• Réputé sûr, Protonmail a livré à la police des informations sur des militants climat (reporterre-9/09/21)

    par Gaspard d'Allens (Reporterre , 9/09/21)

     

    Le fournisseur de courriers électroniques chiffrés suisse Protonmail a fourni sous contrainte légale des informations sur des militants français de Youth for Climate, qui ont par la suite été perquisitionnés. Cette procédure illustre « l’acharnement » policier à l’encontre des activistes du climat et les limites de la confidentialité sur internet.

    L’affaire commence à faire polémique sur la toile et dans le milieu militant. Protonmail, un service de courriels chiffrés situé en Suisse, a fourni aux autorités policières françaises des données relatives à certains de ses utilisateurs impliqués dans le mouvement climat. Fondé en 2013 par des ingénieurs du MIT — l’Institut de technologie du Massachusetts — et du Cern — l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire — Protonmail se présente comme « le plus grand service de messagerie sécurisée au monde ».

    Le site a connu un essor rapide et compte désormais plus de 20 millions d’usagers. En open source et automatiquement chiffré de bout en bout, Protonmail est particulièrement apprécié par les militants. Il propose un haut degré de confidentialité et reste, contrairement à d’autres techniques, très facilement utilisable. Son slogan : « La sécurité sans les tracas ».

    Cela ne l’a pourtant pas empêché de fournir à la police l’adresse IP de militants engagés à Youth for Climate. Depuis un an, ces derniers font l’objet d’une surveillance massive après avoir occupé un local dans le quartier de la place Sainte-Marthe, à Paris. Les jeunes activistes luttaient contre l’embourgeoisement et « les spéculateurs » et défendaient une vision de l’écologie résolument sociale.

    « On a eu dix procès. Ça a abîmé le collectif et détruit des vies. »

    En septembre 2020, ils avaient organisé un camp climat que Reporterre avait couvert. De nombreuses conférences avaient eu lieu pour « se réapproprier la rue » avec l’économiste Thomas Piketty, le cheminot Anasse Kazib ou encore le chercheur Malcom Ferdinand. Un squat avait été ouvert dans des bâtiments détenus par des promoteurs immobiliers avant d’être violemment évacué le lendemain. Deux mois plus tard, en novembre 2020, les militants avaient occupé un autre lieu inhabité depuis cinq ans qu’ils avaient baptisé L’Arche. Cette occupation avait suscité de nombreux remous dans la presse car le local appartenait à la Siemp, un bailleur social, qui l’avait loué au Petit Cambodge, l’un des restaurateurs victime des attentats du 13 novembre 2015.

    Les propriétaires ont porté plainte et, à la suite d’une décision du tribunal de Paris, les militants ont été expulsés en janvier. Un militant a même écopé de 15 000 euros d’amende pour violation de domicile. La répression a continué par la suite. « On a eu près de dix procès, raconte un militant qui souhaite rester anonyme. Ça a abîmé le collectif et détruit des vies. C’est difficile aujourd’hui de s’en relever ». Plusieurs personnes ont l’interdiction de se rendre sur place. D’autres ont été condamnées à trois mois de prison avec sursis.  

    Lors de l’occupation de la rue Saint-Marthe, à Paris le 26/09/2020 © NnoMan/Reporterre

    La répression ne s’est pas arrêtée là, la police a aussi engagé une vaste enquête pour connaître les instigateurs de l’occupation. Youth for Climate a été identifié comme étant « à la tête des opérations ». Les enquêteurs ont épié les réseaux sociaux et se sont intéressés aux adresses électroniques avec lesquelles les militants communiquaient. Des lignes téléphoniques ont aussi été mises sous écoute. Le dossier fait plus de 1 000 pages et des extraits ont été publiés sur le site Paris Luttes Info.

    Selon les policiers, « le collectif militant “Youth for Climate” choisissait en effet l’occupation illégale de bien privé comme moyen d’action idéologique contre “la gentrification du quartier”, “la loi sécurité globale” ou encore “la protection du climat”. Lancé en février 2019, Youth for Climate organisait initialement des marches hebdomadaires pour le climat avant de durcir fortement sa ligne en prônant des actions de lutte directe anticapitaliste », ont-ils écrit dans le dossier.

    Extrait du dossier.

    Plusieurs réquisitions ont été adressées à Instagram et à Protonmail pour connaître l’identité des militants gérant les comptes. Instagram, détenu par Facebook, n’a pas donné suite aux sollicitations. Par contre, Protonmail a bien fourni des informations en réponse à la demande. L’entreprise affirme pourtant sur son site internet ne pas enregistrer les adresses IP de ses utilisateurs. « Contrairement aux services concurrents, nous n’enregistrons aucune information de suivi », assure-t-elle.

    Prise à partie sur les réseaux sociaux, la messagerie a dû se défendre. Lundi 6 septembre, sur Twitter, elle a affirmé ne pas avoir eu le choix. « Nous pouvons être contraints de collecter des informations sur des comptes appartenant à des utilisateurs faisant l’objet d’une enquête pénale suisse. Ce n’est évidemment pas fait par défaut, mais seulement si Proton obtient une commande légale pour un compte spécifique a-t-elle déclaré. Nous n’avions aucun motif ni aucune possibilité de faire appel de cette demande particulière ». Dans un communiqué publié sur son site dans l’après-midi, Protonmail récapitule son point de vue sur l’affaire et rappelle qu’il est accessible avec des garanties d’anonymat bien plus élevées via le navigateur Tor.

    Les activistes doivent « désapprendre à se croire en sécurité sur internet »

    La police française a dû passer par le biais d’Europol — l’Agence européenne spécialisée dans la répression de la criminalité — et demander la collaboration des autorités suisses pour contraindre Protonmail. Pour les militants, cette procédure fastidieuse prouve l’« acharnement » de la police : « Ça en dit long sur la manière dont ils nous perçoivent et essayent de nous faire taire. Ils nous considèrent comme des terroristes ou des criminels », s’insurge un militant de Youth for Climate. À la suite de cette réquisition, des perquisitions ont eu lieu et sept militants ont été poursuivis pour violation de domicile. Leur procès aura lieu en février 2022.

    L’association de défense des libertés la Quadrature du net juge l’affaire révélatrice : « Le milieu militant doit désormais réfléchir profondément à ses usages du numérique , dit à Reporterre Arthur Messaud, juriste au sein de l’association. Pendant longtemps, on a invité les militants à se former au chiffrement, à trouver les meilleurs hébergements mais aujourd’hui on s’interroge ». Face à l’arsenal policier et au renforcement de la répression, les activistes doivent, selon lui, « désapprendre à se croire en sécurité sur internet même s’ils pensent avoir de bons outils. On devrait plus faire attention à ce que l’on se dit, à comment on se le dit et à qui on parle. »

     

    source: https://reporterre.net/

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  • Avec le système d’Emmanuel Macron, le pire est toujours sûr et dans tous les domaines. Avec l’intervention de celui qui nous tient lieu de président de la République le douze juillet dernier, nous savions comment serait gérée la lutte contre la pandémie dans les semaines qui venaient :  comme depuis le mois de janvier 2020, à coups de mensonges, de désinvolture, de mise en place de réglementations liberticides, de répression et de sabotage systématique des processus démocratiques normaux dans une république du même nom. Ce pouvoir conscient de son caractère minoritaire et par conséquent largement illégitime sait que la brutalité, la répression et les atteintes aux libertés publiques sont ses armes principales. Malheureusement s’il sait être brutal, il n’hésite pas à être discret, comme vient de le démontrer l’adoption définitive et discrète dans les bruits de l’orchestre du débat vaccinal, de la loi « confortant le respect des principes de la République ».

    Charles Meyer est avocat et tient beaucoup à la liberté d’expression si malmenée dans cette période pénible. Il pointe une nouvelle attaque subreptice du macronisme contre nos droits fondamentaux. Comme d’habitude le diable est dans les détails techniques. Merci à lui.

    Régis de Castelnau

    PS : On recommandera une fois de plus l’indispensable ouvrage d’Anne-Sophie Chazaud :« Liberté d’inexpression. Des formes contemporaines de la censure. »


     

     

    Le diable est toujours dans les détails

     

    Il y a quelques jours, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la « Loi confortant le respect des principes de la République ». Au-delà des quelques points d’amélioration qu’on peut saluer, dans le camp laïque, beaucoup de critiques ont été à juste titre formulées. De l’exploitation directe des biens immeubles par les associations cultuelles jusqu’aux lâchetés incurables de la macronie même quand elle se visse un drapeau laïque et républicain sur la tête, tout ou presque a été dit : le « en même temps » a depuis fait son œuvre. Il divise certes, mais il ne contente jamais personne. Ni les islamistes, ni même les laïques sincères, en l’espèce.

    Mais nous allons parler ici d’une liberté, pas n’importe laquelle, mise à mal par un article de ce texte assez méconnu et qui a peu fait couler d’encre, à droite comme à gauche, au sein des sphère laïques comme au Conseil d’Etat, qui chacun dans leur couloir, n’ont strictement rien trouvé à y redire.

    L’article 20, devenu l’article 46 de la loi définitivement adoptée hier, autorise, en substance, les parquets à poursuivre certains délits de presse en procédure accélérée de comparution immédiate. Ce texte modifie ainsi l’article 397-6 du Code de procédure pénale (lequel excluait expressément du champ de la comparution immédiate les délits de presse) et autorise l’application de ce régime aux infractions aux articles 24, 24 bis et 33. 3e et 4e alinéa de la Loi du 29 juillet 1881, sauf lorsque celles-ci auraient été commises sous le contrôle d’un directeur de publication. Cette évolution constitue un bouleversement majeur bien peu commenté.

    En clair, il s’agit de permettre la comparution immédiate pour les délits d’apologie de crimes de guerre, de négationnisme (art. 24 bis L. 29 juillet. 1881), d’incitation à commettre des violences, mais aussi (et surtout) de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou identité de genre ou de leur handicap (art. 24 L. 29 juillet 1881).

     A première vue, on pourrait applaudir, ce féliciter que ces valeurs sociales protégées par la Loi de 1881 bénéficient d’un régime procédural accéléré : ne peste-t- on pas régulièrement contre les lenteurs de la justice, plus particulièrement s’agissant des délais de jugement des juridictions spécialisées en matière de presse ? Ne s’est-on pas suffisamment offusqué du sentiment d’impunité, avec lequel certains multirécidivistes tristement célèbres se sont illustrés ? On peut comprendre que les provocations réitérées de personnages tels qu’Henri de Lesquen ou Soral et leur décontraction devant la 17ème puissent en exaspérer plus d’un. L’affaire Mila de son côté, a également rappelé à quel point la violence des mots et les menaces en meute ne peuvent laisser la société et ses représentants indifférents. Tout cela est vrai. Alors, pourquoi s’inquiéter de cet article 46 ? Quel mal y aurait-il à redouter que demain, des petits Alain Soral soient arrêtés à 6 heures du matin sur ordre du tout nouveau parquet « anti-haine », jugés dans la journée et même, pourquoi pas, incarcérés sur le champ ? (ce que permet par dérogation au droit commun le régime de la comparution immédiate y compris pour des peines inférieures à un an d’emprisonnement – art. 397-4 CPP). Il n’est pas question de remettre ici en cause les infractions de presse précitées : apologies, négationnisme, appels à la violence ou à la haine raciste ou toute forme de déterminisme réprimée peuvent être poursuivies. Pourtant, ce texte est dangereux.  

    Dangereux, car il inhibe les garanties du débat qui sont le propre d’un procès de presse. Un débat contradictoire, mais surtout, un débat serein, où le temps est souvent nécessaire et dans lequel le Juge doit distinguer avec une particulière minutie, ce qui relève de la liberté d’expression de ce qui n’en relève pas.

    On pourrait croire que cette ligne rouge est facile à distinguer si l’on se réfère aux seuls exemples qu’illustrent les susnommés. Évidemment, il ne faut pas cinq minutes pour intellectualiser puis qualifier en droit chacun des propos qui ont valu condamnation à des personnages dont l’antisémitisme ou le racisme puants sont devenus, au fil des années, des marques de fierté et même de reconnaissance pour leurs publics.

    Il n’en n’est pourtant rien et cette ligne rouge est, dans bien des cas, difficile à tracer. C’est ici que les choses se compliquent et que la minutie avec laquelle on juge un propos est capitale. Car le droit et plus exactement la procédure, ne distingue pas entre une incitation outrancière à la haine et une incitation plus intellectualisée. Entre un propos certes alambiqué et qui peut choquer certains publics et une invitation à haïr sans ambiguïté. Chacun, de bonne foi ou non, animé par sa haine ou par ses convictions, est logé à la même enseigne lorsqu’il doit défendre son propos en justice.

    Du reste, beaucoup des infractions faisant l’objet de l’aménagement procédural de l’article 46 de la Loi adoptée hier, sont aujourd’hui et plus que jamais, des infractions qui servent également de fondement aux poursuites dirigées contre des citoyens engagés, anonymes ou médiatisés, politiques ou intellectuels, lanceurs d’alerte, qui prennent leur part de risque dans le débat public lorsqu’ils décident d’aborder des thèmes sensibles tels que celui de l’islam politique,

    du pacte républicain, des avancées sociétales ou des mœurs. C’est ici que l’exercice du droit de la presse prend souvent l’allure d’une chirurgie à cœur ouvert de la démocratie.

     L’exemple le plus parlant qui vient à l’esprit est le procès intenté en 2016 à l’historien et ancien responsable du mémorial de la Shoah, Georges Bensoussan. Par deux fois, en première instance et en appel, le Parquet soutenait – contre toute évidence juridique au regard des propos poursuivis et de leur contextualisation par son auteur, que Georges Bensoussan se serait rendu coupable d’incitation à la haine, délit prévu et réprimé par l’article 24 de la loi de 1881. Précision importante : ses propos avaient été tenus lors d’un direct, ce qui revient à indiquer qu’en l’absence de directeur de publication, l’article 46 aurait pu trouver dans ce cas application *(1).

     Pour s’imaginer un instant les conséquences que peuvent avoir l’application du régime de la comparution immédiate que dispose ce tout nouveau texte de loi sur la liberté d’expression et le débat public, il faut rappeler ce qu’implique ledit régime : il s’agit au départ de juger immédiatement des flagrants délits ou larcins pour lesquels une répression rapide était synonyme d’efficacité. Cette efficacité s’opère souvent au détriment de la défense. Car si les droits de la défense y sont techniquement présents, il est permis d’affirmer qu’ils ne s’exercent certainement pas dans d’aussi bonnes conditions que lors d’un procès pénal classique et a fortiori dans celles d’un procès de presse. Arrestation, garde à vue, défèrement au parquet, dépôt, rencontre souvent de moins d’une heure avec un avocat, jugements à la chaîne et mandat de dépôt sont souvent de mise.

    Justice d’exception ? La preuve par l’exemple

     Nous sommes ici aux antipodes du déroulement normal d’un procès de presse qui permet de décortiquer souvent pendant des heures un propos et surtout de juger ce propos à l’aune d’une actualité, d’un contexte et en bref, dans le but de protéger le débat nécessaire dans une société démocratique.

    Imaginer un intellectuel comme Georges Bensoussan privé de l’audience d’une journée au terme de laquelle il a pu s’exprimer et faire part au Tribunal de son inquiétude qui lui valait poursuites, faire citer ses témoins, prendre le temps, pendant des heures, de contre argumenter et de démonter la tartufferie de ses adversaires, cela tiendrait de l’impossible.

    Évidemment, deux choses peuvent ici être objectées : d’une part, le prévenu a toujours le choix d’être jugé ultérieurement et pas en comparution immédiate. D’autre part, l’article 46 ne sera applicable qu’aux affaires en état d’être jugées. Cela est juste. Pour autant, deux autres choses doivent encore être dites pour y répondre : pour la première, on rappellera qu’en cas de refus du prévenu de comparaître immédiatement, l’usage d’un strict contrôle judiciaire et même très souvent du mandat de dépôt est possible et même courant, à tel point qu’il constitue en pratique un moyen de dissuasion qui amène nombre d’avocats à conseiller sauf exception d’être jugé en comparution immédiate *(2). Pour la seconde, il faudra déterminer ce qu’est une affaire en état d’être jugée : qui s’en chargera, si ce n’est en premier lieu le parquet ? Il faudra donc s’en remettre au parquet qui, bien souvent dans les affaires de presse, fait montre d’une approche étonnante, pour ne pas le dire, déconcertante.

    Les affaires concernant des lanceurs d’alerte comme Georges Bensoussan, Mohamed Louizi ou tant d’autres l’ont hélas illustré. Que dira ensuite la formation de jugement du tribunal ? On s’écarte ici notablement des garanties entourant la liberté protégée par les articles 10 de la Déclaration de 1789 et de la Convention européenne de sauvegarde des droits fondamentaux.

     Il ne peut raisonnablement être soutenu que cet article 46 n’aura aucune conséquence sur la liberté d’expression et ne porte pas en germe un effet d’auto censure de l’intellectuel, du journaliste, du politique et surtout, du citoyen qui s’engage, qui risquent de s’engager beaucoup moins car ils n’auront peut-être pas envie de faire l’objet d’une telle procédure accélérée qui ne permet absolument pas en l’état d’offrir les garanties du procès de presse.

     Car, par ailleurs, si le texte ne s’applique pas aux propos tenus sous la responsabilité d’un directeur de publication, cette situation n’est plus l’apanage du journalisme et du débat public à l’heure des réseaux sociaux et des chaînes en direct d’information.

     Pire, en assumant de distinguer le régime qui serait applicable au journaliste et au citoyen, ce projet instaure dans le droit une tendance actuelle tout à fait à l’opposé de l’esprit dans lequel la Déclaration de 1789 s’est forgée. En modelant peu à peu une liberté d’expression à deux vitesses, on conteste ainsi au citoyen lambda le bénéfice des garanties procédurales qu’on laisse au journaliste.

    Des conséquences délétères

    Cette tendance, déjà existante et exacerbée depuis 4 ans, s’illustre dans ce texte et elle est dangereuse. Car si des protections dérogatoires permettent aux journalistes de leur garantir de pouvoir librement informer – on pense ici au secret des sources – , en aucun cas il n’a été envisagé de permettre à certains de s’exprimer dans un cadre juridique distinct de celui des autres. Chacun est libre de publier ses idées et de débattre publiquement.

    Dernier point pratique mais non des moindres : l’article 46 ne s’accompagne pas d’une modification du Code de l’organisation judiciaire et rien n’est precisé s’agissant de la formation en charge de juger ces délits de presse : or l’on sait que la technicité de cette matière amène nombre de tribunaux, dont le Tribunal Judiciaire de PARIS, à affecter à des chambres spécialisées de telles affaires.

    Qu’en sera –t-il de ces procès de presse d’un genre nouveau ? Nous ne le savons pas et il est à craindre que des débats jusqu’alors préservés des contraintes de certaines chambres correctionnelles doivent désormais se réduire à peau de chagrin au détriment de la Liberté d’expression.

     Le développement des réseaux sociaux génère son lot de malfaisances et de problèmes parfois colossaux à résoudre, particulièrement dans l’intérêt des démocraties. Y répondre n’est pas facile et prendra sans doute le temps du recul que nous n’avons toujours pas.

    Mais y apporter de fausses solutions, qui plus est lorsqu’elles risquent de porter une atteinte inconsidérée à la protection de la liberté de la presse instituée depuis 1881, est parfaitement déraisonnable. Car la lutte contre les idéaux de haine est un combat politique qui nécessite de traiter des causes de ladite haine, pas de les aseptiser. Cette lutte requiert un cadre, pas une neutralisation préventive du débat. Ni la baisse du niveau de violence, ni la régulation des propos condamnables, ne doivent justifier d’y porter atteinte sous peine de mettre gravement en cause un des principes piliers de notre République.

    Alors, pensons à ces députés et politiques ayant salué ou voté ce texte qui, demain, pourrait viser chacun d’entre eux si, à l’occasion d’un débat un peu complexe et agité sur des questions telles que celles qui ont valu à Georges Bensoussan de comparaître, leurs propos rencontraient par malchance l’interprétation politique, les inepties de parties civiles et l’erreur de droit, pour ne pas dire, un manque absolu de courage et de clairvoyance d’un Parquet.

    La liberté d’expression dont principes sont posés par l’intangible déclaration des droits de l’homme et du citoyen, avec le texte fondamental la loi de 1881, font l’objet de destruction méthodique volontaire et calculée par ce pouvoir.

    *(1) L’article 395 al. 2 du Code de procedure pénale permet l’application du régime de la comparution immédiate aux délits punis d’une peine d’emprisonnement d’au moins six mois, lorsque le cadre d’enquête est celui du flagrant délit, ce qui est parfaitement concevable s’agissant dun propos dont se saisirait un service d’investigation quelques heures après sa publication. La provocation à la haine est quant à elle réprimée d’un an d’emprisonnement maximum.

    *(2)Toutefois et en l’état, cette hypothèse de détention provisoire serait réservée en droit de la presse aux infractions prévues et réprimées par les articles 23 et 24 al. 2 à 4 de la Loi de 1881, par application des dispositions de l’article 52 du même texte. Encore que l’article 46 de la Loi nouvellement adoptée n’évoque rien de ce point ni des contradictions qu’il institue entre, d’une part, l’article 52 de la Loi de 1881 qui limite le recours à la détention provisoire et, d’autre part, le régime de la comparution immédiate rendu désormais applicable ( l’article 46 de la loi nouvelle renvoyant aux articles 393 à 397-5 du Code de procedure pénale). Dont l’article 397-3 al.2 du Code de procédure pénale, qui permet en cas de délit flagrant puni d’au moins six mois d’emprisonnement, le placement en détention provisoire.

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  • Lors d’une manifestation devant l’Assemblée nationale, en 2019, Sebastien Maillet a vu sa main arrachée par une grenade de la gendarmerie. Pour la justice, le lancer de la GLI-F4 était ni nécessaire ni proportionné. Il y a faute de l’Etat. Révélation de Blast.

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    Le 9 février 2019, c’est l’acte XIII des Gilets Jaunes. L’itinéraire parisien est dûment déclaré en Préfecture, autorisé par la même, et le cortège fait halte devant l’Assemble nationale. Plusieurs pelotons de gendarmerie sont positionnés, dont celui de Lodève. Les grilles avant du Palais Bourbon sont recouvertes de planches, pour cause de travaux. Sur les planches, de grandes photographies vantent les lieux ; un graffiti demande «où est l’entrée ?» ; un autre répond «le débat, c’est dans la rue». On entend des cris, des slogans, et des chants. Quelques projectiles volent, et c’est le festival de gazage. Des lacrymos en pagaille.

    "Sebastien Maillet, plombier, 29 ans, vient de perdre sa main droite"

    Soudain, à la hauteur du passage piéton qui mène du pont de la Concorde vers l’Assemblée, une explosion déchire les airs. Et d’autres cris, mais différents — des cris de douleur et d’effroi. Sebastien Maillet, gilet jaune d’Argenteuil, est emmené à l’abri, au pied des jardins de l’Assemblée. Ce jour-là, Sebastien ne porte pas son gilet, mais un brassard, car enfiler le gilet jaune à Paris, c’est désormais s’assurer des contrôles à répétition. Des street medics prennent immédiatement en charge Sébastien. On lui fait un garrot, encore des cris, une femme demande qu’on se pousse, « écartez vous, écartez vous », répète-t-elle. Plusieurs vidéastes saisissent la scène et au moins deux lives la retransmettent. Sebastien Maillet, plombier, 29 ans, vient de perdre sa main droite. Une grenade explosive a tout déchiqueté: la paume, les doigts — et son avenir.

    Lors du seul mouvement des gilets jaunes, la grenade offensive GLI-F4, contenant 26 grammes de TNT, cataloguée arme de guerre dans le Code de sécurité intérieure, depuis retirée des dotations de la police, mais remplacée dans le même temps par une autre, a coupé cinq mains et au moins un pied. Sébastien, c’est également la dernière scène d’Un pays qui se tient sage.

    Plus de deux ans après le drame, la Commission d’indemnisation des victimes d’infraction (CIVI) affirme, le 10 juin 2021, que le tir effectué par le lieutenant L., commandant du peloton d’intervention, n’était ni proportionné, ni nécessaire — les deux piliers du maintien de l’ordre. Et donc, qu’il y a faute. De l’État. La CIVI octroie 8000 € à Sébastien, en guise de provisions, sur les 100 000 demandés, en attente d’expertises ultérieures. Blast révèle sa décision:

    Dans le jugement du tribunal judiciaire de Paris, la CIVI rappelle que « Sébastien Maillet n’exerçait pas de violence ou de voie de fait à l’encontre des forces de l’ordre juste avant les faits » et constate « que la grenade lacrymogène instantanée a été lancée à un endroit […] qui n’était pas vide de manifestants, alors que le lancer s’est déroulé dans des conditions de visibilité peu satisfaisantes puisqu’il avait été fait usages de plusieurs bombes lacrymogènes. En outre, le lancer doit être considéré comme ni nécessaire, ni proportionné à la réalité des violences subies par les forces de l’ordre ».

     

    Fac similé de la décision de

    la Commission d’indemnisation des victimes d’infraction (CIVI), 10 juin 2021  

     

    "C'est bien fait pour sa gueule"

    Le jour du drame, Yves Lefebvre, alors secrétaire général d’Unité SGP Police-FO, déclare sur C-News que « c’est bien fait pour sa gueule ». Il affirme, sans preuve, que Sebastien a voulu ramasser la grenade ; ce dernier a toujours expliqué avoir voulu s’en protéger (sa version est celle retenue par la CIVI, après «avoir étudié les différents témoignages et les films vidéos »). La sentence du représentant syndical, majoritaire chez les gardiens de la paix, sera un tournant. Depuis, c’est le flot de paroles detestables à jet continu sur les chaînes d’info en continu.

    Le soir même, l’IGGN, équivalent de l’IGPN chez les gendarmes, se précipite au chevet de Sébastien Maillet. Son avocat, Arié Alimi, raconte: « des gendarmes voulaient entendre Sébastien alors même que, complètement sédaté, il était dans un état qui ne lui permettait pas de répondre ». Les couloirs de l’hôpital Pompidou, dit-on, se souviendraient encore de la passe d’armes entre l’avocat et les pandores. Dans d’autres affaires, la précipitation à entendre telle ou telle victime de violences policières masquait mal l’envie de faire dire, et d’orienter les investigations à venir… Début mars 2019, Emmanuel Macron, interpellé sur les mutilés parmi les manifestants, déclare: « Ne parlez pas de violences policières ni de répression, ces mots sont inacceptables dans un état de droit ». Et le 19 mai 2021, c’est exactement au même carrefour, au pied de la même Assemblée nationale, que le secrétaire général d’Alliance, Fabien Vanhemelryck, lancera: « le problème de la police, c’est la justice !». Sous les acclamations de dix mille policiers-manifestants, et d’une poignée d’élus. Images saisissantes d’écharpes tricolores, les yeux tournés vers le toit-terrasse du car des patrons syndicaux, comme un symbole de soumission du législatif à l’exécutif.

    "On a de plus en plus d'instructions qui aboutissent"

    Pour Arié Alimi, la décision de la CIVI constitue « une véritable victoire alors que l’instruction n’est pas terminée ». Selon lui, la justice aurait dorénavant « conscience que la question des violences policières a pris une ampleur démocratique. On a de plus en plus d’instructions qui aboutissent, de poursuites à l’encontre de policiers et, maintenant, d’indemnisations ». Concernant Sébastien Maillet, l’enquête pénale est en effet en cours. Aucune date de clôture de l’instruction n’est avancée. Comme pour Jérôme Rodriguez, éborgné place de la Bastille, ou Gwendal Leroy, idem, à Rennes, et une dizaine d’autres. Quant au dossier IGGN de l’affaire Maillet, il comporte moultes expertises et auditions, dont certaines soulignent la dangerosité de la GLI-F4, et son caractère aléatoire.

    Officiellement, les GLI-F4 ont été retirées de l’arsenal des gendarmes en 2020, pour être remplacées par les GM2L, censées être plus sûres. Côté police, les GLI-F4 ont été détruites à Limoges, au Centre logistique de la Police nationale. Des milliers, à 40 euros pièce. Selon de bonnes sources à l’Intérieur, quelques-unes auraient néanmoins été conservées, ici ou là, « à titre de démonstration », environ 1% du stock restant. Quant au centre d’entraînement de Saint-Astier, en Dordogne, plaque tournante du maintien de l’ordre chez les gendarmes, il aurait, lui, multiplié ces derniers mois les expertises sur leur remplaçante, les GM2L. Pour laisser entendre que celles-ci ne seraient pas si fiables. Indiscrétion recueillie par Blast ce samedi matin, alors qu’à Redon, un jeune tefeur de 22 ans a perdu la main, lors d’affrontements avec la gendarmerie (une enquête a été ouverte).

    Indemnisation provisoire pour Sebastien Maillet. Explications d'Arié Alimi. mi, avocat,
    Sujet réalisé par Antoine Etcheto / Blast

    Quant à Sébastien, aujourd’hui, il porte une prothèse. Elle a coûté une vie de plombier, qu’amputé, Sébastien ne peut désormais plus connaître : près de 30 000 euros. Avec ce qui lui reste de muscles, Sébastien peut ouvrir et fermer la main mécanique. Avec l’application qui la pilote, il peut soulever, pincer, ramasser. Lors des entretiens d’embauche, dès que la conversation glisse sur le pourquoi de cette main qui manque, les visages se crispent, avec des rictus qui disent que personne-ne-veut-avoir-affaire-avec-la-police. Sébastien essuie refus poli sur refus poli. Pour lui, cette décision de la CIVI, c’est tout sauf une question d’argent, mais bien de reconstruction: « C’est la première reconnaissance de ce qui m’est arrivé. Jusqu’ici, on me cataloguait coupable. Maintenant, c’est à l’Etat de répondre ».

    Sebastien Maillet
    Un pays qui se tient sage / Bureau films

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    Crédits photo/illustration en haut de page :
    Acte XIII des Gilets jaunes devant Assemblée nationale, Edouard Richard et Hans Lucas via AFP.

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    source: https://www.blast-info.fr/

     

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  • Peut être une image de une personne ou plus et plein air
     
    Ah non, ça ne suffit pas de mutiler des jeunes innocents, il fallait aussi casser le matos de la sono, au mépris de la loi.
     
    Cette haine de la population, cette non justice érigée en norme protectrice de la corruption, c’est insupportable.
     
    Une haine officielle, une absence de justice, qui rendent fou. Quoi de plus pratique pour ensuite accuser les justes d’ « enragés » et les punir.
     
    Ce qu’est devenu mon pays aux mains de cette clique inculte et malfaisante me fait gerber.
     
    Il y a deux ans, nous étions une poignée à hurler dans le vide médiatique « où est Steve ?» quand les bourgeois hypocrites qui gouvernent, faisaient semblant de ne pas savoir!
     
    Aujourd’hui à Redon, la violence « autorisée » s’est de nouveau déchaînée sur les innocents, avec le plaisir des cerbères en armures, sourire carnassier aux lèvres, punissant les jeunes effrontés.
     
    Ce n’est plus la police, ce n’est plus la République, arrêtons de faire semblant d’y croire, même si tout va bien dans les dîners privés, aux terrasses des cafés des beaux quartiers.
     
    Il n’aura fallu que 4 petites années et une équipe de décérébrés vendus aux lobbies pour enterrer l’idée même du pays des libertés, pour soumettre tout un peuple, sans peine.
     
    N’y a-t-il donc rien pour arrêter cette descente aux enfers ?
     
    J’ai la rage. Et combien sommes nous d’enragés?
     
     
    Alexis POULIN
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  • Ligue 1 : Le PSG réagit au statu quo sur les montées ...

    Saisi par plusieurs associations et syndicats, le Conseil d'État juge illégaux plusieurs points du schéma du maintien de l’ordre du 16 septembre 2020. En l’absence de conditions suffisamment précises, la possibilité de recourir à l’encerclement des manifestants est annulée. Le Conseil d'État annule également certaines règles concernant les journalistes : l’obligation de s’éloigner en cas d’ordre de dispersion et de disposer d’une accréditation pour accéder à des informations en temps réel ou les conditions de port d’équipements de protection.

     

    Le 16 septembre 2020, le ministre de l’intérieur a publié le schéma national du maintien de l’ordre. Ce document définit le cadre d’exercice du maintien de l’ordre, applicable à toutes les manifestations se déroulant sur le territoire national et pour l’ensemble des forces de l’ordre. Plusieurs associations et syndicats – dont la CGT, la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat de la magistrature ou encore le Syndicat National des Journalistes – ont saisi le Conseil d’État pour demander l’annulation de plusieurs parties de ce document. 

    Le Conseil d'État annule aujourd’hui 4 points du schéma national concernant les manœuvres d’encerclement des manifestants et certaines règles applicables aux journalistes.

    En l’absence de conditions précises, l’encerclement des manifestants est illégal

    L’encerclement d’un groupe de manifestants est prévu par le schéma national pour contrôler, interpeller ou prévenir la poursuite de troubles à l’ordre public. Si cette technique peut s’avérer nécessaire dans certaines circonstances précises, elle est susceptible d’affecter significativement la liberté de manifester et de porter atteinte à la liberté d’aller et venir. Le texte ne précise toutefois pas les cas où il serait recommandé de l’utiliser. Le Conseil d’État annule ce point car rien ne garantit que son utilisation soit adaptée, nécessaire et proportionnée aux circonstances.

    Les journalistes n’ont pas à quitter les lieux lorsqu’un attroupement est dispersé

    Autre point annulé par le Conseil d’État : l’obligation pour les journalistes d’obéir aux ordres de dispersion de la police ou de la gendarmerie en se positionnant en dehors des manifestants appelés à se disperser. 
    Selon le code pénal, continuer volontairement à participer à un attroupement après un ordre de dispersion est un délit. Pour autant, les journalistes doivent pouvoir continuer d’exercer librement leur mission d’information, même lors de la dispersion d’un attroupement. Ils ne peuvent donc être tenus de quitter les lieux, dès lors qu’ils se placent de telle sorte qu’ils ne puissent être confondus avec les manifestants ou faire obstacle à l’action des forces de l’ordre. Il en va de même pour les observateurs indépendants.

    Le ministre de l’intérieur ne peut pas imposer des conditions au port de protections par les journalistes

    Le document indique également que les journalistes peuvent porter des équipements de protection, si leur « identification est confirmée » et leur comportement « exempt de toute infraction ou provocation ». 
    Le Conseil d'État juge que ce paragraphe va au-delà du code pénal et fixe dans des termes ambigus et imprécis, des conditions au port d’équipements de protection par des journalistes lors des manifestations. Il n’appartient pas au ministre de l’intérieur, dans une circulaire visant à encadrer l’action des forces de police en matière de maintien de l’ordre, d’édicter ce type de règles à l’attention des journalistes comme de toute personne participant ou assistant à une manifestation. 

    Le canal d’information dédié aux journalistes ne peut être réservé aux seuls « accrédités »

    Le Conseil d’État annule enfin l’obligation pour les journalistes d’être accrédités par les autorités pour accéder au canal d’échange dédié qui peut être mis en place par les forces de l’ordre lors des manifestations.

    Il constate que ce dispositif permet à certains journalistes d’obtenir en temps réel des informations plus précises ou complètes sur le déroulement d’une manifestation, sans pour autant mettre à mal les principes de liberté d’expression, de communication et d’égalité entre les journalistes. Par ailleurs, compte tenu des contraintes opérationnelles des forces de l’ordre lors des manifestations, et en l’absence d’autres justificatifs prévus par la loi, il est également possible de limiter l’accès à ce dispositif d’informations aux seuls journalistes titulaires d’une carte de presse.

    Toutefois, le Conseil d'État relève que lorsque le schéma national réserve ce dispositif dédié aux seuls journalistes « accrédités auprès des autorités », il ne précise ni la portée, ni les conditions, ni les modalités d’obtention d’une telle accréditation. Cette rédaction floue, susceptible de conduire à des choix discrétionnaires porte atteinte de manière disproportionnée à la liberté de la presse. 

     

    Lire la décision n°444849  

    source: https://www.conseil-etat.fr/

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  • En septembre 2020, l’ONU nous alertait : la pandémie de Covid 19 a mis à mal la démocratie partout dans le monde, en restreignant les libertés publiques notamment. Nous nous sommes progressivement habitués à ce que notre comportement soit dicté par un gouvernement, à vivre, entravé, confiné, et souvent désoeuvré. Tous suspects. Et la France ne fait malheureusement pas exception. Pourtant, dans notre pays, ce recul des libertés et de la démocratie est en réalité le fruit d’une dérive progressive.      

     

    PREAMBULE

    Aviez-vous réalisé qu’entre les attentats de 2015 et la pandémie, nous avons passé la majorité de notre temps en état d’urgence (3 ans très exactement)? Que ses principales mesures ont été inscrites dans le droit commun par la loi antiterroriste de 2017, la législation la plus sécuritaire de la Ve République, notamment dénoncée par l’ONU ? Que les failles de la démocratie française ont très souvent été pointées du doigt : que ce soit dans des rapports, des tribunes ou encore des signalements d’ONG internationales ?

    Violences policières, dérive autoritaire, liberté de la presse entravée... La France, “pays des droits de l’homme”, serait-elle en train de rejoindre le camp des pays où la démocratie et les droits humains sont menacés par ceux-là même qui sont censés les protéger ? Et si le pays des lumières avait progressivement glissé dans l’obscurité sans réel sursaut pour l’en empêcher ? Comment pouvons-nous, citoyennes et citoyens, continuer à accepter cela ?

    Crise sanitaire, économique, écologique, démocratique… En réalité, nous ne savons plus où donner de la tête et il est très difficile de voir passer toutes ces informations et ces petits signes qui racontent le basculement qui est en train de s’opérer. Pourtant, il est essentiel de comprendre ce qui se joue aujourd’hui autour du recul des libertés et de l’Etat de droit…

    C’est la raison pour laquelle, Mathias Enthoven et Paloma Moritz ont décidé d’écrire cette vidéo pour Blast. Une vidéo pensée comme un état des lieux. Comprendre où nous sommes pour savoir où nous voulons aller. Certains diront qu’elle est trop sombre ou encore « à charge », mais notre volonté est simplement de montrer la dure réalité telle qu’elle est et de vous donner les éléments pour mieux l’appréhender mais aussi vous en saisir.

    Une dérive progressive

    Les deux derniers exemples en date du recul des libertés dénoncé de toutes parts, ce sont les lois sécurité globale et séparatisme.

    En réaction à celles-ci, la tribune internationale d’une vingtaine d’intellectuels est emblématique. Publiée le 26 mars 2021, elle met en garde contre “Le recul de la démocratie en France” qui est une menace pour la liberté dans le monde”.

    Un texte signé notamment par Angela Davis, grande figure du mouvement noir américain, professeure et écrivaine, l’intellectuel et linguiste Noam Chomsky, l’universitaire et vice président du comité consultatif du conseil des droits de l’homme des nations unies Jean Ziegler ou encore trois anciens prix nobel de la paix.

    Ils écrivent “Nous exhortons le président Macron et son gouvernement à abandonner les lois "sécurité globale" et "séparatisme", des dérives autoritaires qui portent atteinte aux droits fondamentaux que la France prétend incarner.” Ces personnalités dénoncent également dans ce texte, la série de lois sécuritaires promulguées depuis 2015.

    S’il y avait une origine ce serait peut être celle ci, 2015, juste après les attentats contre Charlie Hebdo, l’état d’urgence est mis en place, les manifestations climat juste avant la COP 21 sont interdites, le point de départ d’une dérive qui sera bien plus que sécuritaire.

    En 2008, déjà, le philosophe et directeur de recherche au CNRS, Marc Crépon écrivait dans son livre La culture de la peur : “La question qui devrait hanter toute démocratie devrait être la suivante : comment être sûr que les mesures de sécurité qui sont prises pour répondre aux supposées peurs des citoyens ne portent pas en elles une insécurité plus grande encore que celle qu’elles prétendent combattre ? “

    Là est le problème, l’impératif de sécurité peut nous pousser à accepter des choses que nous ne pensions jamais accepter. Nous en mesurons l'étendue aujourd’hui…

    Liberté de manifester et violences policières

    Si on vous avait dit, il y a quelques années que vous pourriez avoir peur d’aller manifester aujourd'hui en France, vous n’y auriez sûrement pas cru. Et pourtant…

    En cause, les violences policières, qui des banlieues, ont progressivement gagné les manifestations, et en premier lieu, celles des Gilets Jaunes, atteignant alors des proportions inédites. Des violences directement liées à la dérive de la stratégie de maintien de l’ordre.

    Si ces violences ne font aujourd’hui plus de doute, rappelons nous qu’au départ, les alertes venaient surtout de journalistes indépendants comme David Dufresne qui a fait sur twitter depuis décembre 2018, 993 signalements de violences policières, avec son désormais tristement célèbre “Allo place Beauvau”, et ce dans un silence assez assourdissant des grands médias et un déni total au sommet de l’État.

    Ces images d’abus que le gouvernement voudrait aujourd’hui empêcher les journalistes de diffuser avec l’article 24 de la loi sécurité globale, ont fini par entraîner des réactions à l’échelle internationale.

    Quelques mois plus tard, en novembre 2019, Amnesty International s’inquiète du fait que le nombre et la gravité des blessures lors des manifestations ont atteint des records : vingt-quatre manifestants ont été éborgnées et cinq ont eu une main arrachée. Parmi les victimes, se trouvent des manifestants pacifiques mais aussi de simples passants ainsi que des journalistes et observateurs. 2 500 blessés côté manifestants et 1 800 côté force de l’ordre.

    Anne-Sophie Simpere, chargée de plaidoyer Libertés à Amnesty international France, écrit : Aujourd’hui, le maintien de l’ordre en France consiste trop souvent à appliquer une répression immédiate et de grande ampleur au point d’entraver les libertés fondamentales”

    Parmi ces libertés fondamentales, se trouvent celles de manifester, car cette stratégie de maintien de l’ordre agressive a vite dépassé le mouvement des gilets jaunes, pour s’appliquer aux marche climat, manifestations sociales… Créant ainsi un climat de peur généralisée. En cause, l’emploi massif de gaz lacrymogènes, le recours aux techniques de “nasses”, et l’utilisation des grenades explosives GLI-F4, de grenades de désencerclement et de lanceurs de balles LBD40.

    Malgré tout, très peu de membres des forces de l’ordre ont fait l’objet de poursuites judiciaires. À ce titre, le rapport 2020/2021 de Amnesty International est sévère, et décrit la France comme un pays caractérisé par "un certain nombre de préoccupations en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne l'usage excessif de la force par la police".

    Le rapport pointe du doigt notamment la nouvelle stratégie de maintien de l’ordre dans les rassemblements rendue publique, en septembre 2020, par le ministère de l’Intérieur : “Loin de privilégier le dialogue et les techniques de désescalade, cette stratégie reste axée sur le recours à la force, y compris l’utilisation d’armes et de techniques dangereuses”.

    Enfin, il n’existe toujours pas aujourd’hui d’institution indépendante chargée d’enquêter sur les cas d’utilisation illégale de la force. Une institution qui viendrait remplacer l’IGPN, la police des polices, qui est, pour rappel, un service du ministère de l’intérieur, vivement critiqué pour son manque d’indépendance et sa mauvaise gestion des cas de violences policières (en 2019 le nombre d’enquête a augmenté de 23% mais les sanctions ont baissé).

    Outre ces violences qui, par intimidation, contraignent la liberté de manifester, il y a eu d’autres atteintes. Suite au premier confinement, le 31 mai 2020, dans une volonté affichée de protéger la santé publique, le gouvernement impose par décret une interdiction générale de manifester, empêchant ainsi les rassemblements réunissant plus de dix personnes dans l’espace public.

    Une disposition suspendue deux semaines plus tard par le conseil d’Etat, saisie par des associations et syndicats. Le juge des référés réaffirme alors la liberté de manifester comme liberté fondamentale et se base sur les récentes recommandations du Haut Conseil de la santé publique qui ne préconisent aucune restriction à la circulation dans l’espace public tant que les « mesures barrières » sont respectées et qu’une reprise de l’épidémie n’est pas constatée. Malgré tout, des centaines de manifestants ont néanmoins reçu des amendes pour avoir participé à des rassemblements sur la voie publique entre début mai et la fin août. Voilà ce qu’il en est de la liberté de manifester, qui est pourtant à peu près l’un des seuls droits que notre démocratie défaillante nous laissait pour contester l’action du pouvoir en tant que citoyennes et citoyens.

    Dérive autoritaire/ sécuritaire

    Parmi les mesures abusives prises par l’Etat dénoncé dans le rapport 2020 d’Amnesty International, on y trouve le projet de loi déposé en juin 2020 par le gouvernement pour proroger les mesures de la loi anti terroristes Slit, mesures qui devaient expirer à la fin de l’année 2020. "Visites domiciliaires", mesures individuelles de contrôle, instauration de périmètre de sécurité et fermeture de lieux de culte” : une batterie de mesures dénoncées comme étant directement inspirées de l'état d'urgence. Mais sans que cela fasse suffisamment de bruit, le Parlement a approuvé en décembre leur prolongation jusqu’au 31 juillet 2021…

    Le 15 avril 2021, la loi sécurité globale, rebaptisée « pour un nouveau pacte de sécurité préservant les libertés » (alors que c'est tout le contraire) est adoptée à l’Assemblée nationale par 75 voix pour et 33 voix contre.Et, ce malgré une forte mobilisation populaire en dépit du second confinement, et les nombreuses mises en garde de plusieurs organisations nationales et internationales. Pour rappel, près de 500 000 personnes ont manifesté contre le projet de loi selon les organisateurs et 133 000 selon le ministère de l’intérieur.

    Un loi dénoncée comme anti démocratique dans son processus en lui-même; la Ligue des droits de l’homme écrit :’’En faisant endosser à deux parlementaires l’initiative de cette loi, le gouvernement a interdit toute étude impact et évité de demander l’avis du Conseil d’Etat”.

    La Coordination Stop Loi sécurité Globale a déposé un recours pour demander la censure de la loi par le Conseil constitutionnel. Mi avril, 87 députés de gauche ont aussi annoncé déposer un recours devant ce même Conseil constitutionnel. Selon eux, "cette proposition de loi porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit".

    Ironie, le premier ministre Jean Castex a lui-même saisi le conseil le 15 avril, pour lever tout doute sur l’article 24.

    Un article désormais célèbre qui pénalise la diffusion malveillante d’images de policier. Malgré sa réécriture par le Sénat, il reste contesté par les associations de journalistes et la gauche qui y voient une atteinte à la liberté d’expression et de presse.

    Mais ce n’est pas tout, il y a aussi l’extension des pouvoirs de la police et agents de sécurité : l’article 20 leur permet désormais de visionner les images de dispositif de vidéosurveillance, de porter leur arme de service dans les lieux publics même quand ils ne sont pas en service…etc.

    Une justice défaillante

    Cette dérive sécuritaire s'accompagne d'une justice à deux vitesses, dans laquelle le pouvoir s’immisce. Une façon de faire qui elle aussi remet en cause les fondements de notre démocratie.

    D'un côté, Alexandre Benalla, proche d’Emmanuel Macron et de sa femme, au coeur d'une affaire d'État, qui, suite a une commission d'enquête du Sénat dont le rapport est qualifié "d'accablant" a monté sa société de sécurité et circule librement, depuis 2018.

    Et de l'autre, le traitement judiciaire face aux gilets jaunes qui a été dénoncé et qualifié "d'acharnement" par Amnesty.

    Au delà d'Amnesty, de nombreux avocats ont eux aussi dénoncé les dérives et abus du traitement judiciaire des gilets jaunes.

    Impossible ici d'être exhaustive, mais pendant ce temps là, Patrick Balkany danse dans la rue après avoir été libéré de prison pour raisons de santé, le Président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, 4e personnage de l'État, est resté à son poste, malgré une mise en examen dont il n'a pu s'échapper qu'en obtenant la reconnaissance de la prescription de son acte. Et notre ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a été nommé malgré une accusation de viol, de harcèlement sexuel et d’abus de confiance.

    Tout ceci sans compter, l’empressement du gouvernement à légiférer au mépris du débat démocratique, en témoignent l’utilisation quasi systématique de la procédure accélérée et du temps législatif programmé à l’assemblée, l’irrecevabilité des amendements, les débats souvent bâclés (à l'image de ceux sur la loi climat), l’utilisation du 49.3 ou encore la manière dont les députés de la majorité votent presque comme un seul homme les consignes de l’Elysée sous peine d’être exclu... 

    « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. » c’est pourtant une condition démocratique énoncé par Montesquieu en 1748.

    Liberté de la presse en danger

    Autre sujet, et celui-ci concerne aussi l’un des piliers de la démocratie, celui de la liberté de la presse.

    La France est 34ème sur 180 pays du classement mondial Reporters Sans Frontière 2021. Une place qui n’a pas bougé depuis l’année dernière mais qui est plutôt meilleure que celle obtenues depuis la création du classement en 2013. La pire étant 45ème en 2016 (juste après les attentats du Bataclan et la mise en place de l’état d’urgence), et la meilleure 32ème en 2019. A titre comparatif, l’Espagne est 29e, la Namibie 24e, l’Estonie (15e) ou encore la Jamaïque (7e). 

    Cette année, Reporters sans frontière dénonce notamment le fait que : « La couverture des manifestations est devenue un exercice compliqué pour les reporters, confrontés à de nombreux cas de violences policières. Plusieurs journalistes ont été blessés par des tirs de LBD (lanceurs de balles de défense), de grenades lacrymogènes ou par des coups de matraque. D'autres ont été la cible d’interpellations arbitraires ou ont vu leur matériel de reportage saisi. Une partie de ces incidents ont notamment eu lieu lors des rassemblements contre la proposition de loi relative à la sécurité globale.

    RSF pointe aussi du doigt un autre problème, celui de la concentration des médias dans les mains des puissances financières.

    « L’indépendance éditoriale des médias reste aussi un point sensible, du fait de la concentration verticale des médias, autrement dit de leur intégration à des groupes ayant des intérêts dans d’autres secteurs de l’économie. Cette situation favorise les conflits d’intérêts et nourrit la défiance ». Ils concluent “Une vigilance sera de mise dans la perspective de la présidentielle de 2022 ». 

    Droit de manifester gravement remis en cause, violences policières institutionnalisées, lois liberticides dénoncées dans le monde entier, justice faible avec les forts et forte avec les faibles, liberté de la presse en danger… Et malheureusement la liste (comme cet article) pourrait encore s’allonger…

    Oui, il y aurait des choses à dire… Par exemple sur le traitement des réfugiés, et l’acharnement contre ceux qui tentent de les aider avec humanité. Un acharnement indigne et contraires aux droits humains, que les journalistes ne peuvent même plus couvrir librement.

    Enfin, impossible de parler du recul des libertés et de l’état de dégénérescence démocratique du pays sans aborder la pandémie et l’état d’urgence sanitaire. 

    Sur ce sujet aussi, le rapport 2020/2021 de Amnesty International est sévère.“Les mesures prises par le gouvernement face à la pandémie de COVID-19 ont soulevé un certain nombre de préoccupations en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne l’usage excessif de la force par la police, le droit à la liberté de réunion pacifique et les droits des migrant·e·s et des demandeurs et demandeuses d’asile.”

    Ainsi, il semble que nous sommes un peu comme la grenouille de la fable, qui pourrait s’énoncer ainsi : “Si l'on plonge subitement une grenouille dans de l'eau chaude, elle s'échappe d'un bond ; alors que si on la plonge dans l'eau froide et qu'on porte très progressivement l'eau à ébullition, la grenouille s'engourdit ou s'habitue à la température pour finir ébouillantée.”

    Comment en sortir ?

    Alors face à tout cela pourquoi n’y a t il pas de sursaut ? De quels outils disposons-nous encore pour faire valoir nos droits et libertés ? Comment en sortir ? 

    « L’optimisme. C’est le courage d’agir » disait le philosophe Alain

    Paradoxalement, il n’y a jamais eu autant de personnes qui œuvrent à repenser notre démocratie. Une force grandissante qui déconstruit la verticalité, prône un désir de pouvoir partagé, d’égalité. Une société civile qui prend le relais de l’Etat, en pleine pandémie, organise des réseaux de solidarité, d’entraide et par là redonnent espoir…

    Des tendances de plus en fortes, des lucioles un peu partout qui ne se sont pas encore réunies, ou du moins qui ne se traduisent pas encore dans la réalité institutionnelle.

    Il y a donc une forme de contradiction entre cette démocratie défaillante, ces libertés menacées et une société civile de plus en plus organisée faisant front contre les injustices. La relève est là, et c’est pour cela qu’il est impératif de ne pas laisser la peur et la haine être nos moteurs, de se mobiliser avec force pour préserver nos libertés, de ne plus céder un centimètre de terrain au recul de notre démocratie.

    La démocratie n’est pas un état de fait, c’est une recherche perpétuelle, une dynamique, qui pour bien fonctionner doit être sans cesse questionnée, améliorée, murie. Surtout elle doit être défendue sans relâche si on ne veut pas finir comme la grenouille de la fable.

    Il faut aujourd’hui imaginer un système démocratique plus ouvert, plus inclusif et qui tienne vraiment compte de toutes et tous et des générations futures…

    Dans la constitution de 1793, plusieurs articles énoncent des règles simples qui résonnent étrangement en France, en 2021. 

    Article 3. - Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi. 

    Article 7. - Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s'assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. - La nécessité d'énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.

    Article 9. - La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l'oppression de ceux qui gouvernent.

    Article 35. - Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

    Cette constitution avait pour préambule ce texte : “Le peuple français, convaincu que l'oubli et le mépris des droits naturels de l'homme, sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur ; le magistrat la règle de ses devoirs ; le législateur l'objet de sa mission.”

    Ressources :

    La tribune internationale d’intellectuels

    Le rapport 2020-2021 de Amnesty International 

    Le classement de Reporters sans Frontières 

    Le point sur la loi Sécurité Globale 

    La constitution française

    L’interview de François Sureau sur France Inter « "Pour en sortir il faudrait un puissant désir de liberté"

    L’interview de Arié Alimi sur Mediapart « Macron : un pouvoir cynique et autoritaire »

    L’interview de Chloé Morin sur France Inter "Quand on ne sera plus en démocratie, on ne s’en rendra même pas compte »

    Autres articles :

    France, une démocratie défaillante, Le point

    La dérive liberticide du gouvernement, Le Monde

    Pour aller plus loin :

    Livre La Culture de la Peur par Marc Crépon

    Le documentaire de StreetPress « Gilets Jaunes : une répression d’Etat »

    Le documentaire de David Dufresne « Un pays qui se tient sage »

    Sans la Liberté de François Sureau

    De la démocratie en Pandémie par Barbara Stiegler

    Pour s’engager :

    https://stoploisecuriteglobale.fr

    https://www.laquadrature.net

    https://www.ldh-france.org/adherer/

    https://www.acrimed.org

    https://www.democratieouverte.org

     

    source:   https://www.blast-info.fr/   

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  • NON À TOUTE REMISE EN CAUSE DE L’IRRESPONSABILITÈ DES MALADES MENTAUX !

    Nous publions, ci-dessous, la courageuse réaction de l’Union des Juifs pour la Paix à propos de ce qu’on a improprement appelé l’affaire Halimi, du nom de cette vieille dame de confession juive tuée dans des conditions effroyables.

    Nous comprenons certes l’émotion de nos compatriotes que révulse toute forme d’assassinat, surtout quand il est commis avec une dimension d’antisémitisme. Mais l’UJFP n’en a pas moins raison de mettre en garde contre l’exploitation que font de cette affaire la droite et l’extrême droite qui en font un prétexte à remettre en cause le principe fondamental de responsabilité du prévenu dans l’application d’une sanction pénale.

    Ce fut un majeur de l’humanisme que d’en avoir fini, dès l’époque de la démocratie athénienne émergente, avec l’idée que l’on pouvait punir l’auteur d’un acte indépendamment de la question de savoir s’il était maître de son jugement au moment des faits. Revenir là-dessus, c’est retourner au Moyen Âge, où l’on pouvait condamner à mort un cochon pour avoir mordu quelqu’un, ou sanctionner durement un enfant ayant provoqué, sans intention de tuer, un accident mortel. Procéder ainsi, c’est traiter l’homme comme une chose ou pire, comme un chien enragé qu’on tue sans se demander s’il a fait exprès d’attraper le virus. Sur de telles bases, on pourrait demain envoyer au cachot pour la vie un individu qui aurait, sans le faire exprès, transmis le coronavirus, voire tel autre virus encore inconnu de tous, à une autre personne… Qu’on soit obligé de réexpliquer des choses aussi évidentes dans la France de 2021 montre où en est venue la fascisation des esprits.

    Résistons au quotidien à ce “gros bon sens” de plus en plus putride qui fait que près de 48% des Français sondés par Harris déclarent désormais approuver l’idée d’un putsch militaire pour “assainir le pays” car cette logique du “gros bon sens” qui refuse de voir plus loin que le bout du nez nous mène tout droit à l’horreur et, sans que nous ayons l’excuse, si c’en est une, de l’ignorance. 

    _______________________________________________________________________

    https://ujfp.org/

     

    On ne lutte pas contre l’antisémitisme en bradant l’État de droit

     

    Si la décision rendue le 14 avril selon laquelle le meurtrier de Sarah Halimi ne sera pas jugé en Cour d’assise a suscité un élan d’émotion sincère, elle a également aiguisé l’appétit des professionnels les plus obscènes de l’exploitation politique. La position de la Cour de cassation, fondée sur la recherche d’un équilibre complexe entre le respect du droit et la nécessité de rendre justice, a été délibérément trahie pour échauffer les esprits en laissant croire que l’on pouvait aujourd’hui, en France, tuer des juif.ve.s sans être inquiété.

    Le fond de l’air est lourd, et pourtant, nombreux sont ceux qui ne cherchent qu’à l’alourdir davantage. Le 14 avril dernier, la Cour de cassation s’est efforcée de tenir la chandelle par les deux bouts en reconnaissant le caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi tout en constatant l’irresponsabilité pénale du meurtrier. Atteint d’une bouffée délirante aiguë, il a violemment assassiné sa voisine, juive, qu’il assimilait à un démon à éliminer en raison de ses origines et de sa religion. Ce crime atroce et la culpabilité de son auteur ont été reconnus par la justice, tout comme son caractère incontestablement antisémite puisque s’appuyant sur des préjugés relevant de la haine des juif.ve.s. En conformité avec l’avis des psychiatres formulé à la quasi-unanimité des psychiatres (six sur sept) ayant mené les expertises auprès de Kobili Traoré dans le cadre de la procédure judiciaire, la Cour de cassation a confirmé l’irresponsabilité pénale de l’accusé, ce dernier ayant perdu tout discernement au moment des faits. 

    De nombreuses voix, de celle du Crif à celle du Président de la République, se sont élevées pour réfuter ce jugement, arguant que la justice s’occupait bien d’individus ayant commis des actes de délinquance sous l’influence de l’alcool. Il faut lire le détail des expertises psychiatriques pour comprendre à quel point cet argument ne tient pas. La bouffée délirante aiguë n’a rien d’une mauvaise ivresse. Dans la plupart des cas, elle n’est rien d’autre que le moment inaugural de maladies psychiatriques lourdes. La conclusion des experts ne laisse planer guère de doutes quant au fait que le cas de Kobili Traoré relève bien de ce schéma. Que l’opinion publique se pose la question, quoi de plus compréhensible, mais lorsque des personnes ayant eu accès à l’intégralité du dossier soufflent à dessein sur les braises de la colère et du ressentiment, alors c’est à de l’irresponsabilité politique que nous avons affaire !

    Devant ce torrent de prises de position s’appuyant sur un désarroi légitime pour flatter les passions les plus viles – celles de la haine et de la vengeance, au détriment de ce que la justice a de plus noble –, le pouvoir macronien court une fois de plus derrière l’extrême-droite à qui, en même temps, il ouvre la voie. Ainsi, l’avocat d’extrême-droite franco-israélien Gilles William Goldnadel annonce saisir la justice israélienne afin de poursuivre Kobili Traoré, depuis un État ne respectant ni les principes du droit international, ni ceux des droits humains, et dirigé par un gouvernement d’extrême-droite et de suprématistes juifs. La lutte contre l’antisémitisme et pour la sécurité des juif.ve.s en France n’a rien à gagner avec de telles propositions. Au contraire, ces dernières alimentent la confusion et ouvrent un boulevard au complotisme. En dressant la justice d’un État suprématiste et colonial contre la décision de la Cour de cassation, elles sèment les grains de l’antisémitisme et plus généralement du racisme sous toutes ses formes.

    De plus, on ne peut que constater que l’empressement à intervenir exprimé par le gouvernement est une fois de plus à géométrie variable. Qu’ont fait les pouvoirs publics lorsque Mohammed El Makouli a péri en 2015 sous la lame et les cris de Thomas Gambet (« Je suis ton dieu, il n’y a pas d’islam !1»), lui aussi atteint d’une bouffée délirante et reconnu irresponsable pénalement ? Rien : ni proposition de loi, ni emballement médiatique, ni, d’ailleurs, reconnaissance du caractère islamophobe du crime. Ce deux poids, deux mesures fracture toujours un peu plus la République, contribuant ainsi au renforcement du racisme intercommunautaire – et donc de l’antisémitisme. Une fois de plus, le mal que l’on prétend combattre en sort grandi.

    Nous apportons notre solidarité à la famille Halimi et aux communautés juives de France, endeuillées par la haine antisémite et violentées par le cynisme des pompiers pyromanes toujours prompts à réclamer vengeance. Nous avons à cœur le respect des principes fondateurs de ce qu’il reste d’État de droit dans ce pays, d’ailleurs si malmené par ceux-là même disposés à donner des gages aux faux-amis des juif.ve.s. Nous ne le braderons pas au nom d’une vision erronée et dangereuse de la lutte contre l’antisémitisme.

    La Commission communication externe pour la Coordination nationale de l’UJFP, le 27 avril 2021

     

    Sources: https://ujfp.org/   &   https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Morgan Large, journaliste à RKB en Centre Bretagne subit des pressions en lien avec son travail. Dernièrement, des écrous ont été dévissés sur les roues de sa voitureMorgan Large, journaliste à RKB en Centre Bretagne subit des pressions en lien avec son travail. Dernièrement, des écrous ont été dévissés sur les roues de sa voiture

    Morgan Large, journaliste en Centre-Bretagne a découvert les roues de sa voiture déboulonnées. Un acte de malveillance qui aurait pu lui coûter la vie ansi qu'à sa fille. Il s'ajoute à une liste déjà longue. Un rassemblement de soutien est organisé mardi 6 avril à Rostrenen.

    "Tiens un boulon !" C’est ce que s’est dit la journaliste Morgan Large ce mercredi 31 mars quand elle a découvert un boulon dans le chemin qui mène chez elle. Consciencieusement, elle a passé en revue les visites récentes à son domicile pour trouver à qui appartenait ce boulon. Et puis, elle a regardé sa propre voiture : il manquait deux boulons ! "Je me suis dit que deux boulons ne partent pas comme ça."

    "On s’attaque à ma famille"

    La journaliste de Radio Kreiz Breizh (RKB), Morgan Large, subit régulièrement des menaces, "mais là le Rubicon est franchi, prévient-elle. On s’attaque à ma famille." Elle ne sait pas précisément quand a été perpétré cet acte de malveillance, mais elle se souvient avoir entendu un téléphone portable sonner et le chien aboyer quelques nuits auparavant.

    Depuis, j’ai fait de la route avec cette voiture, parfois avec ma fille pour l’amener chez l’orthodontiste par exemple. Donc on met ma famille en danger.

    Morgan Large

    "Il ne faudra pas t’étonner si on vient chez toi !"

    A sa fille de 17 ans qui lui a demandé : "On aurait pu perdre une roue ?", Morgan n’a pas su quoi répondre. "Comment je gère ça ?, explique-t-elle, des sanglots dans la voix. Je ne sais pas quoi lui dire. Les parents sont censés être rassurants."

    Morgan exerce son métier de journaliste en Centre-Bretagne, essentiellement à Radio Kreiz Breizh, mais aussi en indépendante. Elle connaît cette zone, qu’elle couvre depuis plus de 20 ans, comme sa poche. "Après un documentaire sur la filière volaille où je témoignais, j’ai eu des appels anonymes me menaçant ‘Il ne faudra pas t’étonner si on vient chez toi !’", raconte-t-elle.

    Des actes de malveillance récurrents

    "Des mairies ont supprimé des subventions à Radio Kreiz Breizh après certains de mes reportages sur l’agriculture dans la région, poursuit la journaliste. Pourtant on donne la parole à tout le monde."

    Les appels anonymes continuent, incessants depuis plusieurs mois. En décembre dernier, la clôture du champ de ses deux chevaux a été ouverte et les animaux ont divagué pendant plusieurs heures. Au même moment, les portes des locaux de RKB étaient forcées. 
    Un mois plus tard, en janvier, le chien de Morgan était empoisonné. La journaliste se dit usée, fatiguée et c’est bien ce que cherchent les personnes qui s’en prennent à elle.

    Je crois en l’humanité. Je pars du principe que les gens sont sympas. S’il y a polémique, on discute, on traite tout le monde de la même façon.

    Morgan Large

    Cette fois, la journaliste est décidée à porter plainte. "Je ne veux pas vivre comme ça."

    Une longue liste de journalistes malmenés

    Cette semaine, dans cette même commune de Glomel, dans les Côtes d'Armor, une autre journaliste a été menacéeselon un communiqué de RKBDans le cadre de son travail pour un media allemand, elle aurait été insultée, bousculée et suivie jusqu’à chez elle par un agriculteur.


    Ces deux affaires ne sont sans rappeler les pressions subies par la journaliste, Inès Léraud, quand elle enquêtait sur le monde agricole breton : intimidations, menaces, plainte en diffamation annulée par le plaignant à quelques jours du procès.

    En soutien à Morgan, le collectif des journalistes bretons Kelaouiñ organise ce mardi 6 avril à midi un rassemblement sur la place du marché à Rostrenen dans les Côtes d’Armor.

     

    source: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/quimper/centre-bretagne-menaces-et-actes-de-malveillance-contre-une-journaliste-de-rkb-2027308.html

     
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  • Communiqué du Syndicat National des Journalistes

     

    Faisons bloc pour soutenir la journaliste bretonne Morgan Large, menacée jusqu'à son domicile 

     

     

    Invectives, intimidations, menaces de mort, dégradation de biens et maintenant atteinte à la personne. 

    Une nouvelle fois, notre consœur journaliste radio Morgan Large connue pour ses enquêtes sur l’agriculture et l’agroalimentaire en Bretagne a été victime de faits totalement inacceptables. Régulièrement prise pour cible depuis son témoignage diffusé dans le documentaire « Bretagne : une terre sacrifiée », en novembre dernier, elle a découvert mercredi qu'une roue de sa voiture avait été partiellement déboulonnée.

     

    Malgré les discours lénifiants des autorités, enquêter sur l’agroalimentaire, en 2021, en Bretagne, c’est s’exposer à des représailles qui n'ont pas grand chose à envier aux méthodes des organisations criminelles.

     

    De nouveau, le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, dénonce avec force les atteintes portées à Morgan Large dans l’exercice de sa profession, comme toutes celles portées à la liberté de la presse. Le SNJ met en garde les pouvoirs publics qui feraient l'objet de complaisance face à ces agissements. 

     

    L’information est un bien public aliénable ni à une catégorie socioprofessionnelle ni à un territoire ni aux intérêts individuels. 

     

    Pour s’opposer à un retour à ces féodalités, le SNJ va saisir la justice et appelle toute la profession à manifester son soutien à Morgan Large et Radio Kreiz Breizh (RKB). Un rassemblement est déclaré par les journalistes de Radio Breizh mardi 6 avril, à midi, sur la place du marché de Rostrenen (Côtes-d'Armor).

     

     

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  • Il y a quelques jours, des parlementaires de droite demandaient la dissolution de l’UNEF. Désormais c’est le ministre de l’Education nationale qui parle de « pente fasciste » pour qualifier son activité.

    Quels seraient les actes justifiant ces attaques ? L’organisation de quelques groupes de paroles non-mixtes pour les étudiant.e.s victimes de discriminations. Cette pratique intéresse, interroge, inquiète. Elle bouscule et fait débat.

    Nous ne pouvons accepter que des députés proposent la dissolution de cette organisation. Nous ne pouvons encore moins admettre l’idée que l’UNEF soit renvoyée dos à dos avec un groupuscule d’extrême droite, condamné pour incitation à la haine raciale. Nous ne pouvons tolérer les propos d’un ministre qui banalisent le fascisme et participent ainsi à la confusion idéologique ambiante.

    Militant.e.s, dirigeant.e.s, avec des diversités de parcours, nous avons été par le passé des acteurs et actrices engagé.e.s de cette organisation. L’idéal émancipateur, républicain, laïque, antiraciste et féministe a toujours été notre boussole, un idéal au service des intérêts sociaux et moraux de tous les étudiant.e.s. Au cours de ses 110 ans d’histoire, quelle qu’ait été la tendance dirigeante, l’UNEF a toujours été en tête des batailles relatives au budget de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle a su porter un discours anti-colonial dans une société française qui était loin d’y souscrire. Elle s’est engagée en mai 68, dans ce mouvement qui a conduit aux changements sociaux et moraux que nul ne conteste aujourd’hui. L’UNEF, c’est aussi un mouvement décisif contre la sélection en 1986 et la mobilisation historique contre le CPE qui n’avait d’autre ambition que de précariser encore et encore, les jeunes de notre pays.

    Signataires de ce texte, pour certain.e.s avec des désaccords parfois profonds avec des pratiques et des orientations syndicales et idéologiques de l’UNEF, nous pensons que, par son histoire et les valeurs issues de la Charte de Grenoble qu’elle incarne, l’UNEF a toute sa place dans le débat public.

    A l’heure où les étudiant.e.s et la jeunesse sont particulièrement touchés par la pauvreté et la précarité, le gouvernement se doit d’être à l’écoute des organisations représentatives des étudiant.e.s. Cette exigence nous paraît d’autant plus incontournable que nous avons sous nos yeux, ces dizaines de milliers de jeunes qui basculent dans une précarité insupportable, renoncent à poursuivre leurs études abandonnant ainsi leurs projets d’avenir.

    Aussi, nous condamnons l’outrance injurieuse des termes employés et nous opposons à toute volonté de dissolution d’une organisation de jeunesse telle que l’UNEF.

     

    Liste des signataires (Mise à jour: 21 mars 2021 17h00)

    L’Association des anciens de l’UNEF, fondée en 1938, Pouria AMIRSHAHI, Président UNEF-ID 1994-1998, Xavier AKNINE, Président UNEF-SE1986-1988, Nicolas ASKEVIS, UNEF ID 1990-1995, Cyprien ASTIER, UNEF 2014, Frédéric AUGENDRE, UNEF ID Secrétaire général 1983-1986, Clementine AUTAIN UNEF SE 1991-1994, Gilles ALFONSI, UNEF 1989-1991, Tania ASSOULINE, Secrétaire générale UNEF 2001-2003, Sebastien BACHOLET UNEF-SE 1980-1983, Patrice BADARD, UNEF ID 1992-1998 ,Guillaume BALAS, Vice-Président UNEF-ID 1994-1995, Loic BASSINO, Secrétaire national UNEF 1991-1994, Mathieu BARBERIS, UNEF 2016-2018, Olivier BARBEROUSSE, PSA UNEF-ID 1986-1990, Johanna BARRASZ, UNEF 1993-1996, Emilie BELLIN, UNEF 2015-2016, Sarah BENICHOU UNEF ID 1993-1999, Ugo BERNALICIS, UNEF 2008-2011, Jean Pascal BERNARD, BN UNEF-ID 1993-1997, Céline BERQUER, UNEF ID, BN 1994-1997, Marie Noëlle BERTRAND UNEF Secrétaire générale, Nicolas BERTRAND, Secrétaire général UNEG 1989-1991, Tina BIARD, BN UNEF 2010-2012, Alexandre BILOUS 1964-1968, Sophie BINET, Vice Présidente UNEF 2007-2008, Nina BITOUN, UNEF ID Paris 1 1993-1998, Romain BLACHIER, UNEF 1995-2002, Frédéric BOCCARA, BN UNEF 1981-1985, Pascal BOISSEL, UNEF ID 1979-1982, Romain BOIX, LMDE Président 2015-2018, Frédéric BONNOT, UNEF-ID Trésorier National 1994-1999, Florian BORG, UNEF-ID, 1997-1999, Delphine BORGEL, PSA UNEF-ID 1993-1997, Frédéric BORRAS, UNEF-ID 1984-1988, Serge BOSC, FGEL 1964-1968, Amine BOUABBAS, UNEF 2004-2007, Jean-Marcel BOUGUEREAU, FGEL 1964-1968, Jean Baptiste BOURDELLON, BN UNEF 2012-2014, Emilie BOURDON, UNEF, 2016-2018, Gerard BOURGOIN FGEL 1963-1969, Gwenolé BUCK, UNEF 2005-2010, Gérard BRIANT, UNEF 1992-1996, Colombe BROSSEL UNEF ID 1989-1992, Mickaël BRUEL UNEF ID 1999 2000, Louis-Jean CALVET VP UNEF 1964-1965, Magali CAMPA, UNEF Secrétaire Générale 2016-2018, Franck CARBONNEL, FNEMS UNEF 1980-1985, Pierre-Alain CARDONA, UNEF ID 1994-1995, Fanélie CARREY-CONTE, BN UNEF 2000-2005, Philippe CASIER, BN UNEF-ID, Christophe CASTAING, BN UNEF ID 1981-1985, Sébastien CHAILLOU, Trésorier National UNEF 2012-2013, Fabrice CHAMBON, BN UNEF 2001-2005, Arnauld CHAMPREMIER-TRIGANO Vice-Président UNEF-ID 1994-1997, Claudine CHAPRON, UNEF 1984-1989, Vincent CHARBONNIER, UNEF-ID, 1990-1993, Julian CHARTON, UNEF BN 2012-2015, Magalie CHASTAGNER, Secrétaire national UNEF 1999-2002, Norbert CHAZAUD, UNEF BN 1979-1983, Pascal CHERKI, BN UNEF-ID 1988-1993, Théo CHEVALLIER BN UNEF 2014-2016, Chahra CHIBATI, UNEF 2006-2009, Mélanie COLLET, UNEF 2003-2006, Eric COQUEREL, UNEF-ID 1983-1988, Alexis CORBIERE, Vice-Président UNEF-ID 1994-1995, Sergio CORONADO UNEF ID 1992-1994, Annie COUEDEL 1962-1966, Aliaume COUCHARD, UNEF 2011-2013, Jean Francçois COURTILLE, BN UNEF 1987-1988, Joëlle COULON, UNEF 1962-1964, Pierre COURS-SALIES, UNEF 1962-1967, Cendrine DALLET, UNEF ID 1995-2000, Pierre DARDOT, UNEF-ID, 1980-1986, Olivier DARONNAT Secrétaire Général UNEF ID 1994-1997, Philippe DARRIULAT, Président UNEF-ID 1986-1988, Caroline DE HAAS, Secrétaire générale UNEF 2007-2009, Pierre DEJEAN, UNEF 1968-1970, Laëtitia DEKNUDT, UNEF ID BN 1981-1984, Laure DELAIR, Vice-Présidente UNEF 2013-2015, Anne DELBENDE, Secrétaire Générale UNEF 2003-2006, Karine DELPAS, Présidente de l’UNEF 1997-2000, Stéphane DELPEYRAT, UNEF-ID 1986-1988, Jacques DELPY, Secrétaire général UNEF 1955-1957, Emir DENIZ, UNEF 2000-2002, Clémence DOLLE, UNEF BN 2018-2020, Laurent DOUCET, UNEF-ID 1986-1989, Maryse DUMAS, BN UNEF 1972-1976, Isabelle DUMESTRE, BN UNEF 2000-2005, Tifen DUCHARNE, BN UNEF  1993-1999, Capucine EDOU, UNEF ID BN 1995-1999, Julie EL MOKRANI TOMASSONE, BN UNEF 2013-2016, Annie ERNAUX 1960-1964, Amandine ESCHERICH, BN UNEF 2012-2014, Magali ESCOT, UNEF-ID 1992-1996, Valérie ESTOURNES, BN UNEF-ID 1991-1993, Gwenaelle EVIN, UNEF ID 1989-1997, Vanessa FAVARO, LMDE Présidente 2012-2014, Luis FAVRE, UNEF US 1975-1979, Laurent FAURE, UNEF-ID 1983-1987, Sacha FEIERABEND, Secrétaire Général UNEF 2014-2017, Gérard FILOCHE, UNEF 1968, Germain FILOCHE, BN UNEF 2005-2009, Léa FILOCHE, BN UNEF 2001-2004, Damien FLAMENT, UNEF 2004-2007, Astrid FRANCOIS-HIGELE, UNEF ID 1995-1998, Gweltaz FRIGOUT, BN UNEF 1999-2003, Laurent GARROUSTE, BN UNEF-ID 1987-1995, Raquel GARRIDO, BN UNEF-ID 1994-1997, Frédéric GENEVEE, UNEF 1986-1988, Dominique GERARDIN FGEL 1963-1967, Olivier GIRARDIN, Secrétaire général UNEF 1993-1994, Lionel GIRAUD UNEF ID 1995-2001, Nicolas GIRAUD, UNEF ID 1982-1988, Brice GIRAUDET, UNEF 2012-2014, Pierre-François GROND, BN 1987-1992, Stéphanie GOURDOL, BN UNEF 2002-2005, Juliette GRIFFOND, BN UNEF 2006-2009, Thibaut GUINE, UNEF 2014-2017, Nordine HATI UNEF ID 1995-2000, Benoît HAMON, 1986-1990, Mathieu HANOTIN, BN UNEF 2001-2005, Jean-Jacques HAZAN, BN UNEF-ID 1977-1985, Carole HAZE, BN UNEF-ID 1995-1998, Jean-Pascal HIGELE, UNEF ID, 1997-1998, Frédéric HOCQUARD, BN UNEF-ID 1993-1998, Jean-Jacques HOCQUARD Vice-Président 1960-1964, Farid HOUSNI, UNEF, 2000-2006, David HUYNH, BN UNEF 2001-2005, Guillaume HOIBIAN, BN UNEF 1988-1990, Bob INJEY, Président UNEF 1992-1994, Laurent JACQUEMIN, BN UNEF-ID, 1987-1991, Pauline JAGU- DAVID, BN 2012-2015, Charly JANODET, BN UNEF 2010-2012, Vincent JAROUSSEAU, Mila JEUDY BN UNEF 2004-2008, Babette JOSHUA 1963-1964, Samy JOSHUA, UNEF 1963-1964, Régis JUANICO, UNEF ID 1990-1996, Laurent KANDEL, UNEF 1984-1991, Pierre KANUTY, UNEF-ID 1990-1995, Gaëlle KERGUTUIL, UNEF 2005-2008, Nicolas KHALETZKY UNEF ID 2001-2002, Anne KOROBELNIK UNEF BN 1993-1995, Pierre Henri LAB, UNEF 1996-1999, Jean LABIB UNEF 1965, Fabrice LABROILLE UNEF ID 1996-2000, Bastien LACHAUD, BN UNEF 2001-2003, Laurent LALIBERTE, UNEF ID, 1987-1991, Mathieu LAPPRAND, BN 1999-2002, Malik LARABI BN UNEF-ID 1983-1987, Lilà Le BAS, UNEF Présidente 2016 2019, Sylviane LEJEUNE, UNEF, 1979-1981, Patrice LECLERC, Président UNEF-SE 1986-1988, Thierry LECRAS, Vice-Président UNEF 2008-2010, Alex LEGROS, UNEF ID 1987-1992, Didier LEVY, UNEF-UGE  1966-1970, Isabelle LORAND, UNEF 1986, Marianne LOUIS, UNEF ID 1989-1985, Silvère MAGNON, Secrétaire général UNEF 1998-2000, Emmanuel MAHEU UNEF 1976-1978, Joëlle MALVY BN UNEF-SE 1984 1986, Julie MANDELBAUM, Secrétaire Générale UNEF 2011-2014, Nathalie MAQUOI, UNEF 1997-2001, Raoul MARMOZ  UNEF-ID 1989-1996, Bastien MARCHINA, UNEF 2003-2011, Myriam MARTIN, UNEF-ID 1987-1993, William MARTINET, Président UNEF 2013-2016, Céline MARTINEZ, UNEF ID BN 1998-2001, Présidente de l’Association des Anciens de l’UNEF., Laurent MAUDUIT, Secrétaire général UNEF US 1975, Marianne MAXIMI, UNEF 2008-2011, Delphine MAYRARGUE, Vice-Présidente UNEF ID 1993, Jean-Luc MELENCHON, UNEF 1972, Anna MELIN, Secrétaire Générale UNEF 2008-2012, Olivier MEIER, UNEF 1988-1992, Nicolas MERIGOT, BN UNEF 2009-2015, Jean-Claude MERLE,  Vice-Président UNEF 1962-1963, Pierre MERY, BN UNEF 2011-2014, Camille MICLOT, BN UNEF 2004-2007, Franck MILLOT, BN UNEF-ID 1993-1994, Alain MONCHABLON, FGEL 1966-1967, Robi MORDER, UNEF ID BN 1980-1984, Cyril MOREL, BN 1990-1993, Nicolas MORVAN, UNEF ID, 1996-1998, Adeline NOURY, UNEF-ID 1999-2001, Lennie NICOLLET, UNEF 2010-2011, Florence OSTIER, UNEF 1977-1982, Emmanuelle PARADIS, BN UNEF-ID 994, Sébastien PARIS, UNEF 1992-1998, Yvan PAVIS, UNEF ID 1979-1985, Hélène PASQUIER, BN UNEF 2007-2009, Isabelle PAUTRAT, BN UNEF 1988-1991, Malvina PELAY, BN UNEF 2009-2012, Antoine PELLETIER, BN UNEF 2002-2005, Loïc PEN, Sécrétaire général UNEF 1992-1994, Mao PENINOU, BN UNEF-ID 1986-1993, Morand PERRIN, BN UNEF 2010-2012, Thomas PEREZ-VITORIA, BN UNEF ID 1991-1996, Raphael PEREZ, UNEF 1977-1979, Bertrand PERISSE, UNEF ID 1980-1982, Delphine PETIT, UNEF SE 1990-1994, Bernard PIGNEROL, UNEF ID Paris 1, Regis PIQUEMAL President UNEF-SE 1984-1986, Éric POLIAN, UNEF ID BN 1994-1999, Jean-Claude POLACK UNEF 1961-1962, Anaïg PIEDERRIERE, BN UNEF 2007-2010, Anne QUERRIEN, UNEF 1963-1966, Ali RABEY, UNEF 2003-2007, Pauline RAUFASTE, UNEF Vice présidente 2016-2018, Judith RAYMOND QUENTEL, UNEF 1988-1984, Patrick RAYNAL UNEF 1967-1968, Jacques REMY FGEL 1963-1964, Raphaëlle REMY-LELEU, 2011-2013, Eléonore REAL BN UNEF-ID 1994-2000, Lise RIBEAUD, Déléguée Générale de l’UNEF 2015-2016, Hervé RIGAUD, UNEF ID 1982-1985, Tiphain ROBERT, UNEF 2003-2009, Olivier ROUGIER, BN UNEF 2001-2005, Jean-Claude ROURE, Président UNEF 1962-1963, Danilo ROSALES, 1991-1993, Marc ROZENBLAT, Président de l’UNEF ID 1984-1986, Jean-Marc SALMON, Secrétaire Général UNEF 1964, Agnès SAURAT, UNEF 1985-1988, Elsa SEYS, BN UNEF-ID 1996-1998, Michel SERAC, Président UNEF US 1971-1975, Sayna SHAHRYARI, BN UNEF 2010-2013, Daniel SHAPIRA, Vice-Président UNEF US 1971-1975, Sylvie SCHERRER, BN UNEF ID 1986-1991, Eric SCHULTZ, UNEF 1992-1997, Denis SIEFFERT, Président UNEF US 1975-1978, Danielle SIMONNET, UNEF ID BN 1989-1995, Louis SOUCHIERE, BN UNEF 2014-2015, Antony SMITH, BN 1994-1997, Benjamin STORA, UNEF, 1970-1976, Philippe STIERLING, 1984-1986, Gabriel SZEFTEL, BN UNEF 2005-2008, Aurélien TACHE, UNEF 2006-2010, Sophie TAILLE POLIAN, UNEF ID, Jean François·TEALDI,, Leyla TEMEL, BN 2005-2006, Emmanuel TERRAY Cartel ENS 1956-1961, Georges TERRIER, BN UNEF ID 1982-1986, Laurent TERK, UNEF ID 1979 1985, Guillaume TESTA, BN UNEF ID 1996-1998, Marie-Noëlle THIBAULT FGEL 1960-1966, Alexandre THIEBAULT, Trésorier National UNEF 1999-2003, Isabelle THOMAS, Vice présidente de l’UNEF ID 1986, Mijo THOMAS, BN UNEF 1969-1970, Chloé TRIVIDIC, UNEF 2003-2006, Didier TZWANGUE UNEF ID 1980-1981, Antoine VALBON, BN UNEF 1981-1985, Benjamin VETELE, Vice-Président UNEF 2005-2007, Victor VIDILLES, Trésorier National UNEF 2006-2008, Marie-Pierre VIEU, UNEF SE Présidente 1994-1997, Frédéric VIGOUROUX, BN UNEF, 2001-2005, Jean VIGREUX UNEF-ID 1982-1986, WAHL Thierry, UNEF Renouveau, 1978-1979, Lauranne WITT, BN UNEF 2012-2015, Karel YON, UNEF ID BN 1997-2004, Jean-Claude ZANCARINI, UNEF 1966-1969, Michèle ZANCARINI-FOURNEL, UNEF 1964, Laurent ZAPPI BN UNEF-ID 1980-1982, Emmanuel ZEMMOUR, Président UNEF 2011-2014

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