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    Le dimanche 12 septembre 2021 à 12h30, Jean-Luc Mélenchon était à Ostende (Belgique) à la #ManiFiesta pour un débat avec Raoul Hedebouw, président du Parti des travailleurs belge (PTB) sur le thème : «La gauche en Europe face à la montée de l'autoritarisme».
     
    Raoul Hedebouw est revenu dans un premier temps sur l’évolution inquiétante de l’autoritarisme en Belgique : de plus en plus de droits démocratiques sont bafoués comme avec la “loi pandémie” qui peut enlever les pouvoirs du Parlement lorsque l'état de pandémie est déclaré. Il critique ensuite la concentration du pouvoir entre les mains des multinationales pour appeler à reconquérir ce pouvoir.
     
    Jean-Luc Mélenchon rebondit sur les propos de Raoul Hedebouw en revenant sur l'extrême concentration du capital dans les mains de quelques personnes. Il rappelle que le capitalisme a construit une société de la compétition de chacun contre tous et qu’aucune société humaine ne peut vivre sur un régime de compétition généralisée. Il souligne que le changement climatique nous oblige, au contraire, à une vie en société faite de solidarité.
     
    Le candidat à l'élection présidentielle de 2022 aborde ensuite la question de la gestion de la crise sanitaire en France. Il critique vivement la manière dont les décisions ont été prises : au sein d’un Conseil de défense tenu au secret-défense qui ne rend de compte à personne et n’informe d’aucune décision prise. Il rappelle ensuite que le pass sanitaire met en place des contrôles de plus en plus autoritaires, du fichage généralisé et des décisions absurdes dans le monde du travail. La France insoumise a voté contre.
     
    Jean-Luc Mélenchon revient sur le danger de la montée de l’extrême droite en Europe et rappelle que l'extrême droite est là pour utiliser et susciter la peur. Elle vise à diviser les gens sur la base d'une couleur de peau ou d'une religion pour empêcher l'unité du peuple autour de combats communs. Il appelle à mener la lutte contre l'extrême droite et à ne pas laisser un millimètre d'espace aux fascistes.
     
    Le président du Parti des travailleurs belge revient sur sa vision de la montée de l’extrême droite en Belgique. Il explique qu’en Belgique l'extrême droite souhaite une confrontation entre Wallons et Flammands, entre Belges nés en Belgique et les autres, entre la Belgique et le reste du monde. À l’inverse, il appelle à construire un “nous” unifiant : celui des travailleurs qui construisent la richesse.
     
    Jean-Luc Mélenchon est revenu sur la stratégie de l’Union Populaire. Il a expliqué que l'#UnionPopulaire consiste à rassembler le peuple autour de ses revendications communes, rappelant que les sondages le démontraient sur des questions aussi diverses que l'interdiction du glyphosate, le 100% d'énergies renouvelables, l'augmentation des retraites et du SMIC… Il souligne : “Notre stratégie, c'est de se demander : qu'est-ce qui est bon pour le peuple, pour l'intérêt général, pour la patrie républicaine ?”.
     
    Retrouvez l'ensemble du programme sur : https://melenchon2022.fr/programme/ 
     
    Raoul Hedebouw a abondé dans le sens de Jean-Luc Mélenchon en insistant sur le fait que l'État doit intervenir pour faire prévaloir l'intérêt général et l'intérêt des travailleurs avant les intérêts particuliers. Il a alerté ensuite sur la situation catastrophique des agriculteurs et paysans à travers le monde et sur la nécessité de les soutenir partout où ils sont en lutte.
     
    Jean-Luc Mélenchon rappelle qu’en France un paysan se suicide tous les 2 jours. Il insiste sur l’urgence de traiter de manière concrète la question paysanne et sur la nécessité d’arrêter le saccage des sols par les pesticides et le glyphosate et appelle à mieux rémunérer les paysans. Il souligne qu’on ne peut pas séparer la question écologique de la question sociale : c’est en augmentant le SMIC qu’on peut permettre aux gens d’acheter des produits bios qui permettent de mieux rémunérer les paysans.
     
    Pour finir, Raoul Hedebouw et Jean-Luc Mélenchon sont revenus sur la question de la concentration des médias. Le candidat à l'élection présidentielle insiste : le problème est la pluralité des médias. Il prône au contraire un pluralisme, de la contradiction et note l’importance de construire ses propres propres réseaux de communication.

     

     
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    Le 16 juillet 2021, Jean-Luc Mélenchon prenait la parole suite à la décision du gouvernement de mettre en place un pass sanitaire.

    Le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée a rappelé que le groupe parlementaire insoumis, bien que ses membres soient vaccinés ou en voie de l’être, était formellement opposé à la vaccination obligatoire. Une position que les insoumis partagent avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Sur ce sujet, il a appelé le gouvernement à convaincre les Français plutôt que de les contraindre.

    Jean-Luc Mélenchon a précisé que le pass sanitaire était une restriction considérable des libertés. Il a dénoncé une société du contrôle et du conflit permanents organisée par Emmanuel Macron et qui va s’amplifier avec la mise en place de ce pass. Il a rappelé que la liberté est notre cause commune, quelles que soient nos opinions politiques et que la liberté de conscience, la liberté individuelle, la liberté d’agir, autant qu’on respecte la loi, est la liberté la plus fondamentale. Il a donc appelé à la défendre.

    Il a également dénoncé les mesures absurdes décidées par le gouvernement, comme le fait de demander aux soignants et pompiers de se vacciner alors qu’ils seront eux-mêmes contrôlés par des personnes à qui on ne demandera pas le pass sanitaire. Il a ensuite pointé du doigt l’incroyable coût que va représenter pour les gens les tests PCR à réaliser à la rentrée, puisqu’ils ne seront plus remboursés.

    Le président du groupe parlementaire LFI a indiqué que les insoumis, dans cette circonstance comme dans toutes les autres, feront ce que bon leur semble concernant les manifestations organisées contre le pass sanitaire. Il leur a néanmoins demandé de ne pas permettre qu’ils soient confondus, ou que le mouvement soit confondu, avec des expressions inappropriées concernant la vaccination. Il a rappelé que le vaccin librement consenti n’était pas un apartheid et que sa diffusion n’était pas la Shoah. Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il allait s’adresser aux 100 organisations qui ont déjà organisé une première manifestation de défense des libertés pour les solliciter et leur demander d’organiser à leur tour une marche pour les libertés.

    Le candidat à l’élection présidentielle de 2022 a énuméré les nombreuses propositions que le groupe insoumis a fait à l’Assemblée nationale concernant la crise sanitaire, que ce soit pour proposer des alternatives au confinement, pour installer des purificateurs d’air, pour mettre en place une société du roulement, pour un plan de déconfinement économique. Il a rappelé qu’il était primordial que la France porte, comme il l’a proposé avec l’ancien président du Brésil Lula, la levée des brevets sur les vaccins.

    Enfin Jean-Luc Mélenchon a indiqué qu’avec les annonces d’Emmanuel Macron de remettre sur la table ses attaques contre les retraites et contre les chômeurs, nous allons entrer dans un moment délicat sur le plan sanitaire de façon extrêmement brutale. Il a donc appelé à l’unité du peuple français.

     

    source: https://lafranceinsoumise.fr/

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    ADRESSE de , co-secrétaire national  du PÔLE de RENAISSANCE COMMUNISTE en FRANCE (PRCF)

     

    Chers concitoyen(ne)s,

    Sur proposition de Léon Landini et de Pierre Pranchère, présidents du PRCF et figures de la Résistance antinazie, et de Georges Gastaud, secrétaire du PRCF, le Comité central du Pôle de Renaissance Communiste en France m’a désigné pour animer sa pré-campagne présidentielle et législative

    Étroitement liée à vos luttes, intimement connectée au 100ème anniversaire du Congrès fondateur du PCF, cette campagne sera franchement communiste, 100% opposée à Macron/MEDEF et totalement insoumise à la fascisante Europe du capital. Avec vous, ma pré-candidature sur un programme franchement communiste portera l’exigence d’une nouvelle République française souveraine et indépendante, sociale, centrée sur le monde du travail et la jeunesse, une République populaire et démocratique, laïque, écologiste, pacifique et internationaliste.

    CRÉPUSCULE FRANÇAIS ?

    Notre pays encourt l’effondrement sur tous les plans : industrie, services publics – notamment système de Santé, école… – et il est gros d’une explosion sociale tant notre peuple et sa classe ouvrière sont dessaisis de leur souveraineté, de leurs conquêtes sociales (retraites, indemnisation du chômage, code du travail, statuts, tout y passe !), de leurs services publics (hôpital public, Éducation nationale, Université et CNRS, EDF, Équipement, SNCF,ONF, Poste, tout est désossé par les privatisations et/ou l’euro-austérité), du « produire en France » industriel et agricole, voire de notre langue sacrifiée au tout-anglais des traités « transatlantiques ». Avec les Sarkozy (LR), Hollande (PS), Macron (LREM), il n’y en a plus que pour la « construction européenne », qui dissout la République, plus que pour l’OTAN, qui pousse à un surarmement ruineux, plus que pour le MEDEF qui rafle l’argent public tout en délocalisant à tout-va. Alors, oui, il faut changer en profondeur en prenant aux grands capitalistes pour que vivent mieux les travailleurs salariés, mais aussi, indépendants, qui font vivre notre pays ! Mais comment faire pour que vivent ces « Jours heureux » qu’appelait de ses vœux en 1945 le Conseil National de la Résistance ?

    FAUSSES ALTERNATIVES :

    Pour y parvenir, il faut dégager Macronmais aussi ses semblables, les Xavier Bertrand, Bruno Retailleau et autre Valérie Pécresse qui n’ont jamais roulé que pour le capital. Ne tombons pas de mal en pis en élisant l’extrême droite lepéniste dont la xénophobie haineuse ferait le jeu du terrorisme islamiste en amenant la guerre civile. Et comment croire encore ces « socialistes » qui, le plus souvent flanqués de faux écolos euro-formatés et de faux communistes décaféinés, ont appliqué, avec l’aide de la droite, cette « constitution européenne » que notre peuple avait pourtant refusée par référendum ? 

    POUR LE VRAI CHANGEMENT, FREXIT PROGRESSISTE et NATIONALISATIONS DÉMOCRATIQUES !

    Car ceux qui promettent de bâtir « l’Europe des patries » (Le Pen) ou l’ « Europe sociale » (fausse gauche) dans le cadre de l’UE sont des menteurs. Se définissant elle-même comme une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », l’UE est irréformable : conçue de A à Z pour museler les nations, elle arase le progrès social, comprime les salaires et interdit toute marche au socialisme. C’est pourquoi mon intervention dans la pré-campagne au titre du PRCF portera ce que ne propose aucun autre candidat du système : la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN par la porte à gauche, par la voie d’une large démocratie populaire et de la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie. Si notre peuple ne veut pas « y rester », il lui faut sortir de cette prison des peuples qu’est l’UE, sortir de l’euro, ce carcan monétaire aligné sur le deutsche Mark, sortir de l’OTAN, cette machine au service des guerres de Washington, et sortir du capitalisme, qui n’offre plus qu’un avenir de crises, de violences, d’exploitation, de guerres, de chocs environnementaux et sanitaires ! 

    POUR UNE ALTERNATIVE ROUGE ET TRICOLORE orientée vers le socialisme :

    C’est pourquoi, le P.R.C.F. propose d’unir le drapeau tricolore de la nation au drapeau rouge international des travailleurs afin de rompre avec la dictature euro-atlantique du Capital, de mettre le monde du travail au centre de la vie politique, de suspendre toutes les contre-réformes « en marche » (retraites, sécu, lycée, EDF, SNCF, hôpital, Université, Code du travail, statuts, blocage des salaires, délocalisations, privatisations, plans de licenciements etc.). Pour rouvrir à la France la voie du socialisme-communisme véritable, c’est-à-dire celle du pouvoir des travailleurs construisant une société sans classes, nous voulons avec vous rebâtir un grand  de combat, soutenir le syndicalisme de classe, appeler au « tous ensemble et en même temps » contre les injustices, construire une large Convergence Nationale des Résistances ouverte à tous les patriotes progressistes.

    Le sens de notre entrée en précampagne, c’est de porter une franche insoumission à l’UE pour une rupture révolutionnaire avec le capitalisme. C’est aussi, chemin faisant, de tout faire pour briser la tenaille qui broie la France entre la politique macroniste dédiée aux banques, et l’alternative déshonorante des lepénistes ! 

    Agissons ensemble pour qu’émerge enfin, quelle qu’en  soit la forme finale, une candidature franchement insoumise à l’UE et clairement orientée vers la rupture avec le capitalisme. C’est vital pour notre pays !  

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  •  Jean-Luc Melenchon lors des Amfis de 2020Jean-Luc Melenchon lors des Amfis de 2020

    Maintien de la dissuasion nucléaire mais engagement pour le désarmement, sortie de l’Otan, retour à la conscription notamment dans la police, indépendance vis-à-vis des Etats-Unis : le leader de La France insoumise précise ses idées.

    Les faits-Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI) a annoncé le 8 novembre sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. L’Opinion a voulu savoir quelle était sa vision d’un domaine régalien s’il en est, celui de la défense, dans toutes ses implications, du nucléaire au service national.


     

    Imaginons que vous soyez élu président de la République en 2022. Que feriez-vous de la dissuasion nucléaire ?

    La dissuasion reste pour la France un outil irremplaçable aussi longtemps qu’il n’y a pas d’alternatives militaires. Pour autant, je suis favorable au Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) approuvé par l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais il ne peut pas être question de demander aux Français de désarmer les premiers. Il faut que ce soient ceux qui ont le plus d’armes nucléaires qui commencent, c’est-à-dire les Etats-Unis et la Russie.

    Hélas, il n’y a plus d’initiatives diplomatiques pour le désarmement venant des puissances nucléaires. Les seuls qui ont essayé, ce sont les Chinois. Ils ont proposé aux Nations Unies une conférence sur la sécurité nucléaire. En vain. La situation est paradoxale : on est dans un contexte plus dangereux qu’à l’époque de la guerre froide, lorsqu’il y avait des discussions et des accords sur le contrôle des armements. Du fait de la rupture par les Etats-Unis de l’accord FNI sur les armes à portée intermédiaire, le réarmement a, hélas, recommencé dans toute une série de pays.

    Si l’arme nucléaire implique la souveraineté des pays qui s’en dotent, son usage éventuel concernerait la terre entière. Il y a donc un droit universel à intervenir sur ce sujet. Avec nous, la diplomatie s’adosserait sur tous ceux qui, dans le monde, sont d’accord pour exiger le désarmement nucléaire.

    Les Russes sont des partenaires fiables alors que les Etats-Unis ne le sont pas. Ils ne signent pratiquement aucun des accords qui nous intéressent et pas seulement dans le domaine militaire. Cessons de nous rabâcher que nous avons des valeurs en commun avec les Nord-Américains ! Ce n’est pas vrai que nous défendons les mêmes principes. Les Etats-Unis défendent par-dessus tout le droit de faire ce qu’ils veulent. C’est un pays qui en 244 ans d’histoire a eu 222 ans de guerre. C’est l’un des rares pays qui ait pris à son voisin, le Mexique, la moitié de son territoire.

    «Je conteste tout à fait que le Président Macron ait quelque attitude forte à l’égard de la Turquie ! Il s’est fait provoquer deux fois et il n’y a eu aucune réplique…»

    Vous avez évoqué des alternatives militaires à la dissuasion nucléaire. A quoi pensez-vous?

    La question qui se pose est de savoir si ces armes peuvent être utiles en cas de conflit. Pour l’instant, les SNLE [sous-marin nucléaire lanceur d’engins] sont indétectables, mais pas les missiles ou les communications. Est-ce que la guerre depuis l’espace ne va pas réduire à néant la possibilité d’utiliser ces armes ? Dès lors la dissuasion n’existerait plus. Cette question de la militarisation de l’espace est donc essentielle. Les armes conventionnelles ou nucléaires, pourraient-elles être utilisées dès lors qu’une puissance spatiale s’y opposerait ? Il y a nécessité de procéder à une évaluation sereine de la situation. Nous, Français, sommes capables de mettre en orbite autant de satellites que nous voulons et dès lors de nous doter d’un système qui protégerait le territoire national. Dans ce cas, la dissuasion nucléaire ne serait plus indispensable, mais je maintiens un point d’interrogation.

    Jusqu’à présent, la militarisation de l’espace était interdite, tout comme l’appropriation des corps célestes par les Etats ou des sociétés minières. Les Etats-Unis ont modifié cela. Armement et appropriation sont désormais légaux pour eux. Nous, Français, avons décidé de créer un Commandement militaire de l’Espace sans une minute de discussion à l’Assemblée nationale. Le président de la République a décidé tout seul. C’est une autre discussion de savoir s’il a raison ou non.

    Une autre question est celle de la capacité de détruire les satellites en orbite. Les Chinois, les Nord-Américains, les Indiens peuvent le faire. Même si la France refusait la militarisation de l’espace, nous pourrions déclarer être capable – et nous le sommes techniquement – de « démilitariser l’espace de force » pour ceux qui voudraient nous agresser.

    Dès lors qu’il s’agit de la protection nationale, à mes yeux, il n’y a pas de limites. La souveraineté française est totale, pleine, entière, non négociable. Si nous n’avons pas ces capacités, nous ne sommes plus indépendants et alors le peuple n’est plus souverain. Telle est la doctrine républicaine.

    La France doit-elle rester dans l’Otan ?

    Nous n’avons rien à y faire ! D’abord parce que c’est une alliance incertaine. Vous ne savez pas précisément ce à quoi cela engage vos alliés, parce que l’article 5 laisse à chacun la liberté de ses choix d’engagement. Deuxième point : il s’y trouve des gens qui peuvent être des adversaires ou des ennemis. Jusqu’à présent, on considérait cette hypothèse comme farfelue, mais on a vu avec la Turquie qu’il n’en était rien. La Turquie a commis deux actes extrêmement agressifs contre l’armée française : le premier, en Syrie, en bombardant une base où il y avait nos forces spéciales et le second, contre un navire français au large de la Libye. Troisième point : le commandement militaire en Méditerranée est assuré par les Américains et il n’a jamais été question pour eux de partager cela. Nous avons bien un général français qui est responsable des « études stratégiques », dont les Etats-Unis n’ont rien à faire. Mais pour tout ce qui est concret et matériel, nous ne sommes rien à l’Otan !

    Voilà au moins un point sur lequel vous êtes d’accord avec le Président Macron : une hostilité commune à la Turquie !

    Je conteste tout à fait que le Président Macron ait quelque attitude forte à l’égard de la Turquie ! Il s’est fait provoquer deux fois et il n’y a eu aucune réplique…

    Vous voulez faire la guerre à la Turquie ?

    Quelle question ! Comme s’il n’y avait pas d’alternatives entre faire la guerre et ne rien faire. Je ne suis pas pour la gesticulation, comme on l’a fait en envoyant simplement deux Rafale en Grèce et en faisant des déclarations non-maîtrisées pour s’attirer en retour des déclarations et des attitudes encore plus violentes. Quel est l’intérêt des coups de menton sans portée ?

    «Est-il normal de se fournir en fusils et en munitions en Allemagne et en Israël? On a eu cette industrie, pourquoi ne l’aurions-nous plus? A quoi bon ces programmes communs avec les Allemands pour fabriquer les avions (Scaf) ou les chars du futur?»

    Ne faudrait-il pas plutôt faire baisser les tensions ?

    Je pense d’abord qu’on ne doit jamais se laisser provoquer. Jamais ! C’est au moment où les Turcs ont attaqué en Syrie, dans une zone tenue par les Kurdes qui sont nos alliés, qu’il aurait fallu prendre la décision de convoquer une assemblée de l’Otan pour faire valoir les droits des Français à se trouver en Syrie, là où ils estimaient nécessaire d’être. Je maintiens que la Turquie doit rendre des comptes et les moyens de représailles sur les Turcs sont plus nombreux qu’il n’y paraît, y compris sur le plan des démonstrations militaires.

    Poursuivriez-vous l’augmentation du budget de la défense ?

    Il doit correspondre à ce qui est raisonnablement nécessaire. Dans l’Otan, l’idée des 2 % du PIB n’a pas de sens, c’est une ligne de crédit qu’on ouvre pour les Américains. L’économie d’armement est le volant d’entraînement de l’économie américaine. Les présidents les plus libéraux en apparence ont poussé le plus loin les programmes d’armement, je pense à Reagan. Avec la victoire de Joe Biden, voyez les romans langoureux que se raconte une partie de la gauche européenne ! Je rappelle que le slogan du nouveau président est « Why America Lead Again ». Et Madame Clinton vient de proposer le réarmement général des Etats-Unis contre la Chine. Les démocrates sont aussi belliqueux que les républicains. Les Français n’ont rien à faire dans cette mauvaise action.

    En France aussi, l’industrie de défense est importante…

    Oui. Je répète d’une manière réaliste, pacifique et bienveillante notre but : la France doit être indépendante ! Pour cela, il faut que nous puissions être souverains, capables de nous défendre par nous-même et par conséquent de produire nous-même les armements nécessaires. Il faut retirer les logiciels américains des systèmes de défense français, de même que nous devons récupérer le contrôle des turbines pour les sous-marins nucléaires. Est-il normal de se fournir en fusils et en munitions en Allemagne et en Israël ? On a eu cette industrie, pourquoi ne l’aurions-nous plus ? A quoi bon ces programmes communs avec les Allemands pour fabriquer les avions (Scaf) ou les chars du futur ? Cela permet aux Allemands de se réarmer et de s’approprier des savoir-faire qu’ils n’ont pas. Pour quoi faire ? Quant aux ventes d’armes, elles devraient être soumises à l’autorisation du Parlement.

    «Il faut aller à l’essence de ce qu’est la conscription : l’impôt du temps au service de la patrie»

    Rétabliriez-vous une forme de service militaire obligatoire ?

    Oui, même si je ne suis pas certain que tous les Insoumis soient d’accord avec moi. Je suis partisan de la conscription et je me suis opposé au fait qu’elle soit suspendue [par Jacques Chirac en 1996]. Il faut aller à l’essence de ce qu’elle est : l’impôt du temps au service de la patrie. Il n’y a pas aujourd’hui de besoin militaire qui nécessite la mobilisation permanente de 700 000 jeunes. On peut comprendre que le président Chirac ait pris cette décision. Elle avait sa rationalité, même si j’étais contre. Pour autant la défense populaire passive et armée reste une nécessité à mes yeux. Et nous faisons face désormais à d’autres menaces et dangers. Notamment venant du dérèglement climatique, comme nous le montrent les événements dramatiques de la vallée de la Roya. Jusqu’à présent on a réussi à faire face, mais avec une extrême difficulté. Si nous avions plusieurs événements de ce type en même temps, il y aurait besoin d’un effort collectif. On ne peut pas se payer la réparation de la France au prix du marché. Donc, on sera obligé de demander la contribution des jeunes Français.

    On peut également imaginer que, dans les fonctions de police, c’est-à-dire de protection de la paix civile, les conscrits pourraient jouer un très beau rôle. Cela changerait le regard de la population sur sa police et changerait les pratiques internes de celle-ci. Le racisme et la violence y reculeraient. Quand les enfants du peuple sont quelque part tout change.

     

    entretien réalisé par Jean-Dominique MERCHET, le 29 novembre 2020

    source: https://www.lopinion.fr/

     


    A voir également le point de vue de Pascal Boniface

     

    Dans l'Opinion.fr du 29/11/2020, Jean-Luc Mélenchon, interviewé par Jean-Dominique Merchet, détaille son programme en termes de Défense et de relations stratégiques en vue des élections présidentielles de 2022. Le candidat de la France Insoumise expose un programme stratégique qui prône l'indépendance de la France à tout prix, aux forts accents autant "gaullistes" que "mitterrandiens". Jean-Luc Mélenchon va même encore plus loin en souhaitant, au delà du retrait de la France de l'OTAN, que celle-ci autonomise sa production d'équipements et cesse ainsi de collaborer avec son voisin allemand s'agissant de l'avion de combat européen...L'analyse de Pascal Boniface: "JL Mélenchon, un gaullo-mitterrandiste survitaminé". (YT 1/12/2020)

     
     
     
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