• Déclaration de la Commission des contacts unitaires du PRCF

    A propos du discours de Jean-Luc Mélenchon à Marseille (PRCF)

     

     

    Le discours prononcé par Jean-Luc  à Marseille le 25 août 2018 est, à plusieurs égards, combatif et dynamique. Comment ne pas écouter avec sympathie cet alliage d’universalisme humaniste, de conscience écologique et de patriotisme républicain, que l’euro-béatitude ordinaire de la fausse gauche et l’auto-phobie nationale de l’ « extrême » gauche bobo, sans parler des chapelles mutantes qui se disputent la direction du PCF-PGE, sont loin d’approcher. Jean-Luc  n’est pas loin parfois de saisir le caractère exterministe du capitalisme contemporain dont la course aveugle au profit maximal et aux guerres impérialistes met en péril la planète, l’humanité et le vivant lui-même.

    Nous ne pouvons que soutenir Mélenchon quand il déclare avec force : « nous refusons la guerre contre le peuple russe ! », qu’il fustige la « défense européenne » arrimée à l’OTAN et qu’il appelle la France à sortir de cette machine à mondialiser les guerres étatsuniennes. C’est dans cet esprit que le PRCF a écrit à l’ensemble des forces progressistes, dont la , pour les appeler à manifester ensemble le 11 novembre prochain contre Trump, l’homme que Macron invite à Paris pour célébrer la paix alors que l’un et l’autre nous mènent, par leur folle course aux armements dans le cadre de l’OTAN, vers une nouvelle guerre potentiellement mondiale contre le peuple russe et/ou contre le peuple d’Iran.

    De même pourrions-nous soutenir la lutte à laquelle a appelé Jean-Luc. Mélenchon contre les grandes sociétés capitalistes qui commercialisent des produits dangereux tels que le glyphosate, même si nous estimons que le centre de gravité de la bataille politique contre le dangereux Macron doit être prioritairement axé sur les questions socio-économiques : tant il est vrai que des millions de nos concitoyens, travailleurs, retraités, chômeurs, sombrent dans la gêne, voire dans la misère. Même sur un plan purement arithmétique, c’est une erreur stratégique que de courtiser sans fin la petite bourgeoisie intellectuelle qui vote EELV ou Hamon, au lieu de mobiliser les millions d’ouvriers, d’employés et de petits paysans qui attendent un discours carré contre l’UE et l’euro, pour la reconstruction du secteur public, des acquis sociaux et du « produire en France ». La question n’est pas seulement en effet celle du rassemblement majoritaire à construire contre l’oligarchie : elle est de savoir quelle force, à l’intérieur de ce rassemblement, « donnera le la » : la petite bourgeoisie encline aux compromis avec le capital et l’UE, ou bien ce « monde du travail » que le CNR voulait mettre « au centre de la vie nationale » ? Non seulement la classe ouvrière au sens large est seule à pouvoir virer Macron-MEDEF – le « dégagisme » doit-il éternellement en rester aux mots ? – et à faire gagner une France Franchement Insoumise (FFI), mais sans le rôle moteur des travailleurs dans le changement social, le capitalisme ne pourra pas être vaincu et les forces euro-complaisantes qui disposent d’innombrables relais au sein même de la « gauche » (du PS à la direction mutée du PCF-PGE en passant par EELV, ATTAC et Génération-S) risquent fort, comme elles l’ont fait en Grèce avec Tsipras, de plomber toute velléité française de « « s’insoumettre » à l’UE/OTAN, ce « partenariat stratégique » qui forme le dispositif central du grand capital en  de l’Ouest.

    Dans cet esprit, Jean-Luc Mélenchon a vertement dénoncé la volonté inhumaine de Macron de détruire les retraites par répartition pour les remplacer par la dangereuse « retraite à points », qui détruirait non seulement les pensions de réversion, mais les retraites elles-mêmes. Même s’il a rappelé son opposition à la casse euro-macronienne du code du travail et du statut des cheminots, le discours de Marseille a malheureusement omis de défendre le statut de la fonction publique, qui est dans le collimateur d’Edouard Philippe ; c’est d’autant plus dommageable que l’affaire Benalla-Macron a indirectement montré l’utilité de ce statut, non seulement pour la protection des agents publics, mais plus généralement pour la protection de l’ensemble des citoyens.

    La réaffirmation par Jena-Luc. Mélenchon du « mouvementisme » cher à la France insoumise peut cependant faire sourire : l’orateur n’a-t-il pas expliqué que « la France insoumise n’a pas de direction » mais que, voyez-vous, dans l’urgence des décisions quotidiennes, c’étaient les parlementaires de la FI qui « jouent le rôle du bureau politique »… On nous pardonnera de préférer le principe de partis clairement définis, où chaque adhérent porteur d’une carte, appartenant à une structure définie, VOTE sur les orientations, ELIT une direction et peut y être élu, contrôle et débarque les « chefs » et au besoin les destitue, de manière telle que les prolétaires dirigent les permanents, le « bureau politique » et les élus, et non pas l’inverse : tel est, en son principe, ce « centralisme démocratique » tant décrié que Lénine avait, pour une large part, théorisé à partir de notre Révolution jacobine et du fonctionnement de la Commune de Paris. Sans un parti de classe, encore une fois sans un parti qu’elle tient démocratiquement en main et dans lequel elle fait en sorte que les plus exploités soient représentés à tous les niveaux, la classe laborieuse n’a aucune garantie que la « gauche » ne la trahira pas, et c’est pourquoi le PRCF « tient les deux bouts de la chaîne » quand il appelle à la fois à reconstruire un parti franchement communiste (que n’est hélas plus le PCF-PGE !) et qu’il invite à former un large Front antifasciste, patriotique, pacifique, populaire et écologiste (FR.AP.P.P.E.) pour sortir la France de la dictature européenne et rouvrir la voie du socialisme à notre pays (c’est dans ce cadre que s’est situé le juste et clair soutien « critique, mais constructif » que le PRCF a démocratiquement décidé d’apporter à la candidature présidentielle de Mélenchon).

    Il faut aussi reconnaître que, contrairement à une petite musique lancinante que l’on n’entendait que trop dans la dernière période du côté de certains dirigeants « insoumis », la perspective offerte par la F.I. reste articulée autour du diptyque Plan A/Plan B. Cela décevra sans doute ceux qui espéraient, après la manifestation unitaire très insuffisamment euro-critique du 26 mai dernier (pour y accueillir Hamon et EELV, il fallait bien, hélas, en rabattre sur l’UE…), la France insoumise allait mettre une sourdine définitive sur l’idée sulfureuse du plan B, donc sur la possibilité d’une sortie de l’UE par la gauche. Nous avons dit plusieurs fois pourquoi cependant cette articulation Plan A/Plan B restait insuffisante à nos yeux, ne serait-ce que parce qu’elle laisse une trop grande marge à ceux qui voudraient mettre en place un « compromis » européen insuffisant baptisé « plan A » à l’issue d’une négociation au rabais menée avec Merkel (pensons aux précédents de Jospin, de Hollande ou de Tsipras feignant de « renégocier » les traités européens et se couchant devant Merkel après avoir obtenu quelques concessions cosmétiques).

    Le plus contestable dans le discours de J.-L. Mélenchon est néanmoins l’idée que les « élections »  serviront de « référendum anti-Macron » parce que, affirme-t-il, toute voix contre Macron et pour la F.I. serait du même coup une voix anti-UE vu que Macron n’est que le sous-fifre de l’UE. Mais en toute logique, si c’est l’UE qu’il faut frapper à travers Macron, il s’en suit que c’est principalement et manifestement le « Parlement » européen, l’UE, la « construction » européenne néolibérale qu’il faut frapper directement et en eux-mêmes selon le principe qu’il vaut mieux s’adresser au bon dieu qu’à ses saints ou, si l’on préfère filer cette métaphore quelque peu théologique, qu’il vaut mieux frapper Lucifer (en l’occurrence l’UE) plutôt que ses diablotins (donc que le « petit copiste » Macron, pour parler comme ). Et pour cela, faut-il créditer l’« élection » européenne ou au contraire, comme le font déjà massivement les classes populaires françaises et européennes qui s’abstiennent insolemment et de plus en plus, faut-il la boycotter, faut-il délégitimer ce parlement bidon et cette construction grossièrement oligarchique qui n’apporte aux peuples que régressions sociales sans fin, que préparatifs de guerre antirusse, qu’asphyxie des souverainetés, que ralliement au tout-anglais totalitaire cher aux « élites » euro-atlantiques ?! Mesurons par ailleurs l’illogisme, sur ce point, du raisonnement de J.-L.Mélenchon : si Macron n’est qu’un « petit copiste » de l’UE, faut-il faire des européennes un « référendum anti-Macron » ou au contraire, faut-il balayer le petit exécutant Macron en ciblant son vrai patron, le véritable ennemi de notre classe et de notre pays, l’UE et ses institutions, et donc encore une fois, ne faut-il pas de toute évidence BOYCOTTER LES ELECTIONS SUPRANATIONALES en délégitimant du même mouvement l’UE et le monarque au petit pied qui siège à l’Elysée ? Dire qu’il faut participer aux européennes, taper sur Macron pour atteindre l’UE, c’est commettre la même erreur qu’un taureau de combat qui croirait déséquilibrer le matador en lui arrachant la muleta des mains : il vaudrait mieux pour le brave animal, plutôt que d’encorner le leurre, déstabiliser directement celui qui cherche à l’estoquer, la muleta tombant au sol par la même occasion !

    D’autant que voter aux européennes, c’est faire comme si le viol du Non français du 29 mai 2005 à la constitution européenne n’avait pas eu lieu. C’est aussi et surtout ignorer que l’enjeu des européennes, l’enjeu que pose centralement la politique antinationale de Macron, est désormais le « saut fédéral européen », donc l’enterrement de la souveraineté française et son remplacement par la « souveraineté européenne », l’Europe fédérale, l’armée européenne pilotée par l’OTAN, le « gouvernement de la zone euro », etc. Et l’adhésion ou pas du peuple français à ce projet suicidaire, qui peut devenir irréversible à court terme (J.-L. Mélenchon lui-même dit désormais comme nous que « faire l’UE, c’est défaire la France » !), se mesurera-t-il au nombre proportionnellement dérisoire d’insoumis qui s’introduiront au « Parlement » européen, ou au fait que la masse des ouvriers, des employés, des petits paysans attachés à leur pays et à son héritage social, auront boycotté la farce européenne en se tournant plutôt vers les luttes et en s’ouvrant à l’idée révolutionnaire du  progresssiste ? A quoi servirait donc un « commando anti-libéral » à Strasbourg auquel la nomenklatura européiste ripostera narquoisement durant cinq ans qu’il est ultra-minoritaire et que les traités européens sont intangibles (leur contestation depuis Strasbourg n’est qu’une vue de l’esprit, c’est dans chaque pays européen que la souveraineté doit être reconquise, quitte à donner lieu par la suite à une coopération internationale digne de ce nom !) ? En réalité, comme c’est invariablement le cas des très invisibles « députés de gauche » à Strasbourg, leur seul rôle est et sera hélas de servir de caution aux euro-atlantistes. Car ceux-ci se fichent que le « parlement » européen soit bleu-brun, bleu-rose, voire rouge rose-vert-rouge pâle, pourvu que les populations votent et que, ce faisant, elles créditent la prétendue « souveraineté du peuple européen » et le basculement « en marche », et pas pour dans dix ans, vers la mise en extinction de la nation française et des autres nations dans un Empire atlantique piloté par Berlin. C’est cela que créditerait, qu’on le veuille ou non, une (bien improbable !) participation majoritaire des peuples européens en général, et du peuple français en particulier, à la mascarade de l’élection supranationale*.

    Au contraire, pour installer les travailleurs au centre du changement progressiste, pour promouvoir la ligne révolutionnaire de masse du FREXIT PROGRESSISTE, il faut BOYCOTTER cette élection supranationale,surtout si on couple ce boycott à une campagne de fond contre l’UE, contre son proconsul Macron, pour l’abrogation des contre-réformes maastrichtiennes, pour la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie, pour virer Macron-MEDEF, pour rouvrir à notre pays la perspective du socialisme et du pouvoir des travailleurs, pour appeler les travailleurs et la jeunesse à mettre au centre des futures mobilisations pour les retraites le débat sur le Frexit progressiste que voudraient tant proscrire les états-majors confédéraux euro-formatés. Bref, si l’on veut vraiment, pas seulement dans les mots, « dégager » l’UE du capital et son « petit copiste » Macron, accentuer leur illégitimité radicale, faire monter la résistance populaire dans les usines, les services publics, les facs, les communes rurales, les quartiers populaires, il faut délégitimer toutes les institutions supranationales de l’UE, « parlement » bidon inclus, et pour cela, boycotter activement, de manière militante, les pseudo- « élections » européennes. Là se trouve la clé d’une victoire, non pas politicienne et de court terme sur Macron, mais stratégique car ouvrant sur un immense sursaut populaire**.

    Alors certes, nous comprenons les camarades insoumis hautement respectables qui s’engageront dans la campagne de la FI et dont nous ne sommes absolument pas les ennemis, pas plus que nous ne sommes les ennemis des militants du PCF qui soutiendront la liste « euro-constructive » emmenée par l’adjoint d’Anne Hidalgo. Visant avant tout à faire progresser la conscience politique, y compris celle de la nécessité de reconstruire au plus tôt un PC de combat, le PRCF utilisera le temps des européennes pour lancer une série de débats pluriels sur le thème : débattons sans tabou du Frexit progressiste, préalable indispensable à la marche de la France au socialisme.

    La Commission des contacts unitaires du PRCF-le 26/08/2018


    *L’abstention des classes populaires serait littéralement écrasante si divers pays, Italie, Belgique, etc. n’imposaient pas le vote obligatoire… L’enjeu de la participation est tellement central pour Macron qu’il se murmure qu’il pourrait le cas échéant coupler un éventuel référendum institutionnel (si le congrès des parlementaires français rechigne trop aux changements néo-monarchiques qui lui sont proposés) avec le scrutin européen pour forcer le déplacement des citoyens vers les urnes !

    **ça suffit de nous objecter que « le vote est sacré » en toutes circonstances parce que le suffrage universel a coûté du sang aux générations antérieures. Le vote est un devoir politique quand il permet de manifester et de développer la souveraineté du peuple et de ce point de vue, les communistes français n’ont jamais repris le slogan gauchiste « élections piège à cons ! ». Mais quand les dispositifs bourgeois sont tellement piègeux que le peuple n’a d’autre « choix » que de signer sa propre destitution, alors les citoyens les plus conscients doivent pratiquer l’abstention militante. C’est à quoi avait appelé Jacques Duclos en 1969 quand le « choix » de second tour opposait Poher à Pompidou. Et c’est plus le cas encore lorsque, en participant à une « élection supranationale » destinée à valider le « saut fédéral européen », l’enjeu de classe réel de l’élection est de légitimer le hara-kiri de notre souveraineté nationale.

     

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Thomas Guénolé co-dirige l'école de la France insoumise, chargée notamment de la formation des militants du mouvement. A partir de septembre, il arrive à Brest pour enseigner à l'UBO.Thomas Guénolé co-dirige l'école de la France insoumise, chargée notamment de la formation des militants du mouvement. A partir de septembre, il arrive à Brest pour enseigner à l'UBO

    Thomas Guénolé enseignera à l’UBO dès la rentrée prochaine. Il ne fait pas non plus mystère de son entrée en politique imminente, au moins pour les Européennes. Et pour les municipales de 2020 ?

    Malgré les vacances, la question monte dans la classe politique brestoise. Que vient faire Thomas Guénolé à Brest ? Enseigner bien sûr.

    Ce politologue de 35 ans, proche de Jean-Luc Mélenchon, coresponsable de l’École de la France insoumise qui assure à la fois la formation des militants insoumis, va donner des cours à l’UBO à partir de septembre 2018. Une annonce faite sur son compte Twitter le 22 juin. 

    Mais faut-il aussi y voir une approche en vue des prochaines échéances électorales ? Toujours sur son compte Twitter,Thomas Guénolé ne fait pas de mystère de ses intentions immédiates. Il s’y présente en effet comme « candidat aux élections européennes de 2019 ».

    Il figure en effet parmi les 66 noms qui ont validés par une consultation militante au début de l’été. Mais à quelle place sera-t-il effectivement ? Ce qui ne serait pas neutre pour la suite.

    Trois cas de figure

    Dans une première hypothèse, Thomas Guénolé est élu député européen en juin prochain. Il semblerait alors compliqué qu’il endosse, comme certains le pensent, la tête de liste aux municipales de Brest moins d'un an plus tard.

    Dans une seconde hypothèse, s’il n’était pas élu au Parlement européen, pourrait-il devenir la tête de liste aux municipales ? Ce n’est pas impossible, puisque rien n’est encore tranché de ce côté là.

    Mais cela pourrait être interprété comme une remise en cause du travail et des résultats électoraux de Pierre-Yves Cadalen. Alors qu’il est loin d’avoir démérité lors de la législative de Brest centre. On ne peut pas non plus exclure que les deux hommes soient sur la même longueur d’onde.

    Troisième hypothèse, valable en cas d’élection ou non à l’Europe : Thomas Guénolé pourrait figurer sur la liste des insoumis à la municipale de 2020, sans la conduire. Ou lui apporter sa capacité de réflexion en coulisses. Thomas Guénolé est considéré comme un intellectuel de gauche, proche d’Emmanuel Todd. Il vient notamment de publier « Antisocial, la guerre sociale est déclarée » chez Plon.

    Ce scénario, s’il se confirmait, démontrerait une fois de plus que la municipale brestoise aiguise bien des appétits. Au plan national, de nombreuses formations ont repéré Brest comme une ville à conquérir.

    Brest, une vraie cible

    Ce n’est pas un mystère que la République en marche espère bien gagner la mairie, voire la métropole, dans deux ans. L’arrivée d’une pointure comme Thomas Guénolé démontrerait que la France insoumise vise le même résultat, au moins pour la ville.

    Ces deux formations font le pari que le PS, jusque-là force politique dominante dans la ville, ne se sera alors toujours pas relevé de la double déroute de la présidentielle puis des législatives. Et c’est effectivement là que semble se jouer le sort de la prochaine municipale…

    Olivier PAULY

    source: https://www.ouest-france.fr

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  • Dimitri Poupon, devant le monument aux morts qui touche les murs de l’ancienne ferme, va poser noir sur blanc les raisons de ce traumatisme gouesnousien. Dimitri Poupon, devant le monument aux morts qui touche les murs de l’ancienne ferme, va poser noir sur blanc les raisons de ce traumatisme gouesnousien

     

    Le 7 août 1944, l’armée allemande est aux aguets. Elle sait que les forces américaines sont sur la route de Brest et foncent sur elle. À Gouesnou, en riposte à une incartade d’éclaireurs franco-anglais, elle va massacrer ce jour-là 42 civils raflés au hasard et fusillés dans la ferme de Penguérec. Il s’agirait du massacre de civils le plus important en Bretagne. Dimitri Poupon entame une thèse qui va explorer cet événement et plus généralement l’occupation allemande dans ce bourg qui ne comptait que 1.400 âmes à l’époque.


    Dimitri Poupon, comment vous est venu ce sujet de thèse ?

    « Moi, au départ, je ne voulais pas faire de thèse. Mais quand Fabrice Bouthillon m’a appelé pendant mon master 2 pour me demander de m’y atteler en me précisant que les trois années de travail étaient financées par la commune et l’université, j’ai pris le temps d’y réfléchir une petite semaine. Et j’ai foncé ».


    Vous êtes Gouesnousien ?

    « Pas du tout, je suis de Plougonvelin mais la deuxième Guerre Mondiale est le sujet qui m’a donné le goût pour m’inscrire en fac d’histoire, il y a quelques années. Peut-être parce que mon grand-père et ma grand-mère ont vécu cette période, je ne sais pas. Et puis, ironie de l’histoire, nous ne l’avons pas étudiée en licence… C’est un petit regret pour moi au milieu de ce cursus par ailleurs remarquable à Brest. Disons que c’est plus un regret personnel que je vais gommer. Parce qu’au terme de ma réflexion, le sujet proposé me passionne d’abord parce qu’il se situe dans cette période et aussi parce qu’il est local. Bien sûr, le financement est un plus, mais je ne l’aurai pas fait pour n’importe quel sujet ».


    Que se passe-t-il le 7 août à Gouesnou ?

    « Le départ de ce massacre est sensiblement identique à celui qui s’est produit à Saint-Pol, quelques jours avant. En réalité, les deux fois, les troupes américaines sont annoncées en avance par la population, alors qu’elles ne sont pas si proches. Ici, il semble que quelqu’un ait dit que les Américains arrivaient alors qu’ils n’étaient qu’à Plabennec. Les éclaireurs, souvent des maquisards français formés par des Britanniques, arrivent dans le bourg et tentent de couper les liaisons entre les Allemands. À Gouesnou comme ailleurs, les Allemands avaient dressé un observatoire en haut du clocher et l’idée était de couper cette transmission. Hélas, deux soldats de la Libération, Roger et Rotenstein, sont tués et les Allemands peuvent s’organiser. Quelques soldats de la Kriegsmarine vont rafler les personnes qui se trouvent là et les emmener dans un corps de ferme pour les fusiller arbitrairement. Ils en raflent 38 et tuent quatre des six occupants de la ferme, un couple et deux de leurs six enfants ».


    En quoi ce massacre est-il inédit ?

    « L’armée allemande et comme toutes les armées, composée de plusieurs corps. Selon ce que je sais, le massacre de Penguérec est sans doute le seul perpétré par des marins de la Kriegsmarine. Ce n’était pas leur habitude à l’inverse de la division blindée des Waffen SS « Totenkopf » qui, au début du conflit, a multiplié les massacres de civils dans le Nord de la France. Je vais essayer de comprendre ce qui s’est produit ce jour-là. Cette partie occupera une grande place de mes recherches que je vais étendre à toute la période d’occupation à Gouesnou pour ma thèse. On ne passe pas trois ans sur une seule journée, même la plus rude du conflit ».


    Vous avez une petite idée, déjà ?

    « Franchement non. Je vois ça comme une enquête policière où je vais remonter un fil. Je sais qu’il y a déjà des suppositions rapportant que les soldats allemands étaient sous l’effet des méthamphétamines, à l’identique de ce qui a été rapporté à Saint-Pol où les témoins parlent "d’yeux exorbités". Mais il faut le vérifier. Je rappelle qu’Hitler a dit tout long de cette guerre que la vie d’un soldat allemand valait celles de 30 à 40 civils. Et à cette période, les Allemands savaient déjà que c’était sans doute la fin ».

     

    en complément 


    Massacre de Penguérec. À Gouesnou, une balafre éternelle
    Stéphane Roudaut, le maire de Gouesnou, est formel. Le discours qu’il prononce chaque année à Penguérec le 7 août est le plus difficile de l’année. « Les gens pleurent encore », glisse-t-il. Mais c’est son prédécesseur, Michel Phelep, qui connaît le mieux le déroulé de ce drame absolu. Pour cause : le couple de fermiers lâchement abattu ce 7 août 1944 avec deux de leurs six enfants n’étaient autres que ses parents et sa fratrie. « J’avais 4 ans, on m’avait confié à une ferme d’à côté », ne se souvient-il pas ou peut-être pas. « Je ne sais pas. On m’en a tellement parlé que je ne peux pas affirmer si les souvenirs sont réels ou rapportés ». Michel Phelep sait en revanche que ses frères Paul et Laurent ainsi que sa sœur Yvette ont pu sauter à temps des fenêtres. Pierre et Francine ont en revanche été abattus avec tant d’autres. Des gens ramassés au hasard, sans distinction d’âge ou de sexe. De 16 à plus de 70 ans…

    Le mystère de neuf inconnus

    « Il reste aussi un mystère dans cette tuerie », continue Michel Phelep, qui raconte que neuf des corps retrouvés par une nonne, sœur Paul, sur des tas de fumier n’ont jamais pu être identifiés. « On ne sait pas. Ce sont peut-être des Brestois qui étaient sur la route de l’exil mais certains prétendent qu’il s’agissait d’Africains. Je me demande ce que des Africains faisaient là, à ce moment-là, mais cette rumeur est restée tenace ». Sur le monument aux morts qui regarde les derniers murs de la ferme, calcinée par les forces d’occupation après le drame, la mention des neuf inconnus figure au bas des patronymes des martyrs. Et Michel Phelep encore : « Ce qui est terrible au fond, c’est que les gens raflés n’ont pas su qu’ils allaient mourir. C’était la première fois, il n’y avait aucune raison que cela se produise ». Tous les ans, le 7 août, Stéphane Roudaut a donc la gorge serrée. Ici, le massacre de Penguérec a traversé les âges. « Nous devions nous intéresser à ce drame maintenant, parce que la mémoire vive s’éteint. C’était tout à fait inacceptable de ne pas l’écrire noir sur blanc et j’estime qu’un maire qui ne s’intéresse pas à la mémoire de sa commune, à ce qu’elle nous fait apprendre est un imposteur ».

    Steven LEROY

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • 10 juin 2018 –  Bagneux, Léon Landini résistant FTP MOI, l’un des signataires, avec Aubrac et Hessel, de l’Appel des Glières et président du PRCF, accueille une équipe d’Initiative Communiste pour recevoir et réaliser un entretien d’une très grande qualité avec , porte parole de la pour les questions internationales et de défense, et Fadi Kassem, animateur du PRCF en Ile de France.

    Un entretien centré autour des questions internationales alors que se tenait le G7 au Canada, et surtout de l’Union Européenne, et qui donc n’oublie pas d’aborder les questions du mouvement social.

     

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    A l'appel du député Insoumis, François Ruffin et de plusieurs organisations politiques et syndicales, des militants de gauche se sont retrouvés, partout en France, ce samedi, pour manifester leur hostilité aux politiques gouvernementales. À Quimperlé, ils se sont réunis, place Saint-Michel, entre 11 h et 13 h, pour partager un repas ensemble, dans une ambiance bon enfant. Une vingtaine de personnes se sont rendues à l'événement. « Une quinzaine de Quimperlois ont aussi pris un bus, qui partait de Châteaulin, via Quimper, pour se rendre à Paris manifester », a précisé un des militants de la France Insoumise.
     
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    « Halte à la violence d’État », « Rien n’est bon dans le Macron »… Pancarte en main, le collectif morlaisien appelait les citoyens à venir le rejoindre, samedi midi 5 mai, place des Otages, pour s’exprimer et échanger dans un esprit bienveillant et pour protester contre la politique menée par le Président de la République, un an après son élection. En fin de rasemblement, le collectif Gaspar, contre la centrale de Landivisiau, était présent tout comme des anti-Linky. La police municipale était sur place. François Ruffin, député de La France insoumise de la Somme, est notamment à l’initiative de cette « Fête à Macron » qui s’est traduite par l’organisation de nombreux rassemblements à travers la France.

    source: http://www.letelegramme.fr

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  • La fête à Macron à Brest:« Parce que c'est notre rejet » ! (LT.fr-6/05/2018-8h14)

    Environ 600 personnes, toutes générations confondues, ont fait « la fête à Macron » samedi après-midi, dans les rues de Brest, sur le modèle de la grande manifestation parisienne organisée au même moment.

    « Macron, nous mettons fin à ta période d'essai » ! Cette banderole placée en tête du cortège, résumait assez bien l'état d'esprit de cette manifestation à la fois joyeuse et revendicative. Toutes les générations étaient présentes. À commencer par les retraités, dont beaucoup n'ont toujours pas digéré la hausse de la CSG. « Macron nous saigne pour mieux arroser les plus riches », déplorait Jacqueline, 66 ans, tandis que quelques rangs plus loin, un jeune brandissait sa fibre écolo « totalement absente de la politique du gouvernement ».

     Sans le PS

    Sous un franc soleil, le défilé est parti en rangs clairsemés de la gare, où les cheminots sont toujours en lutte pour la préservation de leur statut. Puis, il a grossi à vue d'oeil pour atteindre les 600 manifestants au passage devant l'hôtel de ville. Il faut dire que le collectif citoyen créé spécialement pour l'occasion, avait reçu le renfort de plusieurs organisations de gauche, de la France insoumise au PCF en passant par Génération(s) ou le NPA, sans oublier la CGT, Attac, Solidaires, et d'autres mouvements citoyens. Seule absence notable, finalement : celle du Parti socialiste, dont les représentants locaux se montrent pourtant très véhéments à l'égard de la politique de l'exécutif, mais dont la présence n'était pas spécialement désirée ce samedi au milieu d'une foule qui était déjà majoritairement hostile à la politique de François Hollande. Du reste, pour ce porte-parole du collectif brestois de « la fête à Macron », il ne fallait pas s'y tromper. « En réalité, voilà six ans que Macron est au pouvoir, mais peu importe le chiffre, un anniversaire, ça se fête ».

    À chaque arrêt des discours

    Alors, ils l'ont fêté, en marchant eux aussi, et en jalonnant cette marche de plusieurs arrêts devant les principaux services publics de la Ville : l'hôpital, les impôts, ou encore l'université. Chaque étape était marquée d'un ou plusieurs discours, et libre à chacun de faire entendre sa voix. Devant la mairie, un intervenant a ainsi dénoncé la mise sous tutelle des collectivités locales par le gouvernement. « Emmanuel, les villes ne sont pas tes jouets et ne peuvent pas être celui de ton parti avant 2020. Le temps de la démocratie n'est pas celui de la spéculation financière ». Ce rassemblement sans débordement s'est terminé face au port, au jardin de l'Académie de la Marine, dans une ambiance guinguette.

    Jean-Luc PADELLEC

    source: http://www.letelegramme.fr

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  • Le pari réussi de « la fête à Macron » (politis.fr-5/05/2018)

    Plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient présentes à l'appel de François Ruffin. Une ambiance bon enfant qui laisse augurer un mois de mai riche en mobilisations.

     Que l’on ne se fie pas à son cortège morcelé, à ses syndicats et partis politiques désunis et aux quelques incidents qui ont émaillé son arrivée place de la Bastille : la manifestation du 5 mai est une réussite. Lancée le mois dernier par le député François Ruffin, membre du groupe de la France insoumise, et l’économiste et philosophe Frédéric Lordon, la « Fête à Macron », qui se tenait à Paris ce samedi sous le soleil a rassemblé 100 000 personnes selon les organisateurs – 40.000 personnes, selon la préfecture de Police, et un peu moins selon le cabinet Occurrence pour un collectif de médias.

    Sur un itinéraire de 4,5 kilomètres reliant la Place de l’Opéra à celle de la Bastille, quatre chars aux noms évocateurs de « Dracula », « Napoléon », « Jupiter » ou encore « Résistance », rythmaient le défilé.

    Suivant de peu la tête de cortège constituée de représentants de secteurs en lutte, le car de la France insoumise, autour duquel gravitait une foule importante et qui a vu se succéder à la tribune les députés du groupe, dont Alexis Corbière, Ugo Bernalicis ou encore Jean-Luc Mélenchon. « Il y a exactement 227 ans, les états-généraux se réunissaient pour mettre fin au régime », a-t-il rappelé. « Vous n’êtes pas responsables de la dette », a-t-il lancé à la foule, félicitant les « cheminotes et les cheminots », « les étudiants », « les postiers », « les avocats », « les magistrats » pour leur mobilisation. Aux personnels hospitaliers, le chef de file de la France insoumise à l’Assemblée nationale a tenu à adresser un message fort : « La France vous aime », a-t-il martelé.

    Vers une union le 26 mai

    Au sujet l’Exit tax, qu’Emmanuel Macron a annoncé vouloir supprimer dès l’année prochaine, Jean-Luc Mélenchon a prévenu : aux riches qui se sont « gavés comme des tiques », quand sera établi « l'impôt universel » qui figurait dans son programme, « même en enfer ils payeront leurs impôts ». Il a également annoncé que la France insoumise se joindrait au grand rassemblement inter-syndical, politique et populaire prévu le 26 mai. En effet, sous l’égide de la fondation Copernic et de l’association Attac, les différentes strates de ce qui compose l’opposition à la politique menée par le Gouvernement ont entamé des négociations en vue d’une « marée populaire » à cette date et sont proches d’y parvenir.

    « Ça prend forme », confirme le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. « La procédure est discutée collectivement », indique-t-il, prévenant cependant contre « les effets d’annonce », en tenant la banderole du PCF, située dans une deuxième partie du cortège, avec Picardie Debout, le mouvement de François Ruffin, et Génération.s, celui de Benoit Hamon, derrière lesquels d'autres groupes de la France insoumise, venus des différentes régions de France, avaient pris place. Un rappel qu’en matière d’unité, notamment à gauche, des progrès sont encore à faire... « Cette manifestation n’a pas d’étiquette », a pourtant défendu Ugo Bernalicis.

    L’appel aux « éveillés tardifs »

    Alors que la préfecture avait mobilisé 2 000 membres des forces de l’ordre et que le gouvernement redoutait des actes de violence – à l’image du rassemblement du 1er mai –, la « Fête à Macron » a été aussi, sur ce plan, une réussite. S'il y a eu quelques tensions à l’arrivée du cortège à la place de la Bastille, les incidents ont été le fait d'individus masqués extérieurs à la manifestation : une camionnette de Radio France a été endommagée et un policier a été légèrement blessé par un jet de projectile lors de l’extraction du véhicule. « Blessé sans gravité, il a néanmoins été conduit à l’hôpital », a précisé la préfecture de police au Parisien.

    Un vent de révolte souffle néanmoins sur la foule quand, Place de la Bastille, Frédéric Lordon prend la parole : « Quelle est la légitimité de ce Président ? » s’interroge-t-il, qualifiant Emmanuel Macron de « roitelet», « claquemuré dans son palais ». « Une masse s’est levée », lance-t-il, appelant les « éveillés tardifs » à rejoindre le mouvement. Et de donner rendez-vous au gouvernement : « Demain nous reviendrons, et nous serons beaucoup ! »

    Agathe Mercante

    source: https://www.politis.fr

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  • Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans une ambiance très gaie samedi 5 mai pour la "Fête à Macron et son monde", organisée notamment par d'anciens membres de Nuit debout et par le député la France insoumise François Ruffin. Un appel a été lancé pour une grande manifestation le 26 mai.

    Des chars “Macron-Jupiter,” “Macron-Dracula”, “Macron-Bonaparte”. Un car de la France insoumise avec Jean-Luc Mélenchon et les député-e-s de son mouvement faisant coucou à la foule (160 000 selon les Insoumis, 40 000 selon la préfecture, 38 900 selon un collectif de médias indépendants). Des membres de Génération-s, du NPA, du PCF, des syndicats, des assos. Des cheminots en grève, des postier-e-s, des infirmières, des étudiant-e-s, des sans papiers. Des orchestres, de la techno, des Bella Ciao (Mais si, vous savez, “le chant devenu un tube grâce à Netflix”). Voilà de quoi était composée ce 5 mai la “Fête à Macron et son monde”, dont la date avait été fixée lors d’une réunion organisée par “d’anciens nuit-deboutistes” - le député de la France insoumise François Ruffin, l’économiste Frédéric Lordon que l’on croisera en train de tracter, des acteurs militants et associatifs… - à la Bourse du Travail de Paris, le 4 avril. Pour cette “manif pot-au-feu”, visant à agréger un “front populaire” constitué à la fois des mouvements citoyen, politique et syndical, le soleil était au rendez-vous et “les ingrédients pour la réussir” aussi, de l’avis d’un François Ruffin qui semblait satisfait des festivités.

    Cette "manif différente" de l'avis d'Emmanuel Vire, l'un des organisateurs, censée accueillir toutes les personnes en lutte contre la politique gouvernementale, devait initialement débuter sur le parvis du musée du Louvre… Là même où Emmanuel Macron avait prononcé son premier discours en tant que Président de la République - et marché longuement pour atteindre l’estrade (666 kilomètres selon les syndicats, 49,3 selon Manuel Valls). Faute d’autorisation de la préfecture, c’est finalement place de l’Opéra que rendez-vous était donné, d’abord pour un pique nique, puis pour un défilé jusqu’à Bastille, où étaient prévus des allocutions et des concerts. Le tout était financé par les dons d’une cagnotte en ligne (plus de 25 000 euros).

     

    "Même si on est en colère, on est contents d'être venus faire la fête!"

    Un programme festif que l’exécutif a qualifié d’appel au chaos dans un contexte marqué par les débordements de la manif du 1er mai - Emmanuel Macron, en marge d’un déplacement en Nouvelle Calédonie, comparant même Jean-Luc Mélenchon à un “pyromane indigné”. D’où la mobilisation de plus de 2000 policiers et gendarmes pour encadrer la marche, outre les deux services d’ordre déjà prévus par les organisateurs qui, eux, avant le jour j, se défendaient catégoriquement de “prôner la violence”. Du haut de son car, Mélenchon tient le même discours sous les hourras de la foule : “Cette société est très violente, avec ceux qui meurent dans la rue par exemple. La violence ne résout rien.” Si tout le long de la marche, l’ambiance fut en effet très bonne, les personnes dans le cortège affichant sur leurs visages et sur leurs corps dansant une réelle joie d’être présents, à l’arrivée à Bastille, quelques débordement ont eu lieu, avec par exemple la prise pour cible d’un camion de France info, dont les vitres ont été brisées (les journalistes ne se trouvaient pas à l’intérieur).

    “Même si on est en colère, on est content d’être venus faire la fête”, nous explique Lucas, faisant fièrement flotter au-dessus de sa tête un Gwenn ha du. Ce Rennais, venu spécialement en car de Bretagne - la France insoumise s’étant majoritairement chargée de l’organisation de la montée à Paris de la centaine de comités “Fête à Macron” formés dans toute la France - voulait absolument être là : “Il faut montrer au Président, qui n’explique sa politique que par des insultes, qu’on est présents. Je suis pour la convergence des luttes : moi, j’ai co-fondé une TPE familiale, et on est asphyxiés. Mes clients sont des personnes issues du service public, et elles aussi n’en peuvent plus et galèrent. C’est le serpent qui se mord la queue, et, pendant ce temps, il fait des cadeaux aux multinationales.”

    "Cette fête, c'est une façon de montrer aux personnes résignées qu'on peut agir"

    Il sera en effet beaucoup question de ça, et notamment de la suppression récente de l’exit-tax, fustigée par François Ruffin. Le réalisateur de Merci Patron! est content de la journée : “Aujourd’hui, il y a plein de gens qui trouvent injuste la politique d’Emmanuel Macron, mais qui sont résignés. Cette fête, c’est une façon de leur montrer qu’on peut agir. C’est une première étape réussie, maintenant, cap sur le 26 mai. Il faut préparer à fond cette journée qui, je l’espère, deviendra historique.” Une manif de convergence syndicale, politique et citoyenne sera en effet organisée ce jour-là.

    Laurence, déléguée CGT-info com y sera. Si cette réalisatrice de 51 ans ne “[nous] cache pas qu’elle n’est pas nécessairement en accord avec les décisions prises par sa confédération” [Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, n’a pas appelé son syndicat à participer à la Fête à Macron, ndlr], elle espère qu”’en agrégeant tous les secteurs en lutte, comme c’est le cas aujourd’hui, Macron, malgré sa grande détermination, pliera”. Et d’ajouter : “Si on n’y croyait pas, on ne serait pas là ! La question centrale, en fait, est de savoir dans quel type de société on souhaite vivre.” Pour les personnes présentes, pas dans une société néolibérale en tout cas, cf. de nombreuses pancartes ou slogans : “Le libéralisme tue”, “Hôpital contre capital”, “Anti-anti-anti-capitalistes!”...

    "Une politique d'exclusion sociale, d'injustice et de mépris de classe"

    Pas dans une société considérée comme discriminatoire non plus, comme nous le raconte Mélissa, étudiante lilloise de 26 ans venue à Paris pour manifester : “Je suis là pour représenter le rejet de la politique de Macron. Mes cours sont à Lille II, qui a été bloquée récemment pour protester contre la réforme de l’université [accusée de promouvoir la sélection des étudiants, ndlr]. Je viens d’un milieu populaire : avec cette loi, je n’aurais pas pu aller à la fac.” La jeune femme, engagée également auprès des réfugié-e-s, dénonce également le projet de loi asile et immigration, et plus globalement, “cette politique d’exclusion sociale, d’injustice, et de mépris de classe” à l’œuvre selon elle sous l'impulsion de l'exécutif actuel.

     

    Militante féministe, elle se réjouit de l’appel qui avait été lancé sur un blog Médiapart pour “introduire à la manif le thème de la précarisation des femmes”. Elle note tout de même l’absence de représentants des quartiers populaires, “on revient toujours à cette question de sociologie, de qui se sent autorisé à venir aux manifs, etc…”  Reste que “face à la casse des acquis sociaux”, dans un esprit de convergence des luttes - "enfin, tout dépend de quelle convergence et avec qui" - elle appelle à “lutter tous ensemble”. C’est d’ailleurs le slogan de la manif du 26 mai. Variante : "Le pot-au-feu, c'est meilleur réchauffé."

    Amélie Quentel

    source: https://www.lesinrocks.com

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