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    Les 30 mesures d’urgence du PRCF : Pour construire de nouveaux « Jours heureux »

     

    Cher(e)s concitoyen(ne)s et camarades,

    Confronté au COVID 19 qu’il avait gravement sous-estimé, E. Macron a juré qu’il allait désormais respecter les services publics, la souveraineté nationale et les acquis sociaux. Mais comment le croire ? Poursuivant et aggravant la politique de dissolution de la France dans l’Union européenne supranationale, Macron n’a cessé, après Raffarin, Sarkozy et Hollande, de dévaster les acquis de la Libération, de privatiser les services publics et de laisser le grand patronat délocaliser nos industries. Malgré le dévouement des soignants, l’hôpital public dépecé par l’austérité a été mis structurellement hors d’état d’encaisser la pandémie et des milliers de concitoyens ont péri prématurément dans des conditions épouvantables.

    En effet, cette crise sanitaire a révélé de manière terrible…

    • Les horreurs de la mondialisation capitaliste qui, au nom de la « totale liberté de circulation » du capital, a détruit toutes les protections sociales, environnementales et sanitaires existantes.
    • La nocivité de l’euro, ce clone du deutsche Mark adossé aux critères de Maastricht qui imposent l’austérité perpétuelle sur les salaires, les retraites et les services publics.
    • La malfaisance de l’UE qui devait, soi-disant, nous « protéger » et qui a fait de l’Europe l’épicentre de la pandémie ! Chacun a mesuré l’égoïsme de Berlin et des gouvernants de l’Europe du nord, le lâchage de l’Italie (qui a obtenu plus d’aide médicale de Cuba ou de la Chine populaire que de l’UE !). L’UE, qui se définit comme une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Traité de Maastricht), est en fait le cheval de Troie de la mondialisation capitaliste en Europe ! Quoi qu’en disent les charlatans de l’« Europe sociale », sortir de la mondialisation capitaliste implique de rompre résolument avec l’UE !
    • Le caractère suicidaire du capitalisme mondial, uniquement soucieux de profit et indifférent, comme on le voit avec l’irresponsable Trump, à la paix mondiale, à l’environnement et à la santé publique.

    C’est pourquoi, à l’heure du « déconfinement » annoncé, il faut affronter Macron-MEDEF et l’UE qui nous ont conduits à la catastrophe, nous devons exiger…

    1. Le retrait définitif de toutes les contre-réformes maastrichtiennes (code du travail, retraites, Education, Université, Recherche, Hôpital, SNCF, EDF, ADP), des fusions industrielles capitalistes (Renault, PSA, Alstom…), des délocalisations… Taxation des milliardaires, qui sont les grands profiteurs de l’euro-mondialisation capitaliste ! Pas un salaire diminué, pas un emploi supprimé, pas une retraite surtaxée, pas un droit amoindri au nom de la crise Nationalisation des firmes pharmaceutiques sans indemnités pour les gros actionnaires !
    • La sortie, par la porte à gauche, des institutions de l’euro-mondialisation capitaliste, afin de réduire les inégalités, d’instaurer une démocratie populaire, de nationaliser les banques et les entreprises stratégiques, etc. : UE, OTAN, FMI, OMC, dehors !
    • La lutte pour une société socialiste en marche vers le communisme où les travailleurs seront maîtres et possesseurs des moyens de production et d’échange pour le bénéfice de tous.

    Dans cet esprit, le PRCF soumet son  à l’examen de tous ceux qui cherchent une issue humaine, en proposant  immédiates pour faire face à l’euro-dissolution de la France et de la République, l’euro-démantèlement des services publics, l’euro-destruction des conquêtes sociales et démocratiques, l’euro-arasement des libertés publiques.

    Ces mesures seront publiées par thématique jusqu’à l’été, chaque mois étant consacré spécifiquement à une thématique. Ainsi, vous découvrirez :

    • En janvier 2021, les mesures institutionnelles et politiques pour rétablir une République souveraine et démocratiques.
    • En février 2021, les mesures économiques et productives pour mettre l’économie au service des travailleurs.
    • En mars 2021, les mesures monétaires et fiscales pour déposséder le grand Capital et ses ressources.
    • En avril 2021, les mesures salariales et sociale pour partager le Travail et toutes les richesses.
    • En mai 2021, les mesures culturelles et civilisationnelles pour promouvoir les Lumières communes.
    • En juin 2021, les mesures de Défense et de Relations extérieures pour Défendre la paix et la coopération internationales.

    Pour construire une République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, il faut d’urgence sortir la France de l’euro, cette austérité continentale faite monnaie, de l’UE, cette prison des peuples dominée par Berlin, de l’OTAN, cette machine de guerre au service de Washington, et du capitalisme, ce système périmé qui mène toute l’humanité vers le gouffre.

    Communistes, syndicalistes, gilets jaunes, républicains, travailleurs et citoyens : débattons de ces propositions pour une rupture progressiste et agissons tous ensemble en même temps contre ce régime pourri pour qu’adviennent enfin les nouveaux « Jours heureux » !

    GRANDES ORIENTATIONS PROGRAMMATIQUES des MILITANTS FRANCHEMENT COMMUNISTES DU P.R.C.F.

    Pour reconstruire notre pays cassé par quarante années de politique maastrichtienne, pour rouvrir à notre peuple la voie du socialisme et du communisme, nous voulons une République française…

    1. Indépendante et souveraine : affranchissement au plus tôt de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et des autres institutions de la mondialisation capitaliste (FMI, OMC, Banque mondiale…).
    • Sociale et centrée sur le monde du travail : droits étendus pour les travailleurs, augmentation des petits et moyens salaires, gratuité des soins, réduction des inégalités, reconstruction de services publics accessibles partout, taxation des milliardaires et du grand capital, titularisation des précaires, régularisation des travailleurs sans papiers.
    • Démocratique et populaire : proportionnelle à toutes les élections, démocratie directe à tous niveaux (y compris par le RIC), élection d’une Assemblée nationale des Travailleurs ayant droit de veto et d’initiative sur tout projet socioéconomique, Constitution démocratique évinçant la monarchie déguisée qu’est la Ve « République », démocratisation des médias et des instances régaliennes.
    • Maîtresse des grands moyens de production et d’échanges : nationalisation des banques et des entreprises stratégiques ; contrôle des travailleurs sur la gestion d’entreprise ; reconstruction démocratiquement planifiée, à partir du secteur industriel public reconstitué, du produire en France industriel et agricole en partenariat avec les organisations de salariés et de paysans ainsi que les PME.
    • À l’initiative sur le plan culturel : en synergie avec les langues régionales, dans un constant dialogue fraternel avec les pays francophones, le français, langue de la République, doit reconquérir le terrain perdu devant le tout-Globish de la « mondialisation » capitaliste ; relance et démocratisation des institutions culturelles publiques pour impulser le « créer » et le « chercher » en France dans un esprit d’ouverture sur le monde.
    • Écologiste : renationalisation à 100% d’EDF-GDF pour construire un mixte énergétique français soutenable et activer la transition écologique ; taxation du fret routier international et reconstruction de la SNCF ; relocalisation des productions, soutien aux consommations socialement soutenables et rupture avec le consumérisme (notamment alimentaire et énergétique) effréné des privilégiés ; contre le tout-profitdéfenseurs des droits sociaux et de l’environnement, unissons-nous !
    • Une et indivisible : mêmes lois et services sur tout le territoire ; combat contre le racisme, le sexisme et les replis régionalistes et intégristes ; fin des « euro-régions » et du primat des « métropoles », priorité aux communes et départements ; aménagement national du territoire pour désenclaver l’habitat rural et les banlieues paupérisées tout en reconstruisant des centres-villes dynamiques pour tous.
    • Laïque et tournée vers les « Lumières communes » : essor d’une Education nationale de qualité pour tous, de la Recherche publique, de l’Université ; promotion de l’instruction et du savoir par les sciences, les arts, la philosophie, l’histoire, la culture économique, sociale et juridique, l’étude raisonnée des technologies, l’Education physique et sportive, mais aussi les formations et les disciplines manuelles.
    • Pacifique et internationaliste : promotion du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes contre toute ingérence impériale ou néocoloniale ; défense de la paix mondiale, refus de toute résurgence fasciste ; nouveaux traités de coopération avec les pays de tous les continents, y compris Chine, Russie, Iran, pays d’Afrique, Alternative bolivarienne des Amériques, Europe du sud, etc.

     Clairement située dans le camp mondial du progrès contre la réaction et l’anticommunisme : soutien au camp du Travail contre l’exploitation, des peuples contre l’oppression (défense des droits du peuple palestinien et refus du blocus anti-cubain en particulier), de l’égalité hommes/femmes, du droit pour les peuples qui en décident ainsi de construire le socialisme chez eux sans subir l’ingérence des puissances impérialiste.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

     

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    ADRESSE de , co-secrétaire national  du PÔLE de RENAISSANCE COMMUNISTE en FRANCE (PRCF)

     

    Chers concitoyen(ne)s,

    Sur proposition de Léon Landini et de Pierre Pranchère, présidents du PRCF et figures de la Résistance antinazie, et de Georges Gastaud, secrétaire du PRCF, le Comité central du Pôle de Renaissance Communiste en France m’a désigné pour animer sa pré-campagne présidentielle et législative

    Étroitement liée à vos luttes, intimement connectée au 100ème anniversaire du Congrès fondateur du PCF, cette campagne sera franchement communiste, 100% opposée à Macron/MEDEF et totalement insoumise à la fascisante Europe du capital. Avec vous, ma pré-candidature sur un programme franchement communiste portera l’exigence d’une nouvelle République française souveraine et indépendante, sociale, centrée sur le monde du travail et la jeunesse, une République populaire et démocratique, laïque, écologiste, pacifique et internationaliste.

    CRÉPUSCULE FRANÇAIS ?

    Notre pays encourt l’effondrement sur tous les plans : industrie, services publics – notamment système de Santé, école… – et il est gros d’une explosion sociale tant notre peuple et sa classe ouvrière sont dessaisis de leur souveraineté, de leurs conquêtes sociales (retraites, indemnisation du chômage, code du travail, statuts, tout y passe !), de leurs services publics (hôpital public, Éducation nationale, Université et CNRS, EDF, Équipement, SNCF,ONF, Poste, tout est désossé par les privatisations et/ou l’euro-austérité), du « produire en France » industriel et agricole, voire de notre langue sacrifiée au tout-anglais des traités « transatlantiques ». Avec les Sarkozy (LR), Hollande (PS), Macron (LREM), il n’y en a plus que pour la « construction européenne », qui dissout la République, plus que pour l’OTAN, qui pousse à un surarmement ruineux, plus que pour le MEDEF qui rafle l’argent public tout en délocalisant à tout-va. Alors, oui, il faut changer en profondeur en prenant aux grands capitalistes pour que vivent mieux les travailleurs salariés, mais aussi, indépendants, qui font vivre notre pays ! Mais comment faire pour que vivent ces « Jours heureux » qu’appelait de ses vœux en 1945 le Conseil National de la Résistance ?

    FAUSSES ALTERNATIVES :

    Pour y parvenir, il faut dégager Macronmais aussi ses semblables, les Xavier Bertrand, Bruno Retailleau et autre Valérie Pécresse qui n’ont jamais roulé que pour le capital. Ne tombons pas de mal en pis en élisant l’extrême droite lepéniste dont la xénophobie haineuse ferait le jeu du terrorisme islamiste en amenant la guerre civile. Et comment croire encore ces « socialistes » qui, le plus souvent flanqués de faux écolos euro-formatés et de faux communistes décaféinés, ont appliqué, avec l’aide de la droite, cette « constitution européenne » que notre peuple avait pourtant refusée par référendum ? 

    POUR LE VRAI CHANGEMENT, FREXIT PROGRESSISTE et NATIONALISATIONS DÉMOCRATIQUES !

    Car ceux qui promettent de bâtir « l’Europe des patries » (Le Pen) ou l’ « Europe sociale » (fausse gauche) dans le cadre de l’UE sont des menteurs. Se définissant elle-même comme une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », l’UE est irréformable : conçue de A à Z pour museler les nations, elle arase le progrès social, comprime les salaires et interdit toute marche au socialisme. C’est pourquoi mon intervention dans la pré-campagne au titre du PRCF portera ce que ne propose aucun autre candidat du système : la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN par la porte à gauche, par la voie d’une large démocratie populaire et de la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie. Si notre peuple ne veut pas « y rester », il lui faut sortir de cette prison des peuples qu’est l’UE, sortir de l’euro, ce carcan monétaire aligné sur le deutsche Mark, sortir de l’OTAN, cette machine au service des guerres de Washington, et sortir du capitalisme, qui n’offre plus qu’un avenir de crises, de violences, d’exploitation, de guerres, de chocs environnementaux et sanitaires ! 

    POUR UNE ALTERNATIVE ROUGE ET TRICOLORE orientée vers le socialisme :

    C’est pourquoi, le P.R.C.F. propose d’unir le drapeau tricolore de la nation au drapeau rouge international des travailleurs afin de rompre avec la dictature euro-atlantique du Capital, de mettre le monde du travail au centre de la vie politique, de suspendre toutes les contre-réformes « en marche » (retraites, sécu, lycée, EDF, SNCF, hôpital, Université, Code du travail, statuts, blocage des salaires, délocalisations, privatisations, plans de licenciements etc.). Pour rouvrir à la France la voie du socialisme-communisme véritable, c’est-à-dire celle du pouvoir des travailleurs construisant une société sans classes, nous voulons avec vous rebâtir un grand  de combat, soutenir le syndicalisme de classe, appeler au « tous ensemble et en même temps » contre les injustices, construire une large Convergence Nationale des Résistances ouverte à tous les patriotes progressistes.

    Le sens de notre entrée en précampagne, c’est de porter une franche insoumission à l’UE pour une rupture révolutionnaire avec le capitalisme. C’est aussi, chemin faisant, de tout faire pour briser la tenaille qui broie la France entre la politique macroniste dédiée aux banques, et l’alternative déshonorante des lepénistes ! 

    Agissons ensemble pour qu’émerge enfin, quelle qu’en  soit la forme finale, une candidature franchement insoumise à l’UE et clairement orientée vers la rupture avec le capitalisme. C’est vital pour notre pays !  

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  •  Jean-Luc Melenchon lors des Amfis de 2020Jean-Luc Melenchon lors des Amfis de 2020

    Maintien de la dissuasion nucléaire mais engagement pour le désarmement, sortie de l’Otan, retour à la conscription notamment dans la police, indépendance vis-à-vis des Etats-Unis : le leader de La France insoumise précise ses idées.

    Les faits-Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI) a annoncé le 8 novembre sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. L’Opinion a voulu savoir quelle était sa vision d’un domaine régalien s’il en est, celui de la défense, dans toutes ses implications, du nucléaire au service national.


     

    Imaginons que vous soyez élu président de la République en 2022. Que feriez-vous de la dissuasion nucléaire ?

    La dissuasion reste pour la France un outil irremplaçable aussi longtemps qu’il n’y a pas d’alternatives militaires. Pour autant, je suis favorable au Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) approuvé par l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais il ne peut pas être question de demander aux Français de désarmer les premiers. Il faut que ce soient ceux qui ont le plus d’armes nucléaires qui commencent, c’est-à-dire les Etats-Unis et la Russie.

    Hélas, il n’y a plus d’initiatives diplomatiques pour le désarmement venant des puissances nucléaires. Les seuls qui ont essayé, ce sont les Chinois. Ils ont proposé aux Nations Unies une conférence sur la sécurité nucléaire. En vain. La situation est paradoxale : on est dans un contexte plus dangereux qu’à l’époque de la guerre froide, lorsqu’il y avait des discussions et des accords sur le contrôle des armements. Du fait de la rupture par les Etats-Unis de l’accord FNI sur les armes à portée intermédiaire, le réarmement a, hélas, recommencé dans toute une série de pays.

    Si l’arme nucléaire implique la souveraineté des pays qui s’en dotent, son usage éventuel concernerait la terre entière. Il y a donc un droit universel à intervenir sur ce sujet. Avec nous, la diplomatie s’adosserait sur tous ceux qui, dans le monde, sont d’accord pour exiger le désarmement nucléaire.

    Les Russes sont des partenaires fiables alors que les Etats-Unis ne le sont pas. Ils ne signent pratiquement aucun des accords qui nous intéressent et pas seulement dans le domaine militaire. Cessons de nous rabâcher que nous avons des valeurs en commun avec les Nord-Américains ! Ce n’est pas vrai que nous défendons les mêmes principes. Les Etats-Unis défendent par-dessus tout le droit de faire ce qu’ils veulent. C’est un pays qui en 244 ans d’histoire a eu 222 ans de guerre. C’est l’un des rares pays qui ait pris à son voisin, le Mexique, la moitié de son territoire.

    «Je conteste tout à fait que le Président Macron ait quelque attitude forte à l’égard de la Turquie ! Il s’est fait provoquer deux fois et il n’y a eu aucune réplique…»

    Vous avez évoqué des alternatives militaires à la dissuasion nucléaire. A quoi pensez-vous?

    La question qui se pose est de savoir si ces armes peuvent être utiles en cas de conflit. Pour l’instant, les SNLE [sous-marin nucléaire lanceur d’engins] sont indétectables, mais pas les missiles ou les communications. Est-ce que la guerre depuis l’espace ne va pas réduire à néant la possibilité d’utiliser ces armes ? Dès lors la dissuasion n’existerait plus. Cette question de la militarisation de l’espace est donc essentielle. Les armes conventionnelles ou nucléaires, pourraient-elles être utilisées dès lors qu’une puissance spatiale s’y opposerait ? Il y a nécessité de procéder à une évaluation sereine de la situation. Nous, Français, sommes capables de mettre en orbite autant de satellites que nous voulons et dès lors de nous doter d’un système qui protégerait le territoire national. Dans ce cas, la dissuasion nucléaire ne serait plus indispensable, mais je maintiens un point d’interrogation.

    Jusqu’à présent, la militarisation de l’espace était interdite, tout comme l’appropriation des corps célestes par les Etats ou des sociétés minières. Les Etats-Unis ont modifié cela. Armement et appropriation sont désormais légaux pour eux. Nous, Français, avons décidé de créer un Commandement militaire de l’Espace sans une minute de discussion à l’Assemblée nationale. Le président de la République a décidé tout seul. C’est une autre discussion de savoir s’il a raison ou non.

    Une autre question est celle de la capacité de détruire les satellites en orbite. Les Chinois, les Nord-Américains, les Indiens peuvent le faire. Même si la France refusait la militarisation de l’espace, nous pourrions déclarer être capable – et nous le sommes techniquement – de « démilitariser l’espace de force » pour ceux qui voudraient nous agresser.

    Dès lors qu’il s’agit de la protection nationale, à mes yeux, il n’y a pas de limites. La souveraineté française est totale, pleine, entière, non négociable. Si nous n’avons pas ces capacités, nous ne sommes plus indépendants et alors le peuple n’est plus souverain. Telle est la doctrine républicaine.

    La France doit-elle rester dans l’Otan ?

    Nous n’avons rien à y faire ! D’abord parce que c’est une alliance incertaine. Vous ne savez pas précisément ce à quoi cela engage vos alliés, parce que l’article 5 laisse à chacun la liberté de ses choix d’engagement. Deuxième point : il s’y trouve des gens qui peuvent être des adversaires ou des ennemis. Jusqu’à présent, on considérait cette hypothèse comme farfelue, mais on a vu avec la Turquie qu’il n’en était rien. La Turquie a commis deux actes extrêmement agressifs contre l’armée française : le premier, en Syrie, en bombardant une base où il y avait nos forces spéciales et le second, contre un navire français au large de la Libye. Troisième point : le commandement militaire en Méditerranée est assuré par les Américains et il n’a jamais été question pour eux de partager cela. Nous avons bien un général français qui est responsable des « études stratégiques », dont les Etats-Unis n’ont rien à faire. Mais pour tout ce qui est concret et matériel, nous ne sommes rien à l’Otan !

    Voilà au moins un point sur lequel vous êtes d’accord avec le Président Macron : une hostilité commune à la Turquie !

    Je conteste tout à fait que le Président Macron ait quelque attitude forte à l’égard de la Turquie ! Il s’est fait provoquer deux fois et il n’y a eu aucune réplique…

    Vous voulez faire la guerre à la Turquie ?

    Quelle question ! Comme s’il n’y avait pas d’alternatives entre faire la guerre et ne rien faire. Je ne suis pas pour la gesticulation, comme on l’a fait en envoyant simplement deux Rafale en Grèce et en faisant des déclarations non-maîtrisées pour s’attirer en retour des déclarations et des attitudes encore plus violentes. Quel est l’intérêt des coups de menton sans portée ?

    «Est-il normal de se fournir en fusils et en munitions en Allemagne et en Israël? On a eu cette industrie, pourquoi ne l’aurions-nous plus? A quoi bon ces programmes communs avec les Allemands pour fabriquer les avions (Scaf) ou les chars du futur?»

    Ne faudrait-il pas plutôt faire baisser les tensions ?

    Je pense d’abord qu’on ne doit jamais se laisser provoquer. Jamais ! C’est au moment où les Turcs ont attaqué en Syrie, dans une zone tenue par les Kurdes qui sont nos alliés, qu’il aurait fallu prendre la décision de convoquer une assemblée de l’Otan pour faire valoir les droits des Français à se trouver en Syrie, là où ils estimaient nécessaire d’être. Je maintiens que la Turquie doit rendre des comptes et les moyens de représailles sur les Turcs sont plus nombreux qu’il n’y paraît, y compris sur le plan des démonstrations militaires.

    Poursuivriez-vous l’augmentation du budget de la défense ?

    Il doit correspondre à ce qui est raisonnablement nécessaire. Dans l’Otan, l’idée des 2 % du PIB n’a pas de sens, c’est une ligne de crédit qu’on ouvre pour les Américains. L’économie d’armement est le volant d’entraînement de l’économie américaine. Les présidents les plus libéraux en apparence ont poussé le plus loin les programmes d’armement, je pense à Reagan. Avec la victoire de Joe Biden, voyez les romans langoureux que se raconte une partie de la gauche européenne ! Je rappelle que le slogan du nouveau président est « Why America Lead Again ». Et Madame Clinton vient de proposer le réarmement général des Etats-Unis contre la Chine. Les démocrates sont aussi belliqueux que les républicains. Les Français n’ont rien à faire dans cette mauvaise action.

    En France aussi, l’industrie de défense est importante…

    Oui. Je répète d’une manière réaliste, pacifique et bienveillante notre but : la France doit être indépendante ! Pour cela, il faut que nous puissions être souverains, capables de nous défendre par nous-même et par conséquent de produire nous-même les armements nécessaires. Il faut retirer les logiciels américains des systèmes de défense français, de même que nous devons récupérer le contrôle des turbines pour les sous-marins nucléaires. Est-il normal de se fournir en fusils et en munitions en Allemagne et en Israël ? On a eu cette industrie, pourquoi ne l’aurions-nous plus ? A quoi bon ces programmes communs avec les Allemands pour fabriquer les avions (Scaf) ou les chars du futur ? Cela permet aux Allemands de se réarmer et de s’approprier des savoir-faire qu’ils n’ont pas. Pour quoi faire ? Quant aux ventes d’armes, elles devraient être soumises à l’autorisation du Parlement.

    «Il faut aller à l’essence de ce qu’est la conscription : l’impôt du temps au service de la patrie»

    Rétabliriez-vous une forme de service militaire obligatoire ?

    Oui, même si je ne suis pas certain que tous les Insoumis soient d’accord avec moi. Je suis partisan de la conscription et je me suis opposé au fait qu’elle soit suspendue [par Jacques Chirac en 1996]. Il faut aller à l’essence de ce qu’elle est : l’impôt du temps au service de la patrie. Il n’y a pas aujourd’hui de besoin militaire qui nécessite la mobilisation permanente de 700 000 jeunes. On peut comprendre que le président Chirac ait pris cette décision. Elle avait sa rationalité, même si j’étais contre. Pour autant la défense populaire passive et armée reste une nécessité à mes yeux. Et nous faisons face désormais à d’autres menaces et dangers. Notamment venant du dérèglement climatique, comme nous le montrent les événements dramatiques de la vallée de la Roya. Jusqu’à présent on a réussi à faire face, mais avec une extrême difficulté. Si nous avions plusieurs événements de ce type en même temps, il y aurait besoin d’un effort collectif. On ne peut pas se payer la réparation de la France au prix du marché. Donc, on sera obligé de demander la contribution des jeunes Français.

    On peut également imaginer que, dans les fonctions de police, c’est-à-dire de protection de la paix civile, les conscrits pourraient jouer un très beau rôle. Cela changerait le regard de la population sur sa police et changerait les pratiques internes de celle-ci. Le racisme et la violence y reculeraient. Quand les enfants du peuple sont quelque part tout change.

     

    entretien réalisé par Jean-Dominique MERCHET, le 29 novembre 2020

    source: https://www.lopinion.fr/

     


    A voir également le point de vue de Pascal Boniface

     

    Dans l'Opinion.fr du 29/11/2020, Jean-Luc Mélenchon, interviewé par Jean-Dominique Merchet, détaille son programme en termes de Défense et de relations stratégiques en vue des élections présidentielles de 2022. Le candidat de la France Insoumise expose un programme stratégique qui prône l'indépendance de la France à tout prix, aux forts accents autant "gaullistes" que "mitterrandiens". Jean-Luc Mélenchon va même encore plus loin en souhaitant, au delà du retrait de la France de l'OTAN, que celle-ci autonomise sa production d'équipements et cesse ainsi de collaborer avec son voisin allemand s'agissant de l'avion de combat européen...L'analyse de Pascal Boniface: "JL Mélenchon, un gaullo-mitterrandiste survitaminé". (YT 1/12/2020)

     
     
     
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