• Brest d’hier et d’aujourd’hui : le bas de Siam a tant changé (LT.fr-11/08/20-7h04)

    Rive gauche de Brest : perspective de la rue de Siam et de la rue Louis-Pasteur, des Brestois et le tramway empruntant le pont national ou grand pont, en1919. Rive gauche de Brest : perspective de la rue de Siam et de la rue Louis-Pasteur, des Brestois et le tramway empruntant le pont national ou grand pont, en1919. (Editions LL (Paris), Collection Archives de Brest)

    Notre série d’été sur des lieux brestois pris en photo autrefois et de nos jours se poursuit. Le bas de la rue de Siam et le pont de Recouvrance n’ont pas toujours eu leur aspect actuel, bien sûr.

    La carte postale date de 1919 et il est précisé, aux Archives de Brest, qu’elle est écrite en espagnol. L’image est prise depuis Recouvrance, en hauteur, à l’entrée de ce qu’on désignait comme « le Grand pont », et montre les anciennes rues de Siam et Pasteur. C’était le temps des grandes publicités sur les pignons. La rue de Siam était bien étriquée par rapport à celle que nous connaissons aujourd’hui. Et le tramway y passe à nouveau, depuis huit ans.

    Il reste de vieux bâtiments à Recou. En face, tout a changé ou presque. Seul le château, immuable, reste planté là comme jadis. « Le quartier des Sept-Saints (au centre de Brest, autour de l’église du même nom, qui a disparu) a été détruit entre 1865 et 1900, environ, pour donner accès au quai, par la descente », explique l’historien brestois Olivier Polard. Une descente par des murs de soutènement que l’on voit déjà très bien sur ce vieux cliché.

    L’ancien quartier chaud

    « Un boulevard Thiers a été créé, devenu Jean-Moulin », jusqu’à la récente station du téléphérique et boulevard des Français-Libres. « On voit l’ancienne Grand-Rue, la porte Tourville, tous les bars des matelots, le quartier chaud », celui de la prostitution. « À l’emplacement du timbre, il devait y avoir la Banque de France ».

    Pour la vue contemporaine, il était difficile de se positionner de façon à retrouver à peu près la même perspective : le pont de Recouvrance en cache une bonne partie et il aurait fallu se retrouver à mi-hauteur. Nous avons préféré retrouver une photo prise l’an dernier du haut du pont (lui-même déjà bien connu), lieu d’ordinaire inaccessible mais qu’on nous a ouvert pour une double page sur les points de vue surélevés de Brest.

    La rue de Siam et le boulevard Louis-Pasteur vus depuis le haut du pont de Recouvrance.Les rue de Siam et Louis-Pasteur vus, de nos jours, depuis le haut du pont de Recouvrance.
     
     
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    Le pont tournant puis levant, summums de modernité

    « Le quartier a été considérablement modifié dans les années 1850, 1860 », commence l’historien brestois Yves Coativy. « On a abandonné la traversée en bac pour un pont impérial tournant, qui permette de faire passer les bateaux. Recouvrance était resté un peu dans son jus, avec des maisons de pêcheurs, mais on a abattu des immeubles, fait de nouvelles routes. Et donc ce nouveau pont à côté de la tour Tanguy. Là où il y a maintenant le pont de Recouvrance. On voit d’ailleurs, surtout côté Recouvrance, des traces de l’ancien pont. Les Allemands l’ont pétardé en 1944 pour bloquer les Américains ». C’était côté ouest, tandis qu’une bombe américaine a détruit l’ouvrage côté Brest. Celui qu’on appelait alors pont National ou Grand pont.

    L’option choisie pour la reconstruction a été celle du pont levant, et non plus tournant. « Ce sont des ouvrages d’art remarquables, souvent cités à leur époque en exemple de modernité au niveau national voire international », poursuit l’historien. « C’était unique au monde, un prodige, le top de la modernité », embraie Olivier Polard. « En quinze minutes, il était ouvert, grâce aux vétérans de la Marine et à un système de manivelles. Les Brestois en étaient très fiers ».

    Il a notamment été présenté à l’exposition universelle de Bruxelles en 1958.

    Un pont qui épouse l’histoire de la ville

    Le pont à l’entrée de la Penfeld, emblème de Brest, dont il a épousé les soubresauts depuis un siècle et demi, a vu se succéder plusieurs versions, pour relier ce qui était au début deux villes, Brest et Recouvrance. Les habitants de cette dernière ont pétitionné, en 1836, pour qu’un ouvrage d’art leur permette de traverser.

    Inauguré le 23 juin 1861, le premier, baptisé pont National, a vite été appelé Grand pont par la population. Il faut dire que, par rapport aux passerelles ou au pont Gueydon (1856) flottant qui traversaient la Penfeld, il faisait de l’effet (lire ci-dessus).

    Reconstruit après la guerre, inauguré en juillet 1954, le pont de Recouvrance a vu son tablier remplacé en 2011 en vue du passage du tramway. Ajourée, sa nouvelle balustrade chante, dit-on, sous l’effet du vent. Il inspire peintres et photographes et ses abords ont été réaménagés, habillés d’une œuvre d’art de chaque côté : l’arbre empathique qui tarde encore à s’habiller de vert (et que d’aucuns ont projeté d’abattre) et la statue en bronze de Fanny de Laninon et Jean Quéméneur, personnages de deux chansons emblématiques de la ville.

    David Cormier

    source: https://www.letelegramme.fr/

    consulter le dossier: Brest d hier et d aujourd hui

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