• L’impérialisme est l’ennemi principal du peuple kurde à disposer du droit de lui-même (IC.fr-5/02/2018)

    Porteur, non sans diversités locales, d’une langue, d’une histoire et d’une culture communes, le peuple et le territoire kurdes ont été divisés de manière largement arbitraire entre plusieurs États (, Iran, Irak, , Russie…) lors des différents partages coloniaux du Proche-Orient qu’ont successivement dictés les impérialismes rivaux au gré des rapports de forces militaires et sans le moindre souci des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Il s’en est suivi, à des degrés divers, des situations d’oppression nationale, les États bourgeois étant par nature incapables d’assurer l’égalité entre les peuples et les individus qui vivent à l’intérieur de leurs frontières. Il faut en particulier saluer la longue et héroïque lutte des travailleurs du turc qui ont constamment affronté, parfois sous la bannière du marxisme et du communisme, les fascisants gouvernements turcs successifs. Ceux-ci ont persécuté et persécutent encore, non seulement les militants kurdes, mais les forces turques communistes, ouvrières, laïques et démocratiques. En Irak également, le pouvoir de Saddam Hussein a fait montre d’une brutalité inouïe à l’encontre des populations kurdes.

    En même temps, l’impérialisme, notamment étasunien, qui passe son temps à violer l’indépendance des peuples dominés, sait également se servir habilement, quand cela favorise ses manigances, des revendications nationales des peuples dominés pour diviser les États constitués dès lors que certains d’entre eux font obstacle à ses visées prédatrices. C’est bien évidemment pour démanteler l’Irak ou la Syrie, ou pour affaiblir l’Iran dans la perspective d’une guerre impérialiste contre lui, et certainement pas pour favoriser l’épanouissement des peuples et leur coopération fraternelle, que les États-Unis et leurs vassaux français ou européens ont soudain découvert les revendications indépendantistes des Kurdes d’Irak, que ce soit sous Saddam Hussein ou présentement, pour les laisser ensuite se faire tailler en pièces par Bagdad. De même que les puissances impérialistes ont constamment fermé les yeux sur les exactions d’Ankara contre le peuple kurde de Turquie, spécialement contre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan, mais aussi actuellement contre les Kurdes de Syrie, en considérant que l’État turc était une pièce essentielle de l’encerclement de l’URSS, puis de la Russie post-soviétique, par les troupes d’agression de l’OTAN.

    La situation est donc complexe et variable d’un État proche-oriental à l’autre et l’on ne peut oublier en outre que le projet mortifère de « Grand Moyen-Orient » remodelé par Bush, Obama et Trump au gré des intérêts pétroliers nord-américains, ainsi que les manœuvres bellicistes de l’Arabie saoudite, sur-déterminent tous les rapports de forces en apparence purement « internes » dans cette région explosive du monde.

    L’aspiration de nombreux Kurdes à vivre dans un seul État national de langue kurde est donc fort compréhensible et respectable, les persécutions de type fasciste contre l’organisation politique des Kurdes et contre le libre usage de leur langue doivent être sévèrement dénoncées et combattues par tous les démocrates. En même temps, des communistes et des marxistes doivent exclure toute naïveté : il faut rester vigilant contre toute tentative impérialiste de dévoyer les légitimes sentiments nationaux kurdes pour remodeler le Proche-Orient selon les vœux des transnationales du pétrole, et dénoncer l’exploitation, par l’impérialisme, du vieux principe « diviser pour régner ». Sur le fond, seul le socialisme, en instaurant et en planifiant une coopération mutuellement avantageuse entre les Etats voisins du Proche-Orient pourra tout à la fois assurer les droits nationaux (économiques, sociaux, culturels, linguistiques, politiques) du peuple kurde, permettre la libre circulation et les plus larges échanges entre les Kurdes appartenant aux différents Etats limitrophes, sans exclure – si les Kurdes et leurs voisins en décident un jour librement et fraternellement – la naissance d’un État national kurde démocratique et socialiste qui servirait moins de pomme de discorde entre voisins que de passerelle culturelle, politique et économique aux États proche-orientaux que le capitalisme dresse présentement les uns contre les autres.

    Dans l’immédiat, les communistes français sont tenus à la fois

    • de contrer les manœuvres impérialistes visant l’unité territoriale des États ciblés par les États-Unis : Syrie, Iran, Irak, Russie, car une « indépendance » sous protectorat impérialiste ne saurait être qu’un faux-semblant sanglant comme on l’a vu récemment par exemple au Soudan-Sud, au Kosovo, et dans d’autres pays,
    • et de défendre les militants démocrates et les patriotes kurdes, notamment les syndicalistes et les marxistes-léninistes, contre les persécutions qui les visent, notamment en Turquie ou sur notre sol, où les supplétifs fascistes de l’État turc n’ont que trop fait régner la terreur et la mort sans jamais être sérieusement inquiétés par l’État français.

     

    C’est donc au cas par cas, pays par pays, situation par situation, qu’il faudra que le PRCF soutienne les revendications des travailleurs et des démocrates kurdes sans jamais cautionner pour autant les “nationalistes” bourgeois comme Barzani, toujours prêts à s’acoquiner avec l’impérialisme américain pour se partager le pétrole irakien, tout cela sans jamais perdre de vue que l’impérialisme reste l’ennemi principal de TOUS les travailleurs de langue kurde, mais aussi turque, perse, russe ou arabe.

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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