• L’université européenne de la paix organise une conférence sur l'ONU et la paix, mardi 13 octobre, à l’Hôtel de ville.L’université européenne de la paix organise une conférence sur l'ONU et la paix, mardi 13 octobre, à l’Hôtel de ville

    À l’initiative de l’Université européenne de la Paix, une conférence sera organisée à l’occasion des 75 ans de la charte des Nations Unies, mardi 13 octobre, à la mairie de Brest.

    On ne pouvait pas passer à côté de l’anniversaire de la charte des Nations Unies. On est fondamentalement Onusiens », lance Roland de Penanros, de l’Université européenne de la Paix. Qui organise ainsi une conférence sur « L’ONU et la paix », mardi 13 octobre 2020, de 20 h à 22 h, salon de Richelieu, à l’hôtel de ville de Brest.

    L’objectif de la conférence ? Faire le bilan en matière de paix de ces 75 ans d’existence. Et à partir de celui-ci, voir quel enseignement on peut en retirer et comment œuvrer plus efficacement à la paix du Monde. Pour ce faire, deux experts animeront le débat. Le premier, Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences Po Paris. Il sera accompagné de Monique Chemillier-Gendreau, professeure de droit public et de sciences politiques à l’université Paris-Diderot.

    En raison des conditions sanitaires, la jauge limite est fixée à 100 personnes.  Premier arrivé, premier servi, sourit Roland de Penanros. Mais heureusement qu’on a cette salle. On ne peut plus organiser de conférence à l’Université européenne de la paix en raison du contexte sanitaire. Mais la mairie s’est tout de suite montrée intéressée. 

    Jade SIMON

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Discours du ministre des affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodríguez Parrilla, à la réunion de haut niveau de l'AGNU pour commémorer et promouvoir la Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires.  2 octobre 2020.

    Monsieur le Secrétaire général :

    Monsieur le Président :

    Distingués délégués :

    Il est consternant de constater que, 75 ans après les bombardements criminels d'Hiroshima et de Nagasaki, il existe environ 13 400 armes nucléaires, dont près de 1 800 sont en état d'alerte opérationnelle et 3 720 sont déployées1 , plus de la moitié appartenant aux États-Unis. Les États-Unis détiennent le plus grand nombre de ces armes prêtes à l'emploi2 et sont le seul pays au monde à avoir lancé deux bombes atomiques.

    La communauté internationale ne peut rester impassible face à la Nuclear Posture Review des États-Unis, qui abaisse le seuil d'utilisation de ce type d'armes, même en réponse à des menaces dites "stratégiques non nucléaires".

    Nous rejetons la décision du gouvernement des États-Unis de se retirer de l'accord nucléaire avec l'Iran et du traité sur les missiles à courte et moyenne portée, signé avec l'ex-Union soviétique, des actions unilatérales ayant de graves conséquences pour la stabilité et la sécurité internationales.

    Nous vous demandons instamment de renouveler le traité sur la réduction des armes stratégiques avec la Russie (START).

    Nous condamnons vos tentatives de rétablir la doctrine Monroe, en violation du droit international et de la proclamation de l'Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix.

    Monsieur le Président :

    La pandémie COVID-19 a montré la fragilité d'un monde où l'accès universel aux services de santé de base n'est pas garanti, tout en modernisant et en étendant les arsenaux nucléaires, sous le prétexte de concepts militaires ou de doctrines de défense et de sécurité, qui continuent de menacer l'Humanité.

    L'élimination totale des armes nucléaires doit être la priorité absolue dans le domaine du désarmement. L'énergie nucléaire ne doit être utilisée qu'à des fins pacifiques pour le développement socio-économique des États, sans discrimination.

    Nous réitérons l'appel à la ratification du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires. Cuba est fière d'être le cinquième État à avoir ratifié cet instrument, d'être la première zone exempte d'armes nucléaires dans une région densément peuplée de la planète, d'appartenir à la première région du monde à être proclamée zone de paix et d'être un membre actif du Mouvement des pays non alignés, qui promeut la commémoration de la Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires.

    Comme l'a dit le commandant en chef de la révolution cubaine Fidel Castro Ruz : "Les bombes peuvent tuer les affamés, les malades, les ignorants, mais elles ne peuvent pas tuer la faim, la maladie, l'ignorance.3" Nous méritons un monde de paix, sans armes nucléaires. Battons-nous pour cela.

    Nous méritons un monde de paix, sans armes nucléaires.

     

    source en espagnol: http://misiones.minrex.gob.cu/es/articulo/la-eliminacion-total-de-las-armas-nucleares-debe-ser-la-mayor-prioridad-en-la-esfera-del

    source en français: http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2020/10/l-elimination-totale-des-armes-nucleaires-devrait-etre-la-priorite-absolue-dans-le-domaine-du-desarmement.html

     

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  • Nous publions cette analyse lucide du marxiste italien Manlio Dinucci publiée initialement par le quotidien italien Il Manifesto. Ils permettent aussi de comprendre l’agitation extrême de Macron du Liban au Sahel. Le chef de file de l’ français en crise ouverte doit concilier sa volonté de sauver ce qu’il peut de l’ex-empire colonial français et sa constante allégeance à l’OTAN qui, elle, cherche avant tout la bagarre avec la Russie et avec la Chine (d’où les propos agressifs de Macron, porté par une “majorité parlementaire” ridiculement étroite si on la compare au nombre de votants, appelant à débarquer le Biélorusse Loukachenko, élu par 80% des votants) et qui pour cela, cherche à se concilier Erdogan, l’homme qui se rêve en habit de nouveau sultan. C’est pourquoi, devant de tels enjeux mondiaux, la confrontation entre la France et la Grèce d’un côté, la  de l’autre (laquelle cherche aussi la bagarre contre l’Arménie et donc, se heurte objectivement à la Russie), paraît dérisoire aux yeux de Trump et Cie. 

    A lire :

    .

    Le Point du 16 juillet 2020. La complexité  de la Méditerranée orientale


    Gazoduc explosif en Méditerranée 

    par Manlio Dinucci

    En Méditerranée orientale, dans les fonds de laquelle ont été découverts de grands gisements offshore de  naturel, est en cours un âpre contentieux pour la définition des zones économiques exclusives, à l’intérieur desquelles (jusqu’à 200 miles de la côte) chacun des pays riverains a les droits d’exploitation des gisements. Les pays directement impliqués sont Grèce, Turquie, Chypre, Syrie, Liban, Israël, Palestine (dont les gisements, dans les eaux de Gaza, sont aux mains d’Israël), Égypte et Libye. Particulièrement tendue est la confrontation entre Grèce et Turquie, toutes deux membres de l’OTAN.


    La mise en jeu n’est pas seulement économique. La véritable partie qui se joue en Méditerranée orientale est géopolitique et géostratégique, et implique les plus grandes puissances mondiales. C’est dans ce cadre que s’insère l’EastMed, la conduite qui amènera dans l’UE une grande partie du gaz de cette aire. Sa réalisation a été décidée au sommet qui s’est déroulé à Jérusalem le 20 mars 2019, entre le Premier ministre israélien Netanyahou, son homologue grec Tsipras et le président chypriote Anastasiadès. Netanyahou a souligné que “le gazoduc s’étendra d’Israël à l’Europe travers Chypre et la Grèce” et Israël deviendra ainsi une “puissance énergétique” (qui contrôlera le couloir énergétique vers l’Europe) ; Tsipras a souligné que “la coopération entre Israël, Grèce et Chypre, opérée au sixième sommet, est devenue stratégique”. Ce que confirme le pacte militaire stipulé par le gouvernement Tsipras avec Israël il y a cinq ans (il manifesto, 28 juillet 2015). Au Sommet de Jérusalem (dont les actes sont publiés par l’Ambassade USA à Chypre) a participé le secrétaire d’État étasunien Mike Pompeo, en soulignant que le projet EastMed lancé par Israël, Grèce et Chypre,“partenaires fondamentaux des USA pour la sécurité”, est “incroyablement opportun” parce que “Russie, Chine et Iran sont en train de tenter de mettre pied en Orient et en Occident”.


    La stratégie US est déclarée : réduire et enfin bloquer les exportations russes de gaz en Europe, en les remplaçant avec du gaz fourni ou en tous cas contrôlé par les USA. En 2014 ils ont bloqué le SouthStream, qui à travers la Mer Noire aurait apporté en Italie le gaz russe à des prix compétitifs, et ils tentent de faire la même chose avec le TurkStream qui, à travers la Mer Noire, apporte le gaz russe dans la partie européenne de la Turquie pour le faire arriver en Europe.


    En même temps les USA essaient de bloquer la Nouvelle Route de la Soie, le réseau d’infrastructures projeté pour relier la Chine à la Méditerranée et à l’Europe. Au , les USA ont bloqué avec la  le couloir énergétique qui, sur la base d’un accord stipulé en 2011, aurait transporté, à travers l’Irak et la Syrie, du gaz iranien jusque sur la Méditerranée et en Europe.

    Bien en rang dans cette stratégie s’est placée l’Italie où (dans les Pouilles) arrivera l’EastMed qui apportera le gaz aussi dans d’autres pays européens.  Le ministre Patuanelli (Mouvement 5 Etoiles), a défini le gazoduc, approuvé par l’Ue, comme un des “projets européens d’intérêt commun”, et la sous-secrétaire Todde (M5S) a porté l’adhésion de l’Italie à l’East Med Gaz Forum, siège de “dialogue et coopération” sur le gaz de la Méditerranée orientale, auquel participent -outre Israël, la Grèce et Chypre- l’Égypte et l’Autorité Palestinienne. En fait aussi partie la Jordanie, qui n’a pas de gisements offshore de gaz puisque elle n’a pas de façade sur la Méditerranée, mais l’importe d’Israël. Sont par contre exclus du Forum le Liban, la Syrie et la Libye, à qui revient une partie du gaz de la Méditerranée orientale. États-Unis, France et Ue ont pré-annoncé leur adhésion. La Turquie n’y participe pas à cause du contentieux avec la Grèce, que l’OTAN cependant s’emploie à résoudre : des “délégations militaires” des deux pays se sont rencontrées déjà six fois au quartier général OTAN de Bruxelles.

    Pendant ce temps, en Méditerranée orientale et dans la Mer Noire limitrophe, est en cours un croissant déploiement des Forces navales USA en Europe, dont le quartier général est à Naples Capodichino. Leur “mission” est de “défendre les intérêts USA et Alliés, et décourager l’agression”. Même “mission” pour les bombardiers stratégiques USA B-52, qui volent sur la Méditerranée orientale flanqués par des chasseurs grecs et italiens.


    Source en italien:édition de mardi 29/09/20 d’il manifesto : https://ilmanifesto.it/gasdotto-esplosivo-nel-mediterraneo/

    Source en français (traduction de l’italien par M-A P): https://www.initiative-communiste.fr/

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    Caracas, 29 août (Prensa Latina) Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, a réitéré aujourd'hui la position de rejet de ce pays contre les essais nucléaires, à l'occasion de la journée internationale pour promouvoir l'éradication de cette pratique.

    Depuis le Venezuela, en tant que fidèles défenseurs de la paix, nous élevons la voix à l'occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires", a écrit le président sur le réseau social Twitter.

    Il a ajouté que le temps est venu d'avancer vers la construction d'une nouvelle humanité, libérée des guerres et de ces pratiques qui engendrent souffrance et destruction.

    Depuis le début des essais nucléaires en 1945, environ 2 000 essais ont été effectués dans le monde, avec des conséquences dévastatrices pour l'humanité, ont rapporté les Nations Unies.

    Le 2 décembre 2009, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 64/35, qui établit le 29 août comme Journée internationale contre les essais nucléaires.


    source :  https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=392788&SEO=venezuela-reitera-posicion-contra-ensayos-nucleares

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  • Saint-Christophe-et-Nevis ratifie le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) des Nations unies à l’occasion de l’anniversaire de NagasakiDrapeau de Saint-Christophe-et-Nevis

     

    Ce 9 août 2020, cela fait 75 ans que les États-Unis ont largué une bombe atomique sur la ville japonaise de Nagasaki, tuant plus de 74 000 personnes et causant des dommages à travers les générations. Pour honorer les victimes et les survivants de cet horrible attentat, l’État caribéen de Saint-Christophe-et-Nevis a ratifié le traité sur l’interdiction des armes nucléaires TIAN à l’occasion de cet anniversaire important.

    Au total, 44 pays sont désormais parties à cet accord de désarmement historique, qui a été négocié et adopté aux Nations unies en 2017. Le traité interdit catégoriquement les armes nucléaires et établit un cadre juridique pour leur élimination. Six ratifications supplémentaires seulement sont nécessaires pour qu’il entre en vigueur.

    La ratification de Saint-Christophe-et-Nevis fait suite aux ratifications de l’Irlande, du Nigeria et de Niue le 6 août, date anniversaire du bombardement d’Hiroshima. Ensemble, ces quatre ratifications représentent un engagement à faire en sorte qu’aucune autre ville ne subisse jamais le même sort qu’Hiroshima et Nagasaki.

    Mark Brantley, le ministre des affaires étrangères de Saint-Christophe-et-Nevis, a déclaré le 9 août : « Le bombardement de Nagasaki a été l’apogée de la cruauté et de l’inhumanité humaines. En tant que petite nation engagée en faveur de la paix mondiale, Saint-Christophe-et-Nevis ne voit pas l’utilité des armes nucléaires dans le monde d’aujourd’hui. Puissent toutes les nations œuvrer pour la paix et le respect mutuel de l’humanité tout entière ».

    Dans les mois qui ont précédé l’anniversaire des bombardements, les survivants, connus sous le nom de « hibakushas », ont appelé les dirigeants du monde entier à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, arguant qu’il s’agit d’une étape importante que chaque nation peut et doit franchir pour contribuer à l’abolition des armes nucléaires.

    Saint-Christophe-et-Nevis est devenu le huitième membre de la Communauté des Caraïbes à ratifier le traité sur l’interdiction des armes nucléaires, après le Guyana, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinidad-et-Tobago, la Dominique, Antigua-et-Barbuda et le Belize. Sa ratification contribue à renforcer la norme mondiale contre les pires armes de destruction massive.

    Les pays des Caraïbes ont joué un rôle actif et influent dans la mise en place du traité, en mettant en garde contre le fait que les armes nucléaires créent un « état d’insécurité » et pourraient déclencher des « dommages sans précédent » sur l’humanité. L’année dernière, dix pays des Caraïbes se sont réunis au Guyana pour discuter de la nécessité urgente d’une action régionale concertée afin de parvenir à une entrée en vigueur rapide du traité.

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  • La France fait partie avec les USA, la Grande Bretagne, la Russie et la Chine des 5 pays disposant officiellement de l‘arme atomique. Quatre autres en seraient possesseurs : Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël.

    Le mardi 31 mars 2020 en pleine période de confinement, alors que le pays tout entier évite la propagation de la contamination, que de nombreuses personnes sont privées de revenus, quand d’autres doivent travailler avec de faibles moyens de protection (activités indispensables), le gouvernement n’hésite pas à engager les forces aériennes stratégiques pour une simulation de frappe nucléaire, un exercice militaire comme si de rien n’était. Une dépense indispensable quand les hôpitaux manquent de tout ?

    C’est Macron qui parle de guerre au sujet du virus et pour cette soi-disant guerre, la dissuasion nucléaire se révèle bien inutile !

    Le budget militaire et particulièrement celui consacré à la dissuasion nucléaire est plus encore que d’ordinaire sur doté et son maintien à son niveau actuel est moralement inacceptable.

    La valse des milliards

    Chaque année la France dépense près de 5 milliards d’euros pour la modernisation et le renouvellement des arsenaux nucléaires. Plus encore la loi de programmation militaire prévoit de doter les forces nucléaires françaises sur la période 2019-2025 de 37 milliards d’euros, soit 20 milliards de plus que sur la période 2003-2008, et 60% d’augmentation ; ce qui porterait la dépense annuelle à 6 milliards d’euros en 2023.

    Avec les 4,7 milliard d’euros de la seule année 2019 il serait selon l’ICAN (International Campaign to Abolish Nucléar weapons , possible de financer:

    • 100 000 lits de soins intensifs,
    • + 10 000 ventilateurs
    • + 20 000 infirmières
    • + 10 000 médecins

    Ces sommes ne tiennent pas compte d’autres dépenses de l’armée ou civiles comme la gestion des déchets nucléaires léguée aux générations futures.

    Pourtant l’efficacité de cet argent englouti n’est pas démontrée tout comme la stratégie de dissuasion nucléaire (les dépenses militaires mondiales se seraient élevées à 1917 milliards en 2017 selon le Mouvement de la Paix).

    En quoi la bombe nous protège-t-elle des actes terroristes, des pandémies, du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité, qui sont pourtant aujourd’hui des menaces, bien réelles, à côté du risque de conflit armé généralisé bien peu probable ? La catastrophe sanitaire d’aujourd’hui qui touche le monde entier est bien peu de choses à comparer avec les effets d’une catastrophe nucléaire militaire.

    La doctrine de la dissuasion nucléaire questionnée

    Sur la scène internationale aussi, la tendance n’est plus au ralentissement du nucléaire militaire et c’est très inquiétant. Bien qu’ils aient été arrêtés depuis le 29 septembre 1992 les États Unis envisagent de reprendre des essais nucléaires afin de renforcer l’arsenal des armes nucléaires (selon le Washington post). L’administration Trump accuse en effet la Chine et la Russie de procéder à des essais nucléaires de faible puissance.

    Dans ce contexte les américains n’excluent pas de reprendre des essais et équipement d’ogives de faible puissance (le tiers de la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima) sur des sous-marins et pour une réponse rapide : on est donc loin de la dissuasion. L’administration Trump annonce en effet ne pas chercher à obtenir la ratification du traité d’interdiction des essais nucléaires, signé par les États Unis mais non ratifié par la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Corée du nord ; contrairement à la Russie, la France et la Grande Bretagne qui l’ont fait.

    À cette volonté américaine de doper l’arsenal des armes nucléaires, s’ajoute le choix de s’affranchir des traités limitant la course aux armes nucléaires notamment l’accord « ciel ouvert » signé en 1992 et entré en vigueur seulement en 2002. En effet les américains se sont également retirés de l’accord sur le nucléaire Iranien en 2018 et de celui sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Il en est de même pour les autres traités sur les missiles terrestres signés avec les Russes. Qu’en sera-t-il des accords START de réduction des armes stratégiques qui doivent prendre fin en février 2021 Seront-ils reconduits?

    Printemps tragique

    Ce printemps se sont succédé des évènements qui mettent à mal la stratégie française de dissuasion nucléaire.

    Comble de l’efficacité de cette stratégie de défense française, le porte avion Charles De Gaulle, pièce maîtresse de la stratégie nucléaire française, n’est plus opérationnel à cause … non pas d’un manque de moyens, mais du Covid 19….la bonne blague !!!

    Au moment où le sous-marin SNA Suffren commence ses essais difficiles à la mer par un retour en cale sèche, le SNA Perle dernier de la série Rubis à propulsion nucléaire vient d’être victime d’un grave incendie. Intervenu pendant les travaux périodiques de la Perle à Toulon cet incendie rend son avenir incertain et fragilise le dispositif militaire.

    Le jour d’après a de fortes chances de ressembler aux jours d’avant pour que rien ne change….

    Ces difficultés n’empêchent pas la France d’envisager un deuxième porte avion de type Charles De Gaulle pour au moins 5 milliards d’euros et 220 millions par an de fonctionnement.  

    Le 12 juin 2020 les essais du missile nucléaire M51 ont repris à partir du sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Téméraire qui a tiré un missile balistique stratégique (sans charge nucléaire) à 120 millions d’euros depuis le large du sud-Finistère,

    L’orientation du Livre Blanc de la Défense préconise de dépenser 100 milliards d’euros en 15 ans pour le renouvellement de la flotte des SNLE-NG en violation du traité de non-prolifération.

    En consacrant autant d’argent au mépris des besoins de la population, la France s’entête dans une stratégie de défense remise en question par les autres pays. Pour preuve, en février dernier, Macron a considéré que la composante aéroportée pourrait mettre en œuvre à partir de 2035 un missile hypersonique emporté par un avion de combat, un porteur lourd ou un drone furtif.

    En refusant d’adopter le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) alors que 122 pays l’ont fait, la France encourage la course mondiale aux armements.

    Un mauvais signe pour la paix et l’avenir de l’humanité à la veille du 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

    Patrick Lafon, Membre du CA du CRILAN

     

    source: http://crilan.fr/la-dissuasion-nucleaire-face-a-la-pandemie-et-a-la-relance-de-lescalade-mortifere/

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  • C’est le 7 mars 1966 quand le Général De Gaulle annonce au Président des États Unis Lyndon Johnson le retrait de la France du commandement militaire intégré de l’OTAN, de manière à retrouver sur son territoire le plein exercice de sa souveraineté, et cela en dépit du fait que la France avait été un de principaux membres fondateurs de l’OTAN en 1949.

    Les États Unis durent alors évacuer 27000 soldats, 37000 fonctionnaires et 30 bases, aériennes, terrestres et navales.

    La raison de cette décision fut le refus de la part de De Gaulle de la position hégémonique des États Unis au sein de l’Alliance Atlantique. Dans les faits cependant la France demeura un ‘partner’ de l’Alliance Atlantique, bien que souvent en position critique. La France a par la suite rejoint à nouveau le commandement intégré de l’OTAN par initiative de Nicolas Sarkozy en 2009, sens pour autant accueillir à nouveau des bases de l’Alliance Atlantique.

    En ce qui concerne in particulier les armes nucléaires, la France a développé, d’une manière autonome, sa “force de dissuasion”, en se dotant d’abord de la bombe A (à fission nucléaire) en 1960 et ensuite de la bombe H (à fusion thermonucléaire) en 1968.

    La France a effectué, pour le développement de son arsenal, 210 tests nucléaires, dont 50 dans l’atmosphère (4 dans le Sahara algérien en 1960 -1961 et 46 in Polynésie de 1960 à 1974) et les autres 160 dans des sites souterrains, au Sahara (13) de 1961 à 1966 et dans la Polynésie Française (147) de 1966 à 1996.

    Ensuite la France a ratifié le TICE (Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires) (= CTBT en anglais) le 6 avril 1998.

    Depuis, la France a développé l’installation ‘Laser MégaJoule’, dans le centre CESTA (Centre d’Études Scientifiques et Techniques d’Aquitaine), près de Bordeaux, pour chercher de ‘simuler’ des tests nucléaires, afin de contribuer à la modernisation de son arsenal nucléaire.

    En outre la France a signé un accord de coopération avec le Royaume Uni (Traité de Lancaster House en 2010) surtout pour la modernisation des armes nucléaires, notamment au Centre CEA-DAM de Valduc, près de Dijon.

    Quant aux nombreuses victimes des tests nucléaires français, leur reconnaissance comme tels ainsi que leur ‘indemnisation’ sont restés jusqu’à présent très partiels en dépit des nombreuses initiatives de la part de représentants de la société civile pour obtenir justice de la part du gouvernement français.

    Pendant la guerre froide l’arsenal nucléaires français avait atteint le nombre de 600 bombes, pour ensuite descendre à environ 300 bombes : 250 bombes H de 150 Ktonnes (c’est à dire 10 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima) et 50 bombes H de 300 Ktonnes, donc, au total une puissance destructive équivalente à celle de 3500 bombes d’Hiroshima.

    Voici, en bref, la configuration actuelle :

    – la ‘Force Océanique Stratégique (FOST)’ basée à l’Ile Longue, près de Brest, avec 3 SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins) (plus un de réserve), dotés chacun de 16 missiles (M51), avec jusqu’à 6 bombes nucléaires chacun. Au moins 1 de ces sous-marins est toujours en état d’alerte. Ces nouveaux missiles M51 peuvent atteindre Pékin (9000 Km), tandis que les précédents, M45, avaient une portée maximale de « seulement » 6000 km.

    – la ‘Force Aérienne Stratégique (FAS), basée à Istres, avec 54 missiles ASMP-A (**) pour les 50 avions de chasse à capacité nucléaires Rafale.

    – la ‘Force Aéronavale Nucléaire (FANu) avec le porte-avionsCharles De Gaulle”, capable d’accueillir jusqu’à 36 avions de chasse Rafale. Un porte-avions de nouvelle génération et de plus grandes dimensions est en phase de projet en vue de remplacer le “Charles De Gaulle” qui arrivera en ‘fin de vieautour de 2038.

    – la seule base terrestre de lancement de missiles à tête nucléaire, située sur le ‘Plateau d’Albion’, dans le Vaucluse, a été fermée définitivement en 1999.

    Quant aux potentiels humain et financier consacrés au nucléaire militaire en France, voici quelques estimations :

    le personnel : au CEA-DAM(***) (DAM = Direction des Applications Militaire) ils sont 5000 chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs, auxquels s’ajoute le personnel pour la réalisation et la gestion des ‘vecteurs’ et des systèmes de lancement (missiles, avions, sous-marins e porte-avions).

    le budget : 4,5 milliards d’Euro en 2019, et ensuite en augmentation jusqu’à 6 milliards en 2023. Le budget prévu pour le renouvellement de l’ensemble du système d’armements nucléaires (bien que renouvelé récemment !) est de 37 milliards d’Euros, de manière à ‘couvrir’ la période jusqu’au moins 2070 avec la ‘force de dissuasion nucléaire’.

    Quant à la ‘doctrine’ de la France concernant sa “force de dissuasion”, celle-ci est présentée en termes de défense (‘strictement défensive et suffisante’, ‘clef de voûte de la stratégie de défense’ et ‘assurance-vie de la Nation’), tout en affirmant qu’elle ne serait effectivement utilisée que dans le cas où les “intérêts vitaux” (non précisés) de la Nation seraient en danger. Dans un tel cas serait d’abord effectué un “ultime avertissement” consistent dans le lancement d’une seule bombe nucléaire, dans le but de « rétablir la dissuasion », ce qui, beaucoup plus probablement, déclencherait plutôt une guerre nucléaire !

    D’autre part, le positionnement actuel de la France au sein de l’OTAN n’est pas des plus sereins : récemment, par exemple, Emmanuel Macron a déclaré que l’OTAN se trouve dans un état de “mort cérébrale” et clairement il pousse pour une Défense de l’Europe le plus possible indépendante des USA. Quant à la ‘force de dissuasion’ française, il a proposé d’en étendre la portée également à d’autres pays de l’Union Européenne, sans pour autant en préciser les modalités.

    Une situation de crise apparait également en Allemagne concernant les ≈ 20 bombes B61 des USA situées sur son territoire. En outre le positionnement de la Turquie au sein de l’OTAN apparait assez ‘schizophrène’…, tandis que les pays de l’Est sont nettement ‘pro OTAN’, spécifiquement en fonction anti-russe.

    D’autre part la France a proposé à la Communauté Internationale l’adoption d’un Traité qui engagerait les contractants à arrêter définitivement la production de matières fissiles de qualité militaire (Plutonium 239 et Uranium hautement enrichi dans l’isotope 235) : l’FMCT (Fissile Material Cut-off Treaty). La France a effectivement démantelé ses unités de production en 1996 (à Marcoule pour le Plutonium 239 et à Pierrelatte pour l’Uranium hautement enrichi), mais elle garderait cependant son stock actuel d’environ 50 tonnes de Plutonium e 26 tonnes d’Uranium hautement enrichi. Cette situation a contribué au fait que jusqu’à présent cette proposition est restée sans suite de la part des autres États nucléaires.

    La France a d’autre part critiqué la dissolution du Traité INF (Intermediate range Nuclear Forces) qui avait été établi par l’accord entre Gorbatchev et Reagan en 1987, et qui avait permis d’éliminer la quasi-totalité des missiles à portée intermédiaire en Europe (≈ 2700). La France a également critiqué le retrait unilatéral des USA du Traité de Vienne de 2015 sur le programme nucléaire de l’Iran (le JCPOA = Joint Comprehensive Plan of Action) et a coopéré avec l’Allemagne et l’UK pour instaurer l’INSTEX (Instrument in Support of Trade Exchanges) dans le but de faciliter les échanges commerciaux avec l’Iran.

    En résumé : la France considère son comportement vis-à-vis de l’article VI du TNP come exemplaire, étant donné qu’elle a diminué de moitié le nombre de ses bombes par rapport au temps de la Guerre froide (de 600 à 300 unités), elle a supprimé sa seule base di lancement terrestre (au Plateau d’Albion), a ratifié le Traité CTBT et elle a ‘lancé’ le Traité FMCT, après avoir démantelé ses deux unités de production de matière fissile (Plutonium et Uranium hautement enrichi).

    En réalité, sa coopération avec l’UK pour moderniser les armes nucléaires, l’augmentation de 50% de la portée de ses missiles (da 6000 Km à 9000 Km), la mise en chantier d’un ultérieur renouvellement de l’ensemble de son armement nucléaire, après l’avoir déjà renouvelé récemment, dans la perspective de garder une ‘force de dissuasion’ jusqu’en 2070 : tout cela implique une violation flagrante de l’Article VI du PNT.

    D’autre part la France a tout essayé (sans grand succès) pour faire obstacle au processus qui a conduit à l’adoption et puis à la signature et la ratification du TIAN (Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires). Il est donc clair que la France, non seulement ne veut pas, mais ne pourrait même pas, dans les conditions actuelles, adhérer au TIAN : en effet, pour pouvoir le faire la France devrait satisfaire l’article IV du TIAN qui exige un engagement précis de désarmement nucléaire, suivant une ‘feuille de route’ qui doit être approuvée par les États déjà partie au Traité.

    Il s’agit donc maintenant d’“aider” la France à satisfaire une telle condition. De quelle manière ?

    Voici peut-être une ‘piste’, basée sur le constat que la motivation principale du maintien et la modernisation de la ‘force de dissuasion’ de la France, comme des autres puissances nucléaires occidentales, est le soi-disant “péril russe”, c’est à dire le fait de considérer la Russie commenotre ennemi N°1.

    Or Emmanuel Macron depuis quelque temps insiste sur la nécessité d’ouvrir un dialogue avec la Russie, et également plusieurs pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, Chypre et la Slovaquie, qui ont des intérêts communs avec la Russie, pourraient s’associer dans ce type d’initiative pour désamorcer les tensions qui se concentrent le long des ‘pays frontière: les 3 Pays baltes, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie et, naturellement, l’Ukraine.

    En effet, il est important de comprendre que l’origine de ces tensions si situe dans l’énorme frustration (et humiliation !) de la Russie de Poutine à la suite de la dissolution de l’Union Soviétique et qu’il est urgent d’ouvrir des négociations pour tout d’abord trouver des solutions satisfaisantes pour les minorités russophones dans tous ces pays à la frontière avec la Russie, qui représentent autant debombes à retardement’, comme malheureusement on a déjà vu dans le cas de l’Ukraine.

    Notes :

    (**) ASMP-A = Air-Sol Moyenne Portée -Amélioré

    (***) CEA = Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives

    Par Luigi Mosca, publié le 21 juillet 2020

    Photo en titre : Crédit image : https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=62269  | CC BY-SA 3.0)

    source: https://www.pressenza.com/fr/2020/07/la-france-avec-sa-force-de-dissuasion-et-lotan-dans-le-contexte-geostrategique-passe-et-actuel/

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  • Tahiti, le 6 août 2020 – Deux décisions favorables rendues en juin dernier par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires reconnaissent la possibilité d’une irradiation prénatale à deux quadragénaires polynésiennes victimes d’un cancer du sein.

    Le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) vient de rendre deux décisions favorables à l’indemnisation de malades sur le fondement « d’une possible exposition in utero », c’est-à-dire alors que ces victimes des conséquences des essais nucléaires français dans le Pacifique étaient encore dans le ventre de leur mère.

    L’une a toujours vécu à Rikitea, dans l’archipel des Gambier. Née en 1972, elle a développé un cancer du sein en 2017, à l’âge de 45 ans. L’autre, née à Papeete en 1975, n’a résidé qu’à Tahiti. Elle a développé un cancer en février 2017, âgée de 42 ans. Aucune de ces deux victimes du nucléaire n’a travaillé au centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). La première était un embryon lorsque l’essai aérien Phoebe a dérapé le 8 août 1971, en laissant filer une écharpe chargée de radioéléments vers les îles Gambier. L’autre, a également été contaminée durant sa gestation suite à une exposition prénatale aux effets des pluies qui ont charrié sur Tahiti les particules radioactives issues de l’essai Centaure, le 17 juillet 1974.

    La reconnaissance de leur contamination prénatale par le Civen, l’autorité administrative indépendante chargée de traiter les demandes d’indemnisation sur le fondement de la loi Morin, est une première pour l’association 193. Et une source d’espoir comme l’a expliqué mercredi Auguste Uebe-Carlson, le président de cette association de défense des victimes du nucléaire. Pour lui, il ne s’agit de rien de moins qu’une « décision explosive ».

    D’autant que, selon cet activiste engagé pour une réparation des conséquences des effets nucléaires en Polynésie, de telles contaminations prénatales semblent s’être produites en nombre après 1966. « J’ai fait une petite enquête à Mangareva sur les enfants mort-nés de l’île. A partir de 1966 et pendant des années toutes les familles de Mangareva en ont eus. C’est répertorié dans des registres. Et je n’imagine pas que ce phénomène ait été localisé sur ce seul archipel. »

    Ce phénomène justifie pour Auguste Uebe-Carlson un nouvel appel aux malades atteints de l’un des 24 cancers reconnus comme potentiellement radio-induits, à se manifester auprès de la Carven. Cette Cellule d’accompagnement et de réparation des victimes des essais nucléaires s’occupe bénévolement, pour le compte de l’association 193, de la constitution des dossiers de demandes de réparation sous l’égide de la loi d’indemnisation Morin. Association 193 qui est probablement « la seule association qui n’a jamais reçu 1 Fcfp de subvention du Pays », a glissé incidemment le père Carlson, mercredi. Depuis 2017, la Carven a aidé à constituer 142 demandes d’indemnisation au Civen.

    Cette reconnaissance par le comité d’indemnisation d’une irradiation in utero relance aussi, pour le père Auguste, le débat sur de possibles transmissions génétiques des mutations liées à l’exposition aux rayonnements ionisants et sur leurs conséquences transgénérationnelles dans la population.

    >> Lire aussi : Nucléaire : 126 indemnisations accordées en 2019

    >> Lire aussi : Les associations taclent la « mascarade » du Civen  

    « C’est une révélation explosive »

    Père Auguste, Président de l’association 193

    À votre connaissance, est-ce la première fois que le Civen fait droit à une demande d’indemnisation Loi Morin en s’appuyant sur une possible exposition in utero ?

    Pour nous, c’est la première fois. Nous avons 64 dossiers favorables depuis la création de la Carven (la Cellule d’accompagnement et de réparation des victimes liées aux essais nucléaires, ndlr) et ce sont les deux seuls cas. Peut-être qu’au centre médical de suivi ou à Mururoa e Tatau ils en ont déjà vus, je ne sais pas. Je n’en ai jamais entendu parler. En ce qui nous concerne, pour la première fois nous avons deux cas de personnes nées il y a une quarantaine d’années, qui viennent de développer leur maladie et dont le Civen dit qu’elles ont probablement été contaminées in utero. Pour nous, c’est une révélation explosive.

    Le fait que le Civen reconnaisse l’existence d’un tel phénomène, n’est-ce pas la preuve en dépit de ce que vous affirmez que ce comité fonctionne correctement ?

    Pour nous, au contraire, c’est la preuve que ça ne fonctionne pas. D’une part cette reconnaissance est une très bonne nouvelle pour les victimes du nucléaire. Mais le Civen est incapable d’argumenter de manière scientifique pour ses décisions. On ne sait pas s’il s’agit d’une transmission de la mère à l’enfant ou si l’embryon a été irradié pendant la grossesse. Le Civen ne précise pas. Il n’est pas capable de dire à quel type de contamination ces deux victimes ont été exposées.

    L’existence de possibles contaminations in utero, telle que reconnue par le Civen, vous interpelle-t-elle dans le cadre du débat sur les effets transgénérationnels du nucléaire ?

    En effet. Et il n’y a pas qu’à l’association 193. Moruroa e Tatou est également sur cette ligne. Un grand nombre de scientifiques estiment qu’il y a un lien de cause à effet entre des adultes touchés dans leur chair jusque dans leur ADN, et qui peuvent devenir parents avec le temps et transmettre génétiquement cela à leur descendance. On rappelle que le président Macron, au tout début de son mandat, avait répondu de manière très favorablement par rapport à la mise en place d’études pour avérer ce phénomène. Plusieurs années après, aucune étude n’a été mise en œuvre dans ce pays.

    Par Jean-Pierre Viatge, publié le jeudi 6 Août 2020 à 11h10

    source: https://www.tahiti-infos.com/%E2%80%8BLe-Civen-reconnait-les-irradiations-prenatales_a193281.html

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  • US AIR FORCE / AFP

    75 ans après la première attaque nucléaire, à Hiroshima, le 6 août 1945, on continue à présenter ce crime de guerre comme le tournant de la seconde guerre mondiale, occultant ainsi la responsabilité des Etats-Unis. Jusqu'à quand va-t-on ainsi réécrire l'histoire?

    Pour cause de coronavirus, le Japon a commémoré avec retenue la première attaque nucléaire de l’histoire qui a frappé Hiroshima il y a 75 ans, le 6 août 1945. La traditionnelle cérémonie des lanternes flottantes, déposées la nuit en souvenir des victimes, a été annulée. Dans un discours, le Premier ministre Shinzo Abe a déclaré : « Je m’engage à faire de mon mieux pour l’avènement d’un monde sans armes nucléaires et d’une paix durable ». On aurait apprécié que de tels propos fussent tenus par Donald Trump, mais ce dernier sait à peine où se situe Hiroshima et ne s’intéresse qu’à son terrain de golf.

    Shérif de service

    En l’espèce, les présidents américains se suivent et se ressemblent. Aucun d’entre eux n’a jamais eu la moindre parole critique sur ce qui restera comme l’un des plus grands crimes de guerre de l’histoire. En 2016, Barack Obama avait été le premier président en exercice à se rendre sur place pour rendre hommage aux victimes et appeler à une planète sans armes nucléaires. C’était à la fois beaucoup (pour le symbole) et peu (quant aux responsabilités américaines oubliées).

    Aujourd’hui, on continue à présenter cet épisode tragique (140.000 morts à Hiroshima, 74.000 à Nagasaki) comme le tournant de la seconde guerre mondiale, bref comme un mal nécessaire ayant permis la victoire contre le Reich et son allié asiatique. Or rien n’est plus faux. Quand les Etats-Unis balancent « Little boy » - joli nom attribué à la bombe envoyée sur Hiroshima – les carottes sont déjà cuites. On est déjà dans l’amorce de la guerre froide. Washington entend surtout montrer à son allié soviétique circonstanciel quel est le réel rapport des forces en présence, quitte à plonger tout un pays dans l’horreur absolue.

    Quand le président Harry S. Truman s’adresse au peuple américain, après avoir rayé Hiroshima et Nagasaki de la carte, tel un shérif de service, il fait assaut de bons sentiments. Il déclare : « Nous avons utilisé la bombe contre ceux qui nous ont attaqués sans sommation à Pearl Harbour, contre ceux qui ont affamé et torturé les prisonniers de guerre américains, contre ceux qui ont refusé systématiquement d’obéir aux lois internationales de la guerre. Nous avons utilisé la bombe pour réduire le temps de l’agonie de la guerre. » Comme dirait Georges Clooney dans la pub d’un célèbre marchand de café : «What Else ? » (Quoi d’autre ?)

    Truman précisera un peu plus tard avoir pris la décision de lancer la bombe A sans état d’âme, sans même avoir eu une nuit de sommeil agitée. Certes, nul ne songerait à nier l’horreur des crimes commis par l’armée japonaise, mais de là à signer un acte barbare marquant de la pire des manières l’entrée de la planète dans l’ère atomique, il y a un pas qui n’aurait jamais dû être franchi.

    Faux Ami

    Dès le printemps 1945, le sort de la deuxième guerre mondiale est plié. On sait que l’Allemagne nazie va capituler, ce qui entrainera forcément son allié japonais à en faire autant. L’enjeu n’est donc pas militaire. En réalité, les Etats-Unis sont entrés en guerre par crainte de voir s’installer une double hégémonie (l’Allemagne en Europe, le Japon militariste en Asie, où il est déjà présent en Chine). Il en sera de même vis-à-vis de l’Union Soviétique, l’aspect idéologique (essentiel) en prime.

    Lorsqu’ils se réunissent à Postdam, en juillet 1945, les dirigeants de la « Grande Alliance » n’ont plus d’illusion sur l’avenir de leur coalition surréaliste. Le vice–président Truman, qui a remplacé Roosevelt, mort en avril, donne alors son nom à une doctrine basée sur le « containment » (autrement dit « l’endiguement ») de l’Union Soviétique. Aux yeux des théoriciens de cette conception, notamment le politologue George F. Kennan et le secrétaire d’Etat Dean Acheson, il faut absolument empêcher l’URSS d’étendre son influence en Europe.

    L’utilisation de la bombe atomique à Hiroshima puis à Nagasaki vise donc, si l’on ose dire, autant l’URSS que le Japon. Truman utilise l’arme fatale comme on tape du poing sur la table pour se faire entendre de toute la maisonnée. En l’occurrence, il vise l’URSS, considérée comme un faux ami et un véritable ennemi. La création de l’Otan, demandée par les alliés européens des Etats-Unis, afin de les encourager à ne pas se retirer sur leur Aventin, sera le complément stratégique de l’avertissement nucléaire lancé à la face de l’URSS, avec les Japonais comme « victimes collatérales », pour reprendre une expression qui ne connaîtra son heure de gloire que bien plus tard.

    Cet avertissement a marqué à jamais la population japonaise, traumatisée (on le serait à moins) par un crime de guerre inégalé jusqu’ici, et qui continue à être présenté de manière fallacieuse. On imagine ce qui se serait passé si l’Union Soviétique, qui ne possèdera la bombe nucléaire qu’en 1949, avait pris une telle responsabilité.

    Dès lors qu’il s’agit de la patrie du « monde libre », pour reprendre le vocabulaire de la guerre froide remis au goût du jour par Mike Pompeo, ex patron de la CIA recyclé au poste de secrétaire d’Etat, nul ne s’offusque. Il est malvenu d’égratigner l’Empire, même quand il réécrit l’histoire pour masquer ses turpitudes sanguinaires.

    Jacques DION

    source: https://www.marianne.net/

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  • Keiko Ogura, 83 ans, survivante du bombardement atomique d’Hiroshima. Ici, en mai 2016.Keiko Ogura, 83 ans, survivante du bombardement atomique d’Hiroshima. Ici, en mai 2016

    Les 6 et 9 août marquent les 75 ans des bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki,au Japon. Keiko Ogura, 83 ans, l’une des dernières victimes des radiations en vie, témoigne.

    La voix de Keiko Ogura s’étrangle.  Nous voulons que l’arme nucléaire soit abolie avant notre mort. Je prie pour cela tous les jours depuis soixante-quinze ans. Nous le devons pour ceux qui sont morts ce jour-là…  L’octogénaire fait partie des derniers hibakusha, ces Japonais qui ont survécu aux bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, les 6 et 9 août 1945.

    Sa vie, elle la décrit comme une existence rongée par la culpabilité à l’égard de  ceux qui sont morts sous nos yeux, et que l’on n’a pas pu sauver  . Elle raconte aussi l’inquiétude, au quotidien, pour la santé de sa famille et de ses deux enfants.  J’ai vécu avec cette peur chevillée au corps de leur avoir peut-être transmis quelque chose, liée aux radiations que j’ai reçues. 

    Après avoir vécu le pire, les hibakusha ont été discriminés :  Personne ne voulait se marier avec quelqu’un qui avait survécu à la bombe, de peur de ne pas avoir des enfants en bonne santé. 

    Keiko Ogura avait 8 ans lorsque la bombe s’est abattue sur Hiroshima, le 6 août 1945, à 8 h 15 du matin.  La veille, la nuit avait été si silencieuse. D’habitude, on entendait les avions survoler les maisons. Mon père a eu un pressentiment, il disait que ce silence n’était pas de bon augure. 

    « C’était si sombre »

    En lui interdisant d’aller à l’école ce matin-là, il lui a sans doute sauvé la vie. L’enfant se trouve néanmoins à 2,4 km du point d’impact. « J’étais seule, j’ai vu cette lumière aveuglante. En quelques secondes, j’ai été propulsée au sol et je suis restée inconsciente. Quand j’ai rouvert les yeux, la scène de désolation, je ne l’ai jamais oubliée. Les flammes, les débris de verre partout. C’était si sombre, sans un bruit. La ville avait été rasée en un souffle. »

    En ce jour du 75e anniversaire, 136 682 hibakusha, d’une moyenne d’âge de 83 ans, sont toujours en vie. Nombreux sont ceux qui, comme Keiko Ogura, continuent de raconter leur histoire et de se battre pour l’abolition de l’arme nucléaire (lire ci-dessous).  Je suis tellement en colère que le Japon n’ait toujours pas ratifié le traité international sur l’interdiction des armes nucléaires après ce que nous avons subi. 

    Aujourd’hui, du fait de la pandémie de Covid-19, le parc du Mémorial de la paix d’Hiroshima sera désert pour la commémoration. Depuis mars, aucun touriste ni écoliers en voyage scolaire ne l’ont visité, pour étudier les conséquences de la décision des États-Unis d’utiliser l’arme atomique, afin d’obtenir la capitulation du Japon et mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. Un crève-cœur pour les survivants qui peinent à faire perdurer le devoir de mémoire.

    Avec son association Hiroshima Interpreters for Peace (HIP), Keiko Ogura animera une visite virtuelle sur YouTube, en direct du parc.  Je me souviens de la peur des radiations que l’on a ressentie après la bombe. Avec le Covid-19, nous avons affaire à un autre ennemi invisible. Personne ne peut fuir. Les gens du monde entier doivent s’unir et se battre ensemble pour survivre. 

    Johann Fleury

    L’association de Keiko Ogura : www.hipj.org

    source: https://www.ouest-france.fr/

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