• Anticommunisme et eurofascisation : entretien avec F Kassem. “tous ensemble, manifestons à Paris le samedi 9 novembre” (IC.fr-4/11/19)

     

    Entretien d’Initiative communiste avec , secrétaire général adjoint du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

    INITIATIVE COMMUNISTE : Le 19 septembre 2019, le Parlement européen a adopté à une large majorité une résolution « sur l’importance de la mémoire pour l’avenir de l’Europe ». Derrière cet intitulé, pourquoi peut-on dire qu’il s’agit d’un texte révisionniste et falsifiant l’Histoire ?

    Fadi Kassem : Cette résolution s’inscrit dans la continuité d’un ensemble de textes déjà adoptés précédemment, telles « la résolution 1481 sur la nécessité d’une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires » (adoptée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le 26 janvier 2006), ou la « déclaration sur la conscience européenne et le communisme » (adoptée à Prague le 3 juin 2008). Cette fois-ci, la résolution adoptée par la grande majorité des eurodéputés assimile odieusement et de manière totalement diffamatoire sur le plan historique le nazisme et le communisme (le stalinisme avait déjà été assimilé au nazisme dans la « déclaration sur la proclamation du 23 août comme Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme », adoptée le 23 septembre 2008), avec une réécriture négationniste de l’Histoire. 

    Ainsi, le pacte de non-agression (rappelons-le à l’heure où se développent les discours totalement mensongers selon lesquels l’URSS et l’Allemagne nazie auraient été alliées pendant la guerre !) germano-soviétique serait la seule et unique cause de la Deuxième Guerre mondiale (qui, au passage, avait déjà débuté en Asie depuis l’invasion de la Mandchourie par le Japon militariste et antibolchevique en septembre 1931), et la « reconstruction » de l’Europe après 1945 aurait séparé le camp « totalitaire » du camp « libéral et démocratique » (et qu’importe si nombre de nazis et de collaborationnistes de l’Europe furent allègrement recyclés pour « reconstruire » l’Europe occidentale sous pilotage de l’impérialisme états-unien !).

    Faut-il rappeler que l’URSS fut le grand vainqueur de l’Allemagne nazie ?! Que les « démocraties libérales » capitulèrent sans sourciller face à l’Allemagne nazie avant 1939 par haine du bolchevisme (et pour nombre de dirigeants par volonté de poursuivre la collaboration avec les milieux industriels, financiers et commerciaux allemands, voire par attrait du nazisme) ?! De Gaulle lui-même l’affirma en décembre 1944 lors de la signature du traité d’alliance franco-soviétique : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ». Incontestablement, en matière de schématisation et de falsification de l’Histoire, on a rarement fait mieux !

    INITIATIVE COMMUNISTE : En quoi ce révisionnisme mensonger favorise-t-il la criminalisation du communisme ?

    F.K. : Sous l’impulsion des eurodéputés notamment baltes, hongrois et polonais, se développe depuis au moins l’adhésion des pays d’Europe centrale et orientale à l’Union européenne en 2004 (et de fait, depuis toujours puisque la « construction européenne » est une vaste entreprise anticommuniste et de vassalisation du continent à l’impérialisme états-unien) une violente campagne anticommuniste dans l’ensemble du continent, débouchant sur la récente tentative de délégalisation du Parti communiste polonais (PKP) par exemple. La résolution du 19 septembre dernier est d’ailleurs explicite sur l’atmosphère profondément anticommuniste : ainsi, « dans certains États membres, la loi interdit les idéologies communiste ou nazie » (et on remarque au passage cette confusion volontairement permanente et mensongère réduisant deux visions du monde profondément antinomiques et ennemies au seul vocable de « totalitarisme »).

     Cette résolution actuelle accélère la criminalisation du communisme : dans l’article 17, le Parlement européen « se dit préoccupé par le fait que des symboles de régimes totalitaires continuent à être utilisés dans les espaces publics et à des fins commerciales, tout en rappelant qu’un certain nombre de pays européens ont interdit l’utilisation de symboles nazis et communistes » ; dans l’article 18, il « constate que le maintien, dans les espaces publics (parcs, places, rues, etc.) de certains États membres, de monuments et de mémoriaux glorifiant les régimes totalitaires ouvre la voie à la dénaturation des faits historiques relatifs aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’à la propagation d’un système politique totalitaire ». Le droit communautaire prévalant sur le droit national, concrètement demain, porter un t-shirt à l’effigie de Guevara ou avec une faucille et un marteau sera interdit ; attendons-nous à la « dé-bolchévisation » accrue « du paysage urbain » (au revoir le métro Stalingrad, pourtant la bataille majeure ayant fait basculer la guerre vers la défaite du nazisme !) dont se vantait déjà dès la chute du mur de Berlin un ancien maire de Sartrouville (commune des Yvelines) d’extrême droite, Laurent Wetzel, qui, à peine élu maire en 1989, débaptisa les rues Marcel Cachin, Ambroise Croizat (tout un symbole pour la Sécurité sociale !), Hô Chi Minh, Karl Marx, Maurice Thorez ou encore Benoît Frachon (même la salle municipale Nelson Mandela ne résista pas !).

    INITIATIVE COMMUNISTE : Parallèlement à cette offensive anticommuniste, on constate une puissante offensive de l’extrême droite, à l’image de la présence au pouvoir de néo-nazis en Ukraine et des défilés des anciens Waffen SS en Lettonie (où le ministre de l’Intérieur célèbre même ces derniers !). Qu’est-ce que cela révèle de l’atmosphère politique et idéologique actuelle ? Faut-il s’en inquiéter ?

    F.K. : L’offensive de l’extrême droite fascisante et fasciste dans l’ensemble du continent (et au-delà) est générale : outre en Ukraine, l’extrême droite est au pouvoir en Autriche, en Italie avec Salvini, en Hongrie avec Orban ou en , tandis que l’AFD a envoyé des dizaines de députés au Bundestag allemand, que l’extrême droite proteste contre l’exhumation de la dépouille de Franco en Espagne (et que Vox accède au pouvoir en Andalousie) et que les néo-nazis montent en puissance en Suède. Aux quatre coins de l’Europe, on assiste à une fascisation sans précédent, déjà à l’œuvre depuis des années et qui s’accélère du fait d’un anticommunisme total et viscéral pour faire taire ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. Cette dynamique, dont la source profonde est à chercher dans la contre-révolution des années 1990 qui a permis la re-mondialisation du destructeur mode de production capitaliste et qui a remis l’impérialisme allemand au centre de la « construction » européenne, est d’autant plus inquiétante que la violence et la haine, essences profondes du fascisme, se répandent très rapidement : qui peut par exemple oublier les dizaines de victimes brûlées vives dans la maison des syndicats d’Odessa en Ukraine ? Méditons les paroles du pasteur Niemöller – pourtant peu suspect de philo-communisme ! – qui avait déclaré avec lucidité :

    « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

    En tant que communistes, il faut s’inquiéter très sérieusement de cette euro-fascisation, rompre le silence, s’indigner et, surtout, la combattre avec acharnement ! Ce combat n’est pas la seule affaire des communistes, mais également des syndicalistes et des antifascistes (dont les patriotes gaullistes). Et ne croyons surtout pas que la France est à l’abri, bien au contraire ! La répression accrue à l’encontre des gilets jaunes, les violences policières démultipliées (même à l’égard de retraités, lycéen(ne)s et étudiant(e)s) et les interdictions croissantes de manifester – y compris le 1er mai ! –, l’impunité totale de Benalla qui usurpe les fonctions de la police – à quoi s’ajoute l’impunité quasi systématique des forces de l’ordre victimes de violences de plus en plus manifestes – n’ont fait qu’annoncer l’escalade qui s’est produit tout au long de 2018 et de 2019, traduit une accélération de la fascisation. Macron avait été présenté comme le rempart contre le prétendu « Rassemblement national » ; il lui déroule un « tapis brun », cautionnant les extrémistes de Valeurs actuelles, acceptant et justifiant les condamnations de syndicalistes, de manifestants de divers bords, d’écologistes, de lycéen(ne)s et étudiant(e)s qui se multiplient et s’alourdissent. L’extrême droite fascisante et fasciste se fait de plus en plus entendre médiatiquement (l’incandescent Zemmour étant l’exemple le plus emblématique) et est de plus en plus décomplexée : que l’on songe à Bruno Gollnisch déclarant sur Twitter que « Franco, qui a sauvé l’Espagne, et sans doute l’Europe, du communisme stalinien, avait fait inhumer ensemble vainqueurs et vaincus de la guerre civile. En s’en prenant à son cadavre, la gauche montre une fois de plus son visage de haine et de mesquinerie. » Plus que jamais, c’est maintenant qu’il faut réagir et agir ?

    INITIATIVE COMMUNISTE : Que peuvent faire les antifascistes, les républicains, les syndicalistes, les communistes pour agir et stopper cette fascisation ?

    FK : depuis des années, le PRCF appelle à la constitution d’un , patriotique, populaire et écologiste, un Fr.A.P.P.E. dont l’une des premières d’être est la lutte contre le fascisme, comme le fit le Front populaire au milieu des années 1930. Cela implique d’abord de mettre de côté les divergences et divisions politique : Maurice Thorez sut tendre la main aux catholiques de droite au nom d’un front commun ! Aussi l’appel au Fr.A.P.P.E. ne vise pas que les forces de gauche – quand bien même la gauche antifasciste, patriotique, populaire et écologiste doit en être l’aiguillon principal, et notamment les communistes –, mais également les patriotes (notamment gaullistes) sincèrement antifascistes.

    Décréter un Front est une chose, le faire vivre concrètement est central.

    Dans l’optique du combat contre l’infâme résolution du Parlement européen, le PRCF a été signataire d’une déclaration commune avec d’autres forces communistes, a lancé une lettre ouverte à l’ensemble des forces potentiellement constitutrices du Fr.A.P.P.E., et est surtout partie prenante d’un large appel à signer en ligne. Ces démarches, nécessaires, ne sauraient se passer d’une indispensable mobilisation militante sur le terrain : le 19 octobre, des militants du PRCF ont fait signer la pétition lors de la  de Lannemezan en faveur de la libération de George Ibrahim Abdallah, et le lendemain nos jeunes camarades étaient présents en nombre à Châteaubriant avec les militants de Bretagne pour porter ce nécessaire combat, recevant même l’appui d’une délégation de l’UPR. Outre ces actions locales, comme celles de nos camarades de Pézenas s’adressant au maire de cette ville, des organisations PRCF de Bretagne défendant le Venezuela bolivarien ou du PRCF-Pas-de-Calais se solidarisant avec les communistes polonais, nous appelons enfin à une mobilisation nationale avec des manifestations partout où il est possible d’en organiser.

    INITIATIVE COMMUNISTE : Peux-tu nous en dire plus sur ce sujet ?

    Fadi Kassem : D’ores et déjà, je peux vous indiquer que le PRCF, dans un esprit unitaire et de rassemblement avec nombre de partenaires, communistes et non communistes, est à l’origine d’une prochaine manifestation à Paris le samedi 9 novembre. C’est d’autant plus symbolique que la chute du mur de Berlin, en ouvrant la voie à l’annexion de la RDA socialiste par la RFA capitaliste, a ouvert un boulevard à l’offensive fascisante partout en Europe. Le rassemblement débutera à 14h devant l’ambassade de Pologne, au croisement des rues Talleyrand et Constantine, là où le PRCF a déjà organisé des rassemblements – en janvier 2018 et juin 2019 notamment – pour dénoncer et combattre la chasse aux sorcières anticommuniste du gouvernement réactionnaire polonais à l’encontre de nos camarades du PKP. Il est essentiel d’être le plus nombreux possible afin de faire entendre la voix de toutes et tous ceux s’opposant au véritable totalitarisme, celui de l’européisme complice de la fascisation du continent !

              Ce rassemblement ne se veut nullement exclusif, et tou(te)s les militant(e)s du PRCF sont invités à organiser, partout où ils peuvent en France, à en faire de même devant des endroits symboliques – places, statues, bâtiments, mémoriaux rappelant le rôle décisif de l’URSS dans la victoire contre le nazisme. De même, la date du 10 décembre doit représenter un autre grand moment de mobilisation, jour de l’anniversaire de la signature du traité d’alliance franco-soviétique entre de Gaulle et Staline il y a 75 ans.

              Nous appelons donc un maximum de militant(e)s communistes, progressistes, patriotes antifascistes, syndicalistes, à se joindre à nous manifester notre détermination totale contre la « vague brune » qui ne cesse de progresser sur le continent. Ce n’est que tous ensemble, en même temps et dans le même sens que nous pouvons stopper et vaincre l’euro-fascisation !

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • A Maxime Nicolle, alias Fly Rider,

     

    Citoyen,

    Lundi dernier, vous étiez à Londres pour assister à l’audience concernant l’extradition de . Auteur d’un ouvrage sur ce dernier, «  en danger de mort », j’étais à Paris, pour commenter, en direct sur RT France, l’information que me relayaient des camarades du comité WikiJustice sur place. 

    Monika Karbowska devant le WMC

    L’un d’eux a d’ailleurs pu, non sans efforts, entrer dans la salle d’audience. Cette camarade, en l’occurrence la militante franco-polonaise Monika Karbowska (voir la photo jointe à cette lettre), avait visiblement bien fait d’arriver par ses propres moyens à l’audience. D’autres, montés dans le car des Gilets jaunes et entravés par le retard dudit car, n’ont pas eu, contrairement à vous, le privilège qu’on leur chauffe la place. 

    Au sortir du Westminster Magistrates’ Court, vous avez déclaré aux journalistes de ce même RT (les seuls à vraiment relayer l’Affaire) que la mère d’Assange était présente. C’était à la troisième minute de la vidéo qui en a été tirée :

    Or, il n’en était rien. Rien n’indique que Mme Christine Assange était présente, ni au dehors ni au dedans du tribunal.

    Avez vous rencontré la mère d’Assange, citoyen Nicolle ? Lui avez-vous parlé ? L’avez-vous photographiée ? Ne pensez-vous pas que, eût-elle été présente, RT se serait fait un honneur et un devoir de lui offrir une tribune afin qu’elle pût clamer l’innocence de son fils et demander sa relaxe immédiate ?

    Au contraire, celle-ci a commenté, sans doute d’Australie où elle réside, les événements sur son compte twitter, en relayant diverses informations, mais elle n’était pas à cette audience où son fils apparaissait en public pour la première fois depuis de longs mois. Rien n’indique non plus qu’elle ait fait le voyag depuis l’Australie depuis le kidnapping de son fils à l’ambassade d’Equateur.

    Lundi, le journaliste australien a donc comparu extrêmement affaibli, ne cherchant pas même le soutien d’un regard amical ou d’un sourire complice. A cette apparition tant attendue, il n’y aura eu ni Pietà ni Stabat Mater pour ce crucifié du combat anti-impérialiste. 

    En réalité, cette absence de la mère renvoie à quelque chose de plus douloureux encore dans la biographie d’Assange, sa naissance, plus que probable, et son enfance, elle avérée, au sein d’une secte australienne, The Family Cult, avec des enfants drogués, manipulés, pilotés dans le cadre de projets de type MK-ultra, voire pire encore.
    Cela renvoie à un père absent pendant toute sa vie, John Shipton, pourtant aujourd’hui très présent médiatiquement, et qui semble judicieusement avoir pris le contrôle du nom de domaine  via sa société Dynadot.

    Cela renvoie au désert de solitude qui entoure Assange actuellement, le vide qui est fait autour de lui, la disparition de son ex-compagne Sarah Harrison, l’intimidation du témoin Chelsea Manning et son emprisonnement, l’apparente démission de sa défense qui n’a pas interjeté appel de sa condamnation pour rupture de liberté conditionnelle, qui n’a pas cherché à récuser la juge Arbuthnot dont le mari travaille pourtant avec un ancien dirigeant du MI6, qui n’a pas utilisé le rapport de l’ONU pour le faire sortir de prison pour raisons de santé, qui choisit le secret alors que seule la mobilisation de l’opinion publique peut faire pression sur l’institution judiciaire et parlementaire britannique dont tout démontre – impossibilité du Brexit comprise -, qu’elle n’a plus rien de démocratique.

    Cette absence renvoie aussi à une autre origine, celle de Wikileaks. En effet, Wikileaks, conçu probablement au départ comme outil néolibéral pour dénigrer les adversaires traditionnels desdites « démocraties occidentales » (Chine, Russie, par exemple) s’est retourné contre certains de ses inspirateurs, sans doute y compris Gavin MacFadyen, le mentor d’Assange, décédé en 2016.

    Car Assange n’a pas été ce petit télégraphiste de l’Empire qu’il était destiné à être.

    Contre la main droite de l’Empire, Assange a dénoncé la guerre des néo-cons en Irak et en Afghanistan, y compris l’usage de la torture.

    Contre sa main gauche, Assange a dénoncé les collusions du clan Clinton avec l’Arabie saoudite finançant Daesh, et les guerres de Mme Clinton en Syrie, Libye, Ukraine.Assange a poussé la logique démocratique jusqu’au bout et compris, comme le dit Marx, qu’ « un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre », et donc qu’il fallait avant toute chose faire la guerre à la guerre. Assange est ainsi devenu un militant anti-impérialiste conséquent. Il aurait pu faire partie de tous ces manipulés par Soros ou autres qui ne pointent les problèmes de liberté d’expression que là où cela arrange l’Empire. Il a refusé cela.
    Il a dû, ce faisant, laisser en route beaucoup de gens qui se prétendent toujours ses amis. Cacher le flou autour de la mère, donc de la naissance, donc des origines, donc de l’entourage d’Assange, c’est vouloir laisser le couvercle sur l’origine plus qu’étrange de Wikileaks. C’est tolérer qu’on fasse refaire au prisonnier de Belmarsh le parcours en sens inverse qu’il a emprunté, qu’il revienne à ce dont il s’est affranchi avec détermination et orgueil. C’est dire « circulez y’a rien à voir », « tout va bien dans l’entourage et les soutiens d’Assange », alors que tout va mal et qu’il n’est plus en état de se défendre lui-même.

    Un exemple ?

    Juan Branco, qui, paraît-il, est désormais votre conseiller, passait ce lundi dans le champ de la caméra au moment de votre interview à RT, et s’est contenté de vous adresser un amical salut en passant la main sur votre épaule.Branco est également conseiller juridique de Julian Assange. N’osant pas imaginer qu’il ait pu vous suggérer de dire une chose fausse ou vous induire en erreur, sans doute pourrez-vous auprès de lui en obtenir confirmation  : Branco n’a certainement pas pu voir la mère d’Assange puisqu’elle n’était pas dans la salle d’audience, ni ailleurs du reste.
    Il s’est en revanche entretenu ce jour-là, d’après nos sources, avec Renata Ávila, plus précisément dans la “consultation room n°4” du tribunal ; comme vous pouvez le constater le témoignage de ma camarade Monika est précis. Cette dame Ávila, conseiller juridique de Julian Assange, qu’on voit omniprésente dans deux longs métrages consacrés à ce dernier (Risk de Laura Poitras et Hacking Justice de J. Pancorbo et C. López Rubio) dirige désormais une fondation, la Fundación Ciudadanía Inteligente, financée, entre autres, par l’Open Society de George Soros ainsi que par la National Endowment for Democracy, officine de guerre froide fondée par les Etats-Unis à l’époque du faucon belliciste Ronald Reagan, quand ce dernier finançait également les Contras en Amérique centrale.
    Renata Ávila est née au Guatemala. Dans ce pays, n’en doutez pas, on sait très bien ce qu’est la National Endowment for Democracy.

    Lors de l’affaire suédoise, ou plutôt, devrait-on dire, du piège suédois tendu à Assange, le journaliste canadien Jean-Guy Allard, dans les colonnes de Granma, le quotidien cubain, avait établi des liens entre la plaignante, Anna Ardin et cette même NED, petite soeur de la CIA.

    Julian Assange n’est donc pas entouré de l’affection des siens, si vous me permettez cette litote.

    C’est la gauche du capital, la gauche de l’, qui semble avoir repris en main sa défense. Renata Ávila a d’ailleurs rejoint l’équipe de M. Varoufákis dans son nouveau parti, désormais intitulé Diem25. Avec Juan Branco, ancien conseiller d’Assange et de… Laurent Fabius au Quai d’Orsay, Varoufákis fait partie des anciens « insiders » chargés de réenchanter la politique en Europe.

    Le 25 septembre, nous avons assisté à une conférence à la Sorbonne de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Rafael Correa, Guillaume Long. Lequel nous a expliqué que, si l’internet d’Assange avait été coupé par ses hôtes de l’ambassade au moment de la campagne présidentielle aux USA, c’était parce que l’Amérique latine progressiste était plutôt favorable à Clinton et qu’Assange était en train de défavoriser celle-ci. En d’autres temps, on aurait pu penser qu’une certaine Amérique latine, entre Clinton et Trump, n’eût pas éprouvé le besoin de faire d’autre choix que celui de Che Guevara.
    Vous l’aurez compris, avec pareils défenseurs d’Assange, nul doute que ce dernier, et la gauche avec lui, sont désormais entre de bonnes mains.

    Citoyen Maxime Nicolle, vous représentez sans doute un référent important pour cette authentique insurrection populaire que sont les Gilets jaunes.

    Ouvrez les yeux sur ceux qui veulent vous faire accroire que tout va bien dans le royaume de l’opposition autorisée et empêchent que les peuples se mobilisent massivement pour faire entendre leur voix.

    L’opinion est en droit de savoir car cette question renvoie à des éléments bien plus importants que vous ne le pensiez certainement.

    Dans l’intérêt du monde entier, et des peuples en luttes pour la dignité, pour la liberté et pour la paix, à commencer par le nôtre qui redonne actuellement au monde l’exemple de la grandeur, répondez simplement, s’il vous plaît, à cette élémentaire question : 

    Pourquoi avez-vous dit que la mère d’Assange était à l’audience alors qu’elle n’y était pas ?

     

    Salut et fraternité,

    ,

    auteur de “Julian Assange en danger de mort” (Delga, 2019)

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Le taux de pauvreté en France a augmenté en 2018, selon l'INSEE (OF.fr-16/10/19-18h14)

    Selon une estimation de l’Insee, publiée ce mercredi 16 octobre après-midi, 14,7 % de la population vivaient sous le seuil de pauvreté l’an passé, en France. Un pourcentage en sensible hausse par rapport à 2017.

    En France, en 2018, le taux de pauvreté a augmenté, selon l’estimation diffusée ce mercredi par l’Insee, sachant que les statistiques définitives seront publiées en septembre 2020. Selon l’Institut national des études économiques, 14,7 % de la population vivaient sous le seuil de pauvreté en 2018 (60 % du niveau de vie médian : près de 1 065 € mensuels, après impôts) : soit 9,3 millions de personnes. En 2017, 8,9 millions vivaient sous ce seuil.« Ce n’est pas une bonne nouvelle », convient Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, qui demeure toutefois prudent en attendant les données définitives. Et qui rappelle que depuis 2014, ce pourcentage était jusqu’à présent plutôt stable.

    Davantage de dividendes

    Comment l’expliquer ? Pour l’Insee, parmi les facteurs d’inégalités, figure « la très forte hausse de certains revenus des capitaux mobiliers ». Or, si les placements financiers ont davantage rapporté aux ménages les plus aisés, c’est notamment en raison de la mise en place, l’an passé, d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur ces placements financiers (et non plus progressif). Ce PFU « abaisse la fiscalité de certains revenus du patrimoine », constate l'Insee.Autre explication : à l’autre bout de l’échelle sociale, la baisse des allocations logement dans le parc HLM aurait eu « le plus fort effet sur l’évolution du taux de pauvreté ». Même si, note l’Insee, cette diminution des aides a en partie été compensée par une diminution des loyers de ces logements sociaux.

    Bilan « peu favorable »

    Enfin si d’autres mesures sociales ont contribué à augmenter le niveau de vie de personnes peu fortunées (baisse de la taxe d’habitation, extension du crédit d’impôts pour l’emploi de salariés au domicile de retraités…), ces dernières ont davantage profité à des ménages vivant au-dessus du seuil de pauvreté.

    Dans l’immédiat, « le bilan est donc très peu favorable pour les plus pauvres », note le directeur de l’Observatoire des inégalités. Ce dernier milite pour la mise en place d’un revenu minimum unique d’environ 865 € par mois (50 % du niveau de vie médian). « Pour un coût de sept milliards d’euros, on élèverait le niveau de vie de cinq millions de personnes », plaide Louis Maurin. 

    En 2018, le gouvernement avait lancé une stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, dotée de 8,5 milliards d’euros. Et a lancé une concertation pour la création d’un revenu universel d’activité en 2023, qui regrouperait au moins trois allocations : le revenu de solidarité active (RSA), la prime d’activité et l’aide au logement (APL).

    Ces dernières statistiques vont-elles l’inciter à revoir son effort à la hausse ?

    Pierrick BAUDAIS

    source: https://www.ouest-france.fr/

     

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  • Médecins du Monde a publié un rapport dans lequel l'association alerte sur l'aggravation des conditions de vie des migrants.

     Dans un rapport, l’association Médecins du monde réclame une « inflexion des politiques régressives à l’égard des populations les plus fragiles ».

    L’association Médecins du monde réclame un « changement de cap » et une « inflexion des politiques régressives à l’égard des populations les plus fragiles », notamment migrants et étrangers, qui voient leurs conditions de vie et de santé se dégrader, selon un rapport publié mercredi.

    « Les politiques publiques ne sont pas à la hauteur des enjeux, voire ne sont pas une priorité du gouvernement », déplore en préambule du rapport Yannick Le Bihan, directeur des opérations France de l’ONG.

    « Nous constatons que les conditions de vie de ces personnes (les plus précaires) se sont globalement dégradées depuis le début du quinquennat. Il est impératif d’opérer un changement de cap », souligne-t-il, en dénonçant notamment « la volonté de(s) dirigeants de remettre en cause l’universalité de l’accès à la santé » et des « dispositifs d’hébergement de réinsertion sociale, d’urgence, d’accueil des demandeurs d’asile […] insuffisants ».

    24 072 personnes reçues dans les centre d'accueil en 2018

    Ce rapport sur l’accès aux droits et aux soins synthétise l’activité des 62 programmes menés par Médecins du monde en 2018 sur 33 sites de France métropolitaine et Outre-mer.

    En 2018, 24 072 personnes ont notamment été reçues dans les centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso), majoritairement des jeunes (47 % ont entre 18 et 34 ans) et des hommes (64,2 %).

    Dans la quasi-totalité des cas (97,3 %), ces personnes sont de nationalité étrangère, originaires essentiellement d’Afrique subsaharienne (49,8 %) et du Maghreb (23,5 %).

    Aggravation des conditions de vie

    Près de 62 % des personnes accueillies sont en situation irrégulière. Et plus d’un tiers des étrangers en situation régulière sont en situation administrative précaire, avec un titre de séjour de moins de six mois « et peuvent basculer rapidement dans l’irrégularité », souligne l’association.

    D’une manière générale, elle relève « une aggravation des conditions de vie et de santé des exilés avec une augmentation des espaces d’indignité dans toutes les métropoles françaises », conséquence notamment selon elle de la loi Asile immigration de 2018.

    Cette loi, « loin de proposer une amélioration des conditions d’accueil […] se concentre sur le schéma national de répartition des demandeurs d’asile et prévoit de nombreux cas de retrait des conditions matérielles d’accueil en cas de non-respect des orientations en région proposées aux demandeurs d’asile », déplore l’ONG.

    « Les menaces récurrentes contre l’Aide médicale de l’État (AME) qui garantit l’accès aux soins des personnes étrangères en situation irrégulière sont le reflet d’une instrumentalisation des enjeux de santé au service d’autres politiques et notamment d’une politique migratoire répressive », ajoute Yannick Le Bihan.

    L’ONG s’inquiète également de la part des mineurs reçus en Caso qui « a augmenté progressivement au cours des dix dernières années ».

    Les 3 564 mineurs accueillis l’an dernier, d’un âge moyen de 10,9 ans, représentent 14,8 % de la file active totale de ces centres. Ils sont principalement originaires d’Afrique subsaharienne (54,5 %), notamment de Guinée (17,7 %) et de Côte d'Ivoire (13,7 %).

    La plupart d’entre eux sont « en situation d’errance et de grande précarité sans pouvoir accéder aux mesures de protection dont ils doivent bénéficier en France ». Près de 40 % d’entre eux vivent dans des conditions très précaires, sans domicile fixe (31 %) ou vivant en squat ou bidonville (8 %).

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Le Collectif de soutien aux demandeurs d’asile de Concarneau (CSDAC) a lancé une pétition en ligne pour soutenir Elsaid, un jeune Albanais qui a reçu, il y a quelques jours, une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Selon le collectif, l’étudiant de 19 ans, en BTS au lycée Thépot à Quimper, vit en France, avec sa famille, depuis septembre 2015.

     

    « Cette OQTF conclut un parcours de demandeur d’asile éprouvant, fait de précarité et d’angoisse constantes. Dorénavant, à tout moment, il peut être arrêté, placé en centre de rétention et reconduit en Albanie », précise l’initiateur de la pétition. « Nous considérons cette situation inacceptable et nous nous mobilisons pour qu’Elsaid puisse poursuivre ses études entamées au lycée Thépot. Cette OQTF doit être annulée », ajoute-t-il.

    Dans un message adressé au préfet du Finistère, lisible dans le descriptif de la pétition
    en ligne, « les enseignants du lycée Thépot, le Collectif de soutien aux demandeurs d’asile de Concarneau, les amis d’Elsaid et de sa famille demandons la suppression de l’OQTF et la délivrance d’un titre de séjour étudiant ».
    Ce mercredi midi, plus de 1 200 personnes avaient déjà signé la pétition. Elles étaient 1 520 à 19 h.

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • source: Jean Sirven  31 juillet, 15:36

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    Une vingtaine de "gilets jaunes", représentants d'associations et personnels soignants, se sont mobilisés ce jeudi 1er août sur la plage du Petit-Travers afin de protester contre l'usage des LBD et tenter de sensibiliser l'opinion grâce, notamment à une banderole dans le ciel du littoral montpelliérain.

    Une simple question de dignité... Un collectif de “gilets jaunes” mais aussi de soignants et d’associations s’est mobilisé ce jeudi 1er août sur la plage du Petit-Travers, à Carnon.

    Le but de cette action ? Dire stop aux blessures et mutilations des citoyens et manifestants générées par les lanceurs de balles de défense (LBD40) et les grenades lacrymogènes explosives (Gli-F4) ou de désencerclement (GMD). Et rendre un hommage appuyé aux personnes blessées et mutilées.

    "Des armes indignes de notre pays"

    "On organise cet événement pour que le gouvernement et le Conseil d’État (*) interdisent ces armes, qui sont tout de même classifiées armes de guerre et sont indignes du pays des Droits de l’homme, assène le Pr Laurent Thinès, neurochirurgien et chef de service au CHRU de Besançon, auteur d'une pétition sur change.org.

    "En tant que médecin, je suis extrêmement choqué par les dégâts provoqués par ces armes, reprend le praticien, et par le nombre de personnes touchées depuis le début du mouvement des GJ”.

    Blessures physiques mais aussi psychologiques

    Rappelant encore que "nous sommes l’un des seuls pays en Europe à utiliser le LBD40" dans le cadre du maintien de l’ordre et qu’un "problème social se résout par des mesures politiques" et non par l’utilisation d’armes non létales.

    Pour Hamida, du collectif Article 35 des droits de l’homme, et ses compagnons du jour : "Il y a les blessures physiques, les mutilations, mais aussi les séquelles psychologiques, avec des syndrômes de stress post-traumatiques".

    "On a peur désormais à chaque manifestation, reprend Cathy Jurado, enseignante. On continue quand même parce qu'il ne faut pas céder face à ces tentatives de baillonner les revendications des plus pauvres ou des plus fragiles. Face à ces tentatives de déshumaniser les opposants en les présentant comme violents, laids ou vulgaires et en sous-entendant que finalement, ce n'est pas si grave ce qui leur arrive".

    Un avion et sa banderole pour alerter l'opinion

    Après le passage d’un avion, affrété par le collectif, et de sa banderole dénonçant l’usage des flash-ball dans le ciel du littoral héraultais, le collectif a tenu à rendre hommage à tous les blessés, notamment Montpelliérains, avec remise de "médailles du courage et de la dignité" à la clé.

    Un moment intense, où les larmes n’étaient pas loin de brûler les yeux, tandis que les mots et la musique de Grand Corps malade distillaient la mélancolie de "Nos absents" : "À plusieurs, on est plus forts, mais on n'est pas moins tristes".

    Seule fausse note : malgré l'auvent de toile décoré de ballons jaunes, malgré les micros et l'accueil chaleureux des personnes présentes, les estivants sur la palge n'ont pas semblé franchement concernés. Seule un poignée d'entre eux s'est levée de sa serviette pour écouter hommages et dénonciations.

    Rassemblement devant l'ONU, à Genève, le 31 août

    Tant pis, soignants, associations et “gilets jaunes” appellent désormais à manifester contre les armes non létales utilisées par les forces de l’ordre françaises le samedi 31 août, à Genève, devant le siège de l’ONU.

    (*) Le Conseil d'État a avalisé l'utilisation des LBD lors des manifestations des gilets jaunes, le 1er février dernier, quand le Défenseur des droits, Jacques Toubon, demandait leur suspension.
     
    Diane Petitmangin
     
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  • Vingt-et-une associations de défense de la viennent d’adresser à , Défenseur des droits, une lettre ouverte pour l’appeler à réagir officiellement à la réaction incessante des droits des francophones vivant en France par les adeptes du tout-anglais globalitaire.

    courriel - affiche – affiche

    le combat pour la langue française, un combat d’avenir pour le premier service public, celui de la langue, et pour la diversité culturelle

    Il ne s’agit pas d’un combat réactionnaire : la langue française est le premier service public de France, la « langue de la République » selon les termes de l’article II-a de la Constitution, le ciment de la Francophonie internationale ; en outre, la destruction en marche de la mondiale et européenne par les tenants du tout- constitue une grave atteinte à la démocratie et à l’égalité entre les peuples, une humiliation permanente infligée à l’ensemble des francophones attachés à leur langue et une source croissante de discriminations dans les entreprises.

    Stopper la politique de substitution linguistique de l’anglais à la langue française.

    L’ « argument » selon lequel une langue « vit d’emprunts » n’est pas seulement unilatéral (qui ne vivrait que d’emprunts finirait vite ruiné !), il est faux et daté : car désormais, nous avons affaire à une politique linguistique de SUBSTITUTION linguistique délibérée, y compris de la part de l’Etat (« Choose France », « Make the planet great again ! », « French Tech », etc.) et de certaines collectivités publiques (« In Annecy Mountains », « Only Lyon », « Navigo Pass »…) ; cette politique inavouée et inavouable consiste, non pas à emprunter des mots anglais manquant éventuellement au français, mais à remplacer des mots français connus de tous par des expressions relevant du Globish « managérial », avec toute l’idéologie que cet arrachage linguistique colporte insidieusement. Notons que cette politique, dont personne ne débat et sur laquelle pèse une véritable loi du silence médiatique, est en passe d’être officialisée par l’UE dont certains cercles influents demandent que l’anglais – en dépit du BREXIT ! – devienne la langue officielle de l’Union.

     

    Rien de plus normal donc que de suggérer à M. Toubon, qui fut, avec Mme Tasca, le principal signataire de la loi de 1994 protégeant le français, d’intervenir avec force pour faire respecter l’état de droit linguistique en rappelant aux autorités françaises elles-mêmes, trop souvent complices de l’arrachage linguistique en cours (enseignes, pub, cours universitaires, sciences, services publics, campagnes gouvernementales, titres des émissions sur le « service public » audiovisuel, tout y passe) leur devoir constitutionnel de faire exécuter et respecter la loi en défendant le droit au français de tous les habitants francophones, français ou pas, du territoire français.

     

    Lettre de 21 associations de défense du français au Défenseur des droits...

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  • Quimper-Mineurs isolés. Deux jeunes dans une situation inquiétante (LT.fr-12/07/19-15h37)Caroline Fehr et Florence Le Balc’h à l’occasion d’une manifestation devant le palais de justice en janvier dernier.

    Dama et Abdel sont deux mineurs isolés et gravement malades dont la situation inquiète l’association le Temps Partagé, qui a saisi le défenseur des droits.

    L’association le Temps Partagé, qui s’investit dans la défense des mineurs isolés ayant fui leurs pays annonce avoir « saisi le défenseur des droits parce que le droit et la dignité la plus élémentaire le commandent ». « Nous réclamons, une prise en charge urgente pour Dama et Abdel avant que l’irréparable n’arrive », indique Florence Le Balc’h, coprésidente de l’association avec Caroline Fehr. Dama, jeune Malien de 16 ans arrivé en novembre 2018 à Quimper et mis à l’abri par le Conseil départemental, attend que le parquet ou le juge des enfants se prononcent sur sa minorité. Six mois que Dama espère une réponse des magistrats, car sans sa reconnaissance de minorité, il sait que ses chances d’être scolarisé, de travailler, d’avoir une vie sociale seront fortement compromises pour lui. 

    Dama est atteint d’un cancer

    « Le parquet et le juge des enfants, autorité en matière de protection de l’enfance en danger, ne se prononcent toujours pas tandis que le Conseil départemental a conclu, pour sa part, à sa minorité à l’issue de ses évaluations. Que font nos magistrats pour protéger ce jeune ? », interroge Florence Le Balc’h qui précise qu’en plus « d’être un mineur non accompagné, il est atteint d’un cancer ». Diagnostiqué il y a deux mois, Dama est soigné en hôpital de jour mais ne bénéficie d’aucune protection juridique. « Le foyer d’urgence dans lequel il se rend après chacune de ses chimios n’est pas adapté à un enfant malade », affirme Florence Le Balc’h qui poursuit : « Nous avons tiré la sonnette d’alarme pour que ce jeune soit reconnu mineur afin qu’il bénéficie au plus vite des droits attachés à sa situation et tels que prévus par la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) qui obligent les États signataires, dont la France, à protéger ses enfants en situation de danger ». La semaine dernière, Dama a fugué de son « foyer » et du domicile d’une personne qui l’avait recueilli. « Dama est fatigué, il a peur et l’incertitude sur son avenir semble l’avoir emporté sur les conséquences désastreuses d’un arrêt brutal de ses soins », s’inquiète la présidente de Temps Partagé.

    Abdel souffre de troubles psychologiques

    Abdel, jeune Camerounais de 17 ans, a été mis à la rue par décision de non-lieu à assistance éducative du parquet. « Avant cette date, Abdel, souffrait déjà de troubles psychologiques importants puisqu’hospitalisé en urgence à l’hôpital Gourmelen pendant quinze jours en état de stress post-traumatique avec des symptômes d’altérations cognitives et émotionnelles liés à son parcours migratoire. Sorti le 13 juin 2019 avec un traitement lourd, Abdel a rechuté et a été à nouveau hospitalisé », raconte Florence Le Balc’h. « Nous avons alerté les services départementaux et l’autorité judiciaire afin d’obtenir pour lui une mesure provisoire de prise en charge, pour qu’il puisse se soigner ; parce que nous pensons qu’il peut être un danger pour lui-même voire pour les autres », dit-elle. Abdel est à la rue depuis le 8 juillet dernier.

    Lannig STERVINOU

    source: https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/mineurs-isoles-deux-jeunes-dans-une-situation-inquietante-12-07-2019-12337473.php

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  • La Libre Pensée reçoit les docteurs Christophe Prudhomme, Jérôme Marty et Laurent Thines à propos du fichage des Gilets jaunes, des armes de répression (LDB, grenades de désencerclement…)

     

    Emission présentée par David Gozlan, Secrétaire Général de la Libre Pensée.

     https://www.franceculture.fr/emissions/divers-aspects-de-la-pensee-contemporaine/divers-aspects-de-la-pensee-contemporaine-emission-du-dimanche-09-juin-2019

    France-Culture 9/06/19-La Libre Pensée reçoit les docteurs C. Prudhomme, J. Marty et L. Thines à propos du fichage des Gilets jaunes, des armes de répression (LDB, grenades de désencerclement…)

    David Gozlan : Nous avons l’honneur de recevoir les docteurs Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l'Union Française pour une Médecine Libre de Fronton, et Christophe Prudhomme, urgentiste, porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes de France à Bobigny, ainsi que le professeur Thines, neurochirurgien au CHU de Besançon, qui est en ligne avec nous.

    Depuis maintenant près de neuf mois, le mouvement des gilets jaunes secoue le pays. Nous avons eu à faire à un président de la République qui d’abord a volontairement minimiser, puis a sorti l’arme du grand débat, pour finir par dire que tout le monde devait rentrer chez soi. A la suite des manifestations sur la loi dite travail, qui avaient déjà connu de violentes charges policières, nous sommes entrés dans une dimension nouvelle avec des blessés, des mutilés. Ces blessés se rendent naturellement dans les hôpitaux et sont pris en charge par le personnel hospitalier. Vous êtes signataires d’une pétition demandant l’arrêt du fichage des Gilets jaunes et autres manifestants, pouvez-vous nous expliquer votre démarche ? Docteur Marty ?

    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/un-devoir-de-desobeissance-ethique-100-medecins-contre-le-fichage-des-gilets-jaunes_2076629.html

    Docteur Marty : On va demander d’abord à Christophe Prudhomme qu’il en parle car il faut rendre à César ce qui est à César : c’est lui qui a lancé la première alerte au mois de décembre. Nous on l’a relayée au mois de février et ça été très relayé par la presse, mais c’est lui qui a lancé les choses.

    Docteur Prudhomme : Effectivement ce fichier on le connait. Il a été mis en place à la suite des attentats, c’et un fichier qui permet de recueillir les identités des victimes lors d’un événement gravissime (attentat, accident d’avion, de train) et qui a pour objectif de pouvoir permettre aux familles de retrouver d’éventuelles victimes. C’est la raison pour laquelle on relève les identités. C’est donc bien un fichier qui collecte les identités des patients. Pour nous cela pose problème parce que l’on accepte tout à fait cette démarche dans le cadre qui est définit par la loi. Par contre lors d’un mouvement social, pour nous c’est inacceptable. En tant qu’urgentistes, il y a une règle, valable pour tout médecin : on ne demande pas ses papiers à la personne que l’on soigne.

    David Gozlan : oui vous n’êtes pas là pour ça.

    Dr Prudhomme : On n’est pas là pour ça. On est là pour soulager la détresse. Et ce d’autant qu’il y a nécessité d’une relation de confiance. Et cette relation de confiance peut être rompue si effectivement on révèle l’identité. Cela fait partie du secret médical l’identité. Là le problème c’est qu’il y avait injonction des directions hospitalières sur ordre du gouvernement ! Et le gouvernement c’est la sécurité publique et donc le ministère de l’Intérieur. Pour nous ça pose problème.

    Il doit y avoir une séparation entre le monde médical et le monde de la police. Quand il y a besoin de la police on fait appel à elle, se sont les affaires médico-judiciaires, mais on ne mélange pas au quotidien la police et la médecine. Il faut être clair sinon il y a rupture de cette relation de confiance avec les patients, ce qui peut être contreproductif. Si les patients ont peur de revenir à l’hôpital, en particulier sur des blessures oculaires, il peut y avoir un retard de prise en charge catastrophique avec une véritable perte de chances.

    Quand nous avons découvert que l’on activait ce dispositif cela nous est apparu scandaleux. A l’hôpital, si non ne met pas cela sur la place publique, on va mettre la poussière sous le tapis ! Donc nous avons alerté tout de suite les médias pour que ça sorte et visiblement les pouvoirs publics étaient très embêtés et se sont enferrés dans le mensonge. Et quand on commence à mentir, un mensonge peut justifier le mensonge précédent et là ils sont au fond du trou.

    David Gozlan : Plus d’une centaine de médecins ont signé cet appel.

    Docteur Marty, votre démarche a été, je pense, similaire à celle du Dr Prudhomme, mais quand il dit « il y a une mise en relation » cela veut dire que tous les services de police, ou de justice car à terme il y a aussi la question de la justice si la police instruit, peuvent être saisis de ce fichier ?

    Docteur Marty : oui c’est dans la loi. Le ministère de l’Intérieur et le Ministère de la Justice peuvent utiliser ce fichier. On ne dit pas qu’ils l’on fait mais ils peuvent le faire. Et rien que ça ouvre à toutes les dérives. Il y a eu un dévoiement de l’utilisation de ce fichier, comme l’a dit Christophe Prudhomme. C’est normalement utilisé dans des circonstances extrêmement particulières et là on n’était pas dans des circonstances extrêmement particulières on était dans ce que j’ai appelé des « circonstances continues » puisque après 23 samedis de gilets jaunes on ne peut plus parler de circonstances particulières. Ce sont des circonstances continuent. Et comme il le dit cela touche tout le monde, tous les médecins, généralistes, spécialistes de ville, hospitaliers ou urgentistes, on est tous touchés par ça parce que l’on touche aux valeurs mêmes de la médecine, au socle de la médecine qu’est le secret médical, la déontologie, l’éthique et on ne peut pas accepter que l’on dévoie à la fois nos valeurs et que l’on dévoie l’utilisation d’un fichier pour aller bafouer le secret médical, utiliser à des fins politiques, judiciaires, que sais-je, des renseignements sans le consentement du patient. On n’a jamais demandé aux patients quels qu’ils soient, on ne leur a jamais dit « attention vous risquez d’avoir votre nom là et il risque d’être potentiellement exploité par une administration qui n’est pas l’administration sanitaire ». Là nous sommes totalement à côté de notre mission et les médecins se sont élevés contre ça à juste raison.

    David Gozlan : La ministre Agnès Buzyn a déclaré : "Il n'y a en aucun cas de fichage, je me fiche de savoir si ce sont des manifestants, des forces de l'ordre, des journalistes ou des passants", a-t-elle lancé rappelant que la SI-VIC est "un système purement administratif qui permet de repérer les victimes et de mieux les orienter". Qu’en est-il et que pensez-vous du discours des pouvoirs publics ?

    Docteur Marty : Madame Buzyn ment. C’est grave parce qu’elle est médecin. Se serait un politique non médecin … mais elle est médecin ! C’est catastrophique ! Sa défense ne tient pas. La définition d’un fichier c’est de relever un certain nombre d’éléments de manière systématique. Quand ces éléments sont les identités, ça s’appelle un fichage. Voilà ! ça c’est du français. Le terme fichage peut avoir une connotation positive ou négative mais là il n’y a aucune raison d’activer ce fichier civique lors d’un mouvement social. D’ailleurs les arguments utilisés par Mme Buzyn ou le directeur général de l’assistance publique sont de bas étages et ne correspondent pas à la réalité de notre quotidien. Monsieur Martin Hirsch, Directeur de l’Assistance Publique, a commencé à expliquer qu’il avait besoin d’activer ce fichier parce qu’il y avait une suractivité et qu’il fallait qu’il puisse analyser cette suractivité pour pouvoir mettre les moyens en conséquence dans les services d’urgences. On relève quotidiennement grâce à l’informatique notre activité en temps réel : on sait combien on a de patients dans le service d’urgences, combien il nous reste de lits etc. C’est en continu, à disposition de l’Agence régionale de santé, on l’utilise pour tous les événements sanitaires (grippe, canicule etc.) pour effectivement adapter les effectifs.

    Vous savez, hormis deux ou trois manifestations sur les 23 journées « Gilets jaunes » où il y a eu un peu plus d’activité, en particulier la manifestation en décembre où nous avons été surpris par le nombre de blessés, il n’y a pas eu de catastrophe sanitaire. Donc la justification d’activer ce dispositif n’est pas valide.

    Ce qui est grave c’est l’accumulation de mensonges. Ça c’est catastrophique quand se sont des politiques qui essaient de justifier l’injustifiable face à des valeurs qui sont des valeurs de société. Les valeurs de déontologie et d’éthique sont des valeurs qui fondent la qualité d’une société.

    Docteur Prudhomme : Il faut rappeler les atermoiements que l’on a vécu. On a eu quand même un directeur de l’APHP qui nous a dit au départ qu’il n’utilisait pas ce fichier. On lui a prouvé que oui. Il a dit qu’il l’utilisait mais que ce n’était pas nominatif. On lui a claqué les copies d’écrans venant de ses services sur lesquelles il y avait injonction de ne pas oublier de prendre les données nominatives. Il a acquiescé. Il a dit qu’i n’y avait pas d’éléments médicaux. On lui a claqué les photos d’écrans avec les éléments médicaux et il a fini par nous dire que c’était l’erreur d’un stagiaire !

    Tous cela n’est pas sérieux ! Si le sujet n’était pas si grave il prêterait à en rire. Malheureusement comme le dit Christophe Prudhomme c’est un sujet qui est extrêmement grave. On a une Ministre qui est médecin, elle sait que cela bafoue le secret médical et elle se réfugie derrière une espèce d’utilisation administrative qui serait normale. Non ce n’est pas normal.

    David Gozlan : Concernant les manifestations, certains ont parlé de scènes de guerre. D’autres ont parlé d’armes de guerre utilisées par la Police. Je me tourne vers le Professeur Thines.

    Vous êtes neurochirurgien au CHU de Besançon et vous avez mis en ligne une pétition pour demander à terme l'arrêt des flash-ball, LBD, grenades lacrymogènes ou de désencerclement dans les manifestations. Dans votre pétition il y est écrit : « Un projectile de type LBD4O, par exemple, lancé à plus de 90m/sec (324 km/h) a une force d’impact de 200 joules : c’est comme si on vous lâchait un parpaing de 20kg sur le visage ou la tête d’une hauteur de 1m ! ».

    https://www.change.org/p/les-soignants-fran%C3%A7ais-pour-un-moratoire-sur-l-utilisation-des-armes-dites-moins-l%C3%A9tales

    Professeur Thines, pourquoi avoir lancé cette pétition, où est-ce que vous en êtes et avez-vous une réponse des pouvoirs publics ?

    Professeur Thines : Merci pour votre invitation. On a de la chance aujourd’hui car tout le panel de la profession est représenté avec un médecin généraliste, un urgentiste et un chirurgien !

    Nous ce que l’on dit en tant que soignants, et c’est ce que j’ai voulu relayer au travers de cette pétition, c’est que nous sommes légitimes pour nous insurger contre l’usage d’armes de guerre, puisque ces armes sont classifiées par toutes les conventions comme telles. D’ailleurs on a vu un député suisse qui a lancé une motion dans son propre pays pour interdire l’exportation de ces armes en France puisqu’elles sont utilisées contre des citoyens et non pas sur des terrains de guerre.

    Nous ce que l’on dit en tant que soignants, c’est qu’au nom de notre déontologie, en particuliers les articles 2 et 12 du code de déontologie médicale, on est tout à fait légitime pour alerter la population sur une menace de santé publique qu’est cette épidémie de mutilations à répétition que l’on voit tous les samedis. C’est pour cela que l’on prend la parole, pour éveiller la conscience de vos auditeurs sur cette problématique. Il y a plus de 220 blessés graves par l’utilisation de ces armes que sont les lanceurs de balles de défenses, les grenades de désencerclement et même les grenades lacrymogènes. Il y a eu 5 personnes amputées, 24 personnes éborgnées et même un décès suite à un tire de lacrymogène dans le visage.

    David Gozlan : Quand vous dites 220 blessés graves se sont des chiffres que même le ministère reconnait. On n’est pas dans la surenchère d’un côté ou de l’autre ?

    Professeur Thines : Ce n’est pas de la surenchère et je vais même vous dire que ces chiffres sont sous-estimés compte tenu du fichage des manifestants et des pressions politiques qui s’exercent sur les manifestants. Il y a beaucoup de personnes, et j’ai moi-même été contacté sur les réseaux sociaux par un certain nombre de personnes qui étaient blessées, qui n’osent pas se rendre à l’hôpital.

    Ces chiffres sont des chiffres sous-estimés que l’on peut retrouver sur des médias alternatifs comme « Allo place Beauvau » de David Dufresne, et qui sont des chiffres assez concordants qui relèvent les mêmes données. Il y a plus de 2000 manifestants qui ont été blessés, 2 400, et parmi ceux-là 220 blessés par ces armes sublétales pour lesquelles on appelle à leur interdiction au travers de cette pétition des soignants pour un moratoire autour de ces armes moins létales. Ce sont des armes létales en soient et qui sont utilisées à des fins politiques, on l’a bien vu ces derniers mois. Ce qui est inacceptable. En tant que médecins nous sommes scandalisés de voir des concitoyens mutilés chaque semaine.

    David Gozlan : On pourrait être étonné qu’il n’y ait pas plus de blessés graves ou même de morts avec l’utilisation de telles armes. Est-ce qu’avec cette pétition vous avez eu un retour du gouvernement ? Est-ce qu’ils prennent la mesure de ce qu’ils utilisent ?

    Professeur Thines : Quand vous dites qu’il n’y a pas eu tant de blessés que ça …

    David Gozlan : Non, je dis qu’il y aurait pu y avoir beaucoup plus de morts et de blessés graves.

    Professeur Thines : oui mais c’est un chiffre quand même inédit quand on voit qu’il y a eu plus de blessés qu’en Mai 68 pendant ces semaines de manifestations de gilets jaunes. Je pense que c’est quand même assez inédit.

    Pour ce qui est du positionnement de notre gouvernement, on a encore entendu, je dirais malheureusement cette semaine, Monsieur Nuñez qui se félicite de l’usage de ces armes et de la bonne gestion des manifestations par les forces de l’ordre qui sont sous sont commandement. Quand on voit qu’il y a eu plus de 220 blessés graves, plus de 2400 manifestants blessés et plus de 1700 policiers blessés, je ne pense pas que l’on puisse se féliciter et s’enorgueillir d’un tel bilan. Je crois même que dans ces conditions le gouvernement et le ministère de l’Intérieur devraient vraiment se poser des questions sur sa légitimité.

    David Gozlan : Eux ne vous ont toujours pas répondu sur quoi que ce soit ?

    Professeur Thines : J’avais alerté le Défenseur des droits, Monsieur Toubon, qui m’a répondu qu’il prenait en compte ma requête. Maintenant on voit bien que ce soit à l’échelle des armes sublétales, que ce soit à l’échelle du fichage des manifestants, ou puisque l’on est en train de parler de médecine, à l’échelle de la qualité des soins et de la souffrance des soignants à l’hôpital - et on le voit à travers la grève des urgences - on voit bien que notre gouvernement est dans un dénie total, dans une surdité et dans une fuite en avant qui est extrêmement inquiétante.

    David Gozlan: Professeur Thines je vous remercie. On va revenir pendant 20 secondes sur cette actualité : les urgences sont en grèves. Je me tourne vers le Dr Prudhomme qui est un peu au centre de cette bataille. On a un peu halluciné aujourd’hui, jour d’enregistrement de l’émission, puisque l’on a vu des médecins, des infirmières, des aides-soignantes, que l’on est allé chercher chez eux pour combler les trous et manques du fait de cette grève. On en est où ?

    Docteur Prudhomme : on est face à un gouvernement autoritaire qui refuse tout dialogue avec des salariés qui aujourd’hui protestent avant tout contre le fait qu’ils n’arrivent pas à prendre en charge les patients en toute sécurité. C’est quand même grave ! Ils réclament pour eux, mais surtout pour leurs patients. Que l’on est en face un gouvernement autoritaire et qui ne répond pas et bien je trouve cela un peu scandaleux.

    Docteur Marty : Il y a une phrase dans la pétition qui dit que le médecin n’a pas vocation à obéir. Mais c’est valable pour tous les soignants. Dans des circonstances comme celles-ci qui font prendre des risques à la fois aux médecins et aux patients, les médecins et les patients n’ont pas vocation à obéir et leur rôle dans leur indépendance c’est de savoir se lever et dire non. C’est ce que font nos confrères aux urgences et il faut les saluer pour ça.

    David Gozlan : Je vous remercie tous les trois pour cette émission.

    Je vous informe d’une réunion à l’initiative de la Libre Pensée le 11 juin à la Bourse du Travail de Paris, autour du livre sur les gilets jaunes qui vient sortir.

     


    Sous l’égide de la Libre Pensée

    Présentation du livre et débat "Gilets jaunes, pour un nouvel horizon social"

    Mardi 11 juin 2019-De 18H à 21H

    Grande salle Ambroise Croizat

    Bourse du Travail

    3 rue du Château d’eau - 75010 Paris

    (Métro : République)

     

    La Libre Pensée invite les organisations syndicales Force Ouvrière, CGT, FSU, Solidaires à venir et à prendre place dans le débat


     

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