• Joseph Robinette Biden Jr, 77 ans, deviendra le 46ème Président des Etats-Unis d'Amérique. A l'issue d'une élection présidentielle aux rebondissements forts, Donald Trump a été battu.

    Si il n'y a rien à attendre de cette personne et de son parti, espérons que la pression des Etats-Unis contre Cuba se relâchera, que l'impérialisme contre le Venezuela et les pays socialistes soit enfin battu par la mobilisation des peuples et des forces de progrès.

    Une analyse du scrutin pour comprendre comme cela c'est déroulé.

    Article et traduction Nico Maury

     
    La mascarade est enfin terminée, Joe Biden sera le 46ème Président des Etats-Unis
     

    Même si les résultats ne sont pas définitifs, et qu'il manque les résultats des Etats du Nevada, de l'Arizona, de Caroline du Nord et de Pennsylvanie, la Géorgie a donné le coup de grâce aux espoirs de réélection de Donald Trump. Cette Géorgie conservatrice qui n'a pas donné de majorité aux démocrates depuis 1992, vient de sonner la fin de cette mascarade électorale antidémocratique.

    Joe Biden dispose désormais du nombre de délégués nécessaires pour être proclamé Président élu des Etats-Unis d'Amérique.

    Cette proclamation peut prendre du temps, il faut attendre tous les résultats et l'aboutissement des procédures judiciaires lancées par le président sortant.

    Processus électoral indirect et profondément antidémocratique

    La victoire des démocrates n'aura pas été aussi facile qu'annoncée par les instituts de sondage. C'est clairement la participation et le vote par correspondance qui auront permis à Biden de s'imposer difficilement face à Donald Trump.

    Joe Biden aura remporté le vote populaire (50,5% des voix), mais ce dernier ne compte pas dans la victoire, car l'élection présidentielle aux Etats-Unis est indirecte.

    La mascarade est enfin terminée, Joe Biden sera le 46ème Président des Etats-Unis
     
    1- Gagner la majorité du collège électoral

    Chaque Etat dispose d'un collège électoral (qui correspond au nombre de représentants + les 2 sièges au sénat). Le candidat qui arrive en tête remporte l'intégralité du collège électoral (sauf dans le Nebraska et dans le Maine où il y a des districts).

    Ainsi, Joe Biden remporte la majorité dans 24 Etats et Donald Trump dans 26 Etats. Mais comme le poids démographique dans les Etats est différents, le poids du collège électoral varie. A cette heure Joe Biden dispose de 284 délégués contre 214 pour Donald Trump.

    C'est grâce à quelques états qu'il obtient son élection, par la reconquête de Wisconsin, du Michigan, de la Pennsylvanie (perdues en 2016) et par la conquête extraordinaire de la Géorgie.

    Cet héritage des Pères fondateurs des USA est profondément archaïque et antidémocratique. Crée pour s'assurer de ne pas donner la charge suprême à un "incapable", ce système a permis l'élection de Donald Trump en 2016 et permet de donner plus facilement des victoires aux Républicains, même si ils sont battus par le vote populaire.

    2- Un scrutin qui entrave l'exercice du droit de vote

    Si l'on doit parler du mode de scrutin, là aussi la tentation antidémocratique est forte :

    Les listes électorales ne sont pas centralisées, elles sont gérées par les Etats fédérés et ces derniers, en fonction de leurs couleurs, peuvent décider de favoriser un électorat au détriment d'un autre. Par exemple la Floride restreint le droit de vote aux anciens prisonniers (majoritairement afro-américains)

    Dans les Etats, le découpage des circonscriptions électorales ne suit pas une logique démographique comme en France. Chaque Etat choisi de favoriser des comtés en fonction d'autres. Il y a des bureaux de vote plus nombreux dans certains comtés et qu'un seul dans un autre.

    Le but est très claire, il y a une volonté politique de restreindre le droit de vote à certaines catégories sociales au profit d'autres.

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    3- Une méthode archaïque de vote et de comptage

    Il existe des particularités propre aux Etats-Unis : Le vote anticipé (qui existe dans certains Etats et pas d'autres) et le vote par correspondance (qui n'existe plus en France depuis les années 70). Très clairement la pandémie de coronavirus aura boosté ces deux techniques de vote.

    Et comme le vote par correspondance dépend des aléas du système postal (public) étasunien, les résultats peuvent être totalement antagoniste entre ce qui sort des urnes et ce qui sort des boites postales. C'est comme cela que Biden battu dans le Wisconsin, le Michigan, la Géorgie, la Pennsylvanie parvient à s'imposer après plusieurs jours de dépouillement.

     
    Sur la dynamique électorale

    Quelques cartes pour comprendre les dynamiques électorales :

    Sur la carte ci dessous, on peut observer l'évolution du vote.

    Les Dems (bleu) se renforcent sur la côte Est & Ouest, mais aussi sur le Texas, le Colorado et en Géorgie. C'est en Géorgie que c'est finalement jouer la victoire.

    Le GOP (rouge) se renforce dans l'Ouest (Idaho, Utah), à l'ouest du Mississippi et dans une partie de la Rust Belt (région ouvrière). Pourtant ce progrès électoral est insuffisant et ne permet pas à Donald Trump de conserver une majorité dans le Wisconsin et le Michigan.

    Une analyse du vote ouvrier serait intéressante, car il semble que la classe ouvrière ait décidé de renouveler son appui à Donald Trump.
     
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    Au niveau des comtés, on constate que les Etats-Unis sont coupé en deux. On a d'un côté le Biden des villes vs le Trump des champs.

    L'électorat Dems se situe dans les grandes villes du pays et l'électorat républicains dans les petites villes et les campagnes.
     
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    Sociologie électorale
     
     
    La mascarade est enfin terminée, Joe Biden sera le 46ème Président des Etats-Unis

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  • El atentado contra Luis Arce fue perpetrado por un grupo de personas que detonaron un aparato con dinamita en las afuera de la sede del MAS.

    Le porte-parole du Mouvement Vers le Socialisme (MAS), Sebastián Michel, a dénoncé jeudi un attentat contre le président élu Luis Arce grâce à l’explosion d’un engin au siège du groupe politique dans le quartier  de Sopocachi, de la capitale bolivienne.

    Selon lui, cet attentat a été perpétré par un groupe de personnes qui a fait exploser un engin avec de la dynamite alors que se tenait une réunion à laquelle participait le président élu Luis Arce.

    « Il y a quelques minutes, nous avons été victimes d’un attentat de la part d’un groupe qui a déposé un paquet de dynamite au siège de campagne où notre propre président élu Luis Arce était en réunion. Nous sommes très préoccupés par ce qui s’est passé », a déclaré Michel dans une interview accordée à Televisión Universitaria et Red Uno.

    Sebastián Michel a déploré que les autorités en charge de la sécurité du pays ne se soient pas prononcées à ce sujet et n’apportent pas la sécurité nécessaire, plus encore à une autorité qui a été élue par la majorité du peuple bolivien.

    « Nous n’avons vu aucune déclaration à ce sujet du ministre du Gouvernement Arturo Murillo, alors, nous pensons que nous sommes à la merci de nous-mêmes, totalement sans protection et que personne ne nous apporte la garantie nécessaire à la sécurité de notre président, » a-t-il ajouté.

    Le représentant du  MAS a indiqué que cet attentat fait partie du climat de violence provoqué par des secteurs de droite après la victoire aux élections de Luis Arce.

    Michel a précisé qu’au moment de l’attentat, des personnes en charge du contrôle de l’information et de la commission qui travaillait à la cérémonie d’investiture étaient là.

    La cérémonie d’investiture est prévue pour dimanche 8 novembre au palais Législatif et elle mettra fin à presque 1 an de dictature de Jeanine Áñez.

     

    source en espagnol :  https://www.telesurtv.net/news/bolivia-atentado-contra-luis-arce-20201105-0046.html

    source en français (traduction de F.Lopez) :   http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-attentat-contre-le-president-elu-luis-arce.html

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  • Buenos Aires, 5 nov (Prensa Latina) L'ancien président bolivien Evo Morales a souligné aujourd'hui à ses compatriotes l'urgence de travailler ensemble à la reconstruction du pays.

    Sur son profil Twitter, M. Morales a souligné qu'après les élections, "ce ne sont pas des moments de confrontation, mais d'accord et de planification pour surmonter la crise économique".

    Toujours à partir de cette plateforme, le leader indigène, qui retournera bientôt dans son pays après s'être réfugié en Argentine suite à un coup d'État, a rappelé le Sommet des Amériques qui s'est tenu il y a 15 ans à Mar del Plata, lorsque la gauche latino-américaine a dit non à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).

    Je rends un hommage particulier à Néstor (Kirchner), Hugo (Chávez) et Lula (Da Silva)", a déclaré M. Morales, qui a évoqué les présidents et les mouvements sociaux qui travaillent ensemble pour la Grande Patrie contre le néolibéralisme.

    Hier, les médias boliviens ont confirmé le retour de l'ancien président dans le pays lundi prochain, et il devrait entrer en territoire bolivien par le pont sur la rivière La Quiaca, le point de passage de la frontière entre les deux pays.

    Il sera ensuite reçu lors d'un événement organisé par des représentants des mouvements sociaux et des autorités locales.

    Le retour aura lieu un jour après l'inauguration de Luis Arce, du Mouvement vers le socialisme, qui sera le président bolivien pour les cinq prochaines années.

    jcm/dla

    source : https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=409125&SEO=destaca-evo-morales-urgencia-de-trabajar-para-reconstruir-bolivia

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  • La toma de posesión de Luis Arce y David Choquehuanca pondrá fin al Gobierno de facto golpista de Jeanine Áñez.

    Le président et le vice-président élus de Bolivie, Luis Arce et David Choquehuanca prêteront serment au cours d’une cérémonie ancestrale indigène de prise de possession samedi prochain avant leur investiture prévue pour dimanche.

    La cérémonie aura lieu à Tiwanaku, dans le département de La Paz. Elle sera identique à d’autres cérémonies auxquelles avait pris part le président Evo Morales avant chacune de ses investitures en tant que chef de l’Etat bolivien à partir de 2006. cette information a été divulguée par le sénateur élu Félix Ajpi.

    Bien que cette cérémonie n’ait pas l’ampleur qu’elle avait d’habitude, c’est un acte qui réaffirme l’identité indigène du Mouvement Vers le Socialisme (MAS). Le porte-parole de ce groupe, Sebastián Michel, a fait savoir que des cérémonies similaires se dérouleront également dans divers huacas (lieu sacrés indigènes).

    « Dans toutes les huacas du pays, on s’ouvre avec foi et énergie, il y aura beaucoup de rituels, ils sont les bienvenus, ça nous fait plaisir qu’il en soit ainsi, » a déclaré le porte-parole du parti qui a gagné les élections.

    La cérémonie officielle d’investiture est prévue pour dimanche 8 novembre au siège du Palais Législatif et mettra fin à presque 1 an de dictature de Jeanine Áñez.

     

    source en espagnol :  https://www.telesurtv.net/news/bolivia-toma-posesion-simbolica-20201104-0022.html

    source en français (traduction de F. Lopez) :  http://bolivarinfos.over-blog.com/2020/11/bolivie-une-ceremonie-ancestrale-pour-l-investiture-de-luis-arce.html

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  • La COB  (Centrale Ouvrière de Bolivie) appelle ses affiliés à se mobiliser à La Paz pour surveiller et garantir le processus d'investiture du nouveau gouvernement de Luis Arce dimanche.

    La COB a demandé à ceux qui ne reconnaissent pas les résultats des élections "d'accepter la défaite", elle ne se laissera pas voler son gouvernement avec un second coup d'état.

    Article et traduction Nico Maury

     
    La COB est en état d'urgence et appelle à protéger l'investiture de Luis Arce dimanche
     
    La Central Obrera Boliviana (COB) s'est déclarée en état d'urgence et a annoncé qu'avec ses syndiqués elle protégera et assurera que l'acte d'investiture du président élu Luis Arce, prévu pour le 8 novembre, se déroulera sans inconvénient, ni violence de la part des groupes qui refusent de reconnaître les résultats des élections.

    "La COB se déclare en état d'urgence pour protéger la paix, le Palais présidentiel, la Plaza Murillo, pour qu'il n'y ait pas d'affrontement entre frères le jours de la transition du commandement", a déclaré Juan Carlos Huarachi, secrétaire exécutif de la COB, lors d'une conférence de presse.

    Huarachi a souligné que tous les secteurs "affiliés et non affiliés" à la COB ont reçu pour instruction de se déplacer vers la ville de La Paz "pour participer à l'acte de transmission de commandement et pour protéger en tant que soldats du processus" l'acte de possession.

    La COB a demandé à ceux qui ne reconnaissent pas les résultats des élections "d'accepter la défaite".

    "N'offensez pas le peuple, assez de discrimination et de racisme, acceptez votre défaite. Vous avez eu l'opportunité de gouverner, même par un coup d'État, ils ont volé et pillé l'État. Les gens ne sont pas aveugles, ils ne sont pas sourds, il est temps de se réconcilier, de reconstruire ce que notre patrie est depuis 14 ans ", a déclaré Huarachi.

    Le message de la COB intervient après que des groupes fascistes de Santa Cruz et Cochabamba aient décidé de ne pas connaître les résultats des élections.
     
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  • Les deux chambres de l'Assemblée Législative Plurinationale sont entrées en fonction le 3 novembre et le nouveau président entrera en fonction officiellement le 8 novembre.

    Malgré un vote sans appel, validé par le Tribunal électoral suprême, validé par les observateurs internationaux (y compris ceux qui soutiennent les putschistes), à Santa Cruz, l'extrême droite conduite par Fernando Camacho veut annuler les résultats et fait appelle aux militaires pour établir une dictature militaire.

    Article et traduction Nico Maury

     
    En Bolivie, les fascistes veulent annuler les élections
     
    Fernando Camacho, le gouverneur de la région, Rubén Costas, et les milices fascistes (Union Juvenil Cruceñista) sont à la manœuvre dans le département de Santa Cruz pour bloquer l'investiture de Luis Arce le 8 novembre et pour renverser les institutions du pays.

    Le Comité civique de Santa Cruz conteste les résultats des élection et demande un audit des élections du 18 octobre. Ainsi, la droite de Santa Cruz, qui souhaitait déjà en 2008 la sécession de ce riche territoire, et qui l'an dernier a ouvert la voie à un coup d'état contre Evo Morales, a annoncé une grève général pour ce jeudi et vendredi pour exiger un audit de l'élection présidentielle du 18 octobre.

    Le président du Tribunal électoral suprême, Salvador Romero, a rejeté la demande d'audit "puisque ce processus est clos" et a rappelé que le résultat a été validé par diverses organisations internationales et nationales comme l'OEA, qui a joué un rôle clé dans le coup d'état de 2019.

    Des veillées sont organisées devant les sièges de la police, des unités tactiques et de l'armée pour demander une intervention et que les élections soient annulées.
     
    Hors de Santa Cruz, ces mobilisations ne trouvent pas un plus grand écho.
     
     
     
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  • Le vote

    Jour d’élection ce 9 août 2020. Olga m’a invité à me rendre au bureau de vote avec elle. Ponctuelle, elle me retrouve à la station de métro Avtazavodskaya (Автозаводская). « Tu vas voir, il y a habituellement des stands sur lesquels tu peux acheter des produits alimentaires ou boire de l’alcool, il y a aussi de la musique ». Comme annoncé, une chanson aux accents pop nous accueille devant l’établissement scolaire situé au numéro 51 de la rue Narodnaïa ( улица Народная ), à Minsk. Des tables et des chaises ont été installées dans la cour intérieure et quelques personnes s’y sont assises afin de manger et boire quelques rafraîchissements. « C’est un moyen d’attirer du monde, de favoriser la participation » explique Olga sans cacher sa moue moqueuse. La jeune femme est une ancienne journaliste. Porteuse d’un regard attentif sur la vie politique de son pays, elle sait à quel point le scrutin est sous haute tension. « c’est un moment intéressant » dit-elle avec une sorte d’enthousiasme.

    Cinq candidats sont présents sur la liste, mais seulement deux retiennent toute l’attention. Le premier, l’actuel dirigeant Alexandre Loukachenko, qui se présente aux élections présidentielles pour la sixième fois consécutive. Figure écrasante de la scène politique nationale depuis sa victoire (inattendue) en 1994, l’homme a incarné le pouvoir politique du Bélarus pendant plus d’un quart de siècle. Il est souvent qualifié de « dernier dictateur d’Europe » par les médias qui se sont empressés de reprendre ainsi les propos de l’ancienne secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique, Condolezza Rice, qui, en 2005, avait également qualifié le pays de « poste avancé de la tyrannie ». Le second candidat est une novice. Svetlana Tikhanovskaya, catapultée dans la course présidentielle suite à l’arrestation de son mari, le blogueur Sergeï Tikhanovsky (officiellement pour troubles à l’ordre public), peu avant l’été. « Ce n’est pas une véritable politicienne, elle est un peu-là par hasard » explique Olga. Ayant hérité de la popularité drainée par son conjoint, Mme Tikhanovskaya a également été rejointe par les équipes de campagne de deux autres candidats écartés : le banquier Viktor Babariko, officiellement détenu pour corruption, et Valéry Tsepkalo, qui n’a pas pu valider suffisamment de signature de citoyens pour s’enregistrer (100.000 sont nécessaires). Tous deux avaient dénoncé des manoeuvres politiciennes visant à les neutraliser.

    Olga a une trentaine d’années et a étudié à l’étranger. Elle n’a jamais voté pour Alexandre Loukachenko. Ce matin, c’est certain, elle ne dérogera pas à cette règle. Mais malgré l’engouement indéniable que Mme Tikhanovskaya suscite auprès de la population urbaine de la capitale, Olga ne votera pas pour elle non plus. « Je pense personnellement que les critiques qui affirment qu’elle est une ‘création du KGB’ ne sont pas sans fondement, et je ne veux pas voter pour les oligarques russes ». La jeune femme se réfère entre autres aux déclarations de Zanion Pazniak, ancien candidat à la présidence de 1994 (il avait obtenu 12 %) et figure historique du nationalisme bélarusse (hostile aux Russes). Dans des déclarations, le chef historique avait en effet accusé le Kremlin de tirer les ficelles et d’être à l’origine des principales candidatures opposées à Loukachenko, notamment celle de Viktor Babariko [1]. Il a qualifié ce dernier comme « un ennemi plus dangereux pour la nation bélarussienne » que l’actuel dirigeant, car « Babariko est un virus pour lequel la population n’a pas développé d’immunité, qui pénètre sans résistance dans notre organisme national et qui complétera le dessein de l’obscure Moscou » [2]. Des commentaires qui, d’une certaine façon, rejoignaient ceux du propre dirigeant bélarussien. Durant toute la campagne, Alexandre Loukachenko a dénoncé une supposée ingérence du voisin oriental, accusant même le candidat Babariko de travailler directement pour les intérêts de Gazprom, le géant gazier russe [3]. Une rhétorique inhabituelle qui a été fortement commentée dans les médias qui y ont vu le traditionnel « jeu d’équilibriste » - entre l’Ouest et l’Est - du président.

    Décidée, Olga se dirige jusqu’à son bureau de vote. Une dizaine de personnes y recueillent les signatures et distribuent les bulletins (une feuille comprenant les différentes options de vote). Je suis autorisé à l’accompagner dans l’isoloir. Là, elle coche la case « contre tous ». Elle plie la feuille et la glisse dans l’une des urnes situées à la sortie. Pronostic ? « Il va y avoir des fraudes, c’est certain » explique la jeune femme, « Mais si Loukachenko obtenait 60% et Svetlana 40%, je pense que cela serait crédible et peu de monde contesterait ». Le soutien à l’égard du dirigeant existe, Olga le sait. Mais cette fois, c’est certain, celui-ci s’est érodé. Un score trop grand serait perçu comme une provocation.

    L’emballement

    Le soir, l’annonce des résultats fait l’effet d’une détonation. 80 % ! La rumeur circule entre les premiers manifestants qui se regroupent dans le centre-ville. Par messagerie mobile, sur l’application Telegram, l’information se répand. La goutte de trop, l’étincelle qui devance l’incendie. Sur l’avenue Pobediteli ( Победителей ), au centre-ville, je retrouve le groupe de jeunes manifestants qui rapidement grossit, près de la station Niemiga,. Ils tentent de rejoindre « la stèle », l’obélisque de la victoire en hommage à la Grande guerre patriotique. L’un des seuls points (légèrement) en hauteur de la ville. Déployées sur l’artère, les forces de l’ordre tentent d’en bloquer l’accès. Le jeu du chat et de la souris entre les uns et les autres débute. Des bousculades, des coups de matraque, des arrestations, mais, étrangement, un niveau de violence relativement bas pour quiconque a déjà assisté à des révoltes de ce type dans d’autres pays. Aucune boutique en feu, aucune vitrine brisée ni voiture incendiée. L’immense centre commercial « Galleria », devant lequel se déroule l’affrontement, n’est la cible d’aucune dégradation. Pas de gaz lacrymogène ni de cocktail molotov. Fait cocasse, les manifestants défilent sur le trottoir malgré l’absence de trafic sur la route. Rapidement, les boucliers parviennent à repousser la multitude. L’avenue se vide et les heurts se poursuivent dans les rues adjacentes. Au loin, le bruit des premières grenades assourdissantes retentit derrière les immeubles, annonciateur d’une longue nuit. La suite a fait la une de tous les journaux : des révoltes d’une ampleur inédite ont secoué le pays, Internet a été interrompu pendant trois jours, la police a réprimé, les opposants ont été contraints à l’exil ou emprisonnés et l’Union européenne a sanctionné tandis que la Russie a reconnu les résultats. Le menu complet pour une crise politique d’envergure internationale. Et la presse française, pourtant si timide concernant d’autres cas de révolte, s’est faite soudainement la meilleure caisse de résonance des manifestants.

    Répression

    « J’ai un ami qui a été arrêté durant les manifestations, il est sorti hier du commissariat, veux-tu l’interroger ? » Me questionne une amie par téléphone. « Oui, bien sûr »« Super ! Je lui en parle et je te rappelle ». La répression policière a surpris le pays par son envergure. Augmentant en intensité durant les premières nuits de révoltes (atteignant un pic durant les soirées du mardi 11 et mercredi 12 août), elle a été rapidement relayée par les médias privés et les groupes de communication disponibles sur l’application Telegram dès l’ouverture d’Internet (même avant pour ceux disposant d’un VPN). Diffusées et partagées sans cesse, les vidéos d’arrestations brutales inondent les écrans de smartphones, s’immiscent partout, dans les conversations, dans les yeux et les têtes. Photos et témoignages de passage à tabac dans les commissariats trouvent leur relais jusqu’à l’étranger. « Bélarus : la torture aux portes de l’Europe » informe Le Télégramme [4] ; « Biélorussie : humiliés, frappés, torturés à l’électricité… des manifestants et des passants jetés en prison racontent » titre France Info [5] ; « Les gens étaient allongés, comme un tapis vivant, sur une mare de sang » rapporte de son côté Le Monde [6], relayant le témoignage glaçant d’un journaliste. Pour les ONG comme Human Rights Watch, aucun doute, l’usage de la torture par la féroce police bélarussienne est « systématique » [7]. Le choc est tel, que le ministre de l’Intérieur, Yuri Karayev, présente ses excuses à la population le 14 août (cinq jours après le début des évènements) : « Il s’avère que pas seulement des manifestants, mais également des gens lambdas, n’ayant pas su s’en aller à temps ont été touchés (par la répression). En tant que commandant, je souhaite prendre mes responsabilités et m’excuser personnellement auprès de ces personnes (…) je ne suis pas une personne assoiffée de sang et je ne veux aucune violence. Ils sont tous nos concitoyens. Ils ont tous une famille, des enfants » [8]. Dans un entretien au journal communiste Initiative communiste, le chercheur Bruno Drweski déclarait que la « répression féroce et inouïe » des autorités avait été très mal perçue de manière générale et avait joué un rôle dans la massification des manifestations. Ajoutant également ceci : « D’après mes sources à Minsk, il ne serait toutefois pas exclu que cette brutalité inconnue jusque-là dans ce pays soit provoquée par des fonctionnaires plus ou moins en relation ou plus ou moins achetés par des oligarques russes et qui souhaiteraient que le mécontentement augmente pour pousser Loukachenko dans les bras de Poutine » [9].

    Sonnerie de téléphone. Mon amie rappelle. « Le garçon dit qu’il ne veut pas donner son témoignage » « pourquoi ? » « Parce qu’ il n’a pas été torturé ni frappé et il ne veut pas que son récit soit considéré comme étant la norme, il a peur que cela occulte les récits de maltraitance ».

    Le piège russe ?

    5 août 2020. Quatre jours avant la tempête. Piotr Piatrouski arrive en retard à notre entretien. Politologue et chercheur à l’Institut national de philosophie, proche du pouvoir, l’homme est régulièrement sollicité pour exposer ses analyses et sort tout juste d’un entretien télévisé qui s’est fait plus long que prévu. « Je vous explique et si besoin, je répète, car il faut bien tout comprendre » dit-il d’emblée. « Suite aux troubles durant les élections de 2010, l’Union européenne a prononcé des sanctions contre le Bélarus. Les Russes, profitant de cette situation, ont fait pression sur le gouvernement bélarusse pour que Gazprom achète la totalité de l’entreprise Beltrangaz qui assurait le transport de gaz russe en Europe et qui s’appelle désormais Gazprom Transgaz Belarus ». Selon M. Piatrouski, Gazprom lorgne désormais sur la société d’Etat Beltopgaz, qui assure l’approvisionnement en gaz au sein de la république. « Si Gazprom en prend possession, elle s’assurera le monopole jusqu’au consommateur final ». Le lien que souhaite mettre en lumière M. Piatrouski est celui qui relie Gazprom à M. Viktor Babariko. Ce dernier est arrêté pour fraude et blanchiment d’argent après la révélation de transfert d’argent en provenance de Gazprombank vers la banque lettone APLV [10]« Ce sont les services de renseignements américains qui ont alerté les Lettons sur les activités illégales de cette banque en 2018 » affirme M. Piatrouski, « non pas par gentillesse, mais par intérêt, c’était un moyen pour l’administration américaine de contrer Gazprom. Et c’est à partir de ce moment-là que Viktor Babariko a commencé à se présenter comme un possible candidat à la présidence, mais l’enquête était déjà ouverte. A mon avis, il est probable que celui-ci ait été poussé à participer aux élections par Gazprom ; comme une sorte de retour sur investissement, après tout, beaucoup d’argent lu a été versé ». Non pas pour gagner, mais pour provoquer une réaction de Minsk, semble indiquer mon interlocuteur, qui à son tour entrainera celle des pays occidentaux. « Après les élections, l’Ouest sanctionnera le Bélarus et Gazprom se verra donc en position de force dans les négociations, comme en 2011 ».

    Beltopgaz n’est pas le seul joyaux industriel que convoite l’oligarchie russe, selon M. Piatrouski. « Les usines automobiles, les ouvriers qualifiés, notre technologie de pointe en matière militaire et d’armement, tout cela, les oligarques comme Oleg Deripaska, veulent le privatiser ». Russe de 52 ans, M. Deripaska est le fondateur et propriétaire de la société Basic Element qui regroupe plusieurs secteurs d’activités (énergie, manufacture, construction, etc.) et a bâti son empire « lors des privatisations sauvages post-soviétiques » [11]. Il est de la même génération que l’homme d’affaire russe Dmitry Mazepin, copropriétaire de la société Urakali, productrice mondiale de potasse. Selon l’Institut d’analyse stratégique (Strateji Təhlil İnstitutu), basé en Azerbaïdjan, ce dernier a apporté son soutien au candidat Valéry Tsepkalo pendant la campagne avant de, peut-être, jouer un rôle dans les révoltes : « On suppose que les grèves en cours dans les entreprises biélorusses, en particulier celles liées à l’industrie chimique, ont été initiées ou partiellement financées par Mazepin. Il faut rappeler que Belaruskaliy est un concurrent direct d’Uralkaliy, et que la Fédération de Russie s’intéresse depuis longtemps aux gisements de potassium biélorusses » [12]. Autre fait majeur, au mois de mai 2020 les premières livraisons de pétrole états-unien atteignaient les côtes lituaniennes pour approvisionner le Bélarus [13]. Ceci découlait d’un accord réalisé entre Minsk et Washington suite à la visite, au mois de février, du secrétaire d’Etat Mike Pompeo. Un échange qui était perçu comme un moyen pour le Bélarus de se dégager de sa dépendance énergétique à l’égard du voisin russe. « Le Parti républicain, lié aux secteurs pétroliers, y a vu un moyen de fortifier sa position et de concurrencer la Russie sur son propre terrain en ayant accès à l’oléoduc « Drujba » ( Дружба ) - explique Piotr Piatrouski - une décision très peu appréciée par Moscou et un énorme enjeu géopolitique ».

    Comme voulant accomplir la prophétie d’un piège tendu par le voisin, la suite des évènements a donné raison à l’analyste. Dès la mi-août, opérant un changement à 180°, M. Loukachenko a sollicité le soutien de Moscou et a subitement dénoncé les voisins de l’Ouest (Ukraine, Lituanie et Pologne) comme étant les principaux agitateurs des troubles. « Bélarus à la merci de Moscou une nouvelle fois » titrait le spécialiste Grigory Ioffe dans un texte publié le 8 septembre [14]. Il y affirmait que, depuis 2014, « les gouvernements occidentaux ont assisté avec approbation à ce qui semblait être une réorientation géopolitique lente mais constante de la Biélorussie » et que « l’Occident était prêà renoncer à sa politique de promotion de la démocratie pour soutenir plus énergiquement la souveraineté du Belarus comme bastion contre l’interventionnisme russe (…) en deux jours, en août, Loukachenko a cependant dilapidé tout le capital politique qu’il avait laborieusement accumulé pendant six ans » [15].

    Le gâteau soviétique

    De visite à Saint Petersbourg, en mars 2013, Alexandre Loukachenko accepta un entretien avec la chaîne de télévision Russia Today dans lequel il s’exprima sur les raisons de l’hostilité occidentale à son égard. « M. le Président, vous savez très bien les choses que l’Union européenne vous reproche, je ne vais donc pas les répéter » avança poliment la journaliste Sophie Shevardnadze avant de demander : « Selon vous, pourquoi êtes-vous persona no-grata ? »« Vous me demandez pourquoi moi ? - s’étonna le dirigeant - « et bien, vous savez, lorsque le nouvel Etat du Bélarus est apparu sur la carte et exigea sa place au soleil, comme le fit la Géorgie et les autres Etats nouveaux, ceux qui étaient déjà là n’ont pas apprécié car ils voulaient cette place pour eux-mêmes (…) tout le monde voulait un morceau de ce que le Bélarus avait à offrir sur le plan économique. Certains voulaient le potassium, d’autres nos usines pour le traitement du pétrole. Beaucoup maintenant veulent notre secteur agricole, et le veulent pour pas cher. Mais Loukachenko a dit non, ça ne se fera pas. Nous ne vendrons rien au rabais » [16].

    Rescapé de peu du rouleau compresseur libéral qui s’est abattu sur les anciennes républiques socialistes au début des années 1990, le Bélarus résiste depuis plusieurs décennies aux appétits voraces de prédateurs économiques de toute sorte. La seule part du gâteau soviétique qui ne fut pas dévorée. Régulièrement rappelé à l’ordre - « Le FMI demande à la Biélorussie de libéraliser son économie » informait un article du journal Le Monde en 2011 [17] - le gouvernement n’a, depuis, jamais cessé de naviguer entre insoumissions et compromis. Et ceci sous les attaques constantes.

    Les vieilles recettes

    La scène est édifiante. Dans un salon du luxueux hôtel Marriot de Tbilissi, un opposant bélarussien, Anatoli Lebedko, a rendez vous avec Giga Bokeria, politicien géorgien. « Qui est vulnérable autour du Président dans l’appareil d’état ? Est-ce qu’il y a des personnes sur qui on peut influer, qui peuvent jouer notre jeu ? » questionne M. Bokeria. « Si on vous donne comme but de distribuer des millions de tracts dans tout le pays, c’est possible ? ». M. Lebedko répond par la négative. Giga Bokeria est une figure connue de la « révolution des roses » (2003) qui se conclut par la chute du président Edouard Chevardnadze, contraint d’abandonner le pouvoir au profit du très atlantiste Mikheil Saakachvili. M. Lebedko, la mine penaude, est venu « chercher conseil » auprès de ces « révolutionnaires géorgiens » soucieux d’exporter leur oeuvre. « Et pour la récolte de l’argent, vous en êtes où ? » poursuit M. Bokeria. « Il y a une décision du Congrès des Etats-Unis qui doit nous donner plusieurs millions de dollars, mais on attend » affirme l’opposant bélarussien. « On va vous aider, on va vous donner des recettes pour prendre le pouvoir » explique un homme avant d’être interrompu par le géorgien qui demande à la caméra d’arrêter de filmer. Dans un épatant travail d’investigation, la journaliste Manon Loizeau capte les images de cette rencontre pour son documentaire « Les États-Unis à la conquête de l’Est », tourné en 2005 [18]. Elle y dévoile un florilège de témoignages d’opposants politiques qui, ouvertement, affichent leur gratitude envers l’administration de Washington pour son soutien et son aide dans les différents coups d’États orchestrés dans les pays de l’ancien camp socialiste, au début du XXIème siècle : Ukraine, Géorgie, Serbie, Kirghizistan, etc. Tous ont été la cible de déstabilisations qui furent regroupées sous le nom de « révolution de couleurs ». C’est dans les salons feutrés des palaces et autour de cocktails que se retrouve cette « nouvelle internationale révolutionnaire » sous l’égide du dirigeant états-unien de l’époque, M.George W.Bush.

    Parmi les personnages que l’on découvre dans le film de Mme Loizeau, le très influent Bruce Jackson, ancien militaire et président de la fondation « Project on transitional Democracies ». L’homme travaille activement au changement de régime des États post-communistes et ne s’en cache pas. Coïncidence, sa femme s’avère être bélarussienne ! Parallèlement aux invasions militaires ouvertes comme la guerre d’Afghanistan en 2001 ou celle d’Irak en 2003, les Etats-Unis ont développé toute une série de manoeuvres, plus ou moins clandestines, visant à renverser des gouvernements. À travers toute une série d’organisations, d’agences gouvernementales, d’ONG et de Think tanks, la Maison Blanche opère un maillage d’éléments œuvrant à défendre ses intérêts outrepassant les souverainetés nationales des autres pays. La United States Agency for International Development (USAID), la Freedom House ou encore la National Endowment for Democracy (NED) sont des exemples de ces instruments utilisés et sur lesquels les oppositions locales ont pu trouver un appui.

    Évidemment, l’ensemble de ses réseaux existent toujours. Les accusations visant les pays occidentaux limitrophes au Bélarus comme instigateurs des troubles ne sont pas sans fondement. La Pologne abrite une grande partie des médias « bélarussiens » hostiles au gouvernement et contraints à l’exil, comme Belsat (fondé en partie avec l’aide du ministère polonais des Affaires extérieures, en 2006) ou la récente (et très populaire) chaîne d’information Nexta. Celle-ci s’est illustrée par son rôle actif dans la coordination des manifestations du mois d’août, comme le revendique fièrement son rédacteur en chef [19]. Il n’est donc pas étonnant que Mme Tikhanovskaya ait si rapidement trouvé écho à ses réclamations à l’Ouest, dès le lendemain des élections. Le soutien que lui ont apporté l’Union européenne et des personnalités comme M. Bernard Henri Lévy laisse entrevoir clairement l’orientation politique à laquelle aspire ces alliés pour le futur du Bélarus. À son tour, les Etats-Unis ont décrété des sanctions contre plusieurs figures du gouvernement bélarussien et ne reconnaissent plus M. Loukachenko comme le président légitime. Ils renouaient ainsi avec leur positionnement habituel à l’égard de cette petite république.

    La faille interne

    Acculés par le nombre de manifestations hostiles au dirigeant, les partisans de M. Loukachenko décidèrent à la mi-août (trop tard) de contre-attaquer. Plusieurs actions symboliques furent organisées pour cela : rassemblements dans les villes, tours à vélo, caravanes d’automobiles, etc. Bien que nombreuses, celles-ci contrebalancent difficilement celles des opposants, beaucoup plus inventives et disposant de la sympathie naturelle attribuée à celles et ceux qui luttent contre une police et un pouvoir en place.

    « C’est une erreur implicite à notre système, qui est une république hyper-présidentielle » explique Aleksei Dzermant, politologue et partisan de Loukachenko. « La verticalité du pouvoir empêche la mobilisation, car les gens ont tendance à attendre les consignes venues d’en haut, alors que dans le cas de l’opposition, ils n’ont pas besoin d’attendre quoique ce soit pour être actifs ». Bien que disposant des médias d’Etat, les pro-Loukachenko ne peuvent néanmoins pas rivaliser avec l’influence des médias privés disponibles (et extrêmement actifs) sur Internet.

    « L’ opposition a de l’avance sur le gouvernement sur le plan de la bataille médiatique, jusqu’à présent ce dernier ne comptait que sur la force de son appareil policier pour la combattre » m’expliquait Evgueny Volodchenko, blogueur pro-gouvernemental. Selon lui, un travail lent et minutieux de délégitimation du système politique et social du pays est à l’oeuvre depuis longtemps. « Faisant constat de leur échec à renverser le pouvoir en 2010, l’opposition choisit une autre stratégie et, à partir de 2015, plusieurs blogueurs surgissent dans tout le pays, dans chaque région ; leur procédé est le même : grossir les problèmes dans le pays pour se moquer du pouvoir ». Parmi ces nouveaux activistes numériques figurait Sergueï Tikhanovsky. Fonctionnaires incompétents, retards de travaux, démarches administratives lourdes, tous les petits tracas de la vie quotidienne sont passés à la loupe. Au compte-gouttes, le travail de sape porte ses fruits.

    Enfin, un dernier facteur est venu achever la gestation d’une telle révolte : l’apparition d’un secteur confortablement inséré dans la société, mais qui, réticent au modèle social, développe un caractère désormais séparatiste à l’égard de celui-ci. Au Bélarus, ce sont les cas des couches liées au secteur informatique et des nouvelles technologies qui s’est amplement développé durant les dernières années. « Le centre-ville (de Minsk) a désormais une ambiance moderne grâce aux jeunes travaillant dans le secteur des technologies de l’information qui gagnent beaucoup plus d’argent que le salaire moyen et ont créé une bulle de richesse au sein de la Biélorussie. Ces changements sont en partie dus au parc de haute technologie du pays, qui a été créé en 2005 » pouvait-on lire dans un article publié dans Euronews, le 7 août 2020 [20]. Selon l’analyste Kamil Klysinski, cité dans le média, ce parc était une exception. « Des conseillers avisés ont promis à Loukachenko des revenus élevés dans un nouveau secteur qui ne menacera pas son autorité ». Le dirigeant Loukachenko, pourtant hostile aux réformes libérales, aurait cédé. « Le parc de haute technologie était quelque chose que Loukachenko pouvait accepter, mais ce n’est pas le cas pour l’industrie lourde ou d’autres secteurs de l’économie, car il les considère comme des actifs stratégiques » assure M. Klysinski. Profitant de mesures fiscales avantageuses, cet « îlot de richesse » est devenu aujourd’hui le fer de lance de la contestation.

    « Nous avons désormais une petite bourgeoisie » déclarait M. Loukachenko aux journalistes russes lors d’un long entretien, le 9 septembre 2020 [21]« Ces Bélarussiens là vivent bien, dans de bonnes maisons, soignées et entretenues. Que veulent-ils ? Ils veulent le pouvoir. Ce sont les racines profondes de ce conflit ». Un danger qui guette tout gouvernement de gauche : le vice-président bolivien, Alvaro Garcia Linera, expliquait dans un texte de 2011, que tout processus révolutionnaire implique d’affronter la tension « qui découle de lincorporation croissante de différents groupes sociaux ainsi que de la quête d’alliances larges » [22]Une réalité qui « contraint un pouvoir de gauche à tenir compte dune partie des besoins de ses adversaires » bien que ceux-ci puissent agir « à l’occasion, comme courroie de transmission des pouvoirs étrangers ». Observateur avisé, il mettait en garde sur « le particularisme corporatiste » qui, s’il venait à triompher, « marquerait le point de départ dune restauration conservatrice » [23].

    Mais le succès indéniable de « l’opposition » auprès de la population ne s’explique pas seulement par l’activisme entraîné (et financé ?) de celle-ci, mais également par l’absence de projet d’envergure en face. Aucun combustible idéologique n’alimente véritablement la machine étatique bélarussienne, qui, bien qu’assurant les conditions minimum de vie à la majorité des habitants (santé, éducation, sécurité), est soumise aux aléas économiques de la sphère internationale et est définitivement incapable de concurrencer les promesses (frauduleuses) d’enrichissement des sociétés occidentales. La verticalité du pouvoir a, elle, freiné toute irrigation politique de la société susceptible d’amortir la propagande capitaliste à grande échelle. Les manifestations à Minsk sont elles-mêmes, d’une certaine façon, la preuve de cette carence : dans les cortèges, la revendication principale ne vise que le départ d’Alexandre Loukachenko et l’arrêt de la répression. Aucune critique n’est faite au modèle économique ou social. Un vide habilement exploité par les acteurs politiques de droite les plus avisés qui peuvent dès lors compter sur le mécontentement, légitime, de la population concernant les fraudes pour en faire leur cheval de Troie, se gargarisant de combattre pour « la liberté » sans se soucier d’en expliquer les contours. La liberté (d’exploiter) qui ? La liberté (d’exploiter) quoi ?

    L’avenir

    Dimanche 16 août 2020. Une semaine après le résultat. La capitale est en ébullition. Partout, les gens se saluent aux cris de « Жыве Беларусь ! » (Vive le Bélarus ! en bélarussien), devenu le slogan des opposants. La manifestation anti-gouvernementale vient de surpasser amplement celle des pro-Loukachenko, organisée la veille. Le rassemblement a été historique, massif. Un air de fête flotte dans la ville, où des files entières de jeunes gens (et moins jeunes) célèbrent ce qui ressemble déjà à une victoire pour eux. Piotr Piatrouski, les main sur les anches, immobile et l’air pensif, semble regarder les brins d’herbe qui s’affaissent sous le poids de ses chaussures. Je l’interromps. « Pensez-vous qu’il y aura un Maïdan ? ». Avec un sourire narquois, il lâche entre ses dents serrées : « Le Maïdan est déjà en cours ». Bien sûr, l’homme sait la situation différente. Le retournement dans la rhétorique présidentielle à l’égard de la Russie, redevenue soudainement une alliée, ne lui a pas échappé. « Avait-on le choix ? ». Il se frotte le menton puis regarde les arbres qui recouvrent le petit parc minskois où nous nous trouvons. Sans attendre une question, il poursuit : « Nous avons deux scénarios possibles, si le gouvernement tombe, alors dans trois ans nous serons à nouveau avec des révoltes dans la rue à cause des privatisations qui seront appliquées ». Le second ? « S’il reste en place, il est probable qu’il opère un virage politique à gauche très marqué ». Depuis, le président a appelé les citoyens à participer à une réforme constitutionnelle comme préalable à l’organisation de nouvelles élections. Pour M. Piatrouski c’est là l’occasion, peut-être, de créer un « Loukachenko collectif ». Une reconfiguration institutionnelle qui épargnerait au pays les difficultés inhérentes à cette personnification du pouvoir qui, aujourd’hui, met en danger tout ce qui a été bâti et sauvegardé.

    Loïc Ramirez

    Photo 1 : une femme porte une affiche sur laquelle on peut lire : « Ne déchirez pas notre Bélarus » lors d’un rassemblement en faveur du président Loukachenko, le 16 août 2020, à Minsk.

    Photo 2 : établissement scolaire au 51 rue de Narodnaïa, à Minsk.

    Photo 3 : l’ Avenue Pobediteli, au soir du 9 août 2020, à Minsk.

    Photo 4 : Piotr Piatrouski, 5 août 2020, à Minsk.

    Photo 5 : Alexandre Loukachenko lors de son intervention sur la Place de l’Indépendance, 16 août 2020, à Minsk.

    Photo 6 : supporters du président Loukachenko, Place de l’Indépendance, 16 août 2020, à Minsk.

    Photo 7 : Evegueni Volodchenko, 12 août 2020, à Gomel.

    Photo 8 : manifestants anti-Loukachenko, 16 août 2020, à Minsk.

    [15Ibid.

    [16Retranscription écrite (en anglais) de l’entretien disponible sur le site internet de RT à l’adresse :https://www.rt.com/shows/interview/lukashenko-dictator-europe-interview-433/

    [18« Les États-Unis à la conquête de l’Est », Manon Loizeau, 2005.

    [23Ibid.

    Source:  https://www.legrandsoir.info/le-belarus-ou-la-derniere-part-du-gateau.html
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    Ce vendredi, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour combattre la seconde vague de la pandémie. Parmi celles-ci, il y a un nouveau confinement… qui n’en est pas vraiment un. En effet, Franck Vandenbroucke ministre social-démocrate de la Santé a insisté qu’il fallait permettre aux usines de tourner… et exposer ainsi les travailleurs au virus montrant une nouvelle fois que ce gouvernement est au service du capital. 

    Le gouvernement n’écoute que la FEB et les fédérations patronales. Il y a quelques semaines, Pieter Timmermans, patron des Patrons, affirmait de manière criminelle et mensongère que les lieux de travail n’étaient pas des foyers de contamination. La lutte mi-septembre chez ab inbev après le développement de plusieurs cas sur l’usine de Jupille montrait précisément que le patronat n’avait pas mis en place les protocoles sanitaires qui permettaient de protéger les travailleurs. AB-Inbev n’est pas un cas isolé : des contrôles ont révélé que sur la période de mars à août, près de 3223 patrons n’avaient pas respectés les règles sanitaires sans qu’aucune sanction ne soit formulée à leur encontre mais de simples avertissements. 

    Leur slogan : En masse au travail, confinés pour vivre ! 

    Comme à chaque fois depuis le début de la crise sanitaire, les déclarations montrent que le gouvernement navigue à vue, ce qui correspond à la vision court-termiste du capitalisme. Depuis le début de la pandémie il y 8 mois, les partis bourgeois étaient plus préoccupés par la répartition des postes ministériels pour la composition du gouvernement fédéral qui apparaît clairement comme une recomposition de la bourgeoisie. 

    Après un démantèlement systématique du secteur de la santé, depuis 8 mois, les gouvernements se sont évidemment révélés incapables à préparer ce secteur de la santé, les écoles, et les transports en commun et l’économie à faire face à la deuxième vague : les travailleurs sont à bout, les écoles sont des foyers de contamination malgré les premiers dires de la ministre Désir, les bus, trams et trains sont bondés et les hôpitaux débordés.

    Pour justifier leur incurie et les mesures incohérentes d'un jour à l'autre, les différents gouvernements de Belgique ont appliqué la stratégie de la peur et des mesures autoritaires, ils lancent des appels à la responsabilité individuelle en dédouanant le système capitaliste. L´État bourgeois a installé un couvre-feu et nous avons eu la confirmation hier que l'économie non-essentielle était maintenue : dans ce système, nous, les travailleurs, avons tout juste le droit de nous faire exploiter, de travailler pour payer les dividendes des actionnaires et les profits des monopoles. C'est métro-boulot-dodo. 

    Nous ne sommes pas de la chair à patron ! Nos vies valent plus que leurs profits ! 

    L’urgence est de protéger les travailleurs et si le télétravail fut d’abord présenté comme une solution d’urgence hier il est maintenant généralisé et rendu obligatoire… « quand c’est possible », laissant le patronat dicter sa loi quant à la faisabilité ou non et nous exposer au virus. Si le télétravail s’impose aujourd’hui, il faut rappeler tous les risques et les atteintes aux droits des travailleurs qu’il comporte comme le rappelait la Fédération Syndicale Mondiale en septembre dernier : le télétravail a un effet négatif sur les conditions de travail des travailleurs (l'augmentation de la charge de travail, demande de disponibilité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, non fourniture de la connexion Internet et des logiciels nécessaires, la non fourniture d'équipements ergonomiques gratuits par les entreprises. Par ailleurs, les travailleurs sont isolés et coupés de leur organisation syndicale et les contrôles, notamment sur les heures supplémentaires, ne sont pas assurés. 

    Le télétravail n’est donc pas l’idéal pas plus que le reconfinement est une stratégie à long terme. Sans un investissement dans la protection de la population, c’est-à-dire dans les services publics, dans les infrastructures de santé et d’enseignement, du recrutement de personnel, la fin du numérus clausus, comme l’exigent les travailleurs à la base, la pandémie ne sera jamais vraiment jugulée et ce sera confinement sur confinement avec une casse et une dégradation des services publics conformément aux intérêts de la bourgeoisie et aux directives européennes. Or dans la conférence de presse de ce vendredi, rien n’a filtré sur les revendications nécessaires et le refinancement nécessaire des services publics pour faire face à la pandémie. Au contraire, tout au long de la semaine ce ne furent que proposition qui auront pour effet d’augmenter notre exploitation : de concert le ministre social-démocrate Dermagne et le patron de la fédération patronale d’Agoria appelaient à la mise à disposition des travailleurs sans emploi dans les secteurs en crise. Une proposition similaire avait déjà été relayée en début de semaine par une autre ministre socialiste Christie Morreale. 

    Ce sont là des réponses d’un système en crise qui conduira à une nouvelle concentration de capital : tandis que les petits commerces devront restés portes closes, les grandes enseignes et les monopoles comme Colruyt ou Amazon qui se sont enrichis pendant la crise continueront à ouvrir leurs rayons, même pour le non-essentiel. Il est inévitable que certains « petits » soient absorbés par des plus grands » qui pourront imposer leur loi aux travailleurs. Toutes ces mesures ne rassasient pourtant pas le patronat qui estime qu’elles ne sont pas suffisantes : Pieter Timmermans réclame déjà un plan marshall pour les entreprises.

    Nous ne sommes pas de la chair à patron. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une stratégie de lutte pour s’opposer à ce système barbare. 

    Ils ont confiné notre vie sociale, pas leurs profits ! 

    Le confinement s’apparente surtout à une restriction de notre vie sociale alors que les loisirs et les liens sociaux sont essentiels. Karl Marx analysait déjà dans salaire, prix et profit en 1865 qu’ « Un homme qui ne dispose d'aucun loisir, dont la vie tout entière, en dehors des simples interruptions purement physiques pour le sommeil, les repas, etc., est accaparée par son travail pour le capitaliste, est moins qu'une bête de somme. C'est une simple machine à produire de la richesse pour autrui, écrasée physiquement et abrutie intellectuellement. Et pourtant, toute l'histoire de l'industrie moderne montre que le capital, si on n'y met pas obstacle, travaille sans égard ni pitié à abaisser toute la classe ouvrière à ce niveau d'extrême dégradation. » 

    C’est pourquoi le parti Communiste soutient les revendications des travailleurs de la santé, la lutte pour l'engagement de personnel, la création de nouvelles infrastructures de santé et d'enseignement, et de meilleures conditions de travail, des mesures de protection sanitaire efficaces, la couverture chômage à 100% de l’ancien salaire.

    Nous ne pouvons laisser l'économie et le pouvoir politique aux mains de parasites, de rapaces, de pillards. Face aux attaques conjointes de l'État bourgeois et du patronat, construisons le front unique des travailleurs, construisons un front classe contre classe de tous les travailleurs, syndicalistes de combat et étudiants :

    Un front antifasciste, anticapitaliste, antiimpérialiste, pour le socialisme et la paix

     

    source: https://www.solidnet.org/

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  • Par : Guillermo Alvarado


    Le peuple bolivien vit déjà les derniers jours sous la domination du régime putschiste.  Jeannine Añez qui s’en est auto-proclamée la présidente en novembre 2019 devra rendre dimanche prochain le pouvoir au Mouvement vers le Socialisme, MAS.

    Ce seront des jours cruciaux car il y a des groupes dans cette nation andine qui rêvent encore d'un stratagème pour empêcher Luis Arce et David Choquehuanca d'assumer respectivement la présidence et la vice-présidence.

    Ce sont des secteurs qui n’arrivent pas à avaler la victoire retentissante remportée aux urnes par le MAS. Pour le rappel, le parti de l’ex-président Evo Morales a gagné avec 55,1 % des voix, 26 points au-dessus de son successeur immédiat, Carlos Mesa.

    Cette victoire s’est avérée un soulagement aussi bien à l'intérieur qu’à l'extérieur du pays, car elle modifie l'équilibre des pouvoirs au niveau régional et met l'Équateur sur le point de mire. Les élections de février 2021 pourraient confirmer la tendance marquée en Bolivie au retour des mouvements populaires et progressistes.

    Un article signé par Juan J. Paz et Miño Cepeda, publié par l'Agence latino-américaine d'information, ALAI, rappelle que la campagne du Mouvement vers le Socialisme a été menée dans des conditions sans précédent, non seulement à cause de l'hostilité ouverte du régime putschiste, mais aussi de la pandémie de Covid-19.

    Il a fallu abandonner le prosélytisme traditionnel dans la rue et passer à la mobilisation électorale en empruntant d’autres voix des secteurs populaires, des indigènes et des classes moyennes dont les droits ont été bafoués par la présidente de facto, Jeannine Áñez, et ses principaux collaborateurs.

    Rappelons que Luis Arce a été l'artisan du programme économique le plus prospère et le plus brillant de l'Amérique Latine et des Caraïbes sous le gouvernement d’Evo Morales. Cette expérience lui servira bien quand il dirigera un pays qui a été dévasté et appauvri en seulement onze mois.

    Il ne s'agit pas, bien sûr, d'une réimpression ou d'une copie dans le moule de ce qui a été fait pendant les 13 premières années du gouvernement du MAS, interrompues par le coup d’État sanglant de 2019. C’est une magnifique opportunité pour un nouveau départ.

    Ce sera d'ailleurs la preuve que seules les forces démocratiques progressistes, les mouvements de gauche et de progrès social, sont capables de mettre un terme aux excès du néolibéralisme et à l'action prédatrice des sociétés transnationales et des puissances économiques.

    Ainsi, dans sept jours, nous aurons la possibilité de contempler un événement rarement vu, tel qu'il sera, non pas la reddition, mais la restitution du pouvoir qui avait été enlevé à son propriétaire légitime, le peuple.

     

    Édité par Francisco Rodríguez Aranega

    source : http://www.radiohc.cu/fr/

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  • Au delà de la simple "rupture de contrat" dénoncée par le mercenaire Jordan Goudreau, c'est tout l'appareil organisationnel qui est balancé.

    Parmi les personnes complices de la tentative de meurtre et de coup d'état se trouvent : Juan Guaidó, Leopoldo López et le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence.

    Traduction Nico Maury

    Le mercenaire chargé de l'assassinat de Nicolas Maduro, Jordan Goudreau, poursuit Guaidó pour rupture de contrat
     
    L'ambassadeur du Venezuela auprès des Nations Unies (ONU), Samuel Moncada, a révélé ce samedi une publication du Miami Herald montrant que "le mercenaire engagé par Juan Guaidó pour assassiner le président Nicolás Maduro", Jordan Goudreau, "Poursuit" devant les tribunaux des États-Unis (USA) "ses partenaires", alléguant une "rupture de contrat".

    Le montant de la demande s'élève à 1,4 million de dollars et selon Goudreau, "l'équipe de Guaidó a demandé 20.000.000 dollars pour un soulèvement de rue synchronisé" avec l'assassinat du Président Maduro. "La guerre artificielle des gangs qui a eu lieu à Caracas avant l'attaque confirme cette version", a déclaré Samuel Moncada.

    Le représentant vénézuélien précise que "Goudreau fournit des données spécifiques sur la participation de Juan Guaidó et de son patron, Leopoldo López, à l'opération terroriste. Il apporte également ses contacts avec les responsables de l'administration Trump qui ont promu le projet".


    Dans sa déclaration, Goudreau a déclaré qu'il avait dû recourir à cette ressource pour sauver sa vie, puisque le Federal Bureau of Investigation (FBI) des États-Unis "l'a enquêté et a fait une descente dans une maison où ils s'attendaient à le trouver".

    Moncada a souligné que l'Américain est conscient "qu'il y a une campagne de propagande pour déformer la réalité et le présenter comme un agent du gouvernement vénézuélien qui a vendu ses collègues", alors "il réagit maintenant alors qu'il se taisait jusqu'à présent. pensant qu'il allait être soutenu par son gouvernement".

    Goudreau a mis sur la table les noms du vice-président, Mike Pence, Andrew Horn, et du vétéran de la guerre, Jason Beardsley, lors de ses contacts avec le gouvernement de Washington pour contribuer au développement de l'assassinat.


    Selon la publication du journal américain, "Andrew Horn a promis à Goudreau les licences officielles nécessaires pour acheter et exporter les armes utilisées dans l'opération. L'avocat Travis Lucas s'est occupé des arrangements et a facturé 30.000 $ pour son travail", comme le montre Goudreau à travers les factures de paiement.

    Un autre des contacts révélés par Goudreau est le responsable de la sécurité du président, Donald Trump, Keith Schiller, qui à son tour "possède la société KS Global Group" et entretient des relations contractuelles avec le Parti républicain.

    Le procès de Groudreau a également terni Lester Toledo et Jorge Betancourt, identifiés comme les représentants de Leopoldo López pour coordonner les actions des États-Unis, tout en soulignant que le financier de l'opération était l'héritier milliardaire de la société manufacturière de Fromages Kraft, Roen Kraft.


    Groudreau dit que l'homme d'affaires a contacté le vice-président Mike Pence; Il l'a informée qu'il était très intéressé par l'opération et que si elle réussissait, "toutes les portes seraient ouvertes".

    Cependant, le contrat, conseillé par l'avocat Manuel Returetau, contenait une annexe qui permettrait à Guaidó de s'exonérer de tout blâme chez lui pour un éventuel échec de l'opération. "C'est la seule partie du contrat que Guaidó semble avoir remplie", déclare Moncada.

    Enfin, le haut responsable vénézuélien a jugé que les révélations de Groudreau sont "la preuve que l'opération n'était pas l'action d'un terroriste isolé", puisque "le département américain de la Défense a partagé avec les Vénézuéliens complices de l'attaque. le plan secret de l'opération X Zone afin de fomenter des insurrections au Venezuela".

    source en espagnol: Telesur

     

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