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    Ce vendredi, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour combattre la seconde vague de la pandémie. Parmi celles-ci, il y a un nouveau confinement… qui n’en est pas vraiment un. En effet, Franck Vandenbroucke ministre social-démocrate de la Santé a insisté qu’il fallait permettre aux usines de tourner… et exposer ainsi les travailleurs au virus montrant une nouvelle fois que ce gouvernement est au service du capital. 

    Le gouvernement n’écoute que la FEB et les fédérations patronales. Il y a quelques semaines, Pieter Timmermans, patron des Patrons, affirmait de manière criminelle et mensongère que les lieux de travail n’étaient pas des foyers de contamination. La lutte mi-septembre chez ab inbev après le développement de plusieurs cas sur l’usine de Jupille montrait précisément que le patronat n’avait pas mis en place les protocoles sanitaires qui permettaient de protéger les travailleurs. AB-Inbev n’est pas un cas isolé : des contrôles ont révélé que sur la période de mars à août, près de 3223 patrons n’avaient pas respectés les règles sanitaires sans qu’aucune sanction ne soit formulée à leur encontre mais de simples avertissements. 

    Leur slogan : En masse au travail, confinés pour vivre ! 

    Comme à chaque fois depuis le début de la crise sanitaire, les déclarations montrent que le gouvernement navigue à vue, ce qui correspond à la vision court-termiste du capitalisme. Depuis le début de la pandémie il y 8 mois, les partis bourgeois étaient plus préoccupés par la répartition des postes ministériels pour la composition du gouvernement fédéral qui apparaît clairement comme une recomposition de la bourgeoisie. 

    Après un démantèlement systématique du secteur de la santé, depuis 8 mois, les gouvernements se sont évidemment révélés incapables à préparer ce secteur de la santé, les écoles, et les transports en commun et l’économie à faire face à la deuxième vague : les travailleurs sont à bout, les écoles sont des foyers de contamination malgré les premiers dires de la ministre Désir, les bus, trams et trains sont bondés et les hôpitaux débordés.

    Pour justifier leur incurie et les mesures incohérentes d'un jour à l'autre, les différents gouvernements de Belgique ont appliqué la stratégie de la peur et des mesures autoritaires, ils lancent des appels à la responsabilité individuelle en dédouanant le système capitaliste. L´État bourgeois a installé un couvre-feu et nous avons eu la confirmation hier que l'économie non-essentielle était maintenue : dans ce système, nous, les travailleurs, avons tout juste le droit de nous faire exploiter, de travailler pour payer les dividendes des actionnaires et les profits des monopoles. C'est métro-boulot-dodo. 

    Nous ne sommes pas de la chair à patron ! Nos vies valent plus que leurs profits ! 

    L’urgence est de protéger les travailleurs et si le télétravail fut d’abord présenté comme une solution d’urgence hier il est maintenant généralisé et rendu obligatoire… « quand c’est possible », laissant le patronat dicter sa loi quant à la faisabilité ou non et nous exposer au virus. Si le télétravail s’impose aujourd’hui, il faut rappeler tous les risques et les atteintes aux droits des travailleurs qu’il comporte comme le rappelait la Fédération Syndicale Mondiale en septembre dernier : le télétravail a un effet négatif sur les conditions de travail des travailleurs (l'augmentation de la charge de travail, demande de disponibilité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, non fourniture de la connexion Internet et des logiciels nécessaires, la non fourniture d'équipements ergonomiques gratuits par les entreprises. Par ailleurs, les travailleurs sont isolés et coupés de leur organisation syndicale et les contrôles, notamment sur les heures supplémentaires, ne sont pas assurés. 

    Le télétravail n’est donc pas l’idéal pas plus que le reconfinement est une stratégie à long terme. Sans un investissement dans la protection de la population, c’est-à-dire dans les services publics, dans les infrastructures de santé et d’enseignement, du recrutement de personnel, la fin du numérus clausus, comme l’exigent les travailleurs à la base, la pandémie ne sera jamais vraiment jugulée et ce sera confinement sur confinement avec une casse et une dégradation des services publics conformément aux intérêts de la bourgeoisie et aux directives européennes. Or dans la conférence de presse de ce vendredi, rien n’a filtré sur les revendications nécessaires et le refinancement nécessaire des services publics pour faire face à la pandémie. Au contraire, tout au long de la semaine ce ne furent que proposition qui auront pour effet d’augmenter notre exploitation : de concert le ministre social-démocrate Dermagne et le patron de la fédération patronale d’Agoria appelaient à la mise à disposition des travailleurs sans emploi dans les secteurs en crise. Une proposition similaire avait déjà été relayée en début de semaine par une autre ministre socialiste Christie Morreale. 

    Ce sont là des réponses d’un système en crise qui conduira à une nouvelle concentration de capital : tandis que les petits commerces devront restés portes closes, les grandes enseignes et les monopoles comme Colruyt ou Amazon qui se sont enrichis pendant la crise continueront à ouvrir leurs rayons, même pour le non-essentiel. Il est inévitable que certains « petits » soient absorbés par des plus grands » qui pourront imposer leur loi aux travailleurs. Toutes ces mesures ne rassasient pourtant pas le patronat qui estime qu’elles ne sont pas suffisantes : Pieter Timmermans réclame déjà un plan marshall pour les entreprises.

    Nous ne sommes pas de la chair à patron. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une stratégie de lutte pour s’opposer à ce système barbare. 

    Ils ont confiné notre vie sociale, pas leurs profits ! 

    Le confinement s’apparente surtout à une restriction de notre vie sociale alors que les loisirs et les liens sociaux sont essentiels. Karl Marx analysait déjà dans salaire, prix et profit en 1865 qu’ « Un homme qui ne dispose d'aucun loisir, dont la vie tout entière, en dehors des simples interruptions purement physiques pour le sommeil, les repas, etc., est accaparée par son travail pour le capitaliste, est moins qu'une bête de somme. C'est une simple machine à produire de la richesse pour autrui, écrasée physiquement et abrutie intellectuellement. Et pourtant, toute l'histoire de l'industrie moderne montre que le capital, si on n'y met pas obstacle, travaille sans égard ni pitié à abaisser toute la classe ouvrière à ce niveau d'extrême dégradation. » 

    C’est pourquoi le parti Communiste soutient les revendications des travailleurs de la santé, la lutte pour l'engagement de personnel, la création de nouvelles infrastructures de santé et d'enseignement, et de meilleures conditions de travail, des mesures de protection sanitaire efficaces, la couverture chômage à 100% de l’ancien salaire.

    Nous ne pouvons laisser l'économie et le pouvoir politique aux mains de parasites, de rapaces, de pillards. Face aux attaques conjointes de l'État bourgeois et du patronat, construisons le front unique des travailleurs, construisons un front classe contre classe de tous les travailleurs, syndicalistes de combat et étudiants :

    Un front antifasciste, anticapitaliste, antiimpérialiste, pour le socialisme et la paix

     

    source: https://www.solidnet.org/

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  • Par : Guillermo Alvarado


    Le peuple bolivien vit déjà les derniers jours sous la domination du régime putschiste.  Jeannine Añez qui s’en est auto-proclamée la présidente en novembre 2019 devra rendre dimanche prochain le pouvoir au Mouvement vers le Socialisme, MAS.

    Ce seront des jours cruciaux car il y a des groupes dans cette nation andine qui rêvent encore d'un stratagème pour empêcher Luis Arce et David Choquehuanca d'assumer respectivement la présidence et la vice-présidence.

    Ce sont des secteurs qui n’arrivent pas à avaler la victoire retentissante remportée aux urnes par le MAS. Pour le rappel, le parti de l’ex-président Evo Morales a gagné avec 55,1 % des voix, 26 points au-dessus de son successeur immédiat, Carlos Mesa.

    Cette victoire s’est avérée un soulagement aussi bien à l'intérieur qu’à l'extérieur du pays, car elle modifie l'équilibre des pouvoirs au niveau régional et met l'Équateur sur le point de mire. Les élections de février 2021 pourraient confirmer la tendance marquée en Bolivie au retour des mouvements populaires et progressistes.

    Un article signé par Juan J. Paz et Miño Cepeda, publié par l'Agence latino-américaine d'information, ALAI, rappelle que la campagne du Mouvement vers le Socialisme a été menée dans des conditions sans précédent, non seulement à cause de l'hostilité ouverte du régime putschiste, mais aussi de la pandémie de Covid-19.

    Il a fallu abandonner le prosélytisme traditionnel dans la rue et passer à la mobilisation électorale en empruntant d’autres voix des secteurs populaires, des indigènes et des classes moyennes dont les droits ont été bafoués par la présidente de facto, Jeannine Áñez, et ses principaux collaborateurs.

    Rappelons que Luis Arce a été l'artisan du programme économique le plus prospère et le plus brillant de l'Amérique Latine et des Caraïbes sous le gouvernement d’Evo Morales. Cette expérience lui servira bien quand il dirigera un pays qui a été dévasté et appauvri en seulement onze mois.

    Il ne s'agit pas, bien sûr, d'une réimpression ou d'une copie dans le moule de ce qui a été fait pendant les 13 premières années du gouvernement du MAS, interrompues par le coup d’État sanglant de 2019. C’est une magnifique opportunité pour un nouveau départ.

    Ce sera d'ailleurs la preuve que seules les forces démocratiques progressistes, les mouvements de gauche et de progrès social, sont capables de mettre un terme aux excès du néolibéralisme et à l'action prédatrice des sociétés transnationales et des puissances économiques.

    Ainsi, dans sept jours, nous aurons la possibilité de contempler un événement rarement vu, tel qu'il sera, non pas la reddition, mais la restitution du pouvoir qui avait été enlevé à son propriétaire légitime, le peuple.

     

    Édité par Francisco Rodríguez Aranega

    source : http://www.radiohc.cu/fr/

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  • Au delà de la simple "rupture de contrat" dénoncée par le mercenaire Jordan Goudreau, c'est tout l'appareil organisationnel qui est balancé.

    Parmi les personnes complices de la tentative de meurtre et de coup d'état se trouvent : Juan Guaidó, Leopoldo López et le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence.

    Traduction Nico Maury

    Le mercenaire chargé de l'assassinat de Nicolas Maduro, Jordan Goudreau, poursuit Guaidó pour rupture de contrat
     
    L'ambassadeur du Venezuela auprès des Nations Unies (ONU), Samuel Moncada, a révélé ce samedi une publication du Miami Herald montrant que "le mercenaire engagé par Juan Guaidó pour assassiner le président Nicolás Maduro", Jordan Goudreau, "Poursuit" devant les tribunaux des États-Unis (USA) "ses partenaires", alléguant une "rupture de contrat".

    Le montant de la demande s'élève à 1,4 million de dollars et selon Goudreau, "l'équipe de Guaidó a demandé 20.000.000 dollars pour un soulèvement de rue synchronisé" avec l'assassinat du Président Maduro. "La guerre artificielle des gangs qui a eu lieu à Caracas avant l'attaque confirme cette version", a déclaré Samuel Moncada.

    Le représentant vénézuélien précise que "Goudreau fournit des données spécifiques sur la participation de Juan Guaidó et de son patron, Leopoldo López, à l'opération terroriste. Il apporte également ses contacts avec les responsables de l'administration Trump qui ont promu le projet".


    Dans sa déclaration, Goudreau a déclaré qu'il avait dû recourir à cette ressource pour sauver sa vie, puisque le Federal Bureau of Investigation (FBI) des États-Unis "l'a enquêté et a fait une descente dans une maison où ils s'attendaient à le trouver".

    Moncada a souligné que l'Américain est conscient "qu'il y a une campagne de propagande pour déformer la réalité et le présenter comme un agent du gouvernement vénézuélien qui a vendu ses collègues", alors "il réagit maintenant alors qu'il se taisait jusqu'à présent. pensant qu'il allait être soutenu par son gouvernement".

    Goudreau a mis sur la table les noms du vice-président, Mike Pence, Andrew Horn, et du vétéran de la guerre, Jason Beardsley, lors de ses contacts avec le gouvernement de Washington pour contribuer au développement de l'assassinat.


    Selon la publication du journal américain, "Andrew Horn a promis à Goudreau les licences officielles nécessaires pour acheter et exporter les armes utilisées dans l'opération. L'avocat Travis Lucas s'est occupé des arrangements et a facturé 30.000 $ pour son travail", comme le montre Goudreau à travers les factures de paiement.

    Un autre des contacts révélés par Goudreau est le responsable de la sécurité du président, Donald Trump, Keith Schiller, qui à son tour "possède la société KS Global Group" et entretient des relations contractuelles avec le Parti républicain.

    Le procès de Groudreau a également terni Lester Toledo et Jorge Betancourt, identifiés comme les représentants de Leopoldo López pour coordonner les actions des États-Unis, tout en soulignant que le financier de l'opération était l'héritier milliardaire de la société manufacturière de Fromages Kraft, Roen Kraft.


    Groudreau dit que l'homme d'affaires a contacté le vice-président Mike Pence; Il l'a informée qu'il était très intéressé par l'opération et que si elle réussissait, "toutes les portes seraient ouvertes".

    Cependant, le contrat, conseillé par l'avocat Manuel Returetau, contenait une annexe qui permettrait à Guaidó de s'exonérer de tout blâme chez lui pour un éventuel échec de l'opération. "C'est la seule partie du contrat que Guaidó semble avoir remplie", déclare Moncada.

    Enfin, le haut responsable vénézuélien a jugé que les révélations de Groudreau sont "la preuve que l'opération n'était pas l'action d'un terroriste isolé", puisque "le département américain de la Défense a partagé avec les Vénézuéliens complices de l'attaque. le plan secret de l'opération X Zone afin de fomenter des insurrections au Venezuela".

    source en espagnol: Telesur

     

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  • Par Juan Carlos Cabezas

    Quito, 30 oct 2020 (La Calle).- Pour Lenín Moreno, en Equateur, il n’y a pas de famine grâce à 2 choses :

    • Un gouvernement responsable
    • La vision sociale du Fonds Monétaire International.

    Ce ne sont que 2 des idées que le président a développées lors d’une visio-conférence organisée par AS/COA America Society Council of the Americas, un forum international qui met sur scène les présidents et des patrons de la région et des Etats-Unis.

    Moreno, au début du débat, a montré beaucoup d’empathie envers les patrons : « Auparavant, quand j’étais marxiste, j’avais une idée erronée des patrons mais maintenant, je les vois autrement. Je disais à un ami, juste hier, que les travailleurs ont l’habitude de critiquer lres patrons mais qu’ils ne disent rien à propos des sportifs qui ont même plus d’argent et de luxe qu’eux. »

    Ce n’est pas la première fois  que Moreno parle des sportifs de façon péjorative.

    Sur le coronavirus

    Avant de parler de la façon dont l’Equateur est devenu le leader mondial du contrôle des malades et des morts, Moreno a affirmé qu’il a été victime d’un guet-apens : « J’ai hérité d’un guet-apens, le guet-apens typique des socialistes du XXIème siècle. Je suppose qu’ils pensaient qu’ils ne gagneraient pas les élections, c’est pourquoi ils m’ont laissé une situation qui assurait mon échec au pouvoir. »

    C’est, selon Moreno, grâce aux décisions de son Gouvernement et à la « conscience sociale du FMI, » que l’Equateur a réussi à devenir un exemple pour la région dans le contrôle de la pandémie, au point où nous en sommes.

    « Nous ne savons pas d’où est venu le virus, les connaissances des épidémiologistes nous ont permis de le combattre comme il fallait avec la trilogie : distance, hygiène, masque.

    J’ai hérité d’un guet-apens, c’est le guet-apens typique pour que ceux qui arrivent au pouvoir échouent : « Au prochain gouvernement, on ne va pas lui laisser la table mise comme ils m’ont dit, à moi, mais un meilleure situation pour un développement normal. »

    Le chien mort, plus de rage

    C’est une autre maxime du ministre de la santé. Selon Moreno, c’est cette idée importante qu a permis à des héros comme Jorge Wated de commencer à rammassr les cadavres. 

    Il parle ainsi du président de la Sécurité Sociale qui, pendant les mois de la crise  provoquée par les morts à Guayaquil, s’était mis à ramasser directement les cadavres.

    « Jorge Wated est une toute petite personne (sic) mais grande par ses actions. Wated a commencé à ramasser les cadavres lui-même. C’est le ministre de la santé, Juan Carlos (pardon, j’ai oublié son nom) qui a dit clairement qu’on pouvait ramasser les cadavres, il a dit, pardonnez cette phrase : « le chien mort, plus de rage. » C’est à ce moment-là que nous avons commencé à fournir des camions frigorifiques  car les gens jetaient les corps dans la rue par peur de la contagion. »

    « En Equateur, il n’y a pas de famine parce qu’il y a un gouvernement responsable »

    C’est alors qu’il a dit l’une de ses fameuses perles : « Nous n’avons pas fait ce qui était populaire mais c e qui était correct car la démagogie ne sauve pas de vies. » Ila qualifié les patrons de héros comme les paysans car grâce à eux, le pain ne manque pas.

    Des tablettes pour tous les enfants

    Puis, le moment des questions est arrivé. Et la situation ne s’est pas améliorée. Selon le président de l’ Equateur, la réforme fiscale et la signature d’un nouveau traité de libre commerce avec les Etats-Unis seront le problème du prochain Gouvernement. 

    Dans l’immédiat, les actions de son Gouvernement jusqu’à al fin de son mandat, seront :

     Des tablettes pour les enfants

    • Une connexion internet gratuite pour au moins 95% des Equatoriens

    Il a réaffirmé son admiration pour les Etats-Unis en particulier e et du système de santé tombe dans des mains privées. Pour finir, il s’est demandé : Pourquoi volent-ils autant ? en réponse à une question sur la corruption. 

    « Le socialisme du XXIème siècle cherche à créer quelque chose de similaire au Reich allemand, un Gouvernement de plus de  1000 ans (au moins 300 ans) pour continuer à voler mais cela nécessite de voler autant, il n’y a pas d’autre explication. »

    Il a terminé en lançant un appel à tous les patrons pour qu’ils viennent en Equateur, surtout s’ils ont un « intérêt ésotérique. »

    A la fin, la satisfaction de Moreno se voit sur son visage mais même le condor du drapeau national dans son bureau semble avoir un peu vieilli.

     

    Source : Radioalacalle.

    source en espagnol :  https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/10/30/ecuador-moreno-agradece-al-fondo-monetario-por-su-vision-social/

    source en français (traduction de F. Lopez) :  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/equateur-moreno-remercie-le-fmi-pour-sa-vision-sociale.html

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  • La Defensora del Pueblo aseveró que las recientes incitaciones procuran desconocer los resultados de las elecciones del 18 de octubre pasado, ganadas por el Movimiento al Socialismo.

    La défenseure du Peuple,  Nadia Cruz, a demandé vendredi au procureur d’engager des poursuites légales contre les personnes qui demandent « un Gouvernement civil, militaire et policier, » considérant que cet acte est un délit de conspiration et de sédition et estimant qu’il porte atteinte à la paix, à l’unité et à al sécurité de l’Etat.

    Dans un message adressé aux citoyens, elle a prévenu que derrière cette demande, il y a l’intention de ne pas reconnaître les résultats des élections du 18 de octobre dernier et qu’elle pourrait servir de bouillon de culture de violences. elle évoquait ainsi les appels à organiser des veilles et d’autres actions qui circulent sur les réseaux sociaux et dans les médias.

    Elle a rappelé que les résultats de ces élections ont été reconnues par le Gouvernement de fait, par les institutions internationales et par les missions d’observation des organismes internationaux qui n’ont pas détecté d’indices de fraude.

    Et elle a souligné que la société bolivienne mérite des espaces de dialogue, de paix, de respect et de plein exercice des droits qui bénéficient au peuple bolivien et ne lui porte pas atteinte comme c’est arrivé avec certaines prétentions personnelles et de groupes qui n’ont pas lieu d’être.

    Elle a déclaré aussi que ces demandes mettent en danger la démocratie et la souveraineté du pays car elles évoquent des périodes sombres de l’histoire du pays : les dictatures qui ont laissé des disparus et des morts. Cruz a affirmé qu’ils ne veillent pas pour la paix et l’unité nationale mais qu’ils empêchent de fermer les blessures laissées par les événements d’octobre 2019 qui ont fait des morts et des blessés.

     

    source en espagnol :  https://www.telesurtv.net/news/denuncian-bolivia-conspiracion-paz-estado-20201030-0027.html

    source en français (traduction française de F LOPEZ) :  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/10/bolivie-conspiration-contre-la-paix.html

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  •  Bolivie : Luis Arce annonce les premières mesures qu’il prendra (telesurtv.net-30/10/20)

    Le président élu Luis Arce révélé dans des interviews accordées à certains médias certaines des mesures qu’il appliquera dès le début de son mandat, le 8 novembre prochain.

    Ainsi, celui qui a été ministre de l’Economie du Gouvernement  d’Evo Morales a déclaré : « La première mesure économique que nous allons appliquer pour sortir de cette crise sera le bon contre la faim de 1 000 boliviens » (quelques 150 $ environ) 

    Il a ajouté que 3 projets de loi concernant une réduction de l’impôt sur la valeur ajoutée (TVA) pour les paiements par cartes de crédit qui passera de 13% à 8% et la récupération de la TVA par les personnes aux plus bas revenus seront proposés au Parlement.

    A propos de la politique étrangère, Arce a déclaré à des médias étrangers : « Nous ne sommes d’accord ni avec ce qu’ils ont fait concernant Cuba, ni avec ce qu’ils sont en train de faire concernant le Venezuela, ou concernant tout autre pays. » Il s’emploiera donc à rétablir les relations diplomatiques avec les 2 pays.

    Il a également manifesté son intention de réactiver l’usine d’urée et d’ammoniaque mise à l’arrêt par le Gouvernement de fait dont la paralysie a provoqué des pertes de 160 000 000 de $ par an pour le pays.

    Il a également réaffirmé son intention de lutter pour ne pas devoir dévaluer le peso bolivien et s’il y est obligé, pour que ce soit « le moins possible. » Les minsitères éliminés sous la présidence  d’Áñez, comme celui de la culture et celui des sports, seront rétablis.

     

    source en espagnol :https://www.telesurtv.net/news/luis-arce-anuncia-algunas-medidas-aplicar-durante-mandato-bolivia-20201030-0015.html

    Source en français (traduction de Françoise Lopez) :http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/10/bolivie-luis-arce-annonce-les-premieres-mesures-qu-il-prendra.html

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    Par Juan Carlos Zambrana Marchetti

    10 jours après l’élection d’octobre en Bolivie, les autorités élues ont reçu leurs lettres de créance. Cela implique que la volonté du peuple exprimée dans les urnes pour la formation du pouvoir politique qui gouvernera la Bolivie a déjà des noms et des prénoms. Mais il y a encore des gens qui ne savent pas se tenir et ne comprennent rien à la démocratie en tant que volonté du peuple exprimée par le vote. Ils la comprennent comme une guerre permanente, par tous les moyens, aussi aberrants qu’ils soient.

    Il s’agit, évidemment, des mêmes que d’habitude : les « civiques » de Santa Cruz, des jeunes évangéliques et une plate-forme citoyenne. D’abord, ils ont fait une réunion destinée à rejeter l’élection, lors de laquelle ils ont crié à la « fraude » et déclaré une grève civique qui n’a été suivie ni par les  institutions ni par la population. Ensuite, ils ont fait une « veille » devant le siège de la huitième division de l’armée pour essayer de faire se soulever les forces armées comme ils l’ont fait en 2019 pour renverser  Evo Morales. Ensuite, le président du comité Pro Santa Cruz a déposé un recours constitutionnel pour empêcher l’investiture prévue le 8 novembre. Mais cela aussi a échoué, ils ont développé la première opération destinée à renverser  Luís Arce et David Choquehuanca. La première action de ce plan à moyen terme a été de protester contre le changement fait par l’Assemblée Législative dans son règlement des débats qui permet d’approuver certaines lois à la majorité simple au lieu de la majorité des 2/3 que la droite avait imposée au Gouvernement d’Evo Morales.

    De n’importe quel point de vue, ce changement est légal puisque les 2 chambres l’ont fait en toute compétence et avec les votes requis. L’objectif de ce changement est de rendre au Gouvernement entrant la possibilité d’approuver sur les promotions des militaires et des policiers à la majorité simple. Il faut rappeler que pendant le renversement d’Evo Morales, les forces de police et l’armée ont cerné le palais législatif pour empêcher que le MAS puisse se réorganiser et former un Gouvernement. Après les massacres de Senkata et de Sacaba, le Gouvernement d’Añez a voulu que le sénat approuve les promotions des militaires pour récompenser les forces de répression. le sénat, contrôlé par le MAS a refusé et le général Orellana, en uniforme de campagne et entouré d’autres militaires, a envahi l’enceinte du sénat pour intimider le présidente  Eva Copa en tant « qu’indienne. » Mais ils n’ont pas réussi à l’intimider. La présidente du sénat n’a pas plié et en réponse, les forces armées, dans un autre acte de désobéissance, ont décidé de changer leur règlement intérieur pour être promues « de fait » sans l’approbation du sénat comme l’exige la Constitution.

    Ce que cherche à présent l’extrême-droite de Santa Cruz, putschiste et irresponsable, c’est à condamner dès le premier jour le président Luis Arce et le vice-président David Choquehuanca à gouverner en tant « qu’indiens, » c’est-à-dire soumis à l’ordre établi par les blancs  et cernés par les mêmes hauts gradés de l’armée et de la police qui ont renversé l’autre « indien. » C’est inacceptable, irrespectueux, anticonstitutionnel et évidemment subversif. Les troupes et les officiers peu gradés ont obéi aux ordres de leurs supérieurs dans les événements sanglants de l’année dernière, c’est vrai, mais les hauts gradés doivent être remplacés comme c’est l’habitude, plus encore dans le cas particulier de la Bolivie.

    Une autre chose qui peut à nouveau être décidée à la majorité simple, c’est la nomination des ambassadeurs, ce qui signifie qu’en fin de compte, c’est la possibilité de gouverner qui est en jeu. La sécurité intérieure du Gouvernement et aussi sa politique étrangère. Tous les présidents du monde ont cette prérogative. La majorité simple est normale pour approuver ces lois et la majorité des 2/3, en Bolivie, est née de la haine raciale irrationnelle contre Morales dès son premier jour de gouvernement, quand il ne contrôlait pas encore le sénat et que la droite a bloqué environ 800 lois. Pour créer des problèmes à « l’Indien » bien qu’il ait la majorité absolue au Congrès, ils ont imposé  la majorité extraordinaire des 2/3 et en effet, isl l’ont empêché de gouverner jusqu’à ce que le peuple lui accorde ces 2/3 et le Congrès a fonctionné ainsi jusqu’à présent. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que ce groupe parlementaire indigène avec le pouvoir extraordinaire des 2/3 est sur le point d’achever son mandat. A son successeur, il manquera 3 sièges pour pouvoir continuer à fonctionner à. la majorité des 2/3 et il a décidé, avant de s’en aller, de remettre les choses en ordre et comme elles doivent être. C’est un acte de légitime défense face au danger latent et manifeste de la subversion.  La majorité simple est ce qui est normal pour approuver ces lois. C’est l’extrême-droite qui a imposé la majorité des 2/3 pour empêcher « l’Indien » de gouverner. Les temps changent et cette humiliation ne peut plus durer.

     

    Source en espagnol :  https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/10/29/bolivia-los-2-3-contra-el-indio/

    Source en français (traduction de Françoise Lopez):  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/10/bolivie-la-majorite-des-2/3-contre-l-indien.html

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  • Le Parti communiste polonais (KPP) condamne le jugement du soi-disant Tribunal constitutionnel concernant l'interdiction de l'avortement en cas de lésions graves du fœtus.

    "Nous pensons que cet organe contrôlé par le parti au pouvoir, contrôlé par les candidats du PiS, tente d'imposer des interdictions religieuses à toute la société, ce qui est incompatible avec l'état actuel des connaissances médicales et l'éthique contemporaine."

    Traduction Nico Maury

    Les communistes (KPP) condamnent l'interdiction de l'avortement en Pologne

    Ce n'est pas sans raison que cette décision dans une affaire aussi controversée, reportée après les élections, a été prise par le Tribunal pendant le second pique de la pandémie, lorsque les organisations de rassemblements et de manifestations sont interdits.

    Forcer les femmes à donner naissance à des enfants en phase terminale, déformés, incapables de mener une vie indépendante et consciente est un crime. Cela contribuera à la tragédie de nombreuses femmes et de familles entières, en particulier celles de la classe ouvrière, des exclus et des pauvres.

    Actuellement, l'État polonais ne fournit pas de soins adéquats, même aux personnes ayant un moindre degré de handicap. Forcer la naissance d'une personne irrévocablement condamnée à mort est une torture, interdite par toutes les lois civilisées.

    La décision de donner naissance à un enfant handicapé ne devrait être prise que par la femme et résulter d'un choix moral conscient. Les croyants, attachés aux ordres des hiérarques de l'Église catholique, ont le droit de le faire.

    Nous défendons la liberté religieuse pour les croyants, cependant, les principes de la religion ne peuvent pas être imposés à la société dans son ensemble.

    Le principal moteur des changements réactionnaires et idéologiques de la législation est l'Église catholique. Nous croyons qu'une véritable séparation de l'Église et de l'État est nécessaire. Les hiérarchies de l'Église devraient être retirées de la vie politique et publique.

    Il est également nécessaire d'adopter des lois interdisant la combinaison d'événements d'État avec des éléments religieux, interdisant l'endoctrinement religieux dans l'éducation et d'autres domaines de la vie, et mettant fin au soutien des organisations religieuses sur le budget de l'État.

    Le KPP soutient les manifestations contre les changements réactionnaires de la loi. En même temps, nous vous rappelons que cette lutte a aussi une dimension de classe. Elle ne sera pas gagné par les politicien.ne.s capitalistes car ils-elles ont prouvé plus d'une fois qu'ils sont soumis à l'Église catholique et à l'endoctrinement religieux.

    Nous exprimons notre soutien à toutes les organisations et personnes qui protestent contre l'ingérence totalitaire des autorités dans la vie de la société, et nous appelons chacun.e à participer aux manifestations.
     
     
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  • La brillante élection, dès le premier tour de la présidentielle bolivienne, d’un candidat du Mouvement d’Action Socialiste (le parti d’Evo Morales, chassé de par un putsch fasciste il y a quelques mois, et aussitôt présenté comme un “ancien cultivateur de coca” par France-Inter et Cie), montre que les masses populaires boliviennes, classe ouvrière, paysannerie et populations amérindiennes opprimées en tête, ne se laissent et ne se laisseront pas intimider par la double pression de l’oligarchie “bolivienne” compradore et de l’impérialisme états-unien. 
    La victoire de constitue un cinglant démenti à toute la propagande qui se déverse en permanence en France à l’initiative des médias d’État et de la grande presse capitaliste à l’encontre des pays de l’Alternative Bolivarienne des Amériques (l’ALBA, créée notamment par Fidel Castro, Hugo Chavez et Evo Morales).

    Ceux qui, derrière Trump et sa politique de contre-révolution fasciste en Amérique latine (blocus de Cuba et du Venezuela, promotion des présidents fascistes de la Colombie et du Brésil, tentative d’étrangler l’économie de Cuba et du Venezuela, encerclements militaires…, croyaient l’heure venue de purger l’Amérique latine et la planète entière de toute espérance d’alternative anti-impérialiste, doivent déchanter: des milliards d’hommes qui, sur cette Terre, subissent le capitalisme-impérialisme de plus en plus exploiteur et barbare, ne se laisseront pas éternellement humilier et exploiter et il faut remercier le peuple bolivien et tous les communistes, patriotes, syndicalistes et progressistes de ce pays de rappeler cette évidence historique tout en apportant un magnifique encouragement apporté à tous les peuples, y compris le nôtre. Plus que jamais nous devons aussi renforcer notre solidarité avec Cuba, phare latino-américain et planétaire de la révolution sociale, avec le peuple vénézuélien, dont les USA et l’UE s’apprêtent à saboter le processus électoral en cours, avec l’ensemble des combattants progressistes des Amériques, y compris avec les travailleurs chiliens et avec leur grand parti communiste héroïque en lutte!

    À n’en pas douter, les impérialistes et les oligarques sud-américains vont tout faire pour frustrer le peuple bolivien de cette victoire sans reculer s’ils le peuvent devant la violence, la guerre et le crime. Evo Morales , lors d’une conférence de presse tenue en Argentine, a déclaré : « Les bureaux de vote refusent de publier le résultat des urnes. On soupçonne une manœuvre d’occultation ». Le MAS soulignait qu’il y avait une stratégie gouvernementale de facto pour s’assurer que l’information ne soit pas fournie et ainsi générer un climat de violence dans le but ultime d’annuler les élections. L’énorme écart de chiffres entre Arce et Mesa, mis en évidence par les décomptes réalisés au fur et à mesure du dépouillement dans chaque bureau de vote et centralisé en Argentine, a rendu impossible la réalisation de ce que le département d’État américain, conjointement avec l’OEA, avait prévu. Marxistes et léninistes, nous ne pouvons que rappeler que, comme le montrent de diverses manières les expériences vénézuélienne et bolivienne, le socialisme ne peut se construire sans que la classe ouvrière et le monde du travail soient placés au centre du processus révolutionnaire, sans que le parti communiste de chaque pays soit pleinement reconnu dans son apport original, et sans que soit posé clairement, non seulement en paroles mais dans la pratique, l’objectif du pouvoir populaire, de la socialisation des grands moyens de production et de la mise en place d’un nouvel État, un État socialiste reposant sur le mouvement des masses et balayant la contre-révolution fasciste.

    C’est pourquoi les militants franchement communistes du PRCF sont et seront aux côtés du peuple bolivien, et aussi des autres peuples de l’ALBA, en soutenant tout à la fois les partis communistes d’Amérique latine affirmant le rôle spécifique et dirigeant de la classe ouvrière dans la révolution anti-impérialiste, et les larges fronts anti-impérialistes indispensables pour isoler, battre et éradiquer l’oppression impérialiste et fasciste, ennemie principale de tous les peuples.  


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  • Dimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à «	gouverner pour tous les Boliviens	», à «	construire l’unité du pays	». © Stringer/Efe/SipaDimanche soir, Luis Arce (au centre) s’est dit décidé à « gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays ».

    À l’issue d’un vote sous étroite surveillance des policiers et des militaires, les Boliviens ont donné une large victoire au Mouvement vers le socialisme. Luis Arce, son candidat à la présidentielle, dépasse les 50 % dès le premier tour.

    La Paz (Bolivie), envoyée spéciale.

    C’est un résultat ample, clair, sans contestation possible. Tard dans la nuit de dimanche à lundi, Luis Arce Catacora, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), a revendiqué la victoire au premier tour de l’élection présidentielle en Bolivie. Succès aussitôt reconnu, 363 jours après le coup d’État, par l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez, marionnette des putschistes. « Maintenant que les résultats sont connus, nous voul ons remercier le peuple bolivien, remercier tous nos militants. Nous avons passé un cap important, nous avons récupéré la démocratie et l’espoir », s’est réjoui le nouveau président socialiste, qui, selon les premières estimations, l’emporte largement, avec plus de 52 % des voix, contre 31,5 % à son adversaire de droite Carlos Mesa.

    L’inquiétude, la peur avaient pourtant plané, auparavant, sur une longue soirée d’incertitude, après la brutale décision du Tribunal suprême électoral de suspendre, douze heures avant l’ouverture du scrutin, le système de compilation des résultats préliminaires, au nom de défaillances « techniques ». Même les sondages sortis des urnes ont d’abord été retenus : comme si le gouvernement de facto et ses séides avaient hésité sur la marche à suivre. Il faut dire que, jusqu’au bout, les manœuvres les plus tortueuses ont été déployées pour tenter d’enrayer ou de confisquer la victoire du MAS. Les candidats de gauche ont été persécutés tout au long de la campagne et Luis Arce lui-même nous racontait, après son meeting la semaine dernière à Sacaba, dans le département de Cochabamba, avoir été régulièrement molesté par des nervis d’extrême droite ou même des policiers en civil. Après avoir tenté sans succès de faire invalider sa candidature, puis de le salir par des accusations de corruption montées de toutes pièces, ses adversaires ont finalement échoué, peu avant la tenue des élections, à faire suspendre la personnalité juridique du MAS, ce qui l’aurait purement et simplement exclu du scrutin.

    Dans la dernière ligne droite, les putschistes ont abattu leurs ultimes cartes : pressions, menaces, intimidations, visant jusqu’à certains observateurs étrangers dûment accrédités par le Tribunal suprême électoral (voir ci-après). Le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, gonflé d’arrogance par sa visite, au début du mois d’octobre, à Washington, a multiplié ces derniers jours provocations et rodomontades, jurant de ne jamais reconnaître une victoire du MAS, promettant d’expulser ou d’incarcérer les observateurs ou journalistes étrangers jugés trop critiques.

    « La droite nous insulte, nous traite de terroristes »

    Dimanche, les Boliviens sont allés aux urnes dans la peur mais avec l’irrépressible désir de retrouver le chemin de la paix, de la démocratie, de la stabilité, dans un pays profondément divisé. À El Alto, banlieue populaire de La Paz perchée à 4 000 mètres d’altitude, de longues files d’attente se sont formées dès les premières heures de la journée. Dans ce bastion du MAS, les électeurs affichaient leur détermination à ne pas laisser se reproduire le scénario de l’an dernier, qui s’était soldé par l’exil forcé du président socialiste Evo Morales, empêché de voter en Argentine où il a trouvé refuge. Venues de leur village de la province de Los Andes pour surveiller les opérations de vote dans le collège Santa Maria de Los Angeles, un centre de vote à l’entrée gardée par des soldats de l’armée de l’air, deux paysannes aymaras, Antonia Rodriguez et Ernestina Quispe, racontaient, en mastiquant des feuilles de coca, la vie qui a radicalement changé dans les zones rurales sous les mandats d’Evo Morales. « La droite, elle, n’a jamais rien fait pour nous. Ils nous discriminent, nous insultent, nous traitent de terroristes, nous, qui cultivons des pommes de terre ! » s’indignait l’une, tandis que l’autre disait l’abandon, durant la pandémie de Covid-19, des villages, où « pas un masque n’est arrivé ».

    « Tout est fait pour entraver l’expression démocratique »

    Partout, les Boliviens ont voté sous l’étroite surveillance de policiers et de militaires taciturnes, qu’Arturo Murillo avait fait défiler, la veille, dans les rues de La Paz, dans une démonstration de force en forme d’avertissement. Aux portes de certains bureaux de vote, des policiers n’hésitaient pas à rabrouer des électeurs pourtant inscrits et habilités à voter, vérification faite auprès des agents du Tribunal électoral. Au collège technologique Ayacucho, au pied de la station Inalmama de la ligne orange du téléphérique, elle aussi transformée en centre de vote, des soldats en tenue de combat, casque, gilet pare-balles et arme à la ceinture patrouillaient jusque dans les salles de classe où étaient disposées les tables de vote. « Cette présence militaire est destinée à faire peur. Certains policiers se permettent des commentaires déplacés. Tout est fait pour tenter d’entraver l’expression démocratique. Certains bureaux ont été déplacés à la dernière minute sans que les électeurs en soient avisés », nous a expliqué Angela Muñoz, une observatrice bolivienne chargée de relever les atteintes aux droits humains pendant le scrutin. La « démocratie » revendiquée par une oligarchie et une droite bolivienne peu civiles a pris, dimanche, des couleurs kaki. Sauf dans les quartiers de la zone sud où dominent les « pititas », comme se surnomment les partisans du coup d’État, en référence aux cordelettes avec lesquelles ils défilaient l’an dernier pour exiger le départ d’Evo Morales. Au collège 6 de Junio, dans le quartier d’Alto Obrajes, pas un uniforme militaire en vue, et le filtrage policier se faisait plutôt lâche pour accueillir des électeurs issus des classes moyennes ou aisées, majoritairement acquis au candidat de droite Carlos Mesa. Les ­déléguées de son parti, Comunidad Ciudadana, plutôt des femmes d’une cinquantaine d’années, y affichaient une arrogance de classe décomplexée, donnant des ordres aux assesseurs, prenant des libertés avec le protocole électoral au moment du dépouillement, toisant les rares électrices venues voter en tenue de chola, habit jadis imposé aux domestiques par les colons espagnols, aujourd’hui porté avec fierté par les femmes indigènes dans une démarche d’affirmation culturelle.

    « C’est un processus de changement que nous défendons »

    Les résultats de ces élections reflètent, sans surprise, les clivages sociaux, politiques, identitaires qui travaillent le pays en profondeur. « Nous sommes les enfants des peuples originaires. Nous sommes dans la lutte depuis longtemps, une lutte pour la vie. Nous ne défendons pas un homme, ni un parti : nous défendons notre droit de vivre en paix, dans la dignité. C’est un processus de changement que nous défendons », résume la poétesse et militante féministe Julieta Paredes. Pour le MAS, cette échéance, après l’épreuve du coup d’État, a été l’occasion de cimenter un mouvement traversé par des courants et sensibilités très divers, et surtout de renouer avec les mouvements sociaux à l’origine de la dynamique politique qu’incarne cette formation. Certains choix économiques préservant des orientations extractivistes avaient nourri de graves conflits et, surtout, la décision d’Evo Morales de se présenter à un quatrième mandat, option pourtant rejetée à l’issue du référendum de 2016, avait laissé un goût amer dans des secteurs de la gauche qui l’avaient soutenu sans faille jusque-là. D’où le net recul électoral enregistré en 2019, qui a ouvert la voie au coup d’État.

    Dimanche soir, Luis Arce s’est dit décidé à «  gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays », à « relever l’économie ». « Nous allons reconduire notre processus de changement, sans haine, en apprenant de nos erreurs et en les surmontant », a-t-il assuré. Avec la certitude qu’une sombre page se tourne en Bolivie.

    Rosa Moussaoui 

    Envoyée spéciale de l'Humanité 

    source: https://www.humanite.fr/

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