• Appel aux communistes de France – 28 octobre 2017

    Cher(e)s camarades,

    Vous le constatez comme nous : à l’approche du 100ème anniversaire de la Révolution prolétarienne d’Octobre 1917, l’un des évènements les plus progressistes de l’histoire qui s’inscrit dans la lignée de la Révolution française, de la Commune de Paris ou de Stalingrad, les ennemis de l’émancipation sociale redoublent de haine contre Lénine, les bolcheviks, l’URSS et le camp socialiste. Leur haine de classe va si loin qu’ils n’hésitent plus désormais, à l’instar du Point, de Libé ou de Valeurs actuelles, à criminaliser Fidel, le Che, Robespierre et Saint-Just, sans parler du grand héritage historique du Parti communiste français (notamment le Congrès de Tours, le Front populaire, la Résistance antifasciste et l’œuvre des ministres communistes de 1945-47). 

    Si le communisme était  aussi « mort » qu’ils l’affirment, si le marxisme-léninisme était aussi « obsolète » que le prétendent ces « rénovateurs » anti-léninistes du communisme qui, depuis des décennies, n’ont apporté aux travailleurs que défaites et désarroi, ce déferlement de haine serait sans objet : en réalité, nos ennemis de classe le savent bien – et parfois, ils le savent mieux que nous : Octobre a donné une impulsion mondiale sans précédent aux luttes anticapitalistes, au combat anti-impérialiste, au mouvement pour l’émancipation des femmes qu’a personnifié Clara Zetkin. Concernant la France, il suffit de rappeler que les avancées de 1936 et du CNR, celles-là même que Sarkozy, Hollande et Macron-MEDEF saccagent sous la dictée de l’UE supranationale, n’auraient pas été possibles sans Stalingrad et la victoire historique de l’Armée rouge sur le régime hitlérien, fer de lance du camp mondial des exploiteurs. Preuve a contrario du caractère centralement progressiste d’Octobre rouge, la destruction de l’URSS sous l’égide de dirigeants félons bradant le camp socialiste à l’impérialisme US, alimente depuis vingt-cinq ans une contre-offensive réactionnaire très inquiétante du capital, de l’impérialisme et de la réaction. Alors, « bilan globalement négatif d’Octobre », comme le prétendent les idéologues de l’anticommunisme (dont certains colonisent hélas certaines organisations du mouvement ouvrier…), ou bien bilan TOTALEMENT CATASTROPHIQUE de la destruction contre-révolutionnaire du socialisme et de cette restauration mondiale de l’exploitation capitaliste que dissimulent les mots de « mondialisation libérale » et de « construction européenne » ?

    Bref, camarades, ceux qui veulent dissocier le drapeau du communisme de celui du marxisme-léninisme font, consciemment ou pas, le choix de la défaite pour le camp du Travail, pour l’indépendance nationale, pour la libre coopération entre peuples souverains, pour la défense de la paix mondiale menacée par Trump, pour toutes les forces qui, des nazis à la social-démocratie relayée par ses satellites gauchistes, ont combattu depuis un siècle sous diverses formes sous le drapeau fascisant de l’anti-bolchévisme.

    C’est pourquoi celles et ceux qui veulent que renaisse en France un grand Parti communiste de combat, ainsi qu’un grand Mouvement communiste mondial internationalisant la lutte pour le socialisme et le communisme, doivent apporter en France même une riposte CLAIRE, FERME, FRANCHEMENT COMMUNISTE ET FRANCHEMENT LENINISTE à la fascisante campagne actuelle visant à diffamer Octobre 17 et toute la construction historique qu’il a permise en Russie, en France et dans le reste du monde. Cette commémoration combative de 1917, exempte de toute concession à l’anticommunisme, à l’anti-léninisme et à l’antisoviétisme, essentiellement différente d’autres « évènements » dénigrant Octobre ou n’acceptant de l’encenser que pour mieux piétiner la première expérience socialiste de l’histoire, c’est clairement le rassemblement de lutte organisé en France par le PRCF le 4 novembre prochain avec l’appui de vingt P.C. étrangers. Suivi d’un spectacle de Jolie Môme, ce rassemblement sera tourné, non vers la « nostalgie », mais vers le combat actuel contre Macron-Thatcher, contre l’UE, contre l’OTAN, contre les guerres néocoloniales et impérialistes, contre le capitalisme, contre la répression anticommuniste en Europe, pour le socialisme et le communisme.

     C’est pourquoi, camarades communistes, syndicalistes de lutte, citoyens progressistes, vous ne vous tromperez pas le 4 novembre 2017 en posant PERSONNELLEMENT un grand acte POLITIQUE : venez vous-même et faites venir au rassemblement qu’organisent le PRCF et les JRCF

     

     ce 4 novembre, Salle des Diaconesses  (rue du Sergent Beauchat, Mo Montgallet), à 14 h, à Paris.

     

     Léon Landini, président du PRCF, ancien officier des FTP-MOI, Médaille de la Résistance, Décoré par l’Union soviétique, première adhésion au PCF : 1942

    Pierre Pranchère, ancien résistant FTPF, ancien député et anc. membre du CC du PCF, président de la commission internationale du PRCF

    Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, philosophe, fils de Résistant

    Gilliatt De Staërck, responsable national des Jeunes pour la Renaissance Communiste en France

    Benoît Foucambert, syndicaliste, membre du secrétariat national du PRCF.

    Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, directeur de la revue théorique « Etincelles »

    Bernard Parquet, vice-président du PRCF, fils de Résistant, ancien directeur de l’Ecole centrale du PCF

    Fadi Kassem, agrégé d’histoire et diplômé de Sciences Po Paris, coordinateur du PRCF en région parisienne

    Vincent Flament, militant internationaliste, rédacteur en chef du mensuel « Initiative communiste »

    Jo Hernandez, ancien responsable syndical CGT,  secrétaire de la commission luttes du PRCF

    Antoine Manessis, fils de résistants communistes, responsable de la commission internationale du PRCF

    Annette Mateu-Casado, fille de résistants communistes, trésorière nationale du PRCF

    Aymeric Monville, philosophe, membre du secrétariat politique du PRCF

    Jany Sanfelieu, fille de combattant républicain espagnol, secrétaire à l’organisation du PRCF

    S’associe à cet appel Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine (Université Paris VII), invitée le 4 novembre par le professeur Robert Halleux et la direction du parti communiste belge à un débat sur le même thème à l’université de Liège.

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • film-documentaire de : Bernard George
    histoire | 55min | tous publics
    Bernard George revient sur le long et tumultueux processus qui a conduit aux révolutions russes (diffusé le dim. 29.10.17 à 22h40 sur France 5 ).
     
     

    En 1969, Sergio Leone ­mettait en chantier Il était une fois la révolution, un film qui se passait pendant la révolution mexicaine (1910-1920). Le réalisateur Bernard George a donné ce titre majestueux à son documentaire sur la révolution russe de 1917. En préambule, le narrateur, Philippe Torreton, rappelle que la « postérité n’a retenu que la révolution ­d’Octobre ; elle a oublié que celle de février aurait pu conduire la Russie vers un autre destin ».

    Tableau nuancé

    Une heure et demie plus tard, on est obligé de convenir que la prise du pouvoir en octobre 1917 par une poignée d’hommes n’était pas une fatalité. Les neuf mois qui séparèrent les révolutions de février et d’octobre ­furent traversés par tant de révoltes et d’incertitudes qu’on ne ­saurait interpréter, à l’instar des Soviétiques en leur temps, la ­révolution d’Octobre comme l’aboutissement d’un schéma obéissant aux lois de l’Histoire.

    Nourri d’archives souvent ­exceptionnelles et pour la plupart colorisées, ce film écrit avec la ­collaboration d’Odile Berger et ­Olivier ­Wieviorka propose un ­tableau nuancé de ces révolutions qui ont changé « le destin de ­l’humanité ». Conseillé par Nicolas Werth, ­spécialiste de l’Union ­soviétique, ­Bernard George ­montre qu’elles sont nées dans le ­fracas de la première guerre ­mondiale. Les revers subis par l’armée ­tsariste depuis 1914 ont eu un ­effet profondément déstabilisateur sur la vie politique, économique et ­sociale de la Russie.

    Soldats russes

    Plutôt que de raconter les événements à travers les témoignages d’une multitude de contemporains – tendance à laquelle tant de documentaires d’histoire cèdent –, ce film se place subtilement dans les pas de Claude Anet, ­correspondant du ­Petit Parisien en Russie de 1917 à 1920. Le journaliste est un bon reporter de terrain – il se trouve à côté du palais de Tauride, au plus près des manifestants, le 28 février – mais se révèle également un analyste lucide et vif.

    N’hésitant pas à critiquer l’entêtement du tsar ­Nicolas II, il se montre pertinent lorsqu’il affirme que « Lénine n’aura pas de meilleur allié que l’Allemagne ». Mais comme nombre d’observateurs de son temps, Claude Anet est ­déboussolé par la pluralité de ces révolutions. Ainsi ne s’aperçoit-il de rien lorsque les bolcheviques s’emparent du pouvoir.

    Le film ne se focalise pas sur le point de vue du correspondant français. Tant s’en faut. Lorsque cela est nécessaire, il décentre le regard pour mieux rendre compte de l’écho que rencontre l’événement. Au lendemain de la révolution de février 1917, le journal La Victoire annonce que « c’est le plus grand événement de l’histoire du monde depuis la Révolution ­française ». A Londres, TheTimes ­déclare que « ce profond changement inaugure une ère de liberté et de progrès humain ». Pour Léon Trotski, en exil à New York, révolution rime avec amnistie. Il prépare son retour, tout comme Lénine, qui, depuis Zurich, reconnaît qu’il ne s’y attendait pas.

    Le film montre ainsi l’événement dans sa complexité, tant dans son déroulé que dans sa ­représentation. Pour illustrer la prise du palais d’Hiver, Bernard George s’appuie sur des scènes de reconstitution extraites de films de propagande réalisés à l’occasion du dixième anniversaire de la révolution d’Octobre, en 1927. Tout en précisant l’origine des images, le narrateur explique que ces ­scènes avaient pour but de ­magnifier la légende : le palais ne fut pas pris par les bolcheviques au terme d’affrontements héroïques, mais sans coup férir.

    Février 1917 : La révolution triomphe.

    Avec pédagogie, le film brosse ainsi le portrait nuancé d’une ­année de révolutions, tout en ­rappelant en filigrane le rôle indispensable de l’historien. Un exercice tout à fait salutaire à l’heure où se propagent les fake news.

    d'après Antoine Flandrin ( http://www.lemonde.fr/televisions-radio )

     Pour voir le film cliquer sur:

    https://www.france.tv/france-3/1917-il-etait-une-fois-la-revolution/302099-1917-revolutions.html

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Enregistrer

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • L'historienne Annie Lacroix Riz répond aux questions de "C'est l'heure de l'mettre" sur radio campus lille. Syndicalisme, lutte des classes, histoire du mouvement syndical. A l'occasion des 120 ans de la CGT, notre camarade a publié un livre Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants. A mettre entre toutes les mains #luttedesclasses

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Quel drapeau au côté du drapeau tricolore de la Patrie républicaine ?

     
    celui des travailleurs ?

    Hommage au goût amer à la carrière des fusillés de Chateaubriant

    celui de la Sainte-Alliance du Capital ?
     

    Hommage au goût amer à la carrière des fusillés de Chateaubriant 

    La foule n'était pas au rendez-vous de ce 76ème hommage aux 27 fusillés de Chateaubriant. 700 à 800 personnes avaient fait le déplacement. La tempête qui avait emporté la scène, a dû faire s'envoler les représentants nationaux du Parti Communiste Français et de la  CGT. Le drapeau rouge des travailleurs était toujours interdit d'accès à la cérémonie alors que le drapeau de l'Union européenne rejeté en 2005 avec le traité constitutionnel par le Peuple de France flottait à l'entrée de la carrière...Merci aux jeunes communistes des JRCF d'avoir bravé l'interdit !

    Un poème d'Aragon, grand visionnaire, me revient à la mémoire:
     
    "Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rienet que tout est remis en cause du moment que l'homme de l' homme est comptable
    nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eu d'épouvantables
    car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien

    et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
    Rappelez vous que nous avons aussi connu cela que d'autres sont montés
    Arracher le drapeau de servitude à l'Acropole et qu'on les a jetés
    Eux et leur gloire, encore haletants dans la fosse commune de l'histoire

    Je ne dis pas cela pour démoraliser, il faut regarder le néant
    En face pour savoir triompher. Le chant n'en est pas moins beau quand il décline
    Il faut savoir ailleurs l'entendre qui renait comme l'écho dans les collines
    Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l'ensemble des chants

    Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu'une voix se taise
    Sachez le toujours le choeur reprend la phrase interrompue" (louis ARAGON)
     
    "Vous tous qui vivrez, soyez dignes de nous les 27 qui vont mourir ! "
    (Guy MOQUET)
     
    Lysistrata-le 23/10/2017
     

    Enregistrer

    Enregistrer

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Le temps fort de ce week-end de cérémonies interviendra dimanche après-midi, dans la carrière de la Sablière.Le temps fort de ce week-end de cérémonies interviendra dimanche après-midi,dans la carrière de la Sablière

     Ce week-end, plusieurs hommages seront rendus dans le cadre du 76e anniversaire du drame de la Sablière , u cours duquel vingt-sept prisonniers, dont Guy Môquet, ont été fusillés par les forces d'occupation allemandes.

    Samedi, à 10 h 30, un premier rassemblement est prévu à la stèle du camp de Choisel. L'Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt rendra hommage à Jacqueline Timbaud, décédée cette année. Henri Duguy, décédé début octobre, sera également dans les mémoires de tous.

    Le comité local du souvenir des héros de Châteaubriant poursuivra la série d'hommages à 14 h 30, samedi, dans la cour du château où les corps des otages ont été déposés après leur exécution.

    De 16 h à 19 h, France Bleu Loire océan diffusera en direct une émission enregistrée au musée de la résistance de Châteaubriant et au cours de laquelle sera notamment présentée la nouvelle exposition temporaire du lieu mémoriel. Celle-ci, dédiée à l'engagement des résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, sera officiellement inaugurée à 17 h.

    Appel aux bénévoles

    Dimanche, à 10 h, le comité local du souvenir des héros de Châteaubriant sera présent à la Blisière, avant un rassemblement à 13 h 30, au niveau du rond-point Fernand-Grenier d'où partira un défilé en direction de la Sablière.

    Les cérémonies commémoratives y débuteront à 14 h et seront suivies, vers 15 h, de la pièce de théâtre Ce qu'ils nous ont donné, jouée par les élèves de l'école Jacques-Brel.

    De nombreuses chaises doivent être disposées ce vendredi dans la carrière, en prévision des cérémonies, si bien que tous les bénévoles seront les bienvenus pour prêter main-forte aux organisateurs.

    Enfin, la municipalité de Châteaubriant met en place un car pour convoyer autorités, personnalités et membres des sociétés patriotiques, jusqu'à la carrière. Ce car partira de la mairie à 13 h 20.

    source: https://www.ouest-france.fr

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • 76ème anniversaire des fusillades de ChâteaubriantA partir de 13h30 le Dimanche 22 octobre 2017 à Chateaubriant.

    Un vibrant hommage sera rendu aux 27 otages fusillés par les nazis il y a 76 ans, le 22 octobre 1941. Afin de commémorer cette date anniversaire, l'Association pour la Renaissance Communiste en Finistère (ARC29/PRCF) invite les finistériens à prendre part au grand rassemblement qui débutera par un défilé, pour se poursuivre par les cérémonies officielles à la carrière de la Sablière.

    commémorations

    13H30 Rendez-vous au rond point Fernand Grenier
    14H30 Cérémonie officielle
    15H00 ALLOCUTIONS :
    15H30 ÉVOCATION ARTISTIQUE

    76ème anniversaire des fusillades de Châteaubriant

    76ème anniversaire des fusillades de Châteaubriant

    76ème anniversaire des fusillades de Châteaubriant

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Cérémonie du souvenir en l'honneur de Pierre Guéguin (LT 20/10/2017)

    Le 22 octobre 1941, Pierre Guéguin, maire de Concarneau de 1935 à 1940, était fusillé à Châteaubriant, avec 48 autres otages, et Marc Bourhis, son adjoint, instituteur par ailleurs. Hier, après avoir commémoré sa mort et celle de son adjoint au cimetière où se trouvent leurs tombes, le maire, les associations patriotiques du devoir de mémoire et des membres des deux familles, se sont rendus au lycée Pierre-Guéguin pour un dépôt de gerbe sur la stèle posée en sa mémoire. Le maire André Fidelin et Maguy Baqué, la correspondante défense de la commune, ont délivré un discours devant de nombreux élèves. Avant ça, des 1r e s L avaient lu des extraits de lettres envoyées par les otages à leurs familles avant d'être éxécutés.

    source: http://www.letelegramme.fr

    Enregistrer

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • La 76e commémoration de la fusillade de Châteaubriant se déroulera aujourd'hui, selon le programme suivant : à 16 h 15, rassemblement au cimetière centre suivi de dépôts de gerbes sur les tombes de Pierre Guéguin et Marc Bourhis ; à 17 h, accueil au lycée Pierre-Guéguin, puis dépôt de gerbe. La municipalité, ainsi que les associations patriotiques, invitent les Concarnois « à honorer de leur pré- sence, dans un même souvenir, les 36 Concarnois fusillés, morts en déportation, ainsi que les combattants tombés dans la lutte libératrice.

    source: http://www.letelegramme.fr

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Entretien | Quelques centaines de personnes comptent aller chahuter avec des casseroles le rassemblement de soutien à François Fillon, prévu ce dimanche 5 mars à Paris. Alors que celui-ci ne peut plus guère se déplacer sans que sonne le métal, retour sur l'histoire de la casserole comme outil politique.

     "Charivari qui pend à l'oreille de MM. Guizot, Dupin, Thiers et tutti quanti…", "La Caricature", 1er septembre 1831 "Charivari qui pend à l'oreille de MM. Guizot, Dupin, Thiers et tutti quanti…", "La Caricature", 1er septembre 1831 Crédits : Jean-Jacques Grandville

    "Dimanche à 15h, où que vous soyez, à votre fenêtre, dans votre jardin, sur votre balcon... tapez sur des casseroles pendant 3 minutes". Tel est l'appel lancé sur les réseaux sociaux par quelques centaines de citoyens, décidés à faire résonner leurs ustensiles de cuisine ce dimanche 5 mars pour perturber le rassemblement de soutien à François Fillon prévu au Trocadéro, à Paris. La casserole comme arme politique... ce n'est pas nouveau. Le phénomène remonte même au Moyen Âge, nous raconte l’historien Emmanuel Fureix, spécialiste du XIXe siècle, et plus particulièrement des pratiques politiques.

    À ECOUTER : Une campagne de charivaris dans la France de Louis-Philippe, avec Emmanuel Fureix, dans La Fabrique de l'Histoire

    De quand date le phénomène des concerts de casseroles, en France ?

    Il remonte au début de la Monarchie de Juillet, dans les années 1830. Ce sont essentiellement les républicains, opposants au régime de Louis-Philippe, qui cherchent à faire entendre leur voix en empruntant en réalité à un rituel coutumier bien connu des ethnologues, qu’on appelle "charivari". Il visait depuis le Moyen Âge, au village, les mariages mal assortis, les veufs remariés avec des jeunes filles, qui étaient accueillis par un rituel d’humiliation fait d’un concert tonitruant de casseroles notamment, qui se terminait parfois par une amende, et une réconciliation à la fin du rituel. Dans ces années 1830, ce sont des députés proches du gouvernement de l’époque, gouvernement dit de résistance, de retour à l’ordre, et puis aussi des préfets, donc l’appareil d’Etat, qui sont visés par des concerts de casseroles sur l’ensemble du territoire. On observe même une véritable campagne nationale de charivaris pendant l’année 1832. Avec une centaine de charivaris qui durent plusieurs heures, se répètent parfois plusieurs jours consécutifs, et qui se déroulent essentiellement la nuit tombée, avec quelques dizaines de personnes dans le cas des rituels les plus mineurs, et parfois plusieurs milliers de personnes avec un écho véritablement national.

    Un charivari à Marsannay-la-Côte, en 1905 : "Coutume burlesque (…) qui se pratique en Bougogne chaque fois qu'un mari a battu sa femme au mois de mai"Un charivari à Marsannay-la-Côte, en 1905 : "Coutume burlesque (…) qui se pratique en Bougogne chaque fois qu'un mari a battu sa femme au mois de mai"

    Quelques grandes figures visées par ces charivaris... ?

    La plupart des députés de l'époque sont aujourd’hui totalement inconnus, mais certains sont bien connus, comme Adolphe Thiers, qui était alors un jeune député, qui n’était pas encore ministre à l’époque, et qui est "charivarisé" plusieurs jours consécutifs à Aix, à Marseille, à Brignoles, à Toulon… Il est accusé d’avoir trahi les idéaux de la Révolution, de s’être rallié à l’ordre, et de ne pas avoir porté assistance aux peuples en lutte, à ce moment-là de l’histoire européenne. On le traite de traître : “À bas le traître à la France, à la Pologne, à l'Italie !” Et puis Guizot lui-même, le président du conseil, est visé un peu plus tard, en 1841, par un charivari énorme avec plusieurs milliers de personnes qui visent sa politique fiscale : un recensement des portes et fenêtres qui avait été mis en place à l’époque. En tout cas, ce qui est vraiment frappant dans ces rituels, c’est qu’ils deviennent des instruments de justice populaire, d’expression d’une opinion par des gens qui n’ont pas voix au chapitre, c’est à dire qui ne sont pas électeurs, puisqu’il y a, à l’époque, moins de 200 000 électeurs : des femmes, des enfants, des ouvriers... participent à ces rituels qui sont une manière pour le peuple souverain de se donner à voir dans l’espace public, avec un symbole qui est celui de la casserole, du chaudron, qui est l’instrument du prolétaire.

    La presse satirique est en lien direct avec cette affaire : ce genre de rituel ne peut fonctionner que si ça fait écho à un imaginaire. A l’issu de cette campagne de charivaris est créé le journal éponyme Le charivari qui se fait écho lui-même des charivaris politiques. Une très belle caricature de 1831, qui anticipe presque sur le rituel, représente un charivari visant les partisans du pouvoir. [A retrouver en illustration de cette interview, NDLR]

    À LIRE AUSSI : "Trainer une casserole" et autres expressions politico culinaires

    La France a été précurseur de ces concerts de casseroles ? Qu'en est-il à l’étranger ?

    C’est un rituel plutôt singulier au début des années 1830 : ce qui domine alors, c’est le rituel traditionnel rural, communautaire, qui a affaire avec la question du marché matrimonial. Les charivaris politiques sont relativement rares. En revanche, dans tout l’Occident, y compris au Canada, dès ces années 1830-1840, à l’échelle locale, les fonctionnaires ou les autorités locales détestées peuvent être accueillies par de tels charivaris.

    Et plus tard, en Amérique du sud… ?

    Alors là, oui... on fait un saut énorme dans le temps. Ce dont je vous parlais précédemment, c’est de l’intrication du folklorique et du politique à un moment où le répertoire d’action moderne n’est pas vraiment en place : la manifestation telle que nous l'entendons aujourd'hui, bien organisée, avec ses symboles.... Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ces formes-là se substituent à ces formes qui apparaissent dès lors comme archaïques [on ne parle plus de "charivaris", mais de "casserolades", NDLR]. On a un retour effectivement, d’abord en Amérique du sud, puisque dans les années 1970 déjà, à droite, et puis ensuite à gauche, on pratique ces concerts de casseroles. Au Chili dans les années 1970, en Argentine plus récemment… on en a observé également en Islande, au Québec pendant les manifestions étudiantes en 2012… On a une sorte de quasi mondialisation du phénomène qu’il faudrait rapprocher du mouvement d’occupation des places. C’est un peu différent, me semble-t-il, du charivari, puisqu’il s’agit en gros de manifestations agrémentées de casseroles. On n’est pas tout à fait dans le rituel d’humiliation dont je parlais, qui est plutôt un rituel de conduite de bruits. Alors que dans le cas des casserolades, il s’agit juste de protester bruyamment, le plus souvent d’ailleurs de jour, et non pas de nuit comme pour les charivaris.

    Y a-t-il eu d’autres époques marquées par des concerts de casseroles particulièrement mémorables ?

    À ma connaissance de toute façon, ça n’a été que des moments discontinus. Il y en a eu un petit peu sous la IIe République, et plus récemment, me vient à l’esprit la pratique des concerts de casseroles par les partisans de l’OAS [Organisation armée secrète, NDLR] à la fin des années 1950, début des années 60, pendant la guerre d’Algérie.

    Pourquoi les casseroles ? Uniquement pour le vacarme qu’elles permettent de produire, ou existe-t-il également une dimension symbolique ?

    Les casseroles ne sont pas seules... Du temps des charivaris, il y avait aussi des crécelles, des sifflets, des poêles. L’idée d’un instrument populaire est essentielle, c’est la voix du peuple, "vox populi", qui s’exprime avec les instruments, l’arme des prolétaires, comme on disait dans ces années 1830. Evidemment, aujourd’hui, on ne peut pas manquer de voir une autre symbolique qui est celle de la casserole judiciaire, pour ce qui concerne François Fillon.

    Un charivari paru dans "L’Almanach du peuple" (Québec) en 1928. 
    Un charivari paru dans "L’Almanach du peuple" (Québec) en 1928. Crédits : Edmond-J. Massicotte

    Quel genre d’impact ont eu réellement ou ont réellement ces chahuts, sur la vie politique ?

    Evidemment, ce sont des rituels dérisoires, mais si on regarde d’un petit peu plus près, la conclusion est différente. Ce sont des rituels d’humiliation, la personne est contrainte à la fuite : Thiers est obligé de quitter Aix, puis Marseille, et il est poursuivi ensuite… Guizot doit quitter Caen en 1841 dans la panique… C’est l’espace privé de l’homme politique qui est violé, puisque ces concerts ont lieu sous les fenêtres du domicile de la personne visée. Du coup les relations entre le public et le privé sont inversées. L’homme politique est réduit, fait prisonnier presque, humilié dans son espace privé, et la foule exclue théoriquement de l’espace public et politique, car non électrice, l’occupe. Sur ce plan purement symbolique, c’est déjà très fort. S’y ajoute cette orchestration nationale qui fait que du coup, ça a un impact relayé aussi par la presse. Il y a aussi l’incapacité du pouvoir à répondre dans un premier temps à ce rituel subversif, puisque les personnes ne peuvent être attaquées que pour tapage nocturne et ne risquent pratiquement rien. Ce n’est qu’en cas d'échauffourées avec les forces de l’ordre qu’elles peuvent être condamnées pour rébellion. L’impact politique est concentré dans cet imaginaire dont je parlais. Ensuite, évidemment, les gouvernements n'ont pas été renversés sous l’effet de charivaris.

    Si on se cantonne à la Ve République… Est-ce la première fois, avec François Fillon, qu’un candidat à la présidentielle, ou sim-plement un homme politique, a droit à un tel régime sonore ?

    À ma connaissance, oui. C’est le premier, avec un effet de répétition puisqu'il ne peut plus se déplacer désormais sans être accueilli par des casseroles, ce qui fait que du coup, ça occupe l’espace médiatique. Que tous les jours, c’est relayé par la presse.


     
     
     
    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique