• A l’occasion de la Journée mondiale de la Paix, nous publions cet article rédigé pour UnitéCGT par Jean-Pierre Page, ancien responsable du Département international de la CGT.

    Paix et syndicalisme-par Jean-Pierre PAGE (unitécgt.fr-21/09/21)

    Nous avons l’habitude de dire que la responsabilité d’une organisation syndicale est aussi d’expliquer dans quel monde nous vivons.

    Le monde est devenu synonyme d’instabilité, de confrontations, de conflits sans fins. Cette situation est attisée, depuis 1991 et la restauration du capitalisme dans les anciens pays socialistes, par la crise systémique d’un système incapable de répondre aux besoins de l’humanité, celui d’un capitalisme prédateur, un néolibéralisme destructeur qui entend s’imposer par la contrainte.

    A qui fera-t-on croire par exemple que pour faire la paix et répondre aux besoins humains, il faut augmenter les budgets militaires, celui de l’OTAN et mettre sur pieds l’armée européenne ? Nous avons donc besoin d’identifier clairement les causes des guerres, agir contre celles-ci et non pas uniquement contre leurs conséquences.

    Les guerres ne sont pas le résultat du destin ou d’un châtiment divin, nous n’y sommes pas prédestinés. Elles sont toujours le résultat de stratégies de domination, de calculs partisans, souvent de visions géopolitiques que l’on entend imposer par la force au nom d’intérêts égoïstes, d’intérêts de classes. Elles sont le résultat de décisions politiques pas d’une sorte de fatalité. Le paradoxe c’est que pour cette simple raison, elles peuvent être mises en échec si bien sur l’on agit avec la volonté politique nécessaire. 

    La paix est sans aucun doute le sujet qui permet de rassembler le plus parce que les peuples savent de par leur expérience ce en quoi les guerres sont monstrueuses. Elles détruisent les vies, celles de leurs familles, tout comme les richesses produites par leur travail, leurs cultures et leurs valeurs. Le capitalisme décide des guerres, les peuples les subissent ou résistent. Le mouvement syndical doit faire le choix de résister ! 

    Comme l’illustra la Première guerre mondiale, il y a toujours eu dans le mouvement syndical des approches différentes. La CGT elle-même n’y échappa pas. Il fallut mettre en échec « l’union sacrée » que défendait certains dans le mouvement ouvrier. Il fallut souvent agir à contre-courant, s’opposer aux guerres coloniales défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, respecter leur souveraineté, leur indépendance comme nous l’avions fait en d’autres temps pour nous-mêmes.  Le combat pour la paix est inhérent au combat des syndicalistes que nous sommes, mais ils nous imposent la clarté.

    Les gouvernements capitalistes, particulièrement celui des Etats-Unis, et les sociétés multinationales imposent des politiques de coercition, de racket et de pillage, sans parler des mal nommés « paradis fiscaux » qui hébergent l’argent des guerres, des marchands d’armes, de la drogue, de la corruption mondialisée. 

    Les dirigeants occidentaux aiment se prévaloir de valeurs morales universelles – ou supposées telles pour donner des leçons à toute la planète. Ils distribuent les bons et les mauvais points, les châtiments et les récompenses, ils organisent délibérément le chaos comme on vient de le voir en Afghanistan. Contre cela il faut écarter cette vision étriquée d’un monde qui serait binaire, celui d’un monde normal que serait l’Occident et le reste du monde qui ne le serait pas.

    Le discours officiel en Occident n’est-il pas d’inverser les responsabilités d’attribuer à son adversaire la responsabilité de ses propres compromissions ? Mais notre problème n’est-il pas, aussi et surtout, qu’une partie du Mouvement syndical adhère à cette vision partisane, alors que c’est contre cette suprématie qui n’est autre que celle de l’impérialisme, que nous devons agir ?

    Vouloir tergiverser, partir de bons sentiments, porter des jugements de valeur, n’est-ce pas au fond considérer qu’il pourrait y avoir un capitalisme à visage humain ? C’est au bout du compte faire le choix de l’impuissance.

    Comment, syndicalement, déclarer son soutien aux peuples palestinien, syrien, libanais, yéménite, iranien, mais aussi yougoslave et ukrainiens, et se taire quand la CES affirme « qu’elle n’est pas contre les interventions militaires, si elles peuvent permettre le règlement des conflits » et qu’elle s’oppose, tout comme la CSI, à la campagne internationale BDS ?

    Comment concilier notre lutte pour les droits inaliénables du peuple palestinien et le maintien de relations syndicales avec la Histadrut, ce syndicat fantoche et corrompu à la solde du régime criminel israélien, affilié à la CSI et dont elle participe aux instances dirigeantes ?

    C’est pourquoi, il faut mener la bataille dans les pays ou les décisions se prennent, là où les industries d’armements sont florissantes, là où le complexe militaro industriel exerce son influence. Pour notre part, cela doit être d’abord ici en France, car là sont les causes du problème !

    Cette démarche devrait également inspirer notre conduite dans d’autres régions du monde ! Comme en Corée pour encourager le processus en cours, en Amérique Latine contre les sanctions et les menaces d’interventions militaires contre le Venezuela, le Nicaragua, Cuba, ou encore en solidarité avec le peuple, les travailleurs et le mouvement syndical Brésilien.

    Mais notre démarche ne peut être uniquement contre ; comment ne pas soutenir de grands projets de coopération mondiale, facteur de paix et de développement, comme l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), la route de la soie dont la Chine a pris l’initiative ou encore les brigades médicales cubaines envoyée à travers le monde, avant et pendant la pandémie de coronavirus ?

    Nous avons besoin d’alliances syndicales internationales larges pour s’opposer à toutes les formes d’hégémonies ! Pour donner du sens à un véritable internationalisme, rien ne saurait se faire à sens unique ! Nul ne peut prétendre qu’il règlera seul les problèmes.

    Dans ce sens, il n’est pas possible de parler d’unité syndicale mondiale en faveur de la paix, et faire preuve d’ignorance, d’ostracisme, d’arrogance et d’hostilité vis-à-vis d’une organisation syndicale internationale aussi combative que la FSM ou certains de ses affiliés.

    Le mouvement syndical, doit lever le drapeau de la lutte pour la paix comme il l’a fait tout au long de son histoire. Reprendre le mot d’ordre d’Henri Barbusse « Guerre à la guerre ».

    Il faut réaffirmer la nécessité de sortir de l’OTAN, exiger le démantèlement de celle-ci, le retrait des troupes françaises hors du Mali et la fermeture de toutes nos bases militaires à l’étranger, avoir pour la France comme pour chaque pays, une politique de désarmement et de sécurité collective indépendante, mettre en échec ce projet d’intégration en faveur d’une armée européenne, qui de surcroit relancera le militarisme allemand et français.

    Jean-Pierre Page, ancien responsable du département international de la CGT

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  • Le refus du Comité international olympique (CIO) de participer aux événements commémoratifs du 76e anniversaire de l'holocauste nucléaire à Hiroshima et Nagasaki constitue une immense insulte à la mémoire des milliers de victimes de la bombe ainsi qu'au peuple japonais en général. 
    En outre, le CIO a décidé de ne pas appeler les athlètes et les officiels à observer une minute de silence pendant les Jeux, sur les sites olympiques et ailleurs, le 6 août, jour où les États-Unis ont largué la bombe atomique à Hiroshima il y a 76 ans. 

    Toshiyuki Mimaki, 79 ans, président par intérim de la Confédération des organisations de victimes de la bombe atomique de la préfecture d'Hiroshima, a été découragé par cette annonce.

    "Je suis déçu", a déclaré Mimaki. "Je ne pense pas qu'avoir un bref moment de prière rencontrerait des objections de la part des gens du monde entier" et a ajouté : "C'est une honte que Bach soit venu au Musée du Mémorial de la Paix d'Hiroshima et que cela ne lui ait pas donné envie d'appeler à un moment de silence."

    Derrière le nom de "pas de politique", le CIO cache son hypocrisie. La décision d'éviter toute commémoration des victimes de la bombe atomique d'Hiroshima-Nagasaki pendant les Jeux olympiques constitue un acte politique et montre les intentions réelles et l'idéologie dominante du CIO. 

    Le largage de la bombe atomique en 1945 à Hiroshima et Nagasaki par les États-Unis restera toujours dans les mémoires comme le plus horrible crime de guerre impérialiste du 20e siècle.

     

    sources:

    -en anglais: http:// https://www.idcommunism.com/2021/08/tokyo-olympics-iocs-refusal-to-honor-hiroshima-nagasaki-victims-.html

    -en français: http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2021/08/jeux-olympiques-de-tokyo-le-refus-du-cio-d-honorer-les-victimes-des-bombes-d-hiroshima-nagasaki-est-une-enorme-honte.html

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  • Lettre ouverte aux parlementaires : 76ème anniversaire d’Hiroshima et Nagasaki (mvt de la paix -3/08/21)

    NB – Courriel adressé à tous les parlementaires

    Objet : 4ème anniversaire de l’adoption du Traité sur l’Interdiction des armes nucléaires à l’ONU – désarmement nucléaire – anniversaire du bombardement atomique sur Hiroshima et Nagasaki – réponse aux lettres de députés – courriel/plaidoyer adressé à tous les parlementaires.

      
    Madame, Monsieur,

    En janvier 2021, nous avons proposé à l’ensemble des groupes parlementaires de s’exprimer à l’occasion de l’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

    A l’occasion du 7 juillet 2021, date du quatrième anniversaire de l’adoption de ce Traité par 122 Etats membres des Nations Unies, un certain nombre de militants-tes ou d’amis-ies du Mouvement de la Paix ont adressé un courrier aux parlementaires de leur département de résidence. Ces personnes, soutenant notre démarche, demandaient que la France adhère à ce Traité.

    Nous remercions les parlementaires et groupes parlementaires qui ont soutenu ou examiné ces sollicitations à travers des questions orales ou écrites au Gouvernement (Groupe Gauche démocrate et républicaine, groupe socialiste), un engagement public en faveur du TIAN (PCF et EELV) ou par des réponses individuelles aux sollicitations (députés LREM).

    Nous entendons à travers ce courrier adressé à l’ensemble des parlementaires, et rendu public sur notre site, poursuivre ce dialogue constructif entre la société civile et les parlementaires sur une question majeure pour la paix et l’avenir de l’humanité en termes de sécurité humaine et écologique. C’est pourquoi nous avons choisi de vous adresser ce courrier à quelques jours de la commémoration des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. En cette période de crise de la citoyenneté et de l’engagement, nous entendons aussi porter la parole des 76 % de Françaises et de Français qui se sont déclarés en faveur de l’engagement de la France dans un processus d’élimination des armes nucléaires (sondage Ifop/La Croix/Planète Paix/Mouvement de la Paix de 2018).

    Vous êtes toutes et tous, quelle que soit votre appartenance politique, des personnes de conviction. Vous avez assumé vos convictions à travers votre candidature et votre élection. Vous ne vous étonnerez donc pas que nous présentions notre argumentation avec conviction et détermination et vous remercions par avance de votre attention.

    A cet égard et avant de poursuivre nos arguments, il convient de rappeler certains termes du Traité de Non-Prolifération Nucléaire (TNP), lequel stipule que les États parties au TNP, dont la France,

    « … Désireux de promouvoir la détente internationale et le renforcement de la confiance entre États afin de faciliter la cessation de la fabrication d’armes nucléaires, la liquidation de tous les stocks existants desdites armes et l’élimination des armes nucléaires et de leurs vecteurs des arsenaux nationaux en vertu d’un traité sur le désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace, 

    Rappelant que, conformément à la Charte des Nations Unies, les États doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies, et qu’il faut favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde, …

    Article VI

    Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. »

    Dans sa réponse, dont nous la remercions, Anne BRUGNERA, Députée LREM (voir note numéro 1) indique : « je vous remercie pour votre mail m’interpellant sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires. Après m’être renseignée sur la question, je partage l’avis du Ministère des Armées sur ce sujet. »

    Cette réponse marque une dépendance à notre avis trop grande d’un parlementaire vis-à-vis de l’exécutif et du ministère des Armées en l’occurrence. Il s’agit-là d’une remarque générale de notre part sur le fonctionnement actuel des institutions qui minimise le rôle des parlementaires. Sur une question comme celle du désarmement nucléaire, compte tenu des conséquences humanitaires catastrophiques possibles de l’utilisation de ces armes, quand nous nous adressons aux parlementaires, nous attendons à la fois une réponse des parlementaires ès qualités exprimant leur conviction personnelle et la réponse collective de leur groupe. Or l’argumentaire reprend quasiment mot pour mot les arguments maintes fois répétés à tous les niveaux depuis le Président de la République censé détenir la vérité en la matière jusqu’aux administrations et organismes publics en charge du nucléaire militaire, dont le CEA/DAM, ou dans les cabinets ministériels et les services du Président de la République et de l’Etat. Il suffit pour cela de comparer avec les arguments avancés par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères en juin 2021 en réponse à une autre question du député Joël BIGOT sur le TIAN (note numéro 2).

    Ces arguments, qui pour nous prennent trop de liberté avec le droit international, avec les engagements de la France et les réalités observables, sont en permanence repris depuis l’adoption et l’entrée en vigueur du TIAN dont il faut rappeler qu’il n’est que la stricte application de l’article VI du TNP, traité que le discours officiel prétend pourtant défendre tout en doublant le budget consacré aux armes atomiques à travers la loi de programmation militaire.

    Ce constat n’est pas nouveau. Dès le 25 octobre 2016, le ministère français des Affaires étrangères transmettait aux députés français au Parlement européen un courrier énonçant les mêmes arguments qui nous semblent éminemment contestables. Ces argumentations plus dogmatiques que rationnelles et sans cesse reprises dans le discours gouvernemental, révèlent un certain « malaise politique » des gouvernants français qui se savent dans le déni de leurs engagements juridiques internationaux. Ils tentent désespérément, dans une illusion de puissance (avec les autres États dotés d’armes nucléaires), de convaincre (certains diront manipuler en raison de l’absence de vrai débat) leurs opinions publiques avec un arrière-plan de relations équivoques voir de pressions des institutions et des industries en charge du nucléaire militaire au détriment du respect des engagements internationaux de notre pays. Le Parlement européen a d’ailleurs fait fi de ces pressions en adoptant à la majorité sa résolution P8_TA(2016)0424 du 27 octobre 2016 soutenant la négociation du TIAN.

    L’usage du terme « dissuasion nucléaire » est déjà très ambigu, cette prétendue « dissuasion » étant indémontrable. D’une part, l’absence de conflit majeur évoquée (mais quel conflit et qu’est-ce qu’un conflit majeur ?) ne peut bien sûr pas être considérée comme une cause de cette absence d’usage des armes nucléaires malgré leur menace. D’autre part, cette politique de menace nucléaire, prétendu gage de « sécurité », comporte des dimensions provocatrices, soit pour stimuler et justifier une prolifération nucléaire, soit pour inciter à son contournement par d’autres menaces et d’autres conflits qui restent « sous le seuil nucléaire ». En tout état de cause, elle alimente une prolifération nucléaire extrêmement dangereuse qui se développe sous nos yeux, et n’est pas une réponse aux menaces nouvelles car aujourd’hui les conflits se développent sur d’autres plans : bataille de l’information, technologies de l’information, cyber attaques, luttes pour le contrôle des ressources, extrémismes violents, terrorisme individuel ou organisé, guerres de l’eau, possibles guerres « climatiques », guerre économique, révoltes de la pauvreté, etc.

    « L’argument » consistant à dire « La France n’a pas participé aux négociations du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et n’entend pas y adhérer et que le TIAN est en effet marqué par plusieurs faiblesses » est en fait une falsification de la réalité. En effet, si la diplomatie de la France, dans le respect du TNP, avait participé à cette rédaction, elle aurait pu et dû tenter d’influencer les rédacteurs dont elle aurait fait partie pour éviter que de prétendues « faiblesses » y apparaissent. Critiquer alors que l’on aurait pu être acteur et avoir refusé de l’être démontre le refus a priori de la France de respecter ses engagements et n’est qu’une tentative de se disculper. C’est prendre les interlocuteurs pour des naïfs et oublier que les ONG qui portent cette question au plan national et international sont très correctement documentées et dotées de compétences dans les domaines diplomatique, scientifique, technologique et militaire.

    Pour sa part, l’ancien diplomate Marc Finaud, avec IDN (Initiatives pour le Désarmement nucléaire), rappelle que « la France a délibérément boycotté les négociations qui lui étaient ouvertes. Elle était déjà tenue par son engagement, aux termes du TNP, de négocier le désarmement nucléaire. En outre, lorsque les États parties au TIAN rempliront leurs propres obligations, toute coopération avec la France relative aux armes nucléaires sera illégale ». Le Mouvement de la Paix a en son temps dénoncé cette attitude irresponsable de la France de ne pas participer aux trois grandes conférences intergouvernementales en 2013 et 2014 sur « les conséquences humanitaires des armes nucléaires », au Mexique (Nayarit), en Norvège (Oslo) et en Autriche (Vienne). Nous avons aussi regretté la conférence de presse du représentant de l’ambassadeur de France auprès de l’ONU tenue à New York en 2017 en compagnie de l’ambassadrice des Etats-Unis pour une dénonciation commune du processus de négociation du TIAN.

    Les affirmations de prétendues faiblesses du TIAN ne sont pas plus convaincantes et ne résistent pas à une simple analyse. Reprenons ces allégations :

    «  il (le TIAN) ne prend pas en compte l’environnement stratégique international actuel, caractérisé par des tensions croissantes et des enjeux préoccupants en matière de prolifération des armes de destruction massive ; il fragilise la légitimité du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui est la pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire depuis plus de cinquante ans ; »

    C’est totalement faux : d’une part, le préambule du TIAN reprend ces préoccupations et se réfère au TNP et aux autres traités négociés pour faire avancer ce désarmement. D’autre part, le TIAN est bien une réaction multilatérale à la dislocation de l’architecture internationale de sécurité par certaines puissances nucléaires et aux risques de prolifération des armes nucléaires que ces puissances, dont la France, provoquent en pérennisant leurs propres systèmes et en les modernisant sans cesse. Continuer ainsi d’affirmer que ces armes seraient légitimes pour certains afin de garantir la protection de leurs intérêts vitaux ne peut qu’inciter d’autres Etats à la prolifération.

    «  il (le TIAN) ne reprend pas les plus hauts standards de garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) adossés au TNP, et enfin, il n’est assorti d’aucun mécanisme de vérification, contrairement au TNP. L’approche prohibitionniste du TIAN ne contribuera ainsi qu’à polariser davantage les enceintes de négociation sur le désarmement nucléaire, sans créer les conditions de confiance nécessaires à un désarmement général et complet tel que décrit dans l’Article VI du TNP, qui engage ses signataires à « poursuivre de bonne foi des négociations » pour arriver, à terme, à « un traité de désarmement général et complet ».

    C’est faux et un peu machiavélique, car c’est précisément le TIAN qui est ce traité pouvant conduire au désarmement général et complet avec l’interdiction et l’élimination des armes nucléaires. De plus, le TIAN exige bien que ses États parties non dotés d’armes nucléaires respectent, au minimum, les garanties actuelles de l’AIEA et ce sans préjuger d’instruments encore plus rigoureux. Pour les États possesseurs d’armes nucléaires qui y adhéreraient par la suite, le régime de vérification serait à négocier et devrait être validé par les autres États parties. C’est donc un régime allant au-delà des standards des garanties de l’AIEA qui est prévu dès maintenant. Évoquer une possibilité « à terme » n’est qu’une manœuvre argumentaire dilatoire.

    « La politique de sécurité et de défense de la France, tout comme celle de ses alliés parmi les plus proches, repose sur la dissuasion nucléaire qui vise à protéger notre pays de toute agression d’origine étatique contre ses intérêts vitaux. La France demeure toutefois déterminée à mettre en œuvre les prochaines étapes concrètes du désarmement nucléaire, conformément à ses engagements au titre du TNP, en participant à la création des conditions permettant à terme l’élimination des armes nucléaires : poursuite du désarmement conventionnel, universalisation du respect de l’interdiction des armes chimiques et biologiques, prise en compte de la prolifération balistique, sécurité dans l’espace extra-atmosphérique, résolution des crises régionales de prolifération.

    L’argument consistant ici encore à évoquer un désarmement nucléaire « à terme » s’écarte totalement des engagements de la France, notamment dans le TNP, à mettre en place un agenda concret de ce désarmement nucléaire, obligation à laquelle elle a souscrit en adhérant au TNP en 1992. D’autre part, la France ainsi que les autres États dotés ont accru sensiblement leurs budgets nucléaires, mais aussi militaires sur la longue durée, ce qui est incompatible avec l’obligation de cessation de la course aux armements nucléaires « à un délai rapproché » incluse dans le TNP entré en vigueur en 1970. La ministre des Armées s’est récemment félicitée du lancement de la troisième génération de sous-marins lanceurs d’engins nucléaires prévus pour naviguer jusqu’en 2090, soit près d’un siècle après l’entrée en vigueur du TNP pour la France !

    L’approche « étape par étape » du désarmement nucléaire évoquée n’est nullement incompatible avec le TIAN. Si cette approche dite nécessaire depuis 1970 avait été couronnée de succès, le TIAN n’aurait de plus pas été nécessaire, or cette manœuvre dilatoire n’a été utilisée par les États nucléaires que pour retarder sine die l’application effective de leurs engagements. Enfin, ce ne sont pas les soutiens au TIAN qui bloquent cette démarche, mais certaines puissances nucléaires, dont la France qui pourrait jouer un rôle moteur au plan international, ne serait-ce qu’en gelant immédiatement ses programmes de modernisation.

    « Dans la continuité de cette approche, le Président de la République, lors de son discours sur la stratégie de défense et de dissuasion à l’École de Guerre le 7 février 2020, a explicité l’agenda proposé vers un « désarmement global, progressif, crédible et vérifiable », et reposant sur quatre points : le respect strict du TNP ; l’enclenchement des négociations sur un traité d’interdiction des matières fissiles (FMCT) et l’universalisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) ; la poursuite des travaux sur la vérification du désarmement nucléaire ; et enfin, le lancement de travaux concrets sur la réduction des risques stratégiques.

    Toutes ces mesures visent en fait à gagner du temps et à nous éloigner de l’objectif affirmé par le droit international, à savoir l’obligation juridique de l’élimination totale des armes nucléaires que personne, même le Président de la République, ne conteste. Celui-ci en pratique fait le contraire à travers les modernisations financées dans la Loi de programmation militaire en cours, à travers un quasi doublement des crédits consacrés à la modernisation des armes nucléaires. En matière diplomatique, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères évoque le processus P5 qui n’est que le contraire du multilatéralisme puisque, au lieu de discuter avec l’ensemble des Etats au sein des Nations unies, il propose de réduire les discussions au cercle fermé des 5 Etats dits « dotés de l’arme nucléaire » (EDAN) : Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine. La diplomatie française critique par ailleurs à tort un « désarmement unilatéral » que lui imposerait le TIAN, ce qui est faux comme on l’a vu, alors même que toutes les mesures qu’elle a prises elle-même l’ont bien été unilatéralement, sans aucune négociation. Dans son discours devant l’École de guerre, la principale mesure de « désarmement » nucléaire proposée par le Président de la République a été l’idée d’étendre la dissuasion nucléaire aux autres États membres de l’Union européenne. Après les non-réponses de nos partenaires, ce sont au contraire trois de ces États qui ont d’ores et déjà ratifié le TIAN. La prétendue fin de la production de matières fissiles ou des essais nucléaires n’a eu aucun effet en termes de désarmement, bien au contraire. Les essais se poursuivent sous une autre forme, avec en particulier les installations du CESTAS avec des essais en simulation qui permettent le développement des arsenaux nucléaires ; la France dispose d’autre part de stocks de matières fissiles considérables et poursuit la production du tritium nécessaire à ses armes thermonucléaires.

    Mais le plus grave est qu’en cette affaire nous sommes face à des violations graves de dispositions du droit international et de traités que la France a pourtant bien intégrés dans son droit national. La persistance constante de la menace par les armes nucléaires et leur modernisation sont la preuve concrète de ces violations, preuve qui ne peut s’effacer par quelques mots ou quelques discours. Or ce point est parfaitement rappelé en préambule du TIAN (comme il le fut avec le TNP) : « Considérant que tout emploi d’armes nucléaires serait contraire aux règles du droit international applicable dans les conflits armés, tout particulièrement aux principes et règles du droit international humanitaire… ».

    Ces violations du droit humanitaire, du droit à la santé et à la vie, des droits civils et politiques, des droits environnementaux et du droit des conflits conduisent les dirigeants français à se mettre en contradiction coupable avec le droit national également rappelé par la Cour Internationale de Justice dès 1996, et à placer aussi les militaires qui ont la charge de mettre en œuvre ces armes en position de potentiels criminels de guerre (voir ci-après-note 3 un rappel du Code de la défense). Ceci serait le cas y compris si un tir nucléaire se produisait par erreur ou accident. Certains accidents se sont d’ailleurs déjà produits et aucune mesure, aussi drastique soit-elle, ne pourra jamais en éviter de nouveaux.

    Les armes nucléaires sont bien illégales et interdites au regard du droit international et du droit national, y compris au vu du Code de la défense, économiquement coûteuses, militairement inutiles pour construire un monde de paix, et moralement inadmissibles.

    Il n’y a vraiment qu’une seule solution conforme au droit international dans toutes ses dimensions et aux engagements internationaux de la France, au droit à la vie, c’est l’élimination totale des armes nucléaires.

    Enfin, il nous semble nécessaire de bien alerter chaque parlementaire sur les conséquences humanitaires et écologiques d’une utilisation volontaire ou par erreur des armes nucléaires (cf. le phénomène d’hiver nucléaire, validé par la communauté scientifique). C’est une des raisons pour lesquelles l’Organisation internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), Prix Nobel de la Paix 1985) et ICAN International, dont est membre le Mouvement de la Paix, (Prix Nobel de la Paix 2017) ont tant agi pour l’adoption et la mise en œuvre du TIAN. A cet égard, nous appelons votre attention sur le fait que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’est clairement prononcé en faveur du TIAN et de l’élimination totale des armes nucléaires. Nous vous recommandons de consulter les prises de position du CICR (voir liens ci-après) pour mesurer la conséquence de vos votes, pour ceux ou celles des parlementaires qui valident ou ont validé la course à la modernisation des armes nucléaires par le vote du Livre blanc de la défense et de la dernière Loi de programmation militaire avec ses actualisations et une augmentation considérable des crédits alloués aux programmes de modernisation des armes nucléaires.

    https://www.icrc.org/fr/document/armes-nucleaires-une-menace-intolerable-pour-lhumanite

    https://www.icrc.org/fr/document/armes-nucleaires

    C’est la raison pour laquelle le Mouvement de la Paix appelle les citoyennes et citoyens à s’exprimer à travers des actions du 6 au 9 août dans le cadre de la « vague mondiale pour la paix » initiée par les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki et leurs organisations, mais aussi à l’occasion de la journée internationale de la Paix (21/09), et de la  Journée internationale de l’ONU pour l’élimination totale des armes nucléaires (26/09), avec le samedi 25 septembre « des marches  pour la paix, le désarmement nucléaire et le climat, la justice sociale et les droits humains » à l’initiative du collectif national “En marche pour la Paix” quiregroupe plus de 150 organisations..

    Sur la base de ces éléments le Mouvement de la Paix sollicitera des groupes politiques à l’Assemblée nationale et au Sénat une rencontre début septembre afin d’échanger les arguments, points de vue et propositions pour avancer dans la voie du désarmement nucléaire général et complet sous contrôle international, conformément aux obligations résultant du droit international.

    Enfin, nous nous devons de souligner que la menace des armes nucléaires expose les populations à une insécurité dramatique et entraîne un détournement de milliards d’euros, mais aussi de moyens intellectuels et scientifiques qui sont indispensables pour faire face aux défis du monde actuel et assurer la sécurité économique, sanitaire, sociale et écologique des populations. C’est d’ailleurs ce qu’exprime l’Appel international des scientifiques et universitaires du monde entier lancé en octobre 2020 à l’occasion de la Journée internationale de la science au service de la Paix, projet porté conjointement par Pugwash (Prix Nobel de la Paix 1995) et le Mouvement de la Paix.

    https://pugwash.fr/2020/10/appel-international-de-scientifiques-aux-dirigeants-des-etats-detenant-des-armes-nucleaires/.

    Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les parlementaires, l’expression de nos sentiments respectueux.

     

    Le Mouvement de la Paix, le 3 août 2021

    Contact : national@mvtpaix.org

     

    PS : Les conséquences des essais nucléaires sur les populations sont aussi là pour illustrer les conséquences de ces armes sur le long terme et pour le devenir des générations présentes et futures

    source: https://www.mvtpaix.org/

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  • bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945 (Mvt de la paix-2/08/21)Hiroshima après la bombe

     

    A l’occasion de la commémoration des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 Août 1945, le Mouvement de la Paix appelle la France à respecter ses engagements internationaux en matière de désarmement nucléaire.

    Comme l’indiquent les Hibakusha (survivants d’Hiroshima et Nagasaki) dans leur appel international de 2016 pour l’élimination des armes nucléaires qui a recueilli des millions de signatures à travers le monde, « Aujourd’hui, l’humanité se trouve à la croisée des chemins. Ou nous sauvons notre planète bleue telle qu’elle est, avec tous ses êtres vivants, ou bien nous nous acheminons vers l’autodestruction. Les armes nucléaires pourraient éliminer l’espèce humaine, ainsi que toutes les autres créatures vivantes. Elles pourraient détruire l’environnement et transformer la terre en une planète morte. »

    Partout dans le monde et en France se mettent en place des actions, dans le cadre de la vague de la paix lancée par les hibakushas (survivants d’Hiroshima) qui se déroulera entre le 6 août et le 9 août 2021.

    Le Mouvement de la Paix qui est directement associé à cette vague de la paix dans le cadre d’un partenariat avec le comité japonais contre les bombes A et H (Gensuiko) participera le 6 août à la conférence mondiale contre les bombes A et H organisée depuis Hiroshima et assurera la promotion de cette vague mondiale pour la paix en développant partout en France de nombreuses actions exigeant que la France respecte ses engagements internationaux en particulier le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Le TNP stipule en effet que les Etats signataires « Désireux de promouvoir la détente internationale et le renforcement de la confiance entre États afin de faciliter la cessation de la fabrication d’armes nucléaires, la liquidation de tous les stocks existants desdites armes et l’élimination des armes nucléaires et de leurs vecteurs des arsenaux nationaux en vertu d’un traité sur le désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace », « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace (article 6 )»

    La poursuite par la France de programmes de fabrication de nouvelles armes nucléaires et la poursuite d’essais nucléaires en laboratoire constituent des violations du TNP. 

    L’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) élaboré en application de l’article 6 du TNP (Traité de Non-Prolifération Nucléaire signé par la France) ouvre la voie vers une nouvelle période de mobilisations nécessaires pour gagner l’élimination totale et définitive de ces armes de destruction massive et pour obtenir que la France adhère au TIAN pour enfin respecter ses engagements internationaux  en matière de désarmement nucléaire. 

    A cette occasion le Mouvement de la paix a adressé aux 925 membres du Parlement français un dossier-plaidoyer argumenté demandant aux parlementaires d’agir pour le respect des engagements de la France en matière de désarmement nucléaire.

    A la rentrée en septembre 2021 le Mouvement de la paix contribuera au succès de la journée internationale de la paix et aux marches du samedi 25 septembre « pour la paix, le désarmement nucléaire et le climat, pour la justice sociale et les droits humains » organisées à l’appel du collectif national des Marches pour la Paix dans le cadre de la journée internationale des Nations Unies pour l’élimination totale des armes nucléaires.

    Le Mouvement de la Paix, Le 2 août 2021

     

     source: https://www.mvtpaix.org/

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  • Chaque minute, la France dépense 8969 euros d’argent public pour son arsenal nucléaire militaire   (bastamag.net-14/06/21)

    La Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires pose, dans un nouveau rapport, la question du coût des armes nucléaires, alors qu’un traité international pour leur interdiction est entré en vigueur cette année.

    4,7 milliards d’euros. C’est la somme que l’État français a dépensée en 2020 pour son arsenal nucléaire militaire. Pour l’ensemble des neufs États possédant des armes nucléaires (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, Inde, Israël, Pakistan, Corée du Nord), les dépenses effectuées en 2020 pour les entretenir se chiffrent à plus de 60 milliards d’euros (72 milliards de dollars) selon les dernières données rassemblées par la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), une coalition d’ONG qui a reçu en 2017 le prix Nobel de la paix.

    « Pendant que les lits d’hôpitaux se remplissaient de patients, que les médecins et les infirmières infirmières faisaient des heures supplémentaires et que les fournitures médicales de base manquaient, neuf pays ont découvert qu’ils disposaient de plus de 72 milliards de dollars pour leurs armes de destruction massive, soit 1,4 milliard de dollars de plus que l’année dernière », écrit l’ICAN dans un rapport [1] publié début juin.

    En France, chaque minute, 8969 euros d’argent public sont dépensés pour l’arsenal nucléaire, alors que la pandémie de Covid frappe le pays. « C’est autant d’argent qui n’a pas été consacré à la santé ou à l’éducation de ses citoyens », pointe la branche française de l’ICAN dans un communiqué. L’argent mobilisé pour l’arsenal nucléaire va en revanche aux grandes entreprises d’armement, Airbus, BAE systèmes, Safran… qui participent à la production et l’équipement des missiles nucléaires.

    Un traité international sur l’interdiction des armes nucléaires entrée en vigueur cette année

    La somme de 4,7 milliards d’euros alloués à la dissuasion nucléaire française l’année dernière comprend les coûts annuels des têtes nucléaires, de la modernisation et du renouvellement des missiles de croisière – avec le nouveau M51 conçu par une filiale d’Airbus et de Safran – et de la flotte de sous-marins nucléaires d’attaque (cinq navires et bientôt six en service, cinq plus modernes en projet). En 2020, « la France a consacré environ 11 % de son budget militaire total aux armes nucléaires en 2020 », précise l’ICAN. Selon la dernière loi de programmation militaire, votée en 2018, la France se fendra d’une somme supplémentaire de 27,85 milliards d’euros pour la dissuasion nucléaire entre 2021 et 2025 .

    « Théoriquement, il était prévu un débat parlementaire sur la révision de la loi de programmation militaire, mais le ministère de la Défense a décidé de faire sans. Ce débat aurait pourtant peut-être permis une discussion parlementaire sur la pérennité de l’arme nucléaire », regrette Patrice Bouveret, membre de l’ICAN avec l’organisation française Observatoire des armements. Pour lui, un tel débat est d’autant plus nécessaire depuis l’entrée en vigueur du Traité international sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), le 22 janvier 2021.

    Ce traité a été adopté par 122 États en 2017. Fin 2020, il a atteint le quota de ratification par 50 États, le seuil nécessaire à son entrée en vigueur. En Europe, le Liechtenstein a signé le traité, l’Autriche, l’Irlande, Malte, le Saint-Siège et Saint-Marin l’ont ratifié. La France ne l’a ni signé ni ratifié [2].

    « Si le RN arrive au pouvoir, comment cela va se passer pour l’arme nucléaire ? »

    Le gouvernement français défend son refus d’adhérer au traité par trois raisons : il juge le TIAN « "inadapté" au contexte sécuritaire international marqué par la résurgence des menaces d’emploi de la force » ; ce traité ne servira pas, selon le gouvernement français « la cause du désarmement, puisqu’aucun État disposant de l’arme nucléaire ne le signera » ; et il fragiliserait une « approche réaliste d’un désarmement s’effectuant étape par étape." » [3]. Les États-Unis dépensent sept fois plus que la France pour leur programme nucléaire, la Chine deux fois plus. Israël et le Pakistan y consacreraient environ un milliard de dollars, la Corée du Nord 670 millions, selon le rapport. Autre pays européen à disposer de la puissance nucléaire, le Royaume-Uni dépense l’équivalent du budget français.

    Le problème, juge Patrice Bouveret, c’est que l’État français ne permet pas non plus de débat sur ces positions : « À partir du moment où 122 pays s’engagent sur une interdiction des armes nucléaires, la dissuasion nucléaire ne peut plus jouer le même rôle à l’encontre de ces pays-là. Cela mérite d’en discuter. Or la France refuse de participer à ce débat-là, même au niveau international. Nous estimons que ce refus est anormal. »

    L’ICAN appelle aussi l’ensemble des pays membres de l’OTAN qu se réunissent en sommet ce 14 juin à adhérer au TIAN. « Car l’arme nucléaire est un facteur de tension », dit Patrice Bouveret. Il soulève aussi la question des élections présidentielles françaises : « Si le RN arrive au pouvoir, comment cela va se passer pour l’arme nucléaire ? Aujourd’hui, c’est le président qui détient le pouvoir de déclencher l’arme nucléaire. »

    Rachel Knaebel

    Photo : CC BY-NC 2.0 Kelly Michals via flickr.

    Notes

    [1Lire ici (en anglais).

    [2La liste des ratification est disponible ici.

    [3Voir l’argumentaire du gouvernement ici.

     

    source: https://www.bastamag.net/

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  • Quand, le 16 mars 2020, Emmanuel Macaron, dans son discours, déclare, à six reprises : « Nous sommes en guerre », ce n’est pas seulement un effet rhétorique. Ce n’est pas seulement, non plus, une métaphore de la lutte contre le virus du Covid-19 dont il s’agit. C’est un véritable aveu de la situation politique, sociale et militaire que nous vivons depuis plusieurs années dans notre pays. Nous sommes en guerre… mais en guerre contre qui ? Contre quoi ?

     

    Tout d’abord, nous vivons dans une forme « d’état de guerre » permanent, une forme de conflit social très violent qui oppose une minorité de milliardaires, qui dictent aux gouvernements les mesures antisociales à appliquer, à l’immense majorité de la population, qui n’est pas millionnaire. Un exemple de dégât collatéral de ce conflit social : la situation critique de notre système de santé, à bout de souffle dans le cadre de la crise sanitaire actuelle... parce que l’austérité gouvernementale imposée depuis plusieurs années n’a cessé de diminuer les moyens alloués aux hôpitaux et aux soignants en général. Dans le même temps, des centaines de milliards sont détournés des finances publiques vers les caisses des multinationales aux mains des milliardaires, qui peuvent utiliser cette manne pour multiplier les licenciements et les destructions d’emplois.

    Cet « état de guerre » permanent se ressent également dans notre système éducatif où c’est une véritable « culture de la guerre » qui est enseignée à nos enfants. Les principes pacifistes, internationalistes et humanistes qui ont inspiré les créateurs des Nations-Unies il y a plus de 75 ans sont tus : la Charte fondatrice de 1945 est ignorée. Le Droit International n’est convoqué dans les enseignements que s’il confirme la politique gouvernementale. Les guerres menées par l’armée française, de nature colonialistes et impérialistes, sont justifiées par des programmes aux choix très politiques. L’armée elle-même intervient dans les classes pour justifier ses actions (et exactions) : elle peut même y engager certaines des 15.000 recrues nécessaires chaque année pour ses opérations. Dernière invention : le Service National Universel diffuse une propagande de guerre à des jeunes captifs... de 14 ans !
    En un certain sens, cet « état de guerre », ce conflit social violent est une forme de guerre, une guerre contre la démocratie. Comment imaginer une démocratie ploutocratique ?

    C’est une contradiction dans les termes : la démocratie c’est le pouvoir populaire, la participation des citoyens, la « culture de la Paix ». C’est un combat permanent, une lutte continue. Ce n’est pas le pouvoir autoritaire et militaire d’un président – chef des armées au service de quelques milliardaires. L’histoire du XXe siècle nous enseigne qu’immanquablement, quand une guerre se déclenche, les premières victimes ce sont bien les libertés démocratiques. C’est ce que nous avons constaté récemment avec le mouvement des « Gilets Jaunes » où le gouvernement, la police et l’armée, ont considéré ce mouvement populaire comme un « ennemi intérieur » à éliminer. Notre système politique est de plus en plus autoritaire, posant clairement la question d’un possible retour du fascisme...

    Pourtant, selon certains commentateurs patentés, visibles ou audibles dans les médias d’État ou propriété des milliardaires, nous serions en Paix... mais une Paix armée alors. Est-ce possible ? Car depuis 2015, l’accord de Paris sur le Climat, les gouvernants occidentaux membres de l’alliance militariste de l’Otan, augmentent fortement leurs capacités militaires, alarmés par la crise climatique et ses conséquences, qui menacent leur domination mondiale. En France, depuis lors, le budget annuel de la défense a augmenté de 8 milliards, soit une augmentation de 25% ! 30.000 soldats français se trouvent actuellement en situation opérationnelle, dont 20.000 hors de métropole. L’armée française est présente sur tous les continents et les océans du globe. Mais le militaire en France c’est aussi un complexe militaro-industriel de 15 milliards de chiffre d’affaire dont 1/3 à l’exportation, comptant 200.000 emplois et des ventes d’armes aux ultra-réactionnaires pétromonarchies du Golfe... Militaires et milliardaires sont inextricablement liés dans la guerre et sa préparation.

    En 2015, notre président François Hollande déclarait : « Nous sommes en guerre ». Il s’agissait alors de la guerre contre le terrorisme. Plus de 5 ans plus tard, celle-ci n’a pas cessé, au contraire. 10.000 soldats continuent à patrouiller dans nos rues. Les exercices traumatisants « d’alerte intrusion » effrayent toujours nos enfants et adolescents dans les établissements scolaires. Des idéologues islamophobes vomissent leurs insultes à l’encontre du prétendu « totalitarisme musulman » dans les grands médias, propriété de milliardaires, dont les affaires en Afrique fleurissent. 5100 militaires français mènent une guerre qui n’a rien d’humanitaire au Sahel, pour combattre des ennemis qui, hier, étaient considérés par les services français comme des alliés, des « amis de la France », qui pouvaient recevoir formations, armes et financements. Rappelons qu’à l’image d’Oussama Ben Laden, le « terroriste islamiste djihadiste » est une création occidentale. Les militaristes chérissent leurs ennemis car ils permettent des guerres sans fin : jamais aucune guerre occidentale n’a apporté la Paix quelque part, au contraire.

    La guerre engendre la guerre, les persécutions, les massacres...
    Cette « guerre contre le terrorisme » est un cancer qui ronge notre société, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la France métropolitaine. Plus il y a de militaires français en Afrique, plus il y a de « terroristes »... ainsi, est-ce bien le « terrorisme » que l’armée française combat ? La question se pose. Car derrière les discours de propagande occidentaliste, c’est-à-dire coloniaux et impérialistes, c’est bien du pillage de l’Afrique par les multinationales françaises dont il s’agit, de la « Françafrique ». L’armée française, dont l’histoire moderne est une succession de défaites militaires en Europe et de crimes coloniaux tout à travers le monde, est une milice d’État au service d’Areva, qui pille les mines d’uranium du Niger, de Total, qui vampirise les ressources pétrolières de l’Afrique de l’Ouest, de Castel, qui arrose les marchés africains de ses spiritueux, de Bolloré, qui monopolise les transports africains... C’est aussi un rouage déterminant du maintien de ce qu’il subsiste de l’empire colonial français, à savoir les départements et territoires d’Outre-mer dont la décolonisation, sur de nombreux aspects, n’a jamais été achevée. C’est pour finir le dernier recours en terme de maintien de « l’ordre » quand les colonisés de l’intérieur, les classes populaires, se révoltent contre la dictature des milliardaires...
    C’est pourquoi, lors de son dernier congrès, en 2017, le Mouvement de la Paix a affirmé mener des campagnes pour : « Fermer les bases militaires françaises à l’étranger » et « que la France respecte le droit des peuples à l’autodétermination ».
    Aujourd’hui, il est temps d’oser la Paix, d’avoir le courage d’en finir avec le colonialisme, l’impérialisme, la guerre, que mènent le gouvernement et l’armée française, en France et tout à travers le monde, en notre nom, avec nos impôts. Les Peuples du monde n’ont rien à gagner à cette guerre, à cet « état de guerre » permanent qui détruisent nos libertés démocratiques pour qu’une poignée de milliardaires s’enrichissent sans fin. Nous citoyens français n’avons rien à gagner à la militarisation, à l’industrie de l’armement, aux guerres de l’armée française, à l’occupation militaire de l’Afrique, ou au maintien d’un empire colonial moribond. Réduisons nos dépenses militaires au minimum, investissons dans la vie, la santé, l’éducation plutôt que dans les engins de mort ! Osons la Paix, l’éducation à la Paix, à la « culture de la Paix », le pacifisme, l’internationalisme et l’humanisme ! Ce n’est qu’ainsi que nous donnerons un avenir serein à notre planète et à nos enfants !

    Pierre-Olivier POYARD

    A paraître juillet 2021 : « Osez la Paix ! Agir contre les guerres aux Peuples et à la Nature ; cultiver un monde de Paix. », Éditions « Le Temps des cerises ».
    Souscription sur : https://www.helloasso.com/associations/comite-des-vosges-du-mouvement-...

     

    source:  https://www.legrandsoir.info/combattre-pour-la-paix-dans-une-france-en-guerre.html

     

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  • L’université européenne de la paix organise une conférence sur l'ONU et la paix, mardi 13 octobre, à l’Hôtel de ville.L’université européenne de la paix organise une conférence sur l'ONU et la paix, mardi 13 octobre, à l’Hôtel de ville

    À l’initiative de l’Université européenne de la Paix, une conférence sera organisée à l’occasion des 75 ans de la charte des Nations Unies, mardi 13 octobre, à la mairie de Brest.

    On ne pouvait pas passer à côté de l’anniversaire de la charte des Nations Unies. On est fondamentalement Onusiens », lance Roland de Penanros, de l’Université européenne de la Paix. Qui organise ainsi une conférence sur « L’ONU et la paix », mardi 13 octobre 2020, de 20 h à 22 h, salon de Richelieu, à l’hôtel de ville de Brest.

    L’objectif de la conférence ? Faire le bilan en matière de paix de ces 75 ans d’existence. Et à partir de celui-ci, voir quel enseignement on peut en retirer et comment œuvrer plus efficacement à la paix du Monde. Pour ce faire, deux experts animeront le débat. Le premier, Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences Po Paris. Il sera accompagné de Monique Chemillier-Gendreau, professeure de droit public et de sciences politiques à l’université Paris-Diderot.

    En raison des conditions sanitaires, la jauge limite est fixée à 100 personnes.  Premier arrivé, premier servi, sourit Roland de Penanros. Mais heureusement qu’on a cette salle. On ne peut plus organiser de conférence à l’Université européenne de la paix en raison du contexte sanitaire. Mais la mairie s’est tout de suite montrée intéressée. 

    Jade SIMON

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Discours du ministre des affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodríguez Parrilla, à la réunion de haut niveau de l'AGNU pour commémorer et promouvoir la Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires.  2 octobre 2020.

    Monsieur le Secrétaire général :

    Monsieur le Président :

    Distingués délégués :

    Il est consternant de constater que, 75 ans après les bombardements criminels d'Hiroshima et de Nagasaki, il existe environ 13 400 armes nucléaires, dont près de 1 800 sont en état d'alerte opérationnelle et 3 720 sont déployées1 , plus de la moitié appartenant aux États-Unis. Les États-Unis détiennent le plus grand nombre de ces armes prêtes à l'emploi2 et sont le seul pays au monde à avoir lancé deux bombes atomiques.

    La communauté internationale ne peut rester impassible face à la Nuclear Posture Review des États-Unis, qui abaisse le seuil d'utilisation de ce type d'armes, même en réponse à des menaces dites "stratégiques non nucléaires".

    Nous rejetons la décision du gouvernement des États-Unis de se retirer de l'accord nucléaire avec l'Iran et du traité sur les missiles à courte et moyenne portée, signé avec l'ex-Union soviétique, des actions unilatérales ayant de graves conséquences pour la stabilité et la sécurité internationales.

    Nous vous demandons instamment de renouveler le traité sur la réduction des armes stratégiques avec la Russie (START).

    Nous condamnons vos tentatives de rétablir la doctrine Monroe, en violation du droit international et de la proclamation de l'Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix.

    Monsieur le Président :

    La pandémie COVID-19 a montré la fragilité d'un monde où l'accès universel aux services de santé de base n'est pas garanti, tout en modernisant et en étendant les arsenaux nucléaires, sous le prétexte de concepts militaires ou de doctrines de défense et de sécurité, qui continuent de menacer l'Humanité.

    L'élimination totale des armes nucléaires doit être la priorité absolue dans le domaine du désarmement. L'énergie nucléaire ne doit être utilisée qu'à des fins pacifiques pour le développement socio-économique des États, sans discrimination.

    Nous réitérons l'appel à la ratification du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires. Cuba est fière d'être le cinquième État à avoir ratifié cet instrument, d'être la première zone exempte d'armes nucléaires dans une région densément peuplée de la planète, d'appartenir à la première région du monde à être proclamée zone de paix et d'être un membre actif du Mouvement des pays non alignés, qui promeut la commémoration de la Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires.

    Comme l'a dit le commandant en chef de la révolution cubaine Fidel Castro Ruz : "Les bombes peuvent tuer les affamés, les malades, les ignorants, mais elles ne peuvent pas tuer la faim, la maladie, l'ignorance.3" Nous méritons un monde de paix, sans armes nucléaires. Battons-nous pour cela.

    Nous méritons un monde de paix, sans armes nucléaires.

     

    source en espagnol: http://misiones.minrex.gob.cu/es/articulo/la-eliminacion-total-de-las-armas-nucleares-debe-ser-la-mayor-prioridad-en-la-esfera-del

    source en français: http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2020/10/l-elimination-totale-des-armes-nucleaires-devrait-etre-la-priorite-absolue-dans-le-domaine-du-desarmement.html

     

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  • Nous publions cette analyse lucide du marxiste italien Manlio Dinucci publiée initialement par le quotidien italien Il Manifesto. Ils permettent aussi de comprendre l’agitation extrême de Macron du Liban au Sahel. Le chef de file de l’ français en crise ouverte doit concilier sa volonté de sauver ce qu’il peut de l’ex-empire colonial français et sa constante allégeance à l’OTAN qui, elle, cherche avant tout la bagarre avec la Russie et avec la Chine (d’où les propos agressifs de Macron, porté par une “majorité parlementaire” ridiculement étroite si on la compare au nombre de votants, appelant à débarquer le Biélorusse Loukachenko, élu par 80% des votants) et qui pour cela, cherche à se concilier Erdogan, l’homme qui se rêve en habit de nouveau sultan. C’est pourquoi, devant de tels enjeux mondiaux, la confrontation entre la France et la Grèce d’un côté, la  de l’autre (laquelle cherche aussi la bagarre contre l’Arménie et donc, se heurte objectivement à la Russie), paraît dérisoire aux yeux de Trump et Cie. 

    A lire :

    .

    Le Point du 16 juillet 2020. La complexité  de la Méditerranée orientale


    Gazoduc explosif en Méditerranée 

    par Manlio Dinucci

    En Méditerranée orientale, dans les fonds de laquelle ont été découverts de grands gisements offshore de  naturel, est en cours un âpre contentieux pour la définition des zones économiques exclusives, à l’intérieur desquelles (jusqu’à 200 miles de la côte) chacun des pays riverains a les droits d’exploitation des gisements. Les pays directement impliqués sont Grèce, Turquie, Chypre, Syrie, Liban, Israël, Palestine (dont les gisements, dans les eaux de Gaza, sont aux mains d’Israël), Égypte et Libye. Particulièrement tendue est la confrontation entre Grèce et Turquie, toutes deux membres de l’OTAN.


    La mise en jeu n’est pas seulement économique. La véritable partie qui se joue en Méditerranée orientale est géopolitique et géostratégique, et implique les plus grandes puissances mondiales. C’est dans ce cadre que s’insère l’EastMed, la conduite qui amènera dans l’UE une grande partie du gaz de cette aire. Sa réalisation a été décidée au sommet qui s’est déroulé à Jérusalem le 20 mars 2019, entre le Premier ministre israélien Netanyahou, son homologue grec Tsipras et le président chypriote Anastasiadès. Netanyahou a souligné que “le gazoduc s’étendra d’Israël à l’Europe travers Chypre et la Grèce” et Israël deviendra ainsi une “puissance énergétique” (qui contrôlera le couloir énergétique vers l’Europe) ; Tsipras a souligné que “la coopération entre Israël, Grèce et Chypre, opérée au sixième sommet, est devenue stratégique”. Ce que confirme le pacte militaire stipulé par le gouvernement Tsipras avec Israël il y a cinq ans (il manifesto, 28 juillet 2015). Au Sommet de Jérusalem (dont les actes sont publiés par l’Ambassade USA à Chypre) a participé le secrétaire d’État étasunien Mike Pompeo, en soulignant que le projet EastMed lancé par Israël, Grèce et Chypre,“partenaires fondamentaux des USA pour la sécurité”, est “incroyablement opportun” parce que “Russie, Chine et Iran sont en train de tenter de mettre pied en Orient et en Occident”.


    La stratégie US est déclarée : réduire et enfin bloquer les exportations russes de gaz en Europe, en les remplaçant avec du gaz fourni ou en tous cas contrôlé par les USA. En 2014 ils ont bloqué le SouthStream, qui à travers la Mer Noire aurait apporté en Italie le gaz russe à des prix compétitifs, et ils tentent de faire la même chose avec le TurkStream qui, à travers la Mer Noire, apporte le gaz russe dans la partie européenne de la Turquie pour le faire arriver en Europe.


    En même temps les USA essaient de bloquer la Nouvelle Route de la Soie, le réseau d’infrastructures projeté pour relier la Chine à la Méditerranée et à l’Europe. Au , les USA ont bloqué avec la  le couloir énergétique qui, sur la base d’un accord stipulé en 2011, aurait transporté, à travers l’Irak et la Syrie, du gaz iranien jusque sur la Méditerranée et en Europe.

    Bien en rang dans cette stratégie s’est placée l’Italie où (dans les Pouilles) arrivera l’EastMed qui apportera le gaz aussi dans d’autres pays européens.  Le ministre Patuanelli (Mouvement 5 Etoiles), a défini le gazoduc, approuvé par l’Ue, comme un des “projets européens d’intérêt commun”, et la sous-secrétaire Todde (M5S) a porté l’adhésion de l’Italie à l’East Med Gaz Forum, siège de “dialogue et coopération” sur le gaz de la Méditerranée orientale, auquel participent -outre Israël, la Grèce et Chypre- l’Égypte et l’Autorité Palestinienne. En fait aussi partie la Jordanie, qui n’a pas de gisements offshore de gaz puisque elle n’a pas de façade sur la Méditerranée, mais l’importe d’Israël. Sont par contre exclus du Forum le Liban, la Syrie et la Libye, à qui revient une partie du gaz de la Méditerranée orientale. États-Unis, France et Ue ont pré-annoncé leur adhésion. La Turquie n’y participe pas à cause du contentieux avec la Grèce, que l’OTAN cependant s’emploie à résoudre : des “délégations militaires” des deux pays se sont rencontrées déjà six fois au quartier général OTAN de Bruxelles.

    Pendant ce temps, en Méditerranée orientale et dans la Mer Noire limitrophe, est en cours un croissant déploiement des Forces navales USA en Europe, dont le quartier général est à Naples Capodichino. Leur “mission” est de “défendre les intérêts USA et Alliés, et décourager l’agression”. Même “mission” pour les bombardiers stratégiques USA B-52, qui volent sur la Méditerranée orientale flanqués par des chasseurs grecs et italiens.


    Source en italien:édition de mardi 29/09/20 d’il manifesto : https://ilmanifesto.it/gasdotto-esplosivo-nel-mediterraneo/

    Source en français (traduction de l’italien par M-A P): https://www.initiative-communiste.fr/

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  •  

    Caracas, 29 août (Prensa Latina) Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, a réitéré aujourd'hui la position de rejet de ce pays contre les essais nucléaires, à l'occasion de la journée internationale pour promouvoir l'éradication de cette pratique.

    Depuis le Venezuela, en tant que fidèles défenseurs de la paix, nous élevons la voix à l'occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires", a écrit le président sur le réseau social Twitter.

    Il a ajouté que le temps est venu d'avancer vers la construction d'une nouvelle humanité, libérée des guerres et de ces pratiques qui engendrent souffrance et destruction.

    Depuis le début des essais nucléaires en 1945, environ 2 000 essais ont été effectués dans le monde, avec des conséquences dévastatrices pour l'humanité, ont rapporté les Nations Unies.

    Le 2 décembre 2009, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 64/35, qui établit le 29 août comme Journée internationale contre les essais nucléaires.


    source :  https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=392788&SEO=venezuela-reitera-posicion-contra-ensayos-nucleares

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