• L’hommage pluriel du lycée Voltaire à « Krasu » (h.fr-11/07/2017)   

    Henri KRASUCKI en 1943, lors de son arrestation

     

    Le lycée Voltaire, dans le XIe arrondissement de Paris, dévoilait, jeudi 6 juillet, une plaque à la mémoire du syndicaliste français. L’occasion de rassembler au-delà des âges, des convictions politiques et des histoires personnelles.

    « Ca fait quinze ans qu’on réclame cette plaque. » Président des associations d’anciens combattants, Robert Fichtenberg ne cache pas son émotion. La salle la plus importante du lycée qu’il a fréquenté dans les années 1940 porte désormais le nom d’un « camarade », Henri Krasucki, lui-même ancien étudiant de l’établissement. Krasu, comme on l’appelait, savait rassembler. Jeudi dernier, il l’a fait à nouveau : l’événement a attiré une diversité de personnes, communistes, anciens déportés, résistants ou simples curieux. Il faut dire qu’Henri Krasucki était toutes ces choses à la fois. Une psychologue scolaire, dont le cabinet se situe en face de l’établissement, souligne l’importance de ce moment : « Je viens ici en tant que communiste. C’est bien, ça permet d’entendre l’histoire de Krasucki, qu’on a un peu oublié. Or Krasu, ce n’était pas n’importe qui ! »

    Pas n’importe qui, en effet. Né en 1924 dans la banlieue de Varsovie, Henri Krasucki arrive à Paris à l’âge de quatre ans. Suivant les traces de son père, il intègre à la fin de l’année 1940 les Jeunesses communistes et participe à la résistance. Arrêté en mars 1943 puis déporté à Auschwitz, il continue le combat derrière les grilles, au milieu de l’horreur qui a pris la vie de son père. A son retour en France, il devient l’un des dirigeants du PCF et poursuit son engagement à la CGT, dont il devient secrétaire général en 1982. Il dira, à propos de sa vie : « Au fond, je ne suis jamais blasé, je demeure fidèle, comme au premier jour, à l’idéal et à l’élan de ma jeunesse. »

    Des hommages de tous horizons

    A sa mort en 2003, beaucoup déjà se souvenaient de sa modestie. Philippe Martinez l’a rappelé : « Henri Krasucki n’était pas forcément attaché aux honneurs, au sens des médailles, et pourtant nous avons toute légitimité à penser qu’il n’aurait pas pu être insensible à ce que son nom orne le mur d’une salle de l’établissement scolaire qui l’a accueilli. » L’hommage a été multiple. Aux côtés des syndicalistes, des communistes et du personnel enseignant, se trouvaient aussi des anciens déportés et enfants de déportés. Fanny Blachman Hochbaum, 79 ans, est venue d’Israël pour participer à une série de commémorations de la Shoah : « Je ne suis pas communiste, je ne l’ai jamais été. Mais je suis ici pour dire merci. Cette plaque, dans un lycée, c’est important : c’est ici que se forment les idées. Quand on est jeune, on n’a pas de préjugés, il faut préserver cette pureté d’esprit et le souvenir de la Shoah. »

    Un lieu symbolique de la lutte contre les inégalités

    L'hommage du lycée Voltaire à Henri Krasucki a attiré une diversité de personnes, communistes, anciens déportés, résistants ou simples curieux. Photo : Jacky Naegelen/ReutersL'hommage du lycée Voltaire à Henri Krasucki a attiré une diversité de personnes, communistes, anciens déportés, résistants ou simples curieux.

    Ce travail de mémoire est très important dans l’établissement. « A Voltaire, on s’investi dans la transmission de la mémoire, explique la CPE du lycée. L’objectif de cette transmission de la mémoire de la Shoah est de faire de ces futurs citoyens des êtres libres capables de porter des valeurs dignes. » Le nom de Krasucki a donc tout à fait sa place dans un établissement qui fait du souvenir de la Seconde Guerre mondiale une de ses spécificités, et dont la majorité des enseignants sont syndiqués. Mais le lien entre Krasucki et son ancien lycée est aussi d’une autre nature, sociale et historique. « Cet établissement est emblématique du Paris populaire qui ne rend peut-être pas assez hommage à ces grandes figures. On participe à l‘élévation des élèves qui viennent des classes populaires. Henri Krasucki vient d’un milieu populaire, il considérait la culture comme un moyen de s’élever. »

    Le lycée Voltaire, fidèle à ses idéaux de justice sociale, dispose donc désormais d’une salle au nom de celui qui, selon les mots de Philippe Martinez, « a donné sans compter avec pour seule ambition d’offrir aux générations futures un monde meilleur fait de justice et d’humanité. »

    Jonathan LASNE
    source: humanite.fr
     
     
    A voir également
     

    Une jeunesse parisienne en résistance  (bande-annonce du film de Mourad LAFITTE &  Laurence KARSZNIA)

     

    Henri Krasucki à propos de "la marche de la mort" d'Auschwitz-(antenne 2- 25/1/95) 

     

    L'intervention d'Henri KRASUCKI en janvier 1992 lorsqu'il quitte la Direction de la CGT

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  • Il y a 100 ans, la d’Octobre en Russie lancée par les bolchéviks et conduite par la classe ouvrière : égalité homme femmes, droits des travailleurs, bond en avant social scientifiques, techniques, artistiques, décolonisation… on ne compte pas les progrès qui sont la conséquence d’Octobre pour les peuples du monde entier. Cette dynamique révolutionnaire poursuivant celle de la révolution française, de la Commune, de la révolution spartakyste ne s’est pas démentie depuis. Une dynamique incroyablement actuelle alors que la contre révolution s’attaque aux conquêtes sociales et démocratiques des travailleurs et que le capitalisme continue d’ensanglanter la planète de ses guerres impérialistes, et que la course aux profits d’un système qui épuise l’homme et la nature menace plus que jamais la survie de l’Humanité (la décision des USA de se retirer de l’Accord de Paris le démontre de façon éclatante).

    La révolution bolchévique : une source d’inspiration pour s’organiser et gagner

    Le révolution bolchevique est une des sources où le mouvement ouvrier français a puisé un exemple pour construire, après la grande boucherie mondiale impérialiste de 1914-1918 et contre la trahison social-démocrate, son parti communiste, le parti de la classe ouvrière, le parti d’avant-garde marxiste et léniniste. Octobre fut bien une des matrices du parti communiste français.

    L’ événement historique “ébranla le monde”. Partout, sur tous les continents, se levèrent des femmes et des hommes qui s’engagèrent dans la construction de partis communistes pour organiser la lutte pour l’émancipation des travailleurs qui portait celle de toute l’humanité.

    Cependant si nous célébrons le début de cette ère nouvelle, c’est son actualité qui doit être soulignée. Le XXIe siècle démontre à qui l’observe avec lucidité combien le combat contre le capitalisme et l’impérialisme et pour le socialisme et le communisme est une urgence et une nécessité vitale pour le monde. Le capitalisme porte en lui, dans ses contradictions, dans sa logique, dans son développement, dans ses crises l’anéantissement de l’humanité. On voit les hommes et la nature blessés déjà gravement par cette course folle du capitalisme. On voit les guerres, l’exploitation, les inégalités, la misère, le chômage de masse, la précarité, la fascisation étendre leurs métastases.
    Mais on voit aussi partout la résistance des travailleurs et des peuples.

    Oui il y a une alternative aux injustices et aux guerres de la dictature du Capital : le socialisme

    Rien n’est inéluctable. Tout est l’œuvre des hommes.

    Ce que 1917 nous dit pour aujourd’hui c’est que, c’est lorsque la nuit est la plus noire que l’aube est la plus proche. Des millions d’hommes étaient précipités dans le carnage universel de la première guerre mondiale. Les impérialismes s’affrontaient avec le sang des peuples. Tout n’était que soumission à l’ordre capitaliste. Même la IIe Internationale avait sombré dans “l’union sacrée” qui disait “Prolétaires de tous les pays, massacrez-vous!”. Le monde était dans la nuit.

    Et puis en 1917 le soleil se leva à Petrograd. Lénine et les Bolcheviks réalisèrent le vieux rêve qui semblait enterré dans les champs de batailles avec les corps déchiquetés de millions d’hommes.

    Ils firent la révolution. Ils construisirent le socialisme. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité les travailleurs étaient au pouvoir.
    Voilà le message de Lénine. Voilà le message d’Octobre : le seul combat perdu est celui que l’on ne mène pas.

    : pour relancer la dynamique révolutionnaire et faire place au peuple, rejoignez le du centenaire d’Octobre 1917

    Bien sûr, l’Union Soviétique – contre la volonté de ses peuples qui par référendum s’était prononcé contre Eltsine et Gorbatchev à 70% pour le maintient de l’URSS – a été démolie, emporté par l’opportunisme et la contre révolution. Avec pour résultat un grand bon en arrière, tragique, si bien décrit par Henri Alleg dans les années 1990 ou encore D Bleitrach qui se sont rendu en 2015 en Ukraine. Misère, régression sociale, chute de l’espérance de vie et des guerres incessantes, c’est bien cela le résultat de la chute de l’URSS. Et avec l’URSS les travailleurs en lutte contre la dictature du capitalisme, contre l’impérialisme et ses régimes néo coloniaux ont perdu un appui de poids. En France comme dans d’autres pays européens, les directions euro communistes entreprenaient la liquidation des partis communistes – privilégiant la lutte des places à la lutte des classes. Aboutissant à la destruction du premier parti communiste européen en Italie, ainsi qu’à la mutation du PCF en France. Il est significatif de remarquer que le leader du PCF des années 1990 et principal artisan de sa “mutation” – Robert Hue – émarge désormais directement au coté du banquier de chez Rothschild Emmanuel Macron. A droite toute. Les faits donnent à 100% raison

    aux communistes qui s’y opposèrent et qui pour lancer la renaissance communiste ont réussi à se rassembler pour construire un outil de rassemblement des communistes, et avec eux des travailleurs, des syndicalistes, des militants, avec le Pôle de Renaissance Communiste en France. Et qui sont les véritables continuateurs du Parti Communiste Français dont les travailleurs de ce pays ont tant besoin.

    Mais la lutte pour l’émancipation des peuples n’est pas morte. A Cuba malgré les pires difficultés d’un blocus US criminel, le peuple Cubain avec Fidel Castro a tenu bon, et en Amérique Latine les peuples ont réussi au Venezuela, puis en Bolivie et en Équateur et même au Brésil à passer à l’offensive. En Europe, écrasé sous le joug d’une Union Européenne des multinationales sous le contrôle de Washington et de l’impérialisme allemand, les travailleurs ne baissent pas la tête. A l’image de la résistance victorieuse des jeunes contre le CPE en 2006, mais également du NON cinglant opposés aux traités constitutionnels européen en 2005 en France et aux Pays Bas.Et les lutes de 2003, 2010, 2016 démontrent qu’en France la combativité des travailleurs n’est pas en cause et qu’il suffirait d’une étincelle pour rallumer l’espoir et permettre à la classe des travailleurs de mettre fin à la dictature du Capital – cette petite classe de banquiers, de patrons – qui écrasent et détruisent le pays. Cela passe par la reconstruction d’une organisation franchement communiste, une organisation n’ayant pas peur de sortir de la dictature de l’UE de l’Euro de l’OTAN et du Capitalisme pour faire place aux peuples, à la démocratie, à la paix en construisant le socialisme. Oui c’est possible à condition que les communistes se rassemblent, s’unissent et s’organisent. Ce qu’Octobre 1917 démontre c’est bien ce que se rassemblement, cette unité d’action à travers une organisation – un parti franchement communiste – permet de faire : la Révolution !

    Le 4 novembre 2017, à Paris, les communistes pourront retrouver et relancer cette dynamique révolutionnaire, franchement communiste, en participant au meeting du centenaire d’Octobre 1917.

    source: initiative-communiste.fr

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  • par Serge ROGERS

    Nathalie Lemel. Communarde et féministe

    Ouvrière, féministe, révolutionnaire qui n’hésita pas à prendre les armes et monter sur les barricades, avant d’être arrêtée et condamnée au bagne en Nouvelle-Calédonie… La Brestoise Nathalie Lemel est l’une des principales actrices de la Commune de Paris en 1871, mais contrairement à sa consœur Louise Michel, elle n’est pas passée à la postérité.

    Si Nathalie Lemel a aujourd’hui une place à son nom dans la capitale, il aura fallu attendre 2007 pour que cette héroïne de la Commune de Paris sorte enfin des limbes de l’Histoire. La Bretonne a pourtant joué les tout premiers rôles en 1871. Si cette fille de bistrotiers républicains brestois, née le 24 août 1826, a participé à cet événement insurrectionnel, avant d’en payer le prix, c’est qu’elle a été bercée dès sa plus tendre enfance par des idéaux égalitaires. 

    Scolarisée jusqu’à l’âge de 12 ans dans le Finistère, elle devient ouvrière relieuse de livres, tout en aidant ses parents dans le café familial. C’est là qu’elle découvre les conditions de travail déplorables des ouvriers de l’arsenal, qui n’hésitent pas à se révolter et à stopper le travail, en 1843, alors que le droit de grève n’est pas reconnu. Deux ans plus tard, à l’âge de 18 ans, la demoiselle Duval épouse un collègue, Adolphe Lemel, de huit ans son aîné. Le couple aura trois enfants. En 1849, la famille Lemel quitte Brest pour aller s’installer à Quimper. Adolphe et Nathalie Lemel ouvrent un atelier de reliure et une librairie au cœur de la cité de Cornouaille. Mais les affaires périclitent et le couple fait faillite. Fuyant la misère, la famille déménage en 1861 pour Paris, où l’Empereur Napoléon III règne dix ans après son coup d’État.

    L’engagement politique

    Alors que son mari est au chômage et sombre dans l’alcoolisme, Nathalie Lemel, qui travaille en tant qu’ouvrière-relieuse, s’engage dans les luttes sociales de son époque. « En mai1864, une loi déclare que les grèves ne sont plus illégales, explique l’historien Jacques Arnol, lors d’une conférence sur la Brestoise, le 7mars dernier. Au mois d’août de cette année-là, les ouvriers relieurs parisiens se mettent en grève avec à leur tête Eugène Varlin [l’un des futurs meneurs de la Commune de Paris, ndlr]. 

    Nathalie Lemel fait partie des grévistes. Opposée à la politique du Second Empire, elle se fait rapidement remarquer par son exaltation et son combat pour le droit des femmes et la parité des salaires hommes/femmes. Elle lit à haute voix les « mauvais journaux » dans les ateliers, et fréquente assidûment les clubs socialistes. Tout cela est consigné dans les rapports de police de l’époque ». L’année suivante, Nathalie Lemel adhère avec ses camarades à la première Internationale ouvrière. «Elle est même élue déléguée syndicale, ce qui, à l’époque pour une femme, est une première!», note l’historien.

    Sur les barricades

    En 1868, elle quitte le domicile conjugal. « Elle est reconnue responsable de l’échec de son mariage à cause de ses activités et de ses idées syndicalistes et révolutionnaires. Le commissaire-enquêteur oublie d’indiquer l’alcoolisme de son mari. À partir de là, elle va se consacrer encore plus à ses activités militantes », précise Jacques Arnol. C’est alors qu’arrive la guerre franco-prussienne de 1870, et que la capitale est assiégée. Après la défaite de Sedan, et l’abdication de Napoléon III, la ville de Paris se soulève et refuse de reconnaître l’autorité du nouveau gouvernement dirigé par Adolphe Thiers, constitué à Versailles. Les Parisiens prennent les armes et dressent des barricades. 

    Le 11avril1871, Nathalie Lemel met en place L’Union des femmes pour la Défense de Paris et les soins à donner aux blessés et, avec une centaine de citoyennes, elle nourrit, soigne et dirige la construction et la défense de la barricade de la place Pigalle. Alors que la révolte se termine par un bain de sang le 28mai1871, Nathalie Lemel est arrêtée le 21juin1871.

    Condamnée à la déportation à vie

    Incarcérée à Satory puis à Versailles, elle est condamnée devant le Conseil de guerre à la déportation à vie en enceinte fortifiée. Le 9août1873, elle est transférée à la prison de LaRochelle, pour embarquer en direction de la Nouvelle-Calédonie. Apprenant que ses codétenues ont demandé sa grâce, elle écrit au préfet pour refuser ce traitement de faveur. Âgée de 46 ans, elle embarque sur le Virginie pour Nouméa, en compagnie de plusieurs autres Communards, dont Louise Michel et le journaliste Henri de Rochefort. Les déportés atteignent la presqu’île Ducos, en Nouvelle-Calédonie, le 8décembre1873. Dans ses Mémoires, Louise Michel évoque « le courage de Mme Lemel, pendant le combat et là-bas ». 

    Amnistiée en 1879, Nathalie Lemel regagne la métropole, où elle travaille au journal L’Intransigeant en tant que plieuse, tout en continuant de défendre ses convictions socialistes et féministes. Devenue aveugle, elle entre en 1915 à l’hospice d’Ivry. Elle y décède dans la pauvreté le 8mai 1921, à l’âge de 94 ans… Le 29novembre 2016, la Bretonne est réhabilitée par l’Assemblée nationale avec l’ensemble des victimes de la répression de la Commune de Paris. 

    Pour en savoir plus

    - « Nathalie Lemel, une communarde bretonne révolutionnaire et féministe », d’Eugène Kerbaul, éditions Le temps des cerises, 1997

     - « Des graines sous la neige. Nathalie Lemel, Communarde & visionnaire», de Roland Michon (textes) et Laëtitia Rouxel (dessins), éditions Locus Solus, 2017.

     - Le site internet de l’Association des amies et amis de la Commune de Paris 1871 : commune1871.org 

    - Conférence consacrée à Nathalie Lemel, jeudi à Brest, à 17 h, salle Tessier (4, rue Fonferrier), animée par l’historien Jacques Arnol et organisée par Les Cahiers de l’Iroise.

    source: http://www.letelegramme.fr/histoire/nathalie-lemel-communarde-et-feministe-05-05-2017-11501221.ph

    BD. Des graines sous la neige  ****

     

    Par Marcel QUIVIGER, le 31/03/2017

    La vie de la Brestoise Nathalie Lemel est tout simplement extraordinaire. Au XIXe siècle, elle traverse les différentes luttes sociales des années 1860 à 1890 en prenant une part très active notamment dans la Commune de Paris et l’émergence du mouvement féministe.

    La BD que lui consacrent Roland Michon et Laetitia Rouxel aux éditions Locus Solus, a l’immense mérite de mettre en lumière cette Bretonne oubliée des manuels d’histoire et dont plus personne n’évoquait la mémoire.

    Bretonne oubliée des manuels d’histoire

    Dans le débit de boisson tenu par sa mère, la jeune fille a tout le loisir d’observer les manifestations des ouvriers de l’arsenal et la misère qui règne alors dans les campagnes bretonnes. En arrivant sur Paris, elle découvre cette fois la terrible condition féminine dans les ateliers de la capitale. Commence alors un engagement sans faille du côté des plus pauvres, des femmes et des ouvriers en lutte pour de meilleures conditions de vie en cette période de révolution industrielle. Mais c’est surtout lors de la Commune de Paris que le destin de Nathalie Lemel va basculer, prise dans l’engrenage révolutionnaire en suivant les pas de Louise Michel et autres grands acteurs de cette révolte comme Eugène Varlin. Faite prisonnière, exilée en Nouvelle-Calédonie elle sera la compagne de route de Louise Michel, l’emblème absolu de la Commune.
    Cette biographie brillante est en outre enrichie d’un matériel iconographique sur la Commune de Paris de grande qualité qui transforme cette BD en un indispensable livre d’histoire.

    Des graines sous la neige. Roland Michon, Laetitia Rouxel, Locus Solus. 20 €.

    source : http://www.letelegramme.fr/livres/a-lire/bd-des-graines-sous-la-neige-31-03-2017-11457292.php

     

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  • Comment Hitler a vraiment accédé au pouvoir

    Après le retour dans le contexte du second tour MACRONLEPEN de la tempête anticommunistes accusant ceux refusant de soutenir le fascisant Macron face à Le Pen de faire « comme les communistes allemands en 1933 », les explications de Mathilde Larrere pour arrêt sur image.

     #vidéo En Allemagne, c’est la droite et le centre qui a mis Hitler au pouvoir. Comparaison des Conjonctures électorales française (2017) et allemande (1932-1933) par A Lacroix Rizles nazis ont exécuté Ernst Thälmann dirigeant du KPD non pas en 1933 mais en août 1944 à Buchenwald.

    A lire sur le sujet :

    • l’ouvrage de synthèse belge publié sous pseudonyme, T. Derbent, La résistance communiste allemande, 1933-1945, Aden, Bruxelles, 2008 http://www.agota.be/t.derbent/resistance/antifaweb.pdf.
    • Ayçoberry Pierre, La société allemande sous le IIIè Reich, Paris, Seuil, 1998, sur la résistance, essentiellement communiste, en Allemagne

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    Conjonctures électorales française (2017) et allemande (1932-1933)

    par Annie Lacroix-Riz

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  • Les communistes célèbrent la victoire contre le fascisme, victoire qui doit tant, la part essentielle, à l’Union Soviétique et aux communistes dans tous les pays occupés par les fascismes.

    C’est pourquoi le claque reçue par le FN le 7 mai 2017 ne peut que réjouir les communistes qui ont milité pour que pas une voix des travailleurs ne se porte sur Marine Le Pen..

    Il reste que l’élection d’ Emmanuel Macron est porteuse de graves dangers pour la souveraineté populaire, l’indépendance nationale et les conquêtes sociales issues du combat de la Résistance et du programme du Conseil National de la Résistance.

    La soumission d’EmmanuelMacron à l’UE germano-atlantique et au MEDEF ne peut que favoriser la revanche de l’impérialisme allemand défait en 1945.

    La célébration du 8 mai doit aboutir aux législatives par un vote massif pour des députés qui soutiennent une politique indépendantiste française, donc radicalement euro-crotique et favorable à la paix, donc pour la sortie de la France de l’OTAN.

    La candidature de Jean Luc Mélenchon portait ces objectifs, même de façon imparfaite, et les députés qui les porteront devront être soutenus par les communistes.

    Les citoyens semblent en être convaincu puisque selon IPSOS 61% des Français ne souhaitent pas que E.Macron obtienne la majorité aux législatives.

    Rappelons que Emmanuel Macron, faisant jouer l’hymne européen et non la Marseillaise révolutionnaire le soir de sa victoire électorale face à Le Pen, est ministre sortant d’un gouvernement qui, avec l’Union Européenne arme et soutient un pouvoir d’oligarques s’appuyant sur des milices nazies en Ukraine mais également des milices terroristes islamofascistes en Syrie de même que le dictateur Erdogan en Turquie. De même l’Union Européenne de M Macron, soutient de la Pologne aux Pays Baltes des régimes qui interdisent, persécutent et embastillent les communistes tout en réhabilitant les collaborateurs nazis du IIIe Reich.

    C’est seulement ainsi que nous ferons vivre les idéaux de l’antifascisme et de la Résistance  et que nous poursuivrons la victoire du 8 mai 1945.

    source: initiative-communiste.fr

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  • A l'âge de 20 ans, elles se sont dressées contre l'ordre nazi et ont contribué à sauver la France. Aujourd'hui, devenues de vieilles dames, elles racontent leurs années héroïques et les 70 années qui ont suivi. Un autre combat a occupé le reste de leur existence : celui de la mémoire, de la lutte contre l'oubli. Marie-Jo Chombart de Lauwe, 92 ans, est entrée dans la résistance à seize ans. Arrêtée par la Gestapo, elle a été déportée en Allemagne. Madeleine Riffaud, 91 ans, est l'une des seules femmes devenues franc-tireur. Cécile Rol-Tanguy, 95 ans, a tapé à la machine l'appel à l'insurrection de Paris. Aujourd'hui, toutes trois témoignent.

    Ce documentaire de Pierre Hurel a été rediffusé sur France 3 le jeudi 4 mai.

     

    source:youtube.com                                                                                                                          

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  • source: youtube.com

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  • par Hervé HAMON

    Prévert le tendre et l'amoureux des chats cultivait l'obsession farouche de rester artisan pour porter la voix des petits, des faibles. Prévert le tendre et l'amoureux des chats cultivait l'obsession farouche de rester artisan pour porter la voix des petits, des faibles.

    Il y a 40 ans, le 11 avril 1977, disparaissait Jacques Prévert. Notre collaborateur, Hervé Hamon, revient sur la personnalité singulière et attachante de ce scénariste, parolier et poète libertaire à la popularité hors du commun. Popularité d'autant plus remarquable qu'elle n'est pas exempte de quelques amusants paradoxes...

    Il existe, en France, un peu plus de quatre-vingts collèges qui portent le nom de Prévert. Si vous interrogez les enfants des écoles, si vous leur demandez le nom d'un poète, ce n'est pas Paul Éluard, ni Apollinaire qui sortiront. On vous citera les affres du cancre, l'envol de l'oiseau, et le pupitre qui redevient arbre. Et je ne parle pas des Feuilles mortes... Pourtant, c'est là un parfait contresens, une sorte de pirouette improbable. Car l'école, l'essence même de l'école, Prévert n'en voulait pas, lui qui (pourtant bon élève) s'est évadé dès le certificat d'études. On ne l'y reprendrait plus. On ne l'y a jamais repris. C'est qu'il avait, Prévert, une haute idée de l'enfance. Une idée facile à résumer : l'anti-Disney absolu. Il n'a jamais cru que l'enfance était l'âge de la guimauve. L'enfance, chez lui, c'était la frontière indécise entre le rêve et la réalité. De ce flou, il a fait une oeuvre. Prévert le tendre, Prévert qui portait si haut l'amitié, était le contraire d'un indulgent. L'espèce de copain universel en quoi la rumeur l'a transformé est une caricature. Prévert détestait. Et d'abord l'autorité, le militaire, l'académique, le pompeux, le bourgeois, le notable, le curé, et toute cette sorte de choses. Il détestait même l'anar organisé qui lui semblait le comble de la perversion.

    Il s'est éloigné d'André Breton dès que ce dernier a commencé à se prendre pour le pape, fût-il surréaliste. Mais Paris, son Paris, semblait une ville ouverte, où l'on se croisait et se rencontrait le plus naturellement du monde. Toute son existence se conçoit en bande, de Picasso à Paul Grimault, de Montand à Mouloudji, de Desnos à Doisneau. Une bande où l'on partageait, où l'on travaillait, où l'on luttait, avec un sentiment d'évidence.

    Un éclectique forcené

    Prévert était un éclectique forcené. Et si on le dit poète, ce que lui ne disait pas, c'est parce que ses textes, ses chansons ont connu, au lendemain de la guerre, un succès déraisonnable. Prévert est dans la Pléiade, aujourd'hui. Ça le ferait un brin rigoler. Parce que son métier, celui qu'avouait son passeport, était « auteur de films ». Auteur de « Quai des brumes » ou des « Enfants du paradis », sans oublier « Le Jour se lève ». Avec ses copains Carné, Gabin, Arletty, Michel Simon. Avec Pierre Prévert, son frère et son meilleur ami. Il cultivait l'obsession farouche de rester artisan pour porter la voix des petits, des faibles. Au théâtre, avec le Groupe Octobre, au cinéma, dans ses écrits. Sans parti, sans obédience, sans commander à personne ni obéir à personne. Ni Staline, ni Hitler, ni Dieu, ni le Capital, ni la France coloniale. Fidèle à ses amis qui se reconnaîtront, disait-il, et à ses ennemis qui se reconnaîtront aussi. Fidèle à la beauté, et à la mer qu'il aima si fort.

    source: letelegramme.fr

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  • Jacques Prévert. Un Breton de Paris  (LT.fr-15/01/2017)

    Bien que Parisien, Jacques Prévert a toujours gardé une relation particulière avec la Bretagne. Issu d’une famille de la bourgeoisie nantaise, le poète passera les nombreux étés de son enfance à Pornichet, puis à Locronan chez son ami Yves Tanguy. L’un de ses plus beaux poèmes « Barbara », aura pour toile de fond la ville de Brest…

    « Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest, et je t’ai croisée rue de Siam, tu souriais […] au fil de l’eau sur Brest […] dont il ne reste rien…» C’est l’un des poèmes les plus connus, et sans doute l’un des plus beaux de l’œuvre de Jacques Prévert. L’artiste l’a écrit quelque temps après le bombardement de la ville, en 1944. Profondément marqué par cet événement, il raconte, vingt ans plus tard, à la télévision: «De même que j’étais allé tout juste avant le bombardement de Brest, je suis allé le plus vite possible avec des amis, après. Et j’ai vu que, peut-être j’avais exagéré en écrivant qu’il n’en restait rien, mais je dois dire qu’il ne restait pas grand-chose. Je me rappelle surtout de la rue de Siam, il y avait une voiture accrochée au quatrième étage et partout c’était épouvantable. Mais il y avait la vie, il y avait une fête foraine déjà qui reprenait…»

    Très attaché au Finistère 

    Si Prévert est très attaché à Brest et au Finistère - c’est pour lui « le plus beau pays au monde», l’histoire du poète avec la Bretagne commence plus au sud, du côté de Nantes. Né le 4 février 1900 en ban lieue parisienne, Jacques Prévert se définit comme « un peu Breton, bas Breton, c’est-à-dire, je suis moitié Breton de Paris, moitié Auvergnat de Paris, né à Neuilly-sur-Seine.[...] Mon père me disait qu’il n’était pas un vrai Breton puisqu’il était de Nante s». En effet, André, le père de Jacques, est originaire d’une famille de la bourgeoisie catholique nantaise, et il revient régulièrement pendant les vacances d’été, avec femme et enfants, en villégiature, du côté de Pornichet. L’occasion pour Jacques Prévert de découvrir la mer et les paysages de la Loire-Atlantique et du Morbihan, des souvenirs dans cette « petite Bretagne, disait mon père, puisqu’il paraît, et c’est un peu vrai, que la grande c’est le Finistère » qu’il relatera dans ses mémoires, un texte baptisé « Enfance », en 1959. 

    Découverte de la vraie Bretagne 

    La rencontre de cette vraie Bretagne, Jacques Prévert la fait par l’intermédiaire du peintre Yves Tanguy, un autre Breton parisien, dont la famille est originaire du Sud-Finistère. Les deux hommes se lient d’amitié en 1920 lors de leur service militaire, dans le 37<md+>e régiment d’infanterie en Moselle. Après leurs classes, ils se retrouvent à Paris, enchaînent les petits boulots et commencent à fréquenter les milieux intellectuels et artistiques. Entre1923 et1926, Yves Tanguy invite ses amis - dont Jacques Prévert et son frère Pierre - à venir passer l’été dans la maison maternelle à Locronan. L’occasion pour la bande de découvrir les environs à pied ou en autocar, de Douarnenez à Brest en passant par les îles du Ponant… Tanguy et Prévert sont alors inséparables, ils sont colocataires à Paris, dans un appartement loué par leur ami Marcel Duhamel. Les trois jeunes gens s’engagent dans le mouvement surréaliste d’André Breton. En 1928, Jacques Prévert commence à écrire pour le cinéma et le théâtre, tout en réalisant ses premiers films.

    Une région présente dans son œuvre 

    Son premier script, commandé par Duhamel, raconte la vie d’une pieuvre, femme de ménage en Bretagne: une histoire improbable qui ne sera finalement jamais portée à l’écran, tout comme celle de « L’Île des enfants perdus ». Ce projet de film est inspiré d’un fait-divers qui se déroule sur Belle-Île-en-Mer, en 1934. Alors que des enfants de la maison de redressement pour mineurs se rebellent et s’enfuient de leur prison, des îliens et des vacanciers participent activement à leur traque, qui se termine par la reprise et la bastonnade des petits bagnards. Une histoire qui pousse Prévert à écrire le poème « La chasse à l’enfant », puis ce projet de long-métrage (dont le tournage débute finalement sur Belle-Île-en-Mer en 1947 mais ne sera jamais achevé). 

    En 1939, c’est un autre film qui permet à Jacques Prévert de travailler en Bretagne, à Brest justement: il est scénariste de « Remorques » de Jean Grémillon, avec Jean Gabin et Michèle Morgan. C’est donc tout naturellement qu’il écrit « Barbara » après la destruction de la cité du Ponant sous les bombardements, en 1944. Ce poème figure dans son premier recueil, « Paroles », publié en 1946, dans lequel on trouve aussi « Le retour au pays », un texte sur un Breton qui revient dans son pays natal. 

    Jacques Prévert continue à venir régulièrement dans le Finistère après 1945. Mais c’est en Normandie qu’il passera la fin de sa vie. La famille Prévert achète en 1971 une maison à Omonville-la-Petite, un petit village au nord-ouest de Cherbourg, sur la presqu’île du Cotentin, «un Finistère, le plus proche de Paris. Un Finistère normand». C’est là qu’il meurt d’un cancer le 11 avril 1977, et qu’il est enterré. 

    Pour en savoir plus  

    - « Jacques Prévert et Brest », L’Ouest en mémoire, archives Ina du 25 juillet 1964. 

    - « De l’Île des enfants perdus à la Fleur de l’âge : le projet chaotique et mythique de Marcel Carné et Jacques Prévert », de Carole Aurouet, 1895, revue de l’Association française de recherche sur le cinéma français, 2005. - « Jacques Prévert, les mots et merveilles », de René Gilson, éditions Belfond, 1990. - « Choses et autres », de Jacques Prévert, éd. Gallimard, 1972. 

    - « Les surréalistes et la Bretagne », de Bruno Geneste et Paul Sanda, éd. Éditinter, 2015. 

    source: letelegramme.fr

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