• Le film d'animation « Un homme est mort » retrace le mouvement de grève de mars et avril 1950 à Brest.Le film d'animation « Un homme est mort » retrace le mouvement de grève de mars et avril 1953 à Brest. 

    Kris, l'auteur de la BD.Kris, l'auteur de la BD

     

    La bande dessinée de Kris et Davodeau a inspiré un film d'animation coproduit par Arte. Le scénario revient sur les grèves d'avril 1950 et le drame qui a suivi.

    L'histoire

    Voir ses personnages prendre vie, c'est le rêve de tout auteur. Pour Kris et Davodeau, il est devenu réalité : leur bande dessinée Un homme est mort est devenue un film d'animation.

    Pendant 65 minutes, les spectateurs sont plongés dans une période sombre de l'histoire brestoise. En mars 1950, la ville est en ruines. Les conditions d'existence sont dures et la vie trop chère. Les ouvriers brestois se mettent en grève et réclament « pain, paix et liberté ». Mais les manifestations dégénèrent. Le 17 avril, la police ouvre le feu : l'ouvrier syndicaliste Édouard Mazé est tué d'une balle en pleine tête.

    Le cinéaste René Vautier est justement à Brest. Il filme cette période troublée de mars-avril 1950, et en tire un documentaire intitulé Un homme est mort.

    Les femmes au combat

    La bande dessinée éponyme de Kris et Davodeau racontait l'histoire de ce film aujourd'hui disparu. Le lecteur y suivait les tribulations du « Breton à la caméra rouge » dans la ville en grève et la lutte des ouvriers brestois. « C'est l'histoire d'un film qu'on adapte au cinéma, la boucle est bouclée ! » sourit Kris.

    Porter sa propre oeuvre à l'écran n'a pas été facile. « La BD, c'est le territoire de la liberté. À la télé, il y a bien plus de contraintes, financières notamment. » Mais la version animée permet de corriger quelques oublis. Notamment la place accordée aux femmes. « On s'est rendu compte a posteriori qu'on avait minimisé leur rôle dans les événements d'avril 1950, explique le scénariste. Les grèves ont vraiment commencé à se durcir à partir du moment où les femmes ont rejoint le mouvement. » Un personnage féminin supplémentaire a donc fait son apparition dans le film.

    « Le film se concentre aussi davantage sur la vie quotidienne à Brest dans l'après-guerre », souligne Kris.

    « Parmi les vieilles machines »

    La chaîne Arte est à l'initiative du film. La société de production Les Armateurs, à l'origine de Kirikou et des Triplettes de Belleville, s'est chargée de sa production. Une « chouette entreprise » avec laquelle Kris a apprécié de travailler : « J'ai écrit les deux premières versions du scénario. On a vraiment eu les mains libres pour imaginer le film. »

    Un homme est mort sera diffusé pour la première fois au Festival de la bande dessinée d'Angoulême fin janvier. Il devrait être projeté aux Capucins le 15 mars, en ouverture du Festival européen du film court. Un lieu parfaitement adapté, selon Kris : quoi de mieux que de revivre le passé ouvrier de Brest « parmi les vieilles machines » ?

    source:  https://www.ouest-france.fr

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    Catherine Le Dilosquer, en 2014, à l'occasion du tournage d'un documentaire sur son combat.

    Elle était l'une des six femmes à l'origine de la création du planning familial du Finistère. Militante féministe et ardente défenseuse des droits humains, Catherine Le Dilosquer s'est éteinte mardi, à Pont-l'Abbé, à l'âge de 92 ans. Son premier combat a été celui du droit à l'avortement, au début des années 60. « C'était encore l'époque où la loi punissait toute information sur l'avortement. Depuis un petit local, rue Gourmelen, à Quimper, les militantes aidaient les femmes à se fournir en contraceptifs et à mettre des mots sur les choses, à parler librement », rembobine Monique Prévost, qui a côtoyé Catherine Le Dilosquer. Le planning familial du Finistère naît en 1964, sous l'impulsion de la Pont-l'Abbiste, aux côtés de Maryvonne Connan et Claude Michel notamment. Elles sont de tous les combats, jusqu'à la loi Veil, en 1974.

    Enseignante au lycée de Pont-l'Abbé

    En 2014, Catherine Le Dilosquer apparaît dans le documentaire de Marie Hélia « Les chevalières de la table ronde », qui retrace l'histoire du planning familial dans le département. Elle se joint, la même année, à un rassemblement célébrant les 40 ans de la loi Veil, à Douarnenez. « Elle avait pris la parole et s'était lancée dans un discours très émouvant, comme elle savait les faire », raconte Monique Prévost. Pacifiste et militante antinucléaire, celle qui a longtemps enseigné le français au lycée de Pont-l'Abbé avait ouvert la voix à l'expression libre en classe. « Des anciens élèves s'en souviennent avec reconnaissance ». Le planning familial du Finistère invite toutes celles et ceux qui partagent les valeurs de Catherine Le Dilosquer à venir, aux côtés de sa famille et de ses amis, lui rendre un dernier hommage, samedi, à 11 h 30, au crématorium de Quimper. 

    source: http://www.letelegramme.fr

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  • Les grèves de 1947 effacées de la mémoire: un livre pour se rappeler et lutter

    Du 10 novembre au 9 décembre 1947, la France connaît le conflit ouvrier le plus sanglant depuis la Commune. De Marseille au Pas-de-Calais, grèves, sabotage et répression feront des dizaines de morts. L’historien Robert Mencherini tente, Guerre froide, grèves rouges. Les grèves « insurrectionnelles » de 1947 de comprendre l’amnésie collective face à ce mouvement. Est-ce parce qu’il s’acheva par la division, toujours actuelle, du monde syndical français ?

    Un mois de grève, du 10 novembre au 9 décembre ; des dizaines de morts ; un pays au bord de l’explosion, avec des accusations croisées de coup d’État imminent entre gaullistes, socialistes et communistes. Et pourtant un quasi-oubli, hormis dans quelques cercles militants. On a célébré les grèves de 1936, on s’apprête à célébrer celles de 1968, mais celles de l’automne 1947 restent absentes de la mémoire nationale, sans doute parce que trop clivantes. Saluons donc l'initiative des éditions Syllepsede rééditer, dans une version actualisée, Guerre froide, grèves rouges. Les grèves « insurrectionnelles » de 1947 de l’historien Robert Mencherini. Paru pour la première fois en 1998, ce livre reste la seule étude de fond sur les événements français de l’automne 1947. Une preuve de plus que ces derniers dérangent.

    Les grandes grèves de l’automne 1947 se trouvent ainsi au croisement de considérations nationales – les difficultés de ravitaillement autant que les conflits politiques au sein de cette « Troisième voie » qui entend gouverner à l’écart des gaullistes comme des communistes – et internationales – le début de la guerre froide. Mais elles sont surtout à l’origine d'un éclatement du paysage syndical français. En décembre 1947, le courant Force ouvrière, emmené par Léon Jouhaux, quitte la CGT pour former une nouvelle confédération syndicale.

    La Fédération de l’Éducation nationale (FEN) de la CGT décide à son tour, après les grèves de 1947, de devenir autonome. Une scission majoritaire de la FEN donnera naissance en 1993 à la Fédération syndicale unitaire (FSU). Les événements de l’automne 1947 sont ainsi à l'origine de la division actuelle – tout à fait atypique en Europe – du monde syndical français.

    Extraits pris sur Pascal Bavencove via Fb

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  • Michèle Leclerc pose avec la photo de Louis Élie, résistant brestois, qui se trouve être le père adoptif de son père. À ses côtés, Gildas Priol, passionné d'histoire, collecte les détails de cette page de l'histoire locale. Michèle Leclerc pose avec la photo de Louis Élie, résistant brestois, qui se trouve être le père adoptif de son père. À ses côtés, Gildas Priol, passionné d'histoire, collecte les détails de cette page de l'histoire locale. 

     

    Les associations appellent quiconque ayant des photos de résistants du Groupe Élie à se manifester. Selon elles, mettre un visage sur un nom humanise le passé.

    Dans le square Rhin-et-Danube, près du cercle de la Marine de Brest, une modeste stèle s'élève du carré de pelouse. Dessus, figurent les noms de résistants brestois qui ont fait partie du groupe Élie. Le visage de six d'entre eux demeure inconnu.

    Petit retour en arrière. Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance un appel à la résistance depuis Londres. À Brest, rue Jean-Jaurès, Louis Élie l'entend. Il monte alors un groupe de résistants. Leur nombre est difficile à définir.Pour effrayer les Allemands, Élie a prétendu qu'ils étaient 6 000. Selon les chercheurs, ils étaient plutôt une centaine. Les résistants organisent des missions de renseignement, puis d'assassinat.

    Jambes brisées

    Au cours de l'une d'elle, au café Louis-Blanc, l'un d'eux est blessé. Le lendemain, deux membres du groupe d'Élie sont arrêtés. En deux mois, trente-huit personnes suivront, dont Louis Élie qui aura les deux jambes brisées lors d'un interrogatoire. Une partie des résistants est déportée, onze sont fusillés au Mont-Valérien le 10 décembre 1941.

    Passionné d'histoire et membre d'association comme Brest 44 et fort Montbarey, Gildas fait partie de ceux qui, patiemment, retracent le passé de Brest pendant la guerre. Un jour, Michèle Leclerc, la fille du fils adoptif de Louis Élie le contacte via les réseaux sociaux : elle a une photo de son aïeul à lui transmettre. « La magie d'Internet, sourit Gildas. Pour nous, c'est très important d'avoir des photos. Pouvoir mettre des visages sur le nom des résistants montre leur jeunesse. Cela les humanise tout simplement. »

    C'est d'ailleurs ce qui a poussé Michèle Leclerc à partager cette photo, oubliée dans les cartons. « Je ne suis pas particulièrement patriote. Quand mon père exposait la photo dans le salon, je ne comprenais pas, confie-t-elle. Mais plus tard, j'ai eu besoin de comprendre ce que ma famille a vécu. Je suis fière de ce qu'a accompli Louis Élie. Le personnifier par une photo, c'est plus fort qu'une liste de nom sur une stèle. Et avoir un impact fort, c'est oeuvrer pour que jamais les horreurs de la guerre ne se reproduisent pas. »

    Parmi les associations qu'elle a contactées, la retraitée s'est adressée à Fort Montbarey. Sa directrice, Catherine Ferre Jardinier, était ravie : « Nous collectons bénévolement tous les détails que nous pouvons sur la vie pendant la guerre dans le Finistère au sein de notre mémorial, explique-t-elle. Le texte touche moins les jeunes générations, donc avoir des photos restent toujours plus intéressants. »

    Pourtant, parmi le groupe Élie, six noms demeurent sans visage : Jean Caroff, Yves Feroc, François Gouez, Hervé Roignant, Roger Groizeleau, Joseph Prigent, Albert Muller. « Nous faisons appel aux gens qui auraient des photos d'eux, lance Gildas. Qu'ils n'hésitent pas à nous contacter ! »

    Raphaëlle Besançon.

     

    Contact : Gildas Priol au 06 45 90 98 33 ou gildas.priol@gmail.com ou l'association : fort.montbarey@free.fr ou 06 60 05 87 56.

    source: https://www.ouest-france.fr

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  • Le quai Kléber, la « Charcuterie du coin » de Jean-Louis et Louise Hascoët. Au-delà du parapet du Loch, le bistrot de Mme Taniou. (Ccollection Olivier Mantey)
    Le quai Kléber, la « Charcuterie du coin » de Jean-Louis et Louise Hascoët. Au-delà du parapet du Loch, le bistrot de Mme Taniou. (Ccollection Olivier Mantey)

    S'appuyant sur le journal du Brestois Maurice Caradec, écrit de juin 1940 à 1944, Brigitte Charoy publie un ouvrage passionnant sur la vie quotidienne en presqu'île de Crozon sous le joug allemand.

    19 juin 1940. La première kommandantur allemande s'installe à Camaret, à l'Hôtel des Pois. Trois officiers se présentent à l'hôtelière et visitent l'établissement. Ils décident d'installer leur bureau au café de l'hôtel. L'hôtelière réplique : « Si ces messieurs pouvaient plutôt s'installer au salon... ». Si cette femme n'a pas eu gain de cause (« Impossible Madame, c'est la guerre »), Brigitte Charoy en a néanmoins fait le titre de son ouvrage.

    Témoins directs

    Passionnée d'Histoire et autodidacte, elle a rencontré au total près de 80 personnes, dont les souvenirs lui ont permis de restituer fidèlement la période de l'Occupation en presqu'île de Crozon : le ravitaillement à Telgruc ou à Châteaulin, ou encore les départs en bateau pour Brest depuis le Fret. Maurice Caradec, un Brestois et créateur de l'hôtel des Pois (l'actuel centre Apas BTP) de Camaret, constitue le point de départ de sa démarche. Courtier maritime au port de Brest, Maurice Caradec a passé la période de l'Occupation au Véryac'h, à Camaret, y tenant un journal. Il y consignait chaque événement, tout ce dont il était directement témoin. Rédigé de juin 1940 à 1944, ce journal représente près de 26.000 pages.
     
    Il a donc été une source précieuse d'informations pour Brigitte Charoy, qui a pu l'obtenir auprès de sa famille. Elle a également enquêté auprès des personnes évoquées dans le journal, soit des dizaines de témoins directs.

    Détails et anecdotes

    Enfin, son travail de longue haleine (deux ans au total entre les recherches et la rédaction de l'ouvrage) a été complété par des recherches aux Archives départementales. Afin de rassembler ces informations et de les rendre accessibles aux lecteurs, elle a créé un narrateur fictif qui tient un journal et raconte les faits vécus par les Presqu'îliens de l'époque. « Ma grande envie, c'est que ce soit lisible facilement par le plus grand nombre, notamment les jeunes. C'est important qu'ils s'intéressent à cette période et j'ai écrit de manière à ce que cela leur soit accessible. Ce qui m'intéressait dans ce journal de Caradec, c'était les nombreux détails de la vie quotidienne. J'ai pu y relever les événements. Et mon ami Francis Bescou m'a aidé à les relier et à reconstituer des dialogues, grâce à sa mémoire extraordinaire ».

    Pratique
    . « Si ces messieurs pouvaient plutôt s'installer au salon ». de Brigitte Charoy. Prix : 22 €
     
     
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    Gaston Balliot a réuni sur un même site Internet le combat des sardinières.
    Gaston Balliot a réuni sur un même site Internet le combat des sardinières.

    Un site web sur la Résistance en Pays bigouden a vu le jour voilà un an sous l'impulsion de trois anciens enseignants. Depuis quelques jours, un nouveau site propose de plonger dans l'univers des luttes sociales au temps des conserveries.

    Le travail fourni par trois anciens enseignants autour de la Résistance en Pays bigouden avait permis il y a un peu plus d'un an la mise en ligne d'un site sur le sujet. Depuis Gaston Balliot s'est remis au travail. Il s'est intéressé cette fois-ci aux luttes sociales et plus particulièrement à celles qui au début du XXe siècle ont agité les conserveries de l'Ouest Cornouaille. « Mon attention a été attirée par l'histoire des Pen-Sardins, puis je suis tombé sur l'affiche de Le Quernec consacrée aux luttes sociales en Pays bigouden ». Une affiche bien connue que son auteur avait réalisée pour le compte de l'Union locale CGT de Pont-l'Abbé afin d'annoncer une conférence sur les grandes grèves sardinières de 1926 et 1927. Une problématique qui fait alors écho au projet de réalisation d'un musée de la conserverie à Loctudy. « Je me suis dit qu'il y avait matière à faire quelque chose ».

    Mouvement de moindre ampleur en Pays bigouden

    Militant politique antilibéral, Gaston Balliot a souhaité aborder l'aspect social. Il se plonge alors dans les archives en ligne de la CGT, épluche les sources présentes sur la toile, y trouve écrits divers, photographies et documents. Le site est présenté sous forme de chapitres, dont deux plus importants consacrés à la révolte des sardinières de Douarnenez (1924-1925) et aux grèves dans les ports du Pays bigouden en 1926. « J'ai voulu rassembler le Pays bigouden et Douarnenez pour montrer que c'était la même lutte, le même combat. Ce sont d'abord des luttes de femmes, ce n'est pas banal.
     
    Ce sont aussi des luttes d'émancipation comme à Douarnenez ». Il évoque d'ailleurs le cas de Joséphine Pencalet, cette sardinière qui a été la première femme élue en Bretagne en 1925. En Pays bigouden, le « point de départ, c'est Lesconil », explique Gaston Balliot. Pour étayer son propos il s'est appuyé sur « Les luttes sociales dans la conserverie et le milieu maritime en 1926 et 1927 sur le littoral bigouden », un travail universitaire d'Anne Lebel (1981). « Elles ont essayé de coordonner les luttes avec Loctudy, Pont-l'Abbé mais cela n'a pas pris ». Pour Gaston Balliot ce qui a manqué c'est le soutien. « Il y a eu un manque de solidarité, le mouvement a pris moins d'ampleur en Pays bigouden ».

    Ne pas en faire l'économie

    Le travail fait aussi écho aux chants des sardinières, album de Marie-Aline Lagadic et Klervi Rivière dans lequel les deux Bigoudènes rendent hommage aux luttes des sardinières. Il s'arrête aussi sur le projet de musée qui devrait voir le jour dans l'ancienne conserverie Le Gall, dont l'activité a cessé en 1954. « C'est une bonne initiative qui permettra de témoigner à la fois du passé de Loctudy, du patrimoine industriel, et des conditions sociales de l'époque », assure Gaston Balliot. Qui ne verrait pas d'un mauvais oeil que son travail de collecte désormais en ligne vienne enrichir le projet. « On ne peut pas faire l'économie de cet aspect social sauf à en faire un musée patronal ».

    Pratique
    Le site est consultable à cette adresse : sardinieres.wordpress.com
     
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