• Deux ans après la signature de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie visant à stopper la crise migratoire en Méditerranée, les migrants s’entassent toujours sur l’île grecque, sans espoir d’en partir.

    « Samos, c’est une prison ! »-par Thomas JACOBI (la-croix.com  27-03-2018)Des réfugiés irakiens munis de documents de demande d’asile, dans le camp de Samos, en Grèce, en décembre 2017. / Nicola Zolin/Redux/REA

    Île de Samos (Grèce), de notre correspondant

    Dans le local qu’ils partagent avec Médecins sans frontières (MSF), les avocats du Conseil grec pour les réfugiés (CGR) ne décolèrent pas, et le jeune avocat Stavros Papageorgopoulos n’a pas de mots assez durs pour dénoncer l’accord sur les migrants, passé en mars 2016 entre l’Union européenne (UE) et la Turquie, rediscuté hier en Bulgarie. « Ce n’est pas un accord légal, c’est juste une entente ! »

    Nous sommes dans le nord-est de la mer Égée, à Vathy, sur l’île grecque de Samos, en face de la Turquie. Jusqu’en 2016, des migrants arrivaient par dizaines de milliers ici, de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, tentant leur chance pour rejoindre l’Europe au péril de leur vie, depuis la côte turque. Depuis l’accord, ce « flux » s’est « arrêté net », reconnaît l’avocat. Mais « les gens continuent d’arriver. Et sont parqués dans le camp surpeuplé où ils se retrouvent prisonniers puisqu’ils ne peuvent quitter l’île ». Cette restriction, ajoute-t-il, « viole tous les droits : le droit grec, le droit européen, le droit international et surtout le droit de ces gens ». Du coup, le CGR a décidé de contester cette restriction géographique devant le Conseil d’État.

    Cette question est cruciale à Samos. Prévu pour 750 personnes, ce « hot spot » en a accueilli, dans des conditions très difficiles, jusqu’à 2 500. « Actuellement ils sont 1 950 », explique la directrice, Maria-Dimitra Nioutsikou, qui semble insensible à l’odeur pestilentielle qui flotte dans le camp. « Il arrive plus de migrants qu’il n’en part. On a fait une extension à l’extérieur du camp. On a ouvert une école maternelle, il y a des toilettes partout, énumère-t-elle. C’est ce qu’on peut faire de mieux. » Des migrants ne partagent pas cet avis. « Samos, c’est une prison ! » Des femmes syriennes, leurs papiers à la main, apostrophent la directrice : « Quand est-ce qu’on part ? »« Je ne sais pas, répond-elle presque agacée. Je n’ai aucune réponse à leur donner, que puis-je faire ? »

    Pour Konstantinos Psykakos, coordinateur de MSF, cette incertitude est à la base de tous les maux : « Voilà deux ans que, pour empêcher les migrants d’arriver dans le reste de l’Europe, on doit faire un tri selon différents critères. Ce processus est si lent que les personnes sont condamnées à une attente qui dure des mois, des années. » Seul moyen légal pour les migrants de rejoindre le continent, l’obtention d’un document certifiant « une vulnérabilité » : une maladie impossible à soigner sur l’île, une grossesse à risque, un grave problème psychiatrique… « Certains viennent à l’hôpital quatre fois, plus si nécessaire, pour des maladies réelles ou imaginaires, afin d’obtenir ce sésame, explique Anastasia Theodoridou, assistante sociale. Et quand on leur annonce une maladie grave, ils arborent un sourire car ils ont ce papier et savent qu’ils pourront enfin aller sur le continent. C’est terrible, mais je ferais probablement pareil à leur place. »

    Sur place, la situation se dégrade pour tout le monde. « Les habitants qui veulent aider et les autres ont en commun l’usure, la fatigue, poursuit Konstantinos Psykakos. Nous sommes en présence de personnes qui ne se comprennent pas, et on ignore à quel moment le mélange deviendra explosif. »

    Najeb, Syrien de 25 ans converti au christianisme, l’a compris et a déjà pris sa décision. Lui qui se dit « piégé de toute part » va rentrer en Turquie, malgré les risques dus à sa conversion. « Voilà un an et demi que j’attends ici. Ma demande d’asile a été rejetée deux fois. Dans le camp, j’ai été agressé parce que converti. Je l’ai dit à la police qui n’a rien fait. J’ai été au trou. La première fois où je vais en prison, c’est en Europe ! » Il ajoute : « On me dit que la Turquie est un pays sûr, alors que les Turcs eux-mêmes la fuient. Mais au moins, c’est plus grand qu’ici, je pourrai me débrouiller. » Ce qui le chagrine le plus ? Devoir laisser à Samos sa bible en arabe. « Je vais essayer d’éviter les problèmes, en tout cas de les limiter », lâche-il, philosophe.

    Thomas Jacobi 
    www.la-croix.com              
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  • Ci-dessous, le nouveau film du Collectif Solidarité France-Grèce d'Argenteuil-Bezon sur les camps kurdes de Lavrio en Grèce. Dans la continuité du reportage "Lavrio les camps de la honte" un médecin kurde de France s'est joint à une délégation du Collectif d'Argenteuil-Bezon en décembre pour faire une visite médicale des 300 réfugiés .

     

    Le lien avec la video "Lavrio-les camps de la honte": 

    http://lherminerouge.eklablog.com/lavrio-les-camps-de-la-honte-a132616816

     

     

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  • Le gouvernement antipopulaire SYRIZA-ANEL « a semé le vent et récoltera la tempête » (IC.fr-17/01/2018)

    En , cette branche du Parti de la Gauche Européenne dont Pierre Laurent le leader du PCF est un dirigeant principal continue de s’en prendre aux travailleurs. De la plus honteuse des façons, en s’en prenant notamment au . De fait, entre l’Union Européenne du Capital, l’euro des monopoles capitalistes et les travailleurs, leur choix est clair, c’est celui de l’euro et de l’UE. Face à un peuple grec qui s’est levé, debout contre l’euro austérité et le pillage du pays, qui en 2015 a voté NON par referendum de façon écrasante aux memorandum d’euro austérité, Tsipras avec le soutien de Pierre Laurent fait le choix de la fuite en avant dans le durcissement de la dictature du capital, appliquant avec zèles les ordres donnés à travers la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fond Monétaire Internationale pour faire les poches aux travailleurs grecs. Pour baisser les salaires, détruire les droits sociaux et supprimer les libertés. Dont oui le .

    Heureusement, les grecs peuvent compter sur un parti communiste fort et organisé, et sur un front syndical puissant avec le PAME. www.initiative-communiste.fr le site web franchement communiste du PRCF se devait de donner la parole à nos camarades grecs en ces heures graves


    Le soir du 15 janvier, le projet de loi qui prévoit de nouvelles mesures antipopulaires a été adopté en plénière au Parlement après un vote par appel nominal demandé par le KKE. Parmi ces mesures, il convient de mentionner l’attaque contre le droit de grève, l’extension des ventes aux enchères électroniques pour des dettes envers l’administration fiscale et les fonds de sécurité sociale, les réductions des prestations pour enfants et des prestations d’invalidité, etc. L’autre aspect du projet de loi est les privilèges et les nouvelles exonérations fiscales pour les groupes d’entreprises.

    Le Secrétaire général du Comité Central du KKE et les autres députés du parti ont révélé les véritables buts et objectifs anti-ouvriers que la nouvelle loi et la ligne politique du gouvernement dans son ensemble servent, et ont démontré l’accord substantiel de la ND avec un certain nombre de mesures antipopulaires. Les députés du KKE ont souligné qu’avec cette ligne politique le gouvernement SYRIZA-ANEL « sème le vent et récoltera la tempête ».

    Dimitris Koutsoumpas, le SG du CC du KKE, en prenant la parole, s’est adressé au Premier ministre A. Tsipras avec les mots suivants:

    « Vous vous leurrez si vous pensez que la classe ouvrière, le peuple vont accepter cette situation comme un fait accompli. Nous vous disons que nous n’abandonnerons pas sans combattre les droits acquis par la classe ouvrière de son sang: vous nous trouverez constamment sur votre chemin, quelle que soit la quantité de boue que vous jetez, quelle que soient les calomnies que vous utiliserez, indépendamment de l’autoritarisme que vous possédez, quel que soit le nombre de laquais que vous payez; et nous vous rappelons que rira bien qui rira le dernier ».

    En effet, ces derniers jours, des dizaines de milliers de travailleurs ont participé à la grève du 12 janvier dans tout le pays, ainsi qu’aux autres mobilisations organisées par les syndicats de classe la semaine précédente et le soir du 15 janvier pour dénoncer la ligne politique antipopulaire du gouvernement. Le Front militant de tous les Travailleurs (PAME) appelle les travailleurs à continuer sur la voie du combat, de la lutte collective, à utiliser toutes leurs forces pour améliorer le fonctionnement des syndicats, à changer de manière décisive la corrélation des forces au sein du mouvement ouvrier et syndical, pour mettre fin aux mesures et aux lois antipopulaires dans leur ensemble.

    Communiqué du KKE – Parti Communiste de Grèce

     

    https://www.flickr.com/photos/155109736@N06/sets/72157692293270485/with/24851219307/

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  • Samedi 16/12/2017-

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  • La petite île grecque de Tilos a monté un programme d’accueil et d’intégration pour dix familles syriennes.

    Tilos (Grèce)

    De notre correspondant

    Il est midi, c’est l’heure où Michalis, le seul boulanger de Tilos, vient livrer son pain au camp des réfugiés où vivent dix familles syriennes. C’est que Michalis, comme la majorité des 600 habitants de l’île, n’a pas la mémoire courte : « Ma grand-mère a perdu deux enfants, morts de faim, ici à Tilos. Mon grand-père est mort faute de soins quand ma mère avait 4 ans. Après, la famille a émigré à Rhodes. Mon père, lui, vient d’Asie Mineure. Il a fui la Turquie en 1922 lors de la guerre gréco-turque, laissant tout derrière lui. On a tous un bout de réfugié en nous. »

    Forcément, un tel passé forme le caractère. Et la première rencontre avec un Syrien a chamboulé la vie de Michalis. « Il était au bord des larmes, accroupi par terre sur le port. Je lui ai proposé de l’eau, il m’a répondu qu’il voulait téléphoner. J’ai refusé de lui prêter mon téléphone et je suis parti. Après je me suis dit : Michalis, t’es un con. Je suis retourné le voir et lui ai demandé : “Pourquoi c’est si important ce coup de fil ?” Il a fondu en larmes et m’a dit : “Je veux savoir si les miens sont en vie et leur dire que moi, je le suis.” Je suis resté sans voix. »

    Depuis, Michalis ne se fait pas prier pour aider. Il a embauché Koussein, la trentaine : « En saison j’ai toujours besoin d’aide. Je l’ai pris à l’essai. En une semaine il a appris ce que d’autres apprennent en un mois. Maintenant, c’est Koussein le Syrien qui fait le pain des Tiliotes. »

    Le camp de Tilos est un vrai lieu de vie, à la différence des camps de rétention sur d’autres îles. Les rires des enfants font écho aux cigales, alors qu’ailleurs les visages sont tristes et fermés. Tant que les frontières des Balkans étaient ouvertes, les migrants et réfugiés ne faisaient que passer à Tilos. Ils étaient en demande, le temps d’une halte, d’un toit, d’un plat chaud, d’une couverture et d’une douche, avant de reprendre la route vers le nord de l’Europe. Dix mille réfugiés ont ainsi transité par Tilos. Depuis la fermeture de la route des Balkans, la donne a changé. L’heure est à l’intégration, et c’est la maire de l’île, Maria Kamma, qui bat la mesure.

    Elle a monté un programme pilote d’intégration pour une dizaine de familles de réfugiés avec le soutien financier – 500 000 € – de l’UE, du Haut-Commissariat pour les réfugiés et de la fondation Open Society. Les familles, toutes syriennes avec enfants, sont prises en charge pendant six mois. Les enfants sont scolarisés et les adultes qui le souhaitent peuvent aussi suivre des séminaires d’apprentissage. Ensuite, à eux de se débrouiller.

    Maha Khaha, mère de cinq enfants, pense rester à Tilos : « Les enfants sont en sécurité, j’ai un travail et les gens sont gentils, ici c’est comme en Syrie. Pourquoi aller ailleurs ? » Maria Kamma sourit en l’écoutant : « Qu’ils restent chez nous ou qu’ils partent à l’étranger, ils ont besoin de normalité, de reconstruire leur vie. C‘est ce que nous essayons de leur offrir. » Plus qu’un accueil, c’est un véritable vivre-ensemble qui se met naturellement en place à Tilos.

    Au lieu d’être éloigné du centre comme à Lesbos ou caché comme à Samos, le camp est installé dans le village. « Ces réfugiés sont une chance pour nous, comme nous, nous sommes une chance pour eux. Treize emplois permanents ont été créés au camp, et des Tiliotes qui avaient quitté l’île à cause du chômage sont revenus avec leurs familles. À la rentrée des classes il y avait vingt enfants. Ce n’est pas rien pour une île qui a failli disparaître dans les années 1980 ! », explique Maria Kamma. Elle espère que ces réfugiés deviendront ses administrés et se bat avec toute son équipe pour leur fournir un numéro de sécurité sociale, un numéro fiscal et un travail.

    « Si chaque petite commune comme Tilos prenait en charge une dizaine de familles, on pourrait intégrer 65 000 personnes, plaide-t-elle, et il n’y aurait plus de crise migratoire en Grèce ! »

    Thomas Jacobi
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    Pacte UE-Turquie : renvoi de quatre Syriens déboutés de l’asile en Grèce (Nouvelles d'Arménie 26/11/2017)

    Quatre réfugiés Syriens déboutés de l’asile en Grèce ont été renvoyés mercredi en Turquie en application du pacte UE-Ankara, après une décision du conseil d’État grec débloquant les renvois forcés prévus par cet accord, a indiqué la police grecque.

    Les quatre Syriens avaient vu leurs demandes d’asile en Grèce rejetées en deuxième instance, a précisé la police dans un communiqué. Le premier renvoi de ce type avait été effectué le 8 novembre, a indiqué une source policière à l’AFP.

    “La décision du Conseil d’État a débloqué“ ces renvois, “nous allons les poursuivre“, a-t-elle ajouté. “Plusieurs centaines“ de réfugiés syriens sont visés par ces renvois dans l’immédiat, a-t-elle ajouté.

    Prévus par le pacte UE-Ankara de mars 2016 visant à couper la route migratoire en Égée, les renvois de demandeurs d’asile en Turquie étaient gelés en pratique depuis, après le recours de deux Syriens qui contestaient auprès du Conseil d’État grec que la Turquie soit pour eux un pays “sûr“.

    Le Conseil d’Etat les a déboutés en septembre, établissant une jurisprudence en faveur de la mise en oeuvre effective de ce volet de l’accord UE-Ankara, qui concerne les demandeurs d’asile notamment syriens arrivés sur les îles grecques après le 20 mars 2016.

    Les cinq Syriens renvoyés le 8 novembre et mercredi ont été transférés à Adana, au sud de la Turquie, par des vols spécialement affrétés par Frontex, l’agence européenne des frontières, au départ de l’île de Lesbos.

    “Après la décision du Conseil d’État, nous pouvons attendre une augmentation des rejets“ des demandes d’asile, a commenté pour l’AFP un porte-parole en Grèce du Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, Boris Cheshirkov.

    Sur quelque 8.000 Syriens arrivés cette année sur les îles grecques, 30% ont jusque-là vu leur demande à rester en Grèce rejetée, au motif que la Turquie est pour eux un pays “sûr“, la majorité étant elle jugée éligible à l’asile en Grèce ou au regroupement familial ailleurs dans l’UE, a-t-il indiqué.

    Fortement contesté par les humanitaires, qui dénoncent un défaut de protection des réfugiés en Turquie, le pacte conclu entre les États européens et Ankara a considérablement réduit le flux migratoire en Méditerranée orientale après le pic de 2015.

    Les arrivées sur les îles grecques en provenance des côtes turques sont toutefois reparties à la hausse cet été, avec notamment l’arrivée de réfugiés syriens et irakiens fuyant les zones reprises à l’organisation de l’État Islamique.

     

    dimanche 26 novembre 2017,
    Stéphane ©armenews.com
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  • Grèce: grève générale à Lesbos face au drame des réfugiés-par Angelique Kourounis (La Libre Belgique 20/11/2017)

    Cette fois-ci ce ne sont pas les "usual supsects" qui font gréve, les pro-migrants, les réfugiés eux-mêmes ou les ONG débordées, mais bien les policiers de l’île et les garde-côtes en sous effectifs et la mairie de Lesbos qui a lancé le mot d’ordre d'un mouvement très suivi : "Il n’est pas question que notre hospitalité devienne un cauchemar pour les réfugiés et les insulaires".

    Le ton est donné, et le très calme Spyros Galinos perd patience et refuse l’ouverture d’un troisième camps à Lesbos, "Il n’est pas possible que 0,3 % de la population grecque accueille 10 % des migrants présents dans le pays, sans compter ceux qui continuent d’arriver tous les jours. Ce rapport doit s’inverser". Les migrants ne cessent d’affluer sur l’île au rythme de presque 100 personnes par jour alors que déjà plus de 8500 réfugiés y sont piégés dans des conditions très dures. Le camp de Moria accueille 6500 personnes pour une capacité trois fois moindre dont beaucoup d’enfants en bas âge. La nuit dernière, des adolescents se sont révoltés et le climat est tendu : "Ces gens vivent dans des tentes d’été alors qu’il commence à faire froid et qu’il pleut depuis 5 jours. Ils s’endorment et se lèvent dans la boue, c’est intenable", lâche Panagiotis Hatzikiriakos, président de l’Union des agents touristiques de l’île, très remonté. "L’année dernière nous avons eu des morts et personne n’a voulu endosser la responsabilité. On a mis ça sur notre dos mais ce n’est pas à nous de rêgler ce probleme, c’est à Athénes et à l’Europe". Du coup cet homme affable, qui n’a jamais battu le pavé, a fermé boutique comme tous les autres commerçants de l’île et a manifesté avec des milliers d’autres sous la pluie au slogan de "Lesbos n’est pas et ne doit pas devenir une prison".

    Efi Latsoudi de l’organisation Mosaic était de la partie : "On est fatigués des promesses non tenues du gouvernement. Les réfugiés ne cessent d’affluer et la seule chose qu’on nous propose c’est d’ouvrir un troisième camps. Ce n’est pas la solution". Pour sa part, Spyros Galinos ne veut pas entendre parler d’un troisième camp ni même de l’envois de paquebots qui logeraient les migrants dans le ports. "Il n’en est pas question", tonne-t-il. "Nous bloquerons le port si nécéssaire".

    Preuve d’une situation qui dérape, plus d’une vingtaine de réfugiés ont entamé une grève de la faim depuis deux semaines. Pour l’instant, le gouvernement grec fait la sourde oreille alors que le ministre de l'Immigration est de plus en plus contesté. Récemment, le Comité Central du Syriza, le parti de la gauche au pouvoir, a demandé la démission de Yiannis Mouzalas à cause de sa gestion désastreuse dans la crise migratoire... sans succès. "C’est au Premier ministre de décider", a-t-il répondu sachant pertinemment, a souligné la presse grecque, qu’étant très apprécié par Berlin pour avoir accepté de réduire les relocalisations vers l’Allemagne à 70 par mois, le temps de la campagne électorale allemande, il bénéfice d’une certaine protection. D’ou la voie de garage qui lui est offerte, une place au Conseil de l‘Europe en tant que Commissaire européen aux droits de l’homme. Pour certains il s’agit là d’un véritable gag !

    Angélique Kourounis
     
    source: http://www.lalibre.be
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  • LAVRIO LES CAMPS DE LA HONTE Bonjour à tous  

    Notre film "Lavrio les camps de la honte" est sur Youtube

    Voici le lien : https://youtu.be/YVPLSSsJDi8 vous pouvez aussi taper "Lavrio les camps de la honte"

    Ce film de 30 mn présente les deux camps kurdes de Lavrio (Grèce) abandonnés par l'union européenne sous la pression de la Turquie qui considère que les kurdes sont des terroristes. Vous trouverez dans ce film des témoignages de familles kurdes de Turquie et de Syrie (qui ont combattu Daesh).

    Aujourd'hui les kurdes de Lavrio n'ont plus rien . L'union européenne qui a besoin de la chair à canon kurde considère que ceux-ci sont indésirables lorsqu'ils fuient la guerre.

    Nous repartons début décembre à Athènes pour acheter de la nourriture pour les 300 réfugiés. Ils ont besoin de votre solidarité.

    Si vous pensez que ce film est utile pour défendre la cause des kurdes faites le connaître. 

    Collectif soli france Grèce d' Argenteuil Bezon

     

    Le Film-Documentaire de Jacques LELEU et Jean-Marc Thérin

     

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  • Employée de la raffinerie d’Elefsina - photo helpe.gr 

    Depuis 2010 sont appliquées en Grèce des mesures ressemblant étrangement, sur de nombreux points, aux « lois Travail XXL » qui viennent d’être adoptées par ordonnances en France. Sept ans après les premières dispositions, le bilan est inquiétant.

    Le 25 mai 2017, tout le monde a entendu parler de l’attentat perpétré, en Grèce, contre Loukás Papadímos, l’ex-banquier reconverti en premier ministre qui, en novembre 2011, avait constitué un gouvernement mêlant les sociaux-démocrates du Pasok, le parti de droite Nouvelle démocratie et un parti d’extrême-droite appelé LAOS.

    Une autre explosion est passée sous silence : elle s’est produite dans l’entreprise Top Gas, à Elefsina à quelques kilomètres d’Athènes, et a grièvement blessé trois salariés. Elle est symbolique des conditions dans lesquelles vivent, au travail, des milliers de Grecs. Ironie de l’Histoire, c’est ce banquier qui a signé l’acte de décès du droit du travail grec.

    « Réformes » au nom de la « compétitivité »

    « Les cadres du droit du travail ont été détruits progressivement mais tout était déjà en germe dans le texte de 2010 », explique Ellie Varchalama, conseillère juridique à la GSEE, la confédération syndicale du secteur privé. La Grèce risque alors le défaut de paiement. Le gouvernement en place, dirigé par Giorgos Papandreou, signe avec l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international un accord de prêt, en échange de profondes réformes à appliquer dans le pays.

    Elles comportent des baisses des salaires et des retraites, des hausses fiscales, des coupes dans les dépenses publiques et sociales, des privatisations ou, encore, des réformes du marché du travail. Avec un prétexte : améliorer la compétitivité et la productivité hellènes. Mais l’économie plonge dans une récession incessante, à court de liquidités. Deux autres prêts et leur corollaire, deux mémorandums, viendront donc s’ajouter. Ironie du sort, c’est celui paraphé en 2012 par Loukas Papadimos qui va le plus loin dans les « réformes ».

    « Il est plus institutionnel que le précédent ; il sape les négociations collectives », analyse Savas Robolis, professeur à l’Université Panteion d’Athènes. Et pour cause, au programme : suppression des conventions collectives et primauté́ aux accords d’entreprise qui peuvent même être conclus avec des « associations de personnes » au détriment de la représentation syndicale, abolition des Prud’hommes, fin du financement des syndicats ou encore baisse du salaire minimum, qui passe de 751 euros pour tous à 586 euros bruts, et même 510 euros pour les moins de vingt-cinq ans.

    En juillet, Alexis Tsipras, le leader du parti de la gauche, Syriza, est contraint de signer à un troisième mémorandum. Le système de retraite par répartition devient par capitalisation, la pension minimale est fixée à 386 euros bruts (seuil de pauvreté). Même le droit de grève est menacé.


    Précarité et insécurité du travail

    Ces mesures ont beau contrevenir aux conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), à la charte sociale du Conseil de l’Europe, au traité de Lisbonne et à certaines directives européennes, elles ont été appliquées en Grèce. Leurs effets sont dramatiques. Sur le plan macroéconomique d’abord. Entre 2010 et 2016, le PIB s’est effondré de 27%. Le nombre de petites et moyennes entreprises a fondu, passant de 900.000 en 2009 à 450.000 aujourd’hui. Le chômage est le plus élevé de la zone euro ; à moins de 10% en 2009, il frappe aujourd’hui 21,7% des actifs, et même 44,4% des 15-24 ans.

    Sur le plan du travail ensuite, « flexibilisation et précarisation sont les conséquences de ces décisions », poursuit Savas Robolis. Un travailleur sur cinq n’est pas déclaré́ du tout et 200.000, au moins, travaillent à plein-temps, alors qu’ils sont déclarés à temps partiel auprès du ministère du Travail. 300.000 autres sont embauchés comme indépendants et ont donc les cotisations sociales à leur charge. Plus de 50% des nouvelles embauches se font à temps partiel.

    Mais les entreprises n’ont pas seulement taillé dans les dépenses sociales. Elles ont aussi coupé dans les dépenses pour l’hygiène et la sécurité. L’été 2017 en a été le triste révélateur ; les médias comme The Press Project ou Rizospastis ont égrené dans leurs pages les accidents du travail, une vingtaine au total. À Elefsina, un syndicaliste déplore : « Nous ne pouvons plus contrôler les entreprises comme Top Gas. Les portes sont fermées aux syndicats. Nous n’avons pas de moyen de pression... » Selon un rapport de l’inspection du travail, les accidents du travail, y compris mortels, sont passés de 5.721 déclarés en 2010 à 6.500 en 2016 malgré la hausse du chômage et la baisse de 30% de l’activité des entreprises.

    Du côté des syndicats grecs, un interlocuteur sourit à l’évocation des lois Macron : « Bienvenue dans la jungle grecque. Nous n’étions qu’un cobaye. » Sourire amer, averti. Et prévenant.

    Fabien PERRIER

    Sources : http://www.regards.fr/web/article/en-grece-les-lois-macron-avant-l-heure

    http://www.cadtm.org/En-Grece-les-lois-Macron-avant-l

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  • Emmy Koutsopoulou, médecin psychiatre, salariée de l’Organisme grec de lutte contre la drogue (OKANA), fait partie des militants et militantes qui agissent depuis des années pour défendre le service public de la psychiatrie, et plus largement pour combattre la crise sanitaire qui touche le peuple grec à cause des politiques antisociales renouvelées ; elle est aussi investie dans l’accueil aux réfugié-es qui traversent la Méditerranée pour fuir guerres, misère, persécutions, etc.

    Nous avons appris qu’elle avait été relevée de ses fonctions de médecin responsable d’une unité de l’hôpital Agios Savvas ; il est clair qu’il s’agit là d’une sanction disciplinaire relevant de la répression antisyndicale. En Grèce comme ailleurs, dans le secteur de la santé comme ailleurs, nous sommes solidaires de celles et ceux qui luttent et nous nous opposons à toutes formes de répression.

    Nous demandons qu’Emmy Koutsopoulou soit réintégrée dans ses fonctions.

     

    Pour signer en ligne, cliquer: 

     https://www.change.org

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