• L’impérialisme, stade suprême du capitalisme : UN LIVRE DE LÉNINE QUI PARLE D’AUJOURD’HUI… et de DEMAIN – par Georges Gastaud

     

    ll y a 100 ans, publiait une de ses plus fameuses études, L’,stade suprême du capitalisme.

    , philosophe, montre la stupéfiante actualité de l’analyse léniniste de l’impérialisme.

    Georges Gastaud est notamment l’auteur de Marxisme et Universalisme, Classes, Nations, Humanité paru aux Editions Delga (2015) et de Lumières Communes, cours de philosophie laique à la lumières du matérialisme dialectique. A paraitre aux Editions Delga

    Le 13 octobre 2016

    UN LIVRE DE LÉNINE QUI PARLE D’AUJOURD’HUI… et de DEMAIN.

     

    Écrite en 1916 voici cent ans, l’étude magistrale de Lénine intitulée L’impérialisme, stade suprême de capitalisme, reste d’une confondante actualité.

    I – VOIR CLAIR SUR LES CARTELS « HYPER-IMPÉRIALISTES »

    En la relisant, on est frappé par la hauteur de vue de l’auteur qui, joignant la théorie à la pratique, conduira bientôt au succès la première Révolution prolétarienne de l’histoire menée à l’échelle d’un grand pays. Dans cette brochure parue en pleine guerre mondiale, Lénine ne se contente pas de réfuter les conceptions dites « hyper-impérialistes » chères aux ténors de la Deuxième Internationale (les Kautsky et autre Hilferding prédisaient sans rire l’extinction prochaine des guerres impérialistes alors même que les ouvriers socialistes, russes, allemands, anglais, s’entretuaient dans les tranchées à l’appel de leurs partis respectifs !). Ces théoriciens faillis masquaient ainsi sous leurs « savantissimes discours » les contradictions explosives inhérentes auxquelles le stade monopoliste du mode de production capitaliste était parvenu depuis la fin du 19ème siècle. Lénine prouve l’inverse : le capitalisme moderne ne marche aucunement vers le dépassement spontané de ses contradictions par la mise en place d’un ou de plusieurs Etats capitalistes mondiaux ou continentaux qui, sans cesser d’exploiter les travailleurs, deviendraient du moins des facteurs de paix et d’équilibre géopolitique. Au contraire, dit Lénine, les contradictions inter-impérialistes ne peuvent que s’aiguiser ; sur ce point, Lénine s’accordait avec Jean Jaurès quand ce dernier, assassiné deux ans plus tôt par un partisan de la guerre impérialiste, déclarait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée orageuse porte la foudre ».

    En effet, les accords de type « hyper-impérialiste » par lesquels les États capitalistes peuvent transitoirement s’associer, ne peuvent être que fort instables. Le capitalisme est en effet marqué par un développement inégal, foncièrement dissonant et déséquilibré, des prétendus « États associés » ; de par leur nature exploiteuse, ceux-ci ne peuvent avoir pour but la paix et la coopération internationale mais seulement la prédation à l’intérieur et à l’extérieur de leurs propres frontières : aggravation de l’exploitation des travailleurs par les bourgeoisies coalisées de différents pays, pillage des États plus faibles par les États plus forts (naïfs partisans de l’ « Europe sociale », cela ne vous rappelle-t-il rien ?), menaces militaires, ingérence et invasion (au nom, bien entendu, de la « civilisation »…) contre les États ne faisant pas partie du cartel… Car le but incessant de ces ententes interétatiques transitoires entre mafias capitalistes est le repartage incessant du monde dans le cadre de la chasse au profit maximal, de l’exportation des capitaux et de l’extorsion coloniale (devenu aujourd’hui pour l’essentiel, néocoloniale) du surprofit arraché aux travailleurs de l’ « Orient » surexploités (aujourd’hui, du Sud et de l’Est), tandis que les forces productives des pays dominants sont démantelées et/ou dévoyées vers le « parasitisme économique ». Passant tantôt par de tels cartels « hyper-impérialistes » et tantôt par des phases de confrontation interétatique directe, l’objectif de classe des oligarchies impérialistes est toujours d’augmenter la rentabilité des investissements capitalistes et aussi, bénéfice secondaire non négligeable pour les bourgeoisies dominantes, de se donner les moyens d’« acheter » et de « corrompre » les couches supérieures du salariat, de les « institutionnaliser » dirait-on aujourd’hui. En particulier, le surprofit impérialiste arrachés aux travailleurs des pays dominés sert à acheter (souvent de façon indirecte…) une partie des dirigeants syndicaux et des élus « socialistes » des pays dominants. De la sorte, l’oligarchie et l’État impérialiste qui la sert s’assure de neutraliser le mouvement ouvrier organisé : une part du « tribut » impérialiste est ainsi prélevée par les capitalistes sur leur butin néocolonial sert à « arroser » de mille façons ce que Lénine appelle sarcastiquement les « lieutenants ouvriers de la classe capitaliste » : telle est, plus que jamais de nos jours, la base matérielle, « social-impérialiste » (c’est-à-dire « socialiste en paroles, impérialiste en pratique ») de l’émergence contre-révolutionnaire  d’une social-démocratie qui vire ordinairement du rouge au jaune en passant par le rose vif, comme c’est aujourd’hui plus que la tentation de nombre de « chiens de Berger » affiliés à la C.E.S. pro-Maastricht…

    En conséquence, Lénine montre que la lutte anti-impérialiste coïncide avec la lutte anti-opportuniste et anti-révisionniste puisque cette gangrène du mouvement prolétarien s’ancre dans les prébendes impérialistes accordées à certains états-majors dont la mission peu ragoûtante et pseudo- « internationaliste » est de paralyser les organisations ouvrières en soutenant les cartels impérialistes présentés comme potentiellement « sociaux, démocratiques et pacifiques ».

    II – DÉMASQUER LE MOT D’ORDRE des ÉTATS-UNIS « SOCIALISTES » D’EUROPE

    On ne s’étonnera pas que dans ces conditions, Lénine ait vu juste à la même époque sur la signification de classe réelle des « États-Unis d’Europe », ou de leur variante trotskiste, les États-Unis « socialistes » d’Europe ». S’agissant de ce mot d’ordre, au sens propre hyper-impérialiste, Lénine affirmait alors qu’il est, soit inutile en tant qu’il fait double emploi avec l’idée de la révolution socialiste (de l’entente entre pays déjà socialistes ou en transition vers le socialisme), soit utopique (la paix, voire l’Entente cordiale durable est impossible entre pays capitalistes, chacun cherche nécessairement à dévorer l’autre), soit franchement réactionnaire car tournée contre l’ensemble des classes ouvrières et aussi contre les nations plus faibles. A la même époque Lénine polémique d’ailleurs contre Rosa Luxemburg qui, certes, se situe du même côté que les bolchéviks russes dans l’affrontement avec les tenants de la guerre impérialiste en cours, mais qui niait le droit des nations (notamment de sa Pologne natale) à disposer d’elles-mêmes : au contraire, à l’époque impérialiste où le développement des pays est de plus en plus inégal et sauvage, il faut défendre le droit des nations à former leur propre État, à parler leur propre langue (voire à se détacher de la Russie des soviets pour former leur propre République, quitte à se fédérer ensuite à la Russie rouge dans le cadre d’une Fédération soviétique…). Si bien qu’il faut élargir le mot d’ordre classique de Marx et d’Engels « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » en associant la révolution socialiste à la lutte pour l’émancipation nationale des peuples asservis : « prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde, unissez-vous » deviendra ainsi le mot d’ordre de la naissante Internationale communiste (le « Komintern » en acronyme russe).

    Il faut donc être du dernier aveuglement, comme le sont aujourd’hui, non seulement les sociaux-eurocrates du PS européen, mais les dirigeants « eurocommunistes » à la Pierre Laurent (président du Parti de la Gauche Européenne), de la Confédération Européenne des Syndicats, les partis euro-trotskistes (Lutte ouvrière et le NPA notamment) et même quelques pseudo- « marxistes-léninistes » qui confondent systématiquement nationalisme et défense de la souveraineté nationale, pour ne pas voir que les prévisions de Lénine se sont totalement, voire sinistrement vérifiées et qu’en conséquence, l’allégeance au principe, sinon aux modalités, de la « construction » européenne, ne saurait conduire qu’à la vassalisation totale du mouvement ouvrier par la grande bourgeoisie « européenne ». Déjà la prétendue « Société des nations » consécutive à la Première Guerre Mondiale n’a rien fait d’autre en son temps qu’organiser le repartage du monde entre États impérialistes vainqueurs (cf les Accords Sykes-Picot qui explosent aujourd’hui au nez des habitants du Proche-Orient), mais elle a elle-même implosé quand la corde s’est de nouveau tendue entre l’impérialisme allemand et le bloc anglo-américain. Quant à la « construction » européenne, conçue initialement par Monnet et Schuman comme un glacis anti-soviétique arrimé à l’OTAN et fortement accélérée par la contre-révolution à l’Est, elle est de plus en plus identifiée par les OUVRIERS d’Europe à ce qu’elle est vraiment : une prison des peuples broyant les acquis sociaux, écrasant les souverainetés nationales, dressant l’Europe atlantique contre la Russie, associée aux USA pour mater les peuples de l’est et du Sud, rendant sa noire splendeur à l’impérialisme allemand. Pendant que les USA construisent l’accord « transpacifique » avec le Japon revanchard et avec la dictature sud-coréenne pour encercler les BRICS, notamment la Chine et la Russie, déstabiliser l’Alternative bolivarienne des Amériques, marginaliser les langues et les cultures nationales faisant obstacle au « libre » échange tel que l’entend l’Oncle Sam, et de préparer le troisième repartage mondial des pôles impérialistes « transatlantiques » et « trans-« pacifiques ». Si bien que voir dans la « construction » européenne un espace possible pour l’ « Europe sociale, démocratique et pacifique », comme le fait le PS européen et ses satellites eurocommunistes et euro-trotskistes, nier la possibilité pour chaque pays de tenter de sortir de l’UE/OTAN sans attendre les autres afin d’engager la construction du socialisme, cela ne peut être, au sens précis du mot, qu’une vaste duperie social-maastrichtienne, même si de tels slogans douçâtres se dissimulent ordinairement derrière des tirades « antinationalistes ». Alors que l’UE/OTAN est engagée dans une escalade militaire anti-russe qui peut déraper à tout moment vers la guerre mondiale, les camarades, y compris ceux qui militent au sein du PCF-PGE, doivent voir à temps que ce parti n’est plus seulement, tel qu’il est devenu à l’issue de quarante années de révisionnisme (l’abandon de la dictature du prolétariat date déjà de 1976 !), un parti réformiste, mais – nonobstant sa petite taille électorale – un instrument important du social-impérialisme à l’intérieur du mouvement ouvrier politique et syndical.

    III – TENDANCES EXTERMINISTES DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN

    Mais au-delà des aspects stratégiques du texte de Lénine, il faut saisir sa portée historico-anthropologique.

    Car Lénine ne se contente jamais d’analyser le « moment actuel » ; comme Hegel, Marx ou Engels l’ont fait avant lui, Lénine situe toujours les grandes étapes de la conjoncture dans l’histoire générale de l’humanité. Et en effet, à bien relire cette brochure, on est frappé par la haute conscience qu’a Lénine du danger majeur que le stade impérialiste du capitalisme est devenu une menace terrible de régression absolue, voire de destruction pour l’humanité. Alors que la première phase du capitalisme analysée par Marx/Engels était encore partiellement et momentanément progressiste (comme le montre sans fard le Manifeste du Parti communiste), le capitalisme « monopoliste, agonisant et pourrissant » qu’est l’impérialisme se caractérise en effet par la « réaction sur toute la ligne ». Lénine avait déjà sous les yeux les dévastations terrifiantes de la Première Guerre Mondiale, qui a littéralement broyé une génération d’humains. La seconde Guerre mondiale a comme on le sait, provoqué la mort de plus de cinquante millions de personnes et elle s’est conclue par la promesse de faire pire encore à l’avenir qu’a signifié de fait la destruction gratuite de villes allemandes désarmées comme Dresde ou l’arasement nucléaire, sans la moindre nécessité militaire, si ce n’est de menacer l’URSS, d’Hiroshima et de Nagazaki. Le tout fut suivi d’une effarante course aux armements dont toutes les étapes furent initiées par les États-Unis (l’URSS n’a cessé de proposer la destruction de TOUT l’arsenal nucléaire et d’annoncer que pour sa part, elle renonçait à jamais à user de l’arme atomique la première, ce que n’ont jamais accepté pour eux-mêmes les USA). Cette course aux armements imposée et menée « au bord de l’abîme » a largement plombé la construction du socialisme dans l’URSS (à peine sortie de l’invasion hitlérienne qui l’avait privée de 30 millions de citoyens et de la majorité masculine de la jeune génération, l’URSS a dû consacrer une part majeure de ses ressources à contenir militairement les USA bien plus riches, qui sortirent économiquement renforcés de la guerre). Dans les années 1980, c’est carrément l’humanité que les impérialistes occidentaux conduits par Reagan et Thatcher, suivis par Mitterrand, justifiés par les pseudo-philosophes BHL et A. Glucksmann, ont pris pour otage de leur chantage nucléaire antisoviétique. « Les dirigeants soviétiques doivent savoir, expliquait crûment Nixon dans Le mythe de la paixqu’ils auront la guerre s’ils ne changent pas leur système communiste ». La réaction allemande renchérissait : « plutôt morts que rouges ! » (lieber tot, als rot !)tandis que Reagan vaticinait en public à moult reprises sur l’imminence d’Harmaghédon (= la bataille biblique qui précède le Jugement dernier et où l’ « Empire du Mal » et des « mécréants » est vaincu par les amis de Dieu). Quant à Glucksmann, il allait jusqu’à écrire sans ciller en pleine crise des euromissiles (1984) : « je préfère succomber avec mon enfant que j’aime à l’occasion d’un échange de tirs nucléaires plutôt que l’imaginer entraîné vers quelque Sibérie planétaire ». Il est stupéfiant que tant d’analystes, y compris marxiste, du processus contre-révolutionnaire à l’Est, ne disent mot de cet énorme chantage exterministe qui a pesé sur l’URSS post-brejnévienne (en difficultés, nul ne le nie) et qui a grandement aidé le social-pacifiste, ou plutôt, néo-munichois et capitulard de Gorbatchev, a prendre le pouvoir dans le PCUS. Comme il est proprement scandaleux que tant de « théoriciens » actuels, y compris parmi ceux qui se disent marxistes, voire léninistes, ne prennent pas en compte ce caractère exterministe du capitalisme impérialiste contemporain qui est désormais devenu si réactionnaire, pas seulement sur le plan militaire, mais sur les plans économique, politique (fascisation, réduction de la démocratie bourgeoise à une pure mascarade de « choix » pipés), environnemental, culturel (marchandisation galopante de tous les aspects de la vie sociale), qu’il est incompatible à moyen, voire à court terme, avec la survie de la civilisation, voire avec la survie de l’humanité tout court. Tout cela, Fidel Castro l’a bien vu, et cela transparaît encore dans l’ultime discours du vieux sage de la Révolution devant le congrès du PC de Cuba. Tout cela, Engels, puis Rosa l’avaient annoncé quand ils posaient la question : « socialisme ou barbarie ? » au décours du 19ème siècle et à l’orée du 20ème siècle.

    En conséquence de quoi la présente critique de l’exterminisme impérialiste justifie plus que jamais un slogan cubain qui, outre son appel flamboyant à l’héroïsme révolutionnaire, comporte également une signification à la fois patriotique et anti-exterministe : « Patria o muerte, socialismo o morir ». Car si l’humanité ne parvient pas à liquider le capitalisme et à construire le socialisme au 21ème siècle, alors oui, le capitalisme étant parvenu à son stade suprême, l’impérialisme, et ce dernier s’étant lui-même quintessencié en exterminisme (en un immense « après moi le déluge », tout-profit maximal über alles !), le capitalisme aura tôt fait d’éliminer l’humanité, et peut-être la vie, de la surface du globe…

    IV – COMBATTRE LE PARASITISME FINANCIER, DEFENDRE LES FORCES PRODUCTIVES

    Un dernier mot pour souligner la modernité économique fulgurante du texte de Lénine qui fait paraître très « petit-bras » quantité d’ouvrages « modernes » déplorant sans l’expliquer le « déclin » des pays occidentaux « industrialisés », France incluse. S’appuyant notamment sur les études de l’économiste anglais Hobson, Lénine montre que dans la plupart des pays occidentaux, l’économie productive –industrie, agriculture… – sera de plus en plus éliminée au profit d’activités parasitaires, financières. En outre, comme l’écrivait Hobson, « de larges parties de l’Europe occidentale ressembleront à la Suisse ou à la Riviera », si bien que « les principales branches de production disparaîtront », que la « production matérielle affluera de l’Orient comme un tribut », que seules seront maintenues en Occident les activités industrielles stratégiques permettant la domination néocoloniale et qu’émergera pour finir un « énorme danger de parasitisme occidental ». Les habitants des pays impérialistes, y compris une masse de prolétaires déclassés et transformés en plèbe, risquent alors de se heurter durement à l’humanité productive, mais esclavagisée : cet isolement croissant de l’ « Occident » ne pourra que rendre préventivement plus agressifs ces pays auto-marginalisés car coupés de l’EFFORT mondial pour produire ses moyens d’existence, qui reste jusqu’à nouvel ordre la base de la vie humaine. C’est pourquoi lorsque les militants franchement communistes du PRCF ont, les premiers, relancé la bataille du « produire en France » qu’avait abandonnée le PCF eur-boboïsé de R. Hue, ils ont rempli leur triple devoir de patriotes (non pas dans l’ « union sacrée » avec leur bourgeoisie, comme le fit Jules Guesde en 1914, mais CONTRE le patronat « français » délocalisateur), de défenseurs des travailleurs salariés productifs et d’amis inébranlables de la paix et du droit à la vie.

    V – L’ANALYSE LÉNINISTE DE L’IMPÉRIALISME, UN ANTIDOTE CONTRE LE SECTARISME ET L’OPPORTUNISME

    Mais L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ne se contente pas d’accumuler les mauvaises nouvelles. Lénine ne cesse d’y insister sur le fait que « le capitalisme monopoliste est l’antichambre du socialisme », tant il socialise, concentre et organise l’organisation de la production… tout en privatisant au maximum la concentration des richesses : un antagonisme éclatant qui ne peut avoir d’autres issues logiques que l’alternative : révolution prolétarienne ou… guerres mondiales à répétition.

    Cela ne signifie nullement que désormais, les communistes n’auraient rien qu’à attendre fiévreusement a « lutte finale » : au contraire, ils doivent prendre la tête de toutes les luttes, de tous les fronts populaires, pour l’indépendance nationale, la paix, l’égalité hommes-femmes, la démocratie (à notre époque ajoutons : l’environnement !) de manière à orienter ces luttes contre l’oligarchie parasitaire, à isoler au maximum cette dernière et à ouvrir ainsi la voie à la révolution socialiste. A notre époque, il ne saurait y avoir de longues étapes entre capitalisme et socialisme et ce constat aboutit logiquement à la conclusion, non pas que les communistes devraient se retirer dédaigneusement des combats jugés « sectoriels » intéressant la survie quotidienne de la classe ouvrière, des nations étouffées, des libertés démocratiques et de la paix. Le n’est ni le rassemblement amorphe derrière la social-démocratie, type « rassemblement des deux gauches » (comme le souhaite ardemment le social-européiste Chassaigne), ni à l’inverse, la proposition trotskisante du « pouvoir ouvrier sinon rien ! », qui ne peut qu’isoler le prolétariat en l’envoyant à l’abattoir.

    A l’inverse, l’alliance ouvrière et paysanne pour la paix, la démocratie soviétique et la nationalisation des terres, permit la victoire des bolcheviks surla réaction coalisée en entraînant des millions d’hommes dans la lutte pour le socialisme. Ni isolement sectaire et dogmatique, ni fusionnement amorphe dans un bloc petit-bourgeois, le léninisme montre le chemin vers une large alliance anti-monopoliste conduite par la classe travailleuse dont le terme progressiste ne peut être que la révolution prolétarienne effectuée sur les bases les plus larges possible. Car la défaite de l’impérialisme est nécessaire, non seulement pour émanciper notre classe, mais pour que, sous l’égide de la classe ouvrière à l’offensive, l’humanité continue sa route vers le progrès obstruée par un capitalisme de plus en plus barbare, fascisant et déshumanisant.

    Georges GASTAUD

     

     L’impérialisme, stade suprême du capitalisme : UN LIVRE DE LÉNINE QUI PARLE D’AUJOURD’HUI… et de DEMAIN – par Georges Gastaud

     

    source: initiative-communiste.fr

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