• Eau et rivières dénonce un « développement anarchique de la méthanisation en Bretagne » (LT.fr-25/08/20-7h07)

     

    L’usine de méthanisation, à Châteaulin, à l’origine de la pollution de l’Aulne.
    L’usine de méthanisation, à Châteaulin, à l’origine de la pollution de l’Aulne.

    « En matière de méthanisation, il ne faut pas perdre la raison », insiste Arnaud Clugery, directeur d’Eau et rivières de Bretagne.

    Que vous inspire la pollution de l’Aulne provoquée par le déversement accidentel de matières provenant de l’usine de méthanisation de Châteaulin (29) ?

    C’était malheureusement prévisible. À force de multiplier le nombre de telles installations en bord de rivière, le risque est grand. L’industrialisation à tout va dans des milieux naturels n’est pas assez prise en compte. Le développement de la méthanisation est une façon détournée d’obtenir de l’argent public afin de financer le maintien d’une agriculture industrielle qui n’est pas celle défendue par des associations comme la nôtre. Nous allons porter plainte pour pollution des eaux. On veut faire appliquer le principe de « pollueur-payeur », lequel n’est guère appliqué jusqu’à présent.

    jean yves kermarrec et Arnaud ClugeryArnaud Clugery, directeur d’Eau et rivières de Bretagne.

    Ces méthaniseurs sont-ils des « bombes à retardement » comme on peut parfois l’entendre ?

    Ce ne sont pas des bombes à retardement mais plutôt une épée de Damoclès au-dessus de nos rivières. Dès lors que l’on multiplie les zones de stockage de matières organiques riches en ammoniaque et d’autres polluants, on fait peser davantage de risques sur nos cours d’eaux. On dépense des millions d’euros en faveur de la protection de l’eau et on laisse s’installer une industrie potentiellement polluante à moins de deux kilomètres d’une prise d’eau qui alimente plus de 150 000 foyers.

    Pour ou contre la méthanisation ?

    La méthanisation est une bonne technologie mais ce n’est pas parce qu’on a une bonne technologie plus intéressante que l’énergie fossile et le nucléaire que, pour autant, il faut perdre complètement la raison. Ne pas perdre la raison, c’est réfléchir et avoir une réelle concertation. On ne peut pas mettre des éoliennes et du solaire n’importe où et faire de la méthanisation avec n’importe quoi.

    On est contre le développement anarchique de la méthanisation en Bretagne et on est favorable à une technologie de méthanisation adaptée à des petites fermes ou certaines filières. Méthaniser les biodéchets des villes est, par exemple, quelque chose de très intéressant.

    En Bretagne, on développe de la méthanisation tout en ne se posant pas toutes les questions au niveau de la ressource, de la quantité de matières organiques générées… En matière d’énergie, l’alternative à la méthanisation serait de réfléchir à un mix énergétique et de ne pas foncer tête baissée dès qu’apparaît une nouvelle technologie.

    Qu’entendez-vous par mix énergétique ?

    Eh bien que l’on puisse avoir de la petite méthanisation, de l’éolien, du solaire… Il faut mixer tout ça pour réduire notre relation avec le nucléaire et les hydrocarbures. Il faut avant tout réduire nos besoins en énergie, c’est-à-dire isoler les logements, faire un habitat de meilleure qualité. Il faut aussi réduire nos déplacements. En Bretagne, il y a surproduction de déchets organiques issus des élevages et de l’industrie de transformation agroalimentaire. Il faut baisser la quantité d’animaux produits en Bretagne et aller vers une meilleure valorisation de la qualité de ces produits.

    Jacques Chanteau

    source: https://www.letelegramme.fr/

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