• Déclaration du Parti Communiste de Grèce (KKE) à propos de Die Linke et le parti de la gauche européenne (PGE)-IC.fr-16/07/18L'Hermine Rouge publie volontiers cette juste déclaration du Parti communiste de Grèce à propos des forfaitures politiques à répétition du Parti de la gauche européenne et de la direction de , le parti qui fournit actuellement au  (appelé PEL dans le texte du  qui reprend les initiales anglaises) son président, Gregor Gysi, l’un des principaux liquidateurs du SED et de la RDA. Parmi les anciens présidents et actuel vice-président, figure Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lui aussi pleinement intégré à ce PGE qui n’est qu’un appendice vaguement rougi de la social-eurocratie.

    L’asservissement du PCF actuel au PGE est tel que le PCF-PGE a réussi à se faire prendre de gauche par le Parti de gauche français, très lié à la France insoumise, sur cette question. En effet, le PG français vient de décider de quitter le PGE après que cette institution, appuyée sur ce point par sa principale branche française (le PCF), vient de refuser d’exclure de ses rangs Syriza, le parti du renégat Tsipras qui tente d’interdire la grève en Grèce sur sommation de la dictature européenne.
     

    Le PCF-PGE, non seulement sa direction mais certains de ses “opposants” internes, prétend sans rire “réorienter du dedans l’UE et l’euro dans un sens social” au moyen du PGE. Les faits prouvent que c’est l’UE qui achève de “réorienter du dedans” les partis qui adhèrent au PGE, PCF en tête, y compris en les conduisant à se solidariser avec des pratiques social-fascisantes, telles que la réduction du droit de grève pour les travailleurs grecs, en attendant que Macron fasse de même en France…

     

    Déclaration du KKE parue dans Solidnet

     

    Déclaration du Parti Communiste de Grèce (KKE) à propos de Die Linke et le parti de la gauche européenne (PGE)-IC.fr-16/07/18

    manifestation du KKE place syntagma

    Selon une dénonciation du Parti populaire de Palestine, le président du groupe parlementaire du parti Die Linke, parti de la “gauche” en Allemagne – qui a un rôle de premier plan dans le Parti de la gauche européenne (PEL) – dans un récent voyage qu’il a fait en Israël, il a visité une colonie israélienne et “planté des arbres” (!!!) envoyant un message de soutien à l’occupation durable des terres palestiniennes et à l’embellissement des crimes israéliens contre le peuple palestinien.

    C’est un acte conscient qui prouve une fois de plus que Die Linke et les autres partis opportunistes du PEL ont mis le «masque» de la progressivité pour tromper les peuples et, dans la pratique, suivre la dangereuse politique de servir la classe bourgeoise, la Union européenne (qui améliore ses relations avec Israël), les plans impérialistes.

    Il y a beaucoup d’exemples.

    Le Parti de la Gauche Européenne (PEL) a soutenu l’intervention impérialiste des Etats-Unis, de l’OTAN, de l’UE en Libye, soutient les prétextes impérialistes pour la guerre en Syrie.

    C’est un parti qui prend part à la campagne anti-communiste de diverses manières et qui va de pair avec les forces les plus réactionnaires pour déformer la vérité historique contre le socialisme, contre l’Union Soviétique et les autres pays de la construction socialiste.

    En Grèce, le gouvernement SYRIZA (SYRIZA étant un membre éminent du PEL) concède tout aux USA, à l’OTAN et à l’UE: bases militaires, terre, mer et air pour les interventions impérialistes et les guerres; Il y a deux jours, il a provoqué de façon provocatrice les résolutions dangereuses du Sommet de l’OTAN à Bruxelles et continue de faire des slogans afin de brouiller le sale rôle joué!

    Le gouvernement SYRIZA améliore la coopération militaire, politique et économique avec Israël, couvre les crimes des forces d’occupation, refuse de reconnaître l’Etat palestinien tout en osant utiliser des slogans en faveur du peuple palestinien pour cacher son sale rôle à l’intérieur aussi!

    C’est la méthode préférée de l’opportunisme et de la social-démocratie.

    Ils font tout le sale boulot au service des plans impérialistes.

    C’est ce que font généralement Die Linke, SYRIZA, le PEL.

    Pour les partis communistes, les découvrir continuellement, intensifier la confrontation avec ces forces: c’est une question d’une importance cruciale.

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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  • Election présidentielle au Mexique: illusions réformistes et recomposition de l'hégémonie bourgeoise

    Les résultats des élections fédérales mexicaines ont suscité l’émotion et ont agité partout les restes de la vieille social-démocratie internationale et des progressistes divers et variés. La « gauche » salue la lumière d’espoir qui se serait allumée suite à la victoire d’Andrés Manuel López Obrador (AMLO), nouveau président mexicain. Son succès a réveillé un vieux fantasme, celui de la révolution de palais, une révolution sans violence et sans bouleversement des rapports sociaux-économiques, un « changement » qui passerait par les élections, par le respect des institutions libérales-démocrates et par un compromis possible entre les exploiteurs et les exploités. Ce qui plaît d’AMLO à la « gauche », c’est qu’il incarne parfaitement ce révolutionnaire de palais : il ne combat pas le système politique et économique en soi, mais seulement ses excès (notamment la corruption) ; il ne s’attaque pas à la domination des monopoles capitalistes, il veut seulement offrir quelques pansements pour que les pauvres se sentent un peu moins pauvres ; il ne divise pas la société mexicaine par l’introduction d’un discours et d’un programme de classe, mais au contraire il veut pacifier cette société justement en étouffant la lutte des classes à travers un discours de compromis construit autour de « l’unité nationale ».

    Pendant que les sociaux-démocrates s’agitent et rêvent d’un Mexique rose, pour les communistes il en va tout autrement quant à l’analyse du phénomène AMLO. La réalité de classe de sa victoire est sans appel : elle offre à la bourgeoisie mexicaine une sortie de secours de la crise sans précédent qu’elle-même a générée. AMLO offre la rédemption : la possibilité de continuer à exploiter sans la moindre remise en cause de la domination de classe ; la bourgeoisie n’aura qu’à accepter quelques mesures sociales négligeables, à accepter que tombent quelques têtes « trop » corrompues, et à profiter de la parenthèse AMLO pour se recomposer en tant que classe.

    Le commandement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) avait prévenu déjà depuis le mois d’avril : l’hydre capitaliste ne permettrait pas un triomphe véritable d’AMLO, la mise en place d’un gouvernement de type nouveau, le maintien des promesses les plus avancées en faveur des classes populaires. L’EZLN a maintenant confirmé son constat à la suite des résultats électoraux : « Les contremaîtres, les intendants et les caporaux peuvent changer, mais l'agriculteur reste toujours le même ». Avec AMLO il n’y aura donc pas de changement dans les rapports de classe, mais seulement de la désillusion.

    Effectivement, l’hydre capitaliste a su engloutir et assimiler López Obrador pour faire de ce petit révolté un énième candidat du système. Ainsi, les élections mexicaines de 2018 ne sonnent pas le glas du vieux régime des dinosaurios : les bureaucrates sont à l’abri, et le capitalisme monopoliste l’est encore plus par le biais d’une bourgeoisie en recomposition. Cependant, la désillusion que provoque d’ores et déjà le gouvernement AMLO peut et doit être captée par les organisations révolutionnaires mexicaines, afin de réaliser l’unité de la classe prolétaire autour d’un programme de rupture réelle.

    C’est le sens de l’analyse avancée par le Parti Communiste du Mexique (PCM) au lendemain des élections, dans un communiqué que nous proposons, intégralement traduit, ci-dessous (traduction de l'UEC-Strasbourg).

     

    Déclaration du Bureau Politique

    du Parti Communiste du Mexique

    Election présidentielle au Mexique: illusions réformistes et recomposition de l'hégémonie bourgeoise

     

    Sur le résultat des élections présidentielles: recomposition de l'hégémonie bourgeoise.

     

    Le résultat des élections fédérales a confirmé la victoire présidentielle d’Andrés Manuel López Obrador et la constitution d’une majorité dans les chambres des députés et sénateurs issue de la coalition qui l'a désigné, qui obtient également la majorité au sein du gouvernement de Mexico et la majorité des gouvernements des États qui étaient disputés.

    Le résultat du vote populaire est conforme au choix que la plupart des monopoles au Mexique avaient déjà fait, exprimant leur soutien de différentes manières, intégrant leurs représentants dans la campagne électorale de la coalition, y compris les monopoles des médias Televisa et TV Azteca - autrefois ses adversaires et maintenant promoteurs de sa figure -. Les groupes économiques et leurs cadres politiques sont représentés dans les différentes équipes que présentait López Obrador, y compris son Cabinet : il est clair, sans ambiguïté, que le pouvoir des monopoles est assuré, que la dictature de classe de la bourgeoisie continuera.

    López Obrador a catalysé le malaise engendré par 36 années de politiques de privatisation qui ont minimisé les droits sociaux, syndicaux et démocratiques. Il l’a fait à travers un discours démagogique, avec l'ancienne recette de l'unité nationale - utilisée précédemment de 1936 à 1982 par le PNR-PRM-PRI -, un concept qui entend se placer au-dessus des antagonismes sociaux et de classe, comme étant une option supposée interclassiste, représentant également les exploités et les exploiteurs, les riches et les pauvres, les bourgeois et les prolétaires. La gestion néolibérale des gouvernements de Miguel de la Madrid, Carlos Salinas, Ernesto Zedillo, Vicente Fox, Felipe Calderón et Enrique Peña Nieto, a été responsable de la destruction de l'ensemble de l'ejido (propriété collective paysanne), de la dépossession des terres, de la destruction de l'enseignement public et de la sécurité sociale, de la privatisation des entreprises d'Etat, de l'appauvrissement accéléré de la population qui atteint 53 millions, de l'augmentation massive des émigrés, du recul constant des salaires face à l'augmentation irrésistible du panier moyen et du coût de la vie, du chômage, et aussi de la violence généralisée déclenchée dans la soi-disant guerre contre la drogue qui dure depuis plus de dix ans, laissant plus de 200.000 morts et disparus. L’ensemble de ces politiques néfastes a généré une insubordination ouvrière et populaire latente, avec des manifestations différentes au cours des dernières années. Cependant, cela a été temporairement contrôlé sous les illusions d'un changement dans la coalition d’Obrador. Mais l'aspiration à résoudre les problèmes essentiels de la classe ouvrière et des secteurs populaires sera déçue : dans la même lignée que son Projet Alternatif de Nation, ses discours et ses opinions, ses alliances, López Obrador en tant que président élu a déjà ratifié les mesures qui donnent un aperçu clair de son mandat. C’est-à-dire : l'autonomie de la Banque du Mexique, la discipline financière et fiscale, le respect des engagements avec les banques et les organisations financières internationales, et aucune expropriation ou confiscation. Il a également confirmé que sa lutte contre la pauvreté sera basée sur des palliatifs, sur des mesures d'aide sociale pour les personnes âgées, les personnes handicapées et des bourses pour les étudiants. Il tente donc de traiter un cancer en phase terminale avec de l'aspirine. Ce n'est pas un hasard si ce qu’il entend affirmer en premier lieu est la garantie de la liberté d'entreprise, un signe de distinction du projet de classe qu'il représente.

    Un autre élément démagogique du discours d'Obrador est que ce serait en résolvant le problème de la corruption qu’on résoudrait les grands problèmes nationaux. Plus encore, López Obrador estime que la corruption est la base de "l'inégalité économique et sociale". Insistant sur cette idée, en opposition à l'argument scientifique selon lequel la racine du problème est l'exploitation du travail salarié et l'appropriation privée de la richesse produite socialement, il maintient comme innovation théorique de son invention que la corruption est la racine des problèmes du Mexique. Avec l'honnêteté et l'austérité, il pourra blanchir, maquiller le capitalisme, mais aucun problème n'aura de solution tant que, dans le conflit capital/travail, la balance penche du côté du profit et de l'accumulation en faveur de la bourgeoisie. Atténuer les problèmes, éteindre le feu, appliquer le contrôle des dommages, est la tâche que López Obrador promet, pour assurer la stabilité du système dans une période de turbulence, démobilisant ceux qui ont voté pour un changement et provoquant à long terme un reflux de la lutte sociale.

    Une autre question doctrinale que nous ne pouvons ignorer est sa conception de l'État et de ses fonctions : revendiquant l'idéologie bourgeoise issue de la Révolution mexicaine, il conçoit l'État comme au-dessus des classes sociales, comme l’expression représentative de la citoyenneté, des « riches et pauvres ». Cette formule a servi autrefois à la bourgeoisie pour gouverner et pour construire des consensus sociaux, c'est-à-dire à identifier les exploités avec les intérêts de leurs exploiteurs.

    Une idée qui est renforcée par le triomphe d'Obrador est celle de la « transition démocratique ». Dans la voix des centres d'affaires, de leurs stylos et leurs organes, l'illusion que le pouvoir étatique exercé sur les travailleurs émane du peuple lui-même tient sa "démonstration" par ce troisième changement de parti au pouvoir, qui détermine la composition du cabinet et exerce le pouvoir exécutif. Le Parti, le gouvernement, la direction ont changé, mais pas l'Etat. Ce discours masque le fait que, quel que soit le changement de parti, les mêmes centres d'affaires concentrent le pouvoir économique et que, précisément à travers ce pouvoir économique, déterminent la réalité du pays. Ils dirigent, à travers une myriade de cadres placés ou cooptés par eux-mêmes, les fonctions du pouvoir d'Etat : cet Etat ne prendra aucune mesure qui ne respecte pas leurs intérêts, et sans affecter leurs intérêts tout changement des conditions de vie des travailleurs est impossible. Par exemple, au-delà de l’entourage honnête du mandataire en question, que se passera-t-il concrètement lorsque l'IMSS (Institut Mexicain de la Sécurité Sociale) ou l'INFONAVIT (Institut du Fonds National pour le Logement des Travailleurs) accepteront que les entreprises déclarent des salaires inférieurs aux salaires réels ? Est-ce que cette corruption sera extirpée par une simple décision de l'exécutif ?

    En vertu de ces conceptions, en tenant compte de l'expérience historique et des lois du capitalisme, il sera nécessaire, pour assurer la « liberté d’entreprise », pour remplir ses accords avec les monopoles, et suivant ses critères interclassistes, de réaliser des pactes ou des accords entre ouvriers et patrons, dans lesquels la classe ouvrière devra resserrer sa ceinture pour que le capital maximise ses profits. Selon ces conceptions, récupérer les droits du travail et les droits sociaux n'est pas une priorité : ce sont des exigences qui doivent finir aux archives. Au contraire, le PCM se battra avec les travailleurs pour renverser la réforme du travail approuvée par le Pacte pour le Mexique en 2012.

    Carlos Salinas et López Obrador se sont trouvés d’accord sur le fait qu’il est temps pour la réconciliation nationale. Les candidats Meade et Anaya ont reconnu rapidement et avec élégance la victoire d’Obrador, un événement sans précédent et applaudi par l'opinion publique. Que signifie cette pantomime ? En premier lieu, que les conflits inter-bourgeois sont maintenant résolus dans des cadres institutionnels, et qu’il est temps de resserrer les rangs pour surmonter la crise économique et de domination. Ces réactions ne sont pas une surprise pour les communistes : avant les élections, à notre Conférence Politique, nous avons affirmé que la bourgeoisie avait déjà choisi de permettre à un gouvernement de la nouvelle social-démocratie de gérer ses intérêts et de surmonter les conflits auxquels elle est confrontée. L’inconfort, l'insatisfaction, les conditions objectives de la faim, le chômage, la pauvreté, l'exploitation, l'insalubrité, les bas salaires, l'émigration, les féminicides et les centaines de milliers de morts, tout cela a produit des éclosions qui montrent qu'il existe une disposition de la classe ouvrière et des secteurs populaires à aller plus loin : les protestations pour Ayotzinapa, les protestations contre l’augmentation du prix de l’essence, les centaines de conflits qui confirment une tendance invariable et croissante à l'insubordination. Et c'est l'une des significations de l'élection d’Obrador : la recomposition de l'hégémonie bourgeoise, réalisant qu’une part importante de la volonté populaire identifie à tort ses intérêts avec ceux de ses oppresseurs et exploiteurs, avec la médiation de la nouvelle social-démocratie, qui à partir de maintenant prend la relève du conseil qui gère les intérêts du capital dans notre pays : l'État mexicain. Il ne s’agit pas d’une défaite infligée au « système politique » par AMLO ; au contraire, c’est sa bouée de sauvetage avec l'unité nationale et la réconciliation nationale, qui signifient en pratique la protection de la légalité bourgeoise et du système actuel des partis contre la délégitimation et la haine qu'ils ont gagnées.

    Nous notons qu'une frange des secteurs populaires décide pour la première fois de s'exprimer politiquement ; plusieurs millions qui, n'ayant pas d'autre choix dans les bulletins de vote, décident d'exercer le vote pour la première fois, participent d'une manière ou d'une autre à la vie politique. Ce n'est pas notre intérêt que les gens désillusionnées retournent à l'apolitisme. Ajoutés à une grande partie de la masse des électeurs d’Obrador, ils expriment aujourd'hui une volonté de changer et de manifester leur fatigue, sans nécessairement assumer le projet d'Obrador. Nous avons le devoir d'expliquer massivement la proposition communiste du pouvoir ouvrier comme une solution objective et nécessaire aux grands problèmes nationaux. Sur cette frange de la population prolétaire nous déclarons ouvertement que notre intérêt est qu’elle ne soit pas immobilisée, qu’elle franchisse la porte de la participation politique et qu’elle rejoigne la lutte pour imposer ses intérêts avec la classe ouvrière.

    De la même manière que contre Peña Nieto, notre lutte se poursuit contre l'Etat bourgeois continué dans le gouvernement de López Obrador. Nous appelons les travailleurs :

    ♦ A se battre pour reconquérir les contrats collectifs, à rétablir par les faits le droit de grève, le droit d’organisation syndicale, l'échelle mobile des salaires, à mettre fin aux impôts sur le travail. A inverser la réforme du travail et la réforme de l'éducation.

    ♦ A lutter pour mettre fin à la compromission des syndicats (charrismo), pour mettre fin aux chefferies dans le mouvement ouvrier, pour la syndicalisation massive, pour l'unité syndicale, pour la reconstruction du mouvement ouvrier à partir de ces positions de classe.

    ♦ A se battre pour récupérer des pensions et des retraites décentes, et mettre un terme aux néfastes AFORES (Administradoras de Fondos para el Retiro). Pour renforcer la sécurité sociale.

    ♦ A se battre pour que l’Etat assure le logement, la sécurité sociale et la santé pour tous les travailleurs, formels et informels.

    ♦ A lutter pour l'expropriation de tous les biens mal acquis, résultats du processus de privatisation, et pour le contrôle des travailleurs sur les moyens de production concentrés. Pour la nationalisation des banques, du commerce extérieur et du régime de change.

    ♦ A se battre pour l'extirpation radicale de toute la base du réseau économique et politique de l'industrie du trafic de drogue, qui assassine, fait disparaître et détruit les familles ouvrières.

    ♦ A lutter pour rompre avec l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) et avec tous les accords avec le FMI et la Banque Mondiale.

    ♦ A se battre pour annuler la dette extérieure.

    ♦ A exiger la restitution – vivants – des étudiants normaliens d’Ayotzinapa et des milliers de disparus, et la punition des coupables, ce qui implique nécessairement la punition de Peña Nieto et d’Angel Aguirre, ainsi que de ceux qui sont responsables d'avoir dirigé le gouvernement de l’Etat de Guerrero. Pour la justice contre tous les crimes d'Etat commis au cours des dernières décennies.

    ♦ A se battre pour la défense inconditionnelle des migrants d'Amérique centrale au Mexique et des Mexicains aux États-Unis.

    ♦Pour l’unité de la classe ouvrière avec des objectifs et des drapeaux politiques indépendants pour constituer un puissant front anticapitaliste et antimonopoliste pour le renversement du capitalisme, pour le pouvoir ouvrier et le socialisme-communisme.

    Le Parti communiste du Mexique, réitérant son indépendance vis-à-vis de quelconque option bourgeoise, réfutant la tromperie selon laquelle il serait en train de se produire au Mexique un basculement vers la gauche, luttera tous les jours pour les objectifs et les intérêts de la classe ouvrière, sans aucune illusion dans le gouvernement Obrador.

    Cette première analyse du nouveau gouvernement sera approfondie au XVIIème  Plénum de notre Comité central, se réunissant prochainement, et dans notre sixième Congrès qui se tiendra à Mexico les 3, 4 et 5 Août.

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

     

    Le Bureau politique du Parti Communiste du Mexique, 

    le 4 juillet 2018

     

    sources:  http://uecstrasbourg.over-blog.com  &   http://www.comunistas-mexicanos.org/

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  • Après les violences de la semaine à Gaza, des manifestants ont dit leur indignation dans les rues de Quimper, samedi.

    Environ 250 personnes se sont réunies, samedi, place de la Résistance, pour exprimer leur indignation après les violences de lundi, à Gaza. Près de 60 Palestiniens sont morts sous les balles israéliennes. Ils manifestaient contre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. « Les Palestiniens sont des hommes et non pas des cibles. (...) Ils ont le droit de vivre », a lancé Yves Jardin, responsable du groupe local France-Palestine. Devant la préfecture, il a appelé à l'envoi par la France de secours pour assister les blessés, à des sanctions contre Israël ou encore à la libération des prisonniers politiques.

    « On veut la paix »

    Le rassemblement de solidarité de Quimper a traversé une partie du centre-ville sous le regard des commerçants et des badauds. Quelques personnes ont scandé « Israël assassin », « Palestine vivra, Palestine vaincra » et « Israël terroriste, USA complices ». Parmi les manifestants se trouvaient de nombreux militants de partis politiques (NPA, PCF, EELV, UDB...) ou de la société civile (AFPS, Acat...). « On est là pour dénoncer les violences », a déclaré Ali Dere, président de l'Association culturelle turque de Quimper. « On veut la paix. Ils sont obligés de vivre ensemble. Il est temps que la communauté internationale, l'Union européenne, la France, se bougent un peu. Emmanuel Macron a réagi en condamnant, mais ce n'est que des mots. Il faut plus ! ». « Des gens lancent des pierres et, en face, d'autres tirent à balles réelles, c'est révoltant », s'est indigné Christian Pierre, de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat). Yvonne Rainero, militante communiste, a dénoncé le « massacre de manifestants civils par des soldats. Ils tirent à balles réelles avec des armes modernes sur des manifestants désarmés ». Yves Jardin s'est félicité de la mobilisation. « Vu les conditions dans lesquelles ça s'est fait, c'est-à-dire très rapidement, le résultat est positif. Il y a beaucoup de monde. Je crois qu'il y a une prise de conscience qui est en train de se faire ». « Il y a du monde » a jugé Yvonne Rainero, rappelant que ce n'était pas gagné d'avance avec le beau temps et le week-end de Pentecôte.

    source: http://www.letelegramme.fr

     

     

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  • Le cortège a parcouru le centre-ville de Quimper.Le cortège a parcouru le centre-ville de Quimper.

    À Quimper, environ 250 personnes ont défilé ce samedi après-midi pour soutenir la population de Gaza. Et critiquer, avec indignation, la politique d’Israël dans cette partie du monde.

    " Israël terroriste, USA complices ! " Les slogans entendus (repris par une partie seulement des manifestants) ce samedi 19 mai dans le centre historique de Quimper donnent la tonalité de la manifestation qui s’est déroulée en réaction aux événements survenus à Gaza ces derniers jours.

    Derrière une banderole proclamant "Solidarité avec le peuple palestinien", 250 personnes ont parcouru les rues commerçantes. Aucun incident n’a été signalé. Plusieurs partis, associations, syndicats avaient appelé à un rassemblement qui s’est tenu devant la préfecture du Finistère.

    Yves Jardin, de l’association France-Palestine Solidarité, mène inlassablement la lutte en faveur de la reconnaissance du peuple palestinien. Il souligne que la période est particulièrement difficile. "Devant le massacre perpétré lundi dernier aux limites de la Bande de Gaza par l’armée israélienne, il n’est pas possible de se taire."

    source: https://www.ouest-france.fr

     

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  • GAZA: Halte au silence face au massacre ! Soyons nombreux le 19 à Quimper pour exprimer notre indignation et notre solidarité !

     

    L’horreur de la répression israélienne se développe et atteint un niveau inimaginable: hier 14 mai, lors de la manifestation contre le transfert de Tel-Aviv à Jérusalem de l’ambassade des USA en Israël, en violation du droit international, une soixantaine de personnes   ont été tuées par les tireurs d’élite israéliens, plus de 2.000 personnes ont été blessées. Depuis le 30 mars, le bilan est extrêmement lourd : 114 tués au moins, plus de 6.000 blessés, dont un grand nombre ont dû être amputés des membres atteints par des balles explosives. 

    Nous ne pouvons laisser faire sans rien dire ! Venez nombreux manifester votre solidarité avec le peuple palestinien:

    Manifestation de l’Indignation pour Gaza 
    Samedi 19 mai à 14 h 30 
    En se rassemblant Place de la Résistance à Quimper

     

    Les paroles ne suffisent plus. Il faut des sanctions envers Israël jusqu’à ce que cet état respecte le droit international et les droits de l’homme. Le gouvernement français doit  prononcer la reconnaissance par la France de l’Etat palestinien !
     
     
    Nous invitons tous les citoyens, toutes les associations et organisations attachées à la solidarité humaine, aux droits des peuples à l’auto-détermination, à la lutte contre tous les racismes à s’associer à cette manifestation. Soyons nombreux à Quimper samedi.
     
    Pour le Groupe du Pays de Cornouaille de l’Association France-Palestine Solidarité,
    Yves Jardin (02.98.92.30.63)
     
     
    L'ARC29/PRCF fait sien cet appel de l'AFPS et sera présente à la manif    
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    A quelques jours de l’élection présidentielle au le 20 mai 2018, retrouvez l’ accordé, à , par Héctor Michel Mujica, ambassadeur du Venezuela en France, et Léon Landini, président du PRCF. Un très riche pour permettre à chaque travailleur de se faire une idée de la situation au Venezuela, des enjeux de ce scrutin au Venezuela et dans le monde. A voir et à partager autour de vous, sur vos réseaux sociaux et à vos contacts.

    Entretien avec et Léon Landini, les questions posées par Initiative Communiste :

    • Monsieur l’ambassadeur, merci d’avoir accepté l’invitation d’Initiative communiste. Que répondez-vous à ceux qui disent que les prochaines élections au Venezuela seront truquées et qui, de ce fait, s’apprêtent déjà à refuser leur résultat en appelant déjà à demi-mots à la guerre civile, voire à l’invasion impérialiste de votre pays ?
    • Qui est responsable des graves difficultés économiques que subit la population vénézuélienne, l’incompétence du pouvoir ou le sabotage de l’oligarchie doublée d’un blocus US qui ne dit pas son nom ?
    • Comment vivez-vous la manière dont notre presse, qui se prétend libre et pluraliste, présente la situation dans votre pays ?
    • Que peuvent faire les démocrates et les progressistes français pour aider le peuple vénézuélien à approfondir les changements démocratiques ?
    • Le passage à la révolution socialiste n’est-il pas désormais la seule manière pour le Venezuela bolivarien d’échapper à la contre-révolution fasciste ?
    • L’intérêt bien compris du peuple français, y compris des secteurs capitalistes qui font des affaires à Caracas, ne serait-il pas que Paris reconnaisse sportivement le résultat des élections vénézuéliennes quel qu’il soit, notamment si le candidat progressiste MADURO est élu ?

     

    Sondage: Nicolas Maduro donné largement en tête des élections présidentielles au Vénézuela

    L’institut de sondage International Consulting Services a posé la question aux Venezueliens ” si les élections avaient lieu pour qui voteriez vous ?. Et la réponse est sans appel, Maduro obtiendrait 55,9% des voix.

    Le sondage a été réalisé du 20 avril au 4 mai et crédite Henri Falcon – un des principaux leaders de l’opposition (MUD – droite) de la seconde place avec 25,4 % des voix tandis que que le pasteur Javier Bertucci obtiendrait 16,2% des voix.

    Ce dernier a annoncé mercredi dernier qu’il ne compte pas se retirer pour permettre une candidature unique de l’opposition avec celle de Henri Falcon.

    Election présidentielle du 20 mai 2018 au Venezuela-Entretien d' "Initiative Communiste" avec l'ambassadeur du Venezuela en France La coalition de droite et d’extrême droit connue sous le nom de Table ronde de l’unité démocratique (MUD) a appelé ses militants au boycott des élections et à s’abstenir de voter. Un appel qui ne trouve qu’un écho très minoritaire dans l’opinion. Le sondage indique que 67.5% de la population est absolument certaine de voter le 20 mai, 4% se disant certain de ne pas voter.

    14 millions de vénézueliens sont appelés aux urnes le 20 mai 2018 pour désigner leur prochain président ainsi que les assemblées législatives régionales.

    Publié le 13 mai 2018 

    sources: https://www.youtube.com/watch?v=jDdUkJQ8OrQ&feature=em-uploademail

    https://www.initiative-communiste.fr

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  • «Attaque chimique» à Douma : un père et son enfant battent en brèche la version occidentale (VIDEOS)-RT-19/04/2018)Le garçon, identifié comme étant Hassan Diab et âgé de 11 ans, le 7 avril à Douma, dans la Ghouta orientale, capture d'écran Facebook

    Une équipe de télévision a pu retrouver l'un des enfants figurant dans la vidéo, relayée 
    par tous les
    médias, de la scène de confusion dansl'hôpital de Douma près de Damas.

    Bien qu'indemne, le garçon témoigne qu'il a été forcé de s'y rendre. La chaîne russe Rossiya a pu avoir accès à l'un des enfants figurant dans la vidéo,reprise par tous les médias, de scène de panique dans unhôpital à Douma le 7 avril dernier. Parmi ceux-ci, un garçon, qui ne paraît pas suffoquer, autour duquel des hommes s'affairent, l'arrosant d'eau et utilisantvraisemblablement un spray nasal, le laissant plutôt surpris et hébété.Mais le même garçonnet, retrouvé et interviewé par l'équipe de télévision russe, affirme qu'ordre lui a été donné de se rendre à l'hôpital. «Nous avons entendu des personnes criant que nous devions nous rendre à l'hôpital, alors on y est allé. Quand je suis arrivé des gens m'ont attrapé et ont commencé à déverser de l'eau sur ma tête», témoigne l'enfant, identifié comme Hassan Diab, 11 ans, au journaliste et reporter de guerre russe Evguéni Poddoubny.

     Omar Diab, le père d'Hassan, rapporte de son côté qu'il a fini par retrouver sa famille, après avoir quitté son lieu de travail, un chantier. «Quand j'ai su que ma famille était à l'hôpital, je suis presque devenu fou», se rappelle-t-il. «Je me suis rendu à l'hôpital, j'ai monté les marches et j'ai trouvé ma femme et mes enfants», raconte-t-il, soulignant qu'il n'avait «rien entendu à propos d'une attaque chimique». «J'ai fumé dehors, je n'ai rien senti», précise-t-il.

    Et le père de famille de poursuivre : «Je suis rentré dans l'hôpital [...] j'ai vu que de l'eau avait été déversée dans la pièce, j'ai rencontré des enfants, ils ont criés : "Bonjour". Omar Diab est ensuite monté à l'étage pour enfin retrouver sa femme et ses enfants. «Dieu merci, les enfants allaient tous bien», témoigne encore le père, ajoutant qu'on leur avait donné des fruits et des biscuits. 

    source: https://francais.rt.com/

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  • Syrie-Déclaration de L’Initiative des Partis Communistes et Ouvriers d’Europe (IC.fr-18/04/2018)L’Initiative des Partis Communistes et Ouvriers d’Europe condamne les nouveaux bombardements de missiles par la France, la Grande Bretagne et les USA contre la Syrie, avec le soutien de l’UE et de l’OTAN. Ces développements en Syrie rapproche toujours plus près du risque d’une guerre mondiale impérialiste. Le prétexte de l’usage d’armes chimiques a déjà été utilisé pour les guerres impérialistes contre l’Irak, la Libye ou la syrie et ne peuvent ni convaincre ni tromper les peuples qui sont déjà avertis sur ce plan.

    La position de l’UE qui est de soutenir activement les USA est à nouveau des plus dangereuses. La déclaration faite par le président du conseil européen D Tusk soutien l’attaque, l’appelant “justice, est intolérable et incendiaire. L’UE, une fois de plus bombarde et participe activement au changement des frontières, à la partition des états, à pousser les réfugiés sur la route de l’exil pour qui elle verse ensuite hypocritement des larmes de crocodile. Les gouvernement bourgeois de l’Europe sont les participants et les co responsables, en fournissant les bases et les moyens en soutenant les prétextes hypocrites de l’axe USA UE OTAN.

    les peuples doivent se lever contre ce nouveau crime impérialiste et renforcer leur lutte contre la guerre impérialiste contre les USA l’UE L’OTAN et leurs alliés, pour stopper tout ce qui peut faciliter les interventions impérialistes, renforcer la solidarité et la lutte conjointe des peuples contre leurs vrais ennemis, le capitalisme et ses monopoles.

    Le secrétariat de l'Initiative

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Jérusalem après la déclaration Trump:

    l'intensification du transfert forcé des Palestiniens  

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  • Robert Fisk : le chef de la clinique de Douma nie la réalité d’une attaque au gaz

    ATTENTION : article exclusif et indispensable. Robert Fisk (The Independent) a pu visiter l’hôpital de Douma, au centre d’une crise mondiale. Sa conclusion : personne n’a vu d’attaque au gaz chimique à Douma !


    C’est l’histoire d’une ville appelée Douma, un lieu ravagé et puant d’immeubles détruits – et d’une clinique souterraine dont les images de souffrance ont permis à trois des nations les plus puissantes du monde occidental de bombarder la Syrie la semaine dernière. Il y a même un docteur sympa en blouse verte qui, quand je l’accoste dans la même clinique, me dit gaiement que la vidéo “gaz” qui a horrifié le monde – malgré tous les sceptiques – est parfaitement authentique.

    Les histoires de guerre, cependant, ont l’habitude de devenir plus sombres. Le même médecin syrien âgé de 58 ans ajoute une chose profondément surprenante : les victimes, dit-il, n’ont pas été exposés au gaz, mais à un manque d’oxygène dans les tunnels et les sous-sols où ils étaient réfugiés, de gros bombardements ayant provoqué une tempête de poussière.

    Puisque le Dr Assim Rahaibanim m’annonce cette conclusion extraordinaire, il vaut la peine de faire remarquer que de son propre aveu, il ne fut pas lui-même un témoin direct de la scène et, comme il parle bien anglais, il qualifie deux fois de « terroristes » – le mot du régime pour ses ennemis, et terme utilisé par beaucoup de gens en Syrie – les combattants djihadistes de Jaish el-Islam [l’Armée de l’Islam] à Douma. Ai-je bien entendu ? Quelle version des événements devons-nous croire ?

    Par malchance aussi, les médecins qui étaient de service ce soir-là, le 7 avril, étaient tous à Damas pour témoigner dans l’enquête sur les armes chimiques qui tentera de donner une réponse définitive à cette question dans les semaines à venir.

    La France, quant à elle, a déclaré avoir des « preuves » d’utilisation d’armes chimiques, et les médias américains ont cité des sources affirmant que des analyses d’urine et de sang le démontraient également. L’OMS a déclaré que ses partenaires sur le terrain traitaient 500 patients « présentant des signes et des symptômes compatibles avec l’exposition à des produits chimiques toxiques ».

    Des personnes mortes par hypoxie (perte d’oxygène) et non victimes de gaz chimique

    En même temps, les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sont actuellement empêchés de venir eux-mêmes sur le site de la prétendue attaque gazière, ostensiblement parce qu’ils n’ont pas les bons permis de l’ONU.

    Avant d’aller plus loin, les lecteurs doivent savoir que ce n’est pas la seule histoire qui court à Douma. Il y a beaucoup de gens à qui j’ai parlé au milieu des ruines de la ville qui ont dit qu’ils n’avaient « jamais cru » aux histoires sur le gaz – généralement racontées, selon eux, par les groupes islamistes armés. Ces djihadistes survécurent au déluge des bombardements en vivant dans les maisons des autres et dans de vastes et larges tunnels creusés à même la roche par des prisonniers avec des pioches à trois niveaux sous la ville. J’ai parcouru trois d’entre eux hier, de vastes couloirs de roche qui contenaient encore des rockets russes – oui, russes – et des voitures incendiées.

    Donc, l’histoire de Douma n’est pas seulement une histoire de gaz – ou d’absence de gaz, selon le cas. Il s’agit de milliers de personnes qui n’ont pas opté pour l’évacuation de Douma dans des bus emmenant la semaine dernière, les hommes armés avec lesquels ils ont dû vivre comme des troglodytes pendant des mois pour survivre. J’ai traversé cette ville assez librement hier sans soldat, policier ou gardien collés à mes pas, juste deux amis syriens, une caméra et un carnet de notes. Il m’arrivait parfois de grimper sur des remparts de six mètres de haut, montant ou descendant, sur des parois presque à pic. Heureux de voir des étrangers parmi eux, plus heureux encore que le siège soit enfin terminé, ils sourient, du moins ceux dont on peut voir les visages, bien sûr, parce qu’un nombre surprenant de femmes de Douma portent un hijab noir intégral.

    J’ai d’abord été conduit à Douma dans le cadre d’un convoi de journalistes sous escorte. Mais lorsqu’un général ennuyeux annonça devant un HLM détruit qu’il n’avait « aucune information » – l’excuse favorite de la bureaucratie arabe – je me suis simplement éloigné. Plusieurs autres journalistes, principalement syriens, ont fait pareil. De même qu’un groupe de journalistes russes – tous en tenue militaire.

    Le Dr Rahaibani se trouvait à quelques pas d’ici. Passé la porte de sa clinique souterraine – “Point 200”, comme on l’appelle, dans la géologie bizarre de cette ville en partie souterraine – je descendis par un couloir là où il me montra son humble hôpital et les quelques lits où une petite fille pleurait tandis que les infirmières soignaient une coupure au-dessus de son œil.

    « J’étais avec ma famille dans le sous-sol de ma maison à trois cents mètres d’ici cette nuit-là, mais tous les médecins savent ce qui s’est passé. Il y avait beaucoup de bombardements nocturnes [par les forces gouvernementales] et les avions passaient toujours au-dessus de Douma la nuit durant – mais cette nuit-là, il y avait du vent et d’énormes nuages ​​de poussière ont commencé à entrer dans les sous-sols et les caves. Les gens ont commencé à arriver ici souffrant d’hypoxie, de manque d’oxygène. Puis quelqu’un à la porte, un “Casque blanc”, a crié : « Gaz ! » La panique a commencé. Les gens ont commencé à s’asperger d’eau. Oui, la vidéo a été filmée ici, c’est vrai, mais ce que vous voyez, ce sont des gens souffrant d’hypoxie – pas d’intoxication au gaz. »

    Bizarrement, après avoir bavardé avec plus de vingt personnes, je n’ai pas pu en trouver une qui citait Douma comme cause des attaques aériennes occidentales. Deux m’ont dit qu’ils ne voyaient pas le rapport.

    Mais c’était un monde étrange dans lequel je suis entré. Deux hommes, Hussam et Nazir Abu Aishe, ont dit qu’ils ignoraient combien de personnes avaient été tuées à Douma, bien que le dernier ait admis avoir un cousin « exécuté par Jaish el-Islam  » pour avoir été « un proche du régime ». Ils ont haussé les épaules quand je les ai interrogé sur les 43 personnes qui seraient mortes lors l’infâme attaque de Douma.

    Les Casques blancs partis avec les combattants de Jaish el-Islam

    Les Casques blancs – les premiers intervenants médicaux déjà légendaires en Occident, mais avec quelques zones d’ombre dans leur histoire – ont joué un rôle bien connu pendant les batailles. Ils sont en partie financés par le Foreign Office et la plupart de leurs bureaux locaux sont occupés par des hommes de Douma. J’ai trouvé leurs bureaux détruits non loin de la clinique du Dr Rahaibani. Un masque à gaz avec un verre de vision brisé avait été laissé à l’extérieur d’un conteneur de nourriture  et une pile d’uniformes de camouflage militaire sales se trouvait à l’intérieur d’une pièce. Dissimulé, me suis-je demandé ? J’en doute. L’endroit était rempli de capsules, de matériel médical cassé et de dossiers, de literie et de matelas.

    Bien sûr, nous devrions écouter leur version de l’histoire, mais cela n’arrivera pas ici : une femme nous a dit que tous les membres des Casques blancs de Douma avaient abandonné leur quartier général principal une fois le cessez-le-feu final conclu et choisi de prendre les bus affrétés par le gouvernement et protégés par la Russie jusqu’à province rebelle d’Idlib avec les groupes armés.

    Il y avait des boutiques de nourriture ouvertes, une patrouille de policiers militaires russes – une option supplémentaire pour chaque cessez-le-feu syrien – et personne qui n’ait pris d’assaut la prison islamiste interdite près de la place des Martyrs où des victimes étaient censées avoir été décapitées dans les sous-sols. L’effectif de la police civile syrienne du ministère de l’Intérieur – qui porte étrangement des vêtements militaires – est surveillé par les Russes qui peuvent eux-mêmes être surveillés ou non par les civils. Là encore, mes questions très sérieuses sur l’attaque au gaz ont été reçues avec une perplexité qui semblait non feinte.

    La vérité des habitants de Douma

    Comment des réfugiés de Douma arrivés dans des camps en Turquie pouvaient-ils décrire une attaque au gaz que personne aujourd’hui à Douma ne semblait se rappeler ? Il m’est apparu, après avoir marché pendant plus d’un kilomètre et demi dans ces tunnels pour misérables prisonniers, que les citoyens de Douma avaient vécu si isolés les uns des autres pendant si longtemps que les « informations » telles que nous les envisageons ne signifiaient rien pour eux. La Syrie n’a rien d’une démocratie jeffersonienne – comme je le dis cyniquement à mes collègues arabes. C’est effectivement une dictature impitoyable. Mais elle ne peut pas empêcher ces gens, heureux de voir des étrangers parmi eux, de réagir en livrant leur vérité. Or qu’est-ce qu’ils me disaient ?

    Ils ont parlé des islamistes sous le joug desquels ils avaient vécu. Ils ont parlé de la façon dont les groupes armés avaient volé des maisons civiles pour échapper au gouvernement syrien et aux bombardements russes. Ceux de Jaish el-Islam avaient brûlé leurs bureaux avant leur départ, mais les bâtiments massifs à l’intérieur des zones de sécurité qu’ils avaient créées avaient presque tous été détruits par des frappes aériennes. Un colonel syrien que j’ai rencontré derrière l’un de ces bâtiments m’a demandé si je voulais voir à quel point les tunnels étaient profonds. Je me suis arrêté au bout d’un kilomètre de marche quand il m’a fait remarquer de façon énigmatique que « ce tunnel pourrait bien mener jusqu’en Grande-Bretagne ». Ah oui, je me souvenais de Mme May, dont les frappes aériennes avaient été si intimement liées à ce lieu de tunnels et de poussière. Et de gaz ?

    => Source : Robert Fisk, The Independent (traduction, titre et intertitre : Pierrick Tillet) – Photo : Robert Fisk, correspondant de The Independent, dans l’un de tunnels creusés sous Douma par les prisonniers des rebelles syriens (photo : Yara Ismail)

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