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    En juin dernier, le jeune homme qui a perdu sa main à Redon lors d'une free party déposait plainte pour violences volontaires et non-assistance à personne en danger. Dans une enquête publiée aujourd'hui, Amnesty International dénonce "le non-respect des droits humains". D'après plusieurs témoins, les secours n'ont pas pu accéder au site. Ils racontent ce qu'il s'est passé…

    Main arrachée lors de la free party à Redon : des témoins racontent

     

    Info Brut : le jeune homme qui a perdu sa main le 19 juin à Redon lors d'une free party a déposé plainte pour violences volontaires et non assistance à personne en danger. D'après plusieurs témoins, les secours n'ont pas pu accéder au site. Ils racontent ce qu'il s'est passé…

    Dès minuit, le début d’une soirée extrêmement tendue

    Ce sont en tout 7 heures durant lesquelles les forces de l’ordre et les personnes participant à la free party. Une soirée durant laquelle plusieurs personnes sont grièvement blessées, dont un jeune homme qui va perdre sa main. C’est une des grenades utilisées par les gendarmes qui est à l’origine du drame.

    Face à l’urgence, les pompiers tardent à intervenir

    Après plusieurs appels adressés aux secours, ces derniers n’arrivent jamais au site de la free party. Au moment d’alerter les gendarmes, le journaliste indépendant Clément Lanot reçoit sur le bras, un tir de LBD. Plus tard, les pompiers ne pouvant se rendre sur les lieux, c’est aux participants eux-mêmes qu’est remise la charge d’évacuer le blessé. Ces derniers l'emmeneront finalement vers l'hôpital le plus proche.

    Sollicitée par Brut, la préfecture d'Ille et Vilaine n’a pas souhaité faire de commentaires.

    20/07/2021 08:00
     
     
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  • Bretagne. Après le décès d’une salariée, des syndicalistes alertent sur le climat social à Lidl  (OF.fr-11/09/21-19h06)Le magasin Lidl est situé dans la zone d’activité de Lanjouan à Lamballe. 

    Des syndicats de l’enseigne Lidl, dont le siège régional est situé à Ploumagoar, près de Guingamp (Côtes-d’Armor), ont souhaité s’exprimer et dénoncer « la politique managériale » de l’enseigne après le suicide d’une de leur collègue, en début de semaine, à Lamballe.

    Une femme de 49 ans, travaillant au magasin Lidl de Lamballe (Côtes-d’Armor), a mis fin à ses jours en début de semaine. Ce drame a créé une vive émotion au sein des syndicats de l’entreprise (CGT et CFE-CGC).

    Ils se disent « tristes » et expliquent : « Nous avons toujours redouté que quelque chose de grave n’arrive. Nous espérions ne pas voir un acte désespéré à cause de la pression managériale. C’est malheureusement arrivé à Lamballe, notre collègue et amie Catherine est décédée, regrettent les syndicalistes, émus. On pense à elle, à sa famille. La justice est saisie. »

    Ils poursuivent : « Cela fait un an qu’il y a une enquête diligentée pour des problèmes de harcèlement moral sur des salarié(e)s, sur les activités syndicales, martèlent les représentants. Il y a eu plusieurs signalements, plusieurs courriers, on doit être aujourd’hui sur une quarantaine de plaintes en Bretagne ».

    « Que fait la direction nationale ? »

    En juillet 2020, une première alerte avait été lancée par la CGT sur les pratiques patronales à la direction régionale. En octobre 2020, des salariés du Lidl de Lamballe avaient fait grève pour dénoncer les méthodes de management.

    En février 2021, les gendarmes avaient perquisitionné dans les locaux de la direction régionale, à Ploumagoar,(Côtes-d’Armor). L’équipe encadrante avait été placée en garde à vue pour motif « de discrimination syndicale ». Un juge d’instruction a été saisi.

    Au fil des mois, les plaintes se sont accumulées. « De nombreux salariés ont été interrogés par les gendarmes ». Les syndicats dénoncent donc la méthode managériale de Lidl en lien avec l’enquête pénale ouverte par le parquet de Saint-Brieuc. Les syndicats s’interrogent : « Que fait la direction nationale ? Quel avenir pour les salariés ? »

    Contacté, Lidl France n’était pas en mesure de répondre à notre sollicitation ce samedi.

     

    Sonia TREMBLAIS
     
     
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  • Le documentaire va être projeté au Club 6 à Saint-Brieuc.Le documentaire va être projeté au Club 6 à Saint-Brieuc. 

    Le documentaire Aube dorée, l’affaire de tous, va être projeté mercredi 8 septembre à 20 h, au Club 6 à Saint-Brieuc. La réalisatrice, Angélique Kourounis, sera présente.

    Le cinéma Club 6 à Saint-Brieuc va projeter le documentaire Aube dorée, l’affaire de tous, ce mercredi 8 septembre à 20 h. La réalisatrice, Angélique Kourounis, et le coauteur Thomas Iacob seront là pour un débat organisé par l’association Bretagne Grèce solidarité santé (BGSS). Le film avait été présenté au festival du film de Douarnenez.

    Pratique

    Mercredi 8 septembre, à 20 h au Club 6.

     

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • UN FILM A VOIR ABSOLUMENT !

     

    Aube dorée-affaire de tous: le parrainage et le soutien de 13 organisations du Finistère

    5 projections-débats sont proposées en Finistère par l’Association Bretagne-Grèce-Solidarité-Santé et ses partenaires finistériens:

    ⧫ Union syndicale Solidaires-29, Visa-29,

    ⧫ Parti Communiste Français (29), Ensemble!-29, La France Insoumise, Union Communiste Libertaire (Brest), Pôle de Renaissance Communiste en France (29),

    ⧫Termaji, Mouvement de la Paix, Ligue des Droits de l’Homme, Libre Pensée-29, Attac.

     

    Le film: "Aube dorée, l’affaire de tous: Quelle résistance ? "

    Un procès historique s'est tenu pendant presque six ans en Grèce : le procès d'un parti politique néo-nazi, Aube Dorée, légalement élu au Parlement grec, où il est resté sept ans la troisième force politique du pays malgré ses meurtres, ses pogroms, ses agressions.

    Ce film est l'histoire de ce procès et surtout celui du combat d'une mère, Magda Fyssa, dont le fils Pavlos a été assassiné par un cadre du parti qui a avoué et qui a été condamné.

    Pendant toute la durée de ce procès, Magda a fait face aux assassins de son fils. Elle a livré bataille pour que l'ensemble du groupe parlementaire Aube Dorée soit condamné en tant qu'organisation criminelle.

    Mais Aube Dorée, c'est l'affaire de tous, et la question qui est au cœur de ce documentaire, c'est comment s’opposer à la montée de l’idéologie nazie qui gagne du terrain partout en Europe, au fascisme devenu presque banal et à l’extrême droite dont l’idéologie est présente dans pratiquement tous les Parlements Européens.

    Après sa présentation au Festival du Film de Douarnenez, le film «Aube Dorée, l'affaire de tous– Quelle résistance ? » fait l'objet d'une tournée en septembre dans 14 localités de Bretagne, dont 5 en Finistère en présence de la réalisatrice, Angélique Kourounis et de son fidèle complice, Thomas Iacobi qui animeront les débats.

    > Brasparts : Dimanche 5 septembre, au lieu-dit Tromac'h 29190, 17h (projection organisée par le Collectif des Monts d’Arrée).

    > Brest : Vendredi 10 septembre, au Patronage Laïque Guérin, 29200, 20h (projection organisée par l’association Termaji)

    > Plourin-les-Morlaix : Samedi 11 septembre, à Ti An Oll, 29600, 16h.

    > Quimper : Mardi 14 septembre, MJC de Kerfeunteun, 29000, 20h.

    > Trégunc : Lundi 20 septembre, Le Sterenn-MJC, 29910, 20h.

     

    Brest-le 4/09/21

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  • Angélique Kourounis et Thomas Lacobi, en 2017, lors de la présentation du film « Aube Dorée ».Angélique Kourounis et Thomas Lacobi, en 2017, lors de la présentation du film « Aube Dorée ». 

    Angélique Kourounis et Thomas Iacobi font une tournée en Bretagne après avoir présenté leur film Aube Dorée, l’affaire de tous, au Festival de Douarnenez. Ils s’arrêtent à Lannion lundi 6 septembre 2021.

    La réalisatrice, Angélique Kourounis et le journaliste, Thomas Iacobi, seront lundi 6 septembre 2021, au cinéma Les Baladins, à Lannion (Côtes-d’Armor) pour échanger sur leur film Aube Dorée, l’affaire de tous – Quelle résistance ?. Après sa présentation au Festival du film de Douarnenez, le film fait l’objet d’une tournée en août-septembre dans treize villes de Bretagne.

    Combattre l’idéologie nazie

    Ce documentaire raconte le procès historique qui s’est tenu pendant presque six ans en Grèce, celui d’Aube Dorée, parti politique néo-nazi. Il a été légalement élu au Parlement grec, où il est resté sept ans la troisième force politique du pays, malgré ses meurtres, ses pogroms, ses agressions. Les spectateurs vivent le combat juridique à travers les yeux d’une mère, Magda Fyssa, dont le fils, Pavlos, a été assassiné par un cadre du parti qui a avoué et a été condamné.

    Mais Aube Dorée, c’est l’affaire de tous, rappelle le titre du film dont le questionnement central est comment s’opposer à la montée de l’idéologie nazie qui gagne du terrain partout en Europe, au fascisme devenu presque banal et à l’extrême droite, dont l’idéologie est présente dans pratiquement tous les parlements européens ?

    Lundi 6 septembre, à 20 h, au cinéma Les Baladins de Lannion.

     

    source: https://www.ouest-france.fr/

     

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  • À l’Iris cinéma, la projection du documentaire « Aube dorée, l’affaire de tous. Quelle résistance ? », sera suivie d’une rencontre avec sa réalisatrice, Angélique Kourounis et son coauteur Thomas Iaco À l’Iris cinéma, la projection du documentaire « Aube dorée, l’affaire de tous. Quelle résistance ? », sera suivie d’une rencontre avec sa réalisatrice, Angélique Kourounis et son coauteur Thomas Iacobi. 

     Vendredi 3 septembre, à 20 h 30, l’Iris cinéma de Questembert propose la projection du documentaire « Aube Dorée, l’affaire de tous : quelle résistance ? ». À l’issue, un débat sera proposé par l’association Bretagne Grèce Solidarité Santé, en présence de la réalisatrice Angélique Kourounis et de son coauteur Thomas Iacobi.

     

    Le documentaire porte sur un procès historique qui s’est tenu pendant presque six ans en Grèce, celui du parti politique néonazi Aube Dorée, légalement élu au parlement grec. Pendant sept ans, le parti est resté la troisième force politique du pays malgré ses meurtres, ses pogroms, ses agressions. Ce film retrace l’histoire de ce procès et surtout celui du combat d’une mère, Magda Fyssa, dont le fils Pavlos a été assassiné par un cadre du parti qui a avoué et a été condamné.

    Pratique

    À l’Iris cinéma de Questembert, vendredi 3 septembre, à 20 h 30, aux tarifs habituels.

     

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • Aube dorée, l'affaire de tous-le nouveau film  d'Angélique Kourounis à voir absolumment  !

    Synopsis

    Un procès historique s'est tenu pendant presque six ans en Grèce. Le procès d'un parti politique néo-nazi légalement élu au Parlement grec, où il est resté sept ans la troisième force politique du pays malgré ses meurtres, ses pogroms, ses agressions.

    Ce film est l'histoire de ce procès et surtout celui du combat d'une mère, Magda Fyssa, dont le fils Pavlos a été assassiné par un cadre du parti qui a avoué.

    Pendant toute la durée de ce procès, Magda a fait face aux assassins de son fils. Elle a livré bataille pour que l'ensemble du groupe parlementaire Aube Dorée soit condamné en tant qu'organisation criminelle.

    Ce film est l'histoire de son long combat mais pas seulement.

    Ce procès pose des questions cruciales pour l'avenir de nos démocraties.

    Par exemple, la Démocratie peut-elle encore définitivement venir à bout d’Aube Dorée et de toutes les Aubes Dorées du monde sans faire entorse à ses principes ?

    Comment riposter à ce type de formation ? À ces idéologies de plus en plus adoptées par les partis conventionnels ?

    Quelle réponse donner à ce discours nauséabond ? Où livrer bataille ? Devant les tribunaux ? Dans les médias ? Dans la rue ? Les écoles ? Comment résister, et avec quelles armes ?

     

    Bande-annonce

     

    Après sa présentation au Festival du film de Douarnenez, le film fait l'objet d'une tournée en septembre parrainée par l'Association Bretagne-Grèce-Solidarité-Santé. Il sera projeté dans 14 localités de Bretagne en présence de la réalisatrice, Angélique Kourounis, et de son fidèle complice, Thomas Iacobi, qui animeront les débats.



    Projections en Bretagne

     

    > Le 3 septembre au cinéma Iris, Questembert, 56230, 20h30

    > Le 5 septembre, à Brasparts, lieu-dit Tromac'h 29190, 17h

    > Le 6 septembre, au cinéma Les Baladins, Lannion, 22300, 20h

    > Le 7 septembre, au cinéma Le Vulcain, Inzinzac-Lochrist, 56650, 20h30

    > Le 8 septembre, au cinéma Club 6, St Brieuc, 22000, 20h

    > Le 9 septembre, au cinéma Rex, Pontivy, 56300, 20h

    > Le 10 septembre, au Patronage Laïque Guérin Brest, 29200, 20h

    > Le 11 septembre, à Ty An Oll, Plourin-les-Morlaix, 29600, 16h

    > Le 14 septembre, MJC Kerfeuteun, Quimper, 29000, 20h

    > Le 16 septembre, au cinéma Ty Hanok, Auray, 56400 20h45

    > Le 17 septembre, Fête de l'Ével, Baud, 56150, 19h30

    > Le 20 septembre, Le Sterenn-MJC de Trégunc , 29910, 20h

    > Le 21 septembre, au cinéma Arvor, Rennes, 35000, 20h15

    > Le 23 septembre, au cinéma Le Vauban, St Malo, 35400, 20h

     

    La video du film "Aube dorée-une affaire personnelle"

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  • Angélique Kourounis, au village de Festival de cinéma de Douarnenez. Angélique Kourounis, au village de Festival de cinéma de Douarnenez. 

    Angélique Kourounis, journaliste, est l’auteure de deux documentaires sur le parti néonazi grec Aube dorée. Projetés au Festival de cinéma de Douarnenez, ils ont rencontré un gros succès et secoué les spectateurs. Rencontre avec la réalisatrice.

    Dans les rues d’Athènes, une immense clameur monte parmi une foule de dizaines de milliers de personnes. En ce mercredi 7 octobre 2020, la justice grecque vient de qualifier officiellement le parti néonazi grec Aube Dorée d’organisation criminelle. Une formation sur laquelle a enquêté, pendant de longues années, la réalisatrice Angélique Kourounis, née de parents grecs et qui a grandi en France. Elle en a tiré trois reportages pour Arte et la télévision suisse, ainsi que deux documentaires, « Aube Dorée, une affaire personnelle » (2016), et « Aube Dorée, l’affaire de tous : quelle résistance ? » (2021).

    Projetés à Douarnenez cette semaine lors du Festival de cinéma, ils ont attiré de nombreux spectateurs à chaque séance. On y voit les ressorts idéologiques de cette formation, profondément raciste, xénophobe, homophobe, antisyndicaliste, prompte à éliminer ses opposants politiques. Cela n’a pas empêché Aube Dorée, dotée de puissants relais dans les médias ou la police, d’accéder au parlement grec en 2012, puis au parlement européen, prospérant, entre autres raisons plus historiques, sur la crise économique et politique, et les politiques d’austérité infligées par le FMI et l’Europe.

    « On n’a pas réalisé le danger »

    « Les gens ici ne connaissaient pas cela. Quand ils ont vu l’idéologie nazie, ils ont été extrêmement étonnés, surpris, effrayés, et ont découvert un combat qu’ont mené une partie des Grecs. Le procès a été peu couvert par la presse conventionnelle grecque, ou même par la presse française », indique Angélique Kourounis, qui travaille pour Radio France ou encore Charlie Hebdo. « On n’a pas réalisé le danger, et on ne réalise toujours pas à quel point nous sommes au bord du gouffre », expose la journaliste, citant Trump, Bolsonaro, Orban ou le Rassemblement national. Et accusant, aussi, les partis traditionnels européens de « camoufler cette idéologie nauséabonde », en nouant des alliances avec des formations d’extrême-droite, ou en reprenant à leur compte des éléments de leur programme.

    « On n’a pas éradiqué le fascisme »

    Menacée physiquement, frappée par des militants d’Aube Dorée, au même titre que son collaborateur Thomas Iacobi, Angélique Kourounis s’est notamment concentrée, pour son deuxième documentaire, sur le combat judiciaire mené par Magda Fyssas. Cette dernière est la mère de Pavlos Fyssas, un rappeur antifasciste grec, assassiné en septembre 2013, victime d’un guet-apens monté par Aube Dorée. En acceptant de lier cette affaire à d’autres meurtres commis ou commandités par des membres du parti néonazi grec, elle a permis de faire condamner à de lourdes peines, non pas quelques-uns de ses membres, mais bien l’ensemble d’une formation politique, chose totalement inédite. « On n’a pas éradiqué le fascisme avec cette décision », concède Angéligue Kourounis, « mais elle peut faire jurisprudence dans d’autres pays confrontés au phénomène. Ce procès nous montre que tout est possible ».

    Pratique

    « Aube dorée, l’affaire de tous - quelle résistance ? », d’Angélique Kourounis, Thomas Iacobi et Maxime Bitter. Durée : 2 h environ. Dernière projection le samedi 28 août, à Saint-Blaise, à 16 h 30.

     

    Dimitri LHOURS

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • « Folavoine », l’épicerie de Mellionnec, continuera d’ouvrir. Mais Camille Chiron et les autres salariés ne serviront plus de boisson. Lundi, les bars et cafés ont fermé leurs portes, symboliquement.« Folavoine », l’épicerie de Mellionnec, continuera d’ouvrir. Mais Camille Chiron et les autres salariés ne serviront plus de boisson. Lundi, les bars et cafés ont fermé leurs portes, symboliquement. 

    Depuis lundi 9 août, les trois bars et cafés de Mellionnec (22), village de 400 habitants, sont fermés. Ils refusent d’appliquer le passe sanitaire. Ils s’en expliquent.

    L’affiche est placardée en plein milieu de la devanture. Impossible de la louper : « Le contrôle social n’est pas notre métier : bar fermé ! » À Mellionnec (22), le bar de l’épicerie « Folavoine » fait grève. Et il y a comme de l’écho dans ce village de 400 habitants. À quelques mètres de là, la librairie « Le temps qu’il fait » affiche une grande banderole : « Trois cafés veulent mieux que passe ». Son café est fermé pour protestation, comme l’« Unic-k’fé » (*), le seul véritable bar de la commune. Chacun a décidé de fermer, sans concertation.

    « On veut une égalité d’accès aux bars, sans discrimination »

    Cette épidémie soudaine a un nom : le passe sanitaire. À l’instar d’une cinquantaine de bistrots, ils ont signé le communiqué commun, le 3 août dernier, dénonçant l’application de la mesure. Et sont en colère. « C’est révoltant ». Camille Chiron, salariée, mène la fronde à « Folavoine » commerce géré par une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic). Ce passe, elle ne l’appliquera jamais. « Ce n’est pas mon métier de faire du contrôle, en tant que bar. D’autant plus pour appliquer une décision étatique qu’on nous a imposée. On n’a pas eu le choix. C’est aux forces de l’ordre de faire ces contrôles ! »

    La partie bar de Folavoine, à Mellionnec, est momentanément fermée, pour fermer contre le pass sanitaire.La partie bar de « Folavoine », à Mellionnec, est momentanément fermée, pour protester contre le passe sanitaire.

    Question d’éthique. La jeune femme milite pour « une égalité d’accès aux bars, sans aucun tri fait à l’entrée sur des conditions sanitaires. Je n’ai pas choisi d’être gendarme et ce n’est pas un hasard ! Ce n’était pas mon plan de vie ». Et d’ajouter : « On ne veut pas que nos clients soient séparés entre vaccinés et non vaccinés, triés, discriminés, surtout dans un petit village. Ils nous soutiennent d’ailleurs. »

    Une manifestation ce mercredi soir

    Pour se faire entendre, baisser le rideau était sa seule option. « On ne veut pas se mettre dans l’illégalité en ne respectant pas les lois. Mais on ne veut pas, non plus, appliquer une loi qui nous paraît injuste », tonne-t-elle. Camille Chiron en veut à un gouvernement qui, selon elle, manque de pédagogie. « Ce passe sanitaire, c’est une obligation cachée sous chantage. Et faire du chantage à la place de la pédagogie… J’ai du mal à l’admettre. Ce n’est pas très compliqué d’organiser des conférences dans tous les villages pour expliquer, calmement, la covid et ses enjeux. Quand l’État fera-t-il de la pédagogie ? »

    Les trois cafés de Mellionnec, village de 400 habitants, partent en guerre contre le pass sanitaire. Lundi, ils ont fermé leurs portes, symboliquement.Fini les cafés, cookies et autres tisanes et limonades locales à la librairie de Mellionnec. Ses gérants refusent d’imposer leur passe sanitaire à leurs clients.

    Elle l’assure, l’impact sera davantage social qu’économique pour « Folavoine ». « N’oublions pas que le bar n’est qu’une petite partie de notre chiffre d’affaires. On va tenir. En revanche, dans un village, un bar, c’est vital. C’est un lieu de rencontre, de socialisation, censé brasser plein de gens différents. Ce qu’empêche clairement ce passe sanitaire. » L’« Unic-k’fé », lui, baissera complètement le rideau pendant un mois. « Je plains ceux qui doivent rester ouverts, en étant contre ce passe sanitaire, observe-t-elle. C’est horrible. Mais ont-ils le choix ? Il faut bien gagner sa vie… »

    Et les commerçants ne sont pas les seuls à se rebeller. Ce mercredi, un groupe de citoyens rencontre des conseillers municipaux. À 18 h, un pique-nique de protestation est prévu sur la place de la Mairie. « Combien de temps peut durer cette fermeture ? Le moins longtemps possible ! Ça fait beaucoup, en trois ans d’existence… Ce qu’on espère, c’est que plein de gens se révolteront partout en France et que le gouvernement se rendra compte que ce n’est pas aux commerçants de jouer les gendarmes. »

    * Sollicité à plusieurs reprises, il n’a pas répondu à nos questions.

     

    Alexandre Mazel

    source: https://www.letelegramme.fr/

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    Au fer rouge-par André Markowics   (FB 9/08/21)Yoann Barbereau, Françoise Morvan et André Markowics au Festival "Baie des plumes" à Douarnenez 

     
    Il n'y a pas eu de chronique ce 8 août au matin, parce que nous étions à Douarnenez, où nous sommes restés pendant deux jours, les 6 et 7, à un festival de poésie qui s'appelle « Baie des plumes ». Et qui aura lieu Place de l’Enfer. — C’est le vrai, et très célèbre, nom, de la place, à Douarnenez... Un nom rêvé pour Boulgakov. Un festival de poésie ou une foire du livre, enfin, les deux ensemble, et nous y sommes parce que nous y avons été invités à l'initiative de notre ami Yoann Barbereau, dont il se trouve qu'il est venu là, à Douarnenez, y déposer ses valises après son évasion des prisons russes. Et, vous ne savez peut-être pas, mais Douarnenez, c'est en Bretagne, et, en Bretagne, depuis que Françoise a publié « Le monde comme si » en 2002, nous n'avons jamais été invités à aucun salon du livre. Et en Bretagne, les salons littéraires, les foires au livre, les rencontres poétiques, puisque, n'est-ce pas « Bretagne est univers », « Bretagne est poésie » et ainsi de suite, il y en a des dizaines par an. Et moi, à Douarnenez, je me suis rendu compte que je n'y étais plus retourné depuis 1998, quand, à l'occasion du festival du film autour du Yiddishland, j'avais parlé de l'attitude de l'autoproclamé « mouvement breton » sous l'Occupation, et j'avais évoqué les articles antisémites des dirigeants de ce mouvement. Le scandale avait été si violent que, littéralement, j'avais failli me faire casser la figure, et, hier, quelqu'un m'en a parlé encore, près de vingt-cinq ans plus tard... (j'en ai parlé ici, dans le temps, voyez le lien en commentaire). Et donc, c'était un grand retour.
     
    Au fer rouge-par André Markowics   (FB 9/08/21)Pour expliquer ce retour si exceptionnel, il a fallu une conjonction elle-même exceptionnelle : un homme vit à Douarnenez, il est passionné par « Le Maître et Marguerite » (lisez son livre, extraordinaire, « Dans les geôles de Sibérie », qui vient de paraître chez Folio, pour comprendre l'importance de ce roman dans sa vie et dans ce texte). Nous avons traduit « Le Maître et Marguerite » et, qui plus est, Yoann Barbereau s'est abonné à notre maison d'édition, Mesures. Il nous dit : mais venez à Baie des Plumes, ça dure deux jours, nous en profiterons pour parler de Boulgakov et de votre nouvelle entreprise éditoriale. Aussitôt dit, aussitôt fait, il prend sur lui de nous inviter. — Tout se passe bien mais, au comité d'organisation, quand on apprend que les éditions Mesures sont dirigées non seulement par Markowicz mais aussi par Morvan, laquelle est aussi co-traductrice du « Maître et Marguerite », révélation tombant comme un orage dans le ciel bleu, des débats ont éclaté, aussi houleux que la mer par grand vent (lequel soufflait, d'ailleurs). Il ne fallait pas inviter Françoise Morvan, parce que, si je comprends bien, Françoise Morvan est souvent traitée de « brittophobe » (ça ne vous rappelle rien ? — russophobe, etc...) et surtout qu'il était « très dangereux » de l'inviter, vu qu'on risquait un esclandre. Yoann a fait remarquer que c'était de l'autocensure — et donc, je le dis moi-même, une des formes les plus perverses de la censure —, et qu'il ne s'était pas trouvé aux prises avec le FSB pour céder ici, devant ça. Il y a eu alors un deuxième débat, et les membres de ce comité ont fini par décider qu'il n'y avait malgré tout pas de raison de ne pas accepter la présence de Françoise Morvan dans un festival de poésie. Certains ont cependant clamé que si Françoise Morvan était là, eux, ils n'y seraient pas. On n'a pas remarqué leur absence.  
     
    Parce que, ces deux jours, ils ont été extraordinaires. Vous n'imaginez pas le monde qui est venu nous voir, — et surtout voir Françoise. En fait, c'était passionnant, et épuisant, bien sûr, mais passionnant d'abord, et très touchant. Des lecteurs qui venaient lui parler de son travail, — de ses traductions de Synge (très souvent), du travail sur Armand Robin, de son édition des œuvres de Danielle Collobert et de Luzel, de ses poèmes pour les enfants, de ses textes publiés chez Mesures, et surtout, surtout, de son courage, du « Monde comme si », et de son livre sur la Résistance, « Miliciens contre maquisards » (et combien lui racontaient des histoires gravées dans la mémoire des familles...). Il y avait le plus souvent, tout au long de ces deux jours, deux ou trois personnes, assises sur le banc devant notre table d'éditeurs, assises ou debout, et chacune parlant de ses propres expériences, de la façon dont ces livres, dont personne ne parle publiquement en Bretagne, circulent et se vendent, par le bouche à oreille, passant de main en main, toujours au même rythme depuis près de vingt ans pour « Le Monde comme si » (ce qui explique qu'il soit sans cesse réédité). La même phrase revenait : « Merci pour votre courage », et puis une autre : « Ce que vous dites, personne d'autre ne le dit, mais c'est tellement vrai, ça m'a permis de m'orienter, ça m'a permis de voir derrière ce qu'on nous donne à voir. »  En fait, comme à chaque fois que Françoise apparaît en Bretagne, ce que je sens, c'est cette espèce de chaleur des anonymes, de ce que nous appelons, à la suite de Supervielle, « les amis inconnus ». Ces amis inconnus de Bretagne, comme nous sommes rendus invisibles, nous ne les rencontrons pas, mais, là, nous en avions la preuve, ils existent et ils sont nombreux.  Nous avons signé plein Au fer rouge-par André Markowics   (FB 9/08/21)de livres des éditions Mesures, sans compter tous les exemplaires du « Maitre et Marguerite » qui ont disparu en l'espace de trente minutes.  Le point d'orgue de ces deux jours était la rencontre organisée par Yoann autour du roman de Boulgakov — un roman qui l'a accompagné dans la prison d'Irkoutsk. Et il nous a apporté l'exemplaire que sa sœur avait trouvé le moyen de lui faire parvenir.  Je le dis comme c'est, pour nous écouter, il y avait une centaine de personnes, et je voyais, derrière les masques, les yeux. Quand je croisais un regard, il était amical. Nous avions prévu de dire beaucoup de choses encore mais la rencontre a été interrompue en plein milieu parce que, pour un problème de salle, il a fallu céder la place précipitamment. Bref, déjà comme ça, il y avait, du moins pour nous, quelque chose de touchant et de beau : de tragique et léger en même temps, comme l'atmosphère des dernières pages du « Maître et Marguerite ». Nous avons essayé de partager ce que nous éprouvons tous les trois pour ce roman. Et puis, sur le thème de la maison, nous avons évoqué Mesures, et j'ai pu lire un poème d'un livre de Françoise, « Assomption » (et, je le dis aussi, après, il ne nous en est plus resté un exemplaire à vendre). 
    *
     
    Mais c'était sans compter avec les nationalistes. Il y avait quelqu'un qui nous filmait, clandestinement (et je ne parlerai pas ici du droit à l’image, mais c’est une question fondamentale). Deux heures après, la vidéo était mis en ligne sur le site de l'ABP avec une photo détournée afin d'illustrer un article qui ajoute une nouvelle pièce au portrait du « mouvement breton » par lui-même. C'est un article de Philippe Argouarch, le directeur de cette « Agence Bretagne Presse » — je le note en passant, cet homme a reçu en 2015 la plus haute distinction de l'Institut Culturel de Bretagne, le Collier de l'Hermine.  J'ai souvent analysé ici le discours nationaliste (qu'il soit breton, russe ou patagon) et les commentaires que ce discours suscite sur Facebook. Ce nouvel article me donne l'occasion de continuer, même si, pour la plupart de mes lecteurs, ça peut sembler local — mais non, c'est tout sauf ça. Bref, vous verrez l'article sur deux captures d'écran. 
     
    1. Ça commence par ce qui peut sembler infime. Nous sommes accusés, Françoise et moi, d'être trotskistes (ou de l'avoir été ?). C'est idiot, mais, l'essentiel est la source de cette accusation. Et cette source est très claire : il s'agit des délires d'un néo-nazi nationaliste breton, Boris Le Lay, qui a mis en ligne des vidéos où l'on tranchait la tête des traîtres à la Bretagne (Françoise était l'une des premières à devoir être décapitée quand la Bretagne serait libre, écrivait-il), car elle était à la fois « enjuivée », trotskyste et stalinienne). Ce fasciste a été condamné maintes fois notamment pour incitation à la haine raciale mais il continue tranquillement à sévir, avec des sites hébergés au Texas, depuis le Japon où, paraît-il, il réside. Cette accusation émane bien d'une vieille mouvance hantée par l'anticommunisme et qui a toujours été celle de Breiz Atao. Françoise l’a analysée de longue date. L'auteur de l'article, Philippe Argouarch, se nourrit donc à cette source-là (je ne vois pas à quelle autre). 
    2. Ensuite, il apparaît que parler de la Bretagne (quoi que nous en disions) est, venant de nous, de l'ordre du tabou : au début de la rencontre, quand Yoann Barbereau l'a présentée en disant « son territoire, c'est le Centre-Bretagne », Françoise, en riant, a rectifié que sa grand-mère était Trégorroise (le Trégor, pour ceux qui savent, c'est tout sauf le « Centre-Bretagne », mais qu'elle était bretonne, comme toute sa famille, depuis des générations et des générations, et qu'en tant que Bretonne elle se sentait parfaitement française. L'assistance s'est mise à rire et la chose s'est arrêtée là. Cet épisode de trente secondes a donné à une nouvelle accusation : Françoise n'aurait pas « pu s'empêcher d'ironiser sur la Bretagne des militants de la cause bretonne ». Donc, je suppose, c'est se moquer des militants que de dire que si tu es Breton, tu es Français. Mais je recopie cette formule, et j'ai l'impression que journaliste ne se rend pas compte de ce qu'il écrit. Dites, — c'est quoi la différence entre la « Bretagne des militants de la cause bretonne », et la Bretagne en tant que telle (pas celle des militants) ? Ce qui seul a le droit d'exister, c'est bien la Bretagne des militants, cette construction idéologique que Françoise décrit dans « Le monde comme si », avec son "kit identitaire" (le drapeau, les hermines, le triskell, une langue totalement uniformisée parlée par quelques milliers de personnes). Les gens n'ont le droit de vivre que dans cette Bretagne-là. Nous sommes là dans le domaine de la foi, une foi reposant sur la construction d'un totem. Parce que Françoise n'est pas d'accord avec « la Bretagne des militants », elle doit se taire. Elle doit être excommuniée. Et ces militants, ça aussi, le disent tranquillement. 
    3. Ce qui m'a frappé, en effet, c'est que le journaliste, ne voyant que ce qui l'intéresse, accuse Françoise de ne parler que de la Bretagne (alors même que le sujet était Boulgakov) et se demande pourquoi elle n'arrive pas à « tourner la page ». Il écrit : « Cette vieille querelle avec les militants de la cause bretonne lui colle à la peau. Elle en est marquée au fer rouge à vie. » Nous sommes bien dans le domaine de l'Inquisition, celui de la sorcière qu'on marque au fer rouge. Parce que, si fer rouge il y a, c'est celui des « militants » de la » Bretagne des militants »... Et si tu marques au fer rouge, c'est, justement, pour que tu ne puisses pas « tourner la page ». Un autre militant, prévenant Yoann Barbereau qu'il ne devait pas s'associer avec nous car sa réputation en souffrirait, lui écrivait, nous désignant : « Ce sont des pestiférés en Bretagne ». Il l'écrivait sérieusement, sans aucun humour. Tout le monde soit se tenir à l'écart de la peste.. Ces croyants sont étrangers à l'humour, comme tous les fanatiques. Le Moyen-Age, l'Inquisition, comme si c'était normal. — Et ne nous demandons pas qui, en France (pas chez les talibans ou daesh), aujourd'hui a « marqué au fer rouge à vie » l'auteur d'un livre...
    L'article de l'Agence Bretagne Presse présente donc l'idéologie de la nation bretonne qu'ils entendent imposer : l'anticommunisme, le fanatisme religieux, la superstition, et donc l'Inquisition — avec un ton machiste de curé prêchant. Il serait temps, quand même, n'est-ce pas, que « Mme Morvan tourne la page ». — Et, vous verrez, dans « Le monde comme si », Françoise a consacré un chapitre à la « Madame Morvan » qui focalise les haines de « la Bretagne des militants ».
    *
    Or, il n'y a pas que l'article, il y a les commentaire de cet article sur FB. Au moment où j'écris, le déchaînement de violence dont Françoise est victime est loin d'être fini, et je ne m'attarderai donc que sur quelques intervenants. D'abord, pour souligner les insultes, (que le modérateur de la page admet parfaitement, même si, après des heures et des heures, il a demandé de « rester courtois ») : « qui donc invite cette conne » répond un nommé Loeiz Penvern à Yvon Ollivier qui avait commencé par écrire : «Je me demande si ce ne serait pas plus simple de ne plus en parler de cette dame » (je cite). Cet Yvon Ollivier est un magistrat, nationaliste, auteur de « La France comme si » (mais il jure que le titre n'a rien à voir avec le livre de Françoise), qui s'est présenté aux élections régionales et aurait très bien être élu s'il n'avait exigé du président de la Région qu'il se soumette à son « plan Marshall » pour la langue bretonne. — Cet homme public, parlant d'une femme et d'un écrivain, emploie dont cette formule misogyne, « cette dame », sans qu'aucun de ses correspondants, hommes ou femmes, ne lui fasse remarquer que, dans le contexte, il s'agit évidemment d'une formule misogyne, et qu'il l'utilise, cette formule, pour appeler à la censure. À la censure par le silence. Et parler d'un écrivain comme d'une « dame » est visiblement considéré comme « courtois ».   À la misogynie s'ajoute l'insulte au faciès : une femme, Annie Thoraval, écrit, se basant sur la photo qui illustre l'article : « Elle fait vieille! ça ne conserve pas bien, vivre sur la HAINE comme elle le fait! ». — Ce commentaire est resté plusieurs heures avant d'être supprimé. Et, en l'espace de ces plusieurs heures, il a recueilli une bonne dizaine de likes. Et je ne cite pas les autres insultes du même genre.  Eliane Cadiou (journaliste au Télégramme de Brest) demande :« Parce que Françoise Morvan est spécialiste de la littérature russe? Première nouvelle. » — Françoise n'a pas le droit de parler de la Bretagne, mais elle n'a pas le droit de parler d'autre chose, et tout son travail sur le théâtre de Tchekhov est nul et non avenu. — Pour le reste, ce sont des suites d'exclamations de stupeur de voir que Françoise a pu être invitée quelque part en Bretagne... et, de ces exclamations, il y a une bonne dizaine — pour le moment. Comment peut-on ne pas respecter le mot d'ordre général de censure ? Comment se fait-il, en d'autres mots, qu'un autre monde existe que le leur ?
    J'ajoute une dernière chose : la personne (oui, réellement, personne) qui nous appelait des pestiférés, m'appelle aujourd'hui « Merdowicz » (capture d'écran). Je n'épiloguerai pas sur la fascination scatologique de l'extrême-droite, mais ses commentaires ne sont likés que par trois lecteurs : l'un de ces lecteurs est Philippe Argouarch. C'est pour ça que j'en parle. 
    *
      Parce que, à quoi sert l’article de l'Agence Bretagne Presse — outre de faire l'autoportrait d'un groupe qui prétend parler au nom d'une région entière ? Il sert à donner raison à ceux qui disent qu'il ne faut inviter Françoise nulle part, parce que, dès qu'elle paraît, il y a des polémiques (et, nous le savons, personne n'aime les polémiques). Dès lors, moi, que dois-je faire ? Considérer que les quelques personnages qui nous insultent ne représentent qu'eux-mêmes, qu'ils sont, de fait, une poignée, et qu'il n'y a pas lieu de leur donner une importance quelconque, et donc passer outre, et ne m'occuper que de littérature ?... — Mais le fait est là, on y revient depuis vingt ans, personne, jamais, en Bretagne (sauf une seule fois, il y a plus de quinze ans) ne nous a invité. Et les insultes fleurissent, pourtant : un directeur départemental du journal « Le Télégramme » a pu se permettre d'écrire que Françoise est « mal breizhée » — en faisant rire. C’était pendant la crise dite des « bonnets rouges ». 
    C'est ça, le niveau. C'est ça que porte le monde de l'auteur de l'article de l'ABP. — Et c'est ça la terreur qui règne en Bretagne, parce que personne ne proteste en public, parce que personne ne dit, publiquement : ça suffit. Ils sont une poignée de fanatiques haineux, vindicatifs et lâches, envieux et tristes. Et personne ne dit rien, alors qu'il suffit juste d'une parole vivante. 
    On peut très bien vivre en Bretagne sans s'en rendre compte, sans y participer en quoi que ce soit. On peut aussi le voir, et faire comme si l'on ne voyait pas. Mais quand on regarde, et qu'on essaie d'analyser, me semble-t-il, on se sent mieux. Ce n'est pas gai, c'est sale, c'est répugnant, mais c'est comme ça. C'est ça, la « Bretagne des militants ». Et, le pire de tout est que, parmi les gens qui disent « défendre » la Bretagne, la culture ou ce qu'ils appellent « l'identité », il n'y en a pas un seul, pas une seule, qui dira, avec moi : « ça suffit. » et qui refusera de continuer. — Nos insulteurs sont fiers d'être ce qu'ils sont : et c'est aussi contre eux, contre leur pouvoir, que tant de gens venaient remercier Françoise de résister. « La vérité, se lamente Argouarch, est qu'elle [Françoise] ne peut pas « tourner la page » d'un livre controversé mais qui continue à être réédité. Les paroles passent mais les écrits restent. ». On croirait que c'est tiré de Boulgakov, oui... « Les manuscrits ne brûlent pas ». Le livre de Françoise existe, se vend, se réédite, et il vivra. 
    C'était, vraiment, « Le Maître et Marguerite » à Douarnenez, Place de l'Enfer.
     
     
    André MARKOWICS, le 9/08/21
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