• Janvier 1919 / janvier 2019

    HONNEUR A ROSA LUXEMBURG, A KARL LIEBKNECHT

    ET A L’IMMORTELLE INSURRECTION SPARTAKISTE DES PROLETAIRES ALLEMANDS.

    Janvier 1919 / janvier 2019  HONNEUR A ROSA LUXEMBURG, A KARL LIEBKNECHT ....

    Déclaration du PRCF, 14 janvier 2019

     

    Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, chefs de file du prolétariat allemand, opposants de la première heure à la boucherie impérialiste de 14/18, figures éminentes du prolétariat mondial, cibles permanentes des sociaux-traitres de la IIème Internationale, fondateurs avec Lénine et Clara Zetkin de l’Internationale communiste en gestation, étaient assassinés par les « Corps francs » préfascistes lancés à leurs trousses par Ebert et Noske, les dirigeants alors au pouvoir du SPD. L’écrasement sanglant de l’insurrection spartakiste et la répression anticommuniste, annonçaient clairement la fascisation ultérieure de l’Allemagne et du continent européen, la marche vers une nouvelle guerre impérialiste mondiale et l’isolement durable de la jeune Union soviétique sur la scène mondiale.

    Lénine, qui avait maintes fois polémiqué durement avec Rosa, mais qui n’en avait pas moins une grande estime pour la théoricienne marxiste, pour la dirigeante indomptable, pour la personnalité attachante et pour la combattante héroïque, écrivait alors ces lignes fameuses :

    « Il arrive parfois que les aigles volent plus bas que les poules, mais les poules ne parviendront jamais à s'élever à la hauteur des aigles. En dépit de ses erreurs, elle fut - et elle reste pour nous - un aigle. Et non seulement sa mémoire sera toujours conservée précieusement par les communistes du monde entier mais sa biographie et ses œuvres complètes (…) serviront de leçon utile pour la formation de plusieurs générations de communistes dans le monde entier». (Note d'un publiciste, fin février 1922).

    Quoique invariablement situés du même côté de la barricade anti-impérialiste, anti-opportuniste et antirévisionniste, Lénine et Rosa se sont en effet confrontés durement, quoique fraternellement, sur plusieurs questions stratégiques. Que ce soit sur la question nationale, où Lénine reprochait à la Polonaise Rosa de sous-estimer l’importance du « droit des nations à disposer d’elles-mêmes » (alors qu’il convient d’associer l’émancipation sociale à la défense anti-impérialiste des nations opprimées), que ce soit sur la question du Parti communiste de combat et de sa nécessaire discipline (Rosa et Karl ont payé de leur vie le retard des gauches allemandes à s’organiser en dehors du SPD et leur fidélité organisationnelle prolongée à un parti irréversiblement dénaturé) ou que ce soit sur les rapports dialectiques entre mouvement spontané des masses (soviets d’ouvriers et de soldats) et organisation centralisée du parti prolétarien (deux dimensions que la Révolution russe a su articuler et sans lequel il n’y aurait pas eu la victoire d’Octobre 1917), il y eut confrontation théorique constante. Mais pour finir, Rosa et Karl qui, il est vrai, avaient passé l’essentiel de la guerre derrière les barreaux du Deuxième Reich, appuyèrent chaleureusement la révolution prolétarienne russe et rallièrent les efforts de Lénine pour fonder une nouvelle Internationale communiste, totalement indépendante de la IIème Internationale corrompue et totalement enlisée dans l’union sacrée avec les alliances impérialistes sanguinaires.

    C’est pourquoi en ce 100ème anniversaire de la Révolution spartakiste, tous les vrais communistes rendent hommage à Rosa et à Karl

    • En fustigeant les dirigeants de la social-démocratie qui, partout et toujours, ont nourri l’anticommunisme, la contre-révolution, l’antisoviétisme, les guerres coloniales et impérialistes, en se cachant derrière l’hypocrite paravent de « la » démocratie (pour la bourgeoisie !) et des « droits de l’homme » (… bourgeois à exploiter autrui) ; plus que jamais que retentisse et que s’élargisse l’héroïque appel lancé par Liebknecht en 1914, « l’ennemi principal est dans ton propre pays », cette oligarchie qui travestit en « patriotisme » la défense des intérêts du grand capital ; honte à ceux qui aujourd’hui, brandissent leur étiquette « communiste » ou « syndicaliste » pour prôner l’ « union de la gauche » avec le PS maastrichtien et avec ses surgeons à la Hamon, ou qui vendent aux syndiqués l’introuvable « Europe sociale », c’est-à-dire un empire entièrement tourné contre les droits sociaux, contre le socialisme, contre le peuple russe et contre les souverainetés nationales ; 
    • En appelant les travailleurs salariés et les communistes d’Allemagne et de France à renforcer leurs liens combatifs, comme ce fut trop brièvement le cas à l’époque des appels communs de Thorez et de Thälmann, face à l’Axe prédateur Paris/Berlin et à la mortifère UE supranationale arrimée à l’OTAN ;
    • En combattant les guerres et les ingérences impérialistes en cours, que ce soit en Afrique, au Proche-Orient ou aux frontières de la Russie : ni empire européen dominé par la « Grande Allemagne » victorieuse de la RDA, ni « Françafrique » déstabilisant sans fin l’Afrique et le Proche-Orient ;
    • En appelant les travailleurs et les communistes à une solidarité de combat avec les militants du mouvement populaire réprimés (Gilets jaunes de France, syndicalistes de lutte…), mais aussi tous les communistes d’Europe de plus en plus persécutés par les pouvoir fascisants de l’UE, notamment en Pologne, où le KPP est menacé de délégalisation dans la honteuse indifférence de tant de « progressistes » européens.
    • En restant fidèles à la passion pour la vie de Rosa dont tous les écrits théoriques et toutes les lettres de prison témoignent qu’elle avait pressenti la nature exterministe du capitalisme-impérialisme moderne et qu’elle avait mille fois raison de clamer, après Engels, que notre époque doit et devra nécessairement choisir entre « socialisme et barbarie ».
    • En reprenant à notre compte les dernières lignes de l’ultime article de Rosa Luxemburg, L’Ordre règne à Berlin : « Votre « ordre » est bâti sur du sable. Dès demain la révolution « se dressera à nouveau avec fracas » proclamant à son de trompe pour votre plus grand effroi : J’étais, je suis, je serai »

    Honneur à Rosa Luxemburg et à Karl Liebknecht qui restent des exemples pour l’ensemble des travailleurs et des jeunes intellectuels politiquement conscients. Que le nom de Spartakus, égalant le prestige mondial du chef de file des esclaves insurgés contre l’oligarchie romaine, brille à jamais au ciel étoilé des grands révolutionnaires !

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  •   Réponse d'Annie Lacroix-Riz à une attaque inqualifiable de la direction de la CGTAnnie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7

    Le Pecq, le 10 janvier 2019

     

    J’ai été avisée, le 9 janvier 2019 d’une attaque nominale lancée contre moi par une fiche anonyme, à l’en-tête officiel de la CGT, intitulée  :

    À la fin d’un paragraphe intitulé « Plusieurs exemples de publications liées à l’extrême droite », je suis ainsi désignée, pour avoir été interviewée ‑‑ comme mon excellente et vaillante collègue belge Anne Morelli, qui a lutté contre les guerres impérialistes contre la Yougoslavie et l’Irak et s’est rendue sur place en pleins bombardements ‑‑ par :

    Notons que même Wikipédia (voir ci-dessous) rend compte de façon factuelle de ce documentaire de 2004 de Béatrice Pignède, décédée en 2015, dans les termes suivants : « Son documentaire Propagande de guerre, propagande de paix en 2004 fait intervenir notamment deux historiennes Anne Morelli et Annie Lacroix-Riz, comparant les thèmes de propagande lors de la guerre en Irak avec ceux développées lors d'autres conflits. » (https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9atrice_Pign%C3%A8de ) Naturellement, je n’ai rien à retrancher de ce que j’ai déclaré dans cette interview, et je ne suis responsable à aucun titre de l’évolution politique de cette journaliste, qui avait été exclue de la télévision pour esprit critique, que je ne connaissais que comme telle, et que je n’ai pas revue depuis 2005.

    Le document accusateur de la CGT semble avoir été établi à l’usage de la formation de ses cadres, supposés conduire, grâce aux préceptes ainsi dispensés, une efficace lutte idéologique « contre l’extrême droite ».

    Je serais donc « rouge brune », ainsi qu’il ressort de mon compagnonnage de septembre 2018 avec nombre d’amis et camarades qui sont l’honneur du mouvement ouvrier et des intellectuels progressistes? https://www.youtube.com/watch?v=CRvwFM8A1-4

    L’amalgame

    Le texte de la CGT est inspiré par le même esprit de terrorisme intellectuel que celui du Decodex du Monde, des Check News (en anglais, naturellement, langue maternelle des intéressés) de Libération et de leurs surgeons multiples de divers organes de « grande presse ». Il fleure également bon,

    ‑‑ d’une part, la détestable fiche Wikipédia, cas fréquent, la mienne comprise (voir lien ci-dessus), rédigée par des scripteurs d’extrême droite. Ceux-ci ont définitivement interdit de séjour tout « discutant » de bonne foi qui osait contester ma mutation en fascisto- négationniste (les amateurs de « discussion » sur ce site peuvent essayer de contester le contenu de ma fiche, ils en comprendront d’emblée les méthodes), et,

    ‑‑ d’autre part, la littérature de la mouvance prétendument « antifasciste ». Mouvance extrêmement hétéroclite, puisque s’y retrouvent des conservateurs ou réactionnaires de la « Nouvelle » ou de l’« Ancienne » droite, tel Pierre-André Taguieff, aux côtés de  membres du parti socialiste ou directement utilisés par ses organisations, tel Rudy Reichstadt, « lancé » par le ministère de l’éducation nationale sous la présidence Hollande, et qui a déjà mené contre moi une campagne ignominieuse me taxant de « conspirationniste », au motif que j’aurais inventé une « synarchie » qui n’existe pas, comme l’écrit mon collègue Olivier Dard, professeur à Paris 4, et conférencier favori de l’Action française (voir le document ci-joint « Lettre ouverte à mes amis de l’UJRE sur une curieuse invitation, samedi 10 mars 2018 »).

    Je signale pour mémoire que la « fiche n°17 » fustige Maurras, « Maître » dont Olivier Dard vante les mérites en tout lieu, manifestement sans choquer l’historiographie dominante issue de l’Institut d’études politiques, qui a cautionné sa fiche de commémoration du centenaire de Maurras et a été fort fâchée de la renonciation à la publication, devant l’ampleur du scandale. Mes camarades du PRCF savent d’ailleurs que cet universitaire avait été invité (mais pas moi) il y a quelques mois à Montreuil, municipalité dirigée par le PCF, à un « débat » sur l’extrême droite, à laquelle il appartient : c’est un Montreuillois qui m’en a informée, information qui nous a permis de réagir à cette invitation unilatérale.

    L’épisode de la tentative de commémoration de Maurras est conté ici : « Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras », paru les 15-17 mai 2018 sur le site Lescrises.fr, https://www.les-crises.fr/de-charles-maurras-a-son-biographe-olivier-dard/

    https://www.les-crises.fr/apparences-et-realites-de-la-commemoration-de-charles-maurras-2e-partie-une-commemoration-celebration-par-un-biographe-faisant-lunanimite-des-historiens-du-consensus/

    https://www.les-crises.fr/de-lurgence-de-la-reedition-des-collabos-au-role-du-haut-comite-aux-commemorations-nationales-de-2011-a-2018/

     

    La littérature qui me qualifie de « rouge brune », à l’exemple de la « fiche n° 17 » de la CGT, est toujours caractérisée par l’amalgame entre, d’une part, la droite et l’extrême droite, et, d’autre part, la vraie « gauche », c’est-à-dire celle qui se bat pour la suppression du capitalisme, but officiel initial, à ma connaissance, de la CGT, longtemps maintenu.
    La fraction « européiste » de la Confédération ne supporte plus la gauche qui récuse l’orientation de la Confédération européenne des syndicats, à laquelle elle appartient depuis l’ère Thibault. Elle juge aussi intolérable la mise en cause de l’orientation « occidentale », adhésion à l’OTAN incluse, qui viole pareillement toutes les traditions de lutte et d’analyse de la CGT-CGTU.

    Il s’agit du même amalgame que celui qui a eu cours dans l’entre-deux-guerres, et qui a conduit ses initiateurs à la collaboration (de classe puis tout court), alors que ses victimes ont compté parmi les héros, français et étrangers, de la Résistance :

     

    je renvoie pour cette comparaison à mon ouvrage De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008, 408 p., et à la contribution « La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites », au colloque Marc Bloch, Rouen, 8-10 février 2012 ». Cette dernière figure dans le récent ouvrage de 2015, Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, 250 p., épuisé, mais qui sera réédité chez Delga. Ces travaux montrent, pièces d’archives à l’appui, l’opposition entre syndicalisme de lutte et syndicalisme de collaboration de classe, opposition particulièrement nette à la fin des années 1930 préludant à la guerre générale.

    La russophobie

    Notons avec intérêt que la CGT, dans ses documents de « formation » des cadres, désigne à la vindicte les ennemis russes de la France ‑‑ ce qui nous ramène au temps où René Belin, second de Jouhaux et promis à sa succession, et futur « ministre du Travail et de la Production industrielle » dissolvant la CGT par décret, le 10 novembre 1940, hurlait « Sus aux Russes » et « À bas les Sénégalais de Staline » avec les siens. Ceux-ci le suivirent sous l’Occupation et bénéficièrent d’énormes prébendes étatiques et patronales après l’abrogation de la CGT (voir mes ouvrages Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., et Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Dunod-Armand Colin, 2016, 496 p., index Belin).

    La Russie de Poutine offrirait l’exemple-type de la distribution d’argent étranger irriguant une information malhonnête et tronquée. La CGT n’a, à ma connaissance, jamais protesté contre ce qui caractérise l’information d’aujourd’hui, c’est-à-dire la gigantesque influence, financière et idéologique, dont disposent les États-Unis et toutes les institutions qu’ils contrôlent pour corrompre l’information en général et nos « élites » journalistiques en particulier. Il est parmi elle nombre de spécimens des French-American Young Leaders, qui ont remplacé la grossière propagande de Guerre froide d’après-guerre du Reader’s Digest par une intoxication « française » à flots continus. Ne manquez pas, je vous prie, d’en consulter la liste instructive, https://frenchamerican.org/young-leaders/earlier-classes/

    Alors, par exemple, je suis également nazie parce que j’ai été accueillie plusieurs fois sur le site Les.crises, dont le responsable, Olivier Berruyer, est harcelé par les chouchous des médias – telle Cécile Vaissié, dont l’ahurissant ouvrage Les réseaux de Poutine en France (2016), a bénéficié d’un écho énorme, de la gauche « Médiapart » à l’extrême droite ‑‑ et qui est accusé par ces mêmes médias de répandre des « fausses nouvelles » (Fake News, c’est mieux) et de se soumettre aux diktats d’un Poutine prêt à fondre sur la France?

    Alors, par exemple, je suis également nazie parce que, jamais invitée sur le service public de télévision quand Frédéric Taddeï y animait une émission, j’ai été invitée par lui à participer à une émission de « débat » (d’indéniable débat) sur l’extrême droite, sur RT, le 17 octobre 2017 : https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/54680-interdit-dinterdire-montee-nationalismes-droites-extremes-retour-annees-30; https://www.youtube.com/watch?v=Csu-lbTum8k .

    J’y ai figuré aux côtés de Thomas Guénolé, aujourd’hui traité par LREM en délinquant, https://francais.rt.com/france/57708-il-y-a-pire-que-ceux-qui-tabassent-aurore-berge-saisit-justice-contre-cadres-insoumis ? Après la saisie gouvernementale de tous fichiers et adresses de LFI, démarche exorbitante des droits et libertés des citoyens qu’on avait peu vue mise en œuvre depuis la répression anticommuniste 1° de 1939-1940, sous la pression explicite de Berlin (voir De Munich à Vichy) et 2° des années 1950, sous la pression explicite de Washington, on passe à la case prison pour subversion? Avec les approbations et encouragements de la CGT contre ces « rouges-bruns »? J’assure ce politiste de toute ma solidarité.

    Je profite aussi de l’occasion pour rendre hommage au grand politiste-historien progressiste américain, William Blum, ancien du Département d’État et honnête homme, qui a, à partir de 1967, mis sa vie (en ruinant sa carrière) au service de la vérité sur l’impérialisme américain, et qui vient de mourir. Je recommande vivement à mes correspondants la lecture des Guerres scélérates, Lyon, Parangon,‎ 2004 (Killing Hope: U.S. Military and CIA interventions since World War II, Monroe, Maine, Common Courage Press, 2003, édition complétée de son ouvrage essentiel, The CIA: A Forgotten History, Londres et New Jersey, Zed Books, 1986). Ils connaîtront ainsi mieux le principal corrupteur de la planète de l’après-Deuxième Guerre mondiale. Rouge-brun, aussi, feu William Blum?

    Mon éditeur, ami et camarade Aymeric Monville serait aussi un « rouge-brun » pour avoir sur RT Royaume-Uni exposé clairement et honnêtement depuis octobre 2018 la transformation du présent régime en dictature de droite, puis les développements du mouvement social en cours? Qu’il soit également assuré de mon soutien :

    https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/giletsjaunes-notre-camarade-aymeric-monville-explique-la-situation-sur-russia-today-international/

    https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/video-prcf-russia-today-francais-attaches-aux-refus-de-lamericanisation-aymeric-monville/

    https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/le-bilan-de-lannee-macronique-par-a-monville-et-rt-video/

    Historienne marxiste et communiste

    Je rappelle à mes lecteurs et correspondants que je compte parmi les rarissimes historiens marxistes de France, et, horresco referens, communistes en sus. Nul n’a jamais pu trouver dans un mes écrits ou une mes interventions la moindre complaisance pour le fascisme et le racisme.

    Je me permets à cet égard de renvoyer à la liste de mes travaux, qu’ils trouveront sur http://www.historiographie.info/cv.html et sur le texte ci-joint (CV de mes travaux).

    Y figure notamment mon ouvrage en relecture, consacré à La non-épuration, particulièrement éclairant, je crois, sur l’appareil d’État, notamment policier et judiciaire, qui, après la Libération, a été chargé de rétablir un total statu quo, de gommer la Collaboration des plus grands coupables, et de bafouer, à un degré qu’il est difficile d’imaginer, les anciens résistants, morts ou survivants. Lesquels avaient été en majorité des militants, français et étrangers, du PCF et de la CGTU, puis de la CGT réunifiée, puis de la CGT clandestine de Frachon et Costes. Cet ouvrage sera dédié aux FTP-MOI (et je pense particulièrement à mon cher ami et camarade Léon Landini, lutteur infatigable) et au grand magistrat Paul Didier, honneur unique d’une « Magistrature déshonorée », pour reprendre le titre d’un ouvrage de Virginie Sansico (La justice déshonorée 1940-1944, Paris, Tallandier, 2015).

    J’ai par ailleurs, par mes travaux sur la CGT dans l’après-guerre, objet d’une thèse d’État, seule thèse d’État consacrée à ce sujet, et par de nombreux autres travaux, relatifs aux années 1930-1950, montré mon attachement au mouvement syndical et mon admiration pour la CGT combative des Frachon, des Costes et des Croizat : « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947). Deux stratégies de la Reconstruction », 4 vol. (2 de texte: 1215 p., 2 de notes: 978 p. + table des matières, index et errata), thèse d’État soutenue à l’Université de Paris I, le 7 novembre 1981. Jury: J. Bouvier, J.-M. Mayeur, A. Prost, R. Trempé, C. Willard. Cette thèse a été publiée en deux ouvrages: La CGT de la Libération à la scission (1944-1947), Paris, Éditions Sociales, 1983, 400 p., et Le choix de Marianne: les relations franco-américaines de 1944 à 1948, Paris, Éditions Sociales, 1986, 222 p., qui va faire l’objet, en 2019, d’une réédition chez Delga. Sans oublier, et il est d’autres contributions, Scissions syndicales déjà mentionné, et Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, réédition augmentée, 2016, 165 p., où j’évoque les prestations comparées, dans les années 1950, du syndicalisme de connivence, sous stricte tutelle patronale, étatique et américaine, et de la CGT de Frachon alors résolument anti-« européiste ».

    La direction de la CGT s’est, à cette date, sa position sur le mouvement social en cours le démontre avec éclat, ralliée à une conception du syndicalisme que ses refondateurs de la Libération, les lutteurs de la CGTU, ont combattue pendant leurs longues décennies d’honneur (pas d’honneurs) : elle a abdiqué ses traditions, et classerait aujourd’hui ses anciens chefs, héros de la Résistance intérieure, parmi les communistes qu’elle ose qualifier de « rouges-bruns ». Léon Landini aussi?

    Il ne s’agit évidemment pas la première attaque contre moi : mes correspondants et les habitués de mon site ont été informés de nombreux autres assauts, et ont eu à plusieurs reprises, je les en remercie à nouveau, l’occasion de me soutenir contre d’autres assaillants, de fausse gauche, de droite et d’extrême droite (« Ukrainiens » cléricaux compris).

    Je ne cache pas cependant ma sidération et mon indignation de ce que la direction de la CGT, Confédération au service de laquelle j’ai encore récemment, contre les insupportables prétentions des héritiers de Louis Renault (2011-2014), mis mon travail d’historienne, ait eu l’audace de me classer à l’extrême droite. Témoignent de ce travail au service de la science historique et du mouvement ouvrier les articles:

       http://www.historiographie.info/renaultcharst.pdf et   http://www.historiographie.info/mediapart0711.pdf

    (sans oublier Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., où Renault occupe une place notable, et les luttes ouvrières un chapitre entier, le 10).

    La CGT, dont j’ai été membre précoce de l’Institut d’histoire sociale, m’en a chassée sans tambours ni trompettes, à la fin des années 1990, dans la discrétion nécessaire à l’arrivée, prévue en vue d’adhésion imminente à la Confédération européenne des syndicats, de Bernard Thibault : non pas parce qu’elle me trouvait « brune », mais parce qu’elle me trouvait beaucoup trop « rouge ».

    Sollicitant avec succès d’autres historiens plus conformes à ses nouvelles conceptions de l’histoire socio-économique (et qui apprécient légitimement de se voir reconnus et honorés par les représentants les plus éminents de la classe ouvrière et des salariés de France), elle m’a systématiquement effacée, dans des conditions qui seraient comiques si elles n’étaient honteuses, de ses bibliographies et de ses colloques : notamment, en 2013, d’un colloque sur Croizat, pour lequel elle a invité des historiens dont aucun n’avait jamais travaillé sur Croizat, un des personnages importants de ma thèse sur la CGT, scandale étendu à Michel Étiévent, auquel j’ai réagi, en vain (texte joint sur la réplique piteuse de l’IHS à propos de ce seul dernier, sans réponse à ma propre protestation).

    La CGT est désormais passée, avec ce document censé « former » ses militants responsables, à la charge ouverte, absolument inqualifiable. J’ai naturellement l’intention d’interroger Philippe Martinez, ancien militant et responsable CGT de Renault, sur les raisons de cet affront anonyme, et de mettre au défi la direction de la Confédération de trouver une déclaration ou un écrit de ma part qui ait pu donner lieu à cette accusation infamante.

    Je remercie par avance tous mes correspondants de diffuser au maximum cette adresse de protestation. J’ai besoin de leur soutien contre une initiative qui s’inscrit dans une entreprise de destruction et de criminalisation de la gauche, la vraie, et de l’histoire scientifique et indépendante des financements des puissants, français ou étrangers.

    Cette dernière sera assurément sévère sur le changement de camp (que nous savons tous momentané, si durable qu’il ait été) de la vieille Confédération.

    Annie Lacroix-Riz le jeudi 10 Janvier 2019

     

    Documents annexes:

    1. La « FICHE N° 17/ Extrême droite et médias - campagne contre l’extrême droite - CGT »     Page 1 et 2   

    2. Lettre ouverte à mes amis de l’UJRE  (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide) sur une curieuse invitation, samedi 10 mars 2018

    3. Curriculum vitae d’Annie Lacroix-Riz (Décembre 2018)

     

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  • 10 novembre 1918: le drapeau rouge flotte sur Strasbourg

    Depuis le traité de Francfort entre l'Allemagne et la France vaincue, l'Alsace et la Moselle sont sous la domination de l'empereur Guillaume II de Hohenzollern. De ce fait, durant la Première Guerre mondiale, Alsaciens et Mosellans en âge d'être soldats vont combattre pour l'Allemagne.

    Le 29 octobre 1918, les marins des navires de guerre de la base de Kiel refusent d’aller mourir pour "l’honneur" des officiers. C’est le début des mutineries de Kiel et d’un processus révolutionnaire dans toute l’Allemagne. Et parmi ces marins insurgés de Kiel, beaucoup sont originaires d’Alsace-Moselle. Aussi, ils réquisitionnent un train pour rentrer chez eux.

    En Allemagne, à Stuttgart, le 4 novembre, un conseil ouvrier, constitué après une grève générale, se déclare prêt à signer la paix au nom du Wurtemberg. Le 6 novembre, des conseils d’ouvriers et de soldats contrôlent Kiel, Lübeck, Brunsbüttel, Hambourg, Brême et Cuxhaven. A Munich, le 7 novembre, les points stratégiques sont pris sans rencontrer de résistance. Le lendemain, le conseil d’ouvriers, de paysans et de soldats proclame la "République socialiste de Bavière" ; le roi Louis III prend la fuite. Le 9 novembre, le soulèvement gagne Berlin où les Spartakistes proclament la "Libre République Socialiste d’Allemagne".

    Le train des Alsaciens-Mosellans insurgés est arrêté à Khel, de l'autre côté du Rhin et face à Strasbourg. Un poste de soldats fidèles à l'empereur garde l'entrée du pont. Leur officier fait ouvrir le feu: un insurgé est tué et plusieurs autres sont blessés. Mais ses camarades, avec des ouvriers allemands, s'emparent de la ville allemande, du pont et traversent le Rhin.

    Dans Strasbourg, le 8 novembre, apprenant la proclamation de la République socialiste de Bavière, des manifestants, civils et soldats, se rassemblent sur la place Kléber. Des dizaines d’officiers allemands sont dégradés en public. Les marins insurgés sont accueillis dans l'enthousiasme.

    Sur le front des Vosges, soldats allemands et français fraternisent et manifestent avec le drapeau rouge. A Saverne, les soldats se mutinent. Soldats et ouvriers organisent des conseils révolutionnaires à Haguenau, Colmar, Mulhouse, Sélestat, Saverne, Guebwiller, Metz, Schiltigheim, Bischwiller, Molsheim, Erstein, Neuf-Brisach, Thionville, Sarreguemines. Les mines sont occupées à Knutange. A Algrange, Hagondange, Rombas, des grèves sauvages éclatent.

    A Colmar le Conseil des ouvriers et des soldats siège à la mairie, et le futur Feldmaréchal Rommel viendra s’y plaindre des vexations dont sont victime ses officiers. A Metz, le Conseil siège également à l’hôtel de ville sur lequel flotte un drapeau turc dont on a passé le croissant au minium pour en faire un drapeau rouge.

    Les conseils de travailleurs et de soldats se multiplient à Strasbourg. Ils revendiquent la liberté de presse et d’expression, la levée de la censure sur le courrier, le droit de manifester. Une trentaine de commissions organisent la vie quotidienne (transport, finances, ravitaillement, démobilisation, justice, amnistie des déserteurs, etc) et toutes les marques d’autorité comme les insignes et les grades sont supprimés. La ville se hérisse de drapeaux rouges dont l’un flotte sur la flèche de la cathédrale. Sur les affiches qui couvrent les murs de Strasbourg, on peut lire: "Nous n’avons rien de commun avec les Etats capitalistes ; notre mot d’ordre est : Ni Allemands, ni Français, ni neutres. Le drapeau rouge a triomphé. " La "République socialiste de Strasbourg" est proclamée le 10 novembre 1918.

    Pour la bourgeoisie, le mot d’ordre devient "Plutôt Français que rouge".

    Jacques Peirotes maire social-démocrate de Strasbourg, écrit secrètement au grand quartier général français et demande aux généraux de "hâter leur arrivée à Strasbourg, la domination des rouges menaçant de prendre une fin tragique".

    Son appel est entendu. Les troupes françaises, qui ne devaient prendre l’Alsace que le 25 novembre, se précipitent. Le 17 novembre, elles contrôlent Mulhouse. Le 22 novembre, c’est Strasbourg. Le drapeau tricolore flotte sur la cathédrale. Le palais de Justice, où se tenaient les réunions des conseils, est investi. Les organisations ouvrières sont placées sous contrôle militaire. Tous les décrets sociaux sont annulés. Le militarisme français remplace le militarisme prussien. La bourgeoisie retrouve se posture et ses privilèges qu'elle détenait sous Guillaume II.

    source: Le blog de Roger Colombier (4/11/2018)

     

    video: quand le drapeau rouge flottait sur la cathédrale (La République des soviets à Strasbourg, 1918)

     

    En novembre 1918, après l’offensive de l’armée française renforcée par l’arrivée des troupes américaines, la débâcle allemande devenait inéluctable. Pour sauver l’honneur du Reich, les amiraux de la marine allemande, ancrée dans les ports de Kiel et de Wilhelmshafen, décidèrent d’engager un dernier combat, perdu d’avance, contre les navires anglais. Mais les marins ne voulurent pas mourir pour rien ; le 3 novembre ils se révoltèrent et le drapeau rouge flotta bientôt sur tous les navires. La contagion révolutionnaire se répandit rapidement à Hambourg, Brême, Cologne, Munich et Berlin, ce qui contribua à la chute de l’Empire et à l’instauration de la première République en Allemagne. Les marins de Kiel, en grande partie alsaciens, revinrent alors au pays animés d’un fort sentiment révolutionnaire. Entre le 8 et le 22 novembre, jour de l’arrivée des troupes françaises à Strasbourg, des conseils de soldats et d’ouvriers furent constitués par les marins dans les principales villes d’Alsace, non pas pour garder celle-ci dans le giron d’une Allemagne impérialiste et vaincue, mais bien pour la soustraire au capitalisme français et la maintenir dans une Allemagne qui serait révolutionnaire et internationaliste… Mais l’Histoire en décida autrement. Documentaire de 2009 écrit et réalisé par Jean-Noël Delamarre

    source: https://www.youtube.com

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  • Strasbourg 1918-2018

    Le Drapeau Rouge du passé à l’avenir

    Die rote Fahne von der Vergangenheit in die Zukunft


    En novembre 1918, le drapeau rouge flotta quelques jours sur la flèche de la cathédrale de Strasbourg.

    La ville a vécu sous l’autorité d’un conseil de soldats et d’ouvriers créé à la suite du retour des marins alsaciens-lorrains ayant participé à la mutinerie de la flotte impériale allemande.

    Le 10 novembre, la proclamation de la déchéance du pouvoir impérial fut suivie de celle de la république sociale. Mais l’arrivée accélérée des troupes françaises le 22 novembre mit fin à l’expérience révolutionnaire.

    Aujourd’hui et dans l’avenir le drapeau rouge représente l’étendard de ceux qui veulent conquérir la justice sociale solidairement dans notre pays et à l’échelle internationale.


    Programme du 6 novembre à Strasbourg :

    14h-17h : Colloque historique sur la révolution de novembre 1918
    17h-19h : Manifestation itinérante reliant les lieux d’activité des conseils d’ouvriers et de soldats
    19h : Inauguration de l’exposition historique franco-allemande
    20h : Meeting syndical international avec Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et Michaël Rudolf, premier dirigeant du DGB des Länder de Hesse et de Thuringe



    Les Jeunes communistes du Bas-Rhin (MJCF 67) appellent à rejoindre le cortège communiste lors de la manifestation itinérante :

    source: http://solidarite-internationale-pcf.fr/

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  • Quimper-2 000 jeunes pour le Centenaire. La Libre pensée s’y oppose (LT.fr-2/11/18-15h24)Détail du tabeau « La derniere patrouille », qui relate un combat dans les Ardennes au cours duquel furent notamment massacrés des Bretons. François-Marie Moullec, âgé de 26 ans et demeurant à Menez-Groaz à Ergué-Gabéric était de ceux-là. C’était le le 10 novembre 1918. (Photo d’archives Claude Prigent)

     

    Près de 2 000 jeunes seront mobilisés, certains en tenue d’époque, le 9 novembre place François-Mitterand pour célébrer le centenaire de l’Armistice. Une initiative qui n’est pas du goût de la Libre Pensée-29-Cercle Jean-Marie-Déguignet.

    « Il y a cent ans se terminait la plus effroyable guerre que le monde et l’Europe aient jamais connue », écrit l’association. « Une barbarie jamais égalée à l’époque, qui sera malheureusement amplifiée lors des guerres suivantes (…) La saignée a été telle que la France a perdu un quart de ses hommes âgés de 18 à 24 ans… Et près de la moitié de ses instituteurs des écoles publiques. 

    (…)  Comment peut-on envisager de “fêter” un tel événement, d’organiser une minute d’applaudissement ? Comment l’Éducation nationale, l’académie de Rennes, l’Inspection académique du Finistère, les Directions des écoles, des collèges et des lycées publics de Quimper et de Fouesnant ont-elles pu accepter, autoriser les Armées, des personnels des Armées à se substituer aux enseignants pour aborder ce sujet important de l’histoire de France qu’est la Grande Guerre ? Comment l’Éducation nationale, l’académie de Rennes, l’Inspection académique du Finistère, les Directions des écoles, des collèges et des lycées publics de Quimper et Fouesnant ont-elles pu accepter et co-gérer une commémoration publique du centenaire de la fin de la Grande Guerre avec l’enseignement catholique du Finistère et l’évêché lui-même ? »

    « Ne laissons pas massacrer les Poilus une seconde fois »

    Comment l’Éducation nationale, l’académie de Rennes, l’Inspection académique du Finistère, les Directions des écoles, des collèges et des lycées publics de Quimper et Fouesnant peuvent-elles proposer à la jeunesse comme projet de vie celui d’un jeune engagé volontaire en 1914, à 19 ans, et mort au combat en 1918, à 23 ans, alors que 25 % des jeunes français âgés de 18 à 24 ans ont été victimes de cette guerre sans avoir été volontaires et 639 jeunes Français ont été fusillés pour l’exemple par l’armée française (dont sept jeunes Finistériens parmi lesquels le jeune Quimpérois François Hénaff fusillé le 5 juin 1916 pour rébellion) ?

    « La Libre Pensée-29 appelle tous les amis de l’école publique et de la paix à s’opposer à cette initiative. Ne laissons pas massacrer les “Poilus” une seconde fois. Elle invite toutes les associations et toutes les organisations syndicales amies de l’école publique et de la paix à se rencontrer et à organiser l’action pour que soient respectés tous les morts de cette infâme boucherie ».

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • L’Elysée ne rendra finalement pas hommage au…Maréchal Pétain (RP

    Le 18 septembre dernier, le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer et la secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq ont présenté à Clermont-Ferrand le programme national commémoratif, pour célébrer le centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale. L’événement doit se tenir le 11 novembre à Paris, et compter parmi ses participants le président de la République, Angela Merkel, Donald Trump et Vladimir Poutine.

    Selon le programme annoncé par les le ministre et la secrétaire d’Etat, et dans le dossier de presse initial l’état-major des armées et le gouverneur militaire avaient organisé une cérémonie d’hommage aux huit maréchaux de la Grande Guerre, dont Pétain, devant se dérouler à l’hôtel national des invalides.

    L’Elysée est depuis revenu sur cette décision publiquement dans un article publié par Médiapart le 17 octobre dernier. La présence de la cérémonie s’agirait en réalité d’une erreur, l’Elysée affirmant ne pas comprendre comment « une telle cérémonie s’est retrouvée là ». Dans l’article de Médiapart, l’Elysée a notamment exprimé le souhait de remettre en question le « schéma classique du parcours mémoriel de la Première Guerre mondiale » et de s’interroger sur sa signification. En plus de condamner la présence du maréchal Pétain dans la galerie de l’hôtel national des invalides, le conseillé a fait valoir la volonté de célébrer, à l’occasion de ce centenaire, l’armée du peuple, les Poilus, pour se placer plus proche des français et que « un hommage aux maréchaux ne s’insère pas dans la logique générale de cette période de commémoration ».

    Ainsi, plus que le refus de condamner le maréchal Pétain, l’Elysée a exprimé vouloir célébrer le peuple, et non une poignée d’hommes de guerre. C’est ce qu’on peut également lire dans le Figaro, où l’Élysée que « Le sens de cette commémoration, ce n’est pas de célébrer la victoire de 1918, mais plutôt de rendre hommage aux combattants […] qui étaient pour l’essentiel des civils que l’on avait armés. Il s’agit d’aller à la rencontre de nos ancêtres les poilus, de renouer avec des racines que nous risquons de perdre […] et de saluer l’extraordinaire capacité du peuple français, qui ne se dément jamais, à reconstruire et repartir après une guerre ».

    Quant à savoir si l’Elysée a vraiment commis une erreur en intégrant à son programme du 11 novembre une cérémonie qui aurait commémoré la mémoire du maréchal Pétain, ne semble pas si simple à assumer pour un gouvernement qui compte essayer de rejouer le second tour des présidentielles avec l’extrême-droite. C’est ce malaise qu’exprime, Florence Parly, ministre de la Défense, a par ailleurs eu du mal à assumer en témoigne son passage télévisé particulièrement délicat chez Bourdin.

    RMC 
     
    @RMCinfo
     
     


    "L'Etat-Major n'a jamais imaginé rendre hommage au Maréchal L'Etat major a souhaité rendre hommage aux maréchaux qui sont aux Invalides, Pétain n’est pas aux Invalides"
    ➡️ @florence_parly ministre de la Défense

    source: http://www.revolutionpermanente.fr/

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  • 1914/1918: Refuser la guerre (France5-28/10/18-Documentaire de Georgette, 2014,56')

    Un documentaire qui retrace l’histoire méconnue de celles et ceux qui s’élevèrent contre l’union sacrée et l’effort de guerre.

    Ne cherchez pas d’avenues ou de places fameuses dédiées à Pierre Brizon ou Jean-Pierre Raffin-Dugens, Albert Bourderon ou Alfred Rosmer, leaders politiques et syndicaux qui, passé l’unanimisme de l’été 1914, refusèrent l’union sacrée et l’effort de guerre au risque de passer pour des « traîtres à la patrie ». Et si Gabriel Chevallier est un peu mieux traité, c’est pour avoir signé en 1934 la satire Clochemerle plutôt que pour avoir témoigné de son calvaire de « poilu » dans La Peur, paru quatre ans plus tôt…

    C’est qu’à un siècle de distance il ne fait toujours pas bon avoir prôné le refus de la boucherie. Si chacun sait que Jaurès, pacifiste au charisme magnétique, tenta jusqu’au bout de jouer la grève générale comme frein à la course à la guerre, au point de le payer de sa vie, il ne fut plus, dès ses obsèques le 4 août 1914, question de tergiverser. Seul Romain Rolland, depuis la Suisse, dans le supplément du Journal de Genève du 22 septembre, osait se placer « au-dessus de la mêlée ». Ce qui lui valut, plus que les dix volumes de Jean-Christophe, le prix Nobel de littérature 1915, attribué en 1916 quand la belle unanimité autour du conflit s’est fissurée.

    Il est vrai que, dès le printemps 1915, la conférence internationale des femmes pour la paix et la liberté, à La Haye, a offert une tribune à celles et ceux qui refusent la poursuite de la guerre. La confidentielle et clandestine conférence de Zimmerwald, en Suisse, quatre mois plus tard voit la résistance socialiste s’organiser et le 24 juin 1916, pour la première fois en France, trois députés refusent le vote des crédits de guerre. Sans incidence notable pour la vie parlementaire, mais le discours de Brizon circule bientôt dans les tranchées, et là l’impact est tout autre…

     

    1914/1918: Refuser la guerre (France5-28/10/18-Film de Georgette CUVELIER, 2014,55')

    Léon Werth, à gauche, auteur de "Clavel soldat", durant le 1er conflit mondial.

    C’est cette histoire occultée que ce documentaire précieux retrace avec le souci de livrer la parole du temps, celle des philosophes Alain ou Bertrand Russell comme des écrivains Jean Giono, Siegfried Sassoon ou Ernst Toller – car le mouvement se joue naturellement des clivages nationalistes. On n’aura garde d’oublier la voix de Léon Werth, auteur du magistral Clavel soldat, dont l’éditrice Viviane Hamy propose ces jours-ci une version de 33 jours, journal d’exode de 1940, enrichie de la préface inédite que lui consacra Saint-Exupéry. La littérature comme résistance et ultime refuge toujours.

    Philippe-Jean Catinchi (source:  https://www.lemonde.fr/ )

     

    1914/1918-Refuser la guerre: Film de Georgette CUVELIER (France-TV, 2014, 55')

    https://www.france.tv/documentaires/histoire/763547-14-18-refuser-la-guerre.html

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  • Carhaix. Les Poilus du Poher à l’honneur dans un livre (OF.fr-1/11/18-6h12)Guy Malbosc sera présent à la cérémonie du 11-Novembre de la ville

    En 2018, la France fête le centenaire de la guerre 14-18. Dans un ouvrage inédit, "La Bretagne dans la Grande Guerre, Carhaix et ses Poilus", Guy Malbosc revient sur cette époque.

    Le 11 novembre 2018, la France rendra hommage aux millions de civils et militaires morts pour le pays lors de la guerre 14-18.

    Un centenaire que Guy Malbosc, historien et conférencier, souhaite célébrer avec la publication aux éditions Ouest-France d’un ouvrage inédit : La Bretagne dans la Grande Guerre, Carhaix et ses Poilus.

    Bretagne riche d'Histoire

    « Mon occupation principale c’est l’Histoire. La région Bretagne a une histoire riche et le centenaire de la guerre arrivait à grand pas. J’ai commencé à faire mes recherches il y a quatre ans », explique l’auteur.

    Quatre ans d’un travail minutieux. « Carhaix n’a rien d’exceptionnel par rapport à d’autres villes de France, mais ce qu’il s’est passé ici est un parfait exemple de l’époque, de ce que vivait la population. »

    S’armer de patience

    Mais revenir sur l’histoire de Carhaix dans les années 1914-1918 requiert beaucoup de patience. Guy Malbosc cherche des informations, et rien de tel que les médias : « J’ai lu des centaines de pages de la presse quotidienne de l’époque : Ouest-Eclair, l’ancêtre de Ouest-France, et La Dépêche de Brest, celui du Télégramme. Il y avait aussi une presse périodique, axée sur le milieu rural et à l’agriculture avec une ou deux colonnes en breton. »

    Grâce aux journaux, il remonte le temps et trouve de la matière pour contextualiser les quelques mois avant l’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, qui plonge l’Europe, puis le monde dans les tranchées.

    La société entière impactée

    « Le livre est séparé en deux parties. Les trois quarts sont dédiés à la vie civile dans le canton de Carhaix, Quimper et Brest. Grâce aux archives de la presse, j’ai pu contextualiser l’avant-guerre pour bien comprendre les difficultés de la guerre. »

    Dès le 22 août 1914, la population active part pour le front. Restent les femmes, les enfants et les personnes âgées : « Les hommes ne sont plus là pour produire les denrées habituelles. Les femmes à l’époque ne travaillent pas. Chaque partie de la société est profondément modifiée et impactée par la guerre. »

    La crise des sabots

    L’auteur aborde alors la crise des sabots, la pénurie de beurre qui touche le canton carhaisien. Il explique la place de l’école dans la propagande gouvernementale, l’augmentation du coût de la vie.

    Un travail qu’il réalise grâce aux sources administratives cette fois, aux correspondances entre les communes et la préfecture du Finistère.

    L’aspect militaire en fin d’ouvrage

    « La deuxième partie du livre est à propos des militaires, des Poilus de Carhaix. C’est la plus petite partie, mais celle qui m’a pris le plus de temps car il y a très peu de données ou de sources sur ce sujet. »

    La préface est écrite par Christian Troadec, maire de Carhaix. Guy Malbosc relate la vie bouleversée du territoire à travers cet ouvrage sorti en librairie le 26 octobre. 

    La Bretagne dans la Grande Guerre, Carhaix et ses Poilus, de Guy Malbosc, aux éditions Ouest-France. Prix : 23 €.

    Soizic ROBET

    Source: https://www.ouest-france.fr

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  • En Pologne, les monuments aux soldats morts pour libérer l’Europe du nazisme détruits ! (IC.fr-21/10/18)

    En Pologne, les monuments aux soldats morts pour libérer l’Europe du nazisme détruits ! (IC.fr-21/10/18)

    À l’emplacement du carrefour Georges Washington, entre le 10 et le 15 septembre 1944, 26 soldats soviétiques sont morts à cet endroit, en rive droite de la Vistule dans des combats de la bataille lancée en janvier 1944 ayant pour objectif de repousser les armées nazies au-delà de la Vistule et de l’Oder. Une offensive qui permettra la libération de plusieurs camps de concentration et d’extermination, notamment le camps d’Auschwitz par l’. Ces soldats soviétiques sont morts pour la libération de la  et pour défaire les armées fascistes et nazies. C’est pourquoi à cet endroit a été érigé un monument à leur mémoire. Un monument sur lequel est gravé un poème de Tadeusz Kubiak, ainsi que ” Gloire éternelle aux héros de l’Armée Rouge qui sont tombés durant la libération de la ville de Varsovie, capitale de la ”. C’est ce monument que la municipalité social-libérale de Varsovie – en plein accord avec la politique fasciste de l’extrême-droite au pouvoir du parti PiS – a décidé de détruire.

    Dans un communiqué, le parti communiste polonais condamne la destruction de ce monument. Rappelons que le régime d’extrême-droite au pouvoir en Pologne à la faveur de la contre- révolution a entrepris, avec le soutien de l’, de détruire à travers tout le pays les monuments aux morts des soldats de l’Armée Rouge tombés pour la libération de la Pologne et de débaptiser les lieux nommés du nom des personnalités de la Pologne Populaire. Dans une vaste campagne de négationnisme à grande échelle. Dans le même mouvement fasciste, le régime réprime les militants du parti communiste polonais, parti qu’il tente d’interdire. Là aussi avec le soutien de l’ et des capitales occidentales.

    En France et dans le monde, à l’initiative du PRCF, une pétition internationale a été lancée auprès de l’ONU pour protéger le parti communiste polonais, et avec lui la liberté. Signez cette pétition. Car on sait ce qui commence quand ils commencent à venir chercher les communistes. Que vous soyez ou non communiste, votre tour viendra ensuite !

    Le Capitalisme et ses structures – Union Européenne, Euro – portent le fascisme comme la nuée l’orage !

    Ce qui se passe en Pologne, en Hongrie, dans les pays baltes, en Italie, en Espagne, mais également en France – où le régime mène une campagne policière, judiciaire et médiatique politique contre l’un des principaux mouvements d’opposition populaire et en menant une féroce répression policière et des procès politiques contre les manifestants, syndicalistes et militants du monde du travail – doit alerter pour résister tous ensemble et maintenant à la qui s’accélère.
    JBC pour www.initiative-communiste.fr


    Protestation du Parti communiste de Pologne contre la destruction du monument aux soldats soviétiques à Varsovie

     

    En Pologne, les monuments aux soldats morts pour libérer l’Europe du nazisme détruits ! (IC.fr-21/10/18)Le Parti communiste de Pologne tient à exprimer sa profonde indignation devant la destruction du monument à la mémoire des soldats de l’Armée rouge situé dans le parc Skaryszewski à Varsovie. Il a été érigé sur le site où sont enterrés les soldats tombés en 1944 pendant la libération du quartier de Praga. Les habitants de ce quartier considèrent ce monument comme faisant partie intégrante du parc depuis des années et l’écrasante majorité d’entre eux souhaite le conserver.
    C’était le dernier monument commémorant la libération de Varsovie situé à l’extérieur du cimetière-mausolée des soldat soviétiques.

    Les autorités polonaises réécrivent et falsifient l’histoire. Une institution spéciale a été créée à cette fin – l’Institut de la mémoire nationale. Pour atteindre ces objectifs, la « loi spéciale sur la décommunisation » a été adoptée, qui oblige les autorités locales autonomes à éradiquer tous les monuments liés au communisme, y compris ceux dédiés aux soldats soviétiques. Néanmoins, il n’est pas possible de cacher le fait évident qu’en 1944-1945, la Pologne a été libérée par l’Armée rouge et les soldats de l’Armée polonaise qui combattaient à ses côtés. Au cours de la campagne qui a amené la libération du territoire de la 

     

    Pologne actuelle, plus de 600 000 soldats soviétiques ont péri. C’est à eux que le peuple polonais doit d’avoir échappé à l’extermination physique totale projetée par les nazis allemands.

    Mort au fascisme

    Contrairement aux déclarations antérieures sur l’intention de le déplacer à un autre endroit, le monument a été détruit. La décision de la démolition a été prise par les responsables de la Mairie de Varsovie, c’est-à-dire des gens affiliés à la Plateforme civique. Cela démontre clairement que la soi-disant « opposition démocratique » ne s’oppose pas à la politique de réécriture de l’histoire du parti au pouvoir, le Parti droit et justice (PiS). Les administrations d’autres villes et villages qui s’opposaient aux pressions pour qu’elles détruisent les monuments commémoratifs et d’autres sites semblables ont su trouver les moyens pour les préserver.

    La destruction de monuments est un exemple de barbarie comparable à ce que font les talibans ou État islamique, qui suppriment toutes les reliques historiques qui ne correspondent pas à leur idéologie. Mais la vérité historique ne peut pas être précipitée dans l’oubli avec un marteau pneumatique.

    Traduction depuis l’anglais, DG pour la commission internationale du PRCF –  www.initiative-communiste.fr

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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