• Concarneau. Un paysan dans l’enfer de la Somme en 1916 (OF.fr-11/11/2017)

    Concarneau. Un paysan dans l’enfer de la Somme en 1916  (OF.fr-11/11/2017)Christophe Moisan accompagné de son épouse et de ses deux filles à Ros Vras.

    Les lettres envoyées par Christophe Moisan, paysan de Concarneau tué par des éclats d’obus en septembre 1916, ont été conservées. En ce jour de commémoration de l’Armistice de 1918, nous en publions quelques extraits.

    Né à Elliant en 1879, Christophe Moisan vit à Ros Vras, en Beuzec-Conq, à la déclaration de la Première Guerre mondiale. Ses lettres évoquent un homme qui suit les travaux de sa ferme tout en dévoilant sa vie quotidienne et ses craintes au front.« Nous avons fait 25 kilomètres dans l’après-midi avec un chargement complet et les 120 cartouches. On veut faire de nous des jeunes hommes de 20 à 25 ans malgré qu’il y a parmi nous de 40 à 46 ans », souligne-t-il le 3 février 1916.Quelques jours avant le printemps de cette même année, une lettre montre à quel point le soldat du front n’a plus de prise sur son destin. « On commence à penser qu’il n’y aura plus de fin, car tant qu’il y aura de l’argent et du pain, ce n’est pas des hommes qui manqueront encore les premiers. À la fin il ne restera plus personne », augure-t-il.

    « Il n’y a plus d’hommes »

    En juin la sentence tombe, cruelle. « Cette année sera encore bien plus dure car il n’y a plus d’hommes. » Le spectre de l’angoissante saignée n’épargne personne. « Si Jean sera appelé pour passer le conseil de révision il sera pris sûrement car il est un des plus forts de son âge. Ce sera malheureux pour lui car il est encore jeune. Et Pierre il n’a pas encore 17 ans », évoque-t-il à la mi-juin.Le réalisme du soldat brise l’espoir d’une fin de guerre à court terme prévue pour juin 1916. « Si on blague là-bas que la guerre finira au mois de juin, ce sera à souhaiter, mais je crois que c’est pour encourager les civils, pour moi je pense qu’il y en a encore pour 5 ou 6 mois. Je vous dis qu’on est encore à préparer de grandes attaques en face des Anglais. Enfin on peut dire qu’on ne sait rien du tout », avoue-t-il en mai.Et puis surgit cette image quasi surréaliste au terme d’une attaque survenue le 20 juillet. « C’était rigolo de voir deux blessés, un boche et un Français qui venaient en arrière bras dessus, bras dessous. » Dix jours plus tard, le patron de Ros Vras est aux tranchées : « Je ne peux pas vous dire ce qui m’arrivera car c’est terrible d’être sous ces éclats de ferrailles. »Lasses de tant de mois de guerre, les troupes montrent leur mécontentement le 27 août 1916, après dix jours de repos. « Beaucoup ont voulu se révolter, car ce n’est plus une vie. » En première ligne le 28, l’existence de Christophe Moisan est anéantie le 6 septembre, devant Soyécourt, dans la Somme, par des éclats d’obus, pendant la reprise du village de Deniécourt.

    source: https://www.ouest-france.fr

     

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