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    Figure majeure du mouvement ouvrier en France et de la résistance, cette féministe décédée en 1982 aura voué son existence au service des plus fragiles. Une nouvelle pétition demande son inhumation au Panthéon. Emmanuel Macron réserve sa réponse. Son destin extraordinaire plaide pour elle.

    "Etre une femme, une ouvrière et venir du Nord, c'est une triple pénalité ! s'enflamme Laurence Dubois, la présidente  des ami.es de Martha Desrumaux. En faisant entrer Martha au Panthéon c'est toute la classe ouvrière que l'on honore !"
     
    Parmi les ouvriers qui ont participé au chantier du Panthéon, au 18ème siècle, beaucoup venaient de la Creuse. Mais aucun ouvrier, à ce jour, homme ou femme,  ne repose dans le prestigieux monument
     
    Parmi les ouvriers qui ont participé au chantier du Panthéon, au 18ème siècle, beaucoup venaient de la Creuse. Mais aucun ouvrier, à ce jour, homme ou femme,  ne repose dans le prestigieux monument
     
    De fait, en examinant le profil des résidents du Panthéon, qui compte cinq femmes (avec Simone Veil) contre 76 "grands hommes", force est de constater qu'il n'y a aucune personnalité issue de la classe ouvrière. On trouve des militaires, des artistes, des politiques, des scientifiques mais aucun prolétaire.

    La France aurait-elle honte de ces ouvriers qui l'ont construite ? "Certes, insiste Laurence Dubois, Martha était cégétiste, communiste , féministe d'avant garde mais aujourd'hui, elle dépasse les clivages ! Elle aura consacré ses forces à défendre et valoriser les anonymes, ceux dont le militantisme et le travail ont aussi contribué au développement des valeurs de notre société. " .

    La pétition instruite par cette présidente passionnée dépasse désormais les 4000 signatures. Et le compteur continue de s'emballer...

    Martha Desrumaux, autodidacte de choc

    Née le 18 octobre 1897 à Comines (Nord), orpheline de son père à neuf ans, elle devient une "petite bonne" dans une famille bourgeoise avant d'intégrer une entreprise textile, dès l'année suivante. Son enfance est confisquée par le monde du travail. Martha Desrumaux  a dix ans. Elle découvre l'extrême dureté du quotidien ouvrier. A 13 ans, elle se syndique à la CGTU, la toute jeune Confédération Générale des Travailleurs qui, devenue CGT, comptera près de 4 millions d'adhérents au début des années 30. 
     
    Carte postale de 1910
    Carte postale de 1910


    En 1917, cette autodidacte de choc organise sa première grève aux usines Hassebroucq. Une victoire. Elle n’a que 20 ans, ne sait ni lire ni écrire, mais cela ne l'empêche pas de signer le protocole d'accord qui signifie l'arrêt du mouvement... et lui construit une solide réputation.

    En 1928, à la suite de son action lors des grèves très dures d’Halluin où l'on refuse  aux ouvriers du textile une augmentation de 50 cts, elle est inculpée, en novembre 1929, de "complot contre la sécurité intérieure de l’État". 
    Le tribunal correctionnel de Lille la condamne le 15 février 1930 à huit jours de prison avec sursis.
     
    Martha Desrumaux, à droite sur la photo, dans un groupe du textile à Lyon, en 1919.
    Martha Desrumaux, à droite sur la photo, dans un groupe du textile à Lyon, en 1919.
     

    La rencontre Martha Desrumaux avec Clara Zetkin


    En 1921, elle adhère au Parti Communiste et apprend à lire et à écrire. En 1927, elle part, seize mois durant, à Moscou à l'Ecole léniniste internationale où l'accueillent les instances féminines du parti bolchevik, les jetnodel. Avant son départ, le comité régional communiste notait à son sujet : " Excellente militante. Dévouée active, excellente agitatrice. Avec une éducation politique plus complète, pourrait rendre de grands services au Parti. Approuve et défend la politique du Parti. Remplit ses fonctions avec conscience et dévouement.".
     
     
    Clara Zetkin (1857-1933)<em>" Le droit de vote sans liberté économique n'est ni plus ni moins qu'un chèque sans provision."</em>
    Clara Zetkin (1857-1933)" Le droit de vote sans liberté économique
    n'est ni plus ni moins qu'un chèque sans provision."

    Outre son futur mari, Louis Manguine, ouvrier métallurgiste, elle y rencontre Clara Zetkin qui a lancé quelques années plus tôt, en 1910, l'idée d'une journée internationale des femmes.
    On peut lire sur son rapport d'évaluation qui conclut son long  séjour : " L’école lui a fait découvrir et lui a révélé le mouvement ouvrier, son histoire et le fond de notre doctrine et tactique de lutte. Elle est enthousiaste et d’un dévouement illimité pour le parti. " et un autre document précise : " Pas bonne pour l’organisation. Bonne pour le travail de masse dans les milieux du textile du Nord. Peut faire du travail dans l’illégalité. Pas de travail spécial. Confiance absolue. "
    A son retour en France, elle devient  la première femme élue au comité central et à la commission féminine du PC . Elle continue d'être de tous les combats sociaux.
    A Paris, on a beau moquer son accent ch'ti et sa grande taille (1,75m), la voici désormais devenue une personnalité solide et respectée au sein de la classe ouvrière.
    En septembre-octobre 1928, elle travaille à l'usine Tiberghien à Tourcoing, où elle organise et dirige avec succès la grève des " dix sous " contre la baisse des salaires décrétée par le patronat du Textile.

    L' organisation des marches de la faim

    Un peu partout en Europe, les mouvements ouvriers organisent  des "marches de la faim". En novembre 1933, entre Lille et Paris, une centaine de sans-emploi font le déplacement. Le parcours se fait en une quinzaine de jours, conduit par Martha Desrumaux et Charles Tillon.
     
    Marthe Desrumaux dans le film "La vie est à nous"
    Marthe Desrumaux dans le film "La vie est à nous"

    Elle apparait dans le film de Jean Renoir "La vie est à nous " (1936) et sera la seule femme membre de la délégation ouvrière chargée de négocier les "accords de Matignon" qui, placés sous l'arbitrage du Président du Conseil Léon Blum, entérinent les conquêtes du Front populaire ( les congés payés, la réduction du temps de travail et l'établissement des conventions collectives.)
    Pour appuyer sur les négociations, Martha est venue avec les fiches de paye des ouvrières du textile du Nord, indicateurs précieux des salaires de misère alors en vigueur.

    Rentrée dans la clandestinité en automne 1939, Martha, qui reste fidèle au Parti Communiste, a perdu tous ses mandats syndicaux après avoir refusé de dénoncer le pacte germano-soviétique, ce traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union  soviétique.
    Réfugiée un temps à Bruxelles, elle réorganise le PCF et revient à Lille le 6 juin 1940 où, à la mi-juillet, avec l'aide de jeunes communistes, elle saccage l’office de la propagande nazie. La voici devenue l'une des principales organisatrices de la Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais.
     

    Martha Desrumaux (première personne à gauche sur la photo) à la tribune de l'Union des Jeunes Filles de France)
    Martha Desrumaux (première personne à gauche sur la photo) à la tribune
    de l'Union des Jeunes Filles de France)
     

    L' héroisme des mineurs en juin 1941

    La région est l'enjeu de toutes les attentions allemandes.
    Riche en réserve de charbon, sa production doit impérativement alimenter l'effort de guerre.  Avec le soutien d'autres militants,  dont Auguste Lecoeur et un grand nombre  de femmes, Marthe lance une  grève générale et patriotique fin mai-début juin 1941 et, le 3 juin, l’ensemble du bassin minier est touché.


    Sur les 143 000 mineurs recensés, 100 000 cessent le travail. La répression qui s'ensuit est particulièrement violente. Des dizaines de personnes sont fusillées, 450 sont arrêtées et parmi elles, 244 mineurs sont déportés en Allemagne.
    Cette fronde aura coûté près de 500 000 tonnes tonnes de guerre à l'économie allemande. Mais on traque les meneurs de ce mouvement. Parmi eux, Emilienne Mopty et Martha Desrumeau.  Toutes deux faisaient parties d'une liste d’otages dressée par le préfet Fernand Carles.
     

    Un « <em>block</em> » d'internement du camp de Ravensbrück.
    Un « block » d'internement du camp de Ravensbrück.
    Privatarchiv Norbert Radtke (Wikipédia)

    Ravensbrück

    En fait, Martha est victime d'une mesure mise en place par le régime nazi, la détention de sécurité (Schutzhaft). Elle permet la détention arbitraire d'une personne considérée comme dangereuse pour la sécurité du Reich.
    Elle est arrêtée le 27 août 1941 et déportée, sans jugement, le 28 mars 1942 à Ravensbrück, le camp de concentration réservé aux femmes. Elle se lie avec les déportées antifascistes des pays de l'Est et organise une résistance clandestine dans le camp. Son extême humanité constitue un oxygène vital pour les prisonnières et les enfants internés. 

    Martha après sa libération par la Croix Rouge Danoise
    Martha après sa libération par la Croix Rouge Danoise

    Lili Leignel alors âgée de 11 ans,  se souvient: "  Martha disait : C’est nin possible, des gosses comme ça dans les camps ! Elle négociait auprès de celles qui pouvaient recevoir des colis quelques friandises pour mes petits frères.  ".

    Martha Desrumaux est chargée de vérifier, aux douches, que les détenues n'ont ni poux, ni gale.
    Marie-Claude Vaillant-Couturier se souviendra : "Elle arrivait à parler aux femmes, en dépit de la présence des SS, essayait de les aider à supporter le premier choc et de les avertir de ce qu'il fallait faire pour éviter l'extermination : ne pas se déclarer malade, ne pas montrer ses infirmités pour ne pas recevoir la carte rose, ne pas se dire juive".
    Martha Desrumaux fait la connaissance de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, et de
    Germaine Tillion, grande résistante internée dans le camp, qui constatera que les Françaises sont " les plus détestées et les plus maltraitées dans les usines et dans les ateliers " et qu'elles se trouvent " écartées des postes avantageux et des travaux les moins pénibles ".

    Au sujets de ces années d'épouvante, Marthe laissera un témoignage  :  " Pour ceux qui ont connu la véritable Résistance du maquis (…) il peut paraître vain de parler de “résistance” dans un camp de concentration. Il est vrai que l’immense masse des détenues (…) était amorphe, affaiblie par la sous-alimentation, usée par le travail, minée par la maladie (…). Mais il est certain aussi que de cette masse se dégageait (…) une sorte de bouée qui surnageait et à laquelle les faibles se raccrochaient. Chacune était déjà un embryon de résistance, et c’est leur réunion qui constitua une véritable organisation de résistance. "

    En avril 1945, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, elle est échangée avec 299 autres détenues de Ravensbrück contre 300 femmes SS détenues en France. Elle est  élue maire-adjointe de Lille le 13 mai puis est députée, pour deux mois, à la première Assemblée constituante, le 3 octobre 1945.  Elle décède le mardi 30 novembre 1982, quelques heures après la mort de son mari.


    Martha Desrumaux au Panthéon ? En septembre 2013, le Président Hollande avait reçu le dossier, examiné l'affaire.... sans jamais donner aucune suite à cette demande pourtant soutenue par toute la région Nord.
    Pourquoi un tel mépris silencieux concernant cette femme hors du commun ? L'historien Pierre Outerryck avance une explication :"Elle était femme, ouvrière et n'a pas produit d'écrit. Elle venait elle de province et elle est restée dans l'ombre des médias. Pourtant, ce pays a été bati par des mains d'ouvrier et une partie de notre législation et en particulier ce qu'on appelle "le pacte républicain" a été construit  grâce au concours d'ouvriers."
    Le président Macron, originaire des mêmes terres, saura-t-il s'en souvenir ?

    Martha Desrumaux et son mari vers la fin de leur vie, à Evenos (Var)<br />

 
    Martha Desrumaux et son mari vers la fin de leur vie, à Evenos (Var)
      
    Frantz Vaillant 
     
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    Photo : 2 février 2013, célébration du 70ème anniversaire de la bataille de Stalingrad, à l’initiative du PRCF

     

    EN DÉFENDANT LA PAIX ET LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES, SOYONS DIGNES DES COMBATTANTS DE STALINGRAD !

     

    Il y aura soixante-quinze ans le 2 février 2018, au prix d’un héroïsme de masse, l’Armée rouge dirigée par le pouvoir soviétique et portée par tout un peuple stoppait, puis écrasait l’ « invincible » Wehrmacht à Stalingrad, inversant le cours de l’atroce guerre mondiale provoquée par Hitler. Au prix d’intenses souffrances, et malgré les pratiques exterminatrices employées par les hitlériens contre les peuples russe et biélorusse ainsi que les autres peuples de l’, l’Armée rouge ouvrière et paysanne encerclait et brisait les troupes de choc de l’envahisseur. Contre-attaquant sur tout le front, elle parachevait sa victoire en prenant Berlin et en contraignant Hitler au suicide. Le général de Gaulle, invité à Moscou en décembre 1944, rencontra le régiment Normandie-Niemen, retiré spécialement du front. Il signa le pacte d’assistance franco-soviétique qui permit à la France de retrouver son statut de grande puissance. Plus tard,  lors d’un voyage officiel en juin 1966 au cours d’une réception au Kremlin le général de Gaulle rappela la victoire de l’armée soviétique, il déclara qu’elle assura : « pour une très large part, celle de la France et de nos alliés ».

    Pour tous les Résistants français qui avaient refusé la honte de l’Occupation, de la partition, du pillage et de la fascisation de la France, qu’ils appartinssent à la France libre, aux Francs-Tireurs et Partisans (FTPF et FTP-MOI) ou à d’autres mouvements patriotiques clandestins, l’heure était venue de se regrouper dans le Conseil National de la Résistance sous l’égide de Jean Moulin pour appeler à l’insurrection nationale, participer à la libération du pays à côté de l’ensemble des Alliés et engager la réalisation du magnifique programme politique, économique et social du CNR intitulé Les Jours heureux, grâce auquel fut instauré un système de protection sociale dont nous bénéficions encore tous malgré toutes les attaques incessantes qu’il a subies depuis lors.

    Or 75 ans après l’immense espoir suscité par Stalingrad, par le CNR et par les grandes réformes de la Libération, le film de l’histoire semble tourner à l’envers. Sur le plan social, certains, dont Denis Kessler, appellent cyniquement à « démanteler le programme du CNR » issu du « compromis entre gaullistes et communistes à l’époque où les chars russes étaient à deux étapes du tour de France » propos publiés dans Challenges du 4 octobre 2007. D’autres, sous l’égide d’un camp euro-atlantique qui perd toute mesure, soutiennent à Kiev ou dans les Etats baltes des pouvoirs grossièrement pro-nazis. A l’appel des cercles les plus bellicistes de Washington qui trouvent de sérieux relais dans les capitales européennes dont Paris, certains appellent à renforcer sans cesse les budgets militaires de l’OTAN dans le but de soumettre les peuples russe et biélorusse à une intense pression militaire qui comporte d’immenses risques pour la paix mondiale et pour la sécurité de la France. À Vienne, à Berlin, de francs nostalgiques du Reich investissent le gouvernement autrichien ou le Bundestag. A Varsovie et dans d’autres capitales, les partis communistes sont persécutés alors que les extrémistes de droite paradent sans que l’UE ne s’en émeuve. A l’arrière-plan de ce déferlement réactionnaire, un effarant négationnisme historique antisoviétique et antirusse prétend effacer les sacrifices de l’Armée rouge et met scandaleusement sur le même plan les exterminateurs nazis et l’URSS, qui a pourtant joué le rôle central dans leur défaite.

    C’est pourquoi les signataires de ce texte, citoyens français et autres démocrates résidant sur notre sol, resteront fidèles à la mémoire des héros de Stalingrad, non seulement en rétablissant la vérité sur leur sublime exploit militaire, mais en appelant notre peuple à s’unir au présent contre les guerres impérialistes, contre la fascisation rampante de l’Europe, contre le démantèlement des acquis sociaux du CNR, pour la souveraineté des peuples, pour les libertés démocratiques, le progrès social et la libre coopération entre toutes les nations, notamment entre celles qui vivent entre l’Atlantique et l’Oural.

    Les premiers signataires :

    Léon LANDINI, Officier de la Légion d’Honneur, Médaille de la Résistance, Grand Mutilé de Guerre, Président du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), Décoré par l’Union Soviétique ; Pierre PRANCHÈRE, ancien résistant FTPF, ancien député de la Corrèze et député honoraire au PE, ancien membre du comité central du PCF (1964-1990), Institut des sciences sociales, Moscou (1965-1966), coordinateur des commémorations des 65ème et 70ème anniversaires de la victoire de Stalingrad ; Henriette DUBOIS (Nelly dans la Résistance) : d’octobre 43 à la Libération, assura la liaison de l’Etat-major FTP avec toute la Zone Sud – Légion d’Honneur à titre militaire – Combattante Volontaire de la Résistance ; Georges GASTAUD, secrétaire national du PRCF, fils de Résistant, philosophe ; Michel DEBRAY, Vice-amiral, ancien président de l’Institut Charles de Gaulle ; François MAIREY, fils de Compagnon de la Libération ; René BARCHI, président honoraire de l’association des vétérans russes (CEI) du régiment Normandie-Niemen ; Annie LACROIX-RIZ, professeur émérite d’histoire contemporaine, Paris 7 ; Antoine MANESSIS, secr. PRCF à l’action unitaire (38) fils de Résistants, Grec (EAM-ELAS) et de Résistante Française (FFI Grenoble) ; Robert CHARVIN, doyen honoraire de la Faculté de droit de Nice, essayiste ; Annette MATEU CASADO, fille de Républicains espagnols communistes et résistants, trésorière nationale du PRCF ; Jany SANFELIEU, retraitée de l’Education Nationale, militante communiste (PRCF 89), fille de combattant antifasciste en Espagne et en France  ; Jean-Pierre HEMMEN, vice-président du PRCF, fils de Jean Hemmen, qui fut Commandant responsable politique dans les Brigades Internationales d’Espagne, participa à la création de l’O.S. (Organisation Spéciale du PCF) et fut fusillé en 1942 ; Olivier LONG, universitaire et peintre, Faculté des arts, université Paris 1 panthéon-Sorbonne ; Benoît FOUCAMBERT, professeur d’histoire, syndicaliste (81) ; Sylviane RANOUX, membre du Conseil national de l’ANACR – Dordogne ; Jo HERNANDEZ, responsable national de la commission lutte du PRCF ; Didier FELDMANN, cinéaste ; Gilda LANDINI-GUIBERT, professeur agrégée d’histoire ; Marc-Olivier GAVOIS, professeur d’histoire en lycée ; Barbara Y. FLAMAND, écrivain ; Aurélien DJAMENT, mathématicien, militant CGT ; Bernard VITALIS, fils de supplicié par pendaison par la division SS Das Reich, le 9 juin 1944 à Tulle, militant PRCF ; Jean POIRIER, fils de résistant FTP arrêté et déporté – autres parents résistants déportés, défenseur de la mémoire des martyrs de Maillé, militant PRCF ; Gilliatt De STAËRCK, responsable national JRCF, (ouvrier des transports) ; Marie-Catherine DESAULTY, professeur retraitée, membre du CA du MS21 ; Bernard PARQUET, resp. PRCF-94 ; Freddy VISCONTI, militant syndical, militant communiste ; Vincent FlAMENT, PRCF-59, rédacteur en chef d’Initiative communiste ; Paul ESTRADE, fils de Résistant FTP 19, enseignant honoraire, (75) ; Fadi KASSEM, professeur agrégé d’histoire, responsable de la coordination du PRCF en Île-de-France ; Maxime VIVAS, écrivain, journaliste, administrateur du site Le Grand Soir ; Catherine CAZENAVE, professeur de philosophie (06) ; Marie-Claude BERGÉ, professeur d’histoire, membre du comité de rédaction de la revue théorique ETINCELLES ; Yves LETOURNEUR, poète ; Bruno GUIGUE, enseignant ; Marie-France FOVET, secrétaire générale de France-Cuba ; Jacqueline LAVY, Commission Exécutive UL CGT Annecy ; Denis LEMERCIER, maître de conférence retraité ; Danielle GAUTIER, ouvrière de la métallurgie, SYNDICALISTE C.G.T. ; Jean-Marc DEL PERCIO, docteur en sciences politiques, ancien chargé d’enseignement à l’IEP de Lyon ; Pierre PEUCH, militant associatif Saint-Angel 19200 ; Christophe BREYSACHER, militant du MS21 ; Dejan KUZMANOVIC, ancien responsable de la formation à la Ligue des communistes de Yougoslavie.

    Des personnalités de divers pays se joignent à cet appel :

    Edmilson COSTA, Secrétaire-Général du PCB (Parti communiste Brésilien) ; Anita PRESTES, universitaire brésilienne, fille de Carlos Prestes, dirigeant historique du mouvement communiste brésilien ; Milton PINHEIRO, politologue brésilien et militant communiste brésilien ; Joseph KAYE, militant communiste américain, théoricien marxiste, New-York ; André PARIZEAU, secrétaire général du Parti communiste du Québec, secrétaire national du Comité exécutif central du PCQ, au nom du CC du PC du Québec ; Jean-Pierre DURAND, membre du Comité exécutif central du parti communiste du Québec ; Quim BOIX, secrétaire général de l’UIS (Union Internationale de Syndicats) des Pensionnés et Retraités de la FSM, responsable de la FSM en Espagne (excepté pays Basque) ; Dr Éva RUPPERT, militante allemande de la solidarité ; Jean VAN HEES, responsable du Parti communiste de Belgique (PCB) ; Alessio ARENA, secrétaire national du Fronte Popolare et Guido SALZA, responsable de la commission internationale du FP (Front Populaire Italien) ; Víctor Manuel LUCAS RANZ, secrétaire international du CC du PCPE (Parti  Communiste des Peuples d’Espagne).

     

    POUR  SIGNER LA PETITION EN LIGNE, CLIQUER ICI

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  • Le film d'animation « Un homme est mort » retrace le mouvement de grève de mars et avril 1950 à Brest.Le film d'animation « Un homme est mort » retrace le mouvement de grève de mars et avril 1953 à Brest. 

    Kris, l'auteur de la BD.Kris, l'auteur de la BD

     

    La bande dessinée de Kris et Davodeau a inspiré un film d'animation coproduit par Arte. Le scénario revient sur les grèves d'avril 1950 et le drame qui a suivi.

    L'histoire

    Voir ses personnages prendre vie, c'est le rêve de tout auteur. Pour Kris et Davodeau, il est devenu réalité : leur bande dessinée Un homme est mort est devenue un film d'animation.

    Pendant 65 minutes, les spectateurs sont plongés dans une période sombre de l'histoire brestoise. En mars 1950, la ville est en ruines. Les conditions d'existence sont dures et la vie trop chère. Les ouvriers brestois se mettent en grève et réclament « pain, paix et liberté ». Mais les manifestations dégénèrent. Le 17 avril, la police ouvre le feu : l'ouvrier syndicaliste Édouard Mazé est tué d'une balle en pleine tête.

    Le cinéaste René Vautier est justement à Brest. Il filme cette période troublée de mars-avril 1950, et en tire un documentaire intitulé Un homme est mort.

    Les femmes au combat

    La bande dessinée éponyme de Kris et Davodeau racontait l'histoire de ce film aujourd'hui disparu. Le lecteur y suivait les tribulations du « Breton à la caméra rouge » dans la ville en grève et la lutte des ouvriers brestois. « C'est l'histoire d'un film qu'on adapte au cinéma, la boucle est bouclée ! » sourit Kris.

    Porter sa propre oeuvre à l'écran n'a pas été facile. « La BD, c'est le territoire de la liberté. À la télé, il y a bien plus de contraintes, financières notamment. » Mais la version animée permet de corriger quelques oublis. Notamment la place accordée aux femmes. « On s'est rendu compte a posteriori qu'on avait minimisé leur rôle dans les événements d'avril 1950, explique le scénariste. Les grèves ont vraiment commencé à se durcir à partir du moment où les femmes ont rejoint le mouvement. » Un personnage féminin supplémentaire a donc fait son apparition dans le film.

    « Le film se concentre aussi davantage sur la vie quotidienne à Brest dans l'après-guerre », souligne Kris.

    « Parmi les vieilles machines »

    La chaîne Arte est à l'initiative du film. La société de production Les Armateurs, à l'origine de Kirikou et des Triplettes de Belleville, s'est chargée de sa production. Une « chouette entreprise » avec laquelle Kris a apprécié de travailler : « J'ai écrit les deux premières versions du scénario. On a vraiment eu les mains libres pour imaginer le film. »

    Un homme est mort sera diffusé pour la première fois au Festival de la bande dessinée d'Angoulême fin janvier. Il devrait être projeté aux Capucins le 15 mars, en ouverture du Festival européen du film court. Un lieu parfaitement adapté, selon Kris : quoi de mieux que de revivre le passé ouvrier de Brest « parmi les vieilles machines » ?

    source:  https://www.ouest-france.fr

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    Catherine Le Dilosquer, en 2014, à l'occasion du tournage d'un documentaire sur son combat.

    Elle était l'une des six femmes à l'origine de la création du planning familial du Finistère. Militante féministe et ardente défenseuse des droits humains, Catherine Le Dilosquer s'est éteinte mardi, à Pont-l'Abbé, à l'âge de 92 ans. Son premier combat a été celui du droit à l'avortement, au début des années 60. « C'était encore l'époque où la loi punissait toute information sur l'avortement. Depuis un petit local, rue Gourmelen, à Quimper, les militantes aidaient les femmes à se fournir en contraceptifs et à mettre des mots sur les choses, à parler librement », rembobine Monique Prévost, qui a côtoyé Catherine Le Dilosquer. Le planning familial du Finistère naît en 1964, sous l'impulsion de la Pont-l'Abbiste, aux côtés de Maryvonne Connan et Claude Michel notamment. Elles sont de tous les combats, jusqu'à la loi Veil, en 1974.

    Enseignante au lycée de Pont-l'Abbé

    En 2014, Catherine Le Dilosquer apparaît dans le documentaire de Marie Hélia « Les chevalières de la table ronde », qui retrace l'histoire du planning familial dans le département. Elle se joint, la même année, à un rassemblement célébrant les 40 ans de la loi Veil, à Douarnenez. « Elle avait pris la parole et s'était lancée dans un discours très émouvant, comme elle savait les faire », raconte Monique Prévost. Pacifiste et militante antinucléaire, celle qui a longtemps enseigné le français au lycée de Pont-l'Abbé avait ouvert la voix à l'expression libre en classe. « Des anciens élèves s'en souviennent avec reconnaissance ». Le planning familial du Finistère invite toutes celles et ceux qui partagent les valeurs de Catherine Le Dilosquer à venir, aux côtés de sa famille et de ses amis, lui rendre un dernier hommage, samedi, à 11 h 30, au crématorium de Quimper. 

    source: http://www.letelegramme.fr

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  • Les grèves de 1947 effacées de la mémoire: un livre pour se rappeler et lutter

    Du 10 novembre au 9 décembre 1947, la France connaît le conflit ouvrier le plus sanglant depuis la Commune. De Marseille au Pas-de-Calais, grèves, sabotage et répression feront des dizaines de morts. L’historien Robert Mencherini tente, Guerre froide, grèves rouges. Les grèves « insurrectionnelles » de 1947 de comprendre l’amnésie collective face à ce mouvement. Est-ce parce qu’il s’acheva par la division, toujours actuelle, du monde syndical français ?

    Un mois de grève, du 10 novembre au 9 décembre ; des dizaines de morts ; un pays au bord de l’explosion, avec des accusations croisées de coup d’État imminent entre gaullistes, socialistes et communistes. Et pourtant un quasi-oubli, hormis dans quelques cercles militants. On a célébré les grèves de 1936, on s’apprête à célébrer celles de 1968, mais celles de l’automne 1947 restent absentes de la mémoire nationale, sans doute parce que trop clivantes. Saluons donc l'initiative des éditions Syllepsede rééditer, dans une version actualisée, Guerre froide, grèves rouges. Les grèves « insurrectionnelles » de 1947 de l’historien Robert Mencherini. Paru pour la première fois en 1998, ce livre reste la seule étude de fond sur les événements français de l’automne 1947. Une preuve de plus que ces derniers dérangent.

    Les grandes grèves de l’automne 1947 se trouvent ainsi au croisement de considérations nationales – les difficultés de ravitaillement autant que les conflits politiques au sein de cette « Troisième voie » qui entend gouverner à l’écart des gaullistes comme des communistes – et internationales – le début de la guerre froide. Mais elles sont surtout à l’origine d'un éclatement du paysage syndical français. En décembre 1947, le courant Force ouvrière, emmené par Léon Jouhaux, quitte la CGT pour former une nouvelle confédération syndicale.

    La Fédération de l’Éducation nationale (FEN) de la CGT décide à son tour, après les grèves de 1947, de devenir autonome. Une scission majoritaire de la FEN donnera naissance en 1993 à la Fédération syndicale unitaire (FSU). Les événements de l’automne 1947 sont ainsi à l'origine de la division actuelle – tout à fait atypique en Europe – du monde syndical français.

    Extraits pris sur Pascal Bavencove via Fb

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  • Michèle Leclerc pose avec la photo de Louis Élie, résistant brestois, qui se trouve être le père adoptif de son père. À ses côtés, Gildas Priol, passionné d'histoire, collecte les détails de cette page de l'histoire locale. Michèle Leclerc pose avec la photo de Louis Élie, résistant brestois, qui se trouve être le père adoptif de son père. À ses côtés, Gildas Priol, passionné d'histoire, collecte les détails de cette page de l'histoire locale. 

     

    Les associations appellent quiconque ayant des photos de résistants du Groupe Élie à se manifester. Selon elles, mettre un visage sur un nom humanise le passé.

    Dans le square Rhin-et-Danube, près du cercle de la Marine de Brest, une modeste stèle s'élève du carré de pelouse. Dessus, figurent les noms de résistants brestois qui ont fait partie du groupe Élie. Le visage de six d'entre eux demeure inconnu.

    Petit retour en arrière. Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance un appel à la résistance depuis Londres. À Brest, rue Jean-Jaurès, Louis Élie l'entend. Il monte alors un groupe de résistants. Leur nombre est difficile à définir.Pour effrayer les Allemands, Élie a prétendu qu'ils étaient 6 000. Selon les chercheurs, ils étaient plutôt une centaine. Les résistants organisent des missions de renseignement, puis d'assassinat.

    Jambes brisées

    Au cours de l'une d'elle, au café Louis-Blanc, l'un d'eux est blessé. Le lendemain, deux membres du groupe d'Élie sont arrêtés. En deux mois, trente-huit personnes suivront, dont Louis Élie qui aura les deux jambes brisées lors d'un interrogatoire. Une partie des résistants est déportée, onze sont fusillés au Mont-Valérien le 10 décembre 1941.

    Passionné d'histoire et membre d'association comme Brest 44 et fort Montbarey, Gildas fait partie de ceux qui, patiemment, retracent le passé de Brest pendant la guerre. Un jour, Michèle Leclerc, la fille du fils adoptif de Louis Élie le contacte via les réseaux sociaux : elle a une photo de son aïeul à lui transmettre. « La magie d'Internet, sourit Gildas. Pour nous, c'est très important d'avoir des photos. Pouvoir mettre des visages sur le nom des résistants montre leur jeunesse. Cela les humanise tout simplement. »

    C'est d'ailleurs ce qui a poussé Michèle Leclerc à partager cette photo, oubliée dans les cartons. « Je ne suis pas particulièrement patriote. Quand mon père exposait la photo dans le salon, je ne comprenais pas, confie-t-elle. Mais plus tard, j'ai eu besoin de comprendre ce que ma famille a vécu. Je suis fière de ce qu'a accompli Louis Élie. Le personnifier par une photo, c'est plus fort qu'une liste de nom sur une stèle. Et avoir un impact fort, c'est oeuvrer pour que jamais les horreurs de la guerre ne se reproduisent pas. »

    Parmi les associations qu'elle a contactées, la retraitée s'est adressée à Fort Montbarey. Sa directrice, Catherine Ferre Jardinier, était ravie : « Nous collectons bénévolement tous les détails que nous pouvons sur la vie pendant la guerre dans le Finistère au sein de notre mémorial, explique-t-elle. Le texte touche moins les jeunes générations, donc avoir des photos restent toujours plus intéressants. »

    Pourtant, parmi le groupe Élie, six noms demeurent sans visage : Jean Caroff, Yves Feroc, François Gouez, Hervé Roignant, Roger Groizeleau, Joseph Prigent, Albert Muller. « Nous faisons appel aux gens qui auraient des photos d'eux, lance Gildas. Qu'ils n'hésitent pas à nous contacter ! »

    Raphaëlle Besançon.

     

    Contact : Gildas Priol au 06 45 90 98 33 ou gildas.priol@gmail.com ou l'association : fort.montbarey@free.fr ou 06 60 05 87 56.

    source: https://www.ouest-france.fr

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  • Le quai Kléber, la « Charcuterie du coin » de Jean-Louis et Louise Hascoët. Au-delà du parapet du Loch, le bistrot de Mme Taniou. (Ccollection Olivier Mantey)
    Le quai Kléber, la « Charcuterie du coin » de Jean-Louis et Louise Hascoët. Au-delà du parapet du Loch, le bistrot de Mme Taniou. (Ccollection Olivier Mantey)

    S'appuyant sur le journal du Brestois Maurice Caradec, écrit de juin 1940 à 1944, Brigitte Charoy publie un ouvrage passionnant sur la vie quotidienne en presqu'île de Crozon sous le joug allemand.

    19 juin 1940. La première kommandantur allemande s'installe à Camaret, à l'Hôtel des Pois. Trois officiers se présentent à l'hôtelière et visitent l'établissement. Ils décident d'installer leur bureau au café de l'hôtel. L'hôtelière réplique : « Si ces messieurs pouvaient plutôt s'installer au salon... ». Si cette femme n'a pas eu gain de cause (« Impossible Madame, c'est la guerre »), Brigitte Charoy en a néanmoins fait le titre de son ouvrage.

    Témoins directs

    Passionnée d'Histoire et autodidacte, elle a rencontré au total près de 80 personnes, dont les souvenirs lui ont permis de restituer fidèlement la période de l'Occupation en presqu'île de Crozon : le ravitaillement à Telgruc ou à Châteaulin, ou encore les départs en bateau pour Brest depuis le Fret. Maurice Caradec, un Brestois et créateur de l'hôtel des Pois (l'actuel centre Apas BTP) de Camaret, constitue le point de départ de sa démarche. Courtier maritime au port de Brest, Maurice Caradec a passé la période de l'Occupation au Véryac'h, à Camaret, y tenant un journal. Il y consignait chaque événement, tout ce dont il était directement témoin. Rédigé de juin 1940 à 1944, ce journal représente près de 26.000 pages.
     
    Il a donc été une source précieuse d'informations pour Brigitte Charoy, qui a pu l'obtenir auprès de sa famille. Elle a également enquêté auprès des personnes évoquées dans le journal, soit des dizaines de témoins directs.

    Détails et anecdotes

    Enfin, son travail de longue haleine (deux ans au total entre les recherches et la rédaction de l'ouvrage) a été complété par des recherches aux Archives départementales. Afin de rassembler ces informations et de les rendre accessibles aux lecteurs, elle a créé un narrateur fictif qui tient un journal et raconte les faits vécus par les Presqu'îliens de l'époque. « Ma grande envie, c'est que ce soit lisible facilement par le plus grand nombre, notamment les jeunes. C'est important qu'ils s'intéressent à cette période et j'ai écrit de manière à ce que cela leur soit accessible. Ce qui m'intéressait dans ce journal de Caradec, c'était les nombreux détails de la vie quotidienne. J'ai pu y relever les événements. Et mon ami Francis Bescou m'a aidé à les relier et à reconstituer des dialogues, grâce à sa mémoire extraordinaire ».

    Pratique
    . « Si ces messieurs pouvaient plutôt s'installer au salon ». de Brigitte Charoy. Prix : 22 €
     
     
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    Gaston Balliot a réuni sur un même site Internet le combat des sardinières.
    Gaston Balliot a réuni sur un même site Internet le combat des sardinières.

    Un site web sur la Résistance en Pays bigouden a vu le jour voilà un an sous l'impulsion de trois anciens enseignants. Depuis quelques jours, un nouveau site propose de plonger dans l'univers des luttes sociales au temps des conserveries.

    Le travail fourni par trois anciens enseignants autour de la Résistance en Pays bigouden avait permis il y a un peu plus d'un an la mise en ligne d'un site sur le sujet. Depuis Gaston Balliot s'est remis au travail. Il s'est intéressé cette fois-ci aux luttes sociales et plus particulièrement à celles qui au début du XXe siècle ont agité les conserveries de l'Ouest Cornouaille. « Mon attention a été attirée par l'histoire des Pen-Sardins, puis je suis tombé sur l'affiche de Le Quernec consacrée aux luttes sociales en Pays bigouden ». Une affiche bien connue que son auteur avait réalisée pour le compte de l'Union locale CGT de Pont-l'Abbé afin d'annoncer une conférence sur les grandes grèves sardinières de 1926 et 1927. Une problématique qui fait alors écho au projet de réalisation d'un musée de la conserverie à Loctudy. « Je me suis dit qu'il y avait matière à faire quelque chose ».

    Mouvement de moindre ampleur en Pays bigouden

    Militant politique antilibéral, Gaston Balliot a souhaité aborder l'aspect social. Il se plonge alors dans les archives en ligne de la CGT, épluche les sources présentes sur la toile, y trouve écrits divers, photographies et documents. Le site est présenté sous forme de chapitres, dont deux plus importants consacrés à la révolte des sardinières de Douarnenez (1924-1925) et aux grèves dans les ports du Pays bigouden en 1926. « J'ai voulu rassembler le Pays bigouden et Douarnenez pour montrer que c'était la même lutte, le même combat. Ce sont d'abord des luttes de femmes, ce n'est pas banal.
     
    Ce sont aussi des luttes d'émancipation comme à Douarnenez ». Il évoque d'ailleurs le cas de Joséphine Pencalet, cette sardinière qui a été la première femme élue en Bretagne en 1925. En Pays bigouden, le « point de départ, c'est Lesconil », explique Gaston Balliot. Pour étayer son propos il s'est appuyé sur « Les luttes sociales dans la conserverie et le milieu maritime en 1926 et 1927 sur le littoral bigouden », un travail universitaire d'Anne Lebel (1981). « Elles ont essayé de coordonner les luttes avec Loctudy, Pont-l'Abbé mais cela n'a pas pris ». Pour Gaston Balliot ce qui a manqué c'est le soutien. « Il y a eu un manque de solidarité, le mouvement a pris moins d'ampleur en Pays bigouden ».

    Ne pas en faire l'économie

    Le travail fait aussi écho aux chants des sardinières, album de Marie-Aline Lagadic et Klervi Rivière dans lequel les deux Bigoudènes rendent hommage aux luttes des sardinières. Il s'arrête aussi sur le projet de musée qui devrait voir le jour dans l'ancienne conserverie Le Gall, dont l'activité a cessé en 1954. « C'est une bonne initiative qui permettra de témoigner à la fois du passé de Loctudy, du patrimoine industriel, et des conditions sociales de l'époque », assure Gaston Balliot. Qui ne verrait pas d'un mauvais oeil que son travail de collecte désormais en ligne vienne enrichir le projet. « On ne peut pas faire l'économie de cet aspect social sauf à en faire un musée patronal ».

    Pratique
    Le site est consultable à cette adresse : sardinieres.wordpress.com
     
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