• Eric Billon, le cameraman et responsable de l’image ; la réalisatrice Anne Lossouarn et le journaliste Fañch Broudig, hier, à Penhors en Pouldreuzic (Finistère).
    Eric Billon, le cameraman et responsable de l’image ; la réalisatrice Anne Lossouarn et le journaliste Fañch Broudig, hier, à Penhors en Pouldreuzic (Finistère). 
     

    « J’ai relu avec bonheur Le cheval d’orgueil quand j’avais 20 ans. C’était un bon prétexte pour raconter le Pays bigouden. » La journaliste indépendante Anne Lossouarn, née à Quimper, collabore en tant que réalisatrice à l’émission d’Arte « Invitation au voyage ». Avant le confinement, elle a proposé à la chaîne culturelle l’idée d’un film de 13 minutes « sous l’angle de faire découvrir des lieux à travers ce qu’ils ont suscité chez l’auteur ».

    Dès la validation du projet par la chaîne, Anne Lossouarn s’est mise à rechercher des personnages connaissant l’œuvre et l’univers de Pierre-Jakez Hélias. Ainsi, Fañch Broudig, journaliste-écrivain spécialiste de la langue bretonne, a contacté Claudette Hélias et Mannaïg Thomas. La première, fille de l’écrivain bigouden, a toujours été très discrète dans les médias. La seconde, chercheuse, a obtenu le grade de docteur de l’Université européenne de Bretagne en celtique pour sa thèse sur Le cheval d’orgueil.

    À Pouldreuzic et Plovan

    Anne Lossouarn a structuré son film à travers des thématiques et des lieux bien précis touchant la vie de Pierre-Jakez Hélias : « l’école du renard » (ou école buissonnière) ; ou encore « Le ménage de Saint-Kodelig », ensemble de pierres datant du néolithique situé à Plovan, proche de Pouldreuzic, commune d’origine de l’écrivain ; les ruines de la chapelle de Languidou, elles aussi situées à Plovan… 

    « Le père de Pierre-Jakez Hélias adorait y aller et y évoquer les passeurs de mémoire », rapporte Anne Lossouarn. Devant la caméra, Claudette Hélias dévoile des souvenirs de moments passés avec son père ou son grand-père. Bien sûr, la chapelle de Penhors est présente dans le film. « À travers ce lieu, Mannaïg Thomas aborde le rôle des femmes et l’évolution du secteur côtier dans les années 1970, notamment l’arrivée des touristes ».

    « Il était dans le coup »

    Fañch Broudig a bien connu Pierre-Jakez Hélias. « Il était dans le coup quand, en 1971, on a créé "Breiz o veva"(la Bretagne qui vit), le premier magazine en breton à la télévision », relate celui qui a été aussi, entre autres, président de la fédération culturelle bretonne Emgleo Breiz de 2002 à 2016. « Il y a eu beaucoup de films et documentaires sur Pierre-Jakez Hélias, notamment après Le cheval d’orgueil, avec une majorité d’images prises en plateaux de télévision. Mais un film sur Arte, ce n’est pas banal ! »

    Dès ce tournage de trois jours terminé, Anne Lossouarn commencera un autre film de 13 minutes sur le lien entre les Bretons et les arbres à travers l’histoire et la mythologie… Direction Paimpont et la forêt de Brocéliande. À voir également bientôt sur Arte.

    Ludovic LE SIGNOR.

    source:  https://www.ouest-france.fr/

     

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  • nous irons tous au paradis (la bande-annonce)

    quelques sketchs

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  • « Hommes de misaine », film de Jean-Paul Mathelier produit par Tita Productions.
    « Hommes de misaine », film de Jean-Paul Mathelier produit par Tita Productions.

    BED pour « Bretagne et diversité » s’enrichit. La plateforme audiovisuelle, inaugurée en 2014 à Douarnenez (Finistère), propose désormais plus de 800 films dont une majorité en intégralité et en accès libre. Un outil formidable pour voir ou revoir des pépites documentaires emblématiques de la diversité culturelle.

    Confinement oblige, Caroline Troin s’est consacrée ces dernières semaines à l’enrichissement de la plateforme Bretagne et Diversité « BED ». C’est en 2014 que la fondatrice et coordinatrice de l’association Rhizomes, codirectrice pendant vingt ans du festival de cinéma de Douarnenez initie ce projet alors qu’elle craint de voir s’émousser la mémoire des films projetés durant le festival. « En 2014, notre premier souci était de perpétuer la mémoire audiovisuelle du festival. Comment on en arrive à oublier les films, comment ils disparaissent… Je m’inquiétais de cette question, je songeais aussi plus largement à tous ceux qui n’ont pas accès au cinéma, aux endroits où le cinéma n’a pas une vraie place, où circulent essentiellement des films piratés », introduit-elle.

    Mémoire du festival de cinéma

    Après une rencontre féconde avec l’association lorientaise Bretagne Culture Diversité, le projet est financé. Une équipe se monte avec un développeur, un webmaster, des moyens techniques, une production. « Dans un premier temps, j’ai beaucoup pioché dans le terreau du festival, avec Daoulagad Breizh et Erwan Moalic. Le visiteur intéressé peut consulter l’onglet « Mémoire du festival de Douarnenez » mis à jour après chaque édition.

    Mais le site ne s’en tient pas là et répertorie aujourd’hui près de 800 films documentaires, emblématiques de la diversité culturelle dans le monde. « J’ai continué à ajouter des films venus de partout, que je voyais dans d’autres festivals, que les gens m’envoyaient ».

    « BED » ne se résume pas à un simple agrégateur puisque le visiteur a accès à des contenus éditorialisés, des portraits et un index de réalisateurs, des entrées thématiques, « Migrations », « Femmes » ou « Résistances » pour ne citer qu’elles.

    D’un coin à l’autre du planisphère

    L’attrait est aussi géographique : on peut ainsi se balader d’un coin du globe à l’autre grâce à la superbe cartographie de Philippe Rekacewicz. « Il y a un planisphère et une entrée par peuple. Au départ j’ai travaillé autour de neuf peuples, et j’en ajoute deux ou trois par an depuis. Les peuples autochtones comme les Amérindiens de toute l’Amérique, les Aborigènes d’Australie, les peuples Inuit, les peuples sans état comme les Roms, les Kurdes, les Palestiniens, les peuples métissés mais aussi les Berbères, les Basques ou les Bretons. » Une partie du site est d’ailleurs traduite en langue bretonne.

    Une sélection régulière de films

    Pour les indécis, une sélection « Coup de cœur » est faite chaque semaine « dans le grand réservoir des films » et les douze derniers sont présentés sur la page d’accueil. La production et la réalisation douarnenistes ou des environs n’est pas en reste puisqu’on retrouve sans peine de nombreuses pépites comme par exemple « Hommes de Misaine », le film de Jean-Paul Mathelier avec Brendan de Roëck, produit par Tita Productions, « Joséphine Pencalet, une pionnière », d’Anne Gouérou, portrait de l’ouvrière de conserverie à Douarnenez et première femme élue en Bretagne comme en France, au suffrage masculin dit « universel », « Qui a tué Louis Le Ravallec ? », film de Philippe Guilloux enquête-hommage à Donatien Laurent, ethno-musicologue breton récemment décédé ou encore « Nous n’irons plus à Varsovie », de Gérard Alle et Sylvain Bouttet. 

    Extraits de film ou films en intégralité

    L’intégralité des films disponibles l’est après un accord. « Je fais ça de façon formelle, explique Caroline Troin. Pour chaque film il y a un contact avec le producteur et un accord du réalisateur. Quand nous n’avons pas les droits pour le film dans son intégralité, nous proposons un extrait. Et pour chaque film, il existe une fiche avec un contact. C’est-à-dire que tout un chacun peut remonter la piste s’il veut trouver le DVD ou programmer le film ».

    Marion GONIDEC.

     

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Les représentants des quatre associations (KLT, Sked, Mervent, An Oaled) qui initient près de 8 000 élèves du Finistère au breton.Les représentants des quatre associations (KLT, Sked, Mervent, An Oaled) qui initient près de 8 000 élèves du Finistère au breton. 

    Près de 8 000 élèves des écoles publiques du Finistère bénéficient d’une initiation à la langue bretonne. Ce dispositif pourrait être réduit à peau de chagrin à la rentrée de septembre 2020.

    Ils entendent la musique de la langue, apprennent des mots, découvrent des pans de leur culture. Chaque semaine, pendant une heure, quelque 8 000 élèves de trente-trois écoles publiques du Finistère bénéficient d’une initiation au breton. Soit 15 % des élèves des écoles non-bilingues.

    Le dispositif, soutenu et financé par le Département (à hauteur de 50 %), les communes (33 %) et la Région (le reste à charge) est mis en œuvre par quarante salariés issus de quatre associations : An Oaled, KLT, Sked et Mervent. En ce mois de mai 2020, les représentants de ces quatre associations agréées par le rectorat, sont remontés. 

    L’anglais déjà présent

    Ils dénoncent la remise en question de cette initiation à la rentrée de septembre 2020. Le texte d’une circulaire ministérielle a en effet pour conséquence de priver les élèves des cycles 2 et 3 (du CP au CM2) de cette découverte de la langue et de la culture bretonnes.

    Explication : « Pour les élèves de ce cycle, la circulaire introduit un apprentissage d’une langue étrangère ou d’une langue régionale dans les programmes scolaires à hauteur d’une heure et demie chaque semaine, indique Yannig Menguy, directeur de Mervent. Or, depuis près de dix ans, l’anglais a fait son entrée dans les écoles. Elles ne vont pas revenir sur leurs pratiques… » De fait, seuls les élèves de maternelle pourraient continuer à bénéficier de l’initiation au breton.

    Soutenues par le Département, les quatre associations réclament un statu quo pour la prochaine année scolaire : « Pour continuer à initier les élèves des écoles engagées dans le dispositif cette année. » Objectif : prendre le temps de l’échange. Et travailler sur d’autres pistes. « Notre souhait est d’inscrire une heure de breton dans les programmes des élèves des écoles privées et publiques du cycle 3 (CE2, CM1, CM2), poursuit Yannig Menguy. Cela permettrait de faire la liaison avec l’option breton proposée au collège. »

    Nelly CLOAREC.

    source:  https://www.ouest-france.fr/

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  • Dans la continuité de l'émission du 8 mai sur la victoire antifasciste de l'URSS sur l'Allemagne nazi, nous recevrons en direct sur la chaine YouTube du PRCF notre camarade Annie Lacroix-Riz, professeure émérite d'histoire contemporaine. L'occasion pour nous de traiter un nouveau chapitre de l'histoire contemporaine : la collaboration des élites françaises durant l'occupation allemande.
     
    Ecoutez, maintenant ou à nouveau, l'intervention d'Annie Lacroix-Riz sur la chaîne Youtube du PRCF à l'occasion du 8 mai : https://www.youtube.com/watch?v=O-rYT... 
     
    Vous aurez l'occasion de lui poser vos question, en vous rendant sur notre discord : https://discord.gg/A7CAAgQ 
     
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    Facebook.com/PRCF.Initiative.Communiste
    chaîne youtube des JRCF : https://www.youtube.com/channel/UCOIU...
     
     
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  • Monument avec la date de la fin de la Seconde guerre mondiale

    Les victoires de l’Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale ont eu une incidence non seulement sur le rapport de forces à l’international, mais également sur l’équilibre politique en France. Annie Lacroix-Riz, spécialiste de l’Histoire contemporaine, évoque ces liens au micro de Sputnik.

    Les historiens rappellent qu’au printemps 1945, les communistes sont en train de devenir, tout simplement, le premier parti de France. Alors que la guerre n’est pas encore officiellement terminée, les élections municipales font exploser la représentation territoriale du Parti Communiste Français (PCF). On peut déceler plusieurs raisons à cette poussée, dans la «banlieue rouge» comme dans les terres plus rurales, qui a été favorisée par l’implication massive des communistes dans la Résistance après le 22 juin 1941. L’effet émotionnel des victoires de l’Union soviétique dans la Seconde Guerre mondiale n’est pas le moindre facteur de ce succès, confirme à Sputnik Annie Lacroix-Riz, historienne et professeur d’Histoire contemporaine.

    «Les victoires et les défaites de l’Union soviétique avaient une énorme importance pour le mouvement communiste et le mouvement radical ouvrier en France ou ailleurs en Europe», affirme Annie Lacroix-Riz.

    A lire : Moscou dénonce des programmes US diminuant le rôle de l’URSS dans la Seconde Guerre mondiale

    Pourtant, ceci ne relève pas d’un «enchantement soudain» des Français pour les idéaux communistes, mais plutôt d’une «lente imprégnation», du fait du travail de longue haleine mené par le parti communiste français. D’après l’historienne, le PCF, comme tous les partis communistes, puise son origine historique dans des «analyses radicales», notamment la condamnation que Lénine avait portée contre la Deuxième Internationale et contre la «boucherie de la Première Guerre mondiale». Résultat: entre 1914 et 1970, l’influence du marxisme et de l’URSS «a été très forte» sur un «mouvement ouvrier français très divisé», entre les influences sociales-démocrates, proudhoniennes ou marxistes. 
    «Il est clair que l’Union soviétique a joué un rôle considérable dans la transformation du mouvement ouvrier de l’entre-deux-guerres», certifie Annie Lacroix-Riz.

    Mais, insiste l’historienne, «les mouvements ouvriers se sont renforcés en France, non exclusivement parce que les Soviets les ont aidés», mais parce que «la conjoncture a été très dure» pour eux. Le parti communiste s’est «considérablement» renforcé en France en 1934-37, dès lors que ses cadres et militants ont été en mesure «d’animer une agitation sociale à laquelle ils ont beaucoup contribué», avec leurs 72 députés communistes au sein de l’Assemblée nationale de mai 1936 à avril 1938.

     

    Un éveil patriotique au sein du Parti communiste français

    A lire :  Légendaires: les chars soviétiques de la Seconde Guerre mondiale

    Loin de nier «les liens d’une profondeur extrême avec l’URSS», l’historienne rappelle, entre autres, que la Troisième Internationale a assuré la formation des militants «attachés au développement du mouvement ouvrier en lien avec Moscou», avec des stages de formation «pour tous les dirigeants communistes». Mais, point également important, elle considère qu’il ne faut pas oublier «ce que ces liens ont apporté au mouvement des militants anticolonialistes». En cette période, la notion de Patrie s’internationalise, en quelque sorte. 
    «C’est avec tout ce passé que l’on pourrait comprendre le courage extraordinaire des communistes dans la Résistance et de sa partie active –les Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Aucun d’eux ne fait de distinguo entre son pays et l’URSS», développe Annie Lacroix-Riz.

    D’après l’historienne, de nombreux militants à l’époque proclamaient qu’ils «mourraient pour leur Patrie française» et (!) pour l’Union soviétique. Dans un pays comme la France, à partir de 1940-41 et «surtout de 1943, avec l’instauration du Service du travail de obligatoire» (STO), quand la Résistance «s’est massifiée», se développe un «attachement profond» au patriotisme.

    A lire : Victoire dans la Seconde Guerre mondiale: «Même sans cette aide matérielle américaine, l’URSS aurait gagné»

    Ainsi, «l’Union soviétique a-t-elle contribuée à forger un mouvement communiste en s’appuyant sur les figures militantes» et à insuffler un air nouveau. 
    «Cet écho [de la victoire de la Seconde Guerre mondiale, ndlr] est beaucoup plus général que celui qui retentit uniquement au sein du PCF», souligne Annie Lacroix-Riz.

    L’historienne insiste sur le «calendrier» de la prise de conscience de l’Occident dans l’analyse de la situation sur le front de l’Est.

     

    «Avec la victoire de 1945, le prestige de l’URSS rejaillit sur le PCF»

    Elle cite ainsi une lettre du général Doyen à Pétain, qui dit à mi-juillet 1941 que «si cette Blitzkrieg dure encore un peu, l’Allemagne est morte». Pour l’historienne, les dés sont jetés «à partir de l’attaque contre l’Union soviétique et de sa féroce résistance, notée par nos chefs militaires dès juillet 1941

     

    «Tout le monde croit que le tournant [de la guerre, ndlr], c’est Stalingrad. Non, le tournant, c’est l’effondrement de la Blitzkrieg dans les trois semaines qui suivent l’assaut. Je démontre par des documents absolument irréfutables que notre haut état-major a compris que cette incroyable résistance soviétique allait valoir une défaite à l’Allemagne», précise Annie Lacroix-Riz.
    La scientifique rappelle qu’à l’époque, la perception de l’Union soviétique en tant que vainqueur militaire était propre «non seulement aux communistes, mais aux plus hauts dirigeants du ballet anticommuniste». À partir de Stalingrad, la question qui se pose de plus en plus n’est plus de savoir «si l’Allemagne va perdre la guerre», mais «comment organiser la paix»? Documents à l’appui, l’historienne rappelle les rapports de police française, qui mentionnent l’inquiétude des milieux privilégiés et de la grande bourgeoisie sur la lenteur de la progression des Alliés anglo-saxons, «ce qui est devenu une occasion d’enthousiasme pour les militants communistes».

     

    «Avec la victoire de 1945, le prestige de l’URSS rejaillit sur le PCF, lequel lui-même a diverses raisons d’avoir acquis du prestige. La Résistance active s’est confondue avec les groupes FTP, qu’ils soient français ou provenant de populations réprimées, des militants italiens, juifs polonais», raconte Annie Lacroix-Riz.

    A lire: «J’irai à Moscou»: un vétéran US de 100 ans veut célébrer avec les Russes le 75e anniversaire de la Victoire

    Par la suite, «en France, les campagnes anticommunistes se sont développées» et à partir de 1946-47, «beaucoup d’espace a été perdu par le PCF». L’historienne, restée en lien intellectuel avec la Russie et qui se définit elle-même comme marxiste, rappelle que «comme la classe ouvrière “combative” existait encore en France et la victoire a été un phénomène mobilisateur pour l’URSS, l’effet de cette victoire a duré jusqu’aux années 1960», avant que la chute de l’Union soviétique ne fasse «des ravages dans la classe ouvrière française et celle de la zone capitaliste occidentale».
     

    «Le mouvement communiste français a été lié à la poussée progressiste, en cohérence avec l’existence de la classe combattante ouvrière soviétique. Tout cela a connu un véritable effondrement pendant les dernières décennies», conclut amèrement Annie Lacroix-Riz.

     

    https://fr.sputniknews.com/ 

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  • Ce 5 mai, c’est une excellente nouvelle qui est tombée pour tous les amoureux de l’ : le dernier de Annie Lacroix-Riz en France “(Armand et Colin) fait partie de la sélection des essais retenus par le jury du Renaudot (composé de Christian Giudicelli, Frédéric Beigbeder, Dominique Bona, Patrick Besson, Georges-Olivier Châteaureynaud, Franz-Olivier Giesbert, Louis Gardel, J.M.G. Le Clézio et Jean-Noël Pancrazi), une véritable performance qui souligne la solidité de ce livre et des travaux de recherche de l’Historienne au plus profond de ce que démontrent les archives. Les trois autres livres en compétition sont :

    • Barocco Bordello de Thierry Clermont (Seuil)
    • L’effet maternel de Virginie Linhart (Flammarion)
    • L’avenir des simples de Jean Rouaud (Grasset)

     

    Entretien exclusif avec Annie Lacroix-Riz.

     

    Initiative Communiste : Votre livre “La Non-Épuration en France” est sélectionné dans la liste des 4 essais retenus par le jury du prix Renaudot pour concourir au prix qui sera délivré en novembre : une vraie reconnaissance de la critique littéraire pour cet essai qui subit l’omerta médiatique. Pouvez-vous indiquer en quelques mots pourquoi avoir mené ces recherches et publié ce livre?

    Annie Lacroix-Riz : C’est le fruit de recherches ininterrompues depuis ma thèse d’État soutenue en 1981, à l’origine de deux ouvrages, La CGT de la Libération à la scission (1944-1947), et Le choix de Marianne : les relations franco-américaines de 1944 à 1948, Éditions Sociales, 1983 et 1986.

    Décidant, pour mieux comprendre l’après-Libération, de remonter le temps, j’ai d’abord découvert, pour un colloque sur « les nationalisations », les grandes banques sous l’Occupation. Un vaste fonds dit d’« épuration économique » (F12, Commission nationale interprofessionnelle d’épuration, Archives nationales) livrait une double réalité incontestable :

    1. une intense collaboration, économique et politique, démontrée par les fonds 1940-1944 : la branche, sans subir la moindre « contrainte » de Vichy, s’était enrichie en livrant les richesses nationales à l’occupant, aryanisation incluse;
    2. une « non-épuration » intégrale : tel PDG ayant dépassé les 70 ans fut écarté d’une présidence (celle de Paribas, grande banque d’affaires), mais pas chassé de ses multiples conseils d’administration (CA) ; aucun grand banquier ne fut châtié pour ses pratiques 1940-1944. Dans les banques de dépôt (seules) « nationalisées », les CA furent reconduits en bloc, comme dans les banques d’affaires, restées privées.

    Le phénomène était antagonique avec la littérature larmoyante, très importante depuis 1945, sur les « excès » de l’épuration française, et le sujet scientifique n’intéressait alors personne en France. Ce qui s’était passé pour les banques avait évidemment prévalu ailleurs, et je m’étais promis de revenir sur la « non-épuration », quand l’ouverture des fonds le permettrait. Je l’ai fait après des décennies de recherches sur les classes dirigeantes dans les années 1940 (archives ouvertes dans la décennie 1990) puis 1930 (depuis 1999). L’examen minutieux, et jalonné par des livres sur les années 1940 puis 1930, permettait de conclure au maintien rigoureux du statu quo.

    Mais si mes deux articles de 1986, dans la Revue d’histoire de la deuxième guerre mondiale, « I. La collaboration bancaire » puis « II. La non-épuration bancaire 1944-1950 », avaient trouvé accueil favorable, le vent a ensuite tourné. La recherche a été beaucoup plus facile, sa diffusion plus difficile : une vague de conformisme droitier a censuré de fait, sur les plans médiatique et académique, toute mise en cause des élites de l’argent et de leurs obligés de toute nature. « L’histoire contemporaine sous influence » a établi un vrai tabou sur la stratégie sociale, politique et économique des classes dirigeantes depuis l’entre-deux-guerres. La casse de l’histoire, guidée désormais par « l’Europe », a criminalisé la classe ouvrière et la Résistance intérieure, issue dans sa quasi-totalité de ses rangs, réhabilité Vichy et, depuis 1995-2000, sangloté sur les « femmes tondues », fustigé les rouges en embuscade contre de Gaulle, et décerné les satisfecit à « l’État de droit » rénovateur-épurateur.

    Initiative Communiste : Le monde où nous vivons est l’héritage direct de ce qui a été fait à la Libération : alors que la crise sanitaire révèle l’importance vitale de ce qui a été gagné alors grâce à la Résistance – notamment la santé et la protection sociale avec la mise en œuvre par le ministre communiste Croizat de la Sécurité Sociale -, vos travaux montrent-ils comment et pourquoi les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de défaire ce programme si populaire des Jours Heureux qu’encore récemment le régime Macron a cru pouvoir invoquer pour tenter de se racheter une popularité ?

    Annie Lacroix-Riz : Ces acquis ont été arrachés par les luttes de ceux d’en bas, depuis l’entre-deux-guerres, l’Occupation et la Libération. Tous ont nécessité des combats acharnés, y compris en 1945-1946 : nationalisations, statuts protecteurs, Sécurité sociale. Ils ont été remis en cause dès obtention, par l’étroite collaboration entre la puissance maîtresse, les États-Unis, et les classes dirigeantes françaises, lesquelles se sont engouffrées derrière le « paravent » européen que Washington les a aidées à mettre en place. La thèse du « consensus » réformateur est une escroquerie, comme celle de « l’épuration ». La déperdition a été freinée tant que le mouvement ouvrier a « tenu » bon, elle s’est accélérée depuis son effritement.

    Initiative Communiste : Cette sélection n’est pas une surprise : Annie Lacroix-Riz vous êtes une historienne reconnue, lue, et des centaines de milliers de personnes regardent vos conférences sur les réseaux sociaux.
    A contrario, vous faites l’objet d’une tactique de démolition, entre enterrement systématique, attaques et censures, par des historiens bien-pensants, depuis la « gauche » dénonçant la « stalinienne » jusqu’à la droite déchaînée contre la « communiste ». À quoi attribuez-vous ce consensus?

    Annie Lacroix-Riz : Cette sélection est une « surprise ». Les grands médias, écrits et audiovisuels, ignorent, le plus souvent, ou combattent mes ouvrages ; France Culture me boycotte ostensiblement ; ma longue et grotesque fiche Wikipédia, alignée sur les assauts des collègues les plus haineux, loue ceux-ci pour leur sérieux et leur ôte leur étiquette politique, contre l’« historienne communiste » : ainsi Olivier Dard, habituel conférencier de l’Action française et avocat d’un Maurras qui ne serait ni antisémite ni pro-allemand, pulvériserait-il ma thèse « complotiste » d’une « synarchie » financière. Ma « reconnaissance » a été limitée par l’antimarxisme général et académique. Or, celui-ci s’est renforcé, vu les succès de l’offensive, nationale et supranationale, des classes dirigeantes, l’engagement de leurs auxiliaires intellectuels et l’affaiblissement de ceux d’en bas : l’histoire a toujours été une discipline de combat, au service des puissants depuis les « historiens de cour ».

    Le respect pour les classes dirigeantes et pour la coalition « européo-américaine » est devenu, je pèse mes mots, une obligation professionnelle. Mon histoire à sources balayant ces préceptes, les coups tombent dru. Internet et les conférences ont donné à mon travail une visibilité accrue, les censeurs haineux de La non-épuration ont donc tranché début 2020 : M. Gilles Morin, historien socialiste du PS, a décrété dans la revue 20&21 que ça ne saurait se prolonger, et qu’Armand Colin se déshonorait en me publiant (depuis 1996 tout de même…). Vive McCarthy, en somme!

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Le professeur Didier Raoult avec le docteur Cheikh Sokhna (en polo jaune), au Parc du Niokolo-Koba, au Sénégal, en août 2019.

    Né au Sénégal, où il a passé son enfance, le médecin et chercheur français a conservé des liens professionnels et affectifs forts avec le continent. Et de nombreux pays africains ont d’ores et déjà recours à la chloroquine pour traiter les personnes infectées par le Covid-19.

    « Je ne participe plus au Conseil scientifique réuni autour d’Emmanuel Macron. » Le 24 mars, le professeur Didier Raoult claquait la porte du cercle de chercheurs censés conseiller le président français face à la pandémie. En désaccord avec la politique de confinement adoptée par la France, partisan d’une politique privilégiant des dépistages massifs, l’infectiologue iconoclaste vient d’être désavoué par ses pairs, réticents à entériner l’apport de l’hydroxychloroquine face au coronavirus.

    Jeudi 9 avril, Didier Raoult peut mesurer le chemin parcouru lorsque Emmanuel Macron se déplace spécialement à Marseille pour venir s’entretenir avec lui afin de « faire le point sur la question des traitements ». Un geste politique fort en faveur des thèses de Didier Raoult, dont la promotion de l’usage de l’hydroxychloroquine pour soigner les malades atteints du coronavirus suscite une vive controverse depuis plusieurs semaines.

    Spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille et à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, le professeur aux cheveux longs et à la barbe poivre et sel était encore largement inconnu du grand public à la fin de février, lorsque ses prises de position pour un traitement du coronavirus à base de chloroquine ont commencé à se faire entendre. Depuis, le Français a vu sa renommée médiatique et digitale s’envoler. Et dans les rangs de ses plus fervents supporteurs, le continent africain n’est pas en reste.

    Est-ce parce que le composé chimique qu’il utilise pour traiter ses patients, l’hydroxychloroquine, est bien connu sur le continent, où il est utilisé depuis longtemps pour soigner la malaria ? Dans deux publications exposant des tests effectués sur une vingtaine de patients, puis sur 80, le chercheur et ses équipes concluent en effet à « l’efficacité de l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine dans le traitement du Covid-19 ».

    Ce dérivé de la quinine est aujourd’hui l’objet de plusieurs études. Celles réalisées par le professeur Raoult ont en effet suscité des réserves chez de nombreux experts, qui lui reprochent de n’avoir pas respecté les protocoles scientifiques standards. À la fin de mars, en France, le Haut Conseil de santé publique estimait pourtant que la chloroquine pouvait être administrée aux malades souffrant de « formes graves » du coronavirus.

    Ces pays africains qui optent pour la chloroquine

    Dans ce combat d’experts, le pays qui l’a vu naître a également tranché. À l’hôpital de Fann, à Dakar, le professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales, a déjà administré de la chloroquine seule aux 100 premiers patients testés positifs au Covid-19. « À Marseille, le docteur Didier Raoult a publié des résultats préliminaires encourageants. L’association d’hydroxychloroquine et d’azithromycine devrait permettre de raccourcir la durée de portage [du virus], afin d’accélérer la guérison des malades », déclarait ainsi Moussa Seydi à Jeune Afrique dès le 19 mars. Pour recourir à ce médicament, il affirme s’être appuyé sur l’étude cosignée par son homologue français.

    Comme le Sénégal, le Burkina Faso, l’Algérie ou encore le Maroc ont eux aussi opté pour la chloroquine. Le 23 mars, le ministère de la Santé du royaume chérifien réquisitionnait ainsi les stocks nationaux et diffusait à l’adresse des directeurs de CHU le protocole de prescription de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine pour les cas confirmés de Covid-19. Une décision inspirée des recherches chinoises sur le sujet… et des études menées par le chercheur français, à en croire un membre du comité marocain chargé de la lutte contre la pandémie.

    Si le professeur Raoult est bien connu sur le continent, c’est aussi que ce spécialiste des maladies tropicales et infectieuses, en plus d’y avoir grandi, y a beaucoup travaillé. C’est à Dakar que le Français aurait attrapé le virus de la recherche. Né en 1952 dans la capitale sénégalaise, il y vit dans le bâtiment de l’Office de recherche pour l’alimentation et la nutrition africaine (Orana), créé par son père.

    Clin d’œil du destin, dont lui-même dit qu’il était « tout tracé » ? C’est en face de l’Institut Pasteur de Dakar, le laboratoire en première ligne dans la lutte contre l’épidémie au Sénégal, que ce fils d’une infirmière et d’un médecin militaire en poste à l’hôpital principal de la capitale fait ses premiers pas. Une enfance marquée par les souvenirs heureux des moments passés à jouer sur la plage de l’Anse Bernard, ce qui rendra l’adaptation « compliquée » lors de l’arrivée du jeune Didier Raoult à Marseille, à l’âge de 9 ans. « Étant partiellement sénégalais, je ne peux pas ne pas me sentir concerné par ce qui se passe en Afrique », affirme-t-il  dans une vidéo adressée au groupe sénégalais eMédia le 7 avril.

    En 2008, Didier Raoult crée dans la capitale sénégalaise une unité de recherche mixte de son IHU consacrée aux maladies infectieuses transmissibles – l’une des deux équipes africaines du professeur avec celle d’Alger. Celle-ci revendique la production de 10 % des publications scientifiques au pays de la Teranga. « Il voulait avoir beaucoup de personnels de terrain : des épidémiologistes, des virologues, des bactériologues », explique l’un de ses proches, l’épidémiologiste et biologiste Cheikh Sokhna, chef d’équipe à l’IHU Méditerranée Infection, à Marseille.

    Recherche tous azimuts

    Ce Sénégalais, également directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), échange régulièrement avec le professeur Raoult. Cette semaine, l’équipe sénégalaise de l’IHU, forte d’une trentaine de personnes, devait déposer auprès du ministère sénégalais de la Santé un projet recherche sur le protocole de la combinaison chloroquine-azithromycine.

    Signe encourageant, selon Cheikh Sokhna, la prévalence du coronavirus semble moins importante dans les zones où l’utilisation d’antipaludéens, comme la chloroquine ou la méfloquine, est fréquente. « Cela se voit de manière très grossière. Mais il faudra intégrer d’autres facteurs avant de tirer des conclusions définitives », ajoute, à la fois enthousiaste et prudent, le chercheur sénégalais, en poste d’ordinaire à Marseille mais actuellement en mission de longue durée à Dakar.

    Cette unité de recherche mixte est loin d’être la seule innovation impulsée par Didier Raoult en Afrique. En 2012, le chercheur français installe à l’hôpital principal de Dakar un MALDI-TOF : un spectromètre de masse permettant de détecter les bactéries en quelques heures, contre deux à trois jours avec les procédés traditionnels. Puis, à partir de 2015, il met en place à Dakar et dans deux villages de la région de Fatick (Centre-Ouest), trois petits laboratoires – des points of care (POC), dans le jargon du milieu – qui permettent de prélever du sang ou de la salive et de donner rapidement l’origine de la maladie ou de la fièvre afin que les infirmiers puissent proposer en temps utile un remède efficace.

    Didier Raoult lance des recherches tous azimuts au Sénégal. Sur le paludisme, la borréliose, la rickettsiose, la malnutrition, le lavage des mains – « qui peut réduire de 50 % les maladies diarrhéiques et de 30 % les maladies respiratoires »… Le médecin français travaillait déjà avec ses équipes sénégalaises sur d’autres formes moins sévères de la famille des coronavirus qui existaient dans le pays, causant rhumes et pneumopathies.

    Un « grand frère africain »

    Chaque année, depuis 2008, il vient passer une semaine à Dakar, participant à la journée scientifique de l’IRD organisée par Cheikh Sokhna, qui réunit acteurs de la santé et ONG. C’est à cette occasion qu’il a fait la rencontre de deux scientifiques de renom : le parasitologue Oumar Gaye, de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (Ucad), et le pharmacien-colonel Souleymane Mboup, virologue et bactériologue. Ils les intégrera au conseil scientifique de l’IHU Méditerranée Infection, où le second succédera au premier.

    Autant de noms qui rejoignent la grande communauté de chercheurs africains réunis autour du professeur marseillais, composée notamment du Congolais Jean Akiana, de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, de l’Algérien Idir Bitam, de l’École nationale supérieure vétérinaire d’Alger, et qui comprenait aussi le Malien Ogobara Doumbo, décédé en 2018. Tous considèrent leur pair comme un « grand frère africain ». Sans compter ses anciens doctorants, avec lesquels il a le projet de créer des laboratoires de pointe en Guinée-Conakry.

    "C’est un éléphant qui aime aller au contact des gorilles"

    Décrit comme un anticonformiste en lutte contre les dogmes, familier du terrain mais rétif aux sentiers battus, le professeur Raoult n’hésite pas à se rendre dans les campagnes africaines. « C’est un éléphant qui aime aller au contact des gorilles », remarque, depuis Brazzaville, le docteur Jean Akiana, directeur chargé des technologies de la santé au ministère de la Santé et chercheur au Laboratoire national de santé publique.

    Intéressé par la transmission des bactéries de l’animal à l’homme, et inversement, Didier Raoult est aussi allé à la rencontre des gorilles dans la réserve de Lésio-Louna, dans la région du Pool, au sud-est du Congo-Brazzaville, pour analyser leurs micro-organismes et comparer leurs résidus avec des selles humaines. « On a découvert chez celles des gorilles du picornavirus de la même famille que le coronavirus. Si on aperçoit des gènes d’Ebola, ça peut donner l’alerte », décrypte Jean Akiana.

    Jean Akiana a reçu récemment un crédit du laboratoire du professeur Raoult pour se rendre dans la réserve de Tchimpounga afin de vérifier si les chimpanzés ne seraient pas à l’origine du virus de poliomyélite sauvage qui a frappé Pointe-Noire en 2015. Le professeur marseillais a aussi parcouru plusieurs départements comme la Likouala, la Sangha et les Plateaux pour prospecter de nouveaux micro-organismes, sans lien immédiat avec une épidémie identifiée. Des échantillons qui, examinés à Marseille, pourraient permettre de prendre les devants quand surviennent de nouvelles épidémies.

    À Alger, une équipe composée de personnel enseignant-chercheur 100 % algériens planche sur l’établissement définitif d’un laboratoire de recherche. L’unité mixte basée dans la capitale algérienne travaille elle aussi sur la surveillance des maladies infectieuses, en bénéficiant des équipements de l’institut basé à Marseille.

    Sans étrangers, « pas de science en France »

    « Son objectif principal est d’aider les pays francophones, de faire du transfert de technologie de pointe et de former de jeunes chercheurs à ces outils innovants de diagnostic », défend Cheikh Sokhna. Mais le professeur Raoult, à l’inverse, sait aussi très bien ce que la science de son pays doit au continent africain. Critique des restrictions posées par l’administration française en matière de délais d’obtention d’un visa, il estime qu’aujourd’hui le milieu scientifique français repose avant tout sur l’apport des doctorants venus du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Lors de la visite d’Emmanuel Macron, c’est d’ailleurs une équipe de jeunes chercheurs originaires d’Algérie, du Maroc, du Mali ou encore du Burkina Faso qui a accueilli le chef de l’État.

    « En France, 50% des thésards sont étrangers. Sans les étrangers, il n’y a plus de science française », faisait valoir Didier Raoult lors d’une conférence donnée en 2013. Le chercheur français y vantait alors le travail des émigrés qui font partie de son équipe, « moteur de la guerre » de la recherche scientifique. « Les meilleurs, les plus intelligents, les plus dynamiques, ceux qui travaillent le dimanche, ce ne sont que des Noirs et des Arabes. Voilà ! C’est comme ça. »

    Le thème de la conférence ? « La désobéissance au cœur du processus de l’innovation en matière de recherche ». Réputé pour ne pas s’embarrasser de manières et s’affranchir de la doctrine, insulté par certains, adulé par d’autres, Didier Raoult est un personnage clivant. Et il semble n’en avoir cure. « Je ne pouvais pas imaginer que [mes études] déclenche[raient] des passions de cette nature, je ne sais même pas d’où elles viennent », déclare-t-il dans une vidéo mise en ligne le 8 avril, dans laquelle il annonce les résultats imminents de sa nouvelle étude, réalisée cette fois-ci auprès de 1 000 patients.

    Selon la presse française, le professeur aurait présenté ce jeudi à Emmanuel Macron ses résultats, qui établissent un taux de guérison virologique de ses patients de plus de 91 %. Habitué à ne pas être écouté par les hommes politiques, qui prennent les chercheurs « pour des oiseaux bizarres », le professeur Raoult, qui se dit « guidé par la curiosité et la recherche exploratoire ». Aura-t-il su rallier Emmanuel Macron à sa cause ? Dans un récent baromètre Odoxa, Raoult l’iconoclaste apparaît en tout cas en deuxième position des personnalités préférées des Français.

    Rémy Darras et Marième Soumaré

    source: https://www.jeuneafrique.com/

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  • Le chanteur algérien Idir en concert en Suisse en 2007.

    Le chanteur algérien Idir, l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle à travers le monde et l’interprète du célèbre « A Vava Inouva », est mort samedi soir à Paris à l’âge de 70 ans, a annoncé sa famille.

    De son vrai nom Hamid Cheriet, Idir était né le 25 octobre 1949 à Aït Lahcène, près de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie. Alors qu’il se destinait à être géologue, un passage en 1973 sur Radio Alger change le cours de sa vie : il remplace au pied levé la chanteuse Nouara, et sa chanson en langue berbère « A Vava Inouva », qui évoque les veillées dans les villages kabyles, fait le tour du monde à son insu pendant qu’il fait son service militaire.

    Mélange des cultures 

    « Je suis arrivé au moment où il fallait, avec les chansons qu’il fallait », racontait en 2013 Idir, imprégné dès son enfance par les chants qui rythmaient tous les moments de la vie quotidienne. Il rejoint Paris en 1975 pour produire son premier album, également intitulé « A Vava Inouva ».

     

    Il disparaît de la scène pendant dix ans, de 1981 à 1991, mais sa carrière est ensuite relancée. À l’automne 1999, profitant de l’élan donné par ses compatriotes Cheb Mami et Khaled, il signe son retour discographique avec l’album « Identités », où il propose un mélange de « Chââbi », la musique algéroise, et de rythmes empruntés aux genres occidentaux.

    À l’image de son désir du mélange des cultures, il y chante avec des musiciens de différents horizons culturels, musicaux ou géographiques, comme Manu Chao, Dan Ar Braz, Zebda, Maxime Le Forestier ou Gnawa Diffusion, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’Orchestre national de Barbès.

     

    Reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie

    En 2007, il avait publié l’album « La France des couleurs », en pleine campagne pour l’élection présidentielle française marquée par des débats sur l’immigration et l’identité.

    En janvier 2018, le chanteur – qui militait pour la reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie – était revenu chanter à Alger pour le nouvel an berbère « Yennayer » après une absence de 38 ans.

    source: https://www.jeuneafrique.com/

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