• Mes amis, le 12 aout 1946, il y a exactement 70 ans, (en moins de 6 mois dans un pays ruiné) la secu était mise en place . tout allait changer dans le sens de la dignité pour des millions de francais...

    Merci le Conseil National de la Résistance !

    Bâtie sous la maitrise d'oeuvre Ambroise Croizat, elle visait « à en finir » comme le soulignait le ministre du travail « avec le rejet, l’exclusion, l’impossibilité d’accéder aux soins et surtout, disait-il en des termes très novateurs, en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain ».Elle s’organisa à l’aide de bénévoles des entreprises essentiellement des militants CGT hors leur temps de travail ou sur leurs congés. Deux tiers des français n’étaient alors couverts par aucune assurance sociale. La plupart, vivaient à l’heure de la charité ou de quelques petites mutuelles dont les caisses étaient épuisées à la moindre épidémie de grippe. La sécurité sociale donna à tous les salariés la possibilité d’accéder à l’hôpital, au médecin ou à la pharmacie sans débourser un centime . «C’était une véritable révolution, raconte un ouvrier. Avant, on ne se soignait pas. On laissait la maladie nous affaiblir ou nous emporter ! ». « Je me souviens, surenchérit un paysan, qu’avant la fameuse « Sécu », l’intervention chirurgicale était une terreur.. Pour les familles, il fallait parfois vendre deux vaches, la moitié de son cheptel pour se faire opérer. »
    Autre grande conquête toujours proclamée sous les auspices d’Ambroise Croizat le 12 aout : la retraite. 82 % des français ne bénéficiaient d’aucune allocation vieillesse. « Il fallait alors travailler jusqu’à 70 ans ou plus, glisse un ancien, pour espérer une petite obole donnée par les municipalités. Alors, on se tuait au travail jusqu’au bout! Mon père d’ailleurs y est mort, à l’usine !» Tout change avec l’institution de ce qui fut appelée « celle qui vous doublait la vie ». On comprend le sens de cette appellation quand on se souvient que la vieillesse fut dès lors envisagée non plus comme une « antichambre de la mort » mais au contraire, dira encore Ambroise Croizat, « comme une nouvelle étape de la vie ».
    Parmi les grandes conquêtes du CNR fut aussi proclamée par la loi Croizat, la généralisation des comités d’entreprises qui offrirent aux enfants d’ouvriers le droit à la lecture, aux vacances et aux bourses scolaires qui permirent à beaucoup d’envisager des carrières impensables pour des familles des cités. On vit naître également, peu de gens le savent, le CNRS, outil de recherche de premier plan qui, avec les nationalisations des banques, des mines et de l’énergie, ainsi que la mise en place de la fonction publique et de la médecine du travail furent les pierres angulaires de ce renouveau social aujourd’hui menacé.

    Michel ETIEVENT, le 10 août 2016

    Note:Ci dessous l'annonce du film "LA SOCIALE " qui racontera bientôt cette belle aventure collective que fut la naissance de la Sécurité sociale le 12 aout 1946.

    sources: facebook.com/michel.etievent  &  communcommune.com

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  • Le mythe de l’Europe en paix depuis 1945 : l’exemple français-par Nadine ROSA-ROSSO (LGS.info-2/08/2016)

    Au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris, devant le Congrès, François Hollande affirmait d’un air grave « La France est en guerre ». Il le répète inlassablement après chaque nouvel attentat ; après Nice, il précisait « à l’extérieur et à l’intérieur de la France ». La terre sacrée des droits de l’homme, de la paix et des Lumières se réveille en état de guerre, lâchement attaquée par la barbarie et l’obscurantisme. Voilà la version de l’histoire à laquelle nous devrions tous adhérer, nous peuples de l’Europe civilisée qui avons réussi à vivre dans la paix depuis septante ans. En réalité, nous n’avons jamais cessé d’être en guerre. Et la France est un exemple clair de ce permanent état de guerre. Un rappel historique s’impose.

    Une époque de guerres ininterrompues

    La seconde guerre mondiale à peine terminée, le gouvernement provisoire français, issu des forces de la résistance, souvent pris en exemple par la gauche actuelle, envoie un corps expéditionnaire au Viet Nam (qui fait partie de l’Indochine française à l’époque), pour tenter de mater la guerre d’indépendance. Sous la présidence de Léon Blum, figure politique modèle de la gauche actuelle, l’intervention devient une véritable guerre. La France envoie près d’un demi-million de soldats pour garder sa colonie ; 43.5% de cette armée sont composés de soldats d’autres colonies françaises (Maghreb et Afrique Noire) ! La France sera défaite lors de la bataille de Dien Bien Phu en mai 1954.

    Pendant la même période, en 1947, la France organise un massacre à Madagascar, contre la révolte des Malgaches ; entre 11.000 morts, selon les chiffres officiels français et 100.000 selon les résistants malgaches. Là aussi, les troupes de répression françaises sont composées en grande partie de soldats provenant des colonies africaines et maghrébines...

    Ces guerres intenses n’empêchent pas la France de prendre part pendant la même époque à la guerre de Corée, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953. Une coalition de dix-sept états (dont la Belgique et la Grande-Bretagne), emmenés par les États-Unis, sous bannière ONU, avec pour objectif, tout comme en Indochine de s’opposer aux luttes de libération dirigées par des forces communistes. Ces deux guerres ont fait plus de deux millions de morts. La guerre oubliée de Corée fut une guerre de destruction massive (en termes d’aujourd’hui on appelle ça un génocide), la capitale Pyongyang fur entièrement rasée : « Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation américaine lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951) »[1].

    Tant la guerre du Vietnam que la guerre de Corée aboutirent à la partition des deux pays. Le Vietnam obtiendra sa réunification par une nouvelle longue guerre d’indépendance, contre les États-Unis cette fois, en 1975. La Corée quant à elle n’est toujours par réunifiée et toujours occupée, au Sud, par les États-Unis. Voilà le genre de paix dont ont bénéficié les nations autoproclamées civilisées dès la fin de la seconde guerre mondiale. Des guerres vite oubliées chez nous mais par par les peuples concernés.

    Et les peuples concernés ne sont pas que les peuples asiatiques. La victoire des Vietnamiens de 1954 contre la métropole française a donné un élan irrésistible aux autres luttes de libération partout en Afrique.

    Loin de tirer les leçons de son humiliante défaite au Vietnam, la France a poursuivi sur sa lancée coloniale : « Entre 1960 et 1998, il y a eu 60 interventions militaires françaises en Afrique subsaharienne, dont 23 pour ‘maintien de l’ordre’ au service d’un régime ami, et 14 pour changer un gouvernement disqualifié aux yeux des dirigeants français ! »[2].

    La plus célèbre, en ce qui concerne la France, est naturellement la guerre d’Algérie. Je veux seulement revenir sur quelques aspects. Tout d’abord, la position du Parti Communiste Français, pourtant encore auréolé de sa résistance exemplaire à l’occupant nazi, à l’égard des manifestants nationalistes algériens dès la libération. Le 8 mai 1945, une manifestation nationaliste à Sétif est réprimée dans le sang, et la révolte qui s’ensuit sera elle aussi matée avec une violence inouïe. Ici aussi les chiffres varient d’un millier à près de 80.000 selon le point de vue de l’historien.

    Comme l’explique Mohammed Harbi, « en France, les forces politiques issues de la Résistance se laissent investir par le parti colonial. " Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable", avait averti le général Duval, maître d’œuvre de la répression. Le PCF – qui a qualifié les chefs nationalistes de « provocateurs à gages hitlériens » et demandé que « les meneurs soient passés par les armes » – sera, malgré son revirement ultérieur et sa lutte pour l’amnistie, considéré comme favorable à la colonisation. »[3]

    L’ennemi intérieur

    Un autre aspect que je veux souligner ici, c’est la création de « l’ennemi intérieur », dans la politique et l’idéologie française, qui a pris corps pendant la guerre d’Algérie. « Le 17 octobre 1961, Paris a été le lieu d’un des plus grands massacres de gens du peuple de l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale. Ce jour-là, des dizaines de milliers d’Algériens manifestent pacifiquement contre le couvre-feu qui les vise depuis le 5 octobre et la répression organisée par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. La réponse policière sera terrible. Des dizaines d’Algériens, peut-être entre 150 et 200, sont exécutés. Certains corps sont retrouvés dans la Seine. Pendant plusieurs décennies, la mémoire de cet épisode majeur de la guerre d’Algérie sera occultée »[4].

    Selon Mathieu Rigouste [5], c’est de cette époque que date le concept d’ennemi intérieur, lié à la présence d’une immigration importante issue de la colonisation : « L’histoire du contrôle de l’immigration dans la pensée militaire française permet d’analyser, en observant la reconstruction d’un ennemi intérieur socio-ethnique, la régénération puis la généralisation dans le temps et dans l’espace, d’une technologie conçue pour le contrôle exceptionnel de populations infériorisées ».

    En réaction à l’attentat de Nice de juillet 2016, Georges Fenech, le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 a proposé la création d’"un Guantanamo à la française". Il propose de regrouper tous les djihadistes de retour de Syrie dans le centre pénitentiaire de l’île de Ré. Cette idée, qui suscite la polémique, plonge ses racines dans la guerre d’Algérie au cours de laquelle le gouvernement français créa des « camps de regroupement » destinés à placer les résistants du FNL et à les couper ainsi de tout appui dans la population algérienne. Il ne reste plus qu’à introduire officiellement la pratique de la torture en France et la boucle sera bouclée.C’est d’ailleurs un débat délirant au sein du Front National : réintroduction de la torture ou de la peine de mort pour Salah Abdelslam, tout peut être envisagé.

    Assassinats politiques à grande échelle

    L’histoire pacifique de la France ne se limite pas aux guerres ; la patrie autoproclamée des droits de l’homme a aussi développé une longue tradition d’assassinats politiques qui a exterminé les dirigeants nationalistes de l’Afrique et du Maghreb. Dans « Retournez les fusils », Jean Ziegler consacre un hapitre aux campagnes d’assassinats politiques organisées par les services secrets européens et développe le cas du Cameroun : « Tous les dirigeants nationalistes sans exception ont été assassinés l’un après l’autre : Ruben UmNyobe, en 1955 déjà, puis ses successeurs Isaac Nyobe Pandjok, David Mitton, Tankeu Noé » [6]. Il raconte le meurtre du jeune médecin Félix-Roland Moumié, chef de l’Union des Populations Camerounaises (UPC) invité à déjeuner à Genève par un « journaliste » français, qui mourut empoisonné la nuit suivante. Le journaliste était en réalité le colonel William Betchel, officier français du SDECE (service de documentation extérieure et de contre-espionnage) qui ne sera jamais condamné pour ce meurtre. Et tant d’autres cas encore...

    Il est de bon ton aujourd’hui en Occident de dénoncer la corruption (réelle) de nombre de chefs d’État africains, mais il vaudrait mieux rappeler que nos gouvernements et leurs hommes de main ont assassiné pratiquement tout ce qu’il y avait de dirigeants nationalistes intègres qui voulaient rendre à l’Afrique son indépendance dans la dignité et la justice. En tant que Belge, je ne peux pas ne pas évoquer Patrice Lumumba, sauvagement assassiné par le commandant belge Weber, le 17 janvier 1961, et donc le corps fut ensuite dissous dans l’acide. Ses fils se battent toujours en vain aujourd’hui pour la condamnation des coupables et de l’État belge. Comme le rappelle Jean Ziegler : « Cette criminalité d’État fut implacable : il fallait, à tout prix, éliminer les leaders nationalistes authentiques afin de remettre le « pouvoir » à des « élites » autochtones préparées, suscitées et contrôlées par le colonisateur » [7]. Tuer Lumumba pour installer la marionnette Mobutu.

    Guerres, torture, assassinats politiques, voilà les vrais visages de cette France porteuse des Lumières quand elle agit pour défendre son empire colonial et les intérêts de « ses » multinationales, Elf, Total, Areva, Bolloré, Eramet, Technip, Bouygues, Orange, Geocoton, Rougier, etc [8]. Et il ne s’agit pas d’une histoire ancienne mais de la vie quotidienne pour des millions d’Africains.

    Ce qu’il y a de nouveau aujourd’hui, c’est que la guerre, ou du moins une infime fraction, a ses retombées chez nous, sur le sol français ou le sol belge. Des victimes civiles tombent, totalement innocentes, et plongent des familles dans l’horreur. Pourquoi avons-nous fermé les yeux sur tant de victimes innocentes dans le tiers monde, victimes de nos guerres coloniales ? Pourquoi continuons-nous à soutenir des gouvernements, des partis politiques qui perpétuent cette politique ? Si le discours des recruteurs du djihad touchent autant de jeunes, c’est parce qu’il est en grande partie imprégnée d’une rhétorique anti-impérialiste et parce que toutes leurs autres formes de contestation de nos sociétés ont été réprimées[9]. Au lieu de focaliser le débat sur l’aspect religieux du phénomène, il serait plus productif d’aborder son aspect politique et de faire un bilan correct de « nos » politiques coloniales et néocoloniales. Même si les chefs de Daesh n’ont rien à voir avec les dirigeants nationalistes du siècle passé, ils peuvent occuper une place laissée vide par notre silence assourdissant sur 70 ans de politique coloniale faite de guerres et de massacres. Mais pour briser ce silence, nous ne pouvons rien attendre ni des partis au pouvoir ni des partis de l’opposition, car s’en prendre au colonialisme, c’est à coup sûr perdre des voix. Et pourtant, comme le dit Jean Ziegler, il faut « choisir son camp » : celui de ceux qui, malgré la répression et les massacres ont continué à résister, et si, chez nous, ils ont toujours été une très petite minorité, ce sont pourtant les Henri Alleg, les membres du Réseau Janson, les porteurs de valise anonymes qui peuvent encore nous faire aimer la France.

    Nadine Rosa-Rosso

     

    sources:   http://nadinerosarosso.blogspot.be/2016/08/le-mythe-deleurope-en-paix-...

    & http://www.legrandsoir.info/le-mythe-de-l-europe-en-paix-depuis-1945-l-exemple-francais.html

     

    notes:

    [1] http://chaoscontrole.canalblog.com/archives/2013/04/23/26991804.html

    [2] Francis Azalier, Colonialisme et impérialisme : « l’exception française » ou « le mythe humaniste », in Une mauvaise décolonisation, La France : de l’Empire aux émeutes des quartiers populaires, Le temps des cerises, Pantin, 2007, p36-37

    [3] Mohammed Harbi, Faces cachées de la seconde guerre mondiale La guerre d’Algérie a commencé à Sétif. Le Monde diplomatique, mai 2005, page 21 ; http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HARBI/12191

    [4] http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/17-octobre-1961-ce-ma...

    [5] Mathieu Rigouste, L’ennemi intérieur, de la guerre coloniale au contrôle sécuritaire, https://conflits.revues.org/3128

    [6] Jean Ziegler, Retournez les fusils, Choisir son camp, Éditions du Seuil, Paris, 2014, pp 199-200

    [7] Idem, p 198

    [8] http://www.afrique-demain.org/economie-140-place-des-entreprises-franc...

    [9] Voir mon précédent article : 25 ans après la révolte des jeunes à Forest : Première, deuxième, troisième génération, toujours la répression... http://nadinerosarosso.blogspot.be/2016/05/25-ans-apres-la-revolte-des...

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  • Des chars allemands à 150 km de Leningrad-par Raoul Marc Jennar (22/07/2016)Des infirmières venant en aide aux blessés lors du premier bombardement ( Source www.wsws.org )

     

    Qui connaît ce que fut le sort d’une ville qui s’appelle aujourd’hui St-Pétersbourg ?  Il fut un temps où elle s’appelait Leningrad.

    L’ignorance de l’Histoire étant devenue une caractéristique des jeunes générations, rappelons que le siège de Leningrad par les troupes allemandes a commencé début septembre 1941. Parties des pays baltes conquis en juillet-août, les divisions allemandes du groupe d’armée nord de la Wehrmacht sont arrivées à proximité de la ville en quelques jours. Avec l’ordre d’Hitler de « raser Leningrad de la surface de la terre », elles passent à l’attaque et se heurtent à une résistance acharnée au point que les Allemands décident d’en faire le siège. Il a duré 872 jours pour se terminer en janvier 1944. Il a coûté la vie à 1.800.000 personnes, dont 1.600.000 Russes parmi lesquels un peu plus de 600.000 sont morts de faim. Mais la population de la ville et les forces soviétiques ont tenu bon. Cette ville est devenue, avec Stalingrad, un symbole de la résistance à l’envahisseur et des souffrances infligées par la Wehrmacht. Pendant trois ans, la formidable résistance de Leningrad a fixé sur place une partie importante de l’armée allemande, rendant impossible la conquête de l’URSS. La ville de Leningrad est une de ces grandes villes martyres de la Seconde guerre mondiale. Une de ces villes russes, innombrables, dont la conquête, réussie ou pas, a affaibli considérablement les capacités militaires de l’Allemagne d’Hitler.

     Aujourd’hui, 72 ans après l’échec allemand devant Leningrad, des blindés allemands, frappés de la croix de fer, héritée de la Wehrmacht et restée le symbole de la Bundeswehr, se déploient, une nouvelle fois, à 150 km de la ville. Précisément dans les pays baltes – aujourd’hui dirigés par des gouvernements d’extrême-droite – d’où ils lancèrent l’offensive vers Leningrad.

    On ne peut plus parler aujourd’hui, et nul ne s’en plaindra, de militarisme allemand comme on le faisait à bon droit tant avant 1914 qu’avant 1940. Mais il faut parler dans le même sens donné à cette expression, de militarisme américain. Les Etats-Unis d’Amérique ont besoin d’un ennemi pour justifier leur « leadership » mondial, comme dieu a besoin du diable pour justifier son existence. Et les va-t-en guerre à la tête des armées US représentent une menace permanente pour la paix du monde. D’autant qu’ils peuvent compter sur la servilité des dirigeants européens.

    Les engagements pris après la fin de la guerre froide ont été reniés par les Occidentaux.  L’OTAN ne devait pas s’installer aux frontières de la Russie (ainsi que rappelé dans un excellent article de la revue Foreign Affairs, 29 octobre 2014). Les USA, avec des complicités européennes, ont fomenté des révoltes initiées par des ONG locales financées par les USA et l’UE. En utilisant habilement le ressentiment bien légitime des populations pour les épreuves subies du temps de l’Union soviétique, ces révoltes ont d’abord suscité de la part du pouvoir en place, démocratiquement élu, une répression qui a servi de prétexte à des rapports d’ONG internationales de défense des droits de l’Homme, financées elles aussi, par les USA et l’UE. Ces ONG internationales, peu le savent, sont financées pour stigmatiser les gouvernements que les USA et leurs vassaux européens veulent renverser, qu’ils soient démocratiquement élus ou pas. C’est ce qui s’est passé en Ukraine et en Géorgie. En Serbie, pour affaiblir un allié traditionnel de la Russie, le choix fut le démembrement du pays au prix d’une guerre illégale au regard du droit international et la création d’un Etat artificiel, le Kosovo, devenu aujourd’hui un Etat mafieux. Le but : encercler la Russie d’Etats passés sous le contrôle de l’OTAN.

    Le renversement en Ukraine d’un gouvernement démocratique remplacé aujourd’hui par un gouvernement où domine l’extrême-droite fascisante et raciste a suscité la réaction de Moscou, mais aussi de populations russophones à l’est du pays ainsi que la rétrocession à la Russie de la Crimée par une population qui ne demandait que cela depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En effet, dès 1992, le parlement de Crimée demandait déjà sa sortie de l’Ukraine. Le résultat du référendum approuvant cette rétrocession n’aurait pu être contesté si Moscou avait eu la malice de demander à l’ONU de l’organiser. Mais il est probable que les membres permanents occidentaux du Conseil de Sécurité de l’ONU auraient refusé cet exercice démocratique.

    Car, ce que les Occidentaux appellent « l’annexion de la Crimée » leur est trop utile. Il leur offre le prétexte rêvé pour désigner un nouvel ennemi dont ils ont tant besoin pour satisfaire les attentes de leurs complexes militaro-industriels. Et imposer un embargo sur la Russie dont les producteurs Européens sont les principales victimes. Et installer des troupes dans les pays limitrophes de la Russie. Et organiser en Pologne et dans les pays baltes des manœuvres réunissant des dizaines de milliers de soldats qui sont autant de provocations adressées à la Russie.

    Après les manœuvres organisées en mai qui ont vu, comme en 1941, des soldats espagnols (la brigade BRILAT aujourd’hui, la Division AZUL hier) aux côtés des troupes allemandes, des décisions récentes prises à Hanovre puis à Varsovie, sur ordre des USA, vont amener des éléments blindés allemands à opérer de nouveau à proximité de la Russie.

    De la Mer Baltique à la Mer Noire, l’OTAN a érigé une ligne offensive – a « front line », pour parler comme eux – contre la Russie. L’OTAN met en oeuvre une véritable politique d’encerclement qui peut conduire au pire.

    Jusqu’où ira l’obsession guerrière des USA ? Jusqu’où ira la servilité européenne ?

    En mai dernier, quelques jours avant le 75e anniversaire du déclenchement de l’opération Barbarossa, nom donné à l’invasion de l’Union soviétique, des chars allemands frappés de la croix de fer se sont déployés de nouveau à 150 km d’une ville qui s’appelait alors Leningrad.

    Réfléchissons et résistons.

    Raoul Marc JENNAR

    22 juillet 2016.

    source: jennar.fr

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  • Histoires d'Images/ Images d'Histoire-par Moïra Chappedelaine-Vautier & René Vautier (Tébéo/Tébésud/TVRennes 21/07/2016)Pierre CAUZIEN, grièvement blessé le 17 avril 1950

    Chaque jeudi à 20h45, Tébéo, Tébésud et TVR 35, les trois TV locales bretonnes, unissent leurs antennes pour proposer un programme inédit sur la Bretagne: documentaires, émissions spéciales ou fictions…Ce jeudi 21 juillet c'est un film documentaire de Moïra Chappedelaine-Vautier et René Vautier intitulé "Histoires d'Images/Images d'Histoire; celles du 17 avril 1950 à Brest.

    En 1950, en pleine reconstruction, les ouvriers de Brest se mettent en grève. Elle durera plus d'un mois et sera sanglante. Edouard Mazé, ouvrier brestois de 26 ans laissera la vie lors de la manifestation du 17 avril, des dizaines de ses camarades seront blessés et l'un d'eux Pierre Cauzien sera amputé cinq jours plus tard. La ville est en état de siège. René Vautier, jeune cinéaste de 20 ans, se rend clandestinement à Brest, à l'appel de la CGT, pour tourner un film sur les raisons de la colère. La trace de ces événements est aujourd'hui ténue et portée par des témoins dont la parole s'éteint petit à petit. Ce film se propose de retrouver les traces de ces événements, recueillir la parole des témoins, fouiller leurs archives personnelles, exhumer les photogrammes oubliés, ouvrir les dossiers officiels protégés jusqu'alors par un délai de non-communicabilité, fouiller au fonds des mémoires individuelles pour comprendre. En 1950, un homme est mort... Qui s'en souvient encore ?

     

     
     
    source:  tebeo.bzh/
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  • La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée (OF.fr-17/07/2016-20 h 14)En 2006, Raymonde Tillon, lors de la remise d'un tableau représentant son mari au lycée Charles Tillon, à Rennes.

    La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée à l'âge de 100 ans, a annoncé ce dimanche l'Elysée, François Hollande saluant cette "femme engagée" qui était "la dernière survivante" des 33 premières femmes élues députées en 1945. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a également rendu hommage à "son esprit de liberté, sa soif de justice et sa lutte contre l'arbitraire sous toutes ses formes".

    « J'écris ton nom, Liberté ». Ce vers d'Éluard est le titre du livre de mémoires qu'a publié en 2002 Raymonde Tillon, l'épouse de l'ancien chef de la résistance communiste et de l'ancien ministre de De Gaulle, Charles Tillon (1897-1993). Mme Tillon, qui était revenue vivre à Rennes où son mari était né, avait à cette occasion rencontré notre confrère Eric Chopin. Voici l'article qu'il avait rédigé à l'époque :

    L'héroïque liberté de Raymonde Tillon

    La perte de ses parents à l'âge de 4 ans, la déportation à Ravensbrück, l'exclusion du PCF au plus fort du stalinisme d'après-guerre : la vie de Raymonde Tillon a été marquée par les épreuves. Et quelles épreuves... Ce destin exceptionnel forgé dans la douleur mais riche de grandes joies, Mme Tillon le raconte dans un livre autobiographique.

    Femme et « fidèle secrétaire » de Charles Tillon, cette grande figure historique née du côté des Lices en 1897, Raymonde Tillon a pris à son tour la plume pour « évoquer sept décennies de luttes et d'espoir » en dénonçant d'entrée de jeu « le stalinisme à la française qui a bien existé ».

    Engagée très jeune dans les Jeunesses communistes puis au sein du PCF, Raymonde Tillon s'est mobilisée sur le front syndical (CGT) entre les deux guerres, au temps du Front Populaire. Avec son premier mari, Charles Nédelec (1907-1944), elle ne ménage pas son énergie au service de la cause ouvrière. Mais la seconde guerre mondiale la met rudement à l'épreuve. Déportée à Ravensbruck en avril 1944, Raymonde Tillon réussit à s'extirper de l'horreur en mai 1945. « Quand je suis revenue à Paris, pesant à peine 35 kg, j'ai appris le décès de mon mari, mort d'épuisement dans la Résistance ».

    « Fraternité brisée »

    Raymonde Tillon met, au lendemain de la Libération, son idéal communiste au service des institutions. Vivant à Marseille, elle devient conseillère générale, puis députée de la Constituante avant d'entrer à l'Assemblée nationale où elle fait la connaissance d'un certain Charles Tillon, député PCF d'Aubervilliers, ancien mutin de la Mer Noire, chef de la Résistance communiste FTP et ministre de De Gaulle de 1944 à 1947.

    Ils unissent leur destin familial (deux enfants naîtront de leur union, qui s'ajoutent aux deux garçons de Charles, lui aussi veuf) et vont faire face ensemble à l'écroulement de leur idéal communiste au début des années 50.

    « Le parti nous en a fait voir »

    Le stalinisme fait des ravages. Ils se démarquent des positions du PCF « qu'ils ne comprennent pas ». C'est l'époque des « Procès de Moscou à Paris » », titre d'un des livres de Charles Tillon. « Le Parti nous en a fait voir mais nous avons résisté ». Le couple Tillon s'exile en Provence. La « fraternité est brisée ». Pour avoir protesté contre l'invasion soviétique en Tchécoslovaquie, Charles Tillon est finalement exclu du PCF en 1970. Les enfants ayant grandi, les Tillon reviennent vivre au pays (à La Bouëxière, près de Rennes) avant de repartir pour Marseille où le géant Charles Tillon s'éteint le 13 janvier 1993.

    Raymonde Tillon a choisi en juillet dernier de revenir vivre « là où Charles est né ». C'est à dire à Rennes. Le rapatriement des cendres de son époux est en préparation. Raymonde Tillon est soulagée d'avoir dit « ce qu'elle avait, elle, à dire ». Mais foin de nostalgie. Raymonde Tillon fait « une confiance extraordinaire à la jeunesse ».

    Éric CHOPIN.

    « J'écris ton nom, Liberté », de Raymonde Tillon, aux éditions Du Félin. Collection Résistance-Liberté-Mémoire. 212 pages. Préface de Germaine Tillion. Postface de Charles-Louis Foulon.

    source: ouest-france.fr 17-07-2016 (20 h 14)

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  • Lettre ouverte de la Libre Pensée  à Monsieur Jean-Marc Todeschini,

    Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de la Défense Chargé des Anciens combattants et de la Mémoire.

    Va-t-on interdire la Chanson de Craonne en France ?

    Monsieur le Secrétaire d’Etat,

    L’interdiction de la Chanson de Craonne, que vous avez décidée lors des cérémonies commémoratives de la bataille de la Somme le 1er juillet 2016, a scandalisé non seulement les libres penseurs pacifistes et internationalistes que nous sommes, mais, bien au-delà, elle a interrogé de très nombreux citoyens qui considèrent que ce chant appartient au patrimoine le plus populaire de notre pays et le plus digne de respect, parce qu’il est pour ainsi dire consubstantiel à la guerre de 1914-1918.

    Faut-il rappeler que cette chanson a été en pleine guerre l’objet d’investigations policières, pour en découvrir  alors le parolier et le châtier de façon à lui interdire la récidive, c’est-à-dire en vue de le traduire en Conseil de guerre et d’ obtenir si possible qu’il soit passé par les armes comme « Fusillé pour l’exemple ? »

    Sommes-nous revenus au temps de la Guerre d’Algérie ?

    Vous avez eu des prédécesseurs de triste renommée dans la censure sur le même sujet en pleine guerre d‘Algérie. Quand Stanley Kubrick réalisa son extraordinaire film Les Sentiers de la Gloire, il fut interdit en France pendant des décennies. Y aurait-il un lien inavouable entre l’amnistie des « généraux félons de l’OAS » et l’interdiction de la Chanson de Craonne ? Celui du refus que soit honoré le droit de dire NON à la boucherie ? Celui du refus de la réhabilitation collective des 639 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale ? Celui du refus de la guerre et des massacres ?

    Faut-il rappeler que cette chanson a connu un immense succès dans les tranchées ?  Cette chanson, vous le savez, n’a rien à voir avec une simple rengaine passée de mode et à laquelle nos contemporains seraient devenus indifférents. Non. Mille fois non. Tout au contraire. Il s’agit d’une chanson pleine d’un sens profond ayant su traduire l’état d’esprit des combattants de la Première guerre mondiale, tant elle est empreinte d’une nostalgie poignante et d’un esprit de révolte contre des ordres absurdes, dont la guerre de 1914-1918 n’a pas manqué, comme la majorité des historiens modernes s’accordent désormais à le dire.

    Cette chanson a bravé le temps et l’oubli. Il n’est pas excessif de dire qu’elle a pris un caractère symbolique et qu’à elle seule, elle exprime l’immense désespoir et l’immense colère de ces centaines de milliers de jeunes hommes voués à sacrifier, qui leur vie, qui leur intégrité physique, qui leur santé mentale, pour des intérêts qui n’étaient pas les leurs.

    La censure est toujours contre la vérité de l’Histoire

    En conséquence, nous vous demandons si, lors des commémorations de la bataille du Chemin des dames, l’an prochain, vous oserez interdire que soit chantée cette Chanson de Craonne, dont le titre indique précisément un des  lieux les plus mémorables de cette bataille calamiteuse, dite offensive Nivelle, moment effroyable où la chanson devint célèbre. Oserez-vous occulter  la dimension la plus terrible de la condition humaine dans l’histoire de cette guerre atroce pour ne retenir que l’héroïsation de faits d’armes et d’assauts victorieux, loin de la réalité infiniment tragique et révoltante des tranchées où un gigantesque déploiement d’artillerie procédait à sa terrifiante  boucherie de part et d’autre de la ligne de front  ?

    La Chanson de Craonne est une chanson qui appartient à l’Histoire avec une majuscule. On lui doit respect, voire déférence. Elle a marqué à jamais la période et le front où elle fut fredonnée par les « bonshommes », réduits à n’être que de la « chair à canon ». « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » disait Anatole France, comme en écho à ces fortes paroles de la Chanson de Craonne : « Ceux qu’ont l’pognon ceux-là r’viendront /Car c’est pour eux qu’on crève… »

    Telle est la voix de la vérité. Allez-vous l’étouffer une nouvelle fois ou, faisant droit à la raison et au respect de nos aînés, autoriser cette voix à s’exprimer l’an prochain au Chemin des Dames ?

    Dans l’attente de votre réponse, nous vous assurons, Monsieur le Secrétaire d’Etat de notre attachement indéfectible à ce que toute la vérité soit dite sur 1914-1918 et à ce que, notamment lors des cérémonies commémoratives de la bataille du Chemin des Dames, soit entendue enfin la voix authentique des combattants, si présente dans la Chanson de Craonne.

    Paris, le 9 juillet 2016

    Christian Eyschen, vice-Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée

    Pierre Roy, Président de la Fédération nationale laïque des Associations des amis des monuments pacifistes

    source: fnlp.fr

    La chanson de Craonne par Marc Ogeret

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  • Il y 76 ans, le 10 juillet 1940, l'Appel de Maurice THOREZ et de Jacques DUCLOS [video]

     

    Des images de la cérémonie de commémoration de l'Appel du 10 juillet 1940 organisée bd Mortier à Paris 20è le 10 juillet 1977, avec notamment le discours de Gaston Plissonnier.

    Télécharger « 160710-Le texte de l' appel du 10juillet 1940 de M. Thorez & J. Duclos.pdf »

     

    source:  communcommune.com

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  • Discours de Nicole Aurigny, vice-Présidente de  la Libre Pensée

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016

    A l’initiative du Groupe La Barre de la Libre Pensée d’Abbeville, se tient chaque année un rassemblement et une manifestation en hommage au Chevalier de la Barre, assassiné par la réaction cléricalo-monarchiste et brulé en place publique, le 1er juillet 1766. Une centaine de laïques et de libres penseurs étaient présents à Abbeville le 3  juillet 2016.

     

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016 (FNLP.fr 6/07/2012)

    «  Citoyennes, citoyens, chers amis, cher camarades,

    Un des attendus du jugement qui a amené le Chevalier de La Barre au bûcher était « d’avoir rendu le respect à des livres infâmes au nombre desquels se trouvait le Dictionnaire philosophique du sieur Voltaire. » Et ce livre, nous le savons, fut brûlé en même temps que le Chevalier.

    Voltaire a publié le « Dictionnaire philosophique » en 1764, et ce dictionnaire « portatif », comme il fut appelé ensuite, eut un grand succès et se répandit rapidement dans la société du XVIIIè siècle. Furieuse, l’Eglise condamna le dictionnaire « au feu » dès 1765, mais elle décida aussi de répondre par un livre qui eut pour titre : Anti-dictionnaire philosophique.

    J’ai eu l’occasion de feuilleter cet ouvrage, et dans la préface de 1775, on peut lire : « Le Parlement de Paris condamna ce livre au feu par son arrêt du 17 mars 1765, comme une satyre scandaleuse des Mystères, de la Morale et de la discipline du Christianisme ; comme un cours complet de Matérialisme, comme un recueil de blasphèmes mille fois répétés par les Impies, et mille fois réfutés depuis dix-huit siècles. Ces illustres magistrats firent plus encore en 1766, lors de l’exécution du Chevalier de la Barre à Abbeville. Ils ordonnèrent que cette production sacrilège serait brûlée sur le corps du jeune criminel qu’elle avait séduit. » En 1775, les religieux ne craignent donc pas de tirer gloire à la fois de la destruction du dictionnaire philosophique et du supplice du Chevalier.

    Mais, 14 ans plus tard,  en 1789, la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirme que  « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. »

    C’est le combat de la Libre Pensée depuis plus de 150 ans, car elle considère que la France n’est pas la « fille aînée de l’Eglise », mais la fille des Lumières, de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, des lois laïques de 1881-1886, de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat.

    C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée se félicite du rassemblement du 5 décembre 2015 pour l’abrogation de la loi Debré et la défense de la loi de 1905. Malgré l’état d’urgence, l’interdiction de la manifestation, le rassemblement de plusieurs milliers de laïques s’est tenu. A l’initiative de la Libre Pensée, ont participé à ce rassemblement la Ligue de l’Enseignement, la Ligue des Droits de l’Homme, la Confédération Force Ouvrière, la FERC-CGT, l’Union rationaliste, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité., Laïcité-Liberté. Toutes ces organisations ont pu développer leur point de vue et expliquer pourquoi elles revendiquent l’abrogation de la loi Debré et pourquoi elles défendent la loi de 1905.

    On le voit : le mouvement laïque se restructure autour d’un axe dont la Libre Pensée est une composante importante, parce qu’elle est restée ferme sur la définition de la laïcité, qui n’est ni plurielle, ni ouverte, ni xénophobe, ni communautariste, ni « chrétienne et blanche », et parce qu’elle défend la loi de 1905, se refusant à confondre sphère publique et sphère privée.

    Défendre la loi de 1905, c’est défendre la République contre le communautarisme ; c’est refuser de voir chaque personne s’enfermer dans sa communauté supposée ; c’est refuser de revenir à l’Ancien-Régime où chaque individu appartenait obligatoirement à un Ordre.

    Revendiquer l’abrogation de la loi Debré, c’est revendiquer les fonds publics exclusivement à l’Ecole publique. Il convient donc de dénoncer, une fois de plus, le budget en faveur de l’enseignement privé, en hausse en 2016 : plus de dix milliards de fonds publics détournés pour l’école privée à 97 % catholique. La Libre Pensée invite ses Fédérations à établir l’inventaire des fonds publics détournés et à rendre ces chiffres publics.

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016 (FNLP.fr 6/07/2012)

    Défendre la laïcité de l’Ecole, c’est aussi exiger l’abrogation du Concordat qui instaure en Alsace-Moselle, non pas un droit local cultuel, mais un régime clérical d’exception. Abandonner cette exigence serait laisser la porte ouverte à ceux qui, comme Bernard Cazeneuve, voudraient intégrer la religion musulmane et éventuellement le culte évangélique avant d’étendre le Concordat à tout le pays.

    Défendre la laïcité de l’Ecole, c’est combattre la loi Peillon, la réforme des rythmes scolaires, la réforme du collège. La « refondation » de l’Ecole inverse, elle aussi, la hiérarchie des normes : la territorialisation, le projet local, l’autonomie vont à l’encontre des programmes, des examens nationaux, à l’encontre de l’égalité, à l’encontre de la laïcité. La FNLP  a appuyé le combat contre ces réformes rejetées massivement par les enseignants et les parents. Elle se félicite que les organisations représentant 80 % des personnels aient exigé l’abandon de la réforme du collège.

    Avec la loi El Khomri, on voit une tentative insidieuse de mettre en place un ordre corporatiste, directement inspiré de la Doctrine sociale de l’Eglise, via l’Europe vaticane. Les salariés ne seraient plus considérés comme une classe sociale, et l’inversion de la hiérarchie des normes aboutirait à leur atomisation.

    Pour parfaire le piège dans lequel on voudrait les enfermer, le Sénat, avec l’accord du gouvernement, vient de réintroduire dans la loi El Khomri la disposition sur l’extension de la « laïcité » dans les entreprises privées. « Le règlement intérieur peut, par accord d’entreprise, contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés, si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »

    Comme on le voit, il s’agit de chercher à interdire toute expression d’une conviction religieuse, syndicale, politique. C’est une remise en cause d’un droit démocratique : la liberté d’expression. Dans cette acception, la laïcité n’est plus le système institutionnel qui garantit à tous la  liberté de conscience et d’expression ; elle est ravalée au rang de simple opinion. On tue la laïcité au nom de la « laïcité ».

    En cette année 2016, centenaire des batailles sanglantes de Verdun et de la Somme, je voudrais rappeler un autre combat de la Libre Pensée : pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple. Devant ce monument en hommage au Chevalier de La Barre, nous nous souvenons de tous les efforts qu’il a fallu pour récolter sou après sou les sommes nécessaires à sa réalisation. C’est un exemple et un encouragement pour nous qui avons lancé une souscription nationale pour rendre hommage aux 639 Fusillés  grâce à un monument en pierre sur la ligne de front.

    Depuis un an, les batailles n’ont pas manqué ;

    • Le gouvernement voulait introduire l’état d’urgence dans la Constitution. Il n’a pas réussi.
    • Le gouvernement a voulu interdire les manifestations syndicales. Il n’a pas réussi.
    • Il n’a pas trouvé le consensus qu’il recherchait pour faire aboutir ses contre-réformes.
    • Et contre la loi Travail, la mobilisation continue.

    Nous commémorons aujourd’hui le 250è anniversaire du supplice du Chevalier de La Barre.

    Contre la loi Debré, pour la défense de la loi de 1905« pour l’émancipation intégrale de la pensée humaine » comme le proclame fièrement ce monument, l’union laïque est en marche. »

    source: fnlp.fr/

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  • 7 JUIN 36, VICTOIRE DES SALOPARDS EN CASQUETTE !

     Jamais autant d’avancées sociales n’ont été obtenues d’un seul coup. Congés payés, semaine de 40 heures, convention collective, libre exercice du droit syndical, contrat de travail, augmentation des salaires jusqu’à 15%… « VICTOIRE SUR LA MISÈRE ! », titrait Le Peuple : « 8 MILLIONS DE SALARIÉS OBTIENNENT SATISFACTION ».

    Grâce au combat des nôtres, les « salopards en casquette » comme les appelaient les Gattaz de l’époque, nous bénéficions toujours aujourd’hui des conquêtes sociales remportées grâce aux grèves et aux occupations spontanées du printemps 1936.

    C’est aux législatives du 03 Mai 1936 que le Front Populaire l’a emporté. Mais de peu et avec un programme assez limité. Mais le mouvement social ne s’est pas arrêté là. Une immense vague de grèves spontanées avec occupation s’est imposée en exigeant des réformes sans précédent. Syndicats et partis ont dû suivre cette formidable mobilisation. Le gouvernement d’union de la gauche a dû écouter le mouvement social et transformer les revendications en autant de lois.

    Aujourd’hui c’est l’inverse. Un gouvernement « socialiste » s’emploie à détruire ces acquis en imposant brutalement par la ruse et par la force sa « Loi Travail », combattue depuis trois mois par un vaste mouvement social.

    HOLLANDE, VALLS, MACRON, TROIS IMPOSTURES PAR JOUR

    Pour cet anniversaire du Front Populaire, leurs conseillers en com’ se sont surmenés mais c’est encore raté :

    - grève partout contre la Loi Travail, notamment à la SNCF à quelques jours de l’Euro de foot. Au journal La Voix du Nord, le 07 juin, François Hollande cite le leader communiste de 1936, Maurice Thorez, « IL FAUT SAVOIR ARRÊTER UNE GRÈVE ». Mais Hollande oublie de citer la suite : « DÈS QUE LA SATISFACTION A ÉTÉ OBTENUE ».

    - Manuel Valls, acharné à imposer la Loi Travail en déployant une répression policière brutale, célèbre avec lyrisme les accords Matignon le 07 juin, tout en faisant tout ce qu’il peut pour en détruire l’essentiel.

    - Emmanuel Macron inaugure un timbre poste à la mémoire du Front Populaire. Il choisit judicieusement la poste de Montreuil (93) dont le maire communiste Patrick Bessac refuse de le recevoir. Huées, sifflets. Malgré les forces policières qui l’entourent, il se prend un œuf sur la tête.

    LES ACCORDS MATIGNON

    « Nous avions pour nous la force et nous pouvions parler haut », dit Benoît FRACHON (CGT) face à Alfred LAMBERT-RIBOT, du Comité des Forges, dans ce document d’anthologie !

    Extrait de l’émission PANORAMA du 15 juillet 1966 : « Il y a 30 ans, le Front populaire » :

     07 JUIN 36, VICTOIRE DES SALOPARDS EN CASQUETTE ! par Là-bas si j'y suis

     source: a-bas.org/la-bas-magazine/

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  •   

    Résistance. À la jeunesse de reprendre le flambeau (LT 28/05/2016)

    La journée nationale de la Résistance célébrée à la stèle des fusillés à Mousterlin

    C'est à la pointe de Mousterlin à Fouesnant, où furent fusillés 17 résistants, qu'a été célébrée, hier, la troisième journée de la Résistance. Elle commémore la première réunion, le 27 mai 1943 à Paris, du Conseil national de la Résistance.

    Le 15 mai 1994, 17 résistants, torturés à la prison Saint-Charles de Quimper, étaient fusillés et enterrées dans les dunes de Mousterlin. C'est sur les lieux même de leur exécution qu'a été célébrée, hier matin, la journée mondiale de la Résistance. 73 ans plus tôt, à Paris, Jean Moulin parvenait à accomplir la mission que lui avait confiée le général de Gaulle, celle d'unir la Résistance intérieure. La cérémonie a réuni autour de la stèle du souvenir des anciens combattants, de nombreux élus, des représentants des autorités civiles et militaires. Le message commun des représentants de la Résistance du Finistère a été lu par Aldric Parent, Chloé Alvez Da Costa et Clémence Prévet, élèves au collège Kervihan de Fouesnant. Prêtant ainsi sa voix à Alexis Le Gall, président de l'amicale des anciens de la 1r e Division de la France Libre, le jeune collégien a rappelé que « la Résistance commença quand, de Londres et sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle signifia son refus de l'armistice (...) Rares, très rares, furent ceux qui le rejoignirent dans la lutte ».

    Des jeunes épris de liberté

    Le texte d'Anne Friant, présidente départementale de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (Anacr), lu par les deux jeunes filles, a souligné le rôle de la Résistance intérieure dans la libération de la France. « Jeunesse de ce pays, entretenez la flamme de la Résistance, donnez-lui à votre tour, tout son éclat. Continuez l'oeuvre de vos aînés », l'a-t-elle exhortée. La teneur du message ministériel lu par le préfet Jean-Luc Videlaine, représentant de l'État, visait également à transmettre aux nouvelles générations cette « flamme de la Résistance » qui animait les combattants de l'ombre, quelles que soient leurs origines sociales. «Ensemble, ils édifièrent le programme politique et social du CNR pour une République plus ouverte, plus généreuse, plus démocratique ». Ce programme, adopté le 15 mars 1944, comportait notamment le socle de notre modèle social avec, entre autres, la création de la Sécurité sociale, la retraite, le réajustement des salaires pour que chaque travailleur puisse vivre dignement. La fin du message ministériel a voulu s'en revendiquer : « Aujourd'hui, nous devons continuer à moderniser l'État pour le rendre plus juste en conservant l'esprit de bienveillance du CNR ».
     
    Cathy Tymen
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