• Tilly-Sabco: sans poulets, ça se complique... (LT 25/06/2016)

     

      L'usine abat seulement 25.000 à 30.000 poulets par semaine. Une situation qui ne pourra pas durer éternellement.

    L'usine abat seulement 25.000 à 30.000 poulets par semaine. Une situation qui ne pourra pas durer éternellement.

    La situation se complique très sérieusement chez Tilly-Sabco Bretagne. Face à la défiance des fournisseurs qui peinent à être payés, le volailler se retrouve privé de poulets. Conséquence, le spectre de la liquidation judiciaire plane au-dessus de l'entreprise basée à Guerlesquin (29), qui emploie 200 salariés. Même si la direction espère encore aboutir à un plan de financement pérenne de nature à éviter le pire.

    « On a encore une journée de travail mardi. Après, c'est le flou complet. » Comme les 200 salariés de Tilly-Sabco Bretagne (TSB), la Cégétiste Corinne Nicole est dans l'expectative la plus totale concernant l'avenir de l'entreprise guerlesquinaise. Confronté à la défiance de ses fournisseurs, le volailler doit faire face à une pénurie de matière première. Faute d'avoir été payés, les groupements se sont désengagés les uns après les autres. Aujourd'hui, il n'en reste plus qu'un. Résultat, depuis plusieurs mois, l'usine abat seulement 25.000 à 30.000 poulets par semaine. Une misère. Et une situation qui ne pourra pas durer éternellement.

    « Je n'ai rien à dire »

    « On essaye de trouver un accord avec les fournisseurs. Mais c'est compliqué », reconnaît Jean-Paul Chapalain, le président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Morlaix, aux commandes de TSB depuis novembre dernier. « On continue à travailler sur un plan de financement pérenne », ajoute-t-il, en espérant « aboutir à une solution dans les quinze jours ». En partenariat avec MS Foods ? Rien n'est moins sûr. Annoncée comme imminente il y a deux mois avec la promesse d'injecter rapidement trois millions d'euros, la prise de participation majoritaire de la société anglaise - pour l'euro symbolique - n'est toujours pas effective. Pire, son représentant, Idris Mohammed, est aux abonnés absents. « Ça fait trois mois qu'on ne l'a pas vu alors qu'il est président du directoire. C'est du mépris envers les salariés », peste Corinne Nicole. « Je n'ai rien à dire », se contente de répondre Idris Mohammed, que nous avons pu joindre hier.

    « Une liquidation ? Ce n'est pas le sujet »

    « Le projet de MS Foods n'a pas de plomb dans l'aile », assure Jean-Paul Chapalain, qui évoque « l'intérêt d'un autre groupe important, anglais lui aussi ». « Mais le Brexit ne va pas forcément nous aider », souffle le président de la CCI, qui conserve une dose d'optimisme. « Sinon, je ne me décarcasserais pas pour les salariés. Maintenant, si ça ne leur convient pas, qu'ils montent une coopérative entre eux », s'agace l'actionnaire majoritaire, en précisant que « les salaires de juin seront versés mardi ». La veille, aura lieu un comité d'entreprise extraordinaire. À l'ordre du jour : la demande de chômage partiel supplémentaire pour le prochain trimestre. Ce qui peut laisser penser à une poursuite d'activité dans les mois à venir. Mais pour combien de temps, sachant que le volailler est sous oxygène depuis un bon bout de temps ? Pour beaucoup, la liquidation judiciaire apparaît aujourd'hui inéluctable. « Ce n'est pas le sujet », balaye Jean-Paul Chapalain, pour qui « les fournisseurs sont prêts à revenir s'ils ont la garantie d'être rémunérés ».

    « La reprise par les éleveurs est jouable »

    Reste à savoir si une liquidation, au cas où elle venait à être prononcée, serait synonyme de fermeture définitive du site. Ou si la possibilité de repartir sans les dettes peut rebattre les cartes. « Est-ce qu'Intermarché ne table pas sur ce scénario pour revenir à la charge ? », s'interroge un connaisseur de la filière volaille, persuadé que le groupement des Mousquetaires est la seule issue possible pour Tilly. « La reprise de l'outil par les éleveurs est jouable », estime, pour sa part, Pierre Lec'hvien, président de la Coordination rurale des Côtes-d'Armor. « Ce serait idéal », ajoute le syndicaliste, par ailleurs très critique à l'encontre de l'actionnaire majoritaire : « Vouloir céder cette usine pour l'euro symbolique à un pseudo-industriel qui ne fait rien, c'est scandaleux ».
     
    Ronan Tanguy
     
    source:  letelegramme.fr
    « Tensions internes à l'UNSA sur le projet de loi Travail (lesechos.fr- 21/06/2016)Chômage. Ça ne va pas beaucoup mieux (LT 25/06/2016) »
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