• La figure de proue de la France Insoumise s’est insurgée en découvrant le dans l’hémicyle



    Jean-Luc Mélenchon dérangé par le drapeau... par LePoint

    À notre connaissance, depuis le rejet de l’euro-constitution qui instituait le drapeau et l’hymne « européens » (tous deux cléricaux et supranationaux), les symboles de l’État fédéral européen en gestation n’ont plus d’existence légale sur les bâtiments publics français. A fortiori en plein cœur de l’hémicycle de l’.

    Bravo donc à JLM de s’être emporté contre ce symbole d’allégeance qui n’a rien à faire dans une Assemblée Nationale qui est censée représenter le peuple français souverain.

    Au passage, quelle différence entre cette attitude patriotiquement « insoumise » de , et celle d’un Pierre Laurent, vice-président du Parti de la Gauche Européenne, qui ne perd jamais une occasion d’arborer l’insigne aux étoiles au revers de son veston…

    Cela dit, pour que la France insoumise devienne une France Franchement Insoumise (FFI) à l’ du capital, il faut l’aider à clarifier sa position encore très hésitante sur l’. Et c’est ce que pourraient faire ensemble, au lieu de se regarder en chiens de faïence, les mouvements franchement communistes que le PRCF invite à reprendre l’ACTION FRANCHEMENT COMMUNISTE, à l’entrée des usines, pour les « quatre sorties », de l’, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme.

    En 2014, le PRCF lançait cette interpellation fraternelle au citoyen Mélenchon :

    L’Union Européenne, le Vatican et la laïcité : à propos de l’invitation du Pape au Parlement Européen et de la lettre ouverte de Jean-Luc Mélenchon

    Jean-Luc Mélenchon vient de publier une lettre ouverte dans laquelle il s’insurge de la présence du pape au parlement européen, dénonçant une atteinte au principe de .
    Bien sûr, nous saluons d’abord son souhait de défendre la laïcité , dans la ligne de mire de l’oligarchie capitaliste, qui souhaite la faire reculer afin de mieux diviser les travailleurs. Ce qui est au cœur des propositions défendues par le PRCF.

    Mais cette intervention du Pape au sein du parlement européen – au-delà de la légitime indignation- devrait conduire à poser vraiment la question de la nature de cette institution supranationale qu’est l’Union Européenne et devrait à l’évidence ouvrir les yeux de tous. Comment se fait-il que l’UE invite à la tribune de ses institutions le Pape ? et en particulier, l’Union Européenne a-t-elle jamais eu vocation à être laïque et démocratique ?

    Jean-Luc Mélenchon – aujourd’hui député au parlement européen – a toute sa carrière défendu l’inclusion de la France dans cette construction « européenne », pourtant initiée et conduite par le grand Capital. Il semble malheureusement ignorer le rôle crucial que joue le Vatican dans cette funeste construction. Construction qui est à l’opposé du nécessaire combat pour la laïcité qui doit être celui de tous les progressistes – qu’ils soient croyants ou non. Et découvrir avec cette venue du Pape que l’UE ne respecte pas le principe de laïcité.

    N’était-il pas au courant que le drapeau européen représentait les étoiles dont est faite la couronne mariale dans l’iconographie catholique ; comme le créateur du drapeau Arsène Heitz l’affirmait haut et fort [1] ? Que le bleu du drapeau européen est le bleu marial ? Que dans l’après-guerre, les plus influents cercles fédéralistes avaient leur origine dans la très peu laïque Action Française [2] ? Que de tout temps, le Vatican joua de son influence et de ses réseaux pour encourager et accélérer la construction européenne [3][4] ? N’était-il pas au courant des précédentes visites pleines de louanges du pape Jean-Paul II au parlement européen ainsi qu’aux autres institutions européennes [3][4] ?

    Le Pape est donc bel et bien chez les siens quand il visite les institutions européennes. Cela ne fait pas de doute.

    Jean Luc Mélenchon a bien raison de défendre la laïcité, mais pourquoi encore une fois s’arrêter en chemin, en ignorant ce qu’est factuellement l’UE ?

    De la même manière, lors de l’émission mots croisés, Jean-Luc Mélenchon déclarait : « si un grand pays se retire de l’euro, ce sera un cataclysme » [5]. Il reprend là la rhétorique de la peur clamée en permanence par les « belles personnes » qu’il dénonce par ailleurs, et propage de nouveau l’illusion d’une harmonisation sociale au sein de l’UE, alors que le seul chemin c’est de retrouver la souveraineté nationale, nécessaire à la souveraineté populaire. En effet, les divergences politiques, économiques et démographiques entre pays de l’UE, inhérentes à cette construction, font que tout mouvement social à l’échelle de toute l’UE est impossible. Or les traités européens ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité des 27 pays. De plus, de nombreux économistes – citons par exemple Jacques Sapir – ont de très solides arguments qui démontrent que ces craintes de cataclysme suite à une sortie de l’euro sont totalement infondées. [6] Le cataclysme ne serait donc certainement pas pour les travailleurs mais plutôt pour le grand capital, l’UE et l’euro étant des piliers institutionnels du système capitaliste. Alors que la crise du capitalisme s’aggrave, que l’axe euro-atlantique Washington-Bruxelles/Francfort allume partout les foyers de nouvelles guerres impérialistes et de la fascisation, rester dans l’UE, dans l’euro, dans l’OTAN, pour le camp des travailleurs c’est y rester, En sortir c’est s’en sortir !

    On ne peut à la fois vouloir défendre les intérêts des travailleurs et refuser de priver les patrons, les financiers – en clair la classe capitaliste – de leurs armes d’exploitation massive des travailleurs que sont l’UE et l’Euro.

    Doit-on sacrifier la laïcité, la , la diversité linguistique, nos salaires et nos conquêtes sociales etc… fruits des dures luttes de la classe des travailleurs pour ne pas mettre en cause l’Union Européenne du Capital ? Au non de quelle raison d’ailleurs ?

    « Ça suffit comme ça ! Je dis adieu à mon fédéralisme puisqu’il est sans objet. (…) Je ne m’engage plus que sur des objectifs concrets, immédiats, liés à la refondation républicaine et sociale de mon pays. » écrivait Jean Luc Mélenchon dans son livre ” Qu’ils s’en aillent tous”.

    En 2013 lors du discours de clôture de l’université d’été du PG, JL Mélenchon déclarait :

    « Il n’y a pas de souveraineté politique du peuple s’il n’y a pas indépendance du cadre dans lequel il fournit ses propres décisions. L’Europe n’est pas une structure indépendante. L’UE, enfermée dans sa logique austéritaire, est une structure vassale des USA. C’est la raison pour laquelle le peuple français fidèle à ses engagements à l’égard du monde (…) C’est pourquoi la France n’a pas à se soumettre aux USA, même sous le prétexte de l’UE.

    Ce que je viens de dire n’a rien à voir avec le nationalisme ou avec le chauvinisme…
    Gloire à la république française Vive la fraternité universelle ! »

    Alors, Citoyen Mélenchon, encore un petit effort pour tirer toutes les conséquences de vos propos. Et profiter ainsi des quelques tribunes médiatiques qui s’ouvrent à vous pour faire vraiment avancer l’éducation populaire.

    Par exemple, en constatant le caractère de classe de l’UE capitaliste et le potentiel profondément révolutionnaire dun front populaire progressiste et patriotique appelant à la sortie par la voie progressiste de l’UE et de l’euro, à la sortie de l’OTAN et à la sortie du capitalisme.

    Sources :
    [1] [Danièle Sallenave, dieu.com, Gallimard, 2004] …ses 12 étoiles ne désignent nullement l’Europe des 12, elle s’inspire directement du symbole marial tel que représenté dans l’imagerie pieuse du XIXe siècle.
    [2] http://www.lecanardrépublicain.net/spip.php ?article614
    [3] http://www.studiatheologica.cnet.ro/pdf/200804art3.pdf
    [4] http://radionotredame.net/2014/vie-de-leglise/visite-pape-strasbourg-histoire-32168/
    [5] http://www.dailymotion.com/video/x2ahaji_debat-melenchon-guaino-a-mots-croises_news
    [6] http://russeurope.hypotheses.org/3006 (*)

     

    source: initiative-communiste.fr

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  • suite à une polémique lancée contre le PRCF par Amselle et Corcuff ...

    Question à Philippe Corcuff et Jean-Loup Amselle : Que recherchez-vous ?-par Aymeric MONVILLE

    Bien que familier des écrits de MM. Corcuff et Amselle, nous n’avions guère prêté d’attention à chacun de ces chercheurs pris individuellement. Comme par un effet de la loi de la transformation de la quantité en qualité, c’est la réunion des deux auteurs et la mise en ligne d’un « Séminaire de recherche libertaire » contre le « national-étatisme dans la gauche radicale » qui dessine une stratégie commune et qui nous incite à intervenir, comme Eris jetant la pomme de discorde, dans un débat où, pour cause, nous n’étions manifestement pas les bienvenus.

    Lacan disait que c’était la réponse de l’autre qui l’intéressait dans la parole. Ici, il s’agissait au contraire d’un « débat » organisé pour éviter la contradiction, cultiver l’entre-soi et hérisser des barrières intangibles entre le petit monde enchanté des libertaires et celui des autres.
     
    Que ce grand-autre prenne la forme monstrueuse du « rouge-brunisme », comme le fantasme Amselle, ou, au contraire, d’un « désarmement des gauches devant le national-étatisme », comme le note avec plus de cautèle académique Philippe Corcuff, il s’agissait d’épingler dans un inventaire à la Prévert – la veine poétique et l’authenticité de l’anarchisme populaire en moins – tous ceux qui n’ont pas le bonheur d’être et de penser comme eux.
     
    Frédéric Lordon, Aurélien Bernier, Jacques Nikonoff, Jacques Sapir, Michel Clouscard et j’en passe furent ainsi trainés dans un pénible « name dropping » en forme de monologue de sourd pour congédier en un parfait raccourci l’idéal-type du citoyen français qui n’a pas encore renoncé ni à la part de souveraineté démocratique qu’est censée lui garantir notre très imparfaite constitution ni surtout aux acquis du CNR, et ne s’est pas encore résigné à ce réenchantement de la politique par le divin « local » autogestionnaire et girondin ou autres « grèves européennes » comme le souhaite Corcuff (avec la bénédiction de la CES ?)
    A ce compte, Rousseau est rouge-brun, Robespierre est rouge-brun, etc. Ou encore l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »
     
    Cette posture pseudo-radicale et parfaitement intégriste se comprend parfaitement, dans une approche bourdivine, de rivalité au sein d’un même « champ », pour remporter la palme de l’universitaire d’extrême gauche qui a la gauche pure parce qu’il n’a pas de gauche, mais elle peine, manifestement, à accéder à la dignité du débat d’idées.
     
    Vous me jugerez sévère et expéditif ? Regardez plutôt le texte que Jean-Loup Amselle a destiné à la présentation dudit débat et qui n’a pas l’excuse du caractère approximatif d’une intervention orale :

    « Frédéric Lordon est aussi en un sens postcolonial à propos de la nécessité de sortir de l’euro, à propos de la Grèce et de l’idée qu’il ne faudrait pas laisser l’idée de nation à la droite et à l’extrême-droite, car les prolétaires ont également une patrie. Cette idée était d’ailleurs déjà défendue par le PCF dans les années 1980, époque à laquelle Georges Marchais entonnait le mot d’ordre « Produisons français ». Ce courant national-communiste est toujours populaire comme en témoigne le relatif succès éditorial posthume d’un revenant, Michel Clouscard, édité par les éditions Delga. Cette maison d’édition  gravite elle-même autour du groupuscule national-stalinien P.R.C.F (Annie Lacroix-Riz). »

    C’est aussi candide que cela. Le « truc » consiste à accoler à tout bout de champ le mot « national » au PCF et à ses continuateurs méritants, comme s’il s’agissait d’une invention récente et aberrante. Comme si cette sensibilité était étrangère au mouvement communiste international depuis l’époque de Thorez et Dimitrov et des résistants. Comme si le PCF de l’ère Marchais ou aujourd’hui le PRCF avaient abandonné l’internationalisme prolétarien. Comme si le « produisons français »  était autre chose que la défense par les travailleurs de l’outil de production. Le PRCF, pour éviter ces contresens malhonnêtes, parle d’ailleurs systématiquement du « produire en France », mais cette précision a sans doute échappé à la vigilance de nos aimables contradicteurs.
     
    On pourrait parler également de la différence faite par Clouscard entre Etat et appareil d’Etat qui interdit l’amalgame entre le marxiste-léninisme du penseur et le prétendu « national-étatisme » censé hanter la gauche radicale. Mais Clouscard a tout juste le droit d’être convoqué comme ce Monsieur-qui-est-lu-et-cité-par-Eric-Zemmour, comme le relève avec sévérité Corcuff lors du débat. Un jour, on pourrait espérer qu’à force d’en parler, Corcuff ait aussi l’idée de… lire Clouscard.
     
    Précisons qu’étant passablement concerné par ce courant et les personnes et entités susmentionnées, nous sommes bien placé pour savoir que personne n’a été consulté pour apporter d’éventuelles précisions. Et pour en débattre, on peut rêver. Il paraît qu’il s’agit d’un séminaire de « recherche ». De quelles recherches s’agit-il ?

    Ils ne chercheraient pas s’ils n’avaient pas déjà trouvé. C’est la pente de tous les fanatismes.

    Aymeric Monville, 17 juin 2017

    source: initiative-communiste.fr

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  • Vexé, David Pujadas précipite son départ du “20 heures” de France 2. Mais il est encore temps d’en profiter. Et l’on peut se consoler à l’idée que resteront au JT des piliers tel François Lenglet. Qui, en louant la hausse de la CSG, milite pour l’impôt régressif…

    « Notre enquête sur ce qui sera la première grande mesure fiscale du quinquennat, 22 milliards d’augmentation de la CSG », annonce David Pujadas mercredi dernier. Avant de poser une de ses questions fétiches : « Qui seront les gagnants et qui seront les perdants ? » Le présentateur, lui, est un mauvais perdant. Ne supportant pas de se voir retirer la présentation d’un JT dont il se croit peut-être propriétaire, môssieur a décidé de bouder. Il arrête la présentation du 20 heures dès jeudi prochain, sans finir la saison, se retire de l’animation des soirées électorales et de L’émission politique. Na !

     
    Que les supporters de David Pujadas se rassurent : la direction de France Télévisions l’a promis, le reste de l’équipe du 20 heures ne changera pas. Les téléspectateurs pourront donc continuer à profiter d’un journal « exigeant et accessible », selon son futur ex-présentateur, dont la rigueur nous est enviée par le monde entier. Ils verront encore ses nombreux prodiges, comme le sémillant Guillaume Daret, envoyé spécial à Saint-Nazaire dans les pas d’Emmanuel Macron.
     

    C’est le premier titre du JT. « Code du travail : Emmanuel Macron en campagne. » David Pujadas développe : « A Saint-Nazaire, symbole du redressement industriel grâce au chantier naval… » Ah bon, ça y est, notre industrie est redressée ? En même pas trois semaines de présidence Macron, c’est inespéré. « … Emmanuel Macron inaugure un paquebot géant, fait l’éloge d’un code du travail plus souple. » Comme l’échine des salariés.

    « Ici, explique Guillaume Daret depuis Saint-Nazaire, c’est aussi une vitrine pour l’un de ses premiers grands chantiers, la réforme du code du travail. A STX, des accords de compétitivité ont été signés. Une souplesse [encore ! Les pouvoirs assouplissants sont vraiment étonnants] que le chef de l’Etat souhaite étendre et qu’il vante à la tribune. »

    « Vous avez accepté des mois de chômage technique, déclare le président. Vous avez accepté, pendant des mois, d’attendre, de vous remettre en question pour que l’entreprise tienne, pour que les emplois ne soient pas supprimés. Vous avez, par un accord d’entreprise inédit, par des efforts que vous avez faits, vous, que vous avez payés, sauvé l’entreprise. » Quoi ? Il va falloir payer pour travailler ? C’est ça, sa réforme du code du travail ? « Alors, je vous le dis : merci. » Y a pas de quoi, nous sommes prêts à nous saigner pour sauver des entreprises.+

    Guillaume Daret va sans doute détailler ce projet insensé. « Aujourd’hui, le carnet de commande des chantiers navals est très bien rempli. » J’en suis ravi. « D’ailleurs, Emmanuel Macron est ici pour inaugurer Le Meraviglia, un mastodonte, 35 000 tonnes d’acier [presque aussi lourd que notre code du travail], 315 mètres de long, 65 de haut, qui pourra accueillir 5 700 passagers. Un navire luxueux, hors norme, qu’il a fallu vingt-six mois pour construire. » C’est long. Par comparaison, il ne faudra que quelques semaines pour démanteler le code du travail, pourtant en construction depuis bientôt deux siècles.

    Maryse Burgot intervient en duplex pour célébrer la formidable réaction patriotique de notre président qui a mis son veto (provisoire) à la vente de STX à un groupe italien — ce qui contraste avec ses interventions dans les dossiers Alstom et Technip, deux fleurons de l’industrie française passés sous pavillon américain à la faveur de fusions-acquisitions conseillées par… la banque Rotschild.

    Hausse de la CSG : une mesure d’“équité” -pour François Lenglet (par Samuel GONTIER-2/06/2017)

    Mais je m’égare, Maryse Burgot, toute à son devoir d’objectivité, ne peut se permettre ces perfidies. Et David Pujadas ressort ses « perdants » et ses « gagnants » des « 22 milliards d’euros d’augmentation de la CSG en échange d’une baisse des cotisations salariales. Un impôt qui concerne tous les Français car la CSG est prélevée sur chaque feuille de paie ou pension de retraite. » Et particulièrement injuste car il n’est pas progressif : tous les salariés sont assujettis au même taux, qu’ils gagnent des clopinettes ou des fortunes.

    « La CSG, un impôt très rentable depuis sa création, explique un sujet illustré de gros chiffres. 99 milliards d’euros de recettes cette année, 120 l’an prochain avec la réforme. Mais en échange, une promesse, une baisse encore plus importante des cotisations pour les salariés seulement. Résultat, une majorité de Français gagnants, selon le gouvernement, avec plus de pouvoir d’achat à la fin du mois. » La journaliste interroge le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. « C’est pas un choc fiscal, cette hausse de la CSG ? » Voire un matraquage fiscal ? « Ah non, c’est au contraire un choc du travail. » Pas trop violent, j’espère, sinon ça s’appelle un accident du travail. « C’est pour permettre à ceux qui travaillent d’être justement rémunérés, c’est la moindre des choses. » Ceux qui ne travaillent pas n’ont rien à faire dans une start-up nation d’auto-entrepreneurs, de toute façon.

    « Avec la réforme, détaille la journaliste, un salarié au Smic aura 250 euros de plus par an sur sa feuille de paie. Pour quelqu’un qui gagne 3000 euros nets, plus 700 euros. Et pour un plus gros salaire de plus de 5 000 euros, 1 200 euros en plus chaque année. » Si la CSG n’est pas un impôt progressif, sa réforme va donc engendrer un bénéfice progressivement plus élevé à mesure que l’on est plus riche…

    « Mais il y aura des perdants, poursuit la journaliste. Tous ceux qui ne profiteront pas de la baisse des cotisations mais verront leur CSG augmenter. Ceux qui ont des revenus du capital ou la majorité des retraités. Un choc fiscal pour beaucoup de Français. » Un pilonnage fiscal ? « Les retraités les plus modestes seront exonérés mais les 8 millions qui touchent une pension de plus de 1 200 euros par mois paieront plus de CSG. » C’est vraiment de la redistribution à l’envers : les retraités modestes (1 200 euros, ce n’est pas Byzance) vont contribuer à augmenter de plus de 1 000 euros les revenus des salariés les mieux payés. Autrement dit, les pauvres vont donner aux riches.

    La journaliste conclut : « Une réforme qui devrait être votée dès l’automne prochain. » Ça ne fait aucun doute puisque, selon Guillaume Daret, La République en marche disposera d’au moins trois cents députés. « Votre analyse, François Lenglet. Vous dites qu’il y a un raisonnement économique qui fonde cette décision, lequel ? » S’il y a un raisonnement, c’est déjà une bonne chose car François Lenglet adore les raisonnements — et déteste tout ce qui est déraisonnable, comme la dette ou le déficit public.

    « Il y a une logique économique et sociale derrière cette décision, confirme l’expert. Il s’agit de réduire l’une des inégalités les plus criantes, l’inégalité entre les générations. » Louable logique. Secourir les jeunes dans la galère, qui s’y opposerait ? « Qui va payer ? Ce sont les retraités et ceux qui détiennent le capital, c’est-à-dire peu ou prou les mêmes, les plus de 50 ans. » Ce n’est pas tout à fait vrai en ce qui concerne les détenteurs de capital. Car Emmanuel Macron a aussi promis que tous les revenus du capital seraient soumis à un taux de prélèvement unique… de 30 %. Alors qu’un salarié qui touche une très, très grosse paie se verra imposé… à 55 % ! 45 %, taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu, plus 10 % de CSG. Je tiens la démonstration de Thomas Piketty, invité des Matins de France Culture (à partir de la 17e minute).

    « Et à l’inverse, poursuit François Lenglet, les bénéficiaires, ce seront les actifs, c’est-à-dire les plus jeunes. » Euh… pas forcément. Par exemple, un ancien ouvrier de 62 ans touchant une pension de 1 200 euros contribuera à augmenter les très modestes salaires de Michel Drucker (74 ans) ou de Jean-Pierre Elkabbach (79 ans). « Pour résumer, l’opération se solde par un transfert des retraités vers les générations plus jeunes. » Ça dépend ce qu’on appelle « plus jeunes », on le verra plus bas. « Or, aujourd’hui, en France, ce sont justement les retraités qui ont le meilleur niveau de vie. » En moyenne. Mais je doute que vivre avec une pension de 1 200 euros et des ennuis de santé dans une ville aux loyers élevés soit le gage d’un faramineux niveau de vie.

    « Si l’on prend la génération des 60-69 ans [qui, en termes statistiques, n’est pas une « génération » mais une tranche d’âge], le taux de pauvreté y est trois fois moindre que chez les 18-24 ans. Trois fois moindre ! » Salauds de vioques pétés de thunes ! Il est temps de raquer pour les 18-24 ans…

    Sauf que… Je ne connais pas le taux d’emploi des 18-24 ans, non plus que le moyenne de leurs salaires de début de carrière pour ceux qui travaillent (je vous laisse chercher), mais je devine qu’ils ne seront pas les plus nombreux à bénéficier (le plus) de l’effort des retraités. Celui-ci sera surtout redistribué aux salariés des tranches d’âge dont le taux d’emploi est le plus élevé (entre 30 et 50 ans) et, comme on l’a vu, aux mieux payés. En résumé, la réforme va prioritairement profiter aux cadres du privé plus tout à fait jeunes et pas vraiment dans le besoin (tel Jean-Pierre Elkabbach) et non aux jeunes qui galèrent d’emplois aidés en stages aléatoirement rémunérés, comme veut le faire croire François Lenglet.

    « Le projet Macron permet donc de rétablir un peu d’équité. » Surtout pour les riches, donc. « Reste à savoir ce que c’est qu’un retraité aisé, nuance (enfin !) François Lenglet pour conclure. Le gouvernement veut taxer les retraites supérieures à 1 200 euros par mois, c’est un seuil qui est très bas, trop bas pour un retraité qui vivrait seul. » Mais je suis sûr qu’il est prêt à se dévouer pour donner un coup de pouce au pouvoir d’achat des salariés les plus riches. Et qu’il se réjouit que François Lenglet, au contraire de David Pujadas, soit encore là l’an prochain pour donner un sens à ses sacrifices.

     Sur le web-François LENGLET: quelle logique politique à l'augmentation de la CSG ?

    Sur

    source:  telerama.fr

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  • Lettre à mes consoeurs et confrères journalistes… … qui n’ont de cesse d’enjoliver Macron et de noircir Mélenchon-par Jacques COTTA (IC.fr-9/06/2017).

    Pas une jour ne se passe sans un torrent d’attaque contre dans la presse, les des oligarques. En utilisant les procédés les plus grossiers, jusqu’aux provocations les plus vicieuses (lire ci après l’analyse par A Leéaumant des méthodes scandaleuses de Quotidien, l’émission du milliardaires Bouygues). Ce “ bashing” qui n’a rien à envier aux pires heures des campagnes menées contre les candidats du Parti Communiste. Comme quoi il ne suffit pas de ne pas être communiste – et même de faire parfois professions de déclarations anticommunistes – pour ne pas subir la vindicte anticommuniste de la dictature du Capitalisme en Marche et de ses médias totalitaires.

    Et ce climat de haine de classe s’est traduit par des actions violentes à Marseille, le candidat dans la Ve circonscription ayant eu à affronter une tentative d’aggression par quelques individus en service commandé de ses adversaires politiques durant un meeting tandis que des affichettes anonymes – probablement du candidat PS Menucci – tapissent certains murs de menaces à peine voilée sous le slogan “A Marseille, on ne craint pas Mélenchon..;”

    Le très respecté et multi primé journaliste de télévison Jacques Cotta dénonce dans une lettre ouverte ces attaques tout azimut ciblant Mélenchon pour mieux promouvoir Macron – le candidat du CAC40 contrôlant l’essentiel des médias en France – et épargner totalement le FN, épouvantail qui a servi à faire élire le banquier de chez Rotchild et ex conseillé et ministre de Hollande.

    Lettre à mes consoeurs et confrères journalistes… … qui n’ont de cesse d’enjoliver Macron et de noircir Mélenchon-par Jacques COTTA (IC.fr-9/06/2017).Lettre à mes consoeurs et confrères journalistes… … qui n’ont de cesse d’enjoliver Macron et de noircir Mélenchon.

    par Jacques Cotta, journaliste

    Chers Collègues,

    Notre profession a toujours été soumises à des effets de mode. Nous nous en sommes toujours défendus, préférant ramener notre production journalistique à notre talent personnel. Mais la mode existe et s’impose de fait au plus grand nombre, sous la pression d’une hiérarchie déterminée qui pousse à une surenchère dans laquelle l’information ne trouve pas son compte. J’ai décidé cette lettre après avoir pris connaissance d’une critique me concernant. Pour annoncer mon dernier documentaire « dans le secret de la violence sociale » (diffusé le 23 mai sur France 2) un confrère en explique l’intérêt et souligne « le côté militant du film, ce qui fait sa force et sa faiblesse. Jacques cotta a soutenu publiquement jean Luc Mélenchon ». Cela m’a d’abord fait sourire. Puis réflexion faite, je me suis demandé ce que ma position vis à vis de la « France Insoumise » et de Jean Luc Mélenchon venait faire au milieu. La mode actuelle, nous y voilà ! Dans la presse, tous supports confondus, il est de bon ton de diaboliser Mélenchon, et de n’épargner nul qui l’approche. Mode qui n’est pas innocente.

    Avant de vous parler de ce que cela m’inspire précisément pour notre profession, je voudrais dans cette lettre aborder trois points pour tenter de bien me faire comprendre.

    • Quelques exemples illustratifs de ce que je nomme « la mode journalistique ».
    • La « mode » actuelle, un anti mélenchonisme d’une violence inouïe qui n’a d’égal que la promotion éhontée d’Emmanuel Macron.
    • Les conséquences qui risquent d’en découler.

    Quelques exemples de mode journalistique

    Dans les années 1985-1990, les plus anciens l’auront en mémoire, la victoire de Mitterrand, quelques années avant, avait libéré un espace que nous étions prompts à occuper. Les fausses factures étaient exhibées, les financements illégaux étaient dénoncés, et les arguments étaient sans détour. Lorsqu’il nous semblait que le mensonge voulait l’emporter, nous tenions bon, étions fermes, attachés à une enquête dont la rigueur était la seule exigence. Pour une catégorie de journalistes, l’impertinence –parfois excessive- et la ténacité étaient la marque d’un exercice professionnel sans concession. Il n’était au moins pas question de plier devant les puissants. Tout au contraire.

    Puis sont arrivées les années 1995. La grande grève contre la réforme des retraites a constitué un tournant. Rappelez-vous cette page peu glorieuse. Un soir venteux et pluvieux, des grévistes convoqués autour d’un brasero pour 18 secondes de temps de parole alors que sur le plateau, bien au chaud, ministres et spécialistes pouvaient déverser leur version, leur savoir, leurs justifications sans contradiction durant plus de deux heures. Rappelez-vous cette haine de la profession montant du fond de la société, des confrères cameramen notamment se faisant prendre à partie dans les manifestations au cri de « politiques vendus, journalistes complices ». Un triste retour de balancier. La mode était alors à la « complaisance », à la « soumission ».

    Il y a eu ensuite les années 2000 marquées par l’épisode référendaire. La « mode » précédente était poussée jusqu’à la caricature. Le « Oui » à la constitution européenne avait droit exclusif d’expression dans les médias, tous supports confondus. Un espoir cependant surgissait. Alors que nous n’étions qu’une poignée à lancer un appel « le Non censuré dans les médias, ça suffit ! », en quelques jours, des centaines de confrères de toute la France signaient, des centaines qui jusque-là étaient demeurés silencieux empruntait une voie enfin ouverte, celle de la contestation à l’intérieur du système médiatique. Des centaines, confortés par la signature de milliers de nos compatriotes. Des centaines qui jusque-là rasaient les murs de peur d’être traités de lepénistes, de fachos, d’arriérés, de peur d’être d’abord « blacklistés » dans leur rédaction, avant d’en être virés. Car apparut alors clairement que les patrons des journaux, radios, télévisions, les employeurs des journalistes, avaient partie liée avec de grands groupes industriels, souvent côtés au Cac40, et avec le personnel politique en place, de « gauche » comme de « droite ». Le pouvoir de cette oligarchie s’imposait.

    L’aggravation de l’exercice de notre profession allait connaître de nouveaux développements. La « mode » voulait alors que les « importants » fassent ouvertement partie de la cour. Nicolas Sarkozy notamment a ramené une partie de la presse au rang de « subordonné de sa majesté ». Les patrons des grands groupes imposaient leur choix. Subtilement le plus souvent, mais leur choix était clair, la presse comme auxiliaire du pouvoir, ni plus, ni moins. Des confrères ont participé à la cour. Certains ont joué des coudes pour y avoir une place de choix. L’osmose presse-politique est apparue au grand jour, d’autant plus scandaleuse qu’elle était revendiquée, comme légitime.

    C’est alors que survient cette incroyable élection présidentielle de 2017. Evidemment c’est de cela surtout que je veux vous parler, mais pas sans avoir tenté à grand trait de la replacer dans le contexte historique qui touche notre profession. Car si dans le domaine vestimentaire il est fréquent de dire que « les modes se suivent mais ne se ressemblent pas », dans le domaine médiatique, elles se suivent mais depuis maintenant plus de 20 ans grossissent le trait commun qui les définit, la subordination au pouvoir et plus encore, au système, quel que soit d’ailleurs le pouvoir en place.

    La mode actuelle : un anti mélenchonisme d’une violence inouïe qui n’a d’égal que la promotion sans mesure du macronisme

    Deux ans avant les élections présidentielles, la promotion d’Emmanuel Macron a occupé tous les médias. Chers collègues, peut-être la plupart d’entre nous, emportés par la rapidité et la densité du flux, ne s’en est pas rendu compte. Dans les hautes sphères des différents organes de presse –pour la défense d’intérêts économico-financiers- les choix ont été faits, les hiérarchies intermédiaires étant chargées de faire passer la ligne –sans le dire ouvertement, ça va de soi- et les journalistes de terrain ayant pour tâche d’appliquer les consignes avec le sentiment évidemment qu’ils font le boulot, ni plus ni moins.

    Dans mon article « La Fabrication du produit Macron et la soumission de la presse » (qu’on trouvera à l’adresse suivante: javascript:void(0);/*1496402743232*/) j’indique dans le détail la complicité objective, sinon souvent consciente, entre la presse dans son ensemble et le candidat Macron qui passera en quelques mois d’un anonymat pratiquement total à celle de « candidat préféré des français ». Je n’y reviens pas, mais les chiffres suffisent à eux-mêmes. En deux ans, Macron aura bénéficié de 8000 articles, soit plus de 10 par jour (Nouvel Obs, de l’Express de Libération et du monde), de centaines de reportages (LCI, BFM, I-télé, France télévisions), sans que les radios ne soient en reste…

    Le candidat du système jouit donc de bout en bout d’une adulation médiatique sans précédent. Voilà le rôle que nombreux d’entre nous ont joué, consciemment ou malgré eux.

    Mais il y a plus.

    Le sort réservé à Jean Luc Mélenchon a quelque chose d’incroyable. Durant la présidentielle déjà, dans la dernière ligne droite, tous les organes de presse s’y sont donnés à loisir. Chavez, Maduro, Poutine, le Venezuela, Cuba et Castro exhumé pour l’occasion, tout y est passé. Aidé il est vrai par la « maladresse » de Clémentine Autain venu mettre ce thème dans le débat public, même « l’alliance bolivarienne » est devenue un argument anti Mélenchon de circonstance.

    Pour la campagne législative, voilà que ça repart de plus bel. Sur France Inter, sur Euronews, sur CNews, sur BFM, dans les colonnes du Figaro, de Libération, du Monde, etc… il est question du candidat de la France Insoumise comme d’un gourou, un chef de secte, un illuminé, un autoritaire qui a bien caché sa véritable nature durant les présidentielles, etc… Cela évidemment pendant que les « anonymes » macroniens bénéficient de portraits flatteurs et que les sondages sont rabâchés à longueur de colonnes, d’éditoriaux, de papiers oraux ou écrits, pour expliquer que Macron aura une majorité et que la France Insoumise retombe tel un soufflé. La hargne est telle qu’elle n’épargne aucun des soutiens déclarés de Mélenchon, pas même un journaliste documentariste auquel on trouve comme défaut suprême d’avoir appelé à voter pour la France Insoumise.

    Chers collègues, chacun a évidemment ses sympathies et ses antipathies. Jean Luc Mélenchon ne laisse pas indifférent. Ce qui est en cause, ce n’est évidemment pas cela. Car pendant que les critiques fusent sur sa personne, pendant que les louanges se répandent sur celle de Macron, pendant qu’on s’attarde sur le côté renfrogné de l’un et le sourire enjoliveur de l’autre, on évite l’essentiel : quelle est la politique que proposent les uns et les autres, ce qui à priori devrait être le contenu principal du travail journalistique pour informer nos concitoyens, leur exposer les enjeux, leur permettre de choisir en toute connaissance de cause.

    La concentration des attaques sur Mélenchon aura des conséquences

    Le débat de fond est évacué. Pourtant, c’est lui qui nous concerne en tant que citoyens, qui devrait nous concerner et nous intéresser en tant que journalistes.

    Les mesures politiques pour lesquelles le président de la république veut une majorité absolue à l’assemblée nationale sont claires. A titre d’exemple :

    • « Réformer » jusqu’au bout le code du travail dans la foulée de la loi El Kohmri.

    Alors que la loi El Kohmri permet de négocier entreprise par entreprise le temps de travail, une nouvelle déréglementation de taille se dessine : négociation par entreprise des salaires par exemple ou de tout ce qui relève aujourd’hui de la loi concentrée dans le code.

    • L’utilisation des ordonnances pour accomplir ce que le nouveau chef de l’état a défini comme étant sa priorité.

    Il y a là une conception de la démocratie, du fonctionnement des institutions, de l’autoritarisme au sommet de l’état illustré par les propos du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner lorsqu’il déclare « que ne sera pas toléré le blocage du pays ».

    • La suppression des cotisations maladies et des cotisations chômage et l’augmentation massive de la CSG.

    Outre les conséquences craintes de voir une diminution de la consommation populaire et une baisse de l’activité en découler, cela devrait aboutir à une ponction massive sur les retraites notamment, de l’ordre de 250 euros par an pour une pension de 1200 euros par mois.

    • La suppression de 120 000 postes de fonctionnaires…
    • La poursuite de la politique scolaire des gouvernements précédents, et leur aggravation…

    Sur tout cela et sur d’autres questions, il devrait y avoir débat, et ce devrait être notre fierté que de l’impulser, nous journalistes dont le travail indépendant devrait primer sur toute autre considération. Nous sommes nombreux à avoir cette conception du métier. Mais dans la réalité, qu’en est-il ?

    C’est « Challenges » qui résume le mieux possible l’affaire. Alors que toutes ces questions sont évincées, on s’attarde sur le changement de ton de Mélenchon, sur la mort de Rémi Fraisse et Bernard Cazeneuve, l’ex ministre de l’intérieur, mis en cause par le leader de la France Insoumise au détour d’une phrase dans un discours de 40 minutes, sur le « tournant gauchiste bien loin de la campagne hugolienne à la présidentielle ». Tout y passe sauf l’essentiel, le principal, les programmes. Il est question de « nationalisme », de « sectarisme », « d’absence de tempérance », de « populisme », et de bon nombre d’autres amabilités lorsqu’il n’y a pas un mot sur la politique proposée et sur les mesures combattues. Enfin, dévoilant les motivations réelles d’une telle hargne, il est indiqué à l’encontre de la « France Insoumise » « une logique politique sectaire, décidée à rompre toute attache avec les partis républicains modérés ».

    Chers collègues, comment ne pas voir là le cœur du problème pour lequel des centaines de nos confrères sont en fait manipulés. Ce qui est reproché à Mélenchon et ce pourquoi journalistes de presse écrite, de télévision ou de radios sont instrumentalisés, c’est son refus, contrairement à ce qui reste du parti socialiste, à ce qui se débat dans « LR », à ce qui est envisagé au FN, son refus de tout soutien à quelque mesure anti sociale du gouvernement d’Emmanuel Macron. C’est cela que l’oligarchie lui reproche et c’est cela qu’elle veut d’emblée lui faire payer. Ah, si le leader de la « France Insoumise » avait appelé à voter Macron au prétexte de Le Pen, il n’y aurait plus de problème. Tout le monde serait rentré dans le rang !

    Voilà pourquoi plus que Mélenchon, les attaques touchent tout ce qui de près ou de loin le soutient. Il est question de « foules haineuses ». Il y a bien de la haine dans tout cela, mais du côté des accusateurs qui évitent les vraies questions pour demeurer sur les personnes, pratiquer l’anathème, l’injure, les attaques ad hominem. Cette haine contre Mélenchon, ce qui est en soi de peu d’importance, est surtout une haine contre les aspirations qui sont celles de millions qui ont voté « France Insoumise ». Cela se nomme la « haine de classe ». Ni plus, ni moins.

    L’avenir sera sans doute marqué par de nouveaux soubresauts tels que l’histoire de notre pays en a déjà connu. Il ne sert à rien de vouloir interdire « le blocage du pays », ou encore les protestations d’ampleur nationale. Lorsqu’une politique s’impose à la volonté majoritaire d’un peuple qui se réveille, voit la réalité telle qu’elle est, rien, aucune menace ne peut interdire de réagir pour sa survie, pour sa vie tout simplement. Le choc qui s’annonce risque d’être d’une grande brutalité, et rendre compte, avertir, révéler, dénoncer, prévenir, doit être notre fierté.

    Chers collègues, est-ce pour éviter cela que le président de la république, comme une de ses premières mesures, a indiqué qu’il choisirait personnellement qui parmi vous serait autorisé à le suivre, à l’interroger, à rendre compte ? Tel le roi à Versailles, il choisirait les bons sujets ? Est-ce pour se prémunir de toute activité journalistique qui contrarierait ses projets ? Ce qui sur le plan électoral ne saurait s’affirmer cherchera d’autre voies pour balayer les mesures réactionnaires qui s’annoncent et pour l’emporter sur les forces qui veulent les imposer. Prenons garde à force de ne pas lever le ton à ne pas être emportés par la vague est en train de se former.

    Il y a plus de 70 ans, le conseil national de la résistance réclamait « La pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ».
    Indépendamment de la position particulière que nous pouvons avoir sur une question ou une autre, sans doute serait-il bénéfique que tous ceux qui dans la profession jugent nécessaire de renouer avec ces exigences puissent se regrouper, se doter d’un cadre de débat, d’élaboration et d’action. Que tous ceux qui le désirent prennent contact par l’intermédiaire de ce courrier et qu’on puisse enfin s’organiser.

    Jacques Cotta
    Le 1er juin 2017


    Les montages malhonnêtes de «Quotidien» pour diaboliser Mélenchon

     

    Dans son édition du 30 mai 2017, « Quotidien », l’émission de Yann Barthès, présente les extraits d’une conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon. Avec à l’évidence un objectif : continuer dans la diabolisation de ce dernier entamée quinze jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, et qui n’a pas cessé depuis. « Quotidien » a donc pensé qu’en arrangeant ensemble des extraits, il pourrait raconter l’histoire voulue. Sauf que voilà : la conférence de presse toute entière a été filmée et mise en ligne sur la chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon. Nous pouvons donc comparer les images diffusées par « Quotidien » avec ce qui s’est réellement produit.

    Regardons dans le détail comment « Quotidien » s’y prend pour faire dire à des images autre chose que ce qui s’est réellement passé. Il y a d’abord l’introduction du sujet avec des extraits de l’arrivée d’Alexis Corbière, essoufflé après avoir monté à pied six étages (passionnant, non ?). Puis, voici comment le chroniqueur introduit son sujet : « Ça c’était l’apéro en termes de polémique car ça va vite se gâter. Jean-Luc Mélenchon est de très mauvaise humeur ». S’ensuivent des extraits de l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon. Il dit qu’il fait chaud et ajoute « me voilà debout en plus » (c’est passionnant décidément !). Puis il appelle Alexis Corbière à se rapprocher de lui. Le chroniqueur de « Quotidien » reprend la parole pour ajouter « Allez, ici le porte-parole » et enchaîne : « Après 22 minutes de discours, on a voulu revenir sur la polémique sur clash avec Bernard Cazeneuve et ça s’est plutôt mal passé ».

    On voir bien ici que, dès l’introduction, les mots (je les ai mis en gras) utilisés par le chroniqueur de « Quotidien » visent à mettre en place un climat de tension qui n’existe pas. Vient alors un premier extrait de la conférence de presse à proprement parler. Le chroniqueur se tient debout. Jean-Luc Mélenchon lui demande de s’asseoir (pour être logé à la même enseigne que les autres, qui étaient tous assis). S’ensuit un petit échange qui est diffusé par Quotidien.

    • Monsieur, si vous voulez bien vous asseoir comme tout le monde, ça me ferait très plaisir. Sinon je ne vous répondrai pas.
    • (Le chroniqueur fait mine de s’asseoir par terre) Bon… par terre…
    • Non, c’est là la chaise.
    • (Il s’assoit sur la chaise.) Vous voyez, on obéit !
    • Oh, on n’en demande pas tant ! Je ne vous demande pas « d’obéir ». Restez debout, monsieur, si ça vous fait plaisir.
    • Non parce que vous ne vouliez pas me répondre.
    • Non non mettez-vous debout, ça a l’air de vous faire plaisir. Mettez-vous debout.
    • Pas de souci, monsieur Mélenchon.
    • Je vous ai invité. Je ne vous ai pas demandé de m’obéir.
    • Bah vous m’avez dit que sinon vous ne me répondriez pas. Vous avez dit… c’est pas grave.
    • Bon, c’est bon, allez, au suivant.

    Ici, l’extrait est mis sur pause. Jusqu’à présent, on le voit, alors que Jean-Luc Mélenchon émet une demande simple (que le seul journaliste qui est debout s’asseye « comme tout le monde » pour ne pas avoir un traitement différent des autres), le chroniqueur de « Quotidien » en rajoute, en faisant mine de s’asseoir par-terre alors qu’il a une chaise et en déclarant « on obéit » (gros clin d’oeil, Mélenchon est autoritaire, n’est-ce pas?). Bref, une demande simple se transforme en incident délibérément provoqué par le chroniqueur. Pourtant, ce n’est pas la manière dont les faits sont présentés par « Quotidien ».

    Pendant que l’extrait est sur pause, pour en rajouter une couche, le chroniqueur ajoute : « J’ai failli ne pas pouvoir poser ma question, alors il a fallu le brosser dans le sens du poil pour avoir le privilège de faire mon métier ». Cas classique où l’affreux Mélenchon est présenté comme un horrible dictateur qui empêche un « journaliste » de « faire son travail », menaçant la liberté de la presse et, par extension, la démocratie. Que Jean-Luc Mélenchon soit le seul à dénoncer le problème que constitue, pour la liberté de la presse, le fait que 90% de la presse soit détenue par 9 milliardaires n’entre pas en ligne de compte. Surtout pas sur une chaîne du groupe Bouygues, n’est-ce pas ? Passons. L’extrait reprend ensuite :

    • Non mais je posais la question
    • Non non. Mais si c’est pour créer un incident… tout ça… c’est bon.
    • Pardon. Pardon.
    • D’accord.
    • Si je vous entends bien, vous voulez remettre le fond au cœur de cette campagne.
    • Si c’est possible.
    • Mais c’est vous qui avez lancé cette polémique.
    • Je n’ai pas provoqué cette polémique, je n’ai pas voulu de cette polémique. Ce n’est pas mon sujet. C’est monsieur Cazeneuve qui l’a lancée en se saisissant d’une phrase dont il estimait qu’elle était de nature à provoquer un intérêt pour lui. Voilà. C’est tout. Mais je n’ai pas déclenché cette polémique. Je ne l’ai pas souhaitée et je ne la souhaite pas.

    La dernière réponse de Jean-Luc Mélenchon est faite sur un ton ferme. On a l’impression, en regardant l’extrait de « Quotidien », qu’il s’est agacé de la question. Mais la réalité est que « Quotidien » n’est pas honnête dans son montage. Car entre le « Mais c’est vous qui avez lancé cette polémique » du chroniqueur et le « Je n’ai pas lancé cette polémique », il y a une réponse très détaillée de Jean-Luc Mélenchon. Voici l’échange qui a réellement eu lieu et que l’on peut retrouver à partir de 23:31 dans la conférence de presse (j’indique en gras les passages délibérément non diffusés par « Quotidien ») :

    • Mais c’est vous qui avez lancé cette polémique.
    • Sur quoi ?
    • Sur monsieur Cazeneuve. Est-ce qu’aujourd’hui vous la regrettez, tout simplement ?
    • Ah, d’accord, c’était ça. Bon alors. Non, monsieur, je n’ai pas lancé cette polémique.
    • Mais…
    • Non non non non, non non non non non. J’ai fais 11 fois un discours sur le code du travail et les conditions de la rentrée scolaire et de l’éducation nationale. Et, à l’occasion d’un de ces discours, pendant une seconde et quart, j’ai répondu à quelqu’un que j’ai pris comme figure emblématique de l’accusation inepte d’après laquelle nous n’aurions pas donné de consigne de vote entre les deux tours de l’élection présidentielle. Et je voulais rappeler, pour les gens qui étaient là, que c’était absolument injuste puisque nous avions appelé à ce qu’il n’y ait « pas une seule voix pour madame Le Pen ». Donc je ne faisais que rectifier. Et je trouvais insupportable de me faire donner des leçons de république par quelqu’un qui ne s’est pas lui-même astreint à la règle minimale d’un ministre de la République qui est d’assumer les actes de l’administration, surtout quand ceux-ci ont débouché sur un homicide. Voilà, c’est tout. Je n’ai pas provoqué cette polémique, je n’ai pas voulu de cette polémique. Ce n’est pas mon sujet. C’est monsieur Cazeneuve qui l’a lancée en se saisissant d’une phrase dont il estimait qu’elle était de nature à provoquer un intérêt pour lui, et qui, maintenant, est en train de découvrir que remettre sur la scène cette histoire de Rémi Fraisse n’était pas spécialement une recommandation pour le parti socialiste. Voilà. C’est tout. Mais je n’ai pas déclenché cette polémique. Je ne l’ai pas souhaitée et je ne la souhaite pas.

    On voit qu’ont été coupés tous les extraits qui pouvaient être de nature à expliquer la responsabilité de Bernard Cazeneuve dans le lancement de « la polémique » dont le chroniqueur nous rebat les oreilles. L’ancien ministre de François Hollande est ainsi dédouané de son attaque initiale contre Jean-Luc Mélenchon concernant le vote Front national au second tour. On constate aussi que le leader de la France insoumise a précisé les conditions matérielles du discours qu’il avait prononcé. On remarque enfin que toute référence au fond de l’affaire (c’est à dire la mort de Rémi Fraisse alors que monsieur Cazeneuve était ministre) est entièrement gommée de l’extrait diffusé par « Quotidien ». Ne reste que « la polémique » évidemment lancée par le méchant Mélenchon.

    Après cette séquence, dans la « vraie vie », d’autres journalistes posent des questions sur le même thème. Jean-Luc Mélenchon répond, précise, détaille le choix de ses mots. La séquence dure de 24:55 à 30:49 sur la vidéo intégrale de la conférence de presse qui peut, je l’ai dit, être consultée en ligne. Jean-Luc Mélenchon indique son souhait de pouvoir parler d’un autre sujet : l’augmentation de la CSG prévue par monsieur Macron. Pourtant, rien de tout cela n’est diffusé sur « Quotidien ». Bien au contraire, on revient au plateau immédiatement après l’extrait précédent. Et c’est reparti pour un tour.

    Le chroniqueur conclue la première séquence : « Mouais, enfin il faut quand même le dire hein, c’est bien lui qui a attaqué Bernard Cazeneuve sur l’affaire Rémi Fraisse. Mais on sent qu’il regrette déjà sa sortie et surtout un terme qu’il a utilisé ». Les mots utilisés sous-entendent donc que Mélenchon, en plus d’être un affreux dictateur, est aussi un menteur. Plus c’est gros, plus ça passe. Puis s’ensuit une « explication », code pénal à l’appui, sur la différence entre le terme « assassinat » et « homicide » d’un point de vue juridique. Est diffusé ensuite un nouvel extrait. Rien n’est dit sur la séquence que j’ai évoquée dans le paragraphe précédent. Nul ne peut savoir qu’entre l’extrait qui vient d’être diffusé et celui qui va suivre, près de 6 minutes se sont écoulées, essentiellement sur le même thème. Le seul moyen pour le spectateur de s’apercevoir qu’on a sauté une séquence est d’être assez attentif pour remarquer que Jean-Luc Mélenchon a maintenant un verre qu’il n’avait pas auparavant.

    melenchon quotidien montage

    Le chroniqueur lance la nouvelle séquence. Voici ce qui est diffusé :

    • Je prie qu’on comprenne que, dans un meeting de trois quarts d’heure, il peut arriver qu’un mot ne soit pas calibré exactement comme la presse, elle, nous habitue à calibrer les mots très exactement, avec précision et soin…
    • Parce que là c’est important, monsieur Mélenchon.
    • Quoi, monsieur ?
    • « Assassinat », c’est important.
    • Oui, bon, d’accord, on a compris. À vous, madame.
    • C’est pas un détail, pardon hein…
    • Mais monsieur, écoutez. Vous devez comprendre que les mots sont importants en effet. Quand quelqu’un meurt et qu’un dispositif a été mis en place, on peut penser qu’il s’agit d’un homicide et pas d’un accident de la route. D’ailleurs, les accidents de la route sont considérés comme des homicides. Je ne vois pas en quoi vous voulez arriver.
    • « Assassinat », il y a préméditation.
    • À quoi vous voulez arriver, monsieur ?
    • C’est vos propos, je veux savoir…
    • Non et bien alors taisez-vous, c’est aussi bien. (là la chaîne écrit à l’écran « taisez-vous, c’est aussi bien ! », au cas où on n’aurait pas compris)
    • … si vous les regrettez.
    • Voilà, c’est ça. Et vous… écoutez, je vous ai déjà répondu. J’ai raconté dans quelles conditions avait lieu mon discours. J’ai dit comment j’avais utilisé mes mots. J’ai dit ce que je viens de dire. Il me semble que c’est assez. Maintenant, peut-être que vous aspireriez à ce que je me mette un sac de cendres sur la tête, que je me flagelle. Parce que vous vous prenez pour des juges. Vous êtes juste un journaliste, monsieur. Rappelez-vous-le. D’accord ? Donc vous devriez vous poser la question de savoir comment Rémi Fraisse est mort plutôt que de venir me demander des comptes à moi.

    On voit que Jean-Luc Mélenchon a clairement envie de changer de sujet. Mais vous savez quoi ? Ce n’est pas le seul dans la salle ! De nombreux journalistes présents ont envie de passer à autre chose et d’enchaîner. D’ailleurs, « Quotidien » a été assez maladroit pour en laisser une trace dans les extraits choisis. En effet, on voit nettement que, quand le chroniqueur revient pour la énième fois sur le même sujet, l’une de ses consoeurs lui fait demande d’arrêter.

    quotidien consoeur

    La réalité est donc bien différente de ce qu’a présenté « Quotidien » dans ses extraits choisis. Quiconque regarde la conférence de presse en entier pourra s’en rendre compte. Le chroniqueur de l’émission agit clairement comme un perturbateur cherchant à provoquer délibérément un incident en ne faisant pas comme ses collègues, puis en posant plusieurs fois la même question, puis en insistant sur un terme sur lequel Jean-Luc Mélenchon est déjà revenu plusieurs fois. Mais de tout cela il ne reste rien, évidemment, dans les extraits diffusés par « Quotidien ».

    Finalement, « Quotidien » n’a pas dû écouter la demande formulée par Jean-Luc Mélenchon au milieu de sa conférence de presse. Voici ce qu’il disait (de 21:26 à 22:11) :

    « Je vous demande [aux journalistes] : lâchez-nous. Arrêtez de nous agresser sur nos personnes. Intéressez-vous à ce que nous disons, à ce que nous proposons, à notre programme, à notre campagne. Mais laissez nos personnes, nos morts et nos familles en dehors des vindictes que vous portez contre nous. Vraiment, je ne sais comment exprimer mon indignation : si je le fais trop, je suis accusé d’être trop violent ; si je ne le fais pas, c’est la porte ouverte à tous les abus pour qu’ils continuent. Je demande une trêve. Une trêve médiatique dans l’injure contre moi, contre les miens. Je demande qu’on puisse parler de ce qui nous oppose réellement : je ne suis pas séparé de monsieur Macron par des problèmes de personnes ; je le suis par des problèmes de programme, de fond. »

    Il est regrettable que « Quotidien » ait fait exactement l’inverse et ait choisi, une nouvelle fois, de tout concentrer sur les personnes plutôt que sur le fond. Pas un mot sur la CSG. Pas un mot sur la fraude et l’évasion fiscales. Pas un mot sur la révocation des élus. Pas un mot sur le code du travail. Pas un mot sur l’école et l’éducation. Bref, rien de ce qui concerne les objectifs de monsieur Macron ni le programme de Jean-Luc Mélenchon. Les 11 et 18 juin, les citoyennes et les citoyens de notre pays doivent pourtant élire leurs députés, c’est à dire ceux qui gouverneront le pays pour les cinq prochaines années. Il serait bon qu’ils puissent le faire sur la base de programmes et que cessent donc les diversions destinées à protéger monsieur Macron en ne disant jamais rien des mesures antisociales, antiécologiques et antidémocratiques qu’il prévoit.

    source: initiative-communiste.fr

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  • Les avec : , De Sarnaez, et les nombreux candidats aux législatives qui trainent des casseroles – sans parler des Macron qui ont fait si peu de bruits durant la présidentielle (par exemple celle de sa fortune personnelle) – la campagne des législatives de Macron fait le même bruit de casserole que la présidentielle de Fillon/Le Pen  et le quinquenat de Hollande Cahuzac !

    Les médias glissent à n’en plus finir sur “l’”. Une histoire de gros sous dont il faut espérer – et se battre – pour que la justice finira par dire ce qu’il en est. Chacun peut constater avec quelle célérité la presse aux ordres, tout à son bourrage de crane en faveur de Macron – tente depuis des semaines d’étouffer le scandale des affaires Ferrand. On peut d’ailleurs se poser la question de l’étrange calendrier de cette affaire, qui n’a pas été révélée au moment de la présidentielle !

    Force est en tout cas de constater que loin des discours, les actes de Macron c’est bien de s’afficher au coté d’un ministre, faisant l’objet d’une enquête judiciaire pour de sombres affaires alors qu’il était patron d’une mutuelle puis député PS…

    Macron, Fillon,  LR EM, Rien ne change quand on ne change rien

    Que pouvons nous dire sérieusement.

    D’abord que rien ne change quand on ne change rien. Et de Hollande à Macron, de Fillon à Macron, il n’ y a aucun changement. Des LR de Sarkozys au LR EM de Macron, on ne change rien.

    Car tous les discours sur la nouvelle ne sont que des…. mots. Les comportements douteux sont le résultat de la rencontre entre un système et des individus qui décident d’en profiter. Ce système porte un nom: le capitalisme. Et plus précisément, le capitalisme monopoliste d’Etat qui, sous les apparences du « libéralisme », permet une interpénétration infiniment ramifiée entre les décideurs politiques et les milieux d’affaires. Dont la seule valeur est l’argent. Ce sont des rapports sociaux et l’ idéologie de la classe dominante qui produisent les conflits d’intérêt et la corruption. Rien ne sera changé par la loi dite de moralisation présentée par une des vieille figure du système, F. Bayrou, qui est d’ailleurs lui-même au cœur d’un évident conflit d’intérêts. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et les causes ne seront supprimées que par l’intervention démocratique des masses populaires dans la vie et la transformation révolutionnaire des rapports sociaux.  Les institutions sont le reflet des rapports de forces politiques et sociales.  Et tant que le Capital domine le Travail les « moralisateurs » de la vie chercheront à vider la mer avec une cuillère.  Certes ce n’est pas une raison pour refuser des améliorations partielles mais sans illusions : ces améliorations sont bonnes à prendre à condition qu’elles servent à chacun de renforcer le combat collectif pour changer de système, et non d’un prétexte pour y renoncer. Sans méconnaître cette évidence : on ne « moralisera » le comportement de quelques politiques en vue que pour mieux aggraver l’immoralité fondamentale des diktats néolibéraux décidés par Bruxelles contre la masse des travailleurs.  

    L’affaire la plus scandaleuse de Macron Ferrand Philippe : leur politique anti France contre les travailleurs pour remplir les coffres des Richards !

    De plus ce que nous reprochons fondamentalement à Richard Ferrand et à  ses patron le LR D.Philippe ou le banquier-president E.Macron c’est bien leur politique qui est mille fois plus scandaleuse et encore plus choquante que les magouilles individuelles.

    Ferrand, comme Fillon, Cahuzac et d’autres, disparaîtra. Quoiqu’en dise aujourd’hui Macron et son gouvernement. Mais la politique que cette équipe met en œuvre continuera.

    Et là c’est à la classe ouvrière, au monde du travail de prendre l’initiative pour en finir. Les stopper et faire place aux travailleurs.Et changer vraiment à l’avantage de tous. Ce qui serait vraiment « moral ».

    Le mouvement des routiers du transport de matière dangereuse qui en 5 jours de grève reconductible viennent de contraindre le gouvernement et le patronat à la négociation, montre que c’est possible. Et un barrage populaire lors des législatives permettrait de renforcer la résistance et la contre offensive tous ensemble et en même temps des travailleurs.

    L’affaire Ferrand démontre que le banquier Macron roule pour les Richard !

    www.initiative-communiste.fr décode pour vous les affaires Ferrand, le bras droit PS de Macron et de son premier ministre E Philippe. Il est frappant d’entendre dans la bouche de M Ferrand, de M Macron et de M Philippe exactement les mêmes phrases que celles de M Fillon il y a quelques semaines, et que celles prononcées par M Hollande à propos de Cahuzac il y a quelques temps.

    Le bras droit de Macron et secrétaire général de son parti politique, Richard Ferrand est un député PS. Au passé de patron des mutuelles de Bretagne. C’est là que prend sa source l’affaire Ferrand.

    Ce dernier alors patron des mutuelles de Bretagne a fait loué un immeuble acheté par sa compagne. Mais le nom de Ferrand apparait directement au compromis de vente. Le moins que l’on puisse dire et que M Ferrand est donc doublement parti de cette transaction. Et par ailleurs, l’examen du détail et de la chronologie du montage immobilier fait apparaitre que le bien aurait été acheté sous réserver qu’il soit loué par la mutuelle. Il apparait également que c’est la mutuelle qui a payé les travaux de rénovation de l’immeuble pour un montant du quart de la valeur de l’immeuble. Augmentant d’une façon considérable la valeur de ce bien détenu par une SCI dont la compagne et la fille de M Ferrand sont les propriétaires. Tout est normal dit M Ferrand, tentant de se cacher derrière le soutien de la direction des Mutuelles de Bretagne, soutien logique puisqu’il s’agit de son ancienne adjointe dont il a embauché comme assistant parlementaire le compagnon… Tout est normal, brave gens. Résumons :une mutuelle loue un immeuble – en investissant en travaux le quart de son prix d’achat – à une société créé pour l’occasion pour acheter cet immeuble, société détenue par le patron de la mutuelle. Une affaire couteuse pour la mutuelle, mais au combien juteuse pour le patron de la mutuelle et sa famille. pas grave ce sont les malades qui payent : La justice sous la pression populaire a fini par ouvrir une enquête.

    Mais les affaires ne s’arrête pas là. Alors qu’il a été élu député, M Ferrand a continué a être rémunéré par les Mutuelles de Bretagne de 2012 à 2017 pour un salaire net de 1250€ par mois. Soit un montant total de 75 000 €.

    En tant que patron des mutuelles de bretagne Richard Ferrand avoue avoir confié nombre de marché à son ancienne épouse Françoise Coustal. Et son fils Emile a été recruté en 2014 comme assistant parlementaire durant quatre mois.
    Alors qu’il émargé auprès de la Mutuelle de Bretagne, le député Ferrand s’est permis de défendre une proposition de loi favorable aux mutuelles. En étant donc ici directement juge et parti. A sa décharge, les députés Bruno Le Roux (PS/ MNEF) et Fanélie Carrey Conte était à ses cotés pour déposer cette loi…

    Autre potentiel confli d’interêt, celui de l’attribution d’une subvention de 1,6 million d’euros de subvention à un EPHAD de Guilers gérés par les mutuelles de Bretagne alors qu’il était conseiller général. Un établissement où, surprise, son ex-femme est intervenue dans la réalisation de l’aménagement.

    Les affaires de M. Ferrand, son parcours politique est une belle démonstration de ce qu’est le mouvement politique et la majorité que veut construire M Macron. Un excellent argument pour que chaque français refuse de voter aux législatives pour ses candidats et pour ceux contre qui il a refusé de présenter des candidats (Valls, El Khomrie etc…) et milite pour qu’aucun français ne se tire une balle dans le pied en le faisant.

    JBC & Aris pour www.initiative-communiste.fr

    source: initiative-communiste.fr

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  • Violencespolicières, Interdiction de manifester Amnesty international dénonce la fascisation En Marche ! (IC.fr-2/06/2017)-

    Violences policières, répression des syndicalistes et de journalistes indépendants, dénonce la En Marche ! Dans un rapport, Amnesty International France qui a pu observer sur le terrain les agissement des autorités gouvernementales et de la police à ses ordres durant l’année 2016 – de la résistance contre l’euro aux mobilisations de défense de l’environnement ou des migrants – établie un réquisoire sans équivoque sur le bilan du gouvernement dont est issu M : celui d’une utilisation à sens unique des mesures liberticides de l’Etat d’Urgence non pas pour sécuriser le pays contre le terrorisme, mais bien pour établir un état d’urgence antisociale, totalitaire visant essentiellement à la répression des travailleurs, des syndicalistes.

    En pratique, le bilan de MM Hollande, Valls & Macron, c’est bel et bien celui de l’interdiction de manifester. Celui de plus de 1000 manifestants blessés rien qu’à Paris. Celui de plus de 1000 procès politiques frappant les opposants à l’euro loi travail. Celui du retour des lettres de cachets pour priver de ce droit de l’homme élémentaire – la liberté d’expression – des citoyens innocents. Par une simple décision d’un préfets.

    Comment ne pas citer ce chiffre glaçant mis en évidence par l’ONG : en France, pour imposer par la force avec l’antidémocratique et totalitaire article 49.3 de la Constitution l’euro Loi Travail de M Macron au ordres de la Commission Européenne et du MEDEF, tous les trois jours c’est une qui est interdite. Tous les trois jours, c’est deux citoyens qui sont interdits de manifester, Tous les jours, c’est trois manifestants, syndicalistes, opposants politiques qui sont trainés devant les tribunaux, trois autres qui sont blessés, rien qu’à Paris. C’est également un jeune homme désarmé et pacifiste tué par le jet d’une grenade, une arme de guerre à Sivens, une affaire qui n’a toujours pas été jugé. C’est un photographe plongé dans le coma par le jet d’une grenade par un policier à Paris. C’est un jeune lycéen tabassé par un policier pendant qu’un autre le tien devant son lycée à Paris. C’est des syndicalistes condamnés à de la prison pour des actions syndicale. Cela ne se passe ni en Turquie, ni en Arabie Saoudite, ni en Birmanie, mais bien en France. Est ce exagérer que de dénoncer la fascisation En Marche ? non c’est une prise de conscience collective indispensable : le pouvoir totalitaire de la classe capitaliste ultra minoritaire – Macron n’a réuni sur son nom que 18% des électeurs inscrits, et les français ont voté NON à l’Union Européenne à 55% – pour imposer sa violente politique euro austéritaire de destruction du modèle social, de baisse des salaires, d’exploitation capitaliste de plus en plus brutale à mesure que la crise structurelle du capitalisme s’aggrave  a nécessairement recours à des méthodes de plus brutales, antidémocratiques. Et à défaut d’un rapport des forces suffisamment organisé sur la base de la classe des travailleurs, il est libre de piétiner les plus élémentaires des droits de l’homme.

    Chaque citoyen, chaque républicain, chaque démocrate, chaque homme et femme libre se doit de partager ce rapport d’Amnesty International auprès de ses amis, proches et parents : en effet, alors que l’ONG est fréquemment cité lorsqu’il s’agit de mener des campagnes médiatiques d’opinion contre des gouvernements dont le tort est de résister aux diktats de l’impérialisme euro atlantique, chacun aura pu entendre le silence assourdissant de la censure médiatique frappant ce rapport accablant.

    La liberté c’est bien le combat collectif de chacun. C’est également un enjeu des prochaines élections législatives afin que le mouvement du banquier Macron, l’homme des six 49.3, celui qui veut mettre à sac la France pour le CAC40 à coup d’ordonnances et qui défile sur les champs Elysées en blindé militaire n’ait pas les pleins pouvoir, mais trouve face à lui un barrage républicain, antifasciste, populaire.

    JBC pour www.initiative-communiste.fr

    Le rapport implacable de Amnesty International

    L’état d’urgence détourné pour restreindre le droit de manifester

    Depuis novembre 2015 et les terribles attentats qui ont touché la France, l’état d’urgence a été instauré et renouvelé à cinq reprises. Alors que son objet est de prévenir de nouvelles attaques, les mesures de l’état d’urgence ont été utilisées pour interdire 155 manifestations. Tous les 3 jours environ, une manifestation est interdite en France sous ce prétexte. Par ailleurs, 595 interdictions individuelles de manifester ont été ordonnées par les préfectures en France, sous l’argument de prévenir les violences lors des manifestations, alors que le plus souvent il n’existait que peu ou pas d’éléments démontrant que ces personnes auraient participé à des violences.

    L’Etat n’a pas été en mesure de prouver pour chacune de ces interdictions qu’elles visaient à prévenir une menace spécifique, qui ne pouvait être évitée qu’en limitant un droit pourtant fondamental. De telles mesures, sans lien démontré avec la lutte contre la menace terroriste, ont un impact démesuré sur le droit des personnes à exercer leur liberté d’expression pacifique.

    Ainsi, de nombreuses personnes interdites de manifester avaient simplement été présentes lors de manifestations ayant donné lieu à des actes de violences par des manifestants, mais rien ne permettait de leur reprocher la participation aux dites violences.

    639 mesures d’interdictions individuelles de manifester ont été prises contre des personnes dont 21 dans le cadre des manifestations liées à la COP21, et 574 dans le cadre des manifestations contre la loi travail

    Des pratiques policières contestables :

    Nous avons aussi pu constater un usage récurrent de certaines pratiques de maintien de l’ordre contraires au droit international.

    Par exemple, la fouille systématique et la confiscation d’outils de premiers secours, tels que les sérums physiologiques, les lunettes qui ne peuvent pas être considérées comme des armes par destination, empêchent les personnes de se soigner. Le fait que du matériel de premier secours ait été confisqué aux street medics est aussi choquant, car ce matériel peut être indispensable pour prodiguer des soins de première urgence. :

    À chaque fois on leur expliquait qu’on avait besoin de ce matériel pour prodiguer les premiers secours aux manifestants qui, par exemple, se sentaient mal à cause des lacrymogènes. Ils nous répondaient qu’on ne devait pas venir en manifestation si on avait peur que les lacrymogènes puissent être utilisés ».

    Annaliese, une Street-Medic (secouriste) à Nantes

    Des stratégies de maintien de l’ordre peuvent aussi mener à une hausse des tensions et limiter de manière disproportionnée le droit de manifester. Par exemple, l’usage fréquent et prolongé des nasses, cette pratique qui vise à confiner des manifestants pour les empêcher de manifester ou de rejoindre une manifestation, est une atteinte disproportionnée au droit de manifester, en particulier lorsque les personnes « nassées » sont des manifestants pacifiques. Pourtant, il existe des stratégies de maintien de l’ordre qui visent à diminuer les tensions plutôt qu’à les attiser.

    Un usage disproportionné et arbitraire de la force

    Notre recherche, confortée par l’observation de plusieurs manifestations, nous a permis de constater le recours par les forces de l’ordre à un usage disproportionné de la force. Selon des témoignages concordants recueillis auprès des streets medics, des bénévoles qui soignent les personnes blessées au cours de manifestations, plus de 1000 personnes auraient été blessées rien qu’à Paris lors des manifestations contre la loi travail. Bien sûr, les actes de violence de la part de certains manifestants à l’encontre des forces de l’ordre doivent aussi être condamnés. Toutefois, ils ne peuvent justifier une violence disproportionnée de la part des forces de l’ordre.

    Ces pratiques d’usage de la force, outre qu’elles peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les personnes touchées, peuvent également, selon de nombreux témoignages, avoir un impact sur le droit de manifester en lui-même, les personnes ayant peur de revendiquer leurs droits en participant à des manifestations.

    Je manifeste depuis mon jeune âge et je n’ai jamais vu une telle agressivité des forces de police. Je suis une femme de 50 ans, cadre dans le secteur privé et pacifique.

    Sandrine, manifestante à Rennes.

    Elle rajoute « et je veux démentir les autorités qui disent que la police ne s’en est prix qu’aux casseurs lors des manifestations du printemps 2016 ».

    Plus de 1000 personnes auraient été blessées rien qu’à Paris lors des manifestations contre la loi travail

    Des journalistes intimidés et violentés

    Les violences à l’encontre de journalistes et autres travailleurs des médias lors des récentes manifestations ont fait le tour de la presse.

    L’usage de la violence de la part des forces de l’ordre contre des personnes filmant ou documentant des manifestations est particulièrement inquiétant car il remet en cause le droit à une information libre. Même en cas de violence, il est du devoir des autorités de permettre aux journalistes de mener à bien leur travail.

    Je n’ai pas d’autres explications que d’avoir été visé volontairement car je filmais l’interpellation violente d’un manifestant. Il n’y avait pas d’autres manifestants autour de moi, ils étaient à au moins 20/30 mètres à l’arrière et ils étaient en train de se disperser.

    Joël, réalisateur indépendant

    Manifester est un droit, pas une menace

    Une manifestation doit toujours être considérée comme légale a priori, à moins que l’Etat puisse avancer des éléments précis justifiant son interdiction.

    De plus, les actes de violences commis pendant une manifestation ne peuvent être imputés qu’à leurs auteurs et ne suffisent pas à qualifier une manifestation de violente.

    Ainsi, toute intervention des forces de l’ordre ne doit viser que les individus responsables des violences. Il est du devoir de l’Etat de reconnaitre que les manifestations sont un usage légitime de l’espace public et il doit justifier d’une certaine tolérance envers les éventuelles perturbations non violentes qui pourraient avoir lieu. Pourtant, depuis l’instauration de l’état d’urgence, un glissement dangereux s’est opéré : des stratégies de maintien de l’ordre sont mises en place qui impactent fortement des droits fondamentaux dans l’objectif de prévenir des risques qui pourraient avoir lieu, sans aucune preuve concrète et solide que des événements dangereux pour la nation vont en effet arriver et que la seule solution pour y faire face est la restriction d’un ou de plusieurs droits fondamentaux. Cette logique dangereuse est celle de l’état d’urgence.

    Il est temps de mettre un terme à cette dérive : manifester est un droit, pas une menace.


    Envoyer un mail ou un courrier à Emmanuel Macron

    > Copier-coller ce message ci-dessous et rendez-vous sur cette page du site de l’Elysée

    > Vous pouvez aussi imprimer ce message ci-dessous chez vous et l’envoyer à l’adresse suivante :

    Présidence de la République

    55 Rue du Faubourg Saint-Honoré

    75008 Paris

    A savoir : les correspondances au Président de la République française sont dispensées d’affranchissement

    Monsieur le Président,

    J’ai pris connaissance du rapport d’Amnesty International sur les restrictions abusives au droit de manifester en France depuis l’instauration de l’état d’urgence. Intitulé Un droit, pas une menace. Restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence en France, il dresse un état des lieux inquiétant des atteintes portées à ce droit fondamental auquel notre pays est profondément attaché, par son histoire comme par ses engagements internationaux.

    Ce rapport démontre en effet que des centaines de mesures restreignant de manière injustifiée le droit de circuler librement et le droit à la liberté de réunion pacifique ont été imposées sous prétexte de lutter contre le terrorisme. L’état d’urgence, conçu pour protéger la population française contre la menace de nouveaux attentats, a été utilisé abusivement pour restreindre son droit à manifester pacifiquement. Sous couvert de ce régime d’exception, des centaines de militants, défenseurs de l’environnement et militants pour les droits des travailleurs ont été privés de leur droit de manifester, lorsqu’il leur a été interdit, sans raison, de participer à des manifestations.

    Par ailleurs, si je déplore profondément que de nombreux représentants des forces de l’ordre aient été blessés au cours de plusieurs manifestations, je déplore aussi que des milliers de manifestants pacifiques aient souvent été confrontés à un usage disproportionné de la violence par les forces de sécurité. Des matraques, des balles en caoutchouc, des grenades de désencerclement et du gaz lacrymogène ont été utilisés contre des manifestants pacifiques qui ne semblaient pas menacer l’ordre public, faisant un grand nombre de blessés. Les stratégies de maintien de l’ordre employées ont aussi dans certains cas semblé contribuer à attiser les violences et les tensions, plutôt que de les apaiser.

    Monsieur le Président, le droit de manifester pacifiquement est un droit essentiel à l’exercice de la liberté d’expression, indispensable au bon fonctionnement de toute démocratie. Vous-même, lors de la campagne présidentielle, vous êtes publiquement engagé à protéger et garantir ce droit.

    Le rapport d’Amnesty International porte de nombreuses recommandations. Parmi celles-ci, j’attire votre attention sur les demandes suivantes:

    – l’état d’urgence doit être levé dans les plus brefs délais, à moins que les pouvoirs publics n’apportent la démonstration de sa nécessité ;

    – tant que ce régime d’exception est en place, les mesures de l’état d’urgence ne doivent pas être détournées de leur objet, à savoir la prévention d’attaques terroristes, pour restreindre abusivement la liberté de manifester. Cela passe par une révision de la loi sur l’état d’urgence, si celui-ci devait être reconduit, ainsi que par des instructions claires données aux préfets ;

    – les forces de l’ordre ne doivent utiliser la force qu’en dernier recours, de manière strictement nécessaire et proportionnée à la menace ;

    – les violences excessives ou arbitraires commises par les forces de l’ordre à l’encontre des manifestants pacifiques doivent faire l’objet d’une vigilance active des autorités, et être sanctionnées par des enquêtes impartiales et indépendantes.

    En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à ces recommandations, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération,

    Le rapport intégral de Amnesty International

    AI_Rapport_Un_droit de manifester en france

     

    source: initiative-communiste.fr

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  • Richard Ferrand. Une enquête préliminaire ouverte par le Parquet de Brest (LT.fr -1/06/2017)

    C'est un véritable coup de tonnerre qui se produit dans le dossier Richard Ferrand. Le parquet de Brest a finalement décidé d'ouvrir une enquête préliminaire sur les faits signalés ces derniers jours.

    Les appels, insistants, s'étaient multipliés ces derniers jours. Partis et élus politiques, simples citoyens réclamaient une enquête sur "le dossier Ferrand". Une situation intenable pour le parquet de Brest, qui a finalement cédé. D'abord face à l'accumulation de faits rapportés dans la presse ces derniers jours. Et surtout face à la confusion générée par les déclarations, parfois contradictoires, des différents acteurs du dossier.

    Le parquet de Brest a finalement estimé que seules des investigations permettraient de lever les incertitudes qui pèsent dans ce dossier. Le procureur de la République brestois a donc logiquement décidé d'ouvrir une enquête préliminaire, qui est confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes.

    Un champ d'enquête très large

    Le spectre des investigations est très large, puisqu'il vise tous les faits susceptibles de constituer des infractions pénales en matière d'atteintes aux biens (infractions économiques et financières, etc.), de manquement au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité.

    Sont d'abord et principalement visées les conditions d'acquisition et de location de l'immeuble brestois où les Mutuelles de Bretagne ont établi un centre de soins, en 2011. Epoque à laquelle Richard Ferrand était directeur-général de la mutuelle, et dont la compagne était un conseil juridique et la propriétaire officielle des locaux, via une société civile et immobilière (SCI). Le champ de l'enquête concerne aussi l'ensemble des faits et possibles conflits d'intérêts révélés par le Canard Enchaîné et Le Monde. Les enquêteurs devront également recouper les nombreuses déclarations des différents acteurs du dossier, notamment rapportées par Le Télégramme et Le Parisien.

    Deux ministres visés par des enquêtes

    Ce coup de tonnerre intervient alors que Richard Ferrand se prévalait jusqu'à présent, justement, de l'absence d'enquête déclenchée par la justice. Le parquet national financier avait indiqué que les faits signalés n'entraient pas dans son champ de compétence. Et le parquet de Brest avait estimé que ces mêmes faits n'étaient alors pas susceptibles de constituer des infractions. Cette nouvelle étape va-t-elle conduire Richard Ferrand à démissionner de son poste de ministre ? Non, si l'on en croit les dernières déclarations du Premier ministre.

    Ce mardi soir encore, Edouard Philippe rappelait les règles qu'il a fixées pour les membres de son gouvernement : un ministre doit présenter sa démission s'il est mis en examen. C'est-à-dire si l'enquête relève "des indices graves ou concordants, rendant vraisemblable la participation du mis en cause, comme auteur ou complice, à la commission d'une infraction". L'enquête n'a pas encore débuté. Mais on imagine qu'elle devra être menée au pas de charge. Avec deux ministres visés par des enquêtes judiciaires, le gouvernement va devoir faire face à une pression supplémentaire dont il se serait bien passé. A onze jours du premier tour des élections législatives.

     
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  • Macron attaque la sécu : un patron d’assurance privée dirige le ministère de la santé ! (IC.fr-27/05/2017)

    La nomination d’un dirigeant des assurances à la tête du cabinet de la Ministre  de la santé suscite les plus vives inquiétudes de l’UFAL qui sonne l’alerte. Ce n’est pas une surprise, comme Fillon, Macron a dans son viseur la Sécurité Sociale. C’est qu’il s’agit de répondre aux ordres de libéralisation et d’austérité donnés par l’Union Européenne, c’est-à-dire l’institution supranationale via laquelle s’exerce le pouvoir totalitaire des multinationales, des banques, de la classe capitaliste. Il est vrai que la Sécu fait échapper au marché capitaliste un budget de plusieurs centaines de milliards d’euros. Soustrayant par là- même aux profits et aux dividendes un potentiel marché juteux, celui de la santé. Rappelons que les frais de gestion de la Sécu sont infiniment moins élevés que ceux des mutuelles et surtout des assurances privées. La Sécu n’a pas à servir de riches administrateurs (et l’affaire Ferrand rappelle à tout un chacun ce que peut être la gestion de certaines mutuelles, sans devoir remonter dans le temps jusqu’aux affaires de la MNEF) et encore moins à remplir les coffres du CAC40. C’est bien là l’un des enjeux à révéler de ces législatives : barrer la route à Macron, c’est défendre la sécu et les droits des travailleurs

    Macron attaque la sécu : un patron d’assurance privée dirige le ministère de la santé ! (IC.fr-27/05/2017)"Le 17 mai dernier, Agnès Buzyn a été nommée Ministre des Solidarités et de la Santé par le Premier Ministre Édouard Philippe. Cette professeure en hématologie, ex-Présidente de la Haute Autorité de Santé, succède à Marisol Touraine à la tête du Ministère de tutelle de la Sécurité sociale et de la santé. L’UFAL adresse ses vœux de réussite à la nouvelle Ministre. Notre mouvement espère notamment qu’elle saura mettre sa compétence et son énergie au profit de l’accès aux soins pour tous, de la remise en cause des différentes générations de reste à charge qui ont provoqué un accroissement inquiétant du renoncement aux soins et qu’elle aura à cœur de rétablir le service Public Hospitalier en sortant les Hôpitaux Publics de l’impasse austéritaire dans lesquels ils sont enlisés depuis de nombreuses années. Plus encore, l’UFAL souhaite que la nouvelle Ministre entende remettre la Sécurité sociale au cœur du dispositif de prise en charge universelle et égalitaire de l’accès aux soins pour tous.

    Toutefois, l’UFAL estime que la nomination de Gilles de Margerie en qualité de Directeur de cabinet de Mme la Ministre est un signal extrêmement inquiétant envoyé à tous ceux qui, comme l’UFAL, défendent le modèle social hérité du Conseil National de la Résistance.

    En effet, Gilles de Margerie exerçait précédemment la fonction de Directeur général adjoint du groupe Humanis, le troisième groupe paritaire du marché (assurance santé, prévoyance et retraite complémentaire). C’est la première fois qu’un haut dirigeant des assurances privées entre à de si hautes fonctions au Ministère de la santé, ce qui suscite au sein de notre mouvement de vives inquiétudes.

    Par cette nomination, le Président Emmanuel Macron entend bel et bien renforcer le rôle des complémentaires santé dans le système de soins et accroître leur poids dans la prise en charge des dépenses de santé.

    Un tel projet de santé se fera nécessairement au prix d’un accroissement considérable des tarifs des complémentaires, d’une exclusion des plus démunis et le cantonnement de la Sécurité sociale à une mission de plus en plus secondaire au sein du système de soins français.

    Par ailleurs, la nomination d’un haut dirigeant de l’assurance aux plus hautes fonctions de l’État laisse planer peu de doute quant à la feuille de route de la nouvelle Ministre des Solidarités et de la santé. Elle aura en effet pour mission de transformer notre régime de retraite à Prestations définies en un régime unique par points à cotisations définies. Un tel projet, d’inspiration libérale, est un danger pour les travailleurs et les retraités ; l’UFAL affirme son opposition marquée à une telle réforme de notre régime de retraite par répartition et à l’affaiblissement de la Sécurité sociale qui participe depuis plus de 70 ans à l’amélioration des conditions de vie de tous les Français."

    sources: initiative-communiste.frufal.org

     

    Un clip animé de l'ufal pour comprendre la Sécurité sociale

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  • Société générale : la finance me traque (24/05/2017)

    Communiqué de Jean-Luc Mélenchon publié sur son blog.

    En pleine campagne pour les élections législatives, je reçois une convocation d’un juge faisant suite à une plainte déposée contre moi par la banque Société générale.

    La banque Société générale me poursuit en diffamation pour avoir pointé sa responsabilité dans le scandale d’évasion fiscale des Panama Papers il y a un an. J’avais alors qualifié ses dirigeants de menteurs et demandé qu’ils soient châtiés pour avoir menti devant une commission d’enquête parlementaire.

    La finance sait que nous sommes ses ennemis irréductibles. Ceux qui mentent devant une commission d’enquête parlementaire et agissent depuis les paradis fiscaux se croient tout permis. Ils veulent instrumentaliser la justice pour intimider ceux qui leur résistent et parlent clair à leur sujet. La finance pense que la présidence Macron crée un environnement favorable pour organiser la chasse à ses opposants. Je me place donc sous la protection des électeurs.

    Je me rendrai à la convocation du juge le 26 juin comme n’importe quel citoyen le fait en pareil cas sauf madame Le Pen.

    En votant le 11 juin pour les candidats de la France insoumise, les Français voteront pour mettre au pas la finance et éradiquer la fraude et l’évasion fiscales. Ce ne sont pas les lanceurs d’alertes qui doivent être poursuivis mais les fraudeurs et leurs amis banquiers.

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