• Cérémonie commémorative du 9 septembre 1943 par TerreCorse

     

    Sixte Ugolini Président de l’Anacr de Haute-Corse (Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance): « la Corse, premier département français libéré, a un comportement d’avant-garde et montre le chemin, fidèle à ses valeurs dont le rattachement à la France depuis 1789, se battant contre irrédentistes et fascistes. L’exemple de la Résistance corse ? Une insurrection qui précède le mouvement des pays participant à leur propre libération, contribuant à offrir à de Gaulle, chef de la France Libre, la légitimité pour s’asseoir à la table des vainqueurs. »
     
    Video publiée par Terre Corse le 10/09/2014
    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • 25 Décembre 1920 / 25 Décembre 2015 : 95ème anniversaire du Congrès de Tours (fondation du PCF-SFIC)

    Déclaration du secrétariat politique national du

    POLE DE RENAISSANCE COMMUNISTE EN FRANCE 

    25 Décembre 1920 / 25 Décembre 2015 : 95ème anniversaire du Congrès de Tours (fondation du PCF-SFIC)

    C’est à la toute fin du mois de décembre 1920 que, sous l’impulsion de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier et du Comité pour l’adhésion à la IIIème Internationale, la majorité des délégués du Parti socialiste SFIO fonda de fait le PCF en décidant d’affilier le parti à l’Internationale Communiste (représentée à Tours par Clara Zetkin).

     

    S’affranchir de la tutelle social-démocrate 

    Rompant avec les pratiques délétères de la SFIO – qui avaient trahi ses mandats internationalistes en appelant à l’union sacrée en 1914 – les ouvriers français les plus avancés décidaient de se doter d’un vrai parti de classe et d’avant-garde, d’un parti discipliné régi par le centralisme démocratique, d’un parti où les élus seraient subordonnés à l’organisation de classe et non l’inverse, d’un parti anti-impérialiste et anticolonialiste, d’un parti engagé dans les luttes ouvrières, présent dans les entreprises et faisant le lien entre les revendications quotidiennes et le but final des communistes : la révolution socialiste, la dictature du prolétariat et la marche au communisme, cette société sans classes dans laquelle « le développement de chacun est la clé du développement de tous » selon la forte expression de Marx et d’Engels.

    25 Décembre 1920 / 25 Décembre 2015 : 95ème anniversaire du Congrès de Tours (fondation du PCF-SFIC)

     

    Unir la classe ouvrière, rassembler le peuple français contre les monopoles capitalistes

    Violemment combattue par la réaction, par le patronat et par la SFIO-maintenue regroupée autour de ses « grands élus », la jeune Section Française de l’Internationale Communiste (SFIC) dut rapidement affronter la répression. Elle fut également tentée initialement par ces « maladies infantiles du communisme » que sont, selon Lénine, le sectarisme et le dogmatisme. Pourtant, sous l’impulsion de Marcel Cachin et de Pierre Sémard, avec le renfort de syndicalistes de classe comme Lucien Midol et Gaston Monmousseau, le jeune parti communiste français « fit ses classes », c’est le cas de le dire. L’arrivée à la tête du Parti d’un courant réellement ouvrier et populaire représenté par Maurice Thorez, Jacques Duclos et Benoît Frachon, l’éviction du courant sectaire incarné par le groupe Barbé-Celor, permirent au très dynamique PCF de prendre la tête des luttes pour « le pain, la paix et la liberté » tout en se portant aux avant-postes de la lutte antifasciste. Malgré l’opposition des sectaires et des trotskistes qui, hier comme aujourd’hui, ont toujours sottement opposé la nation à classe ouvrière, c’est sous les plis mêlés du drapeau rouge et du drapeau tricolore (discours historique de Duclos en 1935 lors du premier meeting du Front populaire au stade Buffalo), c’est aux accents conjoints de la Marseillaise et de l’Internationale que les militants communistes et les syndicalistes de classe de la CGTU – dont les militants prirent bientôt la tête de la CGT réunifiée – conduisirent la grande offensive ouvrière, antifasciste et patriotique de 1934-36 qui stoppa net les amis français de Hitler, Franco et Mussolini dont les émules, soutenus par les élites patronales, étaient au pouvoir ou à ses portes dans presque toute l’Europe. En 1935, le secrétaire général de l’Internationale communiste, ce Georges Dimitrov qui venait de ridiculiser Göring au Procès dit « des incendiaires du Reichstag », félicita Maurice Thorez et le PCF pour leur contribution centrale à l’élaboration de la stratégie de classe et de masse du Front populaire, antifasciste, et patriotique, ce prolongement créateur de la ligne léniniste de Front unique ouvrier. Dimitrov appela même à cette occasion les communistes français à ne pas abandonner Jeanne d’Arc et l’histoire de France aux fascistes.

     

    C’est sur les bases de principe de cette ligne de classe et de masse que, pendant la Seconde Guerre mondiale et par la suite, l’URSS, victorieuse de Stalingrad à Berlin, sut fédérer la grande coalition mondiale qui isola et terrassa le Reich. C’est sur ces bases de principe que l’I.C. et le PCF jouèrent un rôle moteur dans la formation des Brigades internationales d’Espagne et qu’en France, en prenant appui sur l’engagement des FTPF et des FTP-MOI, le PCF forgea le Front National de Lutte pour la Liberté et pour l’Indépendance de la France sans lequel la formation du Conseil National de la Résistance et l’adoption de son programme Les Jours Heureux eût été impensable. C’est sur ces bases ouvrières et patriotiques que les ministres franchement communistes de 1945-47, les Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul, Laurent Casanova, Henri Wallon, etc. mirent en place les plus grandes avancées sociales et démocratiques de toute notre histoire en appliquant le programme du CNR intitulé Les Jours heureux : Sécurité sociale, retraites par répartition, conventions collectives, statut du mineur, statut du fonctionnaire, comités d’entreprise, nationalisations démocratiques (Renault, EDF, etc.), remise sur pied de la Recherche publique et de l’Education nationale, justice des mineurs, etc. 

     

    C’est encore en application de cette ligne de large rassemblement du peuple français autour de la classe ouvrière et CONTRE les monopoles capitalistes que le PCF d’après-guerre, malgré le pilonnage anticommuniste et antisoviétique qui allait accompagner la guerre froide, les guerres coloniales et la répression anti-« rouges » en France, sut longtemps rester le premier parti de France : ce parti qui, de loin, était le premier dans les usines, les champs et les chantiers, n’attirait pas moins alors les plus grands intellectuels de l’époque : les Joliot-Curie, Langevin, Aragon, Elsa Triolet, Eluard, Léger, Lurçat, Picasso, Vilar, etc. Non sans erreurs parfois – mais seuls les donneurs de leçons du gauchisme et du « marxisme-léninisme » de salon n’en font jamais puisqu’ils ne font jamais RIEN – le PCF sut prendre appui sur le matérialisme dialectique en philosophie, sur le marxisme-léninisme en politique, pour défendre du même pas l’indépendance nationale française (menacée par la construction de l’Europe atlantique, de l’OTAN et de la « Communauté européenne de défense »), le droit des peuples « coloniaux » à l’émancipation nationale (« un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre », Engels), la paix mondiale soumise au chantage exterminateur de l’impérialisme américain exterminateur d’Hiroshima et de la Corée. Avec la CGT de classe et de masse qui tenait alors tête au grand patronat, avec les mairies communistes et ouvrières qui multipliaient les actes émancipateurs et innovants, le PCF et la Jeunesse communiste, tous deux alliés au camp socialiste élargi après 1945, constituèrent très longtemps un point d’appui solide pour le camp du travail, du progrès social et de la souveraineté des peuples. Même après que les abandons révisionnistes officialisés dans les années 70 eurent gravement affaibli la résistance idéologique du PCF, le parti dirigé par G. Marchais était encore capable en 1992 de mener une campagne de masse contre le Traité de Maastricht, lequel ne s’imposa que d’un cheveu, au prix de la coalition antinationale de Mitterrand et de Chirac et grâce à l’opportun renfort abstentionniste de certains groupes « révolutionnaires » qui trouvent dégradant de défendre l’indépendance de la nation…

      

    La « mutation »-dénaturation , ou la preuve a contrario de la nécessité d’un vrai parti communiste en France 

    On mesure a contrario ce qu’apportait à la nation laborieuse l’ancien PCF marxiste, prolétarien et patriote quand on voit ce que la mutation social-démocrate de ce parti, qui fit suite aux dérives eurocommunistes des années 70, a détruit et qui n’est plus aujourd’hui que la section hexagonale du Parti de la Gauche Européenne, cet appendice de la social-eurocratie. Privés d’un vrai parti communiste tourné vers la classe ouvrière et analysant la société sur la base scientifique du marxisme, le mouvement ouvrier traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus dépressives de son histoire ; il devient la proie facile du paralysant européisme social-démocrate qui empêche toute riposte d’ensemble aux contre-réformes maastrichtiennes mises en œuvre par les gouvernements successifs. Alors que des millions d’ouvriers du privé sont, ont été ou risquent d’être socialement déclassés et relégués par les délocalisations, alors que les travailleurs des services publics sont quotidiennement humiliés et mis hors d’état d’accomplir leur mission républicaine par les gouvernements maastrichtiens, alors que les paysans travailleurs vivent dans l’angoisse du lendemain, comme nombre d’artisans et d’ « auto-entrepreneurs » - ces nouveaux prolétaires dépourvus de droit sociaux – comment la masse des travailleurs peut-elle recevoir le babillage de Pierre Laurent, le Tsipras français, qui « dialogue » avec le MEDEF, qui appelle à « réorientier l’euro dans un sens progressiste » (et bientôt, l’OTAN dans un sens pacifique, comme osait en rêver feu Enrico Berlinguer !), qui rejoint systématiquement les listes du PS « hollandien » au second tour et qui masque la nature de classe impérialiste de l’UE/OTAN en berçant le peuple d’illusions sur la future « Europe sociale, démocratique et pacifique » ? Quand le PCF parachève sa dérive social-démocrate (« mutation », « métamorphose », etc. n’ont aucune autre signification de classe !), comment s’étonner que le PS – qui n’a jamais demandé que ça ! – dérive à son tour vers la droite libérale (et pire, vers certaines formes de social-fascisation, comme on le voit avec la constitutionnalisation en vue de l’état d’urgence) et que l’ex-UMP aiguillonnée par Sarkozy tende à fusionner idéologiquement avec le FN, principal bénéficiaire, avec les extrêmes droites communautaristes et régional-séparatistes de la dérive générale à droite de l’arc politique français ?

     

    Dialectique de la renaissance communiste et de la contre-offensive populaire

    A nouveau, face à l’euro-dissolution « bleu mariale » de la France dans l’UE, face à la vague brun-bleu marine qui gronde, face à une UE de plus en plus dictatoriale, face à un impérialisme « transatlantique » de plus en plus prédateur et irresponsable, face aux créatures échappées de cet impérialisme que sont les assassins néonazis d’Ukraine et les barbares absolus de Daesh,  il faut à nouveau JETER L’ANCRE ROUGE dans le monde comme en France. Avec le PRCF, qui s’honore d’être ou d’avoir été soutenu par les plus grands noms de la Résistance antifasciste, de l’anticolonialisme et du syndicalisme de classe, et qui perce de plus en plus dans la jeunesse, donnons un coup d’arrêt à ces dérives mortelles.

    Unissons dans l’action, et non dans des parlotes néo-mutantes, les militants franchement communistes où qu’ils soient organisés.  

    Aidons le syndicalisme de lutte à se fédérer « en bas » pour faire le poids face aux états-majors euro-complaisants.  

    Construisons l’Alliance Rouge-Marianne de tous les progressistes qui refusent à la fois l’U.M.’ Pen en gestation et l’euro-désintégration de notre pays.

    Appelons notre peuple à sortir la France, par la voie progressiste, de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme sur la base d’un Front Antifasciste, Patriotique et Populaire. 

    Soutenons tous les peuples en lutte pour la paix, l’indépendance nationale et la coopération internationale, pour le socialisme, y compris et surtout contre « notre » propre impérialisme particulièrement agressif, revanchard, prédateur… et destructeur du peuple français lui-même !

    Construisons au présent, dans les actes et pas dans les auto-proclamations dérisoires, les conditions d’un futur Congrès de Tours ralliant tous les communistes, membres ou pas du PCF, les séparant des réformistes et les agrégeant à la classe ouvrière militante pour que notre peuple puisse reprendre sa marche historique interrompue vers le progrès social, vers l’indépendance nationale, la démocratie, la paix et le socialisme.  

     

    Le secrétariat politique national du PRCF : Léon Landini, Pierre Pranchère, Jean-Pierre Hemmen, Georges Gastaud, Vincent Flament, Benoît Foucambert, Jo Hernandez, Antoine Manessis, Annette Mateu-Casado, Bernard Parquet, Jany Sanfelieu.  

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Nous ne laisserons pas salir l’histoire de Renault-Billancourt (IC.fr- 24/12/2015)

    On le sait Renault-Billancourt n’a pas été fermé en 1992 pour des raisons économiques.

    C’est sous Mitterrand, Rocard que les 10 de Renault sont licenciés, prélude à la fermeture totale.

    Il fallait que la « forteresse ouvrière » soit réduite au silence pour que puisse se déployer le règne de l’argent, des Tapie les contre-réformes et la remise en cause de tous les conquis de la Libération et du Conseil National de la Résistance.

    A présent c’est la mémoire même de cette histoire et des combats qui la jalonne qui est attaquée travestie sous couvert de témoignages.

    C’est pourquoi la vérité devait être rétablie, ce à quoi le texte de l’ Association des Travailleurs Renault Ile Seguin, « Nous ne laisserons pas salir l’histoire de Renault-Billancourt » procède.

    Une réplique qui doit être largement connue et diffusée.

    Et le texte signé le plus largement.

    Par ailleurs, l’ouvrage de Youcef Haji, « De Renault-Billancourt à l’Olympia, IDBIHI, parcours d’un marocain 1968-1987 » préfacé par Roger Silvain constitue une toute autre approche qui au travers d’un parcours personnel retrace bien l’ambiance et les combats de cette époque.

     

    source: initiative-communiste.fr

     

     

    ASSOCIATION DES TRAVAILLEURS RENAULT ILE SEGUIN (ATRIS)

    Nous ne laisserons pas salir l’histoire de Renault-Billancourt

    Samedi 21 novembre 2015 s’est tenu à la Sorbonne un « séminaire Marx 21e siècle », devant un public d’universitaires et d’étudiants. L’invitée en était Laurence Bagot, l’auteure d’un livre paru aux Éditions de l’Atelier sous le titre «  Ceux de Billancourt ».

    Plusieurs membres d’ATRIS ont assisté à cette réunion et sont intervenus dans le débat.

    Nous remercions les organisateurs du séminaire de nous avoir permis de nous exprimer. Le contenu de cet ouvrage, sous couvert de témoignages réécrits, choisis à la seule convenance de l’auteure, défigure gravement l’histoire de Renault-Billancourt et la mémoire des dizaines de milliers de salariés qui y ont travaillé de la Libération à la fermeture de l’Île Seguin en 1992.

    Sans apporter de preuves, ce livre salit le rôle d’Henri Krasucki, accusé d’avoir voulu « échanger » la fermeture de Renault-Billancourt contre le maintien des chantiers navals de la Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, en 1986. C’est infâme, tout comme affirmer, sans davantage de justifications, que la CGT a abandonné
    les travailleurs immigrés dans la bataille pour le maintien de l’usine et de l’emploi.

    La CGT a toujours été un trait d’union et de solidarité entre les salariés qui défendaient leurs salaires et leurs conditions de travail.

    Nous appelons toutes les personnes et les organisations concernées par le mouvement social à dénoncer ces mensonges, alliant l’ignorance et la manipulation, qui entachent ce qui fut un des grands chapitres de l’histoire sociale en France.

    Nous demandons aux médias de nous aider à rétablir, de manière argumentée et contradictoire, la réalité de l’histoire de Renault-Billancourt. Nous sommes à la disposition des historiens, de la presse, des supports audiovisuels et internet pour fournir des éléments, preuves à l’appui, sur ce qu’ont été la vie et les luttes
    des travailleurs de Renault-Billancourt.

    Vous pouvez soutenir cette action d’ATRIS et des premiers signataires en signant ce texte sur l’adresse suivante :

    21atris21@gmail.com

     

    LES PREMIERS SIGNATAIRES

     

    ·  Arezki AMAZOUZ, président d’ATRIS, ancien secrétaire CGT Renault-Billancourt, ancien membre de la CE confédérale ;

    ·   Pierre BERNARDINI, défenseur des victimes de l’amiante Renault-Billancourt ;

    ·   Joëlle CHASTRUSSE, déléguée CGT 1975-82 et 2003-2012 ;

    ·    Robert CRÉANGE, ancien directeur CGT des activités sociales du C.E. Renault-Billancourt ;

    ·    Mustapha DHAOUADI, ancien secrétaire CFDT à Renault-Billancourt ;

    ·    Pierre FABRE, ancien secrétaire général général CGT du groupe Renault ;

    ·    Mohand HADJAZ, secrétaire CGT Renault- Billancourt 1970-73 ;

    ·    Youssef HAJI, écrivain ;

    ·     Aimé HALBEHER, secrétaire général CGT Renault-Billancourt en 1968 ;

    ·     Georges HUBSCHMIDTT, ingénieur CGT tôlerie Renault ;

    ·     Mostefa IDBIHI, ancien ouvrier, auteur du livre « De Billancourt à l’Olympia » ;

    ·     Ibrahima LY, délégué CGT à Renault-Billancourt jusqu’en 1992 ;

    ·      Alain MAS, ancien élu UGICT-CGT, DSC adjoint Renault TCR ;

    ·      Michel MONDIOT, ancien technicien Renault-Billancourt ;

    ·      G é r a r d  MUTEAU, ancien administrateur CGT salarié du groupe Renault ;

    ·       Philippe MUTEAU, militant CGT ;

    ·       Yves PERRIN, membre des « Dix de Billancourt » ;

    ·       Claude POPEREN, secrétaire général de la CGT Renault-Billancourt 1958;

    .       Jean-Pierre ROSSI, monteur, Délégué du Personnel CGT ;

    ·       Daniel SANCHEZ, secrétaire général de la Fédération de la Métallurgie CGT ;

    ·       Roger SILVAIN, secrétaire CGT Renault- Billancourt 1971-76 ;

    ·        Serge TONNEAU, ex-tourneur outilleur, militant CGT. ;

    ·        Anne-Marie VIERGE, ancienne déléguée CGT à Renault-Billancourt ;

    ·         Pierre VIERGE, ancien délégué CGT à Renault-Billancourt

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • C' est hier, au siège de la CGT Porte de Montreuil, dans la salle de réunion de sa direction nationale (le CCN) qu'a eu lieu la projection du film documentaire de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia :

    "Une jeunesse parisienne en résistance"

    En présence notamment de Pierre Krasucki, fils d'Henri, des réalisateurs et de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

    L'exil de parents polonais militants communistes fuyant la Pologne de Piłsudski, la petite enfance à Belleville, l'imprégnation de valeurs de fraternité et de partage dans les organisations de jeunesse de l'époque.

    C'est donc naturellement que toute une jeunesse politisée entre dès le début de l'occupation en résistance.

    Placés dès 1939 dans l'illégalité par un gouvernement munichois qui menait la guerre d'abord contre les communistes, Henri dira : "Nous étions prêts"

    La lutte contre l'occupant auprès du groupe Manouchian, l'arrestation, la torture, les camps ... et toujours la résistance dans les horribles conditions de la dictature nazi.

    Les témoignages poignants d'acteurs encore en vie de cette période, compagnons de lutte d'Henri ponctuent la trame de ce documentaire  et c'est ainsi que l'on peut longuement entendre : Robert Endewelt (FTP-MOI), Raymond Kojitsky (FTP-MOI), Françoise Krasucki, Pierre Krasucki, Christian Langeois (biographe de H. Krasucki), Julien Lauprêtre (résistant), Henri Malberg, Paulette Sarcey (FTP-MOI), André Schmer (FTP-MOI), Serge Garde.

    A une question de la salle sur ce qui avait motivé la réalisation de ce film, Laurence a pu répondre :

    notre réaction au discours de Grenoble de Sarkosy sur l'immigration et la déclaration de Denis Kessler du MEDEF affirmant qu'il était temps de détricoter le programme du Conseil national de la Résistance.

    Mourad ajoutant de son côté que ce programme qui vit encore dans les conquis de cette époque est fait non seulement de papier et d'encre, mais aussi du sang de nos camarades.

    Et à nous de nous montrer digne d'eux au moment où plus que jamais le pouvoir socialiste avec ses lois Macron, son assouplissement du marché du travail, ses contre-réformes de la santé, du code du travail ... continue et aggrave le détricotage de toutes ces conquêtes.

    Pour nous l'esprit de résistance c'est donc le combat contre les idées de renoncement et le fatalisme, l'organisation de la lutte vers le TOUS ENSEMBLE, le refus du "syndicalisme rassemblé" sous l'emprise du jaune Laurent Berger et d'en finir avec l'illusion d'une "Europe sociale" promise depuis 30 an par la CES, tandis que sur injonction de l'Union européenne l'état social doit impérativement céder la place à l'état des banquiers et à celui des marchés financiers!

    Un très beau film aux archives inédites, donc à diffuser de manière militante, (un DVD étant disponible) en prenant contact avec les réalisateurs aux coordonnées suivantes :

    lkarsznia@images-contemporaines

    mlaffitte@images-contemporaines

    06 76 48 61 35 OU 07 86 34 36 47

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • 120 personnes pour réhabiliter les fusillés de 14-18  (OF 12/11/2015)Rassemblement devant le Monument aux morts de Primelin qui représente un enfant repoussant la guerre

    Répondant à l’appel de l’association Libre Pensée 29, 120 personnes ont pris part à un rassemblement au Monument aux morts de Primelin pour le 11 novembre. Ce monument est l’un des rares qui ne représente pas de symboles guerriers, mais un enfant repoussant les guerres. L’appel de la Libre Pensée était lancé pour rendre hommage aux soldats fusillés pour l’exemple lors de la Grande Guerre. Depuis plusieurs années, l’association réclame la réhabilitation de ces soldats, tant en France, où l’on en dénombre 639, que dans toute l’Europe. Sept Finistériens figuraient parmi les fusillés.

    A lire également: 11 Novembre-Un Rassemblement pacifiste (Le Telegramme du 14/11/2015 - page Cap Sizun)

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • 1915 – 2015 …. il y a 100 ans, Henri Barbusse dans les tranchées commence à écrire « Le Feu » récit publié en 1916 qui recevra le prix Goncourt et battra en brèche la propagande guerrière impérialiste. Fondateur de l’ARAC, dans son combat pour la il rejoindra le parti communiste.

    C’est aussi en 1915 sur le front de l’Artois, à Lorette qu’apparaît la Chanson de Lorette, connue également par la suite sous le nom de « Chanson de Craonne ».

    www.initiative-communiste.fr site web du en ce vous propose de relire cette tribune de Georges Gastaud et Antoine Manessis, écrite le 2014, alors que se retrouvaient justement à Lorette les dirigeants français, anglais, allemands…..

    Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
    On va reprendre les tranchées,
    Notre place est si utile
    Que sans nous on prend la pile
    Mais c’est bien fini, on en a assez
    Personne ne veut plus marcher
    Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
    On dit adieu aux civ’lots
    Même sans tambours, même sans trompettes
    On s’en va là-haut en baissant la tête

    Refrain :
    Adieu la vie, adieu l’amour,
    Adieu toutes les femmes
    C’est bien fini, c’est pour toujours
    De cette infâme
    C’est à Craonne sur le plateau
    Qu’on doit laisser sa peau
    Car nous sommes tous condamnés
    Nous sommes les sacrifiés

    Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
    Pourtant on a l’espérance
    Que ce soir viendra la r’lève
    Que nous attendons sans trêve
    Soudain dans la nuit et dans le silence
    On voit quelqu’un qui s’avance
    C’est un officier de chasseurs à pied
    Qui vient pour nous remplacer
    Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
    Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

    Refrain

    C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards
    Tous ces gros qui font la foire
    Si pour eux la vie est rose
    Pour nous c’est pas la même chose
    Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
    F’raient mieux d’monter aux tranchées
    Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien
    Nous autres les pauv’ purotins
    Tous les camarades sont enterrés là
    Pour défendr’ les biens de ces messieurs là

    Refrain :
    Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront
    Car c’est pour eux qu’on crève
    Mais c’est fini, car les trouffions
    Vont tous se mettre en grève
    Ce s’ra votre tour, messieurs les gros
    De monter sur le plateau
    Car si vous voulez faire la guerre
    Payez-la de votre peau

    https://youtu.be/6iGEiY6wvDo

    maudite soit la guerre

    C’est au cimetière de Lorette, où gisent des centaines de milliers de jeunes victimes de la première impérialiste mondiale, que vont se retrouver les dirigeants français, allemands, américains et britanniques pour y verser des larmes de crocodiles.

    Disons-le tout net : leur « réconciliation » est aussi répugnante que l’a été l’affrontement sanglant de leurs prédécesseurs respectifs lors de la « Grande Guerre ».

    En 1914, les Nicolas II, Bethmann-Hollweg, Poincaré et autres bellicistes des deux camps se sont servis des aspirations nationales de certains peuples (notamment les Serbes) pour déclencher une guerre de rapine dont le véritable enjeu – révélé par Lénine en 1917, quand la République des soviets victorieuse à publié les Traités internationaux secrets – était le repartage du monde et l’extension des Empires coloniaux. Tout cela a abouti au Traité de Versailles, au revanchisme hitlérien puis à la Seconde Guerre mondiale encore plus meurtrière.

    Cette analyse du caractère de classe de la guerre de 14/18 ne retire rien au courage des jeunes hommes qui, de bonne foi, « croyaient mourir pour la patrie » alors qu’ils tombaient « pour les industriels » selon le mot fameux de l’écrivain Anatole France, l’un des premiers adhérents au jeune Parti SFIC (Section française de l’Internationale ).

    Cela ne retire rien non plus à la nécessité de réhabiliter les « Fusillés pour l’exemple » que Pétain et Cie ont fait abattre comme des chiens parce qu’en 1917, il fallait absolument couper court aux mutineries et aux fraternisations entre les ouvriers sous l’uniforme des deux camps.

    Mais la « réconciliation » actuelle n’en est que plus odieuse et hypocrite.

    D’abord, parce que les Etats qui s’embrassent ont toujours les mêmes buts impériaux dissimulés sous des phrases « humanistes », comme c’était le cas à l’époque. Il n’est que de lire le Manifeste du MEDEF intitulé « Besoin d’aire », ce qu’en allemand, on traduirait par l’expression de triste mémoire « Lebensraum », espace vital.

    Ces gens qui guerroient tous à divers titres du Proche-Orient à la Libye en passant par l’Afrique occidentale, sont aussi ceux qui, à l’unisson, et sous les auspices de l’OTAN et de l’UE, cherchent noise à la Russie en s’emparant de l’Ukraine par l’entremise d’une clique carrément pronazie. Facile de pleurnicher sur les guerres d’hier, de s’exclamer « plus jamais ça » alors qu’on ne réhabilite même pas les Fusillés pour l’exemple et qu’on envoie les jeunes se faire tuer sur tous les champs de bataille du monde.

    Mais on l’aura compris, le vrai but des cérémonies de Lorette est ailleurs : il s’agit pour le social-impérialiste (social en paroles, impérialiste en pratique) de célébrer la construction d’un Empire transcontinental, euro-américain, qui, sous le nom d’ « Union » européenne et d’ « Union transatlantique » ne vise qu’à écraser les acquis sociaux, à briser les souverainetés nationales, à liquider les libertés démocratiques (on a enterré les référendums négatifs sur l’UE, on ne consultera même pas les peuples sur le Grand Marché Transatlantique !), à menacer les pays du Sud et de l’Est, à maximiser les profits capitalistes de l’oligarchie financière.

    Il est déplorable que certains se réclamant de la gauche continuent de farder cette construction monstrueuse en « vendant » aux peuples les slogans archi-faux d’ «  sociale », d’ « euro au service des peuples » d’ «  de la  » . Alors que le nouveau président de la Commission européenne, Juncker est de A à Z l’homme des blanchisseurs d’argent des transnationales. Laissant au seul FN le bénéfice politique de s’opposer à l’UE.

    En réalité, la dictature européenne pilotée par Berlin et par ses nouveaux collabos, et coiffée par le rapace Oncle Sam, mène en permanence une GUERRE NON DECLAREE aux peuples souveraines, aux acquis sociaux et démocratiques, au camp des travailleurs, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à coopérer à égalité.

    Honte éternelle à l’impérialisme et au capitalisme qui ont conduit au massacre de dizaines de millions d’innocents. Résistons à la troisième guerre mondiale que nous prépare l’Empire transatlantique en construction. Honte aux Hollande, Sarkozy et Cie qui se servent de l’aspiration à la paix pour couvrir les guerres d’aujourd’hui et pour préparer les affrontements mortels de demain.

    La paix, l’ des peuples, la souveraineté de la nation brisée par Maastricht, tout cela est entre les mains des travailleurs, des peuples, et avant tout, des communistes et des progressistes unis pour sortir la France de l’euro, de l’UE, de l’OTAN, et du capitalisme fauteur d’exterminations.

    Quant à la réconciliation avec l’Allemagne, ce n’est pas pour nous celle des chefs de file capitalistes, les Hollande, Gattaz et autre Merkel occupés à écraser les peuples du Sud et à casser les droits sociaux des travailleurs, c’est l’Europe des luttes, la solidarité avec les cheminots allemands en grève, avec les hospitaliers britanniques en lutte, avec les travailleurs italiens luttant pour leurs droits.

    G. Gastaud, secrétaire national du PRCF, A. Manessis, secrétaire de la commission internationale – 11 novembre 2014

    1940 : à l’appel de l’Union des Etudiants et des Lycéens Communistes de France (interdite depuis 1939), des milliers de jeunes Parisiens ont manifesté illégalement le 1940 à la barbe de l’Occupant nazi, en se rendant en masse à l’Etoile avec le drapeau tricolore. Parmi eux, Guy Môquet. La répression fut féroce. Honneur à ces héros qui lancèrent la résistance de masse dans la capitale et pour lesquels le pouvoir « de gauche » en place n’aura pas eu le moindre geste !

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • A l'appel de la Libre Pensée  Justice et Réhabilitation collective  pour les 639 Fusillés pour l’exemple de la Grande Guerre - Rassemblement pacifiste à 11 heures 45  au monument aux morts de Primelin

    Justice et Réhabilitation collective

    pour les 639 Fusillés pour l’exemple

    de la Grande Guerre 

    Rassemblement pacifiste à 11 heures 45

    au monument aux morts de Primelin

    (Sud-Finistère-entre Audierne et la Pointe du Raz)

     

    Chaque année, le 11 novembre notre pays se souvient de  la 1ère guerre mondiale, cette gigantesque et terrifiante « boucherie » humaine. 2500 soldats français ont été condamnés par les cours martiales, 639 ont été fusillés pour l’exemple, fusillés simplement pour terroriser les autres soldats.

     

    Le Président de la République, François HOLLANDE, après s’être parjuré, a refusé la réhabilitation collective des 639 soldats exécutés pour l’exemple, à l’occasion de la Grande Guerre. Pire, une stèle aux 639 Fusillés pour l’exemple a été installée au Musée des Invalides. Les Fusillés et l’armée qui les a fusillés, les victimes et les bourreaux sont ainsi confondus par une réécriture falsifiée de l’histoire ! Nous sommes la République, la République réhabilitera collectivement les Fusillés pour l’exemple !

     

    A l'appel de la Libre Pensée  Justice et Réhabilitation collective  pour les 639 Fusillés pour l’exemple de la Grande Guerre - Rassemblement pacifiste à 11 heures 45  au monument aux morts de Primelin

    A l’occasion du 11 novembre 2015, la Libre Pensée-29  avec les organisations partenaires-la Confédération Nationale du Travail (CNT), l’Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC), le Mouvement de la Paix, l’Université Européenne de la Paix, le CRABES, les Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4ACG) appelle les associations et les citoyens  libres-penseurs, pacifistes et internationalistes du Finistère à se rassembler devant le monument aux morts de Primelin à 11 heures 45 pour redire « maudite soit la guerre », et exiger que justice soit rendue aux «  Fusillés pour l’exemple ». 

    Libre Pensée 29-Brest  le 5/11/2015  

    Fusillés pour l'exemple

    from Program33 on Vimeo.

                                                                                                  

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • L’IGNOMINIE ! (IC.fr-30/10/2015)

    Ainsi donc la boucle serait bouclée ! Tous les buts de guerre de atteints, le capital allemand enfin maître de la nouvelle ( ?) Gross Europa avec la complicité, devenue habituelle, du grand patronat « français » et du Parti Maastrichtien Unique (hollando-sarkozyste), on pourra rééditer le livre-« guide » des non seulement en toute impunité mais chez un grand éditeur qui se déshonore en agissant ainsi, même si, bien entendu, il ne manquera pas de préfaciers pour expliquer que la remise en circulation de ce brûlot en pleine montée pan-européenne des extrémistes de droite vise à « alerter » les jeunes générations !

    Comment exprimer notre colère, notre douleur devant cet acte infâme ?

    C’est au nom de ce livre, de cet homme, qu’à été perpétré le plus grand génocide de l’Histoire ; c’est au nom de ce livre, de cet homme qu’en Allemagne dès 1933 ont été déportés ou livrés au bourreau des milliers de femmes et d’hommes, dont le tort était d’être « rouges », « juifs », ou tout simplement « hors-normes » ; c’est au nom de ce livre, de cet homme, qu’en France et dans toute l’Europe ont été menés les massacres de populations civiles, Oradour, Lidice, Babi Yar cela vous dit il quelque chose ?  Les éxécutions de celles et ceux qui refusaient de plier sous le talon de fer et les chambres de tortures des nazis, instruments du capital allemand. C’est au nom de ce livre, qui voulait faire de la « France un pays de grooms et de jardiniers » (objectif en passe d’être atteint au nom de l’actuelle « construction » européenne) que la France a été brisée, humiliée, occupée, découpée. C’est au nom de l’antisoviétisme obsédant, de l’anticommunisme et de la haine bestiale des « Slaves » que l’Union soviétique a été ravagée impitoyablement (25 millions de morts, une majorité de civils, 1 personne sur 4 en Biélorussie…) avant de contre-attaquer à Stalingrad en libérant le monde de la pire tyrannie de l’histoire moderne.

    Et vous osez ! Au nom de quoi ? Du coup médiatique ? Du fric roi ? Il est vrai qu’avant guerre Fayard fut déjà l’éditeur du sinistre «  », dont les pages nourries de haine anticommuniste le sont aussi de haine contre le peuple français, contre l’héritage de Descartes, des Lumières et de la Grande Révolution démocratique de 1789.

    Ainsi donc les morts de la , toutes les victimes du nazisme seraient enterrées une seconde fois. Ainsi donc l’aigle du Reich ou le portrait du Führer trônerait dans les vitrines des libraires, cherchant à attirer une jeunesse en perdition ou des adultes nostalgiques d’un « régime fort », alors même que les ouvrages marxistes, voire les classiques de la littérature française ont de plus en plus de mal à être édités ou réédités !

    Fayard réalise ce dont Le Pen a toujours rêvé et qu’il n’a jamais pu faire publiquement du moins.

    Fayard vous avez « Jeté sur les cadavres, ce manteau de paroles » ainsi que l’écrivait Aragon.

    Eh bien non ! Au nom du sacrifice des nôtres, au nom des peuples martyrisés encore aujourd’hui par l’idéologie de ce livre infect, nous appelons les anciens Résistants, les démocrates, les patriotes antifascistes, le mouvement ouvrier à ne pas accepter ce fait accompli : l’appel au meurtre de masse, la haine de race n’entrent pas dans la liberté d’expression, ils relèvent du comportement criminel !
    Sinon il existe encore des lois antifascistes dans ce pays, même si comme tant d’autres, elles sont contournées dès lors qu’elles desservent le grand capital.

    Nous appelons tous les démocrates, toutes celles et tous ceux pour qui l’esprit de Résistance et le programme du ne sont pas un vain mot, tous ceux qui voient clair ou qui commencent à voir clair sur la signification véritable de la « construction » européenne, à se joindre à nous.

    • Léon LANDINI, Président des FTP-MOI de la région Rhône-Alpes, Interné de la Résistance, Grand mutilé de Guerre suite aux tortures endurées pendant son internement, Officier de la Légion d’Honneur, Médaille de la Résistance, Président du PRCF.
    • Jean-Pierre HEMMEN, Vice-Président du PRCF, Président du CISC, fils de Jean Hemmen, qui fut commandant responsable politique dans les Brigades Internationales d’Espagne, participa à la création de l’O.S. (Organisation Spéciale du PCF) et fut fusillé en 1942.
    • Pierre PRANCHÈRE, ancien maquisard FTP, député de Tulle, député honoraire du Parlement européen, ancien vice-président du conseil régional du Limousin, ancien conseiller général de Corrèze, Vice-Président du PRCF.
    • Georges GASTAUD, Secrétaire national du PRCF, fils de Résistant, philosophe.
    • Antoine MANESSIS, Responsable international du PRCF, fils de résistants grec et français
    • Annette MATEU CASADO, fille de Républicains espagnols communistes & résistants, trésorière nationale du PRCF.
    • Jany SANFELIEU, fille de combattant républicain espagnol antifasciste, secrétaire à l’organisation du PRCF.
    • Claude-Emile TOURNÉfils de Marie-France et André Tourné, combattants de la Résistance.
    • Henriette DUBOIS (Nelly dans la Résistance), résistante de la première heure, elle assura la liaison de l’Etat-major FTP avec toute la Zone Sud, d’octobre 43 à la Libération, Officier de la Légion d’Honneur à titre militaire, Combattante Volontaire de la Résistance.
    •  Arsène Tchakarian, ancien membre du groupe Manouchian – Officier de la Légion d’Honneur.

     source: initiative-communiste.fr

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovCamarades!

    Déjà le VIe Congrès de l’Internationale Communiste avertissait le prolétariat international de la maturation d’une nouvelle offensive fasciste et appelait à la lutte contre elle.

    Le Congrès indiquait que « des tendances fascistes et des germes du mouvement fasciste existent presque partout, sous une forme plus ou moins développée ».

    Dans les conditions de la crise économique extrêmement profonde, de l’aggravation marquée de la crise générale du capitalisme, du développement de l’esprit révolutionnaire dans les masses travailleuses, le fascisme est passé à une vaste offensive.

    La bourgeoisie dominante cherche de plus en plus le salut dans le fascisme, afin de prendre contre les travailleurs des mesures extraordinaires de spoliation, de préparer une guerre de brigandage impérialiste, une agression contre l’Union Soviétique, l’asservissement et le partage de la Chine et sur la base de tout cela de conjurer la révolution.

    Les milieux impérialistes tentent de faire retomber tout le poids de la cirse sur les épaules des travailleurs. C’est pour cela qu’ils ont besoin du fascisme.

    Ils s’efforcent de résoudre le problème des marchés par l’asservissement des peuples faibles, par l’aggravation du joug colonial et par un nouveau partage du monde au moyen de la guerre.

    C’est pour cela qu’ils ont besoin du fascisme.

    Ils s’efforcent de devancer la montée des forces de la révolution en écrasant le mouvement révolutionnaire des ouvriers et des paysans et en lançant une agression militaire contre l’Union Soviétique, rempart du prolétariat mondial.

    C’est pour cela qu’ils ont besoin du fascisme.

    Dans une série de pays, notamment en Allemagne, ces milieux impérialistes ont réussi, avant le tournant décisif des masses vers la révolution, à infliger une défaite au prolétariat et à instaurer la dictature fasciste.

    Mais ce qui est caractéristique pour la victoire du fascisme, c’est précisément la circonstance que cette victoire, d’une part, atteste la faiblesse du prolétariat, désorganisé et paralysé par la politique social-démocrate scissionniste de collaboration de classe avec la bourgeoisie, et, d’autre part, exprime la faiblesse de la bourgeoisie elle-même, qui est prise de peur devant la réalisation de l’unité de lutte de la classe ouvrière, prise de peur devant la révolution et n’est plus en état de maintenir sa dictature sur les masses par les vieilles méthodes de démocratie bourgeoise et de parlementarisme.

    LE CARACTÈRE DE CLASSE DU FASCISME

    Le fascisme au pouvoir est, comme l’a caractérisé avec raison la XIIIe Séance Plénière du Comité exécutif de l’Internationale Communiste, la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovLa variété la plus réactionnaire du fascisme, c’est le fascisme du type allemand, il s’intitule impudemment national-socialisme sans avoir rien de commun avec le socialisme allemand.

    Le fascisme allemand ce n’est pas seulement un nationalisme bourgeois, c’est un chauvinisme bestial. C’est un système gouvernemental de banditisme politique, un système de provocation et de tortures à l’égard de la classe ouvrière et des éléments révolutionnaires de la paysannerie, de la petite bourgeoisie et des intellectuels.

    C’est la barbarie médiévale et la sauvagerie.

    C’est une agression effrénée à l’égard des autres peuples et des autres pays.

    Le fascisme allemand apparaît comme la troupe de choc de la contre-révolution internationale, comme le principal fomentateur de la guerre impérialiste, comme l’instigateur de la croisade contre l’Union Soviétique, la grande patrie des travailleurs du monde entier.

    Le fascisme, ce n’est pas une forme du pouvoir d’Etat qui, prétendument, « se place au-dessus des deux classes, du prolétariat et de la bourgeoisie », ainsi que l’affirmait, par exemple, Otto Bauer.

    Ce n’est pas « la petite bourgeoisie en révolte qui s’est emparée de la machine d’Etat », comme le déclarait le socialiste anglais Brailsford.

    Non.

    Le fascisme, ce n’est pas un pouvoir au-dessus des classes, ni le pouvoir de la petite bourgeoisie ou des éléments déclassées du prolétariat sur le capital financier.

    Le fascisme, c’est le pouvoir du capital financier lui-même.

    C’est l’organisation de la répression terroriste contre la classe ouvrière et la partie révolutionnaire de la paysannerie et des intellectuels.

    Le fascisme en politique extérieure, c’est le chauvinisme sous sa forme la plus grossière, cultivant une haine bestiale contre les autres peuples.

    Il est nécessaire de souligner avec une vigueur particulière ce véritable caractère du fascisme parce que le masque de la démagogie sociale a permis au fascisme d’entraîner à sa suite, dans une série de pays, les masses de la petite bourgeoisie désaxée par la crise, et même certaines parties des couches les plus arriérées du prolétariat, qui n’auraient jamais suivi le fascisme si elles avaient compris son caractère de classe réel, sa véritable nature.

    Le développement du fascisme et la dictature fasciste elle-même, revêtent dans les différents pays des formes diverses, selon les conditions historiques sociales et économiques, selon les particularités nationales et la situation internationale du pays donné.

    Dans certains pays, principalement là où le fascisme n’a pas de large base dans les masses et où la lutte des différents groupements dans le camp de la bourgeoisie fasciste elle-même est assez forte, le fascisme ne se résout pas du premier coup à liquider le Parlement et laisse aux autres partis bourgeois, de même qu’à la social-démocratie, une certaine légalité.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovDans d’autres pays, où la bourgeoisie dominante appréhende la proche explosion de la révolution, le fascisme établit son monopole politique illimité ou bien du premier coup, ou bien en renforçant de plus en plus la terreur et la répression à l’égard de tous les partis et groupements concurrents.

    Ce fait n’exclut pas, de la part du fascisme, au moment d’une aggravation particulière de sa situation, les tentatives d’élargir sa base et, sans changer d’essence de classe, de combiner la dictature terroriste ouverte avec une falsification grossière du parlementarisme.

    L’arrivée du fascisme au pouvoir, ce n’est pas la substitution ordinaire d’un gouvernement bourgeois à un autre, mais le remplacement d’une forme étatique de la domination de classe de la bourgeoisie – la démocratie bourgeoise – par une autre forme de cette domination, la dictature terroriste déclarée.

    Méconnaître cette distinction serait une faute grave, qui empêcherait le prolétariat révolutionnaire de mobiliser les couches laborieuses les plus étendues de la ville et de la campagne pour la lutte contre la menace de la prise du pouvoir par les fascistes, et d’utiliser les contradictions existant dans le camp de la bourgeoisie elle-même.

    Mais c’est une faute non moins grave et non moins dangereuse de sous-estimer l’importance que revêtent, pour l’instauration de la dictature fasciste, les mesures réactionnaires de la bourgeoisie, qui s’aggravent aujourd’hui dans les pays de démocratie bourgeoise, et qui écrasent les libertés démocratiques des travailleurs, falsifient et rognent les droits du Parlement, accentuent la répression contre le mouvement révolutionnaire.

    Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste.

    En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovTout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme.

    Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite.

    Les chefs de la social-démocratie estompaient et cachaient aux masses le vrai caractère de classe du fascisme, ils n’appelaient pas à la lutte contre les mesures réactionnaires de plus en plus fortes de la bourgeoisie.

    Ils portent la grande responsabilité historique du fait qu’au moment décisif de l’offensive fasciste, une partie considérable des masses travailleuses, en Allemagne et dans une série d’autres pays fascistes, n’a pas reconnu dans le fascisme le rapace financier sanguinaire, leur pire ennemi, et du fait que ces masses n’ont pas été prêtes à la riposte.

    Quelle est donc la source de l’influence du fascisme sur les masses?

    Le fascisme réussit à attirer les masses parce qu’il en appelle, de façon démagogique, aux plus sensibles de leurs besoins et de leurs aspirations.

    Le fascisme ne se borne pas à attiser les préjugés profondément enracinés dans les masses; il joue aussi sur les meilleurs sentiments des masses, sur leur sentiment de justice et parfois même sur leurs traditions révolutionnaires.

    Pourquoi les fascistes allemands, ces laquais de la grande bourgeoisie et ces ennemis mortels du socialisme, se font-ils passer devant les masses pour des « socialistes » et représentent-ils leur avènement au pouvoir comme une « révolution »?

    Parce qu’ils visent à exploiter la foi dans la révolution, l’élan vers le socialisme, qui vivent au cœur des grandes masses travailleuses d’Allemagne.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovLe fascisme agit dans l’intérêt des ultra-impérialistes, mais il se montre aux masses sous le masque de défenseur de la nation lésée et en appelle au sentiment national blessé, comme, par exemple, le fascisme allemand qui entraîna les masses derrière lui avec le mot d’ordre  » Contre Versailles !  »

    Le fascisme vise à l’exploitation la plus effrénée des masses, mais il aborde celles-ci avec une habile démagogie anticapitaliste, en exploitant la haine profonde des travailleurs pour la bourgeoisie rapace, les banques, les trusts et les magnats financiers, et en formulant les mots d’ordre les plus tentants au moment donné pour les masses politiquement frustes.

    En Allemagne: « l’intérêt général prime l’intérêt privé »; en Italie: « notre Etat n’est pas, un Etat capitaliste, mais corporatif »; au Japon: « pour un Japon sans exploitation »; aux Etats-Unis:  » pour le partage de la richesse », etc.

    Le fascisme livre le peuple à la merci des éléments vénaux les plus corrompus, mais se présente devant lui en revendiquant un « pouvoir honnête et incorruptible ».

    En spéculant sur la profonde déception des masses à l’égard des gouvernements de démocratie bourgeoise, le fascisme s’indigne hypocritement contre la corruption (par exemple, les affaires Barmat et Sklarek en Allemagne, l’affaire Staviski en France, et une série d’autres)

    Le fascisme capte, dans l’intérêt des cercles les plus réactionnaires de la bourgeoisie, les masses déçues qui abandonnent les vieux partis bourgeois.

    Mais il en impose à ces masses par la violence de ses attaques contre les gouvernements bourgeois, par son attitude intransigeante à l’égard des vieux partis de la bourgeoisie.

    Dépassant en cynisme et en hypocrisie toutes les autres variétés de la réaction bourgeoise, le fascisme adapte sa démagogie aux particularités nationales de chaque pays et même aux particularités des différentes couches sociales dans un seul et même pays.

    Et les masses de la petite bourgeoisie, voire une partie des ouvriers, poussés au désespoir par la misère, le chômage et la précarité de leur existence, deviennent victimes de la démagogie sociale et chauvine du fascisme.

    Le fascisme arrive au pouvoir comme le parti de choc contre le mouvement révolutionnaire du prolétariat, contre les masses populaires en fermentation, mais il présente son avènement au pouvoir comme un mouvement « révolutionnaire » contre la bourgeoisie au nom de « toute la nation » et pour le « salut » de la nation. (Rappelons-nous la « marche » de Mussolini sur Rome, la « marche » de Pilsudski sur Varsovie, la « révolution » nationale-socialiste de Hitler en Allemagne, etc.)

    Mais quel que soit le masque dont le fascisme s’affuble, sous quelque forme qu’il apparaisse, quelle que soit la voie qu’il emprunte pour arriver au pouvoir :

    Le fascisme est l’offensive la plus féroce du Capital contre les masses travailleuses.

    Le fascisme, c’est le chauvinisme effréné et la guerre de conquête.

    Le fascisme, c’est la réaction forcenée et la contre révolution.

    Le fascisme, c’est le pire ennemi de la classe ouvrière et de tous les travailleurs!

    QU’EST-CE QUE LE FASCISME VAINQUEUR APPORTE AUX MASSES?

    Le fascisme avait promis aux ouvriers un « juste salaire », mais, en fait, il leur a apporté un niveau de vie encore plus bas, un niveau de vie misérable.

     Il avait promis du travail aux chômeurs, mais, en fait, il leur a apporté des tortures de la faim encore plus pénibles, un travail forcé, un travail servile.

    En fait, il transforme les ouvriers et les chômeurs en parias de la société capitaliste sans aucun droit; il détruit leurs syndicats; il les prive du droit de faire grève et les empêche d’éditer la presse ouvrière; il les embrigade de force dans les organisations fascistes; il dilapide les fonds de leurs assurances sociales; quant aux fabriques et aux usines, il en fait des casernes où règne l’arbitraire effréné des capitalistes.

    Le fascisme avait promis à la jeunesse travailleuse de lui ouvrir largement la voie d’un brillant avenir.

    En fait, il a apporté les licenciements en masse de la jeunesse des entre prises, les camps de travail et le dressage militaire sans répit pour la guerre de conquête.

    Le fascisme avait promis aux employés, aux petits fonctionnaires, aux intellectuels d’assurer leur subsistance, d’abolir la toute-puissance des trusts et la spéculation du capital bancaire.

    En fait, il leur a apporté une incertitude du lendemain et un désespoir plus grand encore; il les soumet à une nouvelle bureaucratie composée de ses partisans les plus dévoués.

    Il établit une dictature insupportable des trusts; il sème dans des proportions inouïes la corruption, la décomposition.

    Le fascisme avait promis à la paysannerie ruinée, tombée dans la misère, de liquider le joug des dettes, d’abolir les fermages et même d’aliéner sans compensation les terres des propriétaires fonciers au profit des paysans sans terre et en train de se ruiner.

    En fait, il établit un asservissement inouï de la paysannerie laborieuse aux trusts et à l’appareil d’Etat fasciste, il pousse jusqu’aux dernières limites l’exploitation de la masse fondamentale de la paysannerie par les gros propriétaires fonciers, les banques et les usuriers.

    « L’Allemagne sera un pays agricole, ou elle ne sera pas », déclarait solennellement Hitler.

    Eh bien! qu’est-ce que les paysans ont reçu en Allemagne, sous Hitler?

    Le moratotium (1) déjà annulé?

    Ou la loi sur l’héritage de la ferme paysanne qui pousse à évincer des campagnes des millions de fils et de filles de paysans et à en faire des mendiants?

    Les salariés agricoles sont convertis en demi-serfs, privés même du droit élémentaire de libre déplacement.

    La paysannerie laborieuse est privée de la possibilité de vendre sur le marché les produits de son exploitation.

    Et en Pologne?

    « Le paysan polonais, écrit le journal polonais Czas, use de procédés et de troyens employés, peut-être, seulement à l’époque du Moyen Age; il fait couver le feu dans son poêle et le prête à son voisin, il divise les allumettes en plusieurs fragments, il emprunte de petits morceaux de savon noir, il fait bouillir des tonneaux à harengs pour obtenir de l’eau salée.

    Ce n’est pas là une fable, mais la situation réelle de la campagne, et chacun peut s’en convaincre. »

    Or, ce ne sont pas les communistes qui écrivent ces choses, camarades, mais un journal réactionnaire polonais!

    Encore n’est-ce pas tout, loin de là.

    Chaque jour, dans les camps de concentration de l’Allemagne fasciste, dans les sous-sols de la Gestapo, dans les cachots polonais, dans les Sûretés générales bulgare et finlandaise, dans la Glavniatch de Belgrade, dans la Sigouranza roumaine, dans les îles d’Italie, on fait subir aux meilleurs fils de la classe ouvrière, aux paysans révolutionnaires, aux champions d’un radieux avenir de l’humanité, des violences et des brimades si répugnantes qu’elles font pâlir les agissements les plus infâmes de l’Okhrana tzariste (2).

    Le fascisme scélérat d’Allemagne transforme en une bouillie sanglante le corps des maris en présence de leurs femmes; aux mères, il envoie par colis postal les cendres de leurs fils assassinés.

    La stérilisation est transformée en un instrument de lutte politique.

    Dans les salles de tortures, on injecte de force, aux antifascistes prisonniers, des substances toxiques, on leur brise les mains, on leur crève les yeux, on les suspend, on les gorge d’eau, on leur découpe le signe fasciste dans la chair.

    J’ai sous les yeux le relevé statistique du S.R.I. – Secours Rouge International, – concernant les hommes assassinés, blessés, arrêtés, estropiés et torturés en Allemagne, Pologne, Italie, Autriche, Bulgarie, Yougoslavie.

    Dans la seule Allemagne, depuis l’accession des national-socialistes au pouvoir, il a été tué plus de 4200 personnes, on en a arrêté 317 800, blessés et soumis à de pénibles tortures 218 600 ouvriers, paysans, employés, intellectuels antifascistes, communistes, social-démocrates, membres des organisations chrétiennes de l’opposition.

    En Autriche, le gouvernement fasciste « chrétien », depuis les combats de février de l’année dernière, a assassiné 1900 ouvriers révolutionnaires, en a blessé et mutilé 10 000, arrêté 40 000. Et ce relevé est loin d’être complet!

    Il m’est difficile de trouver les mots capables d’exprimer toute l’indignation qui s’empare de nous à l’idée des tourments que les travailleurs subissent aujourd’hui dans les pays fascistes.

    Les chiffres et les faits que nous citons, ne reflètent même pas la centième partie du tableau véritable de l’exploitation et des tortures de la terreur blanche, dont est pleine la vie quotidienne de la classe ouvrière dans les différents pays capitalistes.

    Il n’est point de livres, si nombreux soient-ils, qui puissent donner une idée claire des férocités innombrables exercées par le fascisme sur les travailleurs.

    C’est avec une émotion profonde et un sentiment de haine à l’égard des bourreaux fascistes que nous inclinons les drapeaux de l’Internationale Communiste devant la mémoire inoubliable de John Scheer, Fiete Schultz, Luttgens en Allemagne; Koloman Wallisch et Munchreiter en Autriche; Challay et Furst en Hongrie; Kofardjiev, Lutibrodski et Voïkov en Bulgarie; devant la mémoire des milliers et des milliers d’ouvriers, de paysans, de représentants des intellectuels progressistes, communistes, social-démocrates et sansparti, qui ont donné leur vie dans la lutte contre le fascisme.

    Nous saluons de cette tribune le chef du prolétariat allemand et président d’honneur de notre congrès, le camarade Thaelmann. Nous saluons les camarades Rakosi, Gramsci, Antikaïnen. Nous saluons Thomas Mooney qui, depuis dix-huit ans déjà languit en prison, et les milliers d’autres prisonniers du Capital et du fascisme et nous leur disons: « Frères de lutte, frères d’armes, vous n’êtes pas oubliés. Nous sommes avec vous. Chaque heure de notre vie, chaque goutte de notre sang, nous le donnerons pour vous affranchir et affranchir tous les travailleurs du honteux régime fasciste. »

    Camarades!

    Lénine nous avertissait déjà que la bourgeoisie réussirait peut-être à frapper d’une terreur féroce les travailleurs et à repousser pour un temps plus ou moins bref les forces croissantes de la révolution, mais que, de toute façon, elle ne réussirait pas à échapper à sa perte.

    « La vie – écrivait Lénine, – l’emportera.

    La bourgeoisie a beau se démener, s’exaspérer à en perdre la raison, dépasser toutes les bornes, commettre sottise sur sottise, se venger d’avance des bolchéviks et s’efforcer de massacrer une fois de plus comme aux Indes, en Hongrie, en Allemagne et ailleurs des centaines de milliers de bolchéviks jeunes et vieux.

    Elle fait en agissant ainsi ce qu’ont toujours fait les classes condamnées par l’histoire.

    Les communistes doivent savoir que l’avenir leur appartient, quoi qu’il arrive.

    C’est pourquoi nous pouvons et nous devons unir dans la grande lutte révolutionnaire l’ardeur la plus passionnée su sang-froid le plus grand et à l’estimation la plus froide des agitations forcenées de la bourgeoisie. » V.I.Lénine, Œuvres, t. XXXI, p. 81.

     Oui, si nous-mêmes et le prolétariat du monde entier marchons d’un pas ferme dans la voie que nous indique Lénine, la bourgeoisie périra quoi qu’elle fasse.

    LA VICTOIRE DU FASCISME EST-ELLE INÉVITABLE ?

    Pourquoi et de quelle façon le fascisme a-t-il pu vaincre?

    Le fascisme est le pire ennemi de la classe ouvrière et des travailleurs.

    Le fascisme est l’ennemi des neuf dixièmes du peuple allemand, des neuf dixièmes du peuple autrichien, des neuf dixièmes des autres peuples des pays fascistes.

    Comment, de quelle manière, ce pire ennemi a-t-il pu vaincre?

    Le fascisme a pu accéder au pouvoir avant tout parce que la classe ouvrière, par suite de la politique de collaboration de classe avec la bourgeoisie que pratiquaient les chefs de la social-démocratie, s’est trouvée scindée, désarmée au point de vue politique et au point de vue de l’organisation, face à l’agression de la bourgeoisie.

    Quant aux Partis communistes, ils étaient insuffisamment forts pour soulever les masses, sans et contre la social-démocratie, et les conduire ainsi à la bataille décisive contre le fascisme.

    En effet! Que les millions d’ouvriers social-démocrates, qui, aujourd’hui, tout comme leurs frères communistes, éprouvent par eux-mêmes les horreurs de la barbarie fasciste, réfléchissent sérieusement: si, en 1918 au moment où éclata la révolution en Allemagne et en Autriche, le prolétariat autrichien et allemand n’avait pas suivi la direction social-démocrate d’Otto Bauer, de Friedrich Adler et de Renner en Autriche, d’Ebert et de Scheidemann en Allemagne, mais avait suivi la voie des bolchéviks russes, la voie de Lénine, le fascisme n’existerait aujourd’hui ni en Autriche, ni en Allemagne, ni en Italie, ni en Hongrie, ni en Pologne, ni dans les Balkans.

    Ce n’est pas la bourgeoisie, mais la classe ouvrière qui serait depuis longtemps déjà maîtresse de la situation en Europe.

    Prenons, par exemple, la social-démocratie autrichienne.

    La révolution de 1918 l’avait portée à une hauteur considérable.

    Elle détenait le pouvoir. Elle occupait de fortes positions dans l’armée, dans l’appareil d’Etat.

    En s’appuyant sur ses positions, elle pouvait tuer dans l’œuf le fascisme naissant.

    Mais elle a livré sans résistance les positions de la classe ouvrière l’une après l’autre.

    Elle a permis à la bourgeoisie de rendre son pouvoir plus fort, d’annuler la Constitution, d’épurer l’appareil d’Etat, l’armée et la police des militants social-démocrates, de retirer l’arsenal aux ouvriers.

    Elle a permis aux bandits fascistes d’assassiner impunément les ouvriers social-démocrates; elle a accepté les conditions du pacte de Hüttenberg (3) qui ouvrait la porte des entreprises aux éléments fascistes.

    En même temps, les chefs de la social-démocratie bourraient le crâne aux ouvriers, à l’aide du programme de Lintz (4) qui prévoyait le recours éventuel à la violence armée contre la bourgeoisie et l’instauration de la dictature du prolétariat, en les assurant que le Parti répondrait par l’appel à la grève générale et à la lutte armée si les classes dirigeantes usaient de violence à l’égard de la classe ouvrière.

    Comme si toute la politique de préparation de l’agression fasciste contre la classe ouvrière n’était pas une succession de violences, exercées contre elle, sous le voile des formes constitutionnelles.

    Même à la veille des batailles de février et pendant ces batailles, la direction de la social-démocratie autrichienne a laissé le Schutzbund (5), qui luttait héroïquement, isolé des grandes masses et elle a voué le prolétariat autrichien à la défaite

    Le victoire du fascisme était-elle inévitable en Allemagne?

    Non, la classe ouvrière allemande pouvait la conjurer.

    Mais, pour cela, elle aurait dû parvenir à réaliser le front unique prolétarien antifasciste, elle aurait dû obliger les chefs de la social-démocratie à cesser leur campagne contre les communistes et à accepter les propositions répétées du Parti Communiste sur l’unité d’action contre le fascisme.

    Lors de l’offensive du fascisme et de la liquidation graduelle par la bourgeoisie des libertés démocratiques bourgeoises, elle n’aurait pas dû se contenter des résolutions verbales de la social-démocratie, mais répondre par une véritable lutte de masse, qui eût entravé les plans fascistes de la bourgeoisie allemande.

    Elle aurait dû empêcher l’interdiction, par le gouvernement Braun-Severing6, de l’Association de combattants rouges, établir entre cette association et la Reichsbanner (7), qui comptait près d’un million de membres, une liaison de combat et obliger Braun et Severing à armer l’une et l’autre pour riposter aux bandes fascistes et les écraser.

    Elle aurait dû contraindre les leaders social-démocrates placés à la tête du gouvernement prussien à prendre des mesures de défense contre le fascisme, à arrêter les chefs fascistes, à interdire leur presse, à confisquer leurs ressources matérielles et les ressources des capitalistes qui finançaient le mouvement fasciste, à dissoudre les organisations fascistes, à leur enlever leurs armes, etc.

    Puis, elle aurait dû obtenir le rétablissement et l’extension de toutes les formes d’assistance sociale et l’établissement d’un moratoire et de secours pour les paysans, en train de se ruiner sous l’effet des crises, en imposant les banques et-les trusts, afin de s’assurer de cette façon le soutien de la paysannerie travailleuse.

    Cela n’a pas été fait par la faute de la social-démocratie d’Allemagne, et c’est pourquoi le fascisme a su vaincre.

    La bourgeoisie et les nobles devaient-ils inévitablement triompher en Espagne, pays où se combinent si avantageusement les forces de l’insurrection prolétarienne et de la guerre paysanne?

    Les socialistes espagnols étaient au gouvernement dès les premiers jours de la révolution.

    Ont-ils établi une liaison de combat entre les organisations ouvrières de toutes les tendances politiques, y compris communistes, et anarchistes, ont-ils soudé la classe ouvrière en une organisation syndicale unique?

    Ont-ils exigé la confiscation de toutes les terres des propriétaires fonciers, de l’Eglise, des couvents au profit des paysans, pour gagner ces derniers à la révolution?

    Ont-ils tenté de lutter pour le droit des Catalans et des Basques à disposer d’eux-mêmes, pour l’affranchissement du Maroc?

    Ont-ils procédé dans l’armée à l’épuration des éléments monarchistes et fascistes, pour préparer son passage du côté des ouvriers et des paysans

    Ont-ils dissous la garde civile, exécrée du peuple et bourreau de tous les mouvements populaires?

    Ont-ils frappé le parti fasciste de Gil Robles, ont-ils porté des coups à l’ Eglise catholique pour abattre sa puissance?

    Non, ils n’ont rien fait de tout cela. Ils ont repoussé les propositions répétées des communistes sur l’unité d’action contre l’offensive de la bourgeoisie, des propriétaires fonciers et du fascisme.

    Ils ont voté des lois électorales qui ont permis à la réaction de conquérir la majorité des Cortès, des lois réprimant les mouvements populaires, des lois en vertu desquelles on juge actuellement les héroïques mineurs des Asturies.

    Ils ont fait fusiller par la garde civile les paysans en lutte pour la terre, etc.

    C’est ainsi que la social-démocratie a frayé au fascisme la route du pouvoir et en Allemagne et en Autriche et en Espagne, en désorganisant et en divisant les rangs de la classe ouvrière.

    Camarades! Le fascisme a vaincu aussi parce que le prolétariat s’est trouvé coupé de ses alliés naturels.

    Le fascisme a vaincu parce qu’il a réussi à entraîner à sa suite les grandes masses de la paysannerie, du fait que la social-démocratie pratiquait au nom de la. classe ouvrière une politique en réalité antipaysanne. Le paysan avait vu se succéder au pouvoir une série de gouvernements social-démocrates qui, à ses yeux, personnifiaient le pouvoir de la classe ouvrière mais pas un d’entre eux n’avait résolu le problème de la misère paysanne, pas un d’entre eux n’avait donné la terre à la paysannerie. La social-démocratie d’Allemagne n’avait pas touché aux propriétaires fonciers: elle entravait les grèves des ouvriers agricoles. Le résultat, c’est que ceux-ci, en Allemagne, bien avant l’accession de Hitler au pouvoir, abandonnèrent les syndicats réformistes et, dans la plupart des cas, passèrent aux Casques d’acier et aux national-socialistes. Le fascisme a vaincu encore parce qu’il a réussi à pénétrer dans les rangs de la Jeunesse, du moment que la social-démocratie détournait la jeunesse ouvrière de la lutte de classe, que le prolétariat révolutionnaire n’avait pas déployé parmi les jeunes le travail éducatif nécessaire et n’avait pas réservé une attention suffisante à la lutte pour ses intérêts et ses aspirations spécifiques.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovLe fascisme a su saisir le besoin d’activité combative, particulièrement vif chez les jeunes et il a entraîné une partie considérable d’entre eux dans ses détachements de combat.

    La nouvelle génération de la jeunesse masculine et féminine n’a pas passé par les horreurs de la guerre.

    Elle sent peser sur ses épaules tout le fardeau de la crise économique, du chômage et de l’effondrement de la démocratie bourgeoise. Faute de perspectives d’avenir, des couches considérables de jeunes se sont avérées particulièrement sensibles à la démagogie fasciste, qui leur dessinait un avenir tentant lors de la victoire du fascisme.

    Dans cet ordre d’idées, nous ne pouvons omettre une série de fautes commises par les Partis communistes, fautes qui ont freiné notre lutte contre le fascisme.

    Il y avait dans nos rangs une sous-estimation inadmissible du danger fasciste, sous-estimation, qui jusqu’à présent, n’est pas liquidée partout.

    Il y avait autrefois dans nos Partis des points de vue du genre de  » l’Allemagne n’est pas l’Italie « ; autrement dit : le fascisme a pu vaincre en Italie, mais sa victoire est impossible en Allemagne. Ce pays étant un pays hautement développé sous le rapport de l’industrie, hautement cultivé, riche des traditions de quarante années de mouvement ouvrier, où le fascisme est impossible.

    Il y avait aussi des points de vue qui existent encore aujourd’hui, du genre de celui-ci: dans les pays de démocratie bourgeoise « classique », il n’y a pas de terrain pour le fascisme.

    Ces points de vue ont pu et peuvent contribuer à diminuer là vigilance à l’égard du danger fasciste et entraver la mobilisation du prolétariat dans la lutte contre le fascisme.

    On peut citer également de nombreux cas où les communistes ont été pris au dépourvu par le coup d’État fasciste.

    Souvenez-vous de la Bulgarie, où la direction de notre Parti a pris une position « neutre » et, au fond, opportuniste à l’égard du coup d’État du 9 juin 1923; de la Pologne où, en mai 1926, la direction du Parti Communiste, ayant apprécié d’une façon erronée les forces motrices de la révolution polonaise, n’a pas su distinguer le caractère fasciste du coup d’État de Pilsudski et s’est traînée à la queue des événements; de la Finlande où notre Parti, se basant sur une idée fausse de la fascisation lente, graduelle, a laissé passer le coup d’État fasciste préparé par un groupe dirigeant de la bourgeoisie, coup d’État qui a pris le Parti et la classe ouvrière au dépourvu.

    Alors que le national-socialisme était déjà devenu en Allemagne un mouvement de masse menaçant, il y avait des camarades, pour qui le gouvernement de Brüning était déjà celui de la dictature fasciste, et qui déclaraient avec morgue:  » Si le « Troisième Reich » de Hitler arrive un jour, ce ne sera qu’à un mètre et demi sous terre, avec, au-dessus de lui, le pouvoir ouvrier vainqueur. »

    Les communistes d’Allemagne ont longtemps sous-estimé la blessure du sentiment national et l’indignation des masses contre Versailles; ils prenaient une attitude dédaigneuse à l’égard des flottements de la paysannerie et de la petite bourgeoisie; ils tardaient à établir un programme d’émancipation sociale et nationale, et lorsqu’ils l’eurent formulé, ils n’ont pas su l’adapter aux besoins concrets et au niveau des masses; ils n’ont pas même su le populariser largement dans les masses.

    Dans plusieurs pays, on substituait à la nécessité de déployer la lutte de masse contre le fascisme des raisonnements stériles sur le caractère du fascisme  » en général » et une étroitesse sectaire en ce qui concernait la manière de poser et de résoudre les tâches politiques d’actualité du Parti.

    Camarades, si nous parlons des causes de la victoire du fascisme, si nous signalons la responsabilité historique de la social-démocratie pour la défaite de la classe ouvrière, si nous notons aussi nos propres erreurs dans la lutte contre le fascisme, ce n’est pas simplement parce que nous voulons fouiller le passé. Nous ne sommes pas des historiens détachés de la vie, nous sommes des combattants de la classe ouvrière, tenus de répondre à la question qui tourmente des millions d’ouvriers: Peut-on, et par quel moyen, prévenir la victoire du fascisme ?

    Et nous répondons à ces millions d’ouvriers: Oui, il est possible de barrer la route au fascisme.

    C’est parfaitement possible. Cela dépend de nous-mêmes, des ouvriers, des paysans, de tous les travailleurs.

    La possibilité de prévenir la victoire du fascisme dépend avant tout de l’activité combative de la classe ouvrière elle-même, de l’union de ses forces en une armée combative unique luttant contre l’offensive du Capital et du fascisme.

    Le prolétariat en réalisant son unité de combat, paralyserait l’action du fascisme sur la paysannerie, la petite bourgeoisie des villes, la jeunesse et les intellectuels; il saurait en neutraliser une partie et attirer l’autre à ses côtés.

    Deuxièmement, cela dépend de l’existence d’un fort parti révolutionnaire, dirigeant de façon juste la lutte des travailleurs contre le fascisme. Un parti qui appelle systématiquement les ouvriers à reculer devant le fascisme et permet à la bourgeoisie fasciste de renforcer ses positions, un tel parti mènera inévitablement les ouvriers à la défaite.

    Troisièmement, cela dépend de la juste politique de la classe ouvrière à l’égard de la paysannerie et des masses petites-bourgeoises de la ville.

    Ces masses, il faut les prendre telles qu’elles sont, et non pas telles que nous voudrions les voir.

    C’est seulement dans le cours de la lutte qu’elles surmonteront leurs doutes et leurs hésitations; c’est seulement si nous prenons une attitude de patience à l’égard de leurs inévitables hésitations et si le prolétariat leur accorde son appui politique qu’elles s’élèveront à un degré supérieur de conscience révolutionnaire et d’activité.

    Quatrièmement, cela dépend de la vigilance et de l’action du prolétariat révolutionnaire au bon moment.

    Ne pas permettre au fascisme de nous prendre au dépourvu, ne pas lui abandonner l’initiative, lui porter des coups décisifs, alors qu’il n’a pas encore su rassembler ses forces, ne pas lui permettre de se consolider, lui riposter à chaque pas là où il se manifeste, ne pas lui permettre de conquérir des positions nouvelles, comme tente de le faire avec succès le prolétariat français.

    Voilà les principales conditions pour prévenir le progrès du fascisme et son accession au pouvoir.

    LE FASCISME EST UN POUVOIR FÉROCE MAIS PRÉCAIRE

    La dictature fasciste de la bourgeoisie, c’est un pouvoir féroce, mais précaire.

    Quelles sont les causes essentielles de la précarité de la dictature fasciste?

    Le fascisme qui s’apprêtait à surmonter les divergences et les contradictions du camp de la bourgeoisie, aggrave encore davantage ces contradictions.

    Le fascisme s’efforce d’établir son monopole politique en détruisant par la violence les autres partis politiques.

    Mais la présence du système capitaliste, l’existence des classes différentes et l’aggravation des contradictions de classe amènent inévitablement le monopole politique du fascisme à s’ébranler et à éclater.

    Ce n’est pas là le pays soviétique, où la dictature du prolétariat se réalise également à l’aide d’un parti sans concurrent, mais où ce monopole politique répond aux intérêts des millions de travailleurs et s’appuie de plus en plus sur l’édification d’une société sans classes.

    Dans un pays fasciste, le parti des fascistes ne peut conserver longtemps son monopole, parce qu’il n’est pas en mesure de s’assigner pour tâche l’abolition des classes et des antagonismes de classe.

    Il anéantit l’existence égale des partis bourgeois, mais une série d’entre eux continuent à exister illégalement. Quant au Parti Communiste, même dans les conditions de l’illégalité, il va de l’avant, il se trempe et guide la lutte du prolétariat contre la dictature fasciste. De cette façon, le monopole politique du fascisme doit éclater sous les coups des antagonismes de classe. Une autre cause de la précarité de la dictature fasciste consiste en ceci que le contraste entre la démagogie anticapitaliste du fascisme et la politique d’enrichissement de la bourgeoisie monopoliste par la pire des spoliations, permet de dénoncer plus facilement la nature de classe du fascisme et conduit à l’ébranlement et au rétrécissement de sa base de masse.

    En outre, la victoire du fascisme provoque la haine profonde et l’indignation des masses, contribue au développement de l’esprit révolutionnaire dans leur sein et donne une puissante impulsion au front unique du prolétariat contre le fascisme.

    En faisant une politique de nationalisme économique (autarcie) et en accaparant la plus grande partie du revenu national pour préparer la guerre, le fascisme mine toute l’économie du pays et aggrave la guerre économique entre les Etats capitalistes.

    Il confère aux conflits qui éclatent au sein de la bourgeoisie le caractère de collisions violentes et fréquemment sanglantes, ce qui sape la stabilité du pouvoir d’Etat fasciste aux yeux du peuple.

    Un pouvoir qui assassine ses propres partisans, comme on l’a vu le 30 juin de l’année dernière en Allemagne (8) , un pouvoir fasciste contre lequel une autre partie de la bourgeoisie fasciste lutte les armes à la main (putch national-socialiste en Autriche, interventions violentes de divers groupes fascistes contre le gouvernement fasciste en Pologne, en Bulgarie, en Finlande et dans d’autres pays), un tel pouvoir ne peut garder longtemps son autorité aux yeux des grandes masses petites bourgeoises.

    La classe ouvrière doit savoir utiliser les contradictions et les conflits dans le camp de la bourgeoisie, mais elle ne doit pas nourrir l’illusion que le fascisme s’épuisera de lui-même.

    Le fascisme ne s’écroulera pas automatiquement. Seule, l’activité révolutionnaire de la classe ouvrière aidera à utiliser les conflits qui surgissent inévitablement dans le camp de la bourgeoisie, pour miner la dictature fasciste et la renverser.

    En liquidant les restes de démocratie bourgeoise, en érigeant la violence déclarée en un système de gouvernement, le fascisme sape les illusions démocratiques et le prestige de la légalité aux yeux des masses travailleuses.

    Et cela à plus forte raison dans le pays où, comme par exemple en Autriche et en Espagne, les ouvriers ont lutté les armes à la main contre le fascisme.

    En Autriche, la lutte héroïque du Schutzbund et des communistes, en dépit de la défaite, a ébranlé dès le début la solidité de la dictature fasciste.

    En Espagne, la bourgeoisie n’a pas réussi à passer aux travailleurs la muselière fasciste.

    Les combats armés d’Autriche et d’Espagne ont eu pour résultat que des masses de plus en plus grandes de la classe ouvrière prennent conscience de la nécessité d’une lutte de classe révolutionnaire.

    Seuls les philistins monstrueux, des laquais de la bourgeoisie comme le plus ancien théoricien de la IIe Internationale, Karl Kautsky, peuvent reprocher aux ouvriers d’avoir pris, voyez-vous, les armes en Autriche et en Espagne. Quel aspect aurait aujourd’hui le mouvement ouvrier d’Autriche et d’Espagne, si la classe ouvrière de ces pays s’était inspirée des conseils de trahison des Kautsky ?

    La classe ouvrière éprouverait dans ses rangs une profonde démoralisation.

     » L’école de la guerre civile, dit Lénine, n’est pas vaine pour les peuples.

    C’est une dure école et son cours complet renferme inévitablement des victoires de la contre-révolution, le déchaînement des réactionnaires en furie, la répression sauvage du pouvoir ancien contre les insurgés, etc.

    Mais seuls les pédants invétérés et les esprits momifiés peuvent se lamenter à propos de l’entrée des peuples dans cette pénible école; cette école enseigne aux classes opprimées la conduite de la guerre civile, elle leur enseigne la révolution victorieuse, elle concentre dans la masse des esclaves modernes cette haine que les esclaves abêtis, abrutis, ignorants, recèlent en eux éternellement, et qui aboutit aux admirables prouesses historiques des esclaves parvenus à la conscience de l’opprobre de leur esclavage.  » V.I.Lénine, Œuvres, t. XV, p. 160.

    La victoire du fascisme en Allemagne, on le sait, a entraîné une nouvelle vague de l’offensive fasciste qui a abouti en Autriche à la provocation de Dollfuss, en Espagne à de nouvelles offensives de la contre-révolution visant les conquêtes révolutionnaires des masses, en Pologne à la réforme fasciste de la Constitution, et, en France, a stimulé les détachements armés des fascistes à faire une tentative de coup d’Etat en février 1934.

    Mais cette victoire et la frénésie de la dictature fasciste ont provoqué le réflexe du front unique prolétarien contre le fascisme à l’échelle internationale.

    L’incendie du Reichstag, qui fut le signal de l’offensive générale du fascisme contre la classe ouvrière, la mainmise sur les syndicats et les autres organisations ouvrières, et le pillage de ces organisations, les gémissements des antifascistes tourmentés sans répit qui nous parviennent des sous-sols des casernes et des camps de concentration fascistes, montrent aux masses avec la force de l’évidence à quoi a abouti le rôle scissionniste réactionnaire des chefs de la social-démocratie allemande, qui avaient repoussé les propositions communistes de lutte en commun contre le fascisme agressif, et démontrent la nécessité d’unir toutes les forces de la classe ouvrière pour renverser le fascisme.

    La victoire de Hitler a donné aussi une impulsion décisive à la réalisation du front unique de la classe ouvrière contre le fascisme en France.

    La victoire de Hitler n’a pas seulement éveillé chez les ouvriers la peur de partager le sort des ouvriers allemands; elle n’a pas seulement attisé en eux la haine des bourreaux de leurs frères de classe allemande, mais elle a encore affermi en eux la résolution de ne permettre en aucun cas dans leur pays ce qui est arrivé à la classe ouvrière d’Allemagne.

    L’aspiration puissante au front unique dans tous les pays capitalistes montre que les leçons de la défaite ne sont pas perdues.

    La classe ouvrière commence à agir d’une façon nouvelle.

    L’initiative des Partis communistes pour organiser le front unique et l’abnégation sans réserve des communistes et des ouvriers révolutionnaires, dans la lutte contre le fascisme, ont eu pour conséquence de porter à un degré sans précédent l’autorité de l’Internationale Communiste.

    Dans le même temps, se développe la crise profonde de la IIe Internationale, qui s’est manifestée et accentuée avec un éclat particulier depuis la banqueroute de la social-démocratie allemande.

    Les ouvriers social-démocrates peuvent se convaincre avec de plus en plus d’évidence que l’Allemagne fasciste, avec toutes ses horreurs et sa barbarie, c’est, en fin de compte, le résultat de la politique social-démocrate de collaboration de classe avec la bourgeoisie.

    Ces masses se rendent compte de plus en plus nettement que la voie où les chefs de la social-démocratie allemande ont mené le prolétariat, ne doit pas être reprise.

    Jamais encore il n’y a eu dans le camp de la IIe Internationale un aussi grand désarroi idéologique qu’à l’heure actuelle.

    La différenciation s’opère à l’intérieur de tous les Partis social-démocrates. Dans leurs rangs se forment deux camps principaux : à côté du camp des éléments réactionnaires, qui s’efforcent par tous les moyens de maintenir le bloc de la social-démocratie avec la bourgeoisie et repoussent avec rage le front unique avec les communistes, commence à se former un camp d’éléments révolutionnaires, doutant de la justesse de la politique de collaboration de classe avec la bourgeoisie, partisans de la réalisation du front unique avec les communistes et commençant, dans une mesure de plus en plus grande, à passer sur les positions de la lutte de classe révolutionnaire.

    Ainsi, le fascisme qui est apparu comme le fruit de la décadence du système capitaliste, a agi en dernière analyse comme un facteur de décomposition ultérieure de ce système.

    Ainsi le fascisme qui s’est chargé d’enterrer le marxisme et le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière, conduit lui-même, en conséquence de la dialectique de la vie et de la lutte de classe, au développement ultérieur des forces qui doivent creuser sa fosse, la fosse du capitalisme.

    Georges DIMITROV

    source: initiative-communiste.fr

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire