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    Par Cecilia González

     

    L’ancien président a répété qu’il travaillerait pour l’unité du pays et qu’il en cherchera pas à se venger de ceux qui ont fait le coup d’Etat contre lui.

    Evo Morales retorna a Bolivia cobijado por el apoyo de multitudes para continuar su trabajo político fuera del Gobierno: ¿y ahora qué?

    Evo Morales est rentré en Bolivie protégé par une multitude pour continuer son travail hors du Gouvernement. Et maintenant ?

    La caravane de retour de l’ancien président Evo Morales a parcouru pendant 3 jours plus de 1 100 kilomètres, accompagné par une foule qui pleurait, l’embrassait et l’ovationnait lors d’événements qui ont confirmé sa popularité et qui ont soulevé des questions sur le rôle qu’il jouera dans le Gouvernement du président Luis Arce Catacora.

    Jeudi, au lever du jour, par exemple, Morales a rencontré les dirigeants de son parti, le Mouvement Vers le Socialisme-Instrument Politique pour la Souveraineté des Peuples (MAS-IPSP), « pour analyser la situation et tracer la ligne stratégique de travail du projet le plus important de Bolivie. »

    Les réunions de travail à partir de 5 ou 6h du matin ont été une caractéristique de ses 13 années de gouvernement  (2006-2019) et il a déjà recommencé dès son retour dans son pays après 1 an d’exil. 

    Plus tard, l’ancien président a rencontré des organisations syndicales et des organisations des peuples originaires d’Amérique Latine  à l’auditorium de radio Kawsachun Coca, en Lauca Ñ, tropique de Cochabamba, ce qui montre qu’il va continuer à avoir une intense activité politique.

    Avant de rentrer en Bolivia, Morales avait écarté l’idée de se présenter à des élections pour occuper un poste dans le cabinet d’Arce Catacora qui a insisté sur le fait que l’ancien président n’aura aucun rôle dans son gouvernement.

    Morales a même affirmé qu’il n’influencera pas la nomination des nouveaux ministres bien que certains médias boliviens aient spéculé sur la possibilité que le tiers de ces charges soit attribué à des personnalités politiques proches de l’ancien président.

    Le retour

    Les plans de Morales, indiqués par lui-même, sont de retourner vivre dans le Chapare, pas dans la capitale, La Paz, et de se consacrer à l’élevage du pacú, un poisson de rivière fameux dans la région. 

    Sur le plan politique, il a confié qu’il veut partager son expérience avec des jeunes pour former de nouveaux dirigeants sociaux mais en marge du Gouvernement parce que l’une de ses priorités est de protéger Arce Catacora de toute tentative de déstabilisation.

    Mais la quantité d’actes qui se sont réalisés lors de son retour en Bolivie, dans certains cas inattendus, ont montré que l’autorité de Morales sur une grande partie de la société bolivienne est encore profonde et c’est un capital politique essentiel pour un dirigeant d’à peine 61 ans.

    « Evo n’est pas seul » est l’un des cris les plus répétés depuis que, lundi matin, l’ancien président a traversé à pied le pont frontalier qui relie la ville argentine de La Quiaca à la ville bolivienne de  Villazón.

    Ensuite, il a poursuivi son chemin avec son ex-vice-président  Álvaro García Linera, toujours par la terre et suivi d’une caravane d’autos, vers les villes de Atocha, Uyuni et d’Oruro, où il a pu arriver malgré les blocages de routes mis en place par les opposants au MAS.

     A tout moment, des citoyens qui lui souhaitaient la bienvenue, qui voulaient le voir, le toucher, l’entendre, accompagnaient Morales. Ila rencontré des maîtres ruraux, des mineurs, des indigènes, des paysans, il a été reçu avec de la musique, des danses et de la nourriture typique, a donné des conférences de presse et envoyé des massages à la foule. Il ressemblait plus à un candidat qu’à un homme politique à la retraite.

    Emotions

    L’une des escales les plus spéciales de la caravane de Morales est celle qu’il a faite à  Orinoca, son village natal, où il a dirigé un événement dans un stade qui porte le nom de son père, Dionisio Morales Choque, et s’est rempli de partisans qui l’acclamaient. 

    Là, il s’est également rendu dans l’humble maison dans laquelle il a passé son enfance, alors qu’il n’imaginait jamais pouvoir arriver à être président de la Bolivie ou qu’il subirait un coup d’Etat qui mettrait en danger sa vie et l’obligerait à s’exiler au Mexique et en Argentine pendant 1 an. Il pouvait encore moins imaginer qu’après tout cela, malgré toutes les prédictions disant que sa carrière politique était finie,  il reviendrait triomphalement dans son pays.

    Le point culminant de son retour a été Chimoré, la ville d’où, le 11 novembre 2019, le lendemain du coup d’Etat, il a réussi à prendre un avion de l’armée de l’air mexicaine grâce à une opération de sauvetage organisée par le président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador,  et le président de l’Argentine, Alberto Fernández.

    Il est revenu à Chimoré également un 11 novembre, juste 1 an après, pour être reçu par des centaines de milliers de personnes. Les organisateurs ont dit qu’il y en avait 1 000 000.

    Le symbolisme était présent dans cette poignée de terre bolivienne  que García Linera a prise et a emmenée en exil et qu’il a réussi à ramener après avoir lutté pour rétablir la démocratie dans le pays.

    « Le jour où je suis parti de cet aéroport, j’ai pris une motte de terre et je l’ai emportée, roulée dans un drapeau. Elle m’a accompagné au Mexique et en Argentine. Aujourd’hui, je l’ai ramenée parce que nous sommes la terre, nous sommes la mémoire, nous sommes les racines, et la terre appelle la terre, » a dit Álvaro García Linera, lors de l’un des moments les plus émouvants de ce retour. 

    A Chimoré, Morales était accompagné par Andrés Arauz, le candidat du parti de l’ex-président Rafael Correa aux élections présidentielles de l’Equateur auxuqleles le progressisme latino-américain espère continuer à récupérer le terrain qu’ila perdu ces dernières années avec la victoire de la droite aux élections. 

    S’occuper du projet 

    Les discours d’Evo pendant ses premiers jours en Bolivie, ont eu pour axe commun de protéger le Gouvernement d’Arce Catacora, défendre les ressources naturelles et rester en garde face aux attaques de la droite contre les mouvements populaires.

     « Je ne suis pas vindicatif, je ne reviens pour me venger de personne. Politiquement, nous l’allons jamais chercher la vengeance parce que nous venons de la culture de paix et nous avons toujours travaillé pour intégrer ceux qui ont des idées différentes. Les problèmes juridiques reviennent à la justice », a-t-il dit, écartant ainsi l’idée de se venger de ceux qui ont fait le coup d’Etat ou de l’ex-présidente de fait Jeanine Áñez qui a organisé une persécution juridique contre lui. 

    « Le projet politique que nous avons et qui a réussi à changer la Bolivie, vient de l’unité, des programmes et des projets du peuple, pas de l’impérialisme qui ne nous acceptera jamais en tant qu’Indiens, en tant qu’anti-impérialistes et antifascistes. C’est une lutte culturelle, idéologique et programmatique, » a écrit Morales sur les réseaux sociaux et il l’a  répété lors de chacune de ses actions. 

    Et il a ajouté qu’au niveau international, « la tâche est, aujourd’hui, que les peuples gouvernent à nouveau pour nous intégrer, » c’est pourquoi il se bat pour relancer une     Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) qui contrecarre l’influence et l’interventionnisme de l’Organisation des Etats Américains (OEA).

    « Le temps des pleurs est terminé, maintenant, nous devons nous. organiser, » a-t-il dit dans l’un de ses premiers discours en Bolivie et il a donné l’exemple en remplissant son agenda de réunions de travail.

    Cecilia González

    source en espagnol :   https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/11/12/peru-antero-flores-araoz-recibio-doctorado-honoris-causa-de-telesup-y-alas-peruanas/

    source en français (trduction de Françoise Lopez): http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-evo-morales-de-retour.et-maintenant.html

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    Par Maurice Lemoine

    Le grand air de la « fraude » ou les arroseurs arrosés-par Maurice Lemoine (medelu.org/ - 9/11/20)Dès le 23 octobre, reçu dans le « Tonight Show » de Jimmy Fallon, sur la chaîne NBC, le sénateur Bernie Sanders, éliminé de la course à la Maison-Blanche car trop « à gauche » pour ses « amis » démocrates, avait prévu la situation. Pandémie de Covid-19 oblige, estimait-il, le vote par correspondance – les « absentee ballots » – allait considérablement augmenter et, en bonne logique, les électeurs démocrates, plus respectueux de la distanciation sociale, favoriseraient ce mode de vote par anticipation. « Pour des raisons que je n’ai pas le temps d’expliquer ce soir, déclara Sanders, vous allez avoir une situation, je suppose, dans des Etats comme la Pennsylvanie, le Michigan, le Wisconsin et d’autres, où vous allez recevoir d’énormes quantités de bulletins de vote par la poste. Contrairement à des Etats comme la Floride ou le Vermont, ils ne peuvent pas, pour de mauvaises raisons, commencer à traiter ces bulletins avant, je ne sais pas, le jour des élections ou peut-être la fermeture des bureaux de vote. Cela signifie que les Etats vont devoir traiter des millions de bulletins de vote par correspondance. » Dans ces conditions, le républicain Donald Trump pourrait très bien se retrouver en tête des décomptes dans certains Etats, le soir du scrutin, et devancé le ou les jours suivants par son adversaire démocrate Joe Biden, une fois tous les bulletins dépouillés. D’où cette prédiction de Sanders : « A ce moment-là, Trump dira : "Vous voyez ? Je vous avais dit que tout cela était une escroquerie. Je vous avais dit que ces bulletins étaient truqués. Nous ne quitterons pas nos fonctions." C’est une préoccupation que beaucoup de gens et moi-même avons... Les gens doivent être conscients de cette possibilité. »

    Sans lui retirer aucun des mérites que lui reconnaissent ses partisans, on ne qualifiera pas Sanders de « prophète ». Le 30 juillet, invoquant les « risques de fraudes » liés à la mise en place du vote par correspondance, Trump en personne avait annoncé la couleur et évoqué « l’élection la plus inexacte et la plus frauduleuse de l’Histoire ». Ce en quoi il n’innovait guère. En 2016 déjà, à la fin du troisième débat l’opposant à Hillary Clinton, il avait provoqué la stupeur en refusant de s’engager à accepter les résultats du scrutin : « Je verrai en temps voulu », avait- il déclaré.

    On ne peut donc mettre les derniers événements sur le compte d’une quelconque improvisation. Le 4 novembre, lors de sa première prise de parole après la fermeture des bureaux de vote, et sans s’embarrasser des quelques millions de bulletins restant encore à dépouiller [1], le président sortant s’est autoproclamé vainqueur en dénonçant que certains Etats aient arrêté de compter les bulletins le temps de la nuit : « C’est une fraude contre le peuple américain. C’est une honte pour notre pays. Nous étions en train de gagner cette élection. Franchement, nous avons gagné cette élection. » Quelques heures plus tard, il dénoncera la dynamique désormais favorable à Biden : « Hier soir, j’avais une bonne avance dans de nombreux Etats décisifs, puis, un par un, ils ont commencé à disparaître par magie avec l’apparition et le comptage de bulletins surprises. Très étrange. »

    De là à réclamer la suspension du dépouillement des votes par correspondance, en particulier dans le Michigan, la Géorgie et en Pennsylvanie, il n’y avait qu’un pas, allégrement franchi. Dans une réaction officielle, la directrice de campagne de Biden, Jen O’Malley Dillon, a déclaré scandaleuses, sans précédent et incorrectes les déclarations du président : « Scandaleuses parce qu’il s’agit d’un effort évident pour retirer les droits démocratiques aux citoyens américains. Sans précédent, car jamais auparavant dans notre histoire un président américain n’avait tenté de priver les Américains de leur voix lors d’une élection nationale. » Même la chaîne CNN, à travers ses commentateurs, a jugé la réaction de Trump « contraire à la démocratie ».

    Dont acte, aux uns et aux autres. Mais on leur fera remarquer – et pas uniquement à eux ! – qu’ils auraient pu se montrer aussi clairvoyants en octobre 2019 lorsque se produisit le même phénomène en… Bolivie. Le dimanche 20 octobre, le décompte de 84 % des voix donnait au président sortant Evo Morales, candidat à la réélection en représentation du Mouvement pour le socialisme (MAS), une avance de sept points sur son concurrent de droite Carlos Mesa (45,28 % des voix contre 38,16 %), plaçant ce dernier en position de disputer un second tour. Après une interruption nocturne du dépouillement, le décompte du lundi soir changea la donne. Morales devançait à présent Mesa de dix points et, avec 46,8 % des suffrages contre 36,7 %, l’emportait dès le premier tour [2].
    Aussi « trumpistes » que Trump, leur grand allié, la droite et l’extrême droite boliviennes, ainsi que quelques renégats censément « de gauche », hurlèrent à la fraude. Chargée d’observer le processus électoral, l’Organisation des Etats américains (OEA), aux ordres et à la botte de Washington, leur vint en aide en dénonçant un « changement inexplicable de tendance ».En fait, comme on l’avait constaté lors des élections précédentes, les zones rurales, indiennes et paysannes, très majoritairement favorables à « Evo », mais dont les résultats arrivaient en dernier du fait des difficultés de communication, avaient fait basculer définitivement le résultat [3].

    La suite est connue. Washington parla d’une tentative de « subversion de la démocratie ». Encouragés, les « ultras » boliviens déclenchèrent une vague de violence qui déboucha sur un coup d’Etat. Que l’Union européenne entérina. Le mimétisme moutonnier faisant le reste, l’immense majorité de la « communauté médiatique » ratifia la thèse de « la fraude », responsable de la crise qui s’ensuivit. Aux Etats-Unis mêmes, seul Bernie Sanders qualifia de putsch l’éviction de Morales. Egalement classée « à gauche » du Parti démocrate, la sénatrice du Massachusetts, Elisabeth Warren, évita soigneusement d’utiliser l’expression « coup d’Etat » et qualifia le « gouvernement » de la présidente autoproclamée Jeanine Añez de « leadership intérimaire », validant ainsi la nouvelle administration [4]. Il est vrai que, comme Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Warren a reconnu en Juan Guaidó le président du Venezuela, que seul Trump et son équipe ont élu à cette haute fonction ; elle a également approuvé l’utilisation des sanctions aussi illégales que criminelles imposées à ce pays.
    S’agissant de la Bolivie, et laissant la voie libre aux faucons républicains, l’ensemble du Parti démocrate s’est donc très ostensiblement désintéressé de la question.

    Pour Washington et les « élites politiques » conservatrices qui, dans les Amériques, lui servent de relais en même temps qu’elles défendent leurs propres intérêts, les élections sont certes indispensables, mais à une condition : il faut pouvoir garantir que les gens votent comme il faut. De sorte que, chanté depuis la droite du noble orchestre de la Démocratie, et promus par le puissant voisin du Nord, le « grand air de la fraude » est depuis longtemps un grand classique dans la région.
     
    En 2008, au Nicaragua, lors d’élections municipales largement remportées par le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) – 109 villes sur 153 –, le candidat battu pour la mairie de Managua, le banquier Eduardo Montealegre, hurle au scandale et exige un recomptage des votes. Lorsque le Conseil suprême électoral (CSE) accepte la requête, il refuse d’assister à l’opération. Il n’apportera ultérieurement aucune des « preuves » censées sustenter son accusation.
    Le 6 novembre 2011 voit la réélection du sandiniste Daniel Ortega, avec 62 % des suffrages. Arrivé en deuxième position avec 31 % des voix, le représentant du Parti libéral indépendant (PLI), Fabio Gadea, conteste sa défaite, prétendant avoir lui-même recueilli 62 % des voix (alors que tous les sondages lui avaient accordé environ 30 %). Alertant la « communauté internationale » (comprendre : les Etats-Unis et l’Union européenne) acquise à sa cause, il annonce une protestation massive et, pour le 3 décembre suivant, cent mille manifestants dans les rues de la capitale Managua. Présent sur place, nous n’assistons qu’à un défilé de cinq à dix mille personnes (en l’absence d’un appareil massif de répression).
    Lorsque Ortega est réélu pour un troisième mandat le 6 novembre 2016, le CSE annonce une abstention de 31,8 % ; sans citer aucune source identifiable, la coalition d’opposition du Front large de la démocratie (FAD) l’estime à plus de 70 % et, comme d’habitude, conteste le résultat du scrutin.
    A chaque fois, invoquant « la fraude », l’administration américaine (en l’occurrence celles de George W. Bush et Barack Obama) condamne (et sanctionne) l’indésirable vainqueur. A chaque fois, la sphère médiatique, sans plus d’hésitations que de preuves, enferme le Nicaragua dans la catégorie des « Etats voyous » [5].

    Novembre 2009, en Haïti : trois jours d’émeute pour contester un résultat ! Le Conseil électoral provisoire (CEP) a bien exclu quatorze partis politiques – dont Fanmi Lavalas, formation de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide (deux fois bouté hors du pouvoir par des coups d’Etat) –, ce n’est pas suffisant. Les Haïtiens ont mal voté. Le premier tour de l’élection présidentielle a placé Mirlande Manigat (31,4 %) et Jude Célestin (22,5 %) devant le candidat de Washington Michel Martelly (21,8 %), dès lors éliminé pour le deuxième tour. Jeté dans la rue par ce dernier, un dévergondage de gens de toutes sortes sème le chaos. Sensibles à cette mobilisation de la « société civile » et sur la base d’un rapport fort bien venu de l’OEA, les principaux bailleurs de fonds, Washington en tête, obligent le CEP à modifier les résultats. Celui-ci installe Martelly en deuxième place, permettant ainsi à cet individu carrément corrompu, franchement incompétent, de participer au second tour et de devenir président de la République le 20 mars 2011.

    L’année suivante, au Venezuela, le camp bolivarien emmené par Hugo Chávez continuant manifestement à envisager sa permanence au pouvoir, l’oppositionsonne le tocsin. Pourtant, le 15 septembre, l’argentin Carlos Álvarez, chef de la Mission d’observation électorale de l’Union des Nations sud-américaines (Unasur), a déclaré : « Il est intéressant de souligner un élément que très peu connaissent, je parle surtout de ceux qui analysent la réalité depuis la désinformation ou les préjugés, c’est que le Venezuela possède aujourd’hui l’un des systèmes électoraux les plus vigoureux et les plus avancés technologiquement de l’Amérique latine, ce qui garantit la transparence, le contrôle et la surveillance du scrutin. » La semaine précédente, l’ancien président américain James Carter, dirigeant du Centre éponyme, avait pour sa part déclaré : « En réalité, sur les quatre-vingt-douze élections dont nous avons surveillé le déroulement, je dirais que le processus électoral du Venezuela est le meilleur du monde »…

    Il n’en demeure pas moins que, à l’instar de Rafael Poleo, directeur du quotidien El Nuevo País, qui a écrit le 7 août « ignorer que le gouvernement prépare une fraude est une idiotie », l’opposition ne cesse de mettre en cause l’impartialité du Conseil national électoral (CNE) ; chaque fois qu’on le lui demande, Henrique Capriles, le candidat de droite, se refuse à préciser si, dans l’hypothèse où il lui serait défavorable, il acceptera le résultat (Trump n’a rien inventé).
    Manque de chance : le 7 octobre, jour du scrutin, un million six cent mille voix de différence constituent une marge suffisante pour couper court à toute contestation. Avec 55,1% des votes et quasiment dix points d’avance, le président en exercice repart pour un nouveau de mandat. Capriles range provisoirement ses protestations dans son chapeau.

    Chávez disparu, les Vénézuéliens élisent son dauphin Nicolás Maduro, le 14 avril 2013, avec 50,60 % des voix (n’importe quel fraudeur moyennement intelligent aurait porté cet avantage à 55-60 % pour éviter ce résultat « ric-rac » ; un vrai dictateur aurait, lui, gagné avec au minimum 80 %). Qu’importe. Capriles refuse d’admettre sa défaite. Le fait devrait surprendre : tout comme il a accepté avoir perdu lors de la présidentielle précédente, organisée par le même CNE, il n’a pas mis en cause l’arbitre électoral lorsque, quelques semaines auparavant, il a été réélu gouverneur de l’Etat de Miranda avec moins de trente mille voix d’avance sur le candidat du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) Elías Jaua. Appuyé par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, l’OEA et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, Capriles demande un recomptage de « tous » les bulletins de vote. Puis déclenche l’escalade en appelant ses partisans à exprimer leur « arrechera » –  mélange de rage et de hargne mêlées d’indignation morale – dans les rues. Suggérée sur les réseaux sociaux par le journaliste d’opposition Nelson Bocaranda, au prétexte que « les médecins cubains cachent des urnes pleines de bulletins de vote », des centres médicaux sont attaqués, incendiés et détruits. La vague de violence provoque la mort de onze personnes. Comme elles sont toutes chavistes, les grandes multinationales dites de défense des droits de l’Homme ne s’emparent pas de la question.

    Contrairement à ce que croient certains niaiseux, l’impérialisme ne se manifeste pas que sous la forme extrême de l’intervention militaire et de l’invasion armée. Aux coups d’Etat menés à bien par des acteurs locaux, tentatives de déstabilisation, mesures coercitives unilatérales, guerres non conventionnelles, opérations clandestines, s’ajoutent les techniques de désinformation permettant de diaboliser l’ « ennemi ». Quoi de plus efficace, pour transformer un pays en « dictature », face à l’opinion internationale, que d’y remettre en cause l’honnêteté des processus électoraux ?
    Au Venezuela, la comédie dure depuis deux décennies. Quand, en 2004, Chávez gagna un référendum révocatoire avec 59 % des suffrages exprimés, le dirigeant d’opposition Henry Ramos Allup dénonça une « gigantesque fraude » dont il présenterait les preuves dans les vingt-quatre heures. Seize années plus tard, on ne les a pas encore vues. Mais d’aucuns prennent toujours Ramos Allup au sérieux.

    En 2018, en pleine période de déstabilisation économique, les leaders de l’opposition, sur ordre explicite de Washington, refusent de participer à la présidentielle et appellent à la boycotter. D’autres dirigeants, tout aussi critiques à l’égard du « chavisme », mais plus soucieux de l’intérêt général, se portent malgré tout candidats. Dans un tel contexte, 9,2 millions de citoyens se rendent aux urnes (46,02 % de participation). Maduro l’emporte avec 68 % des voix, devant Henri Falcón (ex-chef de campagne d’Henrique Capriles ; 21 %) et le pasteur Javier Bertucci (11 %). Ce qui se passe à ce moment ne peut même plus être placé dans la catégorie « comique de répétition » : soumis à une pression extrême des « ultras » étatsuniens et vénézuéliens, Falcón refuse soudain de reconnaître la légitimité du scrutin et exige… d’en organiser un autre. « On pourrait les faire en octobre et nous, nous sommes disposés une fois de plus, cohérents comme nous sommes [authentique !], à y participer. » Avec l’infime étincelle de lucidité qui semble lui rester, il constate néanmoins : « Aujourd’hui il est clair que cet appel à l’abstention a fait perdre une occasion extraordinaire de mettre un terme à la tragédie que vit le Venezuela. » Arrivé en troisième position, Bertucci n’entre pas dans une fausse polémique : « Les gens qui ont voté ont voté, on ne peut pas dire que le résultat n’est pas le produit du vote. »
    En état de choc, échaudés, écœurés par l’irresponsabilité et l’incohérence de leurs dirigeants, les électeurs qui s’en réclament et les abstentionnistes ne descendent même pas dans la rue pour manifester. Nul n’y prête attention. L’effet troupeau faisant son œuvre, les médias dominants bourdonnent sur le même thème : la légende noire d’un Maduro « président illégitime » vient de naître.

    On n’occultera pas ici que, le 30 juillet 2017, l’élection d’une Assemblée nationale constituante (ANC) avait été très controversée. Pas tant du fait du boycott des mêmes que l’année suivante et des violences qu’ils incitèrent alors à déclencher pour saboter la consultation. On déplora au moins quinze morts au cours de ce week-end, dont un sergent de la Garde nationale et un candidat chaviste. Vingt-et-un fonctionnaires de police furent blessés par arme à feu, huit gardes nationaux brûlés par un engin explosif. En vain : 8 089 320 Vénézuéliens se rendirent aux urnes pour élire leurs Constituants, soit 41,5 % de l’électorat.
    Ces chiffres, bien sûr, furent immédiatement contestés. Toujours en première ligne dès qu’il s’agit de ruses, de manèges et de finasseries, Ramos Allup estima la participation à 12 %, soit à peine 2,4 millions de personnes. Plus troublante, et semant légitimement le doute, se révéla la déclaration d’Antonio Mugica, président de la firme Smartmatic, qui fournissait le software des machines à voter et l’assistance technique, quand il dénonça une manipulation des résultats. « Nous estimons que la différence entre la participation réelle et celle annoncé par les autorités est d’au moins un million de voix », déclare-t-il, depuis… Londres, trois jours après le scrutin.

    Depuis, Mugica a disparu des radars, sans jamais avoir soumis à quiconque un quelconque rapport technique détaillé expliquant la supposée fraude, qui l’a réalisée et comment elle a été détectée. En revanche, tout observateur attentif dispose de quelques certitudes. Smartmatic, leader mondial en solutions électorales et de gestion d’identités, jouit d’une solide réputation internationale. Elle opère dans une quarantaine de pays. Sans jamais aucun incident, et défendant l’intégrité des résultats de douze élections vénézuéliennes successives, Smartmatic en encadrait techniquement le déroulement depuis 2004 – le vote étant complètement automatisé. Or, dans un contexte d’agression permanente, Washington venait d’annoncer des sanctions contre la présidente du CNE Tibisay Lucena, pour son rôle dans l’organisation de cette élection « illégale ». Toute entreprise travaillant avec le CNE risquait désormais d’être condamnées à de très fortes amendes par la justice étatsunienne et même de se voir exclue définitivement du marché américain. Or…

    Après cette spectaculaire mise en cause de Caracas, et la rupture qui s’ensuivit, Smartmatic annoncera que l’Argentine (du président de droite Mauricio Macri) fait appel à sa technologie biométrique pour l’authentification de ses électeurs ; qu’elle présente sa technologie innovante aux experts et administrateurs électoraux du Royaume-Uni ; qu’elle participe à la mise en place de la même technologie innovante au Mexique (du président conservateur Enrique Peña Nieto) ; que, d’ici à 2020, « après une évaluation technique, légale et financière », le comté de Los Angeles achèvera avec elle l’installation d’un nouveau système de vote ; que la Commission européenne a attribué à son Centre d’excellence sur le vote par internet une nouvelle bourse de recherche dans le cadre du programme Horizon 2020 ; que, dans le secteur en charge des infrastructures électorales, elle intègre… le Conseil de coordination du Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis ! Que des « amis » très chers du Venezuela ! Mieux vaut ne pas se placer sous l’épée de Damoclès des sanctions américaines quand on ne souhaite pas perdre de tels contrats [6].

    « Personne n’a expliqué comment, pendant ces deux décennies de gouvernement bolivarien, l’opposition a presque toujours gagné, par exemple, dans l’Etat de Miranda, où se trouve la partie la plus grande et la plus puissante de Caracas, constate la philosophe et historienne vénézuélienne Carmen Bohórquez ; et qu’elle a également gagné à plusieurs reprises des Etats stratégiques tels que les Etats de Zulia, Táchira, Mérida, Nueva Esparta ou Amazonas [7]. » Néanmoins, au prétexte que « les conditions pour qu’il y ait des élections justes et démocratiques (n’y) sont pas réunies », l’Union européenne, en parfaite supplétive de l’administration Trump (et des ténors du Parti démocrate), refuse par avance de reconnaître les résultats des élections législatives organisées le 6 décembre prochain. Scrutin que, comme il se doit, leur petit protégé, l’autoproclamé Juan Guaido, appelle à boycotter. Une question, et non des moindres, demeurant néanmoins en suspens : le jour où aura lieu, au Venezuela, cette consultation électorale (à laquelle participent les factions non anti-démocratiques de l’opposition), connaîtra-t-on le nom du prochain président des Etats-Unis ?

    Effarés, nombre d’Américains découvrent des méthodes que leurs gouvernements successifs ont sans vergogne appuyées, voire suscitées, à l’étranger. C’est que, à répandre cyniquement la peste chez les autres, on finit par l’attraper. Le 4 novembre, sans la moindre preuve, Trump s’est à nouveau posé en victime d’une vaste fraude électorale : « Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection ! » S’il perd (ce qui est probable, mais pas absolument certain, à l’heure de la rédaction de ce billet), il va multiplier les recours en justice et en appelle déjà à la Cour suprême, pour que « la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée  ». La partie est loin d’être terminée.
     
    Mais au fait… Où est passée l’OEA ? Pas d’ironie facile : elle est là et bien là. Défenseur intraitable, scrupuleux et désintéressé de la pureté des processus démocratiques sur le continent, son secrétaire général Luis Almagro a dirigé en personne une mission d’observation électorale. Pour ces minuscules Etats-Unis, pays de 328 millions d’habitants répartis sur 9,834 millions de Km², 28 experts et observateurs ont été déployés ; rien à voir avec l’immense Bolivie (11,35 millions d’habitants, 1,098 million de Km²) qui avait nécessité… 92 experts et observateurs déployés en 2019 dans les neuf départements du pays et dans trois pays étrangers (Argentine, Brésil et Etats-Unis) pour y surveiller le vote des expatriés.

    Disons qu’au sein de l’OEA, et en matière de surveillance du respect de la démocratie, tous les pays sont égaux, mais que certains sont plus égaux que d’autres. « En raison de la nature décentralisée de l’administration électorale aux Etats-Unis, explique le Rapport préliminaire rendu public le 6 novembre, la Mission a dû obtenir l’autorisation de chaque Etat afin d’observer leurs processus de vote. La Mission a donc contacté les autorités de quatorze Etats [sur cinquante !] et du district de Columbia pour demander un accès pendant la période préélectorale et le jour du scrutin. (…) En fin de compte, les restrictions résultant de COVID-19 ainsi que d’autres facteurs échappant au contrôle de la Mission ont limité les Etats dans lesquels elle a pu se déployer [8]. » Et pour cause : certains Etats n’autorisent pas ou ne prévoient pas de dispositions spécifiques pour l’observation internationale de leurs processus électoraux. Et n’ont pas l’intention d’y changer quoi que ce soit. De sorte que l’imposante « Mission de l’OEA pour les élections présidentielles américaines » n’a été en réalité présente qu’en Géorgie, dans l’Iowa, dans le Maryland, dans le Michigan et dans le district de Columbia [9] !

    Dans le rapport préliminaire qui en découle, l’OEA indique qu’elle « n’a pas directement observé de graves irrégularités jetant le doute sur les résultats » Préalablement, elle a mentionné sur un ton critique qu’ « un candidat en particulier » a fait référence à la « progression et à la crédibilité du vote » ce qui a ensuite conduit sa campagne à « contester le processus en cours et les résultats devant les tribunaux ». « Un candidat en particulier »… Jamais le nom de Donald Trump n’est mentionné. Il a plus de chance qu’Evo Morales, nommément cité et épinglé à de multiples reprises dans les mensongers rapports préliminaire et définitif de 2019. Mais Almagro n’insulte pas l’avenir. Le 6 novembre, date de publication de ce premier document, il n’est pas encore certain que Trump ait perdu l’élection.
    On se permettra tout de même d’interpeller le secrétaire général sur cette « mission d’observation électorale à portée limitée » (expression employée dans le rapport précité). Plutôt que vouloir imposer autoritairement ses diktats à la Bolivie, au Nicaragua, au Venezuela ou aux autres pays de la région, ne devrait-il pas, en priorité, exiger des Etats-Unis un accès sans limites à l’observation de ses élections ? (excusez, « it’s a joke » : on n’a jamais vu un « péon » [10] imposer quoi que ce soit à son patron). Autre question : dans la plus extravagante des hypothèses (mais qui sait…), le président français Emmanuel Macron recevra-t-il Trump à l’Elysée si celui-ci s’autoproclame chef de l’Etat ? Et encore : comme elle l’a fait avec la Bolivie post-coup d’Etat, pourquoi l’Union européenne ne se propose-t-elle pas comme médiatrice pour « pacifier le pays »  ? Sans augurer du pire, on y note déjà une montée des tensions digne de la dernière des Républiques bananières. Selon le Washington Post, le Secret Service s’inquiète de la sécurité de Joe Biden : des agents ont été envoyés en renfort à Wilmington (Delaware) pour protéger son QG.

    Maurice LEMOINE
    source: https://www.medelu.org/   (Mémoire des Luttes)




    [1Il s’agit de bulletins postés au plus tard le jour du scrutin, donc le 3 novembre.

    [2En Bolivie, pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40 % des voix avec 10 points de pourcentage d’écart sur le second.

    [9Le District de Columbia abrite la capitale fédérale Washington.

    [10En Amérique latine : gardien de bétail, ouvrier agricole, paysan pauvre, domestique…

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  • Le Conseil National de la République Slovaque (Assemblée nationale) a voté le 4 novembre une loi de criminalisation du communisme.

    La Slovaquie rejoint la cohorte des pays européens réactionnaires qui criminalisent le communisme.

    Article et traduction Nico Maury

    La Slovaquie met le Parti communiste sur la liste des organisations criminelles

    82 député.e.s de la majorité gouvernementale ont voté en faveur de cette loi, 9 parlementaires l'ont rejeté et 17 se sont abstenus.

    La loi, si elle est signée par le président Zuzana Čaputová, criminalisera toute la période de construction du socialisme en Tchécoslovaquie de 1948 à 1989.

    Selon cette loi, tous les monuments et plaques commémoratives seront démolies, les noms des rues et des bâtiments nommés d'après les représentant.e.s du socialisme et Parti communiste de Tchécoslovaquie seront débaptisées.

    La loi criminalise également le Parti communiste de Tchécoslovaquie (qui n'existe plus), l'actuel Parti communiste de Slovaquie (KSS) et les qualifie d'organisations criminelles.

    Une loi "immorale" dénoncée par le Parti communiste

    Le Parti Communiste de Slovaquie (KSS) a condamné cette loi "immorale" et appelle le Président de la République a ne pas ratifier cette dernière.

    Les communistes les promoteurs de cette loi "sont soit des ignorants, soit des incapables, qui oublient les événements historiques dans le contexte du développement de notre société".

    Le communiqué du KSS conclut que "la lutte pour la vérité historique, la justice sociale, l'humanisme et la vraie démocratie se poursuivra."
     
     
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  •  Bolivie: Discours d’investiture du vice-président de l ́État plurinational de Bolivie Monsieur David Choquehuanca (Bolivar Infos-10/11/20)Avec la permission de nos dieux, de nos frères aînés et de notre Pachamama1​ ​, de nos ancêtres, de nos achachilas2​ ​, avec la permission de notre Patujú3​ ​, de notre arc-en-ciel, notre feuille de coca sacrée.

    Avec la permission de nos peuples, avec la permission de tous ceux qui sont présents et absents dans cet hémicycle.

    Aujourd’hui, permettez-moi de prendre quelques minutes afin de partager notre vision avec vous.

    La communication, le dialogue est une obligation, c’est un principe du vivre bien.

    Les peuples des cultures millénaires, ceux de la culture de la vie, avons conservé nos origines depuis la nuit des temps.

    Nous, les enfants, avons hérité d’une ancienne culture qui comprend que tout est lié, sans division ni exclusion.

    C’est la raison pour laquelle on nous a dit de nous unir, d’aller ensemble, sans laisser tomber personne, pour que tout le monde ait tout et que personne manque de rien.

    Le bien-être collectif est le bien-être individuel, aider nous aide à grandir et à être heureux, renoncer à quelque chose au profit de son prochain nous renforce. S’unir et se reconnaître dans le “tout” est la voie du passé, du présent, de demain et de toujours, cette voie de laquelle nous ne nous sommes jamais éloignés.

    L’ayni4​ ​, la minka5​ ​, la tumpa6​ ​, notre colka7​ et autres codes des cultures millénaires sont l’essence de nos vies, de notre ayllu8​ ​.

    Ayllu n’est pas uniquement l’organisation sociétale des être humains, ayllu est un système d’organisation de la vie, de tous les êtres vivants, de tout ce qui existe, de tout ce qui s’écoule, en équilibre avec notre planète ou notre mère, la terre.

    1. 1  Pachamama : Terre-Mère.
    2. 2  Achachilas : Esprits des aïeux qui protègent la communauté.
    3. 3  Patujú : Plante dont la fleur, aux couleurs du drapeau de la Bolivie rouge, jaune et vert, est un symbole national.
    4. 4  Ayni : principe de ​réciprocité​ et de solidarité générale.
    5. 5  Minka : tradition du travail collectif à des fins sociales.
    6. 6  Tumpa : protocole d’invitation, d’invocation des esprits sacrés et des défunts.
    7. 7  Colka : grand entrepôt où sont stockés des aliments principalement.
    8. 8  Ayllu : communauté composée de plusieurs familles dont les membres considèrent qu'ils ont une

    origine commune (filiale ou religieuse) qui travaille de façon collective dans un territoire de propriété commune.

    Des siècles durant, les modèles de civilisation de l’Abyayala9​ ont été déstructurés et beaucoup d’entre eux exterminés, la pensée originelle a systématiquement été soumise à celle des colons.

    Malgré tout cela, ils n’ont pas réussi à nous faire disparaître, nous sommes en vie, nous venons de Tiwanacu1​ 0​, nous sommes forts comme la pierre, nous sommes kalawawa1​ 1​, nous sommes Cholke1​ 2​, sinchi1​ 3​, Rumy1​ 4​, nous sommes Jenecherú1​ 5​, le feu qui ne s'éteint jamais, nous venons de Samaipata1​ 6​, nous sommes le jaguar, nous sommes Katari1​ 7​, nous sommes les peuples aïnous, maoris, comanches, mayas, nous sommes guaranis, mapuches, mojos, nous sommes aymaras, quechuas, jokis et nous sommes tous les peuples faisant partie de la culture de la vie, qui avons réveillé notre larama1​ 8​, le même larama qu’autrefois, un rebelle emplit de sagesse.

    Aujourd’hui, la Bolivie et le monde vivons une transition qui se répète chaque 2’000 ans, le cycle des temps, nous passons de l’intemporel au temporel, amorçant une ère nouvelle, un autre Pachakuti1​ 9​ ​dans notre histoire.

    Un soleil nouveau et une nouvelle expression dans le langage de la vie, où l’empathie pour l’autre ou le bien collectif remplace l’individualisme égoïste, avec des boliviens qui se considèrent tous égaux et conscient qu’ensemble nous sommes plus forts. Le temps est venu de retourner au Jiwasa2​ 0​, il ne s’agit pas du ‘soi’ mais du ‘nous’

    Jiwasa représente la fin de l’égocentrisme, Jiwasa est la mort de l'anthropocentrisme et la fin de l’eurocentrisme.

    Il est temps de redevenir Jisambae2​ 1​, ce code qui a protégé nos frères et soeurs guaranis et également Jambae2​ 2​, un être qui n’a pas de maître, personne dans ce monde doit se sentir maître ou propriétaire de quiconque ou quoi que ce soit.

    Depuis l’année 2006, nous avons entamé en Bolivie un travail exigeant dans le but de connecter nos racines individuelles et collectives pour redevenir nous-mêmes, nous

    1. 9  Abyayala : nom que le peuple Kuna utilise pour se référer aux Amériques.
    2. 10  Tiwanacu : désigne le lieu considéré comme berceau de la civilisation pré-inca du même nom.
    3. 11  Kalawawa : transparent, sans rien à cacher.
    4. 12  Cholke : graîne incassable, traditionnellement accrochée autour du cou des nouveaux-nés.
    5. 13  Sinchi : forts, courageux.
    6. 14  Rumy : durs à cuire.
    7. 15  Jenecherú : mot d’origine tupiguarani qui signifie « feu qui ne s’éteint jamais »
    8. 16  Samaipata : nom du lieu où s’élève le mystique et mystérieux rocher sculpté de Samaipata.
    9. 17  Katari : divinité représentée par un serpent ailé, symbolisant la vitalité de l'eau qui irrigue les terres

    agricoles et permet l'existence des communautés.

    1. 18  Larama : nom donné aux sages, philosophes et scientifiques.
    2. 19  Pachakuti : « changement de la terre », arrivée d’un temps nouveau, retour à l’équilibre, à l’égalité

    originelle.

    1. 20  Jiwasa : un tout, composé de singularités.
    2. 21  Jisambae : communication codée qui aida le peuple Guaraní à se protéger
    3. 22  Jambae : individu libre, qui n’a pas de maître.

    recentrer, revenir à notre taypi2​ 3​, a la pacha2​ 4​, à l’équilibre qui laisse émerger la sagesse des civilisations les plus importantes de notre monde.

    Nous sommes en plein processus de récupération de nos connaissances, des codes de la culture de la vie, des schémas de civilisation d’une société qui vivait en intime connection avec le cosmos, la terre, la nature, la vie individuelle et collective, de construction de notre sumak kamaña2​ 5​, de notre sumajakalle2​ 6​, garantissant ainsi le bien-être individuel et commun.

    Nous sommes en période de récupération de notre identité, notre racine culturelle, notre sake2​ 7​, nous avons cela, nous avons une philosophie, une histoire, nous avons de tout, nous sommes des êtres humains et nous avons des droits.

    Une des références inébranlables de notre civilisation est la sagesse héritée des connaissances liées à la terre, garantir l’équilibre en tous temps et espace. C’est savoir comment gérer toutes les énergies complémentaires, celle cosmique venant du ciel avec celle qui émerge du centre de la terre.

    Ces deux forces telluriques interagissent en créant ce qu’on appelle la vie, un ‘tout’ composé de ce qui est visible, Pachamama et spirituel, Pachakama2​ 8​.

    En appréhendant la vie du point de vue des énergies, nous avons la possibilité de modifier notre histoire, la matière et la vie, telle la convergence de la force chachawarmi2​ 9​ lorsque l’on se réfère à la complémentarité des opposés.

    Les temps nouveaux que nous commençons seront soutenu par l’énergie de l’ayllu, la communauté, les consensus, l’horizontalité, les équilibres complémentaires et le bien commun.

    Historiquement, on entend la révolution comme un acte politique pour changer la structure sociale pour ainsi transformer la vie de l’individu, aucune des révolutions a réussi à modifier la conservation du pouvoir pour maintenir le contrôle sur les personnes.

    Il n’a pas été possible de changer la nature du pouvoir, cependant le pouvoir lui a réussi à déformer l’esprit des politiciens, il a pu les corrompre. Il est très difficile de modifier l’influence du pouvoir et de ses institutions mais c’est un défi que nous relèverons avec la sagesse de nos peuples, notre révolution est une révolution des idées, elle est une révolution des équilibres car nous sommes convaincus que pour

    1. 23  ​​Taypi : noyau ou centre de la terre, point de rencontre des forces positives et négatives, lieu où les opposés, l’antagonisme coexiste.
    2. 24  Pacha : terre, cosmos, univers, temps et espace.
    3. 25  Sumak kamaña / vivir bien : concept du vivre bien.
    4. 26  Sumajakalle : action de garantir le bien individuel et le bien collectif ou communautaire.
    5. 27  Sake : racine culturelle.
    6. 28  Pachakama : univers spirituel, en complément à Pachamama.
    7. 29  Chachawarmi : complémentarité des opposés, dualité et harmonie.

    transformer la société, le gouvernement, la bureaucratie, les lois et le système politique, nous devons nous transformer en tant qu’individus.

    Nous allons promouvoir les conjonctions avec l’opposition afin de chercher des solutions entre la gauche et la droite, la jeunesse rebelle et la sagesse des anciens, entre les limites de la science et la nature sans faille, les minorités créatives et les majorités traditionnelles, entre les malades et ceux qui ne le sont pas, les gouvernants et les gouvernés, entre leadership et don de soi pour servir les autres.

    Notre vérité est très simple, le condor prend son envol à la seule condition que son aile droite soit en parfait équilibre avec son aile gauche. La tâche de nous former pour devenir des êtres équilibrés a été brutalement interrompue il y a des siècles de cela, nous n’avons pu la mener à bien mais à présent l’heure de l’ère de l’ayllu, la communauté, est arrivée et est avec nous.

    Cela implique que nous soyons des individus libres et équilibrés pour construire des relations harmonieuses avec les autres et notre entourage, il est urgent que nous soyons des êtres aptes à maintenir les équilibres pour soi et la communauté.

    Nous sommes à l’époque des frères de la apanaka pachakuti3​ 0​, nous ne luttions pas seulement pour nous mais aussi pour eux et surtout pas contre eux, nous luttions pour obtenir un mandat, nous ne cherchions pas l’affrontement, au contraire, nous cherchions la paix. Nous n’appartenons pas à la culture de la guerre, ni de la domination, notre lutte vise toute tentative de soumission et combat la pensée unique coloniale, patriarcale, qu’elle vienne d’où elle vienne.

    L’idée de la rencontre entre l’esprit et la matière, le ciel et la terre, Pachamama et Pachakama, nous permet de penser qu’une femme et un homme nouveau puissent guérir l’humanité, la planète et la sublime vie qui la compose, pour rendre la beauté à notre terre-mère.

    Nous défendrons les trésors sacrés de notre culture face à toute ingérence, nous défendrons nos peuples, nos ressources naturelles, nos libertés et nos droits.

    Nous retournerons à notre Kapak Ñan3​ 1​, le noble chemin vers l’unité, la voie du respect envers nos autorités, pour nos soeurs, le chemin du respect pour le feu, la pluie, le respect de nos montagnes, nos rivières, notre mère la terre, le chemin vers le respect de la souveraineté de nos peuples.

    Frères et soeur, pour conclure, les boliviens devons surmonter la division, la haine, le rascisme, la discrimination entre compatriotes, finissons-en avec la persecution de la liberté d’expression et la judiciarisation de la politique.

    1. 30  Apanaka pachakuti : comprenez les frères de l'opposition politique.
    2. 31  Kapak Ñan : Voie véritable, le juste chemin. Aussi employé pour désigner le fameux réseau de routes qui traversait l’empire Inca.

    Finissons-en avec l’abus de pouvoir, celui-ci doit être employé pour aider, le pouvoir doit circuler, comme l’économie, il doit être redistribué, il doit circuler, s’écouler, comme le sang s’écoule dans notre organisme. Plus d’impunité mais justice, frères et soeurs.

    Mais la justice doit véritablement être indépendante, mettons un terme à l’intolérance, à l’humiliation et la violation des droit humains et de la terre-mère.

    Le temps nouveau signifie être à l’écoute du message de nos peuples et qui a été émi du fond de leurs coeurs, cela signifie guérir des blessures, nous regarder avec respect, récupérer la patrie, rêver ensemble, construire la fraternité, l’harmonie, l’intégration et l'espoir afin de garantir la paix et le bonheur des générations à venir.

    C’est uniquement de cette manière que nous atteindrons le vivre bien et la gouvernance par nous-mêmes.

    Vive la Bolivie! Jallalla32!

     

    David Choquehuanca

    Vice-président de l ́État plurinational de Bolivie

     

    Traduction réalisée par Cristian Saavedra Salomon. cristian.saavedra@outlook.com

    Source:  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-discours-d-investiture-du-vice-president-de-l-etat-plurinational-de-bolivie-monsieur-david-choquehuanca.html

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  • « C’est avec une grande fierté que nous avons récupéré pacifiquement ce qui appartient au peuple vénézuélien et bolivien et aux peuples du monde : l’ambassade de la République Bolivarienne du Venezuela. Merci au peuple bolivien qui a donné la victoire au MAS, aux mouvements sociaux, à David Choquehuanca, à Luis Arce, à Evo Morales, grâce à eux, nous sommes ici et nous reprenons ce qui est au peuple, » a déclaré Arreaza.

    Ensuite, il a montré l’état dans lequel se trouve l’ambassade et a signalé que des appareils électro-ménagers, un réfrigérateur, des téléviseurs, des ordinateurs et des œuvres d’art ont été emportés par les représentants du « président » autoproclamé  Juan Guaidó.

    Selon Arreaza, les « usurpateurs » dirigés par le soi-disant diplomate José Gregorio Cumare Hernández sont entrés « de force » il y a 1 an et ont « démantelé » le consulat : « Ils ont emporté des livres, des ordinateurs, des œuvres d’art. Ils ont même volé le buste du Libérateur, » a-t-il déclaré. 

    « Ici, il ne reste pas 1 ordinateur, pas un stylo, pas un serveur, pas un tampon, pas un portrait de Bolívar, » a dénoncé Arreaza et il a ajouté que ce qui s’est passé à l’ambassade, c’est ce que Guaidó souhaite faire dans tout le Venezuela : « C’est ce qu’ils veulent faire avec notre peuple : le piller, le démanteler. »

     

     

     

    source en espagnol :  https://albaciudad.org/2020/11/ceso-la-usurpacion-en-bolivia-venezuela-recupero-su-embajada-en-la-paz-video/

    source en français (traduction de Françoise Lopez) :  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/venezuela-les-representants-de-guaido-ont-pille-l-ambassade-en-bolivie.html

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  • Bolivie : Evo Morales en Bolivie

    L’ex-président de la Bolivie dirigeant du Mouvement Vers le Socialisme (MAS), Evo Morales a déclaré dans son 1er  discours à Villazón, Bolivie, après être rentré d’exil ce lundi : « Nous avons rétabli la démocratie sans violence. nous avons récupéré la Patrie. »

    Reçu par une multitude de personnes sur la place  Bolívar de la ville frontalière avec l’ Argentine, dans le département de Potosí, Morales a qualifié ce moment d’historique : « Dans le monde, il y a des coups d’Etat contre des Gouvernements révolutionnaires, anti-impérialistes, qui ne rétablissent pas rapidement la démocratie et le Gouvernement pour le peuple, » a-t-il ajouté.

    Il a donné les raisons du coup d’Etat de novembre 2019 : « Le coup d’Etat n’est pas seulement le produit de la lutte des classes, pas seulement parce qu’ils n’acceptent pas que les indigènes puissent gouverner, ça a été un coup d’Etat contre notre modèle économique parce que notre modèle économique vient du peuple. » 

    Et il a ajouté que ce coup d’Etat était dirigé contre l’action de son Gouvernement pour récupérer les ressources naturelles : « L’impérialisme et le FMI ne l’acceptent pas, » a-t-il ajouté.

    « L’Empire, le Fonds n’acceptent pas cela. La lutte de toute l’humanité des nouvelles générations est la lutte pour déterminer à qui à qui sont les ressources naturelles (...) Quand les empires veulent prendre nos ressources naturelles, ils nous divisent, ils nous dominent. En Bolivie, nous, les mouvements sociaux unis, nous décidons que ce sont les Boliviens sous l’administration de l’Etat. »

    Il a aussi analysé l’importance de la lutte électorale et politique : « Seulement avec le pouvoir syndical, communal, social, nous ne pouvions pas nationaliser. Il était important de stimuler le pouvoir politique, de faire des élections nationales et de passer de la lutte orgnaique à le lutte politique. »

    A propos des actions du Gouvernement étasunien avant les élections du 18 octobre dont le binôme Luis Arce-David Choquehuanca du MAS est sorti vainqueur, il a dit : « Quel était le but de l’empire nord-américain ? Interdire le MAS. Il n’a pas pu. »

    « Quand le MAS y a participé, ils ont dit que le MAS ne pouvait pas revenir au Gouvernement ni Evo en Bolivie. Merci au peuple bolivien, » a-t-il déclaré. 

    Et il a demandé aux autorités actuelles,  Luis Arce et David Choquehuanca, de « faire un acte de justice envers les ex-membres du Tribunal Suprême Electoral et des Tribunaux départementaux pour les accusations de fraude aux élections »  d’octobre 2019.

    Presque à al fin de son discours, Evo Morales a  souligné qu’il y a 3 raisons de se réjouir pour les Boliviens : la victoire de Luis Arce et de  David Choquehuanca aux  élections, le retour au pays d’ Evo Morales, de l’ex-vice-président Álvaro García Linera et d’autres exilés et la défaite aux élections étasuniennes du républicain Donald Trump.

    Il a remercié le peuple de Villazón pour son accueil et a envoyé un salut aux présidents d’Argentine, Alberto Fernández, du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, du Venezuela, Nicolás Maduro, de Cuba, Miguel Díaz-Canel et « à tous ceux qui ont été inquiets et se sont occupé constamment » de sa situation.

    Le président de la Fédération des Associations Municipales de Bolivia, Álvaro Ruiz, a également pris la parole : « Un dirigeant national, un homme qui a représenté la croissance pour notre Patrie revient sur sa terre, dans sa Patrie. Nous le recevons à bras ouverts. »

     

    Source en espagnol :  https://www.telesurtv.net/news/evo-morales-bolivia-dice-hemos-recuperado-democracia-sin-violencia-20201109-0017.html

    Source en français (traduction de Françoise Lopez):  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-evo-morales-en-bolivie.html

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  • Se prevé que en la mañana del lunes el expresidente Morales cruce la frontera con Bolivia.

    Le président de l’Argentine, Alberto Fernández a offert dimanche soir un repas d’adieu à l’ex-président de la Bolivie, Evo Morales qui, lundi rentre dans son pays après 1 an d’exil.

    « Une partie de ma vie reste pour toujours en Argentine, » a dit  Morales lors de ce repas à l’hôtel de tourisme de La Quiaca, une ville située au nord de la province argentine de Jujuy sur la frontière avec la Bolivie.

    L’ex-président (2006-2019) rentre lundi en Bolivie après être parti en exil en novembre 2019 après le coup d’Etat contre lui. Il est allé d’abord au Mexique puis en Argentine.

    « Nous reviendrons et nous serons des millions, » avait-il déclaré lors de son exil en Argentine, citant la prophétie du cacique indigène Túpac Katari. Cette phrase est en train de devenir réalité.

    Evo Morales rentre le lendemain de l’investiture de Luis Arce, du même parti que lui, le Mouvement Vers le Socialisme (MAS), comme président de la Bolivie.

    Evo Morales a pris dimanche l’avion à Buenos Aires pour se rendre à Jujuy, où il a rencontré la dirigeante sociale argentine Milagro Sala, et s’est ensuite rendu à La Quiaca, sur la frontière avec la Bolivie, où il passera la nuit.

    Lundi, il devrait faire le trajet La Quiaca, Villazón, où il y aura une cérémonie, Tupiza, Atocha et Uyuni.

    Il arrivera le 11 novembre à l’aéroport de Chimoré d’où il est parti pour l’exil, le même jour, l’année dernière.

     

    Source en espagnol :   https://www.telesurtv.net/news/argentina-presidente-fernandez-ofrece-cena-evo-morales-20201109-0001.html

    Source en français (traduction de Françoise Lopez) :  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/argentine-alberto-fernandez-dit-au-revoir-a-evo-morales-sur-la-frontiere.html

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  • Se encuentran en suelo boliviano el presidente de Argentina, Alberto Fernández, y el canciller de Venezuela, Jorge Arreaza.

    Différents chefs d’Etat de la région et du reste du monde arrivent en Bolivie pour assister à l’investiture de Luis Arce comme président et de David Choquehuanca comme vice-président du pays.

    Le président de l’Argentine, Alberto Fernández, et le chancelier du Venezuela, Jorge Arreaza sont déjà sur le sol bolivien. Quelques heures plus tard est arrivé le ministre des Affaires Etrangères de l’Iran, Mohammad Yavad Zarif, qui a déjà rencontré Arce et Choquehuanca. 

    Le roi Felipe VI d’Espagne accompagné du dirigeant de Podemos, Pablo Iglesias, s’est aussi déplacé à La Paz ainsi qu’une délégation des Etats-Unis dirigée par le sous-secrétaire au Trésor pour les Affaires Etrangères Brent Mclntosh.

    Selon le porte-parole de la commission de transition, Freddy Bobaryn, on attend dans les prochaines heures l’arrivée du président de la Colombie, Iván Duque, et celle de l’ex-président du Panamá, Martín Torrijos.

    Le président du Paraguay, Mario Abdo Benítez, le président du Conseil des Ministres du Pérou, Wálter Martos, le chancelier de l’Uruguay, Francisco Carlos Bustillo, et le chancelier du Chili, Andrés Allamand, devraient arriver dimanche, à lapremière heure.

    Des organisations sociales et indigènes comme la Confédération des Nationalités Indigènes de l’Equateur (CONAIE) et le `conseil Américain des Peuples Indigènes du Canada ont aussi été invitées à la cérémonie qui aura lieu au siège de l’Assemblée Législative Plurinationale et débutera à 7H00,heure locale 

    On attend également des représentants du peuple Maya K'iche de Guatemala, de Convergence Sociale-Front Large du Chili et d’autres organisations du Pérou, du Venezuela, du Panamá, du Mexique, d’Argentine, de Colombie, du Honduras et du Brésil.

    Evo rentrera lundi

    L’ex-président Evo Morales a déclaré samedi lors d’une conférence de presse qu’il rentrera en Bolivie le 9 novembre prochain et qu’il est certain que son entrée ne provoquera pas de problèmes juridiques. 

    Le dirigeant révolutionnaire a précisé qu’il passera la frontière dans la matinée, à 10 ou 11H et qu’il parcourra en caravane différents villages et différentes localités du pays pour arriver le 11 novembre à Chimoré, dans le Tropique de Cochabamba (centre), où il restera.

    Dans un message diffusé sur Twitter, Evo a remercié le président de l’Argentine, Alberto Fernández, qui l’accompagnera pour passer le frontière « pour des raisons de sécurité. »

    Evo a déclaré qu’il laissait « une partie de son cœur » en Argentine.

     

    source en espagnol :   https://www.telesurtv.net/news/bolivia-delegaciones-arriban-posesion-luis-arce-20201107-0014.html

    source en français (traduction de Françoise Lopez) :   http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-arrivee-des-delegations-pour-l-investiture-de-luis-arce.html

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  • A moins de 48 heures de leur investiture, le président et le vice-président élus ont fait une offrande à la Pachamama dans les ruines de Tiwanaku, témoin muet de l’un des empires les plus importants du monde, lors d’une cérémonie privée qui a été comme une investiture symbolique.

    « Nous sommes à Tiwanaku, au début de la cérémonie d’offrande à la Pachamama pour que santé et force nous accompagne pour gouverner la Bolivie, » a écrit Arce sur son compte Twitter.

    Tiwanaku est un énorme ensemble de ruines situé à 20 kilomètres du lac Titicaca et à 71 de La Paz, qui s’étend sur de 420 hectares. A 3,840 mètres au-dessus du niveau de la mer, c’est la zone archéologique la plus haute d’Amérique.

    On avait écarté l’idée d’une cérémonie dans la semaine à Tiwanaku, pour éviter des dépenses et à cause de la pandémie de COVID-19.

    Considérant que c’est un important centre spirituel antérieur aux Incas, Arce et Choquehuanca ont participé à la cérémonie avec des prêtres andins et des chefs des communautés indigènes de la zone avant deprêter serment devant l’Assemblée Législative.

    Le futur président et le futur vice-président se sont recommandés à la Pachamama comme l’avait fait le président Evo Morales en 2006 au début de son mandat, également à Tiwanaku.

    « Avec beaucoup d’engagement et d’amour pour la Bolivie, avec notre frère David Choquehuanca, nous avons reçu la bâton de commandement des sages indiens. Les énergies de la Pachamama et de nos ancêtres nous accompagnent. Merci au peuple bolivien ! »

     

    Source en espagnol :  https://www.resumenlatinoamericano.org/2020/11/06/bolivia-arce-y-choquehuanca-piden-en-tiwanaku-salud-y-fuerza-para-gobernar/

    Source en français (traduction de F Lopez) :   http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-arce-et-choquehuanca-demandent-a-la-pachamama-force-et-sante-pour-gouverner.html

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