• de 1943 aux années 1950 est un de ces livres d’ qui fera date. Évidemment, il a été censuré par la grande presse – et ce bien que l’ouvrage a été nominé pour le prix Renaudot dans la catégorie essai – car cette censure a frappé la quasi totalité des travaux d’Annie Lacroix-Riz. Il est vrai que les recherches de l’historienne – spécialiste de l’entre deux guerre et de la – ont le tort non seulement d’établir factuellement les responsabilités de la classe capitaliste mais également de le prouver sur la base documentée et implacable des archies. Malgré cette censure, son “Le choix de la défaite” s’est imposé comme un succès d’édition et ses conférences sont visionnées par des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux.

    Sur la collaboration : Jean Moulin trahi, l’entretien d’Annie Lacroix-Riz sur Radio Béton (IC.fr-26/02/21).

    On aurait pu penser qu’un brèche dans le blocus médiatique aurait pu s’ouvrir au regard de la durée du « débat » historiographique et politique sur les tenants et aboutissants de la réunion de Caluire, sur ce sujet régulièrement traité de la trahison de Jean Moulin. Cela n’a pas été le cas. illustration de la censure implacable. Mais sur certaines radios associatives, ici, Radio Béton (ou, Canal Concorde, récemment), il a cependant été permis de dire un mot de ce qui a constitué une ligne de fracture décisive, de classe, de la , laquelle mérite définition claire.

    On retrouvera cette session radio en cliquant ici : https://polemixetlavoixoff.com/serie-congres-de-tours-episode-10-avec-lhistorienne-annie-lacroix-riz-1943-jean-moulin-trahi-par-un-resistant/, classée par Jean-Baptiste Diaz, l’animateur de Radio Béton, dans la « Série Congrès de Tours – Episode 10 – Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz – 1943 – Jean Moulin … Trahi par un “résistant” »,

    Une émission à écouter et réécouter et à faire circuler largement car elle contribue à faire le point (plus long, et archives précisées à l’appui de, La Non-épuration en France de 1943 aux années 1950, p. 432-462).

     

    Jean Moulin paie de sa vie son oeuvre d’unification de la Résistance au profit de De Gaulle. Certains ne pardonnent pas à Moulin d’avoir reconnu les communistes qui de 41 à 43 sont quasiment les seuls résistants actifs. Sans eux, De Gaulle n’est rien. Et chez les FTP communistes : de très nombreux étrangers, notamment des anciens des Brigades Internationales

    L’essentiel de la résistance française active est communiste : FTP : Francs Tireurs Partisans qui comptent de très nombreux étrangers dans leurs rangs. Jean Moulin – l’émissaire de De Gaulle – sait que sans les rouges, le Général ne pèse rien face aux alliés. Moulin convainc les communistes de se joindre à De Gaulle. En contrepartie, les communistes, majoritaires, dictent le Programme du CNRConseil National de la Résistance. CNR auquel se joignent aussi de très tardifs « résistants », voire d’anciens vichystes et collabos qui veulent se blanchir pour la Libération.

    Mais Moulin paye de sa vie l’unification de la Résistance. Car certains « résistants » de fraîche date sont viscéralement anticommunistes. Jean Moulin est trahi et balancé aux nazis par René Hardy, membre de Combat, tardif mouvement de « résistance » anti-rouge et anti-gaulliste, financé par les USA.

    Car partout en haut lieu, on comprend dès l’été 1941 que l’Allemagne va perdre la guerre et que le monde d’après sera sous domination étasunienne. Mais avant leur défaite, les nazis veulent assassiner un tas de gens, dont les communistes. En 1943, des tractations s’engagent alors entre nazis et Américains …

    Trahi par un « résistant », l’admirable Jean Moulin sera accompagné au Panthéon par … Mitterrand, ex-vichyste décoré par Pétain.

    Avec l’historienne Annie Lacroix-Riz, Professeur émérite à l’Université Paris VII.Qui fait notamment la lumière sur l’affaire Moulin dans son ouvrage La non-épuration en France.

    Intégralité de la Série Congrès de Tours : Ici.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Retrouvez en vidéo la révolution cubaine et ses figures comme et Che Guevara avec les archives de l’INA.

     

    https://sites.ina.fr/fidel-castro/

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • 1965 : un communiste présumé est interrogé sous la menace d’une arme par des soldats indonésiens. (Université de Melbourne)

    Le massacre de la gauche indonésienne en 1965-66, soutenu par Washington, a été l’un des grands crimes du XXe siècle. Une nouvelle génération d’universitaires a découvert l’histoire longtemps occultée du massacre de près d’un million de personnes au nom de l’anticommunisme. 

    Analyse du livre : Buried Histories: The Anticommunist Massacres of 1965–1966 in Indonesia [non traduit en français : Des histoires enfouies : les massacres anticommunistes de 1965-1966 en Indonésie, NdT] par John Roosa (University of Wisconsin Press, 2020).


     

    Dans la nuit du 30 septembre 1965, un coup d’État raté a entraîné la mort d’une poignée de généraux indonésiens, d’un lieutenant et de la fille de cinq ans d’un général qui avait échappé à l’enlèvement. En quelques jours, une figure militaire relativement inconnue, Suharto, a passé outre la chaîne de commandement. Suharto a accusé de ces meurtres le Parti communiste indonésien (PKI), le plus grand parti communiste en dehors de l’Union soviétique et de la République populaire de Chine. Et il a juré vengeance.

    Voilà ce qui a déclenché une série d’événements mystérieux et souvent déroutants qui ont conduit à la chute du président fondateur de l’Indonésie, Sukarno – personnage anti-impérialiste qui avait cherché à forger l’unité nationale en combinant les forces du nationalisme, de la religion et du communisme – et à la montée de l’Ordre nouveau de l’autoritaire général Suharto (1966-1998), une période de dictature militaire d’extrême droite, de corruption à grande échelle et d’une campagne débridée d’investissements étrangers. Suharto a tout à la fois préfiguré et dépassé son analogue chilien, Augusto Pinochet.

    Le cercle d’officiers gravitant autour de Suharto a immédiatement incité l’opinion publique à s’opposer au PKI. Prétendant qu’il y avait une conspiration massive qu’ils ont appelé Gestapu ou G30S/PKI (abréviation de « Mouvement du 30 septembre/PKI »), ils ont mis en garde contre une menace imminente de soulèvement communiste à l’échelle nationale. Sur ordre de Jakarta, les commandants régionaux ont lancé des campagnes d’arrestation, de torture et d’exécution.

    Nous n’en avons pas le chiffre exact, mais l’armée et ses acolytes ont tué entre cinq cent mille et un million de personnes en l’espace d’une année, et un nombre équivalent de gens ont été envoyés dans d’atroces prisons partout dans le vaste archipel du pays, dont la plus tristement célèbre est l’île de Buru. Les prisonniers y ont travaillé comme esclaves pendant des années. Après leur libération, ils ont été soumis à la répression officielle et traités comme des parias sociaux. Même les enfants des anciens prisonniers ont été victimes de graves discriminations.

    Le PKI était la cible présumée de cette purge sanglante, mais celle-ci a également fait disparaître de nombreux autres gauchistes, y compris des féministes, des syndicalistes et des artistes. Parce que les tueurs ont dirigé l’État pendant des décennies, une génération d’Indonésiens a ingéré un flux constant de propagande tapageuse qui prétendait à tort que le PKI avait planifié sa propre campagne de meurtres de masse. Même après la chute de Suharto et la restauration de la démocratie, ce mensonge reste le récit officiel de l’État indonésien. Comme l’ont montré les récentes manifestations anticommunistes à Jakarta et les raids sur les livres dans les villes de province, tirer à boulets rouges sur le communisme reste toujours une puissante composante de la politique indonésienne contemporaine.

    Un silence international

    Si ces événements ont fait la une des journaux internationaux en 1965, ils ont rapidement été oubliés en Occident. Pourquoi « l’un des pires massacres du XXe siècle » – comme l’a décrit un rapport de la CIA de 1968 – a-t-il été balayé sous le tapis si rapidement ? En 1973, un document secret de la CIA exprimait son soulagement face au changement radical de direction au sommet :

    Sukarno a exprimé sa volonté de leadership dans une rhétorique révolutionnaire et il était convaincu que l’Indonésie devait dominer ses voisins ; Suharto parle de solutions pragmatiques aux problèmes de la région et considère Jakarta comme leader parmi ses pairs.

    L’anticommunisme virulent de Suharto et sa volonté de servir les intérêts de la guerre froide américaine ont encouragé des flux réguliers d’aide militaire et de capitaux étrangers. La réticence de Washington à condamner les crimes du Nouvel ordre a toujours été partagée par les deux partis.

    Après avoir dans un premier temps célébré la chute de Sukarno et la neutralisation du PKI, non sans avoir apporté quelques éclaircissements sur son caractère malheureusement sanglant, la presse occidentale n’a plus guère parlé de l’Indonésie. Une fois que Suharto a éliminé le PKI, la guerre au Vietnam est passée au premier plan. Après 1975, ce sont les atrocités communistes,qu’elles soient réelles ou imaginaires, qui ont dominé dans la presse quand on parlait d’Asie du Sud-Est.

    Un visiteur passe devant une photo de Suharto, l’ancien dictateur indonésien, au musée Suharto le 06 mai 2016 à Yogyakarta. (Ulet Ifansasti / Getty Images)

    Seuls quelques journalistes ont couvert le massacre indonésien. Des livres comme celui de John Hughes, Indonesian Upheaval paru en1967, ont repris le récit complaisant que faisait l’armée indonésienne. Hughes a véhiculé les stéréotypes orientalistes parlant de paysans javanais en proie à une orgie de violence inouïe et de pieux hindous balinais marchant calmement au-devant de leurs tueurs. Dans son livre, In the Time of Madness: Indonesia on the Edge of Chaos, publié en 2006, Richard Lloyd Parry a suivi ses traces.

    Dans le film Manufacturing Consent (La fabrique du consentement), Noam Chomsky note que la presse occidentale n’a pas su aborder la violence anticommuniste de droite aussi minutieusement que les violations des droits humains dans les États communistes. Il a opposé l’importante couverture du régime des Khmers rouges (1975-78) par le New York Times au peu d’attention que le journal a accordé à l’invasion génocidaire de Suharto et à l’occupation du Timor oriental (1975-1999).

    Pendant des décennies, les militants politiques et les universitaires ont été exaspérés par l’indifférence générale à l’égard de la détention injustifiée, de la torture violente et du meurtre de masse de centaines de milliers d’Indonésiens. Amnesty International et TAPOL [« prisonniers politiques » en indonésien, NdT], rejoints par le Réseau d’action du Timor oriental en 1991, se sont engagés dans des campagnes visant à dénoncer les violations des droits humains commises par le Nouvel ordre. Pourtant, leurs efforts ont souvent semblé futiles, les médias grand public n’accordant que peu d’attention à la situation.

    Les universitaires ont souvent hésité à se manifester. Benedict Anderson et Ruth McVey ont rédigé un rapport secret critiquant le régime en 1966, et George McT. Kahin a fait publier par l’université de Cornell le « Cornell Paper » en 1971 ; tous ces spécialistes de l’Indonésie se sont ensuite vus interdire l’entrée dans le pays. Cela a eu un effet dissuasif sur les autres universitaires qui critiquaient le régime.

    Faire des recherches sérieuses sur le sujet étaient pratiquement impossible dans l’État policier de Suharto. De nombreux universitaires ont choisi l’autocensure dans l’espoir d’obtenir de très convoités visas de recherche. Avant mon premier voyage en Indonésie en tant qu’étudiant de troisième cycle en 1990, la faculté m’a averti de ne pas parler de 1965.

    Tout à coup, une historiographie rigoureuse

    La crise économique de l’Asie du Sud-Est de la fin des années 1990 a particulièrement frappé l’Indonésie, et une révolution du pouvoir populaire a renversé Suharto en 1998. D’un seul coup, les règles ont changé. Les prisonniers politiques ont été libérés et le président intérimaire B. J. Habibie a autorisé le Timor-Oriental à organiser un référendum sur l’indépendance. Le successeur élu de Habibie, Abdurrahman Wahid (connu sous le nom de Gus Dur), a reconnu la complicité des organisations islamiques dans les massacres de 1965-66 et a envisagé la nécessité d’une réconciliation.

    Des universitaires et des militants ont saisi l’occasion. Mon ami Bonnie Triyana, alors étudiant en licence, allait fonder le premier magazine d’histoire populaire du pays, Historia. Il a réussi à obtenir l’accès à des archives militaires provinciales et à des dossiers sur la destruction d’un village du centre de Java. John Roosa, un doctorant américain récemment diplômé qui s’était spécialisé dans l’histoire de l’Asie du Sud au cours de ses études supérieures, avait un proche qui avait été incarcéré sous Suharto. En utilisant les relations nouées lors de sa visite de la prison et les contacts de la communauté locale des militants, il a commencé à interroger d’anciens prisonniers politiques.

    Une partie de ce travail a servi de base au livre de Roosa, Pretext for Mass Murder: The September 30th Movement and Suharto’s Coup d’État in Indonesia [non traduit en français : Un prétexte pour un massacre : Le mouvement du 30 septembre et le coup d’État de Suharto en Indonésie, NdT], l’histoire politique complète de l’événement qui a déclenché le génocide indonésien. Publié en 2006, Pretext for Mass Murder a marqué un changement radical en comparaison avec les études de 1965. Aujourd’hui professeur associé d’histoire à l’Université de Colombie britannique, Roosa a écrit une suite à Pretext for Mass Murder.

    Produit de plus de deux décennies de travail, le livre de Roosa : Buried Histories: The Anticommunist Massacres of 1965–1966 in Indonesia [ non traduit en français : Histoires enfouies : Les massacres anticommunistes de 1965-1966 en Indonésie, NdT] est une étude minutieusement rédigée de ces événements. Le livre fait la lumière sur les mécanismes précédemment cachés du massacre et dissipe un certain nombre de mythes sur ce moment sombre de l’histoire indonésienne. Basé sur des dizaines d’entretiens et des recherches dans les archives, Buried Histories est une addition bienvenue au travail scientifique de plus en plus important sur ce que d’aucuns ont appelé un génocide politique.

    Sukar, 83 ans, un villageois qui a été témoin du massacre anticommuniste en Indonésie, à côté de la pierre tombale disposée par des militants et des familles de victimes sur le site où des victimes pourraient être enterrées, au milieu de la forêt de teck du village de Plumbon le 3 mai 2016 à Semarang, dans le centre de Java, en Indonésie. (Ulet Ifansasti / Getty Images)

    Les lecteurs de Jacobin savent sans doute qu’il existe une série de livres récents sur les événements de 1965-66, dont beaucoup sont passés en revue ici. Si des historiens tels que Geoffrey Robinson, Jess Melvin et Annie Pohlman ainsi que des journalistes comme Vincent Bevins ont tous apporté une contribution importante à ce sujet, on peut se demander ce qu’un autre livre pourrait offrir. Heureusement, la réponse est qu’il peut encore beaucoup apporter.

    Buried Histories est un livre en deux parties. L’introduction remarquablement écrite parvient tout à la fois à humaniser cette histoire terrible et à présenter un aperçu des événements ainsi qu’un résumé de l’historiographie. Les chapitres 1 à 4 exposent les questions qui ont eu un impact sur l’Indonésie dans son ensemble, tandis que les chapitres 4 à 7 proposent des études de cas sur des régions précises.

    Bien qu’ils soient centrés sur des contextes locaux distincts, chaque chapitre propose un plaidoyer convaincant et judicieux qui est pertinent pour l’histoire nationale de l’Indonésie dans son ensemble. La conclusion énumère de manière concise les principaux acteurs responsables des meurtres : hauts responsables de l’armée, commandants régionaux et milices civiles. Une dernière section décrit les difficultés et les dangers rencontrés quand on veut mener une réflexion honnête sur cette histoire dans l’Indonésie contemporaine.

    Une rivalité gramscienne

    Roosa commence par évoquer la lutte entre le PKI et l’armée pendant la période de la Guided Democracy de Sukarno (1957-1965). Constatant que sous la direction de D. N. Aidit, le PKI a abandonné une stratégie basée sur l’insurrection armée pour se tourner vers une stratégie de compétition électorale, Roosa utilise la théorie de l’hégémonie d’Antonio Gramsci pour décrire comment Aidit, après la suspension de la démocratie sous Sukarno, a construit l’influence du parti en mobilisant des organisations de masse de compagnons de route.

    La SOBSI [La Fédération pan-indonésienne des organisations de travailleurs, NdT] a organisé le mouvement syndical, le LEKRA [Le Lembaga Kebudajaan Rakjat était un mouvement littéraire et social très prolifique associé au parti communiste indonésien, NdT] a rassemblé des artistes et le BTI [organisation paysanne affiliée au PKI, NdT]a aidé les paysans à mettre en œuvre la réforme agraire. Le parti était également étroitement allié à Gerwani [650 000 membres en 1957, NdT] probablement le plus grand mouvement féminin du monde au début des années 1960, bien qu’il ne soit pas contrôlé par le PKI.

    Dans un effet miroir avec la stratégie Gramscienne du PKI, l’armée a étendu son pouvoir à toute l’Indonésie sous couvert de Commandement territorial. Cette structure organisationnelle a permis à l’armée de placer ses officiers dans les bureaux des gouvernements provinciaux, donnant à l’armée une influence significative, voire un contrôle total de la bureaucratie administrative, ainsi que d’excellentes sources de renseignements.

    Si tant le PKI que l’armée ont réussi à étendre leur influence sur l’ensemble de ce vaste archipel, seule l’armée avait accès aux armes. Lorsque le conflit a éclaté en octobre 1965, il a été très facile pour l’armée de prendre le contrôle de l’État et d’agir contre ses opposants non armés et sans méfiance. Roosa indique qu’il existe des preuves concrètes montrant que les officiers formés aux États-Unis attendaient le bon prétexte pour attaquer le PKI, une théorie que Vincent Bevins souligne dans son ouvrage, La méthode de Jakarta.

    Opérations mentales

    Les deux chapitres suivants du livre de Roosa expliquent l’utilisation de la propagande et de la torture par l’armée. S’engageant dans ce que les généraux ont appelé les « Opérations mentales », immédiatement après l’échec du coup d’Etat, les journaux et la radio contrôlés par l’armée ont accusé le PKI d’être responsable des meurtres et ont mis en garde contre une plus grande campagne d’effusion de sang. Selon cette campagne de propagande, probablement planifiée à l’avance et très certainement orchestrée, l’armée s’était trouvée dans l’obligation d’écraser le PKI afin d’empêcher le parti de s’engager dans un massacre de masse.

    Cet argument « tuer ou être tué » était un mensonge. La presse a prétendu, à tort et à travers, que le PKI détenait un arsenal d’armes secrètes et creusait secrètement des fosses communes pour ses victimes à venir. Répandant des rumeurs fausses mais morbidement fascinantes sur des adhérentes détraquées de Gerwani qui auraient mutilé sexuellement les généraux, l’armée s’est servi de la misogynie pour mobiliser un fort sentiment anti-PKI.

    Une fois que les arrestations de masse ont commencé, l’armée s’est tournée vers l’utilisation généralisée de la torture. À première vue, l’utilisation systématique de la torture semble simplement sadique et sans but pratique, mais Roosa soutient de manière convaincante qu’elle a servi à promouvoir les mensonges de la machine de propagande. Les prisonniers étaient torturés jusqu’à ce qu’ils fassent des aveux absurdes.

    En suivant le travail d’Annie Pohlman et de Saskia Wieringa, Roosa montre que les femmes ont été victimes de viols et autres formes de violence sexuelle à grande échelle. En dépit de leur ignorance de ce qui s’était passé dans le cercle restreint des dirigeants du PKI d’Aidit, les membres de la base du parti, les syndicalistes et des centaines de milliers d’autres personnes prises dans le filet de l’armée ont été torturés jusqu’à ce qu’ils avouent avoir participé à une conspiration majeure, impliquant souvent ainsi d’autres innocents.

    Eko Soetikno, 75 ans, à son domicile, le 4 mai 2016 à Kendal, dans le centre de Java, montre la photo qui le représente avec l’écrivain indonésien Pramoedya Ananta Toer qui a été emprisonné sur l’île de Buru. (Ulet Ifansasti / Getty Images)

    Bien qu’elles soient évidemment fausses, ces déclarations pouvaient servir de preuve pour justifier la campagne de violence de l’armée. Une fois qu’une personne avait signé des aveux, ceux-ci devenaient un fait juridique aux yeux de l’État, justifiant les arrestations et rationalisant la recherche d’autres membres de la prétendue conspiration G30S/PKI. La torture a principalement fait apparaître la théorie de la conspiration des Opérations mentales.

    Le raisonnement de Roosa met en lumière l’utilisation similaire de la torture par les Khmers rouges au Cambodge. Les aveux tout aussi absurdes extorqués dans la prison de Tuol Sleng à Phnom Penh étaient un moyen pour le régime de Pol Pot de rationaliser ses actions et de confirmer son idéologie. Alors qu’ils étaient aux antipodes de l’éventail politique de l’Asie du Sud-Est de la guerre froide, tant les communistes cambodgiens que les anticommunistes indonésiens ont instrumentalisé la violence pour faire de leurs fantasmes paranoïaques une réalité bureaucratique.

    Surprises mortelles

    La deuxième section de Buried Histories se penche sur la destruction du PKI à Surakarta, les disparitions à Bali, le massacre de Kapal à Bali et l’attaque de l’armée contre les travailleurs syndiqués du pétrole à Sumatra. Dans chaque cas, Roosa dissipe le mythe orientaliste de John Hughes qui attribue le massacre à des foules hystériques de patriotes anticommunistes, de musulmans enragés et d’hindous fatalistes. Au lieu de cela, comme Robinson et Melvin, il démontre que les dirigeants de l’armée à Jakarta ont soigneusement orchestré la violence, qui a été mise en œuvre sur le terrain par des officiers régionaux qui se sont souvent appuyés sur le crime organisé et les organisations de masse anticommunistes, comme le Nahdlatul Ulama musulman [représente l’islam traditionnel indonésien, ou plus précisément javanais, NdT] pour acquérir des forces.

    Le succès de l’armée repose sur le déploiement bien planifié de la force militaire contre des civils non préparés. Les plans ayant été mis en place bien avant que les membres du PKI n’aient la moindre conscience qu’ils étaient en danger, la résistance dans une telle situation était pratiquement impossible. La campagne nationale de massacre de masse a duré environ six mois. Commencés à Aceh, à l’extrême ouest, puis se déplaçant vers l’est en passant par Sumatra, Java et allant jusqu’à Bali, les massacres ont consisté en une série d’attaques surprises contre un parti civil légal et ses organisations partenaires. Roosa montre comment les membres du PKI dans le centre de Java et à Bali se rendaient volontiers aux postes de police lorsqu’ils étaient convoqués, n’ayant aucune idée des horreurs qui les attendaient.

    En mettant en parallèle des chapitres nationaux avec des études de cas régionales, Buried Histories nous montre à la fois la forêt et les arbres. Tout au long du texte, Roosa ne perd jamais de vue les horreurs infligées à des individus qui ne savaient pas qu’ils étaient en danger. À la fin du livre, il aborde les différentes tentatives de reconnaissance de ces crimes et le rejet permanent d’une évaluation morale et éthique de cette sombre histoire.

    En ces temps d’autoritarisme croissant et de polarisation de la violence politique, Buried Histories est une lecture indispensable. Après une année au cours de laquelle des agents fédéraux non identifiés se sont saisi de citoyens américains dans les rues de Portland, nous ferions bien de regarder Indonésie 1965 pour nous servir de véritable cas d’école.

    Michael G. Vann, 23/02/21

     

    Michael G. Vann est professeur d’histoire à l’université d’État de Sacramento, il est l’auteur, avec Liz Clarke, de The Great Hanoi Rat Hunt : Empire, Disease, and Modernity [non traduit en français : La grande chasse au rat de Hanoi : empire, épidémie et modernité dans le Vietnam colonial français, NdT].

     

    Source en anglais : Michael G. Vannhttps://jacobinmag.com/

    Source en français (traduction par les lecteurs du site Les Crises): https://www.les-crises.fr/

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  • Le pseudonyme de Lénine viendrait du nom d'un fleuve sibérien la Léna.Le pseudonyme de Lénine viendrait du nom d'un fleuve sibérien la Léna

    Le moment d'histoire. Eté 1902. Lénine arrive à Locquivy-de-la-Mer avec sa soeur. Encore peu connu du grand public, le bolchevik vient se reposer un mois dans le petit port des Côtes-d'Armor.

    Quand Lénine passait ses vacances à Loguivy (22).... (OF-14/02/21)Saint-Brieuc, 27 juin 1902. Un télégramme émanant du ministère de l’Intérieur sort la préfecture des Côtes-du-Nord de sa torpeur estivale. Le câble annonce l’arrivée imminente dans le département du « sieur Leinine (sic), opposant virulent au régime tsariste. » Branle-bas de combat dans le bureau d’Edmond Robert, le préfet de l’époque. Certes, le révolutionnaire russe est encore très peu connu. Mais déjà considéré comme un « agitateur dangereux », il doit être surveillé comme le lait sur feu.

    Pas question, en effet, d’entacher les relations diplomatiques privilégiées entre la France républicaine et la Russie tsariste. Depuis des mois, la police française renseigne son homologue russe sur les activités des nombreux opposants au tsar Nicolas II vivant en exil.

    « Prolétaires de la mer »

    C'est le cas de Vladimir Illitch Oulianov, alias Lénine (1870/1924). A cette époque, le révolutionnaire russe vit dans un petit appartement du centre de Londres, avec sa femme Nadejda Kroupskaïa. Le couple s'occupe activement d'un journal au nom évocateur: l'Iskra (L'Etincelle), dont les exemplaires sont acheminés cladestinement en Russie par bateau puis par chemin de fer.

    Le 26 juin 1902, Lénine participe à une réunion d’émigrés politiques russes à Paris. Il y retrouve sa sœur aînée, Anna Lelizarova. Et sympathise avec Léon Levenson, un artiste peintre marié avec une Loguivienne, Victorine Hellio. Ce dernier lui propose de venir se reposer quelques jours en Bretagne, avant de rejoindre Londres. Malade et fatigué de bourlinguer à travers l’Europe, Vladimir Ilitch Oulianov accepte. Il fera le voyage en train, avec sa sœur et les trois enfants de celle-ci. Sa mère les rejoindra quelques jours plus tard.

    Ces retrouvailles familiales vont durer à peine un mois, jusqu’au 25 juillet. Il en reste aujourd’hui peu de traces. Rien en tout cas dans les archives du ministère de l’Intérieur. Dans ses mémoires, Lénine évoque très rapidement ce séjour « plutôt agréable sur la côte nord de la Bretagne », où il alterne « baignades, promenades, lecture et correspondance. » Il flâne des heures entières sur les quais du petit port, observant les pêcheurs, ces « prolétaires de la mer. »

    Mais ce repos n’est pas déconnecté des activités politiques : il prépare la sortie d’un nouveau journal et il est très probable qu’il rencontre le communiste Marcel Cachin, venu passer quelques jours dans sa ville natale de Paimpol.

    Mais c’est surtout grâce à l’écrivain Roger Gargadennec que l’on en sait un peu plus sur le séjour loguivien de Lénine. En 1972, il retrouve par hasard et publie dans Les cahiers de l’Iroise une lettre adressée le 24 juillet 1902 par le révolutionnaire à un certain Leiteisen, docteur en médecine d’origine russe et membre influent du Parti ouvrier français.

    Dans ce courrier, Lénine indique son adresse postale du moment : « Mme Leguen (pour M. Olinoff). Loguivy (par Ploubazlanec). Côtes-du-Nord. France. »

    «Je me suis beaucoup plu ici !  »

    Surveillé par la Sureté, Lénine a sans doute francisé son nom (Olinoff au lieu d'Oulianov) par souci de discrétion. La confortable maison qu'il loue à Madame  Leguen donne directement sur le port de Loguivy.

    Dans cette lettre, Lénine donne quelques détails intéressants sur son périple et sa santé. « Maman et Anne ne se plaisent pas beaucoup ici et peut-être vont-elles repartir, mais elles ne savent pas encore pour où. Moi, je pars demain pour retourner chez moi. D’une manière générale, je me suis beaucoup plu ici et je ne me suis pas mal reposé, à part seulement que, hélas, j’ai cru être bien portant avant de l’être vraiment : j’ai négligé la diète et maintenant je continue à traîner avec moi la catarrhe. Mais ce ne sont là que des sottises… Votre Lénine. Écrivez-moi à Londres… »

    Lénine reviendra dans l’Ouest. À Pornic (Loire-Inférieure), cette fois, pendant l’été 1910. Le futur dictateur aura alors sur le dos les limiers des fameuses Brigades du Tigre et les agents de l’Okhrana, la police secrète tsariste. Mais ceci est une autre histoire…

    Joël BIGORGNE

    Ouest-France 14/02/2021

    Le port de Loguivy, à Ploubazlanec, au début du XXe siècle. Les « pensions » de familles, dont celle de Mme Leguen, sont rassemblées près du rocher.

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  • Militant communiste, ministre PCF du travail à la libération,  est assurément un héros national. Une  est lancée pour qu’il soit honoré au .

    Ouvrier dans la métalurgie dès ses 13 ans, il devient un des leaders des grèves à Lyon. Dirigeant de la jeunesse communiste après le congrès de Tours, il devient dès 1928 secrétaire des la fédération unitaire des métaux, puis en 1929 membre du comité central du PCF.

    Député de la Seine en 1936, lui qui est rapporteur de la loi sur les conventions collective ne recule jamais pour défendre les travailleurs, refusant la politique munichoise préparant la collaboration, il est l’un des députés d’honneurs qui refusent de condamner le pacte germano soviétiqueIl est alors arrêté le 7 octobre 1939, et déporté à travers 14 prisons jusqu’à la Maison Carrée d’Alger. Libéré en 1943 après le débarquement allié, il est le représentant de la CGT à l’assemblée consultative provisoire dont il préside la commission du travail et des affaires sociales. Il est l’un des principaux rédacteurs du programme du Conseil National de la Résistance. Il est élu membre des Assemblées Constituantes à la libération, puis député jusqu’à sa mort en 1951. Nommé ministre du Travail à la Libération. En moins de deux ans, avec la mobilisation du PCF et de la CGT, il réussi à instituer la . On lui doit également la majoration de 50% des heures supplémentaires, ainsi que la suppression de l’abattement de 10% sur les salaires des femmes. Mais pas seulement. Le droit du travail, les comités d’entreprises, la médecine du travail, ou le statut des mineurs sont parmi les réalisations réussies en quelques mois avec la mobilisation active du PCF et de la CGT de classe. Oui Ambroise Croizat est un véritable héros de notre histoire de France, celle des travailleurs. Sa place est au panthéon, et son oeuvre, celle des communistes doit être défendue et prolongée. Au moment où le régime Macron à la suite de ses prédécesseurs, satisfaisant aux ordres du grand patronat et de son Union Européenne, vide les caisse de la sécurité sociale, oui l’heure est à défendre avec Croizat la Sécurité Sociale.

    La pétition

    L’objectif d’Ambroise Croizat était de briser l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail. Sa volonté, sa vision étaient de ne plus faire de la retraite l’antichambre de la mort, mais bien une nouvelle étape de la vie. Notre pays doit à ce militant communiste la générali­sation des retraites, les comités d’entreprise, la médecine du travail, la reconnaissance des maladies professionnelles, la prime prénatale… En tant que député du Front populaire, dès 1936, il avait déjà pris une part considérable dans l’instauration des congés payés, des conventions ­collectives et de la ­semaine de quarante heures.

    Tous les Français, aujourd’hui, bénéficient d’une carte vitale, sésame qui leur permet si souvent d’être soignés selon leurs besoins, sans distinction de leurs moyens, grâce à la socialisation des richesses créées. Certes, de nombreux coups ont été assénés à la Sécurité sociale et au Code du travail depuis que Croizat n’est plus. Certes, la Sécurité sociale est avant tout une œuvre collective, comme Croizat, syndicaliste à la CGT, le rappelait. Mais qui peut dire que cet homme d’État n’a pas joué le premier rôle, en tant que ministre, pour apporter à la France l’une de ses plus belles réformes ? Qui peut dire que cette réalisation ne constitue pas un pilier indispensable à notre République sociale ?

    La Sécurité sociale fait partie du patrimoine vivant de tous les Français. Un patrimoine qui n’est ni à muséifier ni à vernir, mais à entretenir et développer toujours plus, dans le respect de sa philosophie initiale, en tant que bien commun, comme le montre la crise du Covid-19. Le XIXe siècle aura été marqué dans notre pays par l’accès de tous à l’éducation. Le XXe retiendra à n’en pas douter, avec le recul, la fondation du système de santé public créé par Croizat comme l’une de ses plus grandes conquêtes.

    Tous s’en réclament aujourd’hui, même si tous n’en sont pas dignes. Reste qu’Ambroise Croizat est définitivement digne du Panthéon, qui s’honorerait à l’accueillir, avec son épouse Denise, comme le souhaite sa famille.

    Pour signer la pétition cliquer ICI

    (site internet de L'Humanité)

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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    L'exposition «Lénine à  Longjumeau»

     

     

    Ecole de formation du Parti bolchevique en 1911 à Longjumeau

     

     

     

    source: http://www.communcommune.com/

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  • Des soldats soviétiques libérant les détenus du camp d’Auschwitz – Janvier 1945

    • Un article à retrouver dans le prochain numéro “La lutte contre l’” de la revue Etincelles. Abonnez vous !

     

    Encore un nouveau documentaire sur , en l’occurrence Vie et destin du Livre Noir. Staline et les juifs d’URSS, actuellement distribué sur France 5. Cette fois-ci sur le Staline de l’après-guerre et ses rapports avec les juifs soviétiques, l’holocauste, puis les juifs dans la guerre froide, le sionisme, la naissance d’Israël, mais aussi les artistes et écrivains juifs comme Solomon Mikhoels, Vassili Grossman, Ilya Ehrenbourg. J’énumère volontairement tous les thèmes abordés qui ne peuvent se résumer au seul syntagme « les juifs d’ ». Car contrairement à ce que peine à comprendre le documentaire, les juifs soviétiques n’ont jamais formé un bloc sociologique uniforme mais une réalité complexe.

    A cette absence de nuances s’ajoute le fait que tout documentaire actuel sur Staline ressemble à un parcours balisé où, à chaque étape, il faut automatiquement conclure que Staline a tort ou est moralement répréhensible. Et l’on arrive ainsi à un récit parfois absurde.

    Absurde en ce qu’il transforme en vulgaire émule « manqué » de Hitler l’artisan de la victoire de l’Armée rouge qui mit fin au génocide en libérant Auschwitz, et dont les déclarations solennelles contre l’ – comparé notamment au cannibalisme – abondent. Emule manqué, car seule la mort l’aurait détourné d’un bien sombre dessein. Et le documentaire de reprendre une rumeur dont l’écrivain Vassili Grossman, très inspiré par l’unilatéralisme du rapport Khrouchtchev, s’est fait tardivement l’écho : quelque temps avant sa mort, Staline préparait la déportation de tous les juifs en Sibérie, l’exécution de victimes expiatoires sur la place Rouge et le retour des pogroms de l’ère tsariste.

    Sur France Culture, lors de l’émission censée présenter le documentaire (« Le cours de l’histoire », 11 décembre 2020), l’on n’a même pas pris soin de distinguer la rumeur de la réalité. Car sans que les auteurs du documentaire Antoine Germa et Guillaume Ribot ni l’éminente « kremlinologue » Cécile Vaissié n’y trouvent à redire, le présentateur avait préparé un extrait audio censé emporter l’adhésion. A savoir Elie Wiesel, en 1980, citant Soljenitsyne et affirmant sans hésitation – et surtout sans preuves – la thèse du génocide auquel l’on aurait échappé que de justesse.

    Bref, comme dans le final fort célèbre de ce parangon du western qu’est L’Homme qui tua Liberty Valance, le journaliste, après avoir écouté un récit trop fade à son goût, se lève brusquement, déchire sa copie et déclare : « Ici c’est l’Ouest, et quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende ! » Il faut croire que dans le « Far Est », où règne Calimity Staline, c’est à peu près la même idée : quand la légende est plus bien horrible que la réalité, on imprime et on filme et on refilme encore… la Légende noire.

    De la rumeur à l’histoire

    Pourtant, Jaurès Medvedev, dissident bien connu, adversaire du système soviétique, avait consacré en 2003 au même sujet un ouvrage que nos documentaristes auraient pu lire ou faire traduire du russe, Stalin i evreïskaïa problema. Livre où il l’auteur n’a aucune peine à démontrer qu’aucune trace de ce génocide ni même de préparation de ce génocide n’a pu être trouvée, malgré le fait que c’est constamment répété dans les mauvais livres.  

    Et pour ceux qui veulent également des preuves par l’absurde, Medvedev d’ajouter qu’on ne déporte pas trois millions de personnes sans préparation ni sans risque de déstabiliser complètement l’économie. Rappelons que dans les dernières années Staline, on est en pleine guerre froide et que fait rage la guerre de Corée. Il faut donc constater que Jaurès Medvedev, lui-même juif et anti-stalinien, n’avait pas envie d’enfourcher ce dada de l’histoire sans preuves et sans archives. C’est la même thèse qui est défendue dans The Unknown Stalin, livre publié en anglais avec son frère Roy Medvedev, lui aussi pourtant peu connu pour sa complaisance envers Staline.
    Ajoutons qu’à la lecture du livre russe, l’on n’est pas au bout de ses surprises. Pour les « blouses blanches », l’enquête amène Jaurès Medvedev à conclure que si la campagne de presse hostile aux médecins cesse étrangement dans la Pravda quelques jours avant la mort de Staline, ce ne peut être que sur injonction de Staline lui-même, vers le 27 et le 28 février, le petit père des peuples n’ayant sans doute pas eu envie que la campagne s’exacerbe au plan international.

    Reste donc à démêler les fils des affaires compliquées du meurtre de Solomon Mikhoels, de la dissolution et de la répression du Comité juif antifasciste, de l’arrestation de l’épouse de Molotov, de l’affaire dite de Leningrad, des « blouses blanches ». En évoquant tout cela, là encore, Medvedev parle d’antisionisme mais pas d’antisémitisme stricto sensu chez Staline. A cette nuance près qu’à la même époque, comme tout le monde le sait (mais pas le documentaire), l’URSS envoie des armes à Israël, l’URSS a été le premier pays à établir des relations diplomatiques avec Israël, ce que les États-Unis n’ont fait qu’en 1949.

    Ces affaires font depuis longtemps l’intérêt des chercheurs tant ils reflètent les rivalités des clans du Kremlin sur fond d’un Staline déclinant voire crépusculaire. Mais là encore, le psychologique ne saurait faire oublier le contexte. Car même pour le soutien à la naissance d’Israël, à lire toujours Jaurès Medvedev, ce n’est pas l’attitude de Staline envers les juifs qui peut servir de boussole ou de clef d’explications, mais bien plutôt l’idée, en enfonçant un coin entre les peuples arabes et leurs anciens « tuteurs », de bouter Britanniques et Américains du Moyen-Orient. La pression que ceux-ci exerçaient sur l’URSS, notamment en Turquie et en Iran, était jugée, et sans doute à juste titre, intolérable. Il n’est pourtant pas difficile de comprendre que l’esprit de l’époque en URSS est marqué par la peur d’une deuxième invasion. La première ayant coûté 20 à 30 millions de morts au pays cette réaction semble assez compréhensible.

    L’antisémitisme comme « fil rouge » ?

    Mais le documentaire se tire à bon compte de cette masse de faits contradictoires en trouvant, comme une aiguille dans une botte de foin, un fil rouge, que Jaurès Medvedev, pourtant spécialiste de la question et ayant consulté les archives disponibles, n’évoque même pas : la volonté de censurer le « Livre noir ».

    Fondée sur une idée d’Albert Einstein, rencontré aux Etats-Unis lors de la campagne de soutien à l’URSS pendant la guerre, le « Livre noir » devait principalement dénoncer le génocide des juifs par les nazis. Piloté par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman et porté par de nombreux écrivains, il s’agissait bien sûr d’un tour de force intellectuel et moral, d’autant que, par exemple pour Grossman, celui-ci avait perdu sa mère dans l’holocauste. Or le documentaire nous apprend que ces travaux ont servi de matériau de base au jugement de Nuremberg. La partie de Grossman, poignante, sur Treblinka, circule notamment en brochure lors du procès. En ce sens, cet effort trouve là sa destination majeure et accomplit là son rôle majeur au regard de l’histoire.

    Il faut bien sûr déplorer que, pour ce qui est de la parution de ce long et douloureux travail sous forme de livre, les autorités soviétiques aient bloqué – y compris après la mort de Staline – la parution du livre en URSS. La raison principale étaient qu’elles ne souhaitaient pas qu’on évoquât trop les collaborateurs des nazis dans les républiques soviétiques alors envahies (Ukraine, Biélorussie, pays baltes). Il faut bien sûr s’interroger sur ces désastreuses pratiques de censure et cette frilosité maladive à mettre les problèmes sur la table, ce qui n’a pas peu contribué à affaiblir la patrie du socialisme. Mais le documentaire saute une étape du raisonnement en impliquant que tout s’explique par ledit antisémitisme de Staline. L’autre incohérence du propos, dans ledit documentaire, est que la censure du livre n’a pas seulement concerné l’ère Staline.

    Personne n’entend ici « absoudre » Staline de tout ce qu’on pourrait trouver à lui reprocher, mais si l’idée est de montrer qu’un pays marqué par l’internationalisme et la lutte contre le  aurait pu tolérer d’avoir à sa tête un monstre hanté par l’idée d’exterminer le peuple juif, c’est encore une fois raté.

    Justifier l’injustifiable

    Naturellement on imagine bien les raisons très contemporaines qui poussent à promouvoir ces documentaires aussi inutiles qu’incertains, à savoir la comparaison entre nazisme et communisme votée par le Parlement européen le 19 septembre 2019. Pour justifier ce rapprochement aussi absurde qu’odieux, on comprend bien qu’il faut à tout prix semer la confusion sur une réalité pourtant simple à comprendre : mettre dans le même sac nazisme et communisme, c’est fondamentalement mettre un équivalent entre ceux qui ont mis en place le génocide et ceux qui y ont mis fin. Car, enfin, il faudrait d’ailleurs demander à tous ces députés macroniens, écolos, sociaux-démocrates etc., qui n’ont pas rougi de voter avec l’extrême droite si pour eux le destin du peuple juif leur est si indifférent au point de penser qu’entre Hitler et Staline peu importe qui a remporté la victoire en 1945 ?

    , janvier 2021.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Entretien avec , coauteur de : Quand l’espoir venait de l’Est, paru aux éditions Delga, 2020

     

    En novembre 2013, “ONT” chaîne TV biélorusse, a dépêché à Thil une équipe de tournage. Elle a réalisé un reportage sur le sujet. Il a été diffusé en mai 2014 à l’occasion du 70-ème anniversaire de l’évasion des jeunes filles. Voici  le lien de la version française que j’ai doublé en 2014 :

    De même qu’un petit reportage de quelques minutes diffusé par FR3-Lorraine en juin 2014 dans le cadre du 19-20 :

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  • Dans la France occupée, les prisonniers et déportés soviétiques commencèrent à apparaître à la fin de 1941. Leur arrivée fut massive en 1942 pour travailler dans les mines, dans les champs, et participer à la construction du Mur de l’Atlantique. Il existait de nombreux camps pour les Soviétiques, surtout dans le Nord et l’Est de la France. 

    Ainsi, dans Nord-Pas-de-Calais il y avait quinze camps de prisonniers soviétiques. D’autres étaient situés en Bourgogne, il y en avait même trois près de Grenoble. Nous ne savons pas exactement combien de citoyens soviétiques étaient en France pendant l’Occupation. Nous savons cependant qu’environ 150 000 prisonniers militaires et civils soviétiques sont rentrés chez eux après la guerre depuis le territoire français.

    Environ 40 000 soldats soviétiques morts en captivité et au cours de combats dans des unités de partisans sont enterrés en sol français. Environ 260 lieux de sépulture des soldats soviétiques ont été répertoriés par l’Association Mémoire russe. L’endroit le plus terrible est le Stalag XII-F où plus de 20 000 prisonniers soviétiques sont morts. Près de 5 000 soldats soviétiques sont enterrés dans la principale nécropole militaire soviétique en France, à Noyer-Saint-Martin dans la Somme. Environ 700 sépultures sont situées à Strasbourg. Neuf citoyens soviétiques ont été fusillés au Mont Valérien.Dans le Nord de la France, la mémoire des exploits du bataillon de partisans commandé par le lieutenant de l’Armée rouge Vasil Porik, héros de l’Union soviétique, est toujours vivace. Et dans le sud du pays, on se souvient aussi du 1er Régiment soviétique de partisans en France, qui a participé à la libération de Toulouse, Montpellier, Nîmes, etc.

    Ce  ouvre cette page peu connue de l’ de la Seconde Guerre mondiale. Plus connus sont les exploits des pilotes français du régiment de chasse Normandie-Niemen, qui ont combattu sur le front de l’Est. Ce livre rend hommage aux Soviétiques et émigrés russes qui ont contribué à la libération de la France. (Extrait de la préface de Sergueï Dybov, président de l’association Mémoire russe).

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

     
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  • 21  novembre 2020, DÉCÈS DE DANIEL CORDIER:

    Hommage au dernier compagnon de la libération, mais aussi refus indigné du négationnisme anticommuniste régnant honteusement en matière de mémoire résistante !

    À QUAND L’HOMMAGE NATIONAL QU’ILS  MERITENT AUX RÉSISTANTS COMMUNISTES DANS LEUR ENSEMBLE ?

    Déclaration de , philosophe, fils de Résistant gaulliste, co-secrétaire national du PÔLE DE RENAISSANCE COMMUNISTE EN FRANCE (PRCF), de , agrégé d’histoire,co- secrétaire national du PRCF, d’Annie Lacroix-Riz, historienne, petite-fille de déporté juif, professeur émérite à Paris VII, de Gilliatt de Staërck, responsable national des Jeunes pour la Renaissance Communiste en France et de Vincent Flament, secrétaire général du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe.

    Avec l’appui de Gilda Landini-Guibert, agrégée d’histoire, de Marie-Claude Berge, certifiée d’histoire, 

    • et l’accord de Léon Landini, président de l’Amicale des anciens du Bataillon FTP-MOI Carmagnole-Liberté, ancien officier des FTP-MOI, Grand Mutilé de Guerre, Médaille de la Résistance, Officier de la Légion d’honneur, président du PRCF, 
    • de , ancien maquisard corrézien des Francs-Tireurs et Partisans Français, Combattant volontaire de la Résistance, ancien député de la Nation, ancien député européen, ancien membre du Comité central du PCF, actuel vice-président du PRCF,
    • de Jean-Pierre Hemmen, fils de Jean Hemmen (militant du Komintern, organisateur des Brigades Internationales d’Espagne, Fusillé de la Résistance au Mont Valérien), réprimé pour avoir refusé de servir sous les ordres du général Speidel, ancien général de la Wehrmacht promu commandant en chef de l’OTAN

    Le 21 novembre 2020


     

    Ex-secrétaire de Jean Moulin et Compagnon de la Libération, M. Daniel Cordier vient de mourir. Il témoignait dans le film de Gilles Perret intitulé Les Jours heureux dont notre camarade  est le témoin principal et où l’on aperçoit aussi Pierre Pranchère et son épouse Marcelle lors d’un débat passionné qui les opposait tous deux à Stéphane Hessel, l’auteur de Indignez-vous!, au sujet de la nature foncièrement irréformable de l’Union européenne.

    Léon Landini, ancien officier des Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’Oeuvre Immigrée (FTP-MOI), et Pierre Pranchère, ancien maquisard corrézien des Francs-Tireurs et Partisans Français, qui tous deux sont entrés en Résistance bien avant l’âge de vingt ans, deviennent ainsi, à notre connaissance, les plus anciens Résistants toujours vivants, bien vivants et combatifs de notre pays : Léon Landini, au titre de la guérilla urbaine des FTP-MOI, ces bataillons directement formés et dirigés par le Parti communiste français clandestin. Quant à Pierre Pranchère – dont la sœur Élise, comme lui résistante FTPF des Maquis de Corrèze, vient hélas de mourir –, en tant que combattant volontaire de la Résistance, ancien membre des Francs Tireurs et Partisans Français (dirigés par le Front national de lutte pour l’indépendance et la liberté de la France, que le PCF clandestin fonda en mai 1941, organisme pluraliste précurseur du . L’autre particularité de ces deux camarades, âgés mais toujours vaillants, engagés dans les combats du présent et forts de leur mémoire vive de la Résistance, est qu’ils sont tous deux membres de la présidence et de la direction nationale du Pôle de Renaissance Communiste en France, ainsi que Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance Jean Hemmen, et lui-même réprimé dans les années 1950 pour avoir refusé de porter l’uniforme sous le commandement ultime de l’ex-officier nazi de la Wehrmacht Hans Speidel, bourreau de la France et de la Russie, devenu commandant en chef des forces de l’OTAN. 

    •  
    • Pierre Pranchère

    REFUSER L’EURO-RÉSOLUTION NÉGATIONNISTE et ANTICOMMUNISTE !

    Scandalisés, ces témoins vifs de la mémoire résistante de notre pays n’en assistent pas moins de leur vivant à la tentative odieuse de nier l’apport, central pourtant, de la Résistance communiste en France et de l’Union soviétique au niveau mondial dans la mise en déroute des armées du Reich. On voit ainsi le Parlement européen voter en septembre 2019 une motion scélérate avec le concours de tous les députés français, de Bardella à Glucksmann en passant par Jadot, les LR et les macronistes (exceptés, et c’est tout à leur honneur, les députés Insoumis): cette euro-résolution de la honte amalgame le Troisième Reich exterminateur à son principal vainqueur militaire, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, dont le Général de Gaulle disait lui-même en 1944, lors d’une visite d’Etat à Staline que “la Russie soviétique a joué le rôle principal dans la libération des Français“. Cette même résolution scélérate du Parlement européen avalise l’interdiction des partis communistes dans plusieurs pays socialistes annexés à l’UE-OTAN. Elle appelle explicitement à proscrire sur tout le territoire de l’UE les “symboles du  totalitaire”, visant on ne peut plus clairement le drapeau rouge libérateur orné de l’emblème ouvrier et paysan (le marteau et la faucille) qui flotta sur le Reichstag vaincu au printemps 1945. La lutte antifasciste des communistes, première force en France et dans toute l’Europe de la Résistance antifasciste armée, des Brigades antifranquistes d’Espagne à la Libération de Paris par les FFI commandés par les communistes Henri Rol-Tanguy et André Tollet, est ainsi odieusement amalgamée, sous le couvert d’un “antitotalitarisme” attentatoire au pluralisme et à la liberté d’expression des communistes, à leur pire ennemi, le nazi-fascisme, ce bras armé exterminateur et génocidaire de l’impérialisme capitaliste et de ses innombrables collabos occidentaux. C’est intolérable, non seulement parce que cela criminalise les héros de la Résistance intérieure, très souvent et majoritairement communistes, comme en témoignent encore les stèles dressées à Châteaubriant, aux Glières, au Mont Valérien, à la Citadelle d’Arras, etc., mais parce qu’en mettant sur un même pied les nazis et leurs plus francs ennemis, les communistes, l’euro-résolution scélérate de septembre 2019 banalise le nazi-fascisme – dont les nostalgiques de l’extrême droite relèvent la tête partout en Europe – tout en diabolisant l’idéal révolutionnaire et universaliste des communistes, tout à la fois patriotes ardents et indomptables internationalistes. L’idéologie “antitotalitaire” actuelle se révèle ainsi pour ce qu’elle est, un masque de la fascisation du sous-continent européen de plus en plus tenté par la répression anticommuniste et par les atteintes à toutes les libertés démocratiques comme on le voit en France même avec la répression démesurée des gilets jaunes ou avec les lois liberticides que ne cessent d’empiler les gouvernements maastrichtiens successifs. 

    REFUSER LE NÉGATIONNISME ANTICOMMUNISTE HEXAGONAL…

    Pire encore, dans notre pays, des forces du déshonneur comme le pseudo-philosophe Michel Onfray, osent traiter d’antisémite le PCF en le mettant sur le même plan que les nazis, alors que c’est très majoritairement grâce au PCF et à ses bataillons FTP-MOI, dont le plus connu, celui dit de l’Affiche rouge chanté par Aragon, Ferrat et Ferré et dirigé par Epstein et Manouchian, que les juifs de France ont pu prendre les armes, participer au premier rang à la libération de leur patrie française, et infliger de très lourdes pertes à l’Armée des tortionnaires antisémites nazis. On entend aussi le groupuscule royaliste “Action française” oser réclamer la dissolution du PCF, traité de parti des “collaborateurs” (sic) alors que cette officine créée par Charles Maurras fut  officiellement interdite par la République début 1936 en tant que ligue factieuse et que Maurras, emprisonné en d’octobre 1936 à juillet 1937 pour ses appels au meurtre  contre « le juif Blum », fut frappé d’indignité nationale au terme de son procès de janvier 1945 pour son engagement total du côté des traîtres vichystes et de l’Occupant; lequel occupant, à Lyon, où il résidait, l’avait gratifié, contre les résistants, d’un permis de port d’armes depuis l’occupation de la zone Sud de novembre 1942.

    Tout cela dans un climat profondément malsain où des individus tels que Cohn-Bendit demandent, dans les colonnes du “Monde“, la mise en place d’une “fédération franco-allemande”, que prépare d’ailleurs le Traité d’Aix-La-Chapelle, et qui, dans les rapports de forces actuels, aboutirait au phagocytage pur et simple de notre pays, à la mort de la nation française, à l’effacement à jamais de notre culture et de notre langue : or c’est sur de toutes autres bases que devrait être fondée une amitié franco-allemande reposant sur la mémoire antifasciste, sur l’arrêt de la politique ouest-allemande d’humiliation et d’effacement des traces de la RDA antifasciste, sur des rapports d’égalité et de coopération entre tous les États de l’Europe débarrassés de la funeste “économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” dont se réclame le Traité de Maastricht et qui n’est que le masque de la loi du plus fort et du plus riche.

    APPEL AU PEUPLE FRANÇAIS ET AUX HISTORIENS DIGNES DE CE NOM

    Nous ne pouvons, dans ces conditions, en aucun cas compter, pour rendre l’hommage qu’elle mérite à la Résistance communiste, sur les autorités françaises, qui participent de ce négationnisme anticommuniste permanent :  pour exemple, aucun héros communiste de la Résistance, aucun ministre communiste de la Libération ayant fondé la Sécurité sociale, le statut des mineurs et de la fonction publique, ayant créé EDF ou nationalisé Renault, ayant fondé les retraites par répartition, les comités d’entreprise et le CEA, etc., les Thorez, Croizat, Marcel Paul, Joliot-Curie, etc., aucun intellectuel communiste mort pour la France comme Georges Politzer, Jacques Solomon, Jacques Decour, Danielle Casanova, aucun mineur communiste ou cégétiste ayant mené la Grande Grève patriotique de mai-juin 1942, aucun survivant communiste des camps de concentration, telle Marie-Claude Vaillant-Couturier, ne sont jamais entrés au Panthéon.

    Nous nous adressons donc directement  au peuple français, aux historiens dignes de ce nom, à tous les militants progressistes, à tous les médias véritablement libres pour qu’ils dénoncent le négationnisme anticommuniste et que justice soit enfin rendue à ceux, morts ou vivants qui, des Brigades d’Espagne à la Libération de Paris et aux combats de Rhin et Danube (Colonel Fabien par ex.) en passant par l’Appel du 17 juin 1940 (Appel à la résistance de Charles Tillon), l’Appel du 10 juillet 1940 de Maurice Thorez et Jacques Duclos, par la participation des étudiants communistes à la manifestation interdite du 11 novembre 1940, par les coups de feu de Fabien et de Debarge sur des occupants allemands, par la Grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, aux multiples maquis FTP et aux bataillons FTP-MOI, par la libération de la Corse, puis du Limousin par les FTPF, puis à la préparation minutieuse de l’insurrection parisienne. Sans parler des innombrables combats menés après guerre par les communistes pour la liberté des peuples, le progrès social, les libertés démocratiques, l’indépendance nationale et la paix.

    EN REFUSANT LE NÉGATIONNISME ANTICOMMUNISTE, DÉFENDONS LA MÉMOIRE DE LA RÉSISTANCE ANTIFASCISTE TOUT ENTIÈRE, L’INDÉPENDANCE DE NOTRE PAYS ET LES LIBERTÉS DÉMOCRATIQUES DE TOUS!

    À l’occasion du décès de Daniel Cordier, nous lançons un avertissement solennel au peuple français : réappropriez-vous par vous-même votre mémoire le plus souvent niée, mutilée ou déformée par des historiens bien-pensants, seuls dotés de l’accès à un large public, et des grands médias totalement acquis à la cause du capitalisme et de l’anticommunisme. Il n’y va pas seulement de la vérité et de la justice due aux héros communistes de notre émancipation, il y va en définitive de l’indépendance de notre pays, de la solidité des acquis sociaux, de la défense des libertés démocratiques pour TOUS.


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