• Solidarité avec nos camarades allemands


    A l’occasion de la fête de l’Avante, notre camarade Aymeric Monville a pu s’entretenir avec Renate Koppe, représentante du DKP à l’international. L’occasion de revenir sur la tentative d’empêcher nos camarades de participer aux élections qui auront lieu fin septembre. Le 26 septembre, le PRCF organisera une manifestation devant l’ambassade de la RFA à Paris pour dénoncer l’anticommunisme en Europe et notamment en Allemagne.

    Bonjour, nous sommes actuellement à Lisbonne, à la fête de l’Avante du Parti communiste portugais et nous avons la chance de parler avec la responsable à l’international du DKP, Renate Koppe. Justement, nous organisons une manifestation devant l’ambassade d’Allemagne le 26 septembre prochain contre l’anticommunisme en Europe et spécifiquement en Allemagne, car il y a eu récemment une tentative d’empêcher votre parti de participer aux élections. Peux-tu nous en parler ?

    Bien sûr, l’anticommunisme a une longue tradition en Allemagne, qui n’a jamais été interrompue à l’Ouest, même après la victoire sur le fascisme en 1945. La fondation de la RFA était une fondation dirigée contre les pays socialistes et la vision des pays socialistes nouvellement formés. En 1956 a été interdit le Parti communiste d’Allemagne des traditions duquel nous nous revendiquons exactement et ce n’est qu’en 1968 avec notre parti (DKP) qu’un parti communiste a pu être fondé de nouveau en Allemagne de l’Ouest. Ce qui s’est passé n’a pas été une procédure d’interdiction, c’est pourquoi nous appelons cela une tentative d’une froide du parti parce que cela a aussi été essayé administrativement. Le commissaire aux élections fédérales nous a accusé de ne pas avoir soumis nos rapports financiers à temps. Ils ont dit que nous les avions soumis trop tard car il est très difficile, surtout pour un petit parti, de soumettre les comptes à temps, non seulement pour l’exécutif central du parti mais aussi pour les organisations locales. Mais cela ne correspond pas du tout à la situation juridique, à savoir que le retrait du statut de parti et l’interdiction de participer aux élections sont, à notre avis, totalement illégaux et illicites. Nous avons également déposé un recours auprès de la Cour constitutionnelle fédérale. La Cour constitutionnelle fédérale a statué en notre faveur. Notre évaluation est la suivante : nous savons maintenant qu’il ne s’agissait pas d’une action organisée de la part du commissaire fédéral aux élections en tant qu’individu, mais qu’il y avait plutôt une collusion dans certaines parties de l’administration du Bundestag. Il s’agissait donc déjà d’une action organisée contre nous et nous l’avons évaluée de telle manière qu’ils ont simplement essayé de voir si nous pouvions y réagir afin de l’empêcher. Nous n’avions que trois jours après de la Commission électorale fédérale pour introduire cette objection. Nous pensons qu’ils ont parié que nous ne serions pas capables de le faire correctement. Eh bien, cependant nous l’avons fait. Nous participerons aux élections fédérales. Les élections fédérales auront lieu dans la seconde moitié du mois de septembre, donc très bientôt exactement, nous y participerons. Nous sommes un petit parti, nous n’obtiendrons certainement pas de siège au Bundestag, mais nous utiliserons la campagne électorale avant tout pour agir contre le transfert des coûts de la crise capitaliste sur le dos des travailleurs et aussi pour avoir droit au chapitre sur la question de la guerre et de la paix, et pour nous la principale solution est la paix avec la Chine et la Russie, la sortie de l’OTAN, et les armes nucléaires hors d’Allemagne.

    Et peux-tu nous parler des menaces qui pèsent sur le mouvement communiste allemand dans son ensemble ?

    Une telle action contre les partis de gauche dans le cadre des élections fédérales n’a été menée que contre nous. Mais bien sûr, il existe d’autres obstructions de toutes sortes contre les organisations de gauche. Avec l’association antifasciste KvN, c’est-à-dire l’Association des persécutés du régime nazi, on a tenté de leur retirer leur statut d’association sans but lucratif l’année dernière. Entre-temps, cela a également pu être évité, et il y a bien sûr de nombreuses tentatives de ce genre. Il y a quelques années, des tentatives ont été faites pour dépeindre le Secours Rouge (Rote Hilfe) comme une organisation qui soutient les personnes politiquement persécutées comme anti-constitutionnelles. Le quotidien Junge Welt est désormais visé dans le rapport de l’Office pour la protection de la Constitution, ou dépeint comme anti-constitutionnel.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Aube Dorée, deux mots magnifiques, qui désignent le parti néonazi, raciste et violent qui a été durant 7 ans, la 3e force politique de Grèce. Mais il y a trois mois, son leader charismatique et ses 17 députés élus en 2012, ont été reconnus coupables d'appartenir et de diriger une organisation criminelle. Un verdict historique, dont la portée sur l'extrême-droite européenne reste à déterminer. Linn Levy reçoit la reporter grecque Angélique Kourounis et le politologue spécialiste de l'extrême-droite Jean-Yves Camus. 

     

    source: https://www.rts.ch/

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  • Une compilation musicale en soutien à Pablo Hasel a été publiée. Cette compilation regroupe des artistes de plusieurs continents (Mexique, Chili, Espagne, Gabon, RD Congo, Belgique, Suisse, France) uni·es pour réclamer la libération du rappeur communiste catalan. Cette compilation est disponible à 3€, et/ou prix libre sur bandcamp via ce lien : “Soutien à Pablo Hasél”. Tout l’argent récolté à travers ce projet sera reversé en intégralité à la caisse de solidarité afin de couvrir les frais judiciaires du rappeur ou l’aider dans son séjour en prison. 

    Le but de cette compilation est de faire connaître l’injustice que subit l’artiste Catalan, enfermé en Espagne pour avoir notamment critiqué le roi et les institutions Espagnoles, vous avez du en entendre parler après les nuits d’émeutes qui ont secoué l’Espagne en début d’année 2021.

    Il s’agit d’une compilation musicale avec une très grande majorité de morceaux hip-hop et quelques autres de différents styles musicaux, tous unis pour une même cause.
    Les artistes présents démontrent une solidarité internationale à travers leur provenance : Mexique, Chili, Espagne, Gabon, RD Congo, Belgique, Suisse, France, …

    Cette compilation est disponible à 3€, et/ou prix libre sur bandcamp via ce lien : « Soutien à Pablo Hasél »

    Tout l’argent récolté à travers ce projet sera reversé en intégralité à la caisse de solidarité afin de couvrir les frais judiciaires ou l’aider dans son séjour en prison, c’est important de démontrer qu’en France on s’intéresse à ce qui est arrivé à l’artiste Catalan,
    car ça pourrait malheureusement vite arriver ici, y’a déjà eu des procès comme La Rumeur, Sniper ou Youssoupha pour ne citer qu’eux.

    C’est un appel à défendre la liberté d’expression et cette injustice que subit Pablo comme beaucoup d’autres prisonniers politiques à travers le monde, il y a déjà 8 ans Céd’ sortait une mixtape en soutien à Mouad L7a9ed rappeur Marocain détenu en prison pour avoir critiqué la monarchie dans ses morceaux, l’histoire se répète ailleurs cette fois-ci.

    Ce projet regroupe 36 morceaux avec des mc’s biens connus du milieu rap underground et engagé comme Skalpel, Djamhellvice, Nodja, L’1nconsolable, VII, …

     

    Plusieurs clips sont déjà sortis dont celui-ci avec Sticky Snake & OC Alynn au mic, Tideux à la prod et Dj Fysh Kyma pour les scratchs avec le titre « Jamais S’Taire ».

     

    d'après Tony Scred Guerrier.

    source: https://scredmagazine.com/

     

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  • C’est un secret de polichinelle, en son temps dénoncé par l’Allemagne de l’Est, mais effacé des mémoires occidentales par des années de propagande : dès la fin de la seconde guerre mondiale les Etats-Unis se sont appuyés sur nombre d’organisation constitués d’anciens nazis pour s’en prendre aux forces progressistes, antifascistes et . De fait, il faut se souvenir que Washington a entretenu jusque dans les premières années de la seconde guerre mondiale de très importants liens économiques avec le IIIe Reich, et tandis que les organisations nazies étaient libres de leurs activités les communistes, les syndicalistes étaient toujours sous le joug d’une répression féroce outre atlantique. De Jakarta à Santiago, les Etats-Unis ont d’ailleurs soutenu les coups d’Etat et dictature fasciste, et tout particulièrement le génocide anticommuniste menée en Indonésie en 1965-1966.
    Un récent article du peu suspect d’antiaméricanisme primaire Der Spiegel vient révéler ici comment les USA ont soutenu une organisation parmilitaire nazie en Allemagne dans les années 1950. Une révélation qui s’ajoute à celle formulée par le New York Times que la CIA avait pris sous ses ordres plus de 1000 nazis pour mener des actions d’espionnages et de sabotages contre l’URSS.

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    L’organisation paramilitaire nazie DT (TD “Technische Dienst”) venait de l’organisation nazie BDJ (“Ligue de la jeunesse allemande”). Financée par les USA, elle faisait des exercices militaires dans la et avait établi des listes de personnes à tuer en cas de “danger communiste”. Ces listes incluaient des gens du KPD (parti communiste) et du SPD (parti social démocrate). Elle fut dissoute par le chancelier allemand Adenauer en 1953, cependant “sur pression des américains” aucune enquête ne fut faite ni aucune poursuite engagée.

     

    Notons que l’article conclut par: “La DT était un précurseur concret des organisations dites stay-behind telles que le réseau “Gladio” : des groupes paramilitaires conçus pour être débordés et commettre des actes de sabotage en cas d’invasion ennemie. L’esprit qui parle depuis les listes noires de la DT a trouvé une confirmation tardive dans le meurtre du président du district de Kassel, Walter Lübcke, en juin 2019.”

    On retrouvera une traduction depuis l’allemand de l’article ci dessous, traduction MF pour www.initiative-communiste.fr

    Note du traducteur : On remarquera que contrairement à la presse dominante française, il arrive régulièrement de trouver des articles intéressants dans la presse dominante allemande (parmi des tonnes de mensonges et de faits négligés aussi bien sûr). Des articles sur des sujets aussi explosifs seraient impensables dans la presse française ; parler de tels faits aboutirait inévitablement à être traité de “complotiste” et à être comparé aux croyants de la Terre Plate. il reviendrait aux sociologues d’analyser la cause de cette différence de qualité. ]

    Une organisation secrète d’extrême droite à l’époque d’Adenauer: Plans sinistres pour le Jour X

    Six ans seulement après la chute d’Hitler, les nazis se faufilaient dans l’Odenwald, s’exerçant au combat à mains nues et au tir, tenant des listes de morts avec les politiciens du SPD. Le “Service technique”, une armée de partisans d’un brun profond, était financé par les États-Unis.

     Par Ralf Langroth
    16.04.2021, 20.37 heures.

    Des coups de feu ont retenti à Wald-Michelbach, mais personne dans cette ville tranquille de la région d’Odenwald, dans le sud de la Hesse, n’a voulu les entendre. Ils venaient de la maison des Wagner, en haut de la colline. Il y a d’abord eu un Américain introverti qui s’est consacré à la peinture. Puis le domaine, qui avait été loué par Wagner, le chanteur de chambre qui s’était installé à Munich, est devenu une maison de repos pour les employés d’une usine de contreplaqué.

    C’est du moins ce que croyaient les 3 000 habitants de Wald-Michelbach, qui croyaient ainsi à une légende, tricotée par la CIA et par les “partisans” ouest-allemands – ou ceux qui voulaient l’être.

    C’était au début des années 50. La deuxième guerre mondiale est à peine terminée que la troisième semble se profiler. L’URSS s’étendait sur toute l’Europe de l’Est, la ligne de front passait au milieu de l’Allemagne divisée. En Corée, les armes recommençaient déjà à parler, et les Américains étaient plus intéressés par le retrait de leurs troupes d’Europe que par leur renforcement.

    Le gouvernement Adenauer s’emploie à réarmer et à intégrer la jeune République fédérale dans le système d’alliance des puissances occidentales. Mais les Allemands ne sont pas encore prêts à rétablir leurs divisions récemment dissoutes. C’était donc l’heure des services secrets et des organisations clandestines.

    Dès 1950, le Bund Deutscher Jugend (BDJ) [Ligue de la jeunesse Allemande] est créé, financé par des fonds américains, des fonds fédéraux et d’importantes donations de l’industrie ouest-allemande. L’organisation de jeunesse ouvertement active et aux visées anticommunistes (“Combattez la peste rouge !”) est un lieu de rassemblement pour les vieux nazis ; les jeunes sont plus marginaux. Parmi les recruteurs du BDJ figurait le criminel de guerre nazi Klaus Barbie, un homme de la Gestapo connu pour son sadisme particulier.
    “Alors nous sommes là, les renards”.

    En avril 1951, l’étape suivante est franchie : le service technique (TD) est fondé, cette fois-ci clandestinement, en tant que sous-organisation du BDJ. La villa de deux étages située sur la colline de Wald-Michelbach et louée au marchand de bois Emil Peters a été rénovée et transformée sans que le nouveau locataire n’apparaisse sur place.

    Son fils Erhard Peters, deuxième président de la BDJ, en était le responsable. Au début, le citoyen américain Sterling Garwood, qui aimait utiliser des pseudonymes, s’est installé dans la maison avec sa femme et ses enfants, en apparence un peintre inoffensif, en réalité un agent de liaison de la CIA.

    Après le déménagement de Garwood dans le village voisin de Steinbach, des bus ont amené en rotation hebdomadaire des employés de Johann Saxer GmbH de Neu-Isenburg, une entreprise de camouflage de la CIA, censés être épuisés par la production de contreplaqué. En fait, cependant, d’anciens membres de la Wehrmacht et des SS ont été formés comme partisans.

    L’entraînement comprenait des combats individuels et des exercices de tir avec des pistolets silencieux dans un stand de tir qui avait été construit lors de la rénovation de la villa – de sorte que la salle à manger était également ventilée par le bas, selon la version officielle du maître maçon.

    La villa forestière de M. Kammersänger était devenue une école de partisans, comme le rapportait le SPIEGEL dès 1952, nom de camouflage : Wamiba (d’après les premières lettres de la ville). Dans le livre d’or, les combattants clandestins en herbe ont laissé des échantillons de leur auto-évaluation :

    “Quand le navire de l’État coule.
    alors nous sommes là, les renards,
    Utiliser notre sphère d’action et de ruse
    Si besoin est, nous utiliserons un fusil.”

    Avant même la mise en service de la Wamiba, des partisans avaient été amenés à Nuremberg par train pour s’entraîner au maniement des armes lourdes et revêtus de combinaisons américaines. Ils ont été expédiés sur des camions vers la zone d’entraînement des troupes américaines à Grafenwoehr, en Bavière. De là, quelques années plus tard, un jeune GI nommé Elvis Presley a également participé à des manœuvres.
    Listes de gens à tuer – un ancien SS déballe tout

    Les partisans étaient censés réaliser des actes de sabotage derrière les lignes ennemies en cas d’attaque soviétique sur l’Allemagne de l’Ouest. À cette fin, des camps secrets avec des armes, des munitions, des radios et des bandages ont été installés dans tout le pays. Les puissances occidentales ne s’attendaient pas sérieusement à arrêter de cette manière l’avancée de l’ennemi sur le sol allemand. Au mieux, on pouvait le perturber et le ralentir – et c’était aux hommes du service technique de s’en charger.

    La guerre froide n’est jamais devenue une guerre chaude ; la vraie guerre n’a jamais eu lieu. Et les machinations du TD ont bientôt pris fin, elles aussi. Le chef d’état-major de la TD, Hans Otto, ancien SS-Hauptsturmführer, s’est dégonflé : il a révélé sa connaissance de l’organisation illégale à la police criminelle de Francfort le 9 septembre 1952, comme le montre un rapport détaillé du ministre de l’Intérieur de Hesse.

    Il avait des ambitions tout à fait différentes, au-delà de l’agitation militaire souterraine. Un service de contre-espionnage distinct, le département I f (“Opposants”), collecte avec diligence des informations sur les sympathisants communistes qui pourraient être utiles pour la construction de nouvelles structures civiles dans une Allemagne de l’Ouest occupée par l’URSS. Les membres du SPD en particulier ont été examinés de près. Les sentiments communistes des membres du KPD étaient déjà connus du fait de leur affiliation au parti.

    Des fiches et des listes noires méticuleusement préparées ont été créées. Le chef du SPD, Erich Ollenhauer, le député du Bundestag, Herbert Wehner, le ministre de l’Intérieur de la Hesse, Heinrich Zinnkann, le plénipotentiaire de la Hesse auprès du gouvernement fédéral, Walter Apel, le maire de Hambourg, Max Brauer, et le maire de Brême, Wilhelm Kaisen, figuraient notamment sur ces listes. Ils devaient être retirés de la circulation le jour J.
    “Éliminer, sous la menace d’une arme si nécessaire.”

    Le jour J faisait référence à une urgence, une attaque des Soviétiques. Mais que signifiait l’expression “éliminer” ? “Éliminer, par la force des armes si nécessaire”, a déclaré Hans Otto de la direction du TD. Hans Nitsche, député SPD de Hesse, a simplement fait la remarque suivante lors de la séance du parlement du Land du 8 octobre 1952 : “Être éliminé !” Qu’il s’agisse d’internement ou de meurtre, cela n’a jamais été clarifié judiciairement.

    Une fois auparavant, les enquêtes sur l’école de partisans n’avaient rien donné. Un ancien officier, dont les convictions n’ont pas semblé être les bonnes à ses camarades, aurait trouvé une mort involontaire sur la propriété de la TD à Wald-Michelbach, mais les Américains avaient donné des instructions pour ne pas poursuivre l’affaire. Cette fois, cependant, la police a effectué des descentes, à Wald-Michelbach et dans les locaux professionnels et privés des membres du TD. Des armes, des munitions et des documents compromettants ont été confisqués.

    Les deux principaux responsables du BDJ/TD, Paul Lüth et Erhard Peters, ont pu échapper à l’arrestation. Quatre autres fonctionnaires ont été arrêtés, mais ont dû être libérés sur les instructions du ministère des questions pangermaniques.

    Les États-Unis ont confirmé qu’ils avaient soutenu le BDJ, mais c’était terminé depuis six mois, et on n’avait jamais entendu parler du DT. C’est également la conclusion d’une commission d’enquête germano-américaine. La justice allemande a dû remettre les documents saisis au service de renseignement militaire américain CIC (Counter Intelligence Corps).
    Le spook a pris fin après deux ans

    Le fait que l’affaire ait fait sensation dans le monde entier malgré toutes les dissimulations est dû au social-démocrate Georg-August Zinn. Le 8 octobre 1952, le premier ministre de Hesse informe le parlement du Land de l’état d’avancement de l’enquête. Otto John, premier président de l’Office fédéral pour la protection de la Constitution, l’a qualifié dans ses mémoires de “rébellion du gouvernement de l’État contre le gouvernement fédéral et les forces d’occupation américaines”.

    La découverte de l’affaire a eu lieu pendant le mandat de Walter J. Donnelly. Le haut-commissaire américain en Allemagne n’a servi que pendant quatre courts mois, du 1er août au 11 décembre 1952. L’affaire TD n’a pas donné une bonne image de la conduite américaine en Allemagne – c’est probablement la raison pour laquelle Donnelly a été rapidement rappelé.

    Au début de 1953, BDJ et TD sont interdits en tant qu’organisations d’extrême droite anticonstitutionnelles, d’abord en Hesse, puis dans quatre autres États dirigés par le SPD. L’organisation mère, BDJ, était au bord de l’autodissolution en 1953. Le chancelier Konrad Adenauer s’est montré préoccupé par les faits, mais n’a guère souhaité de clarification. L’enjeu était la bonne relation avec les Américains, centrale dans sa politique.

    La DT était un précurseur concret des organisations dites stay-behind telles que le réseau “Gladio” : des groupes paramilitaires conçus pour être débordés et commettre des actes de sabotage en cas d’invasion ennemie. L’état d’esprit des listes noires de la DT a trouvé une confirmation tardive dans le meurtre du président du district de Kassel, Walter Lübcke, en juin 2019.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Quoiqu’en dise le régime Macron et ses médias aux ordres, si la vaccination contre le patine en France, c’est avant tout par une pénurie dramatique de . Une pénurie qui est le fruit délibéré de l’ et des Etats-Unis.

    Des vaccins existent depuis l’été 2020 !

    Rappelons que la Russie a été la première – avec la Chine – à disposer d’un vaccin efficace contre le covid-19 dès l’été 2020, s’appuyant sur la recherche publique russe, héritage direct de l’Union Soviétique. Alors que la bonne nouvelle aurait du être célébrée avec espoir, les médias européens et tout particulièrement français ont lancé une campagne de propagande et de désinformation, mettant en cause l’efficacité du vaccin, Macron claironnant même auprès des éditorialistes de ses amis miliardaires qu’il n’y aurait pas de vaccins au mieux avant l’été 2021 ! A l’automne 2020, les Etats-Unis annonçaient à leur tour la mise au point de deux vaccins contre le covid-19, tandis que la campagne contre les vaccins russes et chinois redoublait d’intensité en France.

    Dès mois plus tard et en catimini une publication dans le Lancet tordait le cou à ces fausses nouvelles, certifiant l’efficacité à plus de 90% du , soit un niveau aussi bon que les deux vaccins des multinationales américaines Pfizer et Moderna, et un niveau bien meilleur que celui du serum d’Aztrazeneka ou Jonhson.

    Macron a refusé la production en France du vaccin Sputnik V

    La Russie a toujours fait part de son souhait de partager son vaccin. Y compris en permettant à des pays tiers de le fabriquer. C’est d’ailleurs chose faite en Inde qui y développe une chaine de production d’une capacité de plusieurs centaines de millions de doses. Tandis que le régime Macron mettait la France sous la coupe de l’Union Européenne et de son mécanisme de marché d’achat des vaccins, Vladimir Poutine proposait très officiellement à la France dès le début de l’automne de produire Sputnik V pour l’. Une offre immédiatement refusée. Et ce alors même que l’on apprenait que le vaccin développé par la multinationale Sanofi était inefficace, et que les travaux de l’institut Pasteur semblent ne pas pouvoir avoir de suite la multinationale américaine GSK ayant renoncé à cette production. La priorité des priorités de l’Union Européenne n’est pas de travailler à garantir la et la sécurité de ses 400 millions d’habitants. C’est de mener la guerre économique contre la Russie et la Chine, à la suite de Washington. Et de protéger les parts de marché et profits des multinationales américaines ! C’est bien pour celà que l’Union Européenne a acheté – dans l’opacité la plus totale et avant même que les autorités médicales n’aient délivré la moindre autorisation – des centaines de millions de doses de vaccin à Pfizer, Moderna, Astrazenca et Jonhson. Tout en refusant la certification aux vaccins russes, chinois ou indiens. A tel point que de la Slovaquie à la Bavière, de plus en plus de gouvernement passe outre les oukazes de la commission européenne pour commander directement des vaccins à la Russie et à la Chine.

    Et le résultat est là aujourd’hui.

    La campagne de vaccination patine, par pénurie plus que par méfiance

    De fait, alors que des formules de vaccins sont disponibles depuis dès mois, le régime Macron s’est acharné à refuser que les vaccins deviennent un bien public mondiale, comme le défendaient les pays socialistes, Chine et Cuba en tête devant l’ONU. Les brevets des multinationales – financés par les milliards d’argent public – avant la santé de l’Humanité !

    Le capitalisme mondialisé, qui n’a eu de cesse que de fermer les usines à coup de délocalisation et d’étendre pour les profits des milliardaires les chaînes de production et leur logistique sur les 5 continents dans sa recherche criminelle permanente de la diminution des salaire, démontre son incapacité à produire les vaccins en masse. En France, au bout de plusieurs mois, le pitoyable régime Macron célébre – telle un état bananier failli – le début de la mise en flacon du vaccin pfizer. Dans une propagande lamentable visant à cacher qu’aucun vaccin n’est produit en ce mois d’avril 2021 en France. Et ce alors que Sanofi n’a réussi qu’à augmenter ses dividendes et pas à obtenir un vaccin efficace, que Mercks ne donnent pas suite à l’un des vaccins de Pasteur, et que si une startup française a réussi à développer un prometteur vaccin sous unitaire, c’est principalement grâce au soutien des britanniques ! Mais l’Union Européenne se gargarise de sa réussite : l’Europe est la principale exportatrice de vaccins (se gardant de préciser que c’est en premier lieu vers les USA !). Bref, la machine capitaliste sait produire des profits, mais pas des vaccins !

    Pire encore, dans ce contexte, où la géopolitique et la course au profit prime sur les priorités de santé publique, la méfiance s’est répandus à la mesure de la désastreuse “mise en place” de la campagne de vaccination. Le vaccin le moins cher – l’université d’Oxford a imposé qu’il soit vendu à prix coutant – Astrazeneca succite les craintes après la survenue de décès par trombose. Et les recommandations pour minimiser les risques qui ne cessent de varier, dans une valse semblant plus répondre à des enjeux logistiques et comptables que médicaux – ne sera à l’évidence pas là pour rassurer.

    Pour autant, devant les vaccinodrome et les pharmacies, la réalité quoiqu’en dise la Macronie, c’est que nombreux sont les candidats à la vaccination qui n’ont pas accès aux vaccins, tout particulièrement parmi les publics désignés comme prioritaires… Alors dans une nouvelle tentative de jeter de la poudre aux yeux – et alors que le périmètre ouvert à la vaccination par les doses d’astrazenca se réduit – le ministre Véran annonce l’anticipation de l’ouverture à la vaccination pour les plus de 55 ans. Une annonce qui ne cache pas qu’elle n’est obtenue qu’en reculant de plusieurs semaines la vaccination de rappel par la seconde dose. Au risque de diminuer dangereusement l’efficacité de la campagne de vaccination, voir de favoriser le développement ou la circulation de variants du virus plus résistant à la vaccination.

    Sans surprise, il en est donc de la vaccination comme des masques ou de l’accès au soin : le système capitaliste fait la preuve de sa nocivité, faisant primer le profit des capitalistes sur nos vies.

    JBC pour www.initiative-communiste.fr

     

    MintPress est un site internet américain de journalisme d’investigation et d’opinion engagé à gauche


    Spoutnik V: l’Union Européenne sacrifie ses citoyens par milliers sur l’autel de la campagne contre la Russie

    Des diplomates européens ont déclaré à Reuters que de nombreux pays préféreraient laisser mourir des dizaines de milliers de citoyens plutôt que de permettre à la Russie de les sauver.

    par Alan Macleod – 19 mars 2021 – MintPress. Traduit depuis l’anglais

    BRUXELLE – Ça ne va vraiment pas bien en Europe. Près de 900000 personnes sont mortes du COVID-19, un certain nombre de pays sont confrontés à de nouvelles vagues de virus mortel, et Paris entre dans un verrouillage de quatre semaines à partir de ce soir après une nouvelle résurgence de cas. Pendant ce temps, le déploiement de vaccins dans l’Union européenne a été particulièrement lourd. L’UE n’a réussi à vacciner qu’environ un tiers de plus de citoyens par habitant que les États-Unis ou le Royaume-Uni, même derrière des voisins beaucoup moins riches tels que la Serbie ou la Turquie (qui ont adopté les offres russes et chinoises).

    Tuer nos citoyens pour vaincre les Ruskovs

    Une solution potentielle aux malheurs de l’Europe pourrait se présenter sous la forme du vaccin Spoutnik V développé par la Russie, reconnu par la communauté scientifique comme sûr et efficace et déjà en cours de production en Italie. La Russie a exprimé son désir de travailler avec les géants pharmaceutiques européens pour produire des doses destinées à aider les 450 millions de citoyens de l’UE. Pourtant, des diplomates ont déclaré à l’agence Reuters que de nombreux pays préféreraient laisser mourir des dizaines de milliers de citoyens supplémentaires plutôt que de permettre à la Russie de les sauver. « Il y en a qui ne voudront pas donner [à la Russie] cette victoire de propagande, et il y en a d’autres qui verront cela comme une opportunité de montrer que nous coopérons », a déclaré un diplomate. « C’est russe : c’est mauvais », est une pensée dominante parmi les décideurs politiques, a-t-il ajouté.

    Publiquement, l’UE a déjà rejeté l’approvisionnement mondial en vaccins COVID-19 de la Russie comme un coup de propagande. “Nous ne devons pas nous laisser induire en erreur par la Chine et la Russie, deux régimes aux valeurs moins souhaitables que les nôtres, car ils organisent des opérations très limitées mais largement médiatisées pour fournir des vaccins à d’autres”, a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel, ajoutant : “L’Europe n’utilisera pas de vaccins à des fins de propagande. »

    Derrière le dos de l’UE, cependant, un certain nombre d’États rompent les rangs et agissent unilatéralement. La Hongrie et la Slovaquie ont déjà commencé à utiliser Spoutnik et ont devancé les autres dans le bloc en termes de vaccinations. L’Italie a ordonné des doses, tandis que la République tchèque semble sur le point de faire de même. La décision de la Slovaquie a provoqué une sérieuse division au sein de sa coalition politique. En conséquence, le parti néolibéral et pro-UE, Pour le peuple, a menacé de démissionner du gouvernement.

    Combattre « l’influence pernicieuse » en propageant la pandémie

    Les États-Unis ont également passé une grande partie de l’année dernière à tenter de supprimer le développement et le déploiement mondial de Spoutnik V. Un rapport du ministère de la Santé et des Services sociaux se vantait que l’un de ses accomplissements principaux en 2020 avait été de travailler avec une foule d’autres agences gouvernementales pour lutter contre « l’influence pernicieuse » de la Russie aux Amériques. Le principal exemple qu’il cite avait été « de persuader le Brésil de rejeter le vaccin russe COVID-19 ».

    En partie à cause des activités américaines, la pandémie fait rage hors de contrôle au Brésil, le pays atteignant des sommets sans précédent de plus de 90 000 nouvelles infections mercredi et près de 3 000 décès signalés rien que mardi. Les services de soins intensifs de 19 des 27 États du pays sont à pleine capacité , avec une nouvelle souche plus infectieuse apparaissant dans la ville de Manaus et retrouvée dans tout le pays.

    Ajoutez cela à la thésaurisation occidentale des vaccins et au blocage d’une dérogation sur la propriété intellectuelle qui aurait permis aux pays pauvres de produire le vaccin à un moindre prix ; il semble clair que les actions des États-Unis et de l’UE ont déjà entraîné la mort d’innombrables milliers de personnes dans les nations moins riches.

    Les médias occidentaux ont également maintenu un barrage presque incessant d’informationsnégatives sur les vaccins russes et chinois, essayant constamment de saper leur crédibilité. Cela semble avoir toutefois eu un impact limité, car un sondage YouGov mené auprès de 11 pays a révélé que la Russie est le producteur de vaccins considéré le plus fiable au monde.

    Spoutnik V fonctionne de manière similaire aux offres occidentales, avec des taux d’efficacité comparables. Développé par l’Institut Gamaleya, géré par l’État, il s’agit d’un vaccin à vecteur viral, ce qui signifie qu’il utilise un autre virus pour transporter l’ADN codant nécessaire pour obtenir la réponse immunitaire souhaitée dans les cellules. Les gènes codant pour des protéines du coronavirus sont insérés dans deux virus communs semblables au rhume qui ont été génétiquement modifiés afin qu’ils ne puissent pas se répliquer à l’intérieur du corps humain. Comme les variantes occidentales, il doit être administré en deux doses à quelques semaines d’intervalle, mais la température de stockage (-18 ° C / -0,4 ° F) est considérablement plus élevée que celle requise pour le vaccin Pfizer.

    Guerre froide 2.0

    La guerre des vaccins fait partie d’une campagne internationale plus large visant actuellement la Russie. Hier, le président Joe Biden a déclaré que le président russe Vladimir Poutine était un « tueur » et a menacé les entités coopérant avec le nouveau gazoduc Nord Stream 2 transportant du gaz russe vers l’Europe centrale de sanctions immédiates si elles continuent à travailler sur le projet. Il a également rejeté l’offre de Poutine d’un débat télévisé en direct.

    Tout cela est loin de 2012, lorsque, n’étant que vice-président, Biden se moquait de l’obsession apparente du candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney pour la Russie. “Il agit comme s’il pensait que la guerre froide est toujours en cours”, a plaisanté Biden, “je ne sais pas où il a été.” « Ce n’est pas 1956 », a-t-il ajouté ; « Cela montre à quel point le gouverneur en sait peu sur la politique étrangère ».

    En 2012, seulement 2% des Américains considéraient la Russie comme leur plus grande menace géopolitique. Aujourd’hui, ce nombre est de 26%, surmonté uniquement par une poussée massive de sentiment antichinois. Malheureusement, la rhétorique de Romney, risible en 2012, semble apprivoisée selon les normes d’aujourd’hui.

     

    Alan MacLeod est rédacteur principal pour MintPress News

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • L’année 2021 commence par une offensive du gouvernement de Kyriakos Mitsotakis. Une nouvelle loi accélère la réforme néolibérale de l’Enseignement supérieur et instaure la présence permanente des forces de police à l’intérieur des campus. Le droit de manifester a fait l’objet de pressions constantes, soit par diverses lois et décrets, soit « de facto » par la répression policière des manifestants. Le gréviste de la faim Dimitris Koufontinas [condamné à perpétuité en 2003, voir plus bas] s’est vu opposer un refus cynique (et meurtrier) de ses droits minimaux et légitimes en prison. Le fil conducteur a été la volonté du gouvernement de gouverner par la force et de mener une « guerre » contre la gauche radicale. La campagne autoritaire a provoqué une sérieuse riposte sur tous les fronts, qui a culminé dans une étonnante explosion de sentiment anti-gouvernemental durant le week-end du 13-14 mars dans de nombreuses villes de Grèce et dans la plupart des quartiers et districts d’Athènes. Une résurgence de l’action de masse dans les rues est en train de créer une nouvelle situation. Revenons sur le contexte de ces événements et sur les luttes récentes.

    Une semaine avant les élections de janvier 2015, le politicien de droite Makis Voridis [actuel ministre de l’Intérieur] prenait la parole lors d’une petite réunion locale de soutien au parti de droite Nouvelle Démocratie. Il a alors déclaré : « Nous ne céderons jamais le pays à la gauche […] Ce que nos grands-pères ont défendu avec leurs fusils [une référence à la guerre civile de 1946-1949, lorsque les armées nationalistes ont imposé un régime de terreur blanche contre les guérillas du Parti communiste], nous le défendrons avec nos votes dimanche prochain. Ne vous faites pas d’illusions. Dimanche prochain, il ne s’agit pas simplement de choisir un parti, ni de choisir un programme économique. Il s’agit d’une énorme confrontation idéologique entre deux mondes différents. »

    Son camp a perdu cette bataille à l’époque et SYRIZA a fini par former un gouvernement [premier gouvernement entré en fonction le 27 janvier 2015]. La suite est connue. L’effort de recherche d’un compromis avec la troïka [FMI, BCE et Commission européenne] et la classe dirigeante grecque a conduit à la capitulation d’Alexis Tsipras et à la signature du troisième mémorandum d’austérité. La défaite démoralisante de 2015 [Tsipras accepte les conditions de la troïka, malgré la victoire du non, à plus de 61 %, lors du référendum du 5 juillet 2015] a ouvert la voie au retour de la droite au pouvoir.

    Lors des élections de 2019, Nouvelle Démocratie a remporté une importante victoire électorale, qui était aussi une victoire politique. Les sondages suggéraient une dérive droitière de l’opinion publique. La capitulation de SYRIZA et le changement idéologique qui s’en est suivi pour tenter de justifier cette trahison et défendre les politiques d’austérité que le gouvernement Tsipras a mises en œuvre ont renforcé la doctrine TINA (There Is No Alternative). Le néolibéralisme (alias « créer un environnement favorable aux investisseurs ») a été réhabilité comme étant la seule façon de sortir de la crise, tandis que Nouvelle Démocratie avait stimulé les sentiments de conservatisme social comme moyen de renforcer sa position alors qu’elle était dans l’opposition.

    Makis Voridis était désormais d’humeur revancharde : « Nous ferons toutes les interventions nécessaires pour nous assurer que la gauche ne reviendra plus jamais au pouvoir. » Il n’était pas si inquiet des perspectives électorales de SYRIZA. Comme il l’a dit en 2015, « il ne s’agit pas d’un parti ». Voridis est l’un des représentants les plus élaborés de l’extrême-droite contemporaine en Grèce. Il a passé sa jeunesse dans des groupes néofascistes, utilisant des armes contre des manifestants antifascistes dans les rues d’Athènes. Il a ensuite intégré le parti d’extrême droite plus « parlementaire » LAOS (Alerte populaire orthodoxe), avant de rejoindre Nouvelle Démocratie. Il aime mentionner Antonio Gramsci et le concept d’« hégémonie » dans ses interventions, afin d’expliquer son projet à long terme consistant à « imposer une défaite stratégique aux idées de la gauche – quelque chose de plus grand qu’un pourcentage électoral donné, quelque chose qui existe dans les universités, dans les arts, dans les syndicats, dans l’esprit des gens ».

    Bien sûr, tout en mettant l’accent sur « l’hégémonie » et les « idées », Voridis connaît aussi l’importance de la force et de la violence pour gouverner. Mais ses jours de combattant armé de droite sont révolus. Et nous le trouvons aujourd’hui amoureux de « notre démocratie libérale ». Il défendra les forces répressives de « notre démocratie libérale » contre les grèves syndicales, contre les mobilisations de la gauche, contre les squats anarchistes, contre les protestataires qui bloquent les rues. On pourrait dire que pendant que Voridis s’éloignait de ses tactiques néofascistes extrêmes passées, « notre démocratie libérale » allait dans sa direction, ils se sont donc rencontrés à mi-chemin. Depuis janvier 2021, Makis Voridis est le ministre de l’Intérieur. Et la « guerre contre la gauche » qu’il a menée pendant des décennies est désormais le véritable projet de l’actuel gouvernement de droite dirigé par le prétendu « centriste » Kyriakos Mitsotakis.

    Kyriakos Mitsotsakis espérait utiliser la défaite politique de la gauche afin d’imposer une défaite stratégique. La démoralisation après 2015 semblait être une occasion en or de matérialiser le slogan des gouvernements successifs au cours des dernières décennies : « Nous devrions en finir avec Metapolitefsi ». « Metapolitefsi » signifie littéralement « changement de régime politique » et décrit la transition vers la démocratie après la chute de la dictature militaire en 1974. Mais c’est un terme politiquement chargé, qui est utilisé pour faire référence aux traditions militantes des années 1970, aux conquêtes du mouvement ouvrier et à « l’hégémonie de la gauche » qui hante les pensées de Voridis.

    Très tôt, le gouvernement de Kyriakos Mitsotsakis passe à l’offensive, visant à mettre en œuvre des politiques ultra-néolibérales et à bouleverser l’équilibre des forces entre travailleurs et employeurs. Il s’est appuyé sur les précédents tragiques établis par le gouvernement SYRIZA et a tenté d’accentuer cette orientation, sans l’accompagner des « réserves idéologiques » propres au parti d’Alexis Tsipras au cours de ses mutations.

    ***

    Depuis mars dernier, l’apparition de la pandémie constitue un facteur nouveau. D’une part, la gestion de la pandémie a été un désastre. Le gouvernement a refusé de mettre en œuvre toute politique susceptible d’aider à gérer la situation. Les bars et les restaurants peuvent être fermés pendant des mois, tandis que le commerce de détail s’ouvre et se ferme, mais il n’y a jamais eu de véritable arrêt dans les principaux secteurs de l’économie (usines, construction, bureaux, etc.), ni aucun effort pour imposer des mesures de sécurité sanitaire aux employeurs. Le système national de santé (NHS), qui était déjà en ruine, a dû partir à la guerre sans nouveaux soldats (médecins) ni nouvelles armes (unités de soins intensifs, capacités d’analyse massives, etc.). Le système de transport en commun, lui aussi en mauvais état, n’a pas été renforcé afin d’éviter les cohues aux heures de pointe. En effet, la plupart des salarié·e·s sont toujours obligés de se rendre au travail comme d’habitude et de supporter ensuite des couvre-feux et des restrictions qui frappent leur « temps libre ». La demande des élèves pour des classes plus petites qui permettraient une réouverture des écoles en toute sécurité est restée sans réponse, car cela impliquerait d’engager plus d’enseignants et/ou de construire plus d’écoles.

    Tout effort pour traiter ces problèmes signifierait une rupture avec l’orientation néolibérale. De nouveaux médecins, de nouvelles unités hospitalières et de nouveaux lits pour le NHS, de nouveaux chauffeurs et une nouvelle flotte de véhicules pour les transports publics, de nouveaux enseignants et de nouvelles écoles, un nouveau personnel pour l’inspection du travail pourraient être des solutions « permanentes » et donc rester en place après la pandémie, ce que les néolibéraux ne peuvent tolérer.

    Ces éléments ont contribué à l’échec de la lutte contre la pandémie. Alors que diverses restrictions de déplacement et des couvre-feux nocturnes sont en place sans interruption depuis novembre dernier, les cas d’infection continuent d’augmenter [233 000 cas et 7361 morts]. A l’heure actuelle, les unités de soins intensifs à Athènes sont pleines, et les médecins affirment que les hôpitaux de la capitale grecque sont sur le point de faire face à une situation « à la Bergame » (choisir quels patients sauver, comme ce fut le cas dans la ville italienne).

    Pendant ce temps, le soutien financier aux travailleurs des secteurs qui sont fermés ou qui ont été les plus touchés par le ralentissement de l’activité est le strict minimum. La plupart des fonds publics sont utilisés pour « soutenir » les propriétaires, tandis que des miettes sont laissées pour les employés.

    ***

    Le gouvernement n’a pas simplement échoué à gérer la crise sanitaire et économique. Il a instrumentalisé la pandémie pour approfondir son option néolibérale. Alors que les manifestations, les réunions syndicales, les assemblées d’étudiants et toutes sortes d’activités étaient rendues plus difficiles ou impossibles à cause de la pandémie, le gouvernement a refusé de renoncer à de nouvelles attaques. Il a commencé à voter une loi après l’autre au parlement, dans l’espoir de contourner la résistance sociale. Il a également instrumentalisé la pandémie afin de renforcer la répression. Une partie de l’État a bénéficié d’une augmentation des dépenses publiques, pour du nouveau personnel et des équipements de pointe : la police.

    Après l’incroyable rassemblement antifasciste d’octobre dernier [voir à ce propos l’article publié sur ce site le 10 octobre 2020], pendant le procès d’Aube dorée, le gouvernement a lancé une contre-offensive préventive. L’article 11, qui protège le droit de manifester, a été suspendu deux fois, par un décret du chef de la police (!), afin d’interdire les rassemblements de masse du 17 novembre (anniversaire du soulèvement étudiant contre la junte militaire en 1973) et du 6 décembre (anniversaire du meurtre d’Alexis Grigoropoulos, âgé de 15 ans, par la police, qui a provoqué la révolte des jeunes en décembre 2008). Par la suite, une douzaine de militantes féministes de gauche ont été arrêtées pour avoir simplement brandi une banderole sur la place Syntagma afin de protester contre les violences faites aux femmes le 25 novembre. La loi votée l’été dernier, visant à « réglementer » les manifestations, donne le feu vert à la police pour décider arbitrairement de « l’ampleur de la menace estimée » et interdire ou réduire les rassemblements publics.

    Pendant ce temps, la peur de la pandémie elle-même et la répression de l’État nous ont contraints à organiser une sorte de « résistance déléguée ». De petites activités symboliques organisées dans un environnement « semi-clandestin » par des minorités militantes, exprimant les sentiments d’une couche plus large de la population qui ne voulait ou ne pouvait pas descendre dans la rue.

    Compte tenu de la faiblesse des mouvements sociaux, nous avons estimé que la nouvelle loi et l’utilisation disproportionnée des forces de police contre les petites mobilisations symboliques avait un caractère préventif. Le gouvernement, comprenant que la colère bouillonne sous la surface et que l’impact de la crise économique va s’aggraver avec le temps, a tenté d’imposer une « nouvelle normalité », où les manifestations sont un endroit dangereux, où les minorités militantes seront isolées et feront face à une répression sévère avant qu’elles puissent faire appel et parvenir à mobiliser une plus grande partie de la population.

    ***

    Le principal problème de Nouvelle Démocratie est qu’un pilier de sa « contre-révolution » a été brisé. Le néolibéralisme est en état de crise permanente depuis 2007. Mitsotakis souhaitait suivre les traces de son idole, Margaret Thatcher, oubliant que la « Dame de fer » s’est affirmée à une époque où le néolibéralisme était en plein essor et où la croissance économique pouvait soutenir la fausse promesse des « effets de ruissellement » pendant un certain temps.

    Dans la Grèce contemporaine, le secteur privé glorifié a été fortement touché pendant la pandémie. La crise économique a durement frappé même une partie de l’électorat du gouvernement : les propriétaires de petites entreprises et certains professionnels ; une partie de la petite bourgeoisie qui espérait qu’un gouvernement « favorable aux entreprises » serait la solution à leurs problèmes et qui est maintenant confrontée à un désastre. Les salarié·e·s sont soumis à une pression extrême depuis 2010 (sans compter que même le « bon vieux temps » d’avant la crise n’était pas si bon pour beaucoup d’entre eux). La restauration de l’orthodoxie néolibérale en tant que « bon sens » et la transformation de la société grecque en un environnement « favorable aux entreprises » se sont heurtées à des obstacles, entre autres des luttes de salarié·e·s. Le gouvernement a donc renforcé le deuxième pilier de sa « guerre contre la gauche » : l’autoritarisme et le conservatisme. Pendant que la police réprime, une offensive idéologique tente de discréditer la gauche radicale en la présentant comme « l’ennemi intérieur » qui mérite d’être brutalisé. La « loi et l’ordre » sont devenus le seul discours que Nouvelle Démocratie avait à offrir à sa base de soutien conservatrice, qui craquait sous le poids de la crise financière.

    ***

    Cette mentalité guide le gouvernement depuis lors. En voici un petit exemple, mais parlant. En plein milieu d’une version grecque de #MeToo, où des femmes, principalement dans le domaine des arts et des sports, brisent leur silence et racontent leurs histoires de harcèlement sexuel, il a été révélé que Dimitris Lignadis, nommé par le gouvernement au poste de directeur artistique du Théâtre national, avait systématiquement violé des adolescents. Après l’échec des premiers efforts pour le couvrir, il a finalement été sacrifié. Mais la ministre de la Culture, Lina Mendoni, elle, est restée à sa place, malgré les nombreux appels à sa démission. Normalement, la remplacer aurait été un geste facile et bon marché pour « limiter les dégâts ». Mais c’est là que la mentalité d’un « cabinet de guerre » a prévalu. Mitsotakis a protégé sa ministre. Elle a été présentée par les médias de droite comme une victime de la propagande de gauche qui la prend pour cible pour avoir promu des politiques « favorables aux investissements » dans le domaine de la culture. L’avocat de Lignadis a décidé de s’appuyer sur ce récit, en essayant de présenter son client comme la victime d’une sorte de conspiration de gauche. Il paierait le prix pour avoir essayé de reconnecter le Théâtre national avec « l’esprit grec ancien traditionnel » et d’éliminer « l’influence gauchiste décadente dans les arts »…

    ***

    C’est dans cette situation que le prisonnier Dimitris Koufontinas, ancien membre du groupe armé dissous « 17 novembre » (17N), a entamé une grève de la faim pour protester contre un (énième) traitement injuste. Koufontinas a été traité avec dureté pendant tout le temps qu’il a passé en prison, les bureaucraties de l’État lui refusant constamment des droits qui sont accordés à tous les autres prisonniers condamnés à des peines similaires. Tant Nouvelle Démocratie que l’ambassade américaine se sont traditionnellement montrées très fermes dans leur opposition à tout traitement humain du prisonnier de 63 ans. Le dernier exemple en date est scandaleux. Le gouvernement a voté une loi qui interdit à une certaine catégorie de prisonniers d’être transférés dans des prisons rurales. Elle a de plus un effet rétroactif. Le seul prisonnier correspondant au profil de cette nouvelle disposition et qui se trouvait déjà dans une prison rurale était Koufontinas, de sorte qu’il s’agissait essentiellement d’une loi conçue spécifiquement pour l’en retirer. La loi prévoyait que les détenus devaient être transférés dans la prison où ils se trouvaient auparavant. Mais le gouvernement a contourné sa propre loi et a transféré Koufontinas à la prison de haute sécurité de Domokos [Grèce centrale], et non à la prison de Korydallos [district du Pirée], où il avait passé la majeure partie de sa peine (et où il aurait été plus facile pour sa famille de lui rendre visite). Dimitris Koufontinas a été contraint d’entamer, le 8 janvier, une grève de la faim pour exiger l’application… correcte d’une loi punitive qui avait été votée contre lui en premier lieu !

    Le gouvernement a traité la grève de la faim avec un cynisme sauvage. La vengeance contre Koufontinas était combinée avec la « mentalité de guerre » de la Nouvelle Démocratie. Mitsotakis a clairement indiqué que le gouvernement ne reculerait pas et était prêt à mener Koufontinas à la mort. C’était une nouvelle imitation de Margaret Thatcher, qui avait laissé Bobby Sands et ses camarades mourir en prison [en mai 1981], afin de prouver que « la dame n’est pas faite pour tourner ». La vengeance était également porteuse d’un fort symbolisme. Dimitris Koufontinas s’est forgé pendant les années militantes qui ont suivi la junte militaire, et « 17N » est un produit de cette époque. Le fait d’afficher une tolérance zéro et de refuser les droits minimums de ce prisonnier particulier s’inscrivait dans la logique du slogan « achevons l’esprit de Metapolitefsi ».

    Pour certains analystes, il s’agissait d’une imitation de la « stratégie de la tension ». La stratégie originale a été mise en œuvre en Italie dans les années 1970, à une époque où il existait des groupes armés de gauche. En l’absence de tels groupes, la version grecque contemporaine a fait surgir le spectre de la « violence armée », 20 ans après la dissolution de 17N et la clôture de ce cycle, par un effort scandaleux pour changer le récit : une question de droits de l’homme et de démocratie a été dépeinte comme une « lutte contre le terrorisme ». Dès lors, tous ceux qui ont soutenu la grève de la faim et exigé le respect des droits de Koufontinas ont été dépeints comme des « sympathisants du terrorisme ». Les médias ont agi comme si la question concernait les actions passées de Koufontinas (pour lesquelles il était en prison depuis 17 ans) et non son traitement en tant que prisonnier. Les commentateurs de droite ont laissé entendre que ce « tueur en série qui n’a aucun remords » ne devrait jouir d’aucun droit (ou même qu’il est normal de le laisser mourir). Les messages Facebook soutenant ces revendications ont été supprimés et les profils des utilisateurs ont été retirés pour « soutien aux actions d’un groupe terroriste » !

    La police a établi une nouvelle norme en matière de répression. Les tentatives de rassemblements de quelques dizaines de personnes en soutien au gréviste de la faim ont été violemment dispersées par des unités de police antiémeute, avant même qu’elles n’aient eu le temps minimum de se rassembler et de lever leurs pancartes.

    La gestion cynique de la grève de la faim, qui incluait la tolérance de la mort potentielle de Koufontinas, a été le point culminant de la campagne visant à détruire la gauche radicale, tout en faisant appel aux instincts de « loi et d’ordre » des conservateurs et en les radicalisant à un niveau supérieur (celui de s’accommoder de l’idée d’imposer une condamnation à mort à un « extrémiste » et de brutaliser toute personne qui s’y oppose comme sympathisant terroriste). Cette stratégie visait à créer un précédent pour toutes les luttes futures. La vision de cette stratégie pourrait être décrite grossièrement comme suit : une infime minorité qui insiste sur la résistance active subira une répression brutale, tandis qu’une partie de la population a trop peur pour se mobiliser et que l’autre applaudit la police pour s’être occupée des « extrémistes » détestés.

    ***

    Mais les choses ont changé. Au cours du mois de janvier, les étudiants universitaires ont organisé une résistance massive contre la nouvelle loi qui accélère la transformation néolibérale de l’enseignement supérieur et établit la présence permanente des forces de police à l’intérieur du campus. Les manifestations hebdomadaires contre cette nouvelle loi ont rassemblé des milliers d’étudiants et ont ainsi marqué la fin de la période de « résistance déléguée ».

    L’« affaire Koufontinas » prend une autre tournure. Semaine après semaine, sa santé se détériorait et il devenait évident que la Grèce était sur le point de devenir le pays où un gréviste de la faim était mort, pour la première fois en Europe depuis 1981. Universitaires, artistes, médecins, avocats, membres du Parlement européen ont appelé au respect de ses droits. L’Ombudsman grec, la section grecque d’Amnesty International, l’Association grecque pour les droits de l’homme et du citoyen, et même l’Association des juges et des avocats ont rejeté la faute sur le gouvernement. Toute l’opposition parlementaire (à l’exception de l’extrême droite) a demandé son transfert à Korydallos. Les manifestations de soutien à la grève de la faim deviennent quotidiennes et prennent de l’ampleur. Une partie importante de la société, dont les opinions sur Koufontinas varient (de la sympathie à l’hostilité et tout ce qui se trouve entre les deux), exprime son rejet du comportement brutal de l’État à son égard. La seule intervention publique soutenant clairement le gouvernement a été celle de responsables de l’État américain, lui qui est responsable de la prison de Guantanamo et des centres de détention secrets de la CIA dans le monde entier…

    Pendant ce temps, quelque chose de différent bouillonnait sous la surface. La police ne brutalisait pas seulement les manifestants. Chargés d’imposer les couvre-feux et les restrictions de déplacements, éduqués à considérer la « jeunesse indisciplinée » comme un ennemi, gonflés par la stratégie gouvernementale de « loi et ordre », les flics se sont déchaînés dans les quartiers, les parcs et les places publiques d’Athènes. Les gens ont accumulé des expériences amères de rencontres quotidiennes avec une force de police qui opérait avec l’arrogance et la brutalité d’une « armée d’occupation ».

    À un niveau souterrain, le « paradoxe de la répression » apparaissait. Selon ce schéma, la répression est constamment utilisée comme un moyen de pacifier une population qui ne peut être gagnée par la persuasion. Mais à un moment donné, le recours constant à la répression cesse de terrifier la population et finit par l’exaspérer davantage. Les événements de Nea Smyrni, une municipalité de l’Attique, ont servi de catalyseur.

    Sur la place publique de Nea Smyrni, des policiers ont menacé une famille qui était assise sur un banc (et qui ne faisait donc pas d’« exercice actif », ce qui est la raison officiellement autorisée pour aller se promener). Les jeunes du quartier ont soutenu la famille et bientôt des renforts de police sont arrivés pour « pacifier la foule hostile ». Un jeune a été brutalisé, mais cette scène a été enregistrée par d’autres citoyens avec leurs smartphones et a fait le tour d’internet. La version initiale de la police qui a été volontiers reproduite par tous les grands médias (les policiers faisaient face à une « embuscade violente », etc.) a été ridiculisée par les habitants qui ont décrit ce qui s’est réellement passé. Le même soir, plus d’un millier d’habitants ont défilé de la place jusqu’au poste de police local, où ils ont été attaqués au gaz lacrymogène et dispersés.

    La vidéo a été diffusée partout, et le cri du jeune homme « J’ai mal ! » pendant qu’il était battu est devenu un cri de guerre pour des milliers de personnes, semblable à l’impact du « I can’t breathe » de George Floyd sur la société américaine. Même les médias ont été contraints de changer de discours le temps d’une journée, de montrer un peu de sympathie aux victimes de la violence policière et d’exercer une certaine pression sur les représentants de la police qui ont soutenu sans vergogne leur collègue, qui a « commis une erreur », qui « a malheureusement été filmée » (!). Ces images « ne devraient pas être utilisées pour discréditer la vaillante force de police par les habituelles personnes soupçonnées de sentiment anti-police ».

    Le lendemain, ce fut le tremblement de terre. Plus de 10 000 personnes se sont rassemblées sur la place centrale de Nea Smyrni. Dans les moments difficiles que nous avons traversés, une manifestation de cette taille serait célébrée comme un grand succès, même s’il s’agissait d’une mobilisation centrale pour tous les citoyens d’Athènes sur la place Syntagma. Mais ce n’était qu’une manifestation locale. Tout le monde était là. Des syndicats affiliés au Parti communiste, des forces de la gauche radicale, des collectifs anarchistes, des habitants qui n’avaient jamais manifesté auparavant, même des supporters de football ont décidé de mettre de côté leurs différences pour une journée et de marcher ensemble contre la brutalité policière.

    Plus tard dans la journée, des escarmouches ont éclaté entre certains manifestants et la police. Une unité de police motorisée – notoirement connue pour sa brutalité et sa tactique permanente consistant à charger avec leurs motos les manifestants – a attaqué. Cela s’est produit à de nombreuses reprises par le passé, mais cette fois-ci, certains manifestants ont riposté et un membre de l’unité a été battu et s’est retrouvé à l’hôpital.

    C’est alors qu’une contre-attaque idéologique s’est déclenchée. Les médias ont immédiatement déplacé le débat sur la brutalité policière vers celui « de voyous violents qui ont presque assassiné un policier ». Le premier ministre est intervenu lors d’une émission spéciale, pour dénoncer l’incident (sans jamais mentionner la victime de la brutalité policière). Tout d’un coup, tout le monde était censé oublier tout ce qui avait conduit à cette explosion de rage et sympathiser avec la police. Pendant ce temps, dans les rues de Nea Smyrni, la police cherchait à se venger. Toute une municipalité a souffert de leur activité frénétique cette nuit-là, dans les rues avoisinantes, à l’intérieur des magasins et des immeubles d’habitation. Une vidéo a été publiée qui résume leur état d’esprit après l’attaque de leur collègue. Son unité a été filmée en train de crier « Ils sont finis ! On va les tuer ! On va les baiser ! » De nombreux incidents de violence policière ont été enregistrés par des résidents locaux et mis en ligne.

    C’était comme deux univers parallèles. Pour les médias grand public, l’« histoire du jour » était le drame du policier blessé, tandis que les médias sociaux étaient envahis par diverses vidéos de violences policières sauvages dans les rues environnantes de Nea Smyrni et par des habitants criant depuis leur balcon « Dégagez d’ici ! » ou « Laissez les enfants tranquilles ! ». La distance entre la réalité et la couverture médiatique a été un autre facteur qui a enragé les gens – comme on avait pu le constater à l’occasion du référendum de 2015, lorsque les médias de masse ont été fortement discrédités pour leur rôle dans le soutien du « Oui » aux mesures de la troïka. Kyriakos Mitsotakis n’a pas conforté sa position lorsqu’il a averti les jeunes que « les médias sociaux sont une menace pour la démocratie car ils fournissent une vision déformée de la réalité », cela à une époque où ce sont les médias « respectables » qui déforment constamment la réalité pour protéger le gouvernement et la police.

    La contre-offensive idéologique a échoué lamentablement. Le premier sondage national sur la question a montré qu’une majorité des personnes sondées avait une opinion négative de la police (excessivement violente) et qu’ils étaient responsables de la petite émeute de Nea Smyrni. Mais ce qui est bien plus important que les sondages d’opinion, ce sont les rues. Le week-end suivant les événements de Nea Smyrni, tous les quartiers d’Athènes et de nombreuses villes de Grèce étaient remplis de manifestants. Il est difficile d’en estimer le nombre total. Mais de nombreuses municipalités ou districts ont connu les plus grandes manifestations locales depuis de nombreuses années. Des dizaines de manifestations locales simultanées ont rassemblé quelques milliers de personnes chacune. La « décentralisation » de la protestation était une stratégie discutée dans la gauche radicale comme moyen de faire face au double problème de la pandémie et des interdictions de l’État. Certains groupes avaient tenté une telle tactique le 6 décembre 2020, avec de nombreux événements locaux commémorant Alexis Grigoropoulos et la révolte de 2008, au lieu d’essayer de se rassembler une fois de plus au point de rendez-vous traditionnel du centre-ville d’Athènes où des dizaines d’unités de police nous « attendaient » déjà. Ce fut un succès, mais loin d’être comparable à ce qui s’est passé les 13 et 14 mars. Cette fois-ci, la stratégie de « décentralisation » a rencontré le besoin réel d’une masse critique de personnes de protester dans leurs quartiers, de réclamer leur droit à l’espace public face à la police. La police ne s’est même pas montrée pour essayer d’arrêter ce qui peut être décrit comme une « révolte pacifique » composée de multiples manifestations de type « guérilla ».

    Les protestations locales étaient diverses. Des groupes anarchistes locaux, des organisations de gauche, certains syndicats de travailleurs, des collectifs actifs dans la solidarité sociale les ont organisées, en fonction de leur force dans chaque district ou quartier.

    Ils étaient remplis de colère. Contre la police, contre la gestion de la pandémie, contre les priorités des dépenses publiques, etc. Un seul cri rassemblait toutes les doléances : « Mitsotakis, salaud ! » C’était un écho du passé : ce slogan avait été lancé en 1965 contre le père de l’actuel premier ministre, Konstantinos Mitsotakis, pendant les « Iouliana » (les « événements de juillet »), une révolte contre la monarchie déclenchée lorsque le Palais a renversé un gouvernement centriste avec l’aide de Mitsotakis, qui avait orchestré la défection d’un nombre crucial de députés centristes. Le slogan redevient populaire en 2021, pour exprimer le dédain envers le fils de l’une des familles les plus puissantes de la politique grecque. Michalis Chryssochoidis, le ministre en charge de la police [un ministère baptisé ministère de la protection des citoyens], a été une autre cible des chants des manifestants. Cet ancien social-démocrate [membre du Pasok dès 1974, passé à Nouvelle Démocratie en 2019], qui est devenu le favori de la CIA et l’enfant-vedette de l’« antiterrorisme » après le démantèlement de la « 17N » [en 2002], est maintenant le « shérif » largement méprisé et ridiculisé pour sa déclaration antérieure selon laquelle « les habitants des quartiers défavorisés applaudissent lorsqu’ils voient nos forces de police défiler dans leurs rues ».

    La jeunesse constituait le gros des manifestations locales. Bien sûr, des gens de tous âges sont venus, mais la présence massive des jeunes était significative. C’est une évolution intéressante. Il y a des générations de personnes dont la brève existence a été marquée par deux crises économiques majeures et une pandémie, jusqu’à aujourd’hui. Ils sont confrontés à de sombres perspectives sur le marché du travail, leur vie sociale est soumise à une pression constante, ce sont eux qui subissent habituellement le harcèlement quotidien de la police sur les places et dans les parcs publics et ce sont eux que le Premier ministre désigne constamment pour leur faire la morale. Mais ils sont aussi ceux qui n’ont pas vécu la défaite de 2015 de la même manière que ressentie par les générations précédentes qui ont lutté pendant de nombreuses années avant l’arrivée de SYRIZA au gouvernement et se sont ressenties épuisées et démoralisées après la trahison.

    ***

    Ce sentiment de défiance irrigue aussi d’autres luttes. La même semaine que la manifestation à Nea Smyrni et les manifestations locales, nous avons également assisté à : la grève féministe du 8 mars, à une marche étudiante contre la nouvelle loi sur les universités, à une manifestation centrale qui combinait la solidarité avec Dimitris Koufontinas et la lutte d’ensemble contre l’autoritarisme et la répression. Plusieurs milliers de personnes ont participé à ces mobilisations. Les jours suivants, nous avons eu les mobilisations des acteurs des divers milieux culturels, combinant leurs griefs pour le manque de soutien financier pendant le confinement, leur rejet des efforts pour imposer la censure dans les arts en utilisant la législation « antiterroriste » (similaire à celle qui a récemment conduit le rappeur catalan Pablo Hasel en prison) et la colère déclenchée par le #MeToo grec dans les arts. Puis, le 17 mars, une mobilisation du personnel de santé a été accompagnée de manière solidaire par de nombreuses personnes. En résumé, un gouvernement qui s’est lancé dans une campagne visant à diminuer sérieusement les protestations publiques fait face ces derniers temps à des mobilisations presque quotidiennes.

    Cette évolution de la situation a eu un autre effet secondaire. On dit que les grévistes de la faim déterminés et désespérés ont besoin de quelque chose à espérer pour changer d’avis et ne pas se sacrifier. Alors que Nouvelle Démocratie a refusé d’accorder à Dimitris Koufontinas ses droits jusqu’au bout, se contentant ou même voulant le voir mourir, le bref « printemps » de la résistance sociale a donné à Koufontinas des raisons d’espérer en l’avenir. Il a finalement mis fin à sa grève de la faim, déclarant que « ce qui se passe là-bas est bien plus important que la question qui l’a déclenchée » et que l’existence de forces sociales dynamiques qui résistent à l’autoritarisme « est un nouvel espoir ». Si le mouvement de masse n’a pas forcé le gouvernement à faire marche arrière, il a permis d’éviter la sombre perspective d’une mort tragique.

    Le gouvernement est sous pression et les jours de confiance arrogante en soi qui ont défini les débuts de son mandat sont derrière lui. Mais son avenir est loin d’être déterminé. La « guerre contre la gauche » peut s’avérer fructueuse en « accrochant les wagons » de l’électorat conservateur, qui s’est radicalisé. Le principal parti d’opposition, SYRIZA, n’est guère une « opposition », choisissant le langage conciliant de la politique respectable, de l’unité nationale, etc. La gauche anticapitaliste est encore fragmentée, confuse et/ou panse ses plaies de 2015. Les syndicats ont été sévèrement affaiblis et les « nouveaux mouvements » manquent de fondations critiques pour le moment.

    Mais il semble que nous entrons sur un nouveau terrain, avec des possibilités de contrecarrer, de manière tout à fait initiale, les effets de la défaite politique de 2015. L’énergie vibrante des jeunes générations, combinée à une réactivation possible d’un secteur de militants politiques disposant d’une expérience de luttes peut constituer un élément favorable à une nouvelle phase politique.

    Ces jours-ci, les chroniqueurs des médias grand public ont tendance à évoquer la révolte des jeunes de 2008 et le « mouvement des places » de 2011. Les optimistes rassurent leur public en disant que « cela ne se reproduira pas ». Les plus prudents préviennent que « nous devons nous assurer que cela ne se reproduira pas ». En tout cas, il est révélateur que les fantômes des luttes passées reviennent les hanter… (Texte envoyé par l’auteur le 19 mars 2021 ; traduction rédaction  A l’Encontre )

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  • Les médias internationaux, y compris les médias qui ont des correspondants en Grèce, ont imposé un black-out presque total à l’information en provenance de ce pays. Cela devrait être considéré comme une indication assez sérieuse de l’énorme importance internationale de ce qui se passe actuellement en Grèce. Pas seulement en Grèce, partout notre presse aux ordres cache les révoltes populaires et nous occupe avec des fake news sur la Chine et autres. Histoire et société fait simplement le travail d’information que les autres ne font pas. Ce qui est décrit ici est une nouvelle stratégie allant vers la fascisation : le pouvoir ne se contente pas de réprimer les rébellions, il les suscite pour avoir un prétexte… cela se passe dans de nombreux pays de l’UE et même dans le monde. Si les manifestations ouvrières et étudiantes du KKE sont organisées et encadrées, la présence de nouvelles couches issues de couches moyennes est utilisée pour renforcer les provocations policières. Comme le dit l’article cette stratégie de provocation à la tension que l’on retrouve au plan international émane de la maison mère les USA et l’OTAN. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

     

    Par Andreas Maris ,le 12/03/2021

     

    Mardi, trois manifestations très massives ont eu lieu à Athènes, Salonique et Samos. La manifestation à Salonique a été la plus grande manifestation étudiante depuis des décennies.

     A Athènes, l’Initiative des avocats et des juristes, diverses organisations de gauche, un certain nombre de syndicats, dont le Syndicat des acteurs, ont organisé une marche massive pour protester contre la répression policière et la barbarie.  

    Les manifestants protestaient également pour le traitement de Koufontinas, gréviste de la faim, que le gouvernement grec semble avoir condamné indirectement à mort et, aussi, pour la gestion de la pandémie. 

    Les acteurs protestent également pour ce qu’ils considèrent comme un effort gouvernemental pour étouffer, autant que possible, le grand scandale lié à Dimitris Lignadis, l’ex-directeur du Théâtre national, arrêté, accusé d’avoir violé des mineurs. (Un site satirique grec a écrit qu’il étudie maintenant, la biographie d’Epstein dans la prison). Il est considéré comme très probable que ce cas n’est pas isolé, mais juste la pointe d’un iceberg. L’« élite » grecque a toujours été corrompue (dans la plupart des cas par des élites européennes « non corrompues », comme Siemens, qui payait presque tout le monde en Grèce). Mais maintenant, il semble que certaines des formes les plus horribles de la criminalité sont tolérées au centre même de l’élite, ce qui le rend également plus vulnérable à toutes sortes de chantages.  

    A Salonique, les étudiants ont également protesté contre les tactiques de la police. Pendant deux semaines, ils avaient occupé un bâtiment de l’Université, mais ils avaient annoncé qu’ils le quitteraient jeudi à 11h00 heure locale. Au lieu d’attendre, la police a pris d’assaut le bâtiment, et en même temps, interdire à la presse de s’approcher de la scène et de couvrir l’événement. Les syndicats de journalistes grecs ont protesté. Le résultat a été la manifestation étudiante qui a suivi et de nouveaux affrontements violents avec la police.  

    Le gouvernement grecque semble utiliser non pas une tactique oppressive habituelle, mais plutôt une « stratégie de tension ». Il n’opprime pas un mouvement existant, il le crée. Il provoque les gens afin de les réprimer. Cette stratégie a été utilisée en Grèce et en Italie pendant la guerre froide et consiste à créer des tensions artificielles, en utilisant divers moyens, y compris, dans son plein développement, des méthodes comme le terrorisme réel ou faux, les enlèvements et les assassinats.  

    Nous ne sommes pas encore là, mais il y a beaucoup d’indications que nous traversons une frontière maintenant en Grèce.  

    Comme Koufontinas mourra très probablement de sa grève de la faim, personne ne peut être sûr du type d’attaques armées, réelles ou fausses (provocations), qui pourraient être utilisées pour justifier des mesures d’urgence.  

    En Grèce, cette stratégie, organisée et appliquée par le réseau Gladio de l’OTAN, la CIA et d’autres agences a finalement conduit à la dictature des colonels en 1967.  

    Si une telle stratégie de tension existe, comme toutes les indications que nous avons semblent l’indiquer, elle ne peut pas avoir été conçue par les politiciens grecs.

     

    https://fb.watch/4c94TBwWVs/

    source:  https://histoireetsociete.com/2021/03/13/grece-manifestations-antigouvernementales-massives-black-out-massif/

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  • Ce qui se passe en Espagne doit nous alerter comme d’ailleurs en Europe, en France, la manière dont une alliance du capital et des forces les plus conservatrices criminalisent et ne craignent pas les procès, les incarcérations de ceux qui protestent tout en laissant de plus en plus le droit aux fascistes et néo-nazis, xénophobes et anti-communistes le seul droit médiatique. voici donc l’interview du jeune rappeur coupable d’atteinte à la monarchie alors que celle-ci apparait de plus en plus comme une institution corrompue mise en place avec l’accord des USA pour poursuivre le franquisme. Dans le cadre de l’eurocommunisme on nous l’a vendu comme la “démocratie”. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

    REJOIGNEZ LA RÉPUBLIQUE PUBLIQUE

    ¡Únete a nosotros! – Diario Público (publico.es)

    MADRID  03/03/2021 22H29

    ALEJANDRO TORRÚS@ATORRUS


     

    Le rappeur Pablo Hasél répond aux questions de public depuis la prison de Ponent de Lleida, où il est entré pour purger une peine d’au moins 9 mois et un jour de prison pour crime de terrorisme. Il a également été condamné à douze mois d’amende pour insultes à la Couronne et à une amende de 15 mois pour insultes aux institutions de l’État.

    Le rappeur Pablo Hasél répond au public depuis la prison de Ponent de Lleida. La méthode est particulière, pour des raisons évidentes. Ce journal a remis une liste de questions à ses avocats et le rappeur a répondu dans quelques lignes de son écriture. Par conséquent, il n’y a pas eu de place pour la conversation ou le dialogue. Il ne s’agit que d’un simple questionnaire.

    En outre, Hasél lui-même a demandé dans sa réponse que l’interview soit publiée dans son intégralité et sans montage. Ce journal a décidé de se conformer à sa demande, y compris une question qui contenait une erreur dans sa formulation. Comme Hasél lui-même corrige l’intervieweur, Unidas Podemos a demandé une grâce et non une amnistie pour le détenu maintenant.

    Les réponses du rappeur sont datées du 26 février. C’est la première interview de Hasel depuis son entrée en prison.

     

    Comment allez-vous? Comment est votre vie quotidienne en prison ?

    Je suis fort, mais pour des raisons évidentes, la prison n’est pas un endroit pour dire que tu vas bien. J’ai passé une semaine en quarantaine enfermé 23 heures dans la cellule sortie une heure par jour dans une cour qui n’a littéralement qu’un peu plus de dix pas. Maintenant, je sors un peu plus, mais c’est toujours la même cour parce que je n’ai pas été déplacé de ce module lors de la lutte pour une cellule individuelle à laquelle j’avais théoriquement droit et qui est un privilège historique des prisonniers politiques. Je passe la journée à lire, à faire le petit sport qui peut être fait dans un si petit espace, à écrire et à bavarder avec les quelques prisonniers que je côtoie.

    Quelle activité faites-vous pour tuer le temps? vous composez ?

    J’écris un livre de poèmes, d’articles et de lettres. Je suis inspiré par ce que je vis en plus de continuer à refléter la réalité de l’extérieur.

    Cuartilla con las respuestas enviadas por Pablo Hasél desde prisión.Cuartilla avec les réponses envoyées par Pablo Hasél de prison.  PUBLIC

    Avez-vous pu voir les manifestations contre votre emprisonnement ? Qu’en pensez-vous ?

    J’ai pu suivre certaines protestations et j’ai été très enthousiaste, il y a eu une grande réponse qui a encore plus de valeur en période de démobilisation. Ils ont profité de ce temps pour m’emprisonner croyant qu’il y aurait peu de réponse et ils ont eu leur coup de feu sur le cul. Le bon travail du mouvement de solidarité et mon attitude ferme l’ont facilité, mais d’autres facteurs s’y sont ajoutés tels que la lassitude croissante face à la misère et la répression. La jeunesse sans issue digne de ce nom a provoqué la colère dans les rues.

    Les médias se sont beaucoup concentrés sur les émeutes qui se sont produites dans bon nombre de ces concentrations. Quelle opinion avez-vous ?

    Il y a beaucoup d’hypocrisie dans la violence et la violence se cache sous la forme de déni des droits et libertés fondamentaux, ce qui provoque des troubles. C’est simple : sans de telles conditions de vie indignes, il n’y aurait pas d’agitation; sans répression non plus. « Sans des conditions de vie aussi indignes, il n’y aurait pas d’émeutes; sans la répression il n’y en aurait pas non plus »

    Les grands moyens du capital criminalisent et condamnent la légitime défense, mais ne condamnent pas les causes qui conduisent à cette réaction.

    En principe, vous êtes entré pour purger une peine de neuf mois de prison. Cependant, il a été accumulé de nouvelles charges. Quelle perspective vos avocats vous donnent-ils? Pensez-vous pouvoir sortir de prison dans neuf mois ?

    Nous savons si je suis condamné à payer en prison la peine d’amende de 30 000 euros qui porterait [la peine] à plus de 2 ans et si d’autres condamnations deviennent définitives. Je doute passer « seulement » neuf mois en prison et tout dépendra de la pression de la solidarité et si oui ou non ils sont intéressés à ce que je sois emprisonné. Je me mets en situation mentale pour le pire à cause d’un état comme celui-ci, vous pouvez vous attendre à n’importe quoi.

    Qu’avez-vous pensé du manifeste de votre défense signé par des artistes comme Sabina appelant à ce qu’elle soit régulièrement emprisonnée ?

    « Ce sera la lutte dans la rue qui pourra arracher ma liberté »

    Il est positif que des poids lourds du monde de l’art et de la culture qui ont traditionnellement soutenu ou soutiennent ce gouvernement aient appelé à ma liberté pour défendre la liberté d’expression. Cela souligne à quel point les pratiques du régime suscitent le rejet. Mais ce n’est pas comme ça qu’ils changeront. En tout cas, ce sera surtout la lutte dans la rue qui pourra arracher ma liberté. La solidarité, c’est bien plus que signer des manifestes.

    Certaines de vos déclarations publiques font référence à une opération de l’État pour vous emprisonner soit dans des affaires ouvertes pour voies de fait, soit pour lesquelles vous êtes reconnu coupable de voies de fait. Pourquoi pensez-vous que l’État est après vous?

    Il y a une opération claire de l’État pour m’emprisonner pour longtemps et c’est tellement effronté que cela choque à l’échelle internationale y compris des gens qui ne sympathisent pas avec ce que je défends. Le troisième jour de mon emprisonnement, j’ai reçu une autre condamnation (en attendant le recours à la cour Suprême) pour une attaque de police sans preuve, comme on peut le voir par quiconque lit toute la cause, il est clair.

    En plus d’avoir des charges plus remarquables telles qu’une expression / crime haineux pour ne pas avoir cautionné le joueur de football nazi Zozulya, charge pour lequel je peux récolter jusqu’à 4 ans de plus, ou les six ans et demi pour être accusé d’avoir assisté à une manifestation contre la répression, malgré que je n’ai pas participé aux émeutes et on m’impute d’être en mesure de le prouver, je suis imputé des mêmes délits.

    Cette opération de l’Etat est parce que, comme l’a reconnu le procureur, « Il est dangereux parce qu’il est connu et incite à la mobilisation sociale.

    Cuartilla con las respuestas enviadas por Pablo Hasél desde prisión.Cuartilla avec les réponses envoyées par Pablo Hasél de prison.  PUBLIC

    À la suite de votre emprisonnement, beaucoup de débats ont eu lieu à votre sujet. Vous considérez-vous comme une personne violente ou appelez-vous la violence?

    « Je répudie la violence avec laquelle nous sommes opprimés et je défends la légitime défense »

    Dans le cadre de cette opération, les médias qui servent le plus l’État ont lancé une campagne pour me diaboliser avec toutes sortes d’insultes. C’est injurieux et sans compter les faits objectifs pour lesquels j’ai été emprisonné. Je répudie la violence avec laquelle nous sommes opprimés et je défends la légitime défense. Ça ne me rend pas violent, bien au contraire. J’aime la paix et ce n’est possible que équitablement. Maintenant, si nous sommes attaqués dans notre lutte pour la justice, je n’appelle pas à un sursis des armes parce que cela facilite le développement de la barbarie par les vrais violents.

    Les mots construisent-ils la réalité ?

    Les mots peuvent créer la conscience et celle ci se révolte. C’est pourquoi ils emprisonnent même pour avoir utilisé des mots comme armes. Ils sont si cyniques qu’ils demandent de ne pas utiliser la violence révolutionnaire quand les uns et les autres ne renoncent à la violence, puis répriment même la lutte pacifique.

    Avec le débat sur les médias sociaux, des voix critiques ont également émergé avec certains de vos vieux tweets. Vous avez également été qualifié de sexiste par un tweet de 2012 dans lequel vous encouragiez le bukake contre certaines femmes. Regrettez-vous de telles déclarations ?

    Dans le lynchage pour empêcher le soutien et me peindre comme ce que je ne suis pas, ils ont exhumé des tweets d’il y a dix ans avec des expressions sexistes qui étaient soit une blague ou une erreur que j’ai dénoncé il y a longtemps publiquement et fait mon autocritique. Nous avons été impolis par machisme et nous avons tous dit des expressions sexistes, mais nous croyons en la réé éducation et ce qui compte, c’est de se corriger.

    Maintenant, il y a plus de sensibilité sur ce sujet qu’il y a dix ans, il a été plus normalisé. Ce qui est dégoûtant, c’est qu’ils ont recours à un passé lointain rectifié pour m’empêcher de m’attaquer aux fascistes qui, dans le présent, disent et font des choses bien pires ou qui parlent comme s’ils n’avaient pas fait d’erreurs ou s’il n’y avait pas le droit de les corriger et de les améliorer. J’ai grandi en écoutant le rap américain très sexiste et dans ma vie je me bats contre ça. En l’absence d’arguments pour justifier mon emprisonnement, cela signifie que m’accuser du pire machisme, ils n’ont recours qu’à cela.

    Pourquoi êtes-vous considéré comme un prisonnier politique ?

    Je suis clairement un prisonnier politique parce que je suis en prison pour une lutte politique.

    Podemos a demandé l’amnistie pour vous et pour Valt-nyc et le ministère de la Justice a annoncé une réforme des crimes d’opinion. Quelles attentes ces mouvements politiques génèrent-ils pour vous ?

    Podemos a demandé une grâce ce qui n’est pas la même chose que l’amnistie. Il l’a fait à cause de la pression dans les rues parce que cela arrive alors qu’ils n’ont rien fait. Pourquoi vous ne l’avez pas demandé il y a trois ans alors que vous auriez emprisonné Valt-nyc s’il n’était pas parti en exil ? Parce qu’il n’y avait pas de réponse de ce genre. Le Code pénal ne sera réformé que si la lutte dans la rue se fait dans la continuité. En France, les mesures répressives ont été renversées pendant des mois de combats plus violents qu’ici.

    Quelques jours avant votre emprisonnement, vous avez affirmé que vous n’aviez pas choisi l’option de vous exiler comme Valt-nyc l’a fait. Maintenant que vous êtes à l’intérieur, vous avez vu les conséquences d’être emprisonné, pensez-vous avoir pris la bonne décision en restant dans l’État?

    « L’Etat voulait que je m’exile pour éviter l’agitation dans les rues »

    La réponse m’a encore montré que rester était le bon choix pour me battre, même si j’avais des conditions beaucoup moins dures en exil. L’État, même s’il n’était pas si attendu, savait qu’il y aurait [réponse] et c’est pourquoi il m’a permis de voyager à l’étranger parce qu’ils voulaient que je m’exile pour éviter les tracas de rue et les scandales internationaux.

    Êtes-vous surpris de voir à quel point votre cas a été médiatisé une fois que votre emprisonnement a été effectif, contrairement au relativement peu d’écho de votre processus judiciaire?

    Je ne suis pas surpris qu’il ait été si médiatisé parce qu’une barbarie comme celle-ci choque tout le monde, sauf les fascistes, donc ils veulent couvrir les motifs de ma prison. Qui plus est, même certains fascistes ont vu cela comme excessif.

    Avez-vous un projet musical à court terme? Est-ce qu’une sorte d’auto-censure vous empêche de travailler pour éviter d’autres condamnations?

    Je n’arrête pas d’écrire des chansons et je ne vais pas les laisser me dicter ce qu’il y a à écrire, c’est pour ça qu’ils nous répriment. La liberté d’expression n’est pas défendue avec l’auto-censure.

    Autre chose que vous voulez ajouter?

    Les égouts représentés par Inda et compagnie sont venus au point d’utiliser une de mes métaphores dans laquelle je dis « l’Illusion est trop chère c’est une pute, je vais devoir la violer » pour dire que j’appelle à violer les femmes!

    C’est dégoûtant et très sérieux. Cela résume la sale guerre informatique pour me criminaliser et ils ont une impunité totale. Si je faisais ça avec eux, j’aurais plus d’années de prison.

    Cuartilla con las respuestas enviadas por Pablo Hasél desde prisión.Cuartilla avec les réponses envoyées par Pablo Hasél de prison.  PUBLIC

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    source: https://histoireetsociete.com/2021/03/06/pablo-hasel-il-y-a-une-operation-evidente-de-letat-qui-veut-memprisonner-depuis-longtemps/

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  • Le 12 janvier 2021, le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) interpellait, via Pierre Pranchère, vice-président du PRCF, ancien FTPF (Franc-Tireur et Partisan Français), ancien député français de la Corrèze, ancien eurodéputé du PCF, président de la Commission International du PRCF, directement à la suite de la féroce répression de la manifestation de la Freie Deutsche Jugend () qui dénonçait la en Allemagne

    (https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/repression-de-la-la-fdj-lettre-ouverte-a-angela-merkel-de-pierre-pranchere-resistant-ftpf-ancien-depute-francais-et-parlementaire-europeen/).

     

    Cette dernière, par le biais de l’ambassadeur d’Allemagne en France, a accusé réception et répondu au courriel que lui a adressé le PRCF. Certes, cette réponse au contenu très européiste qui célèbre le scélérat traité d’Aix-la-Chapelle du 22 janvier 2019 et qui dresse des louanges au couple Macron-Merkel, n’exprime ni remord ni regret à l’encontre de la violence subie par la FDJ. Il est cependant intéressant de constater que la chancelière se soit sentie obligée de répondre en rendant hommage « à tous les membres de la qui ont lutté avec courage contre le national-socialisme » (donc, implicitement et avant tout, les communistes allemands, qui payèrent souvent de leur vie leur sacrifice, à l’image d’Ernst Thälmann), prouvant par là-même que la situation est grave en Allemagne, du fait d’une euro-fascisation croissante qui sévit en et qui n’épargne pas le pays qui connut le pouvoir nazi.               

    Cette réponse, que le site Initiative communiste reproduit ci-dessous, confirme la nécessité absolue de lutter contre l’euro-fascisation, comme le fait le PRCF depuis des années aussi bien en France qu’en solidarité avec toutes les forces communistes, progressistes et syndicales victimes de la violence fasciste et réactionnaire. Cela ne peut qu’encourager tous les communistes et les défenseurs des droits démocratiques et sociaux à mener le combat pour combattre la « peste brune » et la répression violente qui s’abat en Europe.

     

    Lettre de l'Ambassadeur de RFA à Pierre Pranchères

    Ancien Député, Vice-Président du PRCF

     

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

     

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