• Il y 76 ans, le 10 juillet 1940, l'Appel de Maurice THOREZ et de Jacques DUCLOS [video]

     

    Des images de la cérémonie de commémoration de l'Appel du 10 juillet 1940 organisée bd Mortier à Paris 20è le 10 juillet 1977, avec notamment le discours de Gaston Plissonnier.

    Télécharger « 160710-Le texte de l' appel du 10juillet 1940 de M. Thorez & J. Duclos.pdf »

     

    source:  communcommune.com

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  • Discours de Nicole Aurigny, vice-Présidente de  la Libre Pensée

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016

    A l’initiative du Groupe La Barre de la Libre Pensée d’Abbeville, se tient chaque année un rassemblement et une manifestation en hommage au Chevalier de la Barre, assassiné par la réaction cléricalo-monarchiste et brulé en place publique, le 1er juillet 1766. Une centaine de laïques et de libres penseurs étaient présents à Abbeville le 3  juillet 2016.

     

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016 (FNLP.fr 6/07/2012)

    «  Citoyennes, citoyens, chers amis, cher camarades,

    Un des attendus du jugement qui a amené le Chevalier de La Barre au bûcher était « d’avoir rendu le respect à des livres infâmes au nombre desquels se trouvait le Dictionnaire philosophique du sieur Voltaire. » Et ce livre, nous le savons, fut brûlé en même temps que le Chevalier.

    Voltaire a publié le « Dictionnaire philosophique » en 1764, et ce dictionnaire « portatif », comme il fut appelé ensuite, eut un grand succès et se répandit rapidement dans la société du XVIIIè siècle. Furieuse, l’Eglise condamna le dictionnaire « au feu » dès 1765, mais elle décida aussi de répondre par un livre qui eut pour titre : Anti-dictionnaire philosophique.

    J’ai eu l’occasion de feuilleter cet ouvrage, et dans la préface de 1775, on peut lire : « Le Parlement de Paris condamna ce livre au feu par son arrêt du 17 mars 1765, comme une satyre scandaleuse des Mystères, de la Morale et de la discipline du Christianisme ; comme un cours complet de Matérialisme, comme un recueil de blasphèmes mille fois répétés par les Impies, et mille fois réfutés depuis dix-huit siècles. Ces illustres magistrats firent plus encore en 1766, lors de l’exécution du Chevalier de la Barre à Abbeville. Ils ordonnèrent que cette production sacrilège serait brûlée sur le corps du jeune criminel qu’elle avait séduit. » En 1775, les religieux ne craignent donc pas de tirer gloire à la fois de la destruction du dictionnaire philosophique et du supplice du Chevalier.

    Mais, 14 ans plus tard,  en 1789, la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirme que  « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. »

    C’est le combat de la Libre Pensée depuis plus de 150 ans, car elle considère que la France n’est pas la « fille aînée de l’Eglise », mais la fille des Lumières, de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, des lois laïques de 1881-1886, de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat.

    C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée se félicite du rassemblement du 5 décembre 2015 pour l’abrogation de la loi Debré et la défense de la loi de 1905. Malgré l’état d’urgence, l’interdiction de la manifestation, le rassemblement de plusieurs milliers de laïques s’est tenu. A l’initiative de la Libre Pensée, ont participé à ce rassemblement la Ligue de l’Enseignement, la Ligue des Droits de l’Homme, la Confédération Force Ouvrière, la FERC-CGT, l’Union rationaliste, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité., Laïcité-Liberté. Toutes ces organisations ont pu développer leur point de vue et expliquer pourquoi elles revendiquent l’abrogation de la loi Debré et pourquoi elles défendent la loi de 1905.

    On le voit : le mouvement laïque se restructure autour d’un axe dont la Libre Pensée est une composante importante, parce qu’elle est restée ferme sur la définition de la laïcité, qui n’est ni plurielle, ni ouverte, ni xénophobe, ni communautariste, ni « chrétienne et blanche », et parce qu’elle défend la loi de 1905, se refusant à confondre sphère publique et sphère privée.

    Défendre la loi de 1905, c’est défendre la République contre le communautarisme ; c’est refuser de voir chaque personne s’enfermer dans sa communauté supposée ; c’est refuser de revenir à l’Ancien-Régime où chaque individu appartenait obligatoirement à un Ordre.

    Revendiquer l’abrogation de la loi Debré, c’est revendiquer les fonds publics exclusivement à l’Ecole publique. Il convient donc de dénoncer, une fois de plus, le budget en faveur de l’enseignement privé, en hausse en 2016 : plus de dix milliards de fonds publics détournés pour l’école privée à 97 % catholique. La Libre Pensée invite ses Fédérations à établir l’inventaire des fonds publics détournés et à rendre ces chiffres publics.

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016 (FNLP.fr 6/07/2012)

    Défendre la laïcité de l’Ecole, c’est aussi exiger l’abrogation du Concordat qui instaure en Alsace-Moselle, non pas un droit local cultuel, mais un régime clérical d’exception. Abandonner cette exigence serait laisser la porte ouverte à ceux qui, comme Bernard Cazeneuve, voudraient intégrer la religion musulmane et éventuellement le culte évangélique avant d’étendre le Concordat à tout le pays.

    Défendre la laïcité de l’Ecole, c’est combattre la loi Peillon, la réforme des rythmes scolaires, la réforme du collège. La « refondation » de l’Ecole inverse, elle aussi, la hiérarchie des normes : la territorialisation, le projet local, l’autonomie vont à l’encontre des programmes, des examens nationaux, à l’encontre de l’égalité, à l’encontre de la laïcité. La FNLP  a appuyé le combat contre ces réformes rejetées massivement par les enseignants et les parents. Elle se félicite que les organisations représentant 80 % des personnels aient exigé l’abandon de la réforme du collège.

    Avec la loi El Khomri, on voit une tentative insidieuse de mettre en place un ordre corporatiste, directement inspiré de la Doctrine sociale de l’Eglise, via l’Europe vaticane. Les salariés ne seraient plus considérés comme une classe sociale, et l’inversion de la hiérarchie des normes aboutirait à leur atomisation.

    Pour parfaire le piège dans lequel on voudrait les enfermer, le Sénat, avec l’accord du gouvernement, vient de réintroduire dans la loi El Khomri la disposition sur l’extension de la « laïcité » dans les entreprises privées. « Le règlement intérieur peut, par accord d’entreprise, contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés, si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »

    Comme on le voit, il s’agit de chercher à interdire toute expression d’une conviction religieuse, syndicale, politique. C’est une remise en cause d’un droit démocratique : la liberté d’expression. Dans cette acception, la laïcité n’est plus le système institutionnel qui garantit à tous la  liberté de conscience et d’expression ; elle est ravalée au rang de simple opinion. On tue la laïcité au nom de la « laïcité ».

    En cette année 2016, centenaire des batailles sanglantes de Verdun et de la Somme, je voudrais rappeler un autre combat de la Libre Pensée : pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple. Devant ce monument en hommage au Chevalier de La Barre, nous nous souvenons de tous les efforts qu’il a fallu pour récolter sou après sou les sommes nécessaires à sa réalisation. C’est un exemple et un encouragement pour nous qui avons lancé une souscription nationale pour rendre hommage aux 639 Fusillés  grâce à un monument en pierre sur la ligne de front.

    Depuis un an, les batailles n’ont pas manqué ;

    • Le gouvernement voulait introduire l’état d’urgence dans la Constitution. Il n’a pas réussi.
    • Le gouvernement a voulu interdire les manifestations syndicales. Il n’a pas réussi.
    • Il n’a pas trouvé le consensus qu’il recherchait pour faire aboutir ses contre-réformes.
    • Et contre la loi Travail, la mobilisation continue.

    Nous commémorons aujourd’hui le 250è anniversaire du supplice du Chevalier de La Barre.

    Contre la loi Debré, pour la défense de la loi de 1905« pour l’émancipation intégrale de la pensée humaine » comme le proclame fièrement ce monument, l’union laïque est en marche. »

    source: fnlp.fr/

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  • 7 JUIN 36, VICTOIRE DES SALOPARDS EN CASQUETTE !

     Jamais autant d’avancées sociales n’ont été obtenues d’un seul coup. Congés payés, semaine de 40 heures, convention collective, libre exercice du droit syndical, contrat de travail, augmentation des salaires jusqu’à 15%… « VICTOIRE SUR LA MISÈRE ! », titrait Le Peuple : « 8 MILLIONS DE SALARIÉS OBTIENNENT SATISFACTION ».

    Grâce au combat des nôtres, les « salopards en casquette » comme les appelaient les Gattaz de l’époque, nous bénéficions toujours aujourd’hui des conquêtes sociales remportées grâce aux grèves et aux occupations spontanées du printemps 1936.

    C’est aux législatives du 03 Mai 1936 que le Front Populaire l’a emporté. Mais de peu et avec un programme assez limité. Mais le mouvement social ne s’est pas arrêté là. Une immense vague de grèves spontanées avec occupation s’est imposée en exigeant des réformes sans précédent. Syndicats et partis ont dû suivre cette formidable mobilisation. Le gouvernement d’union de la gauche a dû écouter le mouvement social et transformer les revendications en autant de lois.

    Aujourd’hui c’est l’inverse. Un gouvernement « socialiste » s’emploie à détruire ces acquis en imposant brutalement par la ruse et par la force sa « Loi Travail », combattue depuis trois mois par un vaste mouvement social.

    HOLLANDE, VALLS, MACRON, TROIS IMPOSTURES PAR JOUR

    Pour cet anniversaire du Front Populaire, leurs conseillers en com’ se sont surmenés mais c’est encore raté :

    - grève partout contre la Loi Travail, notamment à la SNCF à quelques jours de l’Euro de foot. Au journal La Voix du Nord, le 07 juin, François Hollande cite le leader communiste de 1936, Maurice Thorez, « IL FAUT SAVOIR ARRÊTER UNE GRÈVE ». Mais Hollande oublie de citer la suite : « DÈS QUE LA SATISFACTION A ÉTÉ OBTENUE ».

    - Manuel Valls, acharné à imposer la Loi Travail en déployant une répression policière brutale, célèbre avec lyrisme les accords Matignon le 07 juin, tout en faisant tout ce qu’il peut pour en détruire l’essentiel.

    - Emmanuel Macron inaugure un timbre poste à la mémoire du Front Populaire. Il choisit judicieusement la poste de Montreuil (93) dont le maire communiste Patrick Bessac refuse de le recevoir. Huées, sifflets. Malgré les forces policières qui l’entourent, il se prend un œuf sur la tête.

    LES ACCORDS MATIGNON

    « Nous avions pour nous la force et nous pouvions parler haut », dit Benoît FRACHON (CGT) face à Alfred LAMBERT-RIBOT, du Comité des Forges, dans ce document d’anthologie !

    Extrait de l’émission PANORAMA du 15 juillet 1966 : « Il y a 30 ans, le Front populaire » :

     07 JUIN 36, VICTOIRE DES SALOPARDS EN CASQUETTE ! par Là-bas si j'y suis

     source: a-bas.org/la-bas-magazine/

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    Résistance. À la jeunesse de reprendre le flambeau (LT 28/05/2016)

    La journée nationale de la Résistance célébrée à la stèle des fusillés à Mousterlin

    C'est à la pointe de Mousterlin à Fouesnant, où furent fusillés 17 résistants, qu'a été célébrée, hier, la troisième journée de la Résistance. Elle commémore la première réunion, le 27 mai 1943 à Paris, du Conseil national de la Résistance.

    Le 15 mai 1994, 17 résistants, torturés à la prison Saint-Charles de Quimper, étaient fusillés et enterrées dans les dunes de Mousterlin. C'est sur les lieux même de leur exécution qu'a été célébrée, hier matin, la journée mondiale de la Résistance. 73 ans plus tôt, à Paris, Jean Moulin parvenait à accomplir la mission que lui avait confiée le général de Gaulle, celle d'unir la Résistance intérieure. La cérémonie a réuni autour de la stèle du souvenir des anciens combattants, de nombreux élus, des représentants des autorités civiles et militaires. Le message commun des représentants de la Résistance du Finistère a été lu par Aldric Parent, Chloé Alvez Da Costa et Clémence Prévet, élèves au collège Kervihan de Fouesnant. Prêtant ainsi sa voix à Alexis Le Gall, président de l'amicale des anciens de la 1r e Division de la France Libre, le jeune collégien a rappelé que « la Résistance commença quand, de Londres et sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle signifia son refus de l'armistice (...) Rares, très rares, furent ceux qui le rejoignirent dans la lutte ».

    Des jeunes épris de liberté

    Le texte d'Anne Friant, présidente départementale de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (Anacr), lu par les deux jeunes filles, a souligné le rôle de la Résistance intérieure dans la libération de la France. « Jeunesse de ce pays, entretenez la flamme de la Résistance, donnez-lui à votre tour, tout son éclat. Continuez l'oeuvre de vos aînés », l'a-t-elle exhortée. La teneur du message ministériel lu par le préfet Jean-Luc Videlaine, représentant de l'État, visait également à transmettre aux nouvelles générations cette « flamme de la Résistance » qui animait les combattants de l'ombre, quelles que soient leurs origines sociales. «Ensemble, ils édifièrent le programme politique et social du CNR pour une République plus ouverte, plus généreuse, plus démocratique ». Ce programme, adopté le 15 mars 1944, comportait notamment le socle de notre modèle social avec, entre autres, la création de la Sécurité sociale, la retraite, le réajustement des salaires pour que chaque travailleur puisse vivre dignement. La fin du message ministériel a voulu s'en revendiquer : « Aujourd'hui, nous devons continuer à moderniser l'État pour le rendre plus juste en conservant l'esprit de bienveillance du CNR ».
     
    Cathy Tymen
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  • Eurovision suite...Au fait, pourquoi les tatars de Crimée ont-ils été déportés ? -par Karine Bechet-Kolovko -19/05/2016

    A l'occasion de la victoire à l'Eurovision de la chanson de Jamala "1944" officiellement consacrée à la déportation des tatars de Crimée par le pouvoir soviétique, j'ai trouvé surprenant de voir de longs passages consacrés à leurs souffrances, mais rien sur les raisons de cet acte. Comme s'il ne s'agissait que d'un pur caprice de Staline. Dont l'évocation du seul nom est suffisante en Occident pour se passer de "pourquoi".
     
    Et lorsque l'on regarde ce "pourquoi" de plus près, il n'est pas forcément une bonne chose que l'Ukraine noire-brune lève le voile que le pouvoir soviétique de toutes ses forces avait déposé sur les crimes ignobles commis massivement par les tatars de Crimée lors de la Seconde Guerre Mondiale. Si beaucoup ont péri lors de leur déportation, ils auraient tous été massacrés par la population locale après le départ des nazis. 
     
      En 1944, le pouvoir soviétique décide de déporter les petits peuples qui ont collaborés avec les nazis. Je dis bien les "petits", car remarquez que les ukrainiens de l'ouest ont pu rester sur place et l'on y trouve les racines de la résurgeance des héros nazis aujourd'hui. Donc, les tatars sont déportés, dans des conditions inhumaines. Dans des wagons, où certains périront. Mais rappelons-nous un petit détail: nous sommes en 1944, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, où l'URSS a mis toutes ses forces, à payé un prix considérable, a vu des milliers de villes et de villages détruits, a vu bombarder son infrastructure, ses usines. Toute la population vit dans des conditions inhumaine. C'est la guerre, ce n'est pas Nuit Debout. 
     
    Un excellent article vient d'être publié en Russie sur le sujet, un article qui remet les points sur les i à ceux qui auraient la tentation de faire remonter à la surface ce qu'ils ne pourraient pas maîtriser. Je vous en propose les grandes lignes, mais vous pouvez le lire en entier ici sur le blog de Pavel Shipilin.
     
    Le pouvoir soviétique gouvernait un territoire multiculturel, multiethnique. Il maîtrisait déjà l'art de la globalisation et de l'internationalisme, découlant naturellement de ses origines révolutionnaires. Dans ce contexte, il ne pouvait se permettre de monter un peuple contre l'autre. Les crimes commis par les tatars de Crimée, par les divisions ukrainiennes de l'UPA, furent délicatement posés sur le dos des SS, les documents stockés et conservés sous le sceau secret-défense. 
     
    Mais si l'on peut faire taire des papiers, l'on ne peut pas faire taire les gens. Et les habitants de Crimée, ou de Pologne, se souviennent parfaitement des crimes des uns et des autres. La frontière entre l'Ukraine et la Pologne devait permettre de gérer le conflit potentiel, mais il n'y avait pas de frontière à l'intérieur de la Crimée. Les ukrainiens de l'ouest sont restés, les tatars déportés.
     
    L'auteur de l'article donne les liens vers les informations concernant ces crimes. Par exemple, ici, sur les tatars de Crimée qui ont servis dans les rangs nazis. Photo d'époque:
     

    Eurovision suite...Au fait, pourquoi les tatars de Crimée ont-ils été déportés ? -par Karine Bechet-Kolovko -19/05/2016

     
    En 1939, ils constituaient moins de 20% des populations de la presqu'île. Lors de la guerre, ils furent appelés, comme chaque citoyen soviétique, à servir dans les rangs de l'armée rouge, mais la désertion revêtait un caractère massif chez eux, presque la totalité a déserté dès 1941. Les allemands surent utiliser ce trait de caractère. Ils aidèrent à "protéger" les villes de Crimée avec les nazis contre les "attaques des partisans". Et l'armée allemande en avait besoin car comme l'écrivait le feld maréchal Von Manstein, un important mouvement de partisans s'est immédiatement formé en Crimée dès l'occupation nazie, car à part les tatars, il y avait aussi des russes. Tout est dit. Leur loyauté au Führer fut constante et sans défaut jusqu'à la défaite de l'Allemagne, comme le montre les différents documents des réunions des comités de tatars.
     

    Eurovision suite...Au fait, pourquoi les tatars de Crimée ont-ils été déportés ? -par Karine Bechet-Kolovko -19/05/2016

     
    Mais non seulement, les tatars "protégeaient" la population contre les partisans, mais ils ont également commis des crimes atroces justement contre cette population, leurs voisins. Prenons un exemple, la destruction totale du village criméen de Laki. Vous ne le trouverez plus sur la carte, il a été rayé avec sa population par les tatars de Crimée, alors qu'il était un des plus vieux village de la région, les premières traces remontant au VIe siècle. Le 23 mars 1942, les SS aidés de leur contingent local tatare, ont détruit tous les bâtiments, l'école, les magasins, les maisons, et brûlé les habitants. 16 femmes, les personnes âgées et les enfants. Une balle dans la tête, puis les corps ont été mis dans une fosse, arrosés d'essence et brûlés.
     
    L'on peut donner d'autres exemples de cruauté, ils sont nombreux, mais la situation est claire. Alors maintenant imaginez ce que va faire la population lorsque les allemands partent? Dès que le pouvoir soviétique tournera la tête. Sans faire le tri entre les coupables et les innocents, ce sont tous les tatars de Crimée qui étaient en danger. Et dans un pays multiethnique, ce n'est pas possible, sauf à faire exploser le pays. Car, il y aura aussi la haine des polonais contre les ukrainiens pour, notamment, les crimes commis contre la population polonaise dans le village de Lipniki. Ce village avait été pris par les polonais aux ukrainiens dans les années 20-30, tout d'abord, et avaient renvoyé la population ukrainienne. Lorsque les ukrainiens de l'UPA, accompagnant l'armée nazie, avaient repris le village, ils ont massacré, dépecé, démembré, brûlé, torturé les polonais qui y vivaient. Le futur cosmonaute polonais y a perdu 12 membres de sa famille, son grand frère lui a raconté ce qui s'était passé. 
     
    Le pouvoir soviétique a donc déporté le peuple tatar. Oui, par là même lui a laissé la vie sauve. Après, ce que ce peuple en a fait, c'est de sa responsabilité. Mais les tatars qui ont combattu l'ennemi ont été décorés comme héros de l'Union soviétique, et ils ne purent rentrer sur leurs terres, car les crimes commis par les autres tatars les auraient mis en danger.
     
    Pourquoi Jamala n'en parle pas? Pour citer cet article:
    "Mais comment faire pour que l'Ukraine ne se retrouve pas confrontée à un autre problème, à la rencontre de la volonté de polonais de restaurer publiquement la justice historique. Puisque l'Eurovision s'est définitivement transformé en un lieu où se règle la grande politique des petits états, c'est donc tout à fait possible."
    Un groupe polonais a sorti une chanson qui devrait avoir, en ce sens, toutes ses chances à l'Eurovision 2017 - l'Ukraine devant se poser en héraut de la vérité historique. Il s'agit du groupe de rap Basti avec sa chanson Wroga Krew (le sang ennemi), dont voici les premières lignes:
     
    "Le sang ukrainien est le sang de l'ennemi. Je suis né polonais.
    Aucun des ukrainiens dans la vie ne deveviendra jamais mon frère.
    Conformément à l'histoire, et pas l'inverse,
    Je crois en la vérité, aucune propagande ne m'arrêtera."
     
    L'Ukraine s'est engagée dans une voie dangereuse. C'est une chose sensible et très aléatoire la vérité historique. Surtout que nous avons une furieuse tendance à la simplifier pour la faire correspondre aux besoins du moment. Alors que sa complexité dépasse notre vision politique.
     
    En 2014, lors du rattachement de la Crimée à la Russie, symboliquement, le Président V. Poutine a adopté un oukase sur la réhabilitation des tatars de Crimée. Le 18 mai devient le jour commémorant la tragédie tatare. Sa déportation. La page est tournée. Il faut vivre en paix, sans oublier et sans insister.  La paix est à ce prix, un équilibre précaire. A chacun sa voie, l'Ukraine en a choisie une autre, dangereuse pour elle-même.
     
    Karine BECHET-GOLOVKO-le 19 mai 2016
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  • Mai 1936, Mai 1945 … Mai 2016 ? la stratégie gagnante du Front Antifasciste Populaire Patriotique et Ecologique! (IC.fr-12/05/2016)

    Quelles leçons pour aujourd’hui ?

    Le affirme aujourd’hui que le choix stratégique fondamental du VIIe Congrès de l’Internationale Communiste, éclairé par le grand meeting du le 14 juillet 1935 à Paris, fut le bon et qu’il reste d’une totale actualité. Le choix du Front Antifasciste, Patriotique et Populaire*.

    Choix confirmé, en d’autres circonstances, durant la Seconde Guerre Mondiale par le Mouvement communiste international et par la de l’Union soviétique prenant la tête d’une large Coalition antifasciste mondiale.
    Ce choix permit au mouvement ouvrier de prendre la tête à la fois du combat pour l’émancipation sociale et pour l’indépendance nationale. La classe ouvrière devenait la classe nationale selon la formule de Marx.

    En 1936 chez nous le Front populaire permit de barrer la route au fascisme et de faire avancer les conquêtes sociales en s’appuyant sur le mouvement revendicatif de lutte des masses ouvrières et paysannes alliées à la petite-bourgeoisie. Partout il aguerrit le mouvement ouvrier et son avant-garde, lui permettant de porter la lutte révolutionnaire en élargissant et en intégrant celle-ci à l’histoire longue du mouvement populaire et aux traditions révolutionnaires. Le parti communiste se renforce en se faisant l’héritier de la Révolution française, en unissant drapeau tricolore et drapeau rouge, Marseillaise et Internationale, en prenant en même temps la tête des luttes sociales.

    En 1945, le Front populaire et patriotique forgé dans la Résistance permet de donner une puissance exceptionnelle aux Partis communistes qui furent dans tous les pays occupés en Europe par le nazisme-fascisme, en Asie par le militarisme fasciste, la force principale de la lutte pour la libération nationale et sociale. Cette puissance combinée à celle de l’URSS, est mise au service d’une grande politique sociale qui marque la vie nationale pendant des décennies. Aujourd’hui encore ce sont les conquêtes des Fronts Populaires et Patriotiques de 1936 et de 1945 qui sont la cible de la grande bourgeoisie et de ses fondés de pouvoir.

    Mai 1936, Mai 1945 … Mai 2016 ? la stratégie gagnante du Front Antifasciste Populaire Patriotique et Ecologique! (IC.fr-12/05/2016)Face à la situation actuelle du mouvement ouvrier et populaire le PRCF estime que la stratégie gagnante est encore celle d’un Front Antifasciste Populaire Patriotique et Écologique( FR.APPE !) car évidemment, à notre époque, la dimension d’une lutte contre la destruction de l’environnement par le tout-profit capitaliste intéresse la survie même de l’humanité.

    Rassembler les forces anti-monopolistes, républicaines et patriotiques est le seul axe stratégique permettant d’isoler et vaincre le grand capital, son UE, son euro, la fascisation et les droites (PS, LR,FN). Contre l’opportunisme collabo et la trahison du PGE, contre le solo sectaire et funèbre de la classe ouvrière qu’affectionnent les sectaires et les gauchistes, le Front antifasciste populaire patriotique du XXIe siècle permettra à la vraie gauche, ouvrière et populaire, de reprendre l’offensive.

     

    Par , fils de Résistants communistes.

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  • Un nouveau rôle dévolu à l’État, une façon différente de faire de la politique, l’émancipation de la classe ouvrière, des décisions sociales historiques ont marqué ce passage de la gauche au pouvoir.

    1936-ce que le Front Populaire a révolutionné (entretien ace Danielle Tartakovsky-OF 3/05/2016)


    1936-ce que le Front Populaire a révolutionné (entretien ace Danielle Tartakovsky-OF 3/05/2016)

     

    Entretien

    Danielle Tartakowsky,

    historienne, présidente de l’Université Paris VIII.

    Le 3 mai 1936, le Front populaire gagne les législatives avec 376 députés. Qu’est-ce qui a permis cette victoire ?

    D’abord, la mobilisation collective engagée dès 1934 contre les fascistes et les ligues d’extrême droite. Au défilé du 14 Juillet 1935, on a chanté L’Internationale et La Marseillaise, c’était inédit. De même que ce rassemblement populaire des socialistes, des communistes et des radicaux pour « le pain, la paix et la liberté ». Ce pacte d’unité fonde une nouvelle culture politique : elle se définit comme une culture de classes et une culture républicaine, qui perdure jusqu’à aujourd’hui.

    Le 5 juin, Léon Blum, leader de la SFIO, est nommé président du Conseil. En pleines grèves massives et joyeuses…

    La base et les militants « poussent » à l’action. 1936 révolutionne les manières de faire de la politique : on défile, on cesse de travailler, on se syndique. Les fêtes dans les usines et ailleurs sont des moments de plaisir, de lutte aussi. Tout le monde s’exprime : les femmes, les jeunes ou ces immigrés d’Europe de l’Est, d’Allemagne et d’Italie qui joueront un rôle essentiel dans la Résistance.

    En quoi cette période fut-elle capitale pour la classe ouvrière ?

    Elle a vérifié que la lutte collective paye. Et, comme le notait la philosophe Simone Weil, « si on avait obtenu tout cela sans faire grève, on aurait été moins contents ». La gauche est au pouvoir et La vie est à nous, pour citer le titre prémonitoire du film de Jean Renoir, en janvier 1936. En France, ces avancées majeures ont été conquises. Alors qu’aux ÉtatsUnis, elles ont été concédées.

    Comment la scène politique française s’est-elle modifiée ?

    Le Front populaire l’a révolutionnée. En modifiant les structures du gouvernement, en renforçant l’exécutif. En innovant, avec trois femmes (pas ministres puisqu’elles ne pouvaient pas voter), mais sous-secrétaires d’État, et deux tiers des ministres jeunes et novices, ce qui constitue une rupture absolue avec le passé. Par ailleurs, l’État est devenu le garant de la protection sociale, ce qui légitime ses interventions dans les secteurs du travail, de la santé, de la culture. 1936-1946 ou l’ébauche de l’État social à la française.

    Mais le Front populaire n’a duré qu’un an et demi…

    Et c’est remarquable qu’il ait tenu autant ! Souvenez-vous : Hitler au pouvoir ; en France, la fuite des capitaux, la déflation, le patronat qui veut casser le rapport de forces instauré lors des grèves, et les radicaux hostiles à toute réforme de structures. Le moindre basculement d’alliance faisait chuter le gouvernement. Il fallait donc maintenir un compromis fragile pour demeurer au pouvoir et continuer à agir.

    Pour vous, quels sont les échecs du Front populaire ?

    Je ne vois pas « d’échecs ». Disons plutôt des « angles morts » : le vote des femmes (il faudra attendre 1944), et la question coloniale que la volonté d’éviter d’affaiblir les démocraties dans leur lutte contre le fascisme contribue, sans doute, à expliquer.

    La non-intervention en Espagne pour lutter contre les franquistes n’est-elle pas un échec ?

    Non, car Blum n’avait pas le choix. Les radicaux auraient cassé l’alliance. Mais la France est le pays qui, « sous le manteau », a envoyé des armes et le plus grand nombre de combattants pour soutenir les républicains espagnols.

    « 36 », cela nous parle encore ?

    Oui, même si on se réfère plus facilement à 1968 ou 1995 (mouvement social contre le gouvernement Juppé). Un héritage est constamment réécrit. Il y a trente ans, des partis politiques venaient me demander si une stratégie de programme commun était encore possible. Il y a vingt ans, c’était des comités d’entreprises et des syndicats. Il y a dix ans, des gens de la culture en quête de films et photos d’alors. Et aujourd’hui, des journalistes (Sourire). Dans la bataille actuelle contre la loi El Khomri, personne ne s’est approprié fortement « 36 », alors qu’il s’agit de conventions collectives, d’enjeux et de la fin d’un cycle qui avait commencé sous le Front populaire.

     

    Recueilli par Colette DAVID.

    Source : Ouest-France  3 mai 2016

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  • 80 ans du Front Populaire-RÉVOLTES ET COMBATS D'ESPOIR-Vendredi, 29/04/2016 - 20:30-Brest Arena

    Vendredi 29 Avril 2016 -20:30-Brest Arena

    1936 - 2016 : Il y a 80 ans !

    Pour commémorer le 80e anniversaire du Front Populaire, "la compagnie les Fous de la Rampe" et "la chorale Peuple et Chansons" interpréteront "Révoltes et combats d'espoir", une évocation historique, théâtrale et musicale.

    - Dialogues et réalisation artistique : Jean Dussoleil.

    - Compagnie "Les Fous de la Rampe" sous la direction de Jacques Kerampran.

    - Chorale "Peuple et Chansons" avec Gerard Baslé en chef de chœur.

    Tarif unique et placement libre
    12€

     

    - Infos : revoltesetcombatsdespoir@laposte.net

    - Réservations en ligne en cliquant sur "Je réserve" ci-dessous.

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  • source:  initiative-communiste.fr

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  • Hier, aujourd’hui, demain, VIVE LA COMMUNE ! – 18 mars 2016 : 145ème anniversaire de la Commune de Paris (IC.fr-18/03/2016)

    Par * et Jean-Pierre Hemmen**

    Il y a cent quarante-cinq ans, refusant de remettre au capitulard versaillais Thiers les canons de la Garde nationale, les travailleurs parisiens qui défendaient Paris contre l’assiégeant prussien, déclenchaient l’insurrection de la .

    La Commune dans le droit fil de l’histoire nationale

    La Commune de 1871 ne sortait pas du néant. Elle portait en elle l’ardent souvenir de la Commune révolutionnaire de 1793, qui avait été l’aile marchante de la Révolution française et l’ultime bastion robespierriste quand l’Incorruptible fut renversé par les conjurés corrompus de Thermidor. Et même si la Commune de 1871, œuvre du prolétariat émergent et annonciatrice des révolutions prolétariennes à venir, fut un évènement irréductiblement neuf, le lointain écho des insurrections populaires parisiennes passées continuait de résonner profondément en elle ; celui de février 1848 (élément déclencheur du Printemps des peuples d’Europe) et des barricades ouvrières noyées dans le sang de juin 1848 ; mais aussi  des Trois Glorieuses de 1830 (célébrées par le tableau de Delacroix La Liberté guidant le peuple). Sans oublier, par-delà Gracchus Babeuf et sa Conspiration pour l’Egalité (1796), les journées révolutionnaires du 14 juillet 1789 et du 10 août 1792 (Prise des Tuileries par les Sans Culottes parisiens et par les Fédérés marseillais). Et comment ne pas évoquer la Fronde du peuple, qui ébranla la monarchie absolue au XVIIème siècle, et bien plus lointainement encore, la première révolution parisienne de 1357 (conduite par Etienne Marcel et par ses « chaperons » bleus et rouges, en alliance avec la Grande Jacquerie du Nord dirigée par Guillaume Carle), ou les Communes médiévales qui, de Laon à Beauvais, parfois en alliance avec le pouvoir royal (Bouvines) et parfois contre lui, défiaient du haut de leurs Beffrois respectifs les privilèges arrogants des nobles et des prélats.

    De la Commune aux révolutions du 20ème siècle

    Tant de choses ont été dites sur la Commune que nous nous contenterons de renvoyer ici à deux livres majeurs : La guerre civile en France, où Marx montre ce qu’est, pour un , c’est-à-dire selon ses mots, pour un « matérialiste pratique », l’assimilation critique de l’héritage révolutionnaire, à égale distance du culte religieux et de l’ingratitude pseudo-« moderniste » : principal fondateur et dirigeant de la Première Internationale ouvrière (dont faisait partie l’ouvrier communard Eugène Varlin), exilé à Londres, Marx impulsa la solidarité internationale avec les Communards ; fort de cette légitimité concrète qui se prolongea par d’innombrables efforts après l’impitoyable répression versaillaise, Marx sut, dans le même texte, célébrer la hardiesse des Communards « montant à l’assaut du Ciel », fustiger le « nabot sanglant » Thiers et ses immondes massacreurs versaillais, et pointer impartialement les faiblesses politiques de la direction communarde. Non pour le plaisir de dénigrer des camarades de lutte qu’il révérait, mais pour tirer de leur défaite des enseignements susceptibles d’aider les révolutions futures à vaincre dans la durée.

    Et c’est bien en rebondissant sur les leçons critiques tirées par Marx de la défaite subie que Lénine écrivit de son côté en 1917, en pleine Révolution d’Octobre, l’éblouissante brochure intitulée L’Etat et la révolution : le chef de file des bolcheviks y montre de manière concrète comment s’articulent, dans la théorie marxiste de la transition au communisme, la question du double pouvoir, des alliances de classes visant à isoler la réaction, de la conquête politique du pouvoir d’Etat par le prolétariat, de la mise en place connexe de la dictature du prolétariat et de la démocratie des Soviets d’ouvriers, de paysans et de soldats (« démocratie la plus large pour les masses populaires, dictature implacable sur les forces contre-révolutionnaires », écrit Lénine pour définir le contenu de classe de la « dictature du prolétariat) ; le tout dans la perspective finale de la socialisation des moyens de production débouchant à long terme sur le « dépérissement de l’Etat », lui-même rendu possible par l’extinction progressive des classes sociales et par la transition qu’elle permettra entre l’actuel « pouvoir sur les personnes » et la future « administration des choses », comme eût dit Saint-Simon. Toutes conceptions qui certes, étaient déjà au travail, d’une manière encore confuse et éparse (il ne pouvait en aller autrement alors que le jeune prolétariat, encore très mêlé à l’atelier artisanal et à l’échoppe, n’avait pas encore édifié de Parti d’avant-garde à lui) dans les luttes héroïques des prolétaires parisiens du 19ème siècle (et de leurs camarades lyonnais, marseillais, etc., car la Commune de Paris eut de forts prolongements « provinciaux »), ces éclaireurs de la future révolution mondiale

    Parmi les nombreux enseignements que l’on peut tirer de l’expérience communarde, on nous permettra d’insister sur quatre points qui importent particulièrement à notre actualité militante, alors que le grand mouvement de lutte des Goodyear et des défenseurs du Code du Travail rendent un hommage indirect à la Commune ce 17 mars en appelant le peuple travailleur et la jeunesse à occuper la rue sous le slogan d’esprit typiquement communard, que lancèrent les militants du lors des luttes sur les retraites de 2003 : « c’est pas au patronat de faire la loi, la vraie démocratie, elle est ici ! ».  

    Des enseignements pour aujourd’hui et demain

    • Tout d’abord, il est absurde d’opposer la véritable démocratie, la démocratie prolétarienne et populaire, à la dictature du prolétariat. C’est pourtant ce que font, non seulement les dirigeants euro-réformistes du PCF qui, depuis 1976, voici tout juste quarante ans, dénigrent ce concept stratégique du marxisme*** et lui opposent une fumeuse « démocratie » sans rivages qui masque mal leur ralliement à la démocratie bourgeoise en pleine décrépitude fascisante et maastrichtienne : à l’unisson des députés « socialistes », ces mêmes réformistes en rupture de marxisme n’ont d’ailleurs pas craint de voter unanimement pour l’état d’urgence dont ils pouvaient prévoir qu’il servirait moins à combattre le terrorisme fanatique qu’à intimider et à menacer le mouvement populaire. C’est au même type de reniement qu’ont d’ailleurs procédé les dirigeants du NPA qui, à l’abri de leurs mégaphones criards, ont eux aussi solennellement répudié la référence marxiste à ce concept marxiste fondateur***. L’expérience historique de la Commune montre au contraire que c’est du même pas que doivent s’exercer la démocratie prolétarienne la plus large (la plus directe possible, avec contrôle des députés du peuple, interdiction pour eux de gagner plus qu’un salaire ouvrier, possibilité de révocation en cours de mandat si celui-ci n’est pas respecté…), et la lutte intransigeante contre les menées contre-révolutionnaires. Marx fit reproche aux dirigeants communards, il est vrai fort divisés, de n’avoir pas pris des mesures plus sévères pour museler la contre-révolution, et notamment, pour exproprier la Banque de France dont les avoirs étaient en fait le produit détourné du travail prolétarien. Le choix n’est donc pas entre une gentille révolution ignorant les mesures de rigueur à prendre contre ses ennemis mortels et la « méchante » dictature du prolétariat. Si des mesures rigoureuses ne sont pas prises avec détermination par le pouvoir révolutionnaire issu du peuple, alors en à n’en pas douter, comme le dit le poète communard Jean-Baptiste Clément, «Les châtiments du drapeau rouge / Sont remplacés par la terreur / De tous les chenapans de bouge, / Valets de rois et d’Empereur » : car les chefs réactionnaires sauvent très chrétiennement leur peau… mais ils se vengent très « païennement » au cours de la Semaine sanglante  On traque, on enchaîne, on fusille/ Tout ce qu’on rencontre au hasard ; / La mère à côté de la fille / L’enfant dans les bras du vieillard… », écrivait encore Clément). Et ce ne sont pas les militants chiliens de l’Unité populaire torturés par Pinochet et par son commanditaire yankee, le prix Nobel de la Paix Harry Kissinger qui pourront hélas, venir affirmer le contraire, ni le million de communistes indonésiens écrasés par Suharto en 1965 sous les applaudissements de la presse « démocratique » américaine et dans l’indifférence totale du « Figaro » et de l’ORTF d’alors…

    A l’inverse, la dictature du prolétariat n’a pas sa fin en elle-même, elle ne doit jamais perdre de vue que sa fin est de construire une société où, par l’extinction des classes sociales, l’Etat de classe devient progressivement obsolète, et sa tâche de chaque instant est de promouvoir l’activité politique des masses, d’élargir sans cesse la démocratie populaire et l’intervention des citoyens-travailleurs, pour faire en sorte, comme disait encore Lénine, que « la cuisinière puisse gouverner l’Etat ».

    • De même, est-il aberrant d’opposer l’internationalisme prolétarien (« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » !) au patriotisme populaire. Les Communards étaient à la fois d’ardents patriotes français qui refusaient de capituler devant Bismarck, et de magnifiques internationalistes qui portèrent aux responsabilités ces immigrés progressistes fameux qu’étaient Léo Frankel (hongrois), Dombrowski (héros de l’indépendance polonaise, qui défendit admirablement Paris), sans parler du révolutionnaire italien Garibaldi, qui fut alors élu député français, ou d’Elisabeth Dmitrieva qui, aux côtés de la Parisienne Louise Michel ou de la Bretonne Nathalie Le Mel****, joua un rôle majeur dans l’engagement révolutionnaire des indomptables femmes parisiennes. Comme nous ne cessons de le rappeler, la véritable scission de classe ne sépare pas les patriotes des internationalistes, comme voudraient ensemble le faire accroire les partisans nationalistes des Le Pen ou les adeptes néolibéraux de l’UE supranationale et de l’OTAN ; quand la lutte de classes se durcit, elle oppose invariablement, d’un côté de la barricade sociale, les partisans du cosmopolitisme capitaliste alliés aux nationalistes bourgeois (ce que, dans les conditions présentes, le PRCF appelle l’U.M.-Pen-S, en montrant les convergences des deux processus réactionnaires que sont, en France la fascisation xénophobe ET l’euro-désintégration des nations souveraines), et de l’autre côté de cette même barricade, les partisans du patriotisme républicain ET les défenseurs de la solidarité de classe internationale. Et c’est encore plus vrai de nos jours qu’en 1871 puisque le capitalisme a pris la forme de l’impérialisme, de l’écrasement des nations libres par le capital financier, voire de la vassalisation des nations dominantes en déclin par d’autres, comme on le voit avec la hideuse UE dominée par l’impérialisme allemand et ses néo-Kollabos « français » du grand patronat et du Parti Maastrichtien Unique (PS et ex-UMP). C’est pourquoi d’ailleurs, le mot d’ordre de la Troisième Internationale n’était plus seulement « Prolétaires de tous les pays unissez-vous», mais « Prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde entier, unissez-vous » avec à l’horizon le mot d’ordre largement unificateur et défendu par Lénine du « droit de toutes les nations à disposer d’elles-mêmes ». Concrètement, cela se traduit par la nécessité, pour les vrais héritiers des Communards, d’appeler le peuple français, non pas à attendre sottement l’introuvable « Europe sociale » chère à Pierre Laurent, mais à exiger que la France sorte par la gauche, dans une dynamique révolutionnaire de rupture avec le capitalisme tueur de nation, de la mortifère UE atlantique et de son destructif euro.

    Vérification historique de cette dialectique matérialiste du patriotisme populaire et de l’internationalisme prolétarien, c’est toujours la classe dominante qui, du Moyen Âge (l’Evêque Cauchon livrant Jeanne Darc au bûcher anglais) à nos jours, s’est alliée à la domination étrangère pour se garder du peuple et préserver ses privilèges, alors qu’à l’inverse, le peuple travailleur défendait le sol national, comme on le vit pendant la Grande Révolution, quand les Soldats de l’An II issu du Faubourg Antoine sauvaient la France républicaine tandis que les Emigrés nobles de Koblenz trahissaient leur pays en combattant dans les rangs anglais ou autrichiens. Et en 1871, tandis que Thiers suppliait le victorieux Bismarck de libérer les soldats français faits prisonniers à Sedan, pendant qu’il jurait par écrit au maître du Second Reich allemand que lesdits soldats ne seraient « utilisés que contre Paris », les internationalistes présents à Paris défendaient la France occupée, comme les Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée, les Manouchian, Epstein et autre Roger Landini, restaient fidèles à la France des droits de l’homme pendant que Louis Renault produisait des tanks pour l’occupant nazi. Qui ne se souvient du mot de l’écrivain gaulliste Mauriac déclarant, à propos des mineurs rouges du Nord qui tinrent deux mois de grève sous la botte allemande en 1941, que « seule dans sa masse la classe ouvrière est demeurée fidèle à la France profanée » ?

    • il est suicidaire d’opposer la démocratie prolétarienne de masse au parti de classe et d’avant-garde. Ce qui fit tant défaut aux Communards, parmi lesquels dominaient encore les conceptions petites-bourgeoises et anarchisantes hostiles à l’organisation, les bolcheviks l’avaient construit et trempé au feu des luttes de la Révolution russe de 1905, non pas en l’opposant à, mais en l’appuyant sur cette création spontanée des masses ouvrières russes en mouvement qu’étaient les Soviets (Conseils) ouvriers et paysans. Sans le parti bolchevik, sans sa discipline d’action fondée sur le centralisme démocratique (démocratie la plus large avant la prise de décision, application par tous, minorité incluse, de la décision majoritaire), il n’y eût pas eu de Révolution prolétarienne victorieuse en Octobre 17 : car comment unir et discipliner les efforts d’un peuple-continent face à une réaction féodal-bourgeoise unie et armée jusqu’aux dents, si l’on ne dispose pas de cet élément indispensable à toute armée qui veut gagner et pas seulement « témoigner » : un ETAT-MAJOR politique ? Et inversement, que serait un parti d’avant-garde autoproclamé, un groupuscule se déclarant « le » parti sans manifester le moindre souci de fédérer les révolutionnaires et de devenir l’avant-garde effective DU mouvement populaire ici et maintenant ?

    C’est d’ailleurs en conjuguant la construction du parti communiste (dont Lénine choisit la dénomination d’origine française en triple référence à la Commune, à l’objectif final communiste, et non socialiste du parti, et aussi à ce qu’il appelait « l’Etat-Commune », l’état visant à son propre dépérissement, si lointain fût-il) et la dynamique propre des Soviets ouvriers, paysans et soldats, que triompha la Révolution d’Octobre, comme l’atteste de manière grandiose le livre-reportage de John Reed sur Les dix jours qui ébranlèrent le monde : car Octobre ne fut pas seulement une insurrection militaire victorieuse du prolétariat et de la garnison rouge de Petrograd, cette insurrection elle-même, qui remit aussitôt tout le pouvoir au soviets (où les bolcheviks avaient gagné démocratiquement la majorité), fut surtout nécessaire pour que s’engage un immense débat, gagné par les bolchéviks, dans chaque usine, chaque caserne, chaque village où il fallut se prononcer sur les trois premiers décrets du nouveau pouvoir soviétique, le Décret sur la paix aux peuples, le Décret sur la terre aux paysans et le Décret sur le contrôle ouvrier des usines.

    C’est pourquoi il est aberrant que certains communistes actuels, qui croient pourtant s’opposer à la direction du PCF-PGE, traitent de haut la « matrice léniniste du communisme » à la manière du premier euro-mutant venu, rêvent aujourd’hui de revenir à la Première Internationale en sautant par dessus l’expérience de l’Internationale communiste et du premier camp socialiste de l’histoire qui, durant plusieurs décennies, a tenu tête à l’impérialisme en construisant une société, certes bien imparfaite, mais dénuée de chômage, d’exploitation capitaliste et de marchands de canons. Si l’on veut analyser en marxistes, et non pas en défaitistes et en petits bourgeois geignards, les causes de la défaite provisoire du socialisme, – et cette tâche n’est pas l’objet de ce bref article – il y a mieux à faire que jouer les repentis bien-pensants, que de renier le passé communiste, que de s’auto-flageller pour complaire à l’adversaire, que de rêver d’un retour à des formes anciennes, pré-bolchéviques du pouvoir prolétarien, alors même que le capitalisme est mille fois plus agressif, destructeur, fascisant, exterministe dirions-nous, que ne pouvait encore l’être le capitalisme du 19ème siècle. Comme le disait le poète communeux Arthur Rimbaud, « il faut être résolument moderne : tenir le pas gagné ! », et non pas pratiquer ce que fustigeait déjà Lénine, cette danse du ventre propre aux éléments menchéviks et qui se traduit par le tristement fameux « un pas en avant, deux pas en arrière ! ». Sauf à vouloir éternellement perdre les combats face à un ennemi de classe plus déterminé que jamais, et dans une situation où, même au cœur de nos pays impérialistes en crise, le déclassement et la misère de masse menacent très directement les travailleurs et la partie inférieure des ainsi-dites « couches moyennes » !

    • enfin, il est malhonnête d’opposer la construction multiséculaire de la nation, puis la mise en place révolutionnaire de la République une, laïque, souveraine, sociale léguée par Robespierre, à la décentralisation démocratique populaire, ou partiellement populaire, que portaient historiquement, non seulement la Commune de 1871, mais les insurgés médiévaux des « jurées-communes » du Moyen Âge. Ce sont historiquement le Premier et le Second Empire, et non les Sans Culottes, ni a fortiori les Communeux, qui ont suspendu les libertés communales en nommant les maires et en imposant un superpréfet à Paris. A l’inverse, la nation française et les communes se sont, malgré bien des accrocs, construites du même pas. Ce fut le processus, historiquement progressiste en un premier temps, de construction d’un Royaume de France centralisé qui vit les Capétiens – désireux de conjurer les frondes féodales – s’allier aux milices communales : à Bouvines (1214) la bataille contre la coalition du roi anglais, de l’Empereur allemand, du comte flamand et de plusieurs grands feudataires rebelles, fut gagnée, par Philippe-Auguste et par ses alliés communalistes aux cris de « Commune, Commune !» et cette victoire permit à Paris de consolider son rôle de capitale politique du Royaume. CE fut aussi un choix politique royal relevant de l’alliance de classe qui inspira François 1er quand il choisit d’ériger le français – c’est-à-dire la langue parlée par la bourgeoisie et par le peuple (au moins en Ile-de-France) comme langue administrative et juridique – en écartant le latin cher aux ecclésiastiques (sans pour autant interdire les langues périphériques). Quant à la République une et indivisible créée par les affreux « centralisateurs » Jacobins, les Marat, Robespierre, Saint-Just, Couthon, elle liquida les vieilles provinces ethniques héritées de la féodalité au profit des nouveaux départements – mais elle n’en confirma pas moins l’élection des maires et des conseils communaux sans mégoter sur leurs prérogatives… que réduit à rien l’actuelle contre-réforme territoriale d’inspiration maastrichtienne. Bref, avant de dire sottement qu’ « en général, le centralisme s’oppose à l’intervention politique locale », il faut s’interroger sur le contenu de classe du centralisme et de la « décentralisation » proclamée ; car le centralisme national ne s’oppose pas à la démocratie locale quand, sur tout le territoire français, la classe progressiste, hier la bourgeoisie jacobine, aujourd’hui le prolétariat virtuellement communard, portent l’initiative historique. Encore une fois, quelle éclatante différence avec notre sinistre époque contre-révolutionnaire où, tout à la fois, sous l’égide de la grande bourgeoisie devenue oligarchique, le regroupement autoritaire des territoires conforte les « métropoles » au détriment des communes, les super-régions aux dépens des départements, l’Empire européen berlino-formaté et l’Union transatlantique américano-centré, tous deux appyés sur la puissance planétairement dévastatrice de l’OTAN, mille fois plus dangereuse pour l’avenir de l’humanité que ne pouvaient l’être les reitres de Bismarck ou les hussards du duc de Brunswick !

    Il y aurait mille autres leçons à tirer de l’expérience culturelle et humaine sans précédent que fut la Commune sous la conduite des héroïques Varlin, Flourens, Ferré et autre Courbet, notamment sur la manière dont elle sépara clairement, pour la première fois en France, l’Etat républicain des Eglises, mais d’autres historiens de la laïcité et des Lumières l’ont dit cent fois mieux que nous ne saurions faire.

    Pour l’heure, alors que Hollande rampe devant les néo-versaillais du MEDEF et que ledit MEDEF accepte joyeusement de dissoudre la République souveraine, la langue française, l’héritage des Lumières, de 1936 et du CNR dans les eaux glacées de l’UE maastrichtienne et du tout-anglais « transatlantique », les vrais successeurs des Communards assument fièrement l’héritage des héroïques prolétaires et artisans parisiens qui ouvrirent pour le monde entier l’époque, provisoirement interrompue, des révolutions socialistes. Sans opposer Octobre 1917 au bref printemps rouge de 1871, l’heure est plus que jamais à la résistance populaire, à la contre-offensive tous ensemble et en même temps avec les Goodyear, les autres salariés du public et du privé, les retraités, les étudiants, les enseignants, les paysans et les artisans en lutte, pour que notre pays redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, le pays des Lumières communes.


    *G. Gastaud, philosophe, auteur de Marxisme et universalisme (Delga, 2015) et de Lumières communes, trajectoire dans la philosophie à la lumière du matérialisme dialectique (prochainement chez Delga), secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France

    **J.-P. Hemmen, directeur politique de la revue théorique « Etincelles », descendant de Pierre HEMMEN, officier de la Commune, militant de la Première Internationale, et de Jean Hemmen, militant du Komintern, organisateur des Brigades internationales d’Espagne, Résistant français fusillé au Mont-Valérien.

    *** Rappelons que le mot « communard » était originellement une insulte versaillaise : aux dires de Jaurès, les partisans de la Commune s’appelaient eux-mêmes les Communeux.

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