• L’IGNOMINIE ! (IC.fr-30/10/2015)

    Ainsi donc la boucle serait bouclée ! Tous les buts de guerre de atteints, le capital allemand enfin maître de la nouvelle ( ?) Gross Europa avec la complicité, devenue habituelle, du grand patronat « français » et du Parti Maastrichtien Unique (hollando-sarkozyste), on pourra rééditer le livre-« guide » des non seulement en toute impunité mais chez un grand éditeur qui se déshonore en agissant ainsi, même si, bien entendu, il ne manquera pas de préfaciers pour expliquer que la remise en circulation de ce brûlot en pleine montée pan-européenne des extrémistes de droite vise à « alerter » les jeunes générations !

    Comment exprimer notre colère, notre douleur devant cet acte infâme ?

    C’est au nom de ce livre, de cet homme, qu’à été perpétré le plus grand génocide de l’Histoire ; c’est au nom de ce livre, de cet homme qu’en Allemagne dès 1933 ont été déportés ou livrés au bourreau des milliers de femmes et d’hommes, dont le tort était d’être « rouges », « juifs », ou tout simplement « hors-normes » ; c’est au nom de ce livre, de cet homme, qu’en France et dans toute l’Europe ont été menés les massacres de populations civiles, Oradour, Lidice, Babi Yar cela vous dit il quelque chose ?  Les éxécutions de celles et ceux qui refusaient de plier sous le talon de fer et les chambres de tortures des nazis, instruments du capital allemand. C’est au nom de ce livre, qui voulait faire de la « France un pays de grooms et de jardiniers » (objectif en passe d’être atteint au nom de l’actuelle « construction » européenne) que la France a été brisée, humiliée, occupée, découpée. C’est au nom de l’antisoviétisme obsédant, de l’anticommunisme et de la haine bestiale des « Slaves » que l’Union soviétique a été ravagée impitoyablement (25 millions de morts, une majorité de civils, 1 personne sur 4 en Biélorussie…) avant de contre-attaquer à Stalingrad en libérant le monde de la pire tyrannie de l’histoire moderne.

    Et vous osez ! Au nom de quoi ? Du coup médiatique ? Du fric roi ? Il est vrai qu’avant guerre Fayard fut déjà l’éditeur du sinistre «  », dont les pages nourries de haine anticommuniste le sont aussi de haine contre le peuple français, contre l’héritage de Descartes, des Lumières et de la Grande Révolution démocratique de 1789.

    Ainsi donc les morts de la , toutes les victimes du nazisme seraient enterrées une seconde fois. Ainsi donc l’aigle du Reich ou le portrait du Führer trônerait dans les vitrines des libraires, cherchant à attirer une jeunesse en perdition ou des adultes nostalgiques d’un « régime fort », alors même que les ouvrages marxistes, voire les classiques de la littérature française ont de plus en plus de mal à être édités ou réédités !

    Fayard réalise ce dont Le Pen a toujours rêvé et qu’il n’a jamais pu faire publiquement du moins.

    Fayard vous avez « Jeté sur les cadavres, ce manteau de paroles » ainsi que l’écrivait Aragon.

    Eh bien non ! Au nom du sacrifice des nôtres, au nom des peuples martyrisés encore aujourd’hui par l’idéologie de ce livre infect, nous appelons les anciens Résistants, les démocrates, les patriotes antifascistes, le mouvement ouvrier à ne pas accepter ce fait accompli : l’appel au meurtre de masse, la haine de race n’entrent pas dans la liberté d’expression, ils relèvent du comportement criminel !
    Sinon il existe encore des lois antifascistes dans ce pays, même si comme tant d’autres, elles sont contournées dès lors qu’elles desservent le grand capital.

    Nous appelons tous les démocrates, toutes celles et tous ceux pour qui l’esprit de Résistance et le programme du ne sont pas un vain mot, tous ceux qui voient clair ou qui commencent à voir clair sur la signification véritable de la « construction » européenne, à se joindre à nous.

    • Léon LANDINI, Président des FTP-MOI de la région Rhône-Alpes, Interné de la Résistance, Grand mutilé de Guerre suite aux tortures endurées pendant son internement, Officier de la Légion d’Honneur, Médaille de la Résistance, Président du PRCF.
    • Jean-Pierre HEMMEN, Vice-Président du PRCF, Président du CISC, fils de Jean Hemmen, qui fut commandant responsable politique dans les Brigades Internationales d’Espagne, participa à la création de l’O.S. (Organisation Spéciale du PCF) et fut fusillé en 1942.
    • Pierre PRANCHÈRE, ancien maquisard FTP, député de Tulle, député honoraire du Parlement européen, ancien vice-président du conseil régional du Limousin, ancien conseiller général de Corrèze, Vice-Président du PRCF.
    • Georges GASTAUD, Secrétaire national du PRCF, fils de Résistant, philosophe.
    • Antoine MANESSIS, Responsable international du PRCF, fils de résistants grec et français
    • Annette MATEU CASADO, fille de Républicains espagnols communistes & résistants, trésorière nationale du PRCF.
    • Jany SANFELIEU, fille de combattant républicain espagnol antifasciste, secrétaire à l’organisation du PRCF.
    • Claude-Emile TOURNÉfils de Marie-France et André Tourné, combattants de la Résistance.
    • Henriette DUBOIS (Nelly dans la Résistance), résistante de la première heure, elle assura la liaison de l’Etat-major FTP avec toute la Zone Sud, d’octobre 43 à la Libération, Officier de la Légion d’Honneur à titre militaire, Combattante Volontaire de la Résistance.
    •  Arsène Tchakarian, ancien membre du groupe Manouchian – Officier de la Légion d’Honneur.

     source: initiative-communiste.fr

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  • Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovCamarades!

    Déjà le VIe Congrès de l’Internationale Communiste avertissait le prolétariat international de la maturation d’une nouvelle offensive fasciste et appelait à la lutte contre elle.

    Le Congrès indiquait que « des tendances fascistes et des germes du mouvement fasciste existent presque partout, sous une forme plus ou moins développée ».

    Dans les conditions de la crise économique extrêmement profonde, de l’aggravation marquée de la crise générale du capitalisme, du développement de l’esprit révolutionnaire dans les masses travailleuses, le fascisme est passé à une vaste offensive.

    La bourgeoisie dominante cherche de plus en plus le salut dans le fascisme, afin de prendre contre les travailleurs des mesures extraordinaires de spoliation, de préparer une guerre de brigandage impérialiste, une agression contre l’Union Soviétique, l’asservissement et le partage de la Chine et sur la base de tout cela de conjurer la révolution.

    Les milieux impérialistes tentent de faire retomber tout le poids de la cirse sur les épaules des travailleurs. C’est pour cela qu’ils ont besoin du fascisme.

    Ils s’efforcent de résoudre le problème des marchés par l’asservissement des peuples faibles, par l’aggravation du joug colonial et par un nouveau partage du monde au moyen de la guerre.

    C’est pour cela qu’ils ont besoin du fascisme.

    Ils s’efforcent de devancer la montée des forces de la révolution en écrasant le mouvement révolutionnaire des ouvriers et des paysans et en lançant une agression militaire contre l’Union Soviétique, rempart du prolétariat mondial.

    C’est pour cela qu’ils ont besoin du fascisme.

    Dans une série de pays, notamment en Allemagne, ces milieux impérialistes ont réussi, avant le tournant décisif des masses vers la révolution, à infliger une défaite au prolétariat et à instaurer la dictature fasciste.

    Mais ce qui est caractéristique pour la victoire du fascisme, c’est précisément la circonstance que cette victoire, d’une part, atteste la faiblesse du prolétariat, désorganisé et paralysé par la politique social-démocrate scissionniste de collaboration de classe avec la bourgeoisie, et, d’autre part, exprime la faiblesse de la bourgeoisie elle-même, qui est prise de peur devant la réalisation de l’unité de lutte de la classe ouvrière, prise de peur devant la révolution et n’est plus en état de maintenir sa dictature sur les masses par les vieilles méthodes de démocratie bourgeoise et de parlementarisme.

    LE CARACTÈRE DE CLASSE DU FASCISME

    Le fascisme au pouvoir est, comme l’a caractérisé avec raison la XIIIe Séance Plénière du Comité exécutif de l’Internationale Communiste, la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovLa variété la plus réactionnaire du fascisme, c’est le fascisme du type allemand, il s’intitule impudemment national-socialisme sans avoir rien de commun avec le socialisme allemand.

    Le fascisme allemand ce n’est pas seulement un nationalisme bourgeois, c’est un chauvinisme bestial. C’est un système gouvernemental de banditisme politique, un système de provocation et de tortures à l’égard de la classe ouvrière et des éléments révolutionnaires de la paysannerie, de la petite bourgeoisie et des intellectuels.

    C’est la barbarie médiévale et la sauvagerie.

    C’est une agression effrénée à l’égard des autres peuples et des autres pays.

    Le fascisme allemand apparaît comme la troupe de choc de la contre-révolution internationale, comme le principal fomentateur de la guerre impérialiste, comme l’instigateur de la croisade contre l’Union Soviétique, la grande patrie des travailleurs du monde entier.

    Le fascisme, ce n’est pas une forme du pouvoir d’Etat qui, prétendument, « se place au-dessus des deux classes, du prolétariat et de la bourgeoisie », ainsi que l’affirmait, par exemple, Otto Bauer.

    Ce n’est pas « la petite bourgeoisie en révolte qui s’est emparée de la machine d’Etat », comme le déclarait le socialiste anglais Brailsford.

    Non.

    Le fascisme, ce n’est pas un pouvoir au-dessus des classes, ni le pouvoir de la petite bourgeoisie ou des éléments déclassées du prolétariat sur le capital financier.

    Le fascisme, c’est le pouvoir du capital financier lui-même.

    C’est l’organisation de la répression terroriste contre la classe ouvrière et la partie révolutionnaire de la paysannerie et des intellectuels.

    Le fascisme en politique extérieure, c’est le chauvinisme sous sa forme la plus grossière, cultivant une haine bestiale contre les autres peuples.

    Il est nécessaire de souligner avec une vigueur particulière ce véritable caractère du fascisme parce que le masque de la démagogie sociale a permis au fascisme d’entraîner à sa suite, dans une série de pays, les masses de la petite bourgeoisie désaxée par la crise, et même certaines parties des couches les plus arriérées du prolétariat, qui n’auraient jamais suivi le fascisme si elles avaient compris son caractère de classe réel, sa véritable nature.

    Le développement du fascisme et la dictature fasciste elle-même, revêtent dans les différents pays des formes diverses, selon les conditions historiques sociales et économiques, selon les particularités nationales et la situation internationale du pays donné.

    Dans certains pays, principalement là où le fascisme n’a pas de large base dans les masses et où la lutte des différents groupements dans le camp de la bourgeoisie fasciste elle-même est assez forte, le fascisme ne se résout pas du premier coup à liquider le Parlement et laisse aux autres partis bourgeois, de même qu’à la social-démocratie, une certaine légalité.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovDans d’autres pays, où la bourgeoisie dominante appréhende la proche explosion de la révolution, le fascisme établit son monopole politique illimité ou bien du premier coup, ou bien en renforçant de plus en plus la terreur et la répression à l’égard de tous les partis et groupements concurrents.

    Ce fait n’exclut pas, de la part du fascisme, au moment d’une aggravation particulière de sa situation, les tentatives d’élargir sa base et, sans changer d’essence de classe, de combiner la dictature terroriste ouverte avec une falsification grossière du parlementarisme.

    L’arrivée du fascisme au pouvoir, ce n’est pas la substitution ordinaire d’un gouvernement bourgeois à un autre, mais le remplacement d’une forme étatique de la domination de classe de la bourgeoisie – la démocratie bourgeoise – par une autre forme de cette domination, la dictature terroriste déclarée.

    Méconnaître cette distinction serait une faute grave, qui empêcherait le prolétariat révolutionnaire de mobiliser les couches laborieuses les plus étendues de la ville et de la campagne pour la lutte contre la menace de la prise du pouvoir par les fascistes, et d’utiliser les contradictions existant dans le camp de la bourgeoisie elle-même.

    Mais c’est une faute non moins grave et non moins dangereuse de sous-estimer l’importance que revêtent, pour l’instauration de la dictature fasciste, les mesures réactionnaires de la bourgeoisie, qui s’aggravent aujourd’hui dans les pays de démocratie bourgeoise, et qui écrasent les libertés démocratiques des travailleurs, falsifient et rognent les droits du Parlement, accentuent la répression contre le mouvement révolutionnaire.

    Camarades, on ne saurait se faire de l’arrivée du fascisme au pouvoir l’idée simpliste et unie qu’un comité quelconque du capital financier déciderait d’instaurer à telle date la dictature fasciste.

    En réalité, le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovTout cela sans affaiblir cependant l’importance du fait qu’avant l’instauration de la dictature fasciste, les gouvernements bourgeois passent ordinairement par une série d’étapes préparatoires et prennent une série de mesures réactionnaires contribuant à l’avènement direct du fascisme.

    Quiconque ne lutte pas, au cours de ces étapes préparatoires, contre les mesures réactionnaires de la bourgeoisie et le fascisme grandissant, n’est pas en état d’entraver la victoire du fascisme, mais au contraire la facilite.

    Les chefs de la social-démocratie estompaient et cachaient aux masses le vrai caractère de classe du fascisme, ils n’appelaient pas à la lutte contre les mesures réactionnaires de plus en plus fortes de la bourgeoisie.

    Ils portent la grande responsabilité historique du fait qu’au moment décisif de l’offensive fasciste, une partie considérable des masses travailleuses, en Allemagne et dans une série d’autres pays fascistes, n’a pas reconnu dans le fascisme le rapace financier sanguinaire, leur pire ennemi, et du fait que ces masses n’ont pas été prêtes à la riposte.

    Quelle est donc la source de l’influence du fascisme sur les masses?

    Le fascisme réussit à attirer les masses parce qu’il en appelle, de façon démagogique, aux plus sensibles de leurs besoins et de leurs aspirations.

    Le fascisme ne se borne pas à attiser les préjugés profondément enracinés dans les masses; il joue aussi sur les meilleurs sentiments des masses, sur leur sentiment de justice et parfois même sur leurs traditions révolutionnaires.

    Pourquoi les fascistes allemands, ces laquais de la grande bourgeoisie et ces ennemis mortels du socialisme, se font-ils passer devant les masses pour des « socialistes » et représentent-ils leur avènement au pouvoir comme une « révolution »?

    Parce qu’ils visent à exploiter la foi dans la révolution, l’élan vers le socialisme, qui vivent au cœur des grandes masses travailleuses d’Allemagne.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovLe fascisme agit dans l’intérêt des ultra-impérialistes, mais il se montre aux masses sous le masque de défenseur de la nation lésée et en appelle au sentiment national blessé, comme, par exemple, le fascisme allemand qui entraîna les masses derrière lui avec le mot d’ordre  » Contre Versailles !  »

    Le fascisme vise à l’exploitation la plus effrénée des masses, mais il aborde celles-ci avec une habile démagogie anticapitaliste, en exploitant la haine profonde des travailleurs pour la bourgeoisie rapace, les banques, les trusts et les magnats financiers, et en formulant les mots d’ordre les plus tentants au moment donné pour les masses politiquement frustes.

    En Allemagne: « l’intérêt général prime l’intérêt privé »; en Italie: « notre Etat n’est pas, un Etat capitaliste, mais corporatif »; au Japon: « pour un Japon sans exploitation »; aux Etats-Unis:  » pour le partage de la richesse », etc.

    Le fascisme livre le peuple à la merci des éléments vénaux les plus corrompus, mais se présente devant lui en revendiquant un « pouvoir honnête et incorruptible ».

    En spéculant sur la profonde déception des masses à l’égard des gouvernements de démocratie bourgeoise, le fascisme s’indigne hypocritement contre la corruption (par exemple, les affaires Barmat et Sklarek en Allemagne, l’affaire Staviski en France, et une série d’autres)

    Le fascisme capte, dans l’intérêt des cercles les plus réactionnaires de la bourgeoisie, les masses déçues qui abandonnent les vieux partis bourgeois.

    Mais il en impose à ces masses par la violence de ses attaques contre les gouvernements bourgeois, par son attitude intransigeante à l’égard des vieux partis de la bourgeoisie.

    Dépassant en cynisme et en hypocrisie toutes les autres variétés de la réaction bourgeoise, le fascisme adapte sa démagogie aux particularités nationales de chaque pays et même aux particularités des différentes couches sociales dans un seul et même pays.

    Et les masses de la petite bourgeoisie, voire une partie des ouvriers, poussés au désespoir par la misère, le chômage et la précarité de leur existence, deviennent victimes de la démagogie sociale et chauvine du fascisme.

    Le fascisme arrive au pouvoir comme le parti de choc contre le mouvement révolutionnaire du prolétariat, contre les masses populaires en fermentation, mais il présente son avènement au pouvoir comme un mouvement « révolutionnaire » contre la bourgeoisie au nom de « toute la nation » et pour le « salut » de la nation. (Rappelons-nous la « marche » de Mussolini sur Rome, la « marche » de Pilsudski sur Varsovie, la « révolution » nationale-socialiste de Hitler en Allemagne, etc.)

    Mais quel que soit le masque dont le fascisme s’affuble, sous quelque forme qu’il apparaisse, quelle que soit la voie qu’il emprunte pour arriver au pouvoir :

    Le fascisme est l’offensive la plus féroce du Capital contre les masses travailleuses.

    Le fascisme, c’est le chauvinisme effréné et la guerre de conquête.

    Le fascisme, c’est la réaction forcenée et la contre révolution.

    Le fascisme, c’est le pire ennemi de la classe ouvrière et de tous les travailleurs!

    QU’EST-CE QUE LE FASCISME VAINQUEUR APPORTE AUX MASSES?

    Le fascisme avait promis aux ouvriers un « juste salaire », mais, en fait, il leur a apporté un niveau de vie encore plus bas, un niveau de vie misérable.

     Il avait promis du travail aux chômeurs, mais, en fait, il leur a apporté des tortures de la faim encore plus pénibles, un travail forcé, un travail servile.

    En fait, il transforme les ouvriers et les chômeurs en parias de la société capitaliste sans aucun droit; il détruit leurs syndicats; il les prive du droit de faire grève et les empêche d’éditer la presse ouvrière; il les embrigade de force dans les organisations fascistes; il dilapide les fonds de leurs assurances sociales; quant aux fabriques et aux usines, il en fait des casernes où règne l’arbitraire effréné des capitalistes.

    Le fascisme avait promis à la jeunesse travailleuse de lui ouvrir largement la voie d’un brillant avenir.

    En fait, il a apporté les licenciements en masse de la jeunesse des entre prises, les camps de travail et le dressage militaire sans répit pour la guerre de conquête.

    Le fascisme avait promis aux employés, aux petits fonctionnaires, aux intellectuels d’assurer leur subsistance, d’abolir la toute-puissance des trusts et la spéculation du capital bancaire.

    En fait, il leur a apporté une incertitude du lendemain et un désespoir plus grand encore; il les soumet à une nouvelle bureaucratie composée de ses partisans les plus dévoués.

    Il établit une dictature insupportable des trusts; il sème dans des proportions inouïes la corruption, la décomposition.

    Le fascisme avait promis à la paysannerie ruinée, tombée dans la misère, de liquider le joug des dettes, d’abolir les fermages et même d’aliéner sans compensation les terres des propriétaires fonciers au profit des paysans sans terre et en train de se ruiner.

    En fait, il établit un asservissement inouï de la paysannerie laborieuse aux trusts et à l’appareil d’Etat fasciste, il pousse jusqu’aux dernières limites l’exploitation de la masse fondamentale de la paysannerie par les gros propriétaires fonciers, les banques et les usuriers.

    « L’Allemagne sera un pays agricole, ou elle ne sera pas », déclarait solennellement Hitler.

    Eh bien! qu’est-ce que les paysans ont reçu en Allemagne, sous Hitler?

    Le moratotium (1) déjà annulé?

    Ou la loi sur l’héritage de la ferme paysanne qui pousse à évincer des campagnes des millions de fils et de filles de paysans et à en faire des mendiants?

    Les salariés agricoles sont convertis en demi-serfs, privés même du droit élémentaire de libre déplacement.

    La paysannerie laborieuse est privée de la possibilité de vendre sur le marché les produits de son exploitation.

    Et en Pologne?

    « Le paysan polonais, écrit le journal polonais Czas, use de procédés et de troyens employés, peut-être, seulement à l’époque du Moyen Age; il fait couver le feu dans son poêle et le prête à son voisin, il divise les allumettes en plusieurs fragments, il emprunte de petits morceaux de savon noir, il fait bouillir des tonneaux à harengs pour obtenir de l’eau salée.

    Ce n’est pas là une fable, mais la situation réelle de la campagne, et chacun peut s’en convaincre. »

    Or, ce ne sont pas les communistes qui écrivent ces choses, camarades, mais un journal réactionnaire polonais!

    Encore n’est-ce pas tout, loin de là.

    Chaque jour, dans les camps de concentration de l’Allemagne fasciste, dans les sous-sols de la Gestapo, dans les cachots polonais, dans les Sûretés générales bulgare et finlandaise, dans la Glavniatch de Belgrade, dans la Sigouranza roumaine, dans les îles d’Italie, on fait subir aux meilleurs fils de la classe ouvrière, aux paysans révolutionnaires, aux champions d’un radieux avenir de l’humanité, des violences et des brimades si répugnantes qu’elles font pâlir les agissements les plus infâmes de l’Okhrana tzariste (2).

    Le fascisme scélérat d’Allemagne transforme en une bouillie sanglante le corps des maris en présence de leurs femmes; aux mères, il envoie par colis postal les cendres de leurs fils assassinés.

    La stérilisation est transformée en un instrument de lutte politique.

    Dans les salles de tortures, on injecte de force, aux antifascistes prisonniers, des substances toxiques, on leur brise les mains, on leur crève les yeux, on les suspend, on les gorge d’eau, on leur découpe le signe fasciste dans la chair.

    J’ai sous les yeux le relevé statistique du S.R.I. – Secours Rouge International, – concernant les hommes assassinés, blessés, arrêtés, estropiés et torturés en Allemagne, Pologne, Italie, Autriche, Bulgarie, Yougoslavie.

    Dans la seule Allemagne, depuis l’accession des national-socialistes au pouvoir, il a été tué plus de 4200 personnes, on en a arrêté 317 800, blessés et soumis à de pénibles tortures 218 600 ouvriers, paysans, employés, intellectuels antifascistes, communistes, social-démocrates, membres des organisations chrétiennes de l’opposition.

    En Autriche, le gouvernement fasciste « chrétien », depuis les combats de février de l’année dernière, a assassiné 1900 ouvriers révolutionnaires, en a blessé et mutilé 10 000, arrêté 40 000. Et ce relevé est loin d’être complet!

    Il m’est difficile de trouver les mots capables d’exprimer toute l’indignation qui s’empare de nous à l’idée des tourments que les travailleurs subissent aujourd’hui dans les pays fascistes.

    Les chiffres et les faits que nous citons, ne reflètent même pas la centième partie du tableau véritable de l’exploitation et des tortures de la terreur blanche, dont est pleine la vie quotidienne de la classe ouvrière dans les différents pays capitalistes.

    Il n’est point de livres, si nombreux soient-ils, qui puissent donner une idée claire des férocités innombrables exercées par le fascisme sur les travailleurs.

    C’est avec une émotion profonde et un sentiment de haine à l’égard des bourreaux fascistes que nous inclinons les drapeaux de l’Internationale Communiste devant la mémoire inoubliable de John Scheer, Fiete Schultz, Luttgens en Allemagne; Koloman Wallisch et Munchreiter en Autriche; Challay et Furst en Hongrie; Kofardjiev, Lutibrodski et Voïkov en Bulgarie; devant la mémoire des milliers et des milliers d’ouvriers, de paysans, de représentants des intellectuels progressistes, communistes, social-démocrates et sansparti, qui ont donné leur vie dans la lutte contre le fascisme.

    Nous saluons de cette tribune le chef du prolétariat allemand et président d’honneur de notre congrès, le camarade Thaelmann. Nous saluons les camarades Rakosi, Gramsci, Antikaïnen. Nous saluons Thomas Mooney qui, depuis dix-huit ans déjà languit en prison, et les milliers d’autres prisonniers du Capital et du fascisme et nous leur disons: « Frères de lutte, frères d’armes, vous n’êtes pas oubliés. Nous sommes avec vous. Chaque heure de notre vie, chaque goutte de notre sang, nous le donnerons pour vous affranchir et affranchir tous les travailleurs du honteux régime fasciste. »

    Camarades!

    Lénine nous avertissait déjà que la bourgeoisie réussirait peut-être à frapper d’une terreur féroce les travailleurs et à repousser pour un temps plus ou moins bref les forces croissantes de la révolution, mais que, de toute façon, elle ne réussirait pas à échapper à sa perte.

    « La vie – écrivait Lénine, – l’emportera.

    La bourgeoisie a beau se démener, s’exaspérer à en perdre la raison, dépasser toutes les bornes, commettre sottise sur sottise, se venger d’avance des bolchéviks et s’efforcer de massacrer une fois de plus comme aux Indes, en Hongrie, en Allemagne et ailleurs des centaines de milliers de bolchéviks jeunes et vieux.

    Elle fait en agissant ainsi ce qu’ont toujours fait les classes condamnées par l’histoire.

    Les communistes doivent savoir que l’avenir leur appartient, quoi qu’il arrive.

    C’est pourquoi nous pouvons et nous devons unir dans la grande lutte révolutionnaire l’ardeur la plus passionnée su sang-froid le plus grand et à l’estimation la plus froide des agitations forcenées de la bourgeoisie. » V.I.Lénine, Œuvres, t. XXXI, p. 81.

     Oui, si nous-mêmes et le prolétariat du monde entier marchons d’un pas ferme dans la voie que nous indique Lénine, la bourgeoisie périra quoi qu’elle fasse.

    LA VICTOIRE DU FASCISME EST-ELLE INÉVITABLE ?

    Pourquoi et de quelle façon le fascisme a-t-il pu vaincre?

    Le fascisme est le pire ennemi de la classe ouvrière et des travailleurs.

    Le fascisme est l’ennemi des neuf dixièmes du peuple allemand, des neuf dixièmes du peuple autrichien, des neuf dixièmes des autres peuples des pays fascistes.

    Comment, de quelle manière, ce pire ennemi a-t-il pu vaincre?

    Le fascisme a pu accéder au pouvoir avant tout parce que la classe ouvrière, par suite de la politique de collaboration de classe avec la bourgeoisie que pratiquaient les chefs de la social-démocratie, s’est trouvée scindée, désarmée au point de vue politique et au point de vue de l’organisation, face à l’agression de la bourgeoisie.

    Quant aux Partis communistes, ils étaient insuffisamment forts pour soulever les masses, sans et contre la social-démocratie, et les conduire ainsi à la bataille décisive contre le fascisme.

    En effet! Que les millions d’ouvriers social-démocrates, qui, aujourd’hui, tout comme leurs frères communistes, éprouvent par eux-mêmes les horreurs de la barbarie fasciste, réfléchissent sérieusement: si, en 1918 au moment où éclata la révolution en Allemagne et en Autriche, le prolétariat autrichien et allemand n’avait pas suivi la direction social-démocrate d’Otto Bauer, de Friedrich Adler et de Renner en Autriche, d’Ebert et de Scheidemann en Allemagne, mais avait suivi la voie des bolchéviks russes, la voie de Lénine, le fascisme n’existerait aujourd’hui ni en Autriche, ni en Allemagne, ni en Italie, ni en Hongrie, ni en Pologne, ni dans les Balkans.

    Ce n’est pas la bourgeoisie, mais la classe ouvrière qui serait depuis longtemps déjà maîtresse de la situation en Europe.

    Prenons, par exemple, la social-démocratie autrichienne.

    La révolution de 1918 l’avait portée à une hauteur considérable.

    Elle détenait le pouvoir. Elle occupait de fortes positions dans l’armée, dans l’appareil d’Etat.

    En s’appuyant sur ses positions, elle pouvait tuer dans l’œuf le fascisme naissant.

    Mais elle a livré sans résistance les positions de la classe ouvrière l’une après l’autre.

    Elle a permis à la bourgeoisie de rendre son pouvoir plus fort, d’annuler la Constitution, d’épurer l’appareil d’Etat, l’armée et la police des militants social-démocrates, de retirer l’arsenal aux ouvriers.

    Elle a permis aux bandits fascistes d’assassiner impunément les ouvriers social-démocrates; elle a accepté les conditions du pacte de Hüttenberg (3) qui ouvrait la porte des entreprises aux éléments fascistes.

    En même temps, les chefs de la social-démocratie bourraient le crâne aux ouvriers, à l’aide du programme de Lintz (4) qui prévoyait le recours éventuel à la violence armée contre la bourgeoisie et l’instauration de la dictature du prolétariat, en les assurant que le Parti répondrait par l’appel à la grève générale et à la lutte armée si les classes dirigeantes usaient de violence à l’égard de la classe ouvrière.

    Comme si toute la politique de préparation de l’agression fasciste contre la classe ouvrière n’était pas une succession de violences, exercées contre elle, sous le voile des formes constitutionnelles.

    Même à la veille des batailles de février et pendant ces batailles, la direction de la social-démocratie autrichienne a laissé le Schutzbund (5), qui luttait héroïquement, isolé des grandes masses et elle a voué le prolétariat autrichien à la défaite

    Le victoire du fascisme était-elle inévitable en Allemagne?

    Non, la classe ouvrière allemande pouvait la conjurer.

    Mais, pour cela, elle aurait dû parvenir à réaliser le front unique prolétarien antifasciste, elle aurait dû obliger les chefs de la social-démocratie à cesser leur campagne contre les communistes et à accepter les propositions répétées du Parti Communiste sur l’unité d’action contre le fascisme.

    Lors de l’offensive du fascisme et de la liquidation graduelle par la bourgeoisie des libertés démocratiques bourgeoises, elle n’aurait pas dû se contenter des résolutions verbales de la social-démocratie, mais répondre par une véritable lutte de masse, qui eût entravé les plans fascistes de la bourgeoisie allemande.

    Elle aurait dû empêcher l’interdiction, par le gouvernement Braun-Severing6, de l’Association de combattants rouges, établir entre cette association et la Reichsbanner (7), qui comptait près d’un million de membres, une liaison de combat et obliger Braun et Severing à armer l’une et l’autre pour riposter aux bandes fascistes et les écraser.

    Elle aurait dû contraindre les leaders social-démocrates placés à la tête du gouvernement prussien à prendre des mesures de défense contre le fascisme, à arrêter les chefs fascistes, à interdire leur presse, à confisquer leurs ressources matérielles et les ressources des capitalistes qui finançaient le mouvement fasciste, à dissoudre les organisations fascistes, à leur enlever leurs armes, etc.

    Puis, elle aurait dû obtenir le rétablissement et l’extension de toutes les formes d’assistance sociale et l’établissement d’un moratoire et de secours pour les paysans, en train de se ruiner sous l’effet des crises, en imposant les banques et-les trusts, afin de s’assurer de cette façon le soutien de la paysannerie travailleuse.

    Cela n’a pas été fait par la faute de la social-démocratie d’Allemagne, et c’est pourquoi le fascisme a su vaincre.

    La bourgeoisie et les nobles devaient-ils inévitablement triompher en Espagne, pays où se combinent si avantageusement les forces de l’insurrection prolétarienne et de la guerre paysanne?

    Les socialistes espagnols étaient au gouvernement dès les premiers jours de la révolution.

    Ont-ils établi une liaison de combat entre les organisations ouvrières de toutes les tendances politiques, y compris communistes, et anarchistes, ont-ils soudé la classe ouvrière en une organisation syndicale unique?

    Ont-ils exigé la confiscation de toutes les terres des propriétaires fonciers, de l’Eglise, des couvents au profit des paysans, pour gagner ces derniers à la révolution?

    Ont-ils tenté de lutter pour le droit des Catalans et des Basques à disposer d’eux-mêmes, pour l’affranchissement du Maroc?

    Ont-ils procédé dans l’armée à l’épuration des éléments monarchistes et fascistes, pour préparer son passage du côté des ouvriers et des paysans

    Ont-ils dissous la garde civile, exécrée du peuple et bourreau de tous les mouvements populaires?

    Ont-ils frappé le parti fasciste de Gil Robles, ont-ils porté des coups à l’ Eglise catholique pour abattre sa puissance?

    Non, ils n’ont rien fait de tout cela. Ils ont repoussé les propositions répétées des communistes sur l’unité d’action contre l’offensive de la bourgeoisie, des propriétaires fonciers et du fascisme.

    Ils ont voté des lois électorales qui ont permis à la réaction de conquérir la majorité des Cortès, des lois réprimant les mouvements populaires, des lois en vertu desquelles on juge actuellement les héroïques mineurs des Asturies.

    Ils ont fait fusiller par la garde civile les paysans en lutte pour la terre, etc.

    C’est ainsi que la social-démocratie a frayé au fascisme la route du pouvoir et en Allemagne et en Autriche et en Espagne, en désorganisant et en divisant les rangs de la classe ouvrière.

    Camarades! Le fascisme a vaincu aussi parce que le prolétariat s’est trouvé coupé de ses alliés naturels.

    Le fascisme a vaincu parce qu’il a réussi à entraîner à sa suite les grandes masses de la paysannerie, du fait que la social-démocratie pratiquait au nom de la. classe ouvrière une politique en réalité antipaysanne. Le paysan avait vu se succéder au pouvoir une série de gouvernements social-démocrates qui, à ses yeux, personnifiaient le pouvoir de la classe ouvrière mais pas un d’entre eux n’avait résolu le problème de la misère paysanne, pas un d’entre eux n’avait donné la terre à la paysannerie. La social-démocratie d’Allemagne n’avait pas touché aux propriétaires fonciers: elle entravait les grèves des ouvriers agricoles. Le résultat, c’est que ceux-ci, en Allemagne, bien avant l’accession de Hitler au pouvoir, abandonnèrent les syndicats réformistes et, dans la plupart des cas, passèrent aux Casques d’acier et aux national-socialistes. Le fascisme a vaincu encore parce qu’il a réussi à pénétrer dans les rangs de la Jeunesse, du moment que la social-démocratie détournait la jeunesse ouvrière de la lutte de classe, que le prolétariat révolutionnaire n’avait pas déployé parmi les jeunes le travail éducatif nécessaire et n’avait pas réservé une attention suffisante à la lutte pour ses intérêts et ses aspirations spécifiques.

    Fascisme et classe ouvrière – par Georges DimitrovLe fascisme a su saisir le besoin d’activité combative, particulièrement vif chez les jeunes et il a entraîné une partie considérable d’entre eux dans ses détachements de combat.

    La nouvelle génération de la jeunesse masculine et féminine n’a pas passé par les horreurs de la guerre.

    Elle sent peser sur ses épaules tout le fardeau de la crise économique, du chômage et de l’effondrement de la démocratie bourgeoise. Faute de perspectives d’avenir, des couches considérables de jeunes se sont avérées particulièrement sensibles à la démagogie fasciste, qui leur dessinait un avenir tentant lors de la victoire du fascisme.

    Dans cet ordre d’idées, nous ne pouvons omettre une série de fautes commises par les Partis communistes, fautes qui ont freiné notre lutte contre le fascisme.

    Il y avait dans nos rangs une sous-estimation inadmissible du danger fasciste, sous-estimation, qui jusqu’à présent, n’est pas liquidée partout.

    Il y avait autrefois dans nos Partis des points de vue du genre de  » l’Allemagne n’est pas l’Italie « ; autrement dit : le fascisme a pu vaincre en Italie, mais sa victoire est impossible en Allemagne. Ce pays étant un pays hautement développé sous le rapport de l’industrie, hautement cultivé, riche des traditions de quarante années de mouvement ouvrier, où le fascisme est impossible.

    Il y avait aussi des points de vue qui existent encore aujourd’hui, du genre de celui-ci: dans les pays de démocratie bourgeoise « classique », il n’y a pas de terrain pour le fascisme.

    Ces points de vue ont pu et peuvent contribuer à diminuer là vigilance à l’égard du danger fasciste et entraver la mobilisation du prolétariat dans la lutte contre le fascisme.

    On peut citer également de nombreux cas où les communistes ont été pris au dépourvu par le coup d’État fasciste.

    Souvenez-vous de la Bulgarie, où la direction de notre Parti a pris une position « neutre » et, au fond, opportuniste à l’égard du coup d’État du 9 juin 1923; de la Pologne où, en mai 1926, la direction du Parti Communiste, ayant apprécié d’une façon erronée les forces motrices de la révolution polonaise, n’a pas su distinguer le caractère fasciste du coup d’État de Pilsudski et s’est traînée à la queue des événements; de la Finlande où notre Parti, se basant sur une idée fausse de la fascisation lente, graduelle, a laissé passer le coup d’État fasciste préparé par un groupe dirigeant de la bourgeoisie, coup d’État qui a pris le Parti et la classe ouvrière au dépourvu.

    Alors que le national-socialisme était déjà devenu en Allemagne un mouvement de masse menaçant, il y avait des camarades, pour qui le gouvernement de Brüning était déjà celui de la dictature fasciste, et qui déclaraient avec morgue:  » Si le « Troisième Reich » de Hitler arrive un jour, ce ne sera qu’à un mètre et demi sous terre, avec, au-dessus de lui, le pouvoir ouvrier vainqueur. »

    Les communistes d’Allemagne ont longtemps sous-estimé la blessure du sentiment national et l’indignation des masses contre Versailles; ils prenaient une attitude dédaigneuse à l’égard des flottements de la paysannerie et de la petite bourgeoisie; ils tardaient à établir un programme d’émancipation sociale et nationale, et lorsqu’ils l’eurent formulé, ils n’ont pas su l’adapter aux besoins concrets et au niveau des masses; ils n’ont pas même su le populariser largement dans les masses.

    Dans plusieurs pays, on substituait à la nécessité de déployer la lutte de masse contre le fascisme des raisonnements stériles sur le caractère du fascisme  » en général » et une étroitesse sectaire en ce qui concernait la manière de poser et de résoudre les tâches politiques d’actualité du Parti.

    Camarades, si nous parlons des causes de la victoire du fascisme, si nous signalons la responsabilité historique de la social-démocratie pour la défaite de la classe ouvrière, si nous notons aussi nos propres erreurs dans la lutte contre le fascisme, ce n’est pas simplement parce que nous voulons fouiller le passé. Nous ne sommes pas des historiens détachés de la vie, nous sommes des combattants de la classe ouvrière, tenus de répondre à la question qui tourmente des millions d’ouvriers: Peut-on, et par quel moyen, prévenir la victoire du fascisme ?

    Et nous répondons à ces millions d’ouvriers: Oui, il est possible de barrer la route au fascisme.

    C’est parfaitement possible. Cela dépend de nous-mêmes, des ouvriers, des paysans, de tous les travailleurs.

    La possibilité de prévenir la victoire du fascisme dépend avant tout de l’activité combative de la classe ouvrière elle-même, de l’union de ses forces en une armée combative unique luttant contre l’offensive du Capital et du fascisme.

    Le prolétariat en réalisant son unité de combat, paralyserait l’action du fascisme sur la paysannerie, la petite bourgeoisie des villes, la jeunesse et les intellectuels; il saurait en neutraliser une partie et attirer l’autre à ses côtés.

    Deuxièmement, cela dépend de l’existence d’un fort parti révolutionnaire, dirigeant de façon juste la lutte des travailleurs contre le fascisme. Un parti qui appelle systématiquement les ouvriers à reculer devant le fascisme et permet à la bourgeoisie fasciste de renforcer ses positions, un tel parti mènera inévitablement les ouvriers à la défaite.

    Troisièmement, cela dépend de la juste politique de la classe ouvrière à l’égard de la paysannerie et des masses petites-bourgeoises de la ville.

    Ces masses, il faut les prendre telles qu’elles sont, et non pas telles que nous voudrions les voir.

    C’est seulement dans le cours de la lutte qu’elles surmonteront leurs doutes et leurs hésitations; c’est seulement si nous prenons une attitude de patience à l’égard de leurs inévitables hésitations et si le prolétariat leur accorde son appui politique qu’elles s’élèveront à un degré supérieur de conscience révolutionnaire et d’activité.

    Quatrièmement, cela dépend de la vigilance et de l’action du prolétariat révolutionnaire au bon moment.

    Ne pas permettre au fascisme de nous prendre au dépourvu, ne pas lui abandonner l’initiative, lui porter des coups décisifs, alors qu’il n’a pas encore su rassembler ses forces, ne pas lui permettre de se consolider, lui riposter à chaque pas là où il se manifeste, ne pas lui permettre de conquérir des positions nouvelles, comme tente de le faire avec succès le prolétariat français.

    Voilà les principales conditions pour prévenir le progrès du fascisme et son accession au pouvoir.

    LE FASCISME EST UN POUVOIR FÉROCE MAIS PRÉCAIRE

    La dictature fasciste de la bourgeoisie, c’est un pouvoir féroce, mais précaire.

    Quelles sont les causes essentielles de la précarité de la dictature fasciste?

    Le fascisme qui s’apprêtait à surmonter les divergences et les contradictions du camp de la bourgeoisie, aggrave encore davantage ces contradictions.

    Le fascisme s’efforce d’établir son monopole politique en détruisant par la violence les autres partis politiques.

    Mais la présence du système capitaliste, l’existence des classes différentes et l’aggravation des contradictions de classe amènent inévitablement le monopole politique du fascisme à s’ébranler et à éclater.

    Ce n’est pas là le pays soviétique, où la dictature du prolétariat se réalise également à l’aide d’un parti sans concurrent, mais où ce monopole politique répond aux intérêts des millions de travailleurs et s’appuie de plus en plus sur l’édification d’une société sans classes.

    Dans un pays fasciste, le parti des fascistes ne peut conserver longtemps son monopole, parce qu’il n’est pas en mesure de s’assigner pour tâche l’abolition des classes et des antagonismes de classe.

    Il anéantit l’existence égale des partis bourgeois, mais une série d’entre eux continuent à exister illégalement. Quant au Parti Communiste, même dans les conditions de l’illégalité, il va de l’avant, il se trempe et guide la lutte du prolétariat contre la dictature fasciste. De cette façon, le monopole politique du fascisme doit éclater sous les coups des antagonismes de classe. Une autre cause de la précarité de la dictature fasciste consiste en ceci que le contraste entre la démagogie anticapitaliste du fascisme et la politique d’enrichissement de la bourgeoisie monopoliste par la pire des spoliations, permet de dénoncer plus facilement la nature de classe du fascisme et conduit à l’ébranlement et au rétrécissement de sa base de masse.

    En outre, la victoire du fascisme provoque la haine profonde et l’indignation des masses, contribue au développement de l’esprit révolutionnaire dans leur sein et donne une puissante impulsion au front unique du prolétariat contre le fascisme.

    En faisant une politique de nationalisme économique (autarcie) et en accaparant la plus grande partie du revenu national pour préparer la guerre, le fascisme mine toute l’économie du pays et aggrave la guerre économique entre les Etats capitalistes.

    Il confère aux conflits qui éclatent au sein de la bourgeoisie le caractère de collisions violentes et fréquemment sanglantes, ce qui sape la stabilité du pouvoir d’Etat fasciste aux yeux du peuple.

    Un pouvoir qui assassine ses propres partisans, comme on l’a vu le 30 juin de l’année dernière en Allemagne (8) , un pouvoir fasciste contre lequel une autre partie de la bourgeoisie fasciste lutte les armes à la main (putch national-socialiste en Autriche, interventions violentes de divers groupes fascistes contre le gouvernement fasciste en Pologne, en Bulgarie, en Finlande et dans d’autres pays), un tel pouvoir ne peut garder longtemps son autorité aux yeux des grandes masses petites bourgeoises.

    La classe ouvrière doit savoir utiliser les contradictions et les conflits dans le camp de la bourgeoisie, mais elle ne doit pas nourrir l’illusion que le fascisme s’épuisera de lui-même.

    Le fascisme ne s’écroulera pas automatiquement. Seule, l’activité révolutionnaire de la classe ouvrière aidera à utiliser les conflits qui surgissent inévitablement dans le camp de la bourgeoisie, pour miner la dictature fasciste et la renverser.

    En liquidant les restes de démocratie bourgeoise, en érigeant la violence déclarée en un système de gouvernement, le fascisme sape les illusions démocratiques et le prestige de la légalité aux yeux des masses travailleuses.

    Et cela à plus forte raison dans le pays où, comme par exemple en Autriche et en Espagne, les ouvriers ont lutté les armes à la main contre le fascisme.

    En Autriche, la lutte héroïque du Schutzbund et des communistes, en dépit de la défaite, a ébranlé dès le début la solidité de la dictature fasciste.

    En Espagne, la bourgeoisie n’a pas réussi à passer aux travailleurs la muselière fasciste.

    Les combats armés d’Autriche et d’Espagne ont eu pour résultat que des masses de plus en plus grandes de la classe ouvrière prennent conscience de la nécessité d’une lutte de classe révolutionnaire.

    Seuls les philistins monstrueux, des laquais de la bourgeoisie comme le plus ancien théoricien de la IIe Internationale, Karl Kautsky, peuvent reprocher aux ouvriers d’avoir pris, voyez-vous, les armes en Autriche et en Espagne. Quel aspect aurait aujourd’hui le mouvement ouvrier d’Autriche et d’Espagne, si la classe ouvrière de ces pays s’était inspirée des conseils de trahison des Kautsky ?

    La classe ouvrière éprouverait dans ses rangs une profonde démoralisation.

     » L’école de la guerre civile, dit Lénine, n’est pas vaine pour les peuples.

    C’est une dure école et son cours complet renferme inévitablement des victoires de la contre-révolution, le déchaînement des réactionnaires en furie, la répression sauvage du pouvoir ancien contre les insurgés, etc.

    Mais seuls les pédants invétérés et les esprits momifiés peuvent se lamenter à propos de l’entrée des peuples dans cette pénible école; cette école enseigne aux classes opprimées la conduite de la guerre civile, elle leur enseigne la révolution victorieuse, elle concentre dans la masse des esclaves modernes cette haine que les esclaves abêtis, abrutis, ignorants, recèlent en eux éternellement, et qui aboutit aux admirables prouesses historiques des esclaves parvenus à la conscience de l’opprobre de leur esclavage.  » V.I.Lénine, Œuvres, t. XV, p. 160.

    La victoire du fascisme en Allemagne, on le sait, a entraîné une nouvelle vague de l’offensive fasciste qui a abouti en Autriche à la provocation de Dollfuss, en Espagne à de nouvelles offensives de la contre-révolution visant les conquêtes révolutionnaires des masses, en Pologne à la réforme fasciste de la Constitution, et, en France, a stimulé les détachements armés des fascistes à faire une tentative de coup d’Etat en février 1934.

    Mais cette victoire et la frénésie de la dictature fasciste ont provoqué le réflexe du front unique prolétarien contre le fascisme à l’échelle internationale.

    L’incendie du Reichstag, qui fut le signal de l’offensive générale du fascisme contre la classe ouvrière, la mainmise sur les syndicats et les autres organisations ouvrières, et le pillage de ces organisations, les gémissements des antifascistes tourmentés sans répit qui nous parviennent des sous-sols des casernes et des camps de concentration fascistes, montrent aux masses avec la force de l’évidence à quoi a abouti le rôle scissionniste réactionnaire des chefs de la social-démocratie allemande, qui avaient repoussé les propositions communistes de lutte en commun contre le fascisme agressif, et démontrent la nécessité d’unir toutes les forces de la classe ouvrière pour renverser le fascisme.

    La victoire de Hitler a donné aussi une impulsion décisive à la réalisation du front unique de la classe ouvrière contre le fascisme en France.

    La victoire de Hitler n’a pas seulement éveillé chez les ouvriers la peur de partager le sort des ouvriers allemands; elle n’a pas seulement attisé en eux la haine des bourreaux de leurs frères de classe allemande, mais elle a encore affermi en eux la résolution de ne permettre en aucun cas dans leur pays ce qui est arrivé à la classe ouvrière d’Allemagne.

    L’aspiration puissante au front unique dans tous les pays capitalistes montre que les leçons de la défaite ne sont pas perdues.

    La classe ouvrière commence à agir d’une façon nouvelle.

    L’initiative des Partis communistes pour organiser le front unique et l’abnégation sans réserve des communistes et des ouvriers révolutionnaires, dans la lutte contre le fascisme, ont eu pour conséquence de porter à un degré sans précédent l’autorité de l’Internationale Communiste.

    Dans le même temps, se développe la crise profonde de la IIe Internationale, qui s’est manifestée et accentuée avec un éclat particulier depuis la banqueroute de la social-démocratie allemande.

    Les ouvriers social-démocrates peuvent se convaincre avec de plus en plus d’évidence que l’Allemagne fasciste, avec toutes ses horreurs et sa barbarie, c’est, en fin de compte, le résultat de la politique social-démocrate de collaboration de classe avec la bourgeoisie.

    Ces masses se rendent compte de plus en plus nettement que la voie où les chefs de la social-démocratie allemande ont mené le prolétariat, ne doit pas être reprise.

    Jamais encore il n’y a eu dans le camp de la IIe Internationale un aussi grand désarroi idéologique qu’à l’heure actuelle.

    La différenciation s’opère à l’intérieur de tous les Partis social-démocrates. Dans leurs rangs se forment deux camps principaux : à côté du camp des éléments réactionnaires, qui s’efforcent par tous les moyens de maintenir le bloc de la social-démocratie avec la bourgeoisie et repoussent avec rage le front unique avec les communistes, commence à se former un camp d’éléments révolutionnaires, doutant de la justesse de la politique de collaboration de classe avec la bourgeoisie, partisans de la réalisation du front unique avec les communistes et commençant, dans une mesure de plus en plus grande, à passer sur les positions de la lutte de classe révolutionnaire.

    Ainsi, le fascisme qui est apparu comme le fruit de la décadence du système capitaliste, a agi en dernière analyse comme un facteur de décomposition ultérieure de ce système.

    Ainsi le fascisme qui s’est chargé d’enterrer le marxisme et le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière, conduit lui-même, en conséquence de la dialectique de la vie et de la lutte de classe, au développement ultérieur des forces qui doivent creuser sa fosse, la fosse du capitalisme.

    Georges DIMITROV

    source: initiative-communiste.fr

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  • La prédiction de Fidel

    source: communcommune.com/

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  • La faucille, le marteau et....l'enclume [video]

     

    vu sur le blog de Michel El Diablo communcommune.com

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  • Hier, aujourd’hui, demain

    « JAMAIS UN GRAND PEUPLE COMME LE NÔTRE NE SERA UN PEUPLE D’ESCLAVES ! »

    Appel 10 juillet 1940

    En juin-juillet 1940, le PCF était interdit depuis septembre 1939 et pourchassé par ceux-là même qui faisaient alors le « choix de la défaite », qui capitulaient devant Hitler, qui décrétaient « Paris ville ouverte » en ignorant les propositions du PCF clandestin pour armer la population et qui allaient bientôt remettre tout le pouvoir à Pétain pour l’aider à mettre en place sa politique de soumission à l’Allemagne nazie*.

    Déjà le PCF avait lancé le premier appel à la Résistance à partir du territoire national le 17 juin sous la signature de Charles Tillon, membre du bureau politique : « le peuple français ne veut pas l’esclavage, de la misère, du fascisme », déclarait alors Tillon. En parfaite continuité avec cet appel, Thorez et Duclos déclaraient le 10 juillet 1940 : « jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves ».

    Aujourd’hui la situation est évidemment très différente et les luttes inlassables des communistes français pour la liberté, l’égalité, la fraternité, l’indépendance nationale, la paix, l’émancipation des peuples, n’y sont pas pour rien. Pourtant, notre pays n’est pas moins menacé de mort, fût-elle lente, qu’il ne l’était en juillet 1940.

    En effet, les oligarques capitalistes qui dirigent de fait notre pays, tantôt sous le masque du « socialiste » Hollande, tantôt sous celui du « républicain » Sarkozy, font eux aussi le choix de la défaisance  de la patrie. Au nom de l’intégration euro-atlantique réclamée à cor et à cris par le MEDEF et par le CAC-40, ils démolissent les acquis sociaux de 1945, œuvre des ministres communistes Maurice Thorez, Ambroise Croizat, Charles Tillon, Marcel Paul, Laurent Casanova, François Billoux ; les gouvernements successifs piétinent la souveraineté populaire en imposant la constitution européenne refusée par les Français en soumettant le pays au « Pacte de gouvernance budgétaire » et au Traité de Lisbonne qui permettent à Angela Merkel de superviser le budget français ; ils dissolvent l’armée française et l’idée même de défense nationale dans l’OTAN et ses aventures impérialistes commanditées par l’Oncle Sam ; ils encouragent les milieux dominants à substituer le tout-américain à la langue française et ils mettent en place dans le dos du peuple l’Union transatlantique qui ne laissera pas pierre sur pierre du produire en France, de la langue et de la culture nationales de notre pays. Ils substituent l’Europe des régions et des métropoles à la République une, laïque et indivisible héritée de la Révolution française ; ils multiplient les guerres et/ou les ingérences néocoloniales en Afrique et au Proche-Orient. En Syrie ils vont jusqu’à soutenir par la bande les tueurs d’Al Qaïda ; en Ukraine, ils appuient un régime pronazi qui brûle d’étendre l’OTAN aux frontières de la Russie au risque de provoquer une Troisième Guerre mondiale exterminatrice.

    Face à cette casse méthodique de la Nation, qui vise à piétiner la classe ouvrière et à détruire toutes les conquêtes sociales et démocratiques de notre peuple, les vrais communistes appellent à l’action unie. Non pour poursuivre la chimère de « l’Europe sociale », tant il est indécent de prétendre « démocratiser » une UE entièrement conçue pour écraser les peuples, mais pour appeler la France à sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, lequel est uniquement porteur désormais de régression et d’inhumanité.

    Dans le droit fil du 30 mai 2015, où le PRCF a appelé avec d’autres à s’unir pour ces quatre sorties sous les deux drapeaux révolutionnaires de notre peuple, le rouge et le tricolore, les militants franchement communistes soutiennent les syndicalistes de lutte qui rejettent la dictature euro-atlantique et sa courroie de transmission dans le mouvement syndical, la Confédération Européenne des Syndicats. Le PRCF s’adresse aussi aux patriotes antifascistes qui veulent briser l’étau mortel que resserrent sur notre pays le rassemblement bleu marine et le Parti Maastrichtien Unique formé du P. « S. » et des « Républicains », dont les noms ne sont qu’usurpation. A l’échelle internationale, solidarité des peuples contre l’euro, l’UE et l’OTAN, pour l’Europe des luttes, l’indépendance des nations et leur coopération à égalité.

    Décidément, il est plus que jamais nécessaire de proclamer qu’ « un grand peuple comme le nôtre ne sera jamais un peuple d’esclaves » ! Pour tenir cette promesse au présent, rejoignez le PRCF ; c’est nécessaire pour que se développe un large Front Antifasciste, Patriotique et Populaire s’inspirant, dans les conditions de notre temps, des principes inaliénables du Conseil National de la Résistance. C’est la voie la plus efficace pour que notre peuple se rassemble majoritairement autour de la classe ouvrière et contre le grand capital afin de rouvrir à notre pays, non pas dans les mots mais dans la pratique, la voie du socialisme libérateur.

     * Rappelons qu’après le crime de l’Accord de Munich en 1938, où Daladier et Chamberlain capitulèrent devant Hitler, les gouvernements de la France et de l’Angleterre torpillèrent en 1939 la possibilité d’une alliance militaire avec l’URSS, ce qui permit à Hitler de déclencher la Seconde Guerre Mondiale. Aux environs du 25 mai 1940, Arthur Ramette, membre de la direction du PCF, arrivant à Moscou, provoqua le débat qui conduisit aux modifications politiques prises par l’Internationale communiste découlant de l’installation du fascisme en France.

    Signataires :

    Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, grand Mutilé de guerre, officier de la Légion d’honneur, président du PRCF, Pierre Pranchère, ancien FTPF, ancien député de Tulle, ancien membre du comité central du PCF, vice-président du PRCF, Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, vice-président du PRCF, Georges Gastaud, Fils de Résistant, secrétaire national du PRCF, Antoine Manessis, fils de Résistants, responsable international du PRCF, Jany Sanfelieu, fille de combattant républicain espagnol antifasciste, secrétaire à l’organisation du PRCF ; Annette Mateu-Casado, fille de Républicains espagnols communistes et résistants, trésorière nationale du PRCF ; Annie Lacroix-Riz, petite-fille de déporté, historienne, auteur du livre « Le choix de la Défaite » ; Vincent Flament, rédacteur en chef d’Initiative Communiste,  Benoît Foucambert, syndicaliste, Jo Hernandez, syndicaliste, secrétaire du secteur Luttes et entreprises

    TEXTE DE L’APPEL DU 10 JUILLET 1940 :

    Peuple de France Appel du 10 Juillet 1940 de Jacques DUCLOS et Maurice THOREZ

    VIDÉO : COMMÉMORATION DE L’APPEL DU 10 JUILLET 1940

     

    Des images de la cérémonie de commémoration de l’appel du 10 juillet 1940 organisée boulevard Mortier à Paris 20ème le 10 juillet 1977, avec notamment le discours de Gaston Plissonnier.
    Les conditions de tournage ont entraîné dans ce film deux coupures d’images, sans pour autant porter atteinte à la continuité du discours.

     

    Contre le devoir d’amnésie : quelques textes oubliés du PCF…..

    Appel au « Peuple de France ! » de juillet 1940

    http://pcf-1939-1941.blogspot.fr/2013/12/appel-au-peuple-de-france-de-juillet.html

     

    source: initiative-communiste.fr/

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  • Par Léon Landini, Officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, Grand Mutilé de Guerre torturé par Klaus Barbie, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté (ancien FTP-MOI), décoré par l’URSS pour faits de Résistance, président du PRCF.

    ____________________________________________________________________

    Remarques d’un ancien « terroriste »(*) à propos des lois liberticides actuelles …Depuis quelques jours, on nous gave avec les soi-disant mesures prises contre le terrorisme.

    Pour avoir pratiqué ce que les pétainistes appelaient le  » terrorisme » (comme le disait l’odieuse « Affiche rouge ») entre 40 et 44, celui grâce auquel la France a recouvré sa liberté, j’affirme qu’il n’y a aucun moyen technique ou répressif de se protéger contre cette façon d’agir face à des hommes déterminés pour le meilleur (Résistance antifasciste) ou, hélas, pour le pire (attentats fanatiques)(**).

    Les Allemands aidés par la police française de Pétain n’ont jamais réussi à nous réduire au silence. Pourtant toutes les mesures (plus braconnières encore que celles que peuvent prendre nos gouvernants !) étaient prises pour nous empêcher de leur porter des coups et plus le temps passait plus nos coups étaient fréquents et forts, au fur et à mesure que l’espoir de vaincre (après Stalingrad) croissait dans la population.

    En définitive tout ce blabla sur la « lutte antiterroriste » va permettre au gouvernement, avec l’accord de la population effarouchée par les médias, de nous pondre de nouvelles lois antidémocratiques, de fliquer à fond internet, etc. ; ce qui leur permettra, en s’appuyant sur les lois pondues dans le contexte présent, de poursuivre demain les communistes, les syndicalistes, les grévistes, les opposants à l’UE et à l’OTAN, bref les vrais défenseurs de la démocratie, les opposants de toujours au fascisme et au terrorisme fanatique.

    En revanche, si l’on veut couper les racines sociales du barbare terrorisme actuel,  il faut radicalement remettre en cause, d’une part, la politique maastrichtienne, qui détruit le lien social en France et favorise les replis communautaires les plus sauvages, et d’autre part la politique étrangère impérialiste et guerrière des Sarkozy et autre Hollande : arrêtez de semer la tempête en Ukraine, au Proche-Orient et en Afrique, car vous n’obtiendrez ainsi que des torrents de sang chez nous et dans tous les pays !

    Léon LANDINI

    29 juin 2015

    (*) C’est  ainsi que les fascistes et les collabos, qui étaient les vrais terroristes, nommaient les Résistants !

    (**) Précisons que les vrais terroristes sont prêts à frapper aveuglément et à tuer des innocents, ce que les résistants n’ont jamais fait.

    source: initiative-communiste.fr [29/06/2015]

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  • Des soldats français rencontrés lors de leur première sortie à Saïgon, en décembre 1945, proposent à des marins, dont notre témoin André Pierrès, des lingots d’or.

    «Une guerre que je n’approuve pas» [Henri Martin-le témoignage d'André Pierriès-épisode n°2]

    Henri Martin, matelot mécanicien, ancien FTP
    (Francs-Tireurs et Partisans),
    se promène rue Catinat à Saîgon en 1947

    Il s'agissait de lingots de 300 à 500 grammes de fabrication artisanale, raconte André Pierrès. Le prix proposé était dérisoire, Ces hommes .avaient besoin d’argent, nous leur demandâmes l'origine du métal précieux. Ils nous répondirent que nous, marins sur un bateau, avions une compagnie de débarquement et que celle-ci aurait l'occasion comme eux-mêmes, de trouver ce métal précieux dans les expéditions en brousse ou dans les villages' côtiers, Nous ne fûmes absolument pas convaincus et nous eûmes la résolution de ce problème  quelques jours après, en conversant avec des soldats du Corps expéditionnaire français. Je n'ai pas le courage de donner .l'origine et la fabrication de, ces lingots. Il faut savoir simplement que la façon de transformer ce métal précieux en lingots, était pratiquée couramment dans les camps de déportation d'Auschwitz et de Dachau.

    RACISME EXACERBÉ 

    En tant que marins. nous avons vu aussi ce 'qu'était, la ségrégation raciale, notamment au Maroc et en Algérie. Mais à Saïgon, cela dépassait l'entendement. Un exemple: dans l'arsenal maritime, étaient employés des coolies, c'est-à-dire des manœuvres non- spécialisés habillés d'un short déchiré et de deux claquettes aux pieds. De pauvres  hères. Ces hommes, par 150 ou 200, étaient rassemblés, alignés au carré et au cordeau.          .  

    Pour les garder, pour les conduire sur le lieu de leur, travail, il y avait un fonctionnaire français armé d'un fouet. Non pas le fouet que nous avons connu dans notre enfance, ou dont les paysans  se servaient pour aiguillonner leurs chevaux. Non, un fouet de dompteur de cirque, c'est-à-dire un, manche de 50 cm en cuir prolongé par une lanière de la même matière, et enfin par une ficelle.  

    Eh, bien cet homme avait une grande dextérité, il aurait pu taire un numéro de cirque contre des bêtes fauves , Il lançait son fouet  sur les Vietnamiens et arrivait à toucher une oreille, un nez, un dos., C'était ignoble et tout le monde à Saïgon connaissait  cette pratique. Tous les fonctionnaires qui venaient matin et soir, voyaient le tableau: l'homme qui dirige l'homme avec un fouet. 

    Tous les officiers, tous les marins d'arsenal étaient au courant. C'était un fait tout à fait normal qui ne devait en aucun cas choquer les blancs. C'était un racisme exacerbé. Les colons parlaient des blancs et des jaunes.

    La ville de Saïgon était l'endroit où l'on pouvait trouver de tout, où l’on pouvait pratiquer tous les vices attachés à la sexualité, où l'on pouvait consommer de l'opium dans les fumeries que l'on trouvait en plein cœur de Saïgon et appelées pudiquement des dispensaires.

    «Une guerre que je n’approuve pas» [Henri Martin-le témoignage d'André Pierriès-épisode n°2]

    L’insigne du « Chevreuil »,

    avec la Croix de Lorraine en incrustation

     

    Début 1946, des mutineries eurent lieu à Saïgon. Exemple : sur le Béarn, étaient embarqués des marins engagés dans la France libre en 1940, 1941 et 1942, qui demandaient à résilier leur contrat, à être rapatriés en France. Leur demande n'a jamais été satisfaite. Ils se sont décidés à mettre leur sac à terre, avec la volonté de ne plus remettre les pieds à bord. Une ou deux heures après, des camions militaires les ont emportés. Trois jours après, ils embarquaient sur un bateau et étaient rapatriés.

    Les autorités militaires avaient agi très rapidement pour éviter que ce cas bien spécial ne se reproduise pas dans l'armée ou la marine. Il s’est reproduit- je l'ai vu –sur le Chevreuil, dans le poste des rnécaniciens. Là où Henri Martin et moi prenions nos repas, où nous dormions dans nos hamacs.

    COMMANDOS DE LA LÉGION

    Des camarades, marins, qui. s' étaient engagés en 1939 ou 1940, qui avaient été renvoyés dans leurs foyers après le sabordage à Toulon (novembre 1942), avaient été réintégrés courant 1944. Ces marins demandèrent l'abrogation de leur contrat et leur rapatriement en France. Jamais. il ne leur fut répondu. Alors, pour montrer leur mécontentement, ils se mirent à chanter « l’Internationale ». Ce qu’on n'avait jamais vu dans la marine.

    Il nous arrivait parfois de transporter des commandos de la Légion pour les déposer le long des côtes, et nous conversions avec eux. J'ai appris un jour que deux Allemands étaient d'anciens SS, ayant fait Stalingrad. Ils 'me montrèrent. du doigt un camarade légionnaire français parisien qui avait doublé· solde. Parce que, disaient-ils, il était chargé des exécutions sommaires. Je pense que vous ferez le rapprochement avec les corps que nous avions vus en remontant la rivière de Saïgon, lors de notre arrivée le 22 décembre. En 1945, la proportion d'Allemands dans la Légion était de 45%et à la fin de la guerre d'Indochine, elle tangentait les 70%. Ces légionnaires, qu'on recrutait dans les camps de prisonniers, avaient le. choix : soit rester prisonniers, soit être incorporés dans la Légion. Le 13 juillet 1946, l'armée française défila dans les rues de Saigon; et dans la principale rue (la célèbre rue Catinat), les Légionnaires défilèrent en chantant des chants nazis. Nous avons entendu le fameux « Heidi Heido », qui n'est pas une chanson nazie à l'origine, mais qui nous faisait trembler pendant l'occupation. 

    Oui était Henri Martin ? Un marin comme tous les autres, un bon camarade. Il était estimé de tout le monde, aussi bien des officiers que de ses camarades. Il n'était pas le dernier pour faire des expéditions joyeuses à. Saïgon, ce, que nous appelons' des «bordées». Il était simple et intelligent. Je me souviens que toutes les semaines, il recevait de son père un journal: La vie ouvrière. Car il ne voulait pas rompre avec le milieu d’où il sortait.        

    En plus, il était courageux. Je me dois de raconter un épisode de sa vie. Comme on dit familièrement : « Il fallait le faire ». 

    «Une guerre que je n’approuve pas» [Henri Martin-le témoignage d'André Pierriès-épisode n°2]

    L'aviso "Chevreuil" [dans l'état, un peu modifié, où il était après son séjour en Indochine]

     

     (A suivre)

    source: Le Marin-vendredi 12 juin 2015-page 43

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  • J'aurais bien vu, Martha DESRUMAUX au Panthéon (IC.fr-7/06/2015)

    Quand j’étais enfant à Hénin-Liétard et que l’on parlait de déportés politiques, le nom de Martha Desrumaux revenait systématiquement.

    Martha naît en 1897 à Comines, une petite ville proche de Lille. Elle commence à travailler à neuf ans comme femme de ménage puis comme ouvrière dans le textile. Elle adhère à la CGT à treize ans, puis, deux ans plus tard, aux Jeunesses socialistes. En 1921, elle rejoint le Parti communiste. En 1917, elle prend la tête d’un mouvement de grève dans le textile. En 1925, elle dénonce la guerre coloniale au Maroc. En 1927, elle est la première femme élue au Comité Central du PCF.

    En 1936, elle est une figure de proue du Front populaire dans le Nord. Elle est la seule femme présente lors de la signature des accords Matignon. Elle organise la solidarité avec les forces républicaines espagnoles. Elle joue son propre rôle dans le film de Jean Renoir La vie est à nous.

    En août 1940, dans le nord de la France sous administration directe de l’armée allemande, elle organise la grande grève patriotique de mai-juin 1941. 100 000 mineurs débrayent, refusant de fournir du charbon pour l’occupant. Dénoncée par le préfet, Martha est arrêtée par la gestapo. Elle est mise au secret à la prison de Loos et déportée à Ravensbrück. Elle y organise l’entre-aide et la solidarité avec Geneviève De Gaulle-Anthonioz et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Libérée par l’Armée rouge, elle est rapatriée par la Croix-Rouge en 1945 mais revient malade du typhus. Elle réintègre les organes dirigeants de la CGT.

    En 1944, elle est élue au conseil municipal de Lille. L’année suivante, elle est élue député communiste du Nord.

    La maladie l’oblige à ralentir ses activités. Elle continue cependant son action auprès de la Fédération nationale des Déportés, proche du Parti communiste.

    Elle meurt le 30 novembre 1982, le même jour que son mari, ouvrier métallurgiste et syndicaliste.

    Trop communiste pour entrer au Panthéon ? Comme Marie-Claude Vaillant-Couturier ?

    par B Gensane repris de legrandsoir.info
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  • Henri Martin, marin pacifiste [Le Marin 5/06/2015]

    Le matelot mécanicien Henri Martin[1927-2015] en 1951

    Henri Martin est décédé en février dernier. Marin militaire, déçu de l’attitude de la France au début de la guerre d’Indochine, il se révolta et fut emprisonné. Son procès, il y a 65 ans, déchaîna les passions.

     

    Né en 1927 à Rosières (Cher), Henri Martin s'avère un élève appliqué et studieux. « Il attire l'attention par son intelligence et sa vivacité d'esprit ", peut-on lire dans une note biographique d'époque. Son père, ajusteur aux fonderies de Rosières, deviendra le maire adjoint de la ville. Ses études primaires terminées, le jeune Henri entre comme apprenti aux usines de Lunery, où il devient vite un excellent mécanicien.

    Puis vient la guerre. En 1942, les Allemands envahissent la zone libre. À Lunery, la résistance s'organise et l'année suivante, Henri Martin adhère au Front national (mouvement de résistance qui n'a rien à voir avec l'actuel parti politique français, NDLR). Il combat l'arme à la main, aux côtés des FTP (Francs-tireurs et partisans), dont il portera l'uniforme. Il adhère au Parti communiste français. Après le maquis, les débarquements et la libération d'une partie de la France, il rejoint Royan, !e 14 novembre 1944, se portant volontaire pour libérer la poche, encore aux mains des Allemands.  

     

                 ENGAGÉ COMME MÉCANO 

    Henri Martin, marin pacifiste [Le Marin 5/06/2015]

    Henri Martin à droite, en compagnie d’un camarade sur un batiment de la marine militaire

                                                                            Henri reviendra plus lard sur cet épisode, lors de son procès : « J'avais 16 ans quand j'ai commencé à distribuer des tracts qui appelaient la population de mon village à lutter contre l'occupant. Après avoir combattu les armes à la main dans le maquis du Cher, j'aurais pu rentrer chez moi. J'avais 17 ans. Je ne l'ai pas fait. Je suis allé sur le front de Royan. Là, j'avais un capitaine de 24 ans qui savait conduire des hommes. Il est tombé face à nous, le 3 décembre 1944. Avant de mourir, il nous a dit de lutter jusqu'au bout pour la justice et la liberté. »  

    La guerre en Europe se termine bientôt. Mais celle contre le Japon, dans le Pacifique, continue. Henri Martin s'engage alors dans la Marine Nationale comme simple matelot mécanicien, le 1 er février 1945. Il pense lutter contre les Japonais, dont les troupes occupent l'Indochine depuis 1940. A cette époque, des éléments vichystes gouvernent encore la colonie française. Ce n'est que le 16 octobre 1945 qu'Henri Martin ernbarque sur l'aviso Chevreuil, à destination de Saïgon via Colombo et Singapour.

     

    Entre-ternps, la situation locale a changé du tout au tout. En août, après les deux bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, le Japon a capitulé. En Indochine, une insurrection éclate contre l'armée japonaise et en septembre, une république démocratique est officiellement proclamée à Hanoï. Ho-chi- Minh, qui en deviendra le président. est reçu à Paris avec tous les honneurs. Le Chevreuil arrive donc à Saigon le 20 décembre dans un pays officiellement libre et indépendant. Mais une autre résistance voit le jour en Indochine. Et Henri Martin va de surprise en surprise, découvrant avec dégoût ce que d'aucuns appelleront une « sale guerre »,  

     

    André Pierrès, l'un de ses camarades embarqués avec lui sur le Chevreuil, témoignera plus tard: « J'ai très bien connu Henri Martin dans la marine. En 1944 et début 1945, j'étais à l'école nationale de la marine marchande de Nantes, d'où je sortais avec le titre d'officier mécanicien. En mars 1945, je fus mobilisé et je retrouvai Henri Martin en octobre sur le « Chevreuil », Il s'était engagé après être passé dans le maquis du Cher comme FTP. Comme 400 à 500 autres inscrits maritimes, mobilisés eux aussi, je fus expédié en Indochine, contraint et forcé. Nous partîmes de Toulon fin octobre. »

    RÉVOLTE DU PEUPLE VIETNAMIEN 

    Henri Martin, marin pacifiste [Le Marin 5/06/2015]

    Un  porte-avions français [« Bois Belleau » ou « Lafayette »] et un cargo [Le liberty-ship « Boulogne-sur-Mer » des Chargeurs réunis]sur la rivière de Saïgon, en pleine guerre d’Indochine. 

    Le voyage dura deux mois et fut « splendide », selon André Pierrés. " Nous avons fait des escales à Alger, Bizerte, Malte, Alexandrie, Djibouti, Colombo et Singapour. Nous avions 20 ans, nous sortions de 4 ans d'occupation et nos yeux s'ouvraient au monde. Il faut dire que notre « tour operator», la Marine nationale, avait bien fait les choses ». plaisante l'ancien officier. Mais en arrivant à Saigon le 22 décembre, le climat n'était pas le même. « Si je puis prendre une comparaison, disons que nous avions connu le paradis et qu'en arrivant  Saigon, nous avons entrevu les portes de l'enfer », continue le camarade d'Henri Martin.

    André Pierrès évoque une réalité cauchemardesque. « Les premiers Vietnamiens que nous vîmes, ce fut en remontant la rivière de Saïgon : des corps gonflés, les mains attachées derrière le dos, filaient au courant. Nous en vîmes quatre ou cinq, mais ce ne furent pas les derniers. À chaque escale que nous faisions dans ce port, nous en voyions des dizaines, toujours les mains attachées derrière le dos. Ils se coinçaient entre nos bateaux et le quai. Nous nous interrogions sur l'origine de ces cadavres… A Toulon, on nous avait dit que nous allions en Indochine pour transformer en prisonniers les soldats japonais qui occupaient la colonie. Ceci se révéla complètement faux, puisque les soldats s'étaient rendus et étaient déjà prisonniers. En revanche, on nous avait parlé d'une révolte du peuple vietnamien. »

    Tout se révéla exact, rapporte André Pierrès : une partie de la population de Saigon avait pris le maquis, même des intellectuels (docteurs, avocats, chirurgiens, etc.) avaient rejoint les forces vives du Vietnam. « Au cours de notre première sortie à Saïgon, le 22 décembre au soir, à 300 mètres de notre bateau, nous fûmes accostés par deux légionnaires français qui nous proposèrent de nous vendre… des lingots d'or. » 

    A suivre…

    source: Le Marin du 5/06/2015 page 38

    à voir également documentaires autour de la libération d'Henri martin

    http://www.cinearchives.org/Films-447-194-0-0.htlm

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  • Itinéraire d'un jeune Breton mort en Déportation
    Un film de Dominique Philiponska et Alain Quillévéré


    Ce film et ce livre existent grâce à des dizaines de documents retrouvés dans une déchetterie à Lannion. Ils tracent le portrait et l’itinéraire d’un jeune breton, d’abord séminariste, puis soldat et cheminot avant de choisir la voix de la résistance. C’est l’histoire d’un homme ordinaire, qui fait des choix courageux dans un contexte extraordinaire. Il meurt à quelques semaines de l’effondrement du régime nazi au camp de Flossenbürg en Allemagne.

     

     

    Itinéraire d'un jeune Breton mort en déportationHistoire d’un film

    L’histoire de ce film débute il y a une dizaine d’années, lorsqu’un habitant de Lannion (Côtes-d’Armor) se rend à la déchetterie de sa commune pour se débarrasser de ses encombrants. Son attention est alors attirée par une boite à chaussures gisant au fond de la benne, d’où émergent, pêle-mêle, les lettres, papiers d’identités et autres pièces administratives d’un homme mort en déportation, Alfred Bihan. Récupérant le tout, il le ramène chez lui et le dépose sur une étagère de son garage, conscient d’avoir sauvé de la destruction des pièces d’une importante valeur historique.

    Quelques mois plus tard, il les montre à l’un de ses cousins, Alain Quillévéré. Ce dernier, ayant fait des études d’histoire, se plonge dans ces documents, les lit et relit, commence à les classer par ordre chronologique. Il y a là près de cent quarante documents les plus divers : photos, carte d’identité, livret et attestations militaires, lettres de prison et du camp de concentration, lettres d’un compagnon de déportation, traces de toutes les démarches entreprises par le frère de cet homme et son épouse pour obtenir, après guerre, la reconnaissance matérielle et morale de la Nation.

     Persuadé que les pièces de grand puzzle épars méritent mieux que de reposer sur une étagère, Alain Quillévéré demande à son cousin de les lui confier et rentre chez lui, en banlieue parisienne, nanti du précieux paquet. Et là, peu à peu, au fil de l’exploration systématique de ce corpus, la figure de cet inconnu – qui n’est encore à ce moment-là qu’un visage jauni sur la photo d’une carte d’identité, une silhouette revêtue d’une capote de drap militaire sur une autre – s’immisce peu à peu dans son existence.

    Dès lors une interrogation émerge, lancinante, jour après jour plus pressante. Qui était cet homme, quel chemin, quels choix l’ont mené d’un paisible village trégorois aux bagnes nazis ? Commence alors une longue quête, entre les archives publiques et privées, les paroles de ceux qui partagèrent un moment de sa vie, résistants emprisonnés avec lui à Saint-Brieuc ou Compiègne, survivants des camps, comme ce compagnon de déportation seul témoin de sa mort. Démarche scientifique, validée par l’obtention d’une maîtrise d’histoire à l’université de Paris 1 sous la direction de Denis Peschanski, mais aussi, et peut-être surtout, aventure humaine. Celle de redonner vie, dans la mémoire des femmes et des hommes de notre temps, à un inconnu mort d’épuisement et de mauvais traitements un matin de février 1945, dans un camp de Bavière, à quelques semaines de la délivrance. 

    En 2008 les éditions Skol Vreizh publient le mémoire d’Alain Quillévéré sous le titre Mémoire retrouvée d’un jeune patriote. La sortie de ce livre donne lieu à un article dans l’hebdomadaire Le Trégor, que Dominique Philiponska, en vacances en Bretagne, lit peu après. Intrigué par cette histoire de sauvetage in extremis de documents, et par la découverte qui s’en est suivie de la vie d’un homme peu à peu tombé dans l’oubli, il décide de rencontrer son auteur. Au terme de longs échanges, ils s’accordent pour donner une traduction filmique à cette histoire. Le choix du documentaire s’impose presque d’emblée, par la quantité et la qualité des documents conservés, le nombre de témoins directs encore en vie, mais aussi la diversité des lieux qu’à fréquentés Alfred Bihan au cours de sa brève existence. 

    Commande DVD et livre : dominiquephiliponska@wanadoo.fr
    Prix du DVD : 15 euros + frais de port (3 euros)

     

    Renonçant au séminaire, Alfred Bihan devance l'appel, il est incorporé en 1939. Démobilisé en 1940, son âge et son statut de célibataire en font un candidat idéal pour le Service du Travail Obligatoire. Réfugié en Bretagne, sa vie bascule un matin de mars 1943 sur l'île Maudez. Basé sur des documents retrouvés dans une déchetterie à Lannion, ce film livre le portrait et l'itinéraire d'un jeune homme ordinaire, mort à quelques semaines de l'effondrement du régime nazi, au camp de Flossenbürg, en Allemagne.

    sources: http://ploeuc-genealogie.over-blog.com/  &  http://www.tvr.bzh/

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