• Après le congrès de la CGT, la lutte (interne) continue-par Remy Herrera (LGS 26/05/19)

     

    Le 52e Congrès de la CGT (Confédération générale du Travail) s’est tenu les 13-17 mai à Dijon. Son contexte conjoncturel était particulier : depuis plus de six mois, le mouvement populaire des gilets jaunes, malgré sa complexité et son hétérogénéité, ses difficultés et ses limitations, est parvenu, pour la toute première fois depuis fort longtemps, à enrayer – si ce n’est à stopper – la machine infernale des politiques néolibérales. Il faut en réalité remonter au mois d’avril 2006 et aux manifestations étudiantes et lycéennes contre le Contrat Première Embauche (CPE) du gouvernement de Dominique de Villepin, sous la présidence de Jacques Chirac, pour voir un pouvoir en place en France céder à la pression de la rue.

    En plus longue période – et sur fond de crise systémique du capitalisme –, l’arrière-plan de ce Congrès, c’est aussi celui d’une perte de représentativité des organisations syndicales en général et d’un recul relatif de la CGT spécialement. Car depuis les dernières élections professionnelles, bien qu’elle demeure prépondérante dans la fonction publique, la Centrale syndicale n’apparaît plus qu’en deuxième position dans l’ensemble du secteur privé, désormais devancée par la CFDT « social-démocrate » (Confédération française démocratique du Travail, soutien objectif des gouvernements néolibéraux demantelant les droits des travailleurs). Toutefois, en dépit d’un effritement certain – ses rangs ont continué à se dégarnir au cours de ces dernières années, avec près de 23 000 cartes en moins depuis 2015 –, la CGT reste toujours devant la CFDT pour ce qui est du nombre d’adhérents : 653 000 syndiqués pour la premère, contre 624 000 environ pour la seconde. Souvenons-nous qu’en 1975, la CGT, c’était 2,4 millions de syndiqués… Et 5 597 000 adhérents en 1945.

    Cette relative perte de vitesse de la CGT a des raisons profondes et s’explique par de multiples facteurs, d’ailleurs assez largement partagés par la plupart des autres syndicats. La violence de l’offensive néolibérale lancée dès la décennie 1970, la désindustrialisation graduelle du pays, l’accélération des délocalisations, l’essor de la sous-traitance et l’« ubérisation » de la société, mais aussi la répression patronale et étatique visant spécifiquement les activités syndicales, ont assurément produit leurs effets, déterminants, dévastateurs, en accentuant la précarisation et la fragmentation du monde du travail. L’influence de la CGT s’est réduite, fondamentalement, parce que, sous la poussée néolibérale, liée au retour au pouvoir de la haute finance à la fin des années 1970, le rapport de forces entre le capital et le travail s’est considérablement modifié en faveur du premier, ce qui a fait reculer le second et l’a depuis 40 ans placé sur la défensive.

    Il n’en demeure pas moins que, parmi ces évolutions lourdes – et ne concernant évidemment pas seulement la France –, le manque de combativité de plus en plus manifeste des directions successives de la CGT a considérablement aggravé la situation. Les couteaux ont été aiguisés, au moment du virage néolibéral opéré par les gouvernements socialistes du temps du président Mitterrand, en coulisses, dans l’entourage d’Henri Krazucki, secrétaire général de 1982 à 1992 et héros des Francs-tireurs et partisans - Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) dans la résistance coomuniste à l’occupation nazie. Par la suite, les conflits internes ne firent que s’exacerber avec ses successeurs, qui imprimèrent une tendance réformiste défaitiste aux instances dirigeantes. C’est sous la mandature de Louis Viannet, secrétaire général de 1992 à 1999, que ces dernières décidèrent en novembre 1994 le retrait de la CGT de la Fédération syndicale mondiale (FSM), jugée « non démocratique » car « révolutionnaire » – et considérée, dès mai 1992, comme étant « arrivée au terme de son processus historique » et relevant du « dernier carré » des syndicats inscrits dans une vision « obsolète » du monde. Le syndrome de la « fin de l’histoire » frappa donc de plein fouet ces dirigeants et les conduisit à acter, en 1999, par un vote du 45e Congrès, la sortie officielle de la FSM, condition sine qua non à remplir pour adhérer à la Confédération européenne des Syndicats (CES).

    Cette attitude de suivisme opportuniste s’approfondit encore avec Bernard Thibault, secrétaire général de 1999 à 2013 (leader des cheminots CGT… mais personnellement opposé à la grande grève de novembre-décembre 1995 qui fit pourtant reculer le gouvernement d’Alain Juppé dans sa « réforme des retraites »). La conception réformiste des rapports capital-travail imposa ainsi le renoncement à la lutte de classes et lui substitua un prétendu « syndicalisme rassemblé » (pro-capitaliste et pro-européen, bien sûr !), fondé sur le déploiement d’un « dialogue social » par la « concertation », la « négociation », la « proposition » et le « partenariat ». Logiquement, compte tenu de ces dérives et de cette inconsistance d’analyse, la direction confédérale toucha le fond durant les deux années de mandat de Thierry Lepaon (2013-2015), lequel fut contraint de démissionner à la suite d’un scandale lamentable – avant d’être généreusement récompensé pour son œuvre par le Premier ministre « socialiste » Manuel Valls (qui le propulsa à la tête de l’« Agence de la langue française ») et récemment recyclé par le président Macron en personne (qui le nomma, en mars dernier, « inspecteur général de la jeunesse et des sports de première classe »). Cette lente et désastreuse dégénérescence d’une direction confédérale de plus en plus visiblement intégrée au « système » détériora gravement l’image de la CGT et la discrédita aux yeux de maints salariés. Quoi de surprenant ? La Centrale n’était plus que l’ombre d’elle-même et tournait le dos aux combats héroïques des camarades du passé. À vrai dire, ce ne sont pas les travailleurs qui se sont détournés d’elle ; c’est sa direction qui les a tous abandonnés sous le feu de la guerre de classes que les capitalistes menaient contre eux.

    Si au sein du leadership actuel, Philippe Martinez, en poste depuis 2015, n’est certainement pas le pire, le fait est qu’il a choisi de se couler dans la continuité de cet abandon des positions de classe et de l’internationalisme engagé par ses prédécesseurs depuis le début des années 1990. Sa plus grave erreur est la distanciation qu’il a sciemment maintenue vis-à-vis des gilets jaunes au début de leur mobilisation en novembre 2018. Sous sa conduite, la direction du syndicat est passée complètement à côté de l’événement. Événement certes imprévisible, insolite, difficile à appréhender et à analyser, multiforme, mais qui s’interprétait, dès son surgissement spontané (dans les « déserts syndicaux »), comme un sursaut salutaire et au fond inévitable de rébellion d’un peuple contre la violence sociale qu’il subit depuis plus de 40 ans. Un événement qui fit trembler les sphères du pouvoir, et jusqu’au président de la République lui-même. Oublierait-on qu’Emmanuel Macron, paniqué face aux émeutes de décembre, visita dans les sous-sols de l’Élysée le « PC Jupiter », poste de commandement burkerisé de l’aile Est du palais présidentiel prévu pour protéger le chef de l’État en cas d’attaque nucléaire ? Et que fit Philippe Martinez ? Il choisit le silence et l’inertie. Ce, dans l’instant précis où l’on doutait au sommet de l’État, où 80 % des Français soutenaient la révolte des gilets jaunes et où ses propres bases cégétistes défilaient avec ces derniers pour la raison évidente que les revendications des uns et des autres se rejoignent naturellement.

    Cela faisait des années que les équipes dirigeantes de la CGT entendaient « bouger les choses » – un peu à la manière d’un Emmanuel Macron parlant de « réformes » : il s’agissait de « faire preuve de réalisme », de ne pas « se replier sur soi », de ne pas être « sectaires ou passéistes », de « pratiquer le dialogue social » aux côtés des autres organisations syndicales (CFDT en tête, qui, depuis si longtemps, collabore avec les gouvernements néolibéraux successifs (y compris « socialistes ») pour aider à implanter les mesures conçues et voulues par le patronat). Curieuse initiative que celle d’un Philippe Martinez signant un accord de partenariat avec l’Université Paris-Dauphine, réputée pour ses enseignements très à droite, afin de mettre sur pieds un cursus de formation des cadres de la CGT à la « gestion des ressources humaines » ! Et quelle belle photo du même secrétaire tout sourire aux côtés de François Rebsamen, le maire « socialsite » de la ville hôte du 52e Congrès et ancien Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (du gouvernement de Manuel Valls) qui prépara le terrain à l’application des lois « El Khomri » démantelant le droit du travail… Le même Rebsamen qui déclarait il y a peu ne pas se souvenir de qui était exactement Ambroise Croizat, le ministre communiste (1945-1947) qui honora scrupuleusement l’instauration du programme du Conseil national de la Résistance en fondant, dans la France de la Libération, les systèmes de Sécurité sociale et de retraites, les comités d’entreprise, mais également (par un décret du 2 novembre 1945 notamment), les cantines, les crèches, les dispositifs d’aides au relogement, d’assistances sociales, de dispensaires de Médecine du Travail, d’Inspection du Travail ! Oublier ces conquis, c’est vendre son âme. Pactiser avec l’ennemi de classe. Trahir.

    Or les choses ont effectivement « bougé » au 52e Congrès de Dijon, et plutôt dans le bon sens ! C’est-à-dire pas dans celui souhaité par la direction sortante. Malgré les manœuvres (grossières et maladroites) de cette dernière, les près de 1 000 délégués présents ont : 1. majoritairement voté une déclaration finale mentionnant les gilets jaunes et manifestant un soutien de la CGT à leur mobilisation (alors que P. Martinez ne les a pas même mentionnés dans ses discours) ; 2. radicalisé les critiques adressées à l’encontre de l’Union européenne et de l’euro (encore trop mollement, mais c’est déjà un progrès) ; et 3. adopté un amendement qui ouvre la voie à une demande de statut d’observateur de la CGT à la Fédération syndicale mondiale – quittée il y a 20 ans par rejet de la « voie révolutionnaire ». Philippe Martinez et les siens ne voulaient rien de tout cela, mais les militants l’ont imposé, ensemble, démocratiquement, par leurs votes. Et il y eut des délégués qui entonnèrent L’Internationale, poings levés, en protestation contre les prises de positions « consensuelles » (traduire : de soumission au patronat) des représentants de la CES et de la CSI (Confédération syndicale internationale), Luca Visentini (numéro un de la CES) et Owen Tudor (numéro deux de la CSI), invités à prendre la parole. Philippe Martinez – évidemment réélu secrétaire général le 17 mai à Dijon (il était seul candidat) – n’a-t-il pas apporté son soutien à la candidature de Laurent Berger, son nouveau maître à penser, au poste de président de la CES ? Poste qu’occupe dorénavant le responsable de la CFDT depuis le 23 mai.

    Il est clair que la tendance à la capitulation de la direction de la CGT n’a pas été inversée, ni même vraiment bloquée. Mais les forces combattives authentiquement progressistes en son sein ont répondu présentes, et en masse – malgré le verrouillage préalable des débats par la direction et l’éviction volontaire des éventuels constestaires. Toutes ces forces internes à la CGT refusent et continueront de refuser courageusement la poursuite de l’effacement indigne de leurs leaders soumis aux diktats de centrales réformistes elles-mêmes domestiquées par les puissances de l’argent et leurs gouvernements. Elles restent actives sur le terrain des luttes dans tout le pays, poussent à la prise de conscience et à l’organisation d’une nécessaire grève générale illimitée, cherchent à amplifier la mobilisation des gilets jaunes qui dure depuis maintenant plus de six mois. Ces forces progressistes, qui sont l’avenir, devront surmonter les obstacles, leurs divisions d’abord – diverses, et souvent injustifiées –, leur timidité aussi – encore marquée, en particulier lorsqu’elles hésitèrent à passer à l’offensive face à une direction qui montra une fois de plus ses défaillances en condamnant, avec le président Macron, en pleine répression, les violences des gilets jaunes (mais pas celles de la police !). Contre un appareil bureaucratisé et des dirigeants qui ont renoncé à lutter, elles se battront, au cœur de ce syndicat qui est le leur, pour l’unité des salariés et la convergence des luttes, nationales et internationales, afin que la CGT redevienne un outil entre les mains des travailleurs pour la défense conséquente de leurs intérêts de classe et pour une solidarité internationaliste effective. Et il n’est pas écrit qu’elles seront défaites.

    Rémy HERRERA
    vendredi 24 mai 2019

    source: https://www.legrandsoir.info/apres-le-congres-de-la-cgt-la-lutte-interne-continue.html

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Cap Sizun. La population soutient le personnel de l’Ehpad de la baie d’Audierne (OF.fr-27/05/19-20h23)Avant la projection, la salle a entonné la chanson du personnel

    Plus de 170 personnes ont participé, mardi 21 mai 2019, à une soirée de soutien au personnel de la maison de retraite de la baie d’Audierne (Finistère). Depuis décembre, certains manifestent contre leurs conditions de travail qu’ils estiment dégradées.

    Pour accompagner le mouvement revendicatif qui secoue la maison de retraite depuis le mois de décembre 2018, le collectif citoyen du cap Sizun et le syndicat CGT de l’Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la baie d’Audierne (Finistère

    ) organisaient, mardi 21 mai, une soirée d’information et de soutien aux personnels grévistes de l’établissement. Signe encourageant pour les salariés : plus de 170 personnes ont répondu à l’invitation et sont venues les soutenir au cinéma Le Goyen.

    Moins de jours de RTT

    En première partie de soirée, les représentants du personnel ont rappelé l’origine du conflit. Depuis plusieurs années, les conditions de travail se dégradent en Ehpad. « Les résidents entrent de plus en plus dépendants dans les établissements », alors que, selon eux, les moyens ne suivent pas et « la vision financière est de plus en plus oppressante ». La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, en fin d’année dernière, et qui a déclenché le mouvement, a été la réduction des journées de RTT.

    Le réalisateur Jean-Paul Mathelier, qui a bénévolement filmé le conflit, depuis le premier débrayage, le 11 décembre, jusqu’à ce mois de mai, a présenté le film lors de cette rencontre. À travers des photos prises par le personnel, des séquences saisies devant l’établissement ou pendant des manifestations extérieures, comme le 19 mars à Quimper, il raconte l’évolution de la situation. Y compris l’enregistrement, au studio du Millet à Beuzec, de la chanson qui fédère le personnel et les sympathisants.

    Des moments de bonheur

    Après la projection du film, un échange avec la salle a permis à chacun de s’exprimer. Des membres du personnel ont témoigné des conditions de travail difficiles en gériatrie, et des relations avec l’équipe de direction. Certains ont insisté sur leur choix assumé de travailler en Ehpad et des moments de bonheur qu’ils partagent avec les résidents. D’autres se sont plutôt centrés sur l’évolution de leur emploi et sur l’avenir de l’établissement, qui doit prochainement fusionner avec l’Ehpad Saint-Yves de Pont-Croix.

    Malgré la colère latente et le ressentiment, la rencontre est restée très conviviale. Elle a aussi permis à la population de se faire une opinion sur le conflit.

     

    source: https://www.ouest-france.fr/bretagne/audierne-29770/cap-sizun-la-population-soutient-le-personnel-de-l-ehpad-de-la-baie-d-audierne-6370317

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Dans le Finistère, « la santé est à bout de souffle » alerte la CGT (OF.fr-27/05/19-18h44)L’Ehpad d’Audierne entamait ce lundi 27 mai son 33e jour de mobilisation.

     

    Les points de tension se multiplient dans les établissements de santé du département, dénonce l’Union de la santé et de l’action sociale CGT du Finistère. Cette semaine, six d’entre eux sont en grève.

    « Partout dans le département, nous observons une dégradation des conditions de travail, qui rendent nos métiers moins attractifs et les services publics de moins bonne qualité. Cette logique économique se répercute d’un établissement à l’autre », déplore Franck Monfort, secrétaire général depuis mars de l’Union de la santé et de l’action sociale CGT du Finistère.

    Le syndicat attire l’attention sur les mouvements sociaux actuellement à l’œuvre dans les différentes structures du Finistère : « Cette semaine, juste en raison de revendications locales, il y a six établissements qui sont en grève. C’est inédit », insiste Franck Monfort. Des mobilisations sont effectivement en cours à l’hôpital de Morlaix, dans les Ehpad d’Audierne et de Douarnenez, au Centre hospitalier de Cornouaille Quimper-Concarneau, ainsi qu’au CHU et au 115 de Brest.

    Agressions au Centre départemental de l’enfance et de la famille

    Une septième structure pourrait prochainement venir rallonger la liste : le Centre départemental de l’enfance et de la famille (CDEF), où de nombreuses agressions ont été dénoncées par le personnel. « Depuis un an, nous accueillons des jeunes en “situation complexe”, avec des troubles du comportement, alors que notre institution n’y est pas adaptée. Cela entraîne des phénomènes de violence très importants », dénonce Youenn Hénaff, l’un des éducateurs membre de la CGT.

    L.D.

    source: https://www.ouest-france.fr/

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  •  

    Pays bigouden. Grève des facteurs : les négociations sont au point mort (OF.fr-27/05/19-15h)Le mouvement des facteurs est soutenu par des élus ainsi que par une partie de la population, venue à la rencontre des grévistes

    Depuis jeudi 23 mai, des agents de La Poste du Pays bigouden sont en grève. Ils manifestent contre une surcharge de travail et des suppressions d’emploi. Ce lundi 27 mai, ils ont voté la reconduction du mouvement de grève.

    Très tôt dans la matinée, ce lundi 27 mai 2019, les facteurs en grève ont repris position devant le centre de tri postal de Pont-l’Abbé (Finistère).

    Ils ont d’abord reçu la visite et le soutien de Stéphane le Doaré, maire de Pont-l’Abbé. De nombreux usagers sont aussi venus les rejoindre, à partir de 10 h, là aussi pour les soutenir.

    Grise mine après la réunion

    Les nouvelles des alentours sont tombées au fil de la matinée : guichets fermés à Lesconil, à Plomeur et mouvement de débrayage à Plogastel-Saint-Germain.

    « Il y a blocage car il n’y a pas de volonté de la direction d’établir avec nous un dialogue social », explique une militante syndicale. Seul contact de la matinée : une demande de la direction de retirer les drapeaux des syndicats qui fleurissent sur les pelouses. Vers 11 h, une délégation de l’intersyndicale a été reçue pendant près d’une heure.

    Grise mine à la sortie. « La proposition qui nous a été faite, à savoir la mise en place des renforts d’été, ce qui était déjà prévu, ne correspond en rien aux mesures pérennes que nous attendons. » Dans la foulée, 21 personnes ont voté la reconduction du mouvement, deux ont voté contre et trois se sont abstenues.

    source: https://www.ouest-france.fr/bretagne/pont-labbe-29120/pays-bigouden-greve-des-facteurs-les-negociations-sont-au-point-mort-6369916

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  •  
     

    La mobilisation des facteurs se poursuit au centre de tri postal de Pont-l’Abbé. Ce samedi matin, ils ont voté à l’unanimité la poursuite du mouvement. Ils sont en grève depuis jeudi et dénoncent toujours la nouvelle réorganisation dite « tournée sacoche » mise en place il y a trois semaines sur le secteur de Penmarc’h-Le Guilvinec. Depuis, les conditions de travail se seraient grandement dégradées. « Nous n’arrivons plus à terminer dans les temps et du coup, nous ramenons du courrier. Nous laissons des gens sur le carreau. La mission de service publique n’est plus assurée. Ce n’est pas acceptable », témoigne un des facteurs grévistes. Ces derniers réclament des embauches au plus vite. Les discussions avec la direction se sont poursuivies ce samedi. Des propositions écrites ont été formulées mais n’ont pas abouti à un accord.

    « Un pansement sur une jambe de bois »

    « On nous propose des renforts cet été mais c’est comme mettre un pansement sur une jambe de bois, commente Isabelle Le Guillou, secrétaire départementale de la Fédération CGT, nous voulons des solutions pérennes. Pour cela, il faut remettre à plat toute la réorganisation ». À l’échelle du Finistère, le Pays bigouden sud est une zone d’expérimentation d’après les syndicats. « L’idée de la direction, c’est de déployer ce modèle à tous les centres. Ailleurs en France, là où ce type de tournée a été lancé, des conflits ont éclaté. Par endroits comme à Nantes, des luttes ont fait reculer la direction », ajoute Isabelle Le Guillou. À Pont-l’Abbé, la sortie de crise s’annonce difficile. Les facteurs appellent la population à leur apporter leur soutien lundi matin à 10 h, au centre de tri situé ZA du Sequer Nevez. Cette semaine, les maires du Guilvinec et de Pont-l’Abbé, Jean-Luc Tanneau et Stéphane Le Doaré sont venus sur place soutenir leurs revendications.

    Steven LECORNU

    source: https://www.letelegramme.fr/

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • SANS MEME REJETER FORMELLEMENT LE VOTE MACRON, LES DIRIGEANTS EURO-REFORMISTES DE LA CONFEDE C.G.T. RABATTENT VERS LE SCRUTIN SUPRANATIONAL DU 26 MAI…

    PLUS QUE JAMAIS,  DE CLASSE ET DE MASSE LE 26 MAI 2019 !

    Jo Hernandez, responsable national Luttes, , secrétaire national du PRCF.

     

    Européennes et syndicats : les dirigeants euro réformistes rabattent vers le vote du 26 mai : abstention citoyenne ! (IC.fr-24/05/19)

    Les travailleurs le savent désormais, par expérience, ils n’ont rien à attendre des pseudo syndicats façon  et UNSA qui n’ont eu de cesse  dernières années de signer et soutenir ainsi toutes les contre réformes antisociales exigées par le grand patronat, ordonnées par la Commission Européenne et mise en œuvre par les régimes Sarkozy, Hollande et Macron.

    Loin de l’indépendance qu’ils revendiquent, ces organisations agissent en réalité comme de véritables courroies de transmission de l’offensive contre le monde du travail.

    C’est donc sans surprise qu’en avril dernier avait le patron de la CFDT s’était posé en soutien du candidat Macron. Et c’est sans surprise non plus que la CFDT récidive pour les européennes en appelant à voter pour les candidats de l’UE et en faisant campagne contre l’abstention.

    Le 1er mai dernier alors que les syndicats réformistes ne réussissaient qu’à rassembler que quelques centaines de manifestants, les syndicats de luttes eux ont largement rassemblé, démontrant que les travailleurs ont compris quelles sont les organisations syndicales qui les défendent, au premier rang desquelles la CGT qui vient de tenir son 52e congrès à Dijon. Un congrès qui a vu la base des syndicalistes CGT demander un syndicat combatif, mettant en cause l’alignement ces dernières années de la CGT au coté de la CFDT.

    Européennes et syndicats : les dirigeants euro réformistes rabattent vers le vote du 26 mai : abstention citoyenne ! (IC.fr-24/05/19)

     

    Au sortir de ce congrès confédéral qui a vu la direction confédérale euro-réformiste de la CGT se faire durement ébranler par les bases rouges de ce syndicat (lesquelles ont notamment réussi à imposer le débat sur la Fédération syndicale mondiale), la direction de la CGT avait sans doute hâte de prouver au plus tôt son loyalisme indéfectible à l’égard de ses conseillers de la C.E.S. et de ses financeurs bruxellois. Une CES dont le prochain président sera justement… Laurent Berger, et dont le leader actuel vient, sans honte, tout juste de féliciter le président de la Commission Européenne, Jean Claude Juncker pour avoir “sauver l’Europe Sociale”.

    C’est sans doute pourquoi, sous couvert de combattre l’extrême droite et le « populisme », la direction confédérale de la CGT s’en prend violemment (cf le communiqué ci-dessous) à l’abstention populaire, qualifiée de « nocive » au mépris du caractère de classe et de masse de cette abstention (ultra-majoritaire chez les ouvriers, les employés et les moins de 25 ans), qui sera certainement très majoritaire le 26 mai.

    Européennes et syndicats : les dirigeants euro réformistes rabattent vers le vote du 26 mai : abstention citoyenne ! (IC.fr-24/05/19)

    Et pour cause, la « construction » européenne, qui détruit sans relâche les conquis sociaux de 1968, de la Résistance et du Front populaire tout en arasant la souveraineté de notre pays, est de plus en plus vomie, à juste titre, par l’électorat populaire. Contrairement aux dirigeants confédéraux de la CGT, sans parler de ceux de FO et de la CFDT, qui ont déjà piteusement « raté » le mouvement des Gilets jaunes en l’accusant à tort d’être fascisant, et qui ont appelé avec Laurent Berger au « dialogue social » avec Macron au moment où des dizaines de personnes étaient éborgnées ou mutilées par l’Etat policier, le monde du travail comprend de mieux en mieux que la « construction » européenne est dirigée à 200% contre les intérêts populaires, contre les acquis sociaux, contre le « produire en France », contre le secteur et les services publics, mais aussi contre l’indépendance des peuples, la véritable coopération internationale, voire contre la paix avec la mise en place programmée d’une armée européenne budgétivore et arrimée à l’OTAN.

    Européennes et syndicats : les dirigeants euro réformistes rabattent vers le vote du 26 mai : abstention citoyenne ! (IC.fr-24/05/19)

    En outre le communiqué confédéral reproduit ci-dessous ne dit pas un mot de la nécessité d’en finir avec le pouvoir fascisant et oligarchique de Macron pour lequel d’ailleurs, M. Martinez avait déjà appelé à voter le 7 mai 2017. Avec pour tout « remerciement », une fois Macron en place, la seconde loi Travail et la privatisation de la SNCF ! Et en ce moment même, la contre-réforme du lycée et les attaques frontales contre les retraites par répartition et le statut de la fonction publique.

    Le PRCF, qui mène une vigoureuse campagne pour l’abstention citoyenne de classe et de masse, appelle les travailleurs, y compris les syndicalistes de terrain, à ne pas se laisser impressionner : en s’abstenant de voter le 26 mai, mieux, EN MILITANT pour l’abstention citoyenne le 26 mai, les syndicalistes de classe et les travailleurs délégitimeront encore un peu plus cette  supranationale ennemie du progrès social, de la démocratie, du socialisme et de la paix. Ils donneront moins de force à la fois à Macron et à Le Pen pour prendre en tenailles notre peuple entre l’euro-fédéralisme antisocial et la démagogie xénophobe.

    Européennes et syndicats : les dirigeants euro réformistes rabattent vers le vote du 26 mai : abstention citoyenne ! (IC.fr-24/05/19)

    Et par la même occasion, les syndicalistes de classe désavoueront publiquement, comme ils le méritent, ces dirigeants euro-formatés de la CGT qui trahissent quotidiennement l’opposition ferme et de principe à l’UE qui fut longtemps celle de la grande CGT de classe et de masse de Benoît Frachon et d’Henri Krazucki ; ils délégitimeront le Parlement-bidon de Strasbourg apposant sans cesse son cachet enregistreur sur les diktats antisociaux de Bruxelles et de Berlin. Ce faisant, ils donneront encore plus d’élan aux bases rouges CGT pour imposer une orientation syndicale de combat, pour faire leur jonction avec les Gilets jaunes et pour construire en bas le tous ensemble et en même temps indispensable pour gagner.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/


     

    DOCUMENTS


     

    Déclaration de la Confédération CGT

    Européennes et syndicats : les dirigeants euro réformistes rabattent vers le vote du 26 mai : abstention citoyenne ! (IC.fr-24/05/19)

    Elections européennes-Pour un choix de société, à la hauteur de l’urgence sociale et environnementale !

    Les électeurs européens sont amenés à élire, le dimanche 26 mai, leurs députés.

    C’est là un des temps forts de notre démocratie qui doit prioritairement servir à concrétiser les aspirations sociales, les conceptions d’organisation de la société, l’aspiration à un monde plus juste et un souci permanent des questions environnementales.
    Cette élection est un rendez-vous de première importance pour les travailleurs, qu’ils soient en activités, privés d’emplois ou retraités ; elle l’est aussi pour la jeunesse.
    Partout en France, des luttes se construisent, des résistances s’organisent, des mobilisations se multiplient… Elles sont à l’initiative d’organisations syndicales – au premier rang desquelles la CGT – mais aussi de mouvements citoyens, de la jeunesse, d’associations et d’ONG.
    Elles portent prioritairement sur les questions du « mieux vivre des fruits de son travail » et de la « justice sociale ». Elles dénoncent les politiques d’austérité qui détruisent les services publics, négligent les salaires, remettent en cause les conquis sociaux et le droit du travail, portent atteinte à l’environnement et à la biodiversité… Bref, qui font du « dumping social et environnemental » l’outil au service de l’augmentation des gains de productivité afin de verser des dividendes toujours plus importants à des actionnaires jamais rassasiés.
    L’Europe, ce n’est pas une structure politique dont les choix et les décisions seraient sans impact sur notre quotidien. C’est en ce sens que ces élections revêtent une importance de premier rang au regard des impacts très importants sur notre quotidien et dans notre travail, quels que soient notre métier, notre catégorie socioprofessionnelle ou notre secteur d’activité. Dans certains secteurs, c’est plus de 80% de la règlementation qui est constitué de normes, de directives et autres règlementations européennes.
    La CGT appelle de la manière la plus claire et la plus vive possible chaque citoyen et citoyenne à voter !
    L’abstention est un acte nuisible pour notre démocratie. Elle ne peut être considérée comme un choix politique à l’instar du vote blanc.
    Le taux de participation à cette élection est, pour nous, un indicateur fort en termes d’exigence de démocratie et de participation citoyenne aux destinées de l’Europe.
    Pour la CGT, la lutte revendicative, l’exigence sociale et le combat pour un monde de justice et de paix doit se traduire dans les urnes. S’abstenir, c’est laisser d’autres et, en premier lieu, le patronat et les tenants du libéralisme économique continuer d’inscrire l’Europe et notre avenir dans la spirale de la régression sociale et économique.
    Autre danger pour la démocratie et les conquis du monde du travail : le vote pour des partis d’extrême droite.
    La CGT appelle l’ensemble du monde du travail, la jeunesse et les retraités à ne pas se laisser duper par ces partis qui, malgré des changements de discours de certains de manière opportuniste, défendent et défendront toujours et avant tout les intérêts du capital, du monde de la finance, des plus riches en creusant les inégalités sociales !
    La CGT appelle à ce que celles et ceux qui ont construit les mobilisations sociales et citoyennes ne se laissent pas berner par des discours populistes de circonstance, comme ceux de l’extrême droite française à chaque élection.
    Le chômage de masse n’est pas le fait des immigrés. Il est la conséquence des choix politiques de désindustrialisation, de recours à la sous-traitance et à l’externalisation d’activité à travers le monde.
    Les bas salaires, les basses pensions et le bas niveau des minima sociaux, ce n’est pas parce que les entreprises ou la France vont mal : c’est un choix politique d’austérité visant à maintenir la grande majorité de la population dans une précarité sociale permanente.
    La destruction par l’activité humaine de notre environnement, des continents comme des océans, des écosystèmes et de la biodiversité, ce n’est en rien inéluctable : il s’agit de choix économiques où la préservation du vivant ne pèse rien face à la recherche de profits immédiats.
    Le 26 mai prochain, votons et faisons voter pour que notre aspiration à mieux vivre des fruits de notre travail, dans un monde plus juste et de paix, se concrétise !

    Montreuil, le 21 mai 2019

    source: https://www.cgt.fr/comm-de-presse/elections-europeennes-pour-un-choix-de-societe-la-hauteur-de-lurgence-sociale-et


     

    L'ENTRETIEN DE PHILIPPE MARTINEZ 

    ET LAURENT BERGER AVEC L'AEF

    Européennes et syndicats : les dirigeants euro réformistes rabattent vers le vote du 26 mai : abstention citoyenne ! (IC.fr-24/05/19)

     

    AEF info : Vos deux organisations, la CGT et la CFDT, appellent les citoyens à aller voter dimanche pour les élections européennes. Pourquoi ?

    Philippe Martinez : Avant toute chose, il y a tellement de pays qui n’ont pas ce droit démocratique, qu’il est important d’insister sur la nécessité de s’exprimer en allant voter. Voter est essentiel.

    Après, il faut aussi alerter sur la montée de l’extrême droite. Ce n’est pas nouveau chez nous, je rappelle qu’ils étaient déjà en tête lors du dernier scrutin. C’est l’occasion pour nous de réaffirmer notre opposition totale à l’extrême droite. Et ceci sans nier les responsabilités des gouvernements successifs quant à la défiance des citoyens, avec tous les engagements non tenus…

    Laurent Berger : Je partage ce que dit Philippe sur l’accès au droit de vote. De plus, l’Europe constitue un enjeu fondamental et on ne peut pas le laisser entre les mains des nationalistes et des extrémistes ; d’après les projections, quatre des cinq partis qui auront le plus d’élus sont nationalistes ou populistes. Sur le barrage à l’extrême droite, nous sommes complètement en phase.

    Si l’on veut peser pour que la voix des travailleurs soit écoutée par l’Europe avec des politiques sociales et d’accompagnement aux mutations actuelles, il faut voter. Le Parlement européen a un rôle central dans les institutions – je pense qu’il devrait avoir un rôle plus important à l’avenir. Nous savons qu’une partie des politiques qui seront menées demain, vont dépendre de ce scrutin.

    AEF info : L’enjeu de ce scrutin est-il aussi celui de l’avenir du projet européen ?

    Philippe Martinez : La majorité des citoyens nourrissent aujourd’hui une défiance forte vis-à-vis de l’Europe, alors que c’est un enjeu considérable. La question posée est “l’Europe, pour quoi faire ?” L’Europe est vécue comme une mauvaise chose et c’est ce sentiment qu’il faut inverser. Le syndicalisme a un rôle important à jouer pour notamment montrer ce que pourrait faire l’Europe en matière d’harmonisation des droits sociaux.

    Laurent Berger : L’Europe est à la croisée des chemins. Nous avons eu notre traversée du désert sur le social avec Barroso. Aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé avec Juncker, mais il faut aller plus loin. Demain, nous aurons une Commission avec des nationalistes en son sein – cela m’étonnerait qu’Orban ou Salvini envoient des progressistes à la Commission -. La probabilité d’implosion de l’Union est faible, mais il y a un vrai risque d’affaiblissement.

    Alors oui, c’est aussi une élection pour dire “pour ou contre l’Europe ?” Et si l’on est pour, il faut dire ce que l’ a apporté comme progrès sociaux. Y compris sur certains droits plus favorables qu’en France comme sur les produits chimiques ou les congés parentaux. L’Europe n’est pas assez solidaire et sociale, du coup, elle ne s’ancre pas dans la réalité des citoyens. Ou alors quand elle s’y ancre, ce n’est pas explicite, donc personne ne voit son rôle…

    AEF info : La précédente mandature a permis l’adoption du socle des droits sociaux. Est-ce suffisant pour limiter les écarts de droits entre les États membres et lutter contre le dumping social ?

    Laurent Berger : Pour l’instant, le socle n’est pas contraignant. Si l’on veut lutter contre le dumping social, il faut suivre trois orientations. En premier lieu, il faut contrôler les abus et les sanctionner. En ce sens, la création de l’autorité européenne du travail est une bonne chose. Ensuite, il faut réguler et faire en sorte d’apporter, par la négociation collective, des améliorations concrètes pour les travailleurs. Et sur ce point, il faut poser la question au patronat européen qui refuse de réellement négocier. Enfin, il faut de nouveaux droits solides comme un salaire minimum européen, une assurance chômage ou une réelle reconnaissance des compétences…

    Philippe Martinez : Il y a des avancées au niveau européen, mais c’est encore trop perçu comme anecdotique. Même s’il y a des avancées sur les congés parentaux ou les travailleurs détachés, c’est marginal par rapport aux besoins des salariés. Les besoins sont clairs, ils portent sur les salaires. Il y a encore trop d’écarts de salaires entre les États membres, ce qui génère naturellement du dumping social. Il en est de même sur la protection sociale ; il faut harmoniser les contributions sociales et ainsi éviter qu’elles deviennent un outil de concurrence déloyale.

    De plus, il faudrait au moins sur les marchés publics – qui représentent 40 % des investissements en Europe -, qu’il y ait une obligation de clause sociale dans les appels d’offres. Seraient ainsi écartés tous ceux qui ne respectent ces règles sociales. Si on met cela en place, la Chine n’a plus aucun marché…

    Laurent Berger : L’Europe se doit d’être moins naïve. Elle doit être moins naïve à l’égard de règles qu’elle se fixe à elle-même sur les questions fiscales, sociales ou environnementales, mais qui ne s’imposent pas à ceux qui inondent le marché européen. Je souscris à cette idée de clause sociale.

    AEF info : L’Europe souffre-t-elle simplement du fait que les citoyens ont du mal à percevoir les avancées sociales, notamment dans un pays qui bien souvent offre des protections supérieures…

    Laurent Berger : Dire que cela n’a aucune conséquence pour les travailleurs français est faux. Sur les risques chimiques, les règles françaises étaient moins avancées que le texte européen. Prenons la question des travailleurs détachés. J’étais, il y a peu, sur le chantier naval à Saint-Nazaire. Je peux vous assurer que cela n’a plus rien à voir, en termes de tension, par rapport à ce qui se passait. Je ne dis pas qu’il n’y plus de difficultés, mais c’est nettement moins tendu. D’ailleurs, cela ennuie fortement l’extrême droite qui, localement, prospérait bien sur ce sujet. Aujourd’hui, des droits existent et il faut les faire respecter.

    Philippe Martinez : En effet, cela s’est détendu sur le dossier des travailleurs détachés, mais cela s’est détendu là où il y a de la présence syndicale pour contrôler l’application des règles. Je ne suis pas sûr que dans le bâtiment ou l’agriculture, ce soit la même chose… En plus, certains employeurs contournent les règles en prenant des saisonniers ou en recourant au travail informel. Tout cela nécessite évidemment de renforcer les contrôles, y compris sur des circuits parfois mafieux d’exploitation de main-d’œuvre.

    Mais au-delà de la seule question des travailleurs détachés, il y a encore celle des salaires. Tant que l’on n’aura pas de critères communs permettant de définir un salaire minimum dans chaque pays, on aura du mal à convaincre les salariés.

    AEF info : La commission Juncker a relancé l’investissement au niveau européen. Quel bilan en faites-vous et faut-il poursuivre cette stratégie d’investissement notamment pour avancer vers une économie plus verte ?

    Philippe Martinez : Je reste dubitatif sur la notion d’industrie verte. Je ne dis pas que cela n’existe pas, mais cela signifie qu’il faut complètement transformer ce qui existe. Nous avons besoin d’un plan d’investissement sur l’industrie pour qu’elle ne pollue plus. Et sur la question environnementale, on peut envisager une clause environnementale sur les marchés publics, comme la clause sociale dont je parlais tout à l’heure.

    Pour revenir au plan Juncker, cela reste très flou. Je ne saurais citer un seul exemple d’investissement réalisé avec ce plan. De fait, cela a été très national et il n’y a pas eu un projet européen en tant que tel.

    Laurent Berger : Avant toute chose, l’investissement doit être sorti de la règle d’or budgétaire. Ensuite, l’investissement doit aller dans trois directions. Première direction : la transition écologique. Pour l’industrie actuelle, la question est de savoir comment produire mieux et plus proprement, quitte à faire des choix en arrêtant certaines activités trop polluantes. Et il faut aussi investir dans des activités qui existent peu ou pas encore. Par exemple, on parle beaucoup de la voiture électrique ; il faut absolument investir dans la filière des batteries, sinon ce sont les Chinois qui le feront… La deuxième direction concerne la digitalisation. Il faut investir dans l’accompagnement de ces mutations rapides et des salariés percutés par ces évolutions. Enfin, la troisième direction est celle des compétences. Ces dépenses ne sont pas des dépenses de fonctionnement mais d’investissement et je le répète, il est nécessaire de revoir comment on les considère dans le budget européen.

    AEF info : Si le bilan social du dernier mandat n’est pas anodin, celui du dialogue social européen est très maigre. Quel doit être le rôle de la CES ?

    Philippe Martinez : C’est là un objet de non-accord entre nous deux. Évidemment, on a besoin que la CES échange avec des interlocuteurs patronaux, mais il est nécessaire de retrouver un équilibre entre l’institutionnel et les initiatives avec les syndicats d’entreprise. Je pense par exemple, à la mise en place d’échanges entre syndicats d’entreprise sur les relations donneurs d’ordre-sous-traitants. Les relations entre syndicats de terrain n’existent pas suffisamment à mon sens. Même là où il y a des comités d’entreprise européens, les réseaux syndicaux n’existent pas beaucoup et quand il y a des rencontres, c’est le plus souvent à l’initiative des employeurs. Il faut que la CES favorise ces temps d’échange entre les syndicats.

    Laurent Berger : Ce qui est sûr, c’est qu’il faut plus de contraintes sur le patronat pour développer le dialogue social européen. Le patronat ne peut pas être très européen seulement quand on libéralise les marchés et l’être nettement moins quand il s’agit de social. Si on est européen, on l’est pour tout, à savoir rendre l’économie plus performante et compétitive mais aussi plus sociale… Sur le dialogue social européen, on ne peut pas dire qu’il ne se passe rien, mais il ne se passe pas assez.

    Un des problèmes de la CES est que tous ses affiliés ne la vivent pas comme une réelle confédération. À la CFDT, nous avons voté en 2002 que les positions de la CES étaient les nôtres. À deux ou trois reprises depuis, cela a pu un peu gratter, mais ces positions sont les nôtres. Alors oui, la CES doit être plus proche des travailleurs et parfois moins institutionnelle, mais cela dépend de nous tous, les adhérents… Il faut que nous nous servions plus de la CES et que nous l’alimentions plus de nos travaux et réflexions.

    AEF info : Philippe Martinez, la semaine dernière lors de votre congrès à Dijon, il a été décidé de réintégrer la FSM dans les textes confédéraux (lire sur AEF info). Comment ont réagi vos homologues européens ?

    Philippe Martinez : J’ai surtout eu des félicitations pour mon élection. Pour le reste, il faut tout simplement expliquer ce qui s’est passé, à savoir un épiphénomène de congrès. Je les ai rapidement rassurés sur la position de la CGT.

    AEF info : L’élection annoncée de Laurent Berger à la présidence de la CES a aussi beaucoup fait réagir lors de votre congrès…

    Philippe Martinez : J’ai été très clair au congrès. Ce n’est pas parce qu’on a des différences que l’on ne doit pas se respecter. On les connaît ces différences, et elles sont exacerbées au niveau confédéral. Sur le terrain, quand il y a un problème, ils s’en foutent bien de Berger et de Martinez…

    Laurent Berger : Je confirme. Et parfois, ils nous demandent de nous taper dessus au niveau national, alors qu’ils sont copains comme cochons dans leur boîte…

    Philippe Martinez : La présidence de la CES est avant tout symbolique, l’opérationnel restant au secrétariat. Nous avons proposé une présidence tournante qui reflète la diversité des conceptions du syndicalisme. La CFDT a une conception du syndicalisme qui s’apparente à celle des Nordiques, ce n’est clairement pas la nôtre. Il y a un président et quatre vice-présidents, qui reflètent bien la diversité syndicale. Et je le répète : je n’ai pas de soucis avec l’idée que Laurent devienne président de la CES.

    Laurent Berger : Le syndicalisme européen s’appuie beaucoup sur les consensus. Par exemple, on vient de voter le rapport d’activité à l’unanimité. Bien sûr, on a tous des critiques à faire sur l’activité de la CES, mais on a tous voté pour avancer dans la même direction. La gouvernance de la CES doit représenter toutes les composantes. À l’origine, j’avais plaidé pour que l’on soit trois à tourner à la présidence. C’était trop rapide et nous avons besoin d’un groupe stable à même de prendre parfois un peu de recul.

    AEF info : Sur les questions européennes, vous avez visiblement des convergences, ce qui est moins le cas au niveau national…

    Philippe Martinez : Oui, nous avons des divergences sur la conception même du syndicalisme.

    Laurent Berger : Je suis d’accord avec la formule que Philippe a utilisé la semaine dernière lors de son congrès. Nous avons des divergences, mais ce qui est emmerdant, c’est que le fossé se creuse. Peut-être que la CES peut aussi nous aider à redire les fondamentaux syndicaux que nous avons en commun.

    La situation nationale est compliquée pour deux raisons. D’abord, il y a la présence des politiques et par rapport à eux, nos stratégies divergent. Ensuite, c’est complexifié par un jeu syndical avec six autres petits camarades autour de la table. C’est un truc de malades. Si nous étions deux ou trois, nous serions capables de tous signer avec le patronat, un texte sur l’Europe, comme ils l’ont récemment fait en Italie…

    source: https://www.aefinfo.fr/depeche/606799

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Pétition en ligne-Non à la loi Blanquer !

    Par Parents d'élèves des écoles de Margaux, Cantenac, Labarde

    Pétition adressée à Ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer, M. Loïc Prud'homme Député et Mme Nathalie Delattre Sénatrice de la Gironde.

    Chers parents,

    Aujourd'hui nous avons le devoir de collaborer pour l'épanouissement et la réussite de nos enfants.

    Cette pétition a pour but de d'attirer l'attention sur le fait que de nombreux parents sont mobilisés pour soutenir le corps enseignant dans ce mouvement qui refuse la mise en place de la loi Blanquer, et qui nous semble à tous être une mise en danger de nos écoles  et un risque pour l'éducation de nos enfants.


    Nous sommes contre: 

    # n°1:

    La disparition à terme de la maternelle. Terminé l’apprentissage: la nouvelle réforme propose un système de garderie. L'apprentissage des enfants de 3 à 6 ans n'existera plus.
    Aujourd’hui en fin de maternelle, les enfants doivent connaître les couleurs, les chiffres de 0 à 10, l’alphabet, écrire leur nom… demain ils devront apprendre tout cela en CP . On perd 3 ans!

    # n°2
    Une baisse du niveau d’enseignement avec un personnel moins bien formés! Recrutement d’enseignants contractuels à partir du bac+2 sans réelle formation pédagogique.
    Mise en place  de "nouveaux assistants d’éducation étudiants" qui seront amenés à donner cours à vos enfants!

    # n°3
    A terme des classes surchargées et des suppressions des classes.

    # n°4
    Même si les EPSF sont retirées de la loi, le sénat va étudier un amendement de remplacement...
    Il faudra être vigilant car à terme, le seul interlocuteur risque être le principal du collège même pour les écoles primaires. Il n'y aura peut être plus de directrice dans les écoles, plus de relation quotidienne. 

    # n°5
    Financement des écoles privées maternelles via les taxes locales cela va engendrer un cout supplémentaire pour les communes sans nécessairement de compensation pour celles-ci.
    Alors que cela fait des années que l’on demande une prise en charge par les taxes locales d’une aide aux devoirs après l’école sur le temps d’aps.

    # n°6
    La création des EPLEI (école internationales) va créer une école à deux vitesses avec des établissements d’élite dans lesquels il faudra être bilingues pour entrer. 

    Les parents des enfants qui sont concernés par la réforme! 

     

    POUR SIGNER, CLIQUER ICI

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • La manifestation des gilets jaunes, 130 environ, a fait une halte devant le commissariat.

    L’acte 27 des gilets jaunes a rassemblé 130 personnes, ce samedi, à Brest, pour dénoncer « la répression du gouvernement à l’égard des manifestants ». Dans le cortège, quelques manifestants s’étaient grimés de rouge, comme du sang, et enveloppés de bandages, à l’image des dizaines de personnes blessées depuis le début du mouvement il y a six mois. Partie de la place de Strasbourg, la manifestation a fait une halte devant le commissariat. Tandis que certains criaient « La police avec nous », d’autres étaient dans l’invective nettement plus agressive, mais il n’y a eu aucun incident. Les manifestants ont ensuite poursuivi leur route vers le tribunal.

     
     

    Les gilets jaunes avaient aussi prévu d’exposer le « Mur jaune », une galerie de photos de blessés lors des manifestations, des images très sanguinolentes « forcément dures à supporter, mais nécessaires pour une prise de conscience sur l’état de notre démocratie », annonçait un membre des gilets jaunes.

    source: https://www.letelegramme.fr/

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Les gilets roses se sont retrouvés pour un pique-nique au jardin Kennedy.

    Pour leur cinquième mobilisation, une trentaine d’assistantes maternelles en gilets roses proposaient un pique-nique jardin Kennedy en compagnie de gilets jaunes qui les ont soutenues dès le départ. Leur mouvement vise toujours au maintien de l’organisation actuelle de l’Allocation d’aide au retour à l’emploi (Are) dont le calcul pourrait être revu à la baisse.

     

    source: https://www.letelegramme.fr/

     
    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  • Le congrès de la CGT vote pour l’internationalisme et la FSM ! #52econgrèsdelaCGT (IC.fr-17/05/19)

     

    La direction de la , pro-, vit un congrès agité, alors que les orientations pour un syndicalisme de classe et de masse se voient défendues et renforcées par les délégués.

    Alors que l’actuel secrétaire général de la CES L Visentini et son adjoint Tudor, devaient prononcer un discours, les congressistes ont entonné l’Internationale. Et c’est l’indignation et les sifflets qui ont prédominé lorsqu’à plusieurs reprises le nom de Laurent Berger a été annoncé. En effet la CES a fait le choix de désigner le leader de la CFDT, l’organisation réformiste qui a de fait soutenu la totalité des contre réformes anti sociales de ces dernières années, comme président de la CES. Un véritable camouflet pour la CGT qui en demeurant à la CES va se retrouver de fait présider par un Laurent Berger qui en France ne cache pas son intention de détruire la CGT. Après les embrassades avec le maire PS de Dijon F Rebsamen en ouverture du congrès, le ministre du travail de Hollande qui en 2015 a signé les licenciements des 42 élus CGT de Goodyear et qui a fait voté la loi Rebsamen cassant nombre des droits des travailleurs et syndicalistes Martinez doit faire face aux syndicalistes CGT qui veulent une CGT combative, à l’offensive pour défendre les droits des travailleurs.

    Le débat sur la CES est enfin ouvert

    La journée de mercredi 15 mai devait largement être consacrée au débat concernant les orientations internationales de la CGT. Depuis 1995, la CGT n’est plus membre de l’une des principales organisations syndicales internationale, la Fédération Syndicales Mondiale. Cette dernière regroupe les syndicats et confédérations syndicales de  de classe. Elle regroupe plus de 100 millions de syndiqués, avec notamment les principaux syndicats de la classe ouvrières dans les pays émergeants. La CGT avait alors décidé de rejoindre la CFDT au sein de la , la filliale européenne de la CSI, l’organisation des syndicats réformistes, créée à l’époque de la guerre froide sous l’égide et les financements des Etats-Unis d’Amériques, pour faire pièce au syndicalisme de lutte et diviser le mouvement syndical internationale. La CES est au demeurant une organisation largement subventionné par la commission européenne, avec obligation de part les traités européens de promouvoir une construction européenne toujours plus resserrée.

    Le congrès de la CGT vote pour l’internationalisme et la FSM ! #52econgrèsdelaCGT (IC.fr-17/05/19) 

    Pour faire rentrer la CGT dans la CES, il avait été expliqué que ce serait une manière pour la CGT d’imposer sa ligne de défense des travailleurs au sein d’une organisation qui brille surtout par son accompagnements des directives européennes. A tel point par exemple que la CES n’a rien trouvé à redire aux atteintes aux droits de grève en Grèce, mises en oeuvre pour imposer l’application des memorandum austéritaire imposé par l’UE et la BCE avec le FMI, contre le vote par referendum du peuple grec. Et l’on pourrait multiplier les exemples. Mais le bilan 20 ans plus tard, c’est que la position de la CGT n’a pas progressé et qu’au contraire la CES est, comme cela était dénoncé par ceux qui ont combattu l’adhésion à la CES, a été le moyen d’imposer et de verrouiller une ligne réformiste. En témoigne le choix de Laurent Berger, leader de la CGT, comme président de la CES. Un choix que n’assume pas la direction de la CGT, son représentant Boris Plazzi ose, pour essayer de faire avaler l’énorme pilule, expliquer doctement aux délégués des 600 000 syndicalistes CGT que la présidence de la CES par Berger n’est qu’un titre “honorifique, symbolique”. Honorifique, certainement pas pour la CGT, mais symbolique de ce que l’est CES, assurément.

    Le 52 congrès de la CGT vote pour la FSM

    C’est un des membres du bureau de la puissante union départementale du Val de Marne (UD CGT94), Benjamin Amar qui a posé la problématique du débat. Appelant à ce que le document d’orientation de la CGT pour les trois prochaines années évoque clairement la “” plutôt que “l’opposition de classe” et récuse le “syndicalisme rassemblé”. Sous les applaudissements, il lance :

    “On est resté au milieu du gué. Notre concept, c’est la lutte des classes, pas l’opposition de lutte”

    Benjamin Amar, secrétaire générale de l’UD CGT 94

    A sa suite, plusieurs interventions ont également demandé l’ajout de “la sortie du capitalisme”, du “syndicalisme de classe et de masse” ainsi que de “la grève générale”.

    Témoin de la demande générale des syndicalistes CGT de positions claires et offensives pour les travailleurs, une intervention a demandé un amendement du texte pour y remplacer l’expression de “maîtrise publique” soluble dans les directives européennes demandant la privatisation à la travers la délégation des services publics par un bien moins flou “services publics nationalisés”. Signe d’une certaine colère contre le déficit de démocratie syndicale vécu par les délégués au long de la journée, un amendement est également demandé pour indiquer que “le congrès confédéral décide”… Pour contrer la fronde, c’est à J Eliez, de la CGT RATP, pressenti par la direction pour rejoindre le bureau confédéral qu’il revient d’étouffer les demandes. Ce dernier en appelant aux statuts, peine à convaincre.

    C’est dans ce contexte que les délégués au congrès de la CGT ont ouvert la discussion sur les affiliations ou désaffiliations internationales.

    De nombreuses interventions se sont alors succédées, de la CGT 13, de la CGT 59, et de la CGT 94 pour proposer que la CGT demande un statut d’observateur à la FSM

    C’est alors qu’un délégué CGT du 94 demande la mise au voix d’un amendement du point 510 du document d’orientation du congrès, pour y ajouter une simple référence à la FSM

    “Pour la CGT, il s’agit de rechercher constamment l’échange et l’unité avec toutes les organisations syndicales possibles, affiliées ou non à la CES, à la CSI et à la FSM”

    Amendement à la résolution 501 du document d’orientation du 

    Immédiatement, la commission représentant la direction s’y oppose, sous la présidence d’un Denis Gravouil qui entretient le flou en lançant le vote : plutôt que de demander comme il est d’usage de voter pour ou contre, l’amendement, il demande de voter pour ou contre la décision de la commission. Pour autant le vote est clair, les délégué vote pour l’adoption de l’amendement. Panique à la direction de la CGT, qui se voit désavoué par son congrés et ce devant les représentants de la CES/CSI. Le bureau du congrès demande un nouveau vote. C’est l’indignation générale. Le congrès proteste au cris de “le débat, le débat”, à la tribune, un délégué dénonce les manoeuvres “intolérable” de la direction.

    Une provocation qui conduit à ce que le second vote du congrès donne une majorité encore plus large à l’amendement en faveur de la FSM. l’amendement est adopté. Très largement. L’orientation pro CES et anti FSM de la direction confédérale de la CGT ne recueille que 34% de soutien, tandis que le vote pro FSM recueille 54.5% des suffrages et que 11.5% s’abstiennent. Rappelons que sous pression, Martinez s’était prononcé contre la FSM dans une déclaration insultante qualification la fédération syndicale mondiale de démocratique, ni de masse.

    Au regard de l’ambiance, on peut sans nul doute imaginer que le statut d’observateur de la CGT à la FSM aurait pu être adopté s’il y avait eu un vote, le congrès apparaissant vent debout face à la direction de la CGT et ses orientations. De fait, entre les amendements adoptés contre l’avis de la direction, ce vote cinglant en faveur de la CGT et la timide approbation du rapport d’activité, les orientations réformistes apparaissent en net recul au 52e congrès de la CGT.

    la dynamique est pour un syndicalisme de classe et de masse

    Dans un congrès marqué par un fort renouvellement militant, puisque pour 8 délégués sur 10 c’est la première participation à un congrès confédérale, la dynamique est clairment pour un syndicalisme de classe et de masse. C’est un très vif mécontentement qui s’exprime à l’égard de la direction confédérale, comme des orientations portées ces 20 dernières années, de syndicalisme rassemblé et de refus d’agir de façon décisive pour le tous ensemble des luttes vers la grève générale interprofessionnelle ou encore plus récemment le refus de converger avec le mouvement des gilets jaunes. Alors que les travailleurs, et le mouvement des gilets jaunes l’illustre, comprennent que la classe capitaliste mène une violente guerre des classes, permanente et utilisant l’arme d’exploitation massive de l’Union Européenne contre eux, les syndicalistes veulent une organisation de combat pour défendre et faire gagner la classe des travailleurs. L’appareil confédéral n’arrive plus à contenir la revendication du rétablissement de ce syndicalisme gagnant. Dépassé, elle ne peut désormais plus empêcher que s’expriment les demandes de tourner la page de ces 20 ans de fuite en avant réformiste vers le syndicalisme rassemblé suivant la CES et la CFDT refusant de mettre en cause l’Union Européenne du Capital comme l’a pourtant fait tout au long de son histoire la CGT. De fait, si la direction confédérale devrait se maintenir et avec elle globalement son orientation, l’unification et l’organisation des forces du syndicalisme de classe dans la CGT, qui ont montré avec le vote sur la FSM qu’elles pouvaient être majoritaire, pourraient ouvrir à courts termes de vraies perspectives.

    JBC 

    source: https://www.initiative-communiste.fr

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique