•        Communiqué de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

    L’instrumentalisation de l’Islam est une violation de la laïcité (Libre Pensée -17/08/2015)

     

    L’instrumentalisation de l’Islam est une violation de la laïcité (Libre Pensée -17/08/2015)Il semble évident que l’échec du gouvernement à faire vivre « l’esprit du 11 janvier », c’est-à-dire l’instrumentalisation politique d’une indignation légitime au profit d’une politique d’union nationale  avec le MEDEF et l’Union européenne pour liquider les acquis sociaux et d’union sacrée avec les religions pour développer le communautarisme, conduit à une énième tentative d’instrumentaliser  l’Islam contre la laïcité de  l’Etat et contre la loi de 1905.

    Dans le grand orchestre communautariste, chacun joue de son instrument

    D’un côté, on voit Manuel Valls, Premier ministre PS de son état, se dépenser sans compter pour contrôler l’Islam à son profit gouvernemental. Le  ministre s’est donc rendu  le 3 mars 2015 à Strasbourg, en terre concordataire, pour rencontrer les étudiants et les enseignants du diplôme « Droit, société et pluralité des religions » à destination des futurs imams.

    Le message est clair : « il faut un Islam DE France, républicain et laïque ». C’est-à-dire une religion musulmane qui correspondrait aux voeux du Pouvoir politique. Une « religion laïque », c’est tenter de nous refaire le coup des « bonnes sœurs communistes », c’est le non-sens absolu. Vouloir la peindre en tricolore, c’est le syndrome des célèbres publicités d’antan pour les peintures Ripolin. L’Islam, comme toute conviction, a sa place EN France. Le vouloir DE France, c’est la nostalgie des colonisateurs qui voulaient une religion à leur mesure, bien de chez eux. C’est la nostalgie des « petits blancs » du Code de l’indigénat et de «l’Algérie Française »…

    Dans le même esprit, le Préfet des Yvelines a créé le Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (CIMY), le 16 juin en préfecture.  Il s’agit de constituer une « représentation » de l’Islam au goût du Gouvernement et qui dialoguera « utilement » avec les pouvoirs publics. C’est-à-dire une représentation religieuse aux ordres du Pouvoir politique.

    Ce n’est pas à l’Etat, ni aux pouvoirs publics, de décréter ce qui relève du « bon »Islam ou du mauvais, du « bon » musulman ou du mauvais, de l’assimilisationnable ou du non-intégrable. Cela relève d’une démarche concordataire et bonapartiste d’ingérence dans le religieux. Ceci est totalement contraire aux principes de Séparation des Eglises et de l’Etat.

    L’Etat chez lui, la religion chez elle !

    Quand le maire Front National de Mantes-la-Ville dans les Yvelines préempte un local qui a déjà été vendu à une association musulmane pour construire une mosquée, on n’est plus dans la laïcité, on est et demeure dans la xénophobie. Cela n’a qu’un but : empêcher les musulmans d’acquérir à leur frais propres (600 000 euros) un lieu pour leur culte. Dans ce cas précis, c’est l’association cultuelle musulmane qui respecte la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, c’est le Maire de Mantes-la-Ville qui la bafoue.

    Les religions comme les associations, quelles qu’elles soient, doivent pouvoir s’organiser librement, selon leurs principes, comme le prévoient les lois de 1901 et de 1905. Les ingérences de tout  pouvoir politique dans les religions et les associations sont inacceptables et contraires à la démocratie.

    Forcer les convictions de quelqu’un est contraire à la République et à la Démocratie

    Autre épisode de quelqu’un qui joue du violon au grand bal du communautarisme : Le Maire de Chalon-sur –Saône qui entend supprimer les repas de substitution quand il y a du porc à la cantine. Ce sont clairement les musulmans qui sont, une nouvelle fois, visés par cette mesure.

    Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la demande en référé d’une association musulmane UNIQUEMENT au motif qu’il n’y avait pas urgence à statuer. La mesure d’interdiction n’étant pas encore appliquée. Monsieur Platret,  Maire LR-ex-UMP, a bien tort de se réjouir aussi bruyamment de sa prétendue « victoire ».

    Dans ses motivations, "la juge concède que la restauration scolaire est un service facultatif, mais elle relève que les collectivités doivent veiller à ne pas priver certaines catégories de familles de la possibilité d'y accéder pour des considérations liées à leurs opinions religieuses ».

    Dans ce cas précis aussi, c’est le Maire qui viole un principe fondamental en République : nul ne peut être contraint dans ses opinions. C’est le principe même du respect de la liberté de conscience (Article Premier de la loi de 1905) qui est ainsi bafoué. Forcer des enfants à manger (ou les obliger de s’abstenir de manger) ce qu’ils ne veulent pas est une violation de la laïcité, qui, elle,  permet à chacun de vivre selon ses convictions «  à condition qu’elle ne trouble pas l’ordre public ». Où est le « trouble à l’ordre public » quand un enfant ne veut pas manger de porc ? Notons que les repas avec poisson imposé le vendredi n’ont jamais choqué ces prétendus « laïques » !

    De la même manière qu’il est scandaleux de forcer un végétarien à manger de la viande, il est inadmissible de forcer quelqu’un à manger un aliment qui lui contrevient, pour quelles que raisons que cela soit. Ajoutons que l’on ne cesse de nous parler de morale à l’Ecole. Où est la morale quand on s’en prend à des enfants ?

    Défendre la laïcité, c’est exiger l’abrogation de la loi Debré !

    Il est piquant de constater que tous les ci-devant dont la Libre Pensée a cité les noms dans ce communiqué, sont tous des chauds partisans du financement public des religions et de l’enseignement catholique, légalisé entre autres par la loi Debré du 31 décembre 1959.  Tous partisans aussi de la présence des crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République.

    Les authentiques partisans de la laïcité et de la défense de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, manifesteront à Paris le 5 décembre 2015 avec la Libre Pensée. Gageons qu’on n’y rencontrera pas les  faux « laïques », mais vrais calotins qui n’ont comme seule préoccupation « laïque » que de stigmatiser toujours plus les musulmans.

    Avec la Libre Pensée :

     

    Manifestons ensemble pour la défense de la loi de 1905 !

     

    Paris, place de la République, à 15H, le 5 décembre 2015

     

     

    Paris, le 17 août 2015

    L’instrumentalisation de l’Islam est une violation de la laïcité (Libre Pensée -17/08/2015)

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  • Sortie de la France du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), proposition du député communiste Jean-Jacques CANDELIER

    La proposition de résolution du député communiste du Nord, Jean-Jacques Candelier, le successeur de Georges Hage (premier président d’honneur du PRCF), est un acte de courage patriotique et internationaliste.

    A l’heure où les gouvernements successifs de la droite et de la fausse gauche se comportent en caniches de l’impérialisme américain, le positionnement de ce député franchement communiste n’est pas seulement digne, il est aussi un encouragement pour nous communistes du PRCF de continuer à exiger la sortie de notre pays de l’organisation criminelle et belliciste qu’est l’OTAN, et de sa filiale atlantico-formatée, l’Union européenne.

    Commission Internationale du PRCF

     

    N° 2939 – Proposition de résolution de M. Jean-Jacques Candelier visant à sortir la France du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN)

     

    N° 2939

    _____

    ASSEMBLÉE NATIONALE

    CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

    QUATORZIÈME LÉGISLATURE

    Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 7 juillet 2015.

    PROPOSITION DE RÉSOLUTION

    visant à sortir la France du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN),

    présentée par Messieurs

    Jean-Jacques CANDELIER, Patrice CARVALHO et Gaby CHARROUX,

    députés.

    EXPOSÉ DES MOTIFS

    Mesdames, Messieurs,

    Un appel pluraliste a été lancé pour la dénonciation par la France du Traité de l’Atlantique nord et le retrait de ses armées du commandement intégré.

    Le 21 mai 2015 à l’Assemblée nationale, lors du colloque intitulé « La France peut-elle retrouver une diplomatie indépendante ? », un ancien ambassadeur de France et ancien secrétaire général du Quai d’Orsay a déclaré que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) n’aurait pas dû survivre à la disparition de l’URSS et à la dissolution du Pacte de Varsovie. 

    Les initiateurs d’un appel de sensibilités républicaines et patriotiques diverses, ayant dans le passé, approuvé ou non l’existence de l’OTAN affirment unanimement, qu’en effet aujourd’hui, cette organisation n’a plus de raison d’être. 

    L’OTAN s’est en réalité élargie en intégrant, contrairement aux engagements pris envers Gorbatchev, nombre de pays anciennement socialistes, avançant ainsi méthodiquement dans un processus d’encerclement de la Russie en multipliant les bases militaires étasuniennes dans ces pays. 

    Cette politique ouvertement agressive s’est accompagnée de l’installation d’un bouclier de missiles anti-missiles à proximité de la Russie éventuellement destiné à permettre une première frappe nucléaire sur ce pays, en stérilisant ou en limitant de façon drastique ses possibilités de réplique. 

    C’est dans ce contexte géopolitique que l’Ukraine a vécu la « révolution orange », téléguidée par les États-unis et soutenue par l’Union européenne, qui a permis la mise en place par la force d’un gouvernement hostile à la Russie avec la participation de néonazis notoires. Il est temps que la France se dissocie de cette politique antirusse provocatrice qui risque de déboucher sur une troisième guerre mondiale éventuellement nucléaire. 

    Organisation politique et militaire, l’OTAN est tout à la fois l’instrument diplomatique et le bras armé qu’utilisent les États-unis avec la complicité des États vassaux au premier rang desquels se trouvent la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. 

    Le gouvernement américain, fort d’une doctrine militaire incluant la guerre préventive et l’usage d’armement nucléaire en premier, doté de plus de 700 bases militaires réparties sur tout le globe, et décidé à combattre la menace terroriste sans la volonté d’en rechercher les causes, conduit l’OTAN et donc la France à participer, dans un chaos organisé, à une guerre permanente au mépris de nos intérêts et de notre propre sécurité. De la Yougoslavie à l’Irak, de la Syrie à la Libye, la France use son potentiel militaire et son crédit diplomatique et oublie les valeurs de son peuple, au profit d’une politique définie à Washington. 

    En réalité, les États-unis mènent avec l’OTAN une politique d’agression et de guerre généralisée qui ne saurait demeurer plus longtemps celle de notre Nation. Il est grand temps que la France recouvre la souveraineté de ses décisions et la liberté de choisir ses partenaires en conformité avec sa philosophie et les intérêts du peuple français. 

    Il est tout à fait possible que la France renonce à son appartenance au traité de l’Atlantique nord et retire ses armées du commandement intégré. La France en redevenant libre devra exiger la dissolution de l’OTAN qui n’a plus de raison d’être.

    Sous le bénéfice de ces observations, il vous est demandé de bien vouloir adopter la présente proposition de résolution.

    PROPOSITION DE RÉSOLUTION

    Article unique

    L’Assemblée nationale,

    Vu l’article 34-1 de la Constitution,

    Vu l’article 136 du Règlement,

    Est favorable à la sortie de la France du Traité de l’Atlantique Nord ainsi qu’à la dissolution de cette organisation.

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  • Dictionnaire. L'hommage aux résistants  (LT-27/05/2015)Le chercheur Serge Tilly et l'historien Alain Prigent tiennent dans leurs mains l'ouvrage « Les fusillés », publié ce mois-ci.

     
    Historien et chercheur trégorrois, Alain Prigent et Serge Tilly ont participé, durant huit ans, à l'écriture d'un ouvrage unique, « Les fusillés ». Écrit par plus d'une centaine d'auteurs, dont ces deux fils de résistants, ce dictionnaire hors norme recense 4.235 biographies de personnes exécutées par les nazis en France, entre 1940 et 1944.
     
    Depuis les années 70, ils sortent de l'ombre des centaines de résistants, oubliés de la Seconde Guerre mondiale. De leur travail de bénédictin accouchent ainsi divers ouvrages, des « Cahiers de la Résistance », publiés dans les Côtes-d'Armor, au dernier né : « Les fusillés ». Un dictionnaire hors du commun qui recense 4.235 biographies de victimes du nazisme, entre 1940 et 1944, en France. Des personnages célèbres ou anonymes, des héros dont nos rues portent le nom aux martyrs qui ne figurent pas tous sur les plaques commémoratives.
     
    Un livre inédit et pharamineux
     
    Ce dernier projet a requis huit années de travail et 111 auteurs. Un groupe national a été piloté par l'historien Jean-Pierre Besse, décédé en 2012, Claude Pennetier, directeur du Maitron et chercheur au CNRS, Delphine Leneveu et Thomas Pouty, historiens. Des noms qui font autorité dans le récit de la Résistance. Réunis deux à trois fois par an au siège de l'association pour les études de la Résistance, à Paris, Serge Tilly et Alain Prigent ont pris part aux échanges pour constituer le dictionnaire. « La première difficulté a été de définir le terme fusillé », explique le binôme costarmoricain. « Après de longs débats, nous avons décidé de concentrer nos recherches sur les personnes fusillées en France, entre 40 et 44, après avoir été jugées par les autorités allemandes ». Un inventaire jusqu'alors inédit, publié 70 ans après la capitulation nazie du 8 mai 1945.
     
    « Des kilomètres d'archives »
     
    Retraités de l'enseignement, Serge Tilly, 73 ans, et Alain Prigent, 66 ans, fréquentent régulièrement les archives départementales, en Bretagne. « Chaque fois, on collecte des centaines de dossiers pour remonter des mines d'or, des kilomètres d'archives. Il peut s'agir de jugements, de fiches de disparition établies en gendarmerie à l'époque ou de listes de fusillés constituées à la Libération ». Autant de traces écrites pour recouper les informations, à la manière de véritables enquêteurs. « Après toutes ces années d'investigation, nous pouvons nous reposer sur des témoignages d'anciens et de familles pour croiser nos sources et raconter les faits réels ». Le binôme trégorrois a ainsi rédigé 250 biographies de Bretons, Costarmoricains en majorité, sur les 4.235 que compte le dictionnaire des fusillés. « Pour chacune, nous avons détaillé les notices, les références, pour que notre travail puisse être complété par ceux qui le désirent ».
     
    Un pari éditorial
     
    Publié par les Éditions de l'Atelier, « Les fusillés » représente un pari éditorial. Plus de 2.000 pages de papier bible, des biographies classées par ordre alphabétique, en partie illustrées par des photographies de résistants. « C'est un travail d'histoire et de mémoire pour mieux comprendre l'Occupation », précise la maison d'édition. « Il s'agit aussi de rendre toute leur place à celles et ceux qui, d'une manière ou d'une autre, se sont opposés aux forces nazies, à la Milice, au régime de Vichy ou aux chemises noires mussoliniennes et qui en ont été victimes ». Les coauteurs de l'ouvrage le concèdent : « On ne rentre pas dans ce livre par hasard. On cherche une notice, un nom... ». Ce n'est pas un roman, bien que les définitions de ces héros se lisent comme des récits épiques et tragiques. Ils racontent l'Histoire d'une façon singulière, plus intime. Les grands noms de la Résistance se mêlent aux acteurs locaux. Communistes, gaullistes, socialistes, syndicalistes ou simples patriotes. Juifs, chrétiens ou libres penseurs... Tous trouvent aujourd'hui leur place dans ce dictionnaire, pour la plus grande satisfaction de Serge Tilly et Alain Prigent. Qui se penchent désormais sur d'autres oubliés... « Nous travaillons sur les massacrés, ces personnes qui ont été tuées sans procès durant la Seconde Guerre mondiale par les Allemands. Il s'agira là aussi de leur rendre l'hommage qu'ils méritent ». Le dernier combat de ces deux fils de résistants...
     
    « Les Fusillés (1940-1944) » Aux éditions de l'Atelier, 1.952 pages, 200 photos, 30 €. Rencontre avec Alain Prigent et présentation de l'ouvrage, samedi, de 15 h à 18 h, à la librairie Gwalarn, rue des Chapeliers, à Lannion (22). Le vendredi 24 juillet, présentation, à Saint-Cyr Coëtquidan (56), au Salon du livre militaire.
     
     
    Romain Daniel
     

    Les fusillés (1940-1944)

     

     

    COMMANDER

    1952 PAGES • Relié
    Date de parution : 4 Mai 2015
    ISBN 978-2-7082-4318-7
    EAN-ISBN 9782708243187
    Prix Unitaire: 30,00 €

     

    Les fusillés (1940-1944)


     COLLECTIF


    Ils étaient communistes, gaullistes, socialistes, syndicalistes, ou bien tout simplement patriotes ; juifs, chrétiens, ou libres-penseurs. Certains étaient des résistants actifs, d’autres furent arrêtés en raison de leurs origines, de leur engagement militant ou de leur refus de l’Occupation. Tous subirent jusqu’à en perdre la vie l’appareil répressif mis en place par les occupants nazis, les fascistes italiens et les autorités vichystes. Leurs parcours, d’une extrême diversité, convergent le plus souvent vers un but commun : lutter contre la barbarie.

    Ce livre réunit les biographies de ceux qui furent fusillés en France entre 1940 et 1944. Il rappelle les conditions de leur arrestation et de leur exécution et retrace leur itinéraire, leur vie, leurs engagements. Fruit d’un exceptionnel travail d’historiens, cet ouvrage rend aux fusillés de la Seconde Guerre mondiale un hommage citoyen. Ils sont présents à nos mémoires.

    Ce dictionnaire biographique a été rédigé par un collectif d’une centaine d’auteurs, sous la direction de Claude Pennetier (directeur du Maitron, chercheur CNRS/CHS Paris-I), Jean-Pierre Besse (1949-2012, historien), Thomas Pouty (historien), Delphine Leneveu (CRHQ-UCBN/CNRS). Il s’inscrit dans la collection Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social.

     
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    Ils étaient 42 députés Syriza, soit 6 de plus qu’à la précédente session du 23 juillet, à s’opposer au projet de “sauvetage” de la Grèce par ses créanciers vendredi très tôt le matin. À la tête de la rébellion, Zoé Kostandopoulou, Yanis Varoufakis et Panagiotis Lafazanis.

    42 députés, c’est presque un tiers des élus Syriza au Parlement grec. Autant dire que la rupture est en passe d’être consommée au sein du mouvement emmené par un Alexis Tsipras à la position de plus en plus fragilisée.

    Alexis Tsipras dans ses petits souliers

    Aujourd’hui, ce dernier, dans ses petits souliers, pourrait bien avoir fort à faire pour emporter un vote de confiance au sein de la Vouli (Parlement grec). Car s’il bénéficie du soutien de l’opposition de droite et du centre pour voter tous les “accords” imposés par les créanciers, pas sûr qu’il en serait de même pour lui accorder un blanc-seing très politique.

    Au point qu’on peut s’attendre à l’imminence d’élection anticipée provoquée par un Premier ministre grec qui se croit encore investi d’un fort soutien populaire et qui sait que celui-ci a toutes les chances de fondre quand les nouvelles mesures d’austérité draconiennes exigées par le 3e memorandum auront fait sentir leurs cruels effets sur la population, dès octobre prochain.

    On peut par ailleurs douter de l’importance de ce soutien populaire. Comme pour ce qui concerne la question de l’adhésion à l’euro, ce soutien supposé n’est pour l’heure vérifié que par des sondages. Or on a vu lors du référendum du 5 juillet combien ceux-ci, armes de défense massive au main de la citadelle mainstream assiégée, étaient sujets à caution et leurs conclusions plus fantasmées que vérifiées par les urnes.

    La résistance s’organise

    En attendant, la résistance politique s’organise et s’amplifie — 5 députés récalcitrants de plus, ce n’est pas rien ! — contre les capitulards tsipriotes, qualificatif méprisant attribué au camp des partisans d’Alexis Tsipras par l’indispensable Panagiotis Grigoriou sur son blog, Greek crisis [1].

    Zoé Kostandopoulou , présidente de la Vouli, fait désormais figure de mère courage irréductible dressée contre la politique calamiteuse d’austérité infligée par un Premier ministre grec qui ne sait pas trop comment se défaire de cet encombrant et virulent personnage.

    Yanis Varoufakis , ex-ministre des finances, est le type même de l’intellectuel formé par le “système”, défenseur un temps du système, mais qui, revenu de tout et dégoûté par ce qu’il y a vu, finit par se rebeller contre ce dernier. On peut juger Yanis Varoufakis fantasque et imprévisible. Mais le fait est que malgré quelques erreurs de trajectoire, il a su maintenir le cap de l’opposition à la débandade tsipriote, le seul aussi, comme le note Jacques Sapir, à bénéficier d’une aura médiatique et populaire susceptible de le propulser en leader charismatique de la résistance le moment venu.

    Panagiotis Lafazanis , ex-ministre de l’Énergie écarté par Tsipras pour rebellitude lors de la capitulation du , est sans doute le moins médiatiquement connu des trois. Mais, informe Romaric Godin sur la Tribune, c’est lui qui anime la Plateforme de gauche récalcitrante de Syriza et qui appelle aujourd’hui, avec douze autres députés Syriza, à la création d’un nouveau mouvement “anti-mémorandum”. C’est bien lui qui reprend le flambeau du “oxi” triomphant et qui attend sans doute avec impatience la tenue du prochain congrès d’un Syriza au bord de la crise de nerfs.

    On le voit, la bataille grecque est loin d’être terminée. Le clan des résistants bénéficie de deux soutiens (involontaires) de taille : l’irréalisme suicidaire du 3e memorandum, reconnu par ceux-là mêmes (Tsipras) qui l’ont signé, et la bêtise aveugle d’oligarques européens (allemands compris) dépassés par des évènements qu’ils ne contrôlent plus.

    On ne saurait terminer ce petit tour d’horizon du champ de bataille sans remarquer un troisième facteur de trouble pour faire trembler ce qui reste des députés tsipriotes godillots : le peuple grec lui-même, qui déjoua tous les pronostics mainstream le 5 juillet dernier. Dès qu’un député est élu, sachez qu’il peut vite tomber sous l’influence ramollissante des émoluments coquets qui vont avec et que sa priorité sera de se les préserver. Sans doute la raison du silence sépulcral qui, dans la nuit de jeudi à vendredi, suivi le vote morveux de la Vouli en faveur des diktats imposés à la Grèce par ses créanciers.

    « Le Parlement grec est comme une église. Extrêmement silencieux. Ils craignent tous que le soutien au gouvernement soit vacillant. Ils ont tous peur des élections. » (Dim Rapidis @rapidis)

    Pierrick Tiellet, le 14/08/2015

    Notes:

    [1] Presque en même temps que ce billet, paraît un réquisitoire sans pitié de Panagiotis Grigoriou contre « Tsiprandréou », Premier ministre grec « “légiférant” en violation de la Constitution et contre la volonté populaire exprimée par le 62% du ‘NON’ » : Mémorandum Tsipras .

    source: yetiblog.org

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  •  Communiqué

    Fédération Nationale CGT Agroalimentaire & Forestière 

    Filière porcine : «Nous ne lâcherons rien ! » [communiqué de la FNAF-CGT du 11/08/2015]

     

    Bigard et la Cooperl, dans le peloton de tête des industriels de la viande, ont boycotté lundi le Marché au cadran du porc en Bretagne. Soutenus par un communiqué de presse de la chambre patronale (SNIV-SNCP), ils dénoncent le prix du porc trop élevé fixé par les pouvoirs publics pour venir en aide aux éleveurs en difficultés « sans se soucier des abattoirs » disent-ils. La participation de la Cooperl, abattoir coopératif, dont la direction devrait en théorie être assumée par les éleveurs, laisse pour le moins songeur. Les déclarations de représentants de l’agrobusiness, qui existent aussi dans la filière porcine, au delà de quelques effets de manche sur une soi-disant prise d'otage des éleveurs, expriment leur compréhension de l’action des industriels. L'opération médiatique et l'alliance des gros éleveurs et industriels visent à culpabiliser les salariés des abattoirs qui seraient trop payés.  

    C'est tout à fait scandaleux pour ceux qui connaissent les réalités sociales et conventionnelles des salariés des industries de la viande, le SMIC pour la grande masse d'entre eux, des conditions de travail et d'hygiène déplorables qui engendrent des troubles musculo-squelettiques, des emplois précarisés. Si par ailleurs l'objectif est d'instiller une nouvelle dose de chantage pour obtenir une TVA sociale, véritable rançon que l’on veut imposer aux consommateurs, avant tout salariés eux-mêmes, nous ne serons pas parmi les naïfs qui pourraient se laisser prendre au jeu.  

    Depuis des années, les politiques menées par les industriels agroalimentaires, le patronat de la grande distribution et le gouvernement aboutissent à maintenir la part de l'alimentation dans le budget des ménages à un niveau bas pour ne pas augmenter les salaires. Cette logique passe par une pression sur les prix payés aux producteurs agricoles et par des concentrations-restructurations dans l’industrie agroalimentaire et la distribution qui détruisent l'emploi et bradent les outils de travail. Ces politiques ne bénéficient ni aux. salariés dont le pouvoir d'achat diminue, ni aux petits el moyens agriculteurs. Le patronat de la filière viande s'est inscrit bien évidemment dans cette stratégie. Les industriels qui s'insurgent contre le soutien du cours du porc ne sont pas à plaindre, loin s'en faut. Comment Bigard a-t-il pu racheter en quelques années Socopa et Charal si ce n'est grâce à l'exploitation des salariés et à l’augmentation de la productivité, aux spéculations et opérations financières et fiscales multiples spoliant la nation, aux exonérations de cotisations sociales et autres ClCE… et à la pression sur les prix payés aux éleveurs?  

    Si la filière subit les répercussions de l'embargo russe et quelque autre plus ancien, d'une baisse de la consommation liée au pouvoir d'achat populaire en berne, ou encore de la hausse de production de pays de I'Union européenne, les salariés ne sont en aucun cas responsables de cette situation, d' autant que les patrons comme le gouvernement, leur dénient tous droits d'intervention dans la gestion des entreprises ou du pays. Ils n'ont à supporter ou à payer en aucun cas les conséquences d'orientations patronales, gouvernementales et européennes dont le but essentiel est d'accroître les profits de ceux qui usent de chantage aujourd'hui, des agrobusinessmen aux groupes capitalistes de l'industrie alimentaire ou de la distribution.  

    Ceux qui peuvent croire que la signature d'une charte de «bonne conduite» de la part du patronat mettrait fin à la volonté d'exploiter toujours plus les salariés, de poursuivre leur restructuration au détriment de l'emploi et de I'outil de travail manquent pour te moins de quelque lucidité.  

    La fédération et ses syndicats réagiront avec force contre toute remise en cause des quelques acquis sociaux, légaux et conventionnels des salariés des professions concernées. La vigilance et la mobilisation sont de rigueur. 

    Montreuil , le 11 août 2015 


     

     

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  • Déclaration- de la Libre Pensée-A propos de l’encyclique papale "Laudato si" -par Jean-Sébastien PierreÉcologisme et Vatican :

    le syncrétisme (saint quiétisme)  ultime ?

     
    Voici donc que Jorge Mario Bergoglio, dit le pape François, nous gratifie d’une interminable encyclique (laudato si : 186 pages et deux petites prières), consacrée pour l’essentiel aux questions de l’écologie – entendez de l’environnement. Sa parution a été précédée d’une campagne médiatique forcenée dans laquelle le journal La Croix s’est évidemment illustré. Les libres penseurs ne pouvaient se dispenser d’analyser en profondeur cette production de l’adversaire. En dépit de son caractère extrêmement verbeux, on découvre au fil de sa lecture un texte très politique.

    Sous couvert des problèmes d’environnement, dont vraisemblablement le plus haut dignitaire de l’Église catholique se moque comme de sa première chasuble, il ne s’agit rien moins que de rassembler les forces politiques les plus variées et les plus efficaces de l’impérialisme mondial autour des solutions éprouvées de l’institution ecclésiale pour faire accepter leur sort aux opprimés. Cela se fait, bien entendu au nom de la « lutte contre la pauvreté », fond de commerce principal de la maison depuis deux millénaires, avec les résultats exaltants que l’on connaît.

    L’encyclique revêt trois aspects : En premier lieu, un ralliement partiel à l’écologisme politique qui est aussi un appel à ce dernier. En second lieu une référence assez hypocrite à la Théologie de la Libération, et enfin une actualisation exacerbée de la Doctrine sociale de l’Église. Ces trois aspects sont absolument convergents et défendent un ordre mondial qu’il s’agirait seulement de moraliser. Rien de bien nouveau, mais l’opération fonctionne.

    Le « ralliement » à l’écologisme politique

    L’encyclique opère un ralliement presque complet à toutes les thèses emblématiques de l’écologisme (sauf peut-être le nucléaire) : décroissance, réchauffement climatique, biodiversité, déforestation. La manière dont il aborde la décroissance est caractéristique : «Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties». Il s’agit bien de parties du monde et non de classes sociales. Il est donc sous-entendu que ce sont les peuples des pays développés qui doivent entrer en décroissance, prétendument au profit de ceux des pays défavorisés.

    La référence au réchauffement climatique n’apparaît pas moins de neuf fois dans le texte. Bergoglio s’y est rallié en dépit de l’opposition d’une partie des cardinaux notamment Pell. Il s’abrite derrière le consensus scientifique, et en tire immédiatement les conclusions qui arrangent l’institution : « Le climat est un bien commun de tous et pour tous ». « L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation ». Bien sûr, le réchauffement est causé par « l’énorme consommation de certains pays riches », dont les peuples sont accusés d’avoir une responsabilité directe sur les régions les plus pauvres de la terre. Et si le pape met en cause les « multinationales » (comme les écologistes), ce n’est pas pour accuser le capitalisme, mais l’attitude non chrétienne de ces entreprises en les appelant à la moralisation : « Ces situations provoquent les gémissements de sœur Terre, qui se joignent au gémissement des abandonnés du monde, dans une clameur exigeant de nous une autre direction.»

    Voilà que, plus fort que Jeanne d’Arc, il entend gémir la Terre ! Pour cette phrase certains évêques ont lancé l’accusation grave de polythéisme ! Peu importe. L’important c’est la notion de maison commune, concept fondamental de tout le corporatisme de l’Église catholique. Elle est dans le sous-titre et apparaît douze fois dans l’ensemble du texte ! Tous, riches et pauvres, nous habitons la même maison, nous avons donc les mêmes intérêts. Les discours apocalyptiques des écologistes radicaux sont bienvenus puisqu’ils appuient la doctrine sociale de l’Église, subsidiaire et corporatiste.

    L’appel aux écologistes comme soutien idéologique

    Et Bergoglio ne ménage pas ses appels à cette mouvance politique : « Le mouvement écologique mondial a déjà parcouru un long chemin, digne d’appréciation, et il a généré de nombreuses associations citoyennes qui ont aidé à la prise de conscience ». Il fait le lien avec la subsidiarité : « La société, à travers des organismes non gouvernementaux et des associations intermédiaires, doit obliger les gouvernements à développer des normes, des procédures et des contrôles plus rigoureux ». Enfin il fait le lien entre la dite société civile et les satellites de l’Eglise catholique et appelle les innombrables associations qu’elle anime à rejoindre le mouvement : « Un effort de sensibilisation de la population incombe à la politique et aux diverses associations. À l’Église également. Toutes les communautés chrétiennes ont un rôle important à jouer dans cette éducation. J’espère aussi que dans nos séminaires et maisons religieuses de formation, on éduque à une austérité responsable, à la contemplation reconnaissante du monde, à la protection de la fragilité des pauvres et de l’environnement » (page 163 - sourate 214). L’austérité responsable… Tout un programme !

    Théologie de la « libération » ou du maintien de  l’exploitation ?

    D’aucuns interprètent l’encyclique comme un ralliement à la Théologie de la libération. Ce serait étrange de la part d’un prélat qui a soutenu activement la dictature de Videla en Argentine et n’a – au minimum – rien fait pour empêcher les persécutions que cette tendance de l’Église catholique a subies. On a qualifié également l’ouvrage de tiers-mondiste. La Libre Pensée n’a jamais entretenu aucune illusion sur cette tendance ecclésiastique qui a pu, un moment, servir de flanc gauche à une Enlise qui sait avoir toujours plusieurs fers au feu. On ne peut nier cependant que des prêtres, inspirés par ou se réclamant de cette théologie ont combattu pour la libération de leur peuple et ont subi la répression. On ne peut oublier, a contrario, que la Congrégation pour la Doctrine de la foi a condamné ce mouvement en 1984. Laudato si marquerait-il donc un ralliement de l’Église en la personne de Bergoglio à une idéologie libératrice pour les pauvres du tiers monde ? Une lecture attentive du document ne montre rien de tel.

    Certes, Bergoglio se réfère abondamment aux travaux du CELAM (Conseil Episcopal Latino- Américain) qui a vu naître le terme en 1968, mais, il s’agit de la Vème conférence en 2007 et, quand il emploie le terme de « libération », c’est soit dans un sens spirituel, soit de libération des maux environnementaux. Pour le reste, le discours n’a pas varié depuis Rerum novarum et Quadragesimo anno qu’il cite à plusieurs reprises. Sortir de la pauvreté, oui, mais en aucun cas par la révolte de ceux qu’il nomme les pauvres, uniquement par la sollicitude chrétienne des puissants, des Etats, des organisations internationales. Il va même jusqu’à suggérer un gouvernement mondial : « il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, [saint] Jean XXIII »

    Quant à sa sollicitude pour les pays pauvres, elle ne sert qu’à inciter les peuples des pays riches à se serrer la ceinture. Le traitement de cheval infligé à la Grèce doit le combler, puisque la Grèce, européenne, fait évidemment partie des régions nanties qui consomment immodérément. Jésuite jusqu’au bout des ongles, il n’ira jamais jusqu’à dire que là est la bonne voie. En bref, Laudato si est la seconde modernisation de Rerum novarum après Quadragesimo anno.   

    C’est encore et toujours la Doctrine sociale de l’Eglise

    Elle est omniprésente dans toute l’encyclique, on peut même dire que c’en est le vrai sujet. La nouveauté réside dans le fait que Bergoglio a parfaitement compris la parenté profonde de cette doctrine sociale, avec celle de la plus grande part des organisations écologistes. Il a donc l’intention de susciter une alliance avec cette mouvance politique, particulièrement au niveau de l’Union Européenne, mais pas seulement, pour garantir l’ordre mondial et s’opposer, en fait, à la révolte qui monte. Il a parfaitement compris à quel point l’écologisme nie les rapports de classe en promouvant un activisme dirigé contre certaines grandes entreprises, ou de manière vague contre les « multinationales » sans jamais remettre en cause fondamentalement le système du profit, rebaptisé « économie de marché », qu’il s’agirait seulement de réglementer et de moraliser. Là où le dit pape François va plus loin que ses prédécesseurs, c’est qu’il reconnaît l’utilité idéologique de l’écologisme, parfaitement intégré dans la pensée dominante. A part cela, Bergoglio reprend les termes mêmes de Léon XIII, réclamant une « juste rétribution » des efforts du travail et en incitant  les puissants aux vertus chrétiennes.

    De ce point de vue, l’une des deux petites prières qui clôt l’encyclique est un vrai chef d’œuvre :

     
    « Ô Dieu des pauvres,
    […]
    Touche les cœurs
    de ceux qui cherchent seulement des profits
    aux dépens de la terre et des pauvres. »

    Une foule d’arguments théologiques

    Si l’opuscule fait 186 pages, c’est que la pilule n’est pas forcément facile à avaler par les franges les plus conservatrices et les moins politiques de la Curie romaine. Beaucoup de vieux cardinaux voient encore les écologistes comme une force de subversion gauchiste. Ils n’ont pas encore compris que l’écologisme est devenu part de l’idéologie dominante, Bergoglio si. Il y a également des réticences dans la clientèle bourgeoise traditionnelle. Par exemple, une dénommée Nathalie MP, diplômée de l’ESSEC, voit dans ce texte une attaque contre le libéralisme (sur le journal internet Contrepoints.org). Il faut quand même de bons yeux. Civitas s’est abstenu de célébrer l’encyclique. Alors, Bergoglio, qui sait que la pilule peut être amère, joue de La pensée franciscaine comme alibi à l’écologisme. Laissez venir à moi les petits oiseaux. En faux franciscain et vrai jésuite, il agite la pensée de François d’Assise comme Bisounours pour les soldats du Christ.

     

    Le ralliement des écologistes

    Le moins que l’on puisse dire est que l’appel à l’œcuménisme a été bien compris par les écologistes. L’encyclique a suscité chez eux un enthousiasme extraordinaire. Il faut dire que l’opération avait été préparée par le bâton de pèlerin de Nicolas Hulot (plénipotentiaire spécial de François Hollande). Dans leur chemin de Damas, les organisations écologistes n'y vont pas de main morte.

    « Habemus papam ecologicum » communique Europe- Ecologie les Verts le 18 juin en ajoutant : «Rejet du consumérisme, apologie de la sobriété, dénonciation des puissances de l’argent, questionnement légitime autour du progrès et en particulier des OGM...» et François de Rugy, Président du groupe parlementaire écologiste à l'Assemblée nationale d'ajouter : « Je suis frappé de voir à quel point l’encyclique est convergente avec ce que nous disons depuis des années ». Et tous de souligner à quel point l'expression de « maison commune » est juste et agréable à leurs oreilles. Il n'en faut pas plus pour qu'ils se vautrent littéralement dans le cléricalisme : « Qu’une autorité morale de ce niveau rappelle à quel point la situation est grave donne de la crédibilité à nos thèses » applaudit le sénateur EELV Le Dantec. Pour eux, l’Église reste une valeur sûre. Bien évidemment, il existe de menues pommes de discorde telles que la démographie et l'avortement mais, pour paraphraser un film culte : « nobody’s perfect! ». Vont-ils communier dans la chapelle du Parlement de Strasbourg ? Voilà qui serait d’une grande portée symbolique !

    L’ultime syncrétisme ?

    Laudato si invite à l’alliance de deux des forces porteuses d’idéologie les plus réactionnaires du monde. Au profit de qui ? Au premier chef, de l’ordre mondial, pour plus que jamais, obscurcir les voix de la révolte devant la décomposition sociale grandissante du monde. Mais au bout du compte, cet ultime syncrétisme a pour vocation de ranimer la vigueur de l’Église catholique apostolique et romaine, bien mieux organisée que l’informe nébuleuse écologiste.
     

    La Libre Pensée ne peut que s’opposer à cette nouvelle entreprise cléricale.


    Jean-Sébastien Pierre

    Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée

    Professeur émérite à l’Université de Rennes-1

    Spécialiste en Ecologie mathématique

    Paris, le 15 août 2015

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  •  Débats- E. Todd. « La société française exclut »  « Dans un futur assez lointain, tout sera apaisé », estime le sociologue.

     
    Emmanuel Todd participait mercredi 12 août au Café littéraire de Clohars-Carnoët (Finistère). Dans son dernier livre « Qui est Charlie ? » (*), le sociologue estime que l'esprit du 11-Janvier est le résultat d'une ambiguïté fondamentale et d'une manipulation. Il répond ici à la polémique. dans un entretien avec Philippe Reinhard du Télégramme.
     
    « Qui est Charlie ? » En tout cas, ce n'est pas vous...
     
    C'est clair que je me sens tout à fait en dehors du mouvement du 11-Janvier. Mais ce que je pense n'est pas très important. En théorie, un sociologue est censé se mettre à l'extérieur des choses. C'est sans doute pourquoi j'ai été extrêmement surpris par la violence des réactions à la sortie du livre.
     
    La plupart des responsables politiques évoquent les « valeurs républicaines ». Existent-elles vraiment ?
     
    Elles existent ; elles vivent leur vie. Mais je rappelle l'existence de deux France. Une France centrale, libérale, égalitaire, et puis une France périphérique qui a des valeurs opposées. Je montre dans mon livre que le mouvement « Je suis Charlie » était plutôt ancré dans les valeurs périphériques opposées et que, d'une certaine façon, la revendication de liberté, d'égalité et de fraternité qui est celle du mouvement « Je suis Charlie » et des politiques relève, du point de vue de l'anthropologie historique, de l'escroquerie puisque la réalité de la France est une société de plus en plus inégalitaire, une société qui exclut. Elle produit désormais deux grands groupes d'exclus : les électeurs populaires du Front national et les enfants d'immigrés dans les banlieues. Actuellement, la France ne mérite pas sa devise.
     
    Le mouvement « Je suis Charlie » masque-t-il une forme nouvelle d'islamophobie ?
     
    C'est évident. Et d'ailleurs, il ne la masque même pas. La thématique centrale de la manifestation était le droit de caricaturer. Dans les jours qui ont suivi les attentats, c'était un devoir de caricaturer Mahomet, le personnage central de l'islam. Ce qui est surprenant, c'est que l'on puisse nier cette évidence.
     
    Cette islamophobie s'accompagne-t-elle, comme vous le dites, d'une résurgence de l'antisémitisme ?
     
    Elle ne le déguise pas. On a les deux ensemble. Si on prend la totalité de la séquence historique que nous sommes en train de vivre, on voit que les actes antisémites caractéristiques viennent plutôt de jeunes de banlieues d'origine immigrée. Si on a une vision sociologique globale, on se rend compte qu'une société qui laisse se développer une forme assez massive d'islamophobie va encourager toutes les passions religieuses et racistes négatives. Islamophobie et antisémitisme forment un couple infernal. C'est pour cela que j'en veux beaucoup aux gens qui gèrent cela : les politiques et les idéologues. Et qui font semblant de ne pas voir que plus d'islamophobie et plus de diabolisation de l'islam mèneront à plus d'antisémitisme et à plus de risques pour la communauté juive.
     
    Concernant l'islam, vous dites qu'il faudra choisir entre confrontation et acceptation. Laquelle de ces voies vous paraît-elle devoir être choisie ?
     
    La conclusion du livre est raisonnablement pessimiste. Dans un futur assez lointain, tout sera apaisé. Mais dans l'immédiat, j'envisage plutôt une accentuation des tensions. Dans la mesure où les tensions de la société globale vont s'accentuer, il est à prévoir que la recherche d'un bouc émissaire - l'islam en premier lieu - va continuer pendant un certain temps. C'est pourquoi je dis que je suis raisonnablement pessimiste. Pessimiste pour le moyen terme et optimiste pour le long terme.
     
    * Éditions du Seuil
     
     
    En complément Sur l'«esprit du 11 janvier» : le débat Emmanuel Todd-Alain Badiou

     
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  • Billet Rouge-Boycottez Hildalgo ! – par Floréal

    C’est dans le cadre de l’opération annuelle « Paris-Plage » qu’Anne Hidalgo, la maire « socialiste » de Paris, promeut benoîtement le jumelage de Paris avec Tel-Aviv, la capitale économique d’Israël.

    Bien entendu, la figure de proue de la « gauche » bobo jure ses grands dieux que cette promo touristique de la « douceur de vivre » à Tel-Aviv n’a rien de politique…

    Ben voyons ! Car ça n’a rien de « politique », voyez-vous, si à Tel-Aviv la bourgeoisie libérale israélienne jouit de toutes les commodités de l’existence pendant qu’un Mur de l’apartheid enclave et morcèle les territoires palestiniens indûment occupés…

    Rien de « politique » si les Palestiniens sont privés d’eau par l’accaparement néocolonial de toutes les ressources aquifères de leur territoire ancestral.

    Rien de « politique » si des colons israéliens, installés dans les territoires occupés en violation des résolutions de l’ONU, font griller des maisons arabes avec les nourrissons qui s’y trouvent ;

    Rien de « politique » si Gaza n’est qu’une prison à ciel ouvert régulièrement agressée, bombardée, exterminée ;

    Rien de politique si, pendant que les uns bronzent sur les plages, d’autres, qui sont contrôlés et humiliés vingt fois par jour par la soldatesque de Tsahal. Israël n’est-il pas ce joyeux Etat « festif » où tout récemment, un fanatique religieux récidiviste a tué à l’arme blanche, sous l’œil indolent des policiers, une jeune Arabe qui participait à la Marche des Fiertés ?

    Bref, c’est en tout « apolitisme » qu’aux uns revient la « douceur de vivre », tandis qu’aux autres échoit l’horreur de mourir !

    En réalité, Mme le Maire de Paris, vous êtes aussi « internationaliste » quand il s’agit de défendre les peuples opprimés que vous êtes digne descendante de républicains espagnols quand vous vous pavanez devant Juan Carlos et que vous êtes l’authentique successeur d’Etienne Marcel quand vous massacrez la langue française au profit du tout-anglais transatlantique (cf tout récemment le méprisable « Hacking de l’Hôtel de ville », parrainé par vos soins) : tout se tient, et la trahison des peuples, espagnol, palestinien… français, ne se divise pas !

    Militants franchement communistes et anti-impérialistes, nous ne pouvons donc qu’approuver la légitime indignation de L’Humanité, la voix autorisée du PCF muté, quand ce journal dénonce à la Une votre indécente promo de Tel-Aviv, dont le vrai sens est de contrer la campagne BDS (qui invite à boycotter tout ce qui provient d’un Etat pratiquant notoirement l’apartheid). Mais alors, chers rédacteurs de l’Huma-mutée, il convient de pousser votre logique jusqu’au bout : si vous et vos amis écolos êtes sincères quand vous parlez de solidarité franco-palestinienne (et de soutien aux courageux Israéliens qui combattent la colonisation…), que ne démissionnez-vous donc pas sur le champ de cette majorité municipale PS que vous avez fait élire en ralliant la liste Hidalgo dès le premier tour en 2012, au grand dam de nombreux communistes et progressistes parisiens ?

    Elus et maires-adjoints parisiens du PCF et des Verts, Boycottez, Désinvestissez, Suspendez donc votre participation indécente à cette majorité pseudo-progressiste qui n’est que l’appendice du très atlantique, euro-libéral et patronal gouvernement Hollande, et ce coup d’éclat militant fera mille fois plus pour la solidarité avec les peuples en lutte que toutes vos aimables fières proclamations de papier !

    Floréal le13/08/2015

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  • Rupture révolutionnaire et socialisme, l'apport de Lénine par Jean Salem

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  • « Soyons Franchonnistes, pas scissionnistes ! » par CGT du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais (IC.fr

    source: initiative-communiste.fr

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