• Manifestations. Un observatoire des pratiques policières créé à Quimper (LT.fr-13/04/19-15h14)

    Dominique Brunel de la Ligue des Droits de l’Homme s’est fait porte-parole du collectif des dix-neuf organisations. 

    Environ 350 personnes ont marché ce samedi matin dans le centre-ville de Quimper pour la liberté de manifester et contre « la dérive autoritaire » du gouvernement. À cette occasion, la Ligue des Droits de l’Homme a annoncé la création d’un observatoire des pratiques policières à Quimper.

    Après Bordeaux, Toulouse et Montpellier (*), la Ligue des Droits de l’Homme a choisi Quimper pour la création d’un quatrième Observatoire des pratiques policières (OPP), a annoncé, ce samedi, Dominique Brunel, du comité quimpérois. « La loi anticasseurs est porteuse de violences. Nous allons installer le plus rapidement possible ce groupe d’observateurs ». Les militants de la LDH, qui en a déjà l’expérience depuis quelques années, ont proposé aux associations, syndicats et partis qui appelaient ce samedi matin la manifestation de participer à la structure.

    « Violence sourde du gouvernement »

    Le premier OPP avait été imaginé par la LDH et la Fondation Copernic en 2017, suite à la mort de Rémy Fraisse lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens en 2014 puis les manifestations contre la loi Travail en 2016. Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes en novembre dernier, Quimper a aussi connu plusieurs samedis violents avec des blessés. Dominique Brunel a rappelé dans son intervention la blessure au visage en novembre suite à un tir de LBD de Max, un Quimpérois, puis son « matraquage » lors d’une autre manifestation en mars. « Il y a une violence sourde du gouvernement contre le peuple », dit-il fustigeant la doctrine française du maintien de l’ordre qui conduit aussi à une « police épuisée ».

    Observateurs formés et identifiés

    « L’Observatoire des pratiques policières de Quimper sera constitué de trois équipes composées de quatre personnes. Elles seront formées, répertoriées par la police et la gendarmerie, identifiées lors des manifestations. Les observateurs seront appelés à porter témoignage, à filmer si nécessaire. On a remarqué que leur présence suffisait pour faire baisser les violences ».

    « Le préfet peut changer de doctrine »

    En parallèle, la LDH quimpéroise va solliciter des rencontres avec la police, la gendarmerie, le procureur, la préfecture pour débattre du problème des violences. « Nous estimons que ces autorités dans un département peuvent prendre des mesures à leur niveau, par exemple ne pas utiliser des lanceurs de LBD. Le préfet peut changer de doctrine au niveau d’un département. On peut décider de ne pas utiliser des lanceurs de balle de défense. Il faut aussi tout un travail pour ne pas confondre les manifestants pacifiques et les casseurs qui sont le plus souvent bien identifiés. Ce qui nous inquiète, c’est la doctrine française du maintien de l’ordre qui engendre la violence », souligne Dominique Brunel.

    Ronan LARVOR

    (*) Un observateur a été blessé lors d’une manifestation à Toulouse en février.
     

    en complément

    350 manifestants

    pour défendre la manifestation

    La manifestation qui réunissait 350 personnes ce samedi matin était composée de nombreux Gilets jaunes mais aussi des militants syndicaux, politiques et associatifs habitués de la rue dans le pays de Quimper. Avec un appel signé par 19 organisations, cette mobilisation plutôt moyenne a déçu certains participants, évoquant « une résignation » de beaucoup. Les enjeux ont pourtant été explicitement exposés par Dominique Brunel qui a lu le courrier national.

    « Si la loi est votée par le Parlement au nom du peuple français, elle ne peut et elle ne doit pas porter atteinte à la libre expression du peuple, a lu Dominique Brunel. La loi adoptée par l’Assemblée nationale qui prétend encadrer le droit de manifester reste, malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel, une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs. Les violences contre les personnes, les biens, les institutions qui ont eu lieu ne peuvent justifier qu’un exécutif s’arroge des pouvoirs exorbitants. Participer à une manifestation ne saurait signifier le risque d’être poursuivi, fiché et condamné pénalement comme financièrement. Soumettre les participants à une manifestation à une fouille systématique, faire d’un visage en partie couvert un délit, persister dans l’usage d’armes qui mutilent, voici l’esprit et la lettre de mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion. L’ONU a déjà mis en garde la France, pays de la déclaration des Droits de l’Homme, pour ses manquements à ses engagements pour les libertés fondamentales. La pénalisation du mouvement social, écologiste et syndical, le mépris au regard des contre-pouvoirs, est une façon d’empêcher tout dialogue, toute issue positive aux crises de notre époque ».

    Après un tour en ville dans le calme, la manifestation s’est dispersée vers midi, un groupe de Gilets jaunes se retrouvant sur le Frugy pour un pique-nique.

    Ronan LARVOR

    source: https://www.letelegramme.fr/

    « Quimper. Un observatoire des pratiques policières bientôt créé (OF.fr-13/04/19-15h57)Brest-Loi anti-casseurs. Deux cents manifestants (LT .fr-13/04/19-19h51) »
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