• Le professeur Didier Raoult, infectiologue au CHU de Marseille, qui a surgi au milieu du tintamarre lié à l’épidémie de Coronavirus, a pu paraître étrangement détaché et insensible aux peurs, tout en étant déterminé à soigner le plus de monde possible. C’est ainsi qu’il a défié les autorités en proposant le dépistage systématique de la population au sein de son institut, l’ « Institut hospitalier universitaire Méditerranée infection ».

    Raoult nous rappelle une particularité de la médecine depuis l’Antiquité, l’empirisme et le scepticisme, face aux systèmes de pensée du moment et aux intérêts qui organisent la recherche scientifique. Quoiqu’il en soit, son cas est remarquable par le fait que pendant l’épidémie de Coronavirus, il fut le promoteur du seul traitement utilisé à l’échelle mondiale pour contenir le développement du virus.

    Le courage est sans doute lié à la position sociale, mais il doit aussi beaucoup au fait que l’individu est d’abord un héritier culturel, comme le suggère Louis Paul Le Gendre, arrière-grand-père de Didier Raoult, en 1924 : « L'ingénieuse théorie de Taine sur l'influence des milieux (note) est impuissante à expliquer seule la formation de toutes les œuvres, de tous les esprits et de tous les caractères ; mais elle y contribue. »

    Philippe Chapelin, généalogiste
     

    Pragmatisme, engagement et ouverture sur le monde

    La réunion des familles Raoult et Le Gendre se fait en 1942 à l’hôpital par l’union d’une infirmière, Francine Le Gendre et d’André Raoult, médecin militaire.

    Caricature du Dr. Le Gendre (Paris médical : la semaine du clinicien, 1912, n° 06, partie paramédicale)Au XXe siècle, à l’époque où le rayonnement de la France s’appuyait sur un mélange d‘économie politique, le colonialisme et d’idéalisme universaliste, la famille Raoult se projetait très largement dans le monde. Didier Raoult est né à Dakar. Son père était breton. Ses grands-parents paternels étaient instituteurs près de Saint Brieuc.

    En 1907, le grand-père, André Marie Raoult, né à Plélauff, en Bretagne « rouge », enseignait au Lycée français de Salonique, premier établissement de la Mission laïque française dans le monde. Pendant la Première guerre mondiale, il était mobilisé dans les groupes d’aviation, secteur dans lequel la France était en pointe. D’abord au 1er groupe à Dijon puis au 3e groupe de Bordeaux. En 1917, il était à l’école d’aviation de Châteauroux. (note)

    André Marie Raoult. Base des Personnels de l'aéronautique militaire - Service historique de la Défense.

    Son fils André Raoult (1909-1978), père de Didier, est devenu médecin militaire. De 1931 à 1933, il est élève à l‘Ecole du service de santé de Dinan. Il entre en 1934 au Service de santé des troupes coloniales. Devenu médecin-lieutenant, il est élevé au grade de médecin-capitaine du 11e RAC (régiment d’artillerie coloniale, troupes de marine) en décembre 1938, alors qu’il est en service au Togo.

    Revue par le médecin général inspecteur Debenedetti. On reconnaît, faisant le salut militaire, le docteur André Raoult. [Vers 1960] Source : Ceux du Pharo, n°58.Pendant la Guerre, André Raoult est un membre du réseau de résistance franco-britannique « Mithridate » des forces françaises combattantes (FFC), groupe spécialisé dans le renseignement militaire, en liaison avec le MI6. (note)

    En 1946, le gouvernement issu de la Libération lance une vaste enquête pour résoudre le problème de la faim au Sahel, « l’Organisme d’enquête pour l’étude anthropologique des populations indigènes de l’AOF (alimentation et nutrition) », communément désigné sous le nom de « Mission anthropologique ». André Raoult est l’un des cinq médecins de la Mission fixée à Dakar, auxquels s’ajoutent quatre pharmaciens, tous issus des troupes coloniales en poste en AOF (Afrique Occidentale française).

    En 1953, en tant que médecin-colonel, il prend la tête du nouvel organisme qui en est issu, « l’Organisme de recherches sur l’alimentation et la nutrition en Afrique » (ORANA) dans le bâtiment duquel vit le petit Didier Raoult. Les travaux sont expérimentaux et tentent de décrypter les causes de la mortalité dans les différentes tribus étudiées. (note) Les traitements biochimiques appliqués font chuter la mortalité de 80% à 20%. (note)

    Dans les Années 60 et 70, André Raoult publie sous l’égide de l’ONU (FAO) plusieurs études consacrées à la situation alimentaire et sanitaire en Afrique et dans le Pacifique. (note) Depuis 2015, une bactérie porte son nom, le Bacillus andreraoultii. (note)

    Participants au congrès de Brazzaville consacré aux problèmes de l’enfance dans les pays tropicaux de l’Afrique (1952). Le médecin lieutenant-colonel Raoult intervient en tant que représentant de l’AOF.

    Empirisme et esprit des Lumières

    Les Legendre sont issus d’une famille de notables du département de l’Eure, notaires tout au long du XVIIIe siècle. Le plus illustre de ces notaires est le grand-père de Louis Paul Le Gendre, Pierre Nicolas Chrisôstome Legendre (1759-1853), par ailleurs laboureur, c’est-à-dire ici propriétaire, à Heuqueville.

    Le 4 avril 1789, Pierre Nicolas Legendre est le premier comparant dans le registre des cahiers de doléance de la paroisse d’Heuqueville, Archives de l’Eure, 17 B 3/58.Élu député à l’Assemblée législative (1791-1792), il a siégé dans le groupe majoritaire, sans jamais intervenir en tribune. (note) Il appartenait au groupe du centre dit des « Constitutionnels » (le futur « marais »). (note) Legendre démissionna le 2 avril 1792 pour « raison de santé ». (note) Il conserva des fonctions d’administrateur départemental sous l’Empire et fut maire d’Heuqueville entre 1806 et 1837. L’un de ses fils, Narcisse, lui succéda à la mairie.

    Louis Paul Le Gendre (Paris 1854-1936) fut, comme Didier Raoult, infectiologue et lauréat de l’Institut. Destiné à l’Ecole normale supérieure, mais trop jeune pour s’engager durant la guerre de 1870, il se porte volontaire à l’Hôpital de la Marine de Rochefort-sur-Mer, guidé par un ancien médecin de Marine, père d’un de ses amis. Puis il fut médecin à l'Hôpital Tenon et fit l’essentiel de sa carrière à l’hôpital Lariboisière à Paris.

    Charles Bouchard, « médecin philosophe »

    Charles Bouchard, républicain, petit-fils d’un soldat de l’an II qui parcourut pendant dix-huit ans les champs de bataille, fut le maître de Louis Paul Le Gendre, qui lui consacra une biographie qui pose les bases de sa vision personnelle de la médecine. Ainsi écrit-il :
    « Le grand Recteur entendait attribuer à Charles Bouchard par la qualification de « médecin philosophe », non pas une tendance à faire rentrer dans le temple de la Médecine les idoles métaphysiques, définitivement chassées, mais la préoccupation d'aborder les problèmes les plus profonds et les plus généraux, de réaliser la synthèse des méthodes et la synthèse des résultats, le besoin d'ordonner en larges classifications les faits analysés, le souci de fixer par des généralités doctrinales le point de convergence de ses recherches. Philosophe encore était Bouchard par une prudente circonspection dans la marche en avant vers le progrès. (…) Philosophe enfin par la conviction de l'importance grandissante du rôle social de la Médecine et de la nécessité de rendre le Médecin digne de remplir ce rôle, en harmonisant son instruction avec les besoins de la société contemporaine. ». (Louis Paul Le Gendre, Charles Bouchard, son œuvre, son temps, Paris, 1924).

    Dans la littérature médicale, on recense encore du Dr. Le Gendre 260 publications en plusieurs langues et 653 références. (note) Ses travaux portaient sur la pédiatrie et sur la thérapeutique liée en particulier aux intoxications et aux maladies infectieuses. Il fut lui-même atteint de tuberculose en soignant des officiers revenus du front. Il a survécu mais a dû abréger sa carrière.

    Louis Paul Le Gendre, BIU Paris-Descartes.À la fin de sa vie, il présidait la Société française d'histoire de la médecine. Auteur notamment d’une biographie du conventionnel Lakanal (note), dont l’œuvre en matière d’éducation publique est considérable, Louis Paul Le Gendre (note) était un bon républicain, rationaliste : « nous étions républicains, mais patriotes avant tout ». (note)

    Dans son autobiographie, il souligne que son intérêt pour la médecine n’était pas dû à une passion particulière ou à une motivation liée à des intérêts, mais fut provoqué par les circonstances de la guerre de 1870 : « Comme Hauben (note) avait failli être séminariste, j'ai failli être professeur de lettres (note) ; comme Hauben, j'ai aimé avec passion la profession médicale, où le hasard m'avait jeté. Il y a des vocations qui ne se révèlent qu'à l'usage et quelquefois l'habit peut faire le moine. ».

    Louis Paul Le Gendre avait attendu douze ans pour reconnaître son fils, Paul le Gendre (1878-1965). Né à Sèvres, Paul Le Gendre s’engagea à 18 ans dans les Chasseurs d’Afrique. Il passa par Saïgon, Oran.

    Il se distingua pendant la Première guerre mondiale et fut décoré de la Croix de Guerre (étoile de vermeil) et de la Légion d’Honneur. À Marseille, Paul Le Gendre rencontra Lucienne Jorge, qui lui donna Francine (1912-2009), mère de Didier Raoult. Lucienne Le Gendre participa à la Résistance et fut déportée. (note)

    Publié ou mis à jour le : 2020-06-17 18:01:12
     
    source: https://www.herodote.net/
     
     
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  • Prisonniers français (Dépêche 18 juillet 1940) château de Brest Des prisonniers français au château de Brest (La Dépêche du 18 juillet 1940).

     
    Au lendemain de l’appel du Général de Gaulle, Brest tombait aux mains des Allemands, prise par l’ennemi pour la première et unique fois de son histoire. Il y a quelques mois, l’historien brestois Olivier Polard a mis la main, totalement par hasard, sur plusieurs dizaines de photographies prises au cours des semaines ayant suivi ce 19 juin 1940. Il raconte.
     
    D’où proviennent ces photos ?

    « Du fonds de l’historien brestois Jean Le Goualc’h (décédé en 2010). Je connais bien son fils, Alain, et j’avais rencontré sa mère pour un projet sur la Seconde Guerre mondiale. Elle m’avait donné accès aux très nombreuses archives de son mari. C’est comme ça que j’ai retrouvé le témoignage de Stéphane Massé (cœur du livre d’Olivier Polard et de Gildas Priol, « Les Brestois dans la guerre »). J’avais alors dit à Alain que ce serait bien que les archives de son père ne se perdent pas, et qu’un jour les archives municipales puissent les récupérer. À la mort de sa mère, il y a quelques mois, il m’a invité à venir faire le tri dans ces documents et objets divers. Parmi tout ça se trouvait une enveloppe avec 120 négatifs originaux datant de la Seconde Guerre mondiale, dont 70 correspondent à l’arrivée des Allemands. Quand j’ai vu ça, j’ai eu l’impression de trouver un trésor. Je les ai ensuite confiées aux archives municipales, qui les ont scannées ».

    Sait-on qui les a prises ?

    « Il s’avère que c’est un journaliste de La Dépêche (devenu le Télégramme en 1944). D’après mes recherches, et sans pouvoir l’affirmer à 100 %, il doit s’agir de Joël Brannelec. Un gars au parcours assez incroyable, arrivé à la Dépêche en 1938 en tant que photographe. C’est lui qui avait demandé à couvrir l’arrivée des Allemands à Brest, pour montrer comment ça se passait pour les prisonniers au château et pour rassurer la population aussi. En consultant les archives de la Dépêche, j’ai pu retrouver plusieurs articles de presse - non signés - correspondant aux photos de l’enveloppe. Je n’ai en revanche aucune idée de comment elles se sont retrouvées en possession de Jean Le Goualc’h ».

     
     
    À quelle période correspondent ces documents ?

    « Les 70 photos en question ont été prises dans un laps de temps assez court, entre juin et juillet 1940. Le 18 juin, au moment de l’appel du Général de Gaulle, les Allemands sont aux portes de Brest. Quelques petits points de résistance se trouvent sur leur route et ça canarde un peu. Parce que si Brest est une ville ouverte, selon le cessez-le-feu signé par Pétain, elle reste une place forte qui ne peut pas se rendre comme ça. Mais les gars qui cherchent à freiner la progression des Allemands ont trois camions et une mitrailleuse : autant dire que l’armée en face n’a pas eu trop de mal à prendre la ville… ».

    Que montrent ces photos ?

    « Des soldats allemands dans Brest, des prisonniers au Château - avant leur transfert dans les stalags allemands - ou au camp de Pontanézen. Des troupes hétéroclites, composées de marins, de soldats, de coloniaux, de gamins comme de vieux. C’étaient des troupes de réserve, peu aguerries, qui ont tenu Brest jusqu’à la démobilisation. On peut lire sur les visages de l’abattement mais du soulagement aussi. Il y a des photos d’ambiance assez fortes, des scènes de vie comme quand la population s’agglutine devant les locaux de la Dépêche (place Wilson, où se trouve aujourd’hui la rédaction du Télégramme) pour regarder les dernières nouvelles, ou toutes celles montrant les sabotages commis dans l’arsenal par les artificiers anglais qui, avant de partir, ont fait sauter tout ce qu’ils pouvaient, des bateaux, des sous-marins… Les Allemands vont mettre plusieurs mois avant de pouvoir réutiliser l’arsenal ».

    Pratique-Dans le prochain numéro des Cahiers de l’Iroise (à paraître à la rentrée et consacré à la période 1939-1941), Olivier Polard signe un article revenant sur ce 19 juin 1940 dans la cité du Ponant et intitulé « Le Jour où Brest tomba ».
     

    Thierry Dilasser

     
    Des prisonniers français au château de Brest (La Dépêche du 18 juillet 1940)
     
    Soldats français prisonniers à Brest chasseur alpins au château de Brest (Dépêche 5 juillet 40)
     
    Soldats français prisonniers à Brest chasseur alpins au château de Brest (Dépêche 5 juillet 40)
     
    Vers les Quatre Pompes, à Brest (Dépêche 30 juin 1940)
    Vers les Quatre Pompes, à Brest (La Dépêche du 30 juin 1940)
     
     
     
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  • Marine Le Pen est arrivée avec 24 heures d’avance sur l’île de Sein, ce mercredi 17 juin 2020.Marine Le Pen est arrivée avec 24 heures d’avance sur l’île de Sein, ce mercredi 17 juin 2020.

    Malgré les débats suscités par sa venue, la cheffe du Rassemblement national (RN) est arrivée sur l’île de Sein, ce mercredi 17 juin 2020, à 16 h. Marine Le Pen a pris de l’avance, alors que la cérémonie officielle rendant hommage aux 80 ans de l’appel du général de Gaulle avait été décalée pour qu’elle n’y assiste pas. Peu avant 18 h, la députée a cependant quitté l’île. À 20 h, elle a donné une conférence de presse dans un hôtel d’Audierne, sous les huées de manifestants.

    Finalement, elle y est parvenue. Marine Le Pen est arrivée à l’île de Sein (Finistère), avec 24 heures d’avance, ce mercredi 17 juin 2020, peu avant 16 h. Elle a accosté en canot pneumatique à la cale du Men Brial, venant de Camaret-sur-Mer. Sept personnes des forces de l’ordre sont dépêchées sur place pour assurer la sécurité.

    Prévenue par une personne ayant vu le groupe embarquer au départ, une dizaine de Sénans se sont déplacés à la cale pour disposer quelques caisses de fret en plastique à la sortie du môle, en signe de protestation. D’autres lui ont tourné le dos, en signe de mécontentement. 

    Puis, quelques invectives ont été proférées : « Vous devriez avoir honte », ou encore « c’est indigne de vous ». Le cortège a enchaîné en direction de l’église pour se rendre ensuite sur les lieux de la location où Marine Le Pen va passer la nuit.

    Marine Le Pen vient sur l’île pour commémorer les 80 ans de l’appel du général de Gaulle du 18 juin.

    Un discours du pied de la croix de Lorraine

    Marine Le Pen s’est ensuite rendue au pied de la croix de Lorraine, à Men Neï. Elle y a déposé une gerbe et y a prononcé un discours pour rendre hommage à la Résistance. Tout cela s’est effectué en comité très restreint, composé de sa garde rapprochée. 

    Pendant ce temps, quelques magasins ont tiré le rideau en signe de désapprobation de la venue de la cheffe du RN. D’autres commerces sont, eux, restés ouverts.

    Moins de deux heures plus tard, Marine Le Pen quitte l’île

    Une quarantaine d’îliens a formé une haie de « déshonneur ». La femme politique a finalement quitté l’île de Sein, repartant en canot pneumatique, avant 18 h. Elle sera restée moins de deux heures sur place.

    La gerbe déposée au pied du monument déplacée par les Îliens

    Des gens de l’île sont allés enlever la gerbe de fleurs après le départ de Marine Le Pen. La gerbe se trouve désormais sur le quai, quelque peu abîmée.

     

    La gerbe déposée par Marine Le Pen a été déplacée sur les quais, à l’île de Sein. | OUEST-FRANCE

     

    À 20 h, la présidente du RN donne une conférence de presse à Audierne

    À peine a-t-elle reposé le pied sur le continent, Marine Le Pen a décidé de donner une conférence de presse. Entrée en catimini à l’hôtel du Goyen, sur le port d’Audierne, la patronne du RN s’est rendue dans un salon cosy, à l’étage, ce 17 juin, peu après 20 h 30.

    Malgré les débats suscités par sa venue, la cheffe du Rassemblement national (RN) est arrivée sur l’île de Sein, ce mercredi 17 juin. Marine Le Pen a pris de l’avance, alors que la cérémonie officielle rendant hommage aux 80 ans de l’appel du général de Gaulle avait été décalée pour qu’elle n’y assiste pas. Peu avant 18 h, la femme politique a cependant quitté l’île de Sein, de nouveau en z

    Sous les fenêtres, des banderoles, des citoyens, des drapeaux bretons et de l’Union démocratique bretonne, la France Insoumise, le Parti Communiste Français, la CGT et des citoyens. « Pour nous, militants bretons, le Front National ce n’est pas un adversaire politique mais un ennemi politique », a expliqué un manifestant, brandissant une pancarte, sur laquelle on pouvait lire qu’elle n’est vraiment pas la bienvenue, en langage fleuri et en breton. « Le Pen, facho, le peuple aura ta peau ». Les manifestants ont hué et entonné le chant des partisans. Parmi les présents, on notait aussi l’écharpe tricolore d’un adjoint élu à Audierne, Michel Van Praet.

     (....)
     
    source: https://www.ouest-france.fr/

     

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  • Hommage à Charles TILLON, en souvenir de l’appel aux travailleurs, du 17 juin 1940

    « Après leur mort (celle des révolutionnaires), on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de consoler les classes opprimées et de les mystifier : ce faisant on vide leur doctrine révolutionnaire de tout contenu et on en émousse le tranchant révolutionnaire ».

    Lénine – L’État et la Révolution
     

    Cette citation peut vous paraître hors de propos, tant le nom de Charles Tillon semble avoir été refoulé au dehors de nos mémoires (et avec lui, la force principale de  intérieure : les Francs Tireurs et Partisans). Malgré le travail acharné de falsification de l’ (notamment Olivier Vierworka, pour qui la résistance intérieure fut purement cosmétique, sans effet militaire, ou encore le concept fumeux de « vichysto-résistance » de Mme Verchez-chaigneau et enfin la résolution scélérate approuvé par le cosmétique (celui-là) parlement européen datant 19/09/2019 assimilant l’union soviétique et le nazisme), les circonstances actuelles pourraient bien nous conduire à une sorte de retour de ce refoulé sous une forme dévoyée ( Sarkozy avait bien tenté d’utiliser Guy Mocquet et, comble de l’hypocrisie, Macron dit vouloir revenir aux jours heureux, après avoir  méthodiquement détruit toutes les conquêtes arrachées en 1946). Ainsi, il nous est indispensable de continuer à apprendre ce qu’a été le mouvement communiste (notamment en France), afin de ne pas tomber dans les nombreux pièges de la réécriture falsifiée de l’.

    Charles Tillon

    De plus, nous tenons à préciser que cet hommage ne repose pas sur une sorte de « fétichisation du passé »[1] et ne vise pas à entretenir une quelconque nostalgie, même si nous ne saurions dissimuler notre admiration et notre reconnaissance pour ces « soldats sans uniforme », dont les luttes ont permis des progrès de nos conditions matérielles d’existence, tant remises en cause aujourd’hui.   

    Ainsi, afin de promouvoir la mise en place de NOUVEAUX JOURS HEUREUX, on ne saurait se passer de connaissances sur les luttes, qui ont permis l’application d’une partie de ce programme à la libération. Nous nous souviendrons également que « la pire des falsifications, c’est celle du silence »[2] .

    Le 17 juin 1940, Charles Tillon écrivait l’APPEL AUX TRAVAILLEURS :

    « Les gouvernants bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie, la Tchécoslovaquie… Et maintenant ils livrent la France. Ils ont tout trahi.

    Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours d’Hitler, livrer le pays tout entier au fascisme. Mais le peuple français ne veut pas de l’esclavage, de la misère, du fascisme. Pas plus qu’il a voulu la guerre des capitalistes. Il est le nombre : uni, il sera la force.

    • Pour l’arrestation immédiate des traîtres
    • Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, LUTTANT CONTRE LE FASCISME HITLERIEN et les 200 familles, s’entendant avec l’U.R.S.S. pour une Paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.

    Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, UNISSEZ-VOUS DANS L’ACTION ! »  

    Cet appel, rédigé en réaction au discours de Pétain (diffusé à la radio le 17 juin 1940 à midi trente) qui demandait aux militaires qui se battaient encore de capituler[3] , ne « traduit que le sursaut d’un esprit de classe qui ne capitulera jamais »[4] et avait pour son auteur « la valeur d’un serment ».

    Alors caché dans le vieux moulin de Gradignan (commune limitrophe au sud-ouest de Bordeaux), Charles Tillon transmet ce tract à Henri Souques (son logeur), qui le confie à Paulette Lacabe, afin de le reproduire. Au total, ce sont des milliers de tracts qui seront distribués, et ce alors que le Parti Communiste Français est interdit, ses militants pourchassés, emprisonnés. Dès le 18 juin, « il est répandu clandestinement dans les hôtels où résident les parlementaires », qui avaient été transféré par Paul Reynaud à Bordeaux le 10 juin, où Pétain, Laval et le maire SFIO Marquet les attendait (comme un sentiment de déjà-vu). Malgré le manque de militants de confiance dans cette ville (mis à part un petit secrétariat clandestin de communistes : Covelet, le cheminot Sabail, le parisien Sautel[5] et quelques dizaines de militants communistes), d’anciens guérilleros espagnols, ainsi que des dockers du port, diffusent ce tract. De plus, le 21 juin, une délégation de 3 femmes, dont Danièle Casanova, lui apportent des nouvelles et partent rejoindre Frachon à Toulouse, avec de nombreux exemplaires du tract, qui sera diffusé dans les départements du sud-est. Enfin, lorsque les allemands arrivent à Bordeaux le 27 juin, « des tenanciers de kiosque en glissent dans les journaux », alors que la radio de Bordeaux ne « verse plus que de la musique. Mais pourquoi cette insistance à repasser ainsi dans ces jours noirs le boléro de Ravel ? Le disque préféré de « son ami le maréchal pour son ami Von Stoher, ambassadeur d’Allemagne à Madrid » ». (Rappelons que le maréchal Pétain avait été nommé ambassadeur de France à Madrid dès 1935 et qu’il entretenait d’excellents rapports avec Franco et ses soutiens italiens et allemands[6].)  « Cependant un silence de prison entre dans les maisons. Tout semble fini de la drôle de guerre… Passons à tout ce qui commence. »

    Martin

    source: https://www.initiative-communiste.fr/


    [1]Voir le texte de A. Badiou: « pandémie, ignorance et nouveaux lieux collectifs »

    [2]« Les FTP, témoignage pour servir à l’histoire de la résistance » C. Tillon, chez Julliard (disponible sur bnf gallica)

    [3] même si précise Tillon,  «nos troupes se battent dans un chaos suspect d’ordres et de contrordres, avec l’impression tragique d’être abandonnées à l’impéritie, ou à pire encore »

     «  Les FTP, témoignage pour servir à l’histoire de la résistance ». Charles Tillon

    [4] « Les FTP, soldats sans uniformes » C. Tillon

    [5] Ces deux derniers seront fusillés en 1941.

    [6] Voir les travaux d’Annie Lacroix-Riz, notamment « les élites françaises, d’un tuteur à l’autre »

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  • Alain Bodivit, 95 ans, est l’un des huit derniers combattants volontaires de la Résistance du Finistère : « La loi permet à Marine Le Pen de venir à Sein mais ce n’est pas sa place. Finir ma vie et voAlain Bodivit, 95 ans, est l’un des huit derniers combattants volontaires de la Résistance du Finistère : « La loi permet à Marine Le Pen de venir à Sein mais ce n’est pas sa place. Finir ma vie et voir des choses comme ça, j’espérais mieux »

    Marine Le Pen à Sein pour le 80e anniversaire de l’Appel du 18 juin ? « Une honte » pour le Cornouaillais Alain Bodivit, président des combattants volontaires de la Résistance du Finistère.

    La crise sanitaire l’a obligé à interrompre ses conférences dans les écoles. Alain Bodivit, 95 ans, a profité du confinement pour mettre de l’ordre dans ses archives personnelles. Le classement de tous ses précieux papiers a fait remonter de douloureux souvenirs, et rend, à ses yeux, d’autant plus intolérable la venue de Marine Le Pen, jeudi, à Sein, pour la commémoration du 80e anniversaire de l’Appel du 18 juin. « C’est honteux, ça m’écœure. C’est une atteinte à la France », dit-il.

    Pour ce patriote, décoré notamment de la Croix d’officier de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre et de la Croix des combattants volontaires de la Résistance, le Rassemblement national est « le descendant direct de la milice de Pétain, de ceux qui ont martyrisé les copains ». Lui et les neuf autres membres du groupe « Turma Vengeance », de Pleuven, craignaient tout particulièrement ces « crapules françaises ». « Avec chaque gestapiste, il y avait au moins sept miliciens. Ils s’infiltraient chez nous… », se souvient-il.

    La carte de membre du réseau Turma Vengeance d'Alain Bodivit. Il avait 17 ans quand il rejoint la résistance.
    La carte de membre du réseau Turma Vengeance d’Alain Bodivit.
    Il avait 17 ans quand il a rejoint la Résistance. 

    « C’était une zone interdite »

    Ces risques ne l’ont pas empêché de rentrer dans la Résistance, en 1943, à l’âge de 17 ans. « On était privé de tout ! Tous les jeunes de mon âge voulaient la rejoindre ! ». C’est un second maître dans la Marine qui le coopta, autour d’un vin chaud, à l’issue d’un match de foot. Alain Bodivit commença à recueillir des informations pour les alliés. Son père était commerçant en produits agricoles, au Moulin du Pont, à la lisière de Quimper et Pleuven. « J’avais des ausweis pour aller livrer toutes les fermes alentour », poursuit-il. Il empruntait régulièrement la route qui menait à Bénodet, et en profitait pour noter les emplacements exacts des casemates et observer les bateaux ennemis venus mouiller dans la baie. « C’était une zone interdite. J’étais parfois contrôlé trois à quatre fois dans la journée ».

    « Connaître le moins de personnes possible »

    Du haut de ses 17 ans, il parvenait à reproduire précisément, sur un papier-calque posé sur une carte Michelin, les résultats de ses repérages. « Je les confiais à mon chef de réseau. Un agent de liaison passait ensuite chez lui les récupérer. Ça partait vers Port Manec’h, pour être transmis aux Anglais ». Il n’a connu que bien plus tard le nom du résistant de Port Manec’h. « Dans le groupe Turma Vengeance de Pleuven, nous étions dix et nous ne devions connaître personne d’autre. Nous étions des francs-tireurs. Les Allemands pouvaient nous fusiller immédiatement ! Mais ça ne se passait pas comme ça. Ils nous torturaient. C’est pour ça que nous devions connaître le moins de personnes possible ».

    « Il a été pris tout de suite »

    Ce cloisonnement lui permit d’échapper aux rafles, de justesse. « Un membre d’un des trois groupes Turma Vengeance de Quimper n’a rien trouvé de mieux que d’être arrêté par une patrouille allemande pendant le couvre-feu, avec un pistolet 6,35 mm sur lui. Ils lui ont laissé le choix. Il a donné le nom de l’agent de liaison… ». C’est ainsi que les Allemands ont encerclé une ferme, à Saint-Evarzec. « Il a été pris tout de suite. Mais ça ne suffisait pas. La tante, la grand-mère de 76 ans et les quatre filles de la ferme, embarquées ! Direction le bureau de la Gestapo, rue Laennec, à Quimper, pour être "questionnés" ».

    La lettre envoyée par les FFI au commandement allemand au lendemain du débarquement du 6 juin 1944La lettre envoyée par les FFI au commandement allemand au lendemain du débarquement du 6 juin 1944.

    « Ce n’est pas sa place »

    La septuagénaire fut libérée, ainsi que les quatre filles. Là encore, il s’en fallut de peu : « Dans la ferme, il y avait deux pistolets-mitrailleurs Sten, cachés dans le toit de chaume. S’ils avaient été trouvés, la ferme aurait été incendiée, avec ses habitants dedans ». Les Allemands poursuivirent leurs recherches à Pleuven, « car le traître savait qu’il y avait un groupe sur la commune ! ». Alain Bodivit a dû révéler à ses parents son appartenance à la Résistance puis partir se cacher. « Mon père, qui avait fait la guerre de 14, s’en doutait. Il m’a dit : S’ils viennent, je leur dis que je t’ai foutu à la porte depuis longtemps ! ». Il n’eut pas à le faire. Alain Bodivit s’en sortit. Il épousa, des années plus tard, l’une des quatre filles de la ferme de Saint-Evarzec. Aujourd’hui, il veut témoigner « tant que je pourrai ». Les larmes lui montent aux yeux quand il revient sur « la provocation » de Marine Le Pen. « Ce n’est pas sa place. Je dis toujours aux élèves, quand je parle de la création du Front National : "Au début, on pensait que c’était une fantaisie mais Hitler a commencé comme ça aussi." ».

    Alain Bodivit : Alain Bodivit : « Je dis aux élèves que ce qu’ils ont de plus précieux, c’est leur liberté. C’est comme l’air qu’on respire. On ne sait pas qu’il est là, mais quand il n’est plus là, on étouffe. » 
     
    Thierry Charpentier
    source: https://www.letelegramme.fr/
     
     
    A lire égalementTÉMOIGNAGE. L’ancien Résistant s’indigne de la venue de Marine Le Pen à l’Île-de-Sein (article d'ouest-france.fr du 17/06/20)
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  • Dans la continuité de l'émission du 17 mai sur la collaboration des élites  durant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la chaine YouTube du PRCF recevra pour un entretien en direct Annie Lacroix-Riz, professeure émérite d'histoire contemporaine et militante du PRCF. L'occasion de traiter un nouveau chapitre de l'histoire contemporaine : Le Conseil National de la Résistance, les jours heureux contre la "neue europa".
     
    Ecoutez, maintenant ou à nouveau, l'intervention d'Annie Lacroix-Riz sur la chaîne Youtube du PRCF sur la collaboration des élites françaises durant l'occupation allemande. : https://www.youtube.com/watch?v=TqNFR7C9_Dg
     
    Vous aurez l'occasion de lui poser vos questions, en vous rendant sur le discord prcf: https://discord.gg/A7CAAgQ.
     
     
    RENDEZ-VOUS , EN DIRECT DIMANCHE 24 MAI A 17 HEURES
     
    AVEC ANNIE LACROIX-RIZ
     
    CNR: "LES JOURS HEUREUX CONTRE LA "NEUE EUROPA"
     
     
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  • Ce 19 mai, c’est le 130 anniversaire de Hô Chi Minh : le père de l’indépendance du Vietnam Socialiste. IC vous propose de revenir dans un dossier spécial sur l’histoire du révolutionnaire vietnamien, figure de la décolonisation et de l’une des plus grandes victoires contre l’impérialisme. Souvenons nous qu’Hô Chi Minh a été l’un des fondateurs en 1920 il y a bientôt 100 ans du Parti Communiste Français, lui qui a ensuite écrit pour l’Humanité.

     

    Lire la suite du dossier sur : https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Face aux menaces de l'OTAN, le 14 mai 1955 est signé le Pacte de Varsovie

     

    Alors que l'Union soviétique doit faire face à l'agressivité du bloc impérialiste occidental, le 14 mai 1955 est signé le Pacte de Varsovie, qui crée une alliance militaire entre (presque tous) les pays socialistes d'Europe et l'URSS.

    La situation internationale de l'URSS est assez compliquée après la mort de Staline (1953). Il y a une guerre froide, des conflits locaux (en Corée, en Indochine) qui peuvent dégénérer en une nouvelle guerre mondiale, et le camp occidental qui s'organise en 1949 au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). Le bloc occidental entend coûte que coûte contenir le communisme.

    L'Union soviétique avait très justement peur que le continent européen devienne un champ de bataille. La plus grande préoccupation concernait les plans de remilitarisation de l'Allemagne de l'Ouest et son intégration dans le bloc de l'OTAN.

    Malgré l'opposition de l'URSS, en 1954, des accords sont signés à Paris entre les puissances occidentales et la RFA. L'Allemagne de l'Ouest obtient le droit de reconstituer ses forces armées et est admise dans l'OTAN. Une violation des accords de Potsdam de 1945.

    La réponse soviétique est venue avec un traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre la Bulgarie, la Hongrie, la République démocratique allemande, la Pologne, la Roumanie, l'URSS, la Tchécoslovaquie et l'Albanie (quitte le pacte en 1968), est signé le 14 mai 1955 à Varsovie.

    Les pays qui ont conclu le traité se sont engagés "en cas d'attaque contre l'un d'eux à fournir une assistance immédiate par tous les moyens nécessaires, y compris le recours à la force armée". Sur la base de l'accord signé à Varsovie, l'Organisation du Traité de Varsovie (ATS) a été créée pour coordonner une politique de défense commune. Au sein de l'ATS, il y avait le commandement conjoint des forces armées et le comité consultatif politique.

    Le premier commandant en chef fut le maréchal Koniev.
     
    Nicolas MAURY  

     

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  • Fille de communiste et épouse d’Henri , Cécile  vient de mourir à un âge avancé.

    Elle était d’emblée entrée dans la  clandestine, comme la plupart des cadres révolutionnaires du  qui s’étaient portés au secours de l’Espagne républicaine abandonnée par Blum et qui, sans renier, à juste raison, l’Union soviétique lors du pacte de non-agression Molotov/Ribbentrop, avaient refusé d’abandonner le  interdit et la République française quand la SFIO et d’autres forces de collaboration eurent voté les pleins pouvoirs à Pétain… et exigé la peine de mort pour les communistes…

    C’est ensemble que les communistes qui entouraient Rol lors de l’insurrection parisienne de 1944, durent, non seulement affronter durement les nazis, non seulement libérer notre capitale par les seules forces des  franciliens (principalement composés de FTPF et de -MOI) appuyés par la Deuxième DB, mais aussi faire échec à toutes sortes de manœuvres: celles des Anglo-saxons, qui n’avaient cure de libérer Paris, mais aussi celles du secteur bourgeois de la Résistance qui avait négocié une trêve bien illusoire avec la Wehrmacht dans le dos des insurgés. C’est l’honneur de nos camarades d’avoir mis en échec cette ligne conciliatrice et d’avoir imposé la voie victorieuse de l’insurrection et de la  par lui-même.

    C’est en ce sens que Rol-Tanguy et ses camarades, aux premiers rangs desquels figurait son épouse Cécile, laquelle a toujours souligné le rôle des femmes dans la Résistance, restent à jamais des figures de proue du mouvement ouvrier, du parti communiste et de la Libération nationale.

    Par la suite, Rol et son épouse choisirent de soutenir le tournant révisionniste de 1976, notamment l’abandon du marxisme-léninisme et de la dictature du prolétariat. Cela ne pouvait que les opposer, hélas, aux camarades, anciens Résistants ou fils de Résistants, qui allaient fonder par la suite le PRCF. L’expérience allait vite montrer que la ” mutation” du PCF n’apporterait pas le renouveau du parti, mais sa dénaturation politique et son effondrement électoral…

    Cet épisode politique ne retire rien à l’apport majeur de Cécile et d’Henri Rol-Tanguy à la libération de notre pays et ne montre que plus crûment l’ostracisme révoltant dont est victime, aujourd’hui encore, la Résistance communiste en termes de reconnaissance par la France institutionnelle. Il suffit d’observer que, pas plus que les grands Robespierre et Saint-Just, qui fondèrent la République française, aucun Résistant communiste, aucun ministre communiste de 1945, n’ont jamais été proposés par un président de la République pour figurer au Panthéon de la patrie…

    Honneur à Cécile et à Henri Rol-Tanguy, leur combat pour l’émancipation nationale et sociale continue.

    Léon Landini, Pierre Pranchere, Jean-Pierre Hemmen, Georges Gastaud.

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

     

     

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