• Du droit des humains à disposer d’eux-mêmes – En Quête(s) de Liberté-par Tonin Le Miledieu

    Du droit des humains à disposer d’eux-mêmes – En Quête(s) de Liberté-par Tonin Le Miledieu

    C’est en tant que nouveau venu au sein du PRCF, que je me permets de vous faire partager le fond de ma pensée. Sur une idée simple : le droit des humains à disposer d’eux-mêmes, autrement dit le droit à la liberté, à la différence, au refus de s’agenouiller (peu importe « l’entité dominante »), au choix d’un mode de vie « hors norme ». Et là, le sens du mot « norme » que j’emploie porte les germes de l’ultra-libéralisme, des inégalités criantes, du massacre de la Nature, de la négation de l’esprit critique et de la liberté de vivre tel qu’on en rêve, mais également la « défiance » (véhiculée par certains journalistes) envers une (ou plusieurs) cultures bien différentes de la soupe quotidiennement servie où vous savez. Vous allez comprendre, je l’espère, le sens de mon propos.

    - Il y a maintenant une décennie de cela, j’entamais ma courte carrière de chauffeur routier. Permis C, EC, FIMO, certifications ADR toutes catégories, le panier garni. A vrai dire, je souhaitais voyager, non seulement en tant que camionneur, mais aussi au volant d’une « maison roulante » (un vieux camping-car). Pourquoi, pour quelles raisons ? Déjà, pour la mobilité évidente. Je suis dans le centre de la France, un contrat de travail m’est proposé à 400 kilomètres à l’Est : inutile de déménager, toutes mes affaires dans le « tromblon », je démarre et en avant. Aussi, pour avoir le bonheur simple (les « petits bonheurs » font l’ensemble de mon bonheur) de pouvoir me « déconnecter » volontairement de la société, en stationnant dans des patelins, en me ravitaillant en eau grâce à une fontaine publique, en découvrant des espaces naturels dont le souvenir est toujours en moi … Et, nécessairement, en rencontrant d’autres « voyageurs aux semelles de vent » comme moi. Jeunes ou moins jeunes, parfois même retraités ayant revendu leur maison pour voyager, à la façon des camping-caristes Américains (peu importe la « valeur » de leur véhicule devenu habitation). La « norme » faisant que, tout ce qui s’en éloigne est considéré au mieux comme « bizarre », au pire comme « suspect », il faut jouer avec les vides juridiques et les adresses en poste restante au CCAS pour conserver un minimum de « droits sociaux » (je vous rappelle que nous sommes en France …)

    Je ne compte plus le nombre de ces nouveaux nomades que j’ai croisé, depuis que j’ai le permis de conduire. Soit volontaires, et qui avaient prévu cela depuis plusieurs années, soit « de fait », ceux ayant constaté l’échec d’une société qui ne sert qu’à casser les gens au travail, et qui n’ont eu d’autre choix que de prendre la route pour éviter de perdre leur indépendance. Et, tous ou presque, m’ont dit la même chose : les regards qu’ils perçoivent quand « l’autre » constate ce mode de vie nomade sont soit empreints de mépris, soit de méfiance, au pire, de haine. Particulièrement pour les saisonniers (sans qui ni les stations de ski ni les cultures maraîchères ou fruitières ne pourraient avoir de la main d’œuvre régulière), dont beaucoup sont également partie prenante dans les festivals de musique électronique. Qui plus est, les nouvelles « règles du contrôle technique automobile » prenant effet prochainement risquent de sceller le sort d’un grand nombre de vieux camping-cars et fourgons aménagés. Bah oui, à quoi bon les laisser voyager (et vivre) dans des véhicules âgés mais viables, alors qu’ils pourraient « faire un crédit » pour acheter un véhicule plus récent ! C’est pareil pour les propriétaires de voitures de tourisme anciennes (non classées « collection »), et pour ces deux catégories de véhicules, les propriétaires n’auront que 24 heures pour faire faire les réparations nécessaires afin d’obtenir le bon « tampon » au contrôle technique. Les mobylettes imbéciles, souvent débridées, crachotant leur fumée caractéristique des moteurs 2 temps et leur vacarme insupportable en guise de « trace culturelle », semblent bien moins « déranger » …

    - Avant d’acquérir mon camping-car, j’avais un contrat de travail dans le Sud-Ouest, un remplacement pendant les vacances d’été. J’ai décidé, un après midi, d’aller rendre visite à un groupe de gens, habitant en yourtes dans un petit village de la du Centre-Ouest, à moins de deux heures de voiture de là. J’ai été très agréablement surpris de leur accueil, de leur sympathie, de leur tolérance et de leur détermination à vivre selon leur idéal. Ils avaient acquis leur terrain et installé leurs yourtes de façon tout à fait légale, mais sous le mandat du maire précédent… Le nouvel édile a littéralement divisé le village en deux, entre « pro-yourtes » et « anti-yourtes ». Le comble a été la fermeture pure et simple de l’école municipale (institution de la République !), au motif que « les enfants des yourteurs ne devaient pas côtoyer les autres enfants de la commune »… Donc, pour les habitants des yourtes, cela signifiait emmener leurs enfants à l’école à 30 kilomètres de là, en voiture. Le maire n’a cessé de leur intenter des procès, et l’affaire s’est poursuivie bien après le départ des occupants des yourtes… En juin 2013, les « yourteurs » avaient été condamnés à démolir les yourtes, et sont partis. Le 12 janvier 2016 … ils ont été relaxés ! Admirez le mépris et la désinvolture de la justice de la République Française envers ses propres citoyens… qui n’ont eu pour seul malheur que de « déplaire au maire de leur commune » ! Lequel ne cessait de dénoncer les journalistes de la presse régionale couvrant les tristes faits, « toutous au service de l’opposition », les « habitants non-historiques » (!), désignant ainsi des familles venues repeupler la commune et plutôt favorables aux yourtes. Sont-ce là des actes dignes d’un élu de la République ?

    Cela aussi, c’est l’application diffuse, dissimulée, mais arbitraire, de la « norme ». Car, oui, le coût d’une yourte à l’achat (à monter par soi-même), ou d’un chalet en bois, ou d’une roulotte habitable, installation comprise, est bien moins élevé que le coût de construction d’un pavillon « standard », tous similaires à ceux que la publicité télévisuelle décrit si bien. Je ne parlerai pas de « coût écologique » pour ces pavillons dont le style « Provençal » est visible jusqu’au nord de la Loire, mais je n’en pense pas moins ... Et, si un célibataire, ou un couple (avec ou sans enfants), vit en yourte qu’il a construite ou achetée, yourte montée sur un terrain dont l’occupant est propriétaire en titre, ça veut sans doute dire que le ou les occupants de la dite yourte ont des revenus moindres à leurs voisins immédiats, voire inférieurs au seuil de pauvreté. Donc qu’ils ne paient pas ou peu d’impôts sur le revenu, et, vu qu’ils vivent en yourte, dans une démarche d’auto-suffisance, ne veulent sans doute pas payer de taxe d’habitation, ni taxe foncière, ni électricité (si ils ont une éolienne ou des panneaux solaires), ni redevance TV (on les imagine mal regarder une chaîne d’infos en continu, encore moins une télé-réalité !) … « Bouh les vilains profiteurs, les parasites ! » J’exagère à peine, mais j’imagine bien que, dans les villages qui comptent un ou deux occupants de yourtes, certains parmi les pires éléments de la « beauferie » admise comme « norme », voyant la « norme » heurtée de plein fouet par la simplicité, la sobriété et une logique qui les dépasse, réagissent ainsi !

    - Enfin, la culture. Je ne m’en cache pas (et ça dure depuis plus de 10 ans), je suis fan de Metal. De beaucoup de groupes différents, dans plusieurs sous-genres. Et de musique électronique Gothique. Oui, cette culture me plaît, tout autant que la lecture de romans Fantasy. Je ne compte plus les concerts auxquels j’ai participé, dans mes montagnes natales, les après-midi « tradition » nécessairement arrosées de bière de luxe avec renfort de charcuterie, les divagations en pleine nature, pour tenter de se rapprocher de la solitude, pour partir en quête de lieux où personne ne va (ou presque)… Pourquoi en avoir honte ? Pourquoi s’en cacher ? Pourquoi laisser les journalistes débiter des énormités plus grosses que le chiffre d’affaires de leur chaîne sur le Metal, comme sur la culture Gothique ? Pourquoi nous relancer à la figure l’amalgame bien connu « Metal = Satanisme » à chaque profanation de cimetière ?

    Parce que, et il en a toujours été ainsi, le Metal est une musique qui dérange. Étant née de la fusion du Hard Rock et du Blues, cette culture a pris le côté « rebelle et provocateur » du premier genre, et le côté « fédérateur des exclus » du second. La musique Metal a toujours critiqué (plus ou moins ouvertement) les religions monothéistes, elle a toujours montré une réalité tout aussi violente que certaines œuvres classiques parlant des épidémies de peste comme des guerres ou des rivalités familiales, elle a toujours incité ses fans à la liberté (et même plus), à la liberté de choisir … Et, dès ses débuts, la musique Metal a vu ses amateurs dépeints comme « un nouveau fléau social » et « des jeunes paumés et drogués ». Mais … allez donc faire le ratio entre le nombre de crimes et délits commis par des jeunes écoutant du Metal, à celui des crimes et délits dans leur globalité, rien qu’en France ! Vous verrez que vous n’avez strictement rien à craindre en croisant un Metalleux (ou plusieurs).

    Je ne dirais pas que la « norme » est un « garde-fou » de la société, je dirais plutôt qu’elle exclut ceux qu’elle définit comme « différents », et personnellement, je ne me gêne pas une seule seconde pour lui retourner la pareille autant que faire se peut … ainsi qu’à celles et ceux qui me reprocheraient quoi que ce soit sur ma culture et mes rêves de liberté ! Il ne faut pas avoir honte d’être « différent ». Il faut même en rire, user de l’auto-dérision, de l’humour noir pour piéger les plus bas de plafond à leur propre aveuglement ! Pierre DESPROGES aurait dit « L’humour est la politesse du désespoir ». Eh bien, chers camarades, chers amis, j’oppose mon humour cinglant et cynique au crétinisme désespéré (et désespérant) de tant d’autres ! Ainsi sont les choses.

    Et j’espère vivre encore quelques belles années pour l’affirmer autant que possible : le droit des humains à disposer d’eux-mêmes passe par l’application des différences brandies en tant qu’étendards des libertés fondamentales. Que ce soit pour l’habitat, la philosophie, la culture, l’esprit critique, l’humour, la simplicité matérielle. Pour ne plus vivre comme « la norme » nous veut, identiques, insipides et acceptant la misère, mais pour penser, échanger, débattre, faire des projets, bâtir une société nécessairement toute autre. Pour vivre droit dans nos bottes.

    Profonde Liberté à nos Cœurs.

     

    Tonin Le MILEDIEU

     

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