• En Grèce, Syriza fissuré par un compromis incompris (Libé.fr 13/07/2015)

    En Grèce, Syriza fissuré par un compromis incompris (Libé 13/07/2015)Aléxis Tsípras arrive dans son bureau à Athènes, lundi, après la conclusion d'un accord à Bruxelles dans la nuit. (Louisa Gouliamaki. AFP)
     
    RÉCIT

    Redoutant une aggravation de la misère, nombre de députés, y compris au sein du parti de Tsípras, remettent en cause l’accord de lundi. Et même le gouvernement.

    La mine dépitée, un passant s’approche de la taverne Chez Nikolaos, dans le quartier Psirri. «Quel terrible accord !» lance-t-il à la propriétaire des lieux. «On va voir ce qui va se passer. Après tout, nous sommes en démocratie», rétorque-t-elle avec une ironie non feinte. La radio Sto Kokkino, appartenant à Syriza, se prépare à diffuser l’émission de Yannis Androulidakis. Depuis le matin, le journaliste a cherché à joindre différents députés et cadres de Syriza pour qu’ils soient à l’antenne. En vain. Les rares qui répondent appartiennent au courant trotskiste de Syriza, ou à Andarsia, un petit parti proche du NPA français. Quand ils sont de la majorité, ils refusent de s’exprimer officiellement.

    Sous tension. Désillusion ? Malaise ? L’accord auquel la Grèce et ses créanciers ont abouti divise déjà la société, et plus encore le parti d’Aléxis Tsípras, le Premier ministre. Le Comité central, qui devrait se prononcer ce mardi, s’annonce sous tension. «Au moins 30 à 40 députés y sont fermement opposés. Ils viennent de la plateforme de gauche, du courant trotskiste, mais aussi d’un courant proche de Tsípras», explique un cadre du parti. Déjà, vendredi, lors du vote à la Vouli (le Parlement grec), plusieurs voix s’étaient élevées pour s’opposer au texte grec qui servait de base aux négociations. Deux députés de Syriza avaient voté contre. Huit autres s’étaient abstenus, parmi lesquels la présidente du Parlement, Zoe Konstantopoulou, qui n’avait pas présidé la séance et dont le discours s’apparentait à un réquisitoire contre l’austérité.

    Quelques heures plus tard était publiée une lettre ouverte en bas de laquelle 15 députés avaient apposé leur signature. Parmi eux, Kostas Issychos, ministre délégué à la Défense, et Athanasios Petrakos, porte-parole du groupe parlementaire Syriza. Ils y expliquent que «cette proposition comporte fondamentalement un nouveau programme d’austérité, de contre-réforme et de privatisation». Ils apportent leur soutien à ceux qui ont voté contre ou se sont abstenus. Et surtout, ils estiment « que cette proposition n’aurait pas dû être votée au Parlement» et qu’il ne faut pas en conclure qu’ils soutiendront le prochain accord.

    «Nous sommes cuits». En réalité, Tsípras n’avait pas d’autre choix que de signer un accord. Les négociations se sont déroulées dans un contexte d’asphyxie économique et monétaire. Le système bancaire était au bord de l’effondrement. Un négociateur, non grec, confie : «Il y avait déjà des compromis dans le texte d’Aléxis Tsípras. Le texte obtenu n’est pas nécessairement le programme d’Aléxis Tsípras mais il a été rédigé grâce à un dialogue entre les parties.» Cette position, nombre de députés ne l’acceptent pas. Ils craignent une aggravation de la misère. «Nous sommes cuits», estime un proche d’Aléxis Tsípras.

    Désormais, la question qui se pose est donc de sauver le gouvernement… et le parti. L’allié gouvernemental, les Grecs indépendants (droite souverainiste), menace de faire défection. Selon des rumeurs, plusieurs ministres pourraient devoir quitter leur poste d’ici à quelques jours. Et le scénario d’un gouvernement d’union nationale, alliant une part de Syriza, le parti To Potami (la rivière), créé ex nihilo avant les élections, et éventuellement une partie du Pasok (le Parti socialiste grec) refait son apparition. En outre, les députés de Nouvelle Démocratie (droite) devraient voter l’accord. Quoi qu’il en soit, Syriza est au bord de l’implosion. «Ça prendra tout au plus un mois», prévient un cadre.

    Aléxis Tsípras, l’homme qui a réalisé l’unité de la gauche grecque, serait-il porté responsable de son éclatement ? Syriza se fissure en tout cas sur l’autel de l’euro. Pour le responsable de Syriza, la prochaine bataille portera sur le nom du parti. C’est sans doute voir un peu loin. Mais il est sûr que Syriza et le gouvernement s’apprêtent à vivre une période agitée. Les premières réponses auront lieu dans les prochains jours lors des votes à la Vouli, et au cours des manifestations qui sont déjà annoncées.

    source: liberation.fr/

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