• Quarante ans de réflexions, quatre tomes auxquels s’ajoutera bientôt le cinquième. Les « Lumières communes » de Georges Gastaud proposent un cours de philosophie générale forcément imprégnée de marxisme.

    Georges Gastaud présente ses «Lumières communes» contre l’obscurantisme (Voix du nord 5/08/2017) Les quatre premiers tomes sont disponibles et le cinquième paraîtra bientôt.

    Il a enseigné la philosophie à des générations de lycéens, notamment à Cordorcet à Lens. Retraité depuis quelques années, Georges Gastaud s’était alors lancé dans la rédaction d’un «  traité de philosophie générale comme on n’en fait plus  ». L’ancien enseignant, militant communiste, propose à la lecture ses «  lumières communes, qui me semblent fort obscurcies à l’époque actuelle  ». Partant du constat que «  la philosophie rebondit sans arrêt entre des questions auxquelles on ne répond finalement jamais  », Georges Gastaud a décidé de tenter d’y apporter des réponses, justement.

    Et dans la réponse formulée par ce fervent communiste se trouve évidemment le nom de Karl Marx. «  Il est le fils de l’économie politique anglaise, du socialisme français et de la philosophie allemande. Pas étonnant donc qu’à mesure que le marxisme recule en France, les lumières reculent également. » L’ennemi de l’humanité étant à ses yeux le capitalisme qui «  a pris le dessus quand l’URSS est tombée et qu’on y a assimilé le marxisme. Mais le libéralisme ne pouvait pas être la solution. J’essaie de donner les outils pour penser la lutte des classes et la mener victorieusement car le capitalisme contemporain est incompatible avec la survie de l’humanité. » Le Lensois dénonce là la déshumanisation des rapports, le déclin de l’écologie, etc.«  On demande toujours plus aux salariés… et à la Terre. Mais les ressources ne sont pas inépuisables. »

    En rédigeant son œuvre, le Lensois se place en opposition «  aux gens qui ont le monopole de la représentation philosophique dans les médias  ». Il pense là à Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut ou Michel Onfray. «  Je propose un OVNI littéraire, reconnaît-il, car plus personne n’écrit des sommes comme celle-là. »

    Georges Gastaud touche à tous les domaines dans son œuvre, comme l’économie politique, les sciences… Des matières dans lesquels il n’est pas expert mais «  on ne peut pas passer sa vie à attendre que des experts de tous les domaines décident de se réunir pour y travailler, sinon on ne propose rien, on n’avance pas. » Le cinquième tome à paraître traitera de la morale, l’art et la politique. «  L’objet de cet ouvrage philosophique est de montrer qu’il est possible de reconstituer une vision du monde rationnelle, dans une période où la raison éclate en fragments… Je n’écris pas pour entrer au Panthéon mais pour être utile. »

    Audrey Halford

    Lumières communes (traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique). Éditions Delga. Prix 70 € (les quatre tomes).

    source: http://www.lavoixdunord.fr

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  • Georges Lukács (en hongrois György, en allemand Georg) (1885-1971) est un philosophe marxiste et sociologue de la littérature hongrois, d’expression allemande et hongroise. Il est considéré à maints égards comme le plus grand philosophe marxiste après Marx.

     

     

     

    Ajoutées le 11 juin 2017-Voir le site : http://www.librairie-tropiques.fr

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  • Le documentaire diffusé sur Public Senat ce mardi offre un témoignage unique sur la campagne présidentielle de la France Insoumise. Filmées en immersion totale, ces images « volées » et « sans filtre » permettent de trancher de nombreuses polémiques et conjectures. Une mine d’information dont les journalistes politiques seraient inspirés de se saisir.

    Le film de Gilles Perret n’est pas un documentaire à proprement parler. C’est avant tout une suite de plan et saynètes collectés au cours de la campagne présidentielle, de façon discrète, sans filtre ni voix off.   Que faut-il en retentir ?

    L’image de Jean-Luc Mélenchon

    Forcément centré sur Jean-Luc Mélenchon, les habitués de sa chaine YouTube ne vont rien apprendre de plus sur ce personnage, ce qui constitue une nouvelle en soi : Mélenchon est naturel. Pas de calcul, de rôle ou de « stratégie de communication », ses aspects râleurs et son souci de l’explication  sont bien réels. Comme ses émotions qui le traversent, et l’attention qu’il porte à ses collaborateurs.

    Pour ces détracteurs, le contraste avec le personnage médiatique des plateaux télévisés sera plus saisissant. Mais la subjectivité fera probablement davantage retenir ses complaintes contre les journalistes que ses sincères émotions. Sa joie face aux foules venues soutenir la campagne, son étonnement devant sa progression dans les sondages, son désespoir face à la défaite.

    Ainsi, Gilles Perret nous montre un personnage profondément humain, avec ses qualités et ses défauts. Les électeurs insoumis seront probablement touchés par les premières, et ses détracteurs galvanisés par les seconds. Telle est la nature humaine.

     Mélenchon " la campagne d'un insoumis"

    La vérité sur de nombreuses polémiques

    Bien sûr, les extraits de réunion et les confidences en off sont coupées au montage, laissant sur sa faim le politologue amateur que je suis. Malgré la discrétion, les équipes de Mélenchon savaient que la caméra tournait. Pourtant, il s’agit bien d’un échantillon réel de stratégie politique, très incomplet, mais néanmoins révélateur.  Il faudrait faire preuve de la plus profonde mauvaise foi pour ne pas prêter crédit aux images.

    D’un point de vue du journaliste politique, ce film apparait donc comme une mine d’information, un trésor de confidences. En particulier:

    1) La polémique sur l’alliance de la gauche

    Au fil des réunions stratégiques, on réalise que si l’équipe de campagne ne semblait pas intéressée par une alliance avec le PS, ses motivations semblent légitimes. Outre l’incompréhension qui règne face à l’attitude du PS, on réalise la crainte d’une fuite des électeurs en cas d’alliance.  Surtout, on comprend à quel point la lucidité des insoumis leur fait anticiper à l’avance le rôle que va jouer Benoit Hamon, celui d’un tampon entre Macron et Mélenchon.

    Lorsque les courbes de sondages se croisent définitivement, Mélenchon donne des consignes claires : aucune attaque contre Hamon. De façon prémonitoire, il explique à l’avance celles à venir de ce dernier, qui utilisera Poutine pour affaiblir l’insoumis. « C’est sa seule excuse pour ne pas me rejoindre ».

    Au journaliste de France Bleu venu l’interviewer, il détaille son analyse de la stratégie du PS. « Cambadélis vient de la confirmer dans une longue interview », le PS se prépare à gouverner avec Macron. Donc Benoit Hamon n’est là que pour contenir le candidat insoumis. Mélenchon s’étonne que cette révélation explicite du premier secrétaire du parti socialiste ne soit pas reprise par les analystes.

    2) Le vote utile Macron

    À travers l’analyse des courbes de sondage et la dynamique de campagne, Mélenchon nous livre une clé de l’élection qui torpille partiellement la fameuse théorie de l’union de la gauche.

    Lorsque Mélenchon rejoint Fillon et devient qualifiable au second tour, le vote utile Macron pour éviter un duel Fillon-Le Pen perd en essence. Ce qui va maintenir Macron à 23% est tout autre chose, ça sera le vote utile contre Mélenchon d’une partie de la gauche.

    À la lumière de la politique menée par le gouvernement actuel, on comprend à quel point les électeurs ont été trompés. Car si Macron fut dépeint comme un homme « de gauche et de droite » alors qu’il mène la politique la plus à droite de l’histoire du pays, le côté « dangereux » et « diviseur » de Mélenchon fut largement exagéré.

     3) Mélenchon diviseur ?

    À de nombreuses reprises, le documentaire nous permet de saisir la stature « d’homme d’État » de Mélenchon, et son souci de rassembler les Français.

    Les consignes de non-agression contre le PS en sont une. Si quelques mots durs avaient pu être prononcés, en particulier le terme de « corbillard », les attaques personnelles et les polémiques ne seront pas autorisées par Mélenchon, malgré des suggestions de la part de ses conseillers.

    De même, lorsque les marchés s’inquiètent (selon les Echos) de la percée de Mélenchon, celui-ci refuse de répondre sur ce thème, en dépit de la suggestion de Sophia Chikirou. « Surtout ne pas leur faire peur » explique-t-il.

    Enfin, le soir de l’élection, la consigne est claire. En cas de second tour, Mélenchon veut être le président de tous les Français, pas d’une classe contre une autre. Un langage que ne tiendra pas Emmanuel Macron lors de son duel contre Marine Le Pen.

    4) Mélenchon seul contre tous, hégémonique ?

    Enfin, le film montre à quel point la campagne s’effectue sur un budget ridicule, mais avec une efficacité et une organisation redoutable. Si Mélenchon tranche de nombreuses questions stratégiques, il est à l’écoute, demande sans cesse conseil.

    Le nombre de femmes qui l’entourent et l’attention qu’il porte à leurs avis contrastent avec le portrait de guru peint par les médias

     Le rôle des médias

    Le principal enseignement qui ressort de ce film est peut-être celui du rôle des médias. Tel un fil directeur, on comprend à quel point ces derniers on prit parti contre la France Insoumise (et pour Macron). D’abord en faisant porter le chapeau de la désunion de la gauche aux insoumis, et surtout pas au PS, en dépit des évidences sur le manque de sincérité, de cohérence et de vision de ce dernier.

    Ensuite, avec une constance surprenante, ils ont refusé d’analyser la stratégie mensongère du PS, que Mélenchon a le bon goût de détailler au journaliste de radio France en citant Cambadélis dans le texte. Les électeurs socialistes méritaient probablement mieux que cela.

    On comprend ensuite à quel point l’équipe de campagne redoute les passages sur le service public. A raison, c’est précisément Patrick Cohen (France 5 et France Inter) qui déclenchera la polémique sur l’Alba et la « fake news » qui va avec.

    De même, l’anticipation en off avec Elizabeth Martichoux sur le matraquage médiatique à venir et le rôle du « parti de l’argent » témoigne de la lucidité de Mélenchon.

    Sur la forme enfin, la critique de Sophia Chikirou face à l’organisation du premier débat, qui sera rapporté par les journalistes comme « une explosion de colère », transpire la pertinence. Alors qu’elle se plaint du désintérêt pour la démocratie, on entend la journaliste de TF1 commenter la hauteur des talons de Marine Le Pen.

    Conclusion

    À travers ces échantillons passionnants de stratégie politique, on découvre à quel point la presse française n’avait pas su ou voulu rendre compte d’un point de vue objectif des enjeux de la campagne, y compris dans sa dimension purement stratégique. Il est fort à parier que cet objet audiovisuel sera platement ignoré par nos commentateurs et experts,  pour la simple raison qu’il apporte la preuve de leur incompétence, ou duplicité.

    On attend le film avec impatience !

    Le documentaire ici : https://www.youtube.com/watch?v=nz_UrxPdpUw&t=1s

    L’interview de Gilles Perret par les Inrocks là: http://www.lesinrocks.com/2017/07/31/actualite/un-documentaire-revele-les-secrets-de-la-campagne-presidentielle-de-jean-luc-melenchon-11970849/

     

    source : https://blogs.mediapart.fr/lonesome-cowboy

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  • Baromètre de confiance envers l’exécutif et les principales personnalités politiques – Le 3ème mois de la présidence d’Emmanuel Macron

     

    Enquête réalisée en ligne du 25 au 27 juillet 2017. Échantillon de 1 000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation de l’interviewé(e).

     

    Tous les mois, l’institut Harris Interactive réalise en collaboration avec le site Délits d’Opinion un baromètre de confiance dans l’exécutif et les principales personnalités politiques. Cette nouvelle vague, la 62, est aussi la troisième réalisée sous la présidence d’Emmanuel Macron.

     

    Vers la fin de « l’Etat de bienveillance » ?

     

     

     

    Délits d’Opinion : Se dirige-t-on vers la fin de « l’Etat de grâce » d’Emmanuel Macron ?

     

    Jean-Daniel Lévy :  Alors que les mythiques « 100 jours » d’Emmanuel Macron ne sont pas encore révolus, le Président de la République connaît, en effet, un premier recul, et même un net recul, de sa côte de confiance (-8 points). Si une – courte – majorité de Français continue de soutenir le locataire de l’Elysée (51%), ce chiffre ne dépasse que de peu celui obtenu par François Hollande à la même période, en juillet 2012 (50%, alors en recul de 4 points depuis le début de son mandat). Notons que dans un contexte d’annonce de la réduction des APL et de réforme de la CSG, la confiance dans le Président de la République recule de 9 points auprès des moins de 35 ans, et de 16 points parmi les 50-64 ans par rapport au mois dernier.

     

     

    Délits d’Opinion : Emmanuel Macron est-il donc en train de décevoir ses propres électeurs ?

     

    Jean-Daniel Lévy :  Un peu plus de deux mois après son entrée à l’Elysée, plus de 9 électeurs d’Emmanuel Macron au 1er tour de l’élection présidentielle sur 10 maintiennent leur confiance au chef de l’Etat. Notons néanmoins que cette proportion recule de 5 points par rapport au mois dernier. Le doute quant à la capacité du Président de la République à mener une bonne politique pour la France est notamment restituée parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, déjà peu confiants avant cette dernière mesure (-9 points, de 38% à 29%). Le doute progresse plus encore parmi les Français ayant choisi Benoît Hamon ou François Fillon à la présidentielle (-16 points), deux électorats dont désormais seule une minorité des membres continue de faire confiance à Emmanuel Macron (respectivement 40% et 46%).

     

    Délits d’Opinion : Le gouvernement connaît-il un recul similaire de la confiance des Français ?

     

    Jean-Daniel Lévy : Oui, mais… Oui, les membres les mieux identifiés du gouvernement et exerçant déjà un rôle de responsabilité ou vigie politique avant la dernière élection présidentielle connaissent une érosion de la confiance accordée par les Français comparable à celle du Président de la République : -9 points pour Édouard Philippe (49%), -8 points pour Nicolas Hulot (59%), -5 points pour Jean-Yves Le Drian (54%) et pour Bruno Le Maire (40%). Mais les ministres issus de la société civile s’avèrent moins touchés par ce recul de la confiance (par exemple Laura Flessel : 53% de confiance, -2 points). Il faut préciser ici que cette moindre affectation apparente de ces « nouveaux » ministres tient en partie à l’accroissement progressive de leur notoriété : si la part des Français leur accordant leur confiance reste effectivement plutôt stable, le nombre de Français émettant ouvertement des critiques, au lieu de s’abstenir de tout jugement (attitude adoptée jusqu’alors), progresse nettement.

     

     

    Délits d’Opinion : L’opposition profite-t-elle de cette situation ?

     

    Jean-Daniel Lévy : Encore faut-il arriver à la qualifier. Si un responsable politique semble avoir – au moins provisoirement atteint cet objectif – c’est Jean-Luc Mélenchon. Il voit la confiance exprimée à son égard progresser de 4 points (32%) et est le parlementaire identifié le plus positivement. A titre de comparaison, Marine Le Pen (20%, – 1), malgré sa présence au 2 tour de la présidentielle, ne marque pas les esprits. Chez les sympathisants Les Républicains, on remarquera que c’est LE grand absent qui suscite le regard le plus positif : Nicolas Sarkozy (71%). Du côté des socialistes, trois femmes et un ancien Premier ministre génèrent un regard positif : Christiane Taubira, Anne Hidalgo, Martine Aubry et Bernard Cazeneuve, ce-dernier restant – quant à lui – la deuxième personnalité en laquelle les Français (3ème des proches du PS) accordent leur confiance. Benoît Hamon, enfin, bénéficie d’un regard bienveillant de 56% des sympathisants du PS quand bien même il a quitté cette formation politique.

    source: http://harris-interactive.fr

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  • A propos d’un hommage mérité de BHL à Annie Lacroix-Riz (IC.fr-24/07/2017)Disposant d’une tribune permanente dans Le Point, le magazine versaillais qui a battu tous les records de haine anti-Cgt au printemps dernier, le “philosophe” guerrier et milliardaire BHL vient de se livrer à une attaque violente contre le Monde diplo, coupable d’avoir ridiculisé ses obsessions anti- progressistes travesties en “défense des droits de l’homme” à la mode euro-atlantique. Certain que ses adversaires n’auront pas de droit de réponse dans l’hebdo favori du MEDEF,  l’homme qui a inspiré la catastrophique intervention de Sarkozy en Libye (combien de morts et d’exilés à la clé? ), BHL s’en prend bassement à plusieurs intellectuels parmi lesquels figure notre camarade,  l’éminente historienne Annie Lacroix-Riz.

    Disons tout net que la rage de BHL contre ALR est un hommage, celui du vice à la vertu. Car c’est un honneur que de mériter les foudres d’un histrion qui incarne à la fois la furie des impérialistes contre les peuples, l’acharnement obscurantiste contre le marxisme… et l’absence totale de travail conceptuel que dénonçait déjà Deleuze lorsque fut lancée, à grand renfort de plan média, la clique des “nouveaux philosophes”.

    En réalité, toute l’oeuvre d’Annie Lacroix Riz cingle au visage le dandy philosophique BHL: là où la première pratique la recherche sur sources et la méthodologie scientifique, le second procède par imprécations et fulminations. Là où ALR reste fidèle au combat révolutionnaire du passé et aux valeurs universalistes des Lumières, le mediacrate BHL nourrit toutes les croisades de l’impérialisme euro atlantique.

    ” Quand ton ennemi te félicite,  disait August Bebel, demande-toi quelle faute tu as commise”. Mais quand BHL te cloue au pilori dans le Point, dis-toi que tu es sur la bonne voie!

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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  • par Hervé KEMPF

    Retour sur une déclaration de M. Macron sur l’Afrique. Ou quand le sentiment de supériorité intellectuelle conduit à dire des bêtises.

    Au bout d’un moment, cela fait système : la morgue des bien nés, assurés de leurs privilèges et de leur supériorité intellectuelle, se transforme en bêtise, autre nom de l’ignorance.

    M. Macron, on se le rappelle, méprisait un chômeur qui l’interpellait, en lui disant que « la meilleure façon de se payer un costard est de travailler ». Récemment, celui qui se laisse appeler Jupiter, distinguait « ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien », ou refusait de se faire interviewer parce que, selon ses chargés de communication, sa « pensée complexe se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes ».

    Que la suffisance de M. Macron soit un trait majeur de sa personnalité, soit. Mais quand elle se traduit en politique, elle devient malsaine. Chez M. Macron, l’ignorance à l’égard des pays du sud se mêle au mépris. En mars dernier, il parlait de la Guyane comme d’une île, et, en juin, riait des kwassa-kwassa qui « pêchent peu, mais amènent du Comorien ».

    Le 10 juillet, à Hambourg, lors du G 20, le président de la République a évoqué les problèmes de l’Afrique : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » 

    Cette assertion à l’emporte-pièce est trompeuse.

    D’une part, le taux de fertilité en Afrique est de 4,5 enfants par femme [1].

    D’autre part, si la transition démographique se produit beaucoup plus lentement en Afrique que sur les autres continents, et que quelques pays, en Afrique de l’ouest et en Afrique centrale, ont une fertilité moyenne par femme pouvant atteindre sept ou huit enfants, les démographes s’accordent à penser que cette situation découle largement du manque d’éducation chez les filles. Le poids du passé joue aussi, comme pour les anciennes colonies françaises où, rappelle le démographe burkinabé Jean-François Kobiané, « la France avait imposé au sein de ses colonies la loi de 1920, qui interdit toute forme de contraception ».

    Or, où en est l’éducation dans bon nombre de pays africains ? Largement affaiblie depuis plusieurs décennies. Pourquoi ? Du fait des politiques imposées en Afrique à partir des années 1980 par la Banque mondiale, le FMI, et les grands pays occidentaux : ouverture des marchés et baisse des dépenses de l’Etat. Ce qui s’est traduit par la disparition de la gratuité de l’éducation et de la santé. C’est le résultat de l’application des politiques néo-libérales dont M. Macron est partisan.

    À l’inverse de ce qu’il prétend, il serait indispensable d’investir des milliards d’euros pour aider ces pays à renforcer leur système d’éducation, de santé et de planification familiale.

    Mais ce n’est pas le chemin pris. Fort de sa philosophie du Café du Commerce, M. Macron a encore abaissé le budget français de l’aide au développement. Et méprise à peu près l’Afrique alors que, du fait de son évolution démographique prévisible - elle pourrait peser 25 % de la population mondiale en 2050 -, elle devrait être au coeur de la politique étrangère de la France.


    [1World Population Prospects The 2017 Revision, United Nations, juin 2017, p. 4


    Lire aussi : La population mondiale pourrait atteindre le chiffre de 11 milliards d’humains en 2100

    Source : https://reporterre.net

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    Mireille Robert, députée LREM de la 3ème circonscription de l’Aude vient de se faire remarquer dans une vidéo. Elle raconte de façon très (très) surprenante ses premiers pas à l’Assemblée nationale.

    On avait découvert Anissa Kheder, rendue célèbre par ses prises de parole. On connaissait aussi Annaïg Le Meur, pour ses imprécisions notoires. On appréciait Fabienne Colboc et sa clarté dans les débats publics. Voilà Mireille Robert, députée La République en marche de la 3ème circonscription de l’Aude. Dans une vidéo repérée par Le Lab, elle raconte de façon très (très) surprenante ses premiers pas à l’Assemblée nationale.

    « Depuis que je suis députée et que je vais à l’Assemblée nationale, je suis allée à des cocktails et des cocktails et des cocktails, chez des ministres, des secrétaires d’État, dans de beaux endroits. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est qu’on nous sert essentiellement du vin et du champagne. Je regrette bien évidemment qu’on nous serve pas de la Blanquette (NDLR: de Limoux), mais j’apprécie qu’ils servent des produits français et de bonne qualité » raconte Mireille Robert. Des divagations (alcoolisées) qui font en tout cas le bonheur des réseaux sociaux.

    source: http://www.lopinion.fr

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  • Les gouvernements européens ont adopté le 4 juillet une définition commune des perturbateurs endocriniens. Cela a été possible par le changement de pied de la France : alors que Mme Royal avait bloqué ce texte aux garanties insuffisantes, M. Hulot a cédé. Les dispositions adoptées sont critiquées par les écologistes. La bataille se portera au Parlement européen.

    Une « véritable politique européenne sur les perturbateurs endocriniens », « un grand succès » : voici les mots choisis par le Commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, pour saluer l’adoption par les États européens d’une définition de ces substances reconnues dangereuses pour notre santé. Ce texte était présenté régulièrement depuis juin 2016 aux États européens, qui jusqu’à présent n’étaient pas assez nombreux à l’approuver pour qu’il soit adopté. Mardi 4 juillet à la mi-journée, le changement de position de la France — qui s’était opposée jusqu’ici — a tout fait basculer et a permis le vote d’un texte sur un dossier qui traîne depuis décembre 2013.

    « Une fois appliqué, ce texte assurera que toute substance active utilisée dans les pesticides et identifiée comme perturbatrice endocrinienne pour les personnes ou les animaux peut être évaluée et retirée du marché », a poursuivi Vytenis Andriukaitis dans le communiqué de la Commission.

    Vraiment ? Ce n’est pas l’avis des ONG environnementales qui suivent le dossier depuis longtemps – notamment Générations futures et une coalition de 70 ONG, EDC Free Europe. Elles jugent que cette définition présente deux défauts majeurs, qui risquent de limiter fortement le nombre de substances concernées :

    • Elles considèrent que le niveau de preuve demandé pour classer une substance comme perturbatrice endocrinienne est trop élevé : la majorité d’entre elles risquent d’échapper au classement ;
    • Elles contestent l’exemption accordée aux pesticides ayant pour mode d’action, justement, la perturbation endocrinienne. « C’est précisément cette disposition qui permettrait d’exclure le glyphosate de la liste des pesticides perturbateurs endocriniens », dit à Reporterre François Veillerette, porte-parole de Générations futures.

    « L’ensemble des ONG européennes qui suivent le dossier est donc très déçu de ce changement de position de la France », poursuit-il. Seuls le Danemark, la Suède et la République tchèque ont voté contre la proposition de la Commission.

    La France, elle, avait pourtant fortement pris position contre. En décembre dernier, l’ex-ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait jugé « inacceptable » la définition de la Commission. Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, au micro de Jean-Jacques Bourdin, avait indiqué fin juin qu’il ne « céderait rien sur ce sujet ».

    Il s’explique de ce revirement dans une interview à Libération mardi 4 juillet. « Jusqu’au bout, je n’étais pas du tout certain de voter le texte », assure-t-il. Pour le faire, « il y avait un certain nombre de conditions que j’ai obtenues, à l’exception d’une seule. »

    « Aujourd’hui, la France a fait le choix politique de ne pas s’opposer »

    Ces conditions sont détaillées dans un communiqué publié mardi 4 juillet à la mi-journée, qui se réjouit de « ce vote [qui] met fin à quatre années de retard pour l’interdiction de ces substances dangereuses. ». Parmi les concessions obtenues, la réévaluation de substances supplémentaires, une stratégie globale permettant de prendre en compte toutes les voies d’expositions aux perturbateurs endocriniens (jouets, cosmétiques et emballages alimentaires inclus), 50 millions d’euros pour la recherche sur le sujet, et enfin une évaluation rapide de l’impact de cette nouvelle définition des perturbateurs endocriniens (PE).

    Toujours dans Libération, Nicolas Hulot se félicite donc d’avoir fait "basculer dans le giron un certain nombre de substances qui, pour l’instant, en étaient tenues à l’écart". Il admet n’avoir "pas eu gain de cause sur la levée de l’exemption - que défendent notamment les Allemands - de certains produits qui ont été conçus pour être des PE."

    « Cela veut dire que l’on va évaluer quelques substances de plus, mettre un peu plus d’argent dans la recherche, et renforcer une stratégie européenne qui existe déjà, explique François Veillerette. C’est plutôt positif, mais en fait, ce n’est pas grand-chose. Rien n’a été gratté sur les deux points essentiels et problématiques de la définition. »

    Pourquoi le gouvernement français a-t-il lâché en échange de si peu ? « Je ne me l’explique pas, confie à Reporterre Corinne Lepage, pourtant soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. J’avais déjà trouvé les réponses de Nicolas Hulot à Jean-Jacques Bourdin assez évasives sur ce sujet-là. »

    « Depuis le début, la dynamique au niveau de l’État français est de ne pas faire obstacle à l’avancée européenne, observe François Veillerette. Ils veulent être dynamiques, européens, positifs. Nous n’avons pas arrêté de leur dire que, même si c’est désagréable de dire non à la Commission, il faut se battre. Mais aujourd’hui, la France a fait le choix politique de ne pas s’opposer. »

    Mais ce sont quelques mots glissés dans le communiqué français qui l’inquiètent le plus. Celui-ci met en avant des « mesures nationales » destinées à renforcer l’action sur les perturbateurs endocriniens en France. Il indique que « les ministres de la Transition écologique et solidaire, des Solidarités et de la Santé, et de l’Agriculture et de l’Alimentation, saisiront l’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire] pour mener une évaluation des risques des produits les plus utilisés contenant ces substances. »

    Une phrase à lire attentivement. François Veillerette relève tout d’abord que seuls les « produits les plus utilisés » sont concernés. Et surtout, ils seront soumis à une « évaluation des risques ». « Cela signifie que l’on peut tolérer un produit dangereux s’il est peu présent dans l’environnement. Mais cette méthode ne fonctionne pas pour les PE, car leur impact n’est pas lié à la quantité, mais au moment d’exposition - la grossesse par exemple -, à l’effet cocktail - la plupart du temps on est exposé à plusieurs PE en même temps et leur impact est décuplé -, sans compter qu’ils ont un effet transgénérationel. » En résumé, l’exposition à la moindre petite molécule de PE au mauvais moment peut avoir des conséquences à très long terme...

    « L’évaluation des risques, c’est exactement ce que veut l’industrie. Or, on avait obtenu avec le règlement européen de 2009 une possibilité d’interdire les PE sur la base de leur dangerosité : si un produit est dangereux pour la santé, on ne le met pas sur le marché. Remplacer le danger par le risque, c’est une capitulation idéologique majeure », regrette encore le porte-parole de Générations Futures.

    Mais tout n’est pas terminé pour autant. Le texte approuvé hier doit désormais passer devant le Parlement Européen. Les ONG l’appellent à refuser cette définition des PE.

    Marie ASTIER

    source: https://reporterre.net

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  • Danièle Obono :

    « Il faut toujours être dans le mouvement de masse »

    Entretien inédit reposté depuis le site de Ballast

     

    La députée nous a donné rendez-vous dans un café du XIXe arrondissement de Paris, non loin de La Chapelle. En chemin, nous croisons quantité d’affiches la montrant, riant, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon dans le cadre des dernières élections législatives. Ancienne bibliothécaire, la militante, taxée par le « cerveau » du sinistre Printemps républicain d’être l’un des symboles de « l’interpénétration étonnante entre l’islamisme et le gauchisme », n’en finit plus d’agiter les réseaux sociaux depuis son passage chez les Grandes Gueules de la radio RMC : là n’est pas l’objet de cet entretien. Nous tenions à revenir sur son parcours, théorique et pratique, sur le fil rouge de ses convictions et ses évolutions, de la Ligue communiste révolutionnaire à la France insoumise. Nous tenions à parler de la Guyane et de Lénine, du féminisme et du populisme de gauche, de laïcité et d’intersectionnalité. Bref, à parler, loin de Twitter, avec celle qui en appelle à la mémoire des Parisiennes de 1789 et du mouvement afro-américain. Et Danièle Obono, un verre de vin blanc devant elle, de transformer, tout à sa franche et chaleureuse « tchatche », cette interview en discussion à bâtons rompus. 

    Aimé Césaire parlait de la « colère créatrice ». Ça vous évoque quoi ?

    La colère et la rage du peuple. C’est très beau et inspirant. On peut transformer tout ce qu’on se prend dans la tête, l’humiliation, en une force. Une force de révolte et de construction. La lutte collective naît de la colère : c’est sain. Dans une époque où tout le monde se doit d’être propre sur soi, où il faut s’exprimer gentiment lorsqu’on n’est pas d’accord, une parole qui dérange, une fois organisée, peut bousculer l’ordre établi. Et ouvrir des brèches.

    C’est un sentiment qui vous met en mouvement, personnellement ?

    Ça dépend des moments. Je me souviens, à Gênes, en 2001, quand Carlo Giuliani s’est fait assassiner. On était là, on se faisait gazer ; j’ai ressenti une colère anarchique à l’endroit des forces de l’ordre, de l’État, de sa violence.

    Vous étiez déjà militante, alors. Votre « conscientisation » a-t-elle été progressive ou existe-t-il un point de bascule dans votre parcours ?

    C’est progressif. J’ai commencé à militer au lycée, comme beaucoup. La mobilisation de 1995, puis les mobilisations antifascistes contre le Front national. Tu rentres dans une dynamique ; c’est moins une rupture qu’un élan. C’était le temps des mouvements altermondialistes, des Teamsters and Turtles [l’union des routiers et des écologistes, ndlr] ; je regardais des vidéos de Seattle, c’était très inspirant. Tu plonges et tu te laisses porter. Le zapatisme était une référence, le sous-commandant Marcos… Mais je le percevais de manière plus lointaine, ça, de même que la problématique indigène.

    Vous vous êtes présentée récemment comme « bolcho-trotsko-marxiste » et « indigène » !

    « La lutte collective naît de la colère : c’est sain. » J’ai commencé à militer dans les milieux altermondialistes et j’ai rencontré, dans le même temps, des trotskystes. J’ai donc lu Lénine, Marx et Trotsky. C’est ce qui m’a formée politiquement et théoriquement. (un client du café félicite en passant la nouvelle députée ; elle le remercie) D’autres lectures viennent ensuite s’ajouter, enrichir, élargir. Je m’amuse à revendiquer ces « ismes » quand on nous dit qu’il n’existe plus d’idéologie.

    Pourquoi manque-t-il « anarchiste » ?

    Parce que « trotskyste ». (rires) Le léninisme a été ma porte d’entrée. Mais ce sont des alliés. Il faut que je les lise…

    La prise de parole publique vous est intuitive ?

    Une fois que tu as levé la main et qu’on te donne la parole, tu y vas ! Les cadres dans lesquels j’ai été formée m’ont donné confiance. L’effet de groupe joue aussi, sans doute. Mais je n’aime pas trop l’analyse psychologique et individuelle. Être souvent la seule Noire dans une organisation produit une position singulière — tant qu’à être là, autant dire ce qu’on a à dire.

    Vous avez reconnu avoir initialement eu des réticences avec l’appellation « France insoumise ». Comment les avez-vous dépassées ?

    La stratégie m’a convaincue. Je m’en fiche de l’étiquette, au final : ce qui importe, c’est ce qu’on va faire. Je voulais faire campagne, je ne voulais pas en rester aux commentaires. Je trouvais hallucinant qu’on se laisse embarquer dans les débats du Parti socialiste, ses primaires, qu’il en vienne à donner le la et qu’on perde l’initiative… Il fallait rompre avec ce parti de manière claire, définitive et sans ambiguïté. Et tirer les leçons de l’échec du Front de gauche — pour partie à cause de ce flou, justement. Les bases posées par Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche, avec « L’humain d’abord », me convenaient.

    Vous avez, plus jeune, milité à la LCR puis au NPA. Comment passe-t-on d’un courant ouvertement « révolutionnaire » au « réformisme » de la France insoumise ?

    Je me considérais comme une bolchevik sans parti. Je continue à croire à la nécessité d’une révolution, d’un changement radical de système. Je suis une révolutionnaire qui ne croit plus au noyau révolutionnaire qui va agréger les gens dans la foulée d’une grève générale. Ça ne se fera plus autour du noyau et du grand parti de la classe ouvrière. Mais il faut s’organiser. Le NPA est passé à côté du Front de gauche, en 2009. Dès 2005, au moment du Traité constitutionnel européen, je militais pour l’émergence d’une force de ce type, pour la traduction politique de ce « non », des débats. Le NPA changeait sur la forme mais l’appareil de la LCR demeurait le même. On voit rapidement les limites d’un mouvement, même « nouveau », qui se construit autour d’une seule force, qui conserve ses cadres, son appareil, ses manières de penser. Le NPA, en dissolvant la LCR, a perdu en qualité théorique mais n’a gagné qu’en surface : les nouveaux arrivants n’ont pas tardé à repartir… Quand Mélenchon et ses copains ont quitté le PS, de manière très offensive, puis se sont alliés avec le Parti communiste, il se passait quelque chose — mais le NPA continuait de penser qu’il avait la main (qu’il a eue, il est vrai, avec Olivier Besancenot de 2002 à 2009). « De toute façon, ce sont des réformistes », disaient ses militants avec arrogance. « De toute façon, il a été 30 ans au PS. Et puis le PC, ce n’est pas possible… » Ce sectarisme et cet aveuglement les ont fait rater le coche.

    Les travaux d’un des fondateurs, et philosophe, de la LCR, Daniel Bensaïd, vous nourrissaient ?

    Étrangement, non. Mais je viens, à la base, d’un autre courant trotskyste : le Socialist Workers Party, Tony Cliff, les Anglais… « Bensa » était la référence théorique de la LCR mais, à mon arrivée, il était déjà malade, en retrait.

    Du trotskysme à Mélenchon, un fil rouge se dégage de votre trajectoire militante : vous croyez à la nécessité de prendre le pouvoir et l’État. Pourquoi n’avoir pas opté pour les « oasis », l’exode, les zones de sécession auto-administrées ?

    « Personne n’échappe au pouvoir : on veut changer le monde, pas sa vie. »

    Je ne crois pas à l’escaping. On ne peut pas faire comme si « ça » n’existait pas. On peut faire son petit truc dans son coin mais ça ne restera jamais qu’une minorité. La masse des gens ne peut pas se le permettre. Personne n’échappe au pouvoir. Ça ne m’a jamais convaincue : on veut changer le monde, pas sa vie. Donc entrer en confrontation avec ce qui le structure, avec les lieux et les centres de pouvoir.

    Vieille affaire : le pouvoir s’empare de qui s’en empare. Vous êtes maintenant députée : comment vous prémunir de lui ?

    J’ai progressivement été sensibilisée à ces questions, en passant d’un groupuscule trotskyste, sinon pur, très théorique, au Front de gauche. À la démocratie interne, à la manière de nous organiser : nous sommes, nous aussi, imprégnés par ce que produit la société — on n’est pas un îlot de parfait socialisme. Il faut avoir cette exigence démocratique. Plus tu occupes des champs larges, plus tu vois que les choses sont plus complexes et contradictoires que la théorie. Tu ne peux plus édicter ou dire « c’est comme ça qu’il faut faire ». Tu dois t’adapter. Mais bon, il faut toujours être dans le mouvement, c’est-à-dire le mouvement de masse. Si tu as ta boussole — le marxisme —, tu peux avancer car tu as un contenu : ce n’est pas la forme qui compte. Il ne faut pas être rigide sur les formes si l’analyse est claire et tranchante. On doit faire l’Histoire dans des conditions qu’on n’a pas choisies.

    Entretien avec Danièle Obono, députée insoumise (Ballast-3/07/2017

     La France insoumise a bousculé le schéma classique de la gauche radicale en adoptant le « populisme de gauche ». Vous avez reconnu que vous n’avez jamais lu ses théoriciens, Chantal Mouffe ni Ernesto Laclau. De quelle manière appréhendez-vous cette mutation ?

    Le « dégagisme » ne m’a pas touchée par la théorie, en effet, mais par les expériences concrètes du Maghreb. Je n’ai pas lu non plus L’Ère du peuple de Mélenchon…

    Vous êtes trop honnête : méfiez-vous, en interview !

    « Si tu n’arrêtes pas de parler de la gauche à une personne qui entend PS, Hollande ou Valls, c’est un dialogue de sourds. »

    (rires) « Fédérer le peuple pour reconstruire la gauche » : ça m’avait parlé. La question de fond n’est pas ma personne, ni ce que je pense : je vous l’ai dit, je n’ai aucun problème à aligner les « ismes », mais pour les gens, la majorité des gens, ça ne veut rien dire. Et c’est de là qu’il faut partir. Si tu n’arrêtes pas de parler de « la gauche » à une personne qui entend « PS », « Hollande » ou « Valls », c’est un dialogue de sourds. Nous sommes donc parvenus à investir le terme « peuple » des mêmes idéaux. Le signifié est plus important que le signifiant. « Gauche », pour beaucoup, est devenu toxique. Du temps de la LCR ou des débats au sein des courants unitaires, on en parlait déjà énormément ! « Nous, la gauche, nous, la vraie gauche, nos idées, nos principes »… On réfléchit alors à partir de nous, à nos propres identifications, pas à partir de la réalité vécue. On faisait déjà le constat que les gens en avaient marre de la politique et qu’ils ne comprenaient plus rien mais on continuait à défendre le terme « gauche », quand bien même on savait qu’il avait été dévoyé — et je me battais, moi aussi, à cette époque, pour dire que, oui, nous étions « la vraie gauche ». Je n’ai aucun souci à me dire trotskyste avec les gens pour qui ça a du sens mais, pour plein de personnes, même militantes, 2005 et le TCE, c’est de l’Histoire !

    Alors 1917…

    (rires) Les habitants de ma circonscription n’ont aucune idée de ce que c’est ! Je préfère leur parler de « l’avenir en commun ». Là, tu peux créer une adhésion — puis approfondir et te mettre à sortir « néolibéralisme ».

    Quand vous dites à Regards que vous souhaitez, à l’Assemblée, porter une « alternative » plus que « l’opposition » : c’est du pinaillage de mots ?

    Non. Bien sûr, la France insoumise est la seule opposition crédible et cohérente à la politique de Macron. Mais, numériquement, on va se faire plier ! On le sait. S’opposer, c’est fait, ce n’est donc plus l’objectif. On ne veut pas seulement résister mais proposer. D’où la centralité du programme. De sa positivité. D’où nos livrets, très concrets, qui organisent déjà un avenir possible sans être utopiques. Mais vous allez me dire que c’est « réformiste ». (rires) Mais c’est fondamental !

    Entretien avec Danièle Obono, députée insoumise (Ballast-3/07/2017

    Si on vous dit « nous », à quoi renvoie ce pronom ?

     À un nous multiple. Celui de la France insoumise, aujourd’hui. Au nous des révolutionnaires. Au nous des Noir.e.s et des Arabes. Tout dépend de qui parle, à quel moment, en quelle situation. C’est une multiplicité en fonction d’espaces plus que d’épaisseurs qu’on empile. J’ai débattu au mois de mai au QG Décolonial : j’avais alors deux nous — celui des alliés de Mélenchon et celui des décoloniaux.

    Et le nous féministe ?

    Le nous afro-féministe, et féministe, aussi, oui. La non-mixité n’existe pas dans la culture trotskyste qui m’a formée, mais je la comprends et y participe désormais.

    On avait interviewé la réalisatrice afro-féministe Amandine Gay, justement. Elle nous disait qu’une femme noire politisée est rapidement mise dans des cases, assignée. Vous partagez cette observation ?

    « On me dit qu’il n’y a que la lutte des classes : merci, je suis marxiste, mais il existe aussi des différences au sein de la classe. »

    Je commence à le ressentir. Même si j’ai toujours été la camarade singulière : une femme noire dans des organisations majoritairement masculines et blanches. Quand j’avais rejoint la direction du NPA, un copain « racisé », comme on dit, m’avait dit que c’était la première fois qu’une Noire occupait un poste de ce genre dans une organisation politique française comme la nôtre. Mais ça traverse toute la gauche radicale : la CGT, les associations, le PC… Les maires arabes se comptent sur les doigts de la main alors que le PC était au pouvoir pendant des décennies, dans des milliers de communes populaires, y compris dans le 93 ! Je ne me suis pas sentie « assignée » mais j’ai senti qu’il me fallait politiser cette question, que je devais l’assumer. Pas compter les Noir.e.s et les Arabes mais réellement politiser ces enjeux. Pourquoi la gauche radicale — je ne parle pas des traîtres et des vendus du PS —, qui est censée être meilleure que tout le monde, reproduit ces rapports de pouvoir, ces privilèges ? Les militants noirs et arabes, au sein des organisations de gauche, finissent tous par se barrer : tu es un peu la dernière des Mohicans… Les copains des mouvements antiracistes te le disent : « On y est allé, on s’est cassé les dents : tu vas voir. »

    Vous aviez écrit, dans un article datant de 2015 : « je suis devenue Noire ». Le verbe « devenir » et une majuscule à l’adjectif « noire »… 

    Oui, « Noire » en tant qu’identité politique. Même si tu es une grande gueule, tu te fais sans cesse couper la parole, en tant que femme. Même si tu fais partie de la direction, tu ne dois pas prendre trop de place même si c’est bien que tu sois sur la photo… Je suis donc « nous » et « eux », en même temps ; le « eux » de ceux qui refusent de prendre en compte la problématique identitaire. Je ne viens pas de la tess [cité, en verlan, ndlr], du quartier, je ne suis pas une Renoie née en France (je suis arrivée au collège) : je « deviens Noire » quand on ne me renvoie qu’à ça alors que je suis multiple ou qu’on refuse, au contraire, de considérer que cette identité induit une autre expérience, une autre vision des choses. Qu’on me dit, par exemple, qu’il n’y a que la lutte des classes : merci, je suis marxiste, mais il existe aussi des différences au sein de la classe. Pourquoi les nier ? Je repense à la polémique autour de la pétition que j’avais signée, en 2012, pour soutenir le droit à la liberté d’expression, celui, pour le groupe de rap ZEP, de dire « Nique la France ». Des copains m’ont dit, il n’y a pas longtemps, que je devrais aller plus loin et dire que je défends le propos en tant que tel, pas seulement la possibilité de le dire. Mais, en réalité, ce n’est pas ma colère. J’ai grandi au Gabon, dans un monde ou presque toute la population est noire. Ma mère est de l’ethnie punu et mon père fang. C’est le schéma de pensée qui a construit mon enfance ; je viens du « tiers monde », je n’ai pas grandi ici, dans une société majoritairement blanche, où tes origines culturelles peuvent être niées. Mon rapport à la France est donc très différent. Je comprends qu’on puisse dire « Nique la France » mais mon regard est décentré. Je n’ai, sans doute pour cette raison, pas commencé à militer sur la question du racisme. J’ai beaucoup lu l’histoire des mouvements afro-américains et je considère cette grande histoire de la diaspora comme très inspirante, mais je dois bien admettre que ce n’est pas la mienne. Je m’identifie sans m’identifier totalement.

    Entretien avec Danièle Obono, députée insoumise (Ballast-3/07/2017

     Et quid de Karl Marx avec un béret des Black Panthers ?

    (rires) Ou Rosa Luxemburg et Claudia Jones. Les communistes caribéens, aussi.

    Quand les Grandes Gueules de RMC vous ont exhortée à lancer « Vive la France ! », vous avez tiqué.

    « C’est une injonction. Avec tout ce qu’elle a de paternaliste, de condescendante et de néocoloniale, voire de raciste. »

    C’est une injonction. Avec tout ce qu’elle a de paternaliste, de condescendante et de néocoloniale, voire de raciste. Ils me renvoient au Gabon et à l’école de la République : d’une part, elle n’est pas la seule à m’avoir éduquée ; d’autre part, c’est un droit ! Je ne me sens pas redevable. J’ai tout de suite compris la place à laquelle ils voulaient m’assigner, pour le coup. Je devais montrer patte blanche. Mais je n’ai saisi qu’ensuite, après les appels de soutien de Jean-Luc Mélenchon, de Sophia Chikirou ou d’Alexis Corbière, que ça prenait de l’ampleur. Je sais les désaccords d’appréciations qu’il peut exister entre nous sur ces sujets ; ça m’a touchée d’autant plus. Tu n’es pas seule : c’est ce que je retire de cette histoire. Mais les réactions de haine ne m’ont pas touchée plus que ça — je connaissais le fonctionnement de la fachosphère et de Twitter. Il va falloir qu’ils s’habituent ! Tous les médias appellent ensuite, mais je ne voulais pas en rajouter : on doit répondre sur un autre plan, avec nos termes.

    D’où votre texte « Ma France insoumise » sur Mediapart.

    Voilà.

    Mais, quand même : sur les questions de laïcité, vous devez vous sentir isolée, au sein des courants Parti de gauche / France insoumise, non ? 

    Cette question traverse toute la gauche. Au NPA, c’était agité, aussi, très dur ! Le voile, l’islamophobie… Je relativise sans doute les différences qui existent entre nous, du coup.

    Mélenchon refuse d’employer le mot « islamophobie », justement, estimant qu’il doit être possible de critiquer l’islam autant que le catholicisme. Vous en avez parlé ensemble ?

    Non. Mais lorsqu’on a écrit le livret sur le racisme et les discriminations, pour la France Insoumise, je n’ai pas employé ce terme. Car je sais qu’il n’est pas partagé. Mais on est extrêmement clairs sur la lutte contre la stigmatisation des musulmans — ce qui revient donc exactement au même. J’emploie ce mot car c’est celui que les premières victimes utilisent, mais, une fois encore, ce n’est pas l’étiquette qui compte.

    Ce n’est pas une concession de votre part ?

    Non. Car on est d’accord sur les bases de la lutte commune. On est tous laïcs, avec des nuances (je préfère Jean Baubérot à Henri Peña-Ruiz), et on arrive tous au même constat, Mélenchon le premier : il est impossible de transformer la laïcité contre les musulmans. Jean-Luc l’a très bien exprimé face à Marine Le Pen, en dénonçant l’instrumentalisation raciste de « sa » laïcité. Ça me va. On ne va pas solder toutes nos divergences dans un même programme écrit : il s’agit d’abord de faire mouvement.

    Entretien avec Danièle Obono, députée insoumise (Ballast-3/07/2017

    Vous êtes hostile à la loi de 2004, interdisant — notamment mais principalement — le foulard à l’école ; Mélenchon et ses proches la défendent. Si Jean-Jacques Bourdin vous colle, demain, un micro sous le nez pour vous demander ce que la députée France insoumise pense de cette loi, vous vous en tirez comment ?

    (elle sourit et marque un silence) Je ne sais pas. Je dirai que ce n’est pas la position du programme « L’avenir en commun ». C’est vrai que ça me met en porte-à-faux…

    Bon courage. 

    (rires) Je vais éviter d’aller chez Bourdin. (rires)

    Quand l’essayiste Stella Magliani-Belkacem, éditrice à La Fabrique, vous accuse de saborder, à terme, le camp antiraciste et la gauche en acceptant ces compromis, ça vous fait réagir ?

    « Je ne parle pas au nom de : je suis une militante antiraciste qui accepte de se battre avec des gens avec lesquels je suis en désaccord. »

    Elle a une position totalement abstraite et dogmatique sur la France insoumise. Comment peut-elle dire que la FI est « une coquille vide » ? On peut la critiquer, évidemment, mais une partie de son argumentaire repose sur de la mauvaise foi et de l’aveuglement. Je n’ai jamais prétendu être la porte-parole du mouvement décolonial ; je ne parle pas « au nom de ». Je suis une militante antiraciste qui accepte de se battre avec des gens avec lesquels je suis en désaccord. Et je trouve très bien qu’il existe, dans les espaces antiracistes et féministes, des organisations autonomes ! On doit débattre de nos désaccords, chercher à dépasser la seule confrontation. Je n’ai pas de vision totalisante : le parti ne résout pas tout. La FI ne règle pas l’avenir ni ne solde le passé. La FI ne va pas se présenter comme « afro-féministe », mais ce n’est pas contradictoire. Elle n’a pas d’unité théorique sur chaque sujet — et tant mieux !

    Mélenchon, par sa position et son aura, ne capture-t-il pas, malgré tout et peut-être malgré lui, la diversité analytique de la France insoumise ?

    La sphère médiatique, telle qu’elle s’organise, concentre toute son attention sur l’excellent porte-parole qu’il est. C’est l’Histoire par en haut et celle des grands hommes, oui. Et c’est, du coup, réducteur pour le mouvement.

    Un des axes de votre mouvement est « l’économie de la mer ». Ce qui implique de posséder un grand espace maritime — donc, pour l’Hexagone, de garder la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion ou la Nouvelle-Calédonie. Donc, en clair ou en creux, de s’opposer à l’indépendance des ces territoires…

    C’est une question très intéressante. La France est la deuxième puissance maritime mondiale car, en effet, elle possède des restes de son empire. On a produit un livret sur l’Outre-mer, que je trouve très abouti. À la LCR, on était favorables à l’indépendance immédiate, de manière très théorique ; nous, on s’interroge sur la façon de développer de manière endogène ces sociétés. Aujourd’hui, la France, c’est ça. Il faut donc réfléchir à partir de cette situation. On est pour régler la question calédonienne par un référendum sur l’indépendance, déjà, mais, ailleurs, il n’existe aucun mouvement indépendantiste de masse. Prenez le dernier mouvement en Guyane : on a pris une position très claire de soutien. Jean-Luc a appuyé les Guyanais en lutte de manière inconditionnelle. Ils ne veulent pas l’indépendance mais le respect des droits et l’égalité en tant que Français. On peut dire, ici, qu’on est pour l’indépendance, mais qui es-tu pour juger de ça à la place des Guyanais ? Imaginons que Besancenot soit président : il ne pourra pas décréter l’indépendance de la Martinique tout seul.

    Entretien avec Danièle Obono, députée insoumise (Ballast-3/07/2017)

    Valeurs actuelles a titré que vous étiez une « proche des Indigènes de la République » — parti dont l’un des cadres qualifiait récemment Mélenchon de « jean-foutre » laïcard qui propage ses « délires sur la colonisation ». Qu’en est-il réellement ?

    Je respecte et je reconnais la diversité du mouvement antiraciste. Je ne suis pas au PIR : je n’en ai ni honte, ni fierté. Je les considère comme des camarades car je les ai rencontrés au sein de ce mouvement. On a des combats communs même si on n’est pas d’accord et qu’on a plein de débats. Je ne partage pas leur vision stratégique, que je trouve limitée, mais il faut qu’il existe des militants concentrés sur une seule cause particulière. Je sais bien que le PIR est un épouvantail. Je connais Houria Bouteldja et on se respecte malgré nos divergences. Ça peut poser problème, autour de moi, mais je ne vais pas me renier.

    Vous vous revendiquez clairement de l’intersectionnalité, que le PIR dénonce comme une « divinité à trois têtes ». 

    « On ne va pas dire à ceux qui subissent le racisme de quelle bonne manière ils doivent réagir : les opprimé.e.s s’auto-définissent. »

    Ça fait justement partie des désaccords qu’on a depuis longtemps. Au même titre que la vision de Bouteldja sur les mariages mixtes. Mais ce sont des débats qu’on découvre, ici, en retard : ils existent depuis bien longtemps aux États-Unis ! Il y a une grande méconnaissance sur ces sujets. Avec qui s’allier ? Il faut des moments sans « les autres », pour apprendre, se réapprendre ; il faut des va-et-vient, une dynamique. Le mouvement antiraciste français est très divers : quel est le problème ? On peut avoir des désaccords très durs, mais ça existe. Se focaliser, avec tant de passion, sur le PIR, c’est parfois un moyen de ne pas vouloir voir derrière eux, au-delà, ce qu’ils portent et représentent. Pour tout vous dire, je n’ai pas même pas lu le livre de Bouteldja. Mais je trouve fou qu’il faille ne plus rien signer dès le moment où le PIR signe ! On signe bien des textes avec des gens du PS, parti qui a défendu les politiques qu’on sait ! On peut décider de rayer, dans nos têtes, Bouteldja du camp de l’émancipation : il n’empêche qu’elle en est, sur le terrain. Elle n’est pas fasciste, me semble-t-il ; elle n’est pas, à l’heure qu’il est, passée à l’ennemi. Des camarades me disent le contraire. Est-ce que ça fait de moi la cinquième colonne du mouvement social ? On peut débattre à l’infini mais qui se fait cracher dessus ? qui s’est fait violer ? On ne va pas dire à ceux qui subissent le racisme de quelle « bonne » manière ils doivent réagir. Les opprimé.e.s s’auto-définissent. Et voilà. On peut parler mais qui fait campagne pour les chibanis [vieux migrants, ndlr] ? On peut s’étonner de l’existence du PIR, mais vous avez fait quoi, dans les luttes, auparavant, pour combler ce « vide » ? On peut refuser d’aller à une manif’ où marche le PIR mais quelle autre mobilisation avez-vous organisée ? Faisons le taf, et on aura la légitimité de critiquer comme on veut les Indigènes de la République.

    Sinon, pour conclure, Madame la députée, il paraît que vous kiffez Beyoncé ?

    (elle éclate de rire) Je kiffe et je critique ! Elle est pleine de contradictions. Mais l’image d’elle, sur MTV Music Awards, avec « Feminist » écrit en grand, c’est celle que j’ai en fond d’écran de mon téléphone ! (rires) Mais, oui, c’est une capitaliste. Comme toutes les stars.


    Toutes les photographies sont de Stéphane Burlot, pour Ballast.


    source:  https://www.revue-ballast.fr/daniele-obono/

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  • Ajoutée le 23 sept. 2014: youtube.com

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