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    «Je suis Cuba» , film de Mikhail Kalatozov-sur Arte jusqu'au 25/09/2016 à 5 heures

    Ce film mythique, longtemps invisible puis redécouvert dans les années 90, se révèle à la hauteur de sa réputation. «Je suis Cuba« est une coproduction entre Cuba et l’URSS qui dresse un portrait lyrique du pays à la veille de la Révolution castriste, montrait les méfaits de l’exploitation capitaliste et la violence du régime de Battista, avant le débarquement de Fidel Castro et ses hommes et le soulèvement du peuple cubain. «Je suis Cuba» se présente comme un poème visuel composé de quatre histoires, qui s’intéressent à des individus représentatifs de la société cubaine : une jeune femme pauvre obligée de se prostituer dans un night-club fréquenté par des étrangers (Cuba avec ses casinos et ses hôtels était notoirement le bordel des Etats-Unis), un paysan chassé de sa plantation de canne à sucre par son propriétaire qui a vendu ses terres à la United Fruit Company, un étudiant révolutionnaire qui fomente l’assassinat d’un cruel chef de la police, enfin un autre paysan qui renonce à la neutralité pour rejoindre les rebelles castristes après le bombardement de sa ferme.

    «Je suis Cuba» montre le contraste entre la nature sauvage et luxuriante du pays et les quartiers modernes de La Havane réservés aux touristes, les richesses naturelles de l’île et la pauvreté du peuple sous le joug des patrons et d’un pouvoir répressif. Le souvenir de Que Viva Mexico de Eisenstein plane sur Je suis Cuba. Dans les deux cas un cinéaste soviétique pose son regard fasciné sur un pays lointain et son peuple, transformant l’approche documentaire ou propagandiste en rêverie élégiaque et surtout en délire formaliste et monumental, où tout et tous sont érotisés par l’œil de la caméra.

    Le film de Kalatozov est en effet célèbre pour son extraordinaire travail cinématographique, ses expérimentations folles et démesurées. «Je suis Cuba» est principalement constitué de longs plans séquences acrobatiques et virtuoses qui défient les limites du temps et de l’espace. On se demande encore comment furent élaborés des prises de vue sidérantes, comme cette scène de fête décadente sur la terrasse d’un hôtel de luxe (deuxième plan du film) avec la caméra qui finit dans la piscine ou les funérailles grandioses de l’étudiant où la caméra s’envole par la fenêtre. Cette débauche de travellings et de mouvements flottants pourrait donner la migraine, elle nous plonge au contraire dans une ivresse qui se prolonge bien au-delà de la projection. Les plans les plus mémorables de Je suis Cuba en évoquent un autre, que nous ne verrons jamais : l’immense plan-séquence que Sergio Leone avait imaginé pour ouvrir son 900 Jours de Leningrad, et qu’il racontait avec gourmandise. Partir d’un gros plan dans un lien donné pour s’arrêter de longues minutes plus tard dans un autre espace, sur une vision d’ensemble spectaculaire, abolir les contraintes spatiales, bien avant l’invention des trucages numériques. Tout cela existe dans Je suis Cuba. L’auteur de ces prodiges de mise en scène est le chef opérateur Sergueï Ouroussevski, déjà responsable des images de Quand passent les cigognes qui avait permis à Kalatozov d’accéder à une reconnaissance internationale (Palme d’or au Festival de Cannes en 1958).

    Hélas «Je suis Cuba», dont le tournage épique dura deux ans, ne connut pas le même succès. Le film eut le malheur de déplaire aux autorités soviétiques et cubaines, fut interdit ou tout simplement ignoré dans de nombreux pays.

    Kalatozov ne réalisera qu’un seul long métrage après «Je suis Cuba», lui aussi condamné à l’oubli mais beaucoup moins expérimental, La Tente rouge en 1969, étrange film d’aventures et superproduction compliquée entre l’URSS et l’Italie, avec Sean Connery et Claudia Cardinale.


    Olivier Père

     

    Générique

    Image: Sergej Urussewski
    Montage: Nina Glagoleva
    Musique: Carlos Fariñas
    Production: Instituto Cubano del Arte e Industrias Cinematográficos, Mosfilm
    Réalisation: Michail Kalatosow
    Scénario: Jewgeni Jewtuschenko o, Enrique Pineda Barnet

     

    «Je suis Cuba» de Mikhail Kalatozov

    http://cinema.arte.tv/fr/article/je-suis-cuba-de-mikhail-kalatozov

    jusqu'au 25/09/2016-5 heures

     

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  • Si nous arrêtions de penser avec les mots de la droite pour sortir du chantage à l’emploi ? Telle est la question à laquelle Réseau Salariat s’efforce d’apporter des éléments de réponse.
    Réseau Salariat, c’est une association d’éducation populaire qui défend un projet économique pour une société non capitaliste.
    L’une de nos propositions phares est le salaire à vie. Il s’agit de se réapproprier la cotisation et ses caisses en retournant à notre avantage ce qui fonde l’organisation économique actuelle. Pour cela, il est possible de prendre appui sur des choses existantes, ce que nous appelons le « déjà-là » (la cotisation, la qualification à la personne, par exemple), et de les étendre, au lieu de les laisser se faire réduire, voire supprimer.
    Désireux de faire connaître ce projet au plus grand nombre, nous avons élaboré, à partir des thèses qui le développent, une conférence gesticulée.

    Qu’est-ce qu’une conférence gesticulée ?
    C’est un tissage de savoir froid (la thèse) et de savoir chaud (notre expérience personnelle, nos histoires de vie) assaisonné d’humour et d’auto-dérision qui propose un atterrissage politique (ce qu’on peut faire pour agir à ce sujet).

    Avec Bernard Friot, Franck Lepage, Katia Storaï, Krystel Anvroin, Anaïs Enjalbert, Loïc Kerivel, Minelle Riboni et Philippe Schlienger.

    Une conférence gesticulée proposée par Réseau salariat et captée par le Nouveau Jour J, journal indépendant lorrain.
    Site du Nouveau Jour J : http://www.nouveaujourj.fr/

     

     

     

    source:  https://www.youtube.com/watch?v=7HcnefkpZQ0  

     

     

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  • Il y a 72 ans, le 21 février 1944, Missak Manouchain et 22 membres de son groupe de FTP-MOI étaient fusillés par les allemands au Mont-Valérien. Le réseau Manouchian était constitué de 23 résistants communistes, dont 20 étrangers et une femme. L’Affiche rouge est une affiche de propagande placardée en France par le régime de Vichy et l'occupant allemand. Louis Aragon leur rendra hommage dans un poème que Léo Ferré mettra en musique. HK et les déserteurs font une reprise de la chanson de Léo Ferré sur le poème de Louis Aragon lors du concert d'ouverture du Festival Strasbourg-Méditerranée le 30 novembre 2013.

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  • Le 23 janvier se tenait un sommet dit du «  ». L’économiste y est intervenu dans le cadre d’une table ronde intitulé « L’, à quelles conditions? ». Et sa réponse est très claire, la même que celle que porte le PRCF depuis maintenant plus de 10 ans – dans la continuité du combat des militants communistes pour la démocratie et l’internationalisme – l’ il faut en sortir !

    Alors pour la sortie de l’euro, quand parlerons nous tous d’une seule voix ? Le PRCF a fait des propositions dans ce sens renouvelées à travers plusieurs lettres ouvertes que vous avez pu et pourraient lire sur www.initiative-communiste.fr. Les militants du PRCF avec un large rassemblement de militants, de syndicalistes, d’intellectuels et de simples travailleurs a lancé et mis à disposition une pétition pour mener une campagne pour un referendum sur l’euro et l’Union Européenne. Pour que tous ensemble nous mobilisions pour remettre le peuple à l’offensive.

    Dans une France sous état d’urgence, dans une France où l’extrême droite et la droite extrême monte en flèche, dans une UE qui alimente l’Eurofascisation des pays baltes à l’Ukraine et menace chaque jour un peu plus la paix mondiale, alors que la Commission Européenne finalise le traité de Grand Marché Transatlantique, le moment ne peut plus seulement celui du discours. C’est aussi celui de l’action. Chacun peut et doit prendre ses responsabilités.

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  • Rupture révolutionnaire et socialisme, l'apport de Lénine par Jean Salem

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