• Tous en grève le 8 septembre

    Pour une autre réforme du collège et de meilleures conditions de travail et d'étude en collège comme en lycée

    Communiqué intersyndical

    La rentrée 2016 devrait voir mise en œuvre la réforme du collège imposée par le gouvernement alors même qu'elle est toujours contestée par la majorité des personnels du second degré. Ces derniers qui ont manifesté tout au long de l'année dernière leur opposition et leur volonté d'une reprise des discussions pour une autre réforme n'ont pas désarmé. L'autoritarisme, le mépris manifestés par la ministre de l'Éducation qui a négligé de répondre aux demandes d'audience de l'intersyndicale du second degré, la désorganisation causée dans les collèges par la réforme n'ont fait que renforcer la détermination à combattre cette dernière.

    L'intersyndicale a appelé les collègues à ne pas mettre en œuvre des dispositifs imposés et qu'ils jugent inefficaces ; elle demande à l'ensemble des personnels du second degré de recenser et faire remonter dans le cadre des assemblées générales de pré rentrée tous les problèmes d'une rentrée qui s'annonce très difficile : collège, lourdeur des effectifs en lycée, insuffisance des moyens affectés à la vie scolaire, emplois du temps …La poursuite des mobilisations conduites durant l'année précédente doit déboucher sur l'abrogation de la réforme et l'ouverture rapide de discussions sur d'autres bases. A l'approche d'échéances électorales importantes le gouvernement doit enfin entendre les personnels

    Après les congés d'été, c'est avec combativité que les personnels entament ce début d'année scolaire décidés à agir pour leurs métiers et leurs élèves, lutter contre les inégalités et le maintien de garanties collectives mises à mal dans la loi travail comme dans l'Éducation

    C'est pourquoi l'intersyndicale du second degré appelle les personnels à se mettre en grève et rejoindre les manifestations le 8 septembre pour une autre réforme du collège et de meilleures conditions de travail et d'étude en collège comme en lycée.

    Elle les invite à s'associer aux initiatives prises par l'intersyndicale interprofessionnelle CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL, le 15 septembre pour obtenir l'abrogation de la loi Travail imposée par l'utilisation du 49-3 et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

     

    source: communcommune.com

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  • Le triste anniversaire du 3e mémorandum grec -par Anouk RENAUD (CADTM 22 août 2016)

    Le 13 juillet 2015 est considéré désormais comme marquant la capitulation grecque. À cette date, le gouvernement Syriza-Anel conduit par Alexis Tsipras a conclu un accord avec l’Union européenne, qui s’est soldé par la signature officielle d’un troisième mémorandum le 14 août 2015. |1| Une véritable volte-face du gouvernement par rapport à ses engagements de campagne et au résultat du référendum du 5 juillet. |2| Depuis lors, les débats stratégiques vont bon train au sein de la gauche radicale sur les alternatives possibles |3|, mais un point est sûr : ce troisième mémorandum approfondit et consolide les deux précédents. Car qui dit accord de prêt avec l’Union européenne, dit conditions. Tandis que la Grèce n’est plus sous les feux des projecteurs médiatiques, retour (non exhaustif) sur un an de casse sociale, d’assujettissement exacerbé et de dislocation du pays.

    Fiscalité : la TVA qui monte, qui monte…

    C’était l’un des piliers des plans d’ajustement structurel imposés au pays du Sud, c’est l’un des piliers de la cure d’austérité imposée à la Grèce et particulièrement du troisième mémorandum : augmenter les impôts indirects au premier rang desquels la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Dès mi-juillet 2015, comme prérequis pour ouvrir les négociations à un troisième accord, le parlement grec vote le passage de la TVA de 13 % à 23 % pour toute une série de produits et services, dont la restauration, les services funéraires, les billets de spectacles… mais aussi le café, le thé, les épices, l’huile (sauf l’huile d’olive), le sucre. |4| En mai 2016, rebelote. Dans la foulée du vote le 8 mai de la loi de réforme fiscale, la Vouli – le parlement grec- adopte le 22 mai toute une série de mesures noyées dans 7 000 pages de texte législatif. |5| La TVA est relevée d’un point et s’élève désormais à 24 % sur plusieurs produits de base, comme les pâtes, le riz, le café mais aussi le tabac et l’essence. Le 8 mai, le seuil d’exemption d’impôt sur le revenu annuel a également été abaissé de 9 550 euros à 8 636 euros alors que Syriza promettait dans son programme de le réhabiliter à 12 000 euros. |6|

    Les agriculteurs sont une des catégories socio-professionnelles particulièrement ciblée fiscalement par ce troisième mémorandum et la loi votée le 8 mai. L’objectif : réduire radicalement la petite paysannerie grecque pour ouvrir un boulevard à l’agrobusiness encore peu implanté en Grèce. Un horizon clairement assumé par le gouvernement, pour qui la finalité serait que deux tiers des agriculteurs « sortent du métier », que des 750 000 agriculteurs sollicitant des subventions dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) n’en restent plus que 275 000. |7| Pour y parvenir, l’artillerie lourde est sortie : annulation des exemptions sur le carburant diesel, élévation de la TVA à 23% sur le matériel et les intrants agricoles, suppression du seuil de non-imposition de 12 000 euros, doublement de la taxation sur le revenu qui atteindra 26% en 2017, paiement de cet impôt de façon anticipée, augmentation des cotisations sociales de 30% de leur revenu. À quoi s’ajoutent l’abandon du projet de renégociation des prêts bancaires et la libéralisation du marché du lait, qui vont avoir un effet désastreux sur les exploitations agricoles grecques, qui sont à 90% de taille petite ou moyenne. Face à l’annonce de toutes ces mesures, les paysans ont résisté par un important mouvement social en 2015 mais qui malheureusement n’a pas fait reculer le gouvernement de Tsipras.


    Sécurité sociale : diminution des retraites, saison 6

    Le premier acte de la « réforme » des retraites menée par le gouvernement Tsipras s’est déroulé en octobre 2015 et correspondait à la mise en œuvre de mesures clairement spécifiées dans le troisième mémorandum. Là encore, du Nord au Sud, les exigences de la Troïka ne se caractérisent pas par leur originalité, puisqu’on y trouve le désormais fameux report de l’âge légal de départ à la retraite. À partir de 2022, un salarié pourra toucher une retraite à taux plein à 62 ans s’il réunit 40 annuités ou à 67 ans sous réserve d’un minimum de 15 annuités. Les départs en pré-retraite sont largement freinés pour parvenir à leur disparition complète en 2022. Le complément versé aux retraités les plus pauvres (l’EKAS) prendra également fin progressivement jusqu’en 2019. Pour ce qui est des retraites actuelles, elles sont également touchées, via une hausse des cotisations santé. De 4 à 6 % pour les pensions principales et de 0 à 6 % pour les complémentaires, moyennant des ponctions rétroactives.

    L’étape suivante de ce démantèlement des retraites (dont le contenu était censé être laissé à l’appréciation du gouvernement grec, selon les modalités du troisième mémorandum) a pris plusieurs mois avant son adoption. Et pour cause ! Consacrant une réduction significative des retraites, cette réforme – fameuse ligne rouge d’antan- s’est heurtée à la colère et à la mobilisation des organisations syndicales et autres résistances. C’est après plusieurs mois ponctués de grèves générales et de blocages, que le parlement hellénique est parvenu à arracher (à une faible majorité) une loi intitulée « système unifié de sécurité sociale, réforme du système des retraites et règlement de l’impôt sur le revenu ». Sous couvert d’une simplification du système, la retraite sera décomposée en trois parties. Tout d’abord, une retraite nationale fixe de 384 euros. Puis, une retraite principale, dont le montant dépend des années de cotisations. La base de calcul ne considérant que les cinq meilleures années en termes de salaires est élargie à l’ensemble des salaires et le taux de remplacement passe de 60% à 40,7%. |8| Enfin, une retraite complémentaire pour ceux et celles qui auront cotisé. |9| Durcir les conditions et les critères du droit à la retraite revient à en baisser les montants, qui plus est dans un contexte de chômage généralisé où il va devenir de plus en plus difficile de réunir le nombre d’annuités requis pour obtenir une retraite digne de ce nom. Sur la pension moyenne grecque, soit 750 euros par mois, la baisse est estimée à 15%. |10| En termes de financement, le gouvernement Syriza souligne que les cotisations vieillesse sont rehaussées de 1 point de pourcentage côté employeur contre 0,5 point côté salariés. Oubliant de mettre en balance ce petit point de pourcentage avec une baisse des cotisations patronales de 3% il y a deux ans…

    Cette refonte du régime des retraites grecques ne se cantonne pas à une série de mesures qui vont appauvrir encore un peu plus les retraités, elle modifie fondamentalement le caractère de ce système au profit d’un système de retraite par capitalisation. Si cette réforme version troisième mémorandum marque la sixième baisse des retraites grecques depuis que la tutelle de la Troïka étouffe le pays, et bien que le dessein de modifier la nature même du régime de retraites était déjà à l’agenda des précédents mémoranda, le gouvernement Syriza-Anel a commencé pour la première fois à lui donner corps.


    Privatisations : tout doit disparaître !

    Dans la droite lignée des gouvernements précédents, la grande braderie grecque se poursuit et s’accentue. Le troisième mémorandum fixe un objectif de 50 milliards d’euros à atteindre via un large programme de privatisation, géré par un nouveau fonds de privatisation qui prendra la place de l’agence TAIPED |11| créée en 2011.

    La première privatisation d’envergure menée par le gouvernement Tsipras a été la concession pour une durée de quarante ans des droits d’exploitation et d’extension de quatorze aéroports régionaux, en décembre 2015. Le montant de cette opération est évalué à 8 milliards d’euros |12| sur la durée totale de la concession. Bien que le bénéfice annuel généré par ces aéroports se soit élevé à 150 millions, soit 6 milliards d’euros sur 40 ans, ce réseau aéroportuaire se caractérise par un très fort potentiel économique. Et cela n’a pas échappé à la Troïka. En effet, initialement, la Grèce prévoyait de privatiser l’ensemble de ses aéroports à travers deux lots mélangeant les installations déficitaires et celles bénéficiaires. Mais les institutions européennes ont rejeté ce projet et ont exigé que le paquet à privatiser ne contienne que des bonnes affaires. |13| Et l’effet d’aubaine ne s’arrête pas là… Les conditions du contrat signé par Fraport, la société allemande qui a obtenu le marché, s’avèrent plus qu’avantageuses : exonération des taxes foncières ou locales et aucune obligation de conserver les prestataires, fournisseurs, commerçants… des aéroports. Les pouvoirs publics grecs s’engagent même à indemniser ces derniers s’ils venaient à ne pas être renouvelés par Fraport ! Idem pour les salariés qui se verraient licenciés. Et ça continue… dans la mesure où la Grèce va même jusqu’à s’engager à prendre en charge les accidents du travail et les éventuelles expertises environnementales à réaliser ! |14| A ce point-là, on ne sait plus si on doit parler de bonne affaire ou de véritable hold-up. Les détails croustillants sur ce dossier de privatisation sont décidément foisonnants, puisque le TAIPED avait désigné Lufthansa Consulting comme conseiller technique de l’appel d’offre. Or, cette entreprise n’est ni plus ni moins actionnaire à la hauteur de 8,45 % de Fraport, qui elle-même appartient majoritairement au land de Hesse et à la ville de Francfort.

    A peine un mois après cette privatisation des aéroports, en janvier 2016, Syriza finalisait la vente du port du Pirée. C’est la compagnie chinoise Cosco, qui gérait déjà deux des trois terminaux via un contrat de concession signé en 2008, qui obtient le marché. Ce qui n’a pas en soi été très difficile puisque l’appel d’offre ne s’adressait qu’à elle. Encore une fois les instances publiques grecques demeureront les grandes perdantes de cette transaction. Cosco a en effet déboursé 368,5 millions d’euros pour acheter le port, mais TAIPED estime que le gain total de cette opération s’élève à 1,5 milliards en y ajoutant les futures recettes fiscales et les 350 millions d’investissements promis par la compagnie. Toutefois, ce calcul ne prend pas en compte le fait qu’avec cette vente l’État grec se prive des loyers de la concession qui lui restait à percevoir soit au moins 700 millions. Et quant aux investissements promis, il ne faut pas oublier que le contrat de vente contient une clause qui prohibe toute sanction envers Cosco en cas de non-respect de ses engagements… |15|

    Les prochaines privatisations d’envergure seront le port de Thessalonique et les chemins de fers. Pour 2016, la Grèce a budgété 2,33 milliards d’euros de produits issus des privatisations. À titre de comparaison, les privatisations de 2013, 2014 et 2015 ont rapporté respectivement 984, 667 millions et 67 millions d’euros. Ce qui signifie que le gouvernement grec compte vendre en un an des biens publics pour une valeur supérieure à celle de ceux vendus en trois ans. |16|

    D’ailleurs le 22 mai, la Grèce passe à la vitesse supérieure en termes de privatisation en votant la création d’une nouvelle société privée en lieu et place du TAIPED : le HCAP S.A (Hellenic Corporation of Assets and Participations S.A.). Ce super-fonds fonctionne comme un véritable holding avec quatre filiales sous sa direction et qu’elle possède juridiquement : l’agence de privatisation TAIPED, le Fond Hellénique de Stabilité Financière (FHSF) et deux autres entités chargées de monétariser les actifs, entreprises et autres propriétés de l’État grec. |17| Alors que le TAIPED gérait 25% des actifs grecs pendant 6 ans, la totalité |18| des actifs grecs est transférée (sans contreparties) au HCAP S.A qui en détient la pleine propriété juridique et ce pour 99 ans ! C’est déjà plus de 71 500 patrimoines publics |19| qui ont été cédés à ce fonds, ce qui représente ni plus ni moins le plus grand transfert de propriété dans un pays d’Europe de l’Ouest. Le conseil de direction de l’HCAP S.A comprend cinq membres, dont deux sont nommés directement par la Troïka (et dont l’un est le président du fonds, comme l’exige ses statuts) et trois par le gouvernement grec… après validation explicite de cette même Troïka.


    Banques privées : préparer le terrain de jeu des fonds vautours.

    Dans la flopée des mesures pré requises votées en août 2015, on trouve deux mesures très significatives pour les banques privées. D’une part, les banques sont devenues au regard de la loi grecque des créanciers privilégiés. Autrement dit en cas de faillite d’une entreprise, leurs créances doivent être recouvertes en priorité avant paiement éventuel des salaires, des indemnités de licenciement ou autres fournisseurs. D’autre part, les procédures du code civil ont été modifiées, pour permettre notamment d’accélérer les expulsions, les liquidations de résidences principales et d’en baisser le coût procédural.

    En automne 2015, suite à son évaluation de l’état de santé des banques grecques, la BCE estime que les besoins de financement de celles-ci s’élèvent à 14 milliards d’euros, dont 5,4 milliards seront directement versés en décembre par le Fonds Hellénique de Stabilité Financière (FHSF). Pour rappel, le troisième mémorandum prévoit un fonds de réserve de 10 à 25 milliards destiné à satisfaire les besoins en capitaux des banques grecques.

    Ce même mois de décembre 2015, les dispositions de liquidation des crédits pourris des banques inscrites dans l’accord de prêt commencent à être mises en œuvre. Le feu vert est ainsi donné aux banques pour qu’elles revendent leurs non-performing loans, c’est-à-dire les crédits pourris qui ne sont plus remboursés depuis au moins 90 jours. La réforme du code civil grec voté en août 2015 prend alors tout son sens, étant donné qu’elle va permettre aux fonds de spéculation qui vont les racheter d’exiger plus facilement l’expulsion des citoyens grecs endettés et de récupérer l’hypothèque de leurs maisons… Syriza avait tenté de renforcer les garde-fous aux saisies immobilières, mais les créanciers ne l’entendaient pas vraiment de cette oreille. Après quelques désaccords sur les chiffres et donc sur le nombre de personnes surendettées épargnées par les pratiques prédatrices des banques et autres fonds spéculatifs, les deux parties sont parvenues à un terrain d’entente en novembre 2015 : une loi qui prévoit, sous conditions, la saisie des biens dont les propriétaires ne parviennent plus à rembourser leurs prêts. Les conditions en question sont que la valeur de la résidence soit supérieure à 170 000 euros et que le revenu annuel du débiteur soit supérieur à 8 180 euros pour une personne seule et à 20 639 euros pour un ménage de deux enfants ou plus. Ces critères vont protéger seulement 25 % des hypothèques. |20| À titre de comparaison, la loi antérieure adoptée par le gouvernement Samaras interdisait les saisies des maisons valant moins de 200 000 euros si le revenu annuel du propriétaire ne dépassait pas 35 000 euros et son patrimoine 270 000 euros.

    Au même moment fin 2015, et alors même que depuis 2010 les sommes d’argent public injectées dans les banques grecques s’élevaient à 42,7 milliards euros, les autorités publiques grecques ont revendu, à des prix encore une fois très intéressants, des parts qu’elles détenaient dans les banques grecques. Si le FHSF possède toujours des actions au sein du capital des banques grecques, rappelons qu’il n’y exerce pas pour autant un contrôle et que d’ici cinq ans le troisième mémorandum prévoit une privatisation complète du secteur bancaire.

    Pour enfoncer le clou et faire sauter toutes les entraves qui pourraient se dresser sur la route des fonds de spéculations et des banques, le 22 mai, une mesure de libéralisation de vente des crédits bancaires a été adoptée par la Vouli.


    Souveraineté : vous avez dit colonie ?

    Le troisième mémorandum ne se cantonne pas à une liste de mesures d’austérité bien précises, il consacre également, noir sur blanc, un cadre qui régit les relations entre Athènes et les institutions, puisqu’il stipule que : « le gouvernement [grec] doit consulter les institutions et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au parlement ». Les réformes de structures prises par le gouvernement Syriza-Anel révèlent bien la nature des relations qu’entérine l’accord, à savoir la continuation d’une mise sous tutelle néocoloniale.

    En automne 2015, la Grèce a mis sur pied un conseil de discipline fiscale composé de sept membres dont trois sont nommés par le ministère des finances grec mais uniquement après aval des institutions et deux directement par la Troïka. Depuis le 22 mai 2016, si la Grèce venait à s’éloigner trop des objectifs budgétaires fixés, ce conseil peut appliquer un « mécanisme de correction » qui permet de réaliser des coupes budgétaires de façon automatique, sans passer par vote parlementaire ou simple décret. Et pour rappel, l’Eurogroupe a imposé un objectif d’excédent budgétaire de 3,5% du PIB à partir de 2018. Autant dire une mission impossible. Il est donc presque certain que ce mécanisme, surnommé koftis en grec (la pince coupante, le sécateur) sera utilisé.

    Le package voté le 22 mai 2016 par le parlement hellénique comprend également une réforme du statut du trésor public grec. Déjà autonome dans son action et l’utilisation de son budget depuis le premier mémorandum, il devient désormais une agence complètement indépendante ayant le monopole de l’interprétation de la législation en matière fiscale et dont les décisions ont même valeur de décret ministériel. Vous l’aurez deviné, cette autorité indépendante des revenus publics est elle aussi sous tutelle de la Troïka.
    Comme le résume Stathis Kouvélakis, la Troïka contrôle donc les dépenses mais aussi les recettes de la Grèce. Elle se voit également dépourvue de sa politique monétaire qui est à Francfort. Et de conclure que « La Grèce se trouve maintenant placée sous un régime de tutelle, qui existait déjà depuis le début des mémorandums et le règne de la Troïka, mais qui se trouve maintenant verrouillé à un niveau sans précédent. L’Etat grec a été dépouillé de tous ses leviers d’action possibles ». |21|


    Le cauchemar a-t-il une fin ?

    Toutes ces mesures appliquées par le gouvernement Syriza-Anel depuis un an dans le cadre de l’application du troisième mémorandum s’inscrivent dans le sillon de celles mises en place depuis 2010, mais elles en poussent la logique à un niveau inédit, que ce soit en matière de privatisations, réforme des retraites ou mainmise des institutions financières sur le pays. De plus, alors que le protocole d’accord n’y faisait pas mention, la Grèce sous-traite dorénavant la politique migratoire assassine de l’Europe avec la conclusion et l’application de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie depuis mars 2016.

    Le ministère des affaires étrangères grec a également exprimé son désaccord avec la politique européenne d’étiqueter différemment les produits provenant des territoires occupés palestiniens. Une position pro-israélienne confortée par la désignation de Jérusalem comme la capitale d’Israël par Tsipras ou encore la poursuite de l’accord de coopération militaire avec Tel Aviv dès août 2015.

    À quand la lumière au bout du tunnel pour les Grecs ? Pas demain vraisemblablement. Dans les mois à venir la Troïka et le gouvernement grec vont s’atteler à des nouveaux dossiers et notamment une réforme du droit du travail. Déjà largement attaqué par cinq années mémorandaires, on aurait pu croire qu’il ne restait plus grand chose aux Grecs en termes de droit du travail… Mais cela n’a pas d’importance pour les institutions européennes, qui en veulent toujours plus. Après avoir fait voté l’ouverture des magasins le dimanche à l’été 2015, les procédures des licenciements collectifs, la restriction du droit de grève (ou plutôt de ce qu’il en reste !), la protection des syndicalistes et le financement public des syndicats sera au menu de la prochaine revue du quartet à Athènes.

    Comment clôturer cette sinistre rétrospective sans évoquer la dette… qui justifie la mise en œuvre de toutes ces mesures. Dégager des excédents budgétaires |22| pour honorer les échéances de remboursements est devenu ainsi le nouveau crédo du gouvernement grec, tentant de légitimer son allégeance aux créanciers grâce à la perspective d’un allègement de cette dette. Une perspective qui pourtant ne fait que s’éloigner toujours un peu plus. Le 24 mai dernier l’Eurogroupe s’est engagé à ouvrir des discussions sur une restructuration de la dette grecque en 2018 si le 3e mémorandum était bien appliqué et si cela était nécessaire. Aucune garantie donc. D’autant que même si cette discussion venait à avoir lieu son cadre est déjà largement circonscrit puisqu’il ne sera pas question d’un réel allègement du montant de la dette grecque. Et qu’une réduction aussi minime soit-elle, sera encore et toujours conditionnée à la poursuite de mesures néolibérales destructrices.

     


    Sources générales :

    • Léonidas Vatikiotis, intervention « Mémorandums « de gauche » : dégâts, résistances et alternatives », Bruxelles, 29 février 2016
    • Stathis Kouvélakis, intervention « Après la capitulation de Syriza quelles stratégies pour la Gauche en Europe ? », Paris, 4 juin 2016
    • Le Monde.fr, AFP, AP et Reuters, « La Grèce adopte de nouvelles mesures de rigueur pour assurer la suite de son aide », Le Monde, mai 2016. Accessible à : http://www.lemonde.fr/crise-de-l-eu...

    Remerciements : l’auteure remercie pour leur relecture et leurs suggestions précieuses : Tassos Anastassiadis, Marie-Laure Coulmin-Koutsaftis, Stathis Kouvélakis, Fabien Perrier et Eric Toussaint. L’auteure est entièrement responsable des éventuelles erreurs contenues dans ce travail.

     

    Notes

    |1| Le protocole d’accord a été conclu avec le Mécanisme européen de stabilité (MES) après approbation de l’Eurogroupe. Le Fond monétaire international devrait participer également à ce programme de financement.

    |2| 61% des votants ont répondu « non » aux mesures proposées par l’Union européenne.

    |3| C’est notamment une des raisons d’être de l’initiative Plan B en Europe. Pour plus d’informations, voir : http://www.cadtm.org/Un-Plan-B-pour... ; http://www.cadtm.org/Un-plan-B-pour...

    |4| Elisa Perrigueur, « En Grèce, la hausse de la TVA exaspère les commerçants, « fatigués », Le Monde, juillet 2015. Accessible à : http://www.lemonde.fr/crise-de-l-eu...

    |5| Alexia Kefalas, « De nouvelles hausses de la TVA mettent la Grèce au régime sec », Le Figaro, Mai 2016. Accessible à : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...

    |6| À titre de comparaison, ce seuil d’exonération est de 9 700 euros pour la France et de 7 380 euros pour la Belgique.

    |7| Léonidas Vatikiotis, intervention « Mémorandums « de gauche » : dégâts, résistances et alternatives », Bruxelles, 29 février 2016

    |8| Dimitris Stratoulis, « Des coups mortels portés au système des retraites », résumé par Stathis Kouvélakis, CADTM, août 2016. Accessible à : http://www.cadtm.org/Grece-La-mort-...

    |9| Romaric Godin, « Grèce : le gouvernement présente sa réforme des retraites », La Tribune, janvier 2016. Accessible à : http://www.latribune.fr/economie/un...

    |10| Romaric Godin, op.cit.

    |11| Appelée également Hellenic Republic Assets Development Fund (HRADF) en anglais

    |12| Ces 8 milliard d’euros comprennent le 1,23 milliards d’euros payé à l’État grec lors de la conclusion du contrat, auquel s’ajoutent les droits de concessions et des impôts payés annuellement. Voir Niels Kadritzke, « Grande braderie en Grèce », Monde Diplomatique, juillet 2016

    |13| Niels Kadritzke, op. cit.

    |14| Niels Kadritzke, op. cit.

    |15| Niels Kadritzke, op. cit.

    |16| Léonidas Vatikiotis, op. cit.

    |17| Commission européenne, Compliance Report. The Thrid Economic Adjustement Programme for Greece. First Review, June 2016, page 11

    |18| Avec quelques infimes exceptions, telles que les sites archéologiques.

    |19| Massimo Prandi, « Grèce : le parlement approuve des nouvelles mesures d’austérité », Les Echos.fr, mai 2016. Accessible à : http://www.lesechos.fr/monde/europe...

    |20| Eva Betavatzi, « L’évolution du discours sur la dette grecque », CADTM, mars 2016. Accessible à : http://www.cadtm.org/L-evolution-du-discours-sur-la

    |21| Stathis Kouvélakis, intervention « Après la capitulation de Syriza quelles stratégies pour la Gauche en Europe ? », Paris, 4 juin 2016

    |22| Un excédent budgétaire c’est quand, service de la dette exclu, un État parvient à avoir plus de recettes que de dépenses.


     
     

     

    source:  cadtm.org 

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  • Dispensaire
     
     

    Ce reportage, en français, décrit les motivation et les actions menées dans les dispensaires de santé solidaires et autogérés par la population en Grèce.

     

     

    source:  oligrecsnimes.collectif-citoyen.fr

     

     

     

     

     

     

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  • La ferme aux 15 000 porcs en justice (OF 31/08/2016)Deux associations attaquent l'extension d'une exploitation finistérienne. Elles en dénoncent les risques pour l'environnement.

    « Une autorisation absurde. » Avenir et environnement en Pays d'Iroise, et Eau & Rivières de Bretagne viennent de déposer un recours contre l'extension d'un élevage porcin, à Landunvez (Finistère). La Sarl Avel Vor pourrait à terme produire chaque année 15 000 porcs, les associations avançant de leur côté le nombre de 26 000...

    Et ce sont bien les conséquences environnementales de cette production qui inquiètent les deux associations. Selon elles, « en accordant cette autorisation, le préfet du Finistère s'assoit sur la protection de l'eau et du littoral ». Elles mettent notamment en avant le fort taux de nitrates relevé sur le captage de l'exploitation, et le risque de prolifération des algues vertes sur le littoral, proche du siège de l'exploitation.

    Les deux associations estiment d'ailleurs que la situation actuelle n'est déjà pas bien folichonne : « Enclavée à proximité du bourg de Landunvez et d'une école, cette porcherie géante est déjà source d'importantes nuisances pour les riverains. » Nuisances qui avaient amené le commissaire enquêteur a donner un avis défavorable au projet.

    « Pas d'atteinte à l'environnement »

    Mais « l'instruction du dossier a permis de lever toutes ces observations », souligne l'arrêté préfectoral du 1er avril dernier, autorisant l'extension. Pour les services de la préfecture, en effet, « les mesures compensatoires retenues [par l'exploitant agricole] sont de nature à répondre » aux inquiétudes soulevées lors de l'enquête publique. Ils en concluent que le projet ne portera « pas atteinte à la commodité du voisinage, la santé, la sécurité publique ou la protection de l'environnement ».

    Olivier PAULY.

    source: Quotidien Ouest-France 31/08/2016

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    ête de l'eau au Quinquis. Musiques, expositions, visites et jeux  (LT.fr-30/08/2016)

    L'équipe du Carepa, toujours aussi alerte et motivée.
     
    C'est le signal de la rentrée qui mêle le retour aux débats d'actualité (environnement, démocratie locale) et les musiques estivales. La Fête de l'eau du Quinquis est programmée le dimanche 4 septembre : un temps de transition apprécié, pour petits et grands.
     
    « Ils ne nous auront pas à l'usure. Nous sommes collectivement indestructibles ». Daniel Ferrenbach, président du Carepa (Citoyenneté active pour le retour à l'eau pure et l'assainissement au Quinquis), avait le sourire en coin, vendredi matin, à la MPT d'Ergué-Armel. Même si la moyenne d'âge de l'association de défense du ruisseau du Quinquis est avancée, ce n'est pas l'entrain qui manque. Première illustration, le rendez-vous de vendredi était donné pour présenter la Fête de l'eau, qui devient au fil des ans un mini-festival militant avec de multiples animations et pas moins de sept groupes musicaux sur scène, dans la prairie du Quinquis.
     
    « Améliorations mineures »
     
    Si Daniel Ferrenbach précise que l'association ne se décourage pas, c'est qu'elle aurait des raisons de douter de la volonté d'avancer des collectivités. On est encore loin de l'idée de faire du Quinquis un cas d'école valorisant : celui de la reconquête d'une rivière dénaturée par la zone industrielle qu'elle traverse, une zone qui s'agrandit toujours et un bassin versant qui s'artificialise avec de nouveaux lotissements, comme prochainement à Linéostic. « Nous nous battons depuis 40 ans avec Youn Henry », rappelle Roger Le Page, le dernier agriculteur riverain, première victime de la pollution des eaux.
    « Même s'il y a eu quelques améliorations mineures arrachées par l'association, on est loin du compte sur les problèmes fondamentaux », regrette Daniel Ferrenbach. Il estime qu'il n'y a aucune volonté d'avancer sur les trois demandes majeures de l'association : la création d'un bassin de rétention de 18. 000 m³ en amont du Quinquis, la sortie du lit de la rivière de la canalisation des eaux usées qui peut parfois fuiter, le traitement des eaux de ruissellement. « La réponse des élus est négative, rappelle Daniel Ferrenbach. Ils estiment que la situation actuelle est viable, en s'appuyant sur des analyses qui leur semblent satisfaisantes. Or rien que sur ces analyses, nos conclusions divergent car elles indiquent des dépassements de normes à plusieurs endroits ». « Nous continuons à demander un programme d'ensemble sur ce bassin-versant, insiste Daniel Ferrenbach. Car, pour l'instant, il y a des rustines qui sont posées au fil des extensions de la zone ».
    C'est tout cet esprit de résistance, et aussi de convivialité, qui fait la force du Carepa, qui sera mis en musique le dimanche 4 septembre sur le site. Tous les artistes se produisent en soutien à l'association.
     
    Le programme de la fête
     
    Voici un aperçu du programme : après une inauguration à 11 h, qui permettra de rappeler quelques vérités aux élus invités et un repas de crêpes, à partir de midi, le programme artistique débutera à 14 h avec K-Smile (reggae-dance), Soul and mirror (soul), Mandala Bay (rock 70) ; à 15 h, Louis Bertholom (jazz-poésie) ; à 16 h, Oozvoo (rock, folk, country) ; à 17 h, à l'Abordage (chants de marins) ; à 18 h, Big'stew (rock celtique). On verra aussi sur place le graffeur Hoz et les sculptures de Marc Morvan. Côté animations : visites de la ferme du Quinquis, du bassin versant, expositions sur l'environnement, jeux et manèges pour les enfants. Et le tout est gratuit.
     
    Contact
    Site : carepa.uqea.eu.
    Mél. carepa.du.quinquis@orange.fr.
    Tél. 06.07.04.67.71.
     
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  •  Le collectif quimpérois de Nuit Debout effectuera sa rentrée ce week-end. Il rassemblait une soixantaine de personnes environ avant les vacances d'été (photo d'archives).
     

     
    Nuit Debout fera sa rentrée samedi dans toute la France, « après une pause estivale ayant permis à chacun de reprendre des forces en vue de la suite du combat pour la démocratie et le respect de chacun ».
     
    « Suite aux trois jours de rencontres et d'échanges ayant eu lieu en forêt de Paimpont les 13, 14 et 15 août, les différentes Nuit Debout présentes ont décidé d'une action commune pour la rentrée, lit-on dans un communiqué. Elle prendra la forme d'un banquet gratuit et ouvert à tous, axé sur deux thèmes : " Prendre place " et " Naissance de la démocratie " ».
     
    « Nuit Debout Quimper a choisi de proposer un banquet bio, cuisiné en majeure partie avec des ingrédients récoltés auprès de maraîchers bio présents sur le marché de Quimper le matin même. Chacun est libre d'apporter sa contribution, sous forme d'un plat ou d'un dessert confectionné par ses soins en mode auberge espagnole. En plus du repas, qui sera l'occasion de faire connaissance et d'échanger, des débats autour du thème retenu et l'assemblée générale de reprise seront organisés ».
     
    Le banquet se tiendra aux alentours des Halles Saint-François à 19 h. Rendez-vous est donné à partir de 18 h 30, devant la Mie Câline. La récupération des invendus au marché se fera à partir de 13 h et l'après-midi sera consacré à la cuisine.
     
    Contacts Nuit Debout Quimper sur Facebook ou nuitdeboutquimper@gmail.com.

    Source: letelegramme.fr
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  • Par certains aspects de sa trajectoire, M. Chevènement est un homme politique estimable. On se souvient de ses positions contre la première guerre contre l’Irak, de son engagement pour la République et contre le séparatisme régionaliste, de sa position patriotique contre Maastricht et la constitution européenne, de son affrontement avec le social-maastrichtien Jospin, de sa défense du français contre le tout-anglais, etc. Hélas, il n’a jamais coupé le cordon ombilical avec le PS, indispensable pour être élu au second tour et sans lequel l’accès aux médias est quasi-interdit aux intellectuels authentiquement républicains…

    Un triste exemple en est donné aujourd’hui : en effet, le « Che » a accepté la mission anti-laïque dans laquelle les sociaux-libéraux typiques, atlantistes et euro-fédéralistes, Valls et Cazeneuve ont décidé de le compromettre : le voilà bombardé président d’une fondation d’Etat dont le but est de transformer l’Islam en France en « Islam de France ». Et cela, en violation de la Loi de 1905 qui dispose que « la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte » : ce qui donne forme juridique au principe formulé par Victor Hugo, « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle ». Ce 29 août 2016, c’est sur France-Inter que Chevènement a avoué que par le canal crypto-clérical de cette « fondation » d’Etat, l’argent public serait utilisé pour former des imams « républicains », s’adresser aux musulmans en tant que tels, instituer des diplômes à finalité religieuse dans les universités, etc. Il faut être de la dernière mauvaise foi pour ne pas mesurer la dérive qui consiste à placer l’Etat, qui plus… au nom de la « laïcité » - au centre de la réorganisation d’une religion. Exit la République laïque, revoici le Concordat par lequel Napoléon a jadis réorganisé le culte juif en France tout en reconstituant l’alliance du Trône et de l’Autel. Mais si l’Etat organise la religion, qui ne voit que la religion (laquelle ? ça promet…)organisera tôt ou tard l’Etat ? En réalité, on se rapproche ainsi des exigences cléricales de la constitution européenne qui prétendait institutionnaliser le « dialogue de l’Etat avec les Eglises ». Qui ne voit qu’à terme, l’Eglise catholique revendiquera, au nom de l’égalité de traitement, que l’Etat fasse pour la religion majoritaire (75% des Français sont baptisés, même si peu d’entre eux pratiquent) ce qu’il fait déjà pour un culte minoritaire ? Rappelons qu’il y a peu, l’ultra-droite catholique revendiquait la mise en place de crèches de Noël dans les mairies, ce qui ne peut que heurter les musulmans, les athées, les juifs et tous ceux qui, catholiques de base inclus, veulent qu’on cesse d’empoisonner le climat politique avec ce débat ultra-régressif !

    Si Chevènement voulait vraiment servir la République, et non s’élever une ultime statue aux frais de Marianne, il dénoncerait les incroyables entorses à la loi de 1905 – donc à la Constitution, car cette loi fait partie du « bloc de constitutionnalité » - qu’ont commises ces dernières années Sarkozy, Hollande, Fillon et Valls : quand Hollande court à Rome se faire adouber par l’autre François à une encablure des présidentielles, quand Sarko 1er, intrônisé « chanoine du Latran » par Benoît XVI, déclare que les prêtres valent mieux que les instits pour enseigner le civisme, quand le même « président de la République laïque » se rend à Riyad pour célébrer « Dieu transcendant, présent au cœur de tout homme », quand Valls représente ès qualités la France à la canonisation de Jean Paul II, quand le même individu, suivi de Hollande, arbore ostensiblement la kippa dans une synagogue, quand Cazeneuve se rend en Alsace – non pour y abolir le concordat (dans ces départements jadis annexés à l’Allemagne, l’argent public finance les cultes luthérien, catholique et juif, et l’instruction religieuse reste théoriquement obligatoire dans les lycées publics) mais pour déclarer qu’il veut généraliser à l’Hexagone le dispositif clérical hérité de Bismarck !– cela viole grossièrement le pacte républicain, le « deux poids deux mesures » est flagrant aux dépens des musulmans et des athées et la laïcité est ravalée au rôle de discours hypocrite et lourdement discriminatoire. Que la République ne reconnaisse AUCUN culte, qu’elle n’en subventionne directement ou indirectement AUCUN, que l’argent public soit réservé à l’école publique qui en manque cruellement, et l’égalité respirera mieux dans ce pays ! En réalité, si l’Etat veut faire reculer l’intégrisme fanatique au lieu de l’alimenter à son insu, il dispose de très importants leviers constitutionnels laïques :

           >l’Education nationale, qui doit enseigner le fait IRRELIGIEUX au moins à égalité avec le « fait religieux » (cf l’article de Floréal en bande défilante du site d’IC) puisque l’athéisme est désormais majoritaire en France et qu’il progresse partout dans le monde (l’arbre du salafisme ne doit pas cacher la forêt de la sécularisation rapide des sociétés),

              >la loi républicaine bien entendu, qui, sur tout le territoire, doit protéger les jeunes filles victimes de pression int                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             >la réorientation de la politique étrangère française (assez d’ingérences néocoloniales à haut risque en Syrie, Irak, Afghanistan, Libye…)

     

        >l’utilisation des leviers économiques et sociaux d’Etat (nationalisations, relance planifiée du « produire en France », reconstitution des acquis sociaux du CNR et des services publics, politique fiscale de redistribution égalitaire entre les territoires et les territoires riches, etc.) ; 

    Mais pour cela, il faudrait affronter l’UE, le MEDEF, le grand capital et les pétromonarchies du Golfe au lieu de prétexter de la lutte antiterroriste pour procéder en douce à l’euro-normalisation de feue la République laïque, dont d’autres contre-réformes ciblent le caractère souverain (Traité de Lisbonne, réintégration plénière de l’OTAN), la nature francophone (Charte européenne des langues, loi Fioraso institutionnalisant l’anglais à l’Université), l’orientation sociale (loi Travail, etc.), le caractère « un et indivisible » (création de 13 grandes régions de plus en plus autonomes), etc.

    Il est pathétique que Chevènement, victime du même syndrome que Jacques Toubon (qui a abandonné la difficile résistance au tout-anglais pour accepter un poste officiel nettement plus valorisant) dévoie, en fin de parcours politique, les principes républicains qu’il a toujours proclamés, et que, pis encore, il les trahisse en les invoquant la main sur le cœur.

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    PRCF – INFO LUTTES

    N° 35 Août 2016

     

     

    UNE RENTRÉE SOCIALE SOUS LE SIGNE DE LA LUTTE ET DE L'ESPOIR !

     

    Nous sommes à la veille de la rentrée scolaire, mais aussi sociale puisque, déjà les professeurs des collèges annoncent un mouvement de grève et le 15 septembre les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaire appellent à redescendre dans la rue contre la loi travail. Comme nous l'avions indiqué dans un précédent article, ce n'est pas parce qu'une loi à été imposée par le 49/3 qu'il n'y à plus rien à faire. Nous, militants et les militantes politiques et syndicaux savons que le rapport de force peut être modifié si les travailleurs se rassemblent pour organiser la lutte contre ce gouvernement qui se dit socialiste mais qui en réalité n'est qu'un supplétif de la grande bourgeoisie au service du grand capital et de l'Union européenne.

    Oui ! Tous ensemble nous pouvons faire reculer Hollande et ses sbires ( Valls, Macron, El Khomri etc...). Tous ensemble nous pouvons imposer aux politiciens qui occupent temporairement l'Élysée et Matignon de mettre en œuvre une autre politique et s'il ne le veulent pas, les renvoyez dans leurs foyers aux prochaines élections.

    Nous n’oublions pas le grand patronat et son syndicat le MEDEF dans cette affaire. Ils portent une grande responsabilités dans la situation ou se trouve depuis des années notre pays. Le patronat et le MEDEF sont responsables du chômage ! Car pour eux c'est un moyen de faire pression sur les salaires et la sécurité de l'emploi. Il sont responsables de centaines et de centaines d'accidents de travail et de suicides au travail. Il sont responsables de la situation ou se trouvent actuellement les agriculteurs de la filière lait qui justement ont engagé la bataille contre la société LACTALIS, Il sont responsables de la crise économique que traverse notre pays car, au lieu de distribuer des milliards d'euros aux actionnaires, ces sommes redistribuées dans la recherche et l'investissement créeraient des milliers d'emplois, permettraient d'augmenter les salaires et relanceraient l'économie de notre pays.

    Nous n'oublions pas L'Union européenne. Cette institution mise en place par les capitalistes pour les capitalistes et penser comme Pierre Laurent Président du Parti de la Gauche européenne (subventionnée par l'UE comme d’ailleurs la CES (Confédération européenne des Syndicats) qu'il est possible de transformer l'UE actuelle en une UE sociale est une illusion et un mensonge.

    Cette rentrée 2016-2017, sera ou ne sera pas le renouveau de ceux qui créent les richesses de notre pays qu'une infime poignée s'accapare. Sera ou ne sera pas une rentrée de luttes sociales pour en finir avec cette politique qui mène de plus en plus de familles dans la misère. Sera ou ne sera pas le retrait de la loi travail, de la mise en œuvre d'une politique sociale et économique tournée vers le peuple.

    Si nous voulons que cette rentrée soit une rentrée d'espoir pour les travailleurs, nous devons nous prendre par la main et organiser la gréve générale avec une grande et unique manifestation à Paris.

    Pour sa part, les militantes et militants du PRCF, mettront toutes leurs forces dans la bataille pour aider les travailleurs à mener le combat libérateurs pour la transformation de la société capitaliste en une société de partage des richesses, en une société socialiste.

    *******

    C'est la grève : agenda des grèves en France

     

    Les grèves en cours

    Grève chez Aigle Azur

    Grève chez Nicot-Gourmet à Saint-Hernin

    Grève chez Raynal et Roquelaure à Camaret-sur-Aigues

    Grève chez Meilleur Contact 65 à Saint-Laurent-de-Neste

    > > Grève dans les piscines de Saint-Etienne

    Les prochaines grèves

    Grève générale en Nouvelle-Calédonie

    Grève des éboueurs privés de Marseille

    Grève au Conseil départemental de Mayotte

    Grève des animateurs du périscolaire

    Grève chez SFR

    Grève dans l’éducation nationale

    • Grève du secteur social et médico-social

      > > Grève générale et nationale le 15 septembre 2016

     

    Le contrat d’Alstom aux États-Unis

    Un succès industriel… mais sans emploi en France !

    « Historique », « contrat du siècle », les superlatifs s’enchaînent depuis samedi pour qualifier le contrat que vient de décrocher Alstom aux États-Unis.

    Nous aimerions nous réjouir à l’unisson et considérer que « ce succès rejaillira sur toute l’économie française » et pouvoir saluer un retour de politique industrielle dans notre pays.

    Qu’en est-il en réalité ?

    Après avoir vendu Péchiney, Arcelor, Alcatel, Lafarge, c’est le démantèlement d’Alstom qui a eu lieu le 2 novembre 2015, avec la vente des activités énergie à Général Electric, vente qualifiée à juste de titre de « scandale d’État ».

    Deux mois après, le géant américain a annoncé qu’il allait supprimer 6 500 postes en Europe en 2016 et 2017 dont 765 en France.

    Aujourd’hui, l’entreprise Alstom est entièrement recentrée sur le transport ferroviaire.
    > Quelles seront les retombées du contrat à hauteur de 1,8 milliard d’euros passé avec la compagnie ferroviaire américaine Amtrak ?

    Alstom fera fabriquer aux Etats-Unis à Hornell le "TGV" américain. Ce site de production assurera aussi la maintenance de ces trains pendant 15 ans avec une option de 15 années supplémentaires. Ce contrat devrait créer 400 emplois dans l’État de New-York, ce qui est une bonne nouvelle pour les citoyens américains.
    > Les sites français d’Alstom sont, quant à eux, dans une situation préoccupante de manque de charge.

    Ce sont donc les actionnaires qui vont bénéficier en premier lieu de cette aubaine. Ainsi, la deuxième place européenne et la troisième place mondiale de la France en termes de hausse des dividendes, derrière les Pays-Bas et la Corée du Sud se voient renforcées (avec déjà une hausse de 11,2 % des dividendes versés au deuxième trimestre avec plus de 35 milliards d’euros…).

    On se trompe si l’on pense que la nécessaire réindustrialisation du pays ne passe que par l’exportation de notre technologie.

    L’argent engrangé doit servir impérativement à développer les capacités humaines ; c’est-à-dire la formation, la qualification, les salaires, l’investissement pour moderniser l’appareil industriel, la recherche et développement.

    Sous peine que le seul profit tiré de cette « affaire du siècle » soit la « fierté » de voir des rames de couleur bleu blanc rouge circuler aux États-Unis...

    Montreuil, le 29 août 2016

    Double grève en vue chez SFR

    La grève du 6 septembre à l’appel de la CGT et la CFE-CGC devrait être suivie d’un arrêt de travail au sein du service de supervision du réseau de Numericable-Completel.

    Une double grève se profile la semaine prochaine chez SFR. A l’arrêt de travail du 6 septembre, à l’appel de la CGT et de la CFE-CGC, devrait venir s’ajouter un autre mouvement social. Du côté de Champs-sur-Marne où l’opérateur y gère encore les activités réseau de Numericable/Completel. Ce mouvement parallèle qui, selon nos informations, devrait avoir lieu dans les jours qui suivront (la date restait à confirmer à l’heure de l’écriture de ces lignes), touchera le NOC, le service de supervision du réseau, de Numericable et Completel. Et plus particulièrement l’ensemble des superviseurs du réseau. Soit 22 personnes sur la cinquantaine qui compose le NOC


    > 400 manifestants à Colombiers contre la politique anti-ouvrière du gouvernement

    > > La Dépêche,

    «On a fait le job», lâche, sur le perron de la mairie de Colomiers (Haute-Garonne), un responsable syndical alors que les orateurs viennent de se succéder au micro.

    La petite phrase exprime la satisfaction, car mobiliser un lundi 29 août, veille de la rentrée scolaire, n’est pas simple, mais elle se garde bien de tout triomphalisme.

    A l’appel des syndicats qui contestent la loi Travail, CGT, FSU et Solidaires (à l’exception de FO), et des organisations de jeunesse, Unef, Fidl et UET, 400 à 500 personnes, selon le décompte de la police ou des organisateurs, se sont retrouvées hier, entre 17 heures et 18 h 30, pour «un contre-meeting» à deux pas du Hall Comminges où se rassemblaient, à peu près au même moment, les socialistes «hollandais» pour leur rentrée.

    Toute la semaine dernière, la localisation exacte du contre-rassemblement a fait l’objet de discussions entre organisateurs et préfecture. Les premiers demandaient le parking du Hall Comminges quand le représentant de l’État souhaitait celui de la mairie, derrière l’édifice.

    L’accord s’est finalement conclu sur la vaste esplanade face à la mairie, à peu de distance de la «bulle» protectrice des ministres, un service de sécurité impressionnant d’environ 500 policiers et gendarmes, selon des sources policières, voulu surtout pour faire face au risque terroriste.

    Les «usurpateurs» du gouvernement

    La mobilisation syndicale, qui a bénéficié de la couverture médiatique des politiques, s’est déroulée sans incident. Cela n’a pas empêché les orateurs de se montrer particulièrement offensifs. CGT en tête. Pour Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT 31, il y a, en résumé, deux camps, celui des travailleurs, et celui qui «nie les droits des salariés». Et durant tout son discours, il a tiré à boulets rouges sur le Président de la République, le Premier Ministre et son ministre de l’Économie, cibles favorites, accusés de vouloir reléguer aux oubliettes, par une série de lois, la classe salariale «qui crée la richesse». Hollande, Valls, Macron «produisent quelque chose qui les dépasse», a clamé Cédric Caubère : «l’effacement de la classe laborieuse.» Et ils défendent «un projet politique qui a rompu avec l’ambition d’une transformation sociale», a-t-il martelé avant de lâcher le mort «usurpateurs». Alors que, pour la CGT, il y a une voie à suivre : «la semaine de 32 heures, le SMIC à 2000€, la revalorisation des retraites et des minima sociaux». Et «rien n’arrêtera les aspirations à vivre mieux.» Si le leader de la CGT ne s’est pas avancé sur un terrain proprement politique, Stéphane Borras (Solidaires) et Bernard Dedeban (FSU) ont, eux, demandé aux «forces politiques de se prononcer sur la loi Travail». Surtout, ils ont appelé à la mobilisation. Le prochain rendez-vous est connu : le 15 septembre avec une manifestation à Toulouse. «Et il y aura d’autres initiatives», a promis Bernard Dedeban qui a rappelé que jamais la Haute-Garonne n’avait connu, avec les manifs du printemps, une mobilisation d’une telle durée.

    Les salariés de Meilleur Contact en grève après le CE extraordinaire

    > > La Dépêche,

    > > A l’issue d’un CE extraordinaire et d’une réunion collective avec leur PDG, Nicolas Guyart, les salariés de Meilleur Contact 65, centre d’appels à Saint-Laurent-de-Neste, placé en redressement judiciaire, ont décidé de poursuivre leur grève jusqu’à 17 heures. « Certains salariés partiront avec seulement 500 € d’indemnités de licenciement » déplore Emilie Fourtine, déléguée syndicale.  » « Nous percevrons l’indemnité légale et rien de plus » ajoute Sandrine Bergès, déléguée du personnel.

    > > Tous attendent maintenant beaucoup de la réunion entre les élus et les autorités sur la situation à Meilleur Contact 65 dont le contrat avec Bouygues arrive à échéance le 30 septembre.

    Saint-Hernin : La grève se poursuit chez Nicot-Gourmet

    > > Le Télégramme

    En grève depuis ce mercredi, les salariés de l’usine Nicot-Gourmet, entreprise de plats préparés, basée à Saint-Hernin près de Carhaix (29) ont décidé de poursuivre leur mouvement ce vendredi.

    Les salariés de l’entreprise, placée en redressement judiciaire en avril, réclament des « réponses claires » de la part de la direction du groupe Nicot-Entreprises sur l’avenir du personnel. Le dossier doit être examiné par le tribunal de commerce de Brest, le 27 septembre prochain.

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