• Brest-Finances publiques. La carte qui inquiète les agents (LT.fr-14/06/19-19h04)Les agents des Finances publiques ont manifesté ce vendredi midi contre le projet de réforme porté par le gouvernement.

    Environ 200 agents de la Direction des finances publiques ont décidé de manifester, ce vendredi matin, contre le projet de nouvelle carte des services de l’impôt sur le Finistère, qui verrait la disparition des accueils physiques traditionnels.

    Mobilisés, quotidiennement, depuis près de trois semaines au centre des impôts de la rue Duquesne, les agents ont décidé d’exprimer leur colère, ou leur inquiétude, dans la rue, ce vendredi matin, au sortir d’une assemblée générale intersyndicale. Un mouvement spontané, qui les a conduits à demander, sans succès, une audience en sous-préfecture à l’heure de midi.

    La fin des trésoreries locales

    L’origine de leur colère : la présentation, le 7 juin par la directrice départementale Catherine Brigant, de la nouvelle « géographie » des Finances publiques sur le Finistère. Celle-ci prévoit notamment, à l’horizon 2022, la suppression des 25 trésoreries du département pour la création de points de contacts, sur rendez-vous, dans chaque canton. « On n’aura plus de services des impôts à Brest, car il sera transféré à Morlaix avec ses agents. On va donc se retrouver avec 300 agents à Brest poussés en back-office, une centaine mutée à Quimper avec la Direction des finances publiques », constate l‘intersyndicale CGT, FO CFDT, Solidaires. « C’est grotesque ».

    Jointe au téléphone ce vendredi, Catherine Brigant, rappelle que la carte présentée aux agents s’inscrit dans un « processus de concertation », ouvert jusqu’à fin septembre, et répond à l’ambition des Finances publiques à être « davantage présente dans l’ensemble des territoires, par des accueils de proximité ». « On sera ainsi présents dans 25 communes supplémentaires en 2022, dans des points d’accueils pouvant traiter tous les sujets relevant des Finances publiques ».

    Nouvelles mobilisations à venir

    Selon la directrice départementale, la carte présentée est toujours modifiable, dans le choix des implantations, pour laquelle elle n’a « pas d’affect ». Mais pas question de revenir sur le nombre de sites, ni la philosophie du projet. Et Catherine Brigant de préciser que la mobilité des agents sera encouragée par des « mesures d’accompagnements et d’incitations financières. Et nous veillerons à respecter les situations personnelles, avec des possibilités de télétravail ou travail à distance ».

    Des propos loin de contenter les agents mobilisés ce vendredi. « Ce plan est la première phase du démantèlement de la DGFIP*, car derrière, des abandons de missions vont suivre et des suppressions massives d’emplois ». L’intersyndicale a déjà commencé à écrire aux maires du territoire pour les sensibiliser au sujet. Et lundi, une nouvelle assemblée générale des personnels est programmée. Une nouvelle manifestation pourrait suivre, devant la mairie de Brest.

    (*) Direction générale des finances publiques.

    Pierre CHAPIN
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  • Brest-Social. Mobilisation en berne pour le pique-nique des convergences de lutte (LT.fr-15/06/19-18h06)

     

    Les différentes luttes agitant ces temps-ci le pays et la ville de Brest devaient se trouver, ce samedi midi, sur la place de la Liberté, pour un pique-nique dit de convergence des luttes. L’événement était initié par les gilets roses des assistantes maternelles, toujours inquiètes de la possible réforme de l’assurance-chômage qui nuirait à leur perte d’emploi « non voulue », à l’heure où les enfants qu’elles gardent entrent à l’école.

    Mais, par la faute du temps ou de « la difficulté de mobiliser à Brest » selon Anne Créach, porte-parole des nounous en colère, seule une petite poignée de gilets roses augmentée de quelques gilets jaunes a participé à ce rassemblement, délocalisé, par la faute d’une pluie battante,sous le pont reliant le square Mathon à la place de la Liberté.

    Il reste que les prochaines allocutions présidentielles seront détaillées avec minutie par les « ass’ mat’ », qui craignent que la diminution prévue de l’ARE (aide au retour à l’emploi) ne leur fasse perdre une large part de leurs émoluments chiffrés entre « 1 200 et 1 500 € par mois ».

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • La pluie n’a pas arrêté les quelques membres du Comité des usagers de l’hôpital de Douarnenez mobilisés aux abords des halles samedi. Une nouvelle action menée pour alerter sur le devenir de l’hôpital public et de la santé.

    « Alors, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ? L’hôpital encore ? », interroge un passant en se saisissant d’un tract à moitié détrempé. « Rien de vraiment neuf, malheureusement », regrette Yves Jardin, président du Comité des usagers de l’hôpital de Douarnenez. Samedi matin, lui et trois autres membres de la structure fondée en 2002 ont répondu à l’appel lancé par la coordination nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. « Il existe une centaine de comités. Mais je ne dis pas que tous vont se mobiliser », souligne l’ancien prof, posté devant les halles. Lui assure aujourd’hui « le service minimum ». « Nous n’étions pas assez nombreux pour organiser une manifestation d’envergure. Mais on tient à assurer une présence, à montrer qu’on ne laisse pas tomber ».

    L’objectif de cette action menée aux quatre coins de l’Hexagone ? « Dénoncer la situation qui s’aggrave dans les hôpitaux. Plus de cent services d’urgence sont en grève, les personnels sont surmenés, des postes sont supprimés… ». Un discours récurrent depuis que le mouvement a été lancé, il y a trois mois. Et les mesures annoncées par Agnès Buzyn, vendredi, sont loin de faire l’unanimité. « Elle n’a pas lâché grand-chose », balaie Yves Jardin, évoquant les primes promises par la ministre de la Santé. « Ces dernières années, des dizaines de milliers de lits ont été fermées. Ce que demandent les soignants, ce sont des moyens pour travailler correctement ».

    Pour l’ouverture d’un centre de santé

    Plus localement, la conjoncture penn-sardin inquiète. Le manque d’urgentistes - une dizaine environ sur le secteur Douarnenez, Quimper, Concarneau - est au centre des préoccupations. Leur recrutement est l’une des premières revendications du Comité des usagers. Le rétablissement de la ligne de Smur à l’hôpital de Douarnenez 24 h sur 24 compte également parmi les priorités. « Depuis juin 2018, la ligne est ramenée sur Quimper pendant la nuit. Mais maintenant, cela se produit aussi dans la journée, tempête Yves Jardin. Vingt fois entre le 15 avril et le 30 juin. Près de la moitié du temps ! »

    Pour remédier à la pénurie médicale, le comité envisage également la création d’un centre de santé avec des médecins et des professionnels salariés. Un moyen, aussi, de désengorger les urgences. « Nous ne sommes qu’au début de la démarche et cela ne va pas se faire en claquant des doigts », reconnaît le militant. Et d’ajouter, déterminé : « On ne va pas se gonfler les chevilles mais si nous n’avions opposé aucune réaction, la dégradation aurait peut-être été encore plus rapide ».

    "Si nous n’avions opposé aucune réaction, la dégradation aurait peut-être été encore plus rapide"
    Léa GAUMERsource: https://www.letelegramme.fr/
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  • Le débat de la semaine à Quimper. Soutien inconditionnel aux urgences (LT.fr-14/06/19-19h30)Lors de la plus récente mobilisation des personnels des urgences quimpéroises mardi dernier. 

     

    Bon, c’est vrai, le débat de la semaine n’est pas vraiment un débat puisque tout le monde est d’accord. Le manque de moyens humains et matériels aux urgences en général et à Quimper en particulier a beaucoup fait réagir les lecteurs sur nos réseaux sociaux.

    « Soutien total à mes anciens et anciennes collègues soignants qui se démènent de toutes leurs forces 24 h/24 h et ce 365 jours par an. Il est grand temps que les usagers les soutiennent, même si l’hôpital n’est pas un bon souvenir, ce sont eux les soignants qui ont fait, malgré tout, de leur mieux pour que ce soit moins difficile… », affirme Marie ??bøß?.

    À l’occasion de leur dernier débrayage, mardi, les personnels en grève avaient demandé que la population les rejoigne dans la lutte. « L’info arrive un peu tard pour venir les soutenir ! Mais j’y serai la prochaine ! Et tous les citoyens de Quimper et des environs devraient se mobiliser ! Un jour ou l’autre si ce n’est déjà fait, nous avons besoin d’eux ! », assure Morgane Le Moal. « Les pauvres, ils sont bien seuls et pourtant c’est le problème de chacun… Une honte de ne pas avoir de soutien », s’indigne Lylie Lysiane.

    « 6 heures pour une entorse »

    Charlotte Evrard considère qu’il « faut faire comme les gilets jaunes, manifester pour arriver a quelque chose ». Jusqu’à présent, précisément, les seuls citoyens à avoir rejoint le mouvement des urgentistes par solidarité sont des membres du collectif quimpérois des Gilets jaunes.

    Certains font part de leurs expériences : « Oui ! 6 heures pour une entorse ! », relate Muriel Friau. D’autres n’osent même pas se lancer dans la description : « Je ne préfère même pas parler de mes vécus aux urgences !!! Effectivement il y a… URGENCE ! », émet Annie Gelly. « C’est une catastrophe », assure encore Gaelle Ceccarelli.

    "Comme aux États-Unis, pauvre tu crèves riche tu survis !"

    Ils sont un certain nombre à alerter sur le sentiment d’une médecine à deux vitesses. « Comme aux États-Unis, pauvre tu crèves riche tu survis », déplore Steph-Eric Rubis Le Roux. « Il devient malheureusement très difficile de se soigner avec confiance, d’autant qu’une médecine à deux vitesses naît de manière scandaleuse et odieuse », constate Michel Ange. Il souligne « le regard indifférent de nos politiques et malheureusement déconnectés de la réalité du terrain, de manière irrespectueuse, immorale et inhumaine pour le moins ! »

    « On a tué la médecine de ville » 

    Pour Roland le Floch, « en médecine il n’y a pas d’urgence, il n’y a que des gens pressés ». Il ouvre le débat sur la médecine de ville qui serait, selon lui, une des causes de cette situation déplorable et déplorée. « Lorsqu’on voit des maisons médicales pourvues de six médecins, où il faut prendre rendez-vous 15 jours à l’avance (avant d’être sûr d’être malade). On téléphone en cas de besoins imprévus, réponse : pas de place, il faut prendre rendez-vous. On a tué la médecine de ville où les médecins sont devenus des pseudo-fonctionnaires nantis encouragés à ne pas soigner les patients et les gens pressés vont envahir les urgences de l’hôpital dont la bobologie devrait être l’exception », commente-t-il.

    Le mot de la fin revient au fataliste mais réaliste Jean Baptiste : « en général, l’humain va mal… chez eux aussi, mais pas que ».

     
     
    réactions
    •  RAYMOND BIGER 15 Juin 2019 à 15h21

      Je signale que le 11 juin 2019, à partir de 14 heures, des retraité-es syndiqué-es à Solidaires sont venu-e-s apporter leur soutien au mouvement des personnels hospitaliers de Quimper. Elles et Ils étaient visibles avec leur drapeau spécifique. Parmi elles/eux des anciens salarié-es de la Santé et du secteur public, toutes et tous usagers de l'hôpital public. Elles / ils se sont exprimé, lors du dialogue initié par les hospitalier-es en débrayage : a été souligné les temps d'attente plus que conséquents (6 heures, 7 heures voire plus) pour être réellement pris en charge , que subissent les patients venus à l'hôpital avec une lettre de leur médecin traitant ou y étant dirigé par une autre structure de santé, tel un Ehpad. Il suffit de venir en fin de week-end aux Urgences, pour s'apercevoir que le service est débordé. Les patients affluent de tout le Sud - Cornouaille, l'hôpital de Quimper assurant seul la permanence des soins. Nous posons également les questions suivantes. Combien de médecins à Quimper consultent encore sans rendez-vous ? Comment font les patients quand leur médecin traitant part à la retraite sans repreneur du cabinet médical et qu'ils se voient opposé plusieurs refus successifs de prise en charge par des médecins généralistes en activité différents ? Car c'est cela la réalité. Qu'en pensent et que font...

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  • Océane Tommeray a décidé de photographier les Gilets jaunes du pays de Concarneau, qui se réunissent toujours ponctuellement, à proximité du rond-point de la Boissière. 

     

    Tirer le portrait de Gilets jaunes concarnois et mettre en place une petite exposition de photos, là où ils se retrouvent régulièrement, à la Boissière. Telle est l’idée lancée par Océane Tommeray, qui a commencé sa série de clichés, mercredi soir.

    « Je suis Gilet jaune, pour vivre et pas pour survivre »… «Pour une meilleure justice sociale »… «Pour notre avenir »… Chaque personne engagée dans ce mouvement au long cours est invitée à inscrire, sur un petit tableau blanc, les raisons de qui l’ont poussée à endosser un gilet jaune. Un mouvement qu’Océane Tommeray a rejoint dès le début, et qu’elle continue d’accompagner. « L’idée de ce projet photographique est née à partir de projets identiques qui ont vu le jour ailleurs », explique la jeune femme, qui pratique la photo depuis des années. Son objectif étant ensuite d’exposer des tirages de ces photos sur le terre-plein situé à côté du rond-point de la Boissière.

    C’est en effet sur ce terre-plein, sur la D70, à deux pas de la voie express, qu’un groupe de Gilets jaunes de Concarneau et sa région continue à faire de la résistance. Un noyau dur d’une quinzaine de personnes, qui installe ponctuellement tente, table et chaises, et qui s’étoffe lors de certains événements, comme lors des repas organisés chaque 17 du mois, pour célébrer le lancement du mouvement, le 17 novembre 2018.

    Pour faire grandir sa collection de photos-portraits, Océane Tommeray invite toutes celles et tous ceux qui soutiennent le mouvement à rejoindre le site, plusieurs séances étant programmées. Un site où les Gilets jaunes se retrouvent, au minimum, chaque mercredi, samedi et dimanche.

    source:  https://www.letelegramme.fr/

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  • Constitution d’une armée parallèle 

    Venezuela: comprendre la guerre qui vient : 2e partie (2/5)-par  Romain MINGUS

    L’alliance civico-militaire est un des piliers de la Révolution Bolivarienne. Elle puise ses sources dans l’histoire de l’indépendance du Venezuela, et amène les forces armées à jouer un rôle primordial dans la vie politique de la Nation. Les appels du pied de l’opposition aux militaires pour tenter de renverser Hugo Chávez, puis Nicolas Maduro, ont été récurrents depuis l’avènement de la Révolution bolivarienne en 1999. L’armée est l’objet de toutes les attentions et de toutes les convoitises. 

    Depuis 2002, de nombreux ex militaires, généralement corrompus, ont pu être captés par l’opposition ou se sont soustraits à la justice de leur pays en devenant des informateurs des Etats-Unis (1). Avec l’autoproclamation de Juan Guaido comme président, les soldats vénézuéliens sont devenus une cible prioritaire des Etats-Unis. A quel commandant en chef les forces armées vont-elle se rallier dès lors qu’il y a, en apparence, deux présidents de la République ?

    Dès le 18 janvier 2019, l’opposition lance l’opération Amnistie. L’Assemblée nationale, en outrage judiciaire et dont les décisions sont nulles et non avenues, approuve une loi d’amnistie pour les militaires qui reconnaitraient Juan Guaido comme président. Les autres s’exposeraient à des représailles judiciaires, et aux sanctions de Washington. Les militants de l’opposition et les médias privés se rendent aux portes des garnisons pour harceler les soldats vénézuéliens. Peine perdue. 

    C’est le 23 février 2019 que va se jouer un tour de force contre les membres des forces armées. Cette date avait été retenue par les Etats-Unis et leurs alliés vénézuéliens pour faire passer en force un convoi « d’aide humanitaire ». Les 20 tonnes proposées étaient dérisoires si on les compare aux importations de nourriture et de médicaments réalisés par le gouvernement vénézuélien. Mais le but de l’opération était autre. Il s’agissait de tester la loyauté des forces armées.

    L’armée est la garante de la défense de la souveraineté du territoire. La frontière ayant été fermée par le gouvernement bolivarien, l’entrée des «convois humanitaires» aurait signifié le refus des militaires d’obéir à leur commandant en chef, le président Nicolas Maduro. A la fin de la journée, les ennemis du Venezuela bolivarien ne pouvaient que constater que l’ensemble des militaires était resté fidèle à la Constitution et au gouvernement légitime. Ce qui ne manquera pas de provoquer l’ire de Mike Pence, le vice président des Etats-Unis contre Juan Guaido (2).

    Pour appuyer cette offensive, l’opposition a fait circuler de nombreux appels à la désertion, promettant même 20.000 dollars à chaque soldat qui abandonnerait le gouvernement légitime. La récompense augmentant selon le grade. Cette opération avait un but précis : construire médiatiquement l’image d’une armée de vénézuéliens prête à en découdre avec le président Maduro. Une sorte «d’Armée Vénézuélienne Libre», construite sur le modèle déjà testé en Syrie. 

    Selon les chiffres les plus optimistes de l’opposition, à peine 0,2% des forces publiques de sécurité et de défense a déserté (3). Il n’y a eu aucune désertion collective, aucun commandant de troupes avec son bataillon n’a répondu positivement à l’appel de Juan Guaido. Ces désertions individuelles ont toutes été motivés par l’appât du gain et non par la volonté politique de renverser le gouvernement bolivarien ; encore moins par le désir de mettre son pays à feu et à sang. En effet, la plupart des militaires qui pourraient revenir se battre sur le sol de leur Patrie ne sont pas nombreux, et ont fuit le Venezuela depuis longtemps (4). Mais l’objectif recherché tient plus à la construction médiatique d’une armée vénézuélienne luttant pour la «liberté dans son pays» qu’à sa réelle constitution. Cette armée fantoche permettrait d’accréditer la thèse d’une «guerre civile», et rendrait légitimes de possibles ingérences militaires étrangères, à la demande de ces «militaires vénézuéliens». 

    Les récents déserteurs ont pu expérimenter à leurs dépens cette stratégie. Alors qu’on leur avait promis monts et merveilles s’ils trahissaient leur Patrie, ceux-ci se retrouvèrent très vite abandonnés à leur sort dans la zone frontalière colombienne, allant même jusqu’à exiger le gite et le couvert à leur «président» Guaido. Pour les politiciens d’opposition, il ne s’agit ni d’un oubli ni d’une faute politique.  

    En les abandonnant à une misère certaine, avec l’impossibilité de retourner dans leur pays, l’opposition les précipite dans les rangs des nombreux groupes paramilitaires présents le long de la frontière, et auxquels les déserteurs commencent déjà à monnayer leur connaissance (5). La désobéissance dans ces structures d’extrême droite étant punie par la mort, ils n’auront d’autre choix que d’être la face vénézuélienne de ces bataillons criminelles (6). 

    Le fiasco du coup d’Etat du 30 avril 2019 a finalement participé à cette même stratégie. De nombreuses fake news originaire du Pentagone ont laissé croire que des hauts gradés bolivariens étaient en négociation avec l’opposition. En réalité, il est apparu que Washington et ses sbires vénézuéliens ont été dupés. Mais qu’importe, par le truchement du système médiatique international, cette défaite patente a finalement servi pour laisser croire que l’armée vénézuélienne compterait de nombreux déserteurs potentiels dans ses rangs.

    Le nombre de désertions augmentera certainement au fur et à mesure que les menaces ou les hostilités des Etats-Unis grandiront. Sans pour autant fracturer l’armée bolivarienne. L’étape suivante sera alors de grossir artificiellement, via le réseau d’ONGs de l’opposition (7), le nombre de ces désertions afin de légitimer dans l’opinion publique internationale l’existence d’une armée vénézuélienne aux ordres de Juan Guaido, et de transformer une guerre d’agression étrangère contre le Venezuela en un conflit interne. Cette construction d’une armée parallèle entre dans une stratégie de conflit institutionnel, et de substitution des pouvoirs politiques légitimes. 

    Dès juillet 2017, en toute illégalité, l’opposition a créé un Tribunal Suprême de Justice «en exil» basé au Panama, ainsi qu’un poste de Procureur Général de la Nation «en exil» à Bogota. Depuis le 23 janvier, l’opposition a même constitué une présidence parallèle, avec à sa tête Juan Guaido. Ces instances fantoches essaient depuis de se substituer aux pouvoirs légitimes vénézuéliens. La lutte institutionnelle rejoint désormais le terrain militaire. Jusqu’à maintenant l’armée vénézuélienne ne s’est pas fissurée car une des ses préoccupations principales est d’éviter une confrontation interne et une guerre civile. Ce qui nous amène à nous demander qui donc formera le gros des troupes de «l’armée de Guaido» ?  

    Romain MINGUS

     

    Prochaine partie: Les combattants vénézuéliens (déserteurs, civils, et pègre locale) 

    Pour accéder aux 5 parties de l'analyse "Venezuela: comprendre la guerre qui vient", cliquer ici

    Notes:

    (1) Citons quelques uns des militaires vénézuéliens qui ont trahi leur Patrie depuis l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez. Cette liste de généraux ou de hauts gradés est très loin d’être exhaustive: Nestor Gonzalez, Manuel Rosendo, Hector Ramirez, Giussepe Piliery, Raphael Isea, Raul Baduel, Hugo Carvajal, Cliver Alcala, Miguel Rodriguez Torres, Oswaldo Perdomo, Leasmy Salazar, etc.

    (2) “Mike Pence recrimina a Guaidó por su fracaso en Venezuela”, Telesur, 28/02/2019, https://www.telesurtv.net/news/mike-pence-reclamo-juan-guaido-fallo-intervencion-militar-venezuela-20190228-0023.html

    (3) Le calcul est fait à partir des 1000 déserteurs revendiqués par l’opposition en fonction des 235.000 militaires et 190.000 policiers actifs. Ce chiffre baisse considérablement si l’on incorpore dans les calculs les 2.000.000 de miliciens bolivariens.  

    (4) Nous pensons ici aux militaires qui se sont opposés d’entrée au projet politique d’Hugo Chávez, ainsi que des éléments qui n’ont pas hésité à commettre des attentats terroristes sur le sol vénézuélien. Néanmoins, ces militaires contrerévolutionnaires radicaux ont quitté l’armée et le pays il y a plusieurs années. 

    (5) Voir L’interview de Efren Fernandez, porte parole des déserteurs vénézuéliens en Colombie réalisé par Audrey Carrillo pour W Radio, 16/04/2019, https://twitter.com/AudreyCarrillo/status/1118174563865636870   

    (6) Jorge Chavez Morales, “Offensive paramilitaire au Venezuela”, Ultimas Noticias, 12/07/06, pp. 34-35. Disponible en français sur http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=32272,%20%7BBellaciao.org%7D

    (7) Dans la myriade d’ONGs liés aux différents clans de l’opposition (et en grande majorité financé par les Etats-Unis), ce rôle reviendra certainement à l’ONG Control Ciudadano, qui s’est spécialisé dans le “contrôle citoyen des forces armées”. En réalité, cette ONG est chargée de propager des rumeurs, ou de révéler des documents confidentiels. Elle est l’unique source pour la plupart des ONGs et des médias internationaux qui relaient sans aucune vérification les fake news de Control Ciudadano.

    source: https://www.romainmigus.info/2019/05/comprendre-la-guerre-qui-vient-2e.html

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  • Saint-Nazaire. Le député Ruffin au chevet des urgences  (OF.fr-12/06/19-19h59)Le parlementaire France insoumise est resté deux heures dans l’établissement. Il a rencontré des salariés, des usagers et la direction.

     

    À Saint-Nazaire, ce mercredi 12 juin, François Ruffin est venu écouter personnels et patients de l’hôpital en grève.

    Le député France insoumise François Ruffin était, ce mercredi 12 juin, à l’hôpital de Saint-Nazaire pour tenter d’attirer la lumière sur la situation des urgences, en grève depuis le 10 mai. Pendant plus d’une heure, le parlementaire a réuni une cinquantaine de personnes dans une salle de l’établissement, dans le cadre d’une « commission d’enquête officieuse et décentralisée ». Pourquoi Saint

    -Nazaire ? « J’ai été alerté par le courrier d’un médecin urgentiste de Saint-Nazaire qui m’expliquait que les services craquent, que les soignants sont usés et que c’est partout le même discours sur les impératifs budgétaires. »

    Dans ce courrier lu à voix haute, les mots de l’auteur ont été rappelés : « Nous n’avons pas d’oreillers pour nos patients nonagénaires qui restent 24 à 48 heures sur un brancard. La médecine à deux vitesses avec les bons patients qui rapportent des sous en clinique et ceux dont personne ne veut, à l’hôpital public, on y est. »

    Des heures sur un brancard

    L’ancien journaliste a ensuite donné la parole aux usagers, infirmiers, représentants syndicaux, spécialistes, chefs de service. Les urgences de Saint-Nazaire accueillent, chaque année, 67 000 patients qui se retrouvent souvent à dormir des heures sur un brancard, en attendant d’être pris en charge. « Nous sommes un goulot d’étranglement entre la médecine de ville et l’hôpital qui est lui-même saturé », a expliqué le chef des urgences.

    La raison ? « Tout sauf la bobologie comme on l’entend parfois, car ce n’est pas ce qui sature les urgences. » Il préfère évoquer « le vieillissement de la population, les conséquences du maintien à domicile, devenu difficile, et les pathologies chroniques comme le diabète, les insuffisances respiratoires, les suivis de cancer… »

    François Ruffin a pris des notes, expliquant « être une oreille ici, avant de devenir une voix ailleurs. » Le partenariat public-privé, qui a permis la construction de l’hôpital de Saint-Nazaire, il y a sept ans, a été fermement dénoncé. « À terme, il faudra payer trois fois le prix au bénéfice d’Eiffage. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce que le gouvernement prévoit pour Aéroport de Paris. » Une privatisation sur lequel le député venait ensuite débattre à Nantes dans la soirée.

    Thierry HAMEAU

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • La guerre contre le Venezuela a déjà commencé. Mais une offensive d’envergure est en train de se préparer contre le pays caribéen, que seule la capitulation totale, ou la disparition du camp bolivarien, pourraient endiguer. Comme ces options ne sont pas à l’ordre du jour, le conflit militaire contre le Venezuela prend chaque jour un peu plus forme. 

    Comment comprendre la guerre qui s’annonce? Quels seront les acteurs impliqués dans ce conflit ? Quelles seront les stratégies mises en place pour dévaster le pays ? Dans cette analyse en cinq parties, nous tenterons d’apporter des éléments de réponse pour que nos lecteurs comprennent toutes les dimensions d’un affrontement qui paraît inéluctable.  

    Venezuela: Comprendre la guerre qui vient: 1ère partie (1/5)

    1ere partie : Le rôle des USA et de leurs alliés

    “Toutes les options sont sur la table”. Le 23 janvier 2019, date de la tentative de coup d’Etat contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, le président des Etats-Unis, Donald Trump a réitéré les menaces militaires contre le Venezuela, qu’il avait proférées dès août 2017(1). Cette déclaration tend à confondre le citoyen sur la réalité vénézuélienne. Elle suppose que la guerre contre ce pays est une option alors qu’elle a déjà commencé depuis plusieurs années. La guerre de quatrième génération, théorisée par des stratèges étatsuniens dès octobre 1989, est devenu l’option belliqueuse pour affronter un peuple et un gouvernement (2).  Ce nouveau type de guerre est multiforme, contre le peuple dans son ensemble, et non plus contre une armée. 

    Le Venezuela affronte de multiples fronts de cette guerre totale. Tout d’abord le front diplomatique, qui vise à l’isoler sur la scène internationale et le front institutionnel, qui a pour but de faire s’affronter des pouvoirs factices avec les pouvoirs légitimes du Venezuela. Le front médiatico-psychologique s’étend non seulement au peuple vénézuélien dans son ensemble, mais aussi aux cerveaux de tous les citoyens dans le monde, considérés de fait comme des cibles de guerre. La guerre économique, le blocus financier et les sanctions contre le Venezuela font partie du front économique visant à étrangler lentement les habitants du Venezuela (3). Enfin, le front militaire et la guerre asymétrique. Dans cette guerre de quatrième génération qui, rappelons-le encore une fois, a déjà commencé au Venezuela, il n’y a pas ni d’étape ni de hiérarchie entre les différents fronts. C’est une offensive guerrière totale et permanente, où tous les éléments sont imbriqués. 

    Dans l’imaginaire collectif, la guerre doit être immédiatement intelligible et compréhensible par tout un chacun. Depuis 1991, et la médiatisation de la guerre du Golfe, la plupart des citoyens s’attend à une retransmission en direct des actions militaires. Les guerres en Irak (1991, 2003), celle en Yougoslavie (1999), ou en Afghanistan (2001) ont évidemment profondément marqué les esprits. Nous gardons tous en mémoire les bombardements, le débarquement de troupes au sol, et la mise à mort ou l’arrestation de celui désigné comme le méchant. 

    Les permanentes déclarations du président Trump ont réactivité cet ensemble de représentations commune dans l’imaginaire des citoyens des pays occidentaux. Elle a eu aussi pour conséquence de laisser entendre que la guerre n’avait pas commencé puisque le spectateur occidental ne l’a pas encore « vue », que les images traditionnelles auxquelles il associe la guerre ne sont pas encore disponibles dans les médias. 

    L’opinion publique occidentale s’est habituée à une stratégie de guerre qui n’a plus cours. La grande majorité des citoyens européens et nord-américains ne disposent pas des éléments pour comprendre les nouvelles stratégies militaires des Etats-Unis. En conséquence, il leur est extrêmement difficile de saisir le développement, les enjeux et les évolutions des nouveaux théâtres d’opération des USA dans le monde. C’est une des raisons qui explique, partiellement, pourquoi il n’y eu aucun mouvement de masse contre les guerres menées contre la Libye ou contre la Syrie, à la différence des opérations militaires antérieures. 

    Penser la guerre au Venezuela dans des termes traditionnels, et sans la replacer dans la stratégie intégrale des Etats-Unis, nous empêche de comprendre comment se prépare l’offensive militaire contre le pays bolivarien.

    L’objectif des Etats-Unis et le rôle des voisins du Venezuela 

    Contrairement aux représentations traditionnelles des conflits guerriers, il ne faut probablement pas s’attendre à une invasion de troupes étatsuniennes au Venezuela. D’une part, les Etats-Unis ne sont pas intervenus directement dans la région depuis 30 ans (Panamá), d’autre part le coût politique et économique serait trop élevé. Il entrainerait une guerre civile très longue, et obligerait les Etats-Unis à s’enliser dans l’occupation du territoire et à affronter une population hostile, dont une bonne partie est entrainée militairement.  Cette option semble n’avoir d’ailleurs jamais eu les préférences de l’administration US (4). C’est pourquoi le président Trump a, dès 2017, sondé certains gouvernements de droite de la région sur la possibilité de lancer une guerre par procuration depuis les pays voisins du Venezuela.

    Là encore, le locataire de la maison blanche s’est vu administrer une fin de non recevoir. Les militaires brésiliens, qui de facto, se sont imposés au Palais de Planalto, voient d’un très mauvais œil la création d’un foyer de déstabilisation sur leurs frontières. L’armée redoute, à juste titre, qu’un conflit armé dans cette zone menace leur souveraineté et leurs intérêts stratégiques sur l’Amazonie brésilienne. 

    Quand à la Colombie, son Etat-major est parfaitement conscient qu’envoyer des troupes au Venezuela reviendrait à abandonner de larges portions de territoires non seulement aux protagonistes du conflit interne qui ronge la Colombie depuis des décennies, mais aussi aux bandes criminelles et aux paramilitaires qui pullulent dans le pays. Un conflit avec le Venezuela aurait des conséquences tragiques sur tout le territoire colombien. 

    Autre argument et de poids, les armées voisines connaissent désormais la nouvelle force de frappe vénézuélienne. Depuis l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez, le Venezuela a considérablement renforcé ses capacités militaires, notamment grâce à des accords de coopérations avec la Russie, et l’achat de matériel russe et chinois. La capacité de défense anti-aérienne (Buk-M2, S-125 Pechora, S-300, radars JYL 1 3D et JY1 B, mais aussi l’acquisition en masse de missiles sol-air portatifs Igla-S, et la formation de nombreux miliciens à son maniement) rend très risqué l’appui tactique de forces aériennes. Et même si une improbable opération au sol était lancée depuis les pays voisins,  il faudrait affronter une armée professionnelle préparée (5), et le Peuple en arme réuni au sein de la Milice Nationale Bolivarienne. En effet, depuis 2005, le Venezuela a radicalement changé sa doctrine militaire en l’adaptant aux techniques de la guerre asymétrique (6). A cet effet, le gouvernement a créé ce nouveau corps d’armée, qui compte aujourd’hui deux millions de membres. Envahir le Venezuela est une opération très compliquée, y maintenir une force d’occupation étrangère en pacifiant le pays relève de la chimère. 

    Ajoutons que depuis l’autoproclamation de Juan Guaido comme président, le 23 janvier 2019, l’Ecole supérieure de guerre de l’armée vénézuélienne a formé plus de 300 correspondants de guerre, en les entrainant aux cotés des bataillons de ses forces armées. Il serait donc très difficile pour quiconque envoie des troupes au Venezuela de masquer des pertes humaines à sa propre population. Aux risques militaires s’ajoute le risque politico-électoral pour ceux qui assumeraient, seuls, un tel projet. 

    Si la Colombie est l’unique pays latino-américain associé à l’OTAN, rappelons que le Venezuela a des partenaires diplomatiques et commerciaux de poids, ainsi que des accords technico-militaires avec plusieurs pays dont la Russie et Cuba. Le pays pourrait alors devenir une poudrière qui ne garantirait pas aux voisins belligérants que leur intégrité territoriale en sorte indemne (7).

    Malgré les gesticulations des présidents colombien et brésilien, il semble peu probable que la volonté des Etats-Unis de provoquer un conflit par procuration entraine ces pays à assumer, seuls, le poids de la guerre contre le Venezuela. 

    En revanche, rien ne les empêcherait d’intervenir dès lors qu’un conflit interne ou des provocations sous faux drapeaux leur en donnerait le prétexte. Mais il s’agirait dans ce cas de contenir la guerre hors de leurs frontières, et soutenir logistiquement le camp anti-bolivarien. Les déplacements récurrents de hauts responsables militaires des Etats-Unis en Colombie et les réunions entre les diplomates brésiliens avec le secrétaire d’Etat Mike Pompeo semblent avérer que ces pays seront tout de même impliqués dans le chaos guerrier à venir sans que leurs armées aient à assumer en intégralité le rôle d’agresseur. 

    Par ailleurs, si une invasion des Etats-Unis reste peu probable, Washington n’en est pas moins sur le pied de guerre (8). Le 13 mai 2019, dans un geste anti-patriotique historique, Juan Guaido a demandé la coopération des militaires étatsuniens pour intervenir dans son propre pays (9). Or le Venezuela est entouré de bases étasuniennes qui ne manqueront pas de servir d’appui militaire à un conflit armé. Les Etats-Unis disposent, en effet, de sept bases en Colombie, et de plusieurs autres dans les Caraïbes. Le 13 février 2019, l’Etat cubain dénonçait, en ce sens, l’installation de forces spéciales des Etats-Unis à Porto Rico et en République Dominicaine. Quand aux bases de Washington dans les Antilles néerlandaises, elles prennent une dimension particulière, se trouvant à quelques dizaines de kilomètres de la principale raffinerie du Venezuela (10).

    Les installations des Etats-Unis dans cette zone pourraient servir à réaliser le blocus naval souhaité par Washington contre le Venezuela (11). Cela ne manquerait pas de transformer les caraïbes en un théâtre d’opération militaire qui aurait pour conséquence de transposer la guerre aux portes de la France (et des Pays-Bas), et d’entrainer ces pays dans un conflit dont ils ne sont pas les initiateurs. En effet, en vertu du traité du 17 juillet 1980, la frontière entre la République française et celle du Venezuela est fixé par le méridien 62 degrés 48 minutes 50 secondes, situé au large de la Guadeloupe et de la Martinique (12).

    Bien que l’offensive militaire ait déjà commencé au Venezuela, comme nous l’analyserons ultérieurement, le conflit devrait prendre une tournure plus tragique au vu des récents mouvements de l’administration étatsunienne. L’embrasement du Venezuela, et par ricochet de certains ses voisins sud-américains et caribéens (Cuba et le Nicaragua sont dans la ligne de mire), semble plus que probable.

    Les intérêts en jeu au Venezuela révèlent une coalition d’alliance beaucoup plus large que celle qui a soutenu la République Arabe Syrienne en 2011, et assurent une protection relative à la Révolution Bolivarienne. Mais l’objectif des Etats-Unis est-il vraiment de changer de régime ou  de dévaster le Venezuela afin qu’aucune structure étatique ne puisse assurer le contrôle et la distribution des ressources minières et pétrolières ? (13).  

    Si l’on privilégie la deuxième option, les évènements deviennent intelligibles dans leur ensemble, et donc analysables. En morcelant l’unité du pays, en atomisant l’autorité de l’Etat sur le territoire, et en rendant impossible l’administration publique des richesses énergétiques et minières, les Etats-Unis entendent influer durablement sur la gestion des ressources naturelles du Venezuela. 

    Pour arriver à cette fin, les Etats-Unis n’ont pas besoin d’une armée régulière ; ni la leur, ni celles des voisins du Venezuela. Une armée irrégulière composée par de multiples acteurs internes ou étrangers se chargera de la destruction du pays, et du contrôle de certains territoires. C’est d’ailleurs le sens de l’appel lancé par Roger Noriega, vétéran de la sale guerre des Contras contre le Nicaragua dans les années 80 (14). Avant de décrire qui seront les futurs belligérants et de comprendre les stratégies qui ne manqueront pas d’être mises en place contre le Venezuela, revenons sur une étape fondamentale pour la constitution de cette armée criminelle. 

     

    2e partie: Constitution d'une armée parallèle (2/5)

     

    Notes: 

    (1) “Trump amenaza a Venezuela con intervención militar, Caracas dice que es un "acto de locura"”, Reuters, 12/08/2017,  https://lta.reuters.com/articulo/venezuela-trump-idLTAKBN1AR2H6-OUSLT

    (2) William S. Lind, Colonel Keith Nightengale, Captain John F. Schmitt (USMC), Colonel Joseph W. Sutton, and Lieutenant Colonel Gary I. Wilson (USMCR)

    “The Changing Face of War: Into the Fourth Generation”,  Marine Corps Gazette, October 1989, Pages 22-26. 

    (3) David Adams et Jannet Rodriguez, “US tightens the screws on Venezuela’s Maduro with banking sanctions”, Univision, 22/03/2019. 

    (4) Jackson Diehl, “Trump’s intervention in Venezuela has stalled — because Caracas knows he’s bluffing”, The Washington Post,31/03/2019, https://www.washingtonpost.com/opinions/global-opinions/trumps-intervention-in-venezuela-has-stalled--because-caracas-knows-hes-bluffing/2019/03/31/c985f642-5172-11e9-88a1-ed346f0ec94f_story.html?noredirect=on&utm_term=.c4f17dead8dc

    (5) Valentin Vasilescu, “Une intervention militaire ne peut pas renverser le gouvernement vénézuélien” Réseau Voltaire, 02/03/2019, https://www.voltairenet.org/article205410.html

    (6) Voir le discours du président, Hugo Chávez Frías, inaugurant  les activités académiques militaires le 10 janvier 2006”, http://www.todochavez.gob.ve/todochavez/2631-discurso-del-comandante-presidente-hugo-chavez-durante-acto-de-graduacion-del-i-curso-de-comando-y-estado-mayor-conjunto

    (7) “Rusia advierte a Colombia: cualquier incursión en Venezuela se considerará ataque a la paz y seguridad internacional”, La Iguana, 02/04/2019, https://www.laiguana.tv/articulos/456463-rusia-colombia-ataque-venezuela-considerar-paz-seguridad-internacional/

    (8) Max Blumenthal, “US Military Attack on Venezuela Mulled by Top Trump Advisors and Latin American Officials at Private DC Meeting”, The Gray Zone, 13/04/2019, https://thegrayzone.com/2019/04/13/us-military-attack-venezuela-trump-csis-invasion/

    (9) “El 'enviado' de Guaidó se reunirá con el Comando Sur de EE.UU. para planear cómo "restaurar la democracia" en Venezuela”, RT, 14/05/2019, https://actualidad.rt.com/actualidad/314821-guaido-confirmar-reunion-comando-sur-mayo

    (10) Reporteros comunitarios de Merida, “Curazao: El portaaviones en tierra del Comando Sur de los EEUU frente a Venezuela” Aporrea, 20/09/2016 https://www.aporrea.org/tiburon/n297405.html.Rappelons aussi que Curaçao et Aruba sont fortement impliqués dans la contrebande d’or et de cuivre en provenance du pillage des ressources du Venezuela, voir Misión Verdad, “Venezuela : Combien de cuivre et d'or Curaçao et Aruba exportent-elles ?”, VivaVenezuela, 11/01/2018, http://vivavenezuela.over-blog.com/2018/01/venezuela-combien-de-cuivre-et-d-or-curacao-et-aruba-exportent-elles.html

    (11) Jose Negron Varela, “Estados Unidos y la hipótesis del bloqueo naval a Venezuela”, Sputnik News, 03/05/2019,  https://mundo.sputniknews.com/firmas/201905031087060421-posible-bloqueo-naval-de-venezuela-por-eeuu/

    (12) Traité de délimitation entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Venezuela, 17/07/1980,https://treaties.un.org/doc/Publication/UNTS/Volume%201319/volume-1319-I-21969-French.pdf

    (13) Thierry Meyssan, “Le Venezuela et ses voisins peuvent-ils survivre à la guerre qui s’annonce ?”, 12/02/2019, https://www.voltairenet.org/article205089.html

    (14) “Villainy in Venezuela”, New York Post, 30/03/2019, https://nypost.com/2019/03/30/villainy-in-venezuela/

     

    source: https://www.romainmigus.info/2019/05/venezuela-comprendre-la-guerre-qui.html

     

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  • Ça n'est pour l'instant qu'un murmure : référendum. Mais voilà l'arme qui les fait trembler : votre portable
     

     
     

    Ma question ne s’adresse à aucun ministre.
    Ca n’est d’ailleurs pas une question. C’est une alerte.

    Françaises, Français,
    Ca n’est pour l’instant qu’un murmure : référendum.
    Un référendum sur les Aéroports de Paris.
    Un référendum pour ne pas brader ce trésor à Vinci.
    Un référendum, surtout, sur l’avenir, l’avenir que nous refusons,l’avenir que nous désirons.

    Voilà l’arme qui les fait trembler : votre portable.
    Ils ont peur.
    Peur de votre portable.
    Peur de votre tablette.
    Peur de votre ordinateur.
    Peur de vos signatures.
    D’emblée, d’ailleurs, le Premier ministre s’est étranglé : « C’est une situation dangereuse ! Cela pose un vrai et grave problème démocratique ! »
    Et il a bien raison: c’est la « démocratie » qui est en jeu.
    Pour lui, pour eux, la démocratie, c’est bien quand elle somnole dans cette Assemblée.
    La démocratie, c’est quand ils répètent en boucle « croissance », « concurrence », « compétitivité », « mondialisation », « déficit ».
    La démocratie, c’est de voter une fois tous les cinq ans, et ensuite circulez braves gens.
    Voilà, la démocratie qu’ils apprécient !

    Pour nous, au contraire, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun. Et il faut bien commencer par un bout, même petit:
    puisque le premier référendum d’initiative partagée, le premier de notre histoire, nous le permet, allons-y par le bitume des aéroports.
    Avant de passer à nos écoles, nos forêts, nos trains, nos maternités,
    nos tribunaux…

    Alors, ils vendent Charles de Gaulle ?
    Nous répondons : « Référendum ! »

    Ils cassent nos urgences?
    Nous répondons : « Référendum ! »

    Ils ferment nos classes ?
    Nous répondons : « Référendum ! »

    Ils polluent l’air, la terre, la mer?
    Nous répondons : « Référendum ! »

    Partout,
    sur nos cahiers d’écoliers,
    sur les murs de nos villes,
    sur nos pages Internet,
    nous écrivons ce nom:
    Référendum !

    C’est une frénésie qui doit saisir la France: 
    Référendum !

     

    source: https://francoisruffin.fr/referendum-adp/

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