• Docu. Projection d'« Aube dorée » jeudi au K  à Douarnenez (LT 13/03/2017)

    « Aube dorée, une affaire personnelle », d'Angélique Kourounis,
    est une enquête autour du parti d'extrême droite grec. (Photo DR)


    Le film « Aube Dorée, une affaire personnelle » sera projeté jeudi, à 20 h 30, au cinéma Le K. La réalisatrice, Angélique Kourounis, animera un débat après la projection. Journaliste, élevée en France, correspondante en Grèce de plusieurs médias français (Radio-France, Charlie-Hebdo...), elle a travaillé pendant sept ans sur « Aube Dorée ». Cette soirée s'insère dans sa tournée dans le Finistère, organisée à l'initiative des associations « Avec les Grecs-Cornouaille » et « Bretagne-Grèce Solidarité Santé ». Créé en 1992, Aube dorée est un parti grec néo-nazi, exploitant la misère de nombreux Grecs. « Parti violemment xénophobe, homophobe, antiféministe, ultra-réactionnaire, à l'organisation paramilitaire et capable d'agressions meurtrières », décrivent les organisateurs, Aube Dorée est aujourd'hui le troisième parti grec, avec 18 sièges au Parlement grec, certes loin derrière Syriza, parti de gauche (145 sièges sur 300), la Nouvelle Démocratie, parti de droite (75 sièges), mais devançant la Coalition Démocratique, formée des socialistes et de démocrates (17 sièges).
     
    Collecte de médicaments
     
    Le film d'Angélique Kourounis est une enquête au coeur du quotidien de ses militants. Elle y questionne ce qui peut motiver leur action au sein de ce parti politique. Après avoir obtenu le prix spécial du jury au festival de Los Angeles, « Aube dorée, une affaire personnelle » vient d'être sélectionné au festival de Berlin et sera projeté prochainement au Parlement européen. À noter qu'une collecte de médicaments non périmés est organisée également à l'occasion de la projection, « pour une solidarité concrète avec les habitants de la Grèce ne pouvant accéder aux soins médicaux pour des raisons financières », expliquent les organisateurs.
     
    Pratique Jeudi, à 20 h 30, au K, suivi d'un débat avec la réalisatrice. Prix d'entrée habituels.

     source: letelegramme.fr
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  • Le film-documentaire  « Aube dorée, une affaire personnelle »  et sa réalisatrice Angélique Kourounis en Finistère du 13 au 18 mars.

    Le film « AUBE DOREE, une affaire personnelle » (Que se passe-t-il dans la tête du néonazi de tous les jours ?) effectue en ce mois de mars 2017 un véritable Tour de l’Ouest de la France. Il sera projeté dans 15 salles en Bretagne (Locmiquélic, Baud, Lorient, Quimper, Quimperlé, à nouveau Quimper, Concarneau, Douarnenez, Brest, Berrien, Plourin-les-Morlaix, Saint-Malo, Auray, Rennes et Vannes) et 2 salles en Normandie (Alençon et Caen). A l'exception de la séance du 8 mars, chaque projection sera suivie d'un débat avec la réalisatrice Angélique Kourounis et accompagnée d'une collecte de médicaments non-périmés à destination des dispensaires solidaires et autogérés grecs.


    Le film : un documentaire de 90 minutes qui dissèque la montée du parti néo-nazi,l'Aube dorée, dans une Grèce ravagée par la politique austéritaire de l'Union européenne,

    Ce film de la journaliste-réalisatrice Angélique Kourounis a été produit par OmniaTV, Arte et Yemaya Productions, avec le soutien de Reporters Sans Frontières, Hellenic League for Human Rights et Rosa Luxemburg Stiftung (Grèce), Charlie-Hebdo, Politis et Econostrum.

    Synopsis

    « Mon homme est juif, un de mes fils gay, un autre anar et moi féministe de gauche, fille d’immigré. Si Aube Dorée vient  aux affaires notre seul problème sera dans quel wagon nous monterons ». Une journaliste enquête depuis des années sur l’organisation du parti néo nazi grec Aube Dorée.
    L’effondrement économique, l’instabilité politique et les relations familiales sont au premier plan de ce documentaire qui essaie de comprendre ce qui se passe dans la tête des Aubedoriens qui se posent en victimes du système.Une Aube Dorée qui ne s’est jamais cachée quant à son idéologie. Ses scores aux élections dans le passé  étaient peut être négligeables, mais cette idéologie défendue par une partie du clergé, cultivée par la plupart des média, et transmise par le système politique est devenue le terreau sur lequel l’organisation a pu se développer.
    « La réalisatrice approche la question d’Aube Dorée via ses propres obsessions, ses inquiétudes et ses peurs. Elle a dédié plusieurs années de travail à ses recherches autour du parti néo-nazi grec qui occupe toujours la troisième place sur l’échiquier politique grec après des décennies d’actions meurtrières. C’est son troisième film sur la question mais le premier documentaire d’auteure. »

    Après le prix spécial du jury  au festival de Los Angeles, Aube Dorée une affaire personnelle a reçu le prix Avéroès junior au Primed 2016 à Marseille et il vient d'être sélectionné au festival de Berlin. Il a été sélectionné dans 15 festivals, nominé à 14 reprises et primé 2 fois. En dehors du Grec, il a été traduit dans 6 langues : Français, Anglais, Espagnol (et Catalan), Italien et Allemand.

    Les projections du film ont lieu depuis un an en France mais aussi un peu partout  en Europe ainsi qu’au Canada, en Nouvelle Zélande et en Australie. Et, prochainement en Allemagne, Suisse, Autriche, Espagne, Italie et Chypre... Le film devait être projeté au Parlement européen ; la séance a été annulée...

     

    La bande-annonce :  https://goldendawnapersonalaffair.com/fr/

    Les sept projections-débats en Finistère et les diverses initiatives de solidarité concrète qui accompagnent chacune de ces séances

    Mercredi 8 mars 2017 : A 18H à Quimper, MJC-MPT de KERFEUNTEUN, 4, rue Teilhard de Chardin (projection seule)

    Lundi 13 mars 2017 : A 20 H.30 à Quimperlé, Salle Ellé, Centre de Coat Kaer, rue Coat Kaer (suivi d’un débat avec la réalisatrice)

    Mardi14 mars 2017 : A 20H30 à Quimper, MJC-MPT de KERFEUNTEUN, 4 rue Teilhard de Chardin (suivi d’un débat avec la réalisatrice)

    Mercredi 15 mars 2017 : A 20H30 à Concarneau, Maison des associations -26 rue du Maréchal Foch (suivi d’un débat avec la réalisatrice)

    Jeudi 16 mars 2017 : A 20H30 à Douarnenez, Cinéma " Le K", 39 rue Louis Pasteur (suivi d’un débat avec la réalisatrice)

    Vendredi 17 mars 2017 : A 20H à Brest, Cinéma « Les Studios », 136 rue Jean Jaurès (suivi d’un débat avec la réalisatrice)

    Samedi 18 mars 2017 : A 14H30 à Plourin-Les-Morlaix, Centre social -Ti An Oll, 1 rue des genets (suivi d’un débat avec la réalisatrice)

    Samedi 18 mars 2017 : A 20H30 à Berrien, Salle Asphodèle (suivi d’un débat avec la réalisatrice)

    Entrée et participation libres (sauf dans les salles de cinéma)

    Chaque projection-débat sera accompagnée d'une collecte de médicaments non-périmés destinés aux dispensaires et pharmacies solidaires et autogérés en Grèce. Nous invitons les spectateurs à apporter tous les médicaments dont ils n'ont plus l'usage. 30 à 40 % de la population grecque ne disposent plus d'aucune protection, une autre partie n'a pas de ressources suffisantes pour se soigner.

     

    A NOTER QUE LE FILM EST MIS A DISPOSITION, GRATUITEMENT, POUR TOUTE PROJECTION DANS LES ECOLES.


    Contacts 29 :
     Avec Les Grecs-Cornouaille : <aveclesgrecscornouaille@gmail.com>
    Avec Les Grecs-Brest : < aveclesgrecs.brest@gmail.com >

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  • Un message fort de solidarité de collégiens et lycéens grecs à la MPT de Penhars (penhars-infos 3/02/2017)

    Communiqué

    La Maison pour tous de Penhars et l’association « Avec Les Grecs Cornouaille » vous proposent une exposition de dessins et peintures réalisés par les élèves de plusieurs écoles grecques de la région d’Athènes. La collection a été constituée à l’occasion d’un concours organisé par l’Ecole des Beaux – Arts d’Athènes sur le thème de la paix et des valeurs humaines.

    Cette initiative est née dans le contexte difficile que la Grèce connaît ces dernières années en raison de sa situation économique à laquelle se rajoute la crise des migrants.

    Le message que les enfants envoient est un message non seulement de paix, mais de rejet catégorique de la guerre et de la souffrance, un message de solidarité et d’unité entre les peuples.

    L’exposition est installée dans le hall de la MPT du 2 février jusqu’au 11 mars 2017. Un échange festif autour de cet événement aura lieu à la MPT le vendredi 10 mars à 19h.

    L’entrée est libre et gratuite sur les heures d’ouverture de la MPT. Renseignements auprès de Silvia Jambon au 02 98 55 20 61.

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  • En Grèce, les propriétaires endettés entre désespoir et colère

    En Grèce Depuis la crise de 2008, plus de 800 000 personnes en Grèce se sont vu confisquer leur bien immobilier qu’elles ne pouvaient plus rembourser. Expulsées ou menacées de l’être, elles tentent de s’organiser face aux créanciers.

    « Je ne la leur laisserai pas ! Mes amis vont tous venir camper chez moi, jour et nuit ! C’est ma maison, je n’ai rien d’autre. » Mairi Orphanou, 61 ans, se bat de toutes ses forces. Le dos voûté, le rouge à lèvres passé, elle repousse d’un geste fatigué sa crinière blonde et raconte son histoire, entre deux quintes de toux. « Ils m’ont pris ma maison au début de la crise ! Mon frère avait contracté un emprunt de 60 000 € pour sauver son entreprise. Je m’étais portée garante, et tant que je travaillais, on remboursait. On avait déjà remboursé la moitié. Mais pour les 30 000 qui restent, Eurobank a mis ma maison aux enchères… »

    En Grèce, les propriétaires endettés entre désespoir et colèreMichalis Hanis risque de perdre sa maison, comme des dizaines de milliers de Grecs. / EiriniI VourloumisS/The New York Times-Redux-REA

    Mairi fait parti des 839 056 personnes en Grèce sous le coup depuis 2008 d’un jugement qui a notifié la confiscation de leur bien immobilier. Depuis 2010, elle et son frère s’accrochent à un dernier espoir en luttant au sein de l’organisation Den Plirono – littéralement : « Je ne paie pas ».

    « On te prend ta maison ? Appelle-nous ! »

    Chaque mercredi, tous deux se rendent devant les tribunaux et empêchent avec d’autres la mise aux enchères des biens immobiliers de personnes endettées. Des mois que ça dure. Le 1er février, quatorze mises aux enchères étaient prévues. Aucune n’a eu lieu, faute de notaire – qui fait ici office de commissaire-priseur. La profession s’est mise en grève après que certains ont été pris à partie.

    Ilias Papadopoulos, à la tête du mouvement Den Plirono, ne cache pas sa satisfaction. Sa banderole aux lettres rouges sur fond jaune, brandie à chaque mobilisation, annonce la couleur : « On te coupe le courant ? L’eau ? On te prend ta maison ? Appelle-nous ! » Numéro de téléphone à la clé.

    « Les Grecs ne sont pas des voleurs, poursuit-il. Personne n’achète une maison avec l’idée qu’il ne la paiera pas. On a tous obtenu un prêt que l’on pensait honnêtement pouvoir rembourser. La crise nous a piégés. Transformer en SDF tous ces gens issus de la classe moyenne qui s’effondre ne va pas arranger la situation ! »

    De leur côté, les banques grecques, telle Eurobank, ont indiqué qu’elles ne comptaient pas récupérer ce vaste parc immobilier : « Pour en faire quoi ?, interroge Kostas Papanikolaou, lui-même banquier. Les remettre en vente ? Cela a un coût, et de toute façon le marché s’est effondré. » Certes, reconnaît-il, le système bancaire manque de liquidités et certaines ventes pourraient à ce titre présenter un intérêt. « Mais pas les résidences principales. Le risque d’implosion sociale est trop fort ».

    Un des plus forts taux de propriétaires en Europe

    Deux faillites de l’État, de multiples guerres et une dictature ont depuis longtemps appris aux Grecs que « seule la terre reste ». À la fois obsession commune et sagesse populaire, ceci explique que le pays compte l’un des plus forts taux de propriétaires en Europe, d’autant que l’accès à la propriété a longtemps été facilité par l’État qui dispensait les prêts à des conditions très avantageuses.

    Une décennie plus tard, pourtant, faute de locataires et en raison de taxes immobilières envolées, ce qui semblait une richesse est devenue un fardeau. Et sur les murs d’Athènes, les affichettes « Polite » – « A vendre » – fleurissent désormais. À un prix souvent dérisoire : 10 000 € pour un pied à terre en centre-ville…

    Un contribuable grec sur deux – soit 4,14 millions de personnes – s’est endetté envers l’État. Et les créances douteuses – qui ne sont plus remboursées par les débiteurs – atteignent désormais 45 % du PIB : environ 110 milliards d’euros. Les banques grecques, dans ces conditions, n’ont d’autre choix que de les réduire en proposant un rééchelonnement aux clients ou en procédant aux mises aux enchères.

    Pour prouver sa bonne volonté, le gouvernement grec a pour sa part proposé de procéder aux saisies sur Internet, afin de contourner les blocages : 10 000 biens seraient concernés en 2017, 15 000 en 2018… « On va riposter, menace Ilias Papadopoulos. On occupera les officines des notaires et les succursales des banques. On fera comme les Espagnols, on occupera les maisons menacées. Pas question de se laisser faire ».

    Les conditions des créanciers

    La crise de la dette publique en Grèce a débuté en 2008. Depuis 2010, le pays a reçu 260 milliards d’euros de prêts des pays de la zone euro et du FMI.

    Ses créanciers se retranchent derrière le mémorandum d’austérité signé par le premier ministre Alexis Tsipras en juillet 2015, indiquant la nécessité de réduire les créances douteuses du pays d’environ un tiers d’ici à 2019.

    Cet engagement est l’une des conditions imposées à la Grèce pour le versement des 86 milliards d’euros de prêts octroyés en 2015.

    L’autre condition : faire voter d’ici à l’an prochain une loi permettant la vente de ces créances douteuses restantes des banques grecques à des fonds étrangers.

    Lire l’article original de Thomas Jacobi (à Athènes) sur La Croix ici.

     

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  • Nouvelles du stand "Avec Les Grecs" à la fête de l'Huma-Bretagne

    Nouvelles du stand "Avec Les Grecs" à la fête de l'Huma-Bretagne

    Nouvelles du stand "Avec Les Grecs" à la fête de l'Huma-Bretagne

    Nouvelles de l'expo des dessins et du stand "Avec Les Grecs" à la fête de l'Huma-Bretagne (3 & 4 /12/2016)

    Nouvelles de l'expo des dessins et du stand "Avec Les Grecs" à la fête de l'Huma-Bretagne (3 & 4 /12/2016)

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    Gant : René Touridine, André Locussol
    Pennad-komz kaset da benn gant : Cécile Goualle, Claire Peres

    Ils ont participé à la caravane BRETAGNE-GRÈCE SOLIDARITÉ SANTÉ et des collectifs bretons Avec les Grecs. Partie de la pointe Finistère début octobre, elle a fait étape dans différentes villes bretonnes avant de rejoindre Lyon puis Thessalonique et Athènes. Un périple qu'ont vécu nos deux invités qui reviennent sur leurs rencontres et analysent la situation économique et sociale d'un pays toujours confronté à la crise.

    http://www.radiobreizh.bzh/ bzh/episode.php?epid=22633

     

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  • Le régime d’austérité que subit la Grèce a précipité le pays dans une crise sanitaire. Près d’un tiers de la population ne peut plus se soigner et le système de santé est à la dérive. L’auteure de cette tribune raconte comment des dispensaires sociaux et solidaires se sont multipliés comme autant de résistances à cette situation.

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    Christine Chalier est membre du collectif Solidarité France-Grèce pour la santé. Ce collectif et d’autres qui lui sont liés ont organisé une Caravane solidaire pour acheminer des fonds et du matériel médical et paramédical aux dispensaires sociaux et solidaires grecs.


    Le 1er octobre, une caravane solidaire avec le peuple grec est partie de plusieurs endroits de France. De la pointe du Raz, de Brest, de Coutances, de Caen, de Narbonne et d’Auxerre, une dizaine de véhicules ont convergé vers Vénissieux avant de s’embarquer pour la Grèce. À chaque étape, les caravaniers ont organisé des événements festifs dans le but d’informer sur la situation sanitaire en Grèce et de collecter des fonds et du matériel médical et paramédical pour les dispensaires sociaux et solidaires grecs, qui en ont cruellement besoin. La caravane a rallié sa première étape grecque le 19 octobre, la grande ville de Thessalonique, visitant son dispensaire autogéré et l’usine autogérée VioMe, pour faire le plein de produits solidaires. Elle a rejoint ensuite Athènes, puis Volos… [1].

    Cette magnifique et folle entreprise est l’expression d’une solidarité concrète qui s’exerce en France depuis trois ans déjà avec le peuple grec soumis aux diktats de la « Troïka » [2] et étranglé par l’austérité qui lui est imposée. Depuis 2013, et dans le sillon du collectif Solidarité France-Grèce pour la santé, de nombreux collectifs ont essaimé dans toute la France pour affirmer leur soutien à toutes les résistances à l’austérité en Grèce, et particulièrement au mouvement des dispensaires sociaux et solidaires, qui en sont une émanation frappante.

    L’essai d’un plan qui sera bientôt appliqué à l’échelle de l’Europe

    Ce soutien n’est pas déconnecté des principaux concernés. En mai 2015, le collectif Solidarité France pour la santé a constitué une délégation unitaire de 26 personnes formée de professionnels de la santé, de syndicalistes, de membres organisés et inorganisés, qui s’est rendue à Athènes pour visiter une dizaine de dispensaires, rencontrer les volontaires de ces structures autogérées de résistance et d’émancipation, mais aussi les personnels hospitaliers de deux grands hôpitaux d’Athènes ainsi que d’un hôpital psychiatrique, des syndicalistes, des députés et le ministre et son ministre délégué de la Santé.

    De ce séjour à Athènes, de ces rencontres riches en émotion, en compréhension mutuelle et en appréhension du fait que ce qui est en train de se passer en Grèce n’est que la phase expérimentale d’un plan qui sera bientôt appliqué à l’échelle de l’Europe, est né le désir d’écrire un livre pour coucher sur le papier et partager cette expérience. Ce livre, Les Dispensaires autogérés grecs, publié en septembre aux éditions Syllepse, est l’unique ouvrage de référence sur les dispensaires sociaux et solidaires autogérés en Grèce, dont la montée est concomitante avec l’effondrement du système de santé.

    Les premiers mémorandums appliqués en 2010, qui prétendaient vouloir « redresser » la Grèce, ont provoqué une vague de chômage massive avec des répercussions catastrophiques au niveau sanitaire. En Grèce, la couverture sociale est liée à l’emploi, sa perte équivaut donc de façon systématique à sortir du système de santé. La CMU n’existe pas. Plus de 30 % de la population grecque est dans l’impossibilité de se soigner. Dans le même temps, acculé par les directives et les préconisations européennes, le réseau hospitalier n’a eu de cesse de subir des restructurations, tandis que le secteur privé est florissant. En mai 2015, 400 postes étaient non pourvus sur les 1.400 existants. On estime qu’environ 35.000 lits d’hospitalisation ont ainsi disparu au niveau national, et que les effectifs des personnels soignants ont baissé de 25 % (départs en retraite non remplacés, licenciements des contrats précaires). Le nombre de médecins qui ont quitté les hôpitaux est estimé à 6.000 et celui des médecins partis à l’étranger faute de travail, à 7.000, tout comme celui des jeunes diplômés. Une véritable hémorragie des cerveaux.

    Une cinquantaine de dispensaires sociaux et solidaires sur le territoire grec 

    En mai 2015, Andreas Xanthos, le ministre grec de la Santé, a affirmé à la délégation de Solidarité France-Grèce pour la santé, que la Grèce vit « une catastrophe sanitaire ». Les conséquences sont la réapparition de pathologies qui avaient quasiment disparu comme la malaria, la hausse des suicides, des malades chroniques, comme le diabète et l’hypertension, qui manquent de traitements, la flambée du VIH, des cancers au traitement raccourci ou carrément plus soigné.

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    Discussion entre les caravaniers et les membres du dispensaire d’Illion.
     

    En 2008, c’est pour répondre aux besoins des migrants échoués sur l’île de Crête qu’Andreas Xanthos, alors médecin microbiologiste, a contribué à fonder le premier dispensaire social et solidaire, à Réthymnon. En 2011, c’est la grève de la faim de 300 ouvriers migrants qui luttaient pour leurs droits qui a favorisé la création du dispensaire social et solidaire de Thessalonique. On en compte aujourd’hui une cinquantaine sur le territoire grec. À partir de 2012, ces dispensaires, qui soignent gratuitement et procurent médicaments, mais aussi écoute et accompagnement vers l’accès au droit et l’autonomie, ont accueilli de plus en plus de citoyens grecs. Ces dispensaires se sont organisés selon trois principes : le travail bénévole, les soins gratuits, l’indépendance. Ils sont généralement constitués de professionnels de santé qui offrent leur temps, mais aussi d’habitants du quartier qui participent à l’entretien (ménage, tâches administratives...) et à la vie du dispensaire. Soignants, encadrants et patients ont la possibilité de participer à l’assemblée générale qui décide des tâches et des orientations de la structure, de ses choix, de son fonctionnement. Cette démarche a permis à de nombreuses personnes de rester « debout ». Elle a aussi entraîné une modification de la relation soignants-soignés, puisqu’il n’y a plus de relation marchande. Les dispensaires sociaux et solidaires grecs sont aussi des organes d’organisation et de mobilisation de la population pour le droit à la santé, avec une dimension militante importante.

    Nous, citoyens français, avons beaucoup à apprendre des mouvements de résistance qui se développent et continuent de tenir tête à l’austérité en Grèce.


    - Les dispensaires autogérés grecs. Résistances et luttes pour le droit à la santé, par Christine Chalier, Éliane Mandine, Danielle Montel, Bruno Percebois, Jean Vignes, éditions Syllepse, 160 p., 8 €.


    [1Le carnet de route de la caravane est disponible ici.

    [2Le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque centrale européenne.


    Lire aussi : En Grèce, la clinique solidaire soigne les blessés de la guerre économique

    Source : https://reporterre.net

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  •  Les 8 heures avec le peuple grec : un succès, des débats passionnants et une soirée culturelle enthousiaste La tribune, nos invités et Mme la Maire de Vénissieux

    Samedi 15 octobre se tenait à Vénissieux (Rhône) un grand meeting, organisé par le Comité de Solidarité avec le Peuple Grec – de Lyon, dans le cadre de la quinzaine de la Caravane de Solidarité avec le Peuple Grec pour la Santé (voir tous les détails).

    Partis de diverses régions de France, où ils ont tenu des réunions de sensibilisation, les comités engagés dans cette action nationale ont convergé à Lyon après avoir recueilli divers matériels médicaux à destination de dispensaires de santé autogérés situés principalement à Thessalonique et à Athènes.

    Un débat passionnant s’est déroulé en la présence de Mme la Maire de Vénissieux et de ses adjointes qui avaient mis la salle à disposition ainsi que les installations techniques.
    À la tribune étaient présents deux représentants grecs de structures de santé, qui ont dressé un tableau émouvant des conséquences désastreuses sur le secteur de santé et la population, concernant l’application concrète des mesures d’austérité.

    Ensuite, ont pris la parole et répondu aux questions du public, Éric TOUSSAINT, coordinateur de la Commission pour la Vérité sur la Dette Grecque, et Stathis KOUVELAKIS, membre d’Unité Populaire .
    Ils ont abordé, entre autres, des questions telles que :

    • Comment expliquer l’échec de la gauche radicale grecque après le référendum du 5 juillet ayant recueilli 62 % de voix contre les politiques imposées par les instances de l’Union européenne ?
    • La position intransigeante de la Commission européenne était-elle prévisible ? Quelle stratégie était possible face au diktat ?
    • Quelles sont les conséquences pratiques des mesures adoptées par les différents mémorandums et mise en application par le gouvernement grec ?
    • Qu’en est-il du fameux plan B souvent évoqué ?
    • En quoi la dette est-elle insoutenable, illégitime et illégale ?
    • Quelles seraient les conséquences d’une sortie de la zone euro ?
    • Quelles sont les perspectives politiques de renversement de la situation politique et de sortie de l’austérité ?

    En fin de journée, un grand moment culturel a soulevé l’enthousiasme du public avec Katerina FOTINAKI, chantant les poètes grecs, la résistance populaire, l’espoir d’un peuple, etc. et le groupe La bande à Balk, qui a pu faire danser une partie du public sur les rythmes endiablés des musiques populaires grecques et des Balkans.
    Au total sur ces 8 heures, ce sont entre 300 et 350 personnes qui auront vécu tout ou partie de cette journée et partagé le repas solidaire et convivial.

    Le bon déroulement de cet événement a été possible grâce à l’engagement opiniâtre des membres de notre comité, de la participation concrète des membres de la caravane et du soutien de nos partenaires, Ensemble69 étant membre du CSPG de Lyon depuis cette année.
    Un enregistrement vidéo sera prochainement disponible sur les réseaux sociaux.

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    Katerina Fotinaki
    Roger Champ

    Ensemble Rhône, représentant au Comité de Solidarité avec le Peuple Grec (CSPG) de Lyon.

    PS: Des détails sur le voyage

    source: cadtm.org

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