• Quimper. Enzo, le timide devenu leader des lycéens grévistes (OF.fr-6/02/20-7h02)

    Quimper. Enzo, le timide devenu leader des lycéens grévistes (OF.fr-6/02/20-7h02)

    Il n’a que 17 ans mais est déjà celui qu’on applaudit le plus lors des manifestations contre la réforme des retraites à Quimper (Finistère). Lui, c’est Enzo De Gregorio, leader des lycéens grévistes.

    Qui est ce jeune homme, bonnet rouge sur la tête et sac sur le dos ? Qui est-il, celui qui harangue les manifestants au micro lors des rassemblements contre la réforme des retraites à Quimper (Finistère) ? Lui, c’est Enzo De Gregorio. Dix-sept printemps au compteur, il est lycéen à Pierre-Guéguin, établissement de Concarneau. En juin prochain, il passera son bac pro Maintenance nautique.

    Première chose à savoir sur lui : il a deux facettes. La première, elle se voit lors des manifestations. Au micro, face à des centaines – parfois des milliers – de personnes, il suscite l’attention par son ton contestataire et ses phrases chocs. Pour découvrir la seconde facette, il faut rencontrer Enzo De Gregorio en privé. Là, le lycéen paraît réservé, timide. Il semble forcer sa nature pour se livrer.

    Ce qui l’a mené dans la rue ? Le climat. Au printemps 2019, il a suivi le mouvement Youth for Climate pour éviter le pire et pour faire bouger les choses. Et c’est par la force des choses, en participant à quasiment toutes les manifestations des jeunes pour le climat que le jeune Morlaisien s’est retrouvé à la tête du mouvement lycéen de Concarneau et de Quimper.

    « Personne ne les écoute »

    Et la réforme des retraites dans tout ça ? C’est un peu la même logique que pour le climat. Nous, lycéens, nous nous battons pour notre avenir et pour celui de nos enfants, souffle-t-il presque à voix basse. Dès le 5 décembre 2019, au début de la contestation, Enzo De Gregorio a repris ses habits de leader des lycéens grévistes du coin. Ils sont une dizaine de jeunes à grossir les rangs de chaque manif’quimpéroise. Leurs voix, leurs pensées intéressent vite le monde syndical des adultes. Ils trouvaient que notre discours avait de l’impact. Les syndicats nous ont demandé de rejoindre la prise de parole.

    Parmi la dizaine de lycéens manifestants, le choix est vite fait : ce sera Enzo De Gregorio qui prendra le micro. Et qui surprendra dès sa première prise de parole par son ton révolté. C’est naturel, je ne me force pas. J’ai fait du théâtre plus jeune, ça doit aider. Et son discours qui fait souvent mouche parmi les manifestants adultes ? Je l’écris moi-même. Ce sont mes mots qui sortent. Je ne parle pas que des lycéens, mais de tout le monde. À chaque fois, j’essaye de faire court, contrairement aux syndicats qui font trop long. Personne ne les écoute.

    « Si mes notes baissent, j’arrête les manifs »

    Oui, Enzo De Gregorio sèche les cours. Et il assume : Nos causes sont trop importantes. Ça ne m’amuse pas de me retrouver dans la rue deux fois par semaine, je préférerais être en cours. Le passionné de football et de voile l’admet : il est un élève moyen. Quand je sèche pour manifester, je travaille le soir pour récupérer. J’ai passé un contrat avec mes parents : si mes notes baissent, j’arrête les manifs.

    Tout arrêter. Cela a failli arriver le 16 janvier dernier. Enzo était des manifestants qui ont empêché durant une heure l’accès au centre commercial Géant, route de Bénodet. Je m’étais dit que ce serait ma dernière participation, qu’après ça je me concentrerai sur le bac. En marge du rassemblement, Enzo est placé en garde à vue. Il y restera six heures. On ne nous a rien expliqué. J’ai l’impression d’avoir pris pour tout le monde. Pour participation à une manifestation non déclarée et entrave à la circulation, il sera convoqué le 19 février prochain au tribunal.

    Les passages par les cases garde à vue et palais de justice ne semblent pas l’intimider. À l’écouter, ce 16 janvier 2020 n’a fait que raviver la flamme contestataire en lui : On ne lâchera pas tant que le gouvernement ne lâchera pas.

    Et tant pis s’il y a bac blanc dans quelques jours. Je croise certains de mes profs aux rassemblements, glisse-t-il dans un sourire. Et que disent-ils de lui, ces professeurs ? Qu’il y a deux Enzo : celui en classe et celui des manifs. On vous avait prévenu.

    Basile CAILLAUD

    source: https://www.ouest-france.fr/

    « Le vendredi 14 février c'est l'accès aux soins pour tous qui est au coeur de l'action#Retraites, #E3C … les JRCF appellent à ne pas baisser la tête malgré les #violencespolicières (IC.fr- »
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