieurs, les politiciens, les directeurs de banque et une bande de lâches Libanais incapables de rester dans leur pays pour se battre pour une cause noble. Face à eux, il y a les imbéciles, vous et moi! ». 

    La foule se déchaîne. Longuement, elle acclame l’accusé numéro un. Le président de la Cour est sérieusement agacé par l’insolence de Rawlings et les ovations qu’elle suscite. Au soir de ce troisième jour d’audience, le président de la Cour martiale d’Accra perd toute patience et dit :

    « Je vous invite solennellement à cesser de manifester ainsi, sans quoi je me verrais dans l’obligation d’interdire la salle au public ». « L’audience est suspendue. Elle reprendra le lundi 4 juin », conclut-il, alors que le public, debout, continue d’ovationner les accusés.

    Lundi 4 juin 1979, il n’y aura pas de quatrième jour d’audience…. (…) 

    Vers 3 heures 30 du matin un lieutenant et trois sergents sont allés l’extraire de sa cellule pendant que d’autres occupent la radio située à moins de 500m de son lieu de détention et qui attendent leur héros. 

    Jerry John RAWLINGS et Thomas SANKARA

    À peine sorti de la cellule, Jerry J. Rawlings est conduit dans les studios de la Ghana Broadcasting Corporation (la radio d’Accra). Haletant et nerveux, il bafouille plus qu’il ne parle. Ces premiers mot sont : « This is Fligth lieutenant Jerry John Rawlings… »… sur un rythme saccadé, la voix gutturale débite :

    « Les sous-officiers viennent de prendre en main la destinée du pays. Jeunes officiers, si nous voulons éviter un bain de sang, il vaut mieux nous tenir à l’écart de leur chemin, car ils sont pleins de malice et de haine. Si vous avez une raison de les craindre, fuyez! Si vous n’avez aucune raison de vous sentir coupable, ne bougez pas. L’heure du jugement est arrivée. Je demande à toutes les unités hors d’Accra d’organiser le procès des ennemis du peuple. Chaque unité doit choisir ses propres représentants au nouveau conseil révolutionnaire, qui remplace le conseil militaire suprême, disparu à jamais…».

    Une demi-heure après l’intervention radiodiffusée de Rawlings, le commandant en chef de l’armée (Odartey-Wellington), réussit à reprendre la radio aux putschistes et annonce que le régime du général Akuffo est toujours en place. Il demande aux insurgés de se rendre et invite Rawlings à « cesser de faire l’imbécile ». « Je l’invite à venir me voir à l’état-major… », ajoute-t-il. 

    Moins d’un quart d’heure plus tard, Odartey-Wellington sera abattu lors d’un accrochage entre ses troupes et les insurgés. Un nouveau communiqué radiodiffusé, lu par le major général Joshua Hamidu, annonce : 

    « l’hypocrisie des régimes des généraux Acheampong et Akuffo est bel et bien tombée. Que Dieu bénisse cette nation ». 

    Dans les semaines qui suivent, plusieurs officiers supérieurs sont jugés et condamnés pour crimes économiques. Huit d’entre eux seront exécutés dont trois anciens chefs d’État : les généraux Acheampong, Akuffo, et Afrifa. 

    JJ RAWLINGS et 

    La « purification » entamée n’épargne pas les milieux d’affaires : les troupes reçoivent l’ordre de descendre dans les entrepôts secrets pour découvrir et « libérer » tous les biens de consommations stockés dans le but d’entretenir la pénurie. Le fruit de leur « chasse » est mis sur les marchés à des prix très compétitifs. Rawlings fait dynamiter le marché de Makola, considéré comme le quartier général des « mamies » d’Accra, responsables à ses yeux du mauvais approvisionnement. 

    Il est à rappeler que la révolte des jeunes officiers trouve son origine dans deux situations ci-après :

    1. Les différents régimes militaires qui se sont succédés au pouvoir depuis la chute de Kwame Nkrumah en 1966, ont réussi l’exploit de plonger dans un indescriptible chaos économique ce pays qui passait pour l’un des plus riches d’Afrique de l’Ouest. 

    2. Le dénuement s’est installé dans toutes les régions, tandis que les dirigeants et quelques privilégiés mènent grand train, sous les yeux d’une population impuissante. Le sucre, le lait, le riz, le savon et d’autres produits de première nécessité ont disparu des magasins et des marchés, de même que le papier hygiénique, les boissons gazeuses et d’autres produits pourtant fabriqués par l’industrie locale. Le pays, dans les années soixante dix, vit dans la pénurie et dans la morosité depuis une longue période. (…)

    Après ce qu’il a lui-même appelé le « nettoyage » de la maison Ghana, Rawlings laisse se dérouler les élections. Le 24 septembre 1979, il remet le pouvoir au président élu, le Dr Hilla Limann. Le lendemain, il est de retour dans l’appartement de deux pièces qu’il occupe normalement dans un camp militaire, Independance Avenue à Accra. 

    Quelques mois plus tard, le président élu, sur le conseil de ses amis, met Rawlings à la retraite de l’armée. À 32 ans, Rawlings devient ainsi le plus jeune ancien chef d’État du monde (après 3 mois et 20 jours à la tête du Conseil Révolutionnaire). Et sans doute aussi, le plus jeune militaire à la retraite. Mais, on le sait, il reviendra …

    Mécontent du pouvoir civil, qu’il estime corrompu, il reprend le contrôle du pays le 31 décembre 1981 par un nouveau coup d’État qui renverse le régime de Limann. Il devient alors le président du Conseil provisoire de la défense nationale. En 1992, Rawlings démissionne de l’armée, instaure le multipartisme et fonde le Congrès Démocratique National (CDN). Il engage le pays dans un processus de démocratisation. 

    Il sera élu démocratiquement en décembre 1992 puis réélu en décembre 1996. Il quittera le pouvoir en 2001 après avoir accompli les deux mandats constitutionnels. 

    Jerry John Rawlings fut une véritable légende, un homme charismatique, aimant son peuple et très attaché aux traditions africaines”.

    Transmettre les exemples et les expériences des prédescesseurs à l’actuelle rebellion de la jeunesse africaine qui annonce la seconde phase de libération contre le néocolonialisme est un devoir nécessaire pour que vive la mémoire du passé à travers le présent qui prépare l’avenir émancipateur des peuples d’Afrique. Repose en paix Jerry John Rawlings, la lutte continue.

    Diagne Fodé Roland  – Décembre 2020 

     

    L'article publié ci-dessus est un article en hommage à Jerry John RAWLINGS qui fut président du Ghana en 1979 puis de 1981 à 2001.

    https://www.afropages.fr/la-nouvelle-tribune/hommage-a-l-exemplaire-combattant-du-ghana-j-j-rawlings

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Il y a 100 ans, le 2 janvier 1921, le Parti communiste luxembourgeois (KPL) était fondé dans la ville ouvrière de Differdingen, dans le sud du pays. Immédiatement après sa constitution, le parti s'est engagé dans la lutte pour les droits de la classe ouvrière, en particulier des mineurs et des sidérurgistes luxembourgeois, et de nombreux membres du KPL ont fait leurs preuves lors de manifestations et de grèves. 
     
    Dans les années 1930, le KPL s'est engagé dans la lutte contre la montée du fascisme en étroite collaboration avec les partis frères des pays voisins. Pendant la guerre d'Espagne, les communistes et de nombreux antifascistes luxembourgeois ont fourni un fort contingent des Brigades internationales pour la défense de la République contre les fascistes espagnols, allemands et italiens.
    Pendant cette période, le parti a acquis une large base, surtout parmi les mineurs et les travailleurs de l'industrie sidérurgique. Sous l'impression du régime fasciste de l'Allemagne voisine, le gouvernement luxembourgeois voulait interdire par la loi le KPL et ainsi agir également contre les socialistes, les libéraux de gauche et les syndicalistes progressistes. Cette loi a été rejetée par une majorité d'électeurs lors d'un référendum le 6 juin 1937.

    Après l'invasion du Luxembourg par l'Allemagne fasciste en mai 1940, le KPL a été le seul parti politique à résister à l'ordre de l'occupant de cesser ses activités et de dissoudre le parti. Avec d'autres antifascistes, les membres du KPL ont formé des groupes de résistance. Les membres du KPL ont également été des combattants actifs dans la Résistance en France et en Belgique, parmi lesquels le médecin et communiste Charles Marx, qui était l'un des chefs des services médicaux de la Résistance française et est devenu ministre de la Santé au Luxembourg après la libération de sa patrie. Les communistes étaient en première ligne de la grève générale contre les occupants fascistes allemands le 31 août 1942. De nombreux communistes luxembourgeois ont dû payer de leur vie la lutte contre les fascistes, parmi eux le président du KPL, le camarade Zénon Bernard.

    Même après la libération en 1945, le KPL s'est révélé être une partie intégrante du mouvement international des partis communistes et ouvriers. Avec les partis frères des pays voisins et de nombreux autres pays, le KPL est actif dans les luttes pour la justice sociale, pour la libération sociale et la solidarité internationaliste, pour l'élimination de l'exploitation de l'homme par l'homme et la construction d'une nouvelle société socialiste.

    L'activité du parti est particulièrement axée sur les luttes pour la préservation de l'industrie sidérurgique et contre la désindustrialisation progressive du pays. Le KPL est également engagé dans le développement d'un mouvement de paix contre les installations militaires américaines et de l'OTAN au Luxembourg, contre la participation de soldats luxembourgeois aux missions militaires de l'OTAN à l'étranger, pour la dissolution de l'OTAN, pour une interdiction complète de toutes les armes nucléaires, pour la paix, la détente internationale et le désarmement général. Le KPL s'oppose résolument à la militarisation de l'Union européenne, à la politique d'austérité imposée par la Commission européenne et préconise la dissolution de l'UE et la création d'une coopération pacifique entre tous les États du continent européen.

    Avec son quotidien "Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek", publié depuis le 1er juillet 1946 et fonctionnant selon les traditions de la presse communiste luxembourgeoise vieilles de 100 ans également, le KPL apporte une contribution importante à la couverture des événements et des développements en Allemagne et dans le monde, contrairement au courant dominant des médias bourgeois.

    À l'occasion du 100e anniversaire de la fondation du parti, le KPL inaugurera un monument dans la ville de Differdingen le 2 janvier 2021. D'autres événements auront lieu au cours de l'année, qui seront planifiés à court terme compte tenu de la crise sanitaire actuelle.

    source : https://www.idcommunism.com/2021/01/communists-of-luxembourg-mark-100th-anniversary-of-their-party-foundation.html

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  • Wuhan, la ville chinoise où le coronavirus a commencé à se propager, a célébré en masse l’arrivée de 2021

     

     

     

     

    source: https://histoireetsociete.com/

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  • Nationalistes ukrainiens et néo-nazis organisent une marche aux flambeaux à Kiev pour marquer l’anniversaire du collaborateur nazi (VIDEO) Je dois dire ma stupéfaction quand lors de notre voyage en Ukraine et en particulier à Odessa, nous avons découvert qu’un oligarque juif Igor Kolomoïski, l’un des hommes les plus riches d’Ukraine, à la tête d’un empire allant des médias au pétrole avait pour garde prétorienne cette bande de nazis qui avait joué un rôle essentiel dans le maïdan, dans le massacre à la maison des syndicats et également dans les attaques dans le Donbass; Ces gens font régner la terreur nazie au profit des oligarques. Kolomoïski a réussi récemment à faire élire son poulain, un acteur, juif aussi, à la tête de cette nation antisémite et ayant pour héros Bandera. Le tout ayant sa promotion assurée en tant que lieu de la libération contre la méchante Russie (facsimilé de la méchante URSS) en France assuré par l’invraisemblable Bernard Henry levy.(note de danielle Bleitrach traduction de Catherine Winch)

    Des milliers de personnes ont défilé à Kiev avec des torches dimanche, le premier jour de la nouvelle année, pour honorer le nationaliste ukrainien Stepan Bandera qui a collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et a participé activement aux nettoyages ethniques. Bandera est né le 1er janvier 1909 et les rassemblements célébrant son anniversaire sont récemment devenus une sorte de tradition dans la capitale ukrainienne et dans d’autres villes après les manifestations d’Euromaidan en 2014.Bandera est né le 1er janvier 1909 et les rassemblements célébrant son anniversaire sont récemment deve nus une sorte de tradition dans la capitale ukrainienne et dans d’autres villes après les manifestations d’Euromaidan en 2014. Ils ont depuis été organisés avec la bénédiction des autorités du pays, qui ont déclaré ce jour férié.

    Les participants à la marche de Kiev portaient des torches, le portrait de Bandera ainsi que des drapeaux de l’Ukraine et des organisations nationalistes et néonazies du pays. Certainssontvenus à la manifestation avec leurs enfants.

    Une immense bannière tenue par ceux qui se trouvaient à l’avant du cortège reproduisait un célèbre slogan nationaliste qui appelle Bandera à revenir d’entre les morts et à ramener l’ordre en Ukraine.

    Parmi les autres chants entendus pendant la marche figurait “Le nationalisme est notre religion. Bandera est notre prophète” et “Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros !” Cette dernière était une des devises des unités dirigées par Bandera pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a été reprise par les nationalistes ukrainiens et est maintenant officiellement en usage dans l’armée du pays.

    La marche s’est terminée sur la place de l’Indépendance (Maidan), au cœur de la ville, où les participants ont observé un moment de silence pour honorer leur “héros”.

    Bandera était le chef de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et de sa branche armée, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), qui a collaboré avec les nazis et a combattu l’Armia Krajowa de Pologne et l’Armée rouge en Ukraine occidentale pendant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale.

    L’UPA est responsable de la mort de milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants polonais, en Volhynie et en Galicie orientale au cours de l’impitoyable campagne de nettoyage ethnique. Le groupe a également pris part aux opérations nazies contre les Juifs.

    Bandera réussit à s’enfuir après l’échec de sa cause et finit par s’installer à Munich où il a continué à promouvoir l’idée d’une “Ukraine libre”, indépendante de l’Union soviétique. En 1959, il est assassiné.

    La Russie, la Pologne, Israël et d’autres pays, qui considèrent Bandera comme un criminel de guerre, sont fermement opposés aux tentatives de Kiev de faire de lui une figure héroïque. Il a été proclamé “Héros de l’Ukraine” en 2010, mais le titre lui a été retiré par un tribunal quelques mois plus tard, au milieu d’un vaste tollé international.

     

     

    source: https://histoireetsociete.com/

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    28 décembre (Prensa Latina) L’ancien président bolivien, Evo Morales, a averti samedi que le risque latent d’un nouveau coup d’État persiste et a demandé à ses partisans de discuter de la manière de protéger le président Luis Arce et le processus de changement.

    Morales a fait ces déclarations lors d’une assemblée de la direction du Mouvement Vers le Socialisme (MAS) et des six fédérations de cultivateurs de feuilles de coca du territoire du Chapare, dans le département central de Cochabamba.

    'Le thème du coup d’État reste d’actualité, c’est une lutte idéologique, programmatique, c’est une lutte culturelle, sociale, communale et claire, une lutte électorale', a-t-il déclaré lors du rendez-vous d’évaluation politique et organique du MAS, qui en fixera les objectifs pour l’année prochaine.

    Il a souligné que le mouvement devrait discuter de 'comment protéger Lucho (Luis Arce), le président, David (Choquehuanca), le vice-président, et comment défendre le processus de changement'.

     « Ici, nous devrions discuter en profondeur la nouvelle doctrine militaire et de la police, à quoi vont servir la police, les forces armées ? », a-t-il déclaré tout en rappelant que l´ancien chef des Forces Armées, le général Sergio Orellana, a tenté d’empêcher Luis Arce d’assumer la présidence dans les jours précédant la cérémonie.

    source: http://frances.prensa-latina.cu/

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    Caracas, 28 décembre (Prensa Latina) Le Ministère de la Défense du Venezuela a dénoncé aujourd’hui la fermeture par le réseau social Twitter du compte du titulaire de ce portefeuille, Vladimir Padrino.

    Une publication du ministère sur ce propre réseau signale que 'tout indique que la liberté d’expression sur Twitter répond à la convenance de la plate-forme. C’est pourquoi des porte-parole officiels d’institutions vénézuéliennes comme Padrino sont bloqués, sans explication'.

    Pour sa part, le ministre a précisé : 'je serai plus actif sur Instagram jusqu’à ce que Twitter décide que je puisse m’exprimer librement via sa plateforme'.

    Ce n’est pas la première fois que ce réseau social ferme des comptes officiels de personnalités ou d’institutions liées au gouvernement bolivarien, y compris celui du président Nicolás Maduro, ce qui a été dénoncé par l’exécutif comme une tentative d’empêcher à tout prix la diffusion des réussites et des travaux du Gouvernement.

    En août de cette année, la chaîne Venezolana de Televisión a souligné que les comptes du Bureau de la Présidence, celui de la Presse Présidentielle, ainsi que ceux des ministères du Tourisme et du Commerce extérieur, du Pétrole, de la Culture, des Services pénitentiaires, des Finances et de l´Enseignement supérieur.

    La Vice-Présidence de l’Économie, la Vice-Présidence de la du District de la Capitale et la Banque centrale du Venezuela ont été soumises à la même stratégie avant que leurs compte ne soient rétablis par la suite.

     

    source: http://frances.prensa-latina.cu/

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  • Challenge, journal de la Ligue de la Jeunesse Communiste (YCL) de Grande Bretagne étudie le cas de l'agriculture durable à Cuba et analyse comment le socialisme est devenu le fer de lance de la conservation écologique mondiale.

    Traduction Nico Maury

     
     
    Cuba: socialisme, science et agriculture
     
    "L'agriculture conventionnelle" industrielle est la principale responsable de nombreux problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. L'échelle croissante des fermes détruit les habitats semi-naturels, comme les haies, qui sont nécessaires pour des populations d'insectes qui pollinisent nos aliments et contrôlent les ravageurs nuisibles.

    De vastes champs d'une seule culture (monocultures) et de simples rotations culturales sont des conditions parfaites pour la propagation des ravageurs et des maladies. Un apport élevé d'engrais chimiques contamine les eaux souterraines et les rivières, et l'utilisation excessive de pesticides empoisonne les invertébrés et les oiseaux des terres agricoles.

    Comme nous le voyons dans d'autres industries, la recherche de la maximisation des profits conduit à l'intensification, à la simplification et à l'expansion de l'agriculture. Loin d'être le résultat de l'incompétence des agriculteurs-agricultrices ou des décideurs politiques, ces problèmes sont enracinés dans l'accumulation et la concentration du capital.

    Contrairement à l'agriculture conventionnelle, "l'agriculture alternative durable" tire parti des ressources naturelles et des processus existants afin de réduire drastiquement ou d'éliminer le besoin d'intrants externes tels que les pesticides, les herbicides et les engrais inorganiques. Par exemple, des ennemis naturels tels que les guêpes parasites peuvent être utilisés pour lutter contre les ravageurs au lieu d'utiliser des pesticides chimiques.

    Les rotations des cultures peuvent être utilisées pour maintenir la santé du sol et empêcher la propagation des mauvaises herbes, plutôt que d'utiliser des engrais chimiques et des herbicides. La réduction de la taille des fermes crée des paysages variés avec une plus grande variété d'habitats, fournissant de la nourriture, des sites de nidification et d'autres ressources pour les insectes et les oiseaux.

    En créant des systèmes plus autonomes, l'agriculture devient plus durable car elle ne nuit pas aux processus écologiques qui la soutiennent [1].

    Bien que les méthodes agricoles alternatives puissent répondre à la demande alimentaire mondiale de manière durable et efficace [2], les pratiques alternatives durables restent rares ou isolées malgré de nombreux projets réussis, en particulier dans le sud de la planète [1]. La recherche sur les méthodes agricoles alternatives représente moins de 1% des 49 milliards de dollars de fonds publics consacrés à la recherche agricole dans le monde [3].

    La logique du capitalisme et l'intérêt bien ancré des multinationales entravent tout changement significatif dans une direction durable.

    Depuis les années 1990, Cuba a mis en œuvre une transition rapide et généralisée vers une agriculture alternative durable, contribuant à la souveraineté alimentaire et à la durabilité environnementale. La nation insulaire dispose désormais de rivières sans pollution et est le pays le plus développé de la planète .

    Alors, comment Cuba a-t-elle changé son agriculture? Et comment le système socialiste du pays a-t-il permis une refonte aussi rapide de la relation du pays avec la nature?

    L'histoire

    Avant le changement durable de Cuba dans les années 1990, l'agriculture suivait la tendance mondiale de la mécanisation, du remplacement des pratiques locales par des applications de la recherche scientifique et du remplacement des petites exploitations par de grandes monocultures.

    À Cuba, cette tendance a commencé avec la séparation de la population indigène de sa terre par le colonialisme espagnol. Les pratiques locales sophistiquées ont été remplacées par des plantations, et la main-d'œuvre mise en esclavage et indigène a été utilisée pour produire du tabac et de la canne à sucre pour les marchés européens.

    Après la guerre hispano-américaine, les États-Unis ont hérité de la domination de l'industrie sucrière, principale exportation agricole de Cuba. Le contrôle d'une industrie aussi importante a donné à la superpuissance un énorme contrôle sur l'économie cubaine.

    Au début du 20ème siècle, presque toutes les exploitations américaines du pays étaient basées sur le sucre, y compris les terres et les installations de transformation du sucre. Cela a entraîné d'énormes inégalités dans la propriété foncière, 9% des agriculteurs détenant 70% des terres.

    La nature saisonnière de la production de sucre a encore accentué les inégalités, la pauvreté et la faim parmi les travailleurs ruraux. La saison des récoltes a été intense et éreintante, tandis que pendant les 7 mois restants, les travailleurs étaient au chômage [4].

    Après la révolution cubaine de 1959, les objectifs initiaux de diversification loin du sucre ont été entravés par les défis de la construction d'un système socialiste à l'ombre des États-Unis.

    En 1961, la loi sur l'embargo commercial a été adoptée, interdisant toutes les exportations cubaines vers les États-Unis. En réponse, Cuba est entré dans une relation réciproque avec l'URSS et le bloc socialiste, fournissant de la canne à sucre en échange de pétrole, d'aliments de base et de produits manufacturés.

    Bien que cela soit loin de la relation extractive de l'assujettissement antérieur de Cuba aux États-Unis, pour maintenir des rendements élevés pour le commerce, les pratiques agricoles conventionnelles ont été maintenues, y compris les monocultures, les intrants élevés tels que les engrais et les pesticides, et la mécanisation [4].

    De plus, l'écologie n'était pas une priorité immédiate du gouvernement car l'extrême pauvreté, l'eau et l'assainissement, le logement et l'alphabétisation devaient être prioritaires [5].

    Malgré la poursuite d'un modèle agricole conventionnel, l'environnement est loin d'être négligé.

    À partir des années 1960, le gouvernement a mis en œuvre des programmes de reboisement, des pâturages en rotation, le creusement de réservoirs et des campagnes de vaccination.

    Les dangers d'une forte utilisation de produits chimiques ont été reconnus, bien que principalement sous la forme de protections pour les travailleurs agricoles.

    L'éradication de l'analphabétisme en trois ans a jeté les bases d'un approfondissement de la conscience écologique, en particulier avec l'arrivée du livre de 1962 de Rachel Carlson « Silent Spring », qui a attiré l'attention sur les dommages causés par l'agriculture conventionnelle à l'environnement.

    L'abolition du racisme juridique et la promotion des droits des femmes ont permis aux talents de chacun de s'épanouir, élargissant le vivier de scientifiques potentiels [5]. Les femmes représentent désormais les deux tiers des postes dans le secteur de la science et de la technologie à Cuba, et beaucoup occupent des postes de direction.

    Les rendements en sucre ont augmenté, permettant à Cuba d'atteindre l'indice de qualité de vie le plus élevé d'Amérique latine [6].

    Cependant, les vulnérabilités d'un système agricole dépendant d'intrants importés sont devenues aiguës avec la désintégration de l'URSS et du bloc socialiste en 1989.

    La perte de relations commerciales favorables et le resserrement du blocus américain ont entraîné une baisse de 80% des importations de pesticides et d'engrais, avec des baisses similaires des pièces de machines et du carburant. L'isolement a rendu Cuba vulnérable à la poursuite de la guerre économique des États-Unis.

    L'amendement Mack, adopté en 1992, interdisait tout commerce avec Cuba par les filiales américaines. Les produits médicinaux et alimentaires ont également été empêchés d'être importés. Le PIB a diminué de 35%, les importations de 75% et l'apport calorique moyen de 30% [7].

    L'agriculture alternative à Cuba

    Le gouvernement a mis en œuvre le passage le plus rapide et le plus répandu à l'agriculture durable de l'histoire, Castro appelant les agronomes à «produire plus de nourriture sans matières premières, engrais ou carburant» [8].

    L'agriculture alternative repose sur les connaissances des agriculteurs et leur capacité à utiliser les ressources et processus existants, plutôt que d'utiliser des intrants externes et d'autres méthodes intensives.

    Comme chaque écosystème a sa propre composition de ravageurs, de maladies, de pollinisateurs, de type de sol et de climat, aucune configuration unique de technologies ou de techniques ne peut être appliquée à toutes les exploitations.

    Le gouvernement cubain a donc créé un espace d'expérimentation et d'application des connaissances scientifiques et locales.

    Plus de 100.000 exploitations essentiellement publiques ont été redistribuées aux petits agriculteurs. Les responsabilités de gestion ont été décentralisées et de nombreuses fermes sont devenues gérées par ceux qui les exploitaient.

    Ce faisant, la taille des unités agricoles a été réduite, permettant une connaissance plus intime des conditions locales de se développer [5]. Comme le dit le vieil adage, «le meilleur engrais est l'empreinte des agriculteurs».

    Des stations de recherche locales ont également été créées, permettant aux agriculteurs et aux scientifiques d'interagir sur un pied d'égalité. Les connaissances intimes et les pratiques locales des agriculteurs peuvent être intégrées aux connaissances plus générales et abstraites des agronomes et des écologistes.

    La recherche et les solutions aux problèmes agricoles sont supervisées par le ministère de l'Agriculture et le réseau national des laboratoires de recherche régionaux, des stations régionales de protection des végétaux, des laboratoires de diagnostic et des centres de production d'agents de lutte biologique.

    Les stations de recherche locales sont dotées de personnel aux qualifications variées, souvent situées dans des fermes coopératives et gérées par leurs membres [4].

    Cuba: socialisme, science et agriculture
     
    Exemples de pratiques alternatives cubaines

    Avec la perte de pesticides chimiques, les agriculteurs ont dû utiliser des ennemis naturels des ravageurs tels que les guêpes parasites, les mouches parasites, les fourmis prédatrices, les champignons et les bactéries qui attaquent les ravageurs problématiques.

    Les centres locaux surveillent la prévalence et la propagation des ravageurs et des maladies des cultures, informant les agriculteurs locaux des problèmes probables. Ils élèvent et produisent également des ennemis naturels adaptés aux conditions locales et sont mis à la disposition des membres de la coopérative agricole gratuitement ou vendus à des non-membres.

    Les centres de recherche surveillent la distribution des mauvaises herbes et développent des modèles pour prédire leur propagation. Il est alors conseillé aux agriculteurs de planter des cultures hautement compétitives par rapport à la mauvaise herbe probable. Les cultures compétitives supplantent les mauvaises herbes à problèmes pour les ressources et peuvent presque complètement supprimer les mauvaises herbes à problèmes l'année suivante [4].

    La perte d'engrais signifiait que des méthodes alternatives devaient être utilisées pour maintenir la fertilité du sol. C'est un problème particulièrement important pour Cuba en raison de la forme longue et mince de l'île, qui pose des problèmes de salinité du sol.

    Légumineuses; les plantes capables de convertir l'azote atmosphérique en formes qui peuvent être utilisées par les cultures pour la croissance, sont incorporées dans les rotations des cultures pour maintenir la santé du sol.

    Le plus connu est l'utilisation par Cuba de vers de terre pour produire des engrais organiques, généralement à partir de déchets agricoles tels que la cachaça de la canne à sucre.

    La plus grande ferme de vers de Cuba se trouve à Pina Del Río, qui produit environ 100 000 tonnes d'humus de vers de terre par an [9].

    Un problème majeur de l'agriculture conventionnelle est la séparation spatiale des cultures, du bétail et des humains qui les mangent. Cela signifie que les aliments pour animaux doivent être transportés là où le bétail est élevé et que les aliments doivent être expédiés là où se trouve la population consommatrice.

    Cela nécessite l'utilisation de combustibles fossiles et perturbe les cycles des nutriments en raison des longues distances entre l'endroit où la nourriture est produite et l'endroit où elle est consommée. En raison de la pénurie de carburant, Cuba a réintégré les cultures, les animaux et les humains pour réduire le besoin de transport longue distance et permettre au sol de se reconstituer grâce aux sources de nutriments à proximité.

    Plutôt que d'utiliser des engrais artificiels ou de transporter du fumier de loin, le bétail est réintégré aux cultures et produit du fumier sur place. Cela diminue le besoin de combustibles fossiles utilisés et réduit les émissions de gaz à effet de serre associées [10].

    Cuba a également un mouvement agricole urbain florissant dirigé par des gens qui avaient auparavant peu d'expérience dans la production alimentaire. Cela contribue à augmenter la production alimentaire des communautés urbaines, réduisant le besoin de combustibles fossiles rares pour les transports.

    Des organisations communautaires préexistantes telles que la Fédération des femmes cubaines donnent accès à la terre et les clubs de jardiniers mettent en commun leurs ressources et partagent leurs connaissances.

    Le mouvement est également soutenu par le gouvernement, avec l'assouplissement des réglementations dans les années 1990 permettant la culture de cours, balcons et toits.

    Le Département de l'agriculture urbaine a été créé en 1994, qui a donné la priorité à l'obtention de terres pour les résidents qui voulaient cultiver de la nourriture. Les lois municipales permettent aux terres inutilisées d'être affectées à la production alimentaire, contribuant à transformer les terres vacantes en jardins productifs.

    Des pratiques durables sont également mises en œuvre, avec des sous-produits animaux et industriels locaux utilisés comme intrants, contribuant à réduire les déchets. Le mouvement d'agriculture urbaine aide à développer davantage la conscience écologique chez les gens normaux et cultive la solidarité au sein des communautés [11].

    Cuba: socialisme, science et agriculture
     
    Socialisme et science

    Beaucoup affirment que les réalisations environnementales de Cuba sont dues uniquement à la nécessité, simplement pour éviter la faim avec un accès limité aux équipements et intrants conventionnels.

    Alors que la perte d'intrants a révélé les faiblesses de l'agriculture conventionnelle, les conditions préalables au succès de la science cubaine ont commencé avec des campagnes d'alphabétisation de masse, l'expansion de l'éducation et le système économique socialiste.

    La science à Cuba diffère fondamentalement de celle des pays capitalistes parce qu'elle appartient à l'État et est incorporée dans le plan national.

    Cela empêche la reproduction de l'effort de recherche par plusieurs institutions, permet le partage de la recherche et permet d'affecter l'effort de recherche au développement des connaissances et des technologies dont la société a besoin.

    Les externalités, telles que l'écologie et la santé humaine, qui ne sont pas incorporées dans les décisions économiques sous les arrangements capitalistes sont naturellement incorporées dans la planification sous le socialisme.

    En revanche, les recherches menées sous les systèmes capitalistes sont souvent déterminées non pas par les besoins de la société, mais par la question de savoir si le savoir peut être marchandisé. L'agriculture industrielle conventionnelle continue de dominer le financement de la recherche bien qu'elle soit un moteur de problèmes environnementaux tels que le changement climatique, la pollution de l'eau et le déclin des pollinisateurs.

    La logique économique du capitalisme empêche toute mise en œuvre significative de l'agriculture durable, car les profits à court terme et les intérêts de l'agro-industrie priment sur toute autre considération.

    Le succès de la science cubaine est personnifié par le développement durable de l'île, le système de santé de classe mondiale, l'internationalisme médical et l'industrie biotechnologique de premier plan au monde. Cuba ne compte que 2% de la population sud-américaine, mais 11% de ses scientifiques [11].

    À Cuba, il n’existe pas d’organisations engagées à saper la recherche au nom du profit, comme les groupes de pression, les groupes de réflexion et les entreprises de relations publiques. Cuba offre une fenêtre sur la manière dont le socialisme peut remodeler notre relation avec la nature, lorsque la terre, le travail, les ressources et la recherche ne sont plus liés par les besoins étroits de l'accumulation de capital.

    Ciaran Harris , est membre de la section de Brighton & Hove de la Ligue de la Jeunesse communistes (YCL)

     
    [1] Pretty, J., 2009. Can ecological agriculture feed nine billion people?. Monthly Review, 61(6), p.46.

    [2] Gliessman, Stephen R., 2014. Agroecology: the ecology of sustainable food systems. CRC press.

    [3] Niggli, U., Willer, H. and Baker, B., 2016. A global vision and strategy for organic farming research. TIPI ‐ Technology Innovation Platform of IFOAM – Organics International, c/o Research Institute of Organic Agriculture (FiBL), Frick, Switzerland

    [4] Oppenheim, S., 2001. Alternative agriculture in Cuba. American Entomologist, 47(4), pp.216-227.

    [5] Levins, R., 2005. How Cuba is going ecological. Capitalism Nature Socialism, 16(3), pp.7-25.

    [6] World Health Organization, 1989. World Health Organization Yearbook, 1989. Geneva, Switzerland.

    [7] Castellanos, L.P. and Alvarez, J., 1996. The transformation of the state extensive growth model in Cuba’s sugarcane agriculture. Agriculture and Human Values, 13(1), pp.59-68.

    [8] Rosset, P. and Benjamin, M., 1994. The greening of the revolution: Cuba’s experiment with organic agriculture. Ocean Press.

    [9] Alves, A. and Nenevé, M., 2019. Agroecology, the Interaction between Agriculture and Environment: An Example from Cuba. International Journal of Advanced Engineering Research and Science, 6(10).

    [10] Clausen, R., Clark, B. and Longo, S.B., 2015. Metabolic rifts and restoration: Agricultural crises and the potential of Cuba’s organic, socialist approach to food production. World Review of Political Economy, 6(1), pp.4-32.

    [11] Altieri, M.A., Companioni, N., Cañizares, K., Murphy, C., Rosset, P., Bourque, M. and Nicholls, C.I., 1999. The greening of the “barrios”: Urban agriculture for food security in Cuba. Agriculture and Human Values, 16(2), pp.131-140.

    Challenge Magazine
     
     
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  • Luis Arce dit avoir trouvé en prenant ses fonctions «	un État absolument en faillite, sans ressources	», miné par les orientations austéritaires des putschistes. Aizar Raldes/AFPLuis Arce dit avoir trouvé en prenant ses fonctions « un État absolument en faillite, sans ressources », miné par les orientations austéritaires des putschistes.

    Deux mois après son élection triomphale, le président socialiste bolivien a déjà pris une série d’initiatives pour redresser une économie laissée en ruine par le régime issu du coup d’État.

    La cérémonie a pris des allures de fête, entre offrandes consumées et chants de joie. Le 1er décembre, à La Paz, le gouvernement de Luis Arce faisait rouvrir le ministère des Cultures, dont la fermeture par le régime issu du coup d’État symbolisait, l’an dernier, la volonté de démantèlement d’un État plurinational respectueux des multiples et mouvantes identités du pays. « Une dépense absurde », avait justifié à l’époque, brutale et lapidaire, l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez. À la tête, désormais, de ce ministère des Cultures, de la Décolonisation et de la Dépatriarcalisation : une femme, paysanne quechua, syndicaliste et dirigeante indigène, Sabina Orellana.

    Faire face à l’urgence sociale

    Deux mois après sa triomphale élection, le 18 octobre, le nouveau président bolivien déploie des trésors de patience et de volonté politique pour réparer les dégâts causés par les putschistes avec leurs politiques de division, de répression, d’asphyxie sociale et de pillage économique. Pour les Boliviens des classes les plus modestes, sciemment laissés à l’abandon par le gouvernement de facto, ce retour à la démocratie se traduit déjà par des conditions de vie meilleures. Premier geste de la gauche revenue au pouvoir pour faire face à l’urgence sociale : l’attribution de « bons contre la faim » qui avaient déjà bénéficié, au 15 décembre, à près de 850 000 personnes. Les aînés, eux, ont vu leur pension revalorisée de 3,38 %, augmentation rétroactive depuis janvier 2020 pour les petites retraites. Et sur le terrain de la production, plusieurs unités mises à l’arrêt après le coup d’État, en vue de leur privatisation, ont été remises en marche, en particulier dans le domaine agroalimentaire. C’est le cas, par exemple, de l’usine de produits laitiers d’Ivirgarzama, renationalisée, qui fournira les petits déjeuners scolaires supprimés avec la suspension des cours. Un enjeu de souveraineté alimentaire, justifient les nouvelles autorités boliviennes qui ont aussi abrogé, en invoquant le même argument, les décrets du gouvernement de facto favorisant les grands exportateurs et importateurs de denrées alimentaires ou mettant fin à l’interdiction des OGM.

    En artisan du modèle communautaire et solidaire qui a rendu possible le « miracle économique » de la décennie écoulée dans un contexte de crise globale, Luis Arce est convaincu que la relance passe par une revalorisation significative des revenus des Boliviens et par une reprise de l’investissement public. Plusieurs grands chantiers d’infrastructures laissés en friche, comme celui du train métropolitain de Cochabamba, ont ainsi été relancés. L’économiste hétérodoxe devenu chef d’État parie aussi, pour sortir de la crise, sur une croissance sociale donnant la priorité à l’éducation, à la santé, à l’accès aux services publics de base. « La crise politique de novembre 2019 et la mauvaise gestion du gouvernement de facto ont détérioré l’économie bolivienne, situation aggravée par la pandémie. Cela mettait en péril les grandes avancées sociales réalisées en quatorze ans de gestion » du Mouvement vers le socialisme (MAS), résume Luis Arce, qui dit avoir trouvé en prenant ses fonctions « un État absolument en faillite, sans ressources ». En fait, les orientations austéritaires des putschistes et leur volonté de restauration de l’ordre néolibéral n’ont pas seulement eu des effets sociaux désastreux : elles ont sérieusement creusé le déficit budgétaire.

    Suppression de privilèges fiscaux

    Pour surmonter « la récession économique, la pauvreté croissante, les inégalités et l’augmentation exponentielle de la dette intérieure et extérieure », le président bolivien entend « démanteler l’échafaudage du modèle néolibéral, redémarré en novembre 2019 ». En quête de nouvelles ressources, le gouvernement de gauche a fait voter au Parlement, le 10 décembre, une loi créant un impôt sur la fortune et mettant fin à certains privilèges fiscaux. De retour dans les espaces d’intégration latino-américaine, La Paz plaide aussi, pour surmonter la crise sanitaire mondiale, en faveur de l’allègement de la dette extérieure pour les pays en développement. Avec une conviction : à l’échelle locale ou globale, pas de sortie de crise possible sans appui aux populations les plus vulnérables. 

    Rosa MOUSSAOUI

    source: https://www.humanite.fr/

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  • El dilema del sitio web ruso Sci-Hub | Soy Armenio ...

    Alexandra Elbakyan est poursuivie par la justice américaine ! Pourquoi ? Parce que c’est une dangereuse terroriste ? Une cheffe de mafia ? Non, Alexandra Elbakyan a mis en place un système de partage de la littérature scientifique, une sorte de bibliothèque d’Alexandrie du 21e siècle qui périme les monopoles capitalistes des éditeurs scientifiques. En effet , l’outil qu’elle a développé permet d’universaliser l’accès à la aujourd’hui privatisé par des entreprises tel que ELSEVIER. Ces savoirs qui sont un bien commun de l’humanité sont pourtant la plupart du temps développés dans les institutions publiques du monde entier.

    Rappelons que la France paye près de 200 millions d’euros par an d’abonnement à Elsevier, rien que pour permettre à ses chercheurs des universités publiques d’avoir accès… à leurs propres articles ! Elsevier c’est plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et près d’un milliards de résultats ! Une rentabilité folle obtenue en privatisant la connaissance produite par l’Humanité et en facturant son accès à ceux-là mêmes qui la produise !

    Son outil Sci-Hub, que nos gouvernements capitalistes s’évertuent à bloquer, mais qui est sans cesse remis en ligne ou accessible via VPN ou par le réseau TOR, se présente à première vue comme une barre de recherche. Quand une recherche est effectuée soit la publication est déjà présente dans la base de données de Sci-Hub et est immédiatement disponible et téléchargeable gratuitement, soit elle ne l’est pas, alors le système se sert de codes d’accès qu’il a en mémoire pour télécharger la publication sur le site des éditeurs et la sauvegarde pour usage ultérieur. Avec la bibliothèque fantôme Library Genesis, ce sont de véritables bibliothèques mondiales, disponibles à tous, peu importe les moyens financiers, et permettant de disposer du meilleur de la littérature scientifique mondiale. Cela permet à n’importe quel quidam de lire de la littérature scientifique sans débourser un sou, ni travailler ou étudier dans une institution scientifique. Cela permet aux étudiants des pays pauvres d’avoir accès à cette connaissance, ainsi qu’aux universités, qui se font littéralement racketter par ces éditeurs en situation de monopole, de ne pas craindre de ne pas souscrire à tous ces abonnements extrêmement onéreux.

    ELSEVIER a attaqué Sci-Hub en 2015 pour ce qui était considéré comme la plus grande violation de propriété intellectuelle jamais enregistrée dans le monde à cette époque. Sci-Hub a été condamné à payer 15 millions de dollars en dommages et intérêts. En 2017, The American Chemical Society a fait condamner Sci-Hub à 4,8 millions de dollars et a obtenu la censure du site aux États-Unis. Finalement, le site s’est fait censurer en Suède en 2018, en  en 2018, en France en 2019, etc.

    Prise individuellement Alexandra Elbakyan la créatrice de Sci-Hub, qui est une citoyenne kazakhstanaise russophone, est une personnalité très charmante, une jeune femme passionnée et polymathe. Elle se définit comme communiste, en précisant qu’elle n’est pas une marxiste stricte. Elle est depuis très jeune intéressée par la programmation et l’informatique. Elle est aussi très intéressée par les neurosciences et les sciences cognitives et a fait de la recherche dans le domaine du traitement du signal neuronal. Son sujet de prédilection est la compréhension de l’apparition du phénomène de la « conscience » , de l’expérience subjective (qualia) qui provient en dernière instance comme tout bon matérialiste le sait d’une mise en réseau de neurones communiquants. Comme beaucoup de scientifiques en sciences cognitives et neurosciences, elle s’intéresse au lien entre philosophie de l’esprit, intelligence artificielle et neurologie. Elle plaisante en disant que ses recherches sur la cognition et la mise en réseau de neurones l’ont poussée à connecter les connaissances et les cerveaux et donc à créer Sci-Hub. Elle est aussi passionnée par la linguistique, les mythologies bibliques ou grecques ainsi que les langues anciennes. Pour plus en apprendre sur elle, on peut visiter son blog (susceptible d’être bloqué régulièrement).

     


    Entretien avec Alexandra ELBAKYAN


     

    Alexandra Elbakyan — Free as in Science – A Computer of ...

     

    Pourrais-tu nous parler de ta situation personnelle ? Tu es menacée par l’impérialisme américain, quelles sont les nouvelles à ce propos ? Est-ce que Sci-Hub a dû payer ses amendes ? Te sens-tu menacée comme un Julian Assange de la  ?

    Selon une décision d’une cour de justice américaine, je dois payer 15 millions de dollars à Elsevier et 4 millions à The American Chemical Society, mais je n’ai rien payé. Les effets des poursuites contre Sci-Hub sont le blocage des noms de domaine du site dans différents pays comme la France, la Russie, l’Italie… On peut contourner ce problème en utilisant un VPN et nous déplaçons Sci-Hub sur de nouveaux noms de domaine régulièrement.

    Sci-Hub est largement soutenu par le public, presque personne n’est du côté des éditeurs scientifiques.

    Aujourd’hui, le principal problème de Sci-Hub est sa couverture médiatique, la majorité de l’information à propos de Sci-Hub est censurée. C’est évidemment un grand événement et peut-être même une révolution que ce site, mais cela n’est pas discuté dans les médias. Oui, il y a certains articles publiés, mais la couverture est principalement négative, par exemple le Washington Post a écrit que les articles scientifiques étaient volés et que j’étais une espionne. La plupart des scientifiques et même certains prix Nobel me soutiennent, mais leur opinion n’est pas diffusée. De nombreux articles utilisent une photo horrible de moi, qui a été mise en ligne sur Wikipedia. Sur le Wikipedia russophone, l’article sur Sci-Hub est incomplet et négatif et les corrections sont censurées. La même chose se passe sur le Wikipedia anglophone où Sci-Hub est décrit comme un moteur de recherche, alors que ça n’est pas un moteur de recherche du tout. Cela peut être vu comme une petite erreur technique, mais en fait non, parce que Sci-Hub est une technique originale, et ne fait pas que rechercher. J’ai essayé de corriger cette mauvaise couverture médiatique en publiant sur moi sur mon site ( https://sci-hub.se/alexandra ). 

    Bien sûr je suis dans une bien meilleure situation qu’Assange, mais il faut se souvenir qu’il y quelques années tout le monde soutenait Assange, mais maintenant presque tout le monde l’a oublié et il a été arrêté sans beaucoup de résistance. C’est pour cela qu’il est important de développer l’intérêt du public pour mon travail avant qu’il ne soit trop tard. Je ne me sens pas menacée parce que je dirige Sci-Hub depuis des années et je me suis donc habituée. Mais je suis très ennuyée de cette couverture médiatique que je trouve très injuste.

    J’ai été étudiante en master d’administration publique à la Haute École d’Économie de Moscou et j’ai été obligée de quitter ce cursus après avoir validé une année avec succès (sur un total de deux). Cette école est dirigée par des antisoviétiques, des pro-occidentaux, surtout quand j’y étais en 2012. Alors que j’étais étudiante, j’ai été attaquée par un professeur qui ne me donnait que de mauvaises notes et m’agressait pendant ses cours. Je me sentais menacée. Ce professeur avait un mot de passe simple pour accéder à sa boîte mail, j’ai donc piraté sa boîte mail où j’ai pu lire des échanges où il disait qu’il fallait me « détruire », parce que « de nombreux maux dans le monde viennent de personne comme cette garce ». Je me suis plainte à la direction de mon école et cela a fait un scandale. C’était à la fin 2012, je ne suis pas sûre si c’était lié à mes positions procommunistes ou à Sci-Hub. Un mois après, l’activiste du mouvement Open Acess (anti-copyright) Aaron Swartz était trouvé mort, suicidé (ndt : Aaron Swartz, brillant intellectuel et militant, avait aussi participé à des actions de libération de la propriété intellectuelle et s’est suicidé à 26 ans probablement à cause de la répression judiciaire américaine qu’il a subie). J’ajouterais aussi que quand Sci-Hub a démarré en 2011 dans la science russe, cela fut un grand événement et énormément de chercheurs étaient très heureux de cela.

     

    Peux-tu nous parler de la relation entre Sci-Hub et le communisme ?

    La première version de Sci-Hub avait une faucille et un marteau dessus, quand on déplaçait le curseur de la souris dessus, une définition du communisme apparaissait : « le communisme est la propriété collective des moyens de production avec un accès libre aux articles de consommation (jeux de mots sur le double sens du mot “article”).

    Comment Sci-Hub est lié au communisme ? Si l’on regarde l’état de la science actuelle, on voit que la connaissance est devenue la propriété des éditeurs scientifiques qui sont de riches corporations comme Elsevier, qui restreignent l’accès au savoir afin d’en extraire des profits. Il en résulte que l’accès à la connaissance académique est devenu exclusivement réservé à un petit nombre de gens riches ainsi qu’à un petit nombre de personnes qui travaillent dans certaines institutions scientifiques à l’écart de la société. Cet état actuel des choses montre combien le capitalisme travaille contre la science. Afin de réaliser un gigantesque profit, on restreint l’accès à la science. 

    L’essence du communisme est la propriété collective, et c’est très important pour la connaissance. Le communisme veut rendre accessibles les meilleures choses au plus grand nombre sans les réserver à une minorité. C’est pourquoi Sci-Hub milite pour le communisme, la science doit être accessible à tout le monde, et appartenir à la société comme un bien commun, elle ne doit pas être privatisée par une entreprise privée. Aussi, le communisme veut réfléchir à la société de manière scientifique, il en résulte que la science ne doit pas être réservée aux professionnels.

    Interview Exclusive d’ALEXANDRA ELBAKYAN, la Julian Assange communiste de la science !

     

    Est-ce que tu penses que la science progresse plus efficacement quand elle est socialiste ?

    Bien sûr, le capitalisme détruit la science. Mais il y a d’autres liens plus profonds. Le père de la sociologie des sciences Robert Merton nommait “communisme” une composante essentielle de l’éthos nécessaire au travail scientifique. Essentiellement, en y réfléchissant plus profondément, la science est la connaissance rationnelle codifiée dans des textes et est donc inséparable du langage. La mythologie nous l’enseigne : un dieu antique comme Hermès était à la fois dieu des langues et des sciences. Le langage est une forme de communication, et communiquer c’est mettre des choses en commun. En conséquence, la connaissance rationnelle est inséparable du communisme et la science est communiste dans son essence.

    As-tu des choses à dire sur les possibilités pour des forces politiques socialistes de grandir en Russie ou en Asie centrale ?

    En Russie, le PCFR (Parti communiste de la Fédération de Russie – KPRF) est un grand parti représentant une large proportion de la population, mais beaucoup de gens considèrent qu’il ne suit plus réellement les idées communistes. Dans les médias d’Etats et privés, il y a une grande propagande constante contre l’ et le communisme depuis des années. Les forces communistes sont actuellement en crise.

     

    Le PRCF défend globalement l’héritage de l’URSS, qu’est-ce que les postsoviétiques regrettent le plus de l’Union soviétique aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, ce qui manque le plus aux citoyens des ex-Républiques socialistes, c’est la justice sociale et la grandeur d’un pays qui était respecté partout dans le monde.

     

    Sur quoi penses-tu que les communistes ou les socialistes d’Europe occidentale devraient se concentrer ?

    Cela serait bien que les partis communistes du monde entier s’intéressent plus aux problèmes de la propriété intellectuelle, le partage de pair-à-pair (comme le torrent), les biens communs intellectuels contre le copyright. Cela pourrait motiver beaucoup de jeunes à les rejoindre, pour certaines raisons étranges, le sujet de la propriété intellectuelle a lancé de grands débats sur Internet il y a quelques années, et c’était complètement ignoré par les communistes. Le problème des partis communistes aujourd’hui, c’est qu’ils sont parfois trop focalisés sur le passé et qu’ils devraient présenter le communisme comme un futur et non comme un passé.

     

    sources: https://www.initiative-communiste.fr/   &   http://jrcf.over-blog.org/

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  • Les élections parlementaires au Venezuela sont terminées, le peuple a voté et le Parti communiste (PCV) est de retour à l'Assemblée nationale ! Malgré la censure et le blocus des médias, l'alliance électorale "Alternative Populaire Révolutionnaire" (APR), soutenue par le PCV et d'autres groupes politiques, a obtenu 2,75% des voix.

    Le Parti communiste sera représenté à l'Assemblée nationale par son secrétaire général Oscar Figuera, qui a été élu député.

    Avec un faible taux de participation de 30,5 % des électeurs, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), social-démocrate, de Nicolas Maduro et ses alliés ont remporté les élections législatives du 6 décembre et ont repris le contrôle de l'Assemblée nationale. Selon le Conseil national électoral, l'alliance "Grand pôle patriotique" dirigée par le PSUV a obtenu 68 % des voix et devrait remporter au moins 189 des 277 sièges de l'assemblée. 
     
    Les résultats électoraux de l'opposition anti-Chavista ont été un désastre. L'alliance dite "démocratique", dirigée par les partis Accion Democratica, El Cambio et COPEI, a obtenu 17,73 % des voix, tandis que l'alliance de droite "Venezuela uni" (comprenant le parti Voluntad Popular de Leopoldo Lopez) a obtenu 4,20 %.

    Après l'annonce des premiers résultats, le président Maduro a déclaré "Le Venezuela se réveille avec une nouvelle aube de paix, de joie, de rassemblement et de renforcement de nos institutions démocratiques. Une nouvelle étape dans la reconstruction du parlement et la récupération de notre pays a commencé".

    Le gouvernement américain et l'Union européenne ont refusé d'accepter le résultat, exprimant des revendications infondées sur le processus électoral. Le putschiste sous contrôle américain Juan Guaidó, qui avait appelé au boycott des élections, a annoncé qu'il ne reconnaîtrait pas la nouvelle Assemblée. 

    source en anglais: http://www.idcommunism.com/2020/12/venezuela-elections-2020-the-communist-party-pcv-is-back-in-national-assembly.html

    source en français: http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2020/12/elections-au-venezuela-en-2020-le-parti-communiste-pcv-est-de-retour-a-l-assemblee-nationale.html

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