• Le Congrès espagnol rejette la condamnation du communisme

    La Commission constitutionnelle du Congrès des député.e.s a rejeté la proposition de loi déposée par le Parti Populaire visant à condamner le communisme et à faire adhérer l'Espagne à la résolution du Parlement européen de septembre 2019 qui amalgame le nazisme et le communisme.

    "Par trois fois la droite espagnole a interdit le Parti communiste, et maintenant elle veut évidemment préparer le terrain pour la quatrième interdiction".

    Article et traduction Nico Maury


    Par 20 voix contre (parmi lesquelles PSOE, Izquierda Unida, Podemos, indépendantistes basques & catalans) et 16 pour, la proposition de loi a été rejetée.

    Le porte-parole adjoint d'Unidas Podemos au Congrès et Secrétaire général du Parti Communiste d'Espagne, Enrique Santiago, a rappelé à ses détracteurs et aux anticommunistes que "assimiler le nazisme à toute autre idéologie, c'est banaliser le mal et les crimes commis contre l'humanité par Hitler et Mussolini".


    "Le seul régime politique qui a planifié et exécuté l'élimination industrielle systématique de collectifs et des peuples entiers est le nazisme" déclare Santiago.

    Il a accusé le PP de "tomber très bas", "d'avoir toujours refusé de condamner le franquisme" et d'être "complice des crimes contre l'humanité". Le dirigeant communiste ajoute que "le Parti populaire a été fondé par des franquistes qui ont accepté la peine de mort contre les militant.e.s du PCE parce qu'ils s'opposaient à une dictature. Maintenant, ils essayent d'assimiler les victimes et les bourreaux pour les rendre responsable des crimes contre l'humanité". Il ajoute que "trois fois en cent ans, la droite espagnole a interdit le Parti communiste, et maintenant elle veut évidemment préparer le terrain pour la quatrième interdiction".

    On rappel les noms des eurodéputés français qui ont voté cette résolution en septembre 2019
    On rappelle les noms des eurodéputés français qui ont voté cette résolution en septembre 2019
     
    Cette initiative législative de la droite espagnole demandait que le Congrès exige de l'exécutif gouvernemental (PSOE-Podemos-Izquierda Unida) de suivre les recommandations de la résolution du Parlement européen de Septembre 2019.

    Ce texte, approuvé par 535 eurodéputé.e.s (66 contre et 52 abstentions), place le nazisme et le communisme sur un pied d'égalité et permet la criminalisation des Partis communistes. La droite espagnole demande "d'adopter des mesures conformes aux déclarations contenues dans la résolution du Parlement européen".

    Le 19 septembre 2019, le Parlement européen votait une résolution anticommuniste et qui réécrivait l'histoire.

    Le texte promeut les conceptions et les falsifications les plus réactionnaires de l'histoire contemporaine dans une tentative déplorable d'assimiler fascisme et communisme, minimisant et justifiant les crimes du nazisme-fascisme et réduisant au silence les responsabilités des grandes puissances capitalistes - telles que le Royaume-Uni ou la France.

    La résolution adoptée par la majorité du PE non seulement efface la collusion des grands monopoles allemands avec Hitler, mais cherche également à effacer la contribution décisive des communistes et de l'Union soviétique à la défaite du fascisme nazi et à la libération des peuples du pouvoir colonial après la Seconde Guerre mondiale.
     
     

     

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  • Le président bolivien Luis Arce a renouvelé l'ensemble du haut commandement militaire et a souligné que les forces armées ont la tâche de regagner la confiance du peuple suite à la participation de l'armée au coup d'État contre le gouvernement d'Evo Morales, et à la répression des manifestations contre le coup d'État.

    Article et traduction Nico Maury

     
     
    Le président bolivien Luis Arce limoge l'ensemble du haut commandement militaire
     
    Lors d'une cérémonie tenue à la Casa Grande del Pueblo, quartier général de l'exécutif, le nouveau commandant en chef des forces armées de l'État plurinational de Bolivie, le général Jaime Zabala, et son chef d'état-major, le général Miguel Contreras, ont prêté serment. Tout comme les nouveaux commandements, les généraux Genaro Ramos (armée de terre), Moisés Vallejo (armée de l'air), et le contre-amiral Javier Torrico (marine).

    "Nous désignons le nouveau commandement militaire de l'État plurinational de Bolivie, il a la grande responsabilité de remettre les forces armées dans le cadre institutionnel établi par la Constitution de l'État, au service du peuple bolivien" déclare Luis Arce lors de la cérémonie de nomination.

    Arce a appelé les Forces Armées à s'unir au peuple, à œuvrer pour l'unité des Bolivien.ne.s, à défendre la démocratie, la paix sociale et à garantir la stabilité du gouvernement, élu par la volonté souveraine du peuple.

    Jaime Zabala a promis au chef de l'Etat de "travailler sans relâche" pour le développement, la réforme institutionnelle de la sécurité et à la défense globale de l'Etat.

    Le nouveau commandant en chef des forces armées a demandé au gouvernement une réforme de l'armée pour en chasser les éléments mauvais.

    Même scénario avec la Police.

    "Aujourd'hui, un nouveau cycle de réinstitutionnalisation de notre police bolivienne commence, sous trois axes; discipline, dignité et respect des institutions".

    Le président Bolivien explique "que la police doit toujours être, quoi qu'il arrive, aux côtés de son peuple et du mandat populaire exprimé lors des élections. L'institution de police a pour tâche fondamentale de regagner la confiance du peuple." Un avertissement envoyé en direction de cette force de sécurité qui a joué un rôle central dans lors du coup d'état contre Evo Moralès.
     
     
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  • Les élections municipales peuvent être vues comme un thermomètre de ce que seront les élections présidentielles de 2022.

    Les résultats électoraux des principales villes brésiliennes montrent la défaite des candidats soutenus par le président Jair Bolsonaro, au profit des candidats du centre et de la droite modérée.

    Traduction Nico Maury

     

    Les candidats de Bolsonaro sont vaincus dans les grandes villes brésiliennes

     

    Selon les résultats publiés par le Tribunal électoral supérieur, à Sao Paulo, la ville qui compte le plus d'électeurs dans le pays, avec près de 9 millions, l'actuel maire, Bruno Covas du Parti social-démocrate brésilien (PSDB) en a profité, et remporte environ un tiers des voix 32,8%.

    Cependant, Covas devra affronter la gauche et ancien candidat à la présidentielle Guilherme Boulos (PSOL) au deuxième tour le 29 novembre, ce candidat a remporté 20,2% des voix.

    "Il est confirmé que Jair Bolsonaro sera le principal perdant du premier tour des élections municipales. Les candidats qui ont reçu son soutien ont la possibilité d'accéder au second tour que dans 3 capitales".


    "Le 1er tour des élections municipales du brésil pour Jair Bolsonaro:
    - seuls 2 de ses candidats sont qualifiés dans les capitales pour le 2nd tour (Rio de Janeiro et Fortaleza);
    - Son candidat à São Paulo, Russomano, fini quatrième."


    Le candidat soutenu par Bolsonaro, le conservateur Celso Russomanno, a terminé à la quatrième place, avec un peu plus de 10% des voix.

    À Rio de Janeiro, deuxième plus grande ville du Brésil, le centre-droit Eduardo Paes a terminé premier avec près de 40% et sera au second tour avec l'actuel maire, le leader ultra-conservateur et évangélique Marcelo Crivella, soutenu par Bolsonaro qui a reçu 21,9% des voix.

    Les résultats à Belo Horizonte, la troisième ville du pays, l'actuel maire Alexandre Kalil a obtenu plus de 50% des voix, laissant de côté l'aspirant "Bolsonariste" Bruno Engler, recueille autour de 10%.

    Recife, l'une des capitales du nord-est du Brésil, décidera du sort de la mairie entre Joao Campos, du Parti socialiste brésilien (PSB), et sa cousine Marilia Arraes, représentante du Parti des travailleurs.

    Le chef de la police Patricia Domingos, soutenu par Bolsonaro, a terminé à la quatrième place avec moins de 15% des votes.

    A noter que la veuve de Marielle Franco, Monica Benicio, est élue conseillères de Rio de Janeiro et avec le plus de voix.


    Dans la ville de Belém (capitale du Pará), considérée comme la plus grande ville du nord du pays, avec 98,65% comptés, le candidat du Parti Socialisme et Liberté (PSOL) Edmilson Rodrigues a obtenu 34,24% des voix, dépassant au candidat de la patrie, Delegado Eguchi qui a obtenu 23,06%.

    A Manaus, la capitale de l'état d'Amazonas, les anciens gouverneurs Amazonino Mendes et David Almeida se réuniront au second tour. Le colonel Menezes, soutenu par Bolsonaro, a obtenu moins de 10%.

    La ville de Fortaleza a donné un peu de satisfaction à Bolsonaro, puisque le candidat qu'il a soutenu, Wagner Sousa Gomes, dit "Capitaine Wagner", disputera le second tour avec un candidat de centre-gauche.

    Après avoir annoncé les premiers résultats électoraux, qui ont marqué la défaite de ses candidats, Bolsonaro a supprimé de ses réseaux sociaux un post des jours précédents dans lequel il demandait à ses partisans de voter pour différents candidats dans les villes du pays, dont Crivella et Russomanno. .

    À Rio de Janeiro, Monica Benício, veuve de la conseillère assassinée du Parti du socialisme et de la liberté (PSOL) et défenseuse des droits humains Marielle Franco, a été élue conseillère aux élections municipales.

    Selon le TSE, Benício a obtenu 22.916 votes (99,9% des votes comptabilisés) qui lui assurent un siège à la Chambre municipale de l'État le plus touristique du pays.

    Lors des élections de ce dimanche, près de 148 millions de Brésiliens ont voté pour élire leurs maires et conseillers.

    Malgré le caractère local, ces élections municipales peuvent également être interprétées comme un thermomètre de ce que seront les élections présidentielles de 2022.

     

    Source en français (traduction de Nico Maury): https://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Les-candidats-de-Bolsonaro-sont-vaincus-dans-les-grandes-villes-bresiliennes_a15422.html

    Source en espagnol: https://www.telesurtv.net/news/brasil-bolsonaro-pierde-elecciones-municipales-20201116-0002.html

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  • La crise politique au Pérou part de la destitution du président Martín Vizcarra par l'Assemblée législative du pays. Accusé de corruption et après un simulacre de procès, le Congrès péruvien a destitué ce dernier le 9 novembre.

    Des manifestations ont éclaté dans tous le pays pour dénoncer le "coup d'état". La crise économique et à la pandémie de Covid-19 font surgir, comme au Chili, le besoin d'un nouveau modèle économique et politique, la nécessité de mettre fin à la constitution néolibérale de 1993.

    Article et traduction Nico Maury

     
    Manifestations et crise politique majeure au Pérou
     
    Accusé de corruption à la suite de la diffusion d'un enregistrement le mettant en cause dans un contrat de complaisance supposé d’un chanteur, le Congrès ouvre une procédure de destitution à l’encontre de Martín Vizcarra le 11 septembre 2020. Il échappe à la destitution le 18 septembre, la motion recueillant seulement 32 votes favorables sur les 87 nécessaires.

    La justice annonce le 10 octobre l’ouverture d'une enquête pour corruption. Celle-ci ne commencera ses travaux qu'après le départ du pouvoir de Martin Vizcarra, celui-ci étant couvert par l'immunité présidentielle. Une nouvelle procédure est enclenchée en novembre suite aux témoignages de plusieurs hommes d’affaires, qui ont affirmés devant la justice avoir versé en 2014 des pots-de-vin à Martín Vizcarra, alors gouverneur de la région de Moquegua, en échange de contrats pour des travaux publics, ce qu'il dément.

    Le président du parlement Manuel Merino prend la tête du mouvement en faveur de l'inculpation de Vizcarra. Il est finalement destitué par le parlement le 9 novembre 2020 avec 105 voix pour, 19 contre et 4 abstentions.

    Le président du parlement Manuel Merino lui succède le lendemain et devient président par intérim.

    Manifestations et crise politique majeure au Pérou
     "Coup d'état" parlementaire et manifestations

    Les manifestations de grandes ampleurs éclatent dans le pays, les manifestant.e.s accusent le parlement de « coup d'État » . Aux cris de « Merino ne sera jamais mon président ! » ou « ce Congrès ne me représente pas ! » les péruvien.ne.s occupent les rues de la capitale, Lima. Le Défenseur du peuple a dénoncé un usage indiscriminé de la force par la police.

    Trois personnes sont tuées lors d'une manifestation brutalement réprimée par la police le 14 novembre. Le Congrès appelle Merino à démissionner immédiatement le 15 novembre, ce qu'il fait le jour même.

    Le Parlement doit désormais nommer un nouveau président parmi ses membres, le troisième en moins d'une semaine après la destitution par cette même assemblée de Martin Vizcarra, populaire président mis en défaut par une procédure expéditive qui témoigne de la fragilité des institutions péruviennes.

    Les membres du Congrès péruviens ne sont pas parvenus à un accord pour élire une nouvelle présidence.

    Manifestations et crise politique majeure au Pérou
     
    "C'est l'immense rejet citoyen qui s'exprime dans les rues, sur les réseaux sociaux, à travers les cacerolazos" (Concert de casseroles) déclare le Parti Communiste du Pérou (Patria Roja).

    "Comme pour toute dictature, les putschistes se soutiennent en recourant à la répression et n'ont pas tardé à faire couler le sang contre le droit légitime de manifester. Nous rejetons les mesures répressives, nous demandons une sanction exemplaire contre les responsables du meurtre des jeunes manifestants, que les manifestants d'être soumis à la terreur et que la campagne pour amalgamer Patria Roja avec le Sendero Luminoso cesse.

    Merino, Aráoz et leur combo facho doivent partir immédiatement et céder la place à un gouvernement provisoire qui garantit un calendrier électoral et la transparence du processus, qui ne cède pas face à la corruption, qui gère efficacement la lutte contre la pandémie, qu'il acte une augmentation des salaires et protège l'emploi, qui alloue une augmentation du budget à la santé et à l'éducation.

    Nous exprimons notre solidarité avec les familles des victimes, les blessés et détenues. Le Pérou est un peuple digne, qui dit ASSEZ! aux abus, à la pourriture et à l'arrogance qui caractérisent les classes dirigeantes."

    Le Parti Communiste du Pérou (Patria Roja) explique que la "démocratie" ne peut être sauvée dans le cadre de la Constitution néolibérale de Fujimori (1993). La lutte contre le coup d'État Merino / Flores ne doit pas être une lutte pour le gouvernement de Vizcarra. Les luttes populaires doivent aboutir à un processus constituant, une nouvelle république, une nouvelle constitution, une nouvelle démocratie, un nouveau modèle économique, une souveraineté nationale, un développement industriel basé sur les besoins réels du peuple péruvien.
     
     
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  • Macron soutient 

    Françafrique, mais aussi Eurafrique et Usafrique sont à juste titre pointés du doigt dans ce texte du Collectif , ce qui nous rappelle qu’il ne suffit pas de dénoncer un impérialisme si nous ne les combattons pas tous. Notons aussi les mérites de ce texte qui montre clairement le deux poids deux mesures dans le traitement de l’image à l’étranger des dirigeants africains, nos médias stigmatisant les dirigeants indépendantistes et souverainistes de gauche et, au contraire, ayant toutes les indulgences pour les marionnettes de l’Occident.

    Plus d’une centaines de personnes sont mortes dans les violences et la répression suivant la proclamation par Ouattara de son élection.


    ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN CÔTE D’IVOIRE

    PAS CRÉDIBLE, PAS LÉGITIME, PAS DÉMOCRATIQUE

     

    On se souvient que A. D. Ouattara a été installé au pouvoir après la capture à la manière des négriers de la traite des noirs de l’ex-président, L. Gbagbo, celui qui avait demandé de recompter les bulletins pour éviter le bain de sang.

    Depuis, la constitution limitait le mandat présidentiel à deux fois et voilà, qu’après avoir annoncé à grand cri qu’il ne serait pas candidat, que Ouattara traficote la constitution pour se présenter pour un troisième mandat.

    Ouattara fait exclure tous les prétendants, dont Gbagbo, en lui refusant de fait son passeport alors que la CPI l’acquitté pour n’en retenir que quatre, dont Bédié et Affi Nguessan.

    Sa Commission électorale indépendante (CENI), taillée sur mesure, a annoncé sa victoire avec 94 % des voix et une participation de 53,9 %.

    Dénonçant cette mascarade électorale finalement de fait boycottée par les populations, l’opposition a annoncé avoir mis en place un Conseil National de Transition (CNT) présidé par l’ancien président Henri Konan Bédié qui « a pour mission de mettre en place dans les prochaines heures un gouvernement de transition »(Pascal Affi N’Guessan au nom de toute l’opposition).

    Ces forfaits autocratiques sont couverts par les institutions néocoloniales africaines comme la CEDEAO sans parler de l’UEMOA(zone CFA colonial) et les « partenaires » (sic!) de la françafrique, l’eurafrique et l’usafrique prompts à jeter le qualificatif de « dictateurs » sur les Mugabe, Kadhafi, Sankara, Sékou Touré, Modibo Keita, Nkrumah, Nasser, Jammeh, Nguema, etc, se terre dans un silence bruyant dans les cas ivoiriens et guinéens.

    Ouattara tout comme Condé tuent dans leur pays respectif et doivent dégager.

    Le Collectif Afrique dit stop aux tueries et arrestations du pouvoir illégitime de Ouattara et appelle à la solidarité active avec le peuple martyr de la terre africaine de Côte d’Ivoire.

    La France doit respecter le droit d’asile et accorder le droit d’asile aux réfugiés ivoiriens.

     

    5/11/2020 – Collectif Afrique /France – CA

     

    Source : https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Dans un texte adressé à l’ diverses personnalités de premier plan la somme de reconnaître le résultat des élections législatives du 6 décembre prochain, respectant ainsi l’expression de la volonté souveraine du Peuple vénézuélien, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit des peuples à l’autodétermination.

    Un appel qui résonne comme un avertissement alors que dans moins d’un mois le  tiendra ses élections législatives. Des élections que l’Union Européenne se précipitent à piétiner dès lors qu’elle n’en accepte qu’un seul résultat, celui conforme aux intérêts de l’impérialisme USA . Désignant par avance les vainqueurs. On vient de le voir de façon éclatante avec le putsch qu’elle a soutenu en Bolivie. On l’a constaté d’ailleurs également sur le vieux continent même : l’UE a piétinée l’ensemble des résultats des referendums qui n’allaient pas dans son sens, celui du renforcement permanent et supranational de la dictature du Capital contre les peuples. Les français savent ce qui a été fait de leur vote du 29 mai 2005.

    D’ailleurs plutôt que de soutenir le processus électoral au Venezuela, l’Union Européenne vient de décider de nouvelles sanctions économiques contre le Venezuela participant ainsi directement à renforcer le blocus et la guerre économique menée par les USA, qui frappent de façon criminelle le Venezuela et son peuple

    Parmi les signataires figurent déjà M. Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix ; Mme. Dilma Roussef, ancienne présidente du Brésil ;  Rafael Correa,   ancien président de l’Equateur ; Evo Morales, ancien président de la Bolivie; Ignacio Ramonet ; Alfred De Zayas ; Gleisi Hoffman, deputée fédérale y  présidente du Parti des travailleurs du Brasil ; Juan Carlos Monedero, universitaire, Espagne; Paulo Pimenta, député fédéral du Brésil; Fernando Buen Abad, Mexique ;  Florencia Lagos, Chili ; Katu Arconada, Espagne/Bolivie;  Stella Calloni, Argentine; Javier Couso, ex eurodéputé Espagne; Geraldina Colotti, Italie; Maite Mila, vice-présidente du Parti de la Gauche européenne; Carlos aznarez, directeur de «resumen latino americano» et plusieurs personnalités d’Europe et Amérique latine.

     


     

    « L’Union européenne doit reconnaître le résultat des urnes au Venezuela

     

    Le 6 décembre 2020, comme le stipule leur Constitution, les citoyens vénézuéliens sont appelés aux urnes pour choisir de nouveaux représentants à l’Assemblée nationale.

    Outre la diversité pléthorique des propositions politiques (107 partis en lice, 14.400 candidats pour 277 sièges de députés), l’occasion de cette élection représente surtout une sortie possible, démocratique, légale et pacifique à la crise politique et institutionnelle ouverte par l’auto-proclamation, en janvier 2019, de Juan Guaido comme “président intérimaire” du Venezuela.

    Au cours de l’année 2020, les discussions entre le gouvernement et une partie de l’opposition résolue à rejoindre le chemin constitutionnel, ont conduit à l’établissement de nouvelles garanties électorales, unanimement acceptées par toutes les tendances politiques impliquées dans ce processus électoral.

    Malgré ses appels répétés au dialogue au Venezuela, l’Union européenne a refusé d’accepter ce nouveau consensus démocratique et a finalement décidé de repousser l’invitation de l’État vénézuélien d’envoyer des d’observateurs comme garants du bon déroulement des élections.

    Cette contradiction est le fruit des pressions constantes de l’administration des États-Unis, embourbée au Venezuela dans une entreprise pour laquelle la priorité n’est pas le respect de la démocratie ni des processus électoraux, mais bien le «changement de régime», quel qu’en soit le coût. Cet alignement sur la politique des pires faucons de Washington signe l’abdication d’une politique étrangère indépendante pourtant mise en avant dans de nombreux discours d’intention.

    Si l’Union européenne tient véritablement à être ce qu’elle prétend, un vecteur de paix dans un monde en turbulence, elle ne doit pas soutenir la voie de la violence et de la confrontation au Venezuela.

    C’est pourquoi nous demandons à l’Union européenne qu’elle reconnaisse le verdict qui sortira des urnes le 6 décembre, et qu’elle soutienne le choix démocratique des vénézuéliens. »

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Le Parti Populaire (droite conservatrice héritière de Franco) soumettra au vote la semaine prochaine au Congrès une initiative pour condamner le "totalitarisme communiste", le plaçant au même niveau que le "totalitarisme nazi".

    Cette initiative s'appui sur une résolution votée au Parlement européen votée en septembre 2019, plaçant communisme et nazisme sur un même plan. Cette résolution honteuse avait reçu le soutien des sociaux-démocrates, des écologistes, de la droite, des libéraux et de l'extrême droite.

    Cette résolution révisionniste et anticommuniste a ouvert une boite de pandore qui permet de justifier l'interdiction des Partis communistes et du communisme.

    Article et traduction Nico Maury

     
    Le Congrès espagnol étudiera une loi pour criminaliser le communisme
     
    Cette initiative législative de la droite espagnole sera débattue jeudi prochain à la Commission constitutionnelle de la Chambre basse du Parlement d'Espagne. Le Parti Populaire demande que le Congrès exige de l'exécutif gouvernemental (PSOE-Podemos-Izquierda Unida) de suivre les recommandations de la résolution du Parlement européen de Septembre 2019.

    Ce texte, approuvé par 535 eurodéputé.e.s (66 contre et 52 abstentions), place le nazisme et le communisme sur un pied d'égalité et permet la criminalisation des Partis communistes. La droite espagnole demande "d'adopter des mesures conformes aux déclarations contenues dans la résolution du Parlement européen".

    L'objectif du PP est que cette approche soit prise en compte dans l'élaboration des politiques de mémoire, notamment en Espagne.

    "C'est un problème qui affecte également notre pays, dans lequel nous avons condamné à plusieurs reprises la dictature de Franco et les totalitarismes fascistes, mais, néanmoins, nous n'avons pas condamné les totalitarismes communistes et les crimes commis par les communistes pendant la République comme pendant dans la guerre civile" explique la proposition de loi.

    De plus, le PP explique qu'il y a "des membres du gouvernement actuel qui se revendiquent encore du communisme et sa mémoire".

    Le Congrès espagnol étudiera une loi pour criminaliser le communisme
     
    Le 19 septembre 2019, le Parlement européen votait une résolution anticommuniste et qui réécrivait l'histoire.

    Le texte promeut les conceptions et les falsifications les plus réactionnaires de l'histoire contemporaine dans une tentative déplorable d'assimiler fascisme et communisme, minimisant et justifiant les crimes du nazisme-fascisme et réduisant au silence les responsabilités des grandes puissances capitalistes - telles que le Royaume-Uni ou la France.

    La résolution adoptée par la majorité du PE non seulement efface la collusion des grands monopoles allemands avec Hitler, mais cherche également à effacer la contribution décisive des communistes et de l'Union soviétique à la défaite du fascisme nazi et à la libération des peuples du pouvoir colonial après la Seconde Guerre mondiale.
     
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    Par Cecilia González

     

    L’ancien président a répété qu’il travaillerait pour l’unité du pays et qu’il en cherchera pas à se venger de ceux qui ont fait le coup d’Etat contre lui.

    Evo Morales retorna a Bolivia cobijado por el apoyo de multitudes para continuar su trabajo político fuera del Gobierno: ¿y ahora qué?

    Evo Morales est rentré en Bolivie protégé par une multitude pour continuer son travail hors du Gouvernement. Et maintenant ?

    La caravane de retour de l’ancien président Evo Morales a parcouru pendant 3 jours plus de 1 100 kilomètres, accompagné par une foule qui pleurait, l’embrassait et l’ovationnait lors d’événements qui ont confirmé sa popularité et qui ont soulevé des questions sur le rôle qu’il jouera dans le Gouvernement du président Luis Arce Catacora.

    Jeudi, au lever du jour, par exemple, Morales a rencontré les dirigeants de son parti, le Mouvement Vers le Socialisme-Instrument Politique pour la Souveraineté des Peuples (MAS-IPSP), « pour analyser la situation et tracer la ligne stratégique de travail du projet le plus important de Bolivie. »

    Les réunions de travail à partir de 5 ou 6h du matin ont été une caractéristique de ses 13 années de gouvernement  (2006-2019) et il a déjà recommencé dès son retour dans son pays après 1 an d’exil. 

    Plus tard, l’ancien président a rencontré des organisations syndicales et des organisations des peuples originaires d’Amérique Latine  à l’auditorium de radio Kawsachun Coca, en Lauca Ñ, tropique de Cochabamba, ce qui montre qu’il va continuer à avoir une intense activité politique.

    Avant de rentrer en Bolivia, Morales avait écarté l’idée de se présenter à des élections pour occuper un poste dans le cabinet d’Arce Catacora qui a insisté sur le fait que l’ancien président n’aura aucun rôle dans son gouvernement.

    Morales a même affirmé qu’il n’influencera pas la nomination des nouveaux ministres bien que certains médias boliviens aient spéculé sur la possibilité que le tiers de ces charges soit attribué à des personnalités politiques proches de l’ancien président.

    Le retour

    Les plans de Morales, indiqués par lui-même, sont de retourner vivre dans le Chapare, pas dans la capitale, La Paz, et de se consacrer à l’élevage du pacú, un poisson de rivière fameux dans la région. 

    Sur le plan politique, il a confié qu’il veut partager son expérience avec des jeunes pour former de nouveaux dirigeants sociaux mais en marge du Gouvernement parce que l’une de ses priorités est de protéger Arce Catacora de toute tentative de déstabilisation.

    Mais la quantité d’actes qui se sont réalisés lors de son retour en Bolivie, dans certains cas inattendus, ont montré que l’autorité de Morales sur une grande partie de la société bolivienne est encore profonde et c’est un capital politique essentiel pour un dirigeant d’à peine 61 ans.

    « Evo n’est pas seul » est l’un des cris les plus répétés depuis que, lundi matin, l’ancien président a traversé à pied le pont frontalier qui relie la ville argentine de La Quiaca à la ville bolivienne de  Villazón.

    Ensuite, il a poursuivi son chemin avec son ex-vice-président  Álvaro García Linera, toujours par la terre et suivi d’une caravane d’autos, vers les villes de Atocha, Uyuni et d’Oruro, où il a pu arriver malgré les blocages de routes mis en place par les opposants au MAS.

     A tout moment, des citoyens qui lui souhaitaient la bienvenue, qui voulaient le voir, le toucher, l’entendre, accompagnaient Morales. Ila rencontré des maîtres ruraux, des mineurs, des indigènes, des paysans, il a été reçu avec de la musique, des danses et de la nourriture typique, a donné des conférences de presse et envoyé des massages à la foule. Il ressemblait plus à un candidat qu’à un homme politique à la retraite.

    Emotions

    L’une des escales les plus spéciales de la caravane de Morales est celle qu’il a faite à  Orinoca, son village natal, où il a dirigé un événement dans un stade qui porte le nom de son père, Dionisio Morales Choque, et s’est rempli de partisans qui l’acclamaient. 

    Là, il s’est également rendu dans l’humble maison dans laquelle il a passé son enfance, alors qu’il n’imaginait jamais pouvoir arriver à être président de la Bolivie ou qu’il subirait un coup d’Etat qui mettrait en danger sa vie et l’obligerait à s’exiler au Mexique et en Argentine pendant 1 an. Il pouvait encore moins imaginer qu’après tout cela, malgré toutes les prédictions disant que sa carrière politique était finie,  il reviendrait triomphalement dans son pays.

    Le point culminant de son retour a été Chimoré, la ville d’où, le 11 novembre 2019, le lendemain du coup d’Etat, il a réussi à prendre un avion de l’armée de l’air mexicaine grâce à une opération de sauvetage organisée par le président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador,  et le président de l’Argentine, Alberto Fernández.

    Il est revenu à Chimoré également un 11 novembre, juste 1 an après, pour être reçu par des centaines de milliers de personnes. Les organisateurs ont dit qu’il y en avait 1 000 000.

    Le symbolisme était présent dans cette poignée de terre bolivienne  que García Linera a prise et a emmenée en exil et qu’il a réussi à ramener après avoir lutté pour rétablir la démocratie dans le pays.

    « Le jour où je suis parti de cet aéroport, j’ai pris une motte de terre et je l’ai emportée, roulée dans un drapeau. Elle m’a accompagné au Mexique et en Argentine. Aujourd’hui, je l’ai ramenée parce que nous sommes la terre, nous sommes la mémoire, nous sommes les racines, et la terre appelle la terre, » a dit Álvaro García Linera, lors de l’un des moments les plus émouvants de ce retour. 

    A Chimoré, Morales était accompagné par Andrés Arauz, le candidat du parti de l’ex-président Rafael Correa aux élections présidentielles de l’Equateur auxuqleles le progressisme latino-américain espère continuer à récupérer le terrain qu’ila perdu ces dernières années avec la victoire de la droite aux élections. 

    S’occuper du projet 

    Les discours d’Evo pendant ses premiers jours en Bolivie, ont eu pour axe commun de protéger le Gouvernement d’Arce Catacora, défendre les ressources naturelles et rester en garde face aux attaques de la droite contre les mouvements populaires.

     « Je ne suis pas vindicatif, je ne reviens pour me venger de personne. Politiquement, nous l’allons jamais chercher la vengeance parce que nous venons de la culture de paix et nous avons toujours travaillé pour intégrer ceux qui ont des idées différentes. Les problèmes juridiques reviennent à la justice », a-t-il dit, écartant ainsi l’idée de se venger de ceux qui ont fait le coup d’Etat ou de l’ex-présidente de fait Jeanine Áñez qui a organisé une persécution juridique contre lui. 

    « Le projet politique que nous avons et qui a réussi à changer la Bolivie, vient de l’unité, des programmes et des projets du peuple, pas de l’impérialisme qui ne nous acceptera jamais en tant qu’Indiens, en tant qu’anti-impérialistes et antifascistes. C’est une lutte culturelle, idéologique et programmatique, » a écrit Morales sur les réseaux sociaux et il l’a  répété lors de chacune de ses actions. 

    Et il a ajouté qu’au niveau international, « la tâche est, aujourd’hui, que les peuples gouvernent à nouveau pour nous intégrer, » c’est pourquoi il se bat pour relancer une     Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) qui contrecarre l’influence et l’interventionnisme de l’Organisation des Etats Américains (OEA).

    « Le temps des pleurs est terminé, maintenant, nous devons nous. organiser, » a-t-il dit dans l’un de ses premiers discours en Bolivie et il a donné l’exemple en remplissant son agenda de réunions de travail.

    Cecilia González

    source en espagnol :   https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/11/12/peru-antero-flores-araoz-recibio-doctorado-honoris-causa-de-telesup-y-alas-peruanas/

    source en français (trduction de Françoise Lopez): http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-evo-morales-de-retour.et-maintenant.html

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    Par Maurice Lemoine

    Le grand air de la « fraude » ou les arroseurs arrosés-par Maurice Lemoine (medelu.org/ - 9/11/20)Dès le 23 octobre, reçu dans le « Tonight Show » de Jimmy Fallon, sur la chaîne NBC, le sénateur Bernie Sanders, éliminé de la course à la Maison-Blanche car trop « à gauche » pour ses « amis » démocrates, avait prévu la situation. Pandémie de Covid-19 oblige, estimait-il, le vote par correspondance – les « absentee ballots » – allait considérablement augmenter et, en bonne logique, les électeurs démocrates, plus respectueux de la distanciation sociale, favoriseraient ce mode de vote par anticipation. « Pour des raisons que je n’ai pas le temps d’expliquer ce soir, déclara Sanders, vous allez avoir une situation, je suppose, dans des Etats comme la Pennsylvanie, le Michigan, le Wisconsin et d’autres, où vous allez recevoir d’énormes quantités de bulletins de vote par la poste. Contrairement à des Etats comme la Floride ou le Vermont, ils ne peuvent pas, pour de mauvaises raisons, commencer à traiter ces bulletins avant, je ne sais pas, le jour des élections ou peut-être la fermeture des bureaux de vote. Cela signifie que les Etats vont devoir traiter des millions de bulletins de vote par correspondance. » Dans ces conditions, le républicain Donald Trump pourrait très bien se retrouver en tête des décomptes dans certains Etats, le soir du scrutin, et devancé le ou les jours suivants par son adversaire démocrate Joe Biden, une fois tous les bulletins dépouillés. D’où cette prédiction de Sanders : « A ce moment-là, Trump dira : "Vous voyez ? Je vous avais dit que tout cela était une escroquerie. Je vous avais dit que ces bulletins étaient truqués. Nous ne quitterons pas nos fonctions." C’est une préoccupation que beaucoup de gens et moi-même avons... Les gens doivent être conscients de cette possibilité. »

    Sans lui retirer aucun des mérites que lui reconnaissent ses partisans, on ne qualifiera pas Sanders de « prophète ». Le 30 juillet, invoquant les « risques de fraudes » liés à la mise en place du vote par correspondance, Trump en personne avait annoncé la couleur et évoqué « l’élection la plus inexacte et la plus frauduleuse de l’Histoire ». Ce en quoi il n’innovait guère. En 2016 déjà, à la fin du troisième débat l’opposant à Hillary Clinton, il avait provoqué la stupeur en refusant de s’engager à accepter les résultats du scrutin : « Je verrai en temps voulu », avait- il déclaré.

    On ne peut donc mettre les derniers événements sur le compte d’une quelconque improvisation. Le 4 novembre, lors de sa première prise de parole après la fermeture des bureaux de vote, et sans s’embarrasser des quelques millions de bulletins restant encore à dépouiller [1], le président sortant s’est autoproclamé vainqueur en dénonçant que certains Etats aient arrêté de compter les bulletins le temps de la nuit : « C’est une fraude contre le peuple américain. C’est une honte pour notre pays. Nous étions en train de gagner cette élection. Franchement, nous avons gagné cette élection. » Quelques heures plus tard, il dénoncera la dynamique désormais favorable à Biden : « Hier soir, j’avais une bonne avance dans de nombreux Etats décisifs, puis, un par un, ils ont commencé à disparaître par magie avec l’apparition et le comptage de bulletins surprises. Très étrange. »

    De là à réclamer la suspension du dépouillement des votes par correspondance, en particulier dans le Michigan, la Géorgie et en Pennsylvanie, il n’y avait qu’un pas, allégrement franchi. Dans une réaction officielle, la directrice de campagne de Biden, Jen O’Malley Dillon, a déclaré scandaleuses, sans précédent et incorrectes les déclarations du président : « Scandaleuses parce qu’il s’agit d’un effort évident pour retirer les droits démocratiques aux citoyens américains. Sans précédent, car jamais auparavant dans notre histoire un président américain n’avait tenté de priver les Américains de leur voix lors d’une élection nationale. » Même la chaîne CNN, à travers ses commentateurs, a jugé la réaction de Trump « contraire à la démocratie ».

    Dont acte, aux uns et aux autres. Mais on leur fera remarquer – et pas uniquement à eux ! – qu’ils auraient pu se montrer aussi clairvoyants en octobre 2019 lorsque se produisit le même phénomène en… Bolivie. Le dimanche 20 octobre, le décompte de 84 % des voix donnait au président sortant Evo Morales, candidat à la réélection en représentation du Mouvement pour le socialisme (MAS), une avance de sept points sur son concurrent de droite Carlos Mesa (45,28 % des voix contre 38,16 %), plaçant ce dernier en position de disputer un second tour. Après une interruption nocturne du dépouillement, le décompte du lundi soir changea la donne. Morales devançait à présent Mesa de dix points et, avec 46,8 % des suffrages contre 36,7 %, l’emportait dès le premier tour [2].
    Aussi « trumpistes » que Trump, leur grand allié, la droite et l’extrême droite boliviennes, ainsi que quelques renégats censément « de gauche », hurlèrent à la fraude. Chargée d’observer le processus électoral, l’Organisation des Etats américains (OEA), aux ordres et à la botte de Washington, leur vint en aide en dénonçant un « changement inexplicable de tendance ».En fait, comme on l’avait constaté lors des élections précédentes, les zones rurales, indiennes et paysannes, très majoritairement favorables à « Evo », mais dont les résultats arrivaient en dernier du fait des difficultés de communication, avaient fait basculer définitivement le résultat [3].

    La suite est connue. Washington parla d’une tentative de « subversion de la démocratie ». Encouragés, les « ultras » boliviens déclenchèrent une vague de violence qui déboucha sur un coup d’Etat. Que l’Union européenne entérina. Le mimétisme moutonnier faisant le reste, l’immense majorité de la « communauté médiatique » ratifia la thèse de « la fraude », responsable de la crise qui s’ensuivit. Aux Etats-Unis mêmes, seul Bernie Sanders qualifia de putsch l’éviction de Morales. Egalement classée « à gauche » du Parti démocrate, la sénatrice du Massachusetts, Elisabeth Warren, évita soigneusement d’utiliser l’expression « coup d’Etat » et qualifia le « gouvernement » de la présidente autoproclamée Jeanine Añez de « leadership intérimaire », validant ainsi la nouvelle administration [4]. Il est vrai que, comme Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Warren a reconnu en Juan Guaidó le président du Venezuela, que seul Trump et son équipe ont élu à cette haute fonction ; elle a également approuvé l’utilisation des sanctions aussi illégales que criminelles imposées à ce pays.
    S’agissant de la Bolivie, et laissant la voie libre aux faucons républicains, l’ensemble du Parti démocrate s’est donc très ostensiblement désintéressé de la question.

    Pour Washington et les « élites politiques » conservatrices qui, dans les Amériques, lui servent de relais en même temps qu’elles défendent leurs propres intérêts, les élections sont certes indispensables, mais à une condition : il faut pouvoir garantir que les gens votent comme il faut. De sorte que, chanté depuis la droite du noble orchestre de la Démocratie, et promus par le puissant voisin du Nord, le « grand air de la fraude » est depuis longtemps un grand classique dans la région.
     
    En 2008, au Nicaragua, lors d’élections municipales largement remportées par le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) – 109 villes sur 153 –, le candidat battu pour la mairie de Managua, le banquier Eduardo Montealegre, hurle au scandale et exige un recomptage des votes. Lorsque le Conseil suprême électoral (CSE) accepte la requête, il refuse d’assister à l’opération. Il n’apportera ultérieurement aucune des « preuves » censées sustenter son accusation.
    Le 6 novembre 2011 voit la réélection du sandiniste Daniel Ortega, avec 62 % des suffrages. Arrivé en deuxième position avec 31 % des voix, le représentant du Parti libéral indépendant (PLI), Fabio Gadea, conteste sa défaite, prétendant avoir lui-même recueilli 62 % des voix (alors que tous les sondages lui avaient accordé environ 30 %). Alertant la « communauté internationale » (comprendre : les Etats-Unis et l’Union européenne) acquise à sa cause, il annonce une protestation massive et, pour le 3 décembre suivant, cent mille manifestants dans les rues de la capitale Managua. Présent sur place, nous n’assistons qu’à un défilé de cinq à dix mille personnes (en l’absence d’un appareil massif de répression).
    Lorsque Ortega est réélu pour un troisième mandat le 6 novembre 2016, le CSE annonce une abstention de 31,8 % ; sans citer aucune source identifiable, la coalition d’opposition du Front large de la démocratie (FAD) l’estime à plus de 70 % et, comme d’habitude, conteste le résultat du scrutin.
    A chaque fois, invoquant « la fraude », l’administration américaine (en l’occurrence celles de George W. Bush et Barack Obama) condamne (et sanctionne) l’indésirable vainqueur. A chaque fois, la sphère médiatique, sans plus d’hésitations que de preuves, enferme le Nicaragua dans la catégorie des « Etats voyous » [5].

    Novembre 2009, en Haïti : trois jours d’émeute pour contester un résultat ! Le Conseil électoral provisoire (CEP) a bien exclu quatorze partis politiques – dont Fanmi Lavalas, formation de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide (deux fois bouté hors du pouvoir par des coups d’Etat) –, ce n’est pas suffisant. Les Haïtiens ont mal voté. Le premier tour de l’élection présidentielle a placé Mirlande Manigat (31,4 %) et Jude Célestin (22,5 %) devant le candidat de Washington Michel Martelly (21,8 %), dès lors éliminé pour le deuxième tour. Jeté dans la rue par ce dernier, un dévergondage de gens de toutes sortes sème le chaos. Sensibles à cette mobilisation de la « société civile » et sur la base d’un rapport fort bien venu de l’OEA, les principaux bailleurs de fonds, Washington en tête, obligent le CEP à modifier les résultats. Celui-ci installe Martelly en deuxième place, permettant ainsi à cet individu carrément corrompu, franchement incompétent, de participer au second tour et de devenir président de la République le 20 mars 2011.

    L’année suivante, au Venezuela, le camp bolivarien emmené par Hugo Chávez continuant manifestement à envisager sa permanence au pouvoir, l’oppositionsonne le tocsin. Pourtant, le 15 septembre, l’argentin Carlos Álvarez, chef de la Mission d’observation électorale de l’Union des Nations sud-américaines (Unasur), a déclaré : « Il est intéressant de souligner un élément que très peu connaissent, je parle surtout de ceux qui analysent la réalité depuis la désinformation ou les préjugés, c’est que le Venezuela possède aujourd’hui l’un des systèmes électoraux les plus vigoureux et les plus avancés technologiquement de l’Amérique latine, ce qui garantit la transparence, le contrôle et la surveillance du scrutin. » La semaine précédente, l’ancien président américain James Carter, dirigeant du Centre éponyme, avait pour sa part déclaré : « En réalité, sur les quatre-vingt-douze élections dont nous avons surveillé le déroulement, je dirais que le processus électoral du Venezuela est le meilleur du monde »…

    Il n’en demeure pas moins que, à l’instar de Rafael Poleo, directeur du quotidien El Nuevo País, qui a écrit le 7 août « ignorer que le gouvernement prépare une fraude est une idiotie », l’opposition ne cesse de mettre en cause l’impartialité du Conseil national électoral (CNE) ; chaque fois qu’on le lui demande, Henrique Capriles, le candidat de droite, se refuse à préciser si, dans l’hypothèse où il lui serait défavorable, il acceptera le résultat (Trump n’a rien inventé).
    Manque de chance : le 7 octobre, jour du scrutin, un million six cent mille voix de différence constituent une marge suffisante pour couper court à toute contestation. Avec 55,1% des votes et quasiment dix points d’avance, le président en exercice repart pour un nouveau de mandat. Capriles range provisoirement ses protestations dans son chapeau.

    Chávez disparu, les Vénézuéliens élisent son dauphin Nicolás Maduro, le 14 avril 2013, avec 50,60 % des voix (n’importe quel fraudeur moyennement intelligent aurait porté cet avantage à 55-60 % pour éviter ce résultat « ric-rac » ; un vrai dictateur aurait, lui, gagné avec au minimum 80 %). Qu’importe. Capriles refuse d’admettre sa défaite. Le fait devrait surprendre : tout comme il a accepté avoir perdu lors de la présidentielle précédente, organisée par le même CNE, il n’a pas mis en cause l’arbitre électoral lorsque, quelques semaines auparavant, il a été réélu gouverneur de l’Etat de Miranda avec moins de trente mille voix d’avance sur le candidat du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) Elías Jaua. Appuyé par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, l’OEA et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, Capriles demande un recomptage de « tous » les bulletins de vote. Puis déclenche l’escalade en appelant ses partisans à exprimer leur « arrechera » –  mélange de rage et de hargne mêlées d’indignation morale – dans les rues. Suggérée sur les réseaux sociaux par le journaliste d’opposition Nelson Bocaranda, au prétexte que « les médecins cubains cachent des urnes pleines de bulletins de vote », des centres médicaux sont attaqués, incendiés et détruits. La vague de violence provoque la mort de onze personnes. Comme elles sont toutes chavistes, les grandes multinationales dites de défense des droits de l’Homme ne s’emparent pas de la question.

    Contrairement à ce que croient certains niaiseux, l’impérialisme ne se manifeste pas que sous la forme extrême de l’intervention militaire et de l’invasion armée. Aux coups d’Etat menés à bien par des acteurs locaux, tentatives de déstabilisation, mesures coercitives unilatérales, guerres non conventionnelles, opérations clandestines, s’ajoutent les techniques de désinformation permettant de diaboliser l’ « ennemi ». Quoi de plus efficace, pour transformer un pays en « dictature », face à l’opinion internationale, que d’y remettre en cause l’honnêteté des processus électoraux ?
    Au Venezuela, la comédie dure depuis deux décennies. Quand, en 2004, Chávez gagna un référendum révocatoire avec 59 % des suffrages exprimés, le dirigeant d’opposition Henry Ramos Allup dénonça une « gigantesque fraude » dont il présenterait les preuves dans les vingt-quatre heures. Seize années plus tard, on ne les a pas encore vues. Mais d’aucuns prennent toujours Ramos Allup au sérieux.

    En 2018, en pleine période de déstabilisation économique, les leaders de l’opposition, sur ordre explicite de Washington, refusent de participer à la présidentielle et appellent à la boycotter. D’autres dirigeants, tout aussi critiques à l’égard du « chavisme », mais plus soucieux de l’intérêt général, se portent malgré tout candidats. Dans un tel contexte, 9,2 millions de citoyens se rendent aux urnes (46,02 % de participation). Maduro l’emporte avec 68 % des voix, devant Henri Falcón (ex-chef de campagne d’Henrique Capriles ; 21 %) et le pasteur Javier Bertucci (11 %). Ce qui se passe à ce moment ne peut même plus être placé dans la catégorie « comique de répétition » : soumis à une pression extrême des « ultras » étatsuniens et vénézuéliens, Falcón refuse soudain de reconnaître la légitimité du scrutin et exige… d’en organiser un autre. « On pourrait les faire en octobre et nous, nous sommes disposés une fois de plus, cohérents comme nous sommes [authentique !], à y participer. » Avec l’infime étincelle de lucidité qui semble lui rester, il constate néanmoins : « Aujourd’hui il est clair que cet appel à l’abstention a fait perdre une occasion extraordinaire de mettre un terme à la tragédie que vit le Venezuela. » Arrivé en troisième position, Bertucci n’entre pas dans une fausse polémique : « Les gens qui ont voté ont voté, on ne peut pas dire que le résultat n’est pas le produit du vote. »
    En état de choc, échaudés, écœurés par l’irresponsabilité et l’incohérence de leurs dirigeants, les électeurs qui s’en réclament et les abstentionnistes ne descendent même pas dans la rue pour manifester. Nul n’y prête attention. L’effet troupeau faisant son œuvre, les médias dominants bourdonnent sur le même thème : la légende noire d’un Maduro « président illégitime » vient de naître.

    On n’occultera pas ici que, le 30 juillet 2017, l’élection d’une Assemblée nationale constituante (ANC) avait été très controversée. Pas tant du fait du boycott des mêmes que l’année suivante et des violences qu’ils incitèrent alors à déclencher pour saboter la consultation. On déplora au moins quinze morts au cours de ce week-end, dont un sergent de la Garde nationale et un candidat chaviste. Vingt-et-un fonctionnaires de police furent blessés par arme à feu, huit gardes nationaux brûlés par un engin explosif. En vain : 8 089 320 Vénézuéliens se rendirent aux urnes pour élire leurs Constituants, soit 41,5 % de l’électorat.
    Ces chiffres, bien sûr, furent immédiatement contestés. Toujours en première ligne dès qu’il s’agit de ruses, de manèges et de finasseries, Ramos Allup estima la participation à 12 %, soit à peine 2,4 millions de personnes. Plus troublante, et semant légitimement le doute, se révéla la déclaration d’Antonio Mugica, président de la firme Smartmatic, qui fournissait le software des machines à voter et l’assistance technique, quand il dénonça une manipulation des résultats. « Nous estimons que la différence entre la participation réelle et celle annoncé par les autorités est d’au moins un million de voix », déclare-t-il, depuis… Londres, trois jours après le scrutin.

    Depuis, Mugica a disparu des radars, sans jamais avoir soumis à quiconque un quelconque rapport technique détaillé expliquant la supposée fraude, qui l’a réalisée et comment elle a été détectée. En revanche, tout observateur attentif dispose de quelques certitudes. Smartmatic, leader mondial en solutions électorales et de gestion d’identités, jouit d’une solide réputation internationale. Elle opère dans une quarantaine de pays. Sans jamais aucun incident, et défendant l’intégrité des résultats de douze élections vénézuéliennes successives, Smartmatic en encadrait techniquement le déroulement depuis 2004 – le vote étant complètement automatisé. Or, dans un contexte d’agression permanente, Washington venait d’annoncer des sanctions contre la présidente du CNE Tibisay Lucena, pour son rôle dans l’organisation de cette élection « illégale ». Toute entreprise travaillant avec le CNE risquait désormais d’être condamnées à de très fortes amendes par la justice étatsunienne et même de se voir exclue définitivement du marché américain. Or…

    Après cette spectaculaire mise en cause de Caracas, et la rupture qui s’ensuivit, Smartmatic annoncera que l’Argentine (du président de droite Mauricio Macri) fait appel à sa technologie biométrique pour l’authentification de ses électeurs ; qu’elle présente sa technologie innovante aux experts et administrateurs électoraux du Royaume-Uni ; qu’elle participe à la mise en place de la même technologie innovante au Mexique (du président conservateur Enrique Peña Nieto) ; que, d’ici à 2020, « après une évaluation technique, légale et financière », le comté de Los Angeles achèvera avec elle l’installation d’un nouveau système de vote ; que la Commission européenne a attribué à son Centre d’excellence sur le vote par internet une nouvelle bourse de recherche dans le cadre du programme Horizon 2020 ; que, dans le secteur en charge des infrastructures électorales, elle intègre… le Conseil de coordination du Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis ! Que des « amis » très chers du Venezuela ! Mieux vaut ne pas se placer sous l’épée de Damoclès des sanctions américaines quand on ne souhaite pas perdre de tels contrats [6].

    « Personne n’a expliqué comment, pendant ces deux décennies de gouvernement bolivarien, l’opposition a presque toujours gagné, par exemple, dans l’Etat de Miranda, où se trouve la partie la plus grande et la plus puissante de Caracas, constate la philosophe et historienne vénézuélienne Carmen Bohórquez ; et qu’elle a également gagné à plusieurs reprises des Etats stratégiques tels que les Etats de Zulia, Táchira, Mérida, Nueva Esparta ou Amazonas [7]. » Néanmoins, au prétexte que « les conditions pour qu’il y ait des élections justes et démocratiques (n’y) sont pas réunies », l’Union européenne, en parfaite supplétive de l’administration Trump (et des ténors du Parti démocrate), refuse par avance de reconnaître les résultats des élections législatives organisées le 6 décembre prochain. Scrutin que, comme il se doit, leur petit protégé, l’autoproclamé Juan Guaido, appelle à boycotter. Une question, et non des moindres, demeurant néanmoins en suspens : le jour où aura lieu, au Venezuela, cette consultation électorale (à laquelle participent les factions non anti-démocratiques de l’opposition), connaîtra-t-on le nom du prochain président des Etats-Unis ?

    Effarés, nombre d’Américains découvrent des méthodes que leurs gouvernements successifs ont sans vergogne appuyées, voire suscitées, à l’étranger. C’est que, à répandre cyniquement la peste chez les autres, on finit par l’attraper. Le 4 novembre, sans la moindre preuve, Trump s’est à nouveau posé en victime d’une vaste fraude électorale : « Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection ! » S’il perd (ce qui est probable, mais pas absolument certain, à l’heure de la rédaction de ce billet), il va multiplier les recours en justice et en appelle déjà à la Cour suprême, pour que « la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée  ». La partie est loin d’être terminée.
     
    Mais au fait… Où est passée l’OEA ? Pas d’ironie facile : elle est là et bien là. Défenseur intraitable, scrupuleux et désintéressé de la pureté des processus démocratiques sur le continent, son secrétaire général Luis Almagro a dirigé en personne une mission d’observation électorale. Pour ces minuscules Etats-Unis, pays de 328 millions d’habitants répartis sur 9,834 millions de Km², 28 experts et observateurs ont été déployés ; rien à voir avec l’immense Bolivie (11,35 millions d’habitants, 1,098 million de Km²) qui avait nécessité… 92 experts et observateurs déployés en 2019 dans les neuf départements du pays et dans trois pays étrangers (Argentine, Brésil et Etats-Unis) pour y surveiller le vote des expatriés.

    Disons qu’au sein de l’OEA, et en matière de surveillance du respect de la démocratie, tous les pays sont égaux, mais que certains sont plus égaux que d’autres. « En raison de la nature décentralisée de l’administration électorale aux Etats-Unis, explique le Rapport préliminaire rendu public le 6 novembre, la Mission a dû obtenir l’autorisation de chaque Etat afin d’observer leurs processus de vote. La Mission a donc contacté les autorités de quatorze Etats [sur cinquante !] et du district de Columbia pour demander un accès pendant la période préélectorale et le jour du scrutin. (…) En fin de compte, les restrictions résultant de COVID-19 ainsi que d’autres facteurs échappant au contrôle de la Mission ont limité les Etats dans lesquels elle a pu se déployer [8]. » Et pour cause : certains Etats n’autorisent pas ou ne prévoient pas de dispositions spécifiques pour l’observation internationale de leurs processus électoraux. Et n’ont pas l’intention d’y changer quoi que ce soit. De sorte que l’imposante « Mission de l’OEA pour les élections présidentielles américaines » n’a été en réalité présente qu’en Géorgie, dans l’Iowa, dans le Maryland, dans le Michigan et dans le district de Columbia [9] !

    Dans le rapport préliminaire qui en découle, l’OEA indique qu’elle « n’a pas directement observé de graves irrégularités jetant le doute sur les résultats » Préalablement, elle a mentionné sur un ton critique qu’ « un candidat en particulier » a fait référence à la « progression et à la crédibilité du vote » ce qui a ensuite conduit sa campagne à « contester le processus en cours et les résultats devant les tribunaux ». « Un candidat en particulier »… Jamais le nom de Donald Trump n’est mentionné. Il a plus de chance qu’Evo Morales, nommément cité et épinglé à de multiples reprises dans les mensongers rapports préliminaire et définitif de 2019. Mais Almagro n’insulte pas l’avenir. Le 6 novembre, date de publication de ce premier document, il n’est pas encore certain que Trump ait perdu l’élection.
    On se permettra tout de même d’interpeller le secrétaire général sur cette « mission d’observation électorale à portée limitée » (expression employée dans le rapport précité). Plutôt que vouloir imposer autoritairement ses diktats à la Bolivie, au Nicaragua, au Venezuela ou aux autres pays de la région, ne devrait-il pas, en priorité, exiger des Etats-Unis un accès sans limites à l’observation de ses élections ? (excusez, « it’s a joke » : on n’a jamais vu un « péon » [10] imposer quoi que ce soit à son patron). Autre question : dans la plus extravagante des hypothèses (mais qui sait…), le président français Emmanuel Macron recevra-t-il Trump à l’Elysée si celui-ci s’autoproclame chef de l’Etat ? Et encore : comme elle l’a fait avec la Bolivie post-coup d’Etat, pourquoi l’Union européenne ne se propose-t-elle pas comme médiatrice pour « pacifier le pays »  ? Sans augurer du pire, on y note déjà une montée des tensions digne de la dernière des Républiques bananières. Selon le Washington Post, le Secret Service s’inquiète de la sécurité de Joe Biden : des agents ont été envoyés en renfort à Wilmington (Delaware) pour protéger son QG.

    Maurice LEMOINE
    source: https://www.medelu.org/   (Mémoire des Luttes)




    [1Il s’agit de bulletins postés au plus tard le jour du scrutin, donc le 3 novembre.

    [2En Bolivie, pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40 % des voix avec 10 points de pourcentage d’écart sur le second.

    [9Le District de Columbia abrite la capitale fédérale Washington.

    [10En Amérique latine : gardien de bétail, ouvrier agricole, paysan pauvre, domestique…

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  • Le Conseil National de la République Slovaque (Assemblée nationale) a voté le 4 novembre une loi de criminalisation du communisme.

    La Slovaquie rejoint la cohorte des pays européens réactionnaires qui criminalisent le communisme.

    Article et traduction Nico Maury

    La Slovaquie met le Parti communiste sur la liste des organisations criminelles

    82 député.e.s de la majorité gouvernementale ont voté en faveur de cette loi, 9 parlementaires l'ont rejeté et 17 se sont abstenus.

    La loi, si elle est signée par le président Zuzana Čaputová, criminalisera toute la période de construction du socialisme en Tchécoslovaquie de 1948 à 1989.

    Selon cette loi, tous les monuments et plaques commémoratives seront démolies, les noms des rues et des bâtiments nommés d'après les représentant.e.s du socialisme et Parti communiste de Tchécoslovaquie seront débaptisées.

    La loi criminalise également le Parti communiste de Tchécoslovaquie (qui n'existe plus), l'actuel Parti communiste de Slovaquie (KSS) et les qualifie d'organisations criminelles.

    Une loi "immorale" dénoncée par le Parti communiste

    Le Parti Communiste de Slovaquie (KSS) a condamné cette loi "immorale" et appelle le Président de la République a ne pas ratifier cette dernière.

    Les communistes les promoteurs de cette loi "sont soit des ignorants, soit des incapables, qui oublient les événements historiques dans le contexte du développement de notre société".

    Le communiqué du KSS conclut que "la lutte pour la vérité historique, la justice sociale, l'humanisme et la vraie démocratie se poursuivra."
     
     
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