• Par Nikos Mottas.

    Une fois de plus, l'Union européenne recourt à un anticommunisme hideux à l'occasion de la "Journée européenne du souvenir des victimes du stalinisme et du nazisme" (connue sous le nom de "Journée du ruban noir", qui est célébrée chaque année le 23 août. 

    Dans une déclaration commune, la vice-présidente de la Commission européenne Vera Jourova et le commissaire européen à la justice Didier Reynders reproduisent les mêmes vieilles calomnies anticommunistes sur le pacte Molotov-Ribbentrop de 1939. Sans aucun respect pour l'histoire, les fonctionnaires de l'UE reproduisent le mensonge flagrant sur la prétendue "alliance entre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie". 

    Dans leur déclaration, Jourova et Reynders écrivent sans vergogne que le pacte de non-agression Molotov-Ribbentrop a "plongé l'Europe dans les ténèbres" et "a entraîné la violation des droits fondamentaux de millions d'Européens et a coûté la vie à des millions d'autres".

    Une fois de plus, l'UE prouve que l'anticommunisme est un élément essentiel de son idéologie officielle. La déclaration ci-dessus des responsables de l'UE déforme l'histoire afin de diffamer l'Union soviétique et le communisme. 

    Vera Jourova et Didier Reynders cachent le fait que le pacte Molotov-Ribbentrop a suivi l'accord de Munich de 1938 entre l'Allemagne nazie, l'Italie, la Grande-Bretagne et la France. Les apologistes de l'impérialisme tentent de minimiser l'importance des accords de Munich de 1938 ; cependant, ils ont eu un impact énorme en tant qu'acte d'apaisement envers les nazis. À la suite de cet accord, l'Allemagne nazie a annexé la Tchécoslovaquie et a intensifié son agression expansionniste à l'égard de l'Europe de l'Est. 

    L'UE cache délibérément que bien avant le pacte de non-agression Molotov-Ribbentrop de 1939, l'Union soviétique a tenté à plusieurs reprises de conclure un accord défensif avec la Grande-Bretagne et la France. Même quelques mois avant le pacte Molotov-Ribbentrop, le 23 juillet 1939, les Soviétiques ont proposé à la Grande-Bretagne et à la France la formation d'un plan de défense, en cas d'attaque allemande ; ils ont refusé, tant que les Britanniques négociaient secrètement à Londres un pacte de non-agression avec les représentants d'Hitler. 

    Munich, le 30 septembre 1938-De gauche à droite : Neville Chamberlain (Grande-Bretagne), Edouard Daladier (France), Adolf Hitler (Allemagne nazie), Benito Mussolini (Italie fasciste).

    Ce que l'UE et ses gouvernements et partis bourgeois tentent de faire, c'est de "semer la graine" de l'anticommunisme auprès des jeunes générations. C'est pourquoi ils déforment de manière flagrante l'histoire en assimilant sans vergogne le communisme au nazisme. 

    L'UE établit des "journées de commémoration contre le totalitarisme" afin de cacher que le seul totalitarisme existant est celui de la barbarie capitaliste. Derrière la rhétorique sur la "démocratie" et les "droits de l'homme", l'UE cache sa participation aux crimes, guerres et interventions impérialistes. 

    Mais quel genre de "démocratie" existe-t-il en Pologne, ou dans les États baltes, où les partis communistes sont persécutés, où les symboles communistes sont interdits, où les communistes sont emprisonnés ? 

    Quels "droits de l'homme" l'UE défend-elle lorsqu'elle participe à des guerres impérialistes contre les peuples d'autres pays (Yougoslavie, Libye, Irak, Syrie, etc.) ou lorsqu'elle encourage et parraine ouvertement des coups d'État fascistes comme celui qui a eu lieu en Ukraine ? 

    Les citoyens européens doivent tirer des conclusions. L'anticommunisme de l'UE va de pair avec l'intensification de l'attaque contre les droits des travailleurs ; il est lié au renforcement des mécanismes de répression dans chaque État membre. 

    Il faut que les impérialistes de l'UE et leurs laquais (conservateurs, sociaux-démocrates ou libéraux) en soient conscients : L'anticommunisme ne passera pas ! 

    Nikos Mottas


    source :  http://www.idcommunism.com/2020/08/eu-and-black-ribbon-day-the-anticommunist-falsification-of-history-shall-not-pass.html

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Il y a 76 ans, Ernst Thälmann (KPD) était assassiné par les nazis à Buchenwald

    Dans la nuit du 17 août 1944, le Secrétaire général du KPD ( Kommunistische Partei Deutschlands ), Ernst Thälmann , était assassiné dans le camp de concentration de Buchenwald - article et traduction Nico Maury

    Dans l'après-midi du 17 août 1944, une escouade de SS avait emmené Thälmann à la prison de Bautzen (arrêté en 1933, Thälmann avait été transféré à plusieurs reprises d'une prison à l'autre, presque toujours à l'isolement) à une soixantaine de kilomètres à l’est de Dresde. Vers minuit, une voiture l'amène à Buchenwald et exécuté par trois coups de feu. Il a été incinéré le soir même.

    L'ordre d'assassiner le dirigeant communiste venait d'Hitler lui-même. Le 14 août 1944, pour le Reichsführer-SS Heinrich Himmler, réuni avec Hitler au Wolfsschanze, "Thälmann doit être exécuté". La presse nazie tenta de faire passer sa mort pour une conséquence du bombardement du camp du 24 août 1944.

    Son bourreau, Wolfang Otto ("Kommando 99"), ne sera jamais condamné pour le meurtre de Ernst Thälmann. Bien que condamné à 20 ans de prison par un tribunal militaire américain en 1947, il sera libéré en 1952 pour "bonne conduite" par la justice ouest-allemande.

    source: https://www.editoweb.eu/nicolas_maury/

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Ce mardi 18 août marque le 70e anniversaire de l’assassinat du député communiste serésien Julien Lahaut. L’homme longtemps accusé d’avoir crié le " Vive la République " entendu lors de la prestation de serment du futur roi Baudouin en tant que prince royal une semaine plus tôt. On sait aujourd’hui que ce cri devait être lancé par l’ensemble des élus de ce parti mais que la voix captée par les documents sonores de l’époque était celle du député carolorégien Henri Glineur. Cet anniversaire est marqué, comme chaque année, par une commémoration au cimetière des Biens communaux de Seraing.

    Il y a 70 ans, le député communiste belge, Julien Lahaut, était assassiné à Seraing

     

    18 août 1950. 21h15. Deux hommes sonnent à la porte du 65 rue de la Vecquée à Seraing. C’est le domicile du député communiste Julien Lahaut, président du parti communiste belge (fonction honorifique). C’est son épouse qui ouvre la porte. Les deux hommes demandent à parler au député. Un d’eux se présente comme le " camarade Hendrickx ". Julien Lahaut arrive. Trois coups de feu résonnent. Ils sont tirés avec un pistolet automatique de calibre 45. Un d’entre eux sera mortel, une balle dans l’abdomen. Une quatrième balle sera tirée dans sa joue, puis une cinquième qui ne touche que le seuil de la maison. Julien Lahaut est mort. Les deux hommes prennent la fuite en voiture. Deux complices les y attendent. Ils ne seront finalement pas punis pour cet assassinat.

    Très populaire

    Julien Lahaut est pourtant une personnalité politique très populaire. 100.000 personnes l’accompagneront lors de ses funérailles. Le personnel des grandes entreprises liégeoises observera un arrêt de travail à ce moment. L’homme est né à Seraing le 6 septembre 1884 et très jeune, il est marqué par les questions sociales et le combat syndical. A 7 ans déjà, il jouait à manifester dans la rue, avec un drapeau rouge, en chantant " Vive la révolution ".

    Un idéal qui se trouvera renforcé lors de la première guerre mondiale. A ce moment, il est engagé volontaire, affecté à l’unité des auto-canons qui se retrouve sur le front russe au moment du déclenchement de la révolution russe (1917). Il en reviendra imprégné des idéaux communistes. En 1932 et 1936, il est un des leaders des grandes grèves de l’époque. C’est aussi en 1932 qu’il est élu député, un des trois premiers communistes à siéger à la Chambre. Il y sera réélu sans discontinuer jusqu’à son assassinat. Autre fait marquant, en 1941, en pleine occupation allemande, il mène la " grève des 100.000 " qui voit de très nombreux ouvriers métallurgistes liégeois arrêter le travail. Une action qui fera réagir Hitler en personne. Un mois et demi plus tard, il sera arrêté et déporté.

    Une enquête bâclée

    Au moment de l’assassinat, plusieurs pistes sont évoquées, dont un lien avec le " Vive la République " et la mouvance léopoldiste. C’est une semaine plus tôt, le 11 août 1950, que le roi Léopold III avait transféré ses pouvoirs au Prince royal Baudouin, avant d’abdiquer en sa faveur près d’un an plus tard.

    Mais cette piste ne sera pas la bonne. Et dès le départ, l’enquête n’a pas bien débuté. Tout d’abord, le juge d’instruction en charge du dossier (parce qu’il était de garde ce soir-là) était le plus inexpérimenté des juges liégeois. C’était sa première grande enquête criminelle. Les lieux n’ont pas été sécurisés, le corps a été déplacé, de nombreuses personnes sont présentes, des traces ont été détruites et des indices déplacés.

    En 1972, l’enquête sera classée sans suite, ce qui fera scandale. Il faudra attendre le résultat d’une enquête menée par trois historiens pour que la vérité sur cet assassinat soit connue, en 2015. Les quatre complices et auteurs ont été identifiés : François Goossens, les frères Eugène et Alex Devillé et Jan Hamelrijck. Tous quatre sont des militants anticommunistes, membre d’un réseau dont le chef, André Moyen, bénéficie de relations et protections au sein de la police judiciaire et parmi les dirigeants de plusieurs grandes entreprises. Aucun ne sera condamné pour cette affaire et cet assassinat s’inscrit donc aussi dans un contexte de guerre froide qui avait déjà vu un premier projet d’homicide de Julien Lahaut voir le jour en 1948.

    70 ans après

    Septante ans plus tard, la commémoration de cet assassinat reste un rendez-vous annuel pour les communistes belges et leurs héritiers. Julien Lahaut est aussi un des deux seuls parlementaires en exercice à avoir été assassiné depuis l’indépendance de la Belgique, le second étant André Cools. Outre le mystère et le scandale entourant cette mort, la popularité de l’homme est aussi un élément qui intervient dans la mémoire persistante du député serésien, comme le précise l’historien Jules Pirlot, président du Carcob (Centre des archives du communisme en Belgique) : " Il y a eu des tas de gens qui étaient au courant et qui se sont tus. Ça, c’est une partie de la réponse à pourquoi ces commémorations. Julien Lahaut, on commémore aussi parce qu’il a été assassiné et que les assassinats politiques sont très rares en Belgique. C’est un cas spécial. A cause de sa popularité extrême puisqu’il était déjà une légende de son vivant, et à cause de ce mystère qu’il y a autour de l’assassinat. Quand il y a eu un classement sans suite au début des années’70, c’était évidemment un scandale. Et puis il y a eu les révélations en’87. Un journaliste et un historien flamands qui faisaient une enquête dans les milieux d’extrême droite flamands sont remontés à l’équipe du criminel et on sait dès lors qui est l’assassin. Donc chaque fois ça relance cette volonté à la fois de connaître la vérité mais aussi de ne pas oublier ", explique-t-il.

    Pour la mémoire de celui qu’un comte polonais avait surnommé " L’homme qui portait le soleil dans sa poche et en donnait un morceau à chacun " durant sa captivité lors de la seconde guerre mondiale, il reste aussi de nombreux livres, une pièce dont il est le héros (" L’homme qui avait le soleil dans sa poche ", de Jean Louvet), et cinq rues portant son nom (à Seraing, Liège, Charleroi, Courcelles et Morlanwez).

    source: https://www.editoweb.eu/nicolas_maury

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Un combat humaniste contre la justice de classe !

    Tous les médias, même les médias dominants aux mains de milliardaires, ont célébré  dès l’annonce de son décès le 28 juillet dernier. Le plus souvent, cependant, ils ont honoré l’avocate féministe qui a défendu “la Cause des femmes” et permis des avancées majeures pour les femmes dans les années 70, en taisant ou en passant très vite sur les combats de l’avocate anticolonialiste, anti-impérialiste qui, dès les années 50, a pris la défense des militants et des peuples opprimés avec un courage et une détermination admirables, malgré l’hostilité et les menaces des militaires dont, avec force, elle dénonçait les tortures et les exactions pendant la guerre d’Algérie.

    Aujourd’hui, surtout parmi la jeunesse, qui connaît vraiment ce que furent les guerres de libération des Tunisiens, des Algériens, des Vietnamiens, des Espagnols et de tant d’autres, pour se délivrer du colonialisme français, de l’impérialisme états-unien, du fascisme de Franco… ?

    Gisèle Halimi a pris fait et cause contre l’oppression sous toutes ses formes, notamment pour défendre le Peuple palestinien assassiné par le régime raciste et belliqueux israélien. Par son intelligence et sa force de conviction, elle a réussi, malgré les procès à huis clos, dans des plaidoiries exceptionnelles où elle a pris parti pour les inculpés, informer et gagner l’opinion publique nationale et internationale à la cause des accusés.

    D’abondants documents, (vidéos, entretiens radio-diffusés, articles, films…) ainsi que ses nombreux livres passionnants, permettent de découvrir cette petite fille pauvre, née en Tunisie alors colonisée par la France, devenue une intellectuelle militante dont la vie tout entière a été consacrée à la défense des pauvres et des opprimés, femmes et hommes.

    Son parcours exceptionnel mérite qu’on le fasse connaître car nous lui devons beaucoup, dans une période où beaucoup d’intellectuels sont absents des combats essentiels contre le capitalisme exterministe qui détruit les peuples et la planète, relayé par les médias dominants. Dans l’article que nous lui consacrons, vous trouverez de nombreux liens pour aller directement sur les documents cités. La navigation sur internet vous permettra d’en découvrir beaucoup d’autres…

    A.MC pour Initiative Communiste


    C’est à une grande figure tuniso-française de la cause féminine, des droits humains et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à qui le Ministère des Affaires Culturelles de Tunisie rend hommage.

    Gisèle Halimi, née Zeiza (Gisèle), Elise Taïebest née en Tunisie le 27 juillet 1927, dans le quartier de la Goulette, en banlieue de Tunisdans une famille modeste judéo-arabe, d’une mère juive séfarade et d’un père d’origine berbère ayant acquis la nationalité française.

    Les origines de son engagement et de ses combats politiques

    La malédiction de naître fille

    Comme elle le raconte dans La Cause des femmes (Grasset, 1974), son père, Édouard, est si désolé d’avoir une fille qu’il met plusieurs semaines à avouer sa naissance à ses amis. Il faut rappeler qu’alors, une fille est considérée un peu comme une malédiction“, dira-t-elle en 1989.

    La fille, à l’époque, était une charge d’abord parce qu’économiquement, on ne la formait pas pour gagner sa vie : il n’était pas question d’indépendance économique. Ensuite, c’était un lourd fardeau à cause de tous les tabous sur la virginité, du fait qu’une fille sortant avec un garçon était “sale”. Je suis née et j’ai grandi dans cet amoncellement de tabous concernant les filles. Très tôt, je me suis posé la question du pourquoi : pourquoi ces différences, pourquoi ces handicaps majeurs qui nous réduisaient par rapport aux hommes ? Posé la vraie question : qu’est-ce qu’on est ?

    Source : https://www.franceculture.fr/emissions/voix-nue/gisele-halimi-15

    Discrimination, injustice et révolte

    Gisèle est confrontée à la discrimination entre filles et garçons dans l’exécution des tâches ménagères. Mais indocile, âgée d’à peine 12 ans, elle va suivre une grève de la faim pendant 3 jours, refusant de servir ses frères. Dès son adolescence, elle s’indigne des carcans d’épouse et de mère et, à 14 ans, elle refuse un mariage arrangé avec un marchand d’huile de plus de 20 ans son aîné.

    J’étais l’aînée qu’il fallait marier. Ça m’est apparu comme quelque chose de monstrueux. Me marier c’était me faire endosser le destin de ma mère… qui faisait un enfant tous les 2 ans, qui s’arrangeait avec la religion pour avorter comme elle pouvait…

    Source : https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2005-2-page-5.htm

    Enfant, elle découvre aussi l’injustice qui fera naître sa révolte.

    C’est à partir de ma vie même, de mon vécu, que j’ai pris conscience de la discrimination qui frappait les femmesde l’injustice intolérable, que je me suis révoltée et que, par la suite, en lisant goulûment, j’ai théorisé.       

    Source : Gisèle Halimi dans la revue Travail, genre et sociétés 

    «L’injustice m’est physiquement intolérable… Toute ma vie peut se résumer à ça. Tout a commencé par l’Arabe qu’on méprise, puis le juif, puis le colonisé, puis la ».

    Source : https://www.franceculture.fr/droit-justice/france-culture-rend-hommage-a-gisele-halimi-combattante-des-droits-des-femmes

    L’injustice, Gisèle l’a découverte toute enfant, à 10 ans, quand elle a su ce que veut dire souffrir pour ses jeunes camarades tunisiens, marqués par la faim et la misère. « Ce sont des séquences affreuses que j’ai gardées dans ma mémoire pour l’éternité », répétait-elle souvent. De ces blessures et des vicissitudes de la vie, elle ne perdra ni ses convictions tranchées de justice et d’égalité, enracinées dans le terreau familial, ni cette forme de candeur dont elle ne se départira jamais, entretenue, dans son exercice ardu d’avocate et surtout de militante politique.

    Source : entretien de Djamila Boupacha pour el Watan

    Un oncle et une tante, communistes et athées…

    Justice et égalité

    Ses convictions de justice et d’égalité, elle les a trouvées chez son oncle Jacques (frère de son père) et sa tante, inscrits au Parti Communiste tunisien.

    En novembre 2011, sur France CultureVirginie Bloch Lainé donne la parole à Gisèle Halimi dans une série d’entretiens “La cause des femmes”. Dans le deuxième volet, intitulé Gisèle Halimi ou l’auto-éducation, elle lui dit :

    Vous aviez un oncle communiste très politisé, l’oncle Jacques“. “Un oncle et une tante” répond G. Halimi… un oncle qui était une référence presque mythique dans la famille… On l’aimait ou on le détestaitla majorité le détestait répond Gisèle Halimi…. En plus, il était comme tout bon communiste, complètement athée, ce qui horrifiait ma mère, fille de rabin !… “Mais vous, vous en pensiez quoi, du communisme ? insiste V. Bloch Lainé. “Ben, ça m’avait beaucoup séduit, dit G. Halimi. Ce qui horrifiait ma mère … il plaisantait avec Dieu et disait “Dieu soit loué et mes appartements aussi…” Moi, j’étais très séduite….”

    Source https://www.franceculture.fr/emissions/voix-nue/gisele-halimi-25

    Union des Jeunes filles de Tunisie

    C’est à cette époque là, qu’à l’instar de l’Union des Femmes de Tunisie” proche du Parti Communiste tunisien (PCT), Gisèle Halimi a voulu créer “l“Union des Jeunes filles de Tunisie” avec un projet d’éducation : alphabétisation d’abord et déjà d’indépendance économique.” Il en sortira un petit journal qu’elle vend sur la voie publique. Mais le projet est boycotté par les Tunisiennes :”c’est mort de sa belle mort assez vite” dira Gisèle Halimi.

    Indépendance économique et départ pour la France

    Les filles des milieux pauvres ne pouvaient pas financer leurs études. Très bonne élève, Gisèle obtiendra une bourse qu’elle gardera tout au long de sa scolarité et qui lui permettra d’étudier. À 17 ans, les deux baccalauréats avec mention en poche, elle veut rejoindre Paris pour aller étudier, car à Tunis il n’y a pas d’université.

    Pour assurer son indépendance financière, elle donne, grâce à son oncle et à sa tante communistes, des cours particuliers à leur fils qu’ils lui paient et à des jeunes, en retard dans leurs études qu’ils lui trouvent. Cela lui permettra de se faire une petite cagnotte pour partir à Paris.

    On est en 1945. Pour se rendre en France, il y a très peu de transports. Ce sont les avions de l’Armée qui font le rapatriement. Avec obstination, elle viendra chaque jour pendant plus d’un mois, avant d’obtenir un ordre de rapatriement, car elle n’est pas prioritaire.

    Études à Paris

    Gisèle Halimi a soif de connaissance !

    « Comprendre, savoir, c’est une arme formidable » dit-elle.

    https://www.franceculture.fr/emissions/voix-nue/gisele-halimi-35

     À Paris, elle s’inscrit à plusieurs universités, La Sorbonne pour le Droit et la Philosophie, Sciences Po et même en PCB (examen préparant à l’entrée en Médecine),…  tout en occupant un emploi de téléphoniste.

    Elle sera en butte aux propos racistes de ses condisciples qui ignorent tout de son pays, la Tunisie …

    Elle obtient son diplôme d’avocate en 1947 et revient en Tunisie en 1949 où elle s’inscrit au Barreau de Tunis dominé par les avocats français… tous les avocats tunisiens sont arrêtés. Nous sommes à l’époque du colonialisme français !

    L’intellectuelle militante anticolonialiste et anti-impérialiste défend la cause des opprimés !

    Plaider pour changer le monde

    Gisele Halimi

     

    Avant de devenir l’avocate féministe célèbre de la “Cause des femmes” que tous les médias encensent aujourd’hui, Gisèle Halimi défend, dès son plus jeune âge, la “cause des opprimés”.

    Ses combats anticolonialistes en Tunisie et en Algérie sont clairement présentés dans le document Le Maitron, dictionnaire biographique Mouvement ouvrier et Mouvement social

    Soutien à la cause tunisienne

    De rebelle qu’elle a toujours été, Gisèle Halimi devient militante et engage des combats pour l’indépendance de la Tunisie, son pays colonisé par la France, en 1949 dès son retour de Paris où elle a obtenu son diplôme d’avocate..

    J’avais onze ans lorsque éclata, à Tunis, la grande répression du 9 avril 1938 [une date charnière dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien]. Des mitraillettes tiraient dans la rue, des tanks barraient le boulevard Bab-Benat, des soldats — beaucoup de Noirs, des Sénégalais, j’en avais été frappée — sillonnaient, l’arme au poing, les ruelles de la Médina. Le sang coula, notamment à la Zitouna [université religieuse située alors dans la mosquée éponyme],où plusieurs étudiants furent abattus. (…) Je me souviens encore de cette journée nationaliste

    Source : http://Extrait de “Le lait de l’oranger” Mémoires du pays natal https://www.monde-diplomatique.fr/mav/160/HALIMI/58885

     À vingt et un ans, Gisèle Halimi a plaidé devant les tribunaux d’exception pour Habib Bourguiba (futur président de la Tunisie indépendante) qui fut son premier client, alors, en exil, purgeant une énième peine pour sa Patrie. Elle n’était, à cette époque, qu’avocate stagiaire.

    Par la suite, inscrite au barreau de Tunis en 1949, elle exerce jusqu’à 1956, en défendant ses compatriotes nationalistes, simples citoyens, activistes ou syndicalistes, car l’UGTT fut, avec le Parti bourguibiste et les cadres et militants du Parti communiste, le vivier de la lutte anticolonialiste.

     

    Soutien à la cause algérienne

    Gisèle Halimi est aussi “une des ferventes défenseuses de la cause nationale lors de la guerre de libération de l’Algérie” (APS). C’est ainsi qu’elle devient l’avocate du  (Front de Libération Nationale) et qu’elle défend les militants du MNA (Mouvement National Algérien) poursuivis par la justice française. En 1960, apprenant qu’une Algérienne de 22 ans, Djamila Boupacha, militante du FLN, accusée d’avoir posé une bombe a été arrêtée, torturée et violée par des soldats français, elle accepte de la défendre.

    Commence alors une longue bataille, dans laquelle Gisèle Halimi entraîne Simone de Beauvoir. Celle-ci écrit une tribune pour Le Monde POUR DJAMILA BOUPACHA et crée un comité, avec, notamment, Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, Geneviève de Gaulle, Germaine Tillion.

    Djamila est finalement jugée en France, à Caen, en 1961. En dépit de la brillante plaidoirie de Gisèle Halimi, elle est condamnée à mort, mais sera amnistiée et libérée en 1962 après les accords d’ Évian qui mettent fin à la guerre d’Algérie.

    6 septembre 1960, Le Manifeste des 121

    Gisèle Halimi rejoint de nombreux intellectuels français, universitaires, artistes, écrivains, cinéastes … dont Robert Barrat, , Pierre Boulez, André Breton, Marguerite Duras, Edouard Glissant, Claude Lanzmann, François Maspero, Françoise Sagan, Nathalie Sarraute, Jean-Paul Sartre, Simone Signoret, François Truffaut, Vercors, Pierre Vidal-Naquet, entre autres, qui ont publié, le 6 septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté de Robert Barrat  (militant catholique de la lutte anticolonialiste) le Manifeste des 121″, ou « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », un article qui prônait la désobéissance militaire et l’indépendance de l’Algérie. Il sera censuré et le journal Vérité-Liberté saisi.

     

    Le manifeste se termine sur trois propositions finales : 

    • « Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. »
    • « Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français. »
    • « La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres. »

    La lutte courageuse de Gisèle Halimi contre la  !

    Gisèle Halimi dénonce les exactions et l’usage de la torture par l’armée française, ce qui lui vaudra une arrestation et une brève détention.

    De 1956 aux accord d’Évian de 1962, je n’ai cessé de faire des allers-retours entre Alger et Paris où j’étais désormais installée pour assurer la défense des Algériens arrêtés, insurgés, indépendantistes. C’était pour moi une évidence. Mais les pouvoirs spéciaux votés en 1956 avaient pris le droit en otage. La justice n’était souvent qu’un simulacre. J’ai découvert, horrifiée, l’étendue des exactions commises par l’armée française, la torture érigée en système, les viols systématiques des militantes arrêtées, les condamnations sur aveux extorqués, sans compter les disparitions et exécutions sommaires. J’étais abasourdie ».

    Source : https://www.franceculture.fr/droit-justice/france-culture-rend-hommage-a-gisele-halimi-combattante-des-droits-des-femmes

    L’indépendance de l’Algérie,

    (Archive INA 1974)

    je crois qu’un peuple qui est humilié est un peuple qui se battra jusqu’au bout pour recouvrer sa dignité“.

    Source : Gisèle Halimi “L’indépendance de l’Algérie” | Archive INA

     

    Engagement anti-impérialiste

    – Crimes de guerre des États-Unis au VIÊT-NAM

    Au niveau international, Gisèle Halimi participe à une commission d’enquête sur les crimes de guerre américains durant la Guerre du Viêt Nam. Alors que la contestation s’amplifie aux États-Unis et dans le monde occidental, des intellectuels et activistes se réunissent autour du philosophe britannique Bertrand Russell afin d’enquêter et de porter un jugement sur l’intervention américaine au Viêt Nam et fondent, le 15 Novembre 1966, un tribunal d’opinion, également connu sous le nom de Tribunal international des crimes de guerre et Tribunal RussellSartre pour dénoncer la politique des États-Unis dans le contexte de la guerre du Viêt Nam. Jean-Paul Sartre en deviendra président exécutif le 17 novembre 1966.

    – Contre la dictature franquiste : procès de Burgos

    Gisèle Halimi, avocate de Djamila Boupacha, de Mehdi Ben Barka, présidente de la commission d’enquête du Tribunal Russell sur les crimes de guerre américains au Vietnam, observatrice judiciaire aux procès de Rabat et d’Athènes, a été envoyée par la Fédération internationale des Droits de l’Homme au procès sommaire de Burgos qui a suscité de violentes réactions mondiales et internationales en 1970.

    Source http://”http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Temoins/Le-Proces-de-Burgos

    – Guerre de l’OTAN contre la YOUGOSLAVIE

    Son engagement international la conduit à une prise de position contre la guerre de Serbie. En 1999, elle signe, pour s’opposer à la guerre, la pétition « Les Européens veulent la paix », initiée par le collectif “Non à la guerreNon à l’OTAN“.

    Le « plus grand défi militaire » – d’après l’expression de Clinton – de l’histoire de l’OTAN, fut en fait un passage à tabac sadique d’un petit pays par les forces militaires les plus puissantes du monde.

    Ces bombardements impitoyables sur la Yougoslavie furent les premières concrétisations d’une longue série d’agressions prédatrices réalisées par une institution non élue, l’OTAN, qui se place au-dessus des lois, des nations et des peuples.

    Michel Collon Tuer une nation. L’assassinat de la Yougoslavie de Michael Parenti

     

    – Soutien à la cause du PEUPLE PALESTINIEN

    Gisèle Halimi fut l’une des avocates de Marwan Barghouti, emprisonné par Israël et refusant de reconnaître les tribunaux de l’occupant, et l’une des premières signataires de la pétition lancée en 2002 par CAPJPO (Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient) contre l’occupation par Israël de la Palestine. 

    « L’humanité s’est transformée en une grande famille, donc nous ne pouvons pas assurer notre prospérité si nous ne garantissons pas la prospérité de tous. Si vous voulez être heureux, vous devez vous résigner à voir les autres aussi heureux », Bertrand Russell, 1872-1970

    Gisèle Halimi fera également partie du comité de parrainage du Tribunal Russel sur la Palestine, dont les travaux ont débuté le 4 mars 2009, aux côtés d’Henri Alleg, ex-directeur du journal communiste “Alger Républicain” (auteur de La Question sur la torture pratiquée par l’armée française en Algérie), Raymond Aubrac résistant, Pr Albert Jacquard biologiste généticien et essayiste, Stéphane Hessel diplomate et militant politiqueNaomi Klein (journaliste canado-états-unienne auteur de la Stratégie du choc) Ilan Pappé (historien israélien), Michel Warschawski (historien, militant pacifiste israélien) Jean Ziegler (sociologue suisse rapporteur pour l’ONU), Zebda (groupe de musique français), Howard Zinn (historien états-unien) et de nombreux autres membres au niveau international.

    Tribunal Russell pour la Palestine

    Issu d’une initiative privée, il se présente comme un « tribunal d’opinion » qui a pour objet de juger en fonction d’une méthode judiciaire plusieurs aspects de la politique israélienne, spécialement dans les territoires occupés.

    « J’ai participé au premier Tribunal Russell, celui que présidait Jean-Paul Sartre sur les crimes américains au Vietnam. Je me souviens du jour où le grand Bertrand Russell nous a convoqués à Londres et a dit : « Maintenant, cela suffit avec le crime de silence. » J’espère que cette fois aussi nous réussirons à briser le silence”. Quant à la solution ? “Quand on est là-bas, elle est une évidence : mettez fin à l’occupation israélienne, et l’aurore se lèvera. Si les troupes se retirent, les voix de la paix se feront entendre » expliquait Gisèle Halimi à l’Humanité en 2002.

    Source : https://www.humanite.fr/gisele-halimi-une-vie-de-combats-691963

    GAZA « JE NE VEUX PAS ME TAIRE »

    Appel publié le 28 juillet 2014, six ans, jour pour jour, avant sa disparition !

    « Un peuple aux mains nues – le peuple palestinien – est en train de se faire massacrer. Une armée le tient en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que lui oppose-t-on ? J’affirme que cette cause est juste et sera reconnue comme telle dans l’histoire ».

    Source – https://www.humanite.fr/gaza-je-ne-veux-pas-me-taire-548310

     

    La Cause des femmes : la passion  de convaincre !

    Les années 1970 sont un moment de désillusion pour Gisèle Halimi, qui se rend compte que ses “copains libertaires” avec qui elle a fait Mai 68 considèrent en fait, tout libertaires qu’ils soient, que les femmes doivent rester à leur place, se taire et continuer d’être aux petits soins des hommes.

    Si elle considère que le féminisme est la vraie politique, elle admet cependant que le féminisme peut être politique, qu’il existe un féminisme de droite, et un féminisme de gauche. Ce dernier s’attache d’avantage à l‘émancipation économique des femmes, et s’intéresse aux changements de société dans ses racines mêmes. 

    https://www.franceculture.fr/emissions/voix-nue/gisele-halimi-45

    Combat pour le droit à l’avortement

     – Manifeste des 343, 5 avril 1971

    Une du Nouvel Observateur

    Féministe depuis son adolescence, Gisèle Halimi est signataire du Manifeste des 343 femmes, publié dans le n°334 du

    le 5 avril 1971, qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens contraceptifs. Acceptant le risque de subir des sanctions, elle est la seule avocate signataire du Manifeste.

    Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes.

    Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre.

    Le Nouvel Observateur, n 334, 5 avril 1971 °https://www.nouvelobs.com/societe/20071127.OBS7018/le-manifeste-des-343-salopes-paru-dans-le-nouvel-obs-en-1971.html

    343 femmes, connues et inconnues, anonymes et publiques, parmi lesquelles Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Brigitte Fontaine, Gisèle Halimi, Nicole Higelin, Bernadette Lafont, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Delphine Seyrig, Nadine Trintignant... s’accusent volontairement d’avoir eu recours à l’avortement. En affirmant avoir avorté, ces 343 « salopes » (terme employé par Charlie Hebdo en Une, le 12 avril 1971, resté dans la postérité) tombaient directement sous le coup de la loi. Leur objectif était de frapper les consciences et d’obtenir le droit pour les femmes d’avorter, ce qui était, à l’époque, un délit condamné par la justice.

    En 1975, Simone de Beauvoir revenait sur l’impact de ce manifeste des 343 salopes sur le vote de la loi Veil, donnant le droit à l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse).

    En ce qui concerne l’avortement, nous les féministes, nous pouvons être fières car je me demande si cette loi aurait eu lieu si on n’avait pas commencé par signer le manifeste des 343.

    Source : https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/5-avril-1971-le-manifeste-des-343

     

    Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir fondent en juillet 1971, peu après le Manifeste des 343, “Choisir la cause des femmes” qui est, à la base, un mouvement de lutte pour la dépénalisation de l’avortement.

    Le slogan des féministes de “Choisir la cause des femmes” : “La contraception, ma liberté. L’avortement, mon ultime recours. Donner la vie, mon choix”.

    Gisèle Halimi en 1970 avec Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre

     

    Le féminisme de Gisèle Halimiun humanisme

    En s’émancipant, les femmes aident les hommes à s’émanciper. C’est ensemble qu’ils doivent lutter contre l’aliénation.

    Gisèle Halimi a toujours insisté sur le fait que le féminisme est un combat qui a pour particularité de ne pas éliminer l’oppresseur – l’homme.

    Le féminisme, par ses combats, a jeté les bases d’un changement social important, avec plus de justice, plus d’égalité.

    Les féministes françaises n’ont jamais voulu exclure ou liquider les hommes. Leur projet global de société est essentiellement mixte. Les hommes doivent avoir l’«intelligence théorique» de leur libération à travers la nôtre. Nous les convaincrons…

    Source : Le complot féministe Gisèle Halimi

     

     1972, les procès politiques de Bobigny

    °° Procès de Marie-Claire Chevalier

    Le 11 octobre 1972, se tient à huis-clos le procès de Bobigny où Gisèle Halimi défend une jeune fille de 16 ans, Marie-Claire Chevalier qui avait avorté suite à un viol.

    Malgré le huis-clos, elle saura mettre l’opinion publique du côté des inculpées. Dans une plaidoirie passionnante, elle dénonce la loi de 1920 qui interdit la contraception et l’avortement, une loi, dira-t-elle

    « d’un autre âge »« la pierre de touche de l’oppression qui frappe les femmes » : « Cette loi, Messieurs, elle ne peut pas survivre et, si l’on m’écoutait, elle ne pourrait pas survivre une seconde de plus : pourquoi ? Pour ma part, je pourrais me borner à dire : parce qu’elle est contraire, fondamentalement, à la liberté de la femme, cet être, depuis toujours opprimé ».

    Photo : Gisèle Halimi et Marie-Claire Chevalier, accompagnées par des militantes et sympathisantes du MLF, pendant le procès de Bobigny, en 1972. VILLEDIEU/SIPA / VILLEDIEU/SIPA

    Gisèle Halimi refuse de demander pardon au nom de sa cliente ; elle transforme sa plaidoirie en une tribune pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse et fait elle-même le procès de la loi liberticide de 1920 sur l’avortement.

    Nous, les femmes, nous ne voulons plus être des serves... Est-ce que vous accepteriez, vous, Messieurs, de comparaître devant des tribunaux de femmes parce que vous auriez disposé de vos corps ?” 

    Source https://information.tv5monde.com/terriennes/deces-de-gisele-halimi-inlassable-avocate-des-droits-des-femmes-323794

    °° Procès de Michèle Chevalier et des 3 femmes qui l’ont aidée à pratiquer un avortement clandestin

    Gisèle Halimi convoque Simone de Beauvoir, Michel Rocard, les Prix Nobel de médecine Jacques Monod et François Jacob, témoignent à la barre du Palais de Justice de Bobigny en novembre 1972, où l’on juge Michèle Chevalier, mère qui a aidé sa fille Marie-Claire à avorter.

    À la sortie du tribunal, le 22 novembre 1972, elle déclare ainsi devant les micros et les caméras des journalistes, entourée de nombreuses militantes et sympathisantes :

    « Ce jugement est quand même un pas irréversible pour un changement de la loi, pour deux raisons. D’abord parce qu’il a exprimé le désarroi de tous les juges devant ce problème. […] Et c’est un pas parce que le procès lui-même, quel qu’ait été le jugement, le procès lui même a marqué un pas irréversible. Disons que le tribunal a été troublé.»

    Source : https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/1972-gisele-halimi-au-proces-de-bobigny-un-pas-irreversible/

     

    # Le procès qui a changé le regard de la France sur le viol

    En 1978, lors d’un autre procès symbolique, à Aix-en-Provence, devant les assises des Bouches-du-Rhône, Gisèle Halimi représente deux jeunes femmes belges violées par trois hommes qui plaident non coupables, Anne Tonglet et Araceli Castellano. De ces viols, l’une d’elle tombe enceinte et se fait avorter, une pratique encore illégale à l’époque en Belgique.

    Pour Gisèle Halimi, l’enjeu de cette bataille est de :

    changer les rapports entre les hommes et les femmes” car “il ne peut y avoir de société où le couple soit basé sur un rapport de force physique“.”En fait, une femme violée, c’est une femme cassée. C’est une femme qui ne s’en remettra jamais, elle entre dans une espèce de coma“, disait l’avocate en 1977 lors d’une interview télévisée. 

    Source :https://information.tv5monde.com/terriennes/deces-de-gisele-halimi-inlassable-avocate-des-droits-des-femmes-323794

    Hors du prétoire, Gisèle Halimi est bousculée, injuriée, menacée. Les hommes sont condamnés. Ce procès permet une révision de la loi : la loi de 1980, qui reconnaît le viol comme un crime puni de 15 ans de prison.

    Voilà ce que l’avocate et co-fondatrice de “Choisir la cause des femmes” Gisèle Halimi disait à propos du viol en 1977

    Sur la prostitution

    Sur le viol, on a progressé, mais c’est une violence visible. Tandis que la prostitution, on l’habille comme un choix. Et c’est cela qu’il faut combattre radicalement.

    On ne peut pas être féministe et défendre ce servage des femmes. De même qu’une femme a le droit de choisir de donner la vie, que l’on ne peut pas l’obliger à mettre au monde un enfant, de la même façon, on ne peut pas accepter qu’elle ait à commercialiser son sexe.

    Idem pour les « mères porteuses ». Quand j’étais à l’Assemblée Nationale, j’ai fait voter une loi qui interdit la location des ventres. Tout cela tient ensemble. Louer son utérus, c’est une forme de prostitution.

    Accepter la prostitution ou les mères porteuses, c’est créer des catégories de femmes construites sur l’argent. Ce n’est pas supportable. On a d’un côté les femmes riches et stériles, de l’autre les femmes fécondes et pauvres. Les unes étant au service des autres. Il faut tenir bon sur l’interdiction totale de commercialisation des organes.

    Source : https://mouvementdunid.org/prostitution-societe/tribunes/gisele-halimi-avocate-et-feministe/

     

    Les combats de Gisèle Halimi vont se poursuivre quand elle sera élue député de l’Isère.

    1981-1984, Députée de la 4ème circonscription de l’Isère

    Gisèle Halimi se présente aux élections législatives parce qu’elle croit en la puissance du pouvoir législatif. Élue à l’Assemblée nationale (députée de la 4ème circonscription de l’Isère) de 1981 à 1984, elle siège comme apparentée au groupe socialiste,  puis y dénonce un « bastion de la misogynie».

    Elle intervient notamment pour l’abolition de la peine de mort, contre la prolifération des centrales nucléaires, contre les “mères porteuses” et dépose une dizaine de propositions de loi en faveur des femmes (congé parental, quota électoral (parité)dépénalisation de l’homosexualité (projet adopté le 20 décembre 1981), remboursement de l’IVG..).

    La politique n’a pas voulu de moi, et je le lui rendais bien. Je trouvais que la politique, dans ce que j’envisageais comme projets de vie et d’avenir, était réductrice, en particulier pour les femmes. La politique, dans l’ensemble, est une politique mâle, surtout à l’époque. C’était quelque chose de masculin. Les chefs étaient tous masculins, les grands orateurs, les leaders, ceux qu’on encensaient étaient masculins… De temps en temps, il y avait comme une petite tache de couleur féminine dans les groupes, pour justifier une mixité qui n’en était pas une, puisqu’une vraie mixité est paritaire. Cette politique ne me séduisait donc pas. […] Je pensais que la vraie politique, c’était le féminisme.

    Source : https://www.franceculture.fr/emissions/voix-nue/gisele-halimi-45

    Elle se déclarera déçue par François Mitterrand dont elle avait pourtant soutenu la candidature dès 1965, avec la création du Mouvement démocratique féminin (MDF) pour soutenir sa candidature à la présidence de la République, ainsi qu’en 1981 où elle fut élue députée.

     

    Gisèle Halimi défend la laïcité

    Elle interviendra, notamment, dans les débats controversés sur le port du voile à l’école

    La vraie question – les signes religieux à l’école sont-ils compatibles, dans certaines conditions, avec nos principes constitutionnels ? -, noyée dans le flou de certaines approches, divise.

    Sont en cause le principe de la laïcité de l’État (art. 2 de la Constitution), qui constitue à la fois un principe politique et un mode d’emploi juridique, et son corollaire direct dans l’enseignement public, la liberté de conscience, d’opinion et d’expression (art. 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen). L’égalité des sexes (préambules des Constitutions de 1946 et 1958) est un autre principe de même valeur que le précédent. Il convient d’y insister pour contrer une certaine mollesse à le défendre, dans cette problématique.

    Théoriquement, la laïcité, dont le fondement même est né de la loi de 1905 (séparation de l’Église et de l’État), garantit aux citoyen(ne)s la neutralité du service public, conséquence de l‘indépendance du politique à l’égard du religieux.

    Laïcité  : une loi pour la cohésion, par Gisèle Halimi

    https://fresques.ina.fr/elles-centrepompidou/fiche-media/ArtFem00115/gisele-halimi-sur-le-port-du-voile-a-l-ecole.html

    En plateau, Gisèle Halimi, présidente du mouvement “Choisir”, s’explique sur son départ du mouvement SOS Racisme, favorable au port du voile islamique à l’école. Plus largement, elle soulève la question de la dignité des femmes musulmanes. – Journal télévisé de FR3, 2-11-1989

    ______________________________________________________________________________

    1998Militante altermondialiste, elle participe à la création d’Attac

     

     

    En 1998, Gisèle Halimi fait partie de l’équipe qui crée ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Elle rédigera les statuts de l’association avec Bernard Cassen.

    Connue surtout pour son travail admirable sur les droits des femmes, l’on sait peut-être moins que Gisèle était aussi internationaliste et particulièrement sensible à la pauvreté et aux injustices que supportent les peuples du « Tiers Monde » comme on disait alors. Née elle-même en Tunisie, elle défendait l’idée lancée dans un éditorial d’Ignacio Ramonet, directeur du Monde Diplomatique, d’une taxe sur les transactions financières qui pourraient être collectée et transférée aux communautés du Sud.

    C’est Gisèle qui a accepté cette charge et qui, avec le concours de Bernard, a rédigé nos statuts. Et c’est Gisèle que nous avons consulté en premier chaque fois qu’un avis sur une question de droit se présentait. Elle était notre collègue, notre conseillère, notre camarade.

    Une femme qui luttait pour les femmes, oui, mais aussi qui luttait pour un monde plus juste pour tous.

    Source : https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/gisele-halimi-n-est-plus-attac-est-en-deuil

    _____________________________________________________________________________

    « Mère, femme, avocate, militante politique : tout ça c’est la même chose. Je ne suis pas à tiroir. Je suis un être humain. Je voudrais être à part entière et je voudrais que toutes les femmes le soient »

    Ainsi se définissait Gisèle Halimi, sur un plateau de télévision en janvier 1974, face à une militante anti-avortement. Aujourd’hui Madame | ORTF | 08/01/1974

     

    Les féministes françaises n’ont jamais voulu exclure ou liquider les hommes. Leur projet global de société est essentiellement mixte. Les hommes doivent avoir l’«intelligence théorique» de leur libération à travers la nôtre. Nous les convaincrons.

    Gisèle Halimi : Le «complot» féministe dans Le Monde Diplomatique – Août 2003

     

    Merci, Gisèle Halimi pour votre courage et votre dévouement à la cause des opprimés … peuples, hommes et femmes !

    A.M-C

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Gisèle Halimi à FèsL'avocate française Gisele Halimi photographiée le 6 mars 2004 à Fès lors d'un colloque “Rencontre des femmes des deux bords de la Meditérrannée”

     

    Le concert des hommages rendus à Gisèle Halimi (Tunis, 27 juillet 1927 – Paris, 28 juillet 2020) a unanimement souligné l’ampleur des causes auxquelles l’avocate franco-tunisienne a consacré sa vie.

    En tant qu’avocate, députée, écrivaine, elle s’est emparée d’affaires qu’elle a su gagner grâce à sa façon de plaider, tout en contribuant à faire bouger, sur un temps long, un ordre politique et sexuel qu’elle a vécu dans sa chair.

    Cette femme figure d’un XXe siècle en ébullition a croisé des situations qui ont laissé une trace écrite et orale, et creusé des sillages en France, au Maghreb et jusqu’en Palestine.

    Devenir avocate dans la Tunisie colonisée

    L’enfance et l’adolescence de Gisèle Halimi née Taïeb se déroulent dans une famille juive tunisienne, traditionnelle et conservatrice. Son caractère et ses révoltes sont sculptés par les rapports de classe et de sexe structurant une société colonisée qui lui ouvre, grâce à la nationalité française de son père, les portes de l’école. Sa situation familiale structure ses aspirations d’émancipation et sa culture se façonne avec les luttes de terrain.

    La Kahéna, héroïne judéo-berbère du VIIe siècle opposée à l’occupation ommeyyade, lui inspire un « roman » (2006) à partir des informations disponibles.

    Gisèle Halimi évoque dans ses mémoires l’antisémitisme de son institutrice et raconte des épisodes devenus mémorables : elle se souvient, entre autres, de la mobilisation nationaliste du 9 avril 1938.

    Kaïs Saïed, candidat au second tour des élections présidentielles tunisiennes d’octobre 2019, a rappelé que son père emmenait à vélo la jeune adolescente au lycée, pour la protéger de la police allemande occupant le pays (17 novembre 1942-13 mai 1943). Grâce à une bourse et l’argent gagné par des cours particuliers, la bachelière de 17 ans poursuit à la Sorbonne des études de droit et de philosophie et fait l’expérience du racisme métropolitain.

    Elle obtient son diplôme d’avocate en 1947 et s’inscrit en 1949 au barreau de Tunis, dominé par les avocats français.

    Elle vit la flambée de violence et de répression qui sévit en 1952 en tant que stagiaire des tribunaux militaires assignée à la défense de nationalistes tunisiens, dont Habib Bourguiba Président de la république tunisienne entre 1957 et 1987.

    Avocate au procès d’El Alia (près de Philippeville/Skikda) du nom des massacres survenus en 1955 entre indépendantistes du FLN puis, en représailles, par l’armée française dans région du Constantinois en Algérie, elle prend conscience des pratiques de torture et des usages d’extraction d’aveu justifiant des condamnations à mort.

    Carrière hexagonale

    Elle part en France en 1956, juste avant l’indépendance et la promulgation du Code du Statut personnel qui participe à donner à la jeune République tunisienne la réputation de pionnière sur la place des femmes dans la famille et la société.

    Témoin tout en étant objet de discriminations, elle s’engage aux côtés du Front de Libération Nationale (FLN) algérien et défend, en 1958, une trentaine de militants algériens auprès du Tribunal militaire d’Alger puis, en 1960, Djamila Boupacha, accusée d’avoir posé une bombe, torturée et violée dans les geôles françaises.

     

    Pour Djamila, un film de Caroline Huppert sorti en 2011, retrace le combat de Djamila Boupacha, défendue par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir.

     

    L’avocate obtient du peintre Picasso un portrait pour la campagne qu’elle organise pour sa libération à la faveur des accords d’Evian de 1962.

    Agir et écrire pour les droits des femmes

    De France, Gisèle Halimi poursuit ses prises de position contre la torture et entreprend de nombreuses démarches pour obtenir la grâce d’insurgés et militants condamnés à mort.

    Après Mai 1968 (qui n’a pas changé les rapports de sexe), le combat politique de l’avocate emprunte une autre monture : celui du droit des femmes à disposer de leur corps et de la liberté de procréer.

    Elle s’associe avec Simone de Beauvoir et Jean‑Paul Sartre pour fonder en 1971 « Choisir la cause des femmes » et signe, avec de nombreuses célébrités, le « Manifeste des 343 salopes qui ont avorté ».

    Malgré le risque de sanctions, elle se met courageusement dans le camp de l’inculpée du procès de Bobigny (1972) : « J’ai avorté, j’ai commis ce délit » pour essayer de frapper la conscience des juges et leur expliquer la nécessité de sortir ce geste médical de la clandestinité.

     

    Gisèle Halimi, 1972 procès de Bobigny, Ina/Youtube.

     

    Elle obtient la relaxe de Marie-Claire Chevalier, une jeune fille de 17 ans qui avoue avoir avorté après son viol. Tout en soignant sa technique et sa rhétorique de défense, elle continue à déborder de l’enceinte des tribunaux et, sans outrepasser les règles strictes de l’avocature, à sensibiliser l’ensemble de la société en publiant en 1973 La Cause des femmes. La loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse (dite loi Weil) est votée en 1974 et devient remboursable par la sécurité sociale quand Gisèle Halimi devient députée de l’Isère en 1982.

    Au cours du procès d’Aix-en-Provence de 1978, elle défend deux touristes belges violées par trois hommes à Marseille. Elle médiatise à bon escient le procès poursuivant sa stratégie pour changer le regard de la société envers une atteinte à la dignité humaine et pour faire évoluer la loi française. Celle-ci déclare en effet en 1980 le viol comme un crime passible de prison.

    Le féminisme tunisien a, de son côté, avancé à la force du droit, à coups d’enquêtes, de plaidoiries et de rédaction de textes.

     

    Association tunisienne des femmes démocrates, Tunisie12ème congrès de l’Association Tunisienne Des Femmes Démocrates à Tunis, le 13 Avril 2018.

    Plusieurs militantes tunisiennes à l’instar de la députée Bochra Bel Haj Hamida et des juristes Sana Ben Achour, Hafidha Chekir ou Monia Ben Jémia, notamment appartenant à la vague contestataire des années 1980, ont été marquées par l’efficacité de cette femme politique qui, en tant que députée française, se prononce pour l’abolition de la peine de mort (1981) et la dépénalisation de l’homosexualité (1982). Ces mots d’ordre sont aujourd’hui à l’ordre du jour des revendications des organisations comme l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates.

    Anticolonialiste jusqu’au bout

    Originaire d’un pays colonisé, elle s’est forgé une sensibilité envers les opprimés du système mondial. Comme pour l’avortement, le viol et la torture, l’engagement de Gisèle Halimi pour les pays occupés dénote d’un souffle et d’une continuité.

    Membre du tribunal international des crimes de guerre Bertrand Russell, elle est observatrice de la guerre du Vietnam en 1967. Plus tard, en qualité d’ambassadrice déléguée permanente de la France auprès de l’Unesco (1985-1986), et de présidente du comité des conventions et des recommandations de l’Unesco (1985-1987), elle participe à faire avancer la parité Hommes/Femmes au sein de ces organisations internationales.

    Dans la foulée des luttes sociales en France (1988-1998), elle participe à fonder l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) en 1998 et s’investit dans la rédaction des statuts pour élaborer une vision qui essaye de contrecarrer les inégalités du système néo-libéral.

    Au nom du même idéal de liberté, elle défend la cause palestinienne à travers plusieurs tribunes, notamment en 2010 et en 2014, condamnant l’intervention armée d’Israël. Pour ne pas être complice du silence envers « un peuple aux mains nues », l’avocate s’associe au comité Bertrand Russel pour la Palestine en 2009 et adhère au comité de défense du militant palestinien Marwan Barghouthi.

    Maître Gisèle Halimi quitte un monde en plein bouleversement, notamment dans les rapports entre les sexes. Ses expériences de juive féministe internationaliste et « intersectionnaliste » avant la lettre, comme ses actions, ont fait évoluer la présence et la visibilité des femmes dans l’espace public.

    Orfèvre passionnée de la communication politique, elle mérite que l’un ou plusieurs de ses quinze ouvrages soient traduits en arabe pour combler un vide aussi étonnant que stérilisant, afin que les générations partagent l’évolution des rapports complexes entre droit et justice aux XXe et XXIe siècles et les étapes de la lente marche vers l’égalité entre les hommes et les femmes.

    Professeure d'Histoire contemporaine, Université de la Manouba     

    Source: https://theconversation.com/

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  •  

    Face au mépris de fer que cultivent nos “élites” bourgeoises euro-formatées à l’encontre de l’ révolutionnaire de notre pays, face aussi aux pseudo-“progressistes” actuels qui font de la France un “pays intrinsèquement raciste, colonialiste et totalitaire”, les militants franchement communistes et 100% républicains que nous sommes se doivent de rappeler le souvenir héroïque des martyrs parisiens des Journées révolutionnaires de la fin juillet 1830. les 27, 28 et 29 juillet 1830

    Refusant les ordonnances scélérates de Polignac, le premier ministre réactionnaire qui entendait supprimer toute forme de liberté de la presse, le peuple parisien, principalement les milieux populaires emmenés par les militants républicains, dressèrent des barricades, brandirent le drapeau tricolore (jusqu’alors interdit) et, au prix de milliers de morts et de blessés, mirent en fuite Charles X, l’ex-Emigré qui avait succédé à Louis XVIII comme chef de file de la Restauration monarchique. C’est ce souvenir malséant d’insurrection populaire victorieuse, c’est la signification intrinsèquement révolutionnaire de la Marseillaise et des trois couleurs que veulent aujourd’hui occulter les hommes de l’oligarchie qui tiennent les médias et, en grande partie, l’historiographie universitaire: Le Figaro, le Monde, France-Culture, Mediapart, Libé etc. préfèrent célébrer à l’envi tout évènement, grand, petit ou carrément bidonné, qui leur permette de cracher sur Robespierre, d’exalter “l’Europe de Charlemagne” chère à Macron ou de noircir sans fin les Révolutions socialistes du 20ème siècle… 

    Les Trois Glorieuses furent à la fois victorieuses et trahies.

    A la suite des manigances du banquier Laffitte, de La Fayette (un faux révolutionnaire habitué de la trahison et des sanglantes manoeuvres antipopulaires) et du sinistre Adolphe Thiers, la Monarchie dite de Juillet dirigée par Louis-Philippe d’Orléans succèda au régime honni des Bourbons dits “légitimes”. Cet opportuniste, surnommé le “roi bourgeois”, sera chassé à son tour par l’insurrection parisienne de février 1848. A cette occasion, le rôle moteur du prolétariat (qui ne disposait pas encore d’un parti à lui: le Manifeste du Parti communiste ne paraîtra justement qu’en… 1848!) fut décisif pour l’instauration de la République: un obscur et glorieux insurgé, l’ouvrier Marche, imposera littéralement l’arme au poing le mot “République” au nouveau gouvernement provisoire… 

    Jean Schnetz (1787-1870). “Combat près de l’Hôtel de Ville, 28 juillet 1830”. Musée des Beaux-Arts de la Ville de , Petit Palais.

    Bien entendu, il y a aussi dans notre histoire toutes sortes de turpitudes, celles que commettent notamment les classes dominantes aux abois qui tentent de coloniser d’autres peuples pour mieux diviser et mater le peuple français. Il n’est d’ailleurs pas sans intérêt de noter que, pour perpétrer son coup d’Etat dictatorial, Charles X avait fait précéder ses ordonnances antipopulaires par… la prise d’Alger, espérant ainsi mettre la France populaire au garde-à-vous. Mais nous communistes qui sommes à la fois les héritiers des Trois Glorieuses et des luttes anticoloniales du Parti communiste français, assumons toute l’histoire révolutionnaire de notre peuple, des Croquants du Limousin aux héroïques Henri Martin et Henri Alleg (héros de la lutte anticoloniale) en passant par les Soldats de l’An II, les insurgés ouvriers de juin 1848, les Communards, les militants à la fois rouges et tricolores du Front populaire et les FTP devenus FFI qui libérèrent Paris en 1944. 

    “La mémoire vaut moins pour le souvenir que pour le devenir”, rappelle souvent Léon Landini, président du PRCF et ancien officier des FTP-MOI. Et c’est toujours pour construire une République française sociale, souveraine et libre, démocratique et populaire, laïque, pacifique, internationaliste et amie de tous les peuples parce qu’ ennemie de toute exploitation, que nous continuons sous d’autres formes et par d’autres voies, le combat populaire émancipateur immortalisé par Delacroix “La liberté guidant le peuple”.

    , porte-parole du PRCF

    Rappelons que le peuple français n’avait jamais accepté le retour des Bourbons, rentrés en France dans “les fourgons de l’étranger” lors de la capitulation de Napoléon 1er. C’est du reste principalement ce rejet populaire de la Restauration et le souvenir resté vif de la Grande anti-féodale de 1789-94 qui explique l’accueil enthousiaste que notre peuple, surtout les petites gens, avait fait à Bonaparte lors des “Cent Jours”: mais ce renégat du jacobinisme qu’était N. Bonaparte se méfiait avant tout du peuple; il refusa, pour contrer la coalition militaire antifrançaise que mit aussitôt en place le gouvernement anglais, de “prendre la tête d’une jacquerie”, quitte à décevoir les forces populaires et à succomber à Waterloo. 

    source:  https://www.initiative-communiste.fr/

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Maximilien de Robespierre

    Il y a  226 ans, c’était le 28 juillet 1794, le couperet de la guillotine exécutait Robespierre, la réaction bourgeoise thermidorienne venait de supprimer son principal opposant. 220 années plus tard, les thermidoriens de la nouvelle génération sont encore au pouvoir et n’hésitent pas à supprimer des libertés.

    En fait, ce 28 juillet 1794 marquait la fin de l’ère véritablement révolutionnaire qui suivit la fin de la monarchie à partir de 1789… mais pour nier l’oeuvre de Robespierre, les historiens bourgeois marquent cette fin de la révolution française en 1799 soit avec le coup d’Etat du 18 Brumaire 1799 qui met fin à la République ou en 1815 avec le retour de la monarchie après la chute de Napoléon 1er.

    N’oublions jamais que Maximilien de Robespierre fût un grand homme, un des 1ers communistes qui allait s’opposer à la bourgeoisie post-royauté et notamment à François-Antoine de Boissy d'Anglas, dont ces extraits de son discours de Paris démontrent son appartenance à cette caste qui fît la transition entre la monarchie absolue et le capitalisme réactionnaire et violent, qui aujourd’hui encore apporte la misère par son exploitation des masses :

    1) « L’égalité civile, voilà tout ce que l’homme raisonnable peut exiger. L’égalité absolue est une chimère ».

    2) « Nous devons être gouvernés par les meilleurs, les meilleurs sont les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois ».

    3) « Un pays gouverné par les propriétaires est dans l’ordre social, celui où les non-propriétaires gouvernent est dans l’état de nature ».

    Robespierre le 28 juillet 1794, Jaurès le 31 juillet1914, Thorez le 11 juillet 1964, tous morts en juillet, tous opposants farouches à la dictature de la bourgeoisie, tous controversés par les historiens réactionnaires… ce qui prouve qu’ils avaient une chose en commun, il avait raison de lutter avec intelligence pour le peuple et les travailleurs et contre cette bourgeoisie démente et rentière.

    En fait les néo-réactionnaires qui incarnent aujourd’hui la politique de destruction sociale et liberticide, utilisent toutes les formes de violence qui se transcrivent dans le prolongement de la terreur bourgeoise des contre-révolutionnaires de 1789, ils décapitent la République pour faciliter le retour des provinces féodales.

    Donc plus que jamais nous devons rappeler que Robespierre avait porté haut le flambeau de l’égalité, notamment en combattant les lois racistes.

    Dans son discours au Parlement du 13 mai 1791 contre l’esclavage il commençait ainsi son intervention : « Dès le moment où dans un de vos décrets, vous aurez prononcé le mot esclaves, vous aurez prononcé et votre propre déshonneur et le renversement de votre Constitution. » pour terminer ainsi : « Je déclare au nom de l'Assemblée, au nom de ceux des membres de cette Assemblée qui ne veulent pas renverser la Constitution, au nom de la nation entière qui veut être libre, que nous ne sacrifierons aux députés des colonies, ni la nation, ni la colonies, ni l'humanité entière. »

    Le 15 mai 1791, l'Assemblée Constituante accorde « aux gens de couleur » nés de père et de mère libres (c'est-à-dire à une faible minorité des gens de couleur) les mêmes droits civiques qu'aux Blancs, et elle laisse aux assemblées coloniales l'initiative quant aux droits des « autres gens de couleur », contre l’avis de Robespierre qui exigeait une égalité parfaite entre les citoyens quel que soit leur couleur de peau et le lieu où ils se trouvaient..

    Qui de nos politiciens, est aujourd’hui capable de dire cela au moment où la France recolonise l’Afrique avec ses armées néocoloniales et qu’elle chasse les Africains dépourvus de papiers ? 

    Robespierre, lui, savait déjà de quel côté de la barricade il fallait se mettre !

     

    d'après:  http://www.communcommune.com/

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Antoine, Louis, Léon de Saint-Just (source: assemblee-nationale.fr)Antoine, Louis, Léon de Saint-Just (source: assemblee-nationale.fr)

    saint-just01.jpg

    saint-just02.jpg

     

    source: http://www.communcommune.com/

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Le professeur Didier Raoult, infectiologue au CHU de Marseille, qui a surgi au milieu du tintamarre lié à l’épidémie de Coronavirus, a pu paraître étrangement détaché et insensible aux peurs, tout en étant déterminé à soigner le plus de monde possible. C’est ainsi qu’il a défié les autorités en proposant le dépistage systématique de la population au sein de son institut, l’ « Institut hospitalier universitaire Méditerranée infection ».

    Raoult nous rappelle une particularité de la médecine depuis l’Antiquité, l’empirisme et le scepticisme, face aux systèmes de pensée du moment et aux intérêts qui organisent la recherche scientifique. Quoiqu’il en soit, son cas est remarquable par le fait que pendant l’épidémie de Coronavirus, il fut le promoteur du seul traitement utilisé à l’échelle mondiale pour contenir le développement du virus.

    Le courage est sans doute lié à la position sociale, mais il doit aussi beaucoup au fait que l’individu est d’abord un héritier culturel, comme le suggère Louis Paul Le Gendre, arrière-grand-père de Didier Raoult, en 1924 : « L'ingénieuse théorie de Taine sur l'influence des milieux (note) est impuissante à expliquer seule la formation de toutes les œuvres, de tous les esprits et de tous les caractères ; mais elle y contribue. »

    Philippe Chapelin, généalogiste
     

    Pragmatisme, engagement et ouverture sur le monde

    La réunion des familles Raoult et Le Gendre se fait en 1942 à l’hôpital par l’union d’une infirmière, Francine Le Gendre et d’André Raoult, médecin militaire.

    Caricature du Dr. Le Gendre (Paris médical : la semaine du clinicien, 1912, n° 06, partie paramédicale)Au XXe siècle, à l’époque où le rayonnement de la France s’appuyait sur un mélange d‘économie politique, le colonialisme et d’idéalisme universaliste, la famille Raoult se projetait très largement dans le monde. Didier Raoult est né à Dakar. Son père était breton. Ses grands-parents paternels étaient instituteurs près de Saint Brieuc.

    En 1907, le grand-père, André Marie Raoult, né à Plélauff, en Bretagne « rouge », enseignait au Lycée français de Salonique, premier établissement de la Mission laïque française dans le monde. Pendant la Première guerre mondiale, il était mobilisé dans les groupes d’aviation, secteur dans lequel la France était en pointe. D’abord au 1er groupe à Dijon puis au 3e groupe de Bordeaux. En 1917, il était à l’école d’aviation de Châteauroux. (note)

    André Marie Raoult. Base des Personnels de l'aéronautique militaire - Service historique de la Défense.

    Son fils André Raoult (1909-1978), père de Didier, est devenu médecin militaire. De 1931 à 1933, il est élève à l‘Ecole du service de santé de Dinan. Il entre en 1934 au Service de santé des troupes coloniales. Devenu médecin-lieutenant, il est élevé au grade de médecin-capitaine du 11e RAC (régiment d’artillerie coloniale, troupes de marine) en décembre 1938, alors qu’il est en service au Togo.

    Revue par le médecin général inspecteur Debenedetti. On reconnaît, faisant le salut militaire, le docteur André Raoult. [Vers 1960] Source : Ceux du Pharo, n°58.Pendant la Guerre, André Raoult est un membre du réseau de résistance franco-britannique « Mithridate » des forces françaises combattantes (FFC), groupe spécialisé dans le renseignement militaire, en liaison avec le MI6. (note)

    En 1946, le gouvernement issu de la Libération lance une vaste enquête pour résoudre le problème de la faim au Sahel, « l’Organisme d’enquête pour l’étude anthropologique des populations indigènes de l’AOF (alimentation et nutrition) », communément désigné sous le nom de « Mission anthropologique ». André Raoult est l’un des cinq médecins de la Mission fixée à Dakar, auxquels s’ajoutent quatre pharmaciens, tous issus des troupes coloniales en poste en AOF (Afrique Occidentale française).

    En 1953, en tant que médecin-colonel, il prend la tête du nouvel organisme qui en est issu, « l’Organisme de recherches sur l’alimentation et la nutrition en Afrique » (ORANA) dans le bâtiment duquel vit le petit Didier Raoult. Les travaux sont expérimentaux et tentent de décrypter les causes de la mortalité dans les différentes tribus étudiées. (note) Les traitements biochimiques appliqués font chuter la mortalité de 80% à 20%. (note)

    Dans les Années 60 et 70, André Raoult publie sous l’égide de l’ONU (FAO) plusieurs études consacrées à la situation alimentaire et sanitaire en Afrique et dans le Pacifique. (note) Depuis 2015, une bactérie porte son nom, le Bacillus andreraoultii. (note)

    Participants au congrès de Brazzaville consacré aux problèmes de l’enfance dans les pays tropicaux de l’Afrique (1952). Le médecin lieutenant-colonel Raoult intervient en tant que représentant de l’AOF.

    Empirisme et esprit des Lumières

    Les Legendre sont issus d’une famille de notables du département de l’Eure, notaires tout au long du XVIIIe siècle. Le plus illustre de ces notaires est le grand-père de Louis Paul Le Gendre, Pierre Nicolas Chrisôstome Legendre (1759-1853), par ailleurs laboureur, c’est-à-dire ici propriétaire, à Heuqueville.

    Le 4 avril 1789, Pierre Nicolas Legendre est le premier comparant dans le registre des cahiers de doléance de la paroisse d’Heuqueville, Archives de l’Eure, 17 B 3/58.Élu député à l’Assemblée législative (1791-1792), il a siégé dans le groupe majoritaire, sans jamais intervenir en tribune. (note) Il appartenait au groupe du centre dit des « Constitutionnels » (le futur « marais »). (note) Legendre démissionna le 2 avril 1792 pour « raison de santé ». (note) Il conserva des fonctions d’administrateur départemental sous l’Empire et fut maire d’Heuqueville entre 1806 et 1837. L’un de ses fils, Narcisse, lui succéda à la mairie.

    Louis Paul Le Gendre (Paris 1854-1936) fut, comme Didier Raoult, infectiologue et lauréat de l’Institut. Destiné à l’Ecole normale supérieure, mais trop jeune pour s’engager durant la guerre de 1870, il se porte volontaire à l’Hôpital de la Marine de Rochefort-sur-Mer, guidé par un ancien médecin de Marine, père d’un de ses amis. Puis il fut médecin à l'Hôpital Tenon et fit l’essentiel de sa carrière à l’hôpital Lariboisière à Paris.

    Charles Bouchard, « médecin philosophe »

    Charles Bouchard, républicain, petit-fils d’un soldat de l’an II qui parcourut pendant dix-huit ans les champs de bataille, fut le maître de Louis Paul Le Gendre, qui lui consacra une biographie qui pose les bases de sa vision personnelle de la médecine. Ainsi écrit-il :
    « Le grand Recteur entendait attribuer à Charles Bouchard par la qualification de « médecin philosophe », non pas une tendance à faire rentrer dans le temple de la Médecine les idoles métaphysiques, définitivement chassées, mais la préoccupation d'aborder les problèmes les plus profonds et les plus généraux, de réaliser la synthèse des méthodes et la synthèse des résultats, le besoin d'ordonner en larges classifications les faits analysés, le souci de fixer par des généralités doctrinales le point de convergence de ses recherches. Philosophe encore était Bouchard par une prudente circonspection dans la marche en avant vers le progrès. (…) Philosophe enfin par la conviction de l'importance grandissante du rôle social de la Médecine et de la nécessité de rendre le Médecin digne de remplir ce rôle, en harmonisant son instruction avec les besoins de la société contemporaine. ». (Louis Paul Le Gendre, Charles Bouchard, son œuvre, son temps, Paris, 1924).

    Dans la littérature médicale, on recense encore du Dr. Le Gendre 260 publications en plusieurs langues et 653 références. (note) Ses travaux portaient sur la pédiatrie et sur la thérapeutique liée en particulier aux intoxications et aux maladies infectieuses. Il fut lui-même atteint de tuberculose en soignant des officiers revenus du front. Il a survécu mais a dû abréger sa carrière.

    Louis Paul Le Gendre, BIU Paris-Descartes.À la fin de sa vie, il présidait la Société française d'histoire de la médecine. Auteur notamment d’une biographie du conventionnel Lakanal (note), dont l’œuvre en matière d’éducation publique est considérable, Louis Paul Le Gendre (note) était un bon républicain, rationaliste : « nous étions républicains, mais patriotes avant tout ». (note)

    Dans son autobiographie, il souligne que son intérêt pour la médecine n’était pas dû à une passion particulière ou à une motivation liée à des intérêts, mais fut provoqué par les circonstances de la guerre de 1870 : « Comme Hauben (note) avait failli être séminariste, j'ai failli être professeur de lettres (note) ; comme Hauben, j'ai aimé avec passion la profession médicale, où le hasard m'avait jeté. Il y a des vocations qui ne se révèlent qu'à l'usage et quelquefois l'habit peut faire le moine. ».

    Louis Paul Le Gendre avait attendu douze ans pour reconnaître son fils, Paul le Gendre (1878-1965). Né à Sèvres, Paul Le Gendre s’engagea à 18 ans dans les Chasseurs d’Afrique. Il passa par Saïgon, Oran.

    Il se distingua pendant la Première guerre mondiale et fut décoré de la Croix de Guerre (étoile de vermeil) et de la Légion d’Honneur. À Marseille, Paul Le Gendre rencontra Lucienne Jorge, qui lui donna Francine (1912-2009), mère de Didier Raoult. Lucienne Le Gendre participa à la Résistance et fut déportée. (note)

    Publié ou mis à jour le : 2020-06-17 18:01:12
     
    source: https://www.herodote.net/
     
     
    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Prisonniers français (Dépêche 18 juillet 1940) château de Brest Des prisonniers français au château de Brest (La Dépêche du 18 juillet 1940).

     
    Au lendemain de l’appel du Général de Gaulle, Brest tombait aux mains des Allemands, prise par l’ennemi pour la première et unique fois de son histoire. Il y a quelques mois, l’historien brestois Olivier Polard a mis la main, totalement par hasard, sur plusieurs dizaines de photographies prises au cours des semaines ayant suivi ce 19 juin 1940. Il raconte.
     
    D’où proviennent ces photos ?

    « Du fonds de l’historien brestois Jean Le Goualc’h (décédé en 2010). Je connais bien son fils, Alain, et j’avais rencontré sa mère pour un projet sur la Seconde Guerre mondiale. Elle m’avait donné accès aux très nombreuses archives de son mari. C’est comme ça que j’ai retrouvé le témoignage de Stéphane Massé (cœur du livre d’Olivier Polard et de Gildas Priol, « Les Brestois dans la guerre »). J’avais alors dit à Alain que ce serait bien que les archives de son père ne se perdent pas, et qu’un jour les archives municipales puissent les récupérer. À la mort de sa mère, il y a quelques mois, il m’a invité à venir faire le tri dans ces documents et objets divers. Parmi tout ça se trouvait une enveloppe avec 120 négatifs originaux datant de la Seconde Guerre mondiale, dont 70 correspondent à l’arrivée des Allemands. Quand j’ai vu ça, j’ai eu l’impression de trouver un trésor. Je les ai ensuite confiées aux archives municipales, qui les ont scannées ».

    Sait-on qui les a prises ?

    « Il s’avère que c’est un journaliste de La Dépêche (devenu le Télégramme en 1944). D’après mes recherches, et sans pouvoir l’affirmer à 100 %, il doit s’agir de Joël Brannelec. Un gars au parcours assez incroyable, arrivé à la Dépêche en 1938 en tant que photographe. C’est lui qui avait demandé à couvrir l’arrivée des Allemands à Brest, pour montrer comment ça se passait pour les prisonniers au château et pour rassurer la population aussi. En consultant les archives de la Dépêche, j’ai pu retrouver plusieurs articles de presse - non signés - correspondant aux photos de l’enveloppe. Je n’ai en revanche aucune idée de comment elles se sont retrouvées en possession de Jean Le Goualc’h ».

     
     
    À quelle période correspondent ces documents ?

    « Les 70 photos en question ont été prises dans un laps de temps assez court, entre juin et juillet 1940. Le 18 juin, au moment de l’appel du Général de Gaulle, les Allemands sont aux portes de Brest. Quelques petits points de résistance se trouvent sur leur route et ça canarde un peu. Parce que si Brest est une ville ouverte, selon le cessez-le-feu signé par Pétain, elle reste une place forte qui ne peut pas se rendre comme ça. Mais les gars qui cherchent à freiner la progression des Allemands ont trois camions et une mitrailleuse : autant dire que l’armée en face n’a pas eu trop de mal à prendre la ville… ».

    Que montrent ces photos ?

    « Des soldats allemands dans Brest, des prisonniers au Château - avant leur transfert dans les stalags allemands - ou au camp de Pontanézen. Des troupes hétéroclites, composées de marins, de soldats, de coloniaux, de gamins comme de vieux. C’étaient des troupes de réserve, peu aguerries, qui ont tenu Brest jusqu’à la démobilisation. On peut lire sur les visages de l’abattement mais du soulagement aussi. Il y a des photos d’ambiance assez fortes, des scènes de vie comme quand la population s’agglutine devant les locaux de la Dépêche (place Wilson, où se trouve aujourd’hui la rédaction du Télégramme) pour regarder les dernières nouvelles, ou toutes celles montrant les sabotages commis dans l’arsenal par les artificiers anglais qui, avant de partir, ont fait sauter tout ce qu’ils pouvaient, des bateaux, des sous-marins… Les Allemands vont mettre plusieurs mois avant de pouvoir réutiliser l’arsenal ».

    Pratique-Dans le prochain numéro des Cahiers de l’Iroise (à paraître à la rentrée et consacré à la période 1939-1941), Olivier Polard signe un article revenant sur ce 19 juin 1940 dans la cité du Ponant et intitulé « Le Jour où Brest tomba ».
     

    Thierry Dilasser

     
    Des prisonniers français au château de Brest (La Dépêche du 18 juillet 1940)
     
    Soldats français prisonniers à Brest chasseur alpins au château de Brest (Dépêche 5 juillet 40)
     
    Soldats français prisonniers à Brest chasseur alpins au château de Brest (Dépêche 5 juillet 40)
     
    Vers les Quatre Pompes, à Brest (Dépêche 30 juin 1940)
    Vers les Quatre Pompes, à Brest (La Dépêche du 30 juin 1940)
     
     
     
    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique