• par Serge ROGERS

    Nathalie Lemel. Communarde et féministe

    Ouvrière, féministe, révolutionnaire qui n’hésita pas à prendre les armes et monter sur les barricades, avant d’être arrêtée et condamnée au bagne en Nouvelle-Calédonie… La Brestoise Nathalie Lemel est l’une des principales actrices de la Commune de Paris en 1871, mais contrairement à sa consœur Louise Michel, elle n’est pas passée à la postérité.

    Si Nathalie Lemel a aujourd’hui une place à son nom dans la capitale, il aura fallu attendre 2007 pour que cette héroïne de la Commune de Paris sorte enfin des limbes de l’Histoire. La Bretonne a pourtant joué les tout premiers rôles en 1871. Si cette fille de bistrotiers républicains brestois, née le 24 août 1826, a participé à cet événement insurrectionnel, avant d’en payer le prix, c’est qu’elle a été bercée dès sa plus tendre enfance par des idéaux égalitaires. 

    Scolarisée jusqu’à l’âge de 12 ans dans le Finistère, elle devient ouvrière relieuse de livres, tout en aidant ses parents dans le café familial. C’est là qu’elle découvre les conditions de travail déplorables des ouvriers de l’arsenal, qui n’hésitent pas à se révolter et à stopper le travail, en 1843, alors que le droit de grève n’est pas reconnu. Deux ans plus tard, à l’âge de 18 ans, la demoiselle Duval épouse un collègue, Adolphe Lemel, de huit ans son aîné. Le couple aura trois enfants. En 1849, la famille Lemel quitte Brest pour aller s’installer à Quimper. Adolphe et Nathalie Lemel ouvrent un atelier de reliure et une librairie au cœur de la cité de Cornouaille. Mais les affaires périclitent et le couple fait faillite. Fuyant la misère, la famille déménage en 1861 pour Paris, où l’Empereur Napoléon III règne dix ans après son coup d’État.

    L’engagement politique

    Alors que son mari est au chômage et sombre dans l’alcoolisme, Nathalie Lemel, qui travaille en tant qu’ouvrière-relieuse, s’engage dans les luttes sociales de son époque. « En mai1864, une loi déclare que les grèves ne sont plus illégales, explique l’historien Jacques Arnol, lors d’une conférence sur la Brestoise, le 7mars dernier. Au mois d’août de cette année-là, les ouvriers relieurs parisiens se mettent en grève avec à leur tête Eugène Varlin [l’un des futurs meneurs de la Commune de Paris, ndlr]. 

    Nathalie Lemel fait partie des grévistes. Opposée à la politique du Second Empire, elle se fait rapidement remarquer par son exaltation et son combat pour le droit des femmes et la parité des salaires hommes/femmes. Elle lit à haute voix les « mauvais journaux » dans les ateliers, et fréquente assidûment les clubs socialistes. Tout cela est consigné dans les rapports de police de l’époque ». L’année suivante, Nathalie Lemel adhère avec ses camarades à la première Internationale ouvrière. «Elle est même élue déléguée syndicale, ce qui, à l’époque pour une femme, est une première!», note l’historien.

    Sur les barricades

    En 1868, elle quitte le domicile conjugal. « Elle est reconnue responsable de l’échec de son mariage à cause de ses activités et de ses idées syndicalistes et révolutionnaires. Le commissaire-enquêteur oublie d’indiquer l’alcoolisme de son mari. À partir de là, elle va se consacrer encore plus à ses activités militantes », précise Jacques Arnol. C’est alors qu’arrive la guerre franco-prussienne de 1870, et que la capitale est assiégée. Après la défaite de Sedan, et l’abdication de Napoléon III, la ville de Paris se soulève et refuse de reconnaître l’autorité du nouveau gouvernement dirigé par Adolphe Thiers, constitué à Versailles. Les Parisiens prennent les armes et dressent des barricades. 

    Le 11avril1871, Nathalie Lemel met en place L’Union des femmes pour la Défense de Paris et les soins à donner aux blessés et, avec une centaine de citoyennes, elle nourrit, soigne et dirige la construction et la défense de la barricade de la place Pigalle. Alors que la révolte se termine par un bain de sang le 28mai1871, Nathalie Lemel est arrêtée le 21juin1871.

    Condamnée à la déportation à vie

    Incarcérée à Satory puis à Versailles, elle est condamnée devant le Conseil de guerre à la déportation à vie en enceinte fortifiée. Le 9août1873, elle est transférée à la prison de LaRochelle, pour embarquer en direction de la Nouvelle-Calédonie. Apprenant que ses codétenues ont demandé sa grâce, elle écrit au préfet pour refuser ce traitement de faveur. Âgée de 46 ans, elle embarque sur le Virginie pour Nouméa, en compagnie de plusieurs autres Communards, dont Louise Michel et le journaliste Henri de Rochefort. Les déportés atteignent la presqu’île Ducos, en Nouvelle-Calédonie, le 8décembre1873. Dans ses Mémoires, Louise Michel évoque « le courage de Mme Lemel, pendant le combat et là-bas ». 

    Amnistiée en 1879, Nathalie Lemel regagne la métropole, où elle travaille au journal L’Intransigeant en tant que plieuse, tout en continuant de défendre ses convictions socialistes et féministes. Devenue aveugle, elle entre en 1915 à l’hospice d’Ivry. Elle y décède dans la pauvreté le 8mai 1921, à l’âge de 94 ans… Le 29novembre 2016, la Bretonne est réhabilitée par l’Assemblée nationale avec l’ensemble des victimes de la répression de la Commune de Paris. 

    Pour en savoir plus

    - « Nathalie Lemel, une communarde bretonne révolutionnaire et féministe », d’Eugène Kerbaul, éditions Le temps des cerises, 1997

     - « Des graines sous la neige. Nathalie Lemel, Communarde & visionnaire», de Roland Michon (textes) et Laëtitia Rouxel (dessins), éditions Locus Solus, 2017.

     - Le site internet de l’Association des amies et amis de la Commune de Paris 1871 : commune1871.org 

    - Conférence consacrée à Nathalie Lemel, jeudi à Brest, à 17 h, salle Tessier (4, rue Fonferrier), animée par l’historien Jacques Arnol et organisée par Les Cahiers de l’Iroise.

    source: http://www.letelegramme.fr/histoire/nathalie-lemel-communarde-et-feministe-05-05-2017-11501221.ph

    BD. Des graines sous la neige  ****

     

    Par Marcel QUIVIGER, le 31/03/2017

    La vie de la Brestoise Nathalie Lemel est tout simplement extraordinaire. Au XIXe siècle, elle traverse les différentes luttes sociales des années 1860 à 1890 en prenant une part très active notamment dans la Commune de Paris et l’émergence du mouvement féministe.

    La BD que lui consacrent Roland Michon et Laetitia Rouxel aux éditions Locus Solus, a l’immense mérite de mettre en lumière cette Bretonne oubliée des manuels d’histoire et dont plus personne n’évoquait la mémoire.

    Bretonne oubliée des manuels d’histoire

    Dans le débit de boisson tenu par sa mère, la jeune fille a tout le loisir d’observer les manifestations des ouvriers de l’arsenal et la misère qui règne alors dans les campagnes bretonnes. En arrivant sur Paris, elle découvre cette fois la terrible condition féminine dans les ateliers de la capitale. Commence alors un engagement sans faille du côté des plus pauvres, des femmes et des ouvriers en lutte pour de meilleures conditions de vie en cette période de révolution industrielle. Mais c’est surtout lors de la Commune de Paris que le destin de Nathalie Lemel va basculer, prise dans l’engrenage révolutionnaire en suivant les pas de Louise Michel et autres grands acteurs de cette révolte comme Eugène Varlin. Faite prisonnière, exilée en Nouvelle-Calédonie elle sera la compagne de route de Louise Michel, l’emblème absolu de la Commune.
    Cette biographie brillante est en outre enrichie d’un matériel iconographique sur la Commune de Paris de grande qualité qui transforme cette BD en un indispensable livre d’histoire.

    Des graines sous la neige. Roland Michon, Laetitia Rouxel, Locus Solus. 20 €.

    source : http://www.letelegramme.fr/livres/a-lire/bd-des-graines-sous-la-neige-31-03-2017-11457292.php

     

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  • Comment Hitler a vraiment accédé au pouvoir

    Après le retour dans le contexte du second tour MACRONLEPEN de la tempête anticommunistes accusant ceux refusant de soutenir le fascisant Macron face à Le Pen de faire « comme les communistes allemands en 1933 », les explications de Mathilde Larrere pour arrêt sur image.

     #vidéo En Allemagne, c’est la droite et le centre qui a mis Hitler au pouvoir. Comparaison des Conjonctures électorales française (2017) et allemande (1932-1933) par A Lacroix Rizles nazis ont exécuté Ernst Thälmann dirigeant du KPD non pas en 1933 mais en août 1944 à Buchenwald.

    A lire sur le sujet :

    • l’ouvrage de synthèse belge publié sous pseudonyme, T. Derbent, La résistance communiste allemande, 1933-1945, Aden, Bruxelles, 2008 http://www.agota.be/t.derbent/resistance/antifaweb.pdf.
    • Ayçoberry Pierre, La société allemande sous le IIIè Reich, Paris, Seuil, 1998, sur la résistance, essentiellement communiste, en Allemagne

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    Conjonctures électorales française (2017) et allemande (1932-1933)

    par Annie Lacroix-Riz

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  • Les communistes célèbrent la victoire contre le fascisme, victoire qui doit tant, la part essentielle, à l’Union Soviétique et aux communistes dans tous les pays occupés par les fascismes.

    C’est pourquoi le claque reçue par le FN le 7 mai 2017 ne peut que réjouir les communistes qui ont milité pour que pas une voix des travailleurs ne se porte sur Marine Le Pen..

    Il reste que l’élection d’ Emmanuel Macron est porteuse de graves dangers pour la souveraineté populaire, l’indépendance nationale et les conquêtes sociales issues du combat de la Résistance et du programme du Conseil National de la Résistance.

    La soumission d’EmmanuelMacron à l’UE germano-atlantique et au MEDEF ne peut que favoriser la revanche de l’impérialisme allemand défait en 1945.

    La célébration du 8 mai doit aboutir aux législatives par un vote massif pour des députés qui soutiennent une politique indépendantiste française, donc radicalement euro-crotique et favorable à la paix, donc pour la sortie de la France de l’OTAN.

    La candidature de Jean Luc Mélenchon portait ces objectifs, même de façon imparfaite, et les députés qui les porteront devront être soutenus par les communistes.

    Les citoyens semblent en être convaincu puisque selon IPSOS 61% des Français ne souhaitent pas que E.Macron obtienne la majorité aux législatives.

    Rappelons que Emmanuel Macron, faisant jouer l’hymne européen et non la Marseillaise révolutionnaire le soir de sa victoire électorale face à Le Pen, est ministre sortant d’un gouvernement qui, avec l’Union Européenne arme et soutient un pouvoir d’oligarques s’appuyant sur des milices nazies en Ukraine mais également des milices terroristes islamofascistes en Syrie de même que le dictateur Erdogan en Turquie. De même l’Union Européenne de M Macron, soutient de la Pologne aux Pays Baltes des régimes qui interdisent, persécutent et embastillent les communistes tout en réhabilitant les collaborateurs nazis du IIIe Reich.

    C’est seulement ainsi que nous ferons vivre les idéaux de l’antifascisme et de la Résistance  et que nous poursuivrons la victoire du 8 mai 1945.

    source: initiative-communiste.fr

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  • A l'âge de 20 ans, elles se sont dressées contre l'ordre nazi et ont contribué à sauver la France. Aujourd'hui, devenues de vieilles dames, elles racontent leurs années héroïques et les 70 années qui ont suivi. Un autre combat a occupé le reste de leur existence : celui de la mémoire, de la lutte contre l'oubli. Marie-Jo Chombart de Lauwe, 92 ans, est entrée dans la résistance à seize ans. Arrêtée par la Gestapo, elle a été déportée en Allemagne. Madeleine Riffaud, 91 ans, est l'une des seules femmes devenues franc-tireur. Cécile Rol-Tanguy, 95 ans, a tapé à la machine l'appel à l'insurrection de Paris. Aujourd'hui, toutes trois témoignent.

    Ce documentaire de Pierre Hurel a été rediffusé sur France 3 le jeudi 4 mai.

     

    source:youtube.com                                                                                                                          

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  • source: youtube.com

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  • par Hervé HAMON

    Prévert le tendre et l'amoureux des chats cultivait l'obsession farouche de rester artisan pour porter la voix des petits, des faibles. Prévert le tendre et l'amoureux des chats cultivait l'obsession farouche de rester artisan pour porter la voix des petits, des faibles.

    Il y a 40 ans, le 11 avril 1977, disparaissait Jacques Prévert. Notre collaborateur, Hervé Hamon, revient sur la personnalité singulière et attachante de ce scénariste, parolier et poète libertaire à la popularité hors du commun. Popularité d'autant plus remarquable qu'elle n'est pas exempte de quelques amusants paradoxes...

    Il existe, en France, un peu plus de quatre-vingts collèges qui portent le nom de Prévert. Si vous interrogez les enfants des écoles, si vous leur demandez le nom d'un poète, ce n'est pas Paul Éluard, ni Apollinaire qui sortiront. On vous citera les affres du cancre, l'envol de l'oiseau, et le pupitre qui redevient arbre. Et je ne parle pas des Feuilles mortes... Pourtant, c'est là un parfait contresens, une sorte de pirouette improbable. Car l'école, l'essence même de l'école, Prévert n'en voulait pas, lui qui (pourtant bon élève) s'est évadé dès le certificat d'études. On ne l'y reprendrait plus. On ne l'y a jamais repris. C'est qu'il avait, Prévert, une haute idée de l'enfance. Une idée facile à résumer : l'anti-Disney absolu. Il n'a jamais cru que l'enfance était l'âge de la guimauve. L'enfance, chez lui, c'était la frontière indécise entre le rêve et la réalité. De ce flou, il a fait une oeuvre. Prévert le tendre, Prévert qui portait si haut l'amitié, était le contraire d'un indulgent. L'espèce de copain universel en quoi la rumeur l'a transformé est une caricature. Prévert détestait. Et d'abord l'autorité, le militaire, l'académique, le pompeux, le bourgeois, le notable, le curé, et toute cette sorte de choses. Il détestait même l'anar organisé qui lui semblait le comble de la perversion.

    Il s'est éloigné d'André Breton dès que ce dernier a commencé à se prendre pour le pape, fût-il surréaliste. Mais Paris, son Paris, semblait une ville ouverte, où l'on se croisait et se rencontrait le plus naturellement du monde. Toute son existence se conçoit en bande, de Picasso à Paul Grimault, de Montand à Mouloudji, de Desnos à Doisneau. Une bande où l'on partageait, où l'on travaillait, où l'on luttait, avec un sentiment d'évidence.

    Un éclectique forcené

    Prévert était un éclectique forcené. Et si on le dit poète, ce que lui ne disait pas, c'est parce que ses textes, ses chansons ont connu, au lendemain de la guerre, un succès déraisonnable. Prévert est dans la Pléiade, aujourd'hui. Ça le ferait un brin rigoler. Parce que son métier, celui qu'avouait son passeport, était « auteur de films ». Auteur de « Quai des brumes » ou des « Enfants du paradis », sans oublier « Le Jour se lève ». Avec ses copains Carné, Gabin, Arletty, Michel Simon. Avec Pierre Prévert, son frère et son meilleur ami. Il cultivait l'obsession farouche de rester artisan pour porter la voix des petits, des faibles. Au théâtre, avec le Groupe Octobre, au cinéma, dans ses écrits. Sans parti, sans obédience, sans commander à personne ni obéir à personne. Ni Staline, ni Hitler, ni Dieu, ni le Capital, ni la France coloniale. Fidèle à ses amis qui se reconnaîtront, disait-il, et à ses ennemis qui se reconnaîtront aussi. Fidèle à la beauté, et à la mer qu'il aima si fort.

    source: letelegramme.fr

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  • Jacques Prévert. Un Breton de Paris  (LT.fr-15/01/2017)

    Bien que Parisien, Jacques Prévert a toujours gardé une relation particulière avec la Bretagne. Issu d’une famille de la bourgeoisie nantaise, le poète passera les nombreux étés de son enfance à Pornichet, puis à Locronan chez son ami Yves Tanguy. L’un de ses plus beaux poèmes « Barbara », aura pour toile de fond la ville de Brest…

    « Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest, et je t’ai croisée rue de Siam, tu souriais […] au fil de l’eau sur Brest […] dont il ne reste rien…» C’est l’un des poèmes les plus connus, et sans doute l’un des plus beaux de l’œuvre de Jacques Prévert. L’artiste l’a écrit quelque temps après le bombardement de la ville, en 1944. Profondément marqué par cet événement, il raconte, vingt ans plus tard, à la télévision: «De même que j’étais allé tout juste avant le bombardement de Brest, je suis allé le plus vite possible avec des amis, après. Et j’ai vu que, peut-être j’avais exagéré en écrivant qu’il n’en restait rien, mais je dois dire qu’il ne restait pas grand-chose. Je me rappelle surtout de la rue de Siam, il y avait une voiture accrochée au quatrième étage et partout c’était épouvantable. Mais il y avait la vie, il y avait une fête foraine déjà qui reprenait…»

    Très attaché au Finistère 

    Si Prévert est très attaché à Brest et au Finistère - c’est pour lui « le plus beau pays au monde», l’histoire du poète avec la Bretagne commence plus au sud, du côté de Nantes. Né le 4 février 1900 en ban lieue parisienne, Jacques Prévert se définit comme « un peu Breton, bas Breton, c’est-à-dire, je suis moitié Breton de Paris, moitié Auvergnat de Paris, né à Neuilly-sur-Seine.[...] Mon père me disait qu’il n’était pas un vrai Breton puisqu’il était de Nante s». En effet, André, le père de Jacques, est originaire d’une famille de la bourgeoisie catholique nantaise, et il revient régulièrement pendant les vacances d’été, avec femme et enfants, en villégiature, du côté de Pornichet. L’occasion pour Jacques Prévert de découvrir la mer et les paysages de la Loire-Atlantique et du Morbihan, des souvenirs dans cette « petite Bretagne, disait mon père, puisqu’il paraît, et c’est un peu vrai, que la grande c’est le Finistère » qu’il relatera dans ses mémoires, un texte baptisé « Enfance », en 1959. 

    Découverte de la vraie Bretagne 

    La rencontre de cette vraie Bretagne, Jacques Prévert la fait par l’intermédiaire du peintre Yves Tanguy, un autre Breton parisien, dont la famille est originaire du Sud-Finistère. Les deux hommes se lient d’amitié en 1920 lors de leur service militaire, dans le 37<md+>e régiment d’infanterie en Moselle. Après leurs classes, ils se retrouvent à Paris, enchaînent les petits boulots et commencent à fréquenter les milieux intellectuels et artistiques. Entre1923 et1926, Yves Tanguy invite ses amis - dont Jacques Prévert et son frère Pierre - à venir passer l’été dans la maison maternelle à Locronan. L’occasion pour la bande de découvrir les environs à pied ou en autocar, de Douarnenez à Brest en passant par les îles du Ponant… Tanguy et Prévert sont alors inséparables, ils sont colocataires à Paris, dans un appartement loué par leur ami Marcel Duhamel. Les trois jeunes gens s’engagent dans le mouvement surréaliste d’André Breton. En 1928, Jacques Prévert commence à écrire pour le cinéma et le théâtre, tout en réalisant ses premiers films.

    Une région présente dans son œuvre 

    Son premier script, commandé par Duhamel, raconte la vie d’une pieuvre, femme de ménage en Bretagne: une histoire improbable qui ne sera finalement jamais portée à l’écran, tout comme celle de « L’Île des enfants perdus ». Ce projet de film est inspiré d’un fait-divers qui se déroule sur Belle-Île-en-Mer, en 1934. Alors que des enfants de la maison de redressement pour mineurs se rebellent et s’enfuient de leur prison, des îliens et des vacanciers participent activement à leur traque, qui se termine par la reprise et la bastonnade des petits bagnards. Une histoire qui pousse Prévert à écrire le poème « La chasse à l’enfant », puis ce projet de long-métrage (dont le tournage débute finalement sur Belle-Île-en-Mer en 1947 mais ne sera jamais achevé). 

    En 1939, c’est un autre film qui permet à Jacques Prévert de travailler en Bretagne, à Brest justement: il est scénariste de « Remorques » de Jean Grémillon, avec Jean Gabin et Michèle Morgan. C’est donc tout naturellement qu’il écrit « Barbara » après la destruction de la cité du Ponant sous les bombardements, en 1944. Ce poème figure dans son premier recueil, « Paroles », publié en 1946, dans lequel on trouve aussi « Le retour au pays », un texte sur un Breton qui revient dans son pays natal. 

    Jacques Prévert continue à venir régulièrement dans le Finistère après 1945. Mais c’est en Normandie qu’il passera la fin de sa vie. La famille Prévert achète en 1971 une maison à Omonville-la-Petite, un petit village au nord-ouest de Cherbourg, sur la presqu’île du Cotentin, «un Finistère, le plus proche de Paris. Un Finistère normand». C’est là qu’il meurt d’un cancer le 11 avril 1977, et qu’il est enterré. 

    Pour en savoir plus  

    - « Jacques Prévert et Brest », L’Ouest en mémoire, archives Ina du 25 juillet 1964. 

    - « De l’Île des enfants perdus à la Fleur de l’âge : le projet chaotique et mythique de Marcel Carné et Jacques Prévert », de Carole Aurouet, 1895, revue de l’Association française de recherche sur le cinéma français, 2005. - « Jacques Prévert, les mots et merveilles », de René Gilson, éditions Belfond, 1990. - « Choses et autres », de Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1972. 

    - « Les surréalistes et la Bretagne », de Bruno Geneste et Paul Sanda, éd. Éditinter, 2015. 

    source: letelegramme.fr

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  • Merci de lire ce qui suit et, si cela vous agrée, de le diffuser et/ou de le signer sur www.initiative-communiste.fr

    Merci de lire ce qui suit et, si cela vous agrée, de le diffuser et/ou de le signer sur www.initiative-communiste.fr

    Appel-pétition lancé par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris VII, et par Georges Gastaud, philosophe.

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    Ni lunettes « blanches » sur Octobre 1917 ni « Livres noirs » anticommunistes à répétition !

    Et si l’on débattait enfin de manière sereine à propos d’Octobre 1917 et de ses suites ?

    Un appel d’historiens, d’intellectuels et de militants du mouvement ouvrier. 8 mars 2017, centième anniversaire du début de la Révolution russe. 

    A l’approche du 100ème anniversaire du 7 novembre 1917, tout se passe comme s’il s’agissait surtout, pour certains milieux politico-médiatiques cautionnés par certains universitaires, d’en présenter une version grossièrement manichéenne, teintée d’acharnement anticommuniste, anti-bolchevik et antisoviétique.

    Non seulement Octobre n’aurait été qu’un « putsch » bolchévique interrompant l’aimable cours démocratique initié par la Révolution russe de février, non seulement les bolcheviks n’auraient joué aucun rôle important en février 1917, non seulement l’immense soulèvement prolétarien et paysan qui prépara, ponctua et suivit le 7 novembre 1917 n’aurait pas comporté de caractère authentiquement démocratique, populaire et socialiste, non seulement ses suites se seraient révélées tout uniment catastrophiques pour la Russie et pour l’humanité, mais tout ce processus se serait déroulé – de même que la construction ultérieure de l’URSS – dans un contexte purement russe et chimiquement pur, quasi exempt d’interventions impérialistes furieuses, de défense sanglante et exacerbée de leurs privilèges par les classes dépossédées, d’écrasement brutal de la révolution ouvrière en Allemagne, puis de montée du fascisme, du nazisme, du franquisme et des militarismes, du Japon impérial à l’Europe occidentale (Hongrie, Italie, Espagne…).

    Les signataires du présent texte sont atterrés de voir des professionnels du champ historique se fondre dans l’air vicié de notre époque anticommuniste, « postmoderne » et anti-progressiste en abondant, sans scrupules méthodologiques excessifs, le dossier hyperboliquement à charge de l’Octobre russe. Ceux-là même qui évoquent avec commisération la trop « naïve » historiographie d’hier et qui dénoncent les « partis-pris » propres à la conjoncture politique qui suivit Stalingrad, le 8 mai 1945* et l’émergence d’un puissant parti communiste en France, ne s’interrogent pas une seconde sur la configuration politique actuelle dans lequel ils déploient leur réflexion « historique » soi-disant critique : offensive néolibérale mondiale, annexion à l’orbe euro-atlantique des ex-pays socialistes, domination de Berlin sur la « construction européenne », poussée du FN et droitisation de la société française, casse des conquêtes sociales du CNR liées à l’action des ministres communistes de 1945-47, résurgence d’Empires capitalistes rivalisant pour l’hégémonie mondiale, poussée hexagonale, européenne, voire mondiale de diverses variétés d’extrémisme de droite et d’intégrisme religieux, dégradation du rapport des forces planétaire entre le Travail et le Capital,  diabolisation de la Fédération de Russie, que l’OTAN presse sur ses frontières de Vilnius à Kiev, multiplication des guerres néocoloniales travesties en « droit d’ingérence humanitaire » (Afrique, Proche-Orient), criminalisation des activités communistes dans les ex-pays socialistes (Pologne, Tchéquie, Bulgarie…), négationnisme caractérisé des autorités japonaises à propos des génocides commis en Corée ou en Chine, quand ce n’est pas l’adoubement pur et simple de groupes néonazis qui prolifèrent dans le sillage des pouvoirs fascisants appuyés par l’UE et par l’OTAN (Ukraine, Hongrie, ex-Républiques soviétiques de la Baltique)…

    Cette tentative pseudo-historique de « kärchériser » Octobre 1917 dans la mémoire collective prend objectivement place dans un paysage historiographique dominé par la réaction :

    • complaisance accrue envers la colonisation française (cf les « aspects positifs de la colonisation » – sic – que les milieux sarkozystes prétendent inscrire dans les programmes scolaires),
    • dénigrement de la Révolution française, notamment de sa phase jacobine et robespierriste,
    • tendances à réhabiliter Vichy et à déprécier la Résistance patriotique (notamment en niant le rôle éminent qu’y jouèrent les communistes),
    • rapport dévoyé à l’histoire nationale qui, tantôt dévalue la construction multiséculaire de l’État-Nation au profit d’une historiographie euro-politiquement correcte, tantôt prétend ressusciter un « roman national » expurgé des affrontements de classes et de l’apport des communistes au Front populaire, à la Résistance, aux réformes progressistes de la Libération, au refus des guerres coloniales, à la défense des libertés, de la paix, de la souveraineté nationale, de l’égalité hommes-femmes et du progrès social,
    • amalgame odieux perpétré par les programmes et les manuels scolaires, sous le nom de « montée des totalitarismes », entre le Troisième Reich et la patrie de Stalingrad*,

    Bref tout se passe comme si certains milieux qui accaparent l’édition, les médias et une bonne partie de l’Université, étaient moins soucieux d’éclairer sous un angle dialectique, dynamique et éventuellement contradictoire, les Dix Jours qui ébranlèrent le monde (comment donc un simple « putsch » bolchevik aurait-il pu mobiliser des millions de prolétaires et de paysans, balayer les armées blanches soutenues par dix-huit corps expéditionnaires étrangers, susciter une extraordinaire floraison culturelle, soulever l’enthousiasme du mouvement ouvrier et des peuples dominés, vaincre l’ « invincible » Wehrmacht puis, durant sept décennies, mettre au cœur de la problématique géopolitique mondiale la contradiction socialisme/capitalisme, la décolonisation et l’égalité hommes-femmes ?) que de faire rétrospectivement la leçon aux peuples, et surtout, à la jeunesse, pour les détourner à jamais des luttes ouvrières et révolutionnaires…

    En noircissant à plaisir Octobre 1917, ses causes, son déroulement et ses suites, ne cherche-t-on pas aussi à rosir ou à blanchir au maximum le terrible bilan de la restauration mondiale du capitalisme qui, sous le nom de « mondialisation libérale », a résulté de la liquidation de l’expérience multiforme issue de la Révolution bolchévique ? Pourtant, les enquêtes d’opinion attestent que, expérience successivement faite des deux systèmes sociaux antagoniques, les peuples de l’ex-camp socialiste, et plus fortement encore ceux de l’ex-URSS, continuent d’honorer Lénine et tout ce qu’a permis la construction d’une société alternative en fait d’acquis sociaux, de paix civile, de droit au travail, d’accès aux soins et à l’éducation, de respect des minorités, de développement des langues et des cultures nationales, d’essor scientifique, etc. De vrais démocrates ne se doivent-ils pas d’écouter la parole des peuples au lieu de l’écraser sous le vocable méprisant d’ « Ostalgie » ? Est-il donc si gênant que les peuples qui ont successivement testé les deux systèmes sociaux, et qui n’ont pas oublié pour autant les blocages du « socialisme réel » dans les années 70/80, affirment désormais, après avoir tâté de la restauration capitaliste, de l’ « intégration européenne » supranationale et néolibérale, de la déstabilisation sanglante de pays entiers (Yougoslavie, Ukraine…), de la montée des extrémistes de droite, de la pression militaire exercée par l’OTAN aux frontières de la Russie, que le socialisme était sans doute meilleur, défauts compris, que l’explosion des mafias et des inégalités qui lui a succédé sous l’appellation fort discutable de « démocratie libérale » ?

    C’est pourquoi, bien que les signataires de ce texte n’aient pas nécessairement tous la même approche de l’histoire russo-soviétique, ils mettent un point d’honneur à dire avec force que la Révolution d’Octobre 1917 doit cesser d’être uniquement lue à travers les lunettes « blanches », « thermidoriennes », contre-révolutionnaires, voire carrément fascisantes de celles et de ceux qui étudient moins le mouvement communiste, les luttes des classes dominées et les révolutions populaires – y compris de plus en plus souvent la Révolution française et la Commune de Paris – qu’ils ne les combattent passionnellement, sans même avoir l’honnêteté intellectuelle d’afficher leur orientation partisane.

    Il ne s’agit nullement pour nous d’exiger une hagiographie de la Révolution russe mais de permettre aux jeunes générations d’aborder l’étude du passé dialectiquement, d’en mesurer la complexité à partir des dynamiques de classes et des rapports de forces internationaux réels de l’époque, en prenant en compte tous leurs aspects ; et surtout, il faut mener cette étude sans œillères anticommunistes, sans préjugé antisoviétique et in fine, sans position de principe contre-révolutionnaire.

    Contre ceux qui tentent déjà de préempter la prochaine commémoration d’Octobre 1917 sur la base d’un préjugé antibolchevique affiché, rouvrons le débat contradictoire, revenons aux faits et procédons à leur re-contextualisation. En un mot, évitons de faire de ce 100ème anniversaire d’Octobre une forme de revanche posthume pour les « Blancs » et pour tous ceux qui, à notre époque, rêvent d’un monde définitivement acquis au capitalisme, à l’intégration euro-atlantique, à la régression sociale, aux guerres impérialistes et à la fascisation politique.

    *Rappelons qu’en 1966, lors de sa visite d’État à Moscou, le général De Gaulle a loyalement rappelé le rôle majeur et central que la « Russie soviétique » a joué dans leur libération de notre pays..

    Les premiers signataires

    Marie-Claude Berge, professeur d’histoire ; Gwenaël Bidault, syndicaliste CGT (Sécurité sociale, 22) ; Jean-Pierre Bilski, professeur d’histoire (34) ; Pierre Boismenu, psychanalyste et philosophe : Danièle Bleitrach, sociologue (13) ;  Christiane Combe, professeur de SVT retraité (19) ; Jean-Pierre Combe, ingénieur polytechnicien (19) ; René Coucke, psychanalyste (59) ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie, syndicaliste (59) ; Jean-Marc del Percio, docteur en sciences politiques, ancien chargé d’enseignement à l’IEP de Lyon ; Aurélien Djament, mathématicien au CNRS, syndicaliste (44) ; Bruno  Drweski, maître de Conférences HDR, Membre de l’ARAC ; Henriette Dubois, « Nelly » dans la Résistance, ancien agent de liaison des FTP de la zone Sud, chevalier de la Légion d’honneur ; Marianne Dunlop, professeur agrégé de russe ; Jean-Michel Faure, professeur émérite de sociologie, titulaire d’un doctorat 3ème cycle à l’EHSS sur l’Agriculture Russe ; Vincent Flament, militant de la solidarité internationale, 59 ;  Joëlle Fontaine, professeur d’histoire retraitée ; Benoît Foucambert, professeur d’histoire, syndicaliste (81) ; Marc-Olivier Gavois, professeur d’histoire ; Jean-Christophe Grellety, professeur de philosophie (33) ;  Jean-Pierre Guelfucci, militant syndical, fils de Résistant ; Gilda Guibert, professeur agrégé d’histoire (78) ; Jean-Pierre Hemmen, directeur de la revue théorique Etincelles, fils de Jean Hemmen, Fusillé de la Résistance, ancien militant de l’Internationale communiste et des Brigades internationales d’Espagne (80) ; Gisèle Jamet, professeur d’histoire ; Edmond Janssen, éditeur (75) ; Jean-Pierre Kahane, mathématicien ; François Kaldor, avocat honoraire ; Fadi Kassem, diplômé de Sciences po. Paris, professeur agrégé d’histoire (78) ;  Jacques Kmieciak, journaliste (62) ;  Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, grand Mutilé de Guerre, Officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, décoré par l’Union soviétique (92) ; Guy Laval, psychiatre (75) ; Ivan Lavallée, universitaire et chercheur en informatique ; Yves Letourneur, poète, philosophe ; Thérèse Lévené, enseignante-chercheure en sciences de l’éducation, université de Lille 1, vice-présidente du CNU 70, syndiquée au Snesup ; Olivier Long, universitaire et peintre ; Antoine Manessis, fils de Résistants, historien ; Annette Mateu-Casado, anc. documentaliste, fille de combattants antifascistes espagnols ; Aymeric Monville, éditeur de livres de philosophie et d’histoire (92) ; Dominique Mutel, agrégé d’anglais (62) ; Jean-Michel Pascal, ingénieur d’études (75) ; Anna Persichini, syndicaliste CGT (Métallurgie – 06) ; Guy Poussy, conseiller honoraire du Val-de-Marne ; Pierre Pranchère, ancien maquisard FTPF de Corrèze (dite la « Petite Russie »), ancien député ; Christophe Pouzat, neurobiologiste (94),  Benoît Quennedey, historien (75) ; Marie-Noël Rio, écrivain (Allemagne) ; Hervé Sczepaniak, professeur de lettres ; Jean-Pierre Sienkiewicz, agrégé de physique, syndicaliste (24) ; Stéphane Sirot, historien du syndicalisme (59) ;  Romain Telliez, historien. Université de Paris-Sorbonne ; André Tosel, professeur émérite de philosophie à l’Université de Nice ; Yves Vargas, philosophe, fils de Résistant ; Maxime Vivas, écrivain et journaliste.

    S’associent à cet appel-pétition  à l’international :  Barbara Flamand, écrivain, Bruxelles ; Domenico Losurdo, philosophe et historien, professeur émérite à l’Université d’Urbino (Italie) ; Anita Prestes, professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro ; Miguel Urbano Rodrigues, anc. député portugais au Conseil de l’Europe, anc. militant antifasciste et anticolonialiste, historien du mouvement communiste

    Signer en ligne l’appel pétition :

    votre signature n’apparaitra pas sur www.initiative-communiste.fr

     

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  • Cet article, reposté depuis le Blog Coco Magnanville est une version exceptionnelle d'un des titres majeurs de Lény Escudero

    Je t'attends  à Charonne

    "L'automne va mourir
    Et l'on entend déjà
    Le printemps refleurir
    Aux branches des lilas
    C'est une éternité
    Quand on est amoureux
    Tu verras mille étés
    Éclabousser ses yeux
    C'est aujourd'hui l'hiver
    Et c'est encore printemps
    La nature est au vert
    Lorsque l'on a vingt ans

    Marie, ô Marie, je t'aime
    Tu es mon premier baptême
    Marie, que l'amour me pardonne
    On m'appelle à Charonne

    On l'appelle à Charonne
    Et moi je reste là
    Ni Dieu ni la Madone
    N'ont plus d'amour que moi
    Ça me brûle le cœur
    D'une douleur si tendre
    Que c'est encore bonheur
    Pour moi que de t'attendre
    Je t'attends, je t'attends
    Comme l'oiseau qui mourut
    D'attendre le printemps
    Où il l'avait connue

    Marie, ô Marie, je t'aime
    Tu es mon premier baptême
    Marie, que l'amour me pardonne
    J'ai si peur à Charonne

    Il a peur à Charonne
    Mon Dieu, prends-lui la main
    Pour venir de Charonne
    Il est long le chemin
    Quelle est cette rumeur
    Venue du fond des temps ?
    J'ai si froid, j'ai si peur
    Daniel, oh ! Reviens-t'en
    Y a notre vie à nous
    Qui dort dedans mon ventre
    Les fleurs s' mettent à genoux
    Les fleurs te disent "Rentre"

    Marie, ô Marie, je t'aime
    Tu es mon dernier baptême
    Marie, que l'amour me pardonne
    Je t'attends à Charonne "

    Lény Escudero

     

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  • Vive Octobre Rouge !

    «Nous ne sommes pas des charlatans, nous devons nous baser uniquement sur la conscience des masses.  » 

    Lénine et la Parti Bolchevik font preuve de février 17 à octobre d’un réalisme révolutionnaire, d’une souplesse tactique et d’une fermeté stratégique remarquables.

    Loin de s’enfermer dans un dogme, loin d’appliquer mécaniquement les tables de la loi de la IIème Internationale, ils vont réaliser la « contre Le Capital » dira ironiquement Gramsci : c’est à dire contre la lecture dogmatique du marxisme.

    Le processus révolutionnaire entamé en février doit continuer et aboutir au , disent-ils.

    Pour ce faire Lénine et ses camarades fondent leur tactique et leur stratégie sur les masses. Non pas passivement mais, et cela est fondamental, en jouant pleinement le rôle d’avant-garde qu’il ont fixé au Parti. Non pas arbitrairement mais en tenant compte des rapports de forces politiques et idéologiques.

    A part le Parti, un des outils sur lequel s’appuient les bolcheviks est le Soviet et la multitude d’organisme de base où se retrouvent et s’organisent les travailleurs, les soldats et les paysans.

    Gramsci évoque leur importance :

    « Le Soviet, le Conseil apporte aux masses une structure et une discipline permanente, c’est une magnifique école d’expérience politique et administrative, il encadre les masses jusqu’au dernier homme, et les habitue à se considérer comme une armée en campagne qui a besoin d’une ferme cohésion si elle ne veut pas être défaite et réduite en esclavage. […] on rend la masse mieux préparée à l’exercice du pouvoir et plus capable de l’assumer, on répand une conscience des devoirs et des droits du camarade et du travailleur qui soit harmonieuse et efficiente parce que née spontanément de l’expérience vivante et historique. Un tel État ne s’improvise pas : les communistes bolcheviques russes ont travaillé huit mois pour répandre et concrétiser le mot d’ordre « Tout le pouvoir aux Soviets », et les Soviets étaient connus des ouvriers russes depuis 1905. « 

    Voilà pourquoi l’idéologie dominante parle désormais non pas de la Révolution d’Octobre mais d’un coup d’état bolchevik : il s’agit de faire croire aux masses aujourd’hui que la Révolution non seulement n’est pas souhaitable mais encore qu’elle n’a pas eu lieu !

    Or est le résultat d’un long processus historique et politique, social et idéologique commencé au moins en 1905. Date d’apparition des Soviets et de l’intervention des Bolcheviks dans l’action révolutionnaire des masses. Sans négliger l’importance de la première guerre mondiale dans le mûrissement des conditions de la Révolution socialiste russe il est important d’en saisir la profondeur historique.

    Comme toujours en histoire de multiples facteurs ont permis la cristallisation révolutionnaire. Mais il faut comprendre que ce n’est pas la seule insurrection d’Octobre (6 novembre dans notre calendrier) qui résume la Révolution russe mais le long et complexe processus commencé en 1905, s’accélérant en Février 1917 avec le renversement de l’autocratie tsariste et les mois qui suivent et qui voient le rapport des forces entre Bolcheviks d’un côté et Mencheviks et Socialistes-Révolutionnaires de l’autre évoluer favorablement sous le coup des événements, des positionnements du Gouvernement provisoire de Kerenski, des évolutions politiques au sein même des Soviets et des actions de la contre-révolution.

    Dans cette période complexe Lénine et les Bolcheviks, parfois divisés sur la tactique à mettre en œuvre, parviennent pourtant à apparaitre aux yeux des masses comme les défenseurs les plus cohérents, les plus combattifs et les plus lucides des intérêts des ouvriers, des paysans pauvres et des soldats et bien sûr de la paix alors que les autres forces politiques de droite mais aussi Mencheviks et S-R voulaient continuer la guerre.

    Sachant à la fois garder leur autonomie, défendre leurs propositions politiques devant les masses, travailler avec les autres forces réformistes, en particulier dans les Soviets, les Conseil d’usine, les Conseils de quartiers, les municipalités…. tout en dénonçant leur pusillanimité qui ouvrait la voie à la contre-révolution , utilisant les divisions des opportunistes comme les Mencheviks internationalistes ou les S-R de gauche pour élargir leur influence de masse.
    Le coup d’état du général Kornilov, que les bolcheviks en appelant aux soviets mettent en échec et devant lequel Kerenski et le Gouvernement provisoire s’effondrent, aura comme conséquence de renforcer l’autorité et accroître l’audience des bolcheviks qui sont l’âme de la résistance à la contre-révolution. Leur prestige se trouve grandi, les masses se radicalisent, des soviets, des syndicats se rangent du côté des bolcheviks.

    Le génie stratégique de Lénine  fut de parvenir en quelques mois, entre février et octobre, à investir les soviets, pourtant tenus au départ par les Mencheviks et par les S-R, et de convaincre en s’appuyant sur l’intervention du Parti et la pratique, l’expérience concrète des ouvriers, des soldats et des paysans que les Bolcheviks étaient ceux qui luttaient réellement pour la paix, la terre, le pouvoir ouvrier, pour le socialisme conçu non pas comme «  le résultat des décrets venus d’en haut » mais de » l’initiative créatrice des masses » avec le Parti jouant son rôle d’éclaireur et d’organisateur. Il n’est que de relire le brûlant témoignage écrit, dans le feu de l’action, par le journaliste américain John Reed : les « Dix jours qui ébranlèrent le monde » ne furent pas seulement un bras de fer militaire (remarquablement peu sanglant du reste), mais avant tout – car on discutait et votait à tous les carrefours, dans toutes les usines, dans les collectifs paysans, etc. – une immense leçon de choses démocratique et prolétarienne : en un mot, une révolution !

    Dans un an nous aurons à cœur de célébrer comme il se doit la Révolution d’Octobre qui « ébranla le monde ».

    Une rude bataille nous opposera aux forces de la réaction, mais aussi à celles de la social-démocratie et de ses appendices gauchistes et « mutants », qui tentent depuis des décennies de criminaliser le communisme et qui, soyons en sûrs, se déchaîneront de plus belle à cette occasion pour disculper le capitalisme et son terrible bilan humain. Leurs moyens sont considérables, nous le savons. Mais nous, qui voulons être les dignes héritiers des Bolcheviks, nous devons relever le défi et préparer cette célébration comme un moment politique de la plus haute importance. Pas seulement pour nous ; mais pour la classe ouvrière, pour le peuple et la nation, car la grande lueur qui s’est levée à l’est – comme disait Jules Romains – continue d’éclairer notre chemin vers l’émancipation humaine, vers le socialisme et vers le communisme.

    Par Antoine Manessis


    Face au capitalisme destructeur, la voie ouverte par Octobre 1917 reste celle de l’avenir ! Participez à la campagne de souscription, réservez votre le 7 novembre 2017, avec le PRCF nous célèbrerons Octobre rouge !

    centaine-revolution-doctobre-1917-2017

    A l’heure où le capitalisme, son UE et ses gouvernements libéraux et « socialistes » se montrent de plus en plus fascisants, le Pôle de Renaissance Communiste en France organise, à l’occasion du centenaire de la Révolution d’Octobre, le samedi 4 novembre 2017 à 15h, un meeting pour célébrer les cent ans des « Dix jours qui ébranlèrent le monde » et pour souligner l’actualité de le Révolution socialiste.

    C’est dans l’auditorium des Diaconesses, 18 rue du Sergent Bauchat 75012 Paris, que se tiendra cet évènement dont l’importance politique doit être soulignée.

    Dès aujourd’hui, réservez la date. Dès aujourd’hui, soutenez cette initiative communiste en répondant à la souscription spéciale du PRCF.

     

    source: initiative-communiste.fr

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