• Un soldat américain face à deux femmes.

    Un soldat américain face à deux femmes

    Ces images sont impressionnantes. Elles dormaient dans les archives nationales américaines. Un doctorant américain, Jeff Nichols, en partage des extraits sur son compte Twitter. On y voit des vidéos de Brest (Finistère), totalement détruite, après le siège des Américains, qui a duré 43 jours. C’était en 1944.

    Une Brestoise à vélo devant un magasin de photographie.

     

    Une brestoise à vélo devant un magasin de photographie

    Les destructions de Brest, en 1944.

    Les destructions de Brest en 1944

    « De Brest, dont il ne restait rien », comme l’écrivait Jacques Prévert. Cette phrase colle on ne peut mieux avec ces vidéos numérisées qui dorment dans les archives américaines. On y voit Brest (Finistère) complètement ravagée. Ces films-là documentent le siège de la cité du Ponant par les Alliés. 43 jours, où libération rime avec explosions. Les Allemands se sont rendus le 18 septembre 1944.

    Le pont Albert-Louppe, en partie détruit.

    Le pont Albert-Louppe en partie détruit

    Une rue de Brest.

    Une rue de Brest

    Sur l’une des vidéos, un avion survole la cité du Ponant, au lendemain de ces épisodes. C’est une claque visuelle : on prend toute la mesure des ravages. Après le siège, il ne reste que quatre immeubles debout en centre-ville. Le reste n’est que ruines, gravas. Les routes, bloquées à cause de tous les effondrements.

    Des « terroristes français » ?

    Un spécialiste de la Résistance, Christian Bougeard, a visionné toutes les vidéos. Même si ces documents sont datés, les géolocalisations ne sont pas précises, pour l’historien officiant à l’université de Brest. Deux éléments intéressants sont à retenir : « Sur l’une des vidéos, on voit la capitulation des soldats allemands. On voit qu’ils sont soulagés, qu’ils sourient. Ce n’est pas la reddition de Stalingrad. » 

    Dans une autre, qui consacre trois à quatre minutes au siège de Brest dans un journal télévisé, la voix off a interpellé Christian Bougeard. « Le commentateur dit « une requête nazie demandait à ce que les Américains les protègent de ce que les Allemands appellent le terrorisme français – les combattants français. C’était une sage anticipation ». Cela donne l’image qu’a l’armée américaine de la résistance bretonne. Ce discours est le même que les Allemands. Ce n’est qu’une phrase, il ne faut pas généraliser, mais cette voix est officielle. » Cela ne tient en effet pas compte des civils français qui ont tenu le front.

    Un « Twitterstorien »

    C’est grâce à Jeff Nichols et son compte Twitter que la rédaction a pu redécouvrir ces précieuses vidéos du siège de Brest. Le doctorant en histoire et spécialiste de la Première Guerre mondiale à l’université de l’Illinois, à Chicago, est un tweetos fructueux.

    Il publie environ cinq contenus historiques par jour, photos ou vidéos d’époques. Il se qualifie de « Twitterstorien », à la frontière entre Twitter et historien. Son compte, @backwards_river, est quasiment un musée virtuel.

     

    Gaëlle COLLIN

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • En effet, cette dernière est, à bien des égards, une révolution oubliée. Pourtant, comme Mai 68, elle est un moment de « convergence des luttes » estudiantines et ouvrières, ainsi qu’en témoigne les récits de L’Éducation sentimentale de Flaubert. Comme Mai 68, elle aboutit à des réformes et fait de la classe ouvrière le véritable « disrupteur » du monde politique et social. Comme Mai 68, elle remet la barricade comme instrument politique et symbolique au goût du jour et s’inscrit dans un mouvement agonistique de bouleversement européen et international (le « Printemps des peuples »).

    On peut alors se demander pourquoi, comme le rappelait l’historien Maurice Agulhon, les « vieilles barbes » quarante-huitardes ont assez mauvaise presse lorsqu’on les compare à leurs ancêtres jacobins de 1793, à leurs successeurs communards de 1871 ou encore aux bolchéviques de 1917 ou autres « barbudos » cubains ? Il est important de ne pas oublier que ce moment historique inattendu fut dans un premier temps celui d’une révolution sociale, qui ne fut pas avare de grandes figures dont la République démocratique et sociale n’a pas à rougir. Louis Blanc, premier socialiste de l’Histoire de France à siéger dans un gouvernement, est l’une de ces figures. Les idées, l’action et les raisons de l’échec de ce défenseur du droit au travail et de l’État serviteur face au libéralisme triomphant, permettent de comprendre cette révolution manquée, « deuxième défaite du prolétariat ».

    De la révolution politique à la révolution sociale : deux visions de la république

    Depuis 1830, la France « s’ennuie » (Lamartine) dans une monarchie parlementaire « à l’anglaise », que l’on nomme Monarchie de juillet. Le soir du 21 février 1848, l’opposition légale au « roi des français » Louis-Philippe et à son ministre conservateur Guizot, se réunit à la Madeleine pour réclamer la réforme électorale. Le suffrage électoral alors très restreint (censitaire) est réservé à une minorité de propriétaires, base que cette « gauche dynastique » souhaite cependant élargir. Curieux, certains royalistes orléanistes ou légitimistes comme Adolphe Thiers et Falloux se rendent à la réunion : « N’êtes-vous pas effrayé, demande Falloux à Thiers, de tout ce que nous venons de voir et d’entendre ? Non pas du toutCependant, insiste Falloux, ceci ressemble bien à la veille d’une Révolution ?Une révolution ! Une révolution ! Répond Thiers en haussant les épaules, on voit bien que vous êtes étranger au gouvernement et que vous ne connaissez pas ses forces. Moi je les connais ! Elles sont dix fois supérieures à toute émeute possible. Avec quelques milliers d’hommes sous la main de mon ami le maréchal Bugeaud je répondrais de tout. Tenez, mon cher Monsieur de Falloux, pardonnez-moi de vous le dire avec une franchise qui ne peut vous blesser, la Restauration n’est morte que de niaiserie et je vous garantis que nous ne mourrons pas comme elle. La garde nationale va donner une bonne leçon à Guizot. Le roi à l’oreille fine, il entendra et cédera à temps. » Mais Thiers se trompe vertement, la Monarchie de Juillet ne satisfait plus grand monde : les ultra-royalistes rejettent cette antichambre de la République, les vrais républicains se sentent lésés depuis que le « roi bourgeois » (que Daumier caricature en poire) a pris les rênes de la France après la révolution de juillet 1830. Même la bourgeoisie industrielle jalouse sa sœur de la haute finance et bascule doucement vers l’opposition. La seule arme des opposants se matérialise à travers les banquets dans lesquels les toasts à l’anglaise que l’on porte sont en fait des programmes politiques déguisés. Malgré l’échec de la campagne de 1840 et les interdictions de réunion de la préfecture, l’opposition est déterminée à agir. Les évènements auraient probablement gardé une teneur légaliste si, le 23 février, la provocation d’un manifestant boulevard des Capucines n’avait entraîné une fusillade, causant la mort d’une cinquantaine de personnes. La garde nationale, qui jusqu’alors avait constitué la « garde prétorienne » du roi, se rallie à l’insurrection. C’en est dès lors fini de la Monarchie de juillet : la deuxième République est en marche. Néanmoins, 1848 n’est pas une simple révolution politique, elle est aussi une révolution sociale : après l’opposition et la jeunesse étudiante, c’est l’action de la classe ouvrière des faubourgs parisiens qui renverse le régime.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d2/Monogrammist_G.R.,_Paris_1848,_Pack_dich,_Illustration_zu_dem_gleichnamigen_Revolutionslied.jpg/800px-Monogrammist_G.R.,_Paris_1848,_Pack_dich,_Illustration_zu_dem_gleichnamigen_Revolutionslied.jpgCaricature de l’époque, représentant une allégorie de la République chassant le roi Louis-Philippe. ©

    Le 24 février 1848, le peuple de Paris en proie à une violente crise économique et las du célèbre « Enrichissez-vous ! » du ministre Guizot, renverse la royauté. Un Gouvernement provisoire se met en place. Ce gouvernement est composé de onze républicains aux sensibilités diverses (Dupont de L’Eure, Ledru-Rollin, Lamartine, Crémieux, Marie, Arago, Garnier-Pagès, Marast, Flocon, Louis Blanc et Albert). Le camp républicain, qui ne désespérait pas de revoir la République en France, forgeait son unité autour de la lutte contre une monarchie que peu semblent alors considérer comme légitime, et sur l’espoir de bâtir à nouveau une Constitution républicaine. Seulement, comme la Révolution de 1789 avait vu des tendances plus ou moins antagonistes se dessiner dans la famille républicaine, la révolution de 1848 voit également différentes tendances, unies par le combat antimonarchiste, mais désunies dans leurs conceptions propres de la république. Ces deux tendances deviennent en 1848 deux véritables camps en contradiction sur de nombreux points fondamentaux. Outre les nombreux clubs de gauche et d’extrême gauche, le camp libéral des républicains modérés se retrouve majoritairement au sein du journal Le National, alors que le camp représentant la gauche républicaine jacobine, radicale et socialiste partisan de la « République démocratique et sociale » (bientôt appelée « démoc-soc »), se retrouve plutôt au sein du journal La Réforme.

    Après la chute de la monarchie, le Gouvernement Provisoire qui s’installe à l’Hôtel de Ville de Paris se voit donc composé d’un nouveau personnel politique issu soit du National (majoritaires) soit de la Réforme (minoritaires). Le rapport de force s’exprime alors place de Grève, devant l’Hôtel de Ville. Les ouvriers, drapeaux rouges en main, imposent aux modérés les représentants de leurs aspirations (résumées depuis dizaine d’années dans le nom de « socialisme »). Par leurs acclamations vindicatives, ils imposent celui que Marx considère, avec un soupçon de moquerie, comme le Robespierre de 1848 : Louis Blanc, mais également, sortant des entrailles du peuples, Alexandre Martin dit l’ouvrier « Albert ». Pour la première fois de son Histoire, la France compte deux socialistes dont un ouvrier dans son gouvernement.

    http://www.museehistoirevivante.fr/expositions/anciennes-expositions/1848-et-l-espoir-d-une-republique-universelle-democratique-et-socialeLe peuple parisien brûle le trône place de la Bastille en février 1848. © Musée de l’histoire vivante

    Cette action d’un peuple qui brûle le trône place de la Bastille force le Gouvernement à proclamer la République et à organiser des élections pour une constituante. Avant celles-ci, le gouvernement légifère. Parmi ses grands actes on peut compter l’instauration du suffrage universel (masculin), l’abolition de la peine de mort en matière politique et l’abolition de l’esclavage (décret Schœlcher du 27 avril). Cependant, 1848 est une révolution sociale ; la volonté d’organiser le travail et d’assurer, comme un droit absolu, à chaque homme une fonction et une dignité dans la société, semble s’imposer. Cette impulsion de 190 000 ouvriers et artisans parisiens fait décréter au gouvernement, le 25 février, qu’il « s’engage à garantir du travail à tous les citoyens ; il reconnaît que les ouvriers doivent s’associer entre eux pour jouir du bénéfice de leur travail ». Ce décret est arraché par l’ouvrier Marche qui, entrant dans la salle où siège le Gouvernement frappe avec la crosse de son fusil sur le sol et réclame l’Organisation du travail. Le Gouvernement Provisoire, confronté à l’urgence d’une réalité sociale accablante et au développement de l’idée socialiste, doit alors trancher sur le projet de Louis Blanc. Celui-ci se résume en quelques mots lourds de sens : l’Organisation du travail doit consacrer le droit au travail pour tous, un État serviteur doit alors mettre en place des ateliers sociaux fondés sur la fraternité, la coopération et le principe de l’association des travailleurs. Pour ce faire, il est nécessaire de créer un ministère du travail, véritable « parlement des travailleurs » qui organise les « États-Généraux du travail ». Louis Blanc le nomme même « ministère du progrès », dans le but d’introduire la République à l’atelier.

    Un ministère du travail et du progrès ? Une idée bien saugrenue pour la majorité du gouvernement ; même Lamartine n’en saisit pas le sens : « Tous les services publics ne tendent-ils pas au progrès ? S’exclame-t-il. On ne comprendrait pas plus un ministère du progrès qu’un ministère de la routine ». Mais, face au verbe romantique de Lamartine, le partisan du drapeau tricolore, Louis Blanc, le partisan du drapeau rouge, pétri d’exigence sociale, insiste. Si ce nouveau Robespierre quitte le gouvernement, on ignore à la tête de quelles troupes il pourrait revenir : on accepte alors de lui donner la présidence d’une « Commission gouvernementale pour les travailleurs » qui siégera au palais du Luxembourg. Les vieux sénateurs royalistes cèdent dès lors leurs places cossues aux ouvriers qui viennent légiférer. L’expérience du Luxembourg est qualifiée par Marx de « synagogue socialiste dont les grands prêtres Louis Blanc et Albert avaient pour mission de proclamer le nouvel évangile et d’occuper le prolétariat parisien » — grands prêtres qui de surcroît « à la différence de tout pouvoir d’État ordinaire […] ne disposaient d’aucun budget, d’aucun pouvoir exécutif ». Pour Marx, « tandis que le Luxembourg cherchait la pierre philosophale, on frappait à l’Hôtel de Ville la monnaie ayant cours ». Si Marx pointe une réalité, cette Commission est cependant à l’initiative de législations et d’avancées sociales qu’il est important de ne pas oublier.

    https://juliacgs.blogspot.com/2018/02/louis-blanc-23-de-febrero-de-1848.html

    Louis Blanc. © Julia Gómez Sáez

    Un État serviteur, garant du droit au travail

    Ce souci de la question sociale est donc bien ce qui marque la rupture entre républicains modérés, simplement soucieux de donner à la France une constitution politique, et les héritiers du jacobinisme et partisans du socialisme. Pierre Leroux (à qui l’on attribue la paternité du mot « socialisme » dans son acception moderne) ne déclarera-t-il pas le 14 février 1848 : « Je n’ai pas besoin de vous dire que ce ne sont pas vos principes qui font agir les hommes de l’opposition, loin de là ; s’ils pouvaient nous entendre ici, s’ils se doutaient que des socialistes songent à les suivre, cela suffirait certainement pour les empêcher de marcher […] Ne faites rien avec de pareils alliés. Laissez les bourgeois régler entre eux leurs différends ». De même, le célèbre anarchiste mutuelliste Proudhon note-t-il dans ses carnets le 24 février 1848 : « C’est une cohue d’avocats et d’écrivains tous plus ignorants les uns que les autres et qui vont se disputer le pouvoir. Je n’ai rien à faire là dedans ». Louis Blanc, que n’effraye ni la cohue d’avocats ni le fossé de plus en plus profond entre républicains modérés et socialistes, croit pour sa part à ce que, dans un accord fondé sur la forme républicaine du régime, les deux tendances trouvent un terrain d’entente favorable aux intérêts économiques et sociaux du grand nombre. Concilier en un mot réforme politique et réforme sociale.

    Pour les victimes de la « féodalité industrielle », pour les proies du système capitaliste et de la concurrence « impure et imparfaite », la présence de Louis Blanc au gouvernement est synonyme au moins d’amélioration des conditions de vie, au mieux de l’avènement d’un nouveau système, plus respectueux du travail et des travailleurs. C’est en effet le travail qui est au cœur des préoccupations de 1848, travail dont l’unique réglementation allant dans le sens des travailleurs n’est alors que la loi (peu appliquée) du 22 mars 1841 sur l’interdiction du travail pour les enfants de moins de huit ans. Le travail est la préoccupation phare de Louis Blanc, mais c’est un « travail attrayant » (comme le disait Fourier) et non aliéné qu’il défend, le travail libéré de l’emprise de l’exploitation, le travail qui ne subit pas la loi du marché, l’ « extermination » de la concurrence ni la dictature ploutocratique du capital. Il défend dès lors l’idée de la création des ateliers sociaux, des unités de production fondées sur le principe de l’Association et possédées par les travailleurs eux-mêmes. Contrairement à Proudhon, il demeure néanmoins persuadé que c’est par l’intermédiaire d’une intervention de l’État que ces ateliers pourront voir le jour. C’est ce qu’il nomme l’État serviteur (par opposition à l’État maître), serviteur parce que démocratique donc appartenant à tous.

    En effet, la véritable notoriété de Louis Blanc dans le monde ouvrier commence avec une brochure écrite en 1839, Organisation du travail. Cet opuscule, écrit l’année de l’échec de la prise de pouvoir par les armes des révolutionnaires Barbès et Blanqui, voit le jour à une période assez prolixe en matière d’ouvrages socialistes. C’est cependant le sien qui est retenu par cette partie de la population à qui le pouvoir prêche « la patience et la résignation ». Si le Livre du peuple du chrétien social Lamennais connaît à ce moment un certain succès, Organisation du travail, brochure assez courte et relativement accessible, sonne comme un véritable slogan positif, une force de proposition et non une simple critique. Cet élément explique probablement la supériorité de son succès sur l’ouvrage Qu’est ce que la propriété ? de Proudhon (au titre interrogatif et au contenu assez long et peu accessible) ou encore sur le très célèbre Voyage en Icarie du communiste utopique Etienne Cabet. Ce franc succès permet à Louis Blanc de se faire un nom, d’accéder au rang de représentant des classes laborieuses et d’écrire à la veille de la Révolution : « Organisation du travail, il y a quatre ou cinq ans ces mots expiraient dans le vide. Aujourd’hui, d’un bout de la France à l’autre, ils retentissent. ».

    Cette philosophie organisatrice prend en compte l’ouvrier à la fois en tant que membre d’une classe qui tend à l’émancipation (le prolétariat), mais également en tant qu’individu propre, détenteur de droits inhérents à sa personne, d’autant plus importants pour lui que l’organisation de la société ne lui permet pas d’en bénéficier convenablement. Parmi ces droits, figure celui que Louis Blanc défend tout particulièrement : le droit au travail. Ce droit, qu’il veut placer à la cime des droits les plus inviolables et sacrés, se veut de surcroît un véritable droit opposable, une créance que détient l’homme sur la société. L’origine de ce droit au travail est le droit naturel de chaque individu à l’existence et à la vie garantie par la société soit par l’assistance soit par le travail. En d’autres termes, l’homme doit bénéficier d’une authentique sécurité sociale. Il conçoit ainsi ce droit comme un « titre absolu » de l’ouvrier fondé sur la contrepartie d’un véritable devoir de fraternité mais également lui conférant un véritable pouvoir. « Le droit au travail est celui qu’a tout homme de vivre en travaillant. La société doit, par les moyens productifs et généraux dont elle dispose et qui seront organisés ultérieurement, fournir du travail aux hommes valides qui ne peuvent s’en procurer autrement ». Il implique dès lors un droit à l’outil de travail, mais également au fruit du travail, c’est à dire un juste droit au salaire et un droit au repos et aux loisirs.

    http://arveagauche.fr/2019/05/lemergence-du-mouvement-ouvrier-dans-la-vallee-de-larve-1901-1904

    « Nul n’a droit au superflu tant que chacun n’a pas le nécessaire ». Anonyme, vignette colorée pour une feuille volante © musée Carnavalet.

    Louis Blanc puise ses idées du droit à l’existence chez Robespierre et Babeuf et y ajoute les grands principes des pères-fondateurs du socialisme critico-utopique : l’organisation des producteurs et de la production, chère à Saint-Simon, le travail attrayant et convenablement rémunéré, cher à Charles Fourier, et la logique de l’Atelier fondée sur les principes de la coopération et de la solidarité, chère à Buchez. Après le règne holistique du catholicisme où le collectif écrasait l’individu et la liberté, est venu le règne du protestantisme où l’individualisme sans frein détruit le collectif et l’égalité, et devra venir le règne du socialisme, « Nouveau Christianisme », qui réconciliera et équilibrera les deux tendances dans la République démocratique et sociale en ne sacrifiant rien de la formule « Liberté, Fraternité, Égalité, Unité ». Faisant du droit au travail un devoir de l’État envers les citoyens, fondé sur la notion de droit à l’existence, en même temps qu’une créance, qu’un droit idéalement opposable devant n’importe quelle juridiction, sans pour autant perdre son caractère de droit social, Louis Blanc pose néanmoins le présupposé de la Fraternité. Mot d’ordre de la révolution de 1848 qui l’inscrit définitivement comme la devise de la République, la Fraternité comme la Solidarité, est pour Louis Blanc le préalable et l’aboutissement logique du droit au travail. Dans la mesure où Blanc distingue en l’homme deux propriétés — les besoins et les facultés —, les droits que procure la première propriété sont indissociables des devoirs qu’entraîne la seconde. Or, ces deux propriétés sont liées, au même titre que droit et devoir, sont liés dans la mesure où elles s’inscrivent dans une organisation du travail aux bases socialistes. Elles ne peuvent être fondées que sur le sentiment de fraternité. C’est effectivement le sens qui est donné à l’idée « À chacun suivant ses facultés, là est le devoir ; à chacun selon ses besoins, là est le droit ».

    Cette conception implique une définition propre du droit, de la liberté, de la propriété et du travail. Pour faire passer ce droit du qualificatif de dette de l’État à celui de créance, Louis Blanc pense aux mécanismes idoines et poursuit sa quête en polémiquant avec tous ceux qui le critiquent. En effet ce droit impliquerait une Fraternité à laquelle Tocqueville ou l’économiste libéral Frédéric Bastiat s’opposent parce qu’« obligatoire » et donc contraire à la libre spontanéité qu’elle suppose normalement. On voit alors poindre déjà dans les discours conservateurs et libéraux, la critique de l’assistanat et l’interventionnisme économique comme une tyrannie de l’Etat « pourvoyeur de toutes les existences » de même qu’on retrouve les anathèmes et disqualifications pour utopisme chimérique contraire à la nature égoïste de l’homme. Les socialistes considèrent eux que l’altruisme est tout autant inhérent à l’homme et que l’égoïsme n’exclut en rien la solidarité. Ils distinguent dès lors la solidarité égoïste de la solidarité altruiste, la seconde menant évidemment à l’association libre des travailleurs. « Si le Socialisme arrivait au pouvoir, il fournirait aux aptitudes diverses le moyen de se manifester, les encouragerait à choisir, et, ouvrant ainsi carrière à la première des libertés, celles des vocations, il hâterait l’heure désirée où chacun, dans l’atelier social, sera employé non plus d’après le hasard de la naissance, mais suivant les indications de la nature. » écrit Louis Blanc. En effet, si l’État organise, il ne régente pas, il encourage et favorise l’association par un crédit avantageux tout en laissant la liberté aux travailleurs. Au non possumus du laisser-faire, Louis Blanc ne veut pas faire une réponse à la Néron, « Non : Du pain gagné par le travail ! » affirme-t-il. Ce socialisme fraternitaire, associationniste et interclassiste teinté de déisme christianisant va se heurter à la violence du conservatisme politique.

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Horace_Vernet-Barricade_rue_Soufflot.jpgLes journées de Juin 1848 contre la fermeture des Ateliers Nationaux, réprimées par le général Cavaignac. Tableau de Horace Vernet. © Deutsches Historisches Museum

    L’échec du socialisme de 1848

    La Commission du Luxembourg siège dès le 1er Mars. Elle est organisée en « Parlement du travail » qui fonde sa législation sur une conciliation entre 231 délégués patronaux et 242 délégués ouvriers (chiffre doublé au bout d’un mois). Elle réalise la « réduction du nombre des heures de travail » à Paris et en province, l’interdiction du marchandage (« c’est à dire de l’exploitation des ouvriers par des sous-entrepreneurs de travaux »), elle élabore des projets de protection des travailleurs et crée un certain nombre d’associations ouvrières et agricoles. Elle défend l’idée d’un droit au logement et la création d’établissements (inspirés des Phalanstères de Fourier) pour y pourvoir.

    Elle est aussi à l’initiative de la création de bureaux de placement pour les chômeurs, supprimant les intermédiaires et établissant des tableaux statistiques de l’offre et de la demande de travail. En proie au problème de l’immigration du travail et à la xénophobie au sein de la classe ouvrière, elle « place sous la sauvegarde des travailleurs français les travailleurs étrangers qu’emploie la France et […] confie l’honneur de la République hospitalière à la générosité du peuple. » En outre, préfigurant le conseil des Prud’hommes, elle met en place une « Haute cour de conciliation », véritable tribunal arbitral du travail.

    Néanmoins, l’Hôtel de Ville crée de façon concurrente des Ateliers Nationaux pour résoudre le problème du travail. Ces ateliers, véritable caricature volontaire des idées socialistes, sont en réalité une réminiscence des ateliers de charité d’ancien régime. Ils ne réorganisent pas le travail à la façon de l’atelier social, mais sont une solution précaire qui envenime la situation. Cette charité maquillée s’effectue sur la base de travaux (bien souvent de terrassement) inutiles et donc insultants pour les travailleurs. On est bien loin de l’organisation du travail fondée autant sur l’utilité productive que sur l’épanouissement des travailleurs dans la dignité.

    Le droit au travail se solde finalement par un échec et le triomphe du républicanisme libéral des modérés puis enfin des conservateurs. Les élections à la constituante ont lieu le 23 avril (malgré la tentative désespérée des socialistes de repousser l’échéance de l’élection) et amènent une assemblée de républicains dit « du lendemain », peu acquis aux idées nouvelles. Du fait du résultat médiocre du camp socialiste aux élections, le rapport de forces devient moins favorable aux idées de Louis Blanc et à son ministère du travail qui voulait « sans secousse, l’abolition du prolétariat ». Armand Barbès prend alors la défense de son camarade qui « a bien mérité de la patrie ». Son intervention résume assez bien le divorce consommé entre républicains : « Il y a deux écoles : l’une est pour le laissez faire et le laissez passer ; l’autre dit que dans toutes ces questions de travail, l’État doit intervenir, proscrire le mal, faire triompher le bien. Louis Blanc s’est dévoué à cette dernière ».

    Une manifestation le 15 mai (en solidarité avec la Pologne) évolue en journée révolutionnaire et en invasion du palais Bourbon et de l’Hôtel de Ville. Les insurgés tentent alors d’imposer les idées de la deuxième école mais, impréparés, ils échouent. L’extrême-gauche, accusée de complot, se retrouve décapitée de ses principaux chefs qui sont arrêtés (pour être traduit devant la Haute Cour de justice de Bourges) ou, comme Louis Blanc, obligés de fuir. On dénigre le droit au travail et on décide même de fermer les Ateliers Nationaux (seuls subsides des ouvriers parisiens pour pourvoir à leur existence). Le reste de la gauche qui s’oppose à leur suppression est alors balayée au moment des journées de Juin ou le général Eugène Cavaignac massacre les ouvriers parisiens insurgés (5 à 6000 morts). Les Associations sont alors persécutées comme des sociétés politiques déguisées. Le prolétariat subit ce que Benoît Malon appellera sa deuxième défaite (préfiguration de sa troisième défaite que sera la Commune de Paris de 1871). La conception du travail et de la propriété qui triomphe est donc celle bourgeoise d’Adolphe Thiers que le gendre de Marx, Paul Lafargue, moquera dans son ouvrage Le Droit à la Paresse. La République sera dès lors conservatrice.

    Malgré le réquisitoire de Proudhon (prochain sur la liste des proscrits) et sa célèbre phrase du 31 juillet : « Ou la propriété emportera la République, ou la République emportera la propriété », c’est un vague droit à l’assistance qui est proclamé dans la Constitution du 4 novembre 1848, celle-là même qui crée pour la première fois la fonction de président de la République. Or, l’assemblée législative qui suit, plus conservatrice encore que la constituante, avec la loi du 31 mai 1850, revient sur le suffrage universel et donne au président Louis-Napoléon (élu depuis le 20 novembre 1848) une justification à son coup d’État du 2 décembre 1851 (qui prétendra le rétablir). Le prince-président, rédacteur en 1844 de L’Extinction du Paupérisme, brochure socialisante, trouvera également un soutien auprès des ouvriers face une république antidémocratique et antisociale. Louis-Napoléon, qui avait rencontré Louis Blanc au fort de Ham en 1844, impose une image de lui bien plus sociale que la république qu’il renverse.

    Là où Blanc prend, pour Marx dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, l’allure d’un « Robespierre-farce », c’est par son échec au sein d’un gouvernement dont il n’avait, contrairement à Robespierre au sein du Comité de Salut Public, ni le contrôle ni la maîtrise, pas plus qu’il n’avait la maîtrise du peuple de Paris. Il sera alors oublié par les historiographies anarchistes (lui préférant Proudhon) et marxistes (lui préférant Blanqui, qui aura d’ailleurs des mots durs à son endroit). Lénine écrira plus tard un texte intitulé À la manière de Louis Blanc établissant une analogie entre le président de la Commission du Luxembourg avec le chef socialiste-révolutionnaire du gouvernement provisoire russe en 1917, Alexandre Kerenski, faisant du premier un exemple « tristement célèbre […] qui ne servait en réalité qu’à affermir l’influence de la bourgeoisie sur le prolétariat ». Ce jugement est cependant celui d’un révolutionnaire qui juge a posteriori pour ne reproduire ni les erreurs de 1848, ni celles de la Commune ni même celles de 1905. Cependant, les idées de Blanc seront reprises par le mouvement ouvrier puis par le PCF après la Libération. La constitutionnalisation des droits-créances, comme le droit au travail, revient à l’ordre du jour lorsque le rapport de force au lendemain de la Seconde Guerre mondiale permet à la constituante de 1946 et à sa majorité socialo-communiste d’imposer le droit à l’emploi dans le préambule de la constitution. Ainsi, les fameux conquis sociaux se frayent un chemin. Toujours dans le bloc de constitutionnalité, ce droit voit néanmoins sa réalisation fondée sur une obligation de moyens et non de résultats qui relativise sa portée.

    Si Louis Blanc évoque aujourd’hui davantage une station de métro qu’un concepteur du socialisme, on remarque que ses idées sont néanmoins toujours pour partie d’actualité. Les questions du chômage et, de manière plus large, du travail sont au cœur des problèmes politiques et des luttes du XXIème siècle. Des « États-Généraux du travail » pour repenser l’organisation de celui-ci, s’imposeront peut-être à nouveau pour chercher à résoudre ces problèmes fondamentaux.

    Honoré de Raspail

    source: https://lvsl.fr/

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  • Les historiens n’ont plus accès aux archives de 39-45, leurs travaux sont menacés (OF.fr-1/02/20)

    Jean-Marc Berlière, Professeur d'histoire contemporaine

    Jean-Marc Berlière, professeur d’histoire contemporaine et spécialiste de la police française, s’inquiète de la fermeture des archives de la défense. Dans ces conditions, les historiens ne peuvent accéder aux fonds concernant la Seconde Guerre mondiale.

    Dans quelle mesure chaque citoyen peut-il accéder aux archives de la Seconde Guerre ?

    Le président François Hollande avait permis la libre consultation de ces archives après un gros travail des historiens en ce sens. Une façon, avait-il dit, de lutter contre  le révisionnisme, l’altération de la mémoire, l’oubli, l’effacement . Déjà, sous Lionel Jospin en 1999, les choses évoluaient. En 2015, l’ouverture au grand public a permis à des amateurs, qui ne sont pas historiens de formation, de progresser dans la connaissance de cette période. Cela a multiplié les études locales. C’est aussi une façon de faire avancer la démocratie.

    En quoi la situation a-t-elle changé ?

    Depuis le début de l’année, on note de grosses difficultés pour obtenir les documents aux archives, notamment au Service historique de la Défense, à Vincennes. Ce centre incontournable pour les chercheurs, qui dépend du ministère des Armées, a reçu une consigne des autorités qui vise à la fermeture « provisoire » totale des fonds postérieurs à 1940, en attendant de revenir ensuite sur les documents antérieurs à 1940. Pour un universitaire qui, par exemple, travaille sur le contre-espionnage de 1934 à 1944, tout se ferme brutalement !

    Quel est votre sentiment face à ces « blocages de fonds » d’archives ?

    Les gens ont besoin de leur passé, c’est vital ! Dès lors qu’on ne communique plus sur un certain nombre de choses, il y a un retour en arrière. Je suis noyé par les plaintes d’historiens, de chercheurs. Pour l’instant, il n’y a pas de conséquence sur le travail universitaire. Mais demain ?

    Benoit ROBERT.

    source: https://www.ouest-france.fr/

     

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  • Entretien du 4/02/2020 avec Annie Lacroix-Riz, professeur d'histoire contemporaine, à l’université Paris VII. Elle était interrogée au sujet du 75e anniversaire des accords de Yalta, un des piliers de la « légende noire » de l’URSS. Du 4 au 11 février 1945, Joseph Staline, Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt se réunirent en Crimée afin d’hâter la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, et de garantir la stabilité du nouvel ordre mondial après la victoire.

    Cet entretien peut être complétée par les éléments suivants :

    ♦ Sur l’URSS et l’« Occident », avant et pendant la guerre :

    « Le rôle de l’URSS dans la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) », mai 2015, http://www.historiographie.info/urssww2mai2015v2.pdf; version courte : https://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/LACROIX_RIZ/12194

    « Qui aidait Hitler? Souvenirs de l’ancien ambassadeur d’URSS en Grande-Bretagne, Ivan Maïski », Le Monde diplomatique, septembre 2014, p. 24, https://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/LACROIX_RIZ/50806

    Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, édition complétée et révisée, 2010, 720 p., passim

    Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, nouvelle édition complétée et révisée, 2010, 679 p., passim

    De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008, 408 p., passim 

    ♦Sur la contribution de la Pologne dirigeante à l’agression allemande, antagonique avec l’actuelle présentation « européenne » et présidentielle :

    https://www.historiographie.info/polognefranceww2mai2015e.pdf

    https://www.historiographie.info/Actes%20P7%20Bons%20et%20mauvais%20%C3%A9trangers%20vus%20de%20l%E2%80%99int%C3%A9rieur.pdf

    Sur ses liens avec l’Église romaine, le Reich et la France,

    Le Vatican, passim; Le Choix de la défaite, index Beck, Pilsudski, Radziwill; De Munich à Vichy, index Beck, Radziwill

     

    source: Annie LACROIX-RIZ

     

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  • 2 février 1943, victoire de l’Armée rouge à Stalingrad contre le nazisme ! IC.fr-Extrait d’un discours de Léon LANDINI, résistant FTP-MOI (Francs tireurs et partisans de la main d’oeuvre immigrée), Président du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) – 2006

    Le 2 février 1943, l’ remporta sur les bords de la Volga une victoire jamais égalée pour la liberté des peuples. Les soviétiques rencontrèrent une résistance fanatique des Hitlériens et de leurs satellites dont une division de SS lettons qui fut détruite dans des combats acharnés. Dans l’offensive et la bataille de Berlin, qui mit un point final à la guerre, l’ perdit 300 000 hommes. Au cours de la grande guerre patriotique, lUnion soviétique compta 27 millions de morts.

    A Stalingrad, l’armée hitlérienne flanquée des armées fascistes de Hongrie, Roumanie, Slovaquie et Italie, y subit une défaite irrémédiable, qui ouvrit, dans l’été 1 943 avec la bataille victorieuse de Koursk, l’ère des offensives généralisées de l’armée soviétique. Ces offensives la conduiront jusqu’à Berlin où le 30 avril 1 945 à 15 heures 30, elle plantera sur le Reichstag le drapeau rouge orné de l’emblème de la faucille et du marteau acculant, vingt minutes plus tard et à quelque distance de là, Hitler au suicide.

    Les soviétiques rencontrèrent une résistance fanatique des Hitlériens et de leurs satellites dont une division de SS lettons qui fut détruite dans des combats acharnés. Dans l’offensive et la bataille de Berlin, qui mit un point final à la guerre, l’Armée rouge perdit 300 000 hommes. Au cours de la grande guerre patriotique, l’ compta 27 millions de morts.

    En ce 2 février 2 006, soixante trois années après la victoire de Stalingrad, nous voulons clamer notre indignation et notre colère contre les héritiers et continuateurs du nazisme et du fascisme, les nostalgiques de Mussolini, de Hitler et de l’Europe allemande antibolchévique qui croient le moment venu de prendre leur revanche sur Stalingrad. Ces fascistes veulent faire interdire le communisme et son emblème, la faucille et le marteau, par l’Europe supranationale (*) où ils tiennent désormais, après l’élargissement à l’Est, le haut du pavé. Ils veulent blanchir les crimes monstrueux de l’hitlérisme et du fascisme et ils espèrent y parvenir en instaurant l’euro-maccarthysme et son cortège de chasse aux sorcières visant à criminaliser le communisme. Ils sont parvenus à saisir, en 2 005, la Commission de Bruxelles d’une demande d’interdiction de l’emblème du communisme, et, le 25 janvier 2 006, le Conseil de l’Europe pour la condamnation du communisme. S’ils ont été mis en échec dans le premier cas, et s’ils n’ont pas obtenu la majorité requise dans le second, il n’en reste pas moins qu’ils vont amplifier leurs efforts car ils ont rassemblé le vote de 99 députés fascistes et néo-munichois, toujours habités par l’ et l’antisoviétisme.

    (*) Ce que craignait et dénonçait Léon Landini, en 2006, est advenu le 19 septembre 2019 !

     

    Indignation générale après le vote révisionniste du Parlement européen, réécrivant l’histoire, réhabilitant le fascisme !

    Il n’y aura donc eu que 4 euro-députés français, courageux et dignes, pour voter contre la résolution révisionniste du Parlement européen, criminalisant le communisme et réhabilitant de facto le nazisme et ses régimes fascistes alliés. Quatre euro-députés de la France Insoumise. Contrairement à d’autres députés verts qui ont également voté contre, les députés EELV se … 

    Lire la suite deIndignation générale après le vote révisionniste du Parlement européen, réécrivant l’histoire, réhabilitant le fascisme !

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  • Libération du camp d’extermination d’Auschwitz : occulter le rôle de l’armée rouge dans la libération du camp c’est abîmer la mémoire des peuples et les désarmer....(IC.fr-27/01/20)Il y a 75 ans, enfonçant la Wehrmacht sur l’ensemble du front oriental, l’ ouvrière et paysanne progressant vers Berlin libérait le camp d’extermination d’ : elle assura aux malheureux très rares survivants, agonisants (la quasi-totalité du camp avait été évacué et les survivants « valides » évacués par les hitlériens dans les « Marches de la Mort »), tout l’appui possible et donna à la découverte des horreurs de la politique d’extermination de l’impérialisme allemand une publicité considérable. Ce fut un symbole majeur du rôle libérateur de l’Armée rouge dans une Pologne ravagée.

    Or les cérémonies prévues à Auschwitz en présence de chefs d’Etat de plusieurs pays « occidentaux » ignoreront sciemment la contribution centrale à la défaite du Troisième Reich de l’U.R.S.S., qui perdit 30 millions des siens durant la Deuxième Guerre mondiale. Or, comme chacun l’a su en 1945 et pendant les décennies suivantes, c’est la victoire militaire de l’ qui a empêché la « solution finale » qui attendait l’ensemble des juifs de la Terre si l’Allemagne hitlérienne venait à gagner la guerre. Scandaleusement, les représentants de la Russie ne sont pas invités à ces cérémonies : ils l’ont été en Israël, où la Pologne a refusé de se rendre, mécontente de voir souligner le rôle des antisémites polonais comme « auxiliaires » de la destruction des juifs. Une fois de plus, l’essentiel pour les dirigeants occidentaux, n’est pas de commémorer le martyre des millions de juifs exterminés par les nazis, ni de rendre hommage aux sacrifices des vainqueurs soviétiques et non-soviétiques du Troisième Reich, mais d’entretenir l’ d’Etat et de cultiver une russophobie revancharde qui n’est pas sans rapport avec les préparatifs militaires de l’OTAN, via notamment des grandes manœuvres imminentes et d’une importance exceptionnelle, à l’encontre de la Russie actuelle, si « dé-soviétisée » soit-elle. Et ce, alors que commence une campagne de la réaction polonaise et lettonne sur « l’occupation » criminelle de l’URSS en 1944-1945.

    Comment ne pas faire le lien entre cette attitude négationniste et le fait que le Parlement européen, toutes tendances confondues hormis les eurodéputés « insoumis » français et les parlementaires communistes grecs et portugais, a voté une résolution honteuse le 19 septembre 2019 : cette motion liberticide renvoie scandaleusement dos à dos (au nom de l’antitotalitarisme qui plus est !) le IIIème Reich génocidaire et son principal vainqueur, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, justifie l’interdiction des partis communistes d’ orientale (Pologne, Pays Balte, Ukraine…), ne dit mot de la présence de nostalgiques revendiqués du fascisme (à l’image du ministre letton de la Défense Artis Pabriks affirmant que « la Waffen SS est la fierté de la Lettonie), violemment antisémites, à la tête de plusieurs pays européens et réclame la proscription des symboles communistes en  !

    Par elle-même, cette résolution est déjà terriblement dangereuse puisque, en amalgamant le nazisme-fascisme au communisme, elle banalise et rehausse le premier – c’est-à-dire la forme la plus barbare prise par le capitalisme-impérialisme au XXème siècle – tout en criminalisant le passé, le présent et l’avenir de tous ceux qui luttent pour l’émancipation sociale de tous les humains, qu’ils se réclament ou non du communisme. Mais le négationnisme qui entoure les cérémonies du 75ème anniversaire est encore pire, s’il est possible, que la résolution du Parlement européen : en effet, en déniant ou en minimisant le rôle joué par l’URSS dans la libération d’Auschwitz, il s’agit de masquer la signification de classe de l’antisémitisme nazi qui, au service des buts criminels de l’impérialisme allemand, assimilait les juifs aux marxistes, aux communistes et à l’URSS (c’était le fantasme sanglant du « judéo-bolchevisme »). Et ce faisant, ce négationnisme antisoviétique obsédant désarme les citoyens des pays européens face aux résurgences de plus en plus nombreuses du nazisme-fascisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie et du racisme que nourrit, sur fond d’anticommunisme permanent, l’offensive mondiale des forces capitalistes contre les acquis sociaux, l’indépendance des nations, les libertés démocratiques et la paix mondiale. De la sorte, au lieu d’armer les jeunes, contre l’antisémitisme, le fascisme et le racisme, on rend ces derniers totalement incompréhensibles, donc impossibles à combattre rationnellement et politiquement.

    En 1944, signant à Moscou le Traité franco-soviétique d’assistance mutuelle, le Général de Gaulle déclarait : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ». Pastichant ce propos sans trahir pour autant la vérité historique, nous ajoutons que la première République socialiste de l’, en écrasant le Troisième Reich, pour l’essentiel par ses propres moyens – a joué le rôle majeur dans la survie des juifs au XXème siècle; ces mêmes citoyens juifs que les classes dominantes d’Europe, favorables à la « collaboration » avec Hitler et au projet de « nouvelle Europe », étaient très majoritairement disposées à laisser exterminer sans rien tenter en leur faveur… pour peu que Hitler se montre capable de débarrasser l’Europe, le monde et la France du mouvement ouvrier révolutionnaire !

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  • À Paris vient d’ouvrir le « Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris-Musée Jean-Moulin », à l’emplacement de l’ancien bureau de commandement de la Résistance parisienne, place Denfert-Rochereau. Or, le nom de l’homme qui y organisa l’insurrection contre l’occupant nazi n’apparaît nulle part : Henri Rol-Tanguy. Soixante-quinze ans après son combat, le rôle de cet ouvrier communiste, relégué par le pouvoir gaulliste à la marge du récit national, est de nouveau occulté. Pour En attendant Nadeau, l’écrivain Jean-Yves Jouannais, créateur de l’Encyclopédie des guerres, fait part de sa colère contre cette énième insulte à la mémoire du résistant mort en 2002 et demande réparation.

    Vous venez d’achever, ou d’entamer, heureux, la lecture d’À la recherche du temps perdu. Cela vous a donné envie de vous rendre en pèlerinage à Illiers-Combray. Ce que vous faites. Sur place, vous vous mettez en quête de la maison de Tante Léonie qui abrite le musée Marcel Proust. Vous vous trouvez bientôt, semble-t-il, à la bonne adresse. Là, vous vous entendez dire : « Bienvenue à la Maison Yann Moix. » Vous croyez avoir mal entendu. Non, vous avez bien entendu. L’écrivain y aurait passé ses vacances d’enfance entre 1977 et 1980. Source d’inspiration majeure de son œuvre, cette demeure est devenue naturellement propriété de la Société des Amis de Yann Moix. Vous vous permettez de penser que cela relève du délire. Vous le dites. Il vous est répondu que c’est l’écrivain en personne qui le dit, que cela devrait suffire à moucher votre perplexité. Vous osez demander s’il n’y a pas eu un temps où ce lieu était consacré à la mémoire d’un autre écrivain. « Effectivement, mais plus personne ne lisant Proust, il fallait réactualiser le lieu, accroître son attractivité, le doper en terme de communication. »

    Henri Rol-Tanguy occulté par le Musée de la Libération de ParisBrassard du colonel Rol-Tanguy © Paris – Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Laurent Sully-Jaulmes

    Ce pourrait être là le modeste synopsis d’une fable kafkaïenne sur le mode mineur. Réjouissant, certes, pouvant être traité jusqu’à produire une intrigue distrayante. Mais si vous désirez éprouver ce que recèle de profondément angoissant cette élucubration fantaisiste, je vous invite à la vivre par vous-même. Rien de plus simple. Essayez, par exemple, de vous rendre au musée Rol-Tanguy de la Libération de Paris. Il se trouve place Denfert-Rochereau, dans le XIVe arrondissement parisien. Pourquoi ce musée ? Simplement parce que la figure du colonel Henri Rol-Tanguy est tout aussi importante, pour le XXe siècle en France, que celle de Marcel Proust.

    Henri Tanguy, né en 1908 à Morlaix, mort en 2002 à Paris, était entré en clandestinité dès octobre 1940. Il allait devenir le responsable des F.T.P. (Francs-Tireurs et Partisans), branche communiste de la résistance armée au sein des F.F.I. Les F.F.I. de la région parisienne dont il devient justement le chef le 1er juin 1944. Il est alors promu lieutenant-colonel et prend à cette occasion son ultime pseudonyme, Rol, du nom d’un officier des Brigades internationales, Théo Rol, tombé en 1938 durant la bataille de l’Èbre. Dès lors, son unique obsession sera la libération de Paris, préparée en liaison avec le Comité d’action militaire du Conseil national de la Résistance et le délégué militaire national du général de Gaulle, Jacques Chaban-Delmas.

    Libérez Rol-Tanguy !-parJean-Yves Jouannais (En-Attendant-Nadeau 30/10/2019)

    Henri Rol-Tanguy © LAPI/Roger-Viollet

    L’avance des Alliés en Normandie donne le signal de l’insurrection. Le 10 août, des grèves éclatent. Le 15, le colonel Rol-Tanguy lance un appel aux forces de l’ordre pour qu’elles se rangent aux côtés des FFI. Le 18 août au matin commencent la grève générale et les premières occupations d’usine. Le soir, une affiche fleurit sur les murs invitant les Parisiens à se joindre aux FFI. Dès le lendemain, la préfecture de police est occupée par des policiers insurgés. Rol-Tanguy les harangue. Le 20 août, l’état-major FFI est installé dans son poste de commandement souterrain de la place Denfert-Rochereau, sous le Lion de Belfort. L’endroit en question est un abri de la défense passive construit en 1935 et destiné à accueillir des services publics en cas de bombardements aériens. Cent marches vous mènent à 20 m sous terre. C’est depuis ces catacombes que le colonel Rol-Tanguy a initié puis commandé l’insurrection de Paris.

    Aussi, à l’occasion du 75e anniversaire de la Libération de Paris, pourriez-vous être tenté par la visite du musée Colonel Rol-Tanguy. Or, ce que vous découvrez à l’adresse même du QG du grand résistant, c’est effectivement le musée de la Libération de Paris. Mais ce musée est consacré au général Leclerc et à Jean Moulin. Quant au nom du héros, il a disparu.

    Henri Rol-Tanguy occulté par le Musée de la Libération de Paris

    Pourquoi musée Jean Moulin ? Nul ne saurait le dire. Lorsque Paris est libéré, Jean Moulin est mort depuis un an déjà. Pourquoi musée Général Leclerc ? On sait que, le 23 août, les insurgés envoient en mission le commandant Cocteau (« Gallois »), chef d’état-major du colonel Rol-Tanguy, auprès du général Patton pour signaler aux Américains que la moitié de la ville est libérée, mais qu’une offensive militaire permettrait d’accélérer la capitulation de l’ennemi et de sauver bien des vies. Ayant obtenu l’accord de De Gaulle, qui rappelle à Eisenhower sa promesse faite à Alger en décembre 1943 que la libération de Paris serait confiée à une unité française, le général Leclerc force la main aux Américains en donnant l’ordre de marche sur Paris aux éléments de reconnaissance de sa 2e DB. C’est le capitaine Dronne qui franchit les portes d’Italie et d’Orléans le 24 août 1944 à la tête de la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad. Ce sont précisément 18 véhicules, dont 3 chars du 501e RCC qui vont se poster en renfort devant l’Hôtel de Ville, le 24 août à 21 h 22.

    La prétendue libération de Paris par la 2e DB, ce n’est que cela : 3 chars stationnés sur le parvis de l’Hôtel de Ville, le 24 août, en fin de journée. Un symbole fort, assurément nécessaire, mais un mouvement tactique mineur. À ce moment-là, les 9/10e de la capitale ont été libérés par sa population et par les 100 000 hommes en armes sous les ordres du colonel Rol-Tanguy. Ce dernier assiste dans la foulée à la signature de l’acte de reddition sans condition des forces allemandes du général von Choltitz et en contresigne lui-même un des exemplaires. On connaît la suite, peu glorieuse, voire infamante. À savoir comment les généraux de Gaulle et Leclerc de Hauteclocque, pleins de mépris et de défiance à l’égard de ce communiste, vont s’employer à le chasser de l’histoire. Ce qu’ils parviendront à faire. Ce pathétique musée de la place Denfert-Rochereau en est la preuve.

    Henri Rol-Tanguy occulté par le Musée de la Libération de Paris© D. R.

    Précisons le caractère scandaleux de l’affaire. Il ne s’agit pas, en l’occurrence, de retirer quelque once de gloire à la postérité légitime accordée au maréchal Leclerc. Ni, d’ailleurs, dans l’autre sens, de transmuer Rol-Tanguy en demi-dieu légendaire. Mais bien de demander des explications, voire des réparations, quant à la manière dont on a désiré insulter un homme en oblitérant sa mémoire sous le poids d’autres récits, d’autres biographies, d’autres destins. On ne peut impunément caviarder les plaques mortuaires et faire mentir les tombes. Après la mort de Henri Tanguy, un homme s’est attaché à rallumer cette flamme qu’avec tant d’empressement, et si unanimement, on avait voulu voir s’éteindre. L’astrophysicien Jean-Pierre Bibring s’est battu longtemps pour qu’au moins un bout de rue lui soit dédié. En 2004, on lui fit l’aumône d’une quarantaine de mètres de trottoir, au milieu de la place Denfert-Rochereau, baptisés pompeusement « avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy ». Une quarantaine de mètres, parce qu’il est difficile d’être plus précis, cette voie n’ayant ni début, ni fin, ne desservant aucune adresse. Personne n’habitera jamais avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy. Une autre version du magnifique Bécon-les-Bruyères, publié par Emmanuel Bove en 1927. La plus petite avenue du monde comme suspendue, fantomatique, dans le vide d’une place parisienne. Un moignon de notoriété emmanché au bout des 1 235 m de l’avenue du Général-Leclerc, qui fut ainsi baptisée, quant à elle, dès 1948, quelques mois après la disparition de Leclerc.

    Le QG souterrain du chef des FFI est aujourd’hui comme la crypte d’un temple désanctuarisé, un temple dédié au culte oublié d’une divinité archaïque sur les fondations duquel on a bâti une chapelle pimpante et moderne. S’y trouve célébrée une religion plus touristique, à la liturgie simplifiée et mensongère. Mais je veux croire que ce mensonge est davantage tributaire de la bêtise que de la malversation. Il existe dans le vaste corpus des littératures nombre de textes dont personne, jamais, ne sut percer le secret et dont le sens fut dès leur origine mystérieux, hermétique, peut-être, à l’entendement de leur auteur même. Ainsi le Carmen Saliare, incantation propre aux Saliens, l’une des confréries sacrées instituées par Numa Pompilius. Les auteurs latins classiques, Horace le premier, reconnaissaient déjà en effet n’en pas saisir le sens. Quintillien, quant à lui, dans son Institution oratoire, prétend que les Saliens eux-mêmes n’entendaient rien à ce texte. Ils l’auraient adopté comme par distraction. Je veux croire que d’intituler « Musée Général Leclerc et Musée Jean Moulin » ce qui ne peut être que le « Musée Rol-Tanguy » est le fruit d’une inadvertance de cette sorte. Étourderie qui a l’avantage de pouvoir être corrigée aussi rapidement qu’aisément. Si ce n’était pas le cas, il faudrait sérieusement songer à corriger l’imbécile accroche publicitaire qui apparaît, triomphale, sur le site de ce Musée de la Libération de Paris-Général Leclerc-Jean Moulin : « Ils ont fait l’histoire, nous vous la racontons. »

    Jean-Yves Jouannais

    https://www.en-attendant-nadeau.fr/

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  • Anne Guillou à la rencontre des Lanvénécois (OF-22/11/19)

    Entretien

    Mardi soir, l’Université populaire du pays d’Iroise (UPPI) organisait, à Ti Lanvenec, une soirée-débat sur Nathalie Le Mel, Brestoise et figure incontournable de la Commune de Paris.

    Pour animer la conférence et faire découvrir cette femme engagée, l’UPPI a fait appel à Anne Guillou. Cette universitaire, originaire de Guiclan, a, entre 1966 et 1976, fait des recherches au Bénin, puis à l’Université de Madagascar, sur la condition de vie des femmes.

    De retour en France en 1976, elle est nommée au département de sociologie de l’Université de Nantes. En 1987, grâce à sa thèse sur « Les femmes, la Terre, l’argent », elle devient Docteur d’État de sociologie. Anne Guillou aiguille alors ses recherches vers la sociologie rurale, particulièrement sur les femmes et les rapports sociaux en milieu rural.

    Nommée à Brest en 1991, elle crée le département de sociologie à l’Université de Bretagne occidentale (UBO). Elle y exerce jusqu’en 2003 et son départ en retraite. De 1994 à 2013, elle anime le centre culturel de Luzec et se consacre à l’écriture de romans. Son 23e, Une embuscade dans les Aurès, est sorti en 2018.

    Anne Guillou, chevalier de l’ordre national du Mérite et officier de l’ordre des Palmes académiques, vit désormais à Morlaix.

    Vous avez répondu favorablement à l’UPPI pour cette conférence. Qu’est-ce qui vous a motivé ?

    J’essaie de partager au mieux mes connaissances, c’est important d’évoquer des figures historiques, qui plus est locales. Des personnages qui ont beaucoup apporté aux Français et à leur histoire.

    Que représente Nathalie Le Mel pour vous ?

    Il faut parler d’elle, elle n’a pas laissé d’écrits et la mémoire collective l’a oubliée. Pourtant, cette Brestoise fut l’une des figures de la Commune de Paris. Elle ne fera jamais de concession à ce qu’elle estime juste.

    Quand avez-vous commencé à écrire ?

    Mon premier livre, Corps utile, corps fertile, est sur l’Afrique. En 1982, je suis retournée quatre mois au Bénin, et j’ai écrit les résultats de mon enquête sur les femmes de ce pays.

    Parmi les vingt-trois livres que vous avez écrits, le dernier est plus personnel…

    C’est une partie de ma vie. J’étais institutrice à Landivisiau et fiancée à Raymond Messager, fils de paysans de Guiclan. C’était un jeune officier, et début septembre 1960, il est affecté au poste militaire de T’Kout, dans les Aurès (N.D.L.R : en Algérie). Pendant son voyage aller, Raymond tombe dans une embuscade tendue par les rebelles et il y a laissé sa vie. C’est en partie un récit autobiographique, où j’essaie de donner un nouvel éclairage documenté sur ce conflit, qu’aujourd’hui encore certains préfèrent ne pas aborder.

    Une embuscade dans les Aurès, aux éditions Skol Vreizh. Anne Guillou a, lors de son passage, offert des livres dédicacés à la bibliothèque de Locmaria.

    Ouest-France du 22/11/2019

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  • 1989 – 2019, il y a 30 ans, l’ de l’Ouest annexé l’ de l’Est. Cette date anniversaire donne à nouveau lieu à un déferlement de propagande anticommuniste, qui n’a rien à envier au totalitarisme maccarthyste qui n’a jamais cessé, même après la fin du socialisme dans les pays de l’Est.

    Le PRCF à cette occasion et alors que l’Union Européenne pousse dangereusement les feux de la fascisation en réhabilitant le nazisme et les régimes fascistes et en criminalisant le communisme, appelle à la prise de conscience de tous les antifascistes. Un appel à l’action, avec l’invitation à participer à la manifestation antifasciste et contre l’anticommunisme organisée à Paris ce  à 14H.

    Une pétition est également lancée, à l’initiative d’un large collectif antifasciste de personnalités, communistes, républicains, gaulliste, à signer en ligne en cliquant ici.

     

    Communiqué du PRCF à l’occasion du 30e anniversaire de la fin de la 

    9 novembre : contre l’euro- débridé, les vrais antifascistes défendent les libertés de tous devant l’ambassade parisienne du fascisant régime polonais !

    Le 30ème anniversaire du 9 novembre 1989 donne lieu à une campagne continentale débridée d’anticommunisme et d’antisoviétisme à retardement.

    En déphasage complet avec les sentiments pour le moins mitigés des « Ossies » et des classes populaires de Russie et d’ centrale et orientale, tout est fait pour criminaliser la 1ère expérience socialiste de l’histoire, sans tenir compte ni de l’énorme pression militaire, économique et idéologique du camp impérialiste qu’a subie cette expérience, ni du bilan, terrible pour les travailleurs, pour la souveraineté des peuples, pour la paix mondiale et pour les conquêtes sociales et démocratiques, que comporte la destruction du camp socialiste européen et la re-mondialisation contre-révolutionnaire d’un capitalisme de plus en plus débridé, belliciste, prédateur et fascisant.

    Pire, réécrivant l’histoire, validant les persécutions anticommunistes en cours (Pologne, Pays baltes…), affichant sa collusion avec l’ultra-droite à l’offensive, déguisant sous un « antitotalitarisme » de façade son totalitarisme anticommuniste fascisant, le  vient de lancer une chasse aux sorcières continentale en adoptant le 19 septembre dernier une résolution odieuse qui amalgame le Troisième Reich exterminateur à l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Une URSS dont De Gaulle disait, en signant le pacte d’alliance franco-soviétique le 10 décembre 1944 : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ».

    Ainsi, sous couvert de mettre à égalité l’envahisseur nazi et les défenseurs héroïques de Stalingrad, la très impopulaire UE diabolise les communistes tout en banalisant les fascistes (tout l’ARC anticommuniste européen, des eurodéputés du RN aux « socialistes » et aux « verts », a rallié la motion euro-maccarthyste qui propose à demi-mots d’interdire les emblèmes communistes de Gibraltar à Vilnius !). Par la même occasion, l’UE arrimée à l’OTAN cloue au pilori le peuple russe, dont l’héroïsme de masse a brisé l’ « invincible » Wehrmacht et ses auxiliaires venus de toute l’Europe pour édifier la « Nouvelle Europe » et anéantir le « judéo-bolchevisme »

    Dans ces conditions, le PRCF – que président les anciens Résistants FTP-MOI et FTPF Léon Landini et Pierre Pranchère – a invité plusieurs organisations communistes, antifascistes et gaullistes à prendre symboliquement la parole devant l’Ambassade polonaise à Paris ce samedi 9 novembre à 14h, au croisement des rues Constantine et Talleyrand.  

    Pour le PRCF, Georges Gastaud, philosophe, fils de Résistant, secrétaire national du PRCF,

    Fadi Kassem, agrégé d’histoire, secrétaire national adjoint du PRCF,

     


    Dans les prochains jours IC reviendra en détail sur le très noir bilan 30 ans après de l’annexion de la RDA, une annexion si justement dénoncé par le très sérieux mensuel Le Monde Diplomatique.

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  • Nous étions bien présents, ce dimanche, à la cérémonie d'hommage aux 27 martyrs communistes et patriotes de Châteaubriant.
    D'autres photos et vidéos de ce moment solennel à venir très rapidement dans les prochains jours.Cérémonie de Châteaubriant le 20 octobre 2019.Cérémonie de Châteaubriant le 20 octobre 2019.Cérémonie de Châteaubriant le 20 octobre 2019.Cérémonie de Châteaubriant le 20 octobre 2019.

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