• Chômage : petites manœuvres pour passer en force la réforme au 1er octobre-par Stéphane Ortega (rapports de force-16/09/21)

    Mais qu’attendent-ils ? Au 16 septembre, le ministère du Travail n’a toujours pas publié son décret pour réformer l’assurance chômage, après la suspension en urgence d’une partie du précédent le 22 juin dernier par le Conseil d’État. Pourtant la réforme est censée s’appliquer « pleinement » dans deux semaines. C’est en tout cas ce qu’avait annoncé Emmanuel Macron le 12 juillet, confirmant la date avancée deux semaines plus tôt par Élisabeth Borne et la volonté du ministère de prendre de vitesse le jugement sur le fond attendu pour la fin d’année.

    « Je pense qu’ils le publieront au Journal officiel le 30 septembre à minuit moins cinq », s’offusque Denis Gravouil, le négociateur CGT sur le dossier de l’assurance chômage. Avant, le gouvernement a l’obligation de présenter son projet de décret devant la Commission nationale de la négociation collective de l’emploi et de la formation professionnelle. Commission dans laquelle siègent les syndicats et qui a 48 h pour rendre un avis consultatif. Ensuite, le texte, dont la seule modification devrait être la date d’entrée en vigueur de la réforme au 1er octobre au lieu du 1er juillet, filera devant les juges du Conseil d’État. Il sera accompagné d’un argumentaire vantant une situation économique devenue favorable selon le ministère, puisque le motif de la suspension en juin dernier portait sur l’incertitude de la situation économique liée à l’épidémie.

    En procédant de la sorte, le gouvernement espère prendre de vitesse les sept syndicats de salariés qui avaient attaqué le précédent décret. Et ainsi forcer la main au Conseil d’État dont il ne respecte pas la décision en urgence du 22 juin et l’attente d’un jugement sur le fond. De la sorte, le temps qui sera imparti aux syndicats pour intenter un recours en référé devant la haute autorité administrative sera extrêmement court. Afin de contre attaquer, ces derniers se sont déjà rencontrés afin de préparer leur contre-argumentaire dans les délais imposés. Une nouvelle bataille aura donc bien lieu devant le Conseil d’État, malgré cette manœuvre grossière.

     

    source: https://rapportsdeforce.fr/

    Pour aller plus loin => Assurance chômage : une réforme régressive imposée de bout en bout

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    Les pompiers contraints au passe sanitaire  (IO n°666 -5/08/21)

     

    Entretien avec Sébastien Delavoux, animateur du collectif des SDIS (services départementaux d'icendie et de secours) de la CGT.

     

     

    Plusieurs syndicats de sapeurs-pompiers professionnels ont adressé un courrier aux parlementaires contre l'obligation vaccinale. Qu'est-ce qui a motivé cette initiative?

    Ce qui a motivé, c'est l'obligation vaccinaIe imposée en plein mois de juillet, alors que le d' président de la République avait dit lui-même le contraire il n'y a pas si longtemps. Même s'ils voulaient tous le faire, on peut dire qu'il y aura des pompiers professionnels et volontaires qui ne seront pas vaccinés le 15 septembre. Et le problème n'est pas un report au 15 octobre. Il y a par ailleurs des collègues qui ne veulent pas se faire vacciner, et qui assurent le service public. On comprend que le vaccin puisse faire partie de la solution, mais cette obligation est surtout politique. On a des médecins, des professionnels de la santé dans les centres de secours, mais rien n'a été organisé pour qu'il y ait des échanges sur ce sujet avec les agents. Aujourd'hui, on a encore des centres de secours où il n'y a aucun vacciné. Les pompiers volontaires qui s'engagent librement devraient avoir une obligation vaccinale pour intervenir ! Le problème est aussi que les policiers, avec lesquels on travaille,.qui montent dans nos ambulances, qui nous parlent, qui se penchent pour prendre les dépositions des gens blessés, eux, n'ont pas d'obligation vaccinale ... mais pourront contrôler les passes, y compris des pompiers. Dans les établissements, les directions ne savent pas comment elles vont faire. Dans certains Sdis, il y a jusqu'à six mille pompiers volontaires. Comment vont- ils faire pour les contrôler? Et s'ils sont positifs, ils n'iront pas éteindre les feux ? Si des pompiers volontaires décident de poser le sac, il faut bien comprendre que cc sont des ambulances qui ne partiront plus.

    Peux-tu nous donner des précisions sur l'organisation interne des Sdis pour permettre aux lecteurs de bien saisir l'ensemble des enjeux ?

    Notre système en France repose en grande partie sur là disponibilité des pompiers volontaires. On a 41 000 sapeurs-pompiers professionnels, qui sont des fonctionnaires territoriaux, et 190 000 volontaires. On dit à des volontaires, à dès vacataires, que ce sera comme pour les autres, en prenant le risque d'une hémorragie, qui ne pourra pas être compensée. On utilise déjà largement les pompiers volontaires, parce que les directions préfèrent payer des gens huit euros l'heure uniquement lorsqu'on en a besoin, plutôt que des fonctionnaires à statut, qui sont là toute l'année et qui peuvent s'organiser syndicalement.

    On nous dit que le réchauffement climatique va provoquer des incendies plus violents, des catastrophes naturelles inédites et, en même temps, on augmente les contraintes pour les pompiers, sans aucune compensation.

    Il n'y a pas plus de moyens qu'en 2017, par exemple, où on a eu des incendies considérables. Le parc véhicules vieillit, mais les Canadair également. Il faut bien voir qu'un véhicule d'intervention ne sert à rien d'autre qu'emmener un peu d'eau en forêt pour combattre les feux. Les véhicules sont très peu remplacés, et on a pris l'habitude de demander de l'aide aux départements voisins, ce qui fait que, globalement, la flotte de poids lourds 4x4 a diminué de 20 % en quelques années, alors que le risque s'est accru en intensité, en violence, en superficie et en étendue dans la durée, mais cela n'inquiète personne en dehors de ceux qui montent dans les camions. Nos moyens pour anticiper sont revus à la baisse et déjà on sait que les conséquences humaines liées à ces catastrophes seront terribles.Il n'y a aucune anticipation des pouvoirs publics. Il y aura des conséquences, le risque augmente, mais les moyens stagnent, voire diminuent globalement, et nos effectifs et ressources humaines diminuent parce que l'on nous demande de faire de plus en plus avec un temps global qui diminue .

    Un préavis a été déposé dans les Pyrénées- Orientales, conjointement par la CGT du Sdis et l'hôpital de Perpignan, en raison de la saturation du Smur. Peux-tu nous en dire plus?

    On a une augmentation de la population en saison touristique, mais le Smur conserve les mêmes effectifs et, parfois, disent les collègues, il faut attendre quarante-cinq minutes pour joindre le médecin pour faire un bilan. On doit attendre sur place avec des blessés l'accord du médecin avant de transférer les personnes à l'hôpital. Le système est saturé, les pompiers n'ont aucune autonomie pour des petites blessures ; le système veut que l'on fasse.un bilan avec un médecin, mais on manque de médecins ! Ce qui fait que le réseau des sapeurs-pompiers est lui-même saturé par des attentes qui s'accumulent. Le préavis des Pyrénées-Orientales, comme ceux qui sont régulièrement déposés dans les Sdis, affirme avant tout que le service rendu à la population est au centre de nos préoccupations.

    Aucune anticipation. sauf lorsqu'il s'agit de contrôler les populations ... Cette semaine; Informatlons ouvrières pose la question: « Pour vous protéger, préférez-vous Macron ou les pompiers? » 

    C'est une politique répressive. mais on a l'impression d'être en plein dans une campagne qui vient téléscoper une crise sanitaire. Ils n'ont pas ajouté la police dans la vaccination obligatoire, el cela n'a aucun sens sur le plansanitaire. C'est bien pour autre chose.

     

    Source : Informations Ouvrières n°666 (du 5/08/2021)

    A lire également :

    ♦ Lettre du 19 juillet 2021 de l'Intersyndicale des personnels des SDIS aux parlementaires contre l'obligation vaccinale

    ♦ Télécharger « 210823-CP CGT-SDIS du 9-08-21-Vaccination oui, obligation vaccinale non.pdf »

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    source: http://sante.cgt.fr/

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  • Pas d'indemnité chômage pour les salariés sans pass sanitaire suspendus  (RT-France 8/08/21)

     

    Dans une interview parue dans le Journal du Dimanche le 8 août, Elisabeth Borne, ministre du Travail, revient sur l’instauration du pass sanitaire pour les salariés, mais aussi la vaccination obligatoire pour certains métiers. Dans une interview accordée au Journal du dimanche (JDD) publiée le 8 août, Elisabeth Borne, ministre du Travail, s'est exprimée sur les ressorts pratiques de l’extension du pass sanitaire, mais aussi de la vaccination obligatoire pour certains emplois. La question de l’assurance-chômage a été tranchée en quelques mots : aucune indemnité ne sera versée aux travailleurs ne souhaitant pas se faire vacciner ou ne présentant pas de pass sanitaire valide à leurs employeurs.

    "Avec l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour certaines professions et du passe sanitaire, nous allons pouvoir lutter contre l’épidémie tout en préservant notre dynamique économique et d’emploi.

    Retrouvez mon entretien dans @leJDD.https://t.co/JHFZDzri6o— Elisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) August 8, 2021"

     

    La suspension du contrat de travail n'ouvre pas droit aux indemnités chômage

    La suspension «n’est pas une rupture de contrat», rappelle Elisabeth Borne, et les droits de l'assurance-chômage issus des cotisations des salariés ne pourront donc pas être ouverts. Le ministre a également précisé qu'à ses yeux, cette mesure n’était pas punitive, bien au contraire, puisqu’elle permettrait, toujours selon elle, d’éviter à l’employé une «sanction disciplinaire».

    Le processus décrit par le ministre du Travail consisterait en une convocation du salarié par son employeur dans le cas où il ne satisferait pas les dispositions légales qui entreront en vigueur le 9 août. L’employeur serait alors en capacité de muter son employé dans un autre service où le pass sanitaire ne serait pas obligatoire, mais aussi de lui proposer du télétravail quand cela serait possible. L’employé pourrait aussi être amené à poser des RTT ou des congés payés jusqu’à ce qu’il satisfasse les obligations liées au pass sanitaire ou à la vaccination obligatoire.

     

    «L’écrasante majorité des Français a fait le choix de la vaccination», assure Elisabeth Borne

    La question de la vaccination prioritaire pour les emplois concernés n’a toutefois pas reçu de réponse claire de la part d’Elisabeth Borne. Selon ses propos, son ministère ainsi que celui de la Santé se seraient contentés d’écrire une lettre aux préfets et aux agences régionales de santé, laissant à la charge de ces derniers l’organisation de la vaccination des secteurs concernés par la vaccination obligatoire.

    En outre, Elisabeth Borne a salué la décision du Conseil constitutionnel du 5 août et le processus démocratique du vote de la loi au Parlement. La ministre a assuré que pour les opposants au texte «l’intérêt des Français n’[était] pas [la] priorité», et qualifié d’«irresponsables» ceux qui dénoncent une «dictature sanitaire».

    Le ministre du Travail a ainsi évacué la question de l’opposition au pass sanitaire en arguant que d’autres pays l'instauraient à leur tour, mais sans souligner qu’ils s’inspiraient largement du modèle français. Elisabeth Borne a également jugé que les manifestants et les préavis de grèves déposés en série ne concerneraient qu’une minorité, puisque selon elle «l’écrasante majorité des Français a fait le choix de la vaccination.»

     

    sources: https://francais.rt.com/  &  http://www.communcommune.com/

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  • Le Journal l'Humanité

    De Toulon à Lille, des Français ont manifesté ce samedi pour le quatrième week-end consécutif contre l'extension du passe sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants, validés jeudi 5 août par le Conseil constitutionnel. L'Humanité a rejoint le cortège parisien des Gilets jaunes au Pont de Neuilly-sur-Seine (92). Malgré une pluie battante pour ce premier samedi du mois d'août, plusieurs milliers de manifestants dont de nombreux Gilets jaunes se sont retrouvés en fin de matinée au pont de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. À l'appel des Gilets jaunes, le cortège s'est élancé vers 13h, pour un long parcours de 10 km, en direction de la place du Châtelet à Paris. Selon le ministère de l'Intérieur, ils étaient 237 000 manifestants dans toute la France. Avec des rassemblements prévus dans 150 villes ce samedi 6 août, la mobilisation a été plus forte que celle du 31 juillet qui avait rassemblée 204 000 manifestants. Près de 66% de la population a reçu au moins une dose de vaccin et les rassemblements ont lieu au lendemain d'un nouvel appel pressant lancé par Emmanuel Macron aux Français: "Faites-vous vacciner". "Macron, ton pass, on n'en veut pas !", "Macron, ta gueule, on n'en veut plus" : à Paris, des slogans hostiles au président ont résonné dans un cortège important, dont de nombreux Gilets jaunes. Venu masqué, Louise Clément, 29 ans, déclare : "Je sais ce que j'ai eu avec le covid mais je ne sais pas ce que je vais avoir avec le vaccin". "Je ne pense pas être un danger pour la nation et mon employeur me menace de licenciement si je ne me vaccine pas", rajoute cette salariée qui travaille dans le secteur de la vente. Une bonne part des manifestants, parfois vaccinés, contestent l'imposition du passe sanitaire qui constitue selon eux une "obligation vaccinale déguisée". Ils jugent la contrainte disproportionnée et s'inquiètent notamment qu'un employeur puisse avoir le pouvoir de suspendre le contrat de travail d'un employé dépourvu de passe en règle. D'autres manifestants disent, eux, refuser d'être "les cobayes" des nouveaux vaccins, telle que Maya, 61 ans, salariée et gilet jaune, "pas contre les vaccins mais d'ici un ou deux ans quand je serai sûr qu'il n'y a pas d'effets secondaires" mais elle reste persuadée que l'erreur vient du gouvernement et pas de ceux qui refusent la vaccination. "Il y a 240 milliards à rembourser et ce n'est pas la gabegie du CAC40 qui va payer", insiste le célèbre Gilet Jaune Jérôme Rodrigues. Il martèle également : "Si révolte sociale il y aura, elle viendra de la misère naissante et non pas de l'obligation vaccinale". La loi qui élargit le passe sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi 6 août. À partir de lundi 9 août, il faudra présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif au Covid-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés et aux restaurants, salles de spectacles ou salons professionnels, ou encore pour faire un long trajet à bord d'un avion, train ou autocar. Une vie sociale en cachette "Plutôt que d'aller au restaurant, on va se faire des fêtes entre nous et on regardera un DVD plutôt que de se rendre au cinéma" conclut Maya, déterminée à conserver une vie sociale en cachette. Le nombre des hospitalisations en soins critiques continue d'augmenter et les décès quotidiens liés au Covid-19 dans les hôpitaux repartent à la hausse. La situation se dégrade en particulier dans les Antilles, et notamment en Guadeloupe, confinée depuis mercredi.

     

    source: https://www.youtube.com/

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  • Adieu à l'Ange de Billancourt-Hommage et souvenirs de Danielle Bleitrach (FSC- 6/08/21)

    Aimé Halbeher est mort il, était né le 16 mars 1936 à Paris, pour lui comme pour Roger Sylvain récemment, le cœur me serre à l’annonce de cette mort parce qu’elles interviennent sans que justice soit rendue. Nous restons amputés, suspendus à ce temps déraisonnable.

    Lui l’ajusteur-outilleur, syndicaliste et homme politique français, ancien secrétaire général adjoint de la CGT aux usines Renault de Billancourt et moi l’universitaire. Un mai 68 différent, mais dans lequel j’avais choisi son camp, celui de la forteresse ouvrière organisant avec son syndicat CGT le refus des résultats de la négociations et déclenchant ce qui fit de mai 68 français un phénomène unique dans le monde, une possible rencontre entre la classe ouvrière et les intellectuels…

    Quelle différence avec ce qui se passait en Allemagne au même moment, une classe ouvrière en RFA qui ne voulait plus entendre parler de socialisme, repue, des intellectuels desesperados. En France, pays de la lutte des classes, un possible s’esquissait comme s’esquissait au plan international la grande rencontre de la classe ouvrière et des peuples opprimés…

    Ce n’était pas la main tendue aux pauvres, aux malheureux la charité, le refuge dans tous les communautarismes… C’était la rencontre pour changer TOUT. Un possible qui disait déjà les forces productives en train de se transformer, le lien nécessaire au cœur même de la production. C’est ce possible sur lequel le capital et ses sbires se sont acharnés.

    Ils ont désindustrialisé la France, transformé les intellectuels en courtisans d’un pouvoir corrompu et atlantiste… Encore aujourd’hui on nous tire vers le destin allemand, une Europe dans laquelle jamais on ne laissera l’espoir revenir… Macron c’est cet horizon-là, je suis sûre que jusqu’au bout tu as réfléchi à la manière dont on pouvait échapper à ce destin depuis Mitterrand utilisant le coup d’État permanent de De Gaulle avait dessiné un tel futur. C’est à ce moment que nous nous sommes rencontrés au Comité central avec une seule question; comment échapper à la tenaille?

    Mais en mai 68, nous étions jeunes et décidés à tout défier…

    On l’appelait l’ange de Billancourt parce qu’il était beau, une sorte de Gérard Philippe et cet “ange” était une des principales figures de l’occupation de mai 68 dans cette forteresse ouvrière, je suis sûre que vous revoyez le hangar occupé par des milliers d’ouvriers… Ils avaient confiance en des dirigeants comme Aimé…

     

     

    Nous avons été ensemble membres du Comité central du PCF quand la trahison de Charlety est arrivée au pouvoir avec le programme commun. Aimé était à la section économique, mais il était très opposé aux dérives pro-européennes de Philippe Herzog.

    En revanche, il continuait à être curieux de comprendre ce qui se transformait dans le procès de production, les nouveaux modes d’intervention et critères de gestion, il était réellement communiste, il ne voulait pas des miettes, il voulait le pouvoir et d’abord dans l’entreprise pour donner à celui de l’État tout le poids d’une nécessaire transformation.

    L’idée d’une intégration des langages humains dans la production après le temps de la vapeur celébré par Marx le passionnait. Comment expliquer ce que fut ce temps de curiosité réciproque avec au centre le monde du travail, c’était le temps où à Révolution l’hebdomadaire des intellectuels dont j’étais rédactrice en chef adjointe, je multipliais les voyages dans les grandes entreprises, je descendais dans la mine du Ladrecht, j’allais à Longwy, à Renault voir les premiers robots.

    Pour certains intellectuels le Comité central, selon le mot de Paul Boccara, devenait le meilleur des laboratoires de recherche, celui où nous bénéficions des observations de camarades comme Aimé. Et je puis vous en parler en connaissance de cause puisque j’étais avant de devenir membre du Comité Central à la commission du CNRS chargée de l’inspection des laboratoires de recherche et de la carrière des sociologues, leurs travaux. Nous étions 25 à juger de tout cela… Je pouvais comparer et dire que même la bibliothèque du colonel Fabien était mieux conçue que celle de la maison des sciences de l’homme. Mais l’essentiel était dans la rencontre avec ceux qui organisaient les luttes ouvrières.

    Aimé ne parlait pas beaucoup mais nous échangions des clins d’œil d’intelligence, comme avec Henri Martin. Nous étions un certain nombre à nous tourner les uns vers les autres après certaines interventions… Pas un mot mais une lueur de moquerie du titi parisien dans le regard, qui disait à celui qui l’accablait de belles phrases: “remballe tes clous”…

    Ces regards devinrent d’inquiétude quand Robert Hue s’installa à la direction du Parti… Le “secrétaire de la mutation” était si léger, si préoccupé de lui-même, le mépris nous gagnait et nous savions qu’il ne laisserait pas un morceau du parti en l’état, on substituait des “réseaux” des lieux de parlote à la force de l’organisation, l’abandon du marxisme au profit d’une illustration des discours du secrétaire avait été entamé par Bottin…

    Il fallait agir, nous nous sommes retrouvés à une dizaine dans les réunions des deux sections parisiennes rebelles de l’époque : celle du IIe arrondissement, avec les postiers et sa secrétaire Simone Guillevic, une sacrée bonne femme et celle du XIVe arrondissement avec Maurice Lassalle, un conseiller municipal, la tête pensante, un enseignant. Ils organisèrent notre résistance à la mutation mais moururent avant d’avoir atteint l’âge de la retraite rongés par notre chagrin. Aimé était dans le XIIe et moi j’étais déjà loin de Marseille et proche de mes départs internationalistes.

    Ce qui nous animait était le refus de la reddition, de l’alignement sur la social-démocratie, et la colère devant la destruction de l’organisation, la formation de l’adhérent sacrifiée… Mais nous n’avons pas réussi, nous avons ressemblé aux tentatives avortées de résister à la fin de l’URSS, nous avions perdu le contact… Mais nous avons tenté…

    Cette dizaine de dirigeants a rédigé un texte, je nous revois dans la section du IIe arrondissement, Maurice Lassalle avait déjà le plan en tête, moi je mettais en forme sous leur dictée… et puis nous avons convoqué une cinquantaine de militants.

    C’est là que j’ai rencontré Gastaud pour la première fois, d’autres qui n’eurent pas la même persévérance. Nous avons alors publié le manifeste dont la première phrase indiquait que les signataires “prenaient leur responsabilité”.

    Mais déjà il y avait beaucoup de cadres du parti, d’autres membres du Comité central et même du Bureau Politique, qui tout en partageant nos idées ne prirent pas leurs responsabilités. Ils refusèrent en disant “on n’a jamais raison contre le collectif”. D’autres qui aujourd’hui prétendent avoir été là n’y ont jamais été…

    Ainsi se refait l’histoire. Le texte rédigé, de partout dans toutes la France il vint des signatures… Le fond du manifeste portait sur la nécessité de développer l’initiative populaire face à la recomposition du capital. Le moins que l’on puisse dire est que la nouvelle participation gouvernementale n’en prit pas le chemin, ses effets furent encore plus désastreux que la première, les ministres plus serviles et les possibilités d’action toujours plus réduites.

    Pour faire accepter cela il fallait que ce parti devienne une coquille vide et frappée d’inertie… Exactement ce que nous cherchions désespérément à éviter grâce à des gens comme Aimé qui avaient fait leurs classes dans les luttes. Moi je ne savais qu’écrire et je ne m’en privais pas, jusqu’à la censure définitive. Le titre de ce manifeste se transforma en un sigle Rouge-vif qui connut ultérieurement des fortunes diverses. Sans aucune ressemblance avec ce sursaut initial.

    Cette mort d’un dirigeant parmi tant d’autres dont le PCF s’auto-décapita me confronte à la question que je n’ai cessé de me poser…

    Pourquoi les Cubains ont-ils trouvé la force et nous non? (1) Il y a tant de choses que je n’ai pas dites et qui me brûlent la mémoire, il faudrait un stylo d’enfer…

    Avons- nous si mal combattu ?

    Tous ces gens à l’engagement si pur qui n’ont jamais retrouvé le parti qui était le leur et qui était leur outil. Ils ont été dépossédés à la fois par le capital et par ceux qui ont préféré les combattre pour mieux signer une capitulation sans gloire. Chassés de l’usine vendue à la spéculation et chassés de leur parti, dans mes mémoires je n’ai pas osé raconter cette histoire, toujours de peur de désespérer Billancourt qui depuis longtemps était vendu à la spéculation…

    Nous avons tenté jusqu’au bout quitte à recevoir le coup de pied de l’âne en réponse… Combien de fois Aimé a-t-il souhaité échanger avec d’autres camarades un état des lieux, c’étaient des coups de téléphone, des rencontres rapides lors de séjours parisiens mais l’organisation se délitait en groupuscules.

    Aimé est mort sans avoir retrouvé ce qui faisait sa vie de dirigeant ouvrier, sa place dans un parti révolutionnaire qui n’eut comme résistance que le refus de changer de nom mais que des dirigeants successifs démantelèrent… il y eut une foule de gens comme ça, de vrais dirigeants qui exigeaient des formations, les faisaient passer au crible de l’expérience.

    Quelqu’un qui n’aurait jamais trahi son parti, pas un syndicaliste révolutionnaire, pas un anarchiste amer… mais comme le disait Krasucki quelqu’un marchant sur ses deux jambes, le PCF et la CGT.

    Il est mort sans que rien lui soit rendu et nombreux parmi nous sont ceux qui mourront de la même manière tandis que ceux qui les ont liquidés sont encore “aux manettes”… Ils voient non sans un sourire ironique célébrer quelques héros liquidateurs à la Guy Hermier pour qui la classe ouvrière n’avait plus le droit d’aller au paradis de la IIIeme internationale.

    Aujourd’hui, nous hésitons entre la peur de rater une chance et l’amertume de les voir toujours là pour grever le parti de cette inertie, ces discours qui ne débouchent sur rien, cette formation creuse comme une dent qui ne mord sur rien…

    Un fragile espoir est né avec le 38e congrès et il va bien au-delà du PCF c’est le refus de voir notre pays pourrissant sur pied comme les USA, la méfiance qui fut toujours celle d’Aimé à l’égard de l’UE. De ce qui reste d’espoir, nous savons tous que nous n’en retirerons rien pour nous mêmes, pas la moindre justice mais tout ce à quoi nous aspirons c’est que la revanche soit prise sur le capital et que notre pays, sa classe ouvrière, sa jeunesse, connaissent la joie d’un combat aussi désintéressé aussi enthousiasmant que ceux qui unissaient jadis l’ouvrier métallo et l’intellectuelle…

    J’aurais bien aimé te dire adieu et te voir sourire une dernière fois avec cet air malin que tu prenais en espérant bien… tu sais ce que moi aussi j’espère… il y a la vie… jusqu’au bout…

    Danielle Bleitrach

     

    (1) Delga m’a envoyé un livre de Piero Gleijeses qui raconte la formidable épopée cubaine en Afrique (visions de la liberté). Dans sa préface Remi Herrera dit ces lignes qui expliquent beaucoup de choses sur notre échec, sur la débâcle du PCF et l’effondrement de la gauche face à la résistance cubaine:

    ce que nous disons, c’est que la réalité de l’impérialisme relève de l’évidence en Amérique latine: hispanique surtout. Même pour un enfant. Chez nous, bien des intellectuels n’en ont pas entendu parler ou ne veulent pas ou plus en entendre parler :

    ni d’impérialisme, ni de guerres, ni d’enfants, ni de rien même à gauche! Et l’on s’étonne dans ces conditions de la montée de l’indifférence, de l’abstention, du Front National? Il est temps pour nous avant que la droite et l’extrême-droite aient fini d’occuper tout l’espace que consent à leur abandonner ce qui reste de la gauche, avant que la France et le nord tout entier pourrissent sur pied à la manière des États-Unis, de tirer des leçons – en s’efforçant de ne pas trop en donner – expériences du sud (y compris peut-être aussi d’Europe du Sud), de leur prise de conscience, de leurs luttes, de leurs avancées révolutionnaires même, comme c’est le cas en Amérique latine et caribéenne à l’heure actuelle.

    Renouer avec la tradition internationaliste qui a été la nôtre, ce n’est pas du romantisme, et cela ne doit pas être que des mots ; c’est l’une des conditions nécessaires, dans le contexte extrêmement difficile de ce début du XXIe siècle, pour reconstruire la solidarité que nous devons à ces peuples en lutte et, en même temps, dans le même mouvement, pour rebâtir notre projet émancipateur à nous au Nord. Sans ça, ce sera, encore et toujours, et jusqu’au bout la guerre (p.8)

     

    Rémy toi et moi et quelques autres avons tenu bon face à la censure de la bourgeoisie comme celle de la presse communiste qui nous interdisait en publiant tous les courtisans de Mitterrand… Nous qui avons cru si fort au projet émancipateur de Marx celui sur lequel se fondait l’alliance entre classe ouvrière et intellectuels et qui est aujourd’hui à l’échelle de la planète…

     

    source: http://www.frontsyndical-classe.org/

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  • Le CHU Pellegrin  Bordeaux (archives).Le CHU Pellegrin Bordeaux (archives). © Radio France - Arnaud Carré

    Face à l'entrée en vigueur du pass sanitaire, le 9 août prochain, deux syndicats du CHU Pellegrin de Bordeaux lancent un préavis de grève illimité à partir de cette date. Ils s'opposent à l'obligation vaccinale pour les soignants et dénoncent un manque de reconnaissance envers le personnel.

    La colère monte au sein du CHU Pellegrin de Bordeaux après la validation du pass sanitaire par le Conseil constitutionnel ce jeudi. Les syndicats Sud Santé Sociaux et la CGT lancent un préavis de grève illimité à partir du 9 août, date à laquelle le projet de loi du gouvernement doit entrer en vigueur. 

    Les Sages n'ont retoqué que l'isolement obligatoire des personnes contaminées et les ruptures de contrat des salariés en CDD. Cela signifie que les mesures concernant l'hôpital vont être appliquées, à savoir l'obligation de présenter le pass sanitaire pour les accompagnants et pour les patients non-urgents tant que ce dernier ne fait pas "obstacle à l'accès au soins". L'obligation pour les soignants de se faire vacciner devrait aussi être dans le projet.

    "On est pour la vaccination mais on s'oppose à la contrainte "- Franck Olivier Sud Santé Sociaux CHU Pellegrin

    Du côté des syndicats du CHU Pellegrin, on parle de 20% de soignants qui ne sont pas vaccinés. Il s'agit principalement "d'aides-soignants, du personnel administratif, technique et d'entretien, des ASH", d'après Franck Olivier, délégué syndical Sud Santé Sociaux au CHU de Bordeaux. Il poursuit : "On revendique l'accès aux soignants pour toutes et tous, sans tri à l'entrée de nos établissements. On est pour la vaccination mais on s'oppose à la contrainte."

    (...)

    Des soignants au bord de la dépression

    Depuis les récentes annonces concernant ce pass sanitaire, le responsable syndical indique recevoir de nombreux appels de soignants qui sont au bord de la crise de nerfs. "De nombreux agents nous contactent, ces derniers jours, dans un état de dépression profonde devant la crainte de perdre leur emploi. Certains refusent de se faire vacciner, d'autres appréhendent les éventuelles conséquences. Après plus d'an de sacrifices, c'est très dur à digérer", raconte-t-il. Quelques soignants étaient notamment ce week-end à Bordeaux avec leur blouse blanche en première ligne d'une manifestation qui a rassemblé 5 500 personnes pour protester contre le pass sanitaire.

     

    Yvan PLANTEY

    source: https://www.francebleu.fr/

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  • A l’appel de deux syndicats, un préavis de grève illimitée a été déposé dans deux hôpitaux de Marseille cette semaine afin de protester contre la mise en place de la vaccination obligatoire dès le mois prochain.

    Les syndicats CGT et Sud Santé ont déposé un préavis de grève illimitée dans les hôpitaux Assistance publique – Hôpitaux de Marseille (APHM) dès le 04 août, et Edouard Toulouse à partir du 09 août. Au total, plus de 14.000 salariés sont concernés au sein des deux édifices.

    Deux rassemblements sont prévus le jeudi 5 août à 11 heures, devant la Timone et l’hôpital Nord, afin de protester contre le projet de loi, débattu au Conseil Constitutionnel le même jour.

    «Le taux d'absentéisme est élevé depuis le vote de la loi obligeant les soignants à se vacciner : départs, préavis de départ, congés sans solde, arrêts maladie...», a déploré Kader Benayed, secrétaire départemental adjoint de Sud Santé, sur France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA).

    OBLIGATION VACCINALE AVANT LE 15 SEPTEMBRE

    Applaudis il y a un an pour leurs efforts en première ligne afin de lutter contre le Covid-19, les soignants et les médecins sont actuellement visés par une obligation vaccinale avant le 15 septembre pour continuer d’exercer leurs fonctions.

    Une situation qui crispe le secteur sanitaire, déjà lourdement frappé par le manque de main d’œuvre avant la mise en place de cette mesure restrictive.

     

    sources: cnews (2/08/21) &   http://www.frontsyndical-classe.org/   (3/08/21)

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