• Pour un enseignement critique du fait religieux -par Yvon QUINIOU (OF.fr-23/10/2017)

    Pour un enseignement critique du fait religieux -par Yvon QUINIOU (OF.fr-23/10/2017)Point de vue. Par Yvon Quiniou, philosophe marxiste, auteur de Les chemins difficiles de l'émancipation.

    Comment enseigner le fait religieux à l'école ? Le sujet a refait surface récemment, suite à un incident pédagogique où un pédagogue aurait fait preuve de prosélytisme chrétien. Qu'il faille enseigner le fait religieux à l'école est évident. Mais cela se fait déjà dans de multiples matières (histoire, philosophie en particulier) et point n'est besoin d'en rajouter.

    C'est surtout l'esprit dans lequel cela doit être fait qui importe : ce ne peut être que sur la base d'une approche critique (au sens de l'esprit critique qui fait le tri entre ce qui vaut et ce qui ne vaut pas), sauf à considérer que les faits religieux sont neutres d'un point de vue normatif.

    L'autonomie intellectuelle

    Or, ce n'est pas le cas et le meilleur de la pensée philosophique, depuis les Lumières avec Spinoza, Hume, Kant et Rousseau, a dénoncé tout ce qu'il y a, souvent, à la fois d'irrationnel dans les croyances, mais aussi, parfois, de déraisonnable dans leurs conséquences pratiques.

    Et ces philosophes l'ont fait tout en se réclamant souvent d'une foi rationnelle, indépendante de celle des Églises, donnant une leçon d'autonomie intellectuelle.

    Au XIXe siècle, Marx d'abord, mais aussi Feuerbach, Nietzsche et Freud parlaient de la religion comme d'une « aliénation multiple de l'homme ». Marx y voyait aussi une idéologie conservatrice et Freud une « névrose collective ».

    Bref, nous ne sommes pas ici devant des faits objectifs à la manière des phénomènes de la nature, que nous ne devrions pas juger mais seulement faire connaître et expliquer : nous devons largement les appréhender d'une façon critique, au nom de valeurs universelles engageant des intérêts humains incontestables.

    Nous devons notamment évoquer le mal qu'elles ont pu faire aux hommes par leur hostilité aux sciences ; les guerres qui les ont opposées ; les valeurs ascétiques qu'elles ont professées dans le domaine de la vie sensible.

    Cela n'empêche pas qu'elles ont pu aussi jouer un rôle positif, dans la pratique quotidienne de la charité, dans le domaine des arts, voire dans le domaine politique si l'on songe, par exemple, à la théologie de la libération en Amérique latine ou à d'autres révoltes populaires qu'elles ont pu inspirer.

    Respecter la foi intime

    Ce qui est en jeu, ce sont les religions dans tout leur poids de réalité historique, et non la foi intime que l'on doit respecter, même quand on ne la partage pas, et qui n'a rien à voir ici... Tout comme on doit respecter l'interrogation métaphysique dont tout homme est capable et qui mène certains à Dieu.

    Donc : oui à un enseignement exhaustif du fait religieux, mais non spécifique ou autonome et qui doit être un enseignement critique. Sinon, on tourne le dos à la vocation émancipatrice de l'enseignement républicain qui repose sur le rationalisme et la liberté d'examen dans tous les domaines.

    « Ose penser par toi-même », disait déjà Kant !

    source:  https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/pour-un-enseignement-critique-du-fait-religieux-5333524

    « Déclaration de la Commission des luttes du PRCF (21/10/2017)"Lénine et Marcel"-Un témoignage extraordinaire sur la naissance de la Russie soviétique.(lundi 23 octobre après le Grand Soir 3 Sur France 3 N-A) »
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