• Chantier Damen. Aussière mortelle à Brest (LT.fr-31/01/19-20h47)

    L’Oceanic Sirius, le bateau sur lequel l’équipe de Damen travaillait au moment du drame.L’Oceanic Sirius, le bateau sur lequel l’équipe de Damen travaillait au moment du drame. 

    Le 18 décembre 2015, un salarié du chantier de réparation navale Damen, à Brest, était mortellement touché par le retour d’une aussière de navire, un câble en acier malencontreusement largué par le conducteur d’un chariot élévateur.

    Le tuyauteur-soudeur de 40 ans n’était pas associé aux opérations d’échouage du navire ni au largage des aussières au niveau de la forme de radoub. Mais lorsque l’aussière a sauté de son point d’ancrage, le câble est venu le frapper en pleine tête, à 120 mètres de distance.

    Une aussière du bord (textile) était prisonnière de ce câble en acier. Afin de libérer l’aussière du navire, le dock master chargé des opérations d’échouage décide de faire appel au conducteur d’un chariot élévateur occupé à déplacer des éléments sur le quai. En voulant dégager la tension du câble en acier pour libérer l’autre aussière, c’est l’accident. Le salarié, marié et père de trois enfants âgés de 1, 3 et 10 ans, est sur la trajectoire du câble et décède sur le coup.

    Interdite mais courante

    Le tribunal correctionnel de Brest est revenu sur ce drame, ce jeudi. En jeu, les règles et consignes de sécurité en vigueur dans ce chantier au moment des faits. Et une question centrale : pourquoi avoir utilisé un chariot élévateur pour tenter de libérer une aussière ? Était-ce dans la procédure et dans les manœuvres autorisées ? « Aucunement », conviennent l’ancien président de Damen Brest, aujourd’hui licencié, et l’actuel en poste.

    La technique est réputée dangereuse. « Mais elle fait partie des us et coutumes du chantier depuis la Sobrena ! », tonnait l’avocate des proches de la victime.

    La formation sur le gril

    La formation était-elle à la hauteur pour réaliser ces opérations de lamanage ? La direction du chantier assure que son personnel était suffisamment formé et qu’il s’agit d’une mauvaise décision de son salarié chargé de la manœuvre. Pourtant, l’inspectrice de travail assure n’avoir jamais reçu, le temps de son enquête de terrain, les documents de formation spécifique de la part de Damen.

    « Qui était clairement responsable de la sécurité des opérations d’échouage ? », insistait le président du tribunal correctionnel de Brest. « Le dock master, clairement », répondait l’ancien directeur du chantier, « licencié en 2018, pour des raisons de réorganisation des cadres de l’entreprise », précise-t-il..

    « Mais il appartient à l’employeur d’assurer les conditions de sécurité sur ses lieux de travail », recadrait l’avocate des parties civiles.

    Sécurité renforcée depuis l’accident

    Le procès abordait la problématique de co-activités sur un même chantier et la non mise en sécurité des autres salariés durant les opérations de lamanage..

    Depuis l’accident, la procédure et les consignes de sécurité ont été renforcées, selon les avocats du chantier et le directeur actuel. « Seul reste présent, autour du navire, le personnel spécialisé dans les opérations d’échouage ».

    De son côté, la représentante du parquet rappelait la dangerosité des manœuvres d’aussières. « De multiples imprudences ont été produites et le dirigeant de cette entreprise n’a pas pris les mesures de sécurité qui s’imposaient ». Le parquet demandait une amende de 50 000 euros pour la société et six mois de prison avec sursis et 12 500 euros d’amende pour l’ancien directeur.

    La défense revenait méticuleusement sur les formations dispensées, apportait la preuve de leur existence au sein du chantier et plaidait la relaxe. Les deux avocats parisiens dédouanaient la direction de Damen et chargeaient l’ancien dock master à l’origine de la mauvaise manipulation. Un salarié non pénalement responsable.

    La décision du tribunal sera rendue le 2 avril.

    Stéphane JÉZÉQUEL

    Source: https://www.letelegramme.fr/

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