• Douarnenez. Petit Navire à la barre pour un grave accident du travail (OF 28/06/18)

    Douarnenez. Petit Navire à la barre pour un grave accident du travail (OF 28/06/18)

    Intérimaire dans l’usine Petit Navire de Douarnenez (Finistère) en mars 2015, un jeune homme avait eu un grave accident du travail : sa main était passée dans un mélangeur pour préparer les rillettes. Il est toujours en arrêt trois ans après. L'entreprise est poursuivie pour blessures involontaires et pour avoir fait travailler des employés pendant cinq ans sur cette machine dont la sécurité avait été délibérément retirée en 2010. Le procès a eu lieu ce jeudi 28 juin. Jugement le 27 septembre.

     

    « Quand le sac de 5 kg de fibres de bambou que j’étais en train de verser dans le mélangeur des rillettes s’est enroulé autour d’une pale, je n’ai pas cherché à la récupérer. Mais une machine, ça va tellement vite que ma main a été prise dedans. Quand je l’ai ressortie, mon bras pendait » raconte un jeune homme à la barre du tribunal de Quimper (Finistère), ce jeudi 28 juin.

    Il y a près de trois ans et demi, le 12 mars 2015 vers 6 h du matin, ce jeune intérimaire travaille pour la deuxième fois sur la ligne rillettes de l’usine Petit Navire de Douarnenez. Ils sont à deux sur la machine lorsque survient le drame. Pris en charge par les pompiers, il est victime d’un écrasement de l’avant-bras, le canal carpien est touché et le chirurgien fixe son incapacité totale de travail à quatre mois.

    Trois ans et demi d'arrêt maladie

    Visage fatigué, yeux creusés, air dégoûté : il est toujours en arrêt de travail près de trois ans et demi plus tard. Un rapport de la Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) soulève « plusieurs non-conformités » relate la présidente Mylène Sanchez. Notamment que la machine n’était pas aux normes car la grille de protection du mélangeur avait été retirée depuis cinq ans, en janvier 2010. Elle a été ressoudée juste après l’accident et avant l’intervention de l’inspection du travail dans l’après-midi. Le mélangeur doit être arrêté pendant le versement des fibres de bambou, ce qui n’était pas le cas.

    "Pour gagner plus d'argent"

    Pourquoi ? « Des chefs ont dit à mon binôme, un intérimaire qui m’a formé à l’oral, qu’il fallait laisser tourner les pales pour éviter les grumeaux » explique la victime. Le directeur d’usine de l’époque estime, lui, que le collègue « a dû prendre une relative liberté en laissant tourner le mélangeur ». À ses côtés, le directeur juridique du groupe n’a aucune réponse précise à apporter au tribunal. Le ton était donné dès le début de l’audience : l’avocat de Petit Navire, Me Julien Hay, a bataillé ferme pour tenter de faire annuler le procès.

    "Ecran de fumée"

    Agacée par cet « écran de fumée », la procureure Fatou Mano lui répond point par point. Le ressenti de la victime aujourd’hui ? « Pour gagner plus d’argent, ils sont capables de faire n’importe quoi. C’est inadmissible de savoir qu’une machine n’est pas aux normes et de ne rien faire ! » déplore la victime. Son avocat, Me Sylvain Croguennec, estime que les dirigeants de l’entreprise ont menti et n’hésite pas à parler « d’indignité ».

    La responsable sécurité avait pourtant soulevé ce risque dès septembre 2014. « On veut juste que vous puissiez admettre que c’est un choix que vous avez fait pour gagner plus d’argent, tempête la procureure. La protection de la machine a été enlevée en 2010. »

    Elle requiert une amende délictuelle de 15 000 euros dont 5 000 avec sursis et 3 000 euros de contravention à l’encontre du directeur, une peine d’amende de 50 000 euros et une contravention de 10 000 euros contre Petit Navire. « On a tous une lecture compassionnelle » de cet épisode « abominable. Mais on ne va pas inventer des infractions qui n’existent pas » estime l’avocat de la défense qui plaide la relaxe. Jugement le 27 septembre

    Source : ouest-france

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